1 AUX REPRESENTANT BELA N A T I <* Les enfans- LEROY de Saint-Domingue y pour eux et leur père. c ITO YENS - LÉGISLATEURS Les droits des absens, les droits des fcnfans ont toujours paru si sacrés , que dans tous les gouvernemens connus , la loi n chargé de leur défense un magistrat par- A _ " r — — *~~~ ~" ~T ïil'iflilTÉl sa tieulier. C'est sous ce double titre que nous nous présentons, et que nous sommes pleins de confiance en votre justice. Notre afïaire particulière est si juste en elle-même, qu'on n'a pu retarder sa déci- sion qu'en la liant à une question générale. Hommage aux principes du citoyen Cam- bonî Sans-doute, si on eût généralisé un projet: de, décret; déterminé par des cir- constances particulières, des Contre-révo- lutionnaires eussent pu en abuser. Mais que le C. Cambon se repose sur la prudence du comité de législation. Il a voit déjà pré- venu sa vigilance attentive : il avoit senti qu'une loi générale sur une matière aussi délicate , avoit besoin d'être mûrement pesée , sagement réfléchie. Aussi , avait-il renvoyé, pour la question générale, au comité des Six chargé de revoir la loi sur les Emigrés. Jl s'était renfermé dans la question particulière présentéeàson examen. Quelle était cette question particulière? La voici, y a-t41 lieu à accorder aux en- f ans-Leroi la suspension provisoire des pour- suites commencées contre les propriétés du G. leur père ? Nous répondons hardiment , oui. Parce (3) que i°, la loi générale sur les Emigrés, ne peut s'appliquer à notre père. File no parle , cette loi , que des individus qui ont quitté , disons mieux , qui ont fui le terri- toire Français depuis 1789, Or , il est prouvé par la correspondance de notre père avec ses parens, avec nous jusqu'en décembre 1792 , plus légalement encore, par les certificats des habitans de St-Domingue, actuellement à Paris, et par le certificat particulier des commissaires de Sfc-Dominguc, légalisé par le ministre de la Marine, il est prouvé, disons-nous, que notre père réside à St-Domingue depuis une trentaine d'années \ que ces commis- saires l'y ont laissé à leur départ, exerçant avec éloge les fonctions civiles qui lni avaient été confiées par ses concitoyens : qu'ils n'ont point appris qu'il en soit sorti depuis cette époque, et que , connoissant l'écriture de notre père , ils attestent que les lettres produites sont véritablement de lui. 2 . Il n'a pas satisfait à la loi des cer- tificats de résidence ! eh! la connaît-il seu- lement cette loi? Qui assurera qu'à travers le fer , le feu, le carnage qui ont dévasté FTilihiMliiiiii» .iw jSt-Domingue , cette loi . ait pu être pra,-? rnulguée dans ses divers quartiers ? 11 n'a pas satisfait à la loi du certificat de résidence ! Qui yous Fa dit ? Il ce 1© représente pas ! Nous vons répondrons , comme dans notre première pétition. Est-ce sa faute y k lui, si le. navire sur. lequel il Ta mis , a péri en mer ? Est-ce ~£a faute , si les navires sont retenus de- puis neuf jnois' dans la Colonie ? Est-ce sa faute , si le capitaine Anglo-Américain, seule voie de communicalion qui soit restée, Ta jeté à la mer avec tous les paquets français ? à la vue de quelques bâtimens anglais ? Il est donc démontré que notre pèr© n'a pu exécuter cette loi qu'on invoque si rigoureusement contre lui. Le punirief- vous d'une impossibilité physique ? Un citoyen renfermé clans une ville assiégée c oui n'auroit aucune communication avec le resté de la République', lui feriez-vous tm crirn® de n'avoir pas envoyé un certi- ficat de résidence ? Telle,,- et plus favo- rable peut-être , est la position de no.tre. père. ■■ :: On exige qu'il se sait occupé d'un çer- — ( s ) tificat cîe résidence ! Ah! Des intérêt, bien plus chers à son cœur , les intérêts de la Patrie , remplissent toutes les fa- cultés de son ame ; il faut conserver à la Métropole la plus précieuse de ses possessions Coloniales. Eh bien ï Officier municipal et soldat ton t-à- la fois , il af- fronte le fer des brigands , il oppose aux projets contre- révolutionnaires des Blancheïande 3 de ses complices, un cou- rage , une fermeté dame , une énergie de caractère qui ont provoqué sur sa tel? la haine des traîtres, des royalistes , et qui lui ont mérité l'estime de ses conci- toyens. Ah! Fendant qu'il expose ses jour* pour la Patrie, il ne s'imagine guère* qu'en France , on le dépouille de ses propriétés , et que ses enfans sont obligés de les défendre. Citoyens-législateurs, notre père, par les. désastres de Saint-Domingue, perd le fruït, de trente ans de travaux. Nul reproche à lui faire sur son patriotisme. Souffrirez- vous qu'on lui enlève sa dernière ressource? Consentirez- vous qu'on nous réduise , nous, enfans et presque ©rphelins , à la mendicité . farce qu'il n'a pas satisfait à la lettre d'une fcua-.- ,i ■ !.. I II Z=-~--- T*Tl ( 6) M qu'il est très-probable qu'il ne monnaie point; d'une loi de circonstance dont le seul but est de punir les ennemis de la république; d'une loi enfin , dont l'esprit est rempli par des témoignages respecta, blés, multipliés , authentiques, non man- diés, donnés dans le sanctuaire même des loifr, entre les mains des représentons de la nation, par les colons qui ont paru à la barre de la convention , le 29 septembre. Certes , de pareils témoignages valent bien ceux de quelques particuliers inconnus , donnés devant un officier public, à quinze centat lieues de vous. Séparez donc, citoyens-législateurs, s#, parez notre cause particulière de la cause des émigrés. Que les traîtres, les royalistes ne puissent échapper à la rigueur des lois ; rien de plus juste. Mais ne confondez pal l'innocent avec le coupable. La, loi deviez dr ait-elle donc une arme à deux tranchans? Notre père n'est point un émigré; il n est pas même absent dû territoire français, (1) il n'est qu'éloigné de cette partie de ses propriétés. Les obstacles qui empêchent (1) Voyez, sa correspondance et sur-tout les çertjncais des habitant et des commissaires fa ^àint "fDQ.misgue, (7) la communication des Colonies avec la métropole, ne proviennent point de lui. D'ailleurs j le projet de décret est mar- qué au coin de la plus haute sagesse. Il concilie parfaitement les droits de la na- tiim avec la justice et la faveur que Ton doit aux enfans et aux absens. Aucun danger pour la nation en l'ad- mettant. L'objet réclamé lui reste toujours sous la main, le sol est toujours 14., et lui répond de l'exécution de la loi. Si vous ne l'admettez pas, que devien- dront un père, une mère, quatre enfans ? Qui continuera de pourvoir aux besoins ds notre enfance ? Qui nous instruira dans la science de servir notre patrie ? Si vous l'admettez , au contraire , nous nous réjoui- rons d'avoir trouvé un père dans chacun des pères de la patrie. Nous en avons reçu l'assurance par l'organe de votre président. Signés, Armand Le rot. Eugénie Leroy. Noirs soussignés habHqns de l'isle de Saint- Domingue, certifinns a tous qu'il appartiendra , que nous avons connu , en la ville du port de paix, le citoyen Leroy ; que son patriotisme re- connu de ses concitojens lui a mérité les suffrages, * t< ««■>.. ■ —Il iîmV et eue depuis la révélation , Il a été constamment officier-municipal ; attestons en outre, qu'il habit* la ville du Port de Paix depuis nombre d'années , qu'il n'est pas sorti de cette colonie depuis, et même avant la révolution. En foi de quoi avons délivré îe présent pour servir et valoir. Paris ^ ce 29 septembre, l'an deuxième delà République française um et indivisible. VERNEOIL. FOURNIE® du Gap. JEAN HfU WY >, substitué du procureur de la commune du Port- de - Paix » GUERIE, membre de l'assemblée coloniale. SERRE, LOÏGEROT , habitant du port-de paix. BATHULEt-FROME'NÏEAU. DASTUGNE. CEIGHES, jeune. ARTAU fils.- MICHEL, "DAVID. MOLARD. HURE. CAllDINv THE- HOU. DUEORT. HUTJLNEL. L'ARCHEVE- ÇUE-THIBAOT, IN" au « commissaires de la par rie française de Saint-rpoirângue, auprès dés pouvoirs législatif et exécutif, ceriiiious que les citoyens qui ont signé le certificat ci-dessus, sont tous habitans domi- ciliés, -tant dans la partie du Kord que dans .«elle lie, l'Ouest de Pisle et côté Saint-Domingue* que foi doit être ajoutée à leur signature.- ■ Fait à -Paris le 29 septembre 1793, l'an deuxième de la: République une et indivisible. Signés, PAGE. Brulley. Legrand, secrétaire/ garde des archives de la commission. La légalisation «ï'e la signature des Commissaires par le Ministre de la marine, se trouve dans Itf rapport imprimé par ordre de la Goaveutioa,- —"■**— """■"-■-«»■ "• """-1 -