.-^ V:. '■'^f:^ 77r?T%iC^ "^^^^^HBHj ■m'"-' ù" ''■ ■ "m i ' 4' rv;. fCiJttntrg Brutnn pnitrpriïto iT. •,\ y.' ^«J: y *• 4Q(J 7 tous lês inirnmens néceflaires pour faire une defcente fur le terriîoire eipagnoi, & que par la méchanceré de ne pas mettre nos forces à la mer, tout étoit pris. Ouauaminthe s'eft trouve fans fortification ôc a été pris. Voici la pièce que je depolÉ fur le bureau. La féance eft levée. Jjr Le regiftre des préfences eft iigné : L Pk. Garran ; mréfdent ; Foucké (de Nsntes), Jecrétaïre ^ MerlinO; D-iBRAY, F. LaNTHENAS, MoLLlVAUt. Fin du Tome fepticme. > ■ AT DÉBATS ENTRE LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS y DANS UAFFAIRE DES COLONIES, IWPRIMKS EN EXÉCUTION DE LA , Loi DU 4 PLVVI®SB» Tome VIII. A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. Frudidor , an III. Soixantc-doui^Lèmc liyrai/brt. '^^ Mutl m m.' y.' *•; I- Qui ont eu lieu entre les accufateurs & les accufés dans l' affaire des Colonies , en exécution de la, loi du 4 pluviofe. 1 rées. Du xj MeJJldor y Van troijîème de la République francaifc une & ïndïvijihle. 1-^A fuire de h rédadion des débats du 24, & la rédadion îes clébars recueillis dans la féance du 25 ^ font lues & adop- Les cicoyens Page & Larchevefque-Thibaut font abfens. le préfident : Voici Tarrêté pris par la commillion après ia féance d' avant-hier. (Il le lit). Arrcté de la commlffion des colonies y du a j mejfidor, " Sur la demande formée par Sohthonax , en communica- ;ion de la onzième pièce de la onzième liaiïe des papiers de rangui-ia-BoilKère , envoyés en France par Genêt, ex-mi- aii.re de la République auprès des Etats-Unis : A 2 'V4 \ 4 =» La commiiïon, après avoir pris îeAure de cette pièce, confidéxant que celles qui ont été envoyées au gouvernement TT>r Genêt , iont étrangères aux acculateurs àc a 1 accaie, ,; Sm-feok à ftatuer fur la kûcre de la pièce indiquée pat Sorthonax, lors de fa défenfe fur l'incendie au C,ap , le le- fervant d'ordonner ou refufer alors cette leâure, félon qu elle lui paro'ura nècelfaire ou inUrile à réclairciflemem des faits.» Duny: Le 7 J^™ ^ ^ix heures du foir le général fut averti par Deinovelles , prévôt de la ccmmiffion civile , que Sontlionax & Polverel arrivoient le lendetnam au Capi li donna les ordres néceifaires pour ks recevoir avec tÇi'- ''ap- pareil dû à leur caraâère. Voici la lettre de Defnoyelles que ie dépofe fur le bureau. ^ ■ Le 10, les citoyens & les troupes de ligne etoient tous le. avires • des détachemens à pied & à cheval avoient ete en- vovés àu-devant de Polverel & de Sonthonax ; le gouverneu lu'-même s'étoit rendu au camp Breda pour les recevoii Vêreniaux &Caftain accompagnoient Polverel & Sonthonax oui éroient précédés d'une loixantaine de mulets caarses cua ^u« de deux malles très-pefanres , fur lefquexies on hioit „ot archives, écrit en gros caraélère A peine vit-on paroit les voitures qu'une décharge ae 1 artillerie des vaiueaux de 1 République & des forts anaonça leur arrivée, lis le rend. rent dans la faiîe de la commiflion laterip.eaiaire^, ou U -,-.„•-«'• devancés les corps confdtués & le commanaant mil) t.-!: Ecoutez , citoyens ,^1'horrihle bl.lphême proféré pt SonAonax en préfence d'un peuple immen.e & des autor tés conftituées , & que ces paroles foient fa propre coi aamaation. « Nous venons , dit Soathon..x , de purger la pa Tri» a- rOaeft de tous les fadieux , de tous les indepenaan « de tc\is les ariftocrates de la peau , de tous les hommes 1: .. larlés par les pnnces d'Italie , de tous Ses ennemis en.îric „ la i^arfeite égalité: que tous ceux qui fe trouvent entach. « d.s' mêmes crimes dans la partie du Nord tortenr de la c( .. Ionien car les commiiraires civils ont jure de ny enpo. ., kifler un feul: nous déclarons que le vrai_ peuple de Si « BominRue eft dans les citoyens d-dâvant cuis de coulcu « on'iis font les véritables fans-culottes des colonies. Uuv, c £ Folvsiel, jS' part^ie ce que vjeiît de âm ir.oja coUeg l * Sonthonax , le vrai peuple Je Saint-Domingue efl h cxalîe .' des hommes de couleur, li eft ejicore une claiie d liommes » qui, par (a conduice, pourra méri:cr d'y être compnie : ^ ce ibnr les 'alancs que la ciaife orgaeiileule des planteurs, » des propriétaires déiitaiepar ladénoniinaiiondepeiics-blancs. » Qu^ils le réuniffent iiux hommes du 4 avnl peur entourer V la cunmiillon tiaiicnale civile, & extirper de la lociere ^ cette race profcrite , ennemie devrégaliué. » Cette déclara- tion de deux hommes. ***.*,'* Sonthcnax : Je demande Gjue -Bu^y produifc imprime ou fîgné de moi le dilcours qu il me prête : je déclare d avance qu il n'e>:ifte pas. Duny : Je vais dite pourquoi il r/exiCle pas. ^ Cette déclaration de deux hommes qui, avec les mots jnt- tice, égalité, vertu, fraternité , venoient d'anéantir la popu- lation blanche du Port-au-Prince par la déportation, 1 em- ^rifonnem-ent, les maiPacres, porta la défclation dans tous .es cœurs , d^ excita une indignation générale \ x oiyere) oC Sonthonax en furent inR-ruits , ôc ils ordonnèrent a Saint- Maurice, rédadeur (liu Moniteur, de ne point miérer leurs difcours, mais bien d'y mettre un à-peu-près.^ Le journahite eut foin, en conféquence de ces ordres , d'inférer en entier le difcours de MaiTe , ordonnateur civil, ainfi que celui de l'ibbé Boucher, pré£dent de la comm ilion intermédiaire, parce que ces deux difcours refpiroient la ilagornerie , la baf- ie[i'ù & le dévouement le plus abfolu auxTolonrésdidatoriales dePclverei ôc de Sonthonax. Le même journalifte eut foin de ne point imprin-ier auiPi le difcours du général Galbaut^ ôc cekù de F adjudant- général Gaibaut fcn frère , parce que tous deux refpiroient le plus pur patriotifme , le dévouerneat à la France Â: à la colonie, &c en effet ils déclarcient quiis ne re- connoitrcient que la loi & nul homme au-deiPus d'elle j ce ne fut précifement que par ces motifs que le difcours du général Gaibaut &c celui de C^n frère ne furent pas iniérés au Moniteur. Les difcours de Polverel &c de Sonthonax, qui ve- noient d'exciter la plus vive fermentatien dans la ville , ne furent point imprimés., de peur que paiiânt avec la feuille du Moniteur dans toutes les parties de la colonie > Ls colons ne fe miffcnt en garde contre les délégués des comniiiiaires civils , qui parcouroient la coiome. », m.' • i H 1 II >. <^ Zd préjîdent ( à Duny ) : Quelle preuve as-tu de l'exiftence du diicours & de la déFenfe de riinprinier î Duny\ D'abord j'étois témoin, eniiiu-e. Le préJident : On vous a déjà dit que vous ne pouviez être àccufateur & témoin j vous donnez des déiails très-eirconf- tanciés fur des faits minutieux , Se iur les faits graves vous n'avez aucune preuve. Duny : Je vous prouve que dans le Moniteur, il n'y a qu'un à- peu-près de ce difeoursj pourquoi ne Ta-t-on pas ira- primé ? j'ai prouvé que les imprimeurs étoient arrêtés lorf- ' qu'ils vouloient parler contre Polverel & Sonthonax -, voici un recueil entier que je dépofe fur le bureau. J'étois un des rédacteurs de ce cahiers nous avons tous été emprifonnés pour l'avoir fait imprimer, pour avoir ofé l'écrire, pendant que la tyrannie pefoit fur nous. Jetez les yeux fur ce journal, êc vous verrez nos principes. Ni les rédadeurs , m les impri- meurs ne pouvoient émettre leurs penfées. ^ Fordzvïolie : Dans le momenc où Sonthonax prononçoit ce difcours , le citoyen Littré , avocat au Cap , fe récria ,'& fut - arrêté Se mis en prifon par orJre de PclveVel & Sonthonax. Sonthonax : Si Littré a été arrêté par nos ordres dans la féance^, il doit y avoir un ordre d'arrêt. Je demande que cet ordre foie préfenté. Ce n'eil: pas tout ; les colons difent que j'ai tenu un difcouts très- menaçant pour la population blan- che; en tenant ce difcours, j'emendois bien qu'il fût impri- mé 3 |)uifque mon but éîoit de terrifier la population blan- che , le journaMe du Moniteur a du inférer ce difcours; aucune efpèce de confidération n'auroic pu l'empêcher de le faire , piiifqu au contraire il auroiî fait fa cour aux com- niiifaires ^civils en rempliirant leur objet; je demande donc qu'on m'en produife un exemplaire ou un manufcrit ligné de moi , ou des témoignages écktans de Texiltence de ce dif-^ cours, Dunyï Le joiirnaMe s'explique ainfi: Le citoyen Polverel a pris la parole^ & s'ejl expliqué à- peu- près dmfu On met hx lignes, & enfuira le très-long difcours du préfdent de la commifîion intermédiaire & de l'ordonnateur civil. ^ Sonthonax : Un éclaircifîement de plus. Au moment où îes commiiTaires civils fe font préfentés à la commiiîion in- termédiaire , ils arrivoient après avoir fait vingt-cinq lieues -ésns leur joornéej ils a avoieiît pas de difcours préparé. C©u- i verts de poiîiuère <5<: de fiieur , ils répondent à des difcoorj étiirs j ils répondent en iix lignes , parce qu ils n avoienc pas bcloin de phrafes pour parler à l' ordonnateur civil, au gou- verneur 6c à la commilllon intermédiaire. Les dilcours qui lont dans le Moniteur font les ieuis que les cfommiifaires civils avouent. Le préf.iUnt ( aux colons ) : La coinmiffion vous a déjà ordonné de prélenter des preuves à Tappuides laits que vous avancez. Duny : Voici une pièce : c'eft une lettre de Sonthonax à la Com enàon nationale. Il y repèie ce qui eil coniigné dans ce dilcours. Le pré/ident : Il n'eft pas queilion de ce que Sonthonax a écrit à la Convention. Revenez à l'affaire du Cap. furent encore rendre vifire aux commillaires civils , qui leur dirent: Citoyens, obéilFez à nos ordres, car notre volonté eil: la loi. Et ils repérèrent encore à ces militaires qu'il falloit entièrement détruire la race blanche dans la colonie , propos familier dans la bouche de Renaudin, Gignoux, Lachaiie, & à tous leurs fatellites. Le général leur, xépondii : Je dois obéiiïance. . . • « • Sonthonax : Quelle preuve avez-vous de ces faits ? . D:iny : Le -général Galbaud. &>tous les rEiîitaires font prêts à dépofer de ces faits j je crois bien que vous ne l'avez pas écrit-, ce que je dis là eitconiîgné dans ce cahier. Gaibaud répondit : « Je dois obéiiBnce ponduelle à toutes "VOS réquilitions en tant quelles ne foient pas oppofées aux "lois. » Ici réoliquèrent les commidsires civils : « Nous " fommes ton'- , nouspoiiédcns la plénitude de tous les pou- » voirs. Non ( dit Galbaud ) , vous êtes les furveillans de » tous les pouvoirs *, vous devez les diriger , & non les exer- » cet. » Les commiifaires civils répondirent avec humeur : " Nous \ous répétons ici que nous remplaçons la Convention '» naiionale -, que nos volontés font k loi , ou plutôt que » nous fommes la loi. » Galbaud , indigné du ton & du de!- potifme de Polverel &c de Sonthonax , leur dit : « En ce » cas , renvoyez - moi en France j que j'y ferve ma patri© A 4 «• '^> fur les frontières ; je ne puis promettre d'obéir avcaglément -> aux orclres &c aux volontés d'hommes qui fe mettent au- '•» delTus de la loi. '> Dans cette converfation ^ ils chargèrent également le gé- îiéral d'engager fon frère à doimer fa démifiîon fous pré- texte de m.aladie j il leur répondit que fon frère n'y confentiroii pas ^ parce que la loi s'y ©ppofoir. Le pré/idem : Je prie la commiillon de délibérer pour fa- Yoir il elle veut entendre la le6l:ore de tous ces dif- cours - là. ■ Les membres de la CGrnmiJfion au préjîdentf. Fais exécuter les arrêtés de la cornmifîion. Le préjidcnî à Dany : La cemmiffion te déclare que Ç\ tu ne termines pas aujourd'hui Fincendie du Cap , elle t'ordon- nera de palier à un autre objet, ou elle donnera dans la prochaine féance la parole à Sonthonax pour te répondre. Duny : Mais , citoyens. . , . . . Le prifiitnt : Nous devons nous-mêmes exécuter le décret de la Convention qui ordonne que ï^s débats finiront dans 50 jours. On vous avoit donné une féance pour traiter ce qui étoit relatif à l'incendie du Cap ^ en voilà déjà deux & une troifième commencée : il n^Çx. pas poiïibl» que cela aille de cette manière. Duny : Le 12 juin le général Galbaud écrivit aux com- îïiîiraires civils que fon frère ne s'embarqueroit pas volon- tairement , & qu'il attendoit l'ordre formel des com.mif- iaires. Le ï 5 à S heiires du matin , Leblanc , lieutenant-colonel des dragons d'Orléans , à la tête de cinquante hommes de troupes 3 vint lai fignifier l'ordre à^z commillaires pour conduire à bord de la gabarre la Norm lU-HU-Ca ïl re mit fon épée à l'ofScier , & conduit par cette troupe de dragons 3 fe rendit paifiblem.ent à bord de la Normande. Le même jour , fur les dix heures , le général Galbaud reçut par un dragon d'Orléans une lettr© Se une proclama- tion de Sonthonax qui lui ordonnoit également de fe rendre à bord de la Normande ^ ôc par laquelle il le deilituoir. Voici ces dewx pièces que je dépofe fur le bureau •<, vous verrez dans ces pièces qu'il deilitiie Galbaud en tronquant, l'articie XY de la loi du 4 avril. 7 î.ç même jo-r le citoyen Ailony , cLage a A^ riT^-i-U de la Follette , renirt un eiat ce cctie m^K de lanté , qui conftate qu il y avoit 6 1 9 m Jac.. 'n'î-''- ,..,,, „,r c— f-ve piÈce que je dépofe , que Vous verrez, par ce..- '-, . ^^..^ riiU.ud avoit donne l'ordre aux mulâtres de le rendre a Ouanaua.ne , les ,1 au Cap,, & voici la P=^«i!";.t J:°';io„n^rent bal S-: fovjpé Le loir Polverel iv Soi.u.ona^ uonn,>. ,nx ho:r;mcs de couleur -, ils prirent "'^^^^. ^'^ ,,^,,^it plufieurs cailles de bougies; '^ f '^^'r^^i^A s Vu -cnc \ quelque prix que ce tùt 16 cylindres J--;'^^'^ ,, de achetés 4,000 hv L^,Vl^^"r%^;;bXmft-teur chargé ■ordounaieut-civil Malie , & •!*^.°''' ,^_.r,^„„, >, h comiiùl- du magafin, aûuellement à Pans; ils dcpo.eron. . la fion, ficelle l'exige. '„„„^r--n' ^ Meftral, coinmândânr iagabarre A: ^^^^ I^^^ f ^biaTI il le iq& les iom-s précédens avoien. vu a.ave. en . 1^ Tnl Va Cl- d»s .r.ul'ltres & des nègres arme. -- dans la vuled.a Ua;. a..-- -- - ^^^_^^^^ P,-,; avoir accom- tous bs quaruers de> ^!^:-^^^;^:-^ i^:, ,é,okés. Gal- Lot (de Gac , Vcrgniaud, i*.enat,cun ,.«-'- V concerter avec .i.uaa,^, eu.. ^,i...j.-, ^^utres br r^^-ands L Grande - Rivière , ainii que les Uoa..u. &:^uu.. «^ . ce la même efpèce. , -^.,-r.,î-oT,M- r-.u- ■ Voici «ne déclaration du citoyen l-^àou:^ccu^ ^ . - biic du tribunal criminel organifé V'^ ;^^^°^-(^Zrà,^ ville du Cap , qui annonce Vf^.}^::^^ ^^-i^^, é-.oient convaincus , en tailant /"Pi' ;X^\/=4'' : ç^^^ ^„i , • „^ ,,^:. r,.r -'-îrs -'ebitanoris 5 d avoir oa l. i-i-c^ ^i c^ddi; leurs bleiïuresiceft Sf-^-^[„i"ji^,5;t^ déclare à Poherel & Sonthona>c ; & vous ake. ^o^ -, ^_ Godards appelés au gouverncrnent par SouaK^^a^-^^ gcr les brigands révol es. Voim la pisce <1«^ f f-5 ::-^ Le; mulâtres , les ncâ^.'. , '"..':' f'/g.lj,-., de b com- «M^ lO fi Mr rrsiffion cbnle j eux feuîs ayoient le droit de fe promener dans les rues armés de fabres ôc de piftoiets. Jamais lis n avoieni- été fi nombreux ni ii furieux. Ils parcouroient les . mes en jurant , iniultant , maltraitant tous les blancs & tous ie^ marins qu'ils rencontroient. Le:5 officiers de la marine de lEtat portèrent encore à Polverel & Sonthonax des plaintes amères fur la conduite des hommes de couleur à l'égard ûe î@us les marins. Roufleau , officier de la corvette k'^Fa- vome .yî^teui: de la dépuration , pour avoir ofé parler avec i énergie d'un vrai Français , fut afiailli, en fortant de la coiîimilïïon civile , par une troupe d'hommes de couleur. Cette troupe étoit commandée par le mulâtre Bijou M0iim.e, aide- camp de Gallino ( de Gac). Ce fut amïi ce même of- ftcier de marine qui fut chargé de porter la parole à Polverel c^ -'ondicnax fur la proclamation qui défendoit expreirérnenî a roLit marin de fe trouver à terre le 2© juui à' 7 hdures du- loir. Toutes ces horreurs n'étant que le prélude de ce qui de- voit iuivre , l'après - midi les alfaffinats & les mailacret recommencèrent. Tous ceux qui étoient arrivés en ville avec rolverel & Sonthonax ne connoiifoient plus de frein. Plufieurs blancs furent maifacrés dans une maiion , parce qu'un ma- îeiotj pourfoivi par ces forcenés, y avoit trouvé un refuge. Les femmes , les enfans ne furent point à l'abri de leur kutaliré. tnvzm on réitéra à Polverel &- Sonthonax les plaintes les plus amcres; en vain on mit fous leurs yeux les preuves fanglanteà des vexations & des ailailmats contre left^uels on réclamoic, ns ne répendirent que par des'iniures. Vcici h déclaraticn de Lepelletier , tailleur , qui a reçu vm^^t coups de fabre^pour avoir fauve che-^ lui un marin j cette çièce fort de deflous les fcellés comme toutes les autres j 3I e(t ICI à Paris, couvert de cicatrices , & dem^ande à être entendu, ^ Le 20 ^au point du jour, les fcènes delà veille recommen- -xerent avec plus d'ar.rocité ^ quantité de matelots , defcendus a terre pour faire leurs provifions , n'eurent que le temps de regagner leurs bâtimens. Ceux qui ne purent atteindre le bord de la mer, furent écharpés §c mis en pièces. Les marins, furieux de la proclamation qui déclaroit criminels de lèie- nation ceux d'emr'eux qui feroiem trouvés à terre prJs fppt heures , furieux du mépris affcAé de Polvcrcl & H.nrlionax pour leurs réclamations , furieux (ur - tout du nallàcre de leurs camarades , fe renduent a un bprd a i ;!U-ie n ciiant : Aux armes , aux armes ! il jaut em.barqucr ta.- /erei & Sonthonax, ■ \n 7 Th. Millet : J'ai entendu aiuepar le contre-amiral C.erceyqu c- antavec le contre-amiral Cambis, & tailant des reprexcn- ations à Polvcrel & Scntlionax fur les inccnvemens terri- )lesdes rixes qui pourroient s'élever tous les jours en .^ PS marins & les hommes de couleur & leurs repreiemps , m'ils ne feroient même pas les maîtres de retenir 1 .rii- nadv-riion de leurs équipages . tant ils étoienc exalpttes -, jn oes commiilaires civils leur répondit : Quand d un co^p îejlfflec on peut réimr 400,000 honunzs , on nz craint pas Ls Tiouvemcns des marins, , Si j'ai bonne mémoire, ceci e(l conilgné dans le compte rendu parleooniie-amir-dCercey au pouvoir exccuar, & qiu eic dans les archives de la corumiOîon des colonies. _ n:my : Les remontrances des o(Hcier. furent mutiles^ pluiiCLU-s canots, remplis d'habitaus de la viiie , ie ren- dirent vers Galbaud à bord de la Normande. Ces Geputa- tions lui représentèrent l'état critique de la vine ûu Cap &c de tout/la colonie. Elles lui repraentèrent qu myeiu de la confiance de la France , il devoit arracaer les rene^ du gouvernement de Saim-Domingue des mains de 1. oiveiei &Sonthonax.Galbaud leur lépondirqu une autorire comti- tuée ne pouvoir être infurredionnelle. Sur les 9 heures du matin, une chaloupe, portant des dépurations de tous les batimens, vint de nouveau a bord de la Norma72de , fomvAer le général Galbaud de reprendre la place & de fkuver la colonie. Malgré (on rems, il hit obligé de céder. On le porta à bord de tous les batimens de fÉtat, excepté de L^.^erk^ , dont l'équipage , qui ^^toit vendu aux commiiBires civils, avoit fait feu^ ior le irort- au-Prince , ôc recelé l'immenfe pillage qu us y avoienf Fait. Les marins du commerce , après av.?>ir retire derrière les vailfeaux de TÉtat les batimens marchands , vinrent odric leurs iervices à Galbaud. ^ .^ Sonthonax : Quelle preuve avez- vous que le vaiiieau \'A,Tjrîça reeeioit le pillage que vous dites que nous avions .aie 12 ^ai Porr-au-Frince ? Quelle preuve avez- vous que Ton avo piiie au r OIT- au- Prince ? ' ■ ^ Buny : Les propriétés enlevées à toutes les familles qui le îeciamenr. Ce général voyant ia réfolution bien prife & bi- l-ormee de la rade de rétablir i'crdre, fe décida à defcend": s rerre j li ordonne la mife en liberté de tous Us dépont qui n étaient pas détenus pour crime ; cet ordre eft conG^n dans mi procès -verbal du capitaine Luc Tarbé , dppo( entre les mams du contre-amiial Cercev. A forCe de iollicira nons, il obunt que la defcente feroit diltérée jufqu à troi Ueares après nndi. Le ciioyen Boulanger, commandant I Daamenr de lEtat, la Répuhâccdne, écrivit au général Gai Daud que tous les bâtirnens de la rade étoient prévenus , qu il eroient_rous diiporés à exécuter fes ordres, & quils avoien tous^hit retentir leurs bords des cris de vlye U République en témoignage de leur joie : rimpatience des marins étoit ion comb.e, ionVim coup de canon tiré du vailf^au 1 Jupiter ôc le pavillon donnèrent le f^gnalj auiiitôt toutes k chaloupes des bàtimens de FEtat êc du commerce , chargée des marins & des garnifons des vaiffeaux, couvrirent la rade a quatre heures, toutes les embarcations furent rendue a terre. L adjudant - générai Céiar Galbaud urit le corn niandeilient d une colonne qu'il diric^ea vers le champ d Mars, avec un obus quil venoit d^enlever à un dé-^-he ment de dragons d^Orléans Se dliommes de couleur. ( P^n danr ces détails Millet dépofe fur le bureau de la comniii iion le plan de la vide du Cap , êc montre les endroits au ^m- été pillés ôc incendiés. ) ont LVjtre colonne reda aux ordres du général, qui s'avana ar la rue ^iOtre-Damei chaque colonne fut renforcée pai js gardes nationaux ôc les volontaires. A peine la colonne du gênerai parut-elle dans cette rue, qu une décharge de- mulâtres, ôc- des nègres qui couvrcient la place , Se îe fei: dune autre troupe placée à la comédie, renversèrent plit- îieurs m.anns &c gardes nationaux -, la manière vive avec laquelk on leur npofta , les força bientôt de fe retirer au ^ouverne- n??' î?1^ Gaiband s'étoit rendu maître du jardin y déjà «-GLar t^aibaud s étoit fait jour à travers le feu des cohories commiilariales; il alloit pénétrer dans Faîle droite du ^-oT^ver- ftement, après avoir reçu dix coups de feii dans foi/habir, u 1 hns fou chapsau, & un omVciiie à la hanc'ne, quilw en- m Ion ceinturon, lorlque tou^à-coup les commiflaires (e revivant pris, eur.n: recours à la trah^fon. Chanlat.e iiit env'ové au devant du commandant pour lui demander ur.e f Ïn''on d'armes. Céfar G.lbaud ne reconnoiflant pas le caradère des hommes de couleur , ne voulant pas écouter h-s oblervarions des habitans expérimentés qui etoient a^ec lui, croyant ces iiommes égarés, s'avance inconfideremem ic au nincnt où .1 étoit en pour-patler avec ^u^. >T.oyu- naît qu'ils livreroient les auteurs des ûefordres de .am. Dommgue , Polvere! cV Sonthonax , pour être envoyés en France , Corus , fuivi d'une troupe de mulâtres . &"'; ^u coiP d'une rue & fondit iur lui tans qu.l put fe aéfendie , Se le traîna chez les commiffaires civils avec un ofticier mu- Scipai, un négociant & un raffineur ,, que je vais nommer plus'^lon. La crainte 'de tuer ces maineureux empêcha la colonne de hji'e reu ', elle le icpaa v.,1.0 i^^- i Tona à l'arfenal, gardé par des muîâjes & des nègres qu Xe rendèrent fans tirer un feul coup de fufil, cv qui den^aa dèrent uardon en découvrant toutes les machinations ae . ox- • verel & Sonthonax, en nommant tous ceux quUes avoient endocirinés de la part des coramiliaires civils; lois, pour la défenle des acL;[sties Li peuple français ; qu Us lui avoient tau un rempart de leurs ^ips. £h bien ! voyez cette brochure que je depoie tur le Lireau Le prcfldent : Quelle efl cette pièce ? Duny: C'eft une relaiion dèraillée des évènemens nral- eureux qui le font pailes au Cap par les députes de la artie du Nord de cette colonie. Vous verrez dans cette bro- liure, page 2. . . . les royaliftes ont excité rinlurredbon des oirs, & les ont foulevés au nom du tyran. Page 3 , le gou- ernement avoit eu l'adreife de rallier les mulâtres a ion parti, ^age 4, les mulaires étoienr des inilrumens aveugUs de 1 execu- on du gouvernement. Page 5 , le gouvernement avoit 1 air de s excirer & les irriter contre les blancs. Page 8 , il eit a re- larquer que les royaliftes protégoient ouvertement les mu- itrel Page 10 , les colons fe font ligués avec les tederaliftes our perdre la colonie, & aujourdliui il eft bien prouvé que e mot fédéralifte avoit été inventé en France , pour^mimoler es victimes comme il l'a été à Saint-Dommgue, ir'age 1 1_: ^ous ceux qui ont voulu défendre la colonie, ne l om pas j rat 'ar l'honorable fentiment d' humanité comme l a fait Kobsj pierre, ^CTQ 4. , tous les poftes du dehors avoient été conues aux nulatrîs par Etienne Laveaux. Je vous oblerve , citoyens , lue nous trouvons accidentellement la preuve de tout ce que lous avons dit, que tous les poftes avoient été donnes aux nularres , afin que lorfqii on rappelleroit les brigands aans a ville, les blancs n étant pas dans les ports extérieurs, ne mirent pas s'oppofer à leur incurfion. Comparez enlemb-e :eux que Fefpoir du butin, la (oiF du pillage, du crime, de a débauche, Famour 4u {>.ng, du meurtre, avoient rallenioles mtour de Pclverel 3c Sonthonax -, C^ ceux que 1 intérêt de a patrie, l'ordre, la juftice, la raifon , l'humamte , le ae- /oir, les lois, l'amour de la patrie avoient rallies autour de :}albaud, fous les couleurs nationales: comparez 1 une & .autre marche, vous verrez quels étoient les amis de la patrie, de la République, & vous verrez quels étoient les latclhtes de la tyrannie, les foutiens du fanatifme, les fuppots de la tyrannie & du tcrrorifme. Des mulârres ignorans & teoces^. 70» criminels airaillns & incendiaires, condamnes au dernier ?• *•»' i6 ii'pplice , îcjcoo Africains domePâquQS ; plus da 2® mil! révoltés royaliilesj retenus dans ie brigandage depuis deuxar par des prêtrgs •-, une poignée de dragons d'Orléans coi rompus y quelques hommes de fiel êc de fange , qui avoier envahi les fortunes que trente années de travaux avoier acquifes à de paifibies cultivateurs : tels éroien: ceux qu Polverel ôc Sonthonax oppofoient à i.a marine de FEtat ^ celle du commerce , aux troupes de ligne a aux volontaire nationaux , à la garde nationale 5 aux négocians , aux cul tivareurs , aux propriétaires , en un mot , à tous les blanc "Vous trouverez la preuve de ceci- dans ie compte rendu pag 12, & dans la relation de Lafalle, donnée à la Conventio nationale, page 2.85 jugez maintenant de que| ccté étoier les aliailins Se les incendiaires,, de quel côté étoient les yjc rimes. Eft^l un feul homme de bien qui puiile ajouter f( aux calomjîies de ceux qui nous peignent comme aiTallîr de nos frères , de nos familles î Quelle foi ajouterez - voi aux diatribes lancées contre nous de la part de ceux qui or ofé demander à la Convention , comme feui moyen de reJ tauration de la colonie , des guiliorines , Se fur-tout des tr: bunaux révolutionnaires., compofés de jacobins ? Cette di mande à la Convention eil confignée page 16 , dans cett relation détaillée. Je ne chercherai pas à vous prouver qu ce ne font pas les marins , les habitans qui ont tiré par le fenêtres des maifons. Il me fuffira de vous dire que ce for les nègres domefliques enrôlés fecrétement depuis iong-tera|: par Poiverei ôc Sonthonax _, qui , après avoir égorgé leui maîtres dans chaque niaifon , s'étoient em.parés de lem armes, & tiraient fur la troup© de Galbaud par les fenêtre des maifons. Vous en acquérrerez la preuve , par ce qu'il e. dit dans certe reia.tion détaillée , qu à riuftant il fe trouv quinze nègres armés pour un feul homme libre, blanc o de couleur. Je demanderai à Sonrhonax ce que font devenue les vicl;im.es dont je viens de parler, ce que font devenus 801 femmes & leurs enfans réfugiés aux cafernes-, ce que fon devenues fur-tout toutes ces jeunes innocentes, ce dépôt prc cieux confié aux foins des dames religieufes du Cap? ... Fré îcidez , pères de famille. elles ont été violées & enfuit îiifaifuiées I Voilà le fort de nos enfans. Tous les citoyen qui habiioient hors de la ville, ôc qui purent échapper au. poignarfi ï7 ^ oignards de leun domeftiques , fe réfiigîoient à rarfenal j ils Dnjurèrent Galbaud de ne point abandonner à ces fcélér^LXs ; relie de la population blanche j ceux qui habiroieiit le aut de la ville, (îfe qui ne purent fe reunir à nous, furent biigés de ie réfugier aux caiernes j ôc le citoyen TEtendu , rmurier , Labador , chirurgien y le Gnody i entrepreneur , irent fulillés en fe réfugiant aux cafernes. Sur les neuf sures, l'armée fortit de rarfenal fur 4 colonnes. La pre- liére, fous les ordres de Galbaiid , s'avance vis-à-vis une lèce de 24, par le marché au Blanc ôc la rue Notre-Dame, ji conduit diredement au gouvernement ; les trois autres > -ec chacune une pièce de 4^ y dirigèrent également leur arche. Ici recommencèrent le meurtre, les alîi'irinsts de la ?ille par les fenêtres ^ les nègres, armés de fufils de leurs aitrcs, failoient un feu coniinuel fur Farmée de Galbaud, ■ qui retardoit la marche des blancs , ôc les empêcha de réiinir , en les empêchant d'arriver à temps pour former le feule attaque. Déjà on arrivoit au gouvernement , lorf- le^ Polverel ôc Sonthonax , certains d'être arrêtés , prirent hiite par les derrières , enîmenant avec eux Fadludant- néral Galbaud, & fes malheureux compagnons d'infonune, as chargés de fers au miheu d'une double haie de brigands, nombre de plus de ^00. Cette fuite, citoyens, fut fignalée r l'ordre exécrable que vous allez entendre , «Se qui fut nné à tous les aifaiîins qui reftoient dans la ville : « Aiettez feu par- tout, qu'ils foient tous grillés comme des cochons. « i bien ! cet ordre de fang ôc de feu, qui vient de vous aétrer d'horreur , a été donné par Polverel ôc Sonthonax, a été proclamé par Dufay , qui fuyoit avec eux. Le préfidmt : A l'ordre , citoyen. Duny : Les deux pièces font dépofées originales au comité légiilation. le préjldent : Ceft précifement parce que la Convention •envoyé les faits qui concernent Dufay , à traiter au ne peut s eu nité de légillation , que la commlilion ;uper j vous en avez fait d ailleurs le dernier article d^ re acculation , il ne peut plus en être queftion à pré- Duny : Je vais être obligé de vous montrer Dufay ap- lant les nègres pour fe léanir à Sonthonax j il ne faut Tome FUI, Solsante-dou-^ièmc lïyraifon. B 1 ^4 I donc pas que j'en parle. Vous demandez à connoître la vêni |fs traîtres. .••••- Le préfidcnt : Il falloir les comprendre dans Fade d'î cufationj la commiilîon auroit vu le parti qu elle auroit à pre^idre^ &c en auroit référé à la Convendon. Duny : Nous avons accufé Sonîhonax ôc complice cependant je me renfermerai dans ks bornes que me pr crira la commiilîon. Le préfident : Vous n'avez pas accufé nominaiivem Dufay. Si vous l'aviez fait , nous en aurions fait pan à Convendon , &c nous aurions vu le paru que la Convc tion eût pris à cet égard. Nous ne pouvons eruendre débars relatifs à des repréfenrans du peuple. Daubonneau à Duny : Soppiimez le nom de Dufay. • Duny : Par qui dirsi-je que Fordre a été proclamé. Brullcy & pl-ifieurs celons i Cela efl dit pourfuis. *•••••• Duny : Galbaud , qui ne faifoit pas la guerre aux nè^ êc aux mulâtres , m.ais bien à Poiverel ôc Sonthonax , ( »îa Convendon décréroit d'accufation dans le même teni apprenant leur retraite , fe renra à l'Arfenal ^ où il doi les ordres au commandant du cordon de TOueft, provi du Nord, d'arrêter les commilTaires civils ^ en cas ni VOuluiTent aller cacher leurs crimes chez l?s Efpagnols; qui étoit d'autant plus vraifemblable, qu'ils étoien: coal avec les chefs des révoltés qui combattoient avec ces c îiiers. Les mulâtres & les nègres, enhardis par la retr de Galbaud 5 fordrent dis gouvernement, & recommence! leur feu. Ils accablèrent , par leur nom.bre , les blancs , n'eurent d'autre parti à prendre que la retraite. Dans toi les maifcns , dans toutes les rues , on n'entendoit que larmes, que les, cris du defefpoir i les uns crioienr à l( bourreaux\ ï Prenez tout ce que j'ai, lailfez-moi la vie^ enfans en bas âge ont befoin de leur père. Les autres crioie Epargnez ma o}.ère , je me ùévoue pour elle. Tous ces forent inudles. Poiverel ôc Sonthonax aveient inoculé la ïocité dans Tame de ces CÂunibaies, &les hoimmes, les femn les enfans , les vieillards ^ en un mot , tout ce qui étoit bla furent impitoyablement maffacrés. Les citoyens réunis marins, & ralliés à l'arfenal , effrayés par les cris de brigands, conjurèrent Grîlbaud de ne plus les expofer d^vâ^ tai^c : voyan {a re;oiu-icn de mounr à ion pofre, us ie for- càenr de le rembarquer. Leciax , accufaieiir public ;, èc Jacob, garde-magaim de l'éair, adueli ment à Pari^ , turent ceux qui ren^ntinèreni à bord dans ce ^e journée.- 1 e citoyen Allemand , coivimandnnr le camp du Mornay, annonça au gênerai qui! avoir expédie les paqu*-^is pour le Dondon j voici la letu-c. Le ciL-o)en Barque > commandant le poiïe de la pente A nie , reconnue iau'oriré du gou' erneiir gé- néral : voici la lettre du citoyen Barque* Le ci.oyeh Dii**' clos-Guyor, comx^indan': le vaiOèac ÏAmérlca de 74 canons^ annonça au général qu'il avoi. commandé 30 iiommes pùur deicendre à ruTe : voici fa letaU Les citoyens FO & Moulinr firent une déeluation à bord du vaiifeau liio/^,. qui conf- tate que peu d'mdans avanr l'arrivée de Polveiel 6c de Lavau^g au iiaur du cap , ori avoir fignalé au poire Jeanron une defcente confkierabie de brigands des montagnes, qui le iont apora- :hes du camp Lreda , d'après les follizitarions & les courfes Préquemes des muiaires près d'eux ^ 3c au au m.oment où ils 3nt été reçus dans le camp , ils ie font fauves & réfugiés m morne Sain- - Michel : voici cette déclaration tirée de' ieîiows les fcelles. Poider , major - générai de la ftationjr "crivit au gouverneur pour le prier de donner des ordres pour lue la clet principale de la poudrière tut délivrée au norteur ^e,L s ordres , ou envoyée rur-le-champ au tort de Blkotel ; ^oici l'ordre du major-genéral de la iktion , que je dépofe ur le bureau. A chaque inftant nous voyions arriver au rrord le la mer, à la faveur d'une fumée épaifïè , àc-s femmes îllouflees , échevelées ;, eftian^L ntées. Le général Galbaud ^ épouvante de cet iiornbîe fpeécàcle ., lit placer fur une mon- icule une pièce de 18, qui, en écartant les brigands, ta- :ilitoit à ceux que le^feu n'avoit pu a^elndre, leur retrait© i TArienal. Les mulâ'-res & les nègres , enragés de voir icapper quelques vidimes par cette manœuvre, exécuter.:: m ordre qui leur avoi: été donné y en fuyanr , par Polverel 5c Sonthonax. Pourvus de matières combuibblcs , iïs mirenf e reu dans le haut de la rue du conieil , oc en pîuiieurs lutres endroits y quelques-uns ibiiflèrent des trions dans les paiilailes. Il leur éroir recommande d'épargner leulemenr k jouvernement , ies caiex>:^es , la prQyidçjîç^ ^ h tréibc -^ t©af 4 10 ces faits font confiâtes par les citoyens Lepere , Payeur Rouillant, Geneviez, Pelletier, Charrier, Frayer, Paibeu: Magre , ôc plufieurs autres , tous témoins oculaires , de pr fent à Paris : je viens de citer les témoins oculaires qui foi ici. Il y a, déplus, une foule de déclarations dépofées à la con million des colonies , & dont copie nous a été donnée. Pend'aj que les royaliftes Se les mulâtres fe baignoient dans le far àes Européens , pendant que ks commiiïâires civils marchai doient avec Pierrot , Chiiron, révoltés , les crrnes qu'il cra gn®ient de ne point commettre alFez tôt , Polverel & Soi tlionax rédigoient une proclamation qui mectoit le comb h tous les forfaits , puifqu ils y vendoient la liberté pour d( aifailinats. Ecoutez cette proclamation du 21 juin , fruit c la rage & de la trahifon du terrorifme. C'efl dans le me ment où le poignard &- la torche enfanglantoient & mei toient en cendre la ville du Cap , que cette prociamatio parut. (Il lit:)' Proclamation du 11 juin 1795 3 du haut du Cap* « Déclarons que la volonté de la République françaife » & celle de fes délégués , ell de donner la liberté à tou w les nègres guerriers qui combattront pour la République w fous les ordres des commiflaires civils , tant contre k " Efpagnols que contre les autres ennemis, f oit de l'intérieur " foit de Textérieui. » 2°. La République & les commiiïâires civils veuler aulîî adoucir le fort à.Q^ autres efclaves , (oit en empêchât; qu'on ne les maltraite comme autrefois , foit en leur donnarj de meilleurs vivres, de plus grandes places pour leur aifancel plus de rechanges par an , plus de temps par femaine pod s'occuper de leurs propres affaires , plus de repos & dj refpeâ: pour les femmes enceintes & les nourrices, foit e leur donnant à&^ moyens sûrs de fe racheter moyennai des fommes déterminées , foie enfin en donnant graduelkl nient la liberté aux nègres qui auront donné le plus d preuves de leur bonne conduite & de leur aiiiduité au travail &: en leur donnant en même temps des terres en propriété fufnfaîites à l'honnête fubliilance d'eux Si de leurs familles. I II Vous voyex^ citoyens , que ceO: au moment où la ville du Cap ed en feu :, les blancs maflacrés , où les habitans font (!'got gés , que Polverel ôc Sonthonax s'occy poient , au haut du Cap , après leur fuite , d'améliorer le fort àes nègres pour les exciter à toutes les efpèces de brigandages auxquels ils s'éroient livrés. V^oici la proclamation que je dépofe fuu le bureau avec les autres pièces. Vous voyez que c'eCit éré un miracle qu'à la voix de Polverel & de Soiirhonax y ces hommes que je i'iens de vous peindre nageant dans le fang , fulfent devenus :es défenfeurs zélés iile la République , & qu^à ce mêmxe* noment généralement tous les blancs qui n'ont point ceffé le combattre Rîlïènt devenus les ennemis implacables de la France & de leur patrie. Je ne dirai pas comme Polverel k Sonthonax : Interrogez un tel , un tel , toutes leurs créa- urcs y mais je vous dirai , interrogez les m.arins^ les né^ ïocians , les propriétaires , tous vous diront la vérité. In- errogez tous les mihtaires , tous les Français , tous les cul- ivateurs -, inteiTogez aulîi les Américains , nos alliés , ils :ompi:ent aulïî des vidcimes parmi nos concitoyens égorgés: DUS les matelots Américains qui (e trouvèrent à terre , furent învcloppés dans le maiïacre ; ils étoient blancs , c'étoiî le ignai. Le ii, Galbaud propofe ! échange de (on frère contre J^olverel fils j ils s'y refusèrent > parce qu'ils étoient certains jue Geneft , aux Etats-Unis , mettroic en liberté Polverel lis , qne nous voulions am.ener en France : voici la pièce jui le conirate. Le matin de cette journée ^ plus de quinze nille révoltés royalilfes , appelés par Polverel & Sonthonax, lefcendirent dans la ville , la torche & le poignard à la main , ?c vinrent aider tous ceux qui, depuis la veille, commet- oiînt les horreurs dont je viens devons faire le récii. Galbaud, iouloureufement afFedé des défordres qui avoient eu lieu , nviia , par une lettre , les commiilaires de les faire céder. Is lui répondirent : Chailés par vous de la ville du Cap , lous n'avons plus la puiffance phylique d'arrêter ce îé- ordre. Le prcjidcnt : Cette réponfe eft-elle écrite ? Sonchonax : Oui , je la reconnois. Duny : Vous verrez , dans cette relation , que les bri- gands appelés par Polverel & Sonthonax , que ces brigands A 3 / 44 feirs répubîicciîns , par magie , dans un infiant , pïllèi'em encore les mai Ions iniades qui fe crouvoîenr dans les en- virons de ia^ viiie, quils porrc^ient le pilkge julqu'au camp des commiilaires civils , appelé Breda : ce font les foi-di- fan. 4-p^^tts à la Convention qui rendent: ce compte. Le prejident : A rord::e. Tu ne peux pas les appeler foi- ^ifaii députés 5 loriqu'ils iiégtnt à la CoMveniion. Duny : V^ous y verrez , pagt 55 , qu'il y a plus de quinze efc'iaves armés contre un homme libre. Ce (ont toujours les mé'ûies q;.i pd. leiiL a la Conveii ion. «* Nous dirons que , mal- 5^ gré la groliiéieré & la nuili <^ de principes de ces peuples ^> encojre brutes , ôc don: beaucoup même viennent àe hordes ?* d^anriiropopnages ^ devenus plus fér©ces>par la guerre qu ils; V fiûloienr aux blmcs depuis trois ans, les délègues furent ref- P pedes par ce piélange de nations qui n on' aucune idée de ?? nos coutumes > de nos lois , de nos ufages. '* Vous Tavez entendu i il ell dur que ce ne font pas les marin'^ , les loldais, |es m.irehands , les négoc|ans ^ bs cultivareurs ce les proprié- taires^ rous avtachés a la France par les lois , les uf .ges , les coutumes , les be{oins , le langage , rnabirude , qui ont égorge leurs familles & incendié leurs propriétés : mais que ce font bien cinquante milliers d'antliropopnage^ liés eri Afrique, habitues ^ comme le dit cette reinrion , depuis trois ans au c^arnage, au nili; gs , à l'incendie, qui combactoient fans ordre ^3^ ùm plan, & qui on:: encore pillé les rnaifons intadtes liors de la ville, '/oulez-vous en acquérir une nouvelle preuve? c eil: que Lafaile^ ie rendant le 22 au Cap, fut force de rendre iine proclamarion qui condainnoit à la peiae de mort ces mê- mes brigands qui continuoien: de pilier , d'ineendier. Vous trouverez, cetie preuve dans ro'ivrage de Lafàile , page 27, Lafalle rendi: compte à Polverel Se Sonrhonax qu il a .oit ren- contré fur la route trois mille brigands armés de fabres , char- g;és du pillage çie ja ville du Cap , quils fe por«-.oient dans la place, il en rendii compte à Polverel Se à Sonthonax, Se dit qq^ii ne le^ avoi. pu attaquer parce qu'il ifétoit pas allez fort. Sontnonax le remercia df ne l'avoir pas fait : « Ce ionrî s gens, f^ lui dr-ii 3 qui nous on: défendus contre Galbaud ^ les ît blancs du Cap 3 le pillage qu'ils mnt eft leur falaire. » Vous trouverez cette phrafe page 28, dans le même ouvrage, fj-reifé à la Convention, Ils avouèrent aiilîi qu'il étoient en 25 gociatlon avec Jean-François Biaflous ; cl' les débats anté- 'urs vousoni prouvé que Sonrhonaxa écrit à Biaiïbus, qui eft core colirè avec les Eip^gnols , &z leur a facilité les moyens conquérir le territoire français à Saint-Domingue i qu'il oit , dis- je , appelé Biaiîbus pour fe réunir avec ceux qui mmettoient toutes ces cruautés au Cap. Ecoutez encore , ovens, ces terribles vérités : les troupes détruites , affoibiies irle climat , la piifon, la fatigue , la mauvaife nourriture , [rayées par la deiltudion & les enlèveniens de leurs^frères , imiliées' de la préférence accordée aux brigands de Pierrot , fillees par ordre de Gignoux, nommé commandant de Tar- lei-ie du Cap par Polverel & Sonrhonax , auquel le droit de eëcdc mort étoit accordé fur tous les citoyens , attendoient ins un découragement apathique que la mort vmr mettre un rme à leurs maux. Ceft le gouverneur , le chef de la force mee , qui nous fait lui-même ce récit décliirant ; il vous •ouve que l'immoralité ôc la férocité étoient des droKs à la yem des tyrans. Je reviens à mon objet : les chemins etcicnt miés d^s deux cotés du pillage deîmalârres di des nègres qisi :oient à la garde des mulâtre iîes &z des négrefies fur la route, endant que les premiers revenoient à la charge , une ying- ine de malheureux efclaves qui s'étoienr réfugiés iur l'habi- itiôn de Chquet hors la ville , en le rendant au haut du Cap ar ordre du eommiiiaire, furent faillies en defcendant le po'de ;el-Air. Ce4-tes en ne dira pas que ces infortunés , qui éroienc Hu^it^s hors de la ville , fuiTcm de l'armée de Gabaud ^ ils 'ci "n* blancs , & c en fut aiTez. Deux de ces malheureux qui ^ font lai^vés fe trouvent ici à Paris , & demandent que la ommiiîlon ks interroge : c'efl le père Genevier, Houillant ôc 'aveux. Ils ont ci:nnoiirance auffi que les bngands concku- oient des charretées d'or de d'argent qui fure^it déchargées hezPoïverer& Sonthcnax, Sur les neuf hetires du matin, :;albaud defcendit à terre des citoyen^s & des militaires a ravers les balles & les ruinées qui s'écrouloient àe toutes parts. Is fe rendirent couverts de (ang à l'ar(enaU ils prièrent Gai- >aud de porrer du fecours aux femmes blanches enfermées dans es cafern.-s ôc qui étoient livrées à la brutalité des noirs , a luantité d'enfruis blancs , à la troupe de ligne qui étoit enier-- née aulïï dans les cafernes , allorant que le reu y avoit déjà et© ^.m plufieurs fois ^ ^ (^ue les vidimes ne pouvoient ecnappes 3 4 •h*' i\ aux torches ou mx poignards. .Uincendie continuant Tes rava ges ,^ gagna les enviions de Farienal ^ ôc bientôt il ne fat plu poiiîbîe d'en foriif. La rapidité des Hammes vers le bord de i mer iit craindre que , par TexplGhon ^u magafin à poudre , l'ei cadre ôc le convoi ne fuilent engloutis : Galbaud donna de ordres pour le rranfport des poudres à bord des bàtimens de l République, Ce général, inftruitque ces brigands tournoient 1 navire de U Providence pour venir par les derrières s'empare des iorrs Bifcolet , Saint - Jofeph & du Grigri, Se par c moyen empêciier la fortie d'un ieul bâtiment , ordonna d'e. enclouer les carions. Nous avons jugé combien ces précaution avoient été néceiraii-es. ..... Les brigands voyant ks bâtim.en dénier dans la paile, fe portèrent aux forts dans le delTein d noyer ceux qu'ils n'a voient pu aiTalliner. Th. Millet : Je dis plas : c'efi: que le moment où les blana qukroient la ville du Gap , le 13 à quatre heures de Taprès midi 5 iiar-]e-champ des nègres à cheval fe rendirent en très grand nombre au fort Bifcolet^ d'où ils auroient fait feu fi l'a n'avoir encloué les canons. ^ Duny : Le citoyen Frazer , qui vient d'arriver à Pari il y a iept jours ,* dira à la commiilion que , fe trouvant ré fugié au camp Breda, près Sonthonax , pendant que la vill étoit en feu , Sonthonax fe mit à Ja fenêtre, & dit qu c ti©ir le plus beau jour de fa vie : ce trait vous peir Dans la même journée le contre-amiral Cambife pria Gai baud 3 par un billet écrit à bord du Jupiter^ de donner promp tement des ordres pour que la clef de la poudriers fût en voyée promptement à bord du vaiffeau le Jupiter. Je vais encore une fois déchirer vos cœurs par un réci affreux. La citoyenne Corte, apprenant la mort de fon mari qui venoit d'expirer fous le fouet, fe traîna avec (es deu; enhns chez Sonthonax , fe proflerna à fes pieds ,, lui de- manda du pam pour fes ipFormnés cnfans j les propos le plus humiliaris furent la réponfe du did:ateur. Dans fon dé- fefpou' elle (e tranfporre au bord de la mer, après avoir arrof( les çnhns de (es larmes : Malheureux , leur dit-elle , vou: naïves pl\is de père ; il ell mort pour avoir aimé fa patrie YQusne iurvivrez pas à tant d'horreurs. Au même momen file prfcipit^ à la imK ^^m 4^ fts enfans^ ôç s'y jeta aprè; ^^ lui avec le fécond , quelle tcnoit fené contre Ton fein. Le citoyen Furse a été témoin de cette (cène déchirante j U demande à le certifier à la commiiiion des colonies. Th. Millet : Bien d'autres en ont été témoins, Fondcviollc : Moi-même. , i i T/^ A/z//ef : Paile ces faits particuliers donnés pour Pleuve que ce ne font pas les marins ligués aux blancs qui ont incendié la ville-, que la feule partie quma pas ete iiicendiée cft celle qu ilsdéfendoient. La preuve que cen etoient pas ceux qui s'étoient réfugiés avec Ga baud, ceit que la feule partie de la ville qui n'a pas été brulee eft le poxie qu'ils ©ccupoient. ^ ^ i « n ^ ^«,. Duny ; J'ai donc prouvé que Polverel & Sonthonax ont fuivi à Saint-Domingue le fyâême de dévaftation ÔC de terreur qui a défoié la France-, j'ai prouvé. . .... Le pré/Idenc : Ce font là des généralités quin avancent à rien. Sonthonas aura la parole demain. La féance eft levée. Le régi lire des préfences ejljlgné , LPh. Garran ,f r.Jfûfe/2r, FoucHE^( de Nantes), fccrcuiïrc, Gregciire, Merlin o , Dabray, m ii 'j«i %$ ^u s8 Messidor, Tan troisième de la République française une et, indivisible. 'V T ±-jA rédadion des débats recueillis dans la féaiice de h Teiiie , eii \aQ Se adoptée. éyfem] '''''''^'''' ^''^^ ^ Laiclievefque - Tiiibaud font Thomas MUlet : J'ai à donner à la commiirion des cnlo- T:l f^'^^^f^^ î^r une pièce imponanre. Lorique leicudre loas les ordres da coni-re-amiral Cerc^y é^- k vailleau le Jup^ter fous les ordres du conrre-amirar Can- ^^e^ ,mh que route la Hore mouilla à la rade a Hampron , iZTr" ^;/?^ît,^^,^«^/ûik, dans la baie de Cheiapeack aax f: rat.-Unis de 1 Amérioue , les raanns & les canonniers ^e leicadre & les marins de la ilote marchande fe pror^o- ipjem de demander au contre-amiral Cercey d^nvo'ver lur~ie-champ en France un avifo pour porrer à la Conven- tion naaonale la nouvelle défailrneu^e de l'incendie du ^-p & quels en éîoient les auteurs. lis rédigèrent à cet ettet a la Convention nationale une péduon j cette péti:ion a eie lignée de trois ou quatre mille marins ou foldors coi^poiant la garnifon des vaiifeaux : die a été fnire en double. Une première expédition a été envoyée à la Con- vention & la deuxième doit avoir été dépofée à la muni- cipa.ité du lieu ou eft ;^:rrivé le vailPau i'Ecle , commandé par le centre -amirrd Cercey. Je cr- is oue c'efî: à Breil, on peut la trouver à Ereft ; elle a éié faire c^ (ignée par p> us de quatre mille marins dans la rade d'fiampron, avant que Ton pût préfumer qu'il exiilât ou qu'il pût exu^eç 1 ^7 .nnaisuwe aifcuirion eontradidoire entie les accufateurs ^les CCLlteS. > -rr A renMiil : Elle eîl dans les archivss delà commiiiion des lolonies. le pufidcnt : Dans vos pièces à vous , citoyens ? ycmeuil : Oui , citoyen. Sonthonax : J'en demandrai la produdîon. FcmeuïU Je la chercherai j mais cela fera long, vu la 'ouïe de papiers qu il faudra examiner. Fondeviolle en a une ;opie. le préfident } Il eR pné de l'apporter demain. ^ ^ Sonthonax: Avant de commencer ma défenfe , J« f^^'^i Dbferver que Duny a lu d'un bout à l autre l accufaaou ponée contre moi': je demande que ce foit ^onfigne aux débars, parce qu'il faut que le public lache que maigre ks arrêtés delà commiilion , mes accufateurs ont lu tout au long 1 accufatien portée contre moi , tandis que i accule i@ contenue de fe défendre de ifiiémoire. Duny : Je demande à répondre, J'avois claire mes notes, J'aurois peut-être employé la ftance d'aujourdhui , vous nvavez reilreinr. Voulant cirer tous les endroits ,^ les noms des chefs, des perfonnes , des dates , & ne point inrervertir les chofes ôc les perfonnes, commue en la hit depuis i. commencement des debais , j'^i <^û devoir imvre la marche que j'ai fnivie ; j'ai recueilU des notes, j ai place les dates 6c les pièces à l'appui à coté. Sonrhonax : La commiffion a dû voir que Duny a lu d un bout à fautre : je neu^op^oCe pomt à ce qu'il hie j mais je demande que cela (oit coniigné aux débats. Je palle a ma defenie. * L'incendie du Cap eâ un des événemens majeurs de la million des commilTaires civils^ c'eit (ans contredit la partie la nlus imDortanre de l'accuiarion portée contre eux. b ils font les auteurs de cette terrible cataftrophe rien ne pourra les abfoudre aux yeux des contemporains & de la polté'rite. Ni leurs ades philanthropiques , ni la liberté générale des noirs , m rafi-ranchiffemcnt du peuple des Antilles^ne pour- ffiient couvrir l'odieux de leur conduite j la phuoiopnie m / I î8 Ks fe"'"'''.''^ ^^"S *''<^ «^"»S«= i^'^is fi «es accu. reproche^? ^1""''"^'' '" ""?"" '^^^ «""« l"'!^ ™^ cSka rî,^ evénemens du .a juin foat l'effet d'une iTr^rr r^-"'i/''"'''^*'°'"'^^«'''^ ï'""=e en faveur de m'en oTtf ' r- '^ '^«^««^'^ ^^^ les mêmes hommes qui ven^o« L I ""/°'"^" ««teurs, j'efpère que la Con- Somni.TT^'/' Nanon françaife me vengera de la LfinZL r ''1 '^^'«'""'«e»"- L'ordre de ma défenfe fera des Snf'"P^!- ^ ^O'P'^ncerai pr établir le matériel les canr" 7"' ''"/ ^"P- J^ ^"«^ 1"^fq"«^ i-ailonnemens fur fuivis l , '" ^^«^"^'™>^5 ' f"'- J« effets qui s'en lont cuésrnnf '«"^'."«"-'"'.Par répondre à chacun des chefs allé- dTévZl '''"jP r ^'' ^^>".?-/" con^nence par la relation tionlT " ^^P ','*^" d'aborder fur-le-champ la ouef- écrtp I "^ P,?'"' ?'."^':S ''^ ^^"P«- Voici la lettre que i'ai d^^n bn?,J° T '' * '^ Convention nationale ; ellecontient InÙir^ ' ','""■' .'°"^ ^'' événemens qui fe font palTés illttr"""' ^°""^-"^fe - i»- Jufqu'au !& du ( Il lit : ) Po/î-rrs/ & Sonthonax à la Convention nationale. Cap, 10 Juillet 1795, l'an denxisine de !a République. «Citoyens RsPRisiNTANs, » Une grande catafirophe vient d'anéantir la prefque-tota- rTrJt i P "^ '''\?^P ^"""'î^" ' ^""'^^ jours après notre retour du Port--au-Prmce : c'eft à Galbaud , gouverneur-, gênerai , envoyé par le confeil exécutif-provifoire ; c'eft au lieutenant deDumounez, venu à St-Doraingue pour y pro- pager .es principes de fon patron & de Ion ami, que la l;raiKe eft redevable des partes incalculables qu'elle vient y laite. ■" " La province de l'Oueft étoit pacifiée : les chefs & les agens connus des royaiiftes & des ariftocrates ie la Peau , etoient embarqués, en état d^arreftation fui les navires du onvoi. Les vingt-cinq mille nègres infurgés de ^^V^ïf e la Croix-des-Bouquets venoient de rentrer dans leurs tehers : les tribunaux étoient organifés dans les deux parties el'Oueft & du Sud, lorlque nous quittâmes le Foit-aui 'rince pour revenir au Nord. .. Nous arrivâmes le lo juin au Cap. Depuis un mots le louveau gouverneur y étoit en fonaion ; .1 s etoit fait mtoUer ,ar la commiffion intermédiaire contre le vœu exprime de •es inllrudions, qui nous déléguoient le droit de le faire re- :onnoître dans la colonie. Dans fa courre admimftra ion il nie à découvert fon imperitie & fa malveillance; il lonna e rocfin fur les befoins de Saint-Domingue; i le mit dans ;a dépendance du commerce , en annonçant la nullité d« moyens : il préconifa le difcrédit des affignats dans fes piœ- clamations, au point que les lettres-de-change fu^ le «efot public qui perdoient 50 pour 100 , n'étoient pas reçues deux jours a?rèsà 80 pour 100 defcompte Vous verrez par les pièces jointes à notre dépêche , les mefores qu il avou paies pour fournir les magafins de la République dont on pouvoir réparer le dénuement avec les feuls revenus provenant des habitations fequeftrées. L'anéantiflement des relTources étoit une conféquence de fes principes. Dès fon débarquement , il fe denna comme le didateur chargé de tous les pouvoirs du conieil execuat ëc de la Convention ; il fit imprimer & répandre a pro- fufion fon brevet de gouverneur , l'ouvrage de quelque commis obfcur , refte impur des bureaux de 1 ancien régime ?c contradiaoire d'un bout à l'autre ave» fes infe-udions. Par-tout, en puWic comme en particulier , il aftedost de méconnoître l'autorité des commiffaires civils, d accueillir tous les ennemis de la chofe publique , & de repoufler le très-petit nombre d'hommes connus pour être les véritables adorateurs de l'égalité 6c les fedateurs des prmcipes • -Cependant il faut avouer que fa vraie dodrine en i révolution ferait demeurée une énigme pour nous ians la rage effrénée de Céfar Galbaud, foM frère, dont tous les diicours étoient des déclamations perpétuelles contre la Ke- pubUque ; la Convention & les iDiniftres vertueux qm corn- lofent ie eonfeil executif, ou des panégyriqHes étemels d^ JDumounez & de tous l»<; rraîn-»/ ^..J^ i . ^"^'"-ii a- n^rillfl„ric V ^"'^ '""' les traiti«s que les circonftances peiilleufes ou fe trouve la Fiance , démâinuenc tous les joun. Vous verrez dans les déclarations que nou°toa Galbaud étoH le d.refteur en chef de toutes'les opéranon du gouvernement i nommé adjoint pour l'armée àeUuZ an.que, ,1 avojt eu n,t>pade„ee de 'vouloir forcer la com- m^mon intermédiaire denregiftrer fon brevet pour Saim- Domingae , & en a même fait les fonctions. " Nous arrêtâmes de k deftituer pour caufe d'incivifme •• nous en prévînmes e gouverneur, & nous rinterpeilâmes en même temps d avoir à nous déclarer fi , brfoue le côte' executif lavoit nommé général, il écoit i„ftru„ «u'u ft propriétaire a Samt-Domingue. Il nous répendit par écri le li juin, en reconnoiirant que la loi fage du 4 av =1 2 fendoit ae donner des commandeniens dans la colonie 'Jv propriétaires. Il nous déclara gu'U ne pouvait JhZar^ l mftrumcntpajfif ie réquifiûons des comàffaircs Lis mprt mettre dobe^r à leurs ordres. Il nous d^enda en S f:Ze&is^:z5.'^^^'^''^'-'i--p°- 1-'- ^^^ "Preirés entre la iiéceffité de faire exécuter la loi & la déférence que nous devions aux aéles émanés du con^e4 exé- cutif , nous Tenons peut-être.reftés long-temps indéci; fans Imcivifme notoire de Galbaud , fans Tes bàlTes & f-^urdes menées pour fe taire un parti ami- répobiicai.l dans le Noi^ pendant que nous étions dans l'Oueft & le Sud ' " Nous déclarâmes donc , le .1 j juin , que Galbàucf ft'avoic pu^ être nomme gouverneur- général que parce qu'if avo t laiife Ignorer au confe.l exécutif qu'il polfédoit des pro- priétés a Saint-Domingue ; nous lui ordonnâmes en mêms temps de le rendre dans le jour à bord de k gabarre delà République la iVo,-,;;W., pour y demeurer conCgné jufnu'à Ion arrivée en France. ^ >=;unju.i ^ ..Galbaud obéit, fe rendit à bord avec fon frère 3 ôc ceftde la quils ont ourdi les affrenfes inaclimations qui viennent de perdre la ville du Cap. ^ .' Nous nous oecupions de mettre le convoi en état d* it quitter Saiiit-Domingue , ^ déia nous avions Jonné dég ordres pour Ln uc>xir. , lorlqu^^ i- *^^>mpl^^ " t.ia e. ^ -n rellulcia le- ancimues quei-Ues tare les iiiarelo'S vc les citovens de couleur ,& chaque jour de nouvelles lix.s prépa- roient un engagement général. » Le 20 , Gaibaud tait circuUr une pro.hnla.icn fur les bàrimens de la i^de , y leine à ni edives con re ks conunif- fau-es civils. Il reprend le rure de rouverneui genéi il, il fe iair coivaoitre en cette qualité par les équipages, fi eil à remarquer que la force publique que Galbaud u eiTipiovée pour commettre tous les crimes dont il %eM iouiiié , étoic prècirémenc celle qui néteii: pas à la difpcfia n du guu- vemeur : les dernières infirudions du coniVil exécuit r-11- doient la mai ine'parfauemenr indépendante du gouverneur j fon commandement étoic borné à Tarmée de terre. »^ A dix heures du matinales vailleaux s'embolTent fut la villes à huit lieures le contre-amiral Cambis nous avoir écrie pour nous prévenir que tout étoit tranquille ea rade. » A trois heures & demie de Faprès-midi, 35Ô00 matelots armés defcendent à terre. Galbaud , trop lâche pour courir 4es dangers , fe cachoit derrière la foule. Ils marchent droit à la maiion de la commiilion civile avec un canon & àes obufiers : nous étions fans defenfe avec cinquante hommes de garde feulement, tous citoyens du 4 avril j ces braves gens ne s'épouvantèrent pas de cette nuée d'airaffinsi ils fe rangent en bataille , ajuftent fort heureufement les canonniers qui conduifoient Tartilleiie, les coucheur par terre, font pri- fonnier Galbaud cadet avec pldfieurs omciers de marine. Ce premier fuccès donne aux citoyens de < ouleur le temps de fe réunir i ils fe rallemblent, pourfuivent leurs ennemis &c les forcent de fe rembarquer : i'arfenal cependant , livré par les officiers d'artillerie , refta au pouvoir de Galbaud. Nos troupes , en faifant retraite , après avoir balayé les bords de la mer, coururent plus de dangers que dans le combat. La garde nationale blanciie , embufquée dans les maifons , faifoit un feu terrible par les fenêtres. La République perdit deux ie (es plus braves officiers : l'un , lieutenant dans la légion i^ r Évalué ,ôc l'autre, commandant du quarante-quatrième PB I figiment. Il eft impoUlble de fe faire une idée de la bra- voure plus qu humaine des citoyens du 4 avril dans cette mémorable journée. A peine 300 contre i,ooo, ils fou- tinrent, pendant toute la ioirée, le feu des, matelots ôc de la garde nationale blanclie : ils les expulsèrent de tous les poites de 1 ultérieur. « Pendant la nuit, les matelots reftés à Farfenal, fe ré- pandirent dans tous les quartiers qui Favoifinent; ils enfon^ cerent (^ pillèrent les niagafms de bijouterie Ôc d' horlogerie 's Ils etoient introduits par leurs officiers, tous de l^ancienne manne, encroûtés doublement de Fariftocratie nobiliaire ÔC coloniale, & il eft probable que fans ces^infar.^s infegateurs ns ne le ieroient pas livres à tous ces défordres. » Le lendemain matin à huit heures , nouvelle defcen^e * on marcne une féconde fois contre nous ; on r>lace de far- nUerie a routes les avenues ôc (m toutes les hauteurs qui domment la maiion de la commiffion civile, ci-devant des Jelmtes; on nous cribla de boulets & de balles, Ôc nous allions être cernés par un nombre de matelots double de celui de la veille, lorfque nous fongeâmes à la retraite: nous la i-imes dans le meilleur ordre au haut du Cap. A peine etions-nous hors des barrières , que les marelots commen- cèrent a incendier le quartier des hommes du 4 avril ; eu un mftant leurs propriétés devinrent la proie des flammes. - Des mortiers placés fur un fort près de farfenal , & fervij par Galbaud enperfonne ôc par les fatellites , bombardèrent la ville : le l:eu put alors dans tous les quartiers : les efclaves s armèrent ; le défarroi fut univerfol : les brigands de toutes les couleurs fe difputoient le fruit de leurs rapines , fe fu- hlloienr fans diftindion : quelques-uns , gorgés de liqueurs k)rtes , tomboient au milieu des flammes ou s'enfeveliifoient lous les décombres. » Galbaud, toujours lâche, toujours repoulfé , fe jeta à la nage pour rejoindre la chaloupe qui favoit misa terre iailla les matelots, égares par i'es atroces fuggellioHs, périr yi^oit conftamment protégé les opprimés f^ontre les opprelfeurs, nous fommes coupables de cet honorable forfait. >• Quoi qu il en foit , la Convention nationale peut compter fur notre foumiffion êc fur notre cbéifiance à [es ordres. Si , mécontente de nos opérations , elle juge à propos de nous rappeler, nous fommes prêts à rendre compte de nocre eondidte. Il ne faut ni vaiifeaux, ni troupes pour nous forcer à exécuter fes déciiicns, un (impie décret nous amènera à fa barre, nous y paroîtrons fans crainte, comme fans remords. " Signé:, PoLVEREL ÔC ScNTHONAX. » Kerneuili J'obferve qu'il y a un poft-fcnptum,. Sonthonaxx J'y fuis j le pofi-fcriptum eft là, le voici : ( Il lit : ) « P. S, Nous ne devons pas îaiifer ignorer à la Con- vention nationale, que, fiîôt après le départ du convoi, nous avons envoyé a^s àé^enies aux comm.andans mili- taires dans tous les ports de la colonie , à'y recevoir les bâtimens de la République qui fortoient de la rade du Cap. Il étoit important d'éloigner de nos bords des par- jures & des incendiaires qui pouvoient être foupçonnés raifonniiblement d'aller faire fubir au refre- de la colonie le iorr de la capitale de la partie du Nord. » , F^çmml: Il y a un fécond paragraphe au poji-fcriptum. 3^ Le prcjîdent : Lifez le. (Verneuil lit le deuxième paragraphe). « La frégate la Concorde venoit de relâcher au Mol© Saint- Nicolas, fous prétexte d'y faire de l'eau; douze heures avant l'arrivée de notre dépêche le capitaine Wandanger avoit déjà mis le temps à profit. Se au moment où on lui a iignifié l'ordre de partir, la garnifon étoit fur le point de s'infurger, de jeter les munitions de guerre à la mer, & d'ab^^ndonner la place : la municipalité , toute compofée des me^iibres de raliemblée de Saint- Marc ou de fes par- tifans, l'a fécondé de tout fon pouvoir. » Cap 5 le 30 juillet 175? 3, l'an deuxième «. Sonihonax : Pluiîeurs pièces fe préfentent à l'appui de la relation que je viens de lire; parmi ces pièces les unes font de la main des auteurs de l'incendie, les autres font des pièces oi^cieiîes émanées foit àes officiers de la marine, foit des divers particuliers qui ont pu être témoins de ces fcènes défaflreuies. Je commencerai par vous lire le procès- verbal drelfé par Luc Tarbé, capitaine du navire S t, -Honoré, déjà annoncé par les colons; il eil dans leurs archives > en voici la copie. Verneuil'. Nous en demandons l'originaL Le préjident [ aux colons ) : Donnez*le. Sonthonax ; Vous avez annoncé hier qu'il étoit dans vos archives. Duny : Je vous ai dit que l'original étoit entre les mains du contre-amiral Cercey. Sonthonax : Le contre-amiral Cercey a dépofé ces pièces a lacommiriion àes colonies ; vous avez annoncé vous-mêmes qu'elles éroientici. Duny, hier dans la difcufïion , a annoncé que l'original du procès-verbal de Luc Tarbé étoit ici ; j'en lis une copie tirée d'un recueil de Polverel fils , intitulé % Coup - d'œïl impardaL Si cette copie eft infidèle , les côioja^ pourront k vérifier fur rorigiml. P 4 40 Verneuil : Sur quoi avez-vous pris cette copie î ^ Sonthvnax : Sur Textrait d'un journal ou le capitaine Luc Tarbc a tait iniérer ce procès- verbal. Je ne vous le donne pas pour un original , puifque :, bien loin d'être dans mes mams , il eft dans les vôtres. ^ih. Millet : Perfonne n'a dit entre nous que cet original fêt entre nos mains j Dmiy a dit qu'il étoit dans les papiers de k comniiiîion , voilà coût : on pourra le trouver dans les papiers du eona'e-amiral Cercey. Il eil inutile de parler plus long- temps là-deiius. Procès-verbal drejfé par Luc Tarhé ^ 10 juin 1793. « Lan mil fept cent quatre-vingt-treize :, le fécond de la P^epublique françaife , & le 20 juin après-midi. " xN^ous, capitaine, oîliciers-- majors & mariniers , êc of- ficiers de la garde foldée en garnifon à bord du navire k St.- Honoré ^ dèchwns Ôt atteftons que fur les neuf heures du matin le vaiiïeau le Jupiter^ commandé par le contre amiral Cambis, auroit tiré un coup de canon & mis la. flamme d'ordre -.que moi , fufdit capitaine , me terois rendu de fuite a Dord du fufdit vaiiTeau pour en recevoir l'ordre , Se que là j'y aurois trouvé le généial G:dbaud donnant les ordres à tous les bârimens de Tétat de s'emhojfer, & aux bâtimens de commerce de fe^ retirer au fond de la rade ; que d'après cet ordre j'aurois été en rendre compte au contre-amiral Cercey , qui 3 deux jours après mon arrivée ici , m'a voit donné l'or- dre verbal d^alier maquiller en couple de fon vailfeau , ce que j'aiirois fait deiuite, ne croyant pas pouvoir prendre fur moî de démarer mon navire fans l'en prévenir. Lui ayant fait part des ordres quê je viens de recevoir , il m'auroit dit que je devois en prendre du contre-amiral Cambis , comman- dant de îa ftation ; ayant retourné de fuite à bord du contre- amiral Cambis, il m'auroit dit qu'il m'autorifoit à démarer mon Jlifdit navire ; ayant retourné à mon bord,, j'aurois fait travailler de fuite à démarer pour me retirer au fond de la rade. Que pendaHt cette opération le citoyen général Gai- Daud, fortant du v^ï&dixx l'Eole , auroit palfé en couple du bord ^ ^ m'auroit fait demander ; que m'étant rendu à ks 41 !,es , il m'aïu-oit dit que tous les prifonukis détenus h id-de luoii ("ufdic navire, ;/ leur donnemt L, iihcru , toatc-^ \r en dowuroit ; que , a apic» lch , >■ ."^ -- ■- - ite à bord du contre-amiral Cercey pour lu. tendre compte , ayant parlé à l'officier de garde, il m,=f °" d,t que U nrro-amiral Cercey venoit d'être con/igue dans fa chamore rie citoyen général G.ilhaud, & quon ne pouvoir lui pai- r, iTie difant que je n'avois d'autre ordre .; recevoir que du neral Galbaud. Ayant retourné à mon bord ) atirois conti- ,é .vie démarer, & lerois venu mouiller dans le tond de rade. .. A trois heures après-midi , le vaiiTîau U Jupiter auroit ■é un fécond coup de canon d'ordre : y ayant envoyé un mot avec un de mes ofikiers ; que , rendu la , on lui aurait mné vingt fepc fufds & phfieurs paquets de cartouches , avec canon aarok it que les vingt- fept fiifils qu'il apportoit etoient deftines pour ■s Iwot-fept hommes du régiment d'Artois que ; avois reçus udqJls ]o^as auparavant ; que dans ce même tei^ips le vait- ^au /e iupiter auroit fait le fignal convenu pour la delcente; ue lefdits choyens détenus à bord ayant apperçu le lignai, uroient embarqué dans les cr.aloupes de mon Oifclit navire . c inccirorament l'ommé de les faire conduire a bord du vait- eau le Jupiter; mais les fufdites embarquations ne pouvant n porter qu'un très-peti^ nombre, ils auroient appelé des utres navires , qui leur aaroient fourni des embarquations lour fe rendre à bord dudic vaiffeau : la garnilon & les ly lommes que l'on-m'avoit donnés pour renforcer fe leroient ■mbarquês avec eux. » Fait c^ clos 3 bord du fufdit navire , les jour , mois & m que deirus. Far double , dont un a refté entre les mains du capitaine du St -Honoré , & l'autre entre les mains du ca- pitaine de la garnifon, & ont figné, Lacofte , Taibe, Huit- fier, Bonneval jeune , Noël Colinet, Foucliard. » 4î Le prifJent ■ Je voudrois lavoir - fi la couleur de ce les %"i;.^'''^ ^' P'^^"°" ^°""" 'î^"^ la -arine pour f lorC?'^''^'"'' ^^ "'^ ^ P"*' "l^ couleur convenue pour un orc loifqu un commandant fait tirer un coup de cinon lénal " '" ^''''' '^^ ™" de mifaine ; c'ef ve£ takl 'P""'^' 'î"^" effet c'étoit un fîgnal c Ji,^ ',• • ^^°""" rapport très -direa aux événew révolu lonnaires , car il a produit la defcente des ma' 1 bord de /. iVaCj^Va ";ié'"S^no.1-r^^^^^^^^^ bord du ^.-ff...,,^ & , dâi:r« ] ' riClS/Sl' a armes lui-même, qu'yjeu, a ordonné de feten'ir\rê, ion commandement pour defcendre à terre Je p'rLcfs î ' Se d4°"ffi = : '?T ''^ ^'■'^^^ «s"é"i" «pSri ou de la meftra„ce.-Cet p ?cr ft dans lef :'-!.l""'T cotnmiffiondes colonies. , *'''^"''^' ^^ m lit:) É^énemcns du .o ;.i. ,j,, fan premier de la RépuMiqt a bord ae la frégate la Fine. , J'f^ "/"j ''r"'? '^'^ "'^"" Je grand canot de la Normar a déborde de fon bord, ayant le général Galbaud Se quelques aides-de-camp , des foldats & autres Sbnnes grands cris fe font élevés, cV le canot a été àCd d„'] cm\^3^7-,lfoi"t"t-' ^"^"^ ^" ^tat d.arreftatio„,i' r w uc we.ut impuuaoii;, ^c que cette démarcl: 45 : convenue avec les commiiraiues civils. Le général Gnl- { , avec fa même fuite , a éx aiilli à bord de H^ oie & hacue bariment de la République , hors le vaiiïeau / A- 'ca 'il eTl eniuite venu à bord de ia fine: par les accla- ions, ôc lur-tout les cris de vive Galbaudl je nai plus eu nême opinion , mais je n'ai fu à laquelle m arrêter, hnhn anot a abordé la Fine : j'euile bien deiué , dans 1 mcerti- ^ où j'étois, quoique j'en devinafle déjà trop, pouvoir ^ècher cette communication ^ mais elle avoir déjà ete ge- aie, & c'eût été impoliible. Le général Galbaud monte lord ds la Fine, avec la fuite qui i'accompagnoitdans ion ;ot, fon frère a lu à féquipage qui les entouroit le brevet général Galbaud au gouvernement de la colonie de baint- .mingue. Cette ledlure faire , le même alloit commencer le d'un fécond papier -, je l'ai pour lois arrête^ ôc ma- (fant au aénéral Galbaud , je lui ai dit : Je vous déclare, préfence de tout l'équipage, que je ne reôonnois ôc ne is reconno'itre vos pouvoirs èc votre autorité , p^.r la rai- 1 que je dois obéiiîance entière aux décidons des commit- res civils, ce qui m'eft commandé affirmativement par les cretsde l'aifemblée nationale & de la Convention natio- le. Sur cela le général Galbaud m'a répliqué : Mais, n les mmiirairc^s vous ordonnoient de brûkr des mauons , le te- 'z-vous ^ J'ai réoondu au général Galbaud qii^ je ne me miettois aucune réponfe à une objection auili exagérée -, iela feule que je devois l ui^ faire étoit que je perlifterois ujours dans la même profeiTion de foi. Alors le frère du néral sVft adreifé à l'équipage , & lui a demande s il ne connoiiîoit pa5 le général Galbaud pour gouverneur, & par )nléquent pour leur chef. L'équipage a répondu oui a plu- ^ -iles J'ai dès -lors éré convaincu qumie macnmaîion an- Tieure avoir travaillé les efprits pour les amener à ce but , : j'ai de faite dit au général que l'erreur ou 1 on entratnoit équipage ne me feroit furemsiiî pas changer. » Le frère du général a lu enfuite fa proclamation , qui fe erminoit par n'établir aucun ^ doute fur ia validité de les .ouvoirs , par conféqucnt fur fon autorité fur la brce de ner oui lui devoir obéiiîance. Il a enluite interpelle i équi- page pour demander s'ils ia lui promettoient s ils ont tous -il ." V. r^ondu quoui Jai pour lors repris la parole, & i'ai aflirme au général , que , ferme dans mes nr n in^s & hColTZ'^'''^' ^'"f' ^''^'' ^^"-«^ del'aire^iléV la Convention nationale , aux décidons des comminii.. f IV-' 7''''°'' ^^'^^''- ^1 ■"'" pour lors ckh&r^l ponfabiké fi je refufois de le reconnoûre ; S rW cette mené refponfabili-.é me faiioit un d'CÔi fi tr l?$°''-''r ir^ "^écifions des conuni(ran-es civik tai, les hères Galbaud, patvenus à avoir é^abU leur nté danslefprt de l'énnin-jr.» 1„; " '=«id.i leur roit tait a bord du Jupiter; ce qu'ils ont promis. ,- " ^«f "^/"ï frères (e C^m enfuite rembarques avec tZVs tf°"V"~"'"-^ ' ^"^ du /.W.^'ai que temps apics, foit par moi même ou par l'état - maio quelques perlonnes fages du bord, c£rclié fram n=r quipage a fes devoirs & à lobéiiTanGe ou' 1 déçoit conmuiraires civils. La chofe m'a été imjofl ble m- m a paru que la crainte des vaiffeaut , Se dTtre blà„"l ^ lXnS:t^;.^^ " P-fau-e comme eux! é:oiS:;. Jupiter. Le lignai de defcendre à terre en a mes tous ravn-es de commerce avoient eu l'ordre de fe tirer au EréimT X'"' ^V'^r 'î"' ^^°'«- -bol^r J'ai ioisieimi deux objets : le premier, de mettre la fré dans hrapoflibilité de pouvoi^ tirer fîir la vT fil'équi^ cond°"d'occ"'" ^r '^r °^'^^?'^" général Gal'b id^ ■afin o;'ih r' 1 ' .''" """l'^' """ mouvemens des navi, afin qu ils delcendent à terre le moindre nombre poffible mJ'pkceT f l^='".^PPf !'"^^- & ["^•nœuvrer les ancresp, me placer de manière a être mafqué par Quelaues navi aét^^'^nr ^Ce"' ^'H^-i^f-'le ^alVour dtfc fn' a ecv. retaide. Ce n a ete qu à trois heures au il a été h notre opération fe terminoit; toutes les chaloupes àc^! 4y irade, chargés des matclos armés , débordoient dn Ju'r Se de leur bord pour defccndre à terre j les équipages ;icoient mutuellcmcnr par leurs cris & leurs chaulons., t alors que 1 équipnge de lu Fine, voulant taire 'comme lutres , seil arme 6c embarqué dans les chaloupes pour fuivre : dans rimpoilibiUié où j'étois d'arrêter le dé- re , j'ai voulu le rendre le moins nuiiible pollible. A cet :^ jai ordonné que troi^ officiers luivitrent l'équipage > enjoignant expreiïement de n obéir à aucun des ordres général Golbsiud , mais de (uivre nos matelos dans tous lieux où ils (eroienc ena'aînés ou égarés^ pour empê- :, autant qu'il feroit en leur pouvoir, les défordres ou rs auxquels Ils étoient expofés devoir fe livrer dans un chaos :ette naiure i ils ont exécuté cet ordre de leur mieux. Danslabagnove du ma-^in Se de l'après-midi , j'ai plu- rs fois envoyé à bord du Jupiter un officier prendre les^ -es du eonire- amiral Cambis ^ mais il m a toujours été porté qu on ne pouvoir le voir, qr/il étoit dans la chambre mu & gardé : ne pouvant empêcher le mal, ne rece- t des ordres d'aucune autorité légale , je n'ai pu que /ailler , (oit par moi , l'état - major & les premiers mai- ; , à dimmuer le mal autant qu'il étoit en notre pouvoir , je leur îdois la juRice , qu'adoptant les principes que ois hautement expruTiés Se prêches , ils ont employé tout r zélé à me féconder. V bord de la Fine, en rade du Cap, le 20 juin 175)3 , l'an mier de la Republique. Signé ^Tkvgv^t, Certifié conforme à la vérité. ^ [;2d, Vavincour aîné , Conoryillebreuil,Vavincour cadet, Prenaf, Jamam , cannnnier ; Plouzans j Lucas , ^ m® &alrut j Groignard, m^ charpentier; Conon , m^. voiUer. Il fuit de la pièce que je viens de lire, pièce originale, Lord, que Guibaud n'a pas é'-é prié , ni par les marins , par aucune troupe , de fe mettre à la tète de la rade pour l-ifurger contre les commilfaires civils ;, que Galbaud , au c©Ktrâîre5 a quitté fes arrêts posr parcourir tovts les Biens, ma proclamation à la main 3 pour fc faire reconn commandant des forces de la République. Cela étoit d'ai plus irréguiier, d'autant plus crninnel de la part de Galb que la feule force qui , dans la colonie , n étoit pas ordres du gouverneur , étoit la marine , ainfi qu'il ai par les inftruébons données par le confeil exécutif au tre-arniral Cambis. V©ici l'extrait de ces inllrudions, (Il le lit:) Extrait des inflruclions données au général Galhaui y d juin 3 Van deuxième^ <5cc. « Le contre-amiral Cambis n aura d'ordres à recevoir des commiiîaires civils, qui devront les lui donner par €11 forme de réquifition , & auxauels il doit obtemp Ceft pourquoi il leur fera part deœs infèrudions , & certera avec eux les moyens généraux d'exécution d's leiquels il établira un ordre conR-ant de fervice, tant dan rades que dans les croifières. « Sïgnéy le contre-amiral Cambis. 5» Pour copie conforme à roriginal. ^^ Signé , Truguet, commandant la frégate la Fi Les inflrudions ont été envoyées par Cambis à Tru au moment où il a quitté la rade du Cap pour fe re] aux^ Etats-Unis , comme il confie par cette lettre qui datée du ij juin 5 en ravertilFant qu'en fon abfence il de prendre le commandement de la dation de Saint - Domin Je remets la lettre fur le bureau, afin que les colons en p: nent cGniioiirance. Verneuil : Je demande que le préHdent, à la première féar faife lire les pouvoirs du gén éralGalbaud. Sonthonaxi'Ld, marine n'éioit pas fous fes ordres. 47 '^crncuil : C'eft ce qu*on verra. mthonax : J'obferve qu'on n'a pas le droit de m'interrompre s ma défenfe \ lors delà réplique les colons pourront parler pouvoirs de Galbaud. U préjidcnt : Puifqu'il y a eu une interruption, la ledture de :e pièce ne nuira pas à la déienfe. Th. Millet : J'ai une obfervation à faire. Dans la ledluredu >cès - verbal de Truguet j'ai entendu dire : je n'ai pu tra- ller que par moi ou par les perfonnes lages du vailîeau, ie crois qu'il y a dans le procès-verbal, & les premiers maîtres miffeau, Vcrneuil : Cela ne fait rien. Sonthonax : On m'ôtera ainfi continuellement la parole is la difculîîon. Se la commiiîion fatiguée me dira de r. Le président : La pièce fera copiée. Th. Mil/et : Les fignatures ne font pas alFez nombreufes pour e ce foit là le procès-verbal de l'état - major & de la mef- nce de la frégate la Fine, La féance eft levée. Le regijlre des préfences ejl Jigné : L Ph. Garran , préft" u; FoucHÉ ( de N âmes) y fecré taire ^ Merljno, Dabray > Lanthenas. : • Du 19 MeJJldor^ Van troifiemc de la Répuhlique françaïfe i & indivifible, m N fait ledure des débats recueillis dans la féance d'iiii la rédaclion en eft adoptée. ( Les citoyens Page & Laichevêfque - Thibaut fie fi point prefens à la feance. ) Lepréfident '- Voici une lettre que Verneuil vient de remet à la conimiiiion des colonies i elle eil du citoyen Gaibaud, (Il lit:) Paris , le 25» Meffidor , l'an Iir de la République. Calhaud y général de brigade ^ ci-devant gouverneur de S ai Domingue y aux reprejentans du peuple compofant la a mijjion des colonies, «Representans, « Vous m'avez écarté des débats fur une inculpation d migration , inculpation calomnieufe & bien digne de Ton ; teur : cependant, citoyens, hlt-elle fondée, elle ne m'e, pêcheroit pas d'avoir vu ce que j'ai vu. La loi du 4 pluvii veut que vous entendiez les accuf areurs & les accules ) inculpations de Sonthcnax ne doivent pas en empêcher Te: cution : j'autois donc dû être entendu comme accufateur. » J'apprends que fur l'incendie du Cap, dont j'accufe Se thonax & Dufav , Sonrhonax fe permet les plus atroces < iomnies fur mon compte ^ c'efi donc combine accufd que dois me préfenter. Je vous demande en conféquence comrr - nicati( . 4f cation des procès- verbaux où iiiôn accufateur à développé s moyens d'attaque. >' Je demande en outre , conformément à la loi dii 4 plu-- ôfe , à être entendu dans ma défenlej mais comme un mal î gorge des plus confidérables ne me permet pas de parler jjourd'hui , je vous prie de la remettre à deux ou trois jours* " Dans tous les cas, vous ne pouvez me rei-ufer les moyens 3 confondre un vil calomniateur • la loi qui vous confritua DUS en fait un devoir »♦ Signé y Galbaud* Sonîhànax : I^a commllïon rent-elle me permettre de dife ?ux mots iur la lettre de Galbaud î Le prcfid.nt : Parie, Sonthonax : Je commence d'abord par obfervet que la Hiimifiion m' ayant réiervé le droit d'accufer lorique les ac^ ifp-tions portées contre moi feront éclaircies , je n'accu(« is quant à préient le citoyen Galbaud j je pré lente le matériel ?s < icces comme juftihcadves de ma défenfe. Le prcjidcnt i J'invite la commiiliôn à Dérer. fe retirer peur dé« La Gonimifiion rentrée ^ le préfîdent lit l'arrêté fuivants « La commiiîion confidérant-que les mêmes motifs qui ont iterminé f jn arrêté du 1 9 germmai fubiiilent toujours , puif* je le général Galbaud n a point fait ftâttier fur la queiliou î fon émigration j , » Que le délai demandé par cet ex- général tendroit à èm-*» kher que Ïqs débats ne fuifent terminés dans le temps fixé ir les décrets de la Convention j » Que la commiilîon n'a point de caraétère pour recevoir : laiifer difcuter devant elle une acculation portée for^ tellement contre un repréfentant du peuple , »' Palfe à Tordre du jour , - '* Sauf à Tex- général Galbaud à adreifer à la commifÏÏOft 'S mémoires qu'il jugera convenables iur les événemens qui ; lont pallés dans les colonies ; »» Ordonne que copie du préient arrêté & de la lettre de ex-général Galbaud fera adreifé au comité de légii^atioa =*# Tome VII l> Soixante- do ur^ièmc lïyra\fon. S J9 ^ irneuit : Je fetiande en ce cas que Sonthonax ne puif plus inculper le général Galbaud. Le préiident : On ne peut borner la àt^Qw^Q d'un accu( Vtrmuil t Lorlque nous avons voum inculper , vous noi avez retiré la parole. Sonthonax : Je n'accufe perfonne quant à préfent. Daubonneau : Dans la (éance dliier on a demandé qu fût donné ledure des provifions du général Galbaud. Soi thonax a dit que les dernières inflrudions du confeil ex cutif rendoienc la marine abfolument indépendante du go verneur , d^ bornoient (es pouvoirs à l'armée de terre -, vo allez voir le contraire par le brevet qu'il a reçu du confi exécutif. ( Il le lit : ) Brevet Ue gouverneur-général des Ifles-fous-lt- Vent , en fa\i de Thomas-Francûis Galbaud, ■}. if II'' AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. " Aujourd'hui 6 février 1795 , l'an II'' de la Républiq franc ai fe. » Le confeil exécutif provifoire ellimant néceiTaire de poi voir a^ gouvernement général des Ifles-tous-le-Vent, &; géant important de les confier à un officier capable d'en remj tous les obiers avec -le zèle, l'expérience, la valeur & prudence qu'il exige, le confeil-exécuriF provifoire a cru pouvoir faire un meilleur choix, pour remplir cette importai charge , que du citoyen Themas-François Galbaud: les preu^ de valeur, de zèle , d'expérience & de capacité qu'il a donni dans toutes les occafions où il a été employé , les connoiflan* particulières qu'il a prifes de l'adminillrarion des colonie étant le sûr garant du fuccès avec lequel il remphra le g( veriiemeat général des liles-lous-le-Vent. En conféquence, confeil exécutif proviioirvf a nommé, confôrué & rétabli k Galbaud gouverneur- générnl des Illes-fous-le-"Vent , pour 5-1 H. --51 !t fl ur ro'js les ofî icîers mi cette qualité avoir comrnandem.en taires qui y font établis ^ même fur les officiers du confeil ■ |}érieur & tous ? ordonnances parriculière.-î , à erre expédiées ôc lignées à t effet, apportant le préfenc ou copie d'icelci duement •Hanonnée pour une fois feulement , & quittances fur ce iiiilantes. Mande le confeil-exécutif provifoire à tous ceux I D z 'n i î • Qu'il appartiendra de reconnoître ledit Gaibaud en fa fufdiî« 'qualité > & de lui faire obéir es - cliofes concsrnant ladits ^^f fait à Paris, le 6 février 1795 . ^'^^ H' de k Repu- bliqae françaite, & fcellé lefdits jour & an. parle conleil- exécutif provifoire ». Signé, ClaviïRe , préfdcm; & plus bas : Monge Son'hpnax: Ce n'eft point dans les brevets donnés par l cor feil -exécutif qu'on doit chercher quelle etoit i erenaue de pouvoirs accordés au général Gaibaud. Les ^brevets donne car le confeil - exécutir lonr un protocole ou 1 on jpund le Lpreffions aui dorvenr conjpoltr les brevets des oliicxcrs gc néVaux & ceux des autres officiers : ce protocole ek cela qv exiftoit du temps des rois. J_es pouvons ae Gabaud loi.t peu fixés par le brevet du pouvoir exécunr au il y e». du qi Gaibaud commandera aux juges du confeil fuperieur. t-lt-c nue la confatution françaife a jamais entendu qu un corr mandant militaire pût commander aux juges; Ce neit pou dans mon brevet de commifllàre civil que , ai chercre a ecab! ta.s pouvoirs , c eft dans les décrets rendt^ |ar les Aliembie. ,r"ionrles & dans les inftruâions du conleu-execunr ; celt- nailî qu'il faut chercher lès pouvoirs du général Gaibaud. U les 'décrets de i'Âfl'emblée nationale n ont jamais ait qur fiffi'-:-!- de terre commandeioit la manne. Ce n eft pas toui r'eft'àue les inftriifdons du confeil-exécutif contiennent ui ^é%n4evtu-eire des'inmifcet dans ce qui regarae la mariui ,-e vous l'ai prouvé hier dans fc^^^ait des inftruâions du contt aJ-r'-l Cambis. Ces infctuâions difent : le contre - amir CanAis commandera les opérations maritimes ious les ordr à,.s commiifaires civils, qui iiii feront tranilr.is en forme . réàuifitions. J'ai allez parié tur cet article ; je pafie a n Thomas Mïlkt :Je vous ai indiqué hier le procès- yerb Arc hr.tT4TîPS de mer & canonnieus employés lur les vailieai U la Fépabiiaoe & ("ur les navires du commerce , compoia ÎT convoi commandé par le contre-amiral Ceicev. le préfident : Vous ne pouvez pas interrompre perp tuellemejat; fa défenie. 5? Fond.viûllc : C'efl la pièce que; j'avois promis d'apporter lier. Le préfidcnt : Alors il eft clair quelle doit être lue. i Thomas Millet la lit : ) Copie du procès -verbal fait par les kommes de mer & canonnîers employés fur les vaijjcaux de la République & fur l:s navires du commerce y compofant le convoi fous les ordres^ du contre- amiral Ccrcey , aux repréfentans du peuple compojant la Con- vention nationale. CiTOYENS-RePRÉsF. NTAÎ^S, « Nous frémiiTons & vous frémirez fans doute , car vous limez \i. patrie. Jetez les yeux avec nous fur Ta ftreux tableau ]ui attachoit nos regards iorique nous avons quitté Sainî-po- ninguo, Saint-Domingue qui faifoit la gloire & la richeile de a France , Saint - Domingue dont les induftrieax habitans iiourrlilbient plufieurs millions de nos frères. » Depuis 1791 nous compofons les équipages des vaiileaux ^ationnaires dans cette île , où nous l'avons fréquentée prel- que fans interruption : qu'y avons-nous vu ? trahifons , per- Bdies , brigandages , aflaliinats , incendies , infurredion àQ% affranchis contre leurs bienfaiteurs & leurs pères 5 & p^^J^ ces mûmes affranchis , révoltes des efclaves qui , mêlant leurs cruautés à celles dé leurs inftigateurs , comptent au nombre de leurs mjoindres crimes d'avoir éven'ré des femmes encemtes pour jeier leurs enfans aux pourceaux. Nous vous les dénon- çonsa V.s auteurs de ces crimes; il eil: de votre devoir de les recliercher , de punir avec févérité ceux qui, en perfécutant, ruinant , égorgeant , torturant de toutes les m.anières la po- pulation blancKe , ont enfin réuffi à procurer aux nègres ré- voltés une indépendance qui ne tardera pas , après avoir anéanti la richeile nationale , à opérer leur propre deftrudion. Nous avons vu de nos frères, égarés par des perfides, lancer 3,500 coups de canon fur une ville toujours ferme dans les principes de la révolution , dont les infortunés habitans de* mandoient à genoux , le drapeau national à la main , quels éioienr leurs crimes ^ quels étoieuc leurs accufateurs , quels « J4 d*entr'eux étoient coupables ? Cet ade de férocité n é'oit quç le prélude de ce qui s eft pâlie les 20 , 21 , 22 , 13 , 2^ juin au Gap. Nous avons lailîe cette déplorable ville livrée aux brigands citoyens de cou. mt ou e,claves ; nous lavons laifTée jonchée des cadavres de tous les blancs que leur couteau a pu atteindre , & que nous n'avons pu arracher à leur férocité ôc conduire fur nos vaiifeaux^ nous l'avons laiifée abfolument pillée 3 dévaftée , routes les richeiïes qu elle contenoit tranf- portees au dehors ou livrées aux flammes qui la confumoient depuis quatre jours. " Lr couies ces lioireurs 5 qui les a cominandées ? Poherci & Sonthonax, Le général Galbaud a voulu s'oppofer avec nous a 1 exécution de tous ces crimes ^ Galbaud a été trahi. » Salut en la patrie > à laquelle nous demandons juftice & vengeance. » Suivent toutes les fignatures àQ% officiers marin;irs > ti- moniers j gabiers , matelots , canonniers. " Pour copie conforme aux originaux partis de la baie ai Chéiapeack pour différens ports de France , l'an IP. de laRè publique françaife une 6c indivifible , le 11 juillet 1793. » Signé ^ 'DoizÉ j officier de la place. » « Cerniié vu'irable , conformément à l'arrêté de la com- miffion des coloni.s, qui a paraphe la pièce qui eft entre noj mams. Ce 19 mcliidor , Tan IIP, de la Képublique françaife Signé ^ FoND£VIOLLE. " une ëc incliviable.^ Th, Millet : On trouvera cette pièce où nous l'avons in- diqut^e. Verneuil : L'original eft écrit fur du papier à gargoulle. Somhonax : Cette pièce eft informe ^ & ne préfence aucune relation de fignatures. Th. MïiUt : Je ne l'ai point donnée comme pièce en forme, mais feulement comme une indication. Sofithonax : Alor$ il ne falloit pas la lire. Ce font les in^ 55 ■ndiaires du Cap eux-mêmes qui accufenc les hommes de >uleur de l'avoir incendié. „ , , -r le Préfident : Où cette pièce a- 1- elle été pnte ? , Th. MilUc : Eile a é;;é copiée fur roiiginal aux Erats- nis,' à la date du 12 juillet 1793 ' F^^^' ^^^'^ ^^^ fignataires ^ : elle efl (ignée Doizet , officier de place. 'Lcpréftdcnt : La commiiTion ordonne que cette piècejera iraphée en la manière ordinaire , & que le citoyen t on- îvioUe en dépofera une copie certifiée de lui aux archives e la commiilîon. ^ Sonthonax : Ceft #es Etats-Unis que les hommes qui ont icendié le Cap s'avifent d'écrire à la Convention pour dénoncer. ?ux qui ont voulu s'oppofer à leurs forfaits. Je paife à ma Un grand nombre de pièces , relatives à Tincendie da ^ap , ont été recueillies par nous -, plufieurs fe trouvent dans ?s papiers qui n'ont pas encore été inventoriés , ou dans eux qui ont été apportés fur la frégate la Sémillante : cepen- ant j'en ai recueilli un aiîez grand nombre pour confondre les accufateurs. Afin de ne pas abufer des momens de la ommiffion, je me contenterai de lire deux pièces principales; 3 ne donnerai que l'extrait des autres. . ^ / • Je commence par l'extrait du journal du vaiUeau / America , mu par le capitaine Duclos-Guyot , ^ depuis le jeudi 20- uin jufqu au 27 du même mois. {Il k lit.) Du jeudi 10 au vendredi 11 juin 1793. « A huit heures & demie du matin le major de l'efcadre i apporté l'extrait de la loi du 15 juin 1792 > relative aux comirùiraires civils nommés pour la pacification des coicnies. ^ Art. IL « Et généralement dans tous les conflits de pouvoirs, dans les doures qui pourrpient s'élever fur la nature &c fur l'étendue de ceux défaits commiiîaires civils, on fera tenu de déférer provifoiremenc à leur réquifition, fauf les recours à i'ahcmblée nationale. D 4 Aru Y. « La délVoéiffance fera regardée comme crime de Kauw traniion , Ôc ceux qui s^en rendront coup. blés feront envoyé ta ir rance avec les pièces qui coiiftaceront ie délit , pour etr foanmvis &: jugés ielon ia rigueur des lois, ^ Pour extrait conforme, " Signée le contre-amiral Cameis* « Cet ordre ^ été fuivanç les ordres du contre - amira Vambis, " • ;■ " A neuf heures un quart , le comm.andant a mis Hammi ^aT' |.P^^'^^^,^e corvée s^eft tranfporté à bord, leque selt adreile au contre - amiral Cam.bis pour demander fe. ordres. Le général lui a dit de me dire quil ne comman- doit pxus, & quil n avoir pas même le pouvoir d'avoir ur eanot pour delcendi- à terre j que c^étoit le général Galbauc qui s etoit emparé du commandemenr. Uofhcier a demande ie^ ordres a Gaibaud /qui lui a dit de me dire de m'embclfer i.oiiicier lui a demandé Tordre par écrit, Gaibaud lui 2 répondu quil n en donnoic pas. Cet officier ;a été obligé d, recevoir cet ordre, étant la voix des différens éouirages de ierat & marchiuids , qui prenoiem ie parci de Gaibaud , maigre les repreienranons que ie général Cam.bis leur a faites, iTâlDaud a donné ordre à tous ks bâdmens oui Ce troa^ •voient entre la terrera: les vailFeaux , de (e retirer au large, ce^quiis ont fait. L ordre de nous em.bolîer na point été pecure , ne connoiifant point l'ordre de Gaibaud, qui, dans 1 f^o^^-it Y s eft tranfporté à bord , & tous les U'imens ae la .^epub ique, excepréie mien, où il a harangué les équi- pages, qm 1 ont fort approuvé , fuivant ce que nous avons çncenau par des cris de vive k général Gaibaud àes vaif- ^eaux IrLoU , le Juviter , & hs frégates fe font emboiféeç devant la ville. ^ A rmdi un quart il ell venu une forte députation dei ditrereriS Q^nmens , qui m'ont demandé de quel parti j'étois, M Al je m çomptoas pa§ ïm^ çomjiie k$ aucjres bâtimew df 51 la Répubîiriie : je leur ai demandé qui commandoit la rade \ un canoîiniei- de la marine a pris la parole, & m^i dit que c tkîoir Galbaud ^ les équipaîjes qui commandoienc à - pré- fent \ que le générai Cambis étoit dans fa chambre aux arrêts. Je leur ai répondu que je ne connoiilbis poinr M. Galbaud, & que j'ignoL-cis les pouvoirs j que lorlqu il viendroit^ ks communiquer , ^ quil me feroit voir buil eft auroriie a fau-e ce qu'il fait , je verrois ce que j'aurois à faire. La. dé- puration a répondu que s'il n étoir pas venu à m.on bord, c'eft qu on lui avoir dit que l'on auroic tiré fur lui j que c' étoit ce qm l'avoic empêché d'y venir, mais qull v viendroir.^ ï> A une heure après-mjdi il eft venu une dépuration dire à l'équipage que , s'il vouicir , ils alloient chercher Galbaud , mais qu il craignoit qu on lui eût fait quelqu'infulie : on leur répondit qu'on n'infultoit perfonne -, ils ont dit qu ils al- loient le chercher. A deux heures il efi venu un officier iVa. Jupiter m'apperter une lettre de Galbaud, cet oiiicier ma dit que le citoyen Cambis étoit aux arrêts à ioii bord. » A deux heures un quart on a mis fiamme d'or à bord du Jupiter \ l'ofncier y a été de faire : Galbaud lui a dit qu'il écoit fâché de ne s'être pas tranfporté à mon bord^ mais qu'il ne doutoit pas du patriotifme des officiers ainu que de l'équipage. ^ , »» A deux heures de demie il eft venu un ofScier du Ju- piter m'appcrter un ordre contenant ce qui fuit: « Les citoyms » Aqs vaiiieaux de la République font-prévenus que le (ignal "de la defcenre fera un coup de canon, & pavillon bleu à « la tête du mat d'artimon. Signé:, Galbaud , gouverneur gé- wnéral des Isles-fous-le-vcnt. » J'ai fiiit apprêter la chaloupe , 3c le détachement du vaifTeau. » A quatre heures le fignal ayant été fait , j'ai fait ex- pédier la chaloupe , commandée par le citoyen . Leroux » lieutenant de mon bord, & un détachement de trente hommes, commandés par le citoyen Bouché, à qui j'ai recommandé de tâcher de fe rendre auprès des com.miilaires civils au gou- vernement. Le citoyen Iç Bouché , ayant vu l'iropoilibilirè de s'y rendre , s'eft replié , voyant la canonnade & fufillade qui fe faifoit de tous côtés. A fepc heures il s'eft embar- qué dans la chaloupe avec fon détachement , excepté* cinq hgmmçs^ donî uu de blçilé^ luivant h rapport du ciicycm iS le Bouché. Jai approuvé la conduite prudente que le citoye» oijche a nue 5 n'ayant pas tiré un coup de fufil. le B '' iVof^. Au moment où j'ai expédié la chaloupe , piuiieurs embarcârions de difFérens navires font venues à bord, chargées de monde, demander des fufîls, fabres ôc piftoiets ', je leur ai répondu que je n avois.que de quoi armer mes embarca- îicns : en conféquence , j'ai fait donner un coup de fifilet pour armer le grand canot. Les équipages de ces embarca- tions fe font embarqués, après avoir pris quelques paquets Ge cartouches , le trouvant au mioment où Ton en diftribuoit au détachement : ces embarcations font allées à terre , en tenant des propos inliiltans Se des menaces. " A onze heures ôc demie du foir j'ai reçu, par un of- iicier , une proclamation des commiifaires civils , adreffée aux citoyens matelots, canonniers & foldats de la Républi- que , dont copie. " A onze heures trois quarts iLefi venu un écrit du bord du Jupiter, contenant ce qui fuit : « Une fufée , fgnal de nous envoyer du fecours -, deux "furées qui fe croiferont^ on tirera entre les deux fufées qui '^ toiTiberont du même bord. Signé, le gouverneur général des " Isles-fous-le-vent. » " A quatre heures ôc demie il eft venu un c^nor du Jupiter avec un officier apnorrer un ordre du général Galbaud, qui iiemandoit trente hommes pour envoyer au Morne. J'?i ré- ponde à cet officier que je n avois point de pareils ordres a donner j que c'étoient les équipages qui comiTiandoienu la rade. A cinq heures êc demie j'ai fait lire la proclamation qui itoit^ venue à minuit. A la m.ême heure, le Jupiter^ mis flamme d'ordre , j'ai envoyé un officier qui reçut Tordre d'un officier da Jupiter , qui étoit de me dire de faire defcendre le détachement Se les canonniers à terre , pour fe rendre à i Arfenal où fe forme le ralfemblement , ce qui n'a point été Du vendredi ii au famedï ii juin, « Dans la matinée il s'eft réfugié à bord des foldats dé difrérens régimens, ainfi que des R^m.mes. A huit heures parnt «r.e îiégare que nous avens jugé être la Précieufe , vena»*' s 9 u fort Dauphin: nn canot de l Eolc a été à Ton bord au larg.. )e huit heui-es à midi U y a eu une tone canonnade ôc tu- llade dans la ville du Cap, qui a caule un grand camag., Luvam le rapport que l'on nous en a fait. A la mcme l:ti.ie, 'vakau le%'.r a mis flamme d'ordre, j ai envoyé un .fficier à Tordre : Tofficier m'a rapporte que 1 ordre veibal toit de me dire de maintenir l'ordre dans 1 équipage. A une Leure la frégate la Prédeufc a mouillé dans la r.de. » A une heure trois quarts le Z^/^/^^r mir fl.mme d çidie, ai envoyé Tofficier à l'ordre, qui me l'a apporte par ecut, )orrant d'envoyer cent hommes armés a terre , un ctn-ier lu vaiireau à leur tête, & ferrés fous les ordres du corn- nandant des forces de la République à terre. Signe, C-albaud. rai lu cet ordre à l'équipage , qm a répondu qu il ne connoiL- bir poin: les ordres de G Ibaud , ce que j'ai vu arec laustatnon. >» A deux heures il eft venu un ordre de faire deicendie DUS les habitans du Cap qui s'etoiem rétigies a bo,c. un Dfficier de la Précieufe eft venu me demander la cnaloupe :our s'amareri ce qui lui a é^é envoyé. ■ " A cinq heures ôc un quart j'ai eu orare de me rendie khord du Jupiter, pour ailifter à un confeil de guerre qm doit s'y temr. Il a été queftion d'envoyer la chaloupe à la :alle de l'état pour y fauver des far nés que on avoir lornes du magafin général : toutes les chaloupes de la rade ont eu e même ordre. J^ai fait expédier la chaloupe qui a ete a la calle, & ont fauve foixante barils de farine qu lis om apportes à bord; les autres en ont lauvé ce qu'ils ont pu. ^ » A huit heures du loir eft venu , dans la chamore du confeil , une dépuration d'un homme de chaque grade 6c de chaque état me demander à appareiller & à mettre à la voiie; qu'ils craignoimt que fi nous ne faifions pas comme les autres, on tireroit fur nous -, quïls étoient menacés de tous les équi- pages ; qu'on leur reprochoit l'affaire du Port-au-i nnce. Je feur ai dit qu'ils n avoient rien à craindre , &: qu ii n amveroit rien de i^mblable : cela les a un peu tranqmlliles. La nmt s'cft paffée en canonnade , fufiliade &c ilanimes dans^toute ia ville. A deux heures & demie. du matin, le 21, eit venu â bord un officier avec un ordre circulaire du contre - amiral Cambis, portant : Il eft ordonné qu'à la pomte du jf^ur les batimens de guerre de la République enverront à terre le plus l ae monde poffible , armés ou non , afin de fauver les dif terens objets qui Ce trouveront devoir être embaraués • ils le enverront des la connoifllince du préfent ordre. SiirJ Cambi- je n ai pas voulu donner aucuns ordres à ce fujet A cinl heures & demie, flamme d'ordre à bord du Jupiter; j'ai envov. un oliicier al ordre, qui m'a dit verbalement delà part d, contre-amiral Cambis d'envoyer une corvée de trente hommes pour! aider à fe grayer , ce qui a été exécuté, 5c d" re cevoir routes les femmes & enfans qui viendroient à bord ainii que les bleues. J>u zt dimanche au 23 juin lyç/z. - " i^ neuf heures du matin eft venu à bord le citoyi Jiauge , oflicier au foixante-troifième réeimem, nui nous : rapporte que le pillage, le feu & le malFacre éL à fo combie; quji avoit tout fierdu , heureux de Ce fauver. Jr^ d^'^^'e."i-« flamme d'ordre à bord du Jupiter, en- voie un officier prendre 1 ordre , qui étoit de renvoyer touf ks hommes de terre oui fe fercient réfuriés à bord , & d envoyer tous les matelots & foldats qui voudront defcendre 2 terre pour fe rendre aux ordres du général Galbaud oui tonquiï" "' '"'^"' ^^"'^ ' P^"^^^^^ ordres , tout a relié J'ii) *x heures & demie eft venu un ordre circulaire du ge.ie.al Gambis , portant : L urgence des circoiiftances étant PKleen ccnfiaeranon, il eft ordonné à tous les bâtimens de .a r^epublique de recevoir en dépôt les munitions & vivres qui_pourront être envoyés, ami de les conferver à l'ufa-'e des oarmiens, ou pour les remettre en maeafin , fuivant les ordres qui (eroiit donnés par les autorités^conftituées de la «epuDlique françaife. » Signé , le contre-amJral Cameis. " A deiK heures flamme d'ordre à bord du Jupiter, en- voyé un ofiicier; Ipirdre étoit d'envoyer du monde à terre pour (aaver des effets des magafins . & ordre à moi de me rendre a bord du Jupiter. Qn n'a Bomt été à terre , & je œe lais rendu à l'ordre. * él » Tenue d'un confeil de guerre qui n'a fini qui ©nze eures du loir , où il étoit décidé de faire partir , le plus Iromptement podlble -, la (iotte eft convoyée par toutes les orces navales jufquau débouquement. » A trois heures du matin on eft venu me chercher; par ,rdre verbal du contre-amiral Cambis pour ailifter a un louveau ccnleil i Gjlbaudn étant plus à bord , étant retourne L bord de la Normande , ï\ fut décidé de me aonner un jrdre contenant ce ciui luit * ^ , ^ • • j » ïl eO- ordonné au citoyen Duclos Guyot , capitaine du ^aii^eau iAmérïca, de s'entendre avec le citoyen Mi.erade Dour la tranilation du général Gaibaud a bord de ce vaii- eaa i Tordre fera exécuté Oais délai , de c eft pour être remis i L dilpofidon de la commlifion civde. ri Dord au Jupiter, ie 23 juin 1795. » Signé j le contre-amiral Cambis. » Cor ordre a été fans e^et. „ -, 1. i » Nota. Dans la nuit on m'a donné 1 ordre d envoyer le grand canot à terre pour fauver des barns de poudra; j ai en conf^quence expédié de fuite le grand, canot: ioriquii a écé chargé , on lui a donné Fordre à terre daller aepoier cette poudre à bord du:ic prile, ce qui a été exécute. ^ ; » Dans la matinée j'ai lait f^ire par ie citoyen Maaron une demande en rcmplacemcnc de poudres & boulets pour ail* ■al v^cuiit/io pour lui r^are ii^ii^ri. i-t ^- ii-^-i^'^ -; ----,»v..v-^^^ ^,^...bis a du au citoyen Madron que , comme 1 équipage mi vaiileau XAmérka s'étoit bien comporté dans la révoite qui a eu lieu , les autres équipages qui lui en vouloient , verroient peut-être que fi nous envoyions prendre des po::^dres& fX)i^lets, qu'ils ne regarderoient cela que comme aélion hoftile , qui pourroip faire un très-mauvais effet j qu'il le chargcoit de me dire d'agir fuivant ma prudence. » Le citoyen Madron m'a rapporté que quelques-uns ^ de fa coiiiioifiance à bord du Jupiter l'avcient prévenu que fou faifnit à bord de ce vaiifeau les motions les plus incen- diaires contre le vaiifeau àc l'équipage de ÏAmérka. » f" ' $■ .•Jiii! « . \4, i. Dimanche i^ , au lundi 14^ juin ij^^, « A midi, iJarnme d'ordre qui é toit d'envoyer à terre le canots pour fauver ie monde, 6c qui fe jertoienr à la iw 4u parapet de la batrerie. On y a envoyé deux canois à ] même heure, ordre de bien furveiiler la rade, étant menac ' d incendie. " il a été donné ordre d'endooer tous les canons, tar des fores que de la ville'. A huit heures du foir il eil ven un ordre du générai. Cambis de me rendre à bord du Ju puer, oii ce général ma dit quil n avoir plus d'ordre domier. Je fuis revenu à mon bord (ans prendre aucun ordr de Gaibaud. Le %nal d/appareiliage a été fait pfar le vaiifea 1 Eole au convoi , & iur ie foir il a été mis des feux fu les pavillons. Comme la brife de terre étoit bonne , pludeur batiraens du commerce ont iorti dans la nuit. Nous avon deiaiourché pour faire le fimulacre , Se partir avec la ^ott au jour. Le vallfeau ÏEo'.e , les frégates la Précieufc ^ l Surveillante .& la corvette la Favorite , ainfi que la gabarr la Normande , les avifos le Cerf èc la Mçuche , & la Goelstti ^onr appareillé. Le contre-amiral Sercey, en appareillant, m' envoyé 16 ou 28 citoyens de couleur que féquipage détenoi à fon bord. J'ai envoyé une partie Aqs embarquarions pou aider au vaiifeau ÏEok à fortir de la pafle , il n a réfté er rade que les valifeaUx le Jupiter, VJmérka, ôc les iTégate; la Fine , k Concorde , & la corvette anglaife la Tanna , 6>i quelques bâtimens de commerce dont une partie abandonnée par leur équipage. ^' Nota. Les deux bâtimens ou Ton avoit dépofé la poudre ^es magafins ont été coulés dans raprès-midi par les équi- pages des bâtimens de la rade. Du lA au Zj juin, »> A huit heures, la brife venant du large filé de notre table eft refiée dans cette pofition. Le citoyen Truguet ^ com- mandant la Fine ,^ ell venu demander des %tm de corvée pour amarrer la frégate, expofant que tout ioxi équipage iavoit abandonné pour aller à bord du Jupiter, lÈole & des ^5 bûtimenjs du commerce , qu'il ne lui relloit que trois homme* I bord i on lui a envoyé 30 hommes. Dans toute la journée &: la nuit beau temps. » A deux heures du matin la brifc très-foible , & la partie du J. J. E.. Le vaiffeau le Jupiter a ibnné la cloche, nous avons entendu donner un coup de hfflet pour faire^palFer tout l'équipage derrière, ils ont été long-temps en débats, dont nous n avons point entendu le fujet j quelque temps après ils ont viré , & Te font apprêtés à appareiller avec la frégate la Concorde , & quelques bâti mens redant du convoi. » Nous avons fait le fimulacre d'appareillage pour donner le temps au vailleau le Jupiter & à la frégate la Concorda de forcir de la palfe. A lix heures eft venu un canut du vailleau le Jupiter _, avec un officier me dire de la part du contre-amiral Cambis de me rendre de Tuite à fon bord , ce que j'ai exécuté. » Lorfque j'y ai été rendu, le général Cambis m'a dit qu'un confeil extraordinaire , tenu dans la nuit par fon équipage , avoit mis Galbaud aux arrêts à fon bord , Se qu il avoit repris le commandement de fon vaiifeau > qu'il allait appareiller pour débouquer ie convoi , & que de-là il iroit à la Nouvelle-Anglr^terre pour y dépofer le grand nombre d'habitans qu'il avoit à fon bord , & qu'en fuite il reviendroic au Cap prendre la ftation« Il m'a demandé /i je comptois appareiller avec lui : je lui ai répondu que non , que je comprois refier fur la rade ; que tout ce que j'avois fait n'étoit que hmuiacre -, que li l'on m'eût obligé d'ap- pareiller & mettre dehors dans la nuit , j'eulfe fait fauiïè route , & le lendemain rentré au Cap. Et a appareillé , ainfi que la frégate la Concorde , & le. relie du convoi. Il ne relie dans la rade que le vaiiieau l'^/Tz/ric^ ., & la rrégate la Fine, « "^' . JDu 2j au 16 juin. « A neuf heures , partie une dépuration du bord vers les cicoyens commidaires. J'ai envoyé dans la matinée un canot avec du monde pour déverguer les huniers d'un brik chargé de poudre qui avoit été coulé dans la rade ^ ayant vifité •es deux voiles qui fe font trouvées en très-mauvais état ÔC hors ele fervicè , qne Ton garde pour fourrure pour le ftf« vice du vaiiîeau. » A midi l'on a eu couhoiîTànce d'un pavillon fur l'ilei du carénage ; j'ai fait expédier la chaloupe armée pour j aller de luire j on a rrouvé dans cet endroit deux blancs & onze noirs qui s'y éroient fauves , &z qui nranquoient de tour. On les a amenés à bord , & je leur ai donné refuge comme à quantité d'autres qui font venus à bord dans ce malheureux événem.enr, » Dans l'après-midi eft entrée en rade la goélette la Ccn- rentiGn natïonak , qui avoii iorri le- matin avec le vaiilèaa le Jupiter. » A cinq heures, les officiers du bord qui avoient été en dépuration vers les citoyens commiffaires , font revenus \ bord avec une lettre adreifee à f équipage , contenant la fa- tisraccion qifavoien: les citoyens commiiraires lur la bonne conauite ^uils avoient tenue dans cette malheureufe afFairei Cette lettre a été lue fur le gaillard derrière , tout l'équi- page préfent. Après ledure faite, j'ai été très-étonné de voii qu'une grande partie de l'équipage s'eii; écriée à haute voi^ qu'ils vouloient partir pour France. Je leur ai demandé j ainfî que les oinciers , ce qui pouvoir leur faire prendre une telle réicluacn après la conduire qu'ils avoient tenue jufqu à ce jour , qu'ils alloient perdre dans un moment tous les éloges qu'ils avoient mérités par leur foumùilion aux lois ; que d'ailleurs nous ne pouvions pas abandonner les citoyens cciîim-iiiaires fans avoir reçu leur ordre de partir j que es feroit nous compromettre aux yeux de la Pvépublique fi nous confentions à ce déoart. Ils nous ont répondu qu'ils ne pou- voient pas reiter dans la colonie avec ii peu de forces pour la défendre \ que d'un momxenr à l'autre nous ferions bloqués par nos ennemis, & que nous mourrions de faim s que tous les autres équipages alloient en irrance \ qu'ils y feroientleur caufe benne -, que tout le biame retomberoit fur eux , & qu'ils vouloient panir pour France pour plaider leur caufe. Je leur ai dit qu'ils étoieni mai conieillés, & que s'ils per- fiiloicnt, ni m.oi , ni l'état-majcr ne relierions à bord. Enfin, après plufleurs remontrances inutiles , je leur ai di^ qu ils pcuvoient nom.mer une députation enrr'eux pour aller vers i^% citoyens comm^ifaires pour leur faire la repréientarion j pour 6; oiir lors ils fe fôiu difpeirés , Se tout a été tranquille. Le» inoiini'.ns & le décacacmcnt nont pas pris ia niaiie léio" uion, qu'au contraire ils m ont exprimé leur vccu pourrefter ourla défenfe de l.i colonie. La nuit, rien de nouveau. A nq heures du matin , j'ai vouLii faire lever l'ancre pour ntier le vaiiîcau plus avant dans la rade ôc rattourcher ^ équipage n'a p^as voulu virer , difant qu'ils vouloient aller 11 l'rance ,-& qu'ils alloient parler aux commiiïàires* Du 16 au ly Juin 175? 3* « Dans la matinée 3 j'ai mis , fuivant l'ordre des citoyen^ ommiiîairQS civils, les ioldats des différcns régimens , éi les itoyens de couleur qui étoient à bord j le tout ayant été onduit par le citoyen d'Auche , officier au foixants-troifième igiment y ils ont été débarquer à la petite Anfe, pour de là lier rejoindre les citoyens commiiraires au haut du Cap. )ans la matinée j'ai envoyé des gardiens à bord des diifé- :ns bàriméns qui m'ont para abandonnés \ j'ai donné des tdres aux gardien«;.de ne lailier rien forrir de ces bâtiraens- i jufqu'au préalable que je n'aie reçu ordre des commif- aires. » A midi & demi , quelques-uns de l'équipage font venus ne donner leétiire d'une elpcce de requête qu'ils m'ont engagée figner , ce qi:e j'ai réfuié. » A urie heure , ils ont parti en députaticn pour aller pré- enter cette requête aux citoyens cominifraires. Sur les deux leiirss , le citoyen Bouché , commandant le détachement , (l venu , au nom des canonniers & de fa troupe , me pré- enter une requête par laquelle il aiuire les citoyens commif- aires à leurs ordres j j'oi beaucoup approuvé leur pétition, :ue j'ai fîgnée en conféquence. Le ciroycn Eo^uché , com^- nandanr le détachement 5 avec un canonnier & un foldat Ivi dérnchem^nt , ont demandé à rtlkr porter leur vœu aux :ommiiiaites -, ce que je leur ai accordé de fuite. A huit leures du foir , les deux députatioi^îs étoient de retour , ac- :ompagnées d'un délégué des commillaircs civils, qui. a lu Lir le gaillard ,^en préfence de -ont l'équipage , la réponfe ]ue les commiffaires civils font à la lettre qu'ils ont reçu© Tome Vlll. Ssixant(i-trd-:^.t:ms liyraijQn, E »J 1 u àe réqoipage , par laquelle il leur marque leur furprife c voir qu'ils demandeat à abandonner la colonie dans un me ment aulii critique comme celui-ci ^ après s'erre toujou: comporte il fermement , & qu il failoit reO:?r dans la colonii A cinq heures au marin , j'ai donné ordre de virer à pi pour entrer plus en ded'ans de la rade, ce qui a été ex( curé. î:> a 7 heures 3 le délégué àes commiilaiîes civils efl par & a emmené ayec lui le citoyen Leroux 5 lieutenant de mo bord : les mateiots ont hnt beaucoup de reproches aux fclda ôc canonniers , difint qu ils les trahifioient , je les ai beaucou engagés à ne pas faire attention que cela tcmbercit c peu. " . «A bord àeïJmérica:, le 30 juin 17933 :»> Certifié véritable j Duclos-Guyot. " Il refaite de -ce journal , i^, que Galbaud efl auteur c rinfurrcdion des gens de mer j que bien loin qu'il ait été lu même entraîné dans un mouvement infurreélionnel àes gei de m.er , il a cauip cette iniurreaicn ^ quli.a parcouru toi les vaiileaux de TEtat pour engager les matelots à fe joind] à lui pour defcendre à terre , y venir aifaffiner les commi faites civils. Il réiulte également que les magaiins & la poi drière du Cap ont été pillés par les gens de la rade ; que ( pillage a été fait par ordre du général Galbaud , & mis bord^de deux priies angkifes qui ont été coillées bas dai la rade. ïl en réfuite également /que le vaiiïeau Y America e îefcé lidèle à la E.épubiique , qu il a refufé de prendre pa à l'horrible infurtsétion dirigée par Gaibaud , que Galbau lui-même n'a pas ofé aller à fon boid. Je produis enfuite une lettre datée du 20 juin , écrii aux commi iîaires civils par Sauret , capitaine de port, dar laouelle il les prévient que les vaiiîêaux de guerre de ] Republique s'emboilent fur la ville du Cap, avarnt le renvc de la brife du large par celle de t^rre. Je communique l pièce. Une autre pièce ed une dépofition faite par le maîn caponiiier ^* déûï Ciinoimkxs de YAmérka devant 1 ^7 itre-amiral Cambis. îl réfulte de cette dt^porinoii qtie âeé lonnicrs de ia Normande font chargés par Gaibaud de :ulei:'à bord des différens barimens pour .corrompre les. .lipages , les inviter à dcfcendre à terre ^ parce que ^ ent-iis, les commilfaires font alTalîîner les blancs j cette. ce e(t vifée par le conrre-aniiral Cambis , ôc de plus' ott au bas de ce vifa qu'elle a été envoyée à la comtniiiïoiit lie le 20 juin au marin. Je communique également cette ce aux colons. Je vais faire rranijriïe aux' débats Tinvi- ,on faite par le général Gaibaud aux t^arins de ÏJmérka, fs rendre à terre pour enlever les commiilaires civils^ rte lettre ell originale ôc lignée Gaibaud. (Il la lit:) Icn're de Galhaud aux choyens compofant Véqmm^fi /"America;, du 10 juin ij^^, ' Les braves marins de YJmérica font certainement mus les mêmes prmcipes que ceux des autres vailfeaux de' :at. Dans la tournée que je viens de £iire dans la i^de irois deiu-e cauier avec eux , mVn faire connoi^re ëc ks ran-e des dangers que court la colonie eorre les' «nains ne autorité qui a fecoué le joug de la loi ; mais les mo-^ is (ont courts, ils font trop précieux pour les nérdieer - nu urude a affau^es dont je fuis occupé en ce moment eft eule caufe qui m empêche deme rendre à bord a^ïJm''' ,; je me flatte que les bons citoyens qui sy trau-enr ne neprendront point fur mes mo tih , Se concourront avec s frciesd armes pour détruire lautoriré tyranmque qni t anéantir les perfonnes & les propriétés, i 4-* ' A bord du Jupiter, le 20 juin 1793 . l^an deuxième d. Dubhque. ■ Le gouverneur général des lOes-fous-ie vcnt. '* iSignéj GALBAllD.'i' 'A ^rncuil 5 J'obiierve fur la dépol^tion des can E i éS ÏAmérîcA^ (\\ii\j a 20 juin 1790, je ne fais quelle ann républicaine , le mot 1793 a éré m'n , & il y avoit 1790. . chiiire 13 eil fait avec une eiicie beaucoup plus noire, qui prouve un «faux matériel. Sonthonax : il eft très-pollibîe que cette pièce ne foit \ rédigée d'une manière très- probante. Je ne la donne que pc ce qu'elle eft j file eil: cerdiiée par le contre - amiral Camb je ne préfenîe ici que le vifa du contre - amiral Caml: Cette pièce m'eft parfaiiement étrangère d'ailleurs. Le préjident : L'encre da chiffre 3 me paroît être la mêi que celle du vifa qui eft en marge» Sonthonax : Voici une pièce fur laquelle les colons clûcanero'Qt pas ; elle eft lignée Galbaud ^ je la crois mêi écrite de fa maïu. (Il la lit.) : Ju:ttrc du général Gdlhaud aux citoyens compofant Féqulpi la juin lyç)^. « Le gouverneur générai des îdes-fous-le-vent : j* Les citoyens des vaiffeaux de la République font pré' nus que le (ignal de la defcenre iera un coup de canon pavillon bleu à la, tête ^u mât d'artimon. » A bord du Jupiter i le 10 juin 1795 , Fan deuxième la R-épublique, . '> Le gouverneur général des Lies- fcus-le-vent , 3> Signé j Galbaud. " - Le citoyen Duny m'obferve que la lettre quf» je lis n pas écrite de .la main de Galbaud , mais qu elle eft fgi de lui Duny. Elle eftde îa main de fon aide-de-camp Confciem Se ii^née de Galbaud. Soûthonax : îleîl bien cinir que GrïibrTd ici ne s'atrendoit] que les brav es maiius de iaK-épublique le nuiieni en inf uircclu *^- .^«^Êà ■h e , piifonnifr fur la Normande .^ il les a foulevés lui-même m détruire , dii'oit-il , noire autorité tyranniqiie. Je com- iinique la pièce. Voici un ordre de commandement donné rGaibaud, (igné de lui ^ cet ordre contient la promorioii jn prisonnier dérenu à bord du iS^c-Iîororé ^ à 1* place d^ mmandant des troupes de la République au Cap, ( Tl lit : ) Ordre donné par Galhaud au cominandam du vaijjcau ^ /'Amiérica 3 du ii ji/in 175)3. « Il efl: ordonné au commandant du vaiiTeau de la îlépu- ique ÏÀmérica d'envoyer cent hommes armés à l'arfenal , us \qs ordres de deux officiers du 1).. rd \ ce détachement la fous \qs ordres du citoyen Foreilier, commandant les jupes de la République au Cap. » A bord du Jupiter ^ le 21 juin 1793 j l'an deuxième de République. . » Lç gouverneur général àès Ides- fous- le- venr, " Signé 3 Galbaud. '* J'obferve que l'ordre donné à Foreftier de commander les Dupes de la République eft une violation des lois de la Ré- iblique , de Tautorité des commiiraires civils. Galbaud )nnoit ici à un prifonnier le commandement des troupes '. la République \ Galbaud éroic lui-même pri-onnier lorf- a'il faifoit cette promotion. Voici Tordre donné par le gé- iral Galbaud , & ligné de lui^ pour deicendre à terre. Vous 3yez que Galbaud le déclare ici le eiief de rinluneétion 3ntre les comimiiraires civils, il donne lui-même' !e (ignal ; left après avou' mis aux arrêts le contre - amiral Cambis , nfi que vous l'avez vu par les pièces que je vous ai lues^ e communique Ja pièce j elle ed (ignée Galbaud. Voici un ordre donné par Foreftierj commandant en fe- pnd les troupes de la- République , fous les ordres du gêné- jil Galbaud. Cet ordre ePc du 22 juin 3 il eil ainli conçu : E 3 s (ÎUit:) Ordre de Forejlïer ^ du 21 juin 1793, - fc En vertu des ordres du général Galbaud , le gardien fort Saint-Jofeph laiiiera encloucr les canons & mortiers. V Au Cap 3 ce 22 juin 1793? Signé ^^ Forestier. » Je GQmmiinique la pièce. Il réfulte de cet ordre que G batid a donné cclci d'enclouer les canons de la Républiqu ^lin 3 fans doute , àt- donner à rennenâ exrérieur-plus de \ çilité pour s'emparer de. la colonie : j'aurai cccaiion de prc ver cela. On ne s'efii pas contenté denclouér fescancns, a fcié tous its afiûis, en a même caile ,les écouvillons piuiieurs canons 5 afin qu^ik ne pulfcnt fJus fervir^ vous trouverez la preuve -dans le procts-verbai drel-fé par le coi mandrint de Fardlierie au C^ap^ le citoyen EouriJîier. ( procès-verbal doit pire dans k parde des pièces non ençc Inventoriées. Duny i Quelle date > Sontkonax .: Je ne me la rappelle pas , mais je me rappe le procès- verbal; vous y 'verrez l'érat dans lequel Galba avoit iaiiïè ks iorts ^ non-feulemeni il avoi;; fan enciouer canons , mais encore fcier tous les affurs. Voici un leca Confcicocé^ aide- de- camp du général Galbaud , émigré a\ lui au Canada, Il iij: Reçu donné par Confclence, 4< Tai reçu du gardien du fort Saint-Jofeph 3 5 gargoull pleines 5 de 24 > Se crois barils de poudre ^ que j'ai fait jet § la mer. n An fort Saint-Jofeph 5 le 22 juin 1793 ,Tan 3^ de B.épubliquef B L'aide-de-çamp do général Galbaud. ^.^SignJ^ CpNSÇÎEI^CE, *i 71 Vous voyez que Galbaud ne vouloir prs mcme , en. enîe- ant les poudres de la ville du Cap , les rendre, utiles à la République en les mettant fur les bâtimens de la Répuûuque j ela eût été contraire à Ton but. Il tait couler bas , dans la rade, à coups de rinces, deux arimens de la République chargés de i©6 milliers de poudre, ^'ous trouverez dans les regiilres de la commiiiion d. s colo- nies, établie àBreft, des dépofitions faites par les matelots '<. canonnîers du Juvïur y les mêmes qui ont ère mis en m- Lirredlion par Galbaud contre les commiiraires civils-, ils leporenc avoir reçu de Galbaud l'ordre de couler bas , à coups !e pinces , deux bâtimens chargés de io6 milliers de poudre, 5ans à^% écrits diUribués ici au nom de Conic lence ,3 aîd«- ie-camp de Galbaud , on avoue qu on a coulé bas , dans la ade du Cup, toutes les poudres priies à rarienalj^ mais on ttribue l'ordre de les couler bas au contre-amiral Cambis. A l'appui de ce reçu de Confcience , je vais vous lire une elarion extrêmement courte d'un citoyen qui le trouvoic nenrer la garde au fort Jofeph lorfque raide- de-camp Conl- ■ience eit venu faire enlever les gargoulTês & deux barils de )oudre , ^-c qu'il les a frdt jeter à la mer,;. (Il lit:) « I/an mil fept cent quatre-vingt-treize , le deuxième de la Rénublique, ^ le feize feptembre , pardevant nous Léger- Pélicué Sonthonax, commifiaire civil de la République , écri- v'ant Jacques-Marie-Pierre Gauk, iic-crétaire -adjoint de la commifiion civile , s'ed préfenté le citoyen Laurent , demeu- :ant au Cap, iequell déclaré qu'étant degai-de au fort Picolé ians la journée du 21 juin dernier \ que , fur les huit heures iu foir , une chaloupe du vaifièau le Jupiter vint aborder à l'habitation Rival, à: mita terre un détachement d'envn-on vingt-cinq hommes , compou; de matelots «5c canonmers du Jupiter y commanuti par unofEcier du môme bord , qu ils ont palle la nuit au corps-de- garde , & ne fe font eîitretenus que du projet de détruire les citoyens de couleur , de fai?e fauter k tète des corainiiiaires civils , de pUïer la ville ou de la rater Is'ils av oient le deirous.s ÏL 4 ,!(>!, S g.. S.\\\ * 7i ^ » Que le lendemain famedi , à trois îieiirc<; -près-midi , n aide-de-earap de Galbaud entra dans ledit fort de Picole u piftolet à la main , accompagne de deux citoyens donr l'ii avoir le menton couvert d'une plaque d'argent j qu'en mon rrant^fon piftolet il avoit dit à la garde :'Voiià les ordre que j'apporte de la part du généraf Galbaud j je viens pou enclouer les canons. Et efteaivement il les' lit enclouer de vaut lui , ëc ie retira lorfque l'opération fiii finie. " Qui efl tour ce que ie citoyen Laurent a dit avoir à âé elarer; levure à kii faire de fa déclaraicn , a dit quell contient vérité , n'y vouloir ajouter ni diminuer , ^c a iîgn avec nous & le fecrétaire la préfente déclaration , & au ba de chaque page , que nous avons cotée & paraphée. ^^ SigrJ , Laurent jç Sontkonax. ».* Duny : Quelle eft la date èc le nom ? Sonthonao^ : Du i6 feptembre 1793. Voici le journal rem par ierat-majordu vaifleau ÏAînénca, figné Sca!ans c% La VOIS , enieignes de la marine. Comme ce journal efr tro }ong pour pouvoir le lire en enfier , je vais le communicue aux colons ôc eli donner rextrair, ^ Les colons : Nous demandons qu'on life h journal ej entier. Lcpréjldent : Vous ne pouvez pas régler fa Jéi^nfe. Sontkonax : Si vous voulez , je le lirais mais cela ne linir: pas. Le préfident : Il ne pourra t'e renfermer dans les limite prefcrites , fi vous exigez de longues leclures ; vous if avez pa; lu en enticr_les pièces que vous avez produites, vous va pouvez pas Tem^pêcher de ne pas lire en entier les pièce: qu il produit pour fa 'défenfe. Duny : Je me fuis aftreint à cirer lirtéraîemenr. SondwnaxjJlréMte de ce journal, que, le io juin, Gd^ baua s éroit lait reconnoître comip.andanr des forces navale: de la République , après s'être rranfpcrté à bord de tous let batimens , excepté YJmérka ; qu'il a lui-même ori^onné au> ^^uspages de defeendre à terre pour s'emparer de la perfor^çe 7Î les Jélctïiiés de la République^ que cette defcente s'eft e^- ■eclue^- iivc le iit^nal qu il a Uu-môme donné -, que pour s cm- lia donne- iorcue au v.uihiu-.iili Interrogé s'il a connorlfance qu à huit lieues au large Ergo ait été chargé par le commandant du Jupiter de revenir au Cap y apporter des paquets : »^ A népondu que le fait e(l vrai. » Interrogé fi , pendant les trois jours qu a duré rinfurrec- tion des équipages , il a defcendu à terre &c s'eft armé : » A répondu qu'il n a defcendu à terre que dans le canot pour amener & reconduire les ofliciers , mais ne s'eft point armé. » Interrogé fi des ofïïciers ou des gens de Ton bord s'étoient armés pendant rinfurredion, ôc éioientdefcendus à terre pour foutenir le parti de Galbaud : >* A répondu que non. » Et plus n a été interrogé ledit Voifin. »' Leéture lui a enfuite été faite de Tes dépofitions ;, a dit qu elles contiennent vérité , n'y vouloir rien changer j oc a ajouté que le lo juin, iortqu il defcendit à terre dans la cha- loupe , il ramena deux négrillons qui ont été renvoyés à teiTe â.^m le canot étranger qui a apporté les poudres j & a iigaé avec nous les jour , mois & an que deîïus , après midi. » Signé j, PoLVEREL , Louis Voisin -, G An lt y fecrétaire.» Je n'ai pas voulu mettre tous ces détails dans Texrrait j mais il n'en eft pas moins prouvé qu'on a enlevé des poudres de i Tarfenal pour les conduire en rade. Verneuil : Je vous demande fi vous voyez dans cette pièce, félon que Sonthonax vous Ta dit , que c'eit Galbaud qui a fait \ feiûler la ville. Sonthonax : Citoyens , quand j'ai lu Textrait , j'ai dit : t l- 1. 7? ïi réfclte de l'interrogatoire fubi par Voifin , que îe h^nmeni a ete emboiie par ordre de Galbaud, que les Poudres ont été enlevées par ordre de Galbaud. Je viens de Vous donner la preuve ra^teriiiie de ces tai;^s. Je peux bien conclure de lin- terrogatoir^ de V oifîn qiie Gaibaud a fait enlever les poudres , pujfqu n n y^a qu un inifenc j'ai uns fous vos yeux les ordres aoancs par laaibauQ poar enlever les poudres .& enciouer les canons. A la (mte de cet interrogatoire J^ produis le livre journal ûe a goélette/^ Convention nationale , tenu par l'enf^igne du vaiileau hrgo. -^ ^ Le livre journal renu par Fenfeigne de vaillku Ergo attefte que le gène raK:. a baud a Rat embclïk les vaillkux cîe guerre iur la ville diiCap le lo juin j que, les jours iuivans, la rade a tait enciouer les canons des forts , pilier Farfe^iai , ôc couler bas- deux banmens de guerre chargés de poudres. ^ La pièce que je préfente n eft point lignée, mais c'ell un vé- ntao^e^rrau du journal d'Ergo, Ergo efi à Paris i je prie la •comiT,jil,on de 1 interroger à ce.fujet. Se de ku préfenter ce' journal pour qu il ait à Favouer ou à lé defavouer ; elle m'a ete remife par Ergo lui-même. Je la communique aux colons:^ elle n a poim ete faite pour l'inilant, car elle a été retirée de la iialie relative a l'incendie du Cap. Vemeiiïl : Ergo efl ici. ^^^^0/2.^^ : Ceft pour cela qui] efl facile de s'en alTurer/ A la iuite de ce joumai, je produis la copie officielle , cerrifiée" conforme par le fecrétaire de la commilïïon civile, dune |eclaration de Dabray lieutenanî-colonel du bataillon du Morbman j laquelle déclaration a été envoyée dé la Nouvelle- Angleterre au conleil d^adminiUration dudit bataillon, oui 1 a communiquée aux commiii:iires civils. Elle ePt extraite des archives^ elle contient à-peu-près \^s mêmes f^its conœnus dans '. les journaux des batimens d^ la République, ^ prouvés par les ©rdres donnes par Galbaud. Voici le^ procès-verbal du confeil de guerre tenu extraordi- ' nairement a bord du vaiileau de guerre le Jupiter le ^^ juin au ' ioii : ce procès-verbal eil en original & en minute j ï\ ell: ii-.é ^9 'crcey y Camhïs y Truguet •-, il eft revêtu également de la (igna-* .ire de lolis ^es «apiaiines commandant les vailieaux de TE-rar. Dans ce procès- veibal , les officiers de la marine déclarent ue la force maritime a éré mile en ini"urre(51:ipn par le général jalbaud^ que les deux contre-amiraux ont été mis aux --irrèts ar les matelots infurgés j & qu'ils font parvemis , malgré Tin- Lirredion, à empêcher que Galba ud ôc les Tiens iiilèn'i tirer les âtimens fur la ville. Voilà la pièce en original : je ia commu- ique aux colons. Th. Millet : La première chofe qui me frappe les yeux en :fant cette déclaration des oiiiciers de la marine , ce font ces nots-ci : « [.es efclaves répaiident par-tout la conuernation , effroi, le pillage , fincendie* " Le préjid.nc : Tu ne peux interrompre la défenfe de Son- honux. SontkoncTx: Ce n'eft point là une obfervation fur le matériel [e la pièce. lépofées. L'on ne penfe pas que ce navire en ait d'autres que :elies de fon arro.emenf, d'ailleurs ce bâdmen: a été exrrême- nenc maltraité & pillé par les matelots de la rade. Je dépoie ur le bureau ôc )q communique aux colons la lettre de Truguet [ue je viens de lire par extrait. Plufieurs déclarations faites par (Illit:) « Aujourd'hui douze avril mil fept cent quatre-vingt-treize, fan deuxième de la République françaife ^ pardevant nous Léger-Fé licite Sontiionax , commiilaire civil de la Républi- que, délégué aux liles ixançaifes de l'Amérique fous le Vent pour rétablir f ordre & .la tranquillité publique , écrivant Jo- feph Oeftinval , iecrétaire ad hoc de la commillion nationale tivile j s'eftpréfemé Lapierre, fous-lie w tenant des gardes natio- ««i t * ir v: ). 80 n?ihs de la compagnie Baubert , au bourg de la Perire-Anfè lequel nous a di^. que depuis le 16 mai dernier , iravaiUanc d< ion état de charpentier à renibarcadcre du petit Caracole criez les citoyens Ferrés & Laroque, le .premier reiidant i 1 embarcadère, & le feccnd négociant au Cap ; qu après avoii fait Ôc pofé fon ouvrage avec toute la célérité poilible , ëi Voyant ^que le primipal de fa beiogne étoitfait & qull pou- voir s aoienter quelques jours, lailia une perfonne intelligent avec ies ouvriers pour la perfectionner, le diipoiani , le jeud ^o juin , à venir chez lui pader quelque^ jours auprès de for ami & affociéBaubert , qu ilavoit laiifé daiigereuiement ma^ laûe lors de fon départ. "^ Qu'il s'embarqua flir un bateau de paiïage appartenan: aux citoyens Ferrés & Laroque , audit lieu du pelit Cara- cole , le 20 juin à dix^ heures du fcir j qu'il entendit dan; la nuit un feu de ro.oufqueterie ôc d'artiikrie , qui paroiiioi erre dans la diredlion du Cap eu du haut du Cap : comm( il^ n avoit pas encore doublé la pointe appelée pointe du Caracole j ils n'avoient pu voir pofitivement le lieu où étoit le combat ; le lendemain matin, 21, entrant dans la rade du Cap à la faveur d'un petit vent qu'ils avoient eu towte la nuit, i étoit cinq heures & demie ou fix heures ; qu'il étoit coucha à côté du citoyen Jofeph Ferret, patron du bareau; qu'ii vit plufieurs canots chargés de matelots armés , & qui à force de rames aecoftèrent le bateau , ôc demandèrent qui étoit le capitaine. Ferrer répondit : CeJI moi , citoyens. Les m.atelots lui demandèrent : Jve^ vous ici des mulâtres ê nègres litres ^f' Que lui declaiant répondit : Citoyens , er, voUà un : quy a-t-il pour votre fervice î Que le plus près 5^'élança fur lui le fabre & le piilolet à la main. Que lui déclarant fauta auiïitôt iiir Ion fabre , pour fe mettre^n état de défenfe ; ce qui arrêta fon ennemi , qui, fut au même inftant (liivi d'une trentaine de (es camarades , armés de fabrcs & de fufik, qui lui dirent à bord du commandant : foutu hrigc'îid, gueux ^ a[jaflm , &c, &c, j qu'il leur répondit que s'ils étoient porteurs d'ordre des commillaires civils ou de quelques autres autorités ccnftituées , qu'il obéiroit, mais que fans cela il étoit décidé h fe i-aire facrifîer ^ qu'à fnif- tant, Tun d'eux vifa ion pifiolet fur lui, qui fit faulTe amorcej .^i^ÊÊk Si )rce ; il en tira un fécond , qui rara deux fois \ 6c un autre dit: cUjl. nous y brigands ^ qui donnons des ordres ^& non f...., commïjfaïres civils ; & nous allons vous arranger tous, rriva dans cet inilant un autre canor , dans lequel il y avoic jeune ofHcier fans uniforme, du bâtiment de l'Etat l'In- •rence, qui Ce met entœ eux & lui pour le garantir des ps qu'on lui porcoit de toute part, ainii que des coups ruiils que les vailleaux marchands tiroicnt lur lui , ce qui it éloigné de lui les matelots dans la^ crainte d'être bleile j ce jeune olîicier l'avoir mis fous fa proieCèion, qu'il le defcendre dans ton canot , en lui Eiilant remettre ion ■e , dont un matelot s'empara en lui difant : i/ efl bien é j il fcrvira tout à l'heure à tz couper le cou ; que pen- t qu'il delcendoit dans ledit canot, il reçut pluiieurs coups ;roire de fuiil de la part deldits matelots ; 6c que quand Lit placé au milieu du canot , les bâcimens marchands ient encore quelques coups de fuiils fur lui , qui ne le ihèrent pas , ce qui obligea cet officier à le faire aileoir 'H côté , leur criant toujours de ne pas tirer. Il avoit pour ipagnon d'infortune , Pierre , mulâtre , apparrenant à la yenne Montonnoir, habitante au quartier de limonade. arrivés près da Jupiter, tout; réquipage cria unanimeme^ir 16 pas les laiiïer monter , qu'il falloir leur couper le cou , es jeter à l'eau. Cependant ils acofîèrent , &.les mou- lens bruyans des matelots armés obligèrent le citoyen nbis & Roulfet , officier j à paroitre. Leur homanité les agca à les prendre fous leur procedion ôc à les couvrir leurs corps, pour les f^-uflraire- au carnage que les ma- lts fe difpofoient de faire de leurs perfonnes. Que ce ne qu'à force que Cambis leur repéra de relpeéler les lois défendoient les voies de fait , 6c que ii lui déclarant it coupable , cette même loi à laquelle ils vouloient fe dre réfradaire, les puniroit dans toute fa rigueur, qu'ils vinrent à entrer dans la chambre du con(eil j que là , Cam- leur dit : mes amis , vous êtes ici en lieu de sûreté & s ma fauve- garde ; ne craigney^ point pour votre vie. Il leur iianda par quelle fatalité ils fe trouvoient ici j s'ils avoient pris à l'arfenal les armes à la main , dans l'affaire de :e nuit. Que lui déclarant répondit qull étoit fiir un fomc FIIL Soixante-treiiûme liyraifon, F 2- Si bateau de pafTage , venant de Caracole , où il éroit dep long-temps. Cambis lui apprit alors que c etoit la mai Ôc ks ciioyens de couleur qui Te mailacroient à terre. Q lui en demanda la caule , ôc qu'il lui répondit que la mar & une partie des citoyens de la ville vouloienr qu'on € br.rquât les comniiliaires civils, & que les ciroyens de c leur Si les bLncs , bon?} citoyens , s'y oppoloienr ^ & ( Galbaud étoit à terre à la tête de- la marine aimée;, pi enlever les comniillain s. Qu'ils furent interrompus par grand bruit fur les gaillards devant Ôz derrière-, c étoit matelots , qui , à l'arrivée d'un grand canot , chargé d'envi douze ou treize citoyens de couleur , crioienr : tue^ , tu, il faut couper le cou à fis /..... coquins ; nous ne vo.i pas qui s mont nt à bord. Qu'il regarda du caié , d'ab quil reconnut les ci oyens Latortue & Pierre Aiiguftin, î deux capitaines dans les compagnies franches , Ïqs cicoy -Démêlés , Méi'v Sr d'au.res dont il ignore les nom^s y ( les citoyens Cambis & Roullet agirent avec autant de te pour les nouveaux venus, que pour eux; quils furent aux fers ious les paillivens -, que Cambis revenn nr à ei leur dit : m" s amis ^ r équipage ejî très - courroucé contre autres citoyens qi'i '^'cermcnt a arrwer : mais ne craifine-^ ri vous y fe.re( tr su^eté\ c efl fiulemcn^. pour les appui/er, Qi y furcnr conduits eico^^és par Roi:iier, que le fa6lionni qui les gardcit ne put, m.olgré tout, enapécbei: ks mare de i empe; de leur fcire des menaces , dljmées prêtes à tirer fur la vij es mat^iairer en paroi ies mèches erîredfîYement vers les'or.z^- heures ou midi, tous ler-r montrant f^^-' ëc oo'ef^ canons y hirent pointés Se prêts a faire f.;o au premier iigi qu'on l;?ur die que tous les auires bârmiens de l'Etat faifoi la même manceuvre, ce qui dura julqu'au 22-, que- pend CCS deux jours , on tnvoy .;,i? Iqs détachemens de cinqu? à foix.:3nre hommes à Lerre ^ pour relever ceux, qui y étoie &: que lur le (h:rnier temps, quand on demandoic rinqiia hommes de bonne volonté, pour aller relever ceux étoieat à terre , il ne s'en trouvoit que dix ou douze, Ôc ( :iprès la quantité des blefles qa il avoir vu porter à bord, avoir jugé qu'ils n'étoient pas bien reçus. »* Que ce ir.èine jour on mena a bord un citoyen les mains tes derrière le dos , (]yx i oa vouloir mettre aux fers avec IX-, mais comme il n'y avoir pas de place, 'il fui coniigné: couleur étoir rrès-claire , mais qu'il ignorent s il éroit bianc i métis , que tous les matelots diioient qu il lalloïc le er, c^ qu'un d'entr'eux prit un coureau de la ceinture Se i en donna deux coups très-profonis à la figure , & avec 1 air furieux regardoit lequel d'entr^eux il frapperoir le pre- ier. » Que le citoyen Cambis parut , & les larmes aux yeux , kui reprocha leur barbarie en leur difant : Quel compte, lei-vous nndre à la nation de toutes les cruautés que vois mmettei? Ojerex-vous paroître en France parmi vos frères-^ \ii\ fit porter le'bleiîe au chirurgien pour le Faire panier, qu'il ne reparut plus. Qu'il apprit que le citoyen Gaibaud ■voit venir l'après-midi à bord, qu'il demanda du papier Se ' l'encre qui lui furent reRifés , mais que cependant il en )tinr par la protection de l'armurier dont il avoir faitjcon- Dillancei quil fit une péridon à Gaibaud , par laquelle il :poloit lamanière dont il avoitéré arrcté,& qu il voyok bien ûe d'après les propos des matelots il étoit deftmé au iup- :ice, Sz qu'il le prioit d'accélérer Ton jugement , en lui per- lertant cependant de fe juftifier envers (es accuiateurs; quil 'mit ladite pétition ^ avec prière de la preienter à^Gallx\ud, un ofncier qui lui avoir appris qu'il avoir remplacé Mafieaiî, ivoriier leur évaiion dans 1 oDicurite , quns y uci^cii.uicui vçiîoncée erre nuit pour êM-e'ex:oéûiée le lendemain matin ^au Ion ae la jarmagnole , qu'ils furent namérotés , Se que lui déelaraai: voii le N*'. 4. : F( 2, ; 4 '' Qu'au lever du foleil , le 2^ juin, les matelots leur ê quils^l!c^;,i^ „:^:r le vaiiieau pour partir , & qu'ils les barrailoicn: poîir la manœuvre, qui! falloir defcendre j ( arriva au même i-îlknt un cflicier qui les fit conduire le palfevent. Se que là cliaqiie matelot affilant Ton fabn une meule, difok que ce ton pour faire Ja boucherie des lâtres & des nègres libres, ' . " Qu'après le déjeuné on donna un coup de iîfflet pou fembler l'équipage iur le gaillard de derrière , & quiis voient^ pu entendre autre chofe que des cris de oui ôc i vive Galhaud ^ bo^' patriotes vive Galhaud & la Repubi ï r; ;-■ ^ ^ ^n Ojli;.iv naître- pour qu'il j--. ^^ a pu croire, vint J de jcélérats j comme m marinier , a c ;d ae gueux 0' ^ v-id efî. bo7r\ cependant vous ne vouleypas le rec ' vient de vous accorder votre grâce ^^ & \ .. . , i vos fers ^ et après-midi., Quà midi on 1 doh;Kt ,cuue' le biicuii d ordinaire , du petit ia'é j quil ercîonîic à- hxiz donner du vïn , mais qu on n en fie rien j ( ,ëpua5 ce moment Téauj page ne leur f^iiioit plus tant iiieiiaccs^ qii un u'eiirr'eux leur dit : Vous atier^ are lien c tens tantci d'crrc Jdwrési, que lui déclarant répondit qu'il a\ njcin-s conîcot , n'ayant aucun crime à fe reprocher qui^ Kiéritâ? d'être ioos le coup d? la loi; que le matelot répliqua : Nous ferons contens aujji, ^■> (30e vers h^ trois ou quatre heures après miidi , on v les délivrer' de leurs fersî qu'un caporal leur dit de monter pc ,'embarquer & aller à terre , qu'on leur dcnneroir une garcle pour les eicorcer ; qu'ils demandèrent la p:.nTuilion da 1er remercier les citoyens Galbaud & Cambis de les civoir tait éhvm , quils furent réfutés & menacés ^ quon les rorça de s'em^barquer au plus wz dans une chaloupe; nue le proprietau;e de ladite chaloupe s'y refufa en difant qu il venorc pour avoir une permilîÎGn pour aller à Caracole , & qu il n avoit pas le temps d'aller à terre , vu qu il é.oit' déjà tard ^ qu on les em- barqua enlin dans une mauvaife chaloupe qui faifoit beaucoup d'eau , parmi beaucoup de nègres & de négredes e claves i qu'on les força de poulîer au large fans leur donner le temps de fe munir d\aviron ôc d'un gouvernail , que leur kule rel- fource fut dans une mauvaile voile-, qu'ils eurent baaii deman- d'H- l'efcort.- promife , qu'ils ne purent obtemr autre choie que des menaces a être fiaiillés ; qu à peme éroienr-ils a deux por- tées de [niW du Juvlcer, que les navires à coté delquelsiis pal- foient faUoient (ut eux des feux-de-file , en leur criant : Mouih ler, bande de fiélévats ! qu'ils avoient beau répondre quils n Voient point de grapin, les coups de f uiil conrmuoient tou^ jours; & que voyant que leur moufqueterie ne faiioit aucun etfet , ils defcendirent de plufieurs bâtiment , armes de piito- lets & de fabres, ils abordèrent leur chaloupe pnais que deux officiers , qu'ils avoient appris depuis erre d un navire cie Nantes , arrivèrent les premiers derrière la chaloupe ; qu ils les avoient reconnus-, que lui déclarant, avec le citoyen^Merry, avoient fauté dans le canot àes officiers nantais ; & qu a peins ils avoient eu le temps de poulfer au large , que les matelots furent à bord de la chaloupe qu'ils venoient d abandonner , ce qu'ils en malfacrèrent ceux qui y avoient reité , du nombre defquels étoient Larcrtue , Pierre , Auguftm , &C. » Que leurs Ubérateurs leur proposèrent de les conduire à bord du Jupiter s de que lui déclarant leur ayant oblerve qu ils envcnoienf, ôc qu afllirémcnt ks miu^lots ne voudroient pas les recevoir^ qu'arrivés derrière le vaiiieau, lefdits oinciers es mirent dai^s un acon qui (e trouva là ,& leur dirent de les attendre ; qu ils monrèrent à bord . & qu'ils ne les virent plus. » Que les matelots du hpher alloient les fuhUer ,, quand Cambis parut , & qu il les empêcha de mer lur eux; qu au même inftant parut le citoyen Merry , oliic.or .fc. manne , que ^ „. III j f Ini dcclariim avoit connu coQimandant le fort Saint- Miche: qm lui dit qiiïl ravoir reconimandé a un capitaine d'\i banrnent de ilirat , qiu devoK venir ie prendre à L brune uoi ie mettre à (on Dord , Je que Merry s embarquci dans un ckn( avec une connoiliaia :e, " Que lorfqu'ii rut nuit , un canot aborda Taconi que Fol ^cjer 1 avoir iai embarquer dans on canot & l'avoir condur. bord du brxi: le Hepubâcmn ; Téc uipage , qui n écoir pas Uy. coniiderable, p.,xi:r allez bien le recevoir j qu un initanc^aprt ie atoyn i^jcrry arriva a bord àn^ brick ^ quil en fut très bien reçu, & qu iliiùremi^: une lettre du citoyen Mauray, qii lui ?emcxgnoir la peine qu il a^ ou éprouvée le iachant mal neureux ^ & rengageant a prendre pauence, &c. '' Q^î^après avoir donné des détails de fon aventure au ci toyen ^^er^y , ce dernier lui dit qu il devoit pardr le iendemaii poiir la Nouvelle- Angleterre, Ôc que, s'il vouloiile iuivre , i ie recommanderoir à iès arnis enAmériiuiej que lui déck rant le remercia de les bontés , &' le pria de vouloir bien 1( tan-e mettre à terre , lui ob>eclant qull étoit dans Ton pay: na.ai, qui] vouloir y mourir j que ledit Merry lui répondii qu 11 ne pouvoir pas le faire menre à terre , mais quil alloil i envoyer a bord d'un pedi bâtiment commandé par t.hainer ; ancien lieutenant de pori, ce qu il fit , & lui donna une lettre de recommandation; qu arrivé à bord de Chalnet , il remit à ce dernier fa lettre de recommaBdation -, qif après en avoir pris .edure 3 il lui àh qu'A n avoir: ni pain ni vin ; & que d'ail- leurs fon bànmeni n ôiant; pas gréé , il alloit partir pour Frnnce clans le Jupiter ou / America; que ie peu de temps oui lui rel- ton ne lui permet:. oit pas de relier plus long temps { qu il em- barqua la raaile de partit; que lui déclarant refta à bord avec ceux mulâtres efclaves & une négreif^, foninquiét furfon fort, craignant de voir r^«alifer les propos qu il avoir entendu tenir à ^o!:d an Jupm^ Qu\in in ftant après palîa le long du bord du bâtiment où il étoit , ua canot dans lequel il avoit cru voir un droyen de couleur , qui lui infpira de la con- nance par Y'imévè: qu il preiioit à révénement que la ville du ^ap yenoit d^éprouver ; que lui dédaîantle prelfa de vouloir ^iQniç recevoir à fon bord ; qu au même infiant il le fit àeÇ^ ceiîdre dans fon canot & le co^duifit à bord de foa bâtiiiient , ^7 en attendant une occafion favoiable de le faire mettre à terre j que ctpendant , lui ayant entendu dire qu il alloit à bord du Jupiter pour avoir des matelots dont il avoir be{oj.n pour le meure à même de partir , que crai&nant de n iGil'ib^T dans les mains de ces méchans hommes, li l'avoir invué ae le faire mettrt à bord de la Pomone américaine , qui devoit puur pour Saint-Marc , ce qu'il fit \ qu arrivé à hoï à de fJmmcain , il y trouva les citoyens MalFor, Salenard ôc Molîeau , ciui~ paru- rent prendre beaucoup de part à fa fuuation -, que le citoyen Salenard lui demanda quels arrangemens il ayoit pris avec le capitaine i que lui déclarant avoir répondu qu il n avoir qu une montre d'or pour toute rejÇTotirce; qu'alors le citoyen. Salenard lui promit de le reconimander à Kokman & de le faure pslfer à Saint-Marc gratis -y qu'il le conduiiit à ion bord , où il fut reçu du citoyen Kokman avec boncé, que ce dernier, en lui f-aifant des offres de fervices , lui avoir promis de le palfei j rjue le 2^ , étant à la voile , les citoyens Fadevilie & Lan palsextnr dans un canot le long du bord^ que ces derniers lai dirent qu'ils ailoi^nt à la Ferite-Aufe ^ & l'engagé r.-nt à venir :?.vec euX;, qu il n V avoir rien à craindre , qvie toutj é-ou dj.ns la pi as, grande tranquillire ; que lui déclarant n avoit pas liéiîté de faifir l'occalion de retourner dans les foyers. ^y Ledure faire audit Lapierre de la préfente déclaration , a di' icelle contenir veriré , n avoir rien à y ajourer ni dmiiniier, Ôc a figné avec nouk au bas de chaque page Sr de la préiente , dont nous avons coté & paraphé toutes les pages, i " Fait au Cap , lefdics jour , mois ôc an que ddVus, » Signé y Lapierre , Sokthonax , Destinval. » Je prierai la commifficn de fe rappeler des noms cîtés dans cette déclaration , Se notamment de celui de Kokman, qui efl étranger & américain , ôc qui fe rrodve ici. Brulky : Le correfpondant de Sontbonax. Le préfident : A Tordre -, vous ne pouvez interrompre fans celFe. j Th. Miltct : Te penfe que la ledure du procès- verbal àe$ oficieis de la marine peut terminer l'afFaire aujourd'hui. ^m* ^ llll il ill ^onthonax : Je penfe bien que la ccmmiiîionne prendra pa: les conseils des colons pour terminer ma défenïe : je crois bier que il l'on écouroitles colons (euis, raifaire feroir bientôt ter- minée 5 ie,s vœux qu'ils font continuellement pour ma deilruc- tion me donnent le droit de faire cette réiiexion. La féance eft levée. Lcregifire des préfences ejlfigné ^ J. Ph. Garran , préfi- dent ; t oughe ( de Nantes ),Jarétaire ; Merlino, Dabray , r. Lanth£nas. h Vupnmicr Thermidor, l'an troifdmc de la République francéfi une & ïndmfihlç. r L-'A recîadion à^s débats de la féance de ia veille eil lue ^ •dopree. ^Les citoyens Thibaud, Page, Verneuil& Clauiron, font iDiens. Sonthonax^ Je ne finnois pas la difcufficn, fi je voulois ire a la comnii(Lon routes \i^s pièces relatives à TafFaire du .ap. Je rerinmerai par deux déclarations, non pas en \s:i% liant, mais en en préfentant l'extrait : lune dn citoyen Ber- cer, ^capita nie au quatre-vingr^doiidème régimcnt/fair rri- onnier par Galbaud , & conduit à bord du Jvpïuri 1 autr- ft du citoyen Artaud, habitant de Saint-Dcmingue , i^t rilonnjer par Galbaud, t^ mené abord duvpHreau le /^,- :ur.\cici ce que préfente la déclaration de Berner- il ré- u.rc de cette déclaration que Berner ayant reçu du général .avaux 1 oindre de marcher avec cinquante-cinq hcn^mes de roiipes de igné centre la marine mi(e en révolte (ou. les rdres de Galbaud , iflu fufillé lui ^ la troupe par la ^iSe ationale blanche, embufquée dans les maifons, & tiram mr •s fenêtres; qu li fbt couché par terre d^un coud dVfran^ dlc , & conduit cnf uite à bord du vaiiîeau le J^^pncr , où il trouveGa baud ma.tre du vaiiï^au , & Tautorirédu conse- ntirai Umbis anéantie j que, Tous fies yeux de G^^lbard ^s marins, ivres d: furieux, {^ Iivrcientauplus afeux bri^an- 3je; quiis piiloicnt jufquanx maiheureux hab-ans ani (e ;^hio,oienr à leur bord ; qne les cfHciers de marine fe répan! -i^n: en injures contre Galbaud, qn ils difbient hautrment W^fei'^^t^^^:!^'^^^^ co,uin^^ ,.e s 11 ne po.^^ 'iw pas venir à bout d'e^ilever les commifTaires civils , il n auro pas dû l'entrepreiKÎre. La déclaration d'Artaud prélente h faits fuivans Til réiulte de cette déclaration qu il y avoit ui bariprie fur le Morne près la maifon de la citoyenne Maflor fovie perdes matelots & tirant fur la villes qu une aut batterie , tirant également fur la ville , étoit placée fur le Mon de Eonnspoirier^ que, le zi, Artaud fut fait priionmer ôc co duit à hord du vaiileau le Jupiter ; qu'au moment ou il entre aans ie canoi: , il entendit Galbaud ie jetant à laiiage avec i troupes & cïmmjauve qui peut ; que Galbaud , arrive a bor. fe piaignoic beaucoup de fa déconvenue , en rejetant tes rêve fur les iiabitans du Cap ; qu'il tut tenu un confeil de guerre ^ Artaud ailiila^ que Galbaud propofa une nouvelle delcenr que les capitaines en commun s'y opposèrent j qu il i-ut a.c propofé de bombarder 1 • ville -, qu'étant parvenu à quitter rade par le moyen d'un capirame bordelais de les amis vint à terre ^ trkverfa i'arfenal & gagna le Morne', quayr rencontré une troupe d'hommes de couleur, il fut mis jouei mais ayant crié au chef qu'il cherchoit à ie retirer t près des autorités confliruées , on lui donna une garde ( le conduifit jufqu'au camp de Breda. Je communique c colons la déclaration de Berner ôc celle d Artaud. La dernière pièce que je communique aux colons elt i lettre du capitaine Truguet : je ne la lirai point en eut] mais je me contenterai de citer qu'il efl dit pofiavement d cette lettre que la frégate la Fine , dont le commandem lui avoit été confié , napas été condamnée. Jp la cite eulem pour preuve de ce que j'avois dit dans le temps, qu il n y a\ f amais eu de condamnation ni deprocèê-verbal de cordanmatW) lafrégûtehYlne, Je communique la pièce aux colons. JJe toi les déclarations & de toutes les pièces lues dans les derni( féances Ôc dans celle-ci , il reluire évidemment que c eit par foins de Galbaud que le Cap a été canonné & incendie-, que inilrum-ns de cette horrible cataftrophe étoient les matelot la rade à bord des vaiifeaux de l'Etat, & les pnionmers ■bord le Saint-I-Ionoré , au nom.bre defquels etoit Dnny , a avoué qu'il étoii à terre à combittre contre les commi: res civils. Les prifonniers à bord du Samt-Eonore cto les déoortés dû Port-au-Prince, les mêmes que la voix blique'accuToit d'avoir incendié le Port-au-Prince en i; 91 Ils ont terminé leurs exploits dans la colonie par incendier la ville du Cap -, on vous a dit , dans le cours de l:i difcuilion , que rinvafion^des matelots à terre étoir Teffet d'une mfur- redion, que Galbaud lui même avoi^ éé en ramé dans cette inlurreélion. Il eft néceiFiire de vous prcuver que l]n:en.]odi Se le but du général Gaibaud avojcnc e:é long rem; s médi- tés ; que ion but ce ion intendon éroienr cellemeni contre ré- yolurionnaires, qu'il a voulu mccndi r la ville du Cap pour livrer la colonie aux Anglais. Dans piufieui-s déclarad^.ns dontil eR- inuiile de vous taire leél:are, Ôc donc il tuiFif de vous indiquer lalialle, plulieur. oliiciers ^ qui environnoient Gaibaud dans les premiers jours de (on ;<;rnvée au Cap, ont dépoié que Gaibaud maniirelloit par- touf les principes les plus oppoiés au fyi^ème de la trance Se aux principe-; adop- tes ^-^ar les alîemblees nationales, i ni diioit perperu: llement , ôc c éroit Céiar G-albaud , que la Convennon nauonale avoit forcé Dumouriez à rraiiir la 1^'rance , que c etoient les Giron- dins , les Brillotins Le préjident \ As-tu des preuves de ces faits ? ^^ Sonthonax : Ils {ont coniîgnés dans les déclarations qu^ j'indique, & renfermés dcms la iiailè numérotée G. T. de l'inventaire dreilè par les commiifaires de la commiifion des colonies. Buny : Je demanderai à Sonthonax s'il fe fouvient à^s noms des déclarans. Sonthonacc :l.çs déclarans font Vergnianr, juge féiiéchal du Cap français i Joieph Suire , aujourd'lini en France, en- voyé ofHciellemenr (ur la corvette le Rhïnge par le eénérai Lavaux; le citoyen Hobecooin , colonel adjudant- générai de 1 armée, aujourdnui à Brcft pour pardr avec les repréfen- tans du peuple : je ne me rappelle pas des autres noms, mais il y a beaucoup d'autres déclarations. On pourroit faire en- tendre là-deflus plnfieurs ofîiciers qui font en France : L^ ci- toyen Dufourneau , commandant îe quaranre-luiudcme régi- ment i- aujourd'iiui général divifionnaire à Erefcj le citoyen Bedos, lieutenant colonel au foixanre-treizième régiment, qui a commandé la ville du Cap & l?s caf-rnes pendant, l'aiTaire du 20 juin. Une aiure déclaradon,dont je vj-nsdeme rappeler là prêtent, qÇ'c celle du citoyen Maucombe , homme de cou- leur , (ecrétaire de Tex général Galbawd. Une feule déclara-* G X »• * 'S' V. „iiii ! non eft faire par un homme de couleur ; les autres font fait par des blancs, a ia vériré reftés fidèles à la République, q lui confacrent aujourd'hui à Saint-Domingue leur lang ' leurs lueurs pour détendte les propriétés françaifes contre . Efpagnols ôc les Anglais -, elles vaudront bien fans doute cell faites à la Mouveile-Angleterre par les hommes qui o trahi leur patrie. Je dis donc que ces déclarations prouvoie .d'abord les nueptions criminelles de Galbaud en arrivant ^ France. J'ajoute que les pièces qui ont jeté un grand jo fur ces faits, font celles qui ont été envoyées au comité ^ - falut pubhc par le irâniftre Geneft j elles ont été faifies 1 Tanguy- la- Boiffière , Breton -Villandry êc Duny. Dans lu de ces pièces , intitulée Dernier confeii au général Galbaw ^on lui repréfente qu'il faut qu'il fe mette à la tête des fore * maritimes > des hommes blancs qui veulent faire une rév llution dans la colonie ; que le temps preffe^, qu'il faut fe c faire abfolument Aqs commJiraires civils. Cette pièce a pi cédé de près d'un mois l'incendie du Cap. Dans une lettre de Tanguy au général Galbaud , il lui repi -fente que fil'on ne fait pas périr tous les hommes de coulei \ï\ eft impofiible d'efpérer aucune paix dans la colonie ^ il impoilible fur-tout d'efpérer aucun fuccès dans les opé) rions. On dit également dans ces pièces ;, dont Geneft m a < ' voyé la note , & c eft Tanguy qui parle : " Si Ton avoit fii Imon confeii lorfque j'ai propoié à FalTemblée provinciale Sud d'égorger tous les hommes de couleur, la colonie n jferoit pas où elle eft aujourd'hui. La poliaque feule eft fentiment que nous devons confulter , & c'eil fur cette p( tique que nous devons fonder le bonheur de la colonie.» C tprefque les expreilions de Tanguy. Je prie la commiilion < colonies de me pas perdre de vue les pièces que je lui annon T/2. Millet : Ces pièces là n'exiftent pas. Duny: Je me déclare coupable fi elles exiilent. J habit avec Tanguy , je rédigeois avec lui ses journaux ', fi vou: voyez rien qui foit contraire aux principes de la Républiqi je fuis coupable au premier chef. ^^ Somhonax : Je ne cire pas les journaux de i anguy ; le c des manufcrits que je n'aidas vus -, mais dont l'exiftence m ^ atteftée par Geneft , miniftre de la Eépnbhque près des htî Unis, ôc par le fecré taire de la légation, adlueliemem France. 95 Le préjident'. As-tu la lettre de ce fecrétaîre? ^^ . Sonthonax : Non , citoyen ; on ne m'a indiqué h première pièce que depuis que je luis à Paiis. Le citoyen Palcal , qui eftici, peut vous donner des renieignemcns. Le prcfidcnt : Il paroît que lu entends par cette pièce le Dernier conjeïl au général Calbaud ^ dans iaquelie tu disque Tanguy indique à Galbaud qu'il faut ie défaire des commif- faites civils & les enlever. cSo^f^o/zjA:; Quant à l'autre pièce, je ne peux indiquer ni la Iiallè ni Je n° 1 parce que je n ai pas de notion ailèz précife à cet égard. Le préjïdent : La première pièce fe trouve dans les archives de la commilîlon j la commilîion, qui en a déjà pris le dure , ne trouvera fans doute aucun inconvénient à ce qu elle foit lue dans les débats. La pièce ed apportée fur le bureau. ~ Je reconnais la pièce pour âire de f écriture de Tr Duny anguy. I (Th. Millet lit): Dernier ccnfeil au général Galbaud. « La crife approche , les commilTaires feront ici fous deux fours : rappelez-vous tout ce que je leur ai écrit à cet égard. » Je connois leurame; je juge de tout ce qu'ils font 6c vont faire , avec la jufte fonde d'Helvétius, que j'ai médité de- puis l'âge de dix ans. » Il ne leur refte qu à fubjuguer le Cap , Se toute la colonie cfl: aux fers, ôc tous les nègres révoltés feront foldats libres centre les malheureux blancs , dont les plus à plaindre ne fe- ront pas ceux qu'on expulfe ôc dont on s'empare des proprié- tés.,.. Mais ce font ceux-là , fem.mes, enfans , vieillards, qui vont refter après le départ du convoi , fur lefquels je verie des larmes de fang. » Vous allez donc de fang-froid les voir fe faire un château fort de la maifon du gouvernement ôc des calernes qui les avoifînent. Se qui ne feront occupées que par les hommes de couleur & les dragons d'Orléans , vraies gardes prétoriennes dévouées à tous les caprices tyramiiques de nos Nérons ôC de nos Tibère s. t „illl)li 5?4 » De-là ils foudroieront la ville Se achèveront Tanéantiffe- mentdes blancs -, voyez comme il'^ publieni, dans leur feuille de ÏEgulLé y des provocations au nieurire, à Tincendie ôc au pil- lage 5 voyez comnie Dufay ëc d'autres travaillent les eipriiS au i.ap 5 comme on vous y peint déjà, vous-même: & couime je (ms vrai envers tout le monde , je ne vous cacherai pas que je vous trouve le tor d'avoir injurié une corporation illégale, il eft vrai > mais eompoiée de l'élite des braves gens du Cap, OLi il y en a encore , quoi qu'on vous en air dir^ d'avoir ac- cable de reproches j fuggérés iiins doute ^ des habitans déjà aiîez frappés des plus tenibles malheurs*, enfin d avoir tuivi les conieils de Majje, que je vous dUnonce comme devant le jeter dans le parti des commiiiaires , dès qu'ils leront ici , & d'avon- vexe le commerce du Cap ^ déjà ii ruiné par les cir- conPcances^ car les gains qu'on lui reproche font fai-s par les étrangers. Voyez déjà ccmme on prépare votre embarque- ment \ voyez ie rapprochement des eiclaves infurgés du de- hors , la révolte qu'on foiiicnte au dedans , une entrée des niuiâtres en armes avec lès commiiiaires j voyez comme ceux-ci redoublent d'infclence^ comme ils agacent les blancs j & prmcipalement les hommes de mer ^ pour exciter quelque grand mouvement, à la faveur duquel ils eoîifomujeront la ruine du Cap, qu'ils ont jurée depuis le iupphce d'Auger. Que de pièges vous 'entourent, général, & que vous êtes venu dans un moment bien critique, & qu'il eft fâcheux pour vous & pour nous que vous ne (oyez pas bien entouré ^ êc que vous n'ayez pas plus de connciilances locales quevouî ne pouvez en avoir ! » Encore h vous fortiez de la iludluation où vous balance bafes de votre ca- fans celle Xcrréfoluticn qui paioit une de raclère I Cicoyen Gaibaud , la réioluticn aim parti , la fer- meté du moment^ peuvent encore lauver Saint-Domingue; il fout que vous niliez embarqi;er les auteurs de noire àè,Ço- lation 5 il faut que , nouveau Curtïus , Gaibaud (e jette dans le gouffre , qu'il envoie les tytans à la Convention natio- nale avec le tableau & les preuves de leurs forfaits confom- mes , & de ceux qu'Us méditent encore , (Se qui iont plus eHiavans a s'il eft poffible. » W iaut allumer tout fur vous pour fauver Saint-Domin- gue : fî vous avez la fcibleife de vous lailfer enibarquer_j Yôus -pcïdç^ la colonie ^ vous ne lov^ ix^cz pa^. ^.^m 9f .» Le momenr efi: venu où il n'y a plus à rranfiger -, ils font trop crnnincls , ils n ont d'efpoir que clans leui audace & dans les revolres qu Us appelleront lur les colons. GéneraU hârez-vous de vous entourer de toute la population blan- che du Cap ; faites^ rentrer le brave régiment du Cap -, les forces de terre & de mer font , par votre brevet, à votre difpofidon -, faites donner des ordres au camp des blancs de îaillk- palier tous les révoUés, slls tentent de le faire, <îk: de (e tenir p.êts à les prendre par derrière, lorlque vous les prendrez par devant-, car, (ans être homme de guerre, je fais ce que feront les commilTaires , & ce que vous devez faire : vous oppofer à leur entrée au Cap. Si vous ne le faites, vous tenterez en vain après de les en arracher: ils appelleront enfuite les révoltés. Alors vous appellerez les braves marins & tous les hommes que vous aurez au Capv vous marcherez à leur tête , & vous mettrez les révoltés entre votre feu & celui des hommes fortis du camp. Ils ne tiennent point à la guerre en rafe campagne j vous les vaincrez &: fauyerez Saint-Domingue, »* Sa ruine, ou fcn falur, dépend de votre conduite^. Je ' vous prédis que, Ti vous ne prenez ce parti , les coinmiiTaires une fois entrés au Cap demeurent les maîtres du pays s ils s'en déclareront les chefs fuprêmes après avoir fait expulfer ou maifacrer tous les blancs. Et le général Galbaud^, ayanc pu empêcher le crime & .ne l'ayant pas ofé^^ en fera ref- ponfable aux yeux de la colonie , de la nation & de la poliériré. Qinl ofe il en eft temps. Il ne faut pas s^eifrayer de leur fadtion elle n eft que fadice , pas un citoyen honnête n'ofe s'en montrer parriian, ils nont que des hommes de boue fur qui l'opinion morale de leur force ceilera d'agir s'ils voient feulement que vous ^ oOez leur réfifter. Proclamez leurs crimes , faites les imprimer \ dans trois jours vous n'aurez pas un imprimeur à vous. » Ainii donc la caufe de la colonie fe décide fous deux jours •, elle elt gagnée ou perdue , félon la conduite ferme , réfoiue, fixe, ou timorée & verfatile, que tiendra le général Galbaud. » Le fort de Saint - Domingue eft entre {^s mains. Eh quoi 1 il héfite encore à prendre le feul parti qu il y ait à G 4 •s t \ prendre 1 il n>.ura àoncen de courage que devant Brunfwick ëc il ecnouera devant des Sonthonax ôc des Polverel! Généra (^aioaud , mon langage peut vous déplaire, mais je dois vou parler amli. Je veux le lalut de mon pays, il eft attaché ; cet ade viril ôc d^éî\ûïzé. Si vous ne le faites pas, ne penfe: pas vous en tirer à la Convention nationale, ou même dev^m quelqu autorité nationale que ce foit , en difant : Mais le commiiîaires civils étoienr fi pmffans , ils avoient tant d'an îorite Se que vouliez - vous que fît un généra contr eux ? On vous répondra mille fois : Qu il les embarquât ou qu il mourût. ^ " Salut. Sl^ns,, Tanguy-Laboissiere. » Sonthonax : Jai annoncé que cette pièce contenoit l'in- vitation au général Galbaud de fe défaire des commilfaire: civils j^ je nai pas befoin de la commenter pour en faire connoitre le Cens. Tai dit que non-feulement le projet di général Gal|^aud étoit médité avant Imcendie du Cap j mai" qu il la exécuté lorfquil a été rendu à la Nouvelle - An- gleterre. Je vous ai annoncé que, le 2;, le contre-amiral Cambis ordonna le départ du vaiiFeau le Jupiter, Les marins , épouvantes des crimes que leur avoit fait commettre le gé- nérai Gaibaud s emparèrent de fa perfonne : ils déckrèreni quil étoir prifonnier à bord du Jupiter; qu'ils alloienr k conduire ^ la barre d© la Convention nationale. Voiri la lettre du contre - amiral Cambjs à cet égard ; elle eil du 1) juin 175)5. (Il la lit:) A bord du Jupiter, le ij juin ijc^^ , Van II de la République» Citoyens, " J_.;inflaence de Galbaud fur l'équipage du vaiiTeau vient de diminuer d autant plus, que fes moyens de marine , abfolu- ment nuls, apportoient à b©rd le défordre complet. Un ccnfeil que j ai excraordinairement alfemblé furie pont à une heure ^pres minuit, conformément aux inllrudions générales, & i 97 arii^emcnt au danger que cocroit le vaiiïc-an , m'a rendu de jtoiifé. le icrour en T' lance a été le cri général , qu'il falloit^ conduire le général Griibaud , & non à la commifîioii ile. Le réiuhat de ce conioil n'a pu avoir lieu qu'à 4 heuies. n:arin j je vous en adreiie une copie certifiée ». Je communique la piCce aux citoyens colons. Vijici l'extrait des regiUres du confeil de guerre tenu à bord: J{'pi:cr j au niomenr où Ton a arrêté que le vailleau par- tir, qu'on y placeroic Galbaud aux arrêts pour le conduire a Convention nationale. Je ne lirai que par extrait. Il eft is juin 1795. : Il ht : ) ^ •< Quant au général de brigade Galbaud pris à bord du- mer ious la (auve-garde ipéciale d'un grand nombre de )yens pour être mis fous celle de la loi , il demeurera- ; ariéis à bord du Jupiter ^ jufqu'à ce qu'il puiile être' idiîit avec sûreté de manière à fe préfenter à la Convention^ ionrde. • Quant à la proclamation du 20 juin , qui efl: commune généraux Galbaud, Cambis & larcey, le confeil penfe pouvoir prendre aucune mefure coaélive , i'érac de fubor- aiion n'en permettant aucune , m^ais invitant le contre- iral Cambis à fe diiculper auprès de la Convention na- }ale de la manière la plus authentique. ' Les citoyens couipoiant le confeil , 6c tous les ciroyens nis ?éluellement à bord du Jupiter y ont déclaré unanime- ar n'avoir eu aucune efpèce de de(îr de s'écarter du re(]3e£fc de la ioumillîon dus aux lois, êc ils fupplient la Con- .•ion nationale de ne voir , dans les fautes qui auroienc leur être échappées , que les erreurs qui appartiennent à' oiblelîe hum.aine. Fait à bord les jour & an de l'autre^ r , à une heure ëc demie da matin , l'an ÎP de la Ré~ 'lique, &: ont ii£;né à l'original tous les membres dut iej!. Pour corie conforme à l'orii^inaL CeitiHe. Signé ^ le eontre-amiral Cambîs; Colmac '-chcj d* adm'mijlratlcn ". e coir.niuniq^ue cette pièce aux colons. A- 9^ Cela prouve , ciroyens , que les maL-ins épouvantés d €riraes de Galbaud , Tonî mis en état d'arreiration à bord Jupiter pour être conduit à la barre de la Convention n tionale. Galbaud 3 qui n'avoir pas envie de revenir en France , qui fe feroit bien gardé d'y venir alors , parce quil ne favi pas encore l'affaire du 3 ï mai :, la bouciierie des vmgt-de députés , Galbaud infurge de nouveau Téquipage du Jupl dans la rade de Ne^v-Yorck. Cambis eft forcé par les n telots de quitter fon bord , de fe retirer dans la maifon conful : il e£t airailli par des marins -, ils l'attaquent le fal à la main ; il pare un coup c^ fabre Le préfident : Il m.e femble que ces détails font étrang à l'incendie du Cap. Sonthonax : Je conviens qu'à la vérité ils font étrang au m.arériel de fincendie , mais ils prouvent la continu des manœuvres de Galbaud retiré- à la Nouvelle- Angleter je ne lirai qu'une ieide pièce à ce (ujet. ; Le préfident : Freile-tci le plus que tu pourras. Sonthonax : Cambis donc eil obligé de quitter fon éq page : il reçoit un coup de fabre , en le parant, il a la m coupée. Cambis eft en France : il vous a produit des je iiaux 5 vous pouvez les confulter à cet égard. Je prie la commiillion de fe faire remettre fous les f les dépêches du citoyen GeH^/t , celles du citoyen Faucl: •tous deux min iftres près des Etats-Unis, dont fans doute colons ne fe plaindront pas , elles vous inftruiront de toui qui s'eR paifé à la Nouvelle-Angleterre ^ après l'incendie Cap.- Voici la lettre qui m'a été adrelTée j elle contient la lation de la fuite de Galbaud au Canada , après avoir furgé le Jupiter ôc mis. le défordre dans toute la flotte. Le préfider't : Il me fenibloit que cela avoit déjà été tf, lors de l'excluiion du général G-albaud des débats. Sonthonax : J'ai parlé de fa fuite au Canada, mais pei fes manœuvres à borei du Jupiter : mais je fupprimera ledure de la lettre , je prierai feulement la commifîîon à la faire repréienter -, elle eft dans fes archives. Ce mell pas affez ikivoir prouvé que finccnd'e de la ^ ^u Cap a été proycc|a| ce e7xécuté par le général Galba 99 lois ciu/îî prouver que les commitîaires civils ont fait tout qui éroit en eux pour empêcher rniiurueéUî^n du 20 juin :later , &: en fuite pour y remédier pendant les jours mal- ircux du 2-0 au 16 du même mois. ])ès l'inllant f\i\e nous arrivâmes au Cap, nous fûmes in- nés de rinfurredlioii qui devoit y avoir lieu, infarredion dévoie être dirigée par Galbaud, ôc dont k-3 marins de- ent être les iiifltumens : nous dijmes prendre fur-le-champ tes les mefures néceiîaiies pour empêcher l'infurredion j is écrivîmes en conféquence , ie 1 6 juin , au général Etienne vaux la lettre dont je vais vous donner le6lure. Les commïjfalres civils ci Lavaux j gouverneur- général. ■( D'après les avis que nous recevons , nous vous prions commander fiu-le-champ de fortes patrouilles coiTipoiées citoyens de toutes les couleurs ^ pour veiller à la sureté^^ a tranquiliiré publique dnns la ville , notamment du côté la place Clugny & vers le bord de la mer ;^vous donnerez re à ces patrouilles de diiiîper tous les raiîembiemens qui formeront foit dans les rues & places , foit dans les ca- ets ôc autres lieux publics : .donnez cependant des ordres ir que cela te faife fans violence ^k l^ous voyez , citoyens , que les comimifraires civils , loin Humer les rixes , loin d'atdfer le feu àes diffentions civiles, prenant les mefures militai- es nécellaires pour comprimer maîveillans , avoient foin d'ordonner ?n coriimandant de force armée qu'il eût à donner des ordres pour que les femblemens des citoyens fuilent difperfés fans violence , 1 tjuon ne pût pas accufer fautorité civile de gêner le jyen par des meiures militaires intempefiives. Le 16 juin nous donnâmes au contre-amiral Cambis un ;re pour empêcher de defcendre à terre les marins qui y .itoient des rixes uoi-'s ordonnâmes quil ne defcendroit à re que les miateiots dont le fe^ice étcit néceffaife pour :élt!rer le départ du convoi. Voici Tordre. L'original ed: :is ce regiihe. ^ ÏC© t » '% (Il le lit:) . ï6 Jaîn I7^J. Ordre des commijjaires eu, contre- amiral Cambis. AU NOM DE LA NATION. « Ordonnons au contre-amiral Cambis , commandani la flarion des Ifles- fous-le- Vent , d*empêcher les équip; des bâtimens de la rade de defcendre à terre juiqu à ce c en ait été par nous autrement ordonné , fi ce n eft pou fervice de la rade & les befoins urgens des équipages. « Lui ordonnons pareillement de ne fouffrir qu'au homme defdirs équipages paiTe la nuit à terre. " Le rendons pareillement refponfable de tous les défor qui pourroient réfulter de la trop grande afïluence de raflemblemens des hommes de mer à terre. «Requérons le gouverneur général par intérim de veiller les niouvemens de la rade & de tenir la force ar » Si^né , PoiVIRKL de SONTHONAX. » o Lorfque la guerre civile a été allumée au Cap par ïm- .-redion de Galbaud , des prifonniers & des matelots clri int- Honoré, les commiiraires civils ont fait tout ce ^qui )it en eux pour empêcher le carnage , le pillage & l'in- iidie. Le 22 juin ils ont approuvé l'ordre (uivant donne r le général Lavaux i c'étoic le lendemain de rincendie. ai lit:) ,, ai Juin 17^3. Ordre au citoyen Martial «Ordonnons à Martial Bede , lieutenant - colonel de la rde nationale de Terrier-Rouge, de fe tranfporter avec les Lces fous fes ordres à l'une des barrières du Cap appelée ppfte de la Folfette , pour y prendre le commandement néral de toutes les forces aux ordres de la République li font dans la ville du Cap : il veillera &: fera veiller igneirTement à ce qu'on arrête le pillage Se l'incendie , & aploiera pour cela toutes les voies de rigueur qui font à n pouvoir pour en arrêter les progrès : il protégera égale- ent la sûreté individuelle, & s'alfurera des prifonniers, ns que pour cela on emploie de mauvais traitemens que ms les cas néce Maires. »' Au haut du Cap, camp Bréda, 22 juiij 1793 , l'an II de RépubUque. r » Signé, Etienne Lavaux.'» « Approuvé par nous commifTaires civils de la République élégués aux Ifles-fous-le-Vent ^ au haut du Cap, le 22 lin i7C)3 , Tan IF de la République françaife. >* Signé i P©LVEREL & SONTHONÀX. « ÏQl Suivent plslieurs autres ordres également relatifs à Ti ceniie du Cap, tous égaiement certifiés conformes à l'o: ginalj à Paris, le 9 pluviôfe. Tan IIP de la Ptépubliqu Jignc Martial Beife. Martial Beife eft employé en qualj de général de brigade dans Texpédition de Saint-Domingu il eft aduellement à Breft : il a dû remettre à la commiiîi l'oridnal de cet ordre. (Il lit:) L'approbation de cet ordre, dont je viens de donner ledui ne peur pas avoir été mile après coup, parce qu elle fe trou au bas de cet ordre , au - deifus d'autres ordres qui ont ( égalem^ent donnés par le général Lavaux. Je communique la pièce aux colons. Les commillaires civils ne fe font pas contentés de dont des ordres particuliers : le 16 juin ils ont fait la proclamati fuivante , pour empêcher les horreurs qui Le paiïoient dans ville du Cap. Voici cette proclamation. (Il lit:) Proclamation du 16 juin 1793. Citoyens, , . ^ « Les traîtres , les confpirateurs , les contre - révolutic naires, font partis ^ ils emportent avec eux J'exécrarion îa colonie-, leurs parrifans font diflipés Se anéantis,: il temps que les traces de leurs crimes s'effacent ^ que ce c refte de bons citoyens dans la ville du'^ Cap ie réuniile pc repouffer ceux qui ne fe plaifent que dans le meurtre, ïi cendie & le pillage. 5' Dans ces circonftances , les commillaires ont ordcn êc ordon;:ent ce qui fuit : A R TICLE PREMIER. M Déclarons en état de révolte contre les lois S^ les oïdi des commiifaires civils , tous les individus qui feront furp à piller, incendier ou attaqiier avec des armes ofieniives . .hommes paiiibles ôc tranqriilles. 10 IL »> Ordonnons que ceux qui feront pris en flagrant délk ront conduits p;udevant le commandant de la place , pour être fulillés fur-ie-champ. I I I. " Enjoignons à tons les citoyens de la ville du Cap de réunir en patrouilles aux ordres du commandant de la ace pour l'exécution de la préfente proclamation. » Chargeons le comn-jandani de la place de la faire publier afficher par-tout ou beioin fera. . " Requérons le gouverneur général par intérim des îles mçaifcs de TAmérique fous -le -vent de tenir la main à n exécution. » Donné au camp Brédi, quartier-général, le 16 juin 793 , fan ir de la République françaife. « Signe j POLVEREL Ô-C SONTHONAX. » » Par les commiiraires civils de la Pxépublique. » Signé y Poitevin, fccrétaire-adjoint de la commiffion, » Je communique la pièce aux colon?. Duny : Je demande la [parole fur le matériel de cette pièce. Le préfident : Annonce fur quelle pièce tu veux parler, car i ne crois pas que ce foit fur la dernière qu'on vient de lirç. B:iny : deit fur l'ordre donné à Martial Beife , par Itienne Lavàux , pour arrêter le pillage , (k qui eH en date u 22 juin. Citoyens , cette pièce eil faite par Martial BeiTe , l'appro- iition de Polverel c^ Sonthonax ed: écrite par Martial ïjQÎiey ordre de s emparer à quelque prix que ce (oit e^à écrit par vlru-tiai Belfe , ratteilation eft écrite par Martial Belïe, &c n6n le certifié conForme de toutes ces pièces eft fait par Vlatri^il Beife : cette pièce n'eR- point ferrie de deifous le$ é*' îOâ. fcellss 5^ ôc rien ne peut donner d'audientické à ce cliif ^ Sonthonax : 11 eft très-vrai que cette pièce n'eft point ginale , qu'elle n'eil pas fortie de delujus \ts Iceiiés j r elle eft certifiée conforme par un fonclionnaire public , commandant militaire de la ville du Cap qui ne peut fe i faifir de l'original qu entre les mains de la commiffion colonies elle - même : ce commandant eft aujoui-d'hui France., Les colons ont cité pluiieurs pièces de cette nati entre autres, des pièces émanées des commiiraires civils, rifiées conformés par Miilral , commandant la Normande. commiffion pourra Te procurer rodginal lorf-iuelie le vou; je lui indique riionime qui'en eft le dépofiraire : c'efl Ma Beife 3 général employé dans l'expédition de .Saint - ] mingue j je crois même qu il a dû remettre roriginai \ commiiîîon. Le préjident : La commiffion ordonne que h pièce paraphée en la manière ordinaire, & que éoiithonax en mettra à la commiffion une copie cerciHée de lui. Thomas Millet : Je demande û le citoyen Sonthona donné la date de la pièce qull vient de lire. Sonthonax : Oui , elle eft du iz juin , je l'ai communiq' Les colons , pour excufer une infurredion contre Tautc nationale & tous les excès qu'ils ont commis dans h \ du Cap , fe font rejetés fur l'excufe de dire qu'ils éro vexés par le defpotiime des commiilàires civils , que ce < potifme étoit à fon comble , qu'ils ont été forcés à i iurreélion parnos mefures , que le fyfrême de terreur pe fur la colonie, qu'ils ont voulu fecouer le joug, & qi ont été malheureux dans leurs tentatives. Je pourrois c d'abord qu'aucune excufe ne peut légitimer l'infurredlion ■fondionnaires publics contre les autorités fupérieures. peuple fans doute eii excufable dans une infuirection , pa que le peuple ed toujours conduit par des .chefs j- mais chefs du peuple , mais les fond: onnaires publics qui abuf ce peuple pour le conduire à l'inGarredion contre l'autoi .légitime, ceux-là, dis-je> n'ont aucune eipèce d'excufe. Convention nationale a-t-elie excufé les agitateurs du prerr prairial , parce que ceux qui venoient pour la dii]^bi!v-!re avoi écrit fur leurs chapeaux , du vain & la conflit ution de ijc n .^^êêM 105 (l-ce parce que les matelots chantoicnt l'hymne des Mar- i/ziczii en venaiv. pour égorger les GoniiTulfaires ci.ils;, eil-ce ir:e qu'ils prononçoientle nmiî Cicré de la République , que lîx qui ont mis les maielors en infurredrion ieroicni excu- bles? Je vous ai prouvé démonrtrari\en]enr que les matelots ir éié mis en infurreaion par ie général Galbaod j que \&s lîonniers à bord du Saïnt-Honoré , ies %rtuux patriotes portes du yort-au-Prinje , iont ceux qui , au lieu de venir France ie piamdre à la Convenaon naaonale , qui , au u de venir lur les navires du convoi lui preienrer leurs leFs, jugeiit à propos de s'armer , de deicendre à terre, de nir attacruer à main armée ceux qui ont déjoué la coalitiou Port-au-Prince dirigée contre les iiommes de couleur, mme la révol::e du Cap éroïc de même dirigée conrre \qs mmes de couleur. Les colons diron^-ds, pour s'excufer , ils onr été vicLimes de cette conipira- ion ? non, fans doute :. s le commencement de la révolurion, ils ont été \qs vic- ies de leurs machmations internales. Où ell un feul de rs triomphes? Depuis quils ont attaqué {^^ws celle les mmes de couleur , ils ont occaiiomié la' ruine du fyftême onial par les moyens mêmes quils ©ne employés pour le endre. J'ai prouvé ^qulis éroient. les au.eurs de leurs ux toutes les fois qu ils ont- attaqué Taurorité nationale oa 1 >is de la France. Eft-il beloin dé difcurer pour prouver ? rafiaire du Cap n'a été que la. confequenee <% le co^ .aire de leur conduite pendant tout le temps de la révq- ion ? Il eft vrai que les colons , pour incî:.lper \^s com^ taircs civils , ont produit àoi^ déclaraLions , dcs allégations uesrcomme fi desatteftations fai es à Philadelphie, à^s, -ihcats mendiés par ceux qui ont voulu plonger le poignard is le fein 6.qs commilfaires civils, poi-voieÀ prélenter la mdre preuve de délits de la part des commi'fTaires civils ilinés par eux! ^es colons ont dit que les prifonniers à bord du Saint- îor/ manquoient de tour, qu'ils étoient ^kiQmx^ au piu^ id (fcret, que les commilfaires civils empêchoienr même ^n na leur donnât les choies unies à la vie : eh bieni W vous prouver la foilicitude des commilfaires civils' les priionniers déportés da Port-au-Prince qui étoient Sord du Saint-Ecrcoré, omt FUI, Soïxante-trcv(ihne livraïfon, H • ' t m'> 10^ D'abord , des lettres êz des ordres envoyés à Cercey, d( vous pourrez prendre ponnoiilance dans Tes journaux , teilent que nous lui avions remis la police des j^rifonni détenus dans la rade, que nous avions même iailîé à fa ( pofition de réparrir ces priionniers de la manière qui! jugeroit la plus convenable , ëc la plus commode p( eiix , afin de concilier les mefures de sûreté générale a- les devoirs de lliumanicé. , Ce ned pas tout : c'eft quà notre arrivée au Cap n avons nous-mêmes ordonné des vifites. par les chirurgien bord du .S^i/2r'/ïo?2ord' pour faire transporter dans les hopit ceux qui étoient malades Ôc ne pouv oient routenir la^n Je vais vous lire les ordres qui ont éié donnés à cet eg; (Il lit l'ordre du i8 juin. ) AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE, Au Cap , le iS juin 1793- « Ordonnons à Guyot , chirurgien-major pour la Ré bUoup , de fe tran'^otLer à bord du navne k tsaint-hcm en rade du CaD, d"y vihter les perioiines qui y.lont dereni & de drefier procès- verbal de l'état de celles qui (e ti veroienr malades, pour, ledit procès -verbal à nous rappo être iiratué ce que de raiion »* „ ^ , Voici ce que nous avons ftatué d après le proces-ve de Guyct : ^ r - y \ i \ -c ce Vu le procès-verbal de viiite faite a bord du vaill h Samt-EonGTé par Guyot , cHrurgien pour la Kepubac commis par noi^s à ïe^n de ccnftater la nature & 1 eta marourra le les faire repréfenter. Leblanc eft en garnifon à Jrleans. ^ Thomas Mïlkt : Sonthonax prétend que cV-ft l'incendie du .ap qui a occafionné ce déiordre dans i^^ regiftres, & l'ordre ont il s'agit ici eft du il, tandis que les événemens du Cao le font que du 20. ^ Sonthonax X Je vous ai déjà dit que c'étoit dans la confu/Ion e cetmcendie, occakonné par les événemens qui ont pré-^ ede& iuivi 1 incendie du Cap. ^ D'ailleurs quai -je befoin de réunir ê^s preuves à toutes es circonftances ? L affaire du Cap eft établie flir des bafes -articulieres , elle eft établie l^ar hs ordres matériels donnés •ar Cjalbaud ; qu ai-je beioin de déclarations ? confultez ces .rdres. Les colons ont fait des inculpations atroces aux rom- iillaires civils-, ils ont dit qu'ils s'éroiem entourés / avant î 20 jum, d nommes de couleur pour préparer la cataftrophe :!) i; «. * ' lo; au Cap, ils ont cité des lettres des capitaine? des compagnie franches du Port-de-Paix , Yime de Dutacq ^ Tauire de Ku d:duan. J'ai pris communieation de ces pièces. Ces lettres bien loin de prouver que j'ai fait venir les compagnies d Port-de-Paix au Cap , attellent au contraire que les coir pagnies iont reftées au Por:-de-Paix par nos ordres. E venant au Port-au-Prince ie 7 juin , nous écrivîmes au con mandant du Port-de-Paix de faire vemr les ccmpagni. franches pour nous accompagner, parce que nous étioi inftruirs de ce qui fe machmoit au Cap j «& la ietti-e c Tangui prouve que deux jours avant notre arrivée^ au Ca^ on macbîiioit notre arrtftaticn & notre aflcfnnar. Nous do] liâmes l'ordre le 7 juin : cet ordre efl daté des Gonaïves j porte que les compagnies franches du Port-de-Psix fe re: dront an- devant de nous pour nous accompagner au Ca Ces compagnies franches du Porc- de-Paix n ont reçu n ordres eu après coup. Nous étions déjà au Cap dans c circonfc'nces. Nous jugeâmes quH leroit impciitique de rc)ï part de faire venir auprès de nciis ces ccm^paKmcs frar.el dans un moment où Gilbaud 3c ks fadieux feroienc bi aiies de dire que nous nous entomicns excluiivcment troupes com.pofées d'hcmmies de couleur -, en confequenc nous écrivn-nes au con man^^ant de la^place du Port-de-Pî de faire rentrer ces compa^^iiies fianches dans ie^ fo qu elles avoienr pour f.arnicn , de ne pas les envoyer Cap. Ces ordres ont été ponés par la frégate la Concori J'invoque en preuve de ce .fsit les deux lettres citées j Duny. 'Dutacq & Pvudouan diient dans ces ietues : Ne allions partir fiir vos ordres pour nous rendre auprès de va Le commandant de la place nous a donne ordre de votre pi de rentrer dans ks forts que nous tenions pour gan.iforii nous peisrnent en mêm^e temps comibien ils font pdnés ne pouvçir venir ayec nous au Cap. Je prie la commiUi d'interpeller Duny fi t^ n efl pas Tefprit dans lequel c deux lettres font écrites. ^ , . . Duny : Ces deux lettres dont parle Sontiionax , écrr/es j6 juin , portent que le jour où les comipagnies franches c reçu les ordres du 7 , elles s'étoient arrangées pour ie met en raute \ mais que ie défaut de chevaux' pour i'uaie de ^ 10^ Jeux compagnies , les avoit empêchées de partir : que 1* :om mandant de la place venoit de leur ordonner de fe retirer lans i^s'tovts, mais que lo mularre Deiperbar , qui ;.;rrivoic lu Cap j envoyé (ans doute par Folverel ôc Sonthonax, étoit renu leur parler au nom des commiiîlures civils , & avoit •animé tout leur eipoir. Ces deux mêmes compagnies franches e iont trouvées au Cap le i Salut en la patrie, ^- Signé , DuTARCQ, capitaine-commandant. K^W^T'^'^rf'^K '- III -. Port-ae-Paix , le lé juin 179? ^ 1'''^» deuxième de la ;publique ». Vous voyez que nous avions donné d'abord rorclire aux . iiipagnies franches du Vcrt-de-Paix d^ nous accompagner Capi mais que profitant du départ de la -frégate la incorde pour i- i'ort-de-Faix , n us avons changé cet iie : c elt ce que die le ciioyen Durarcq hji-même. Si rdre avoir été de venir au Cap , li auroit dit : nous par- is pour le Cap , êc nous arrivons. Il parle à la vérité parcir à pied j mais c étoit pour Te rendre à la ganiKbn 1 leur avou eié indiquée par le gcnéial Galbaud avant fa llicution. ïi ne s'rgit' point ici de revenir au Car. Vous jez clairement que par nos ordres les compagnies rranches' Port-de-Faix ne font point venues au Cap j elles ont été •cées de rentrer dans les forts. La lettre de Roduan eil même ; il elt inutile de la lire. Les colons, pour prouver le defporifme des commiiTaires 'ils dans les colonies^ ont cité une lettre û Egron , jugé léchai du Fort-de-Paix , au général Galbaud. Dans cette ire, Ec^-'on (e plaint que Gaîinor de Gaft, envoyé des mmiiraires civils au Pori-de-Paix , a enlevé une procé4ure greffs , lacjuelle procédure et oit toute à la décharge de. xcufé : il le citoyen Egron. diioit la vérité, pourquoi ne ireiîoit-il pas aux commùlaires civils t Egron devoir s'a- eifer à eux uour faire fa plainte contre l'envoyé de la mmillion civile. Il dir qu'on a arraché une procédure du effe à la décharge du citoyen Laurent. Quel iîitérêt pour- it-on avoir à airacher une procédure à la décharge d'un )rame pour le mettre en liberté ? Il n'elt^ pas néceilaire fil y ait des pièces à fa décharge ^ il fulat qu'il n'y ait :n à fa charge. Gn n avoit donc pas befoin d'enlever la océdure. Le fénéchrd favoir fon devoir \ il devoit faire ettre en liberté le citoyen Laurent, il n'y avoit pas befoin une procédure à fa décharge \ il fumioit qu'il n'y eut rien la charge de l'accufe. Mais, quand il s'agit d'un fait auili ave que celui de l'enlèvement d'une procédure au grefte iPort-de-Fair , il faut ou un ade de notoriété du tribunal > H 4 112, ft €' t: rr Trac ou une déclaration du greffier ^ ou un procès-verbal d'eft tioi' d'enicveuient de piècv s au giefie. Les colons produifent ils Ki un de ces adles î Dironc-ils que le grefte n érsit pa in-acè ? i^e grerte^ du Port-du-Paix eii: intacc, & le généra La^'cux a eiabli le iiége du gouvernement dans cette viih Si les commiircires civils av oient approuvé des chofes au(] graves que celles-là , il iaudroit apporter d'autres preuve que celle de la lettre d'un juge au gouverneur Galbaud j ; faudroir au moins produire une lettre du juge aux commii faires civils pour les avertu" de cet enlèvement. La letrre d fénéehal ne peut être regardée que comme une provoca lion de ce juge auprès du commandant militaire pour l'aigri Ôc le difpoler à i mlurre^cion qui étoit alors méditée , n. Le préfiicnt : Sonthonax n a pas dit que ce fulfent là les :opres termes de la pièce. Th. MilLt : Ce qui, dans la déclaration, ell: abfoliUTient )n traire. Le prefident : Lifez cette déclaration. « Je certifie la convêrfation fuivante , que j'ai eue avec le toyen Sonthonax quand je reçus de lui la commilllon d'ac- iCaieur pubhc du tribunal révolutionnaire du Cap : »' Citoyen-commliraire , vous me donnez une place dont s fonctions délicates font , non pas au-deifus de mon zèle , lais au-dedus de mes talens & de mes forces , vous me fa- rifiez à' la haine des parens , des ainis , connoitrances & jmplices du très-grand nombre de nègres & gens de cou- mr détenus à la geôle. Tous ces hommes font déjà coupa- les du Fait de révolte , indépendamment des crimes qui en jnt la luite nécelfaire. Citoyen , me dit Sonthonax , vous e pouvez , vous ne devez les pou rf livre que d'après des reuves, 6c non pour lefeul fait de révoke. Mais, citoyen- \ '''.' . <«,,.liif:B t: ?b' 114 tDmmKfau'ê ^ tous ces individus font les inflrnmens , les agens des contre - révolutionnaires ; ils combattent pour le roi, au nom du roi. ~ N'importe , a ion ta- 1- il , vous ne pou- vez agir contre eux qu en vertu de preuves. , » Avec un peu de réflexion > je me fuis appercu qu il toir tort dj/ificile d arracher des preuves des crimes commis par des nommes impénérrabies ^ quand ils veuknr garder un lecrer , fur-tout un fecret néceffaire à leur fureté , 6c éteint dans le fang de leurs viclimes : j$ me ferois en outre con- vaincu que cerM place étcit à la nomination du peuple, de non à celle du commillaire civil j mais la ncccfiiié de videt uaie priioii obftruée par plus de 400 prifonniers à ma re- quête , la confiance & l'ami dé donr m'honoroicnt les pa- triotes , la publicité des iéances qui éckiroit ma conduite , un deiir aveugle peut-être du bien publie 5 routes ces raifcns me portèrent à acquiefcer à rinvitation , j'ai preique dit à 1 ordre d'accepter cette place. ' ' ■ " Je certifie que le citoyen Sonthonax , érant àSc-int-MarCj m'enjoignit par une lettre de fuipendrc toute exécution de jugement juiqu'à ce quefon collègue & lui folïeTit au Cap. Pour ma décharge je demandai 3 féance pubiiq'ie tename 3 au tribunal, renregiflremenr de cette icrtre au greite d'icelid: on fit droit à rria demande , ôc elle m.e fut accordée. L.e voile fut alors déchire^ pour nioi , & craigri'.ri': 5^'^'*=^ ^'^^ Lvec raiion, de n être délormais que le paiîif infooment des vo- lontés diélatori-de^' de Sonthonax , je me dé;:erminâi à donner ma démiilion auilitôt le' retour au -Cap de Folverel &z de Sonthonax : je me flattois cependant, que les commiifaires , rendus en- cette ville, levercient feipcce de veio inconititu- tionnel qu ils avolent appofé i; rexécurion de la loi contre des tigres contre-révoliuionnaii-es, Vj;in efpoir 1 A leur ren- trée au Cap je m.e rendis auprès d'eux , ce nous eûmes en- femble la converiation iuivante : " Citoyens , il y avoit à la ?:cole du Cap , à votre départ de cène ville , environ quatre cents prifonniers libreS' ou ef- claves ; il y en a cent qui , après un plus amplement informé de pluiîturs mois , ont été élargis faute de preuves. Il n'en eft peur-êire pas un , ajontai-je avec l'accent de la douleur, qui ne foit teint du fang des plus courageux patriotes blancs* jrM IÏ5 »ici un tableau détaillé, fait ibuS mes yeux pair le grtfHcr du yunal , des durercnres procédures faiues contre eux ^ voici tui ond tableau , également juite , des procédures commencées non achevées , au nombre de près de cent. Celle des trois res, Pierre Godr.rfl, Jean- iaprifl:e Godard & joachim )dard , efl terminée julqu'à jugement déHniriF excluiivemenr. luis prêt à donner mes dernières conclufions dans cette Jre i vous lèverez, fôrement votre veto ^ fi It jugement à m- venir iur icelies prononce peine de mort. A ce mot , me de mort, les csmniiraires ne purent retenir un meuve- nt de iurpriie^ ils s'attendoint , (ans doute , à plas de con- fccndance^ie ma part à leurs caprices , ou à m.oins de fer- ;té j mais , fe recueillant , ils me dirent : Vous attendrez s ordres ul:érieurs-, des meiiires d'inicrêt général nous com- mdait de difFércr toute exécution de jugement. Nous allons nner un certain nombre de libertés , notamment à tous les eh de noirs en révolte j la paix va régner, les blancs n au- it plus beloin de camper au dehors : tous les nègres vont foumettre. — Des agensdes contre-révolutionnaires, & coui ns du fang des bla^ncs , à qui Ton alloit donner la liberté; te levée fubi te de tous les camps défenfifs , cette impaf- le Toumidlon des nègics .'. . . Non : je frémis à cet eu , oc je vis à découvert le but des commiffaires ^ & bra- nt la puiifance royale de deux hommes, je leur dis que je pouvois , (ans crime , confentir à n être qu'un initrument ns leurs mains, au lieu d'être Torgane de la loi, & que je priois de recevoir n-}adémiir!on. — Les fonctionnaires pu- es qui abandonnent lâchement leur pofte, quand la patrie eii danger, font coupables de lèfe- nation , me dit Son- Dnax avec cette arrogance dédaigneuie qui lui étoit fi fa- licre quand on ofoit le contredire : vous refterez à votre (le i l'exécution de grandes mefures que nous avons prifes , ceilite tous nos foins , prend tons nos m.omens : ne revenez :e dans une huitaine de jours pour terminer ce qui concerne tribunal révolutionnaire. Je iortis de cet antre du derporifme, le fur-lendemain , 20 juin 1793 > les mefures dont il étoit leftion furent raifes à exécution , êc furent la ruine de Saint- omingue , fincendie' du Cap &c le maifaa^e des habitans de tte Ville. Je ceràne que la plupart des priiunniers à ma ^uéte , ^ dont les procédures étoient commencées , étoient ïi6 I *:?^X^.^"^"^ de royal ifme. Je contre- révolution , d'incendie à ailaiîinats ; je cernne aolïï que les. trois frères Godard , , delius memionnés , aufli à là geôle , éroienc convaincus toriaiis atroces^, tels que d^avoir rué beaucoup de blancs, les avoir hic périr dans des touraiens recherchés, de l'e pi' a afiiiter à toutes les exécutions qui fe faifoient , d ni(uii ces niforcunées vidimes dans dcs loufFrances indicblcs^ nu ^ de ces trois frcres Godard (Joacbim) éroit convaincu de s^ê' ^breuve du lang qui couloit des plaies de blancs (^ipplia dans les divers camps des révoltés. - » Fait à Philadelphie , primidi de la, deuxième décade ventoie 1794, Fan deuxième de la Répui^iique françaiie u ^<: indivifible. Répuiîiique ^'^g^é y Le Clerc, Sonthonax : Vous voyez que je n'ai rien avancé que vrai, iorique je vous ai dit que raccufareur public ie plaigm de ne ponvoii: condamner fans preuves- les citoyens accui pour révolte déclarée. Quant à la déclaration en elle-mém f ai dit que, de quelque manière que ce fur, elle ne peut érab contre moi aucune efpèce de preuve , puifque c'eil un ceri ficat donné par un homme émigré à la Nouvelle- AngletesD <5c qui y réfide encore. Si cet homme avoit à donner des éclai cifiemens fur ce qui s'eil paifé dans la colonie, pourquoi ne il pas venu fur les navires du convoi ? pourquoi if a-r-il p ç-ccompagné les citoyens colons ? Quant à la déclaration < lepelletier , elle porte qu il a été afTalfiné chez lui par ci nègres , pour avoir donné refuge chez lui à un matelot qu i nègre vouloit tuer ; ce fait eft porté à la date du i^ )\ii Lepelletier efi: refté au Cap après l'incendie j ceît® déciaratic if cil- également qu un certificat donné aux colons , daté < Philadelphie ie 8 février Fan deux. Aucune efpèce de forn légale ,- de forme authentique dans cette déclaration. 11 aurc du la faire ou pardevanr la municioalité du Cap , ou pai devant àes notaires au Cap , ou les commiifaires civils, c bien à la Nouvelle -jAngleterre pardevanr ie conful , ou rninifcre ^ ou les autres agens de la République diiféminés X 117 V^ouvelle -Angleterre : je n ai pas d'autre connoiffance de ce Dunr : Les' pièces ne font point envoyées aux colons , 3s lorretu de delfous les Tcellés appolés iur les papiers du leral GalbauJ -, & le citoyen Lepelletier étant^reilé au Cap, , pas pu nous envoyer ces pièces , puifqu il n'eft arrivé la Nouvelle - Angleterre que fur un bâtiment de Phila- Ipliie. Sc.iihonax : Au moins pouvoit-il faire fa déclaration par /aiu \ps aurôrirés franço-iifes. S'il n'a pas envoyé cette pièce Ions , il la leur 'a donnée du moins à la Nouvelle- .^j.Lcrre. Les colons , pour s'excu-ier de leur invafion dans ville du Cap à l:v rôre des matelots , ont eiikyé dlnveotiver commiilaires civils de touresles manièr^?S5 de leur reprocher î ntrocirespendancrincendie.Voicice qu'ont faitles commif- res civils : iéfugiés dans un camp hors de la ville, ils écoiem ■oiirés de "plus de trois mille blancs, hommes ^ femm.es enfans réfugiés auprès d'eux , qu'ils ont nourris aux dépens la Répubhque. Ils n'ont fait que leur devoir j tous ceux qui touroient les commiifaires civiis ont joui de la plus grande, •été. Je demande d'ailleurs quàjcet égard on entende le citoyen dos > qui commandoit les cafernes du Cap au 20 juin, is les officiers de Tarmée de Sainr-Dominge , qui étoient lour des commilïaires civils, &: même les foldats. Si îa com-\ iiion veut parvenir à connoitre la vérité , ce n efi pas de la uche des transfuges , de ceux qui ont abandonné Saint--, amingue pour aller aux Etats-Unis, ce n'eft pas de la bouche •ceux qsù ont defcendu à main armée pour attaquer les com-» ilTaires civils, qu'elle peut la recevoir j c'eft^de la part de ui qui, fidèles à leur ferment, fidèles, aux lois de la Pié- ibhque, n'ont pas perdu de vue les commiilaires civils , &, it été conframmenr autour d'eux. O^^. dir qu'il y a eu des femmes mafiacrées dans les cafernes:, uroientpu fepailèr'devan«"plus de douze cents blancs jaiement rélugiés dans les calernes ^ il feroit à la connoii--^ ' ' officiers de l'armée d'Europe , reftés iidèks à laRé- ....,...; , Giû font aujourd'hui en France , de ceux du iei- Ime régiment de^dragons , de ceux de tous les régimens d'in-- nterie qui éroienc à Saint-Domingue, qui fe trouvoient diuis malheureufe affaire du Cap. t ■A is cafernes il n'y a jamais eu ur. folciat de dérarmé -, défie en ieul foidat dé dire le contraire. Le command^nî: ( cafernes eft ici: Ci la coromiiÏÏon vent ^ elle peur i'enrend Quant aux religieufes êc à leurs penfionnaires , elles font retirées fur leur habitation, où elles ont vécu & re paiiiblement j eile« y font encore. Loin d'avoir été mailacr ôc violées , deux d'entre elles ont été mariées , Tune à Taun nier de la garde nationale du Cap , Taurre à Tofficier chai de la furveillance des magaiins de Fadminiflration du Ca le citoyen Bignon. Je demande que , fur tous ces faits , vous confultiez journaux des batimens du commerce qui étoient dans la n du Cap , des oSiciers qui y étoient alors , ôc notamment ce tiu gouverneur générai Lavaux, don-- la conduite aujourd'l n^'eft plus un problème pour les amis de la patrie, qui, à "tête d une- petite armée à Saint-Domingue, fe fignale par exploits contre les ennemis de la République. Voilà les liomn quon doit entendre , ëc non de lâches transfuges, qui, ap: avou" ailalîmé les commiifaires civils , n'ont d'autres mov( de fe blanchir de cette accuiation, qu'en les calomniant.! autre homme ciré par Duny , nommé Fraizer , dit qu'au m ïnent où jai vu la iiam.me s'élever fur la ville du (Jap, j'e l'atrocité de dire que ce jour éfoit le plus beau de m4 vie :féu alors au camp de Breda, c'efl ainfi que Duny s'eft exprim Je demande à la commiiîion que , léance tenante , on envc chercher cet hommie, qu'il me foit fur- le champ confront je demande fur-le-cham,p, aHh que cet homm.e ne puille ce cerrer fa déclaration avec ceux qui m'accufent, avec les hom^ni qui veulent la lui didber ; nous verrons , dans cette confro tation , Il j'ai tenu cet abominable propos. Si je i'avois teni quels font les blancs qui m'entouroient , qui ne m'auroie pas poignardé ? quels font ceux qui étoient en force en moment, qui ne m'auroient pas dénoncé à la France? Cerre je n'étois pas feul , je ne l'ai jamais été un feul inilant pe: dant m.on féjour au camp Breda j qu'on confulte les officie qui m'entouroient , qu'on me confronte à Fraizer , voilà t que je demande. ""' LepréfidiTit : Quand même la commiidion fe déterminerc I I• Je ne vous dirai rien, ciroyens-repréfentans, du laott- veau fyftême colonial qui doit amener la liberté. Je vou dois le tribut des faibles lumières que. m'a données Vexpérieno de Saint-Domjngue i mais c'eO. de concert avec mes collègues ôc lorfque la guerre nous permettra de nous réunir , qu nous rédigerons enfemble le plan que nous devons vous pre Tenter. » Polverel vient de repartir pour la province de 1 Uueft où les Efpagnols attaquent par tous les points de k frontière Delpech dans le Sud. 6 août 175» 3. » F. 5. rapprends à i'inftant que l'armée campée fur 1 territoire efpagnol a été forcée de fe replier. » Duny : Je comm.ence par dépofer fur le bureau le plan d Cap mcendié. , • r " Sonthonax, pour fe juRifier, a commencé par lire fa r( lation officielle du 10 juillet. Vous avez vu dans cette reh tion, qu il^'ed eiForcé de peindre le général Galbaud comir un contre - révolutionnaire qui vouloit incendier le Cap comme un homme, enfin, qui prêchoît la révolte contre l'ai torité nationale ôc les cômmiiTâires civils. Je vais vous mett ibus les yeux les ordres généraux donnés par Galbaud à Hotte y ôc vous verrez quils refpirent le plus pur patrie tifme. ( Il lit trois ordres : ) Le gouverneur gén irai des ifte s fous-le- vent. « Les citoyens des vailfeaux de la République font pr venus que le (ignal de la defcente fera un coup de canor ,^^c DaYillon bleu, à la tête du mat d'artimon. V « Au Cap, le 20 juin 1793, l'an deuxième de la Répi tîlique. o Le gouverneur général des ifles feus le-vt nt. y* Signe, Galbaud «. 1^3 Ordre donné par Galhaud, " Le conrre-amirul Sercey donnera les ordres pour faire ipparcîller fans dûlai la tiocte; cette meliire eil. d'autant plus .nitante 5 qu on nous menace du feu dans la rade. » A bord du Jupiter^ le 23 juin 1703 , l'an deuxième de la République.. » Signé y Le gouverneur général Galbaud >*. ■ Ordre donné par Galhaud, « Après avoir brnlé le Cap, les brigands fe propofent de :>riiler egaiemcnt les vaideaux de la rade; on allure que plu- ■ ieurs canots iufpecls le prcmicnent le loni^ des bâtimeus. >» Pour arrêter leurs projets, il iera fait des patrouilles our & nuit \ chaque bâtiment de l'Etat fournira un canot 'k iera une patrouille pendan; deux heures. " Signé j Galbaud «, Voiis voyez, par ces pièces , que rexpédition des marins, à L quelle tous les citoyens blancs du Cap fe (ont réunis ,, 1 été faite au nom de la République irançaifea <^ que nous avions envie en defcendant à terre , non pas de brûler nos propriétés & d'égorger nos femmes & nos enhins, iiiais bien't de iaiiu' Polvercl ce Sonthonax, <5c de les envoyer en Fiance pour y être juges. Sonthonax : Je m'en réfère pourmadéfenle à ce que j'ai déjà dit. Duny : Sonthonax vous a dit que radjudant- général Gal- baud déclanioit ians celle contre la France , contie la Répu- blique , con:re les miniilres vertueux-, ce font (es propres expreiîions : vous pouvez conlniter tous les papiers de Tai- judant-gériéralj tous (qs ouvrages fur la révoiuuon franf;aife 5 ds font- dépciés fous les (celles : vous y verrez un républi- cain auftèrc Ce zélé. Je vais vous Ure une lefire do ce citoyen qu'on calomnie 5 elle elf écriie du fond des cachots fiU Cap, uù il efi encoïc i elle a été apportée àz'-^ £iacs-Unis I i I it6 par Picquenard ^ fecrétaire de la commiiïîon civile , ôc elle a été reniife par le ciroyen Fouché, fecrétaire de la corn- million des colonies , au citoyen Durand-Maillane 9 qui i*a demandée pour faire foii rapport fur Témigration prétendue du gênerai Galbaud. ( Duny la lit : ) Céfar Galhaud i prifonnier des eommiffaires civils ^ les agens dt la faction Brijjot ^ à Galbaud, général de Saint-Domingue:, W{jji prijonnier du minifirt français M. Genêt ^^ celui-ci vehé- tnsntement foupconnéi pnyqu'aujji convaincu d'être aujfi dt lafaàion Brifjot» ■ -^ Au Cap, les 2,8 & 3o août 1 7^3- .. " M O N F R â R I 5 M " Du fond de mon cachot, j'apprends que vous êtes pri- (bnnier du: miniftre Genêt, à bord du Jupiter ; ëc de que) droit fait-ii des prifonniers ? Puiiîlez-voos ne pas être traite comme je le fais ici ! mes forces diminuent tous les jours J*ai des momens de defefpoir plus ou moins longs , j'ai eu toutes fortes de confolations de la part des officiers de h marine qui ont été faits pritonniers avec moi, ôc des citoyen; du fort Dauphin. La juftice ôc la reconnoiffance m' obligent à vous dire êc à vous avouer que Piquenard , ci - devant feerétan*e des commilTaires , m'a obligé d'une manière géné- reufe i il m'a prêté des livres , & m'a fourni fouvent une meilleure nourriture que celle que les oomm.ifTaires me foni donner-, je ne puis douter que, fans Picquenard , je n eu(i€ été fufillé. îi ie répand des bruits afrligeans pour tous leî Français qui aiment Gncèrement leur patrie ^ je m'attrifte fui ie fort m.aiheureux de la France : car l'amour de ma patrie, n'eft pas détruit par les cruautés &: les barbaries des délé^ gués h'ançais. Vous avez fu que j avois ésé fait prifonnier; mais vous n aurez peut-être pas lu de quelle manière je l'avois été. Gomme je m'avançois pour prendre le gouver- nement par les derrières , ayant reçu des coups de feu tant danj mes babils que dans mon chapeati, & un à la hanche., qui m'a emporté mon ceinturonj tout- d'un- coup un officjçj 1^7 & à la vue du Cap en feu , vous auriez cru voir tout Tenfer le réjouir de lembrafement de Tirnivers , & de la chûie du ciel. Ah ! mon frère ,- que ne les avez vous jugés moins favorablement I que n'avez vous cru plutôt à leur profonde fceiérarellë , qui vous a été peinte, ii fouvent avant leur arrivée, & avec la vraie énergie du patriotiUriej uir le- quel vorre eceur déliant vous donne des doutes 1 ■ \ '^ Ce qu'il y a de plus remarquable depuis votre départ, c eit une auembiee de la commune du Cap , formée de tous les brigands. Dufai , & Yergniaux ont fait la monon de la lib blanche , & ertê générale ^ de rexiindion entière de la race « Si^nâ:^ CisaPv'Galbaud Cette pièce, f ûr*elle originale, ne fait rien n Sonthona^ à r affaire i c'eil la dépoiition d^un hoîTaue pris les armes à la main, & .fait prifonnisr par les commiiîaires -civils : cet homme, que nous aurions pu faire fuiilkr , eil aujcurd'liui prifonnieî:;.au. Cap^ s'il neii: .pas venu a.jla Convention i çefl que nous n'avion,-) pavS:de bâiimenr pour l'y .envoyer; s'il neft pas venu avec nous, c'eft que nous avons été arrêtés dans la partie du Sud à quaue- vingt lieues du Cr.p.- ' Duny : Je demande à Sonrhonax d'où ell partie la dé? piitation qu'il a envoyée en l'^Ance. .. /; ùQ'fuhoi2ûx : j„,a u-vputauori i:«,c s.'vMr4t'j^orr*irigue ell partie 1 19 la colenie pour la Nouvelle- Angleterre j elle eft partie la rade du Cap. On ne devoit point envoyer Célar iboud avec cette dépuration , parce qu'il eût été très- :^rudent aux commilïLires civils d'envoyer un prifonnier • la Nouvelle -Angleterre, où Galbaud, ayant mis une onde foib les équipages en iniurredion ,^ auroit délivré 1 hère & Tauroit emmené avec lui au Canada. Duny : li ell venu ici beaucoup de François de la colonie, ifqujl y en a au moins cinq mille j 6c il étoit auili fa- ? à Polverel & Sonthonax d'envoyer en France ce grand .iiinel de Rfe-nation > qu il a été facile à Sonîlionax de .•e arriver tous ceux quil défigne pour fervir de témoins la faveur. Sofuhonax : Les commllfaires civils n'ayant point d'occafioii n oyer Galbaud en France, il nefc pas étonnant quik l'aient pas envoyé en Amérique a où il feroit pailé au nada. Duny : Sonthonax a dit que les nègres révoltés portèrent coca'rde blanche, ôc même que pluileurs compagnies Conz canons, fcier les aitûts ëc brivcr les tourillons. Je n'ai int attendu ces dépofitions pour déclarer à la commiiAiOîi 'en effet nous avions encloué les afrûts ; j'ai dit que il ainfi que nous avions facilité le départ du convoi : us il ell faux que nous ayons icié les ailûcs & calié les arillonsj nous n'avions pas de temps à perdre, & certes ur calfer les tourillons des pièces de vingt -quatre il eri ioit. Sonthonax a lu la déclaration de Ducbs-Guyot; je me nrente de vous en rappeler ces deux paragraphes : «Les oyens fe préclpitoient à la met de dclius les parapets ur échapper aux poignards ^^ C'èit le capitaine de i jimerica i parle; fon témoignage n'efi: pas iuipccl- puiiqu'il eit core reilé après nous au Cap. Voici le lecond paragraphe; Le /ù^'ir^r alloit à la Nouvelle- Angleterre pour y dépofer une aiitité nombreufed'habicans qui s'étoient réfugiés abord". Sonthonax s'eftétayéenfuite de la lettre de Sautez, de celle du ipitaine Truguer^ comms^ndant U F^-:t. i;::ais il s'efl doni;é Je I f. 130 garde de vous lire ce paragraphe de la lettre de Trugu "Jl ne m'a pas été polnbie de faire la vifiie de tous bâtimens du commerce abandonnés dans le fond du po par la raifon que des nègres armés s'en étoient renr maîtres 5 & qiie j'ai cru dangereux à la chofe public ^e les en chaifer par la force «. Cette le-tre eft du juin 17933 48 heures après le départ du convoi, V( voyez bien que ce n'étoît pas nous qui pillions de incendion Somhonax: Je le crois bien. Les matelots étaient pa enlevant leur pillage; vous verrez par les procès -verb des officiers de la marine, vous verrez par tous les tî ports àçs Gonfuîs de la République aux Etats-Unis, notamœ. de ceux de Charles- ToVn, de New-Yorck, de Baltim. éc de Philadelphie 5 que les mareloîs ont fait le fac dé ville du Cap : certainement il Tont bien partagé avec noirs, car les noirs ne fe font pas accufés & ont pris j au pillage; c'étoit la fuite néce flaire de la guerre civi mais il n'en n'eft pas moins vrai qu'à bord des bâtiiiK de l'Etat, c'éroit un marché général des effets pillés au Càp Duny : 'Effeélivement il s'efl trouvé àes effets à boi mais c'étoient ceux des citoyens qui habitoient à proxiir de la mer. Se qui s'étoient jetés dans le canot, emport. tout ce qu'ils pouvoient de hardes Ôc d'effets, ce qui e combroit les bâtimens; d'ailleurs, nous n'avions pas de vivr nous étions entalïés les uns fur les autres ôc par centàl dans ces bâ' im ens, . - Sonthonax nous accufe fans ceiCe d'émigration , Se ceffe de nous peindre comm@ transfuges êc ennemis de République. Le préfcdent : Ceci efl: traité. Duny: Eh bien! je me borne à dépofer fur le bure toute la correfpondance de Genêt, qui yous prouvera te les efforts, toutes les démarches que nous avons fait» toutes les lettres que nous lui avons écrites au moment nous fommes arrivés aux Etats-Unis, pour avoir des paflfa; pour France; vous y verrez fon obftination à nous en refuft à dire qu'il attendoit des ordres ultérieurs du confeil e> cuîif; de aujourd'hui lorfque, par le fait du miniUre, ne femmes pas arrivés auflîtot que nous l'aunons dlfiré, nous tait un crime de n'y être jpas venus plus rot. Thomas Millet : Lorfquô nous lommes venus en France is avons été arrêtés, comme nous l'avons dit, par le réientant du peuple Garant i nos papiers ont été pris lui, 6c envoyés au comité de faiut public, (i ces papiers lent encore, vous trouverez dedans là lettre originale î m ecrivoit le miniftre Genêt j je lai demandois les yens de palier en France pour remplir ma miilion. Le liftre Genêt m'écrivit : <« Vous m'avez été dénoncé par autorités conftituées de Saint-Domingue comm.e un très- uvais citoyen, avec l'invitation exprelfe de vous empêcher tous mes moyens de retourner à Saint-Domingue, je puis donc vous fournir les moyens de retourner en' ance". Une copie de cette lettre eftfous les fcellés, & une :re a été envoyée à la Convention narionale. Duny : Vous trouverez également hs pièces àes autorités iTtituées certifiées par le maire de New-Yorck & du pré- ;nt du comité des fubliflances , chargé de fabvenir à U jère affreufe qui pourfuivoir les Français réfugiés à St.- )mingue. Vous le verrez par les pièces en règle dont as fommes dépofîtaires*, ce ne iont pas des chiffons. Ft>/2./5vio//-' : J'ai les mêmes pièces. Duny : Chacun de nous s'eil pourvu de ces pièces » :ce qu'on s'eft douté que la calomnie fui^roit la perié- rion. Fondeviolle : Je ne puis mettre fur le bureau mon cer^ cat de civifme, parce que, lorfque j'ai été arrêté, il a été pris par le repréfenrant du peuple Prieur ( de la arne). Duny: Sonthonax, en parlant de la lettre du Sénéchal . Port -de- Paix ,. Eyron, s'eft beaucoup étendu fur le emier point de cette lettre j je n'ai préfentè cette lettre la commilhon que relativement à fon fécond point : ce' uxième point eA celui-ci, & il annonce au gouverneur Saint-Domingue que Galinor de Gall: , délégué par mrhonax, (doîic l'influence au Port -de Paix étoir auili ngereufe que celle de Sonthonax au Cap) a fait fortic s priions tous les alTalIins &: les incendiaires qui avoisnr' |é condamnés : voilà pourquoi j'ai produit cette lettre. 1 V V V f w Mi SontKonsx s eft beaucoup étendu fui Tenlcvemenr de la pi ctidure qui, dans le fait, eit un très-grand crime j mais j ^oiiiu,^ aans cette lettre, vous tjive v^ir que Sonthor a\oit aes tmiifaires dans cous les quartiers j il faifoic r; lernDler, pour la maiheureuf^ aiïaire du Cap, tous . Smthonax:^ Je déclare que je n ai jamais donné à Galir éQ (jraïc 1 ordre de faire élargir aucun homme de coulei .xiiJiï; , ^^-.,.^ .._ . - C'scepte on noir appartenant à la citoyen i--i^nc^5 je ne me rappelle pas de quoi étcit accufé ce noir. ^ '-'"'"'y ' -^^^^'■^ionax a demandé à' la conimiflion de co <}}-^'- -- -'-;f -:nion3 des blancs qui etoient reftés Hdè a la parne; j ai demandé les noms de ces blancs, Southon a nomme Tergniaud: ce Vcrgniaud a été lait fénéchai , v.ap par Sontlionax. Il a nominé Jofeph Suire qui! av( taie adjudant- général, Robéioin qui étoit venu avec bataillon de FAidie, & qui a été créé par Sonthonnx d^abo capitaine dans le régiii-ni- du Cap pour femer la divili. dansce^corps: quand elle a été bien oreanifée, il l'a ia uJi mois après, premier capitaine dans le régiment Walich pour y opérer la même choie. Il vous a normi Jjesiourneaux: ce Desmurneaux a été nommé par Sonthon lieutenant colonel àes dragons dVirtois, & commandant la place du Port-au-Prince. Il vous a nommé Bedoz : -bed^z eft aduellement à Paris^ il y eft arrivé depuis pe li Cir envoyé par Lavaux. Voici une lettre tirée de deiFo les iQeïks:, elle eft du général Gaibaud, datée du ii ju î 79 3; vous voyez qu'il reconnoit le général Gaibaud poi le général, quoiqu'il loir avec Sonthonaxi vous verrez qu lui demande de lui faire palFer des vivres pour la peii garnifcn qui^étoit reftée aux cafernes, qui eft preique tod malade 5 ainll que pour une quantité de blancs qui s'étoiejî réfugies aux caiernes. Voici la lettre écrite par Bedoz, je communique ; elle eft du 11 juin. _Sonchoïiax\ îl neft pas éconi:ant que Bedoz écrivit Galb.iud pour lui demander des vivres qui lui étoient nt ceilajics pour la garnifon qui étoit reftée aux caftnie Gaibaud taitoir tout enlever dés ir.agafins de l'Etat \ il fallc biens'adieiler au dépoficaire des vivres, fous peine de murr ^5 faim.. Si^ félon les colons, ce Bedoz a reconnu poi 155 léral Galband , ce n'eft qu'une rairon de plus d'ajoutée à fon témoignage-, car, s'il a reconnu le général Gal- id. Ion témoignage ne fauroit être fulpeci: quand je Tin- ]ue contre Galbaud. Duny : Ouij mais ce Sedoz, qui reftoit aux cafernes ^ I: jeré dans le parti de Sonthonax, parce qu'il y avoir ;a^,ner; delà il s'eil: atraché à Lavaux, & à tous ceux ont dévafté Sr.-Doraingae. Sonthonax: Mon parti n'a jamais été un parti, c'étoitceluide oi -, il n'y avoit pas de bons citoyens à Saint-Domingue qui ne lent être du parti de la loi , du parti des autorités idi tuées par elle. Duny : Martial Berr, fait commandant du Cap le jour i incendie par Sonthonax. Koopmann , que Sonthonax a îj étoit fon correfpondant : c'eO: lui qui a traité pour nation, qui a tait à^s marchés de plulieurs miiions, &" efl: elTentiel que vous connoillîez cette particularité fur témoin. Laveaux a été créé général par Sonthonax; opmann a été correfpondant général de Sonthonax. C'eil qui a fait pailer aux Etats-Unis les envois de Son- nax , de ce Koopmann étoit le môme qui avoit traité c Etats-Unis avec le diredteur général Poujer. Sonthonax, Je n'ai pas correfpondu un feul inftant avec opmann aux Etats-Unis ; je défie les colons de produire , ;et égard , une feule ligne de moi. Fondeviolk : Et avec la maifon Zacharie ? Sonthonax : Ni avec la maifon Zacharie. Je n'ai jam.aîs rrefpondu aux Etats-Unis qu*avec les miniftres , les agens la République ; les agens lubalternes de l'adminiftrarion )ient en correfpondance avec l'ordonnateur général , i^c chefs de l'adminiftration ; cela ne me regardoit pas. Duny : L'un étoit à Philadelphie & l'autre au Cap. Son- Dnax a dit aitirmativement que les ordres qu'il a cirés , êc i lui ont été fournis par Martial Betz , éroient dans les cidres de Leblanc , lieutenant colonel des dragons d'Or- .ns. Vous allez voir H Sonthonax na pas eu l'intention tromper la commifîion. J'ai fait moi , le 21 juin , Le- mc prifonnier , avec Polverel fîîs , ôc les dragons d'Or- ns : il efl venu avec nous en France, il nous a fuivis aux ats-Unis j il efl vsnu en Fran^ce , &" alTurément en venant \ % *34 à cheval avec Tes troupes pour égorger les blancs , il n a^ pas Tes regiftres dans fa poche : quand il vous dit que ordres font dans Tes regiftres , cela eft faux , car ces regif lî'exiR-enr pas. Sonthonax : Il n'y a qu'une petite difficulté fur ce que Duny , c'efï que je n'ai pas dit un mot de ce qu'il me prê que les ordres donnés à Martial Betz , le 22 juin , étoi entre les mains de Leblanc j lorfque j'ai dit que Leblanc aN entre fes mains des ordres des comiï ilTaires civils , j'ai pî des ordres donnés pour faire defcendre les prifonniers bord du Saint - Honoré , p©ur les transférer à l'hôpit J'ai parlé d'autres ordres donnés avant le 20 juin pour police du Cap. Lorfque j'ai parié de ceux donnés à Mar Bqïz , j'ai dit : ils font entre les mains de Martial Eetz , . comniandoit au Cap au pofte de la Follette dans ces journ lîîaiheureufes j Martial Eetz , aduellement employé à Bzi ■peut être confulté. Thomas Mïli&t : lia dit pofitivement que les ordres doni \ Martial Betz par Laveaux étoient fur les regiftres X-aveaux. Sonthonax : Les regiilres de Laveaux ne font pas ceux Leblanc. ' , - \ Duny : Il a fi bien cité les regiftres de Leblanc qu'il dit que ce dernier étoit à Orléans. Sonthonax : Cela efr vrai , je l'ai ciré relativement s ordres donnés pour la deicente des prifonniers du SaL Honoré dans les liôpitaux. 'Duny : Il n y a pas plus d'ordre d'une manière que l'autre. Sonthonax a dit enfuite qu il exiftoit des preuves la ccnfpiration des colons, de leurs projets dlncendierj -Cap 5 dans les , papiers de Duny & de Breton Vilandij enlevés par Geneft à New-Yorck , envoyés à l'ancien com ehuoit de recevoir des déclarations comre moi. londcviolU : Elles Tonr routes ici. ^ L/e prtjident : Quelle preuve avez-vous qu'on ait mis en (rifen ceux ciui vouloient dépofer contre Sonihonax ? F ondcviolu : Les colons font ici. Le prejidcnt : Leiquels ? Fondeviolle % Saint-Elme de autres de ceux qui ont été irêtés à Breft , qui ont' été conduits avec moi, 6c dont il ' en a déjà cinq qui font mcrts. Les autres lont réparas dans es diiférens départemens. Lj préjulcnc : Ce n"'eil pas cela. On vous demande quelles ireuves vous avez que ceux qui n'ont pas voulu faire des leciararions aient éîé mis en prifon. Fondeviolle : Je nomme Saint -Einie & Cheneux ; je ne •uis nommer les autres , parce que je ne les ai pas préfens à 1 mémoire , & que je n en ai pas la lifte. Sonchonax : J'obferve que Saint-Elme eâ revenu de la amaVque où il a pafTé à la (uite dé Borel ^ vous en avez la ireuve dans la lialfe de lettres que vous avez dans les ar- hives, ik que Cheneux éroit foldat du régiment de Nor- aandie , déporté par ordre du commJfTaire civil. Ce Che- leux a commandé le Jupiier dans la rade de Newyork , or{que le contre amiral Cambis en a été chaiié à coups de abre. Vous avez les dépoficions recueillies fur ce fait par le ninidre Geneft j elles font dans vos archives. Voilà \e% lonnnes qu on cire. Quand on vous dira de la commiiîioii :oloniale établie à Breil , qu'elle a refufé d'entendre ceux jui vouloient dépofer contre moi , il faudroit le prouver par les pièces autliennques -, li faudroit auilî pouvoir réfuter ce •ait , (Ju'il exifte dans les papiers de cette commiiïiojpt des léclaranons faites contre moi. Thomas Millet : Je dois dire quelque chofe fur le compte Je Cheneux , qu'on vient d'attaquer. Je ne fais pourquoi 2heneux eft celui qui-, le premier prairial , a fauve la vie i vorre cuilcgue Dehnas , bc Ta arraché àQ% mains des fac- Jeux ! Efr-ce là un alfaffin ? Sonchonax : Il ne s'agit pas de favoîr ce qu'il a fait nu crémier prairial , il s'agic de ce qu'il a fait dans la rade de ! Toîne Vlllt Sôixante-quatàr'^icme liyra'Jon, K t V • • 4 New- York , où il a mis Téquipage du Jupiter en infurredion, îl a été déporté par moi , pouvez-vous recevoir contre moi la dêclararion d'un homme déporté par moi ? Duny : Sonthonax vous a beaucoup parlé de fa follici- tude pour 1 s priionni rs qui étoient à bord du navire k Saint' Honoré '-i il a lu un ordre qu'il a donné le i8 juin , afin que les chn-urgiens du Cap pullent fe rendre à bord y vifiter les makdes; efredivemenr cet ordre a été donné, mais un peu tard ; comme il y en avoit déjà beaucoup de jettes à la mer , pluiîeurs étoient morts , d'autres mouroient , & la citoyenne Ciairfond eft morte pendant qu'on la tranfportoii à riiôpiral. Sonthonax : Il eft faux que la citoyenne Ciairfond foii morte dans le tranfporc du Sa'mt-Honoré à terre -, elle a ét^ malade à la Provid?=;nce après l'incendie du Cap , c'eft U qu'elle ei\ mxorte. Je prie là deiïus la commiffion de coniultei le citoyen Bedoz , eommxandant de la place qui fe trouve ici . qui étoit chargé de la viUce des hôpitaux. Relativement à a que les colons difenr que j'ai été tardif à donner cet ordre j'obferve que les commiifaires civils n'ont pu fe mêler de cç; détails que loriqu'ils ont vu dans le contre-amiral Cercey 1; volonté très-prononcée de ne pas s'en mêler , & de ne pa; fuivre les ordres que nous lui avioris donnés. Il avoit l'ordn de diftribuer fur le convoi les prifenniers qui étoient trop i l'érroit fur tel ou tel vaifl'eau j il avoit l'ordre également d« fane rentrer à l'hopiral ceux qui ne ponvoient pas (upportei la mer ; on en a même fai- defcendre près de quatorze avan rio<-re ?■ rivée au Cap. Depuis notre arrivée, Cercey refu'an; de faire fon devoir à cet égard , nous avons été forcés nous-î mêmes de donner des ordres. FondeviJle : 11 a fallu faire réintégrer Duny : Sonthonax vous a dit que fî Ton a maflacré dei femmes aux cafernes , ce maifacre n'a pu fe faire qu'ej| préfence de plus de 1,200 blancs. Cet aveu - là ne dit-i| pas , ou que les blancs étoient profcrits , ou qu'ils étoien fi révoltés du defporiîme de PolVtrel ôc Sonthonax qu'il ne vouloient pas les défendre ? Et 1,200 hommes T< trouvent aux caiernes près du g- uvernemenc ÔC des commif faires. Les 1,100 hommes n exiiloient pas. i 139 ^ Je palFe à un autre objet. J'ai donc prouvé à la commif- îon que l'armée de Galbaud éroit compo{ée de tous les né- ;ocian5 , de tous les marchands , de tous les propriétaires , le tous les manufaduriers , de tous les arrifccs y de tous les )uvners , de tous les foldars , de tous les marins-, j'ai prouvé i la commiilîon que toutes les troupes commandées par Pol- 'erel <^ Sonrhonax étoient compofées de tous les nègres évoltés fous les ordres de Macaya , ions \qs ordres d\m chef le brigands j Goa, qu'ils ont appelé J. François ;, &c Biaf- on , qui cependant n'ont pas voulu fe rendre auprès d'eux i [u'ils fe font entourés de 700 criminels qu'ils ont él-irgis le la geôle qui, depuis deux ans , ne ceiloienr de commettre les afïadinats fans nombre ; qu'ils fe font entourés d'une loigné* de dragons d'Orléans qu'ils avoient corrompus j [u'ils fe (ont enfin entourés de tous les hommes que la nature épugne à nommer. Voilà les deux armées j vous allez en acquérir la preuve par i pièce que voici. Le procès - verbal du confeil de guerre extraordinairement onvoqué & tenu le 22 juin à bord du Jupiter ^ eft la fe- onde pièce qui terminera l'affaire ^ c'eft une proclamation lie firent Sonthonax & Polverel , 48 heures après le déparc u convoi. Vous verrez qu'ils ordonnoient de fufiUer ceux ui feroientpris, incendiant & piliant même, 48 heures après otre départ. Sonthonax : Nous nous fommes entourés de tous les amis e la République , de tous ceux qui ont préféré (ervir ette République à l'ignominie qui réfulroit de fetvir fous in confpirateur , fous un homme qui, prifonnier, levoit le oignard contre les délégués de la République-, On dit que l'armée de ligne étoit coalifée avec Galbaud ; armée de ligne efl: a-£i:uellement à Sainr - Domingue \ l'ar- mée de li'^ne entouroit ceux qui font aujourd'hui la con- uôtc des parties livrées par les colons blancs ^ c'étoit elle ui fervoit fous nos ordres. Ceux-là ont- ils envoyé àes énonciations contre les commiiïcdres civils î ceux - là ont- 3 fuivi Galbaud ? non , car tous , par l'organe du général iavaux, annoncent au comité de falut public, à la (Zon* ^!' t 'y* 140 vention , à la France ôc à l'Europe , que c'eft par les foin, de cette arraée qui a bravé les poignards du général Gai baud,que la R.épublique triomphe en Amérique j elle triomph< encore par les Africains , qui , ayant paifé fous la domina tion de la République qui leur donnoit la liberté , ont fai triompher la puiifance françaife en Amérique d'une manièri ferme & ftable , & procurent aujourd'hui la conquête d toutes les Antilles anglaifes à la France qui n'a dans ce parages aucune armée ^ aucun bâtiment ^ excepté les Euro péen-s refiés fidèles au général Lavaux & aux commiffaire civils. TL Mïllct : Je paffe , après cette déclaration , à la ledur du procès- verbal du conleilde guerre, extraordinairement a( f emblé le 2 1 j oin au foir. Confcil de guerre extraordinairement convoqué. Séance du 1 juin au foïr» *• Aujourd'hui 12. juin 175)3, ^'^^'^ deuxième delà Ré publique françaife , le confeil de guerre extraordinairemer convoqué & alTemblé par le contre - amiral Cambis pou 3 heures après midi, à l'effet de déterminer promptemeni- de mefures qui ne peuvent fourenir aucun délai. » Le confeil tenu à boîé du vaiifeau le ///pfter , Se cotr pofé du contre- amiral Cambis, commandant la ftation d Saint-Domingue ,du centre-amiral Cercey, commandant di convoi j des capitaines de vaideau Truguet , commandai! la Fi;z^ j Duclos Guy ot , commandant Y America; Vandonj gen 3 commandant la Concorde ; Puy - Ferré , commandanj îa Mouche ; Aes lieutenans Trichonard , commandant la Sur\ veillante; Laviilegris, commandant la Pr aVz//^ j Prentout commandant la A^or/^^^/^f/êënrabfence de Maiftral ; Emérian commandant le Cerf ; RiA^ère^ commandant la Favorite Ergo 5 commandant la Convention nationale ; Mireur^çom raaruiant la Républicaine j » Le contre - amiral Cambis a fait un bref expofé de circonflances qui font de la plus grande urgence pour 1 falut de tout ce qui refte au Cap de perfonnes êc de pro prié tés françaifcs iataéks & échappées encore aux flamme 141 : au fer affalîln , fuite <^e.5 troubles civils de la révolte des ef- avtfs éclatée dans la ville du Cap. » Les efclaves y répandent par - tout la conftcrnation , effroi , le pillage, l'incendie, tout ce qui peut enfin metttc le }uible au malheur de la colonie. » L'alïêmblée, pi^^nétrée de rimpcllibiliiè de s'en déve- jpper toutes les caufes , d'en prévoir tous les iniillites ïets Se tous les défallres j pénéirée de l'urgence de la dé- beration fous tous les rapports fouvent interrompus par ?s demandes delà plus indifpenfable nécelîicéa avecla nullité 2s moyens pour y pourvoir ; " Confidérant que tout délai rend le péril imminent pour L fortune publique j que pénétrée de fon devoir envers fa atrie , la République françaife , à qui elle doit un compte goureux de toutes fes adtions -, mais , mue par le feul intiment de ce devoir , ôc écartant toute autre conlldératioii iielconque j après leClure de la lettre du contre - amiral 'ambis, écrite aux commillaires civils le 19 juin à 8 heures u matin j après avoir reconnu que , depuis cette époque ù Tinfurreccion a éclaté dans tous les équipages de la rade , uit des bâtimens de la République que du commerce , il 'a plus été poiîible d'avoir communication avec les commif- lires civils, ni aux capitaines de donner aucuns ordres qui ulfenc efficacement empêcher tant de malheurs déjà mûrisv ar le cours des événemens dont l'exploiion ou la crife s'eft éterminée par l'infurredion même j » Confidérant que les généraux & capitaines détenus aux rrêts par leurs équipages, fans autorité, ont dû cependant mpioyer leurs efforts , & ont ei^cacement ufé de leur iHuence pour empêcher ce qu'ils eftimoient alors le comble es maux, le feu des vailfeaux de la rade fur la ville y » Confidérant que les événemens devenus plus critiques, ?s équipages ont été forcés de laiiîer reprendre à l'autorité es chefs légitimes une partie de Tadion qu'ils n'auroienc imais dû perdre -, & quoique , par l'effet des circonfcances ifurredionnelles, cette adion ne fût pas a uiii entière qu'elle ft légitime, il eit cependant du devoir des,x;hefs de reprendre fs l'êaes autant qu il eft en leur difpofirion j K 3 f. t \ . • • I V w 142 »» Confidérant qu'en conféquence plufieurs d'entr'eux, & norammenc ies contre-amiraux, ont aliîfté à la féance con- voquée hier 2 1 par le générai Galbaud pour obéir à la voi> iropérieufe de leur confcience , qui , à cette époque, leur fai- foit un devoir d'ufer de ce moyen pour le falut de la patrie ; » Confidérant que la force maritime a été mife en infur- rec^ion par le général Galbaud qui s'en eft déclaré le chef i ' • ^> Confidérant aujourd'hui , à raifon de la révolte & ar- mement des efclaTCs en ville, quil efl: de nécclîité urgente de faire for tir de la rade, le plus promptement poiîible 3 toute la force navale ou toute la propriété des Français qui y eft en dépôt ou qui s'y eft réfugiée , que ce vœu eft for- mellement ôc unanimement exprimé par une pétition du commerce en date ôc féance du même jour j " Confidérant que le« femmes 6<: en fans réfugiés à bord, êc généralement tout Frai çais de couleur blanche , font ex- pofés dans la ville du Cap , Se craignent avec fondement d y refter livrés au plus horrible malheur, après avoir été ruinés par fincendie qui dans ce moment eft répandu d'un bout de la ville à l'autre *, " Coniidérant enfin que la durée Se influence du mouvement infurredicnnel ne laifle aucune poilibiUré de pourvoir à une défenfe prolongée , parce qu elle n offre des défenfeurs vé- ritablement dévoués qu'un très - petit nombre , ôc qu'en attendant le règne de la loi qu'a uni Timmenfité des melures urgentes, il ne paroît point au confeil qu'il y ait de relfources actuelles propres à arrêter l'excès des maux j " Il a été arrêté à l'unanimité ^ fans oppofîtion : , " Qu'après demain 24 juin le convoi commencera à mettre! dehors une fuffifame efcorte pour le tenir raUié , ôc que le i lendemain il fera mis entièrement dehors, s'il eft poffible , pour continuer la route , " Que les bâtimens deftinés à la ftation fortiront auffi pour débouquer le convoi , l'aider dans fes befoins ; ôc après le débouquement , prendre un parti relatif à la sûreté re%)edive de la colonie & des bâtimens de la République; »* Que dès demain 23 ou après - demain 24, les frégates H3 7 Cvicord-j, (d Fine Se la llyana\r:ox\l au mole , où A? Fine , trendu rimpûlUbiliié conrtaiée de (on retour en France , n y attendant li déciûon du confeil exécutii:, iur la con- damnation nhcL-ieure, ou Ton rc-toiir, donnera des moyens ^ouu mieux armer lalîyana; ik ta Concorde Se la Hyana , yani hiic leur eau ^ te réuniront à Teicorte du convoi pour e débouquement -, que les forts du Picolet , Saint-Joleph , k la batterie de l'arrillcrie , (eront rendus nuls par la certi- iide qu'il* vont tomber dans les mains des eiclaves ré- cités i » Que, pour les blefles par fuite des événemens aduejs k de l'infurredion , il fera deiliné un bâtiment comm.e hô- pital , pour les y recevoir tous ou en partie -, que dans le :as où les réfugiés en rade defireroien' reRer dans la^ co- o»iie , il fera pris des mefures compatibles avec la sûreté générale , (oit pour les y laiifer avec confiance ou les mettre à }orrée d'y revenir j " Que ceux détenus par le fait de rinfurredion conti- laeront à fuivre la dedinarion que les équipages prévenus :ontrVux ont arrêtée alors, 8c tant que ce moyen fera mpérieufement commandé par des fuites fubfiftanres d'in- rurrection. » Les contre - amiraux , capitaines & commandans dé- clarent, en outre de ces mefures, qu'ils ont toujours vu le général G albaud, malgré fon autorité infurredionneile, dans h pontion où le plaçoit la proclamation des commiilaires civils. " Enfin, que toutes ces mefures feront très - prompremént exécutées , comme de la plus grande urgence, & parrjmpof-' nbiliié de communication avec les commilfaires civils , qui fe trouvent féparés de la force maritime par une force fans frein ni droit des gens , celle des efclaves révoltés. » Fait (k arrêté à bord du Jupiter les jour Se an que » Signé, Duclos- Guyot, Pàvière , Pay- Ferré, Tri- chonard , Mireur ,Van- Dorgen, Trugue-î , Cercey , Cam- bis , Lavillegris . Emédan , Preniout ». K4 ?- ^44 rJ^'^'W^V ^^'^^ ^^^'^^"^ ^- ^^^^e pièce qui neft pas iLiceptible dune longue analyfe, que Sonthonax vous a pompes qoana n a dit qu il tireroit de cette pièce la preuve qi^e les oîncieis de la marine ont employé toute leur in- huencepour empêcher Galbaud ou (es agens de tirer, fur la ^nie du Cap ^ il n en eft pas dit un mot. Sorit/wnax : Thomas Milla vient cle lire lui-même le paiagrapneou i eil dit que les officiers de niarme avoient employé toute leur inHuence pour empêck..r le dernier des T'T''f ' i(^'à~dire , que les canons des vaiffeaux tiraffent Êt'^n.^.^^^ ?^"^^ qai^a-fait embolie les vaiileaux tel; a voient clier legen-ral Galbacd de dier ilir la ville, TL Miilet. Voilà rexpreillon liiiéi-ale : « Us ont du ce- pendant employer tous leurs eiforts &c ufei de tout ce qui ieurreitoitd influence pour empêcher ce quils ellimcient alors être je comble des maux, le feu de la rade fur la yiiie »% ^ Citoyens, il eil poiTibie que vous vous faffiez produire un ordre que j ai vu moi - ir.ême ^ cet ordre, en'vové par le gênerai Galbaud à bord du vajiîeau rÉole , conunandé par le contre-amiral Cercey , porte d'empêcher les vaiifeaux de Orer iur la ville 3 quelqu ordre qulIs en reçuiiènti le contre- amiral Cercey a cet ordre. Sonthonax : Il ne s'agir pas de favoir quels font ceux qui ont, donné l'ordre de tirer fur ia ville ; mais il s'agit de lavoir fi^ dans cette pièce qu'on vient de lire, il efl: ditouei les oUïciers ^de la marine ont employé leur influence p©ur einH pécher de tirer fur la ville. '^\^fy^ •* ^^'^^ avez vu dans un autre paragraphe qu'ils ont afiiflé à^ la féance convoquée par le général Galbaud ^ pour obéir à la voix impérieufe de leur confcience qui, a cette époque , leur faifoit un devoir d'employer ce moyen pour le falot de la patrie». Quel étoir l'objet de ce.^te rèu-j nion^ ? c'éroit de prendre àç.s mefures contre ceux qui me- na^oient d'incendier la ville» Vous avezivu encore que dans pla- neurs déclarations., L 145 It préfldcnt : Ceci allonge beaucoup. Th, Millet : En ce cas, citoyens, vous êtes donc bien ivaincns,par le procès- verbal de tous les officiers lupé- irs delà rade du Cap , qu au ii juin les malaeureux ha- ins du Cap ie réfugioient à bord des vaiileaux , qu ils y iirportoient les effets qu'ils avoient pu lauver du pillage, que ceux qui piUoient , qui malfacroient , qui incendicient , lient les efclaves révoltés. Le préfldcnt : La commiiTion ordonne qu'après que jat- te du Cap fera enrièrement terminée , les colons don- L-ont les développemens qu'ils ont à produire iur le tep- me chef qui, d'après leur expofé, fe réduit à laproduaion m petit nombre de pièces, «3c aux indudions très-lomuiaires 'ils pourront en tirer. La féance efl levée. Le remflre des vréfences eft Jigné , J.Ph. G AKK a^ ,preyi- n ; foucHE ( de Nantes) , ficrétairc ; Dabray, Mer^ NO , MOLLEVAUT, F. LaNTHENAS. iM i4(î '^^^si^^^^^^mrmmmanBm Du 3 Thermidor^ l'an troifihne de la République franc, une & indivijible. •f * i ^- I. v. r * • ■» (( V 5- T -LiA redadion ^es débats, recueillis dans la féance de veiJie elt lue ôc adoptée. Les citoyens Senac , ClaufTon , Page , Larchevefque - T bauk , lonr abfens. Le préfAent : Voici une lettre du citoyen Saint- Elir dans laquelle il dément les faits d'émi.^,ratiGn articulés cou V Pu'Y y'J^^.^^na^- li s'en réfère à la declararion ai/il a fc a rhiladelphie , & dont il a , dit-il , remis copie à la ccmn non en mvofe dernier. ^^ Th. Mïlkt : Voici l'original que j'ai par devers moi , & c j ofrre de communiquer. Briiiey : Pour le même objet , voici une lettre de Chance qui dément ce qu on a dit, qu'il a commandé le vaifleau J//£zrdraNew-Yorck; lin a jamais été a New-Yorck. , p IP'-^^ donne la lifle de quarante-deux perfcnnes arrêtai a Ereft , avec lui , far des mandats «l'arrêt en blanc y voi verrez la Me dans fa iet'^re. i h. MMet : l.a commillion veut-elle communication de pièces ? Le prcjident : Si la ccmmifïïon le juge nécellàire , elle vo la demandera ; mais il eil inutile d'allonger les débats. Thomas Millet : Il y a une pièce très- en régie , qui ( 1 extrait mortuaire du beau.-père de Saint- Elme. Bruky : Je prie d'obfervîr qu'à la fuite de la lettre < venus 147 .venChenceux, il y a la nomenchrute des prifonnicrs de ville où ils font en ce moment i ainli la commillion des ionies pourra vérifier les faits. . Sonthonax : J'obierve, fur la déclaration du citoyen ^amt- ne , que la déclaration faite à la chancellerie de ^hiladel* ie n empêche pas qu'il n'ait émigré à la Jc^maïque. U prfidcnt : 11 n efl: plus queftion de ditcuter cela. Sonthonax : Ceft de la Jamaïque que plufieurs ioiit v 2 Nouveîle-Angleîerre , notamment Borel Fondcviollc : Sonthonax a dit hier, dans la féance , que le irre- amiral Cambis avoit été chaiTé du Jupiter à coups de ?re : je démentirai le 1-ait. Lorfque le citoyen Cambis a :u un coup de fabre , ce n eH; pas à bord de Ton vaiîieau -, ■ft dans la m^aifon du conful même, à New-Yorck, P^^Jr^/^ lonnier d'une des iTégates du convoi. I.a fcène s'eil paiiee a porte du conful Hautedve j ainfi c'eft un taux que oon- Dnax vous a di% ^ Duny : Je l'aflirme. Sonthonax : Je n ai pu parler là - delkis que par oui- e , 5c (ur les notes qui m'ont été envoyées par Genêt : m'en réfère à la correrpondance de Genêt. Thomas Mi'kt : Par la ledure des procès - verbaux àe^ fîciers de Tefcadre françaife au Cap , vous vovez que ce {îioit pas les hom.mes de mer qui pilloient la vilb , mais le c'étoient les vaideaux qui feryoient de refuge aux gens la ville : à l'appui de cette allertion Sonthonax : J'ai à parler fur cette déclaration avant que citoyen Millet ccnîinue Thomas Millet : Je vais la lire avant que vous répondiez. Sonthonax : Ceft fur le procès-verbal de coufeil de guerre, le vous avez lu hier , que je demande à parler. ^ Dans ce procès- verbal vous avez vu les preuves incontef- bles que Galbaud a mis en infurredion , en révolte les ma- lots de la rade, & quil étoit fécondé par la négligence des liciers de la marine : Se f\ tous les officiers de la marine avoient , nité la conduire de ceux du vailTèau rjmenca, certes, il y auroit pas eu de defcenre , il n'y auroit pas eu de révolte )nrre l'autorité nationale, & probablement la ville du L.ap •roit encore entière. Les officiers de la m:aine ont t^é tel- imenc convaincus qu'on leur imputcroit un jour les ehets a© i iTr if * ^^f"''/ "'' ^Sard, que dans le procès-verlml d, pat le conleil de guerre tenu à bo;d du vaHîèau le Jupiu 2 "'n .procès verbni que jai ludans la diicuillon , lesoSit aeta manne iupplient la Convenuoiî^/? ne vo^r, d-ns lesfc îhff^f ■''"''' ^'tPP'a' ' ?"' ^" '^^'■^'•^ infiparahUs de la eme Ai.mi;,-2e..Lesoiîiaers de la marine reconnoiiroien.- d alors qu Ils aTOienr&t des fautes : je les ai accufés ,"]. • r^l, ":l "''°'7 '^'^ néghgcîKe. J'en ai accufé d'autres de c. plKué : ce font ceux qui font defcendus au Cap , avec ^^ItcJ P^"- '^'"'P^' ,^°"^ ■^é''^!'^ ' <:«x qui ont été nli ' ' P".^-^''"* ^ '^ '^'^ ^-^ ''é^«i^és. II refaite d pièce qna lue ihomas Millet , qu'il fe cdmmettoit det: grands excès dans la ville du Cap.' Je conviens qu il s'er commis beaucoup , foitde la part de ceux qui ont atraq loit de la part de ceux qm , réduits au défefpoir, voyant le aïoits politiques menacés, voyant leur exiftence plus que a piomi.e, ont eu recours à l'infurreélion , pourfedéfen conae la révolte des matelots. Quand une guerre civile a a umee tous les hits oui la fuivenr , tous les combats a quels elle aonne jieu .doivent être rais fur le compte de c qu lont provoquée Quels font les provocateurs descomfc mT 17 '°'^t lefcendus a terre , qui ont violé leurs arrc maigre les ordres des comn,.iraires civils , pour venir les p gnarder, pour venir les attaquer à main armée ; voila les p vocateursdela guerre civil. , voilà k, provocatews des I nemens du Cap Si . dans le cours des événemens , il y a des atrocités, elles ont été cor,,mues de, deux parts, pa: que des deux cotes il y avci: également des Icélérats : cert< le crime ne tient pas i la coideur, il tient au cœur. LesEu^ peens M ont comvnis alFez dsns le Nouveau-Monde, pc quil ny ait pas le moindre doute du defir ou'ils avoientï' commettre de nouveaux , & fur ceux qu'il; ont commis Cap pendant 1 incendie. Je répè^e donc que, de part & d'aun 11 y a eu des excès , 8c que s'il y a eu générofité dans > des parus , c eft dans celui des An-icain.5 , qui fe formoient . pattouil.es pour conduire les blancs au camp des conraifraii <-ivj.s, & que là on protégea ].-ur e>.iilen< e. Les Europée nieront-ils que les noirs, armés dans la ville du Cao , o proicge leur exiftence > plus de deux mille d'entre eux y îo ■?^'y"^ H9 ftés a^^^rès rincendie , ils ont été tranfportés Se refpedés i il ?n trouve Jana cette enceinte. Le citoyen Fonde vioile, qui eft rté au Cap après rinceiitiie , ôc qui n\ la cO: parti qu après la itaftrophe , ne pourra pas nier qu'il ne doive Ton exiftence la geaéroiîré du peuple africain , car les Africains armés oient en nombre décuple de celui des blancs : voilà des faits mrre lef luels iieft inipoiliblede réclamer. Les Africains armés K éré généreux , ils ont ui^é avec générofîté de leurs vi6toires ; s blancs, les Europérns, trompés par Gdbaud, fe font prc- pités comme des tigres fur les nutoiités nationales, ôc fur les Dm;nes qui environnoient les comniiilaires civibj ils ont été unis de leur audace. Voilà quels (ont les provocateurs de la jvôlie dans laquelle , comme je vous Tai dit , il y a eu des ccès commis de part &c d'autre > excès qui n'ont été caufés ue par le provocateurs. La commiiiion jugera quels font ces covocateurs. FcndcvLolU : J'ai telieirient été protégé par les hommes de julcur au Cap, que j'ai hè chailé deux fois de deux ap- arremens que j'avois le droit d'occuper. J'ai été infuké.par iix dans plufieurs occafions , & forcé de rentrer chez moi à X heures. Me trouvant avec le maire & un ancien notaire , Normaux de laChapelle,j'ai étéailailU par une troupe de nègres c d*efciaves aimés \ j'ai été attaqué par des nègres eiclaves , omefciques de mes air.is , qui m'ont fait éprouver toutes iortes l'humiliations. J'ai été employé au bureau de radmini&ation ;énérale, à force de follicitarions j j'ai été faili , devant les bii- eaux de radmimlttation , par \^ )ur empêcher le pillage Se rincendie. Ces niefLires furent iiiffilanres, parce que dans des momens de péril & de ruine, haut des melures militaires terribles , pouvions-nous prendre s mefures lorlque les maieiots , mêlés avec les ncirs au ilieu de la ville , s'animoient au pillage ôc à l'incendie ? Je lUS ai prouvé que les matelots ont pillé & incendié. Ils it pillé j les preuves en font qu'à bord àes vniileaux il. y oit un marché général de toutes les marcha^ichfes de fEii- pe. Elles exilloient encore dans les prifons de Erell oii les lors 5 qui s'y trouvoient , faifoient des loteries perpétuelles bijoux , de pièces de drap , de coupons de taiferas venant pillage du Cap ; les preuves fe trouvent dans les mémoires i ont été envoyés par les coniuls dé Charleflov/n , de J3al- aore Se de Philadelphie ^ celui de Baltimore écrit que l'ar- lue rie de f églile du Cap a été vendue à Baltimore, ôc certes, ne font pas les noirs qui ont été vendre à Baltimore Tar- irerie de l'églife de la ville du Cap. Les noirs ont pillé, noirs ont incendié , mais les blancs leur en ont donné temple. Ils ont les premiers mis le feu au quartier des liom- s de couleur i on ne dira pas fans doute que ce foiir les limes de couleur qui ont bmlé leurs propres m.aifons. L'in- idie du Cap eît le pendant de celui du Port-au-Prince 1791. Vous avez vu quels (ont les hommes qui ont iii- idiéje Port-au-Prince en 1791 ^ce font les ip.êmes hommes i ont provoqué l'incendie du Cap. Il eft très-vrai que , le 16 11, ce n'éroientplus les matelots qui pilloient au Cap , c'étoient IX qui avoient été provoqués à l'infurreclion, à la révolte* roient des nègres brigands qui exerçoient des pillages dans ville du Cap , c'eit contre eux que la proclamation étoit igée : nouvelle preuve de la folUcitude des commiiTaires ils pour conferver ce qui reftoit de la ville du Cap. Les cc- s difent que la preuve que Gaibaudec les marins n'ont pas endié , c'eft que le quartier oii il demeuroit rie Fa pas été 5 ?lle^eft donc cette elpèce de preuve ? Les noirs é^oient en Tcffion de la Petite- Anfe , du quartier de la Providence ôc gouvernement-, ils étoient en polfeilion àes ëdiiîces pubhcs: édifices ôc ces quartiers ont été confervés ; s'enfuit-il moins là que les noirs ont contribué au pillage ôc à l'incendie > rtes non j parce que les noirs ont confjrvé la Petite- Anfe iomc FUI, Soixante-quatorzième liyraïfon. L r 154 ^ la Providence, il n en eft pas moins vrsi de dire qu'ils c coopéré au pillage & à Tincendie. Les colons dilent que U baud a conkrvé le qu?rtier du petit Carénage, mais Ualba a été chadé du p,erit Carénage deux jours avant le départ convoi pour les Etats-Unis. Les noirs s^étoient empares de i ; fenal, en avoient chaifé , à grands coups de baionnett( Galbaud, qui s'eft jeté à la nage , en criant 'Jauve quipc Les noirs font devenus les maures du petit Carénage ôc i'arfenal j les noirs ont-ils incendié F arfenal & le petit Caréna;, La confervation de plusieurs quartiers de la ville au C.ap tr à dlieureux haiards , qui ne proviennent m de Calbaud des matelots qui le fecondoient : ils proviennent de la n dération forcée des noirs , lorfque nous avons pris des melu terribles contre le peu de brigands qui pouvoient les amm^ elles proviennent des ioms des commiflaires civils pour c( ferver non-feulement la ville da Cap . ma?s es reites d( population blanche , ou plutôt une très-grande partie de population blanche reilée au Cap. Voilà d^ ou provient la o fervation des quartiers inraéts de la ville du Cap , 6<: r pas des foins di^ général Galbaud , qui , lui-même , a provo( la révolte, qui eil: venu aiïallhier les coimmilaires civils d la maifon où ils habitoient. . Le préfident : Tu as dit , citoyen Sonthonax , que les mate! avoient vendu des bijoux & des effets a Breft après leur a' vée , & que ces effets provenoieni de l'incendie du Cap j en tu quelques preuves ? ^dr;2Ê^i/ : Il a dit les colons. . . . . .^ Sonthonax : Les Colons ; ce fait m a été affure par le cito^ Vergniand , juge fénéchal du Cap -, c eft le feul témoin don me rappelle le nom à piéfent. Je ierai en état de donner .| ■ commiffion des éclairciiiemeus là-delfus , lorfque 3 amai ]1 de nouvelles informations : en attendant je me rappelle lei ment de la dépofition du citoyen Vergmaud , qui a été en ] (on avec les colons , & qui ne l a été que parce qu il le ne iPaOit Vergniand. . ^^.,. y Le préfident : D'une autre part , ie citoyen MiUet a dit nous pourrions confuker des pièces qui font au comité de giaatioii , & qui viennent de l adjudant-genéral GaibauJ. Je vouiois demander il ces pièces éwient propres al a 1 arfenal le 21 ^ eh bien 1 je vous prie de demander a bcn- onax ce que font devenus les foixante-ieize hommes de ulenr qui compofoient la garnifon de 1 arlenal , qui ont ete ndiùts le 22 à bord àes vaiifeaux. So thonax : Je ne Oiis pas il ces hommes de couleur , faits ironnieis par Galbaud , ont été conduits iur les vailieaux ', faic bien qu il V en a eu de faits prifonniers ai adenal, ^ qui n e;é conduits à bord du vailleau k Inpltc, Deuoj ont eie allacrés par les mauelots , Ôc plufieurs ont été ruiilles dans 1 canot lorfqu ils venaient à terre. Vous en avez eu a preuve ms la déclaration de Lopierre ; vous en aurez egalemem la -euve dans les journaux du contre^ amiral Cambis. Ces jour- aux ne faurcieni être fufpeds , parce que nous avons accule • général C;ambis de n avoir pas employé tous les moyens ne- aires pour empêcher la révolte des matelots. . , Th Millet : Voilà des allégations ; je pourrois repondre à ^la nar d'autres allégations : c'eft-à-dire que j ai vu conduir- as (oixante-feize hommes à bord de l' America au moment que i florte appareiUoit, Je fais bien qu'il y a eu des pnlonmers e Faits à l'orfeiual, 6c qu'ils ont été conduits a bord du vaiheau : Juvitcr, 8c qu'ils ont été conduits très-fains & lauh , lans ucune é^i atignure, à bord de rjmerica 5 & vous faurez la ve- ité là-deifus du contre-amiral Cercey , parce que c eit im qui. n a donné l'ordre , au moment où la ilotte a appareille parce \U qu'As ont demande à refler à Saint-Domingue. Je vous prie c vous, remettre lous ies yeux le plan du Cap : Sonthonax nous die que dis le 22 les nègres éroient maîtres du petit carénag ^Gnthonax : J'ai dit ^ je crois , deux jours avant le départ d convoi. Th, Millet.:^ Eh bien ! le convoi ell parti le 24. Vous av( vu , par les pièces qui vous ont été produites , que c'eft le 2 que les officiers de la mariue , que les officiers fupéiieurs c î armée navale, pour que la Hotte Ibrtît fans être canonnée, 01 envoyé enclouer les canons des barteries ; & fi ies révolta av oient été maîtres du petit carénage , &conféqi:iemment de terres entre le carén.:^ge & les forts , il eût été impoiîlble que 1( marms euiient été enclou:r les canons, & Tcn y a été , car Îé procès- verbaux le conilatentj &: par fui-e la flotte put fort en sûreié. Vous verrez dans la fuite des débats , que ce n'e qu après avoir pris ces mefures que la flotte a pu appareiller que les non-s fe font rendus en foule pour fe fervir des canons & s'en feroient fervis Guis les précautions ou'on avoit prife; lais je demande à Sondionax de déclarer, lui qui connoît . bien le Cap , & fur- tout cette partie du petit carénage qu il habité depuis Fmcendie, où éroit placé la poudrière d'où i'o. il tiré les poudres le 23. Soniho-iax : Je nen fais rien, je nai jam.ais été à la pou drière. Tlu ^/i/'6'r:Elk étoit placée au petit carénage j or, fi le noirs en étoienr maîtres , comment les marins ont-ils pu enfe "Ver les poudres ? Sonthonax i Je ne nie pas que la poudrière ne fût placée at petit carénage, m_ais je nai jamais vu cette poudrière'; ce ne- toit pas à moi à viiîter la poudrière& Tarfenal : ce que je fais.. & ce qui a été_prouvé de faveu des colons, c'eir l'enlèvemeni des poudres. Diront-ils qu'ils ont enlevé cent milliers de pou- dres pour avoir les moyens de faire partir h convoi ? dirout-ils qu'iUroit néceiTaire de fuire couler bas les deux bâ imens char gés de poudre dans 1^ rade, dans un moment où j1 n'y avoit paî de poudres dans la colonie , quoiqu'on Kit en guerre? diront- ils que c'étcit pour l-avorifer le départ du convoi? Th, Mil et : Vous vous en ferez rendre compte par les coi\~ rre-amiiaux qui commandoient la Hotte 3 inais je oirai ce qae U7 ai vu comme rémoiii , & ce que je fais comme marin. Le ^etir bâtiment la Prïje nnglaïfe , fur lequel furent conduites les poudres , c'eft-à-dire tout ce que ne purent contenir les (outes les vaiiïeaux ( car on en a mis dedan;; autant que polîible ) , :es poudres furent conduites dans ce bâtiment qui étoit (ous eft. Un àts lieutenans du vailleau rEole , nommé Lehoux , lemnnala douze hommes pour conduire ce bâtiment au Port- lU-Prince : le réfultat fut qu'il étoit impoffible que ce bâtiment uivît le convoi 5 parce qu'il n'étoir pas lefté, qu'il aurait cha- ulé en le mettant à la voile ; qu'il écoit impoiiible de lui don- ler une efcorte pour le mener vent- arrière au Port-au-Frince, )arce que c'étoit expoler cinquante milliers de poudre qui ;toient fur ce bâtiment à tomiber fans défenfe entre les mains les Anglais qui fe propofoient d'attaquer Saint-Domingue. Ileci conftaté, il fut arrêié qu'il valoit mieux couler bas les )oudres plus iupponer un érat auiîl cruel. Jl vaur mieux mille rois périr pour avoir dé j obéi rm tyran , que de s y foumettre lorfquWi eil innocenc j prononcez , 6cc. » Fait ôc clos , &c. » %/2/, Déborde ,, n.alre ; Venni-:, officier mumclpal : Lfgras, Durand, Gaular, notables ; Leroi, procu^ rcur-jyndic, ^ » Collarionné. Signé ,Domingea\jx ^fecrctaire-greffier, » Pour copie coûforme à Toris^inal : au ?ort-de-Paix , le lo mars 1795. » Par le fecréraire du délégué au Porc-de-Paix de la com- milîion nationale civile* " Signé i Gauthier, >j Sontkonax \ Toh^eïVQ que ce neft pas- là un extrait du regifiTe de la municip.Jiit, mais le journiJ de Tanguy de la B'oi'!i:;re, journal qui n'a ;amais été authentique "^j car jai d>iigé de i-aire arrêter les redadeurs pour hs menfonges •- ;iê:i faux quils comuietroieiit dans ia tranicriprion d^s pièces , noranniienî , ciroyens , fur la prétendue adreife àes lomni-s de couleur de Saint- Marc à ceux du lort-au- tin ce, Dmy^ : J'ai déjà oîtert à la commiiîlon de dépofer ce re- :ueii, dont copie eft dans irs archives, êc j'engage la com- luirion à lire foigneufement dans ce recueil contre' lequel Doiuhonàx inciiniinr. Vous y venez les principes de tous |es hahicans de la colonie ôc de tous ceux qui accufeut Son- ' t aonax. M l A- Pi '164 ^Sonthonax : Il ne s*agit pas des principes du journal, ma d'un a.re è de la municipalité du Port~de-Paix. Je demanc que cet firrèîé ioit fourni en forme probante , en forme ai tiientique, ou du moins par extrait dans le Moniteur, reçue reconnu de part & d'autre. Duny : Vous (avez que chaque fois ^ & je vous Fai dé dit [oxANzni d.ns les débats, oue chaque fois quune piè( tournoit^ contre^ les vexations des commiiîaires civils , il éto derendu de fmlerer. Le rédadeur , S.-Maurice , avoir défen exprefie de rien imprimer; & voyez ces trois volumes , voi B y verrez nen qui puuie inculper ion; mais iife: aimes journaux , vous y verrez le fiel dont nous étioj abreuvés , les fers & les torches qui nous pourfuivoient. Le préfidcnt à Duny : Avez-vons d'autres preuves de l'exi " tence de cette pièce , que fon infertion dans ce journal ? nmy : Non , ci'oyens. ^ Lepréfident : La commuiîon & la Convention appréciero; d'après cela la valeur de cette pièce. Duny : rcbfeTve, citoyens, qu'il y a également neuf ni mér/^s dépoies fous les archives : c'etfpour^éviter de les che cher que j'ai . pris celui ci. (îllit:) ce L'alfemblée nationale a décrété qu'il étoit néceiîaire d'ei voyer des conimidldres. à Saint- Donnngue, chargés , a-t-el -dit , -d^u e miffîon oh Vinfl-^ence de la pcrfuafum doit' t oui om accompagner Vujage d'une œ>tcrïté , d uns miJRon dont le hi doit itr. dd cal er ks efprïts , de faire cejjer les diviji- ns ^ ^ conduire pdifihkmcnt à m vœu commun tous ceux auï deflroiei le, bien pub II , &c, , &c. -> C'eft dans cet efprit qu'ils ont dû venir, & qu'ils doivei agir..;... Mois nous^, ne voyons dans >ou-: ce qui nous e connu, ri-n oM annoncé^ que les délégués à\i déU^ue ?im eux mêm-^ la .^acuhé d- déléguer & de fubdéleguer. "^ " La nadon a dé..réré Tenvoi des délégués du Cap , nna elle n''? point décré.e '^••'iis feroient les maîtres d'établir ur. kiérarchic inknie de fubdélégués.' ^v '; Ceux-ci n'ont pas la confiance du premier délémé , cui^ cm 01 des délègues. C^ "- 'ojK donq que des fubakernet fans caraûère -i-a & fans rq/ponfiJUuc.' !iv'ri:'°',^ ■'' %.'">^l'^:'."-^'^f"e expérience combien Tautorité p -.ee eparrie ,fre.aionnée dans des mains (ubal^ernes , de- ne^u.,, pai la propenfion qu ont naturellement les vaets à )o..%o,i qui leur eft raoraenranénient confiée; e^sfin, à exercer edeiponfme le plus abfurde & le plus or^eilleu-, nom fe "v'ns '" ^°"^ ^ P--^^ ^°^''-^- & fupét-reurs à kufs co£ f^-J!-/-?:? /' ''"" cchelie .T^alheureufe de fibalternc,. fg--, y.i couvrent Sanu - Dommgue , comme de ces |Kues de lauterelles déyora:rices qui ravagent fi fouvent Lgypte qu .Is ne peavetit que faire le mal & jamais le bî'n W^^% '°"'T' ^^"" F'"^'^?"' ' '*'^« vengeances parti- «we & vuu entes qm ]e= dirigent. Leur amour, Lne ^xaLe leur occalionne des tourr:oicn2ens de tête , & enfan e ans!eurcerveauunevoion:éparticuiièreqa'ilsdonnenten(t^ e )our la volonu n.twnalc^ volonté àlaquelie ils fcmérran '"r ^obnte qu, ne kur a pomc été manifeiiee , voioroê enfin ont xes coramuraires civils eux-mêmes ne font que les d-^- îolitan-es (econdaires Se incraufmiflbki. '■ S'ils tranfmetrent à un ners le feu facré de la volonté lauonale, aont, comme les vefiales, ils font Ips feuls con ervateurs, il pént Se s'éteint à finllant, & li ne reV vlus lu une aamme proiane, qui confiime , torréfie tout ce qiiVUe itîemt , au heu de vivifier. & de cor.ferver. , " Tel eft au Port-de-Paix l'effet défaftreiix qu'a produit apparition du.délégué Galineau de Gafc ». ^ ^ Je n'en dirai pas davantage, vous voyez l'efprit de l'arrêté le a municipalité. Je donne pour preuve du defporiime eue oralmeau de Gafc exerçoit , la lettre d'Egron, feiiéchafdu j- oit-de-t aix , que j ai aeja produite. M* f ■f î ^ ï. * Le 'Préjident : Indique le but de cette lettre. Dimy : Dans fa lettre , Egron fe plaint de ce que Galineav de Gaie relâchoit des priionslês criminels qui y étoient dé- tenus : cetre lifte a été déjà produite fur le bureau dans l( CQpïs de la difcuriion. Je cire les plaintes de Lanieu ;, ad- miniftra'^eiir des hôpitaux militaires , iniérées dans le Moni teur ^ page 464, pièce àéyi produite iorfqu'il s'eft agi d© hôpitaux ; je cire F adrefle apoiogérique fignee , Laliaubés F.oiiigRo], RodoBau» Galb^^is^ f'oreftal, Villeneuve , Bau- din 6c Son^honax , pour demander la conrervation de Ga- lineau de Gaie au Port-de-Puix, Sonthonax : Voulez- vous me communiquer cette pièce ? Duny : Oai , citoyen. -l'observerai aufîi que ce Galineai de Gale que vous voyez , en qualiré de délégué , ckargé de pou voirs immenfes;, va être en même-temps chargé par Etrerme Laveaux du commandement Ôc de la direârion de la fore armée. Vous en trouvez la preuve dan; la letrre de Galineai de Gafe à Etienne -i^aveat^x {Moniteur^ pag-r» 590 • ^'^^ trouverez qu il rend compte de (qs expédirions militaires & qu'il V dit , le 3 avril 1793, obfervez cela ., ci'oyens, le avril. « Po/2-/^ri;7f'i;?2: j'apprends à Tinilant , qu'un àes chefs Ai brip;ands , nommé Gaeribv , frère du chef Jofeph qui nou incendioiî & nous aflailinoit depuis deux ans , a été pri avec quatre-vingt des fiens^; il étoit décoré d'une écharp blanche j je Tenverrai dans les priions du Cap, Jean Rab? a auiïi tué Se pris beaucoup de brigands.» Le nègre Gueniby Fun àes chefs révoltés du Port-de-Paix , que vous voye ■pris, décoré d'une éeharpe blanche, avec qua'-re-vingt de fîens 3 font ceux qui ont été mis en liberté; font ceux au! 'VOUS avez vu merrre en liberté, comme vous l'avez vu dan la lettre du fénéchaL îl eft bien prouvé que ce Galineau à. Gafc a eu des pôuvou's illimités, dont il s'efi: iervi pour vexc les citoyens de la dépendance du Port-de-Paix. Sonthonax ; Où eil l'adte qui contient les pouvoirs ilîi j-nirés donnés à Galineau ( de Gaie ) \ Duny \ Ils font dans Tes adbes \ je viens de lire un à fes arréfés, qui prouve qu'on pilioit , qu'on incendioiî' par fe ordifcs s je crois qu'il n'y a pas de pouvoirs plus éienduj qu i6y Sonchonax 3c Polverel ont également nommé Albert , fe- ciéraire de Sonthomx , délégué à la Croix -des-Eouquets & au Miibalais. Albert, rendu au quartier de i'Arcahaye, demanda au procureur de la commune, par quel ordre on avoi: procédé à la nomination des dépurés à ralIèmbJée coloniale Se d-:s électeurs pour nommer des députés à la Convenâoiî^ nationale. Ce fondionnaire public lui" répondit : « D'après ia loi qui lèvent, je ne connois rien au- dvihis " d'elle ». Albert répliqua : « Aucune loi de France » ne peut avoir d'exécarion dans la colonie qu elle ne loit " expreifémenr ordonnée par les commiifaires civils j vous " avez oîitre -paffé vos pouvoirs; cexte opération attirera " de grands malheurs fur ia paroille; elle expoie à une révolte * générale des noirs ». La mii'iioQ d'Albert étoit de demander ^oo kommes a :erre paroiiTe pour les joindre à Tarmée qui devoir marcher :on:re le Port-au-Prince. La commune manifeila hauie- nenr fa répugnance à m.archer -contre une cité qui pro- :eibir chaque jour de Ton attachement à la mère-patrie, k qui f-aiioii: flotter fur les murs le pavillon tricolor. Al~ Der: la menaça de nouveau de la révolte âes noirs y & [quelques jours après , ks nègres de la montagne des Crochus ieicendirenr, firent une nouvelle irruption Se brûlèrent les liabitaiions. Cela eii configné dans les déclarations dépoféss à ia commilhon des colonies. ^ Lepréfldônt : 'ous ne pourriez pas indiquer ces déclarations d'une manière plus préciie ? Du,:y : La déclaration de Deraggis , procureur de la :ommune du Mirbalais , en eft une. Voici encore un journal jui n'eil point le Moniteur , mais qui eft bien connu de bonrhonax , il étoit fait fous Tes yeux , Se fortoir des preires dé fon imprimeur : c'eil ÏJmi de l'Égalité , rédigé par Catinot. Il 'fit: N°. 6 y page §. Avis très-lnterejjiint» •* Les habitansj procureurs-généraux ou économes {ont M 4. f s j62 »' invités 5 au nom du bien général ôr de l'intérêt partîci s> lier 5 à fe rendre lundi 20 du courant fur- leurs habit s^ tions reipedives 3 pour y reprendre leurs fondions, maii 3^ tenir la police & la difciplinr^ druis les ateliers , & en --^ ployer une aiîiduicé ôc une iurveillance infatigables poi » ramener prompLernenr la profpérité tn plaine. ^= Signé:, AiBEB^Ta déiégué à la. Croix- des-Bouquers. » C ePc au rcoment où 50 a 60,000 noirs font en infurre tion 3 qu on ordonne aux maliieiireux propriétaires ou gére de ie rendre k lendemain iur leurs habitations rerpedtive: pour y mainrenir l'ordre & la tranquillité. Ces malheure! bkmcs 3 dans l'ahernadve ou de delobeir au délégué , ( detre alïafmiés , ie rendirent fur leurs habitations. Dai bonneàu , qui eft de ce quartier , vous dira que phaiieurs < toyens ont été égorgés après avoir obéi à cet ordre d'Alber délégué de Sonthonax. SmtMiiaxi Quels (ont ces citoyens, & à quelle époque or ils été égorgés ? ■ ' Daubonneau : Il y a eu à cette époque trois gérens q ont été, aHailînés 3 fur trois habitations , par les nègres ( ces liabiranons^qui y étoient rentrés ^ & qui ont commis c allaffinats far Tinvitation d'Alberr, '' ' ■ r^ ■ " -- Sonthonax \ Je vous 'demande de nommer ces trois géreiji èç de prodeire les preuves de cet allafimar. Daubonnecm : Je n ai pas les procès-verbaux^ mais j'appo; terai demain les noms de ces trois gérens. "" \ Lep-éfidcnt X ïlfkudroit toujours avoir les pièces qui voi font néceilaires 5 indiquez au moins hs habitations où ce S ek naue. Daubonneau : L'économe & le gèrent de Inabitatic B:rjge ont été aiTaflinés, ainfi que Féconome de rhabita îion la Mardelle : cela eft à la connoiiïânce de tout 1 rnonde. ^Dim^/ i Y om voyez que les délégués des commJfTarrc clv us^ dans les difrérens quartiers exerçoient toutes fortes d vexations & da-âes tyranni(jues , nous avons doiic e 1^9 aircn d'accnfer Sonthonax d\ivoir délégué des pou- oirs. Ddubonneaii : Le troifième arricle cft ainfi caiiçu : «lis • onr également délégué Finchina , Rigaiid ôc Létang poiii: ' la ciépendaiice de Jerémie ». Je ne ferai prfs bien long )our prouver que ces trois hommes ont été délégués par ^olvercl Se Sonthonax. J'invoque l'ordre qui leur a' éié lonné par Polverel & Sonthonax dans les premiers jours de uin, ëc qui fe trouve configné dans (es regiih-es. Pinchina , ligaud (î^ Lé fan g ont été envoyés d;.ns Larmée du Périt- l'ipu, qui devoir marcher cor.ïre Jérémie. Llle a été re- jouilce '& obligée de fe repUer au quartier du Pcdc Trou y :es trois délégués y étoieni en véritables diârateurs. Ils ont ^u que tous les habitans blancs des, communes qui, les :nvironnGient , scpporeroient à ce que l'armée qui avoit été nile en déroute fût augmentée ^ ils donnèrent^ des ordres .ux hommes de couleur de fe réunir 5 &. c'eil à ^ cette ipoque que les habitans blancs du Petit-Trou, des Mira- p:incs ôc du Petit-Goave ont été enlevés de leurs dom:- :iles à main armée , ôc conduits dans les priions du Port- lu-Prince. Sonthonax : Je déclare que je ne puis avoir aucune part i ce tait, Y^arce qu'alors mon collègue étoit dans i-Ouefl^ ie n'ai pas même connoiifànce de ce fait. Je fais qu'il y i eu àes habitans du Petit - T'rou emprifonnés au Port- lu-Prince ; mais moi-même je les ai fait (orrir dans le courant de Mars 1795, fur l'avis d'une commiilion établie pr moi pour examiner les plaintes des détenus , les griefs qifils avoient conrre leurs dénonciateurs & les charges qui exiricieht contr'eiix. Daiihgnneau : Je ne nie pas que vous ne les ayez fait forrir ^ mais il eft très - vrai que vous Se votre collègue'-, lorfque Pinchina , Pûgaud & Létang ont e^levo, à main armée tous les habitans blancs des pareilles du Petit-Trous des Miragoanes Se du Petit - Goave , Se les onr conduira au Port - au - Prince , vows Sz votre collègue étiez au Cap, Ces malheureux palfoient par douzaine -, j'étois du nombre. '■onthoiûx : En attendant que je puiffe arriver aux faits îjjéné.raux & particuliers qui aie ionc, imputés à cet égard , t M. '-*.. i v. r h' «9 I7G je prie la commiffion d'ordonner à Dai.bonneau de dépofer le bureau les preuves de cec cnievemenr. cn,?^f ''''''^" ' ^' ^^^^ P^^^ i^ r^Si^^e dos prif^ns , % comrate que nous y avons rous éré; je prouverai b^en r nni^'^^'^' P'''''^ 'i''^ ^^"'^ ^^ ^^Ç^'^ ^'^ concierge des prifc lort ea éce un deporr q..e Foiverel a lancé coiitre moi : je h pas les déports des aunes. Santhonax : Le ciroyen Daubonneau parie ici de re c ui ^eft perfonncl , 3c non pas du Perir-Trou de: Barade^ ^ s agit du Per^t- frou des Barader. , & non pas de ce qui onrere arrêtes au P.tir-Goave , doni le ciro)4 Daube neau eit habi;ant. ^^^ornicau : Ki z-vous que les babitan^ du Périt -Tr ^ ciu 1 eur-v,oave aient été enlevés de chez eux & conduits xon-au-Prince ? ^ Sonthonax : Je n'en ai jufqu à piéfent aucune conno ^Dautonnrau ^ Ces fsirs font de notoriété publiau. «^ a y a en rrance i,ne tiès - grande quantité d.-<:'c Ions qui etoient à Saint - Donmigue , '& qui c'errif ront_ que tous les habitaas d-s piroiffes que je vie de Citer ont erévéïirablement enievés de chez eux à ma armée, & guus font ru'tés 5 , 6 & 7 mois en prifon. P la cet-tKude que SontLonax les a fait fortir au ir.ois , mars /uivant , il eft cetfain qu'ils avoient été mis en priion p les aelegues : faut il d autrf s preuves ? Sonthcnax: Je réponds à i-mrerpeilation de Baubonnea. que ,e n ai aucune connoilfaiîce de la généralité de c emevemens ; que je me rappelle très - bien d'avoir fë p. /' ^' P"r" ^^ Port-au-Prince pluileurs habitans d r^.i -irou. Il me feroit impoffibl= de les nommer ; ma je ciois que 1 un d enrr eux éroit procureur de la toiT^muni i^ot^lqae ,e répondrai à Daubonneau , je donnerai rous Û ren.eigneinens que pourront me fournir les pièces que j con .itérai. Je r.e peux pas me rapp.kr de tous ces e nie \emens ; ,e ne puis pas avoir connoiffance de ceux qi concf-rnoienr - nrri^ -»,i "fJ,,,.- n- . "^. 4"; i^utit n a jamais ete foumiie médiatement à mon auto MB ^,puirque Polverel en étoit chargé. Voilà tout ce que je puis tondre à préient. D^uhonneau : Vo^àze qui a inftimé vos délégués a ete ne par Polverel & vous-, cV ceutes ^ cet oidre exilte, puiL- "il cil dans vos regiftres. Sonthonax : 11 ne s'agit pas ici de l'ordre donné aux légués dont vous parlez: ce fera dans la lepon.e que je :ai demain que vous verrez quels pouvou-s j ai donne a ceux Le vous appelez mes délégués. 1 commandant mintaire ae la viuc u^t x_."j. . ^ . dans les débats antérieurs Tadte qui œnftate de la ma- :-rela pin. évidente , que Sonthonax & Polverel ont donné droit de vie & de mort au commandant militaire de ia lie du Cap. Vous avez entendu lire la proclamation du juin : vous y avez vu énoncé bien formellement que ceux li feroienrpris les armes à la main, pillant & incendiant, roient de iuice fiï(iliés. Sondionax ne s'eft point borné à cette proclamation qui dû caufer quannié d'air-^ll^nats & de meurtres', il en a •olongé l'effer, &c de^ox mois après Tincendie les meaires iiloient encore-, je vais vous le prouver par les actes. tiens dans les mains une proclamation du 24 nf^-^' DUS favez que c'eft k 2.0 & le 2.1 juin queft arrivée la itafrrophe du Cap , delà jufqu au 24 juillet il s etoit bien :oulé un mnis : non-l^ulement la proclamation du 26 juin l'Oit Ton -lein efi^i -, mais vous verrez, par cette autre ro-lamation, oue Sonthonax & Polverel la ^confirmoient le cas où' des malheureux vicndroient cnercner dans s aécoT^-:bres de leors maifons ce qui pourroit avoir échappe l'incendie. Je vais vous lire cette proclamation. (Il la lit.) Proclamation de Polverel & Sonthonax, « înfl-ruits qu'il exifte fous les ruines ôc les décombres le la ville du Cap une grande q^uantité de cuivre, plomb k autres métaux; «M ■ JîilllIÉilî nZ ,Jf"''f%V"l ^'^^îîe Pafeillemeat fur !e bord de la > & .uZ^T^' q'";';«ét planches, madriers, bo.s éau Stre vnîe T.'' ^^/' '"'^' '^^"^ les mag.fins incendiés c- n„J mfh-umens propres aux métiers & à mïi^îf'^li'^''^ T'' ""'' ^'■'J"^ deviennent journelleiT. MA^f^^''"'^'^"^ les propriétés des émigrés & i qï h ±'''"' T *'^'i^'=:ftrées au profit de la Eépublio q.K la pl,;p::rt des propriétaires de la ville da '■ ao ie ^t^'-^rr ''■ ^"^° '""""" ^'"-^ i^ RépubLq cri-e^^^r' iacoiome après avoir fouWe cette vtUe v:r.a!3aiia ' ■■ Vî r 1^'^ ""^ ^^^^5 ioos peine d erre roi rUÙ Sr^'n-tl' ;'.;'"/'' ««^-fc^ément aux dHpolItions n^ib^ piOviwmariQii du 16 juin dernier- '■* Requérons le p-oi'vfivn'vr oÂnÂml ,^^.. • • ^> % nitPH- rXnl ^î'I. " ; - &Çî^e,iai par intérim^ 1 ordc nateu. civil ôc le coi-nniandam de la place ». Vous venez de Ten-pn^'m = .-r>.,- u , , /- ' clierr?vnf- A^. ^-y en.e..Cie . ,olu liGinme ayruit été furp cnerch.-nt dans les décombres de la ville du Cah ce c ™ pu nerre pas deeruit , par le feu, devoi'i^ /^ ce u proclahiation'du t.6 jhin, Confidérant que dans un moment de guerre Se de tr bies publics, les délits commis par les citoyens armés vertu des réquiiitions Se des ordres des autoiités conilitué doivent être jugés militairement ; w Avons ordonné Se ordonnons ce qui fuit : A R TICLE PREMIER. » La proclamation du 16 juin fera exécutée félon forme Se teneur , iauf les modifications fûivantes. */ U mÊ I I. » Les citoyens armés j^r pris à pllkr^ incendier^ ou à at* qucr avec des armes offcnjivjs les hommes paifibks & tran- ïlles j leroiic conduics fui-le-champ en prifon , à la difpo- ion du commandant de la piace i ils feront interrogés pau i dans les vingt- quatre heures de leur détention. I I I. » Dans le même délai , le commandant de la place convo- era un confeil de guerre compofé de fept perfonnes en comprenant , dont trois au nioms feront du même grade le l'accufé. IV. » Le confeil de guerre entendra les témoins , drelfera pro- >-verbal de leurs dépofitions, des défenfes de Taccufé & du ;ement, lequel procès- verbal fera figné par tous les niem- ss du confeil. V. » L'accufé convaincu de meurtre Se de pilLige avec vio- ice ou à main armée , fera condamné à mort &c exécuté ns les vingt -quatre heures. '* Ordonnons que la préfente proclamation fera imprimée ^ ihliée, affichée par-tout où beloin fera. "Enjoignons à la commillion intermédiaire, aux corps miiiiftratifs & aux tribunaux de la province du Nord, de faire tranfcrire dans leurs regiiires , publier & aHicher. » Requérons le gouverneur-général par intérim dts iÛq^-- us-levent de tenir la main à Texécution. » Au Cap, le ii août 179a, l'an fécond. Signé ^ SONTHONAX, »' Par le commilLaire civil de la République-, " Signé y Ga\jlt ) fccrétaire adjoint de la commiJfioH I ciyiie, »* 'c^ T a fîgnature de Polverel n e^ pas fur celte proclamai 1( Ced: deux mois après rincendie du Cap que Sonthoi- rend une proclamation qui modine celle du 16 juin, qiù ( donnoic que tout homme feroit fiiiiilé (ur-le-çhamp , lo qu'il feroit trouvé pilLuit & incendiant. C'efl 'encore ds cette proclamation qu'il renouvelle la défenfe de pilk d'incendier 5 d'attaquer l'es hommes & les propriétés à m; armée. Mais li , à Fépoque du 21 août , on n avoir ni pii. ni incendié^ 'Sontlionax n'auroit pas eu beioin de rendre v proclamation pour iniliLcer une commiilion pour juger ce qpi cornme:iroient ces délits, car là où il n'y a .pas del il n'y a pas befoin d'initituer un tribunal pour le jug< encore ceflé de f e livrer à- tous les forfaits dont. ils étoi( ' coupables ;, & quê.Sonthonax a eu beioin de cette proclan tion du 21 août pour tenter de ramener l'ordre. Cependi il n'a fait au'une modification à la proclamation du 16 jui il a toujours cru ces meiures ngoureulement neceiiain donc nous avons eu raifon de vous dire que. ceux qui fe vroient alors aux plus grands défordres, ércien: les mên qui avclent anéanti la ville du Gap , égorgé nos femmes ntîs eiifanSs & détruit les propiiéiés françaifes à Saint- 1 mingue ; c'étoient -'ces mêmes hommes' dont il ne ceife faire ici Féiogej ces nè?;res révokés qu'ifs avoient tourr •contre les blancs 5 & par le moyen desquels ils ont voulu d truire la cafte blanche. 'Il eik démionî-ré que par ces proci mafeons Sonihonax a donné le drbif de vie & de miort: p€ fonne ne peut déléguer un droit qu il n'a pas , jamais S© thonsx cL Polverel n'ont eu le droit de vie & de me Sonthonax & Polverel font donc coupables 4 «-'l'^s inlTadi* bien fonr^eile à la loi >. d' fane infraélion qui a été bien f, nclle à ceux qui en ont été les malheureux objets. No avrns donc eu railbn d'accufer Polverel» & Sonthonaîr d'ave delégui le droit de vie & de m'ort au commianda^nt du Cr,- ôc nous avons complètement démontré ^qué nous .avons raifon de- les •accufér d'avoir. délép;ué des pouvbjts •illimité, notamment le droit de vie (^l.:.d.e mort au, commandant ( Cap. ]/crncuu Ï77 f Vcrneuih. Celui à qui Sonrhonax a déléeué ce oonvo;r l f(^ romn,? J ' ■ , ^'''\^f"«<-ffivcTOent, & mémo rout à la- fois, commandanulela place &commandant de]'inillf^-l r» Gigmorx , pour ne Jailîer aucne trace de fi fe oc r^' ';^* ?'vr^";r" ï'^f^^'-' ^» »''"-'- au bord d a ^rii ■AxL (ni k-, ' ,?"' ""^ 1"' poavoient lui dé- >ciilaves Je prl ! ™' ^-^s déclarations comme témoins oupVœil furcLdéd:^^^:" '' '^^°'' ^'^" ^-- - ^hS^,L " ''"'•°" ^^^ "°'^' '•" "->'- 1- 0-- falc P""^^-' '^f citoyen Magfié, chirurgien., nui a m-.„o„A ,!!,7''f =, J'°^f^''''e q'Je les dépofitions par écrit ont M vovées a la commilîion des colonies ; i'irvite hcLr^tr vouloir bien jeter les yeiix delTus. commiffion Leprejîdcnt: Envwécs par qui ? S;;f ae?dLiî.x£ oTÊ;:r^ :ï"'"-"^^ '■°"^ avons eu le double. trouvoienrj nous Fondvio/le : J'ai obfervé hier eue i'ai é^^ -^rr,^^^ A c • condnir nn Ur^A A^ I ^ f ^ ? '^ '^irecé deux fois denfqu'L-^.tn'^^ d abord que les colons qui pré - u onrTf ;- ^" '^°""'"^ '^ P''^"^^; "r îes procès-ver^ ce!" a é4"S!T" ™''^^f '^^ comman'dant de a rmcFIlT t '" •'"°'' '^^ expéditions. L'un des t des colons. La féance eft levée. FoucHE ( de Nantes ) , ficamrei Merlino , Mollevaot Pàbray , F. Lanthenas. tm '7> ^^ / Tkcrmldor, l'c 'an troifiimc de la RépubUaue fr.„. -r Thibaudl^^rilnso ' CJauiTon, Page & Larclfevefqu^ ^ccufanon auroit dû être mfeu" p éc=<^/''' ^'f "^^ «-"^ '^^ fe pouvoir, en eile-même. neft p^ tn ' ' '"' '-V^élégation 'iendrou un que dans le cas o" Faurof- )T' ^ ' ^^ ""^^ '^<^- Jga«x; je vais examiner. d°p è? L r t''^'"'. '^=? P°"^'°^« ^ft« , ai donné des pouvoirs X4r . n" ^'' ^'*'"> ^ exà Les commiiraires civil. L '^ .^ ''" "Janisés. a der„ii,e féance , étoi.^'r ^S^Jt' '1^'°^'^ ''»«* ' I après le texte même du d-rer n ' pouvoirs ommiirau-es civifs, relativememru, " f°^ ^°"-^és au* ^r les auteurs des troubles rKoS"'"''"' ^ P«"«« «exercer par eux-mêmes rr^Mcl ''°'"'"'''^res civils n'orn -êru*. Ils 'ont étéchaîésd° i"f°"r"^°"^^'^^^-'n ■orateurs les fond-totiaL/p bf v''^"^"' ^'''^'^^ "t pour le maintien de U If. y ' ""^ '.'^ ont été obli-vés ^^ opérattons civiles de no^^S^d ™'"^^^^^ ''"-' P°- '"•s quattiers de la Colon ^1?',^'/"^°^^^ «^^''^^ ies 'celle de Lavcrgne auIWdipakf' I '" ''' '^/ "''^î""^ -« primaires. Il étoit ercore'im^^'Vll """'* '^^' ^^^m~ "S d'exercer par eux-mê ^«f 'mpoffible aux commifTaires ^«"^ ; car prefque tou « J P""'""'" '^""^ ''^ «ok^c :>«nt eu état le t^oubks It^Vurié?"" '^V^ ^°'-- ^ que les conmii/Taires civils fortoienr d'une partie pour aller dans ^^J^^£^,^^Z donc ils fortoient fe loulevpit : il ecoit 'l°n<;"|"Xaie. La cuDer un centre commun d'oà ils gouvernoient la c?'°"^: ^* ' '^'^t" ^ , p„,. }.^Va\x réclama par voie inlurrettion- - commune du r^^u-e-e-faix ^^V'", .^ ,„,■ „ JpW muni- nelle , & demanda à main-armee la diffolut on de la i™" . ipalité. "Cette commune avoit «.é'=«^, l^]î''. "^^,^^^1 «vant notre arrivée dans la colonie ; e le .^ °» aUemb^e^ elle avoit nommé une municipalue-, P°"'^j;';Té\ppelés , municipalité les hommes de cou cur fj^'^"; j^^^^^P^N^u ils rvoient voté dans lès allemblees de communes, i d ci^L, par notre P-clam'^"- ^ ''dwt a loïdi, , municipalités établies avant notre avivée ^fJ^^^^J^ ^^ J • au î>ort-de-Paix, pritent part à la ^e^l^7^,"°S;it" ( "'é oi fait, & ne pouvant me ttan(p.oner au Port-de-Paix,(j^eo roïn^^the-rroit relativement à la 1-^ ^^ Fo^ip ' ,ui lavoir été préfa^-^~^^^^^ tVn^ qui me hiunt uumies , i^ ,.r.L\rfl\nn elle tat faire. 1 T>^w ' iVrdoB'nâ une \nouv.eile leelecaon , eue lu. ^nn^T^etme te borna là. Vous ne voyez pas d. rnidion de ^f^'^^^^^^^ ^ pouvoirs illimités -, car ils la million de i^aveigne ^^^ J "^^ rompre des évènemeni bornent uniquement a me leiKhe c-P- ^e^^^ ^ j , à me ^-»Jf J^^f/^'^^^fergi; n'a pas rendu une feule. - ^"^'■'Z-T i't 1t it^lement porteur dordres , execut. dcnnance , i> a c.t i^i-i^" r ...prvne de retour Ae.^ ordre-; des commillaires civils, l.avergne a<^, ^<= Can de" nouveaux trou-oies s'élèvent au Po^-'^^-^af^ Ss'de décen.bre : l'un des fauteurs , "".:J^^^ P"3 To^urs de ces troubles étoit -J-™-;!/^^!.^^^^^^^ gue je vous ai tait con^oiae dans le couis de la oi celui qui avoit offert de donner c(?m mille francs po*?r acherer le bricq qui concenoit les hommes de couleur pri- lonniers , ahn de ie donner le plainr barbare de le couler bas. Ce François Laveau avoir par les richeifes une grande in- . iluence dans la commune du Pert- de-Paix , il voulue y ajouter la prépondérance que donne le pouvoir militaire ; en con- séquence il fait conllruire fur fon habitation un fort flanqué de murs , entouré de folfés ; ce fort avoit huit à dk pièces de canon de 8. François Laveau avoir enrôlé une armée compolee de matelots défer:eurs : c'eil ainfi qu'il avoir établi dans la colonie un pouvoir indépendant, non-feulement des comm.iiîaires civils , mais du gouverneur général, auquel il ne rendoir aucun com,pte de Ces opérations. Ce François i-aveau s étoïc diUingué dans les troubles par fa cruauté envers les hommes de couleur. Un nommé Frenel-, lieutenant-cobn&l du bataillon âe 1 Aline, étoit accufé par fon bataillon de côiiciiffion dans la manutendon des deniers, ôc des magsfns appatten-ms à re bataillon^ Des plainies me furent portés , fok par les habitansduFort-de-Paix contre François Laveaux , imr nnr es foldats ÔC ofïïciers du bataillon de fAifne , contre iei-r ^eutenaïK-colonel. J^étois au Cap , & je ne pouvois aller au rort-de-i aix ; j envoyai Galineau de Gafc , ddj udant-général de 1 armée. Je caoïfis un militaire, parce quil s'agilîoit de taire aelarmer un fort , a arrêter, des matelots déferteurs 6c de les envoyer au bord du contre-amiral Cambis , parce que, menacé d iine guerre prochaine ,, il falloii compléter les équipages des vailfeaux de letat , Ôc iur-tout faire remrer les matelots à leur pofte ; je choifis un militaire parce qu'il talloit or-am(er une force publique au Port- de-Pciix qui pût iuppleer aux troupes enlevées par la maladie : il filloit créer des compagnies h-anches. Les colons ont du que j'avois donné des pouvoirs illimités à Galineau de Ga(c , vous allez en luger par les deux lettres que je vais vous lire ; je com- mimique les originaux aux colons, afia qu'ils pulifeni en prendre connoiilance. ^ Je lis d'abord une lettre datée du 7 février 179.]^ écrire 1 h mumcipalité du Port-de-Paix ; je iie- la lirai :nie par ^rsn dans la partie qui concerne la million de GaljAeau dô t: \' 18^ Extrait d!une lettre du commiffaire civil Sonthonax à lit municipalité du Port- de- Paix ^ du j février, « Les compagnies franches ne défuniront point les ci- toyens -y elles font:, ciu contraire , formées pour leur prêter fe- côurs &: affiftance , pour, les foulager du poids du fervica des camps, &z fur- tout pour faire la chaffe des révoltés dans les mornes \ elles font ioldées , elles font troupes de ligne, elles appartiennent à la République. Si elles s'éloignent de leur inftitution, avertiliez moi , & vous verrez fi j'épargnô' Ceux qui refufent de feivir la France Sz la colonie. „ Jg periifi:^ ^'^^^ Tordre que j'ai donné pour les enrôle- mens : le citoyen Definiel , capitaine au 41 ^ régiment, que j'envoie au Port-de-Paix en qualité de commandant de la place , ed chargé de les recevoir. » Le citoyen Galineaude Gafc, adjucjant-géneral de 1 ar-» îTîée du Nord, paifera la revue, & autorifera les officiers à commander provifcirement jufqu à ce qu'ils aient été commillionnés par moi , ou par le citoyen gouverneur- général. , ,» f . 1 1 » Il e(l chargé , en outre , de 1 exécution de mes ordres au Port-de-Paix, en qualité de délégué de la comm.i{Iion na^ îionalei il vous présentera fon diplôme, vous renrégu1:rere2 fur-le-champ. . " J'efpère que vous lui fournirez tous les renieîgnemens que vous avez fur la caule des troubles de votre ville; Je citoyen Degraife peut ne pas y être étranger par fa perfif- tance à refter au Port-de-Paix, tandis qu'il e(l rappelé à Faidjudance de l'armée par le général Laveaux.^ Jufdce éclatante fera rendue au bataillon de TAifue, vis-à-vis du lieutenant colonel Frenel; il a ordre de rendre fes comptesa» & je prononcerai enfuite. « Signé y SONTHONAX ». Voici ma féconde lettre de moi à Galineau lui-même î elle eft du 10 murs. Extrait d'une féconde lettre ds Sonthonax à Galineau de Gafc, « J'ai reçu, citoyen, votre dépêche du 4 mars, avec les U pièces qui y éroient jointes j je loue votre conduite, ex- cepté dans le jugement que vous avez rendu contre Frehel : par vos inftrudlions vous n'étiez autoriié qu'à prononcée fur la reeîdi ion des comptes. » V^ous exécuterez poncluelleiTient l'ordonnance ci-joinre, ôc c'eft à votre zèle que je reconnoirrai l'ami de la Ré- publique; vous mettrez en état d'arreilation tous les matelots ôc déferteurs trouvés iur les forts, que vous ferez évacuer^ vous les enverrez dans la rade du- Cap à la dirpoiitioti du citoyen Cambis, commandant de la ftation, çn le pré- venant de k-ur arrivée. '^ Sitôt après l'exécution de mes ordres, votre mifîîon fera finie-, vous irez au Cap preadte ceux du général La- veaux, ôc reprendre votre fervice dans l'armée; vous pouvez compter fur tout mon attachement à vos intérêts; vous terminerez vos opérations par me rendre compte de tout. » P. S, Dans la fommation que vous ferez au eitoyea Laveaux, vous y copierez l'article entier de l'ordonnance qui le concerne. »» Signé j SONTHONAX ». Cette ordonnance étoit rendue par moi, de elle en« joignoit à François Laveaux de rendre les matelots qui étoient dan-î ion fort , & de remettre les canons dans les magafins de la Pvépubiique. Uimy : Où eft TordouHance ? Sonthonax \ Je ne l'ai point; elle efl, je crois, dans 1* partie des papiers non inventoriés , car je 1 ai cherchée en vain. Vous venez de voix dans les lettres que je viens de vous lire, qu'il ne s'agiiroit d'autre chofe , dans la million de Galineau de Gafc, que d'organifer des compagnies franches:, de faire réintégrer, dans les magafins de la Répu- blique , les cancms qui étoient fur les forts de François Laveaux, de faire arrêter les matelots déferteurs Se de les faire condniie dans la rade du Cap, à la difpofition du commandant de la flation. L'embargo étoit mis dans tous les ports. Nous étions menacés d'une guerre étrangère; il étoit dut devoir des commillaires civils de compléter les équipages. Relativement à FreiîeU Galîneau de Gafc étoit chargé de N 4 ' w •r- 184 recevoir Tes comptes conrradidoiremenc entre ledit Frenel r ; Se le conleil d'adminiftrarion du baraillon, Galineau de Gafcj fans mtendre mes ordres jav oit pionpncé unjugemeiit lur cette affaire. Vous voyez que, bien loin de lui avoir donné • -dQs pouvoirs illimités , je lui dis qu'il avoit outre- palle • ^ ceux qui! avoir reçus j car il devoir fimplement me fournir fon avis fur rapuremenc des comptes, & non pas prof /^ noncer lui- même fur ces comptes. Vous venez donc dé ^ ^ Tcir que les pouvoirs donnés à Galineau de Gafc étoient \ bien loin d'être des pouvoirs illimités. J'ai foin de lui dire: Kotre mijjion fera finie ,du mcmchî que vous aurer exécuté ^ mes ordres. Si Galineau de Gafc e/l refté un peu plus long- i j temps au Port -de -Paix, c'eil par les ordres du général LaveauXj Se en fa qualité d' adjudant-général. Il a été em- * Jployé dans la guerre contre les révoltés j il fa même faite fort iieuieuieiTient:» ainii quil efr prouvé par lès relations qui ont été citées par Dunv lui-même, dans le Moniteur de Saint-Domingue. Vcilà pour ce qui concerne Galineau de Gafc. Mon collègue & moi avons également envoyé en |,. miflion Albert, comrniifàire des colonies, au département des claiïès. Nous l'avons envoyé en million à la Crôix- des-Bouquets ; vous favez quà notr.e arrivée au Port- au- Prince , Tinfurreétion étoit complette dans la plaine du Cul-de- Sac i vous favez qu'alors notre preroièie opératioil fut de faire rentrer les efclaves dans leurs ateliers : nous n'eûmes pas befoin de conduire contre eux des armées, parce que les homm.es qui les: avaient mis en infurreétion étoient à bord des vaiffeaux de fEtat, ou à la ' Jamaïque j il nous fut facile de les faire rentrer dans le devoir. Ce fut le citoyen Albert qui fut chargé de parcourir les iiabi- rations pour y lire notre proclamation fur Fordonnance de 16^84. Les noirs voyant que les ccmmi flaires civils iongcoicnt à eux, voyant quils les protégeoienr contre les vexations de leurs tvrans, renirèrent tous lur leurs ateliers: c'ell far cette rentrée exécutée qu Alberj: irifiie tOMs les propriétaires ^ gérans de la plaine du Cul de-Sac a rentrer lur leurs habitations pour veiller à la manvuenr-ion de leurs revefius; & fir-tout au niaînrieii du bon ordre _dans les atelier^. Daobonneau vous â dit hier qu'à cerie époque il y a eu iiois gérans 'd'airaflînés iur k-j habitudons d^ Y}c j'attendraijpour les difcuter^que les colons en aien donné lecture. Relativement à celui de PincKina par rapport au Mirbalais I il vous a déjà été iu dans les précédentes féances ; j1 conner /împlement un ordre à Pmchina de faire arrêter un officie ^ de la commune du Mirbaiais. Pinchina , dans cette affaire ne joua que le rôle d'un huiiîier & d'un porteur d'ordres ^ certes, les commlifaires civils avoient bien le dioit d clioiiir \qs individus néceiïajres pour arrêter ceux quils ji 4 geoient nriifibles à la choie publique. Il n'y a donc , dar , ^om ce qu'ont dit les colons par rapport aux envoyés ci •îa commiflîon civile , aucune efpèce de preuve que ce pouvoirs aient été illégaux & illimités. ■^e paiîè à ma proclamation du iG juin. Les celons ot 4ît que j'avois donné le droit de vie hc de mort au con mandant de la ville du Cap. Queft-ce que le droit de v ^: éc àe mort ? c'eft celui de faire mourir un citoyen fans mot f I ^ à fa volonté. Or, voyez - vous dans ma proclamatio l; *'" ^^^ 1^ donne au commandant militaire, ou à qui que ce foi ^, le pouvoir de faire mourir un citoyen fans motif ? Qii *^' ' voyez - vous dans cette proclamation ? la mife hors de ; ^' Ipi àes pillards , des alTaffins , des incendiaires -, vous vov( ¥, i'orde donné aux citoyens du Cap de fe réunir en pr.trouill< »/• ponr s'emparer des pillards, àes aifaffins , dés incendiaires \\ ^ les fufîîler fur-le-champ. Dans quelle circonftance ceri ;. terrible mefure a-t-elle été prife ? le 16 juin la ville étd ."4 à feu Bâ à fang ; des brigands fe piiloient & s'égon^eoier •••' emr'eux. Quel éroit le moyen d'arrêter l'incendie & le pi ^ , l^^^Q > Cl ce nefl de faire marcher fur-le-champ des hom-tnei h^ qui attaquoient les pillards Se les incendiaires, ôc qui 1< ^^ dérroifoienr ? On étoit en état de guerre manifede avec les br ir gands ; l'homme paiiîbie & tranquille , l'ami de Tordre êto f •' en guerre avec les pillards & les incendiaires. Il éroit dor du devoir des autorités ccnftituées de faire difparoître d( hommes qui afraffinoient, piiloient Se incenciioient. I or qu'un général d'armée ordonne, eh entrant dan? une ville pour faire céder le piliage, que ceux qui feront trouve pillant feront fur- lé- champ hiiîUés , a- ton jamais fonge i V i\ c 18/ Ai en faire un crime ? a-t-on jamais fongé à accufer le énéral d'armée d'avoir donné le droit de vie ôc de mort l'es officiers ou à quelques- uns de Tes foldats, lorfqu'il ordonné que rous ceux qui , dans une ville mile au pil- ige , ieroient furpris à piller ôc à incendier , feroient fu- lies ? Certes, on a Tenti que l'état de guerre comporte d'au- :es mefures que Férat de paix. Si,, dans l'état de paix, on oit luvre exaàement les lois & me{m\*s qu'ordomie l'état e civililarion , l'état de guerre comporte auiïi de grandes lefures, des mefures extraordinaires qui tiennent aux cir- oniiances, qui iont hors de toutes les lois; car l'état oi\ OLis éîicns au Cap lors du pillage ôc de l'incendie , étoit extraordinaire , qu'il étoit impoiTible que le cri de la )i fe fit entendre. Les Européens , fous la conduite de Galbaud , par leur iCLiriion au Cap , avoient rompu rous les liens de la fo- abilitéj ils avoient rompules liens qui attachoient le maître êc. ?lclave. Les efclaves, réduits au déierpoir par les hommes qui s attaquoienr,in{tigués d'ailleurs par des brigands &desfcélé- xs , fe livroient à toutes fortes d'excès qu'il étoir impoilible arrêter autremeRt *, ôc certes , s'il eft une proclamation pour quelle je dufie mériter des éloges , c'eâ celle par laquelle H prouvé que j'étois arraché à la race européenne. Si , dans cette circonftance , je violois les lois , c'étoit :)ur conferver les malheureux reftes de la population eu- »péenne ; c'étoit pour fauver les blancs foibles ^défarméx^ je j'ordonnois la mefure terrible de faire fufîller par des pa- ouilles ceux qui feroient pris à piller ôc incendier. Ces efures ont été perpétuées pendai^t deux mois , c'eft- à-dire , (qu'au- 21 août. Mais Fcndeviolle avoue que deux fois il oit été chaffé à main arm.ée de fon domicile par des. >irs. Il y a eu une inimité d'excès commis en ce genre ; mvoiç- on les arrêter autrement qu'avec des mefuret auffî* rres que celles ordonnées par ma proclamation du 26 juin ? Lorfque , par mes efforts, par les mefures que jWois ifes, l'ordre s'efc enlin rétabli, j'ai appelé le règne des is ; j ai ordonné que tout individu jouiroit du droit donné r la loi d'être jugé par (es égaux-, j'ai ordonné que, s'il ivoit encore des excès commis par la force armée , iis roient jugés par ujie commiillon militaire formée ielon le». i « * 1..:' décrets de la Conventî?5n nationale. Mais,, je le répète lorfqu'on s'efl trouvé au milieu du pillage -^ 5c de Tincendie il n'y avoit qu une grande mefare ^ telle que celle d'un gé néral qui ordonne > de fciiUer fur le champ les pillards, qi pût arrête r le pillage & rinceniie. • Les colons difent ians celle que j'ai iriachiné Tanéanti femenr de la population blanche à Sainr- Dcmingue \ qi f ai voulu la facrifier aux Africains , aux noirs & aux hon mes de couleur. Cette proclamario^i du 26 juin, par 1; quelle ils m'attaquent, ell la preuve directe du contrai; de ce qu'ils ont avancé ; car , (1 j'ai été obligé d'arrêter pillage & l'incendie que les Africams continuoient dans ville du Cap , c'étoit pour protéger la popuiaticn blancl qui en étoiï vidlime. Si donc j'ai été obligé de proiéger ., population blanche j de quel droit les colons viendront-i me faire un crime de ces m.eiures ,^ puiiqu'eiles prouve] évidemment ma ioliiciiude pour ces mêmiGS hommes ? La proclamation du 24 juillet eft celle par laquelle j' porté Ici mêmes peines contre ceux qui enleveroisnt les pr< prières de la République, cette** proclamation prononce iéqueilre & la mife à la ^ difpoiiriQn de la République d propriétés des abfens , de ceux qui âvoient émigré avec générai Galbaud. Que ces hommes euffent été contrair par la violence 5 ou qu'ils le fullènt éloignés de la colon ^ans le defîèln de la livrer aux Anglais ; dans Fun & l'aut cas,- nous étions autorifés à miCttre leurs propriétés à la di poiîtion de là nation , car la loi du 25 août 1791 por que les propriétés des émigrés & non léfidens dans la c lonies françaifes ; feront mifes en féqueftre à la difpofition ( radminiilraiion ' des colonies. Je n'ai donc fair en cela qi| fuivre la loi. i S'il y a eu des hommes qui , par fuite de l'incendie cj Cap , pilloient les propriétés appartenantes à la Républi que , il n'y avoit pas plus de raifon pour les excepter (| ia loi* générale que ceux qui pilloient les propriétés d| pa.rticuliers \ la République , au contraire , étoit dans ceti occafion dans une iltuation plus favorable que les particulier: voici pourquoi. Galbaud , à fon départ du Cap , avoit pillé les magafi: ile Tétatj il avoir laiffé la République fkjis aucune efpù e fecours-, il n'y avok ni vivres ni munitions de guerre u de bouche; ibrt heureufement 1,500 livres de poudres roiivées à bord de la corvetre la> .Hyéna , nous mirent à lême de nous foucenir , en attendant qu'on en fit venir e difFérens endroits de la colonie, & notamment du Port- e-Paix. Quant aux comeRibles , nous en aurions manqué bfblument , fans la générofité du commerce américain , fans \ généroiîié d'un capitaine américain 5^ le même qui a offert ;i à la Convention lo drapeau de fon pays pour être uni u pavillon français-, c'efi: le capitaine Barney. Il eut la énérofité de donner tou:e (a cargaifon fur la fimple pro- lelfe d'un prochain paiement , qui cependant n a été ef- :â:ué qu'en Fran«e, & fait en alîignats. 11 falloir donc , pour jbveifir aux frais de l'adminiltrarion , fe procurer àes loyens. Il nV avoit m travail ni impôt; toute la provilion voit été emportée par Gaibaud & f-S miarelots qui, après voir fait le plus iranienfe pillage , qui , après s'être difputé main armée les propriétés des citoyens, avoient fini par lier fe vendre à la Nouvelle- Angleterre. Nous n'avions donc lus d'autres relfoiurces que de chercl^r dans les décombres e quoi vêtir les foldars de la Piépublique , de quoi vivre : faire la guerre. Voilà pourquoi nous nous décidâmes, à éclajer que le fer & le plomb trouvés dans les ruines des mi Tons des émigrés de la ville du Cap ; appartiendroient la République. Si cette propriété nous étoit encore en- ^vée par les brigands qui pilloient , fi ces propriétés deve- oient encore la proie de ceux qui fervoient encore les oyalifles qui , fous le mafque de la couleur noire , venoient ncore au Cap tromper les républicains \ fi , dis - je , les ropriétés des républicains rifquoi-^nt de palfer entre les nains de ces noirs , ne falloir - il pas les arrêter par des nefures fortes 6z vigoureufes ? ne falloir - \\ pas prononcer entre les pillards des propriétés de la Pvépubiique ce qu'on renonce contre ceux qui pilloient les proiiriéiés parricu- cres : voilà les raifons pour lefquelles j'ai appliqué , par ia proclamation du 26 juin , à ceux qui pilloient les pro- viérésàla dilpofition de la Pvépubhque, les mêmes peines ortées contre ceux qui pilloient les propriétés particuhères. J'ai prouvé que cette proclamation du iC> juin, bien loin 'ètie criminelle , étoit la feule qu'on pût renire dans la ;■ 190 circonllance où nous nous trouvions :, qu^il é:oh impoîTib' d'arrêter autrement le piilage , les Hammes Ôc le meurti ians prendre des meiures vigoureufes contre ceux qui étoiei pris en flagrant délit. J'ai prouvé que ces mefures ont d continuer pendant que le Cap écoit dans un état de défordrc que ce n'eft quau moment où l'ordre s'eft rétabli dans ville que j'rii pu rendre ma proclamacion du zi août, fi laquelle fans doute . les colons ne m'accuferont pas : j' répondu d'ailleurs ^ ioir aux prétendues délégations d'aut< rites illimitées, ioit à raccufation faite contre moi par ra] port à ma proclamation du 26 juin. Brulley : Sontiionnx a commencé , pour juftiiîer tout ( que nous avons détaillé dé crimes dans le feptième che! par revenir fur ce qu'il a déjà dit dans les débat*s ami rieurs , relativement à Ces pouvoirs ; il vous a dit : Noi n'avons pas pu donner des pouvoirs illégaux, ^ • • • Le prefident : Allez au but. • • • Brulley : C'eft le principe qui efl à difcuter 5 fi le princij cft déclaré }\iQ.e, je n'ai qu'à m'aifeoir. Le préjidtnc : Voi# l'avez déjà traité & difcuté. • • Brulley : Si le principe eft déclaré jufte , je déclare que me tais ôc que je m'affieds. Le prefident : De ce que Sonthonaux l'allcgue , il ne s'c fuit pas qu'il fera reconnu faux ou vrai j mais il faut bie que les débats fini fïenr fur cet article : c'eft principalemej 1 éclairclilement des faits auxquels il faut vous attacher. Il a eu fouvenc des difcuiîions à ce fujer. La commifïioii vous ordonne de pan article. a un autj Brully : Il a incriminé F. Laveaux pour fe jufliiîer. Voi parlez des lai is, Duny va y répondre. Duny : Sof.thonax a dit qu'il avoir ckoifi Galineau i Gafc pour délégué au Port-de-Paix , parce que cette miiïio exigeoit des connoiflances militaires , parce qu'il falloir dt truire le fort que F. Laveaux avoir cgnftruit fur fon habit* tion & qui étoir gardé par des matelots déferrears , fuivai SonîKonax. Il a encore ajouté que Laveaux s'étoit diftingt par les cruautés contre l^s hommes de caukru. 1 9 F , %':^1"« l'incendie Ce m.initefta dans le quartier du Port* le-i ;ux le 16 mars 1791, des centaiaes depropriéwirM furent iiadacres pendant la nuit Cur leurs iiabitations ; quelques mmes cV que ques entans s'échappèrent en ville ; les ma- plins etoient dépourvus de tour, grâces à Cafa-Major qui / commandott alors. François Laveaux , riche négociant, ^ropriecau-e niilhonnaire, envoya des cargaifons de comef- ibles, d étoffes pour nourrir & vêtir les malheureux qui ^étoient fauves en chemife. De concert avec le citoyen U rL' ""T "«l°"ft millionnaire , i! habilla le régiment le Bearn Se celui de la Reine, en garnifon au Port-de-Paix -.Laveaux ne borna pas là fa foJlieitude pour Ces conci- oyens ; il ht conftraire à grands frais un fort fur une de fes leux habitations, dont il abandonna la cukure qui lui don- .oit un nnlhon de revenu. Il y plaça des pièces de canon u 11 acheta de fes propres fonds ; il enrôla des blancs au ombre de quatre-vingts qu'il nourrit , folda . & avec H- uds il luta pendant un an contre les brigands , & a confervé i montagne du Port-de-Paix & celle du Petit-St-Louis qui t mamtenant intaûe , & qui eft la feule qui donne du îvenu Laveaux chaque foir fe rendoit en ville ; fo„ fort toi, diftant d une lieue de k ville : il y venoit avec quarante £ir"'u" "™l"- ""/ ^"^°" des'patrouilles qu\ emp ! loient les révoltes de pénérrc-r dans la ville pour ous égorger. Il continua ainfi jufqu'à la cataftrophe du Le 24 juillet un mulâtre partit du Cap pour le Por-de- aix ; il avoit des infttuâions fecrètcs. Les mulâtres & les ^nipagnu.s franches furent inllruirs fettls de ce qui Ce paffoi^ TUap.françois Laveaux, qui fe trou voit en ville au Port- .-f'a.x pour acheter des cargaifons américaines , en fe tuant tur Ion haoïtation pour payer avec du fucre &,du op les deux capitaines améncains , fut affailii de vm.t "te nf,?'f '•''^ ''Y ^'■«"■'î'^ '^'"^''- J^'-="-Simon Gaudard^ -ore , qui c.oit a la rete des révoltés depuis Is 16 juin , le .du au Cap encore teint du ^.r.g de cette viâime . & il Mit capucine des rfègres r«v.>ités : il commmande encore ai. tenant une troupe au Porc-de-Paix. VoJà .aelle a é| h^ decê malheureux Laveaux, qui n'a eu en vue, en ^cviFant ce fort, que il étoit impoOible de faifir cet homme fans fe trouvî en force , & fans qu'il eût été dénoncé. Vuny : Sonthonax a dit que tous les citoyens du Porj de Paix lui avoient porté des plaintes contre François lA veaux : cela eft faux , ou bien les citoyens qui les auroieij portées feroient des ingrats y chaque habitant du Port-d^ Paix lui devoir fon falut, celui de fes parens , la conferv;| tion de ce qui lui reftoif, je demandé que Sonthonax prc duife ces plaintes. Sonthonax : Il ne s'agit pas des plaintes faites contre Frau Laveaux - J'ai préfenté une pétition revêtue de plus de vin fignature; gnatures , qui articule des plaintes contre lui j mais ce n'eft 3int à cau(e de ces plaintes que j'ai envoyé Gaiineau de rafc au Port-de-Paix , c'etoir pour le défarmement du fort ? François Laveaux. Je pôle en fait que ce fort a été conP uit contre les intentions du gouvernement y il eft de prin- pe qu'aucun particulier n'a le droit d'érij^ei un fort fur Ton abitation , ni de fclder une troupe pour fe garder : les forts mt une propriété publique. Laveaux avoit'en outre à fa )lde une force armée compoiée de m.arelots , de déferteurs ui ont été renvoyés à bord de la Hotte du contre-amiral lambis. On trouvera dans; (es journaux des lettres qu'il m'a :rites5 portant qu'il venoit d'arriver de France des m.atelots Drdelaisj enrôlés en France pour fervir fur l'habitation de rançois Laveaux -, on verra également qu'il a fait embau- ler tQUs les matelots déferteurs de la province du Nord, es colons ne nieront pas ces faits j ils ne nieront pas queLa- ;aux ait ccnftruit fon fort fans l'attache du gouvernement , : qu'il ait eu à la folde une armée hors de la dépendance j gouvernement. Vcrncuïl : Si Sonthonax étoit de bonne foi , il auroit dit le toutes les fois que la guerre a été déclarée en France, : par conféquent dans les colonies , tous les habitans verains, ceux qui ont des habitations (ur le bord de la mer, it été engagés par le gouvernement à y faire conilruire des atteries pour éloigner les corfaires qui pouvoient faire des ?feentes. Je fuis depuis vingt-deux ans dans la colonie , je la Dnnois mieux que Sonthonax , & j'ai fouvent armé & dé- irmé des forts lur les habitations \ j'en ai toujours vu en imps de guerre fur celle de François Laveaux, pour pro- ;ger & défendre la place \ cette redoute étoit tracée par ingénieur en chef du Mob Saint - Nicolas , tk fous mes eux. Il eft vrai que Laveaux avoit àç-s matelots à fa folde ; lais il avoit quatre ou cinq batimens à lai qui faiioient )ujours le caborage, & il lai étoit bien permis de prendre e i^^ matelots pour augmenter le nombre des bras qui rrvoient à la défenfe de la colonie. Duriy : De plus il éroit armaceur & recevoit chaque année la(ieurs bâtimens de France. Sonthonix : Je ne fais pas s'il étoit d'ufage dans la colonie Tomt VI IL Soixante-quiniième livrai/on, O T^ 194 que chaque habirant défendît fon habitation avec âes canor je ne le crois pas: rnais, quand c'eût été rufage, c'éroit abus contraire à routes ies ordonnances, à tous les pri cipes & à toute efpèce de politique; car il eft de princi que toute la force publique doit être entre les mains gouvernemenîi , fur- tout dans les colonies • " Le pn{/ident : Cette difcuffion n'avance rien. Soîithonax : Eh bien ! laiilons de côté les queftions droit; je dis que François Laveaux avoit un fort armé huit pièces de canons ; que dans un temps de guerre ci\ il Rdloit non démolir le fort , mais le rendre utile en plaçant une garnifon compoiée des troupes venues de Fran» & qu'il ne falloir pas permettre que Laveaux enrôlât c matelots, & eut une arm.ée à fa foide fur fon habitation. Vc le motif pour lequel j'ai envoyé un adjudant-général pc faire arrêter ces matelots , & les faire traniporter fur vaiiféaux de Camibis. 'Femeuil: J'cbferve que Fadjudanî que Sonrhcnax a ( voyé, & qu'il dit avoir été militaire, ne Ta jamais été. Cet un intrigant de mon quartier, perfonne ne le connoii mit que^moi : il a été nommé adjudant-général par Sonthonc èc c'eft un des fatellites de Sonthouax, qui na quitté le C qu'après l'incendie & après s'être gorgé de butin ; i pàiTé enfui ce aux Etats-Unis, où il a acheté avec ce mê butin des biens confidérables. Sonthonax : Il ne s'agit pas de favo^r ce que Galineau Gafc a fait au Cap , ce qu'il eft allé faire aux Etats-Un vous, divaguez toujours : il s'agit de fa million au Porr-< Paix» Vous avez dit que je lui ai donné des pouvoirs i mités 5 j'ai prouvé que ces pouvoirs étoient circonfcrits di l'exercice de (es fonctions comme adjudant- général-, proui le. contraire : je nie tout ce que vous avez dit fur Galim de Gafc ; je nie fur-tout qu'il ne fut pas militaire , i Rochambeau l'a fait capitaine ; il l'a avancé , et il éi auparavant lieutenant. Xjc préfident : Ces détails fur Galineau de Gafc n'avano point la clifcufîîon. Duny : Je palïe à Albert. J'ai prouvé hier, parles piè que j'ai dépofées fur le bureau , qu'Albert a»été délégua la Croix-des-Bouquets & au Mirbalais i j'ai prouvé qu^ ^9S bert a abufé de Tes pouvoirs. J'ai fait conwoîrre les a6tes tyranmques qu'il a exercés fur les habitans ; la commifllon aoïc erre allez éclai'ée. Sônthonax : Je tlis une obfcrvarion fur ce qui m^avoit Échappe {ur Albert, ceil qu'il na jamais été envoyé au MirbaJais pour aucune.efpèce de miffion* -■ ^H'^y \ f^ commiirioii pourra juger par les déclarations .que ; ai cirées , & notamment celle du procureur de la com- mune du Mirbalais , le citoyen Déraggis. Dauhonneau : La ledrure feule des pouvoirs qui ont été donnés à Rigaud, à Pinchina 6c à Létang, vous prouvera qujls avcient àes pouvoirs illimités; car Polvérel &' Sôn- thonax, en les envoyant dans le quartier de Jérémie , leur ont donné Tordre d^arrêter toute la niunicipalîré de Jérémie en malle. Ce neft pas tout : ils leur ont encore ordonné de ■niettre en arreltation toutes les perfonnes qui leur paroitroient luipecles. Veilà pofitivement ce que porte Tordre : or, je vous demande Ci , quand Sonrhonax com^miffaire civil donne ordure à des délégués d'arrêter quiconque leur p^u'oîtra fuf- pect, il ce n'eft pas là donner des pouvoirs illumtés. Il eft r.iulte de ces ordres que n'ayant pas pu entrer à main .armée a Jércirde , ils fe font portés (ur les communes voilines, le petit Trou , Miragoane & le petit Goave , & que la, a mam armée, ils ont enlevé , dans Teipace de trois jours , loixante-trois habitans de ces communes, qui ont été pris èc conduits dans les prifons du Port-^u-Prmce. Si les redfires Jpnt là * Vtrneuïl : En voici un. ....... Thomas Millet'. Celui- ci ou un autre, je déclare que je 1 ai lu il y.a trois jours. i.% Sônthonax : Je déclare que dans aucun de mes regiftres il ny a d'ordre pareil. Thomas Milkt : Et moi je déclare qu il y a deux jours j'ai >u ce regiflre Dauùonneau :^ y^i la note. Ces ordres font du premier juin I795J je Tai prife dans un regidre qui a été produit à la commiliion par Sônthonax. Sônthonax : Je déclare que, fi je m.e fuis trompé , la com- miliion en jugera quand elle parcourra mes regiftres. Il ne s agit pas de (avoir s'il Ce trouve dans tel ou tel renftre. J® O a r. M'-iti' icf6 déclare que les ordres , dans les termes «lue les colons viennent de citer ^ nexiftent points que d'ailleurs les ordre» donnés par Polverel pour arrécer la municipalité de Jérémie ne me regardent pas, car ce feul fait eft vrai. Polverel a donné l'ordre d'arrêter la municipalité de Jerémie j il Ta donné, je crois, à Rigaud -, mais cette municipalité s'étoii rendue coupable , ainfi qu'il a été prouvé lors de la dilcuC- iicn fur les ades de la municipalité de Jérémie. Quant a ce que viennent de dire les colons de prétendus pouvoirs illimités , je déclare qu'ils nexiftent pas. Daubonncdu : Vous pouvez vous taire donner le regiftre. Le préfJent : Quel regifrre ? Daubonmau : Celui où font les ordres. Lepréfidcnt à Sonthonax : Indinue-le. ( Le regiftre eft dépofé fur le bureau , &: communiqul aux citoyens colons. ) Sonthonax : Je dem.ande fi la commilTion juge de commu niqupr mes regiftres aux colons -, je la prie d'exiger d'em nu 4s donnent la date. Il ne faut pas qu'ils parcourent îou mes regiftres, parce qu'il leur plaira de dire qu il y a un ordr. qui n exifte pas : on ne torture pas ainfi un acculé. Depui dix-huit' mois les colons difent qu'ils ont des preuves contr. moi BrùUty : J'ai une obfervation, la voilà. Sonthonax j dan fa defeiiîe', vient de vous dire que fa "proclamation étant un» mife'hors de la loi des pillards & des aftaffins , elle a ét< rendue le 26 juin. A l'époque du 16 juin il n'y avoir plu au Cap ni Galbaud ni aucun des fiens : donc Sonthonax ap- pelle lui - même des pillards $c des afTalIins les hommes ei faveur defquels il s'eft prononcé. ^ ^ , Sonthonax : J'ai déjà reconnu quil y avoit eu des alialiin^ ôc des pillards de part & d'autre i qu'après^ que les Euro- péens en eurent donné l'exemple , les noirs l'ont fuivi ... Lepréfident : Ceci a déjà été entendu. Brull y : Il dit que s'il a rendu fa proclamation relarivi aux fouiUe's du Cap , c'étoit pour empêcher que les feule reftburces qui lui reftoient pairalfent entre les. mains de royahftes. î^lême motif. Il n y avoit plus ni Galbaud ni blanc 197 au Cap. 11 appelle royaliftes les nègres qu'il avoir appelés j ces Toyaliftes étoient effediivement les nègres révoltés qu'il avoir appelés au Cap pour égorger les blancs & mettre le feu. Sonthonax : Je n'ai jamais nié qu'il y eût des nègres roya- Mes. Th. Millet : J'ai à faire une obfervation qui me paroît fort imporranre : notez quelle eft du 26 juin, qu'à cette époque la rade n'avoit plus de vai (féaux \ il ne reftoit plus d'efpérance pour le petit nombre de malheureux reftés au Cap pour rubfider & trouver un abri que dans les débris de leurs propres maifoiis. Il paroîtra très-naturel que les malheureux échappés au carnnge & à l'incendie ont dû chercher dans les décom- bres de leurs maifons de quoi (e vêcir & fubiifter. Je demande fi, par cette proclamarion du 26 juin , le c®mmandanr a pu diftinguer le malheureux qui recherchoit fon propre bien , d'avec celui qui pilloi: -, & (i le fort n'a pas dû tomber plutôt fur ceux qui cherchoient àes reffources dans les décombres de leurs m-aifons que fur les pillards. Sonthonax : On a déclaré à la dirpofition de la nation les biens des émigrés qui s'étoient retirés à la Nouvelle-Angle- terre avec Galbaud. Les propriétaires n ont jamais reçu la défenfe de fouiller dans les décombres de leurs propres mai- fons -, je défie les colons d'en donner un féal exemple. Il y a plus : c'eft que dans les inftrudions qui ont été données à Artaud , infpedeur des fouilles ôz recherches de la ville du Cap , il y avoit un article qui indiquoit la forme à fuivre pour les propriétaires qui auroient à réclamer des objets dans leurs maifons. Ils venoient faire leurs déclararions , on leur don- noit un garde qui protégeoit leur fouille à eux-mêmes , & ils prenoient ce qui leur appartenoit bien jaftemènt. Th. Millet : Quelle eft cette inftrudion ? Sonthonax : Je la donnerai demain. Th. Millet : De quelle date eft-elle ? Sonthonax : Elle eit à-peu-près du même temps que la proclamarion. Th. Millet : Il n'en eft pas moms vrai que le 16 juin , n'eût- on airaiîiné qu'un feul innocent, un malheureux pro- priétaire cherchant dans les décombres lesoilemens de Tes enfans , de quelques alimens que O 5 T -^0 Sontkonax : La proclamation du lê juin ne regarde point les fouilles faites dans les maitons. Vous aurez beau vouloir- eiîrayer par des images terribles ; h je faiiois le tableau de vos crimes , il feroÎL hideux. Le fre/zdera : A rordre ! Sonîhonax : La proclamation du 16 juin ne regarde pas les iroLiiiles des maiions j elle déclare feulement que ceux qui leronc iiirpris piîlaiir' & incendiant feront fuiiUés. Il ne s'a- gilfoit pas de iouiller dans les décombres , il s'agiffoit d'atta- quer à main arm.ée ou les pillards ou les incendiaires. Ih, Aiiliet : Je demande comment on a pu diitinguer dans les ruines a une ville en cendres le pillard de celui qui cher- che fa lortune dans les décombres de fa miaifon. Sonthoîiax : Eft-ce par des arguties fur une proclamation que je dois être accufé ? c'eft fur le texte de ma proclama- tion. J_e texte de celle du 16 ne parle ni de décombres , ni de fouilles , ni de recherches ; elle dit : Tous ceux qui feront Jurpris à piller , incendier & à affaijln^r des hommes paifibles- & tranquilles , ferora fufdlés fur-le^champ & anéantis. -d j ai prouvé que j'ai dû la faire, même pour vou^e propre] inrérét , même pour rinrérét des Européens. Le préfident : A un autre objet. Verneuïl : Je réponds à Sonthonax îorfqif il a- dit qu'il pronégeoit la vie^ r^es blancs. Four prouver le contraire , je dis que Gigioux faifoit fufiller tous les jours 14 ou i j per- fonnes , &: principalement ceux qui étoient porteurs de i habit national : il n'y avoit pas de mjféricorde pour eux y & il Sonthonax nie ce fait , celui qui en a écé témoin pen- dant quatorze jours eft là dans fandchambi-e , en peut l'en- tendre. Sontkonax : Si vous avez à vous déterminer dans cette af- faire fur le témoignage des colons mes ennemis , vous ne manquerez pas de témoins pour m'accabler ;.vous trouverez une foule d'hommes payés , ftipendiés pour faire cet abomi- nable ^miéder. Ce n'eft pas parmi des hommies aulîi immoraux qu'il faut chercher la vérité : c'efl: parmi les fcldats , les offi- ciers venus d'Europe après avoir fervi fur les vailTeaux ; ceux-là je ne les récufe pas. Quand il feroit vrai que l'homme nui ccm.mandoit la place eût commis des aifalîinars , feroit-ce à moi qu'il faudroit ks attribuer } J'ai dit que les pillards ;, 129 e5 niHiHins feroient fufillcs loiTquils feroicnt pris en flr^grant lélir. Si , comme on i^a dit , on avoit arcaqué la vie des )lancs en détail, nétoit-il pas plus facile de s'en défaire en nalfe ? Si j'avois fait un figne^, ou fi j'eulTe laiiïé faïue , toute ;ette population qui vient nVaccufer auroit diiparu : j- l"i ^rorégée parce que c'étoit mon devoir , & j'ai le droit d être ndi^né. • • • . Le prcjident : La commiiTion a annoncé , par des arrêtés mprimés dans les pKtpiers publics , qu elle reccvroit touces es inlh-uclions que lui donneroient les citoyens qui avoient quelque connoiilance des affaires de la colonie : elle ne peut )as , dans ce moment , fe décider à admettre des témoins -, 'lie ne peut admettre des témoins dans les débars , ne fôt-ce ]i}c pour-fe renfermer drns le délai prefcrit par le décret. .^ar. Il Ton vouloir entendre ce citoyen , il iraudroit auiri en- endre ceux que Sonihonax voudroit produire , il taudroic "ntendre tous les autres témoins. ' » Fenieuil : La commilllon n a pas befoin de nouveaux té- noins, de nouvelles déclarations j elles font dan^ les.ar- "uives. .. •_., ;^ . .V, ,. Sontkonax : Je renouvelle à la commiilion la deiïiande"_de nertre en réquiiition les ofiiciers revenus (^'A^v.^nanè' £n lurope, avant leur retour à Saint-Domingue-, cat tous" ksi >ons citoyens qui ont fer vi la République fous les ordres les comrnilfaires civils, vont y'retourner. Si la cotnmiiïiou /eut fe décider fur des déclarations , elle voudra'1:?ien';qjie 'en produife à ma décharge -, & certes j'aurai le drçit^ide lemander que la popuJation africaine, que les hommes de" :ouleur fcient appelés. ^ . ~ Le préjident : Au moyen de ce que la commiilion ne crôif^ noint devoir admetrfe des témoins dans les. débats, il^ plj:' :lair que fi tu. as des témoins à indiquer, ru peux \e' hiire^ 3ar une pétition , faiif aux colons de jouir du ir.ême droit. _^ Brulley : Ce droit doit être ccm.mun , ÔT pour ceux qui. 3iit été les complices de Sonrhonax , & pour ceux qur ont 2té vidiities. La dernière proclamation dont il eil queftion iansle feptième chef, eil celle du 21 août. Sonthonax vous 1 dit que c'éroit pour conferveu les reftes de la population blanche qif il avoit rendu cette pioclamation : que portoit-^ :ile ? la défenfe de piller , d'incendier , c^ de^provoquer à* O 4 lOO reltes de la popuiaiion blanche que cette proclamation a é rendue, ce pétoit donc pas les reftes de la population blai elle qui piUoient , qui incendioient , qui aifaiilnoient ; p; coniequenr , tout ce que Sondionax a fait depuis la cataftn pne du^Cap jufquau ;l2 août, tout atiefle que les pillards ies aliaiiins , les royaliftes , éioient ceux mêmes quil a en pioyes a la dellraclion de la ville du Cap , Ôc qui continuoiei encore les mêmes forfaits deux mois après la deftriiaion c cette Ville : Se il vient dire que c'eft la population blanche par conieqiient , il vous conFirme lui-même que tout ce qi a ete commis de crimes pendant le tem.ps que Tincendie cture. Se jufqu au 21 août incMvemenr, elt le fait de c( iiîemes hommes dont il fait conltammeitt T éloge , qu'il di core du nom de républicains vertueux ; ce font ces n^êm( i^ommes qui , encore au if août, pilloienc : donc c'eft lu; même qoi avoue le fait. Nous n avons pas befoin d'une plu iongue aiicufiîon, Sonrhonax : D'abord, je nie que la proclamation du i août contienne défenfe de piller , voler , incendier ; j^ n'avoj pas bexom de faire cette défenfe: la proclamation porte 1 peine que fubiront ceux qui pilleront , incendieront. Vou à.ites que c'éroit contre la population blanche : non; c'étoi contre tous les genres de population qui reftoient au Cap c etoit contre les blancs , les hommes de couleur & les noir egaiemenr qui (e permetrroieat de piller & d'incendier. L; preuve que Tordre étoit rétabH , c efl la modification qui f trouve dans cette proclamation, par laquelle j'érige un^ coramifiion mdiîaire. Puifqu il y avcit dans la ville du Car une garnifon compofée d'efclaves devenus foldats , il falloir pour punir les coupables, une commiffion militaire. Direz-! vous que la garnifon d'une ville d'Europe eft un compofé de pillards & d'incendiaires , parce qu'une commiffion mi-i Utaire fera punir quelques maraudeurs ? Ed-il hors d'exem-! pie qu une armée d'Européens pille ? Vous parlez fans cetÊ ps pjJL ges des Africains , & vous ne dites rien de ceux des i:!.u! opeens . qui (cm beaucoup plus anciens. Les noirs ont commis des excès , je ne le nie pas ; mais c'ell: vous qui leur «ît avez dc.nné i exemple. Vous dites que ce ne font pas de^ repubhcains ; je m en rapporte , à cet égard, à toutes les dé- lèches officielles qui font venues de Saint-Domingue : ils ne ont pas républicains u votre manière , car ils n'ont pas li- re le territoire français à l'ennemi. Vcrneuïl : Ils ne le font pas encore. Brullcy : Ils ne le feront jamais. Vcrneuil : Toutes les nouvelles de Saint-Domingue qu'on lonne à la Convention pour certaines , font autant de men- onges ^ & je le prouverai. Sonthonax : Vous en aurez toujours de toutes prêtes pour iémentir les véritables. La féance eft levée. Le regl/lre des préfences ejl Jîgné : J. Ph. Garran j/^/- lient ; Fouché (de Nantes j , fecré taire ; Dabray ^ Msa*: INO, LaNTHENAS, MoLlîVAvT. I r i f ^ J^u 6 Thermiiorj tan troljième de la République francaij une & indiv'ifible. N fax. A -dure des débats recueillis dans la féance d'hiei la rédaâ' '"n efl adoptée. Les citoyens Page , Larchevefque- Thibaut , Claulfon Senac & Fondes iolle ^ ne font pas préfens à la féance. Th. Millet : Le huitième chef d'accufation eft ain conçu : « Ils ont ordonné dans tous les ports de Saint Doraingue de repoulier à coups de canon les vailfeaux d l'Etat 5 (ans difdnâiion, quels que fuilent leurs befoins ». Vous avez vu par les débats précédens les efforts mul tipliés àes officiers fupérieurs de terre & de mer> c'ell à-dire du général Galbaud, des contre-amiraux Cambis ^ Cercey, & des autres oiSciers de la Hotte ^ pour la mettre Tabri de Fincendie dont elle étoit menacée. Vous avez vi qu'ils n'y font parvenus qu'en faiiant enclouer les canon àes batteries, & en ôta.nt des^ mains des noirs révoltés le poudres àQïii ils auroient pu faire ufage. Ges mefures étoien impérieuiêment commandées j car le conieil de guerre j teni à bord du Jupiter y avoir eu connoiifance de Tordre donni par Etienne Laveaux de mettre le feu à la flotte : le voici. (Il le lit:) r 203 rc de Laveaux pour mettre le feu à la flotte en rade du Cap, r Liberté, Egalité. ie de l'ordre que les citoyens Noël & Dambly ou Dam- ier , officiers d'arûllerie^ ont reçu du citoyen Laveaux y mverneur par inreriiii ^ Saint-Domingue^ le jour des. oubles arrivés au Cap-Francàis ^ le 20 juin 1793 {^vieux k u NOM DE LA R EPUBLIQUE. D'après les ordres des commiiraires civils, nous Etienne eaux, gouverneur par intérim j, ordonnons aux ciroyens 1 (Se Dambly de ie rranfporter , avec les canonniers qu'ils ront utiles & néceifaires pour leurs opérations , à la ^rie du Grigris. Ordre à eux, au nom de la République, qu'aufîitor reniier mouvement hoftlle fait dans la rade, c'eft-à-dire remier coup de canon à bouler rire fur la ville , ou vemeni" de defcente, ils feront ufage de iix moriiers qui au Grigris j ils feront le plus grand feu fur tous les "eaux qui (ont dans la rade, afin de brûler prompiement /aiileaux rebelles, & principalement iiir le Jupiter ^ ne ront de leur pofle que lorfqu ils en recevront Tordre. Aucorifons les citoyens Dambly & Noël à prendre les nègres de l'arienal, pour l'aider à remuer tous les tiers. Fait au Cap, ce zo juin 17935 l'an deuxième de la ublique françaife. Le gouverneur par intérim. >•> Signée Etienne Laveaux ». ene pièce a été dépofée par celui qui en érolt porteur, Nocl, à h municipalité de Rennes. Voici l'aéle de ''t, & le certincat donné par le comité révolutionnaire lennes. ' ' •i f 2^4' (Il Ut:) « Nous , make & officiers municipaux dp la comm àe Rennes, cerriHons la préfenre conforme à l'original c eft faKî le eiioyen Noël, & qu'il nous a repréfenié l maifon commune de Rennes, le 6 ventôfe de lan deuxii de là République une & indiviiible. »» Signé, Singis, officier municipal; Leraav, officier mw pal; Mar.in, notable; Bonnet, municipal; Lependit, md Devofne, notable; Hante, notable; Bouvet, Cuper. ^ >' Vu au comité révolutionnaire , à Rennes , le 8 > K>ie, Tan deuxième de la République une & indivifible. » Signé ^ G. Lave AUX , préfiient ; Vernout l'aï Aubin, Riellant.j Munella, po^r le fecrétaire ». Je fais d'abord quelques obfervations fur le conteni cette pièce. Laveaux y prend le ti re de gouverneur intérim. Il y avoir à cette époque, dans la rade, le gou Beur titulaire, deîlitué arbitrairement par Poiverel & ! thonax i il y avoit aux portes de la ville le gouver; Lafalle , qui, par ordre de ferviee, devoir remplacer ( baudj èc le gouverneur par intérim^ nommé par Pol\ ^ Sonthonax : ainfï, il y avoir truis gouverneurs. Or vous demande ce qui pouvoir réfulter de cette confu de pouvoirs. Il y a une autre remarque à faire ; c'efl que Tordre p ^e tirer fur les vaiffeaux, dès qu'il fe fera un mouver^ de defcente. C'étoit ce mouvement de defcente qui de| manifefter l'infurredion, qui devoir indiquer s^il y avpii s il n'y avoit pas de vailTeaux rebelles. Cet ordre a c été rédigé avant cette defcente , puifqu'il porte de faire fitôt qu'on appercevra un mouvement de defcente. Et pendant le vailfeau le Jupiter efl déjà traité de reb Repréientez- vous tous les vallfeaux marchands mou dans la rade du Cap, derrière les vaiilèaux de guerre Jupiter mouillé à la tête de la rade, àc la diredion du I portant fui le refte de la flotte j reprérente2-vous ce ileau cnHammé, ôc métrant le feu à la Hotte j quelle été la poiition de toute l'armée navale, ôc de la iloae rchande mouillée dans la rade ? Les marins Ôc les ré- liés n avoient d'autre parti à prendre que de le Jailîer ilumer par les flammes, ou de fe lauver fur les terres polîèdîon des brigands j ôc Laveaux a figné cet ordre ! ta. main n'a pas léché lorfqu'on lui a ordonné de le ler 1 Voilà fon premier a(5be de gouverneur de Sanit- )mingue! Dira-t-on que la flotte étoit en infurrection ? us avez vu, par les débats qui ont précédé, quels étoient hommes qui environnoient Polverel ôc Sonthonaxj vous ?z vu quels étoient les hommes qui environnoient Gal- id ôc les ofHciers fupérieurs, ôc vous avez dû vous con- ncre que leur infurrec^tion étoit légitime contre tout ce il y avoir ie (cclérats à Saint-Domingue qui vouloienr ruire la ville du Cap , ce principal entrepôt du commerce France dans les Antilles. Comment cette flotte a-t-elk lappé? parce qu'un honnête homme, le citoyen Dambly^ lis ce jour- là la défobéiflànce au rang des plus facrés de devoirs i car, s'il eût obéi, toute la population blanche, s les reftes de fes richefles commerciales, les dix ou ize bâtimens de guerre qui etoient en rade, auroient confumés. Voilà comment s'efl: expliqué cet officier ■même dans fa lettre qui fort aulli dçs archives , ôc accompagne la pièce que je viens de vous lire. Il dit: t'allure que , fans connoître les débats qu'il y avoir re Galbaud & les commilîaires civils , j'ai défobéi de •i-même pour fauver environ vingt mille Français, Ôc :s de deux cenis vailfeaux. Enfin , par la défqbéilTance de cet officier, la flotte a fauvée, a mis à la voile; elle pouvoir porter dans les ties de rOued ôc du Sud, tout ce qui avoit échappé la population blanche du Cap, y conduire les vailfeaux rchands qui auroient achevé de s'y charger des denrées oniales de l'Oueft ôc du Sud, ôc qui les auroient rap- :tées en France fous \:i proteâiion de Tefcadre. Qu'ont : Polverel ôc Sonrhonax? ce dernier vous a dit dans les ')ats qu'il falloir des vaiiîeaux pour défendre St.-Domingue ce que Saint-Domingue efl: une iflej il a dit qu'il avoit I. I io6 affiranchi les efclaves le 20 juin, parce qu'il vouloît des défenfeurs à la France au moment d'une guerre gère. Eh bien! il eil établi par le témoignage de Se nax, qu'il falioit des vaiileaux pour la défenfe de v Dominguêj & li a donné, le 24 juin, le jour où la lui échappoit. Tordre de tirer iur elle ! Voici cet ordre. (Il le lit:) ISSIOI> ALE CIV "Nous, Etienne Polverel & Léger -Félicité Sonth conimiiTaires nationaux civils , délégués' aux illes frar de Tilmérique fous -le -vent, pour y établir l'ordre tranquillité publique. » Le traître Galbaud, après avoir réduit la ville d: •?en cendres, part;» ôc emmène avec 'lui pluiîeurs bât .de la Ptépublique & les navires du commerce qui ,é dans la ville du Cap : il va les livrer à l'Anglais TErpagnolj avant de quitter la cote, il pourroit e tenter de brûler & de dévader pluiieurs villes de la coioi » Pour prévenir ces nouveaux forfaits, nous défenç tous les commandans de place, commandans des tr. de ligne ôc gardes nationales, à toutes municipalités! tous dépoiitaires de la force armée , de fouflrir permettre à aucun bâtiment armé en guerre ■ d'*- dans aucon des ports , baies ôc rades 3e la colonie à' en approcher à portée du canon, fous quelque pfi que ce foit , même de befoin de fe ce urs , rafraîchi iTei ravirailleniens, ôc autres quelconques. Ordonnons, ai ■commandans, municipalités, dépoiitaires de la force ai 6c généralement à tous les citoyens, d'employer tou micyens qui font en leur pouvoir pour repouiïèr ôc dé le.fdirs bârimens, » Déclarons traîtres à la patrie tous ceux qui rece iefdits bâtimens, ou nui leur porteront fecours, 01; entretiendront des, iarelligences^ avec eux. lof " Requérons le gouverneur général par hitcr'im des îfles 3us-le-vent de tenir la main à rexécution du prélent ordre. ^>'Fait au quartier-général du camp de Bredai" feiVjdiu -jç^^y , 1 an deuxième de la République. " Signé à la mïnutz :, Sonthonax & Polverel. .»» Par les commilTaires civils de la République.] » Signé y PiQUENARD , fecrétairc adjoint de la commijjion. ** Pour copie certifiée conforme. » Saint-Marc, le 4 août 1795 , l'an deuxième. » Signé y S Av ARi , , commandant militaire, ^ Pour copie certifiée conforme à celle à nous rnvoyée par ivari. A bord, ce 27 août 1795. » Signé ^ Charles Labozée. »' Pour copie certifiée conforme à celle à nous adrejffée par citoyen Charles Labozée , commandant par intérim la êgat'e l'AJirée, ''Paris, 27pluviôre, l'an deuxième. » Signée Cercey. »» Sonthonax nous a provoqués en difant que nous ne pro- linons pas une proclamation dans laquelle étoit donné )rdre de ne pas recevoir dans les rades aucun navire de lerre. Il a dit que nous avions placardé ; fur les murs î Pans , une proclamation inexade \ que la {Àenne ne gardoit que les vailTeaux em.menés par Galbaud. Je vous •etente la preuve du contraire. Cette proclamation a été DUhée au commandant de la frégate XAfiréc:, qui étoit IX Caves pendant que le Cap brûioit, & qui certainement eil: pas fortie avec Galbaud. i c V . Sonthonax : Les colons font des fauffairés , ils ont alté la proclamation quils viennent de lirej la voici telle quel eft fortie des archives. (Il la lit:) Proclamation des commiffaircs Polverel & Sonthonax j du juin 175)3. »* Le traître Galbaud , après avoir réduit la ville du Cap cendres , part , & emmène avec lui plufieurs bâtimens de République 6c les navires du commerce qui étoient dans vill^ du Cap : il va les livrer à l'Anglais ou a l'ÎLfpagnol. Avî de quitter la côte , il pourroit tenter encore de brûler & « vafter plufieurs villes de la colonie. " Pour prévenir ces forfaits nouveaux, nous défendon tous commandans de place , commandans de troupes ligne , des gardes nationales , à toutes les municipalités 6 tous dépofitaires de la force armée , de foufFrir ou permetir aucun defdits bâtimens armés en guerre d'entrer dans auc\ ports j baies & rades de la colonie , ni d'en approcher à por de canon fous quelque prétexte que ce foie , même de bef de fecours , rafraichillemens , ravitaillemens ou autres qu conques j ordonnons auxdits commandans , municipalités dépofitaires de la force armée , & généralement à tous les toyens , d'employer tous les moyens qui font en leur pouv pour repouiïer ou détruire lefdits bâtimens. " Déclarons traîtres à la patrie tous ceux qui recevront le^' bâtimens , ou qui leur porteront fecoiirs , ou qui entretii dront des intelligences avec eux. ^ « Requérons le gouverneur-général par intérim àes m fous-le-Vent de tenir la main à Fexécution du préfent ordr^ » Fait au quartier-général du camp Breda , le 24 juin i7< ]*an II de la République. »» Signé, Polverel & Sonthonax i»9 Par les commiflaires civils de la République. »; Signée PiQUENARD , fecrétaire-adjoint de la commijjioi ] V. ÏOCf I^s colons difcnt que h proclamanon contient une dcfenfe générale « ro^c ks bànmens armés en guerre, tandis eu " 1 e ne pone que iur «ux (crtis de la «de du Cap avec GalbaUd Ils ont iuppnme dans la pièce qu'.ls viennent de lire , ces mors , aucundfu:: bunmcns ; ils ont placardé fur ks p'r lalteiution. Aind ils mont repréfenté auxyexix de la France çomnae ayant interdit l'entrée de tous les -ports ou b.ies de la colonie a tous les bârimens de k République , tandis nue cet ora« ne portoit que fur les bàtiniens de la rade a més'en guerre & enle^-és par Ga b,ud. Il eft dit dans la nroclamadon aucun de/dus iaamens ^ ils ont lupprinié les mots, defi^ "y .m mis auourt au imsiil.er & ils ont dit, auc. èàcLeic:VoÉl ;mçnt! voila la manière dont ils efpèrent accabler un accafé f contre tous! Qu'ils viennent propofer des déclaratioits dé emoignages verbaux ; jugez quelle foi vous devez y ajo r 'eife^? "' : A 1 ordre ; il n'eft pas que/Uon de témoignage. 2i^./.f/Z''«: J'obferve que Sonthonax, avec beaucoup de vio- Vi.e, vient de nous accafer d'être des fauffaires: c'eft l„i q?û eus trompe, car ce n'eft pas là fa proclamation : cette p^" lamatioii eftimpriraée aux Cayes : or elle n'a p^s é'^tl'^i^ >ee at. Cap ; elle eft datée des éayes, de limjrfmenrdrté: lerv. Je demande que bonthonax produife l'originai d^ fa loclamation ; quant a moi , je produis celle que Savarv ommï de couleur , maire de Saint-Marc, a fi»n'^é- •,., f ' ' •■andant de i'Jfîrée : & la preuve eft qu'e 1""^ "«S "t Jmmandant de la Hotte Cercey. '--it.n.. du £o^tko^_ax : Vous n'échapperez pas à la preuve delavéri.é . )e 1 e(p=re , à la peine du feux. ' p. MiUe:: Je dis , citoyens , que cette proclamation ef> ■lie qui a été notifiée à. Saint-Marc , le .,. ao.lr 170 • ■ .- c ^ry, commandant militaire à Baugé , cimmand.un'/V/^.r ous n avons pas eu d autre communication oScielle de ^euP uclamat:on par d af-re aéèe que celui-!.\. I.orf-..,. q„„X X aura prouvé , dans l'originai, que l'altérarior^.Tî^e n ta prouve queSnvary, Ion homme de coniî-nc" "v '■,'!: '"^"«- ' ^' «fqu3) ''^ ""^^"'-^ ' évlde "c & bfe "dïon' foit pis partie d"k éSt ^" "'"' '^" ^'^ ' '^ ^ ^^i-- Wzo«^.v : La pièce produite par les colons , alrérée comme Ils en lont convenus, eft certifiée conforme Dar r^,-. , T^ elt démontré par ies accufattotu que fa po't 4s œn rJV '°"' par la conduite qu'.l teaoit au Cap /que « Cerce "e? P '' pxe des colons. Los colons di/enc'que "ett^p cf erc"«: norinee au commandant de ia fréc^gre rj/?.^)? , . ^ préfentéà Saint-Marc. Po^t ptïtv c tî H^i^^^-^ produire la pièce notifiée au capitaine de lafei/'^/t °i! /îgnœ par le comma.tdant militaire Savary. le dfs iî ;>^ que le ccn.mat^dant de r^Jlrce avbit be/otn de ^'ft //e'Î picce; car le commandant de rjr.rée a déùrJ U i f cette époque^ après avoir reç. un^miffilAtî^^.i^gï^^ non. Ils avoientdoncbefoin, pou;-p^îi;;re,:;' ,t:: "^'2<;^ prêter un au:i commiiÏÏtites civile & vo,l\ h ni .1 " ? ^" au;ourd'h,a comme légitimant la' c^ndSe de ffS^^rpr i'-'. La frégate r^>^ na jamais é^° reDon'-rL "î'" ^-^ P;-ts de h colonie ren fortant de! d^fre le e/v'n" "'' >'- Lt.us-Lnis lans !a permiffion des <.oma.irai«, ciSs^^l^ P z ■V ir I f ^.\ 111 voilà les hommes dont on invoque le témoignage contre le$ commii&ires civils ! ^ , , , j v c u Thomas Millet : Je prie le préhdenr de demander a bonth©- nax li la frégate la Co/2Corie /commandée par Vandonger , eft fortie du Cap avec la flotte. , ^ iS'o/r^^r./z -;t : Je crois efFeClivement que la frégate la ton- cord, eft (ortie avec la iiotte ; elle sY^il prélentée & a été reçue au m-oie Saint-Nicolas. r • j , TÂo;;2rz5 Mzfe : La frégate la Co^iccrJ^ n eft pas lorne du Crp avec la Hotte : la fiotre eft fortie du Cap ie 24-, la Con- corde en eft fortie le 25. Sans eau, elle avoit^ un équipage rombreux ; elle s^eft préfentée devant le ]:^or^de-Falx pour y faire de f eau ^ elle a été repouiiee à coups de canon, hue s eft préi^nrée au môle pour faire de l'eau ; on xui a- noîiiie la même proclamaiion , ôc elle a été obligée d appareiller & de venir aux Etats-Ums. Voilà encore un fait qiu attefie qiie la proclamation a été exécutée fur tous les batimens de guerre de France. 7 • ' a Somhonax : Niez-vous que la frégate la Concorda ait ete en infurredion dans la rade du Cap conire les commifiaires civils 1 Niez-vous que la frégate la Concorde fou forrie de .a Vade du Cap lé 24 juin 179.^ ? , ,. . v-r Thomas Mllkt : Je fuppofe qu on doive trauer d inturrec- tion contre la France la pofition où fe rrouvoient les bati- mens dp guerre lorfqails étoient au Cap-, quels moyens avoi^iit le^ commiiiaires civils de repouii^r de^bt-Dommgue r ennemi étranger > N'étoit-ce pas par des vaiiieaux ? iit c eU au ir.oment o'^ ils viennent de forcer , le poignard a la mam , la population blanche de forîir de Saint-Dcraingae , au momeïit où les Anglais font des diipoiitions pour s emparer dp h c-hnie , que par un ordre ils font repouiier de tous les pons à COUDS de canon les vaiifeaux de J Etat : quen eft-il réfub^'î A la Jamaïque, au moir.ent ou on en a ete inftmit , un feul vailfeau do cinquante canons eft venu lur Fs ites de Saint-Domingue & s'eft emparé de tous lesportS d^nt il a voulu (e (aifir. S'il y avoit eu fur les cotes ie îuvrurJEole, YJméncade ioixanre-quatorze canons, lept Vkrir fî-po-ates de trente-deux à quarante canons , ie vauieau a nuit ri'-o^*-^^ ^^ ^ r r^ • -3 t ^^ 1^,-r- ,-'à,-Ma XE'Tovaàe cinquante canons fc feroit-il preiente , lois Ui.me qu'il eut été inilruit qu'il y avoïc une miurreaion des equi- iS 11$ png« contre les commiffaircs civils ; Les Anglais Te reicient- t7'd J ^"""' '"'^'''' Sauu-Do,™nsuf avec n a?f- leau de cmquaiire canons ? Non ; PoJverel & Sonfh,^n-.„ Wnc cu'ils laHro,enr le cha>.p ],b.e anx A^lat", "et ^n?ei;-ésdri'""n "''■''■'" ^^ ""^"""^^ «^^'-^ -1^ fe lont erapaies de baint-Domingue. F.nieuil : Je demande la pawle. ^c prcjldem : Tachez d'abréger. rerneuU: C'eH pour prouver fans réplique que l'intention de Sonthonax dans la proclamation s'érendoit à ol Tes S'obT" .'^'" "f"^^"";" ^ .S-nt-Domingue. Je vous p e cr, Cl '"'. .P™'''™^^"°" '■^"^"'^ P^^ Sonthonax au camp B,eda, ell au 24 ,um 1753 , que la Hotte a aopareilli felpec'h aûrr" ^'^"^A^' 'l- 1» proclamation rendL ^r ■L'Jpcch aux Caves eft du premier juillet 1795 : elle ne poiwou pas avou- pour objet la flotte qui étoft'parae du ^Ap ce qui eroit en route pour les Etats-Ur-.is Di-if-n'i cette époque elle étoit .à plus de deux., cents lié; s' en mer i) ^n! " ^"' «'^°'''-'-°r dans les ports; ainû robjeûion que tau Sontuonax eft tout-à-fait ridicule. ^ Uon^asM/et : Sonthonax étoit il bien inflruit que la florre françaiie t=i oit rQute vers les Etats Unis, qu'il l'a fait Vuiv're /ufquau delà des débouquemens par une gcëlette. oonthonax : Laquelle ; Thomas MilUt : La goélette commandée par Carvin J\^!:'T'^'^'^ "■' con„oi(iànce ni de Carvm ni de fa goçletce. Je pnela comn-uflion d ordonner qu'on dénofe fur le bureau ordre que j'ai donné au citoyen Carvin ° com- mandant d une corvette Je prie la comrniŒcn d m: rpX Thomas Millet si ncft pas à fa connoiïîànce que la Co;.- le la frtgare la ConJdc & le -ommandant du iMôle, que parce qu'étant p,.fra«er ùc ^evanfeaiti^a'., commandé par le contre-airial Cerce m point du jour , la veille de celui où on aborda les Etats- P 3 214 if- Unis 5 la frégate la Concorde fe trouva fous le vent du vaii- feau ÏEole à la portée du canon-, & venant^ Tordre, le contre - amiral Cercey demanda au capitaine Vandengen comment il fe trouvoit au milieu de la flotte. Il lui ait : Je iTie fuis rendu au, Môle pour y faire de- l'eau , on na.a' notifié la proclamation des commiilaires civils que je vous mona'erai : on m'a ordonné de mettre fur-le-champ à k voile , & j'ai obéi. Au furplus , fur la rade de Moriolk, ) ai vu à bord duvaiifeaudu conrre-amir^lCambife le capitaine Yandengen , qui loi rendoit compte de ce fait , & c'eft là que j'ai lu pour la première fois la proclamation que je viens de citer. La féance eft levée. Le regijlre des préfences ejl Jigné : J. Ph. GarrAN , préfident / Fouche '( de Nantes), fccrétaïre ; Grégoire, Dabray 5 Merlin a , F. Lanthenas , Molle vaut. ÎI/ Du Thermidor^ Van trolfiemt de la République francaifc^ une & ïndïvïjibtc, ' ^ ■ lA ^^'^f^^o" ^es débars recueillis dans la féance de la vejlle eft lue & adoptée. Sonthonax : J^ai parlé hier fur le matériel des pièces pro- duites par \^s colons à l'appui du huitième chef d'accufa- tion. Je vais difcuter fur le fond de l'affaire. Les colons ont d abord acculé les commillaires civils d'avoir donné Tordre de briller la flotte ftatioimée daias la rade du Cap : mis au defi de produire Tordre à^s commllfaires civils , ils ont pro- duit ce.ui du gouverneur-général Lavaux qui ordonne de tirer tur les batimens , dans le cas de mouvemens hoffiles , cell-a-dire , dans le cas où la liotte tireroit le premier boulet lur la viLe , ou de defcente de la part des marekts. Qqxxq pitce nefl: autre chofe qu'une copie ; je ne la difcuteraî point , puiiqu on ne préfente pas Toriginal , puifqu il ne paroit pas. La comir.iflion même ne peut s'en rapporter à cette copie , d'après ce qui s'eft palfé hier relativement à la proclamation à^s commilfaires civils pour ordenner de re- pouiler de la c(^te les bâtimens emmenés par-Galbaud à la INouveiie-Angieterre: mais je iuppofe Toriginal exiflant, ^ que la copie n'ait pas été altérée, je déclare que cet ordre ne peut pas être crimijiel de la part du général Lavaux ; car >e devoir du commandant-général étoit de mettre la viJle eir ^^I^WIIi lié état de défenfe centre les mcuxfions de la rr.de dont on étoît iPxenacé. Le devoir du gouverneur général étoit de repouirei- la force pr.r ia force-, & ii les bâdrnens de la Képublique qui alors étoient emboirés fur ia ville , tiroient fur elle un premier coup de canon, étant alors en état de rébellion., il étoir impoliible au commandant militaire de ne pas répondre au feu de la rade. On dit que ii les officiers d'ardllerie char- gés de cet ordre i'avoient ej^curé , c'en étoit fait de la flotte françaif?. Je dis au contraire que û l'on avoir, obéi à cet ordre , on auroir fauve la ilotte de la ville du Cap y car la première bombe tirée fur un bâtiment auroit fait connoltre tmx factieilx la fupérioriré des forces de la ville fur les vaif- feaux de la rade , alors ils, nauroient pas manqué d'amener le pavillon , ils n'auroient pas manqué de fe foumetrre -, les faéiieux auroient été livrés & laills 5 ils feroient partis pour France aux fers -, ils feroient arrivés à la Convention natio- nale , & la ville du Cap eût été fauvée : car l'infurredion des matelots neûz pa.s eu lieu , la ville n'eût pas été incen- diée. L'ordre donné par Lavaux . en le fuppofant tel qu'il a été produit par les colons 5 ed donc on ordre juftc , légi- time , donné dans le cas d'un mouvement lioilile; & il explique ce mouvemient hoilile par le premier coup de canon tiré fur la ville , ou le premier moavemerj: de defcente cle la part des marins armés. Il a d'ailleurs é'-é prouvé dans le cours des débats que dès le matin les vaiiieaux avoient été ernboiitis fur la ville. C'eil: à huit -heures & demie que le niouvemient d'eiriboirage des bâtimiens fur la ville a été fait. Jp paife à la proclamation des coirjiiiiTaires civils. Il a été bien reconnu hier que cette proclamation n'avoit pourj but que d'éloigner des cotes les bâtimens qui avoient été en infurredion contre les délégués de la Eépublique ôc con^ îre i^s 1 is ; cela ed prouvé par i'obéillance des matelots de V Amtnca aux commiffaires ci '/ils. Ce bâtiment efï refté dans la rade du Cap \ il a iervi aux commi flaires civils j il a é'é en-croiiière quelque temps après ; jamais ce bâti- ment n'a été repouiTé d'aucune des r.ides de la colonie ; & bien loin que cet ordre s'appliquât à tous les vaiiieaux de la E.épubiique , c'efl qu'une proclamation du com.niif- faire Delpech , en réiidence dans la province du Sud;, or- ÎI7 nne raix hâtimens de la République {Rationnés dnns les ertcs rades de s'emboifer pour rcpouiler les barimens menés p:ir Galbaud. Je ne lirai de certe proclamation 2 le paragraphe qui annonce cet ordre. :ilîit:) <■ Les badmens de la "République qui pourront Ce troii- dnns les diiférens ports de la province prendront toutes iTiefurcs nécelfaires pour la défenfe defdirs ports , ôc ir concourir à l'exécution des diipoiîrions de la furdite pro-- nation du 24 juin dernier j ils fe concerteront à cet eiiet avec ;ommandant militaire ". * Zerte proclamation eu. du premier juillet 1793. Je dois [S lire également fur le même fujet une proclamation commandant de la province du Sud , du commandant itaire des Cayes , du commandant de la frégate Vjjftréc y commandant de la garde nationale des Cayes ; enfïn^, \ municipalité de cette com^mune i elle eil du premier juil- A tous les hommes libres de la province du Sud. C 2 T E N S Ne»us nous flattons, que les malheurs prévus par le^ tmifraires civils en réiidence dans le Nord ne fe réali- ■nt pas; mais il étoit de leur iageire de prendre des m/efurcs ries prévenir. Le feélérat qui n'a paru à Saint-Domingue que pour Mivcler àes muiux qu'tin temps plus Keureux commencoit ire oubli?! , ne s'expofera pas fans doute à une féconde ire, certain de trouver par - tout Ja même énergie /le ne dévouement à la République oc à (es repréfenrans, is, fans nous livrer à àc vaines terreurs, indignes de ai-Tics républicaines, il faut cependant nous mettre en •ç contre de nouveaux attentats. ; Mettons donc nos places en état de sûreté i défendons^ V. r. « • c 21 8 rentrée cie nos ports aux fcélérars qui veulent porter le & le feu dans nos villes & dans nos campagnes ; héi ions de bouches à feu nos forts & nos vailîêauxj que . remparts de baïonnettes repoiilfent de nos côtes ces^no: très deflrodeurs : mais oppofons-leur fur - tout , ciroyei Fégide la plus redoutable, la feule arme invincible ^ l'uni des kommes libres i fans elle il ny a ni paix ni falut p( Saint- Dominguei fans elle cette colonie., naguère fi [ nifante, ne fera bientôt qu un vaile monceau d offemens & cendres. ,^, '^Ci-toyens patriotes , amis de Tordre êc du bien publ ralliez -vous auprès des mandataires de la République ^es pouvoirs conllitués ; formez autour d'eux un faifct ^e vos cœurs comme de vos armes , &c vous ferez inv Cibles 5 & vous triompherez de tous vos ennemis. ^^ '^ lournous, inébranlables à notre pofte , nous jur d y mourir pour la défenfe des lois êc des autorités nai naies, pour la confervation des propriétés Ôc pour maintien de la paix intérieure. Faites tous le même ment , citoyens ; il fera le cri de la vic1:oire , il fera l'arrêt mort de quiconque oferoit nous attaquer. » AuxCayes, le premier juillet 1793 , l'an deuxième di Mépublique. '^ Le eommilBire civil , Si^rie , O F. D e i p e c Harty , ^ commandant proviïcire de la province Sud ^ Wariez, commandant militaire aux Cayes ; Bi' venu , commandant par intérim de la frégate l'AJlréc . de lailarion àes Caves; Moucher, commandant en cl de la garde nationale , Genriiiot , commandant en fecc de la garde nationale^ Délavai, maires Chalviré, Bén rais, Defclaux, Facin, Gavanon , Braquehais , oflici municipaux ; LamoVjreux, fénéchali B. Billard, Cupide notables y B. Duplanté , procureur de la commune \ Coulloul 3 {ecrétaire-grefïler ». Je communique la pièce aux colons. Il ne s'agit do pIiîS;, diaprés la ieélure d^s pièces oi:ç j'ai citées hier ^< aujo • "9 i, que de prouver que Fordre de rcpoufTer des fcatimens s des ports de Saint-Domingiie, ne concemcir que les leiis ioràs avec Galbaud. J'ai prouvé , loriqu'ii s'eîl; agi dilciulion iur rincendie du Cap , que tous les ma- 5 de ia République 3 égarés par Galbaud^ j'en excepte idant l'équipage de l' America y que tous ces marelcrs ,• je, font deictiidus à main armée pour attaquer la , les commifFaires civils, &. s'emparer de leur per- \ Ces bàiimens & les équipages avcient pris dans la rade ap une attitude lioilile contre les autorités déléguées la République -, ces bârimens s'ëtoient embolies iur lie par les ordres du général Cjaibaud. Je vous ai v'é que les équipages dirigés par Galbaud avoient en- les vivres du magaùn & l:i poudre de Far fenal. Certes, ireuves de rébellion concre Fautorité nationale iuiëi- c pour faire repoulîer du pays les hommes qui s'en lit rendus coupables , c'eil la raifon pour laquelle nous » proclamé la défenfe aiix comniandans militaires de îcevoir dans les port^. Si on eut reçu cette Hotte dans ^rts, qui pouvoii répondre que les m.êmi.es hoinm.es es avoient inlurgés n\auroient pas m.arché vers la ville Ilayes (Se du Port-au-Prince , n'y auroienr pas renouvelé nêmes crimes que ceux qui avoient enianglanré le 'S homm.es de couleur éroient en force à Saint- Marc , étoient en majorité aux Cayes , ils éroient fur un refpedable j (i la flotte étcit venue les ait.^quer , c'en fait de la flotte -, c'efl: la raifon pour laquelle nous s défendu de recevoir dans aucun des ports de la lie à.es hommes qui étoient defcendus à main armée attaquer les commifu'iires civils au Cap. lomas Miller a dit : // efr démontré que , pour la de- de Saint - Dom'mgue j il faut des vaiffeaux\ pourquoi les ujjai^es civils qui ayoi:nt befoin de vaijfeaiix poiif défendra lonic^ ont-ils ordonné de rcpoiijjer les va:jjeaux ? pourquoi nt-^ ils forcés à alUr a la Nouvelle- Angleterre ? -îi , les colonies ont befoin de vaiifeaux pour les dé- ■e 5 tnais elles ont befoin de vaiffeaux amis \ \qs Mes çaifes çnt befoin de Yaiffeaux amis , fournis aux au- ». l- il 220 ■ tontes de la République , & non des vaiifeaux enne elles n'onr pas beicio de vailieaux qui vieraienc s'eml' devant les villes de la colonie , ik dont les équipages cenckntà main armée pour attaquer k s commi Maires c: pour s'etn parer des délégués de la RépubliqvLe. Je dis c efl: que les vsiiieaax qui éroient dans la rade du Caj îoien^ pom i deiiinés à défendre la colonie pendant la gi I^ j:. mérica feule devoir reiler \ les deux aiarres devoien compagner le convoi en France , il n'étoii: donc point ies mefoies du confeii exéciirif , & par fuite dans celle coiiiip.iiiaires civils , de garder à Saint-Domingue ies vaif le Jupiter & VEole ^ quand même cçs vailieaux eulfen dans les intérêts de la République. On dit que le mouvement infiirredionnel qui a eu dans la rade cUi Cap, n étoii: pas on mouvemenr coni adx intérêts de la I''rancé & de la République cert€ ^'^. y^'^.^ "^ ^^^ ^^^^ ^^"^P p"o'-^vé par ce qui a précéd iiiivî l'incendie du Cap , par renlevenient des muni de guerre & de bouche , qu'il y a voit un complot ti contre^ les intérêts de la France. Mais quand ce cou îî auroit pas exifté , à quel ligne les. autorités conPdti \f^s commiiraire-s pouvoient - ils recoi^noitre les amis é France^ & de la République ? C'efl: fans doute par fbumiil'icn aux lois , aux autorités -conilituées par la )UDiiqne. ^ Eli bien 1 qqs hommes , ces équipages & les oÛ sétoient conftitués en révolte contre les autorités délég par la Republique , que nous importoit le fond de ëomcience ? ce n'étoit pas à nous à la fcruter. Ils avci pris les armes pour defcendre au Cap attaquer les déléj de la République. En falloit - il davantage pour les re der comme , ennemis , poîir les reconnoitre comme i C'eâ un des derniers morifs pour lefquels nous nous foni déterminés à repoufler des ports de la colonie des horri qui s'étojenr rendus coupables d'une manière aiiili évide jL-.es colons ont àii . que la meiiire de repoufier è.<2S, pc que la-mefure, de tirer fur les vailieaux de la flotte, a môme, des befoins , éioit une mefure cruelle que les c miilaires ne dévoient pas employer^ que pluheurs cito; 221 nr réfugiés fur la Hotte ; que s'ils vouloient euï-mtmes iidre lur une aiiiœ partie de la colonie que la province soid ou les rivagc'S du Cap^ il huloit leur permeare 3order. Eli bien ! les ccmmiiîàires civils on: lenti la iite de concilier les vues di'iuma nue à cet égard -avec lelures de riiJ;uevir. Les commilîaires civils n'vjnc re- é des rades de la, colonie que les batiniens armés en e, parce que ceux,- ià ieuls pouvoieni tavorif^.^r une me hoflile. Ils ont lailFé la plus grande latitude aux lens non armes, aux navires du conimei'ce qui étoient ipaiemcnt chargés des réfugiés de la ville du (^ap , ceux- a voient aborder. me.M : Je demande à Sonthonax quel ei1; le porte de - Dommgue qui auroit pu empêcher la Hotte de mouiller in port de la colonie. ithonax : Le Môle, le Port-au-Prince , les Cayes. "..euil: Une preuve que ni le Môle, ni le Port-au-Prince , Cap 5 ni les Cayes, ni Saint -Louis, n'anroient pu :her la (lotte de mouiller', c'eft que Sonthonax, n'ayant lui qu'un vaideau de 74 & deux frégates, a été born-' : le Por:-au-Prince , &c que la ville a été réduite par qu'il a fait lur elle. Le Môle n'ePi pas plus à l'abri enlevé que le Port-au-Prince, malgré qu'on r?it nommé -propos le Gibraltar de Saint- Dommgue. Je eoimois cette partie- là que Sonthonax, moi qui ai été alièz temps en garnifon dans cette ville j &, quoiqiie je is pas marin , je prendrois le Môle avec une frégate de lions. )mas Millet : Je demande à Sonthonax il un vailfeau de : peut entrer aux Cayes. thonax : Je ne lais point (\ un vaifïeau de 74 canons nitrer aux Cayes ,. parce que je n'ai pas dans ce mo- les cartes qui m'in.hqueroiGnt les fondes du pori: àî!S ; mais je puis allurer qu'une frégate peut entrer dans 3 des Cayes j je puis ailurer qu'un vaiileau de 74 peut .er dans la baie des Flamands ^ à peu dé dii- des Cayes ; cette baie ed déf-endue par une b;ir- °n très -bon état, c\: la ville des Cayes a un fort irade. La paife de ce:;:e rade ed tellement étroite &z lll f- > « M i- feœée de refcifs , qu'une batterie, quelque foibîe q loit y peut inquiéter les b^timeiis qui entrent, ôc ies empi de moLiiliei : voilà pour ia rade des Cayes. ^ Quant à ccîie du Mole , fi quelqn'an a appelé cette Is Gihraltar de Saint- Doniingoe-, ce (oni: les colons j i. toojoars car que je Tavois iaiile prendre par un bâti de 50 canons. Aujourd'hui ils êditnz qu'ils s'en empaiei avec une rréj^aie de 3 G canons. Ils ont dit qu'il y avoit 24 tiers de 18 pouces. .* * • ' Vcrnciiïl'. De 12 i Soîithonax : De 1 2 , & des pièces de 1 8 &: de 24. '" Vcrneuil'. il n^y en a jamais eu de 1 8 j mais cent & que fièces de canons de 24. Sonthonax : Toutes les, batteries font croifées , les ficaticns (ont Ics meilleures du n-auveau monde après de la Havane ;,-une ilotte de 50 voiles 3 tant vaiffeaux qui gâtes, ne prendrait pas le Môle. Quant- au Port-au-Prince,, il efc vrai que dans l'état étoit iorCque nous l'avons aliîégé , il éroit- acceiîlble d( les côtés, parce que le fort Liilet, qui fe trouve au îi de la rade , n etoit pas réparé. Il l'a été depuis ; al pouvoir tenir, fur -tout lorfqu'il n'étoit point atiaqu une armée de terre. 11 etoit impoliible qu'une armée cenciit dans .es environs du Port-au-Prince , foit au mentin, (oit du c6té de l'Arcahaye ,^ parce que ces en* étoient défendus par des ralleinblemens rufiiians d'hoi libres, tous bien unis, de qui avoient intérêt de repc ies incendiaires &c les aiiaiîins. VcrntuiL : Je ne repondrai pas à Sontlionax , il aj comme un iioinrne qui n'a nulle connoiilance de cette p là. Il efi vrai qu'il y a au "Mole 1-24 pièces de 24,1 mortiers de ii pouces; mais, quand il y en auroit dj rage, la façon dont les batteries font difpcfées fait ^ bâtiment , une frégate de 40 ccncns , pourroit aller au de la rade fans être infuité. C'efc ce^ qui ed arrivé la dernière guerre, oà nous avons vu enlever par un cane glais des batimens qui étoient au mouillage. c ^^5 ^omhonax : Il eft très - poffible qu^uii canot enlève un ire aa mouillage, il ell: pollibie que lartiilene n^atteigne un canot i mais un vaiileau de 74 canons, qui oifre ' luimce plus ccendue, ne réliftcra jamais aux batteries du lie. ""horkas^ Millet : Certe difcuffion ne fait rien à la quef- 1 i il s agit de dilcuter l'intention de cet otdre , donc thonax a voulu récufer la validicé , quoigu elle ne fût recuiable , puifque rorigmal a été depcfé à la munici- re de Kennes, que l'expedidon eil n^ijiitQ par les ofn- 5_ municipaux, cV vilée par le comité révolutionnaire, mcnax dit que lordre étoit de Lavaux j mais Lavaux rû p;is ordonné au nom des commiif aires civils ? On s tn aiîurer par le texte de Tordre , qui porte : d'après les :s des commijj' aires civils. a été dit que le devoir du commandant militaire étoir ^rendre toutes les mefares néceilàires pour empêcher licente : mais, li celui-ci vouloit Fempêcher , il fu^ qu il mît en baraiiie fur ie rivage la garni fon & la e nationale ^ui étoit très - iiombreufe j et l'ordre de lur les valifeaux étoit celui qui devoir opérer la deC- K)n de la ville du Cap -, car^ fi , au moment de la nue y le commandant des forts eût tiré fur les vaiifeaux, :anons de ceux - ci & les canons des frégates auroipnt royé la ville & les batteries , d^autant plus que la bat- principale du Cap , qui eft celle de farienal , eil do- :epar les vaiGfeaux qui font en rade. Ce qui me prouve mage fintention où étoient les commillalres civils de iirek ville du Cap, c^eft que, lotfqu ils ont vu que manœuvre ne leur avoit pa.s réuili , ils font fait détruira es nammes. nthonax : Si les habitans n ont pis tiré fur la ville eft pas du tout la faute de Galbaud & de fes adhé* i car on voit^ -dans le procès - verbal du conieil de e tenu à bord du Jupiter ^ que les officiers de la ma- ont employé toute 'leur iniluence pour empêcher qu'on atlur la ville. Les complices de Galbaud , défefpérés avoir pu réuinr dans ce à^ïxem , fe tranfportent fui: ». ) t • i > , f les mornes qui dominent la ville , d'où ils tirent def pour l'incendier. De l'aveu des colons mêmes , une b terie , placée (ur rhabitation de la citoyenne Maufan tiré fur la ville. Les déclarations qui ont été lues pn vent qu'une autre batterie placée fur le morne de Boni Poirier a égalemeni: tiré fur le Cap ^ ces deux batteries étoi ■• ferviss par des marnis. Thomas Millet a dit que c'efl notre ordre qui a p: dui: Tinceniie & la deftrudion de la preique - totalité Cap- • • • • • " Thomas Millet : Je n'ai pas dit cela. Le préjvdcnt : E^épétez ce que vous avez dit. ■ Th. Millet : J'ai dit que je voyois dans cet ordre- T tenîion manifefte de détruire le Gap , parce que fi 1 ficiet d'ardllerie eut obéi , & qu il eût tiré fur les vaiifea ceux-ci auroient^ ripoilé , & que plus de cent canons roient eu bientôîi détruit la ville , mais que Polverel Sonthonax , voyant leur coup manqué de ce coté , avoient incendier le Cap. Sonthonax : Comment voulez - vous que cet ordre c tienne Finrention de détruire la ville , puifqu il ne regc que les vaiffeaux de la -rade, & quil efl limité au cas la rade tireroit fur la ville ? c'eft le cas d'une jufïe défei Vous êtes les agreileurs -, falloit-il que le commandant : litaire ■ reftât les bras croifés, & vous vit tranquilleiTi venir égorger les commiilaires civils & le^s troupes de -li qui les^environnoient ? Lorfque les vaiifeaux tirent fù'î ville ou menacent de tirer , n efc - ce pas^ le cas de^ rip ter? n'eft-ce pas le cas d'une, jufte & légitime défenj c'ed celui où fe trouvoit le général Lavaux , ôc qui Itl timoit l'ordre qu'il a donné. Il n'y a rien à répliquer à ce( je viens de dire. Thomas Milkt : Si le commandant d'artillerie avoir eu T prudence de tirer iGrfcjue des marins font deicendus^, l'ordre porte pofitivement en cas de mouvement de delcer il à cette époque rofncier d'airillerie eûr^obéi;, un canon ôc une batterie. D'ailleurs, on na jamais tiré lur la ville, mais fur le quai pour écarter les nègres qui venoient maflacrcr les femmes & les enfans : jamais on n a tiré fur la ville. Fondeviolk : J'obferve que Sonrhonax à ce fujet a ordonné une vifite par la commillion intermédiaire, & 1 abbé de la H".ie, cure du Dondon , pour vérifier fi l'on avoit tiré fur le gouvernement à boulets rouges; qu ils fe font traniportés à fancienne coiriédie qui étoit brûlée : on a trouvé là des bo-.dets qif on a prétendu tirés de ia racle; on a envoyé chercher Artaud, propriétaire de ia maifon , qui a déclaré que ces boulets lui fervoient à faire le tonnerre , & il a fallu 1 aiiertion de Fontaine, diredeur & aéleur , pour ne pas le mettre dans le procès-verbal; mais il a été prouvé que jamais la raae navoit tiré. Sonthonax : Jamais je n'ai accufé la rade d'avoir tiré, car dans ma relation cfiicielle à la Convention nationale, je ne prrle que de la batterie placée fur le Morne de Thabiration Marfan; il eft vrai que j ai fait faire des vifues pour conftater fi la bciTibe avoit tiré fur la ville ; il a été vérifié qu'on ne trouvoit ni éclats de bombe ni traces de bombardement , de certes, je n'accufe point les colon: , ou ceux qui ont defcendu à terre , d'avoir bombardé, mais je déclare qu'ils ont tiré à boulets rouges , car il y a des traces de ce délit trouvées dans des maifons bâties en bois. ;- 228 Je demande à Sonthonax d'où partoient le F'crneull bombes. Le préfidem : Il n a pas dit des bombes. Sonthonax : Je viens de dire que je ne croyois pas qu Ion eut bombardé 5 je déclare qu'on n'a point trouvé d traces de bombes , mais (eulement de boulets rouges : de boulets reités dans les foîives de quelques maifons de boi indiquoient que ks boulets avoient été rougis , car ils avoien mis le feu. ■ ' Verneuït : Je prie Sonthonax de vouloir bien me dire pa quel m.oyen il peut diRinguer li ces boulets ont été rougi ou non ^ comment après la recherche on a pu vérifier c< fait. Somhonax : Quand ime maifon eft intade Se qu'on îrouv< un -boulet dans une lohve, que ce boulet a enliranmé cett( foiive 5^ il eft iinpoiîïble de nier que ce boulet n'ait été rougi Lodquon a tiré à boulets rouges fur YJméncaj, un boule- a frappé le pied du mât, eh bien! ce boulet, étant redé ^^^^n] le bois, avoir mis le feu au mât , ôc Ton a été obligt de réteiiidre^ : quelquefois le boulet s'éteint en entrant' dan* le bois 5 m.ais le noiixi qui reife autour prouve que le boulei a. éié^ rougi. Au refte , je m'en rapporte au procèsrverbaj que Ton trouvera dans les pièces. Le préfident : Paiîe à un autre objet. Thomas Millet ^ Sonthonax a dit que l'ordre donné de repouifer les vailleaux ne regardoit que ceux forris avecj Galbaud, &c nous avons prouvé que cet ordre a été exécutél |relarivement à YJJlrée qui venoit des Cayes , il a dit que 'America n'a pas été fournis à cet ordre , parce que ce vaûlfeau, dont l'équipage étoit relié hdhle à la République &aux commiilriires civils , ne pouvoit pas être compris dans cet^ordre; il a dit enfin que ï America étoit allé en croifièie, niais il ne vous a pas dit que de cette croifière il n'étoit pas renrré & qu'il étoit parti pour France : nous ne fîivons pas, puiiqu'il n'efl: pas rentré, fi fori motif n'étoit pas 1^ crainte de ntaQ pas reçu dans le porr ) 1^9 rcmniÙ X îl a t:e cliargé de porter Fûrgent de Son- ion cix Sjnthonax : Je demande la pnrole.' Je prie la ^ccmi-niiiicn^ e fe faire reoréfenter îcs journaux du vailfeau ï Amcnca de "S aôles d^ déDot de Fargent ou des deîivées qu on dit que ai mis à (o^ bord. Je me (oumers à la preuve teftimonialè es officiers de l'érat-major: quon leur demande s il y a-oit bord de VAmérka des denrées ou de Targent -^ je déclare ue là-deiUis je me loumets à la preuve teftimoniale , aux éclarations des oinciers de ÏAr^érica , quoique ce bâtiment ;it parti fans ordre pour les Etats-Unis. Thomas Mïlkt i Je reviens au fond de la quefàon. Je dis a puiiqu après fa inirpouT aller en croifière , il efl pard pour France & on pas pour les Ktars-Unis. Sonthonax : îl eft parti pour les Etats-Unis i car il a mouillé .ans les rades des Etats-Unis. Thomas Millet : Je déde cent mille Sonilionax de prouve^ 3 fait ; il n eft pas vrai. Sonthonax : Ce Bit efr indifférent en lui-même, quand je \e le prouverons pas -, on ne pouvoir pa?î notifier un pareil )rdre à ï Amener. , puifque Je vniiieau Y America étoit redé ians'' les rades de la colonie. Thomas Millet ciit qu'il eft ii-ouvé que la {xégate ÏAflrée a reçu Tordre de s'éloigner les ports de la colonie; Thomas Millet approuvé ce iaic iv£c la pièce falGfxée qu'il a produite hier-, il étoit bien né- zeiTaire à ceux qui ont fabriqué la pièce ( car il fe trouve in fauffaire entre les colons cc'lé contre-amiral' Cercey ) , 1 étoit néceHaire, dis -je, de trouver,^ de fbppofer des trimes aux commill2ires civils peur couvrir leur dcfobéiilance. Ce ne (era pas fur des allégations que je ferai jugé , pui(que l'ai produit'le regîRre , la pièce imprimée ; il ne peut plus ceftcr de doute à cet égard. Thomas Millet : Je remarque que Sonthonax a la liberté Tome FIII. Soixr.n:c-quiniu-m.€ llyrai/hn, Q 5 >,, k T. kè-- i- ée mm appeler faufTaires , t^didis qu'il eft bien convainc f!:,wf • """^ '^"^ q'-^i^nous entendent , que s'il y a eu < fauffaires c eit entre Cjrcey & Eauzé, c'eft-i-d)re , Sava> hoaime de confiance de Sontlionax. , ,-^« /r^ic/îf ; Ce qui concerne le matériel de la pièce ère traite iuer • • i- wv de W ""'"'■'■ -'p'^'^ Savary a été fauffaire , apportez l'orc deSavaxy not.fe a Bauzé; tant que vous- r.c nie le monae. p^s ligne ce oavr,ry , je ne pois accufer que ceux qui fo pox^iears ou îabncateurs de la pièce que vous a^•cz produi, _LcprcJldem : Le matériel de Sa pièce a été difcuté hic i^3,72^. /W&f : Scnrhoaax vous a cité l'ordre de Delpecl Cet orore eoniiftoit à repouiîer les VaifrefaK; cet ordre e pWm-de en lui-même, car ce n'étoit pas avec la fréga 14//«. queDeîpech avoir aux Cayes, quii eût pu repoull, des vaiiteaux de 74 canons , s'ils avoient pu aborder Je d que lors par extraordinaire il en r,-,ouiile un , f & je nen^i r,-?IT t-Pft ? T'"" '",' '3"' J'^ "-'^^S^e ) il mouille da. la laûê de I iftel, hors de la portée du canon des C-.y-, c ^1 y a une batterie qui n'a que des canons de li, & "nui cènes, n eut pas réiîfté aux car:c„s de 56. Enfin , fc réfumim SoMhonax vous a dit, en deniièie analjfe , que cet ordr __g:irdou qus les vaiileaux parris avec le général Galba^a & quelle aroit clone 1 inilueiice de Gaibaud fur ces bârin-ns «t ï America & h fVégate XJllr^ii, 1^ 2-) 5 7/^. MïHct :-II en refaite toujours que le vai fléau h Jupiter oit de la ilarion. Brulley : Neuvième chef : Nous les accufons d'avoir pré- 'ré la conquête de la colonie aux ennemis de la France j & avoir livré aux Anglais la ville' du Port - au - Prince ^ avec us les bâtimMs du commerce français qui s'y trouvoient. Le cmier article que je claiie fous ce chefefl celui-ci : Ils ont vorté arbitrairement ou forcé de fuir ou fait rnajfacrer les 'àncais défenfeurs naturels de la colonie. Dans les débars relieurs on vous a prouvé avec quelle facilité Polverel dc nthonax le font livrés aux déportations arbitraires s vous i?z vu avec quelle afieétation ceux des colons Français les is énergiques ont été éloignés de la colonie , par le fait ces mêmes déportations. Vous avez vu que les militaires His de France qui s'étoient confacrés à la défenfe de la^ onie depuis le commencement des troubles , ont été com- s dans ces mêmes déportations; vous avez vu des militaires? régiment ci-devant d'Artois , de celui de Normandie , Provence & de la garde nationale du Port-au-Prince y \s avez vu que Sonrhcnax a mis hors de la loi ces mêmes nmes qui , en formant le cordon de rOueft;, avoient préiervé :olonie d'une deilrudion totale. Il efl: donc bieia prouvé les débats antérieurs , que Sonthonax & Polverel ont tout ce qu'ils ont pu pour priver la colonie des moyens de enfe , eu elle devoir naturellement trouver dans les hommes plus intérelîés à la coniervation. Delà vient que nous •ns dit qu'ils s'éroient attachés à priver la colonie des .nçais 3 de fes défenfeurs naturels ; certes, perionne ne :a que cekn qui efl propriétaire , qui arrofe de fes fueurs terre qui ed fécondée pour fes avantages, & ceux de la' nce ; que celui-là, dis-je, ne foit le plus inréreifé à dé- ire la colonie contre ies ennemis extérieurs , à défendre l'a iuie contre les troubles & les dévailations intérieures, yerel fc Sonthonax ont donc privé la colonie de (es dé-' eurs naturels •, ; eihcace ux p ils ont donc concouru > de la manière IdL cace 5 à Ion envahiilemenî: par l'ei nemi extérieur ^^ régies de déiaih'e.^ caai-;s par les ennemis niréneurs ^ ^tret , obiervez que les ^Efpagnois de les Anglais n'on iiiencé à fe rendre inaïues à^s iKirrs de Saine- Doniinguea r ife r i- 1^ # • m ^v 134 ' qu immédiatement ::prcs ces déportations, quimmédiatem après les maiiacres^ de la plus grande partie des blam quimmédiatement après que la colanie s'eft vue privée ces mêmes défeufeurs qui 3 pendant quatre ans , avoient li pour ia conlervation des colonies. Qui eft-ce qui a li les por ions les plus importantes de la colonie ? Certes, ne font pas les hommes qui avoient toujours concouri fa défenfe jufqu ici j ce ne font pas ces mêmes colons i Polverel Se Sonthonax n'ont celle de qualifier de fadiei ce ne font pas ces hommes qui étoient reconnus dan; colonie pour être dévoués à la France,, & toutes les allé tions à cet égard font démenties par de s faits authenriqi Entre autres preuves , je vais vous en citer qui vont v convaincre que ces mêmes homjnes de couleur que Sontlio ne cefTe de vous peindre comme des patriotes , comme amis de la République , n ont celle de fonger à livrer Anglais & abîx Efpagnols les portions de Saint -Domin confiées à leur auiorité par Sonthonax ; je parcours rap ment les côtes de la colonie ^ je vous remets fous les y les ports livrés à Tennémi , Ôc tous , ou prefque tous , 1 été par des hommes de couleur. Qui elt-ce qui a livr» fort Dauphin ? c'eH Caudy , Thomme de couleur qui a; choit les yeux des blancs avec des tire -bouchons , con vous Tavez vu dans les précédens débats } Qui a hvré Se Marc ôc toute fa dépendance ? Qui eft-ce qui a traité f cet objet , non feulement avec les Anglais , mais avec Efpagnols ? c'ed Savary , homme de couleur , maire & miniilirateur , commandant de ces quartiers , agent de S tlionax. Savary, après avoir livré Saint-Marc aux AngL a été pour traiter avec les Efpagnols ; les Efpagnols fe ; emparés de lui , & l'on envoyé aux Mines où il eft v femblablement epcore.. Le pré/ident : Ceci paroît étranger à la difcuiïîon tuelle . Brulley : Je rentre ici dans le premier article*, nous accufons d'avoir préparé la conquête de Saint-Domingue ennemis de ia France. Lepréfident : Je t obferve^ citoyen., que tu ne traitoispa ^m lef en général, mais feulemenr l'article premier qui portes l'ils ont déporté arbinairemenr , conrrainr de fuir ou fait adàcrei les Fiançais, deienleurs naturels de la colonie. Br.dley ; Je prouve que ce font les défenfeurs naturels de colonie que Ion a chaiîés. Le préjident : Alors tenez-vous en là , & ne parlez pas prclent de ceux qui ont livré la colonie. Bru ley : La déportation des habiians a été prouvée par les écédens débats-, on n'a pas befoin d'y donner plus d'exten-. m : mais nous nous propoions de démontrer dans un ticle poilérieur , de prouver que ces mêmes hommes aux- :els ils ont coUiié le commandement, font ceux qui ont 'ré la colonie. Le deuxième article eft ainfî conçu : Ils ont empêché que murùcipalUts ou les commandans milïtains ne mïjjent les tes en état d: dtfcnfc. Il exiile dans nos archives , qui font tuellemenr dans les vôtres y une letîre de la municipalité Port-au-Prince qui nous a été adreifée à nous , Page & ulley, qui nous a été envoyée oflicieliement. Cette lettre Duve que fur la réquifition qu'ils avoient faire au comman- nr militaire de mettre le Port-au-Prince & les auties forts état de défenfe le préfident : Produifez la pièce que vous indiquez. Brul'ey : C'eft une pièce officielle que vous trouvez dans • archives de la com.miflion des colonies j je ne m'étendrai s davantage fur cet article , parce qu'il regarde parti- librement Polverel. Le préfident : Quel eft le numéro de l'inventaire & la date ? Brul ey : Je ne me les rappelle pas, demain nous montrerons liaffe. Tk. Millet : Le rroifième article porte : Ils ont tewx tout en ^nation , & éloigné les forces maritimes de la Fram:e. Il eft itile de revenir fur les débats antérieurs. Vous avez vu ir proclamation qui défendoit à tous les commandans de marine de forrir du port fans leur permiilion , & dont fet a été de tenir les forces mariâmes en ftrignition ^ les empêcher de remplir leur mifEon, qui étoii de prci:é|;e;; y- le commerce , èc de diffiper les ennemis extérieurs. Vc avez vu encore celle du 24 juin, qui ordonnoit de repôuf des ports de la colonie, les vaiiTeaux armés en guerre i il donc réfulté de ces deux ades publics de Sonthonax , q d'une part les commifTaires civils ont tenu en (lagnation forces capables de combattre l'ennemi , & de l'autre p; qu ils ont éloigné de la colonie les forces deftinées à repoui: les ennemis qui viendroient attaquer Saint-Domingue. La féance eft levée. Le reglflre des prefences eji Jigné y J. Pîî. GarrAi "prêfident ; Fouche (de Nantes), fecrétaire ; Merlin< Grégoire^ Dabray, F. Lanthenas,' Molleyaut. Du lHÉI A37 Du 8 Thermidor j l'an troijieme de la République francaïfe ^ une & indivijible» \-jk rédadioti des débats de la veille eft lue & adoptée. Brulley : Le quatrième article eft ainfi conçu : « Ils ont îcrit à Geneft , minière anx Eta s Unis ;, d'y retenir les "orces navales , & les colons réfugiés de Sainr-Dcmingue |ui demandoient à venir défendre cette colonie. ^^ Voici" la )reave. ( Il lit. ) '.es commijfaires de la République ^ à Genefl' , nûn'Jtre pléni- potentiaire de la République françaifi près les Etats- Unis d'Amérique, « La défedion de la marine ePj complerre : le vaillèau Amenca , \qs frégates V Afir e ^ VInconfante ^ W\nio tEx~ édition ont pris Ja même route que Galband , ils ibnr fans oute adueilemen^ dans vos ports. Les bâtimens anglais roifcnt fur nos cotes j notre cabotage eft inrercepré T les i^itifs de Saint-Domingue deviennent /,? proie des corfaires nnemis , &i roui feror dcfefpéré pour les Européens fans otre incbranLibîe fermeté. » Le leul parti à prendre dans des circonfrances auili fiiÇ-- ciles , éroir de donner un grand exemple de juflice ; je Tai lit en proclamant les droits de ITiomiiie dans la provinc'e u Nord, j'attends de grands effets de cette mefure ^ & d'ail- 'ursy quels que fuient les éyènemens futurs ^ en ne pourra pas me fufr la gloire d'avoir fait tourner au profit de f humanité une itafrophe do. t je n ai pas été caufe, » Fous pouvc:^ di-po/er de la manne en dé/enicn, ainf^ue '.la pourra co venir le mieux aux int rets de la B. puhUcCe ■ ous ne la réclamons pas , elle nous a fait trop de mal . ^elù '. peut plus nous fervir, La Convention nationale doit faire Tome FIIL Soixante- féi^àmt liyrcufon, P^ r A- 1K % i. • ir. .38 une grande jullice des chefs qui ont lî indignement trahi fi eaufe & les principes. » Signé ^ SONTHONAX. ^ » p. *S. J'attends avec impatience des nouvelles de Télar gilïement de Polverel fils. » Ci-joint trente exemplaires de ma proclamation du i* août.» Cette pièce efl extraite du Courrier de la France & defe Colonies, Duny : Elle fera paraphée par nous & dépofée. M Sonthonax : J'obferve que e eft un journal fait & imprimi à la Nouvelle- Angleterre , dont les colons ont reconnu Tau teur comJp.e un royalifte ^ un ennemi de la République frar çaife j aucune foi ne peut être ajourée aux écrits tranfmi par un pareil homme. Brulley : Je demande alors que la lettre foit vériHée fu Fonginal , qui eft dans les regiftres de Sonthonax. Smtkonax : Je ne nie pas la lettre , & je ne crois pa qu elle puifis m 'inculper -, d'ailleurs , quand je répondrai on vériiiera. Le préjident à Brulley : Continue. Brulley : Cette lettre eft du 6 feptembre 1793 \ à cert époque les Anglais menaçoient férieulemenr les cotes d Saint-Domingue , &z la preuve ^ c'eft que c'eille 19 feprem bre qu'ils fe font rendus maîtres de Jérémie. La lettre el du 6 feptembre , & c'efc le i^ qu'avec un vaiifeau de ;( canons ils fe préfentèrent devant le Môle. Ainfr donc Soni thonax;, comme nous l'avons articulé , "comme je viens d le prouver par fa lettre, écrivoic à Geneft qu'il n'avoir nu befoiii de forces -, & dans le même m.oment un vailfeai feol s'empare de la place la plus importante de Sainr-Do iiiingue , & dansce moment les Anglais avec deux frégate] s emparoient de Jérémie. Il convient lui-même que tout 1( cabotage étoit intercepté. îl convient qas le défaut de bâti mens de guerre mettoit la colonie dans le plus grand danger & cependant il n'en veut pas. Il dit que c'efl parce qu'il lont en défertion j mais, on ne peut pas oublier que quanc on lui a dit qu^ la ziznnie en*re les hommes de couleur & les marins pouvoir devenir ^'oiiQiiQ à la coloaie , il a répondi, 239 que quand on pouvoir armer 400 mille hommes d'un feul coup de fifflec, on navoit rien à crauidre de la mauvaife humeur des marins. Sonthonax : Je nai jamais die un mot de cela. BruUcy : Cependant il eft confiant que ce font Ic^s guerres fiiire les hommes de couleur & les marmi qui onr amené la cataftrophe du Cap , qui onr éloigné de Sain:-Domingue les forces navales , & qui ont préparé la prife d'une parde de cette colonie par les ennemis extérieurs , puifqu*: c'eft le 17 feptembre quiis ont paru à Jérémie , & le 19 au Môle. Cet article porte encore qu'ils ont prie Genefl: d'empêcher les colons réfugiés de venir déirendre la colonie ; il faut vous prouver , citoyens , que les colons de Saint-Domingue n'ont point, celFé de demander à Geneft , miniftre de la République aux États-Unis , de les renvoyer avec les forces navales à Saint-Domingue , que les colons n'ont pas celfé d'offrir à Geneft de retourner à Saint-Domingue pour repouiîer les Anglais. Déjà l'on vous a lu ici plufieurs lettres à ce fa je r. Je vous lirai quelques fragmens des lettres des colons ré- fugiés à Philadelphie , qui nous ont écé adrelTées officielle- ment, (Se qui font dépofees aux archives. Ils reprochent à Geneft d'avoir envoyé l'efcadire pour fe croifer fur Saint- Pierre & Miquelon , précifément dans le temps où les vaif- feaux anglais , en bien plus j?€tit nombre que ceux de Saint- Domingue 5 fe rendoient maîtres de Jérémie Se du Môle. lU ajourent : Vous éiiez miairres des évènemens Ôc des forces , éc c'eft nous que vous aceufez ! Vous euiîiez pu protéger le Môle & Jérémde contre l'opprefîion des délégués à Saint- Domingue & les attaques des Anglais , Sz c'efl nous que vous aceufez ! Vous euiîîez pu rérabUr les colons de Saint- Domingue fur leurs foyers , à l'abri àes meurtres qui les en ont fait fuir , ôc c'eft toujours nous que vous aceufez î Voici ce que les colons écrivent à Geneft : ils n'ont ceffé d'infifter par leur correfpondance pour qu'on les envoyât centre les Anglais , pour qu'on déployât contr'eux les forces que Geneft avoir aux Etats-Unis -y éfe il e£t bien conf- raté que c'éroit la correfpondance de Sonthonax qvà a induit Geneft en erreur , ce qui , en fuppofant qu'ils ne fuirent pas d'accoid enfemble , a du moins été la caufe que Geneft n'a pas obtempéré à la demande qui lui croit faire d^'aller R 2 1^ IL» 149 «u fecours de la colonie. Geneft s'eft refufé non-feulemen, à pennetrre aux colons de s'embarquer Se d'aller TS SrS T Le prcjLcient : l^a date ? ^ Senac : îl n'y e^î a pas. Sonthonax: JobiVrve, fur le matériel de la pièce, quellî ne preicn^ . aucun caïadère oiïïciel ni authentique ; c'eft m cer^iticar donne proDahlemenr en ^rance ou à la Nouvelle- Angleterre , je le vois par jes ngna^u^es. Ces hommes ne {^ni poin.: omciers de h r^ nne de la République ; je ne fais pa: même , ûs (ont oiUciers du commerce. Aucune efpèce d at- tedation ne rertiiie ces iignatures : ces déclarations ne foni pomr laites paraevant le. autorités conftimées établies à h Mouvelle-^uigleterre , elles ne lon^ pomt foites pardevanr les aurorres conibruees de la Républiaue en Fr^^nJe Senac : Jo (eive, fur ce que vient de du'e Sonthonax, que es deux penonnes dont il efl queftion ; font, l'un nom- me L'ejean, 6c 1 aiirre Sicart , capitaines bordelais, quon pourra taire entendre quand on voudra ; Ftu. commandoii un bâtiment marchand, noimv.é le Bien^J,me\ au Port-au- Pnnce lors de la priie de cette ville ^ & Sonthonax le fit arrêter & conduire en prifon , parce qiui n'avoit pas voulu donner ion on Sicart eil le lieutenant d'un bâtiment com- mande par 1 Aiprati Sonthonax le connoît bien j il eft à Eor- deaux , aink que Dejean. Leprefident : La commiffion ordonne quelle fera para- phée & depoiee en la forme ordinaire. Sonthonax : D'où il fuir que c'eil un certificat combiné en l^rance enae les déclarans Se les colons. Senac i Cela n'a point été combiné j on fera entendre leî témoins , 11 1 on veut. BrJlcy : Le feptième article efl ainfi conçu : « Tîs onr or- S!T/ ' ^/^^^f ^^*;^.^"t des Français , & ont fubflitué leurs afiidés a à2s^ fonflionnaires pubhcs , recommandahles par leur patrionime. » Avant d'e>;aminer quel furie biir du déiar- mem^it desFran^is , il faut condater que ce déG.mement a eu heu, D aoord , je vois une proclamation du 21 avril 1795 ^^îgnee Sonthonax &c Polverel , par laqurlie il ell dé^ ienau a aucun cuoyen failkn: parde de la garde nationale. Î45 T)ir chez eux au-delà des munitions nécefïaires pour iplir leurs gibernes j il efl: défendu d'avoir ni poudre , ni es , ni canons , ni pierriers ; tout doit être remis au ma- ri de l érat pour être employé d'après les ordres de Pol- ?1 & Sonthonax. I ")n dira peur- être qu'on laiiTcit aux citoyens quejoues vens de défenfe -, mais il y a une autre preuve du défar- Tient général : c'eft une proclamaiion de Sonthonax feul , 27 février 1794. Il la lit. ) Proclamation de Sonthorn'-^ ^ du zj février 1754^ an IIL ' Le 15 novembre dernier nous avons donné l'ordre de armement de la garde nationale du Port - Républicain : ordre contenoit une autoriGtion donnée au commandant la province pour reftituer les armes à tous ceux qui le^- ?nc reconnus dignes de s'en fervir pour défendre la cauie la liberté &c de l'égalité. ' Un très-petit nombre de citoyens s'eil préfenté pour les (amer , ôc les armes ont été diftnbiiées^ foit à la légion de »alité , foit aux volontaires nacionar.x -, de manière que la tie la plus eirentielle du peuple de Saint-Domingue , celle i a plus d'intérêt au fuccès\ie la révolution, fe trouve ourd'hui former la force publique de Saint - Domingue 5 is les ordres des commiilaircs civils. •> Cet ordre de choies a déplu d^abord , foir aux Europém nrplantés dans la colonie, toit aux créoles eux-mêmes, is dimnétion de couleur. Mais l'arrivée des Anglais a chan* entièrement la difL^ofition des efprits : les habitans du irt- Républicain n'o'nt vu dans les armées du tyran de la -ande - Bretagne que -nos ennemis naturels j tous ie lont .mis pour les repouifer. La rade a donné l'exemph. , Bc les av€s marins de l'érat Se du commerce arcen::lent dans nos f s rinftanr de Ce fignaler ^ tous font difpofés à brûler le? :hes cargaifons dont In conduite en Europe leur eftconiiee , à donner ainfi un grand exemple de patrioîiGme , pUut^c le de livrer aux ennemis de la République des movius •ilïans de lui faire la guerre. » Le moment eft arrivé où tous les habitans de Saint-Do- ingue, fans ;diillnaion4'éeat ê<, de coukur , font appelés à r t 1^6 défendre pour leur propre intérêt , la caufe de l'huma yeux des Africanis dans la iervirude , eit enfin tombé ; c.ave s eft meiuré avec Tes maîtres , il a vu qu'ils étoient hommes plus foibks que lui ; il ne retombera jamais dans ancien aviliiremenr. Malheur aux inCenCés qui s oppoiei au rnompne aes principes de pliilanthropie ôc de lib umverlelle qui germent & fe propagent parmi les natio jLes gouvernemens en délire auront beau vouloir confej les abus atroces qui font des Antiîles un repaire de tou^ crimes de 1 Europe , leur éclatante punition fera Teffroi coniemporams , Se fervira d'exemple à la poftérité. - L'eja les cdomnies que Fhorrible foif de l'or enfan contre nous Touchent à leur fin ; déjà la métropole, i tniite de nos fuccès, a proclamé la liberté générale des) gxes dans touces les pofiTeiiions coloniales, '^ Déjà peut-être un Ai^icain de la députation du N. de ..amr-iJomingue , fans autre recommandation que Ton t lens oc (es vertus , a 1 honneur de préfider en ce moment l^onvenMon nationale de France. » Dans ces circomtances , nous avons ordonné ôc ordc lions ce <[ui kiit : Article premier. « Le eolonel Desfourneaux ell autorifé à recruter le P rante-huitieme régiment parmi les citoyens de bonne volor qui le prefentercnt avec un fufil pour (ervir la Républiq contre les ennemis, pendmi Fefpace d*un an. I I. '; La liHe des recrues nous fera préfentée avant leur pre tanon deierm.ent, pour, ceux qui y feront infcrit^ , êr acm^is ou rejetes , iuivant les témoignages qui nous fcro. *enaus par les chers militaires. I I L ^ » Les oiHciers du quatrième régiment , à défaut de cei eu quarante-nuifième , commanderont les nouvelles compî gnies, qm, en aucun cas, ne pourront s'élever au delà c ûeux Cciits hommes. ' i. ^47 I V. Ces campagnies feront orgâiiifées clans le plus bref iié- elles prêteront ferment entre nos mains , ôc en prelence a léqionde fEgalité Se des volontaires nationaux, de idre jufqu à la mort la liberté des Ah-icains a Saint- il préfente proclamation .fera imprimée, publiée isc hée par-tout où befoin lera , enregiftrée à la comm.aioa médiaire , a-ux municipalités Si tribunaux de lUuelt ÙC s'ord de Saint-DoirJngue. , m r 1= Requérons le gouverneur par intcrm des Jl!es-lous-ie- de tenir la main à len exécudon. Au Porc-Républicain, le 27 février 1794. l'an troifième 1 République. _ , „ ^ ^ >, Signé, SoNTHONAX. » Par le commiUaire civil de la République. Signé, Gavlt , fevétairc-adjoint de la commiffio.i. ous voyez que par cette proclamation Sonthonax a fait aveux bien précieux. Le premier , c eft que le i5 novem- iTOA , il avoit ordonné le défarmement de toute la garde onale du Fort-Républicain ; le fécond , çeft que les armes ,ent été diftnbuées à la légion de l'Egalité : cette légion ' comrofée d'Africains & d'hommes de couleur; dema- •e que la partie la plus effentielle , la plus attachée a la olution , le trouve compofer la force armée de Sa.nt-^o- ,ç;«e ; ce font fes expr.fflans. Il appel e le peuple de St.- mingue ceux que , dans le cours de la même proclama- U il appelle des Africains. De deux choies lune; oix ce PS t'Jt compolé d'Africains eu de Français ; s 1 s iont -icains , ils ne font pas Français^ s'ils tont le Peugle fran- s , ils ne fonr pas des Africains. Le ferment qu il tau pre- enfui-e el illafoire , carce qu'il eît inutile de i-ùire )urer à . Français de «ainrenir la liberté d'autres Français ; tous renàoi<'nt la mcme caule , & ils n'avoienc pas befom de :ter un ferment qu'autant qu'on s'écaneroit de !a .01.^ L.a te de 'a pro^-lamarion contient fes déclamations ordinaires, ais ilannoncoit, peur induire sn erreur les habitans de int-Dominsue, quela Convention étoit prefidée par un •ricain de la parti? du Nord. Je lailfe à la commiiiien i3 i t K i HP* l » x L 14S Tea«xdéfordr% cela 'L. """"'''"" "'° ''' ^ ^' ' VOUS accufémr l'nr.; 1 ^-^S^^^^^i Çeftce dont nous r^e^ .^nM ^"^ ^''' ^^^^^"^ en place. Il eft de Ar r.t é publique que parroiit hs xA^c^^ (L r n , mandant nàlitaire onr 11 A^ ' lur-toiir celle duce ^^i-aïunax, tous hommes de coi' o.,r r „„ i eu en voir pnncipalempn- fi-nrrr W P Ù- '-«^^w™' commiraL avils onr ^cS' voiW l'^ T T S ,^°'!:i"""'^«-- --^f ires. Qu en eM éf "é c'et Ç.s horaraes a qiu Sonthonax avoit d-n-iP \j» l ^ leur fervice ne leur avoit pas n^né T-r^ ^^'",' "^ r/a.oient jamais fervi ; il en eft ri Ùlr| ' P"'*^^"! ^^ P'"P' vré t^'^^.^ r '^"""^ 'f^'^^" '^^ «ôtes onTéré eft fcu^s'les yeux du co^té dS^'p L^^f";! '! T ^" Jfiurés qa-o„ repréfVntant du peuple''i;;i:;^^.i TZt^ Le préfidait : Il faudroic indiou»- c-^ W-l:-r^. c i eom,™ffio„ puiife les chercher r^fiell^Lao^w; ;' """m* Th. M-Jl't ■ C'.^ „r-,. r aouve convenable ^'un ;0 c ; ;rvr / '= f^>t contenues dans un mémo.^ bn"d re oF -?e, . Sa>nt-Dom,ngue par le miniftre Da par le rcprérenr.ru du ^J^^^ï^ ''"™''^ ^' '^'"^ P"''''l i%nthonax : Son nom ? ■ Fcrncuil: Saint-Laurent» • H9 h. Mil/et : Cet ofEcier a remis toutes les pièces eue mon gue vient d'annoncer. ^ crnjLU: Entr autres une proclamation de Rigaud, qui ve ce qu'on vient de lire, 'u//..y : Il y a plufieurs proclamations de Kigaud ; il y a eurs déclarations de Rigaud , qu'il a remifes au comité • i les pièces , les mémoires , les états des différens corps oupes , qui conftatenr l'état où ie trcuvoicnt les troupes nt-Domnigue , qui conftatent la conduite qu'y ont tenu© erel 6c Sonrhonax. Il a fouvent invoqué le rémoignaeâ oldatsj le moyen d'avoir ce témoignage efl ici : il efï au ré de lalut public , qui les a fous les yeux. Je difois dons les places. .... nthonax : Je prie la commifTion de vouloir bien fe fair^ :tre devant les yeux toutes les pièces venant de Saint- ingue y Ôc qui accufent les commillaires civils. * 'Jlcy-yous y trouverez fur-tout des pièces conrre tous ndes-la , oes pièces qui conftatent que ce font eux qui vre la colonie aux Anglais & aux EfpagnoJs ; enrrs i pièces, je vais vous en citer une qui ne vous Iril^ra ? plus périt doute fur un des afHdés le plus inàrne de rel ôc de Scnthonax , Lapcinte. Cet homme a -té emps le fatlioriim de la ccmmiUIon civile : en ne juroit "^ j ^\j ^^/?'*^^'' m'a-r-cn dit, décoré d'un cordon avec iieciailie. Cet homme fe promcnoit par-tout , ézoit par- iivefti à-peu-près des mêmes pouvoirs que Polverel & onax. Vous allez voir la conduite qu'a tenue ce mèi^e "^^t'j;^ T?r' ^"^f r^" ^'''~^^ ^'"^ ^^^^^^^^^^ ^es autres. '^ ^ jy^iUet : n 1-aur oblerver que ce même Lapointe eft celui mmandoi: les troupes qui font venues attaqu'^r le Pc-r- nce. """ thonax : Le fait ell: faux. ^' j,^'?^ ^"^ q^^-i s'eft préfenté pour m'arreier avec les is d Orléans. :iey : Il agilfoit au nom des commllfaires civils il évnîr ;frnt. ■* '' thonax : ^ Je demande qu'on dcpofe fur le bureau hs irs donnés à Lapomte. ic : Niez-vous que Lapointe ait été décoré du r-b-^a r, quil (e ioit promené au Port-au-Prince , & qu'ij^ .^fé tout le monde avec cette décuiatio^ } . w J 1^» •_• J V 150 Sonthonax : Je nie que je lui aie donné le pouvoir de p ce ruban 5 & je nie même qu'il en ait été jamais porté à S Domingue pendant que j'y étois. Sénac : Lapoinre avoit le ruban lorfqu'il efl venu m'arr j'indiquerai ici cinquante perfonnes qui Tout vu comme r Bralley : C'eft un fait de notoriété publique. Sénac : 11 eft inconcevable que Sonthonax le nie. SQîithonax : 11 ell inconcevable que vous le fouteniez cet homme ne pouvoit porter de décoration qu'en vertu ordre à^s commilTaires civils. Il falloir un diplôme, unb ou une commiffion quelconque \ produifez-les. Sénac : Je ne. puis produire l'ordre , mais il eft conftan Lapointe portoit le ruban : apparemment qu'il en avoit h miÔîon , 6c il ne pouvoit la tenir que des- commiifaires ci' Brullcy : Je paiïe à la pièce qui va vous faire jugei pointe. \ (Il la lit:) Preuve de la trahïfon des mulâtres. Pqffeffion de VArcahaye _, au nom de Georges IIÎ j r la Grande-Bretagne ^ par M, Thomas Brisbane ^ corn dam en chrf à Samt- Marc G dépendances, « L'an 1793 & le 24 décembre, à midi précis, M. Lape ^ommandrait-général des pareilles coali fées pour réjijier à, prefjicn des ccmmilfaires Polverel & Sonthonax , a fait 1 la générale. Tous les citoyens compofant la force armé l'Arcahaye réunis fur la place d'armes , & formant unbara quatre 5 il leur a parlé en ces termes : «Messieurs, » Je me croirois indigne de la confiance dont vous m conftamment honoré depuis les troubles qui déchirent : trop malheureux pays , li je ne choifiirois l'inftant qui réunit tous , pour vous faire un tableau des horrtiu's •taMM lies nous fommes en proie. Le fpsdacle accablant de 1 inr> lie qui decruii la ncae plaine de Léogane , le fouvenir af- )i de la delh'ucbon de la province du Nord , l'état cruel de ?s du Sud Ôc de rOueft , font fans doute faits pour attrif- i'os cœurs : eh bien l Meilleurs , ces malheurs , quelque ids qu'ils (oient , ni iont rien en railon de ceux (lui nous : préparés." Vous n'ignorez pas fans doure la politique bar- 3 Se lanî^uinaire des commiifaires Folverel êc Sonthonax : s n'ignorez pas Tordre par eux donné du déiarmement gé- il pour pouvoir fans péril s'abreuver de notre fang. Cet •e , déjà exécuté dans la plus grande partie de la colonie y ible leur afïurer le (uccès de leurs projets dévaftateurs. La France , notre mèçe-patrie , en proie à des divifîons (lines , réiultat des crimes commis dans fon fein , gémit ; doute ("ur notre fituation , mais ne peut nous protéger : pagîiol indigné , parce qu il nous ctoit les complices de tous i-ortairs exécutés par une fedte abominable, nous menace irrer dans notre territoire, dont il eft déjà voilin , la torche le main , & le poignard de l'autre , Ci nous ne nous hâtons, econnoître ia puiiïànce. L'Anglais, touché de nos mal- ts , nous ofFre fa protection. Je lens , Meilleurs , qu'il eft dur à des Français que •nn.-ur a toujours guidés , d'abandonner leurs drapeaux j s telle eft la fatalité de notre fort , qu'il faut opter entre le meurtrier des deftruâ:eurs de la plus riche des contrées , la ninarion elpagnole , ou la proreélion anglaile. Je ne me mettrai pas de ciiercher à iniiuencer par mon opinion fur ")atri que nous devons prendre ; plus jaloux de votre faris- ion que de la mienne , c'eft à vous de prononcer. Je vous crie (euleraent à réfléchir fur vos convenances , nos rap- ts com.merciaux , Se fur les avantages que nous pouvons rer de l'adoption d'un des deux aerniers partis. ' Croyez, Meilleurs, que la France ne lauroit vous blâ- r d'avoir cherché à conferver les reftes infortunés des hom- s Se des propriétés de cette colonie. S'il eft des cas où l'a- idon de Ces drapeaux (oit excufable , c'eft (?,ns contredit ts que l'on eft réduit au point ou nous Tommes. D'après i> Meilleurs, prononcez , Se que la bannière de la nation î vous aurez choifie , arborée fur vos forts , foit le lignai »#• à' une protedion fans laquelle nous ne pouvons efpérer de Tivre long-temps aux trames ourdies contre nous. » Signé i Jean-BaptifleLAPoiNTB. » » Du filence le plus profond , obtenu pendant le temps ( parle M. Lapointe , s'eft élevé un cri unanime de Vivtfa jeflé britannique 1 vive fa proteàion ! vive Louis XVII ! vi tous les rois de la terre \ » » Aors le commandant des paroifîes coalifées contre \ lion a ajouté : * " Meilleurs , que rengagement: que vous venez de cont; ter ne foit pas vain & liluioire : il eft inutile de vous en exp- rimporrance , vous avez dû la prelfentir. Jurez-vous d maintenir de routes vos forces? jurez-vous de foutenir Tes tnvers & contre tous ceux qui pourroient s'y oppoler ?• « »> l^^s mêmes cris de Vive fa majefcé britannique ! yiv proxclian'i vive Louis XVI îi vivent tous Is rois delà ter s'étant fait entendre , le pavillon de Georges ÏII a été art fur les forts , falué de vingt-un coups de canon du calibre dix -huit; & M.Brisbane, maj^'^^r & commandant de Sa Marc & dépendances , invité à prendre polldlion de la pi au nom du roi fon maître, a accepté & figné avec tous ©iliciers ^es diiférens corps armés. ( Suivent les fignatures àes officiers. )- »j Signé y Thomas Brisbane^ commandant en chef à Sa Marc & dépendances; Jean-Baptifie Lapointe , Pierre Gi Hamot de Saint-Léger ; Pierre- Jean Beaulieu , commandi de Fartillerie foklée \ I,ully , Maurice Rébellion , Bruyèi! Delatoiu- y Jean-Baptifte Valmé ; Boucher , capitaine ; fi rette , capitaine de la gendarmerie; Eafqmer, Louis Ch; ver , Baye , Lafaline , Desjean , Patience , André Guithoi Tous ces officiers étoient ài:s hommes de couleur, exce] deux ; car il n exiiloitpreique pas d'ofîiciers blancs : SoubIioi I^ii'"'"'"^',''"''*''^ ^ Saint- Domir,guei un mé- C.Z f ^""^ ' chirurgien en chef d^l'hôpiral des ^^aves, fur les eveneniens de la partie du Si>T; un mémoire ae i^amotte. capitaine, commandant de TarriUerie du Pcrt- au-f rince fur les évènemens do i Oueft Se du Sud; un autre l"ir' f évènemens de Jacmel , fur les dilïerens -icves entre le commandant mulâtre Montbrun, & le •ommandanr mulâtre Eeamais, & fur les fuites funcft.s de ^itnM^^'f"' 'r '" ' ,>'"? proclamation du g,;néral mulâtre ^ Saud. Le fera par 1 inlpedion de ces pièces que la com- n liion ces colonies ie convaincra fi ce font les ^colons lianes qui ont voulu appeler à Saint-Domingue le joug de étranger. ^ s "= . ^%n[/ionax : Comme il peut Ce faire eue j'aie à rpoli^u^r 'IV'a j- ' ^^P,"^ ^'■' '^""imiffion d'interpeler l'homâs 'iillet de dire quel etoit ce Cardon Saint -Laurent, s'il çoit colon ou étranger à la colonie, dans quel corps il -rvoit , ou s II a été envoyé ofEciellemenr. Th. MUkt: Je ne connois pas ce Cardon Saint-Laurent; H^ns ces faits di, repré:entant du peuple Littée qui a mené - v^aidcn bamt-Laurent au repréientant du peuple Def»r- 'on, au comité de lalut public. FerncuU : Et lui a remis les pièces lui- mèm.e. ienac : Le huitième ardcle du neuvième chef d'accufarion t ainfi conçu : c= Us ont paralyié les forces environnant mt-au-Frince, en connant les autorités civiles & militaires " hommes de couleur leurs complices ». Pour juftifier ce it. Il fuMra ce vous rappeler qu à l'Arcahaye Lapoince, 3œme de couleur, commandoit; qu'au Port-au-Prince Muva!s& Montbruncommandoient; à Léogane , Marccilin _ Lacuihomere ; & a Saint-Marc, Savary , auiîi homme ■ couleur. Jl me fuffira de vous dire que tous les forts de '.mt-IJomingue, commandés à cette époque par les blancs, 't été relevés psr les Africains rendus Ubres par- Polveifel S z - l t 9 f m v: A' r. vr i$6 ^ êc Sonthonàx. Je prie le préiident d'interpeller Sonthona: "^' avoir a déclarer h les faits que j'avance fcnî: exadts. Sonthonax : Je déclare qu'on n'a jamais fait relever le -citoyens biaiics par les hommes de couleur au Fort -au Pnnce j que tous les changemens qui onr été faits à a égard , Tont été iaas aucune diftniction de couleur \ je dé clare de plus , qu'il y avoir beaucoup de blancs dans la légio dite de l c^ité , compoiee à la vérité, en majorii d'hommes de couleur. Senac : Ce (ont les capitaines qui étoient au Port-ai Prince lors de la priie qui irarlenc; ils ar-ivent tous de Jamaïaue; ils demandent à erre entendus, & la commiiiic des colonies s'empreiiera lans doute à'accueiuir aes renieign mens précis. Le pr^fident : Nous avons déjà invité plufieurs fois tous 1 citoyen-s qui ont des renfeignemens à donner fur cette afrai à les donner, il nefl pas beioin de les convoquer ipécial ment pour cela j au furplus , la commilTion ne connoit p i'adreùe de ceux que voi-s indiquez. Brulley : Je vous oblerve que les capitaines dent parle m( collègue n'éîoient pas en France \ ils iont arrivés te lécemnienr , èc e'eft l^ier au fôir qa\m nommé Guerm nou; dit qu'il y avoit ici beaucoup de capitaines nouvelieme arrivés j qui dem.andoîenc à être appelés à Paris pour ci pofer ce qu'ils a voient vu. Le préfident : Vous pouvez les inilruire de Tarrêté de commiilion. Sénac : Je vous donne comniç un fait pcfltif , êc je vc ferai "prouver que le i8 mars, à cinq heures après midi, garnilon blanclie & l'équipage du brik X Aclif^ qui coi mandoit au Port - au - Prince le fort Sainte-Claire, ont ^ leleTés par les Africains nouvellement libres. i Le neuvième article efc ainii conçu : »» Ils ont lailTé pr^ dre le fort Bizoton par trois cents iiommes, &c celui de' Saline par deux cents ? feules forces angbifes c^ui aient i iTiiies à terre. Deux jours après, ils ont livré le Port - î Prince fans coup férir. » 11 eft bon de vous obferver que camp Bisoron Q.Ù. celui qui pi é fente le plus de moyens de défti] Les hommes de couleur , au nombre de deux ce einquaiiU > i'^nt coi^itamirienc ^éienclu , ^ ii cft étowii ««tftt / 2^7 qu'à l'époque o^ les .Anglais Ce font ipréCemhs , ils ayent été tour de luite s'emparer de .bizoton, commandé excluirvemeni:, fous les ordres de Polverel & de Sonthonax , par des hommes de couleur. Verncuïl : Dans un moment où il y avoir 4©o,o»o répu- blicains armés , à ce qu' 1 a dit. Senac : Deux jours après ils ont livré le Port-au-Prince fans coup Férir j vous voas rappelez encore la proclamation j vous avez encore tous les yeux les expreilions dont iis le ionc fervis 5 en annonçant qu'au moment où i ont étcii menacé d'une guerre érrangcre , il falioit chaiTer de la colonie tous les raétieux , tous les ennemis inrérieurs. Tous les blancs du Port-au-Prince avoient été ou chaffés , ou mis en priion j ceux du Cap éteien?: en fuite : cependant le Port-au-Prince a été pris par 7 à 800 Anglais fans coup férir,' quoiqu'il rue ilérendu alors par tous les nègres du Cul-de-Sac, au nombre de 40^000 5 par les hommes de- couleur, au nombre de jo,ooo , d'après ce q,u'a dit Sonthonax, quoiqu alors il ne, reftat plus de contre-révolutionnaires dans la célonie , puif- ?ue ceux que Sonthonax appelle aind avaient été forcés d^ uir au conrineni américain , ou jetés dans les prifons. Le dixième article eit ainfi conçu : " Ils ont i'acili':é aux ennemis de la révolution, en leur donnant des paife-pons , le moyen de joindre les Anglais pour grollir leurs forces.»» J'établis ce fait d'abord en rappelant qu'a l'époque où les Anglais fe foîtr préientés , beaucoup de blancs étoient dans les priions. Polverel & Sonthonax conçurent le proie: le les en faire fonir-, mais ce ne fut qu'à des condidons pévvi- Miaires. Kftccfivement tous ceux qui avoient de fargenr , demanderont & obtinrent des paite-poris, à Toide deiquels ils furent rejoindre les Anglais au Môle , & ils vinicnr en fuite avec eux attaquer le Port-au-Pnnce ^ e'eit ainii que s'exphque le rapport des nianns dont j'ai déjà parlé Sonthonax : Pendant le cours des débats la commiilîon m'a interdit de lire ici les déclara ions faites par dçs hommes qui font en France ; elle s'eft 'onlée fur ce que ces hommes pouvoieni: eux - mêmes lui adrelfer leurs déclararions, ainlî qu'elle les avoir invités à le faire par fes arrêtés j cette dé- ienfe a eu lieu à Bion égard, Iprlq^ue je voulois donner de« S 3 l r ■%•• tiétails fur les maracres des nègres fuiffes au Mole, le voLilojs produire une déclaradcn du maire du Môle Genton, deporœ par les Anglais en France. Le préfident m'a interdit le choit de lire cette déclaration; jVipère que la commilHon voudra bien faire exécuter (es arrêtés par les colons, & qu'il leur fera interdit également dlntercaller dans des débats des declara.jon-? Iraires par des hommes qui font aduellement en rrance, pmiqu ils ont la liberté de s'expliquer d'une autre manicie devant h^ commilllon ; je der^ande l'égalité des droKs enirc moi^& les colons, puifque la commiffion a jugé a prjpos de minterciire la lihené de lire des déclara- tions. S€f2ac : Je ne donne iedure de ces pièces que pour faire connoitre entièrement la vérité; je ne viens pas donner dans ce momen:-ci comme pièces authentiques des déclarations par- nciili-res : mais je rappelle à la commiinon le nom de ceux qui peuvent faire de nouveau ces déclarations, afin qu'elle put sen aliLirer. Quant à moi, je vous allure que ceux qui étcient dans les priiims , déclarés con.re-révolutionnaires ôc conlpn-ateurs d après Sonthonax & Polyerel , ont obtenu deux des palle-ports particuliers pour /éprendre, foit au .viole bamc-Nicolas , foit à Jérémie , foit à la Nouvelle- , Jérérai- ., ^ Sonthonax ; ïl efl: vrai qu'A eH des prifonniers qui ont oarenu des paife-potts pour aller à la Nouvelle-Angleterre, Se qui, au lieu de cela, font allés à Jérémie. Le prejldenc : ïl efc vrai aulli que la commiiïïon a in- 1; ^^'-^'^ P^-^ ^es arrêtés, la Mure des déclarations, faites en "*'/^^^^-e, parce que, fi elle eût cru devoir recevoir des dé- ^^'-J^^''-^on^^ partieplièfes, elle eût entendu les témoins, afin ^\ ^^ ^^^ P"^' ^^^^' répliquer & débatre leurs déclarations. D'après f cela, la commilllon vous invite à ne point lire des décla- S ^ rations foi tes en France. >' ^^^'^^^ '• f^'ailleurs c'eft un fait fuffifammen: avoué. l^^ préfident x II Y a ici deux faits ; le fait dès palTe- r P-r.î çiom^s, S<; h vente des palïe ■■ ports. Quelle preuve aj9 avez vous que les pafTe- ports aient été donnés moyennani de l'argent ? Senac : Je vais vous adminiilrer la preuve que les pafie- ports ont été donnés pour de l'irgair. Voici des pièces olHcielles. (Il lii). Commiffion civ'ik. « Nous, Leger-Féliciré Son^honax, commiiîaire civil de la République, délégué aux ides françaifes de l'Amérique fous le- vent:, pour y rétablir lonfr^ & la tranquillité pu- blique : » Vu le récépiffé du tréforier payeur de la colonie, en date de ce jour , de la fomnie de feize cent cinquante livres fournie au tréfor, en exécution de l'article premier de notre ordonnance du 24 novembre dernier; » Permettons au citoyen Jean-Baptifte Baudry de pafTer ^€n France par telle vois qu'il avifera. » Fait au Porr Républicain, le 5 décembre 1793, l'an deuxième de la R.épublique. Au-deffous eil la fignaturs Sonthonax, " Plus bas efl écrit: Par le commiffaire civil de la Ré- publique, iigné, Millier, fecrétaire ad hoc. En marge eil le fceau de la République françaife. >» Collationné -par les notaires publics au département de Paris, y réndans , fouiiignés, ce jourd'hui 20 (-loréal , Tan troilième de l'ère républicaine, fur l'original de Ldite commiinon. » Signé 3 Fle^ry, QuatremÈre. » Enregidré à Paris, ce 11 Pioréal, an troifième. »p Reçu dix fols. >> Sl^néj Bacoy. >* S 4 f 1^ r. î. T^. ^■yjffW'f 1^» CommrJJion civile, - Noiis, Léger-Féliciré Somhonax, commifTaire civil de la Kenub^.que, dél'::giié aux liles francaifes de l'Amérique fous-le-venc, pour y rétablir i ordre & k tranquillité pu- blique : » Vu le récépiiré du tréforier payeur de la colonie, en date du lo de ce rnojs, de la femme de 1^50 liv. fournie au trefor, en exécution de l'article premier 'de notre or- donnance du 24 novembre dernier; " Permettons au citoyen Pierre Bail de palFer en Francd par la voie de la Nouvelle-Angleterre. » Fait au Port -Républicain, le 18 janvier 1794, l'an troilième de la Flépublique. ^> Signé ^ SONTHONAX. ^ » Par le commilHiire civil de la République, figné, Gaul, ieciéraire-adjoint de la commilîion, avec un fceau empreint i«r papier. » Enregiftré à Bo^rdeaux , à la rcquifition du citoyen J5ail, le 9 mvoie, rrciuème année républicaine. " E.eçu vingt fols, -'> Signée Béquet. no t la République. de ci Signé, Baille, Gaîellet, Maill^res. ^ "^Raimond Barennes, préfldcnt du tribunal du diftria: âe i^ordeaux, département du Bec-d^Ambès, certifie que les :itovens Gaîellet & Maillires qui ont ùgné ci-delU^ ibnt notaires publies audit Bordeaux, & que foi doit être ajoutée a .eurs lignatures tant en jugement que hors. Donné à i^ordeaux, le 1 1 nivôie. Tan trciiième. *^ Si-né, Louftant Lamotbe, juge, en rabfence du préddent «. i6i ont horicix : Quoique ces pic-^es ne foient jpas originaîcs, It'ciare que j'ai donné beaucoup de paiie-pc-rrs de ce :e, que je naur:ii pas de peine à les jaf!:i(i?r , ôc , loiTquc la parole inc icra dévolu?, je fem conncître Tocliiuiacion dont il eft queiHoii dans ce paile-port. eprcjldaïc : CetiC pièce eft elle tirée des aixhives? tnac : Non. c prcjidcnt : Elle feira paraphée, & une copie fera dé- :e aux archives. mac : la pièce eft Iwiîîfamment avouée par Sonthonax; ous plie de faire d/^^poi'er fur le bureau la procLimaLicn y rfi relative. omhonax : Je la produirai lors de ma défenfe : j ai :l:ivemcnc ordonné que ceux qui fortiroienî de la colonie ient tenus de payer, par forme do reiPiplaccment rni- .e, une foniine fixée peur rhabilleraeni: Ôc équipag-^ <^^^ us qui renrreroienr en leur place. ',nac : Vous voyez que pour rentrer dans fa patrie, îtoit oblige de payer i é)0 liv. ou de faire un iervice acdf, très -pénible 5 Ôc très - laborieux , qui icuvent cenduiioir au tombeau. mthondx : On étoit forcé de fe défendre contre hs lais. zpréf.dent : On ne difcute pas dans ce moment. 'nac : L'article onziàne du neuvième cher efl ainu A ^■jpf V. : f^ L.e gênerai anglais a derenau qu on pouriuivit erei àc Sonthonax, quipartoientpourJacmelaveciokante' ?rs chargés de numéraire». Certes, à cette époque, hunax &: Polverel éroient au Fort -au- Prince , <:k le -au-Prince n'étoit pas encore pris. Toutes les gardes Ce trouYoient à Biioton, vouluren:, pour arrt^ter Poi- ! Se Sonchonax , prendre un détacheinenr ; mais le nandant anglais s'y oppota, &c Polverel 6c Sonthonax mdirent à- Jacm.el, où ils s'embarquèrent pour France. limande 3 pour en obtenir la conviction, d'entendre - les marins qui étcicnr alors au Port-au-Prince i ils donneront la ccrdtude de ces bir^. ' préjtdent : Demandsz-vous que Sonthonax foir interpellé lézard ? 'nue : De déclarer feulement s'il efl parti peur Jaanel i cette ^joque ; car il ne peut pas favoir Û le fort de Bif, "boulon marcher contre lai. Sonthonax : Je déclare que je fuis parti pour Jacm lendemain de la paie de Bifoton par ks Anglais. Q, au tait de la defenfe faite par le commaaidanc andai< j me pourfuivre , & aux foixanee mulets chargés dor penie bien que ceux qui connoifîent lavidité des An îieleron: pas dupes de cette allégation j croiront qn un gênerai anglais qui peut prendre 60 m ulers chargés c ctt^renie a les troupes de pourfuivre un homme qui emmené avec lui ? Senae : Ceà une dénégation de Sonthonax; mais vou aurez la preuve. Le préfident : Quelles font les preuves de ce fait ? ^-■nac : J'ai pour jurtiHer de ce fait la dépoficior tous ies témoins qui font vu , parce que je ne puis a 1 ordre du ccm.mandant anglais qui fa donné verbalem '^^'^)^^^^cemmde que Lefpmaife, blanc, commanc ^ . ^" ;^^^ biioton , cù étoient les hommes de couleur Ç; voulu marcher contre Polverel & Sonthonax , & qu'il * , . ^ ete empêché par le commandant anglais : voilà ce qn > ^^^^ ^^^"ne comme pofitif ; ce font des faits fur lefquels > V* pourrez confuiter les déclarations. ^ * Lj^ préfident : Indiquez - les. ^'-^^<^/' Dejean , Siccard , Dupeyrot Se plufieurs autres. Leprejident : Leurs déclarations font - elles dans ies arch 4.' r . f ^s la commiiîion ? Sénac : Oui. 1; f » Le préfident : Relativement aux foixante ir.ulets chai dor, avez- vous quelques preuves ? ^enac : Les mêmes peifonnes vous fattefteront. Brulley : Cela eft dans la déclaration j à cet égard je ] le préfident ^d'interpeller Sonthonax de déclarer fi, quan il eiî parti du Port-au-Prince , il etoit (uivide foixante r 1ers chargés de quoi que ce foir. Sonthonax '.Je déclare que je navois quun fenl chc qui me fervoitde monture, Se deux mulets portant nos chives ; car , quant à ir.es bagages particuliers , c'eft-à-di à mes hardes, elles étoient dans un fac en croupe derri ^oi. »<5 Vcrnciàl : Il y a à la commilîlon \ ncn pns une , mais ue déclarations , qui vous diront que , lorique Son- nax eft ariivé au Cap , après Ton expédiLion du Por:- Prince , après la reddidon de cette ville , il avoir à fa e plus de loixanre mulets \ il fera facile de vous en vaincre , lî vous jetez les yeux fur les pièces. )Onthûnax : Si je luis mierpellé fur ce fait abfolument mger au Port-au-Prince , & qui n'eîl qu'une divagation, déclare que, lorique je luis arrivé au Cap , le lojuin )3 , deux mois après la reddition du Porc-au-Pnnce , l'avois à ma luire que dix - huit mulets portant trente- malles conrenant les papiers de la commiiîlon civile, chaciuie de ces malles il y avoir ces ir.ots écrits : ar- 'es. Quant à ceux qui prétendent que c'étoit de Tor , je les nds à la conh'onraùon. knac : On ne peut avoir la certitude de ces faits que par les ohrions des témoins. des ,'oit eue deux mulets chargés de papiers, & un cheval lui fervoit de monture. Certainement deux mulets font .1 loin de i8 j & je lui demande fi c'efc dans le chemin 'uis Jacniel p>our venir au Cap , ii c'eft dans cet endroit il a pris les archives de la commiiîlon civile, & ou elles ient placées ? ^onthonax : Je n'ai pas dit un mot de ce que vient de î Verneuil. Lorfque je fuiâ forii du Port-au-Prince, ce de fuir par les Anglais ^ les colons coahfés avec : 5 je me retirai à Jacmel avec deux mulets portant les liives des commillaires civils. J'ai dit auiîi que j'avois fac derrière moi , conreiiant le peu de hardes que j'a- s fauvées. Quant à ce que Verneuil vient de dire rela-^ :ment à notre fortie du Port-au-Prince au mois de juin 1^, il n'efl: pas éionnant que les " archives de la corn- lion occupaiïent alors 30 ou 36 malles, pLiifque c'éroicnt archives réunies des provinces de fOueil & du Sud , quelles font reliées ^a Cap au moment où j'en luis, ci au moi^ de noveir.bre 1793 /Ira-fcue je luis revenu dans piQvince de TOueft. Ces archives ont éié embarquéesv •■P'^ai t I. V. f I ^ .V furja fr agate Z:^ Sémillante -^ elles font contenues dans cailles énormes Céroicnt ces archives qni éroknt venue Fcrt-au-Prince au Cap. Quant à celles emmenées avec i Gu Port-au-Prince à Jacmei, il nécïi pas étonnant qu'^ hiilent peu confidérables ; dles cohii{loi4.nr dais des i contenant les opérations des ccmmiilaires civils , f; fe^uis 3 ou 4 mois , qu'ils étoient dans la province Schac : Je m'en rapporte à la prudence de la com Kon pour acquérir la certitude de ces faits en faifant! tendre les témoins , ou en lifant les déclarations qui îbntt lés archives. Vtrncuïl: \\ y a plus de trente déclarations. iomhcnax : Il y en aura beaucoup de votre genre. Le préfident : A Tordre. Saiac : L^article Xll eft le plus important. « Ils ont paré & effedué la livraifon de cinquante bâtimens commerce Irançais , chargés depuis fix mois de den çoloiiiaies, Se dont il s'éroit fait payer d'avance les drc ccnrre Fulage. " Ce fait e il bien important: pour le ji lier, je vais vous lire une pièce oliicielle ; c' eft une dé ration faite par un capitaine qui étoit au Port-au-Pr lors de fa prife par les Anglais. Cette déclaration a faire devant les autorités conftituées de Bordeaux ; el pour objet de fouftraire les armateurs à différens paien qiïils doivent faire. le préfident : A quelle époque a-t-elle été faite î Se^ac^i le 19 frimaire. Fan troifième. Le préfident'. Elle eft dans le cas de celles que la commil a défçjidu délire. ' Sr:nac : Cette pièce eft très - officielle. Le préfident : La commiffon a déclaré qu'on ne li aucune pièce faite en France j indiquez- la -, vous ferez maîtres de la produire j mais je maintiendrai les arrêtés £ commiiîion. Thomas Millet : Tous les capitaines qui ont été arr au Port-au-Prince ont été conduite à la Jamaïque , d'o! font revenus en France ^ ils n'ont pu faire leur déclara qu'en France. Li préfident : Vous pouvez la dépofer dans les arch W 1^5 la commifTion comme celles qu'on y porte tous les jours vercu de rmvitarioii de la commiilion. icndc : Je vais vous en donner la fiibflance. Je vous mnoneé que Polverel & Sonrhonax ont propofé la li- iton de 50 navires chargés : il eil: eilenciel que je vous ? commenrils ont préparé cette prile , c'eft en vous annon- it que Polverel ôc Sonthonax ont donné Tordre à tous les tins qui écoienr au Port-au-Pnnce de dégréer & d'oter les iveruailsdes navires qu'ils commandoien^ C'ed au moment les marins demandoieni la permillion d erre conduits à la )uvelle-Angleterre , que Polverel & Sondionaxont empêché ; marins de s'y rendre. Qu.ind je vous aurai prouvé que mefures ont été prifes par Polverel & Sonthonax , je ai arrivé à vous convaincre que Sonthonax & Polvcrei Dient le projet de faire prendre tous les bâtimens dans rade du Port-au-Prince, puifquil ne leur lallfoit pas faculté de s'évader , en fcppofanc quon voulût les endre-, Se ceft ce qui efl: arrivé quand les Anglais fe font ^(entés au Port-au-Prince. Les navires qui y étoient ont î pris, ôc les capitaines nont pu en fauver aucun. Si )lverel ôc Sonthonax avoient ncqiiiefcé à la demande li leur avoit été faire par pluheurs capitaines pour armer leurs Frais un ou deux barimens pour les conduire à la ôuvelle - Angleterre , il en feioi^ refuhé que ces bâtimens iroient pu venir en France , &c on les auroit confervés la République & aux nrma'.eurs j mais Polverel & Son- onax s'y font con'lamment oppofés , oc c'eH ce qui eit ufe de leurhvraiion au Port-au-Prince. Polverel (^ Sonriionax avoient bien le projet de les livrer, .1 du moins ils craignoient leur fuite , piiifque , contre jfage , ôc fans vouloir qu'ils partilTImt , ils ont fait payer ix capitaines tous les droits qui dévoient être perçus pour lifon de denrées chargées à bord, de manière que Pol- erel ôc Sonthonax ont touché largent que le commerce :ancais devoit f Se les Anglais oni; pris toutes les denrées ui étoient à bord, enfemble les barimens. Rede à favoir les commiifaircs ont employé ou.reflir.vé les fonds pro- enant de cette rétribution. Mais la ^èdtè efl qu'ils ont ouché, contre Tufage, des capitaines des navires, les droits les marchandires qu'ik avoisnt à leur bord. ■■ ïse Sonthonax ■ le prie la commiffion d wterpeJIer Séirc r.ettre iur le bureau les ordres donnés aux «p aines rPranKl '^'^°'" ^"P°^^' ^^' '^ ^--- -ndr onfperç^îe^ Lt" ''^ P""^"" '^"'^ ^" '^"«-^ ^ i'£/2ac : C'eft encore cela que je voulois vous orier toyens, de voushire repréfenter. Tous les capitainesaVri cnt reçu ordre de déch-r^Pr r>„ ^I "^pitames airi i * 1-/ ,., '"=>-'»o-rgei ou de payer les droits niarchandiles quils avoienr. Les capir.lnes l'ont confi; oftrent de cepoler tout ce qd regarde Saint - Domina J e vous prie de vouloir bien les interroc^er «et^ofief '^'"'"■^"''"^"''' encore quelques-uns des déclarans ^.«^c ; C'eft Dejean, c'eft DupeyiTot , Sicard; ces trc CI vous eii ]ndiqu|^|-ont peut - être vingt autres. C'eft ici q fe termine la difcuffion du neuvième chef. - ^ Le préfident : La féance eft ajournée à demain. /rrf^«f, l-oucHE (de Nantes ,/^<:r««ir,_;MoLL«VAUT F L^ THINAS, MeH.LINO,DaBRAY. VAt,T,r.l.ji %êy Il Thermidor^ l'an troijièmc dâ la République fran^aife une & indïvijiblc. Nfait ledure des débats recueillis dans la féance d'iiier; :édadl:ion en eft adoptée. je$ citoyens Page , Larchevefque -Thibaud , ClaiiiTon , omas Miilet & Fondevioile ne font pas préfens à la nce. Sonthonax : I.e territoire de la République à St-Domingue té livré aux étrangers , des places très- importantes ont rendues , lans coup-férir , fans brûler une amorce. La le qui ait oppofé quelque réiiftance efl celle du Port- -Prince. Quels font les auteurs de tant de trahifons ? quels it ceu:x qui les ont machinées , Toit en Europe, foit en. nérique ? C*eft ce que la fuite de la difcullion fur 1^ avicme chef d'accuiation vous fera connoitre -, en vous sfentant la relation des faits, je vous ilgnalerai les cQnfpi^ :eurs, La confpiration qui a livré vSaint Domingue à Térranger te d'une époque très - éloignée j c'eil fous l'Ademblée nftituante qu elle a commencé. La déclaration des droits l'hom-me , le décret du ii od-obre 1790, fervirent d& érexte aux colons pour commencer cette confpiration, inoncer le fchiime qu'ils fe propofoient de faire a^ avon plus de surere pour eus dans la viik; car, maure une fois dos polies extérieurs d une ville fans defenfe , 1 ennemi y entre fans réfiHanGe. Les colons livenc que le Port-au-Prince n a ni murs m palirlad' : que les forts qui font fur la rade ne font pas fermés; Qn^ve ville qui n eil ni murée ni palilladée , ne peut être défondue que par éies poiles , des camps retranchés. Si le pofte princi- pal e^oit pris , alors l'ennemi pouvoir venir trouver les com- inifiaires civils au gouvernement , les faire prifonniers dans b nuit , s emparer de la colonie dont la confervarion à Ja l rance éroit due à Tinrluence des commiifaires civils à qui on devoir atUli la coniervation des quartiers qui érgieat reites hdJes a la Rèpubhque. Les commiifaires civils reçurent aLis une lettre lignée du commandant de la province, de c^lui d- a place , ^^ rroi ème c la République françaife une & indivifible. c; i§nc j ^IGMOUX '*. La pièce efr extraite des archives, cotée & paraphée; la c^mniunioue aux colons. Vous vovez, citoyens, que les foupçons que nous avio^ formés fur le commandant de la province, lor la condm à Bizoton, (bnt ioutenus par la dépoiation da commanda de la cavalerie; vous aurez à cet égard les renfeignemei les plus précis du con.ité de (alut pubUc qui a reçu < fféné'-al Lavaux toutes les pièces qui concernent cette aftair ?^ me contpnt-erai de vous hre la lettre qui m'a été aarelî par le général Lavaux , depms qiie je fois en France ; e eft extraite des pièces qui font remiies a la (iomrniiiion; v?is hre cette lettre ; elle annonce quels font les hommes q ont défendu le Port-Répubhcain. j v c 1 P^crtitiiil'. Je prie la coninnilion de demander a bonrhon quel eil le commandant général qui a abiindonné le f< Bixoton , c eft bien eifentiel Le préfidcrt : Nomme- le toi-mêm.e. VerneiâL: Ceft M^nthrun, mulâtre, nommé commanda général par Sonthonax. " Sonthonax : 11 efl très-vrai que c'efl Montbrun , homr c Bl 3^7 ^e couleur, qui a été nommé par Pclverel pendant Ton fé* jour au Port-au-Prince i mais ceci eil d^dlleiirs torr éiranger à ccrre affare, car nous ne pouvons pas répondre du ci-^ vifme de tous les commandans que nous avons nomnies* ( Il lit la lettre de Lavaux. ) Lettre de Lavaux aux comrnlffûjres civils é Du Port - de - Paix , 6 Germinal , an ti-oisièmc de la Républi(|ue. Etienne Lavaux , commandant en chef des forces de la Ré- publique à Saint - Domingue , mjx citoyens Sonthonax O Folverel ^ anciens commiffaircs civils de Saint - Domingue, ce Votre nom , mes amis , eft béni par tous les Africams èc defcendans d^lfricains -, vous avez les premiers parié de liberté dans tout un pays où les habitans vouioient quelle fû- ignorée , méconnue 5 vous avez* eu le courage d appeleL au bonheur quarre cent mille individus maiiieureux , vous avez cté leurs fers -, vous avez combattu tx)us les ennemis de la liberté, qui peut vous trouver coupables en cela? ces fcéléracs d'émigrés,- ces riches planteurs marchands de cnaa humaine. » Je ne puis vous dire toutes les horreurs qu'ils ont fait mettre dans les papiers publics à la Nouvelle - Angleterre ,, mais vos amis nen n ont jamais rien cru. » Nous vous avons (ingulièremenc plaiats dans votre te- trr^ire forcée du Port-Républicain à Jacmel, & le traître Momhrun n a pas refté long-temps fans fe faire connoitre cC fans fe faire arrêter après votre départ de Jacmel. » Je vous ai defiré mille fois dans la province du Nord, vous y eulïïez été avec des républicains fidèles à leurs ^rment tc oui n ont jamais balancé : que je dois dire de bien de cette petite armée ! quel exemple de patience , d ooeiilance . quel couraf^e cette armée a montré 1 » Demitz-nous , je vous eu conjure > de vos nouvelles \ r? r « I i- 35S chaque individu s'intérelTe à vous , vous aime ôc voudroit' vous lavoir heureux & réeompenfés de vos peines , de vos travaux. ^'^ Agréez les fentimens que je vous voue à tous deux, ^ je fuis 1 interprète de toute Tarmée ôc de tous les noirs. '' Salut & fraternité. " Signe j Lavaux. " Pour copie conforme àloriginal qui nous a été adreffé par le comité de falut public. . • " %^^ J. Ph. Garran, préfident ; FoXJCHÉ ( d« iNames), fecrétaire ». Je comninnique cette pièce aux colons. Dimy :F11p ne fait que prouver la complicité de Son- tnpnax avec Eipnne ^ avaux. Le préfident : 11 eft bon d obferver qu elle a été envoyée cad>e,ee a h comnuiîlon des colonies pr le comité de falut public , & que la coramifi^on ai a fait fouveirure en pré- iencede Sonthonax, qui la paraphée avec un commiiTaire, La féance eft levée. Leregiflredespréfences efij^rne: J.Pîi. Garran, rn^^^r/zr; FoucHE ( de Nantes ) , ficré.aire ; F. Lanthenas, GrÉ. SOIRE, DaBRAY 3 MeRLINO :, MoLLEYAUT. V v V K U 559 iiiiMMII'fll'iriJWi'M"' ' ■ Du i; Thermidor:, Van troïfihncic Ici Rcimbliqucfran^^^^^^^ & indivijihk. On fait lecflure des débats recueillis dans la féance d'hier-, la rédadioH en eft adoptée. ( Les citoyens Page', Larchevefque-Thibaut & Claufon ne font point préfens à la féance. ) Le vrépJent : Voici l'arrêté que la commlifioa a pris hiet après la féance, ( Il le lit : ) - La commiiTion confidéranr que Tordre des débats ne doit pas être interverti, ni leur durée prorogée au uela du terme fixé par le décret de la Convention nationale ; ^ » Oue l'accufé a le droit de dire ce qu'il juge nécelTaire^à fa jufofication , à moins qu'il ne fe livre à des divagations ab- folument étrangères à l'objet de l accuiationi » Paife à l'ordre du jour fur la demande formée par les colons pour obliger Sonthonax à préfenter demam a la com^ million , une accufation formelle contr eux. »* Sonthonax : Dans la foule d'accufations citées à l'appui du neuvième chef, ils m'^ntaccufé d'avoir machme la livraiioa Z 4 m t •r- 8ard-n"i-.i.„ ,4 I "", »'l^ê'^<^"t des crimes, ils ie lo rrë;vi 1 ^^ P'T'' ' '■'■ ^'^^S'n.m que leur parole à dé rarl li ^' n"'"-- -^^ P""'""" '«« ^^i^Penfer de répondre Pie. es^ ÏÏ, . ••'"«•-^"°«^; cependant ;e me juftifie avec des Fit-es. Ln /o,ci une que les colons ne récuftront pas. Nlvcï'4-cr"' '^^-^^ 'ies papiers anghis venus delà fuW éVi- '*"'"' .^ '"apprirent la nouvelle fuppofée cétor iv!fr f Ç"'^' '^'î^" ^.-^ ^"'==°"" dfesifles dû-vent-, oui èrn\on^ J..-,o î '^^7^,^'-^^ i^-^-Jaiive-garde les bârimens vo'^^TV ? ' ' ^1 F?^^-^^"^^^^ce. Je me hârai dVn- MaH Jr J V '' f T'''^ T^ochai^Wan , gouverneur de la Martinique. \ oici la lettre que je loi écrivis. îl la lit } Porc PxépuMicaiîi , § mars. ^u général Rochambcau. Voû?1 --^r'""^-! '''"""' f-°" ^f'^ Rocnambeau, je •vous ., .u..i,e une lettre par la voie de W\ M,i„erer Maipni , negccians à Saint-Thomas ; je ne lais fi ei e vou.^ efl parvenue, je vous la fois expédier .ar J .4;/; B ^^^^^ impolno^e de vous pen.dre k detrefîe où les ixH-.m-s' e Gai bdua , & 1 oubh foutenu du conleil exétatif de la (^.onv»n- tion n;tt;onale on. plongé la colonie de Sa»it-DonlnV°e f"s cotons onc appelé les Anglais & les Efta,nols feuV «; livre rous les pcfles dorir b «-o^KÎ.'-l 2 ^^^ if ui ont Sarmions oiK empêche la défenie. -o...^^A^iit des " Aujourd'hui, l'ennemi eft en pofTeffioa des deux tiers delà panie françaue de Saint- Domin:.nei Laveaux eft blo- que par terre &c par n.er au Porc-de-Paix : iel» fm's au Pcr^ Wm"nfr"'' "V^«^a«Poft-au-Pnnce, 5c Poiverel eil ré- oau aux i.ayes a fe nourrir lui & toure ranr.ée de Datâtes & ce ..na,,esi le peu de poudre que nous avons efî avari-^e , « non- leulemriK nous manquons de tdils de rechar^^e ma^s ««X qui oous re&nt font dans le plu. tnauvais état. ° 54Ï » î-cs cr.iffes font abfolument vuides , Se les re{Tbui*ces ulksj rien dans les magalins , pas une aune de toile pour abillrr nos nouvelles troupes , toutes formées d'Africains ou hommes du pays. » Dans cette afHi^eante pénurie de moyens, il nous reftê I rade du Port-Républicain, un convoi de quarante navi- s boniés de denrées coîoni.Tles, & qui tente furieufemenî: cupidité des /Anglais. Déjà ils ont fair deux tentatives pour mever , Se deux fois ils ont été repoullës -, mais comme le eltige du charl taniime ne dure pas long-temps , & que îa iiUance fans force ré( lie a un terme , je ferai forcé de tout andonner , fi la France ne vient à notre fecours j deux liteaux de liv-ne, l'un de yc Se l'autre de 64, font dation- 1res dans notre rade avec pluf^eurs frégates &des bâtimens tranfp©rr. Ils arrendent un mouvement favorable en ville ur dekendre ôc pour canonner. » Il n y a que vous , mon cher Rochambeau , qui puilîiez us tirer d afïaite. S'il eft vrai, comme des parlementaires jlais me l'ont aifuré , qu'il y ait une efcadre françaife aux ?s-du-venti que cette efcadre vienne prendre le convoi is In proted:ion , êc nous fommes fauves. Envoyez-nous des les Se nous nous battrons tous jufqu'à la mort: il y va vingr-cinq millions de perte pour la France, fi vous ne is fecouircz pas. " Signé ^ SONTHONAX. ï* l'ed ainfi que j'ai machiné îa livraifon des bâtimens fran- > qui étoiens dans la rade du Port-Républicain, & qui nt iuivi^ que ie fort du combat. Deux jours après noire vée^ à Tacmel, arriva la corvette VEfpérancCy chargée par comité de fdut public d'exécur-r le décret rendu le 16 ||et par la Convencion contre les commiliaires civils. >t que nous eûmes connoifllnce de ce décret^ nous écri- tes 3u commandant de la force armée à Jacmel ie billet , je vais vous lire , en date du 8 juin 1794. '^erncuu : Où ed l'original ? orahonax: Il n'eft pas dans nos regiftres, car alors aous T r * j- à'éîîoîîs plu5 eoflimifîaires civils -, nous t^s pouvions pîusfaii d'ades publics, mais je vais vous communiquer la minu originale. Le préjidmt : Eft-elk tirée àe$ archives î Sonthonax : Non , mais vous avez dans vos archives la cop à% Texpédition remife au commandant de la frégate Tf/;? rance; cette expédition a été remife au comité de fa\ut p biic: une autre copie au miniftre d'Albarade. Ces pièces- doivent être aujourd'hui dans vos archives : vous y trouvi rez auffi le procès- verbal de notre arreftation à Jacmel , & rapport du commandant la corvette fur l'état de la provini de fOueft & fur l'affaire du Port-au-Prince, 4 ( Il lit le billet : ) Jacmeî , îe 8 juin 1794, l'an troirième de République françaife. Polverel & Sonthonax -> à Marnai Bejfe ^ commandant r arrondi ffcmcnt de JacmeL « Nous vous prévenons , citoyen , que toute la force a mée dont vous êtes dépofitaîre , eft de ce moment à la d| poiîrion du citoyen Chambon , Ueutenant de vaiifeau coi mandant la corvette de la Répubhque YEfpérance, qu« coniéquence vous devez obéir fur-le-champ à toutes les r quifirions qu'il pourra vous faire même contre nous. • « Signé j, Polverel , Sonthonax. » j J'ai reçu des citoyens Polverel & Sonthonax la note p' reille à celle ci-dellus. Jacmel, le 8 juin 175^4, fan troifîème de la Républiqd Signée Martial Bessi, i m $4$ jje communique la pièce aux colons. C'eft ainfi qne pleins I confiance en la jullice de la Convention nation ^îe, les ijumillaires civih , en mefui*'^ de refiller, s'ils en .:' oient ipçu la penfée , ont obéi fur-le-champ ^ raLiruien.-ils fair, |s avoientété coupables de tout ce qu'on leur iiupuie au- ijird'hui ? levant de quitter Saint-Domingue, nous crûmes qu'il étoic : notue devoir de notifier aux commandons que nous avions jiimés. Tordre du comité de iaku public /& eniuite de |r tracer une efpèce de marche de conduite pour déiendrô l:olonie. ' e ne puis me difpenfer de lire la lettre qui a été écrite à I ujet le .1 juin 1794 par Polverel à Rigaud , comman - t de la province du Sud: elle eft en minute extraite des luvesy j'en ai écrit une pareille à Laveaux : je me conten* ; i de lire celle de Polverel. ^erneuil: Eft-elle dans les regiftres? 'onthonax : Je vous ai déjà dit qu'alors nous n'étions plus ;imilTaires civils. N'étant plus commiffaires civils, nous nouvions faire aucun a6i:e de jurididion-, nous étions alors limples individus : nous ne prenions aucune qualité. !i la commiiîîon le juge à propos, pour ne pas aîonger . iébats, je ne lirai que les paragraphes importans: je les i muniquerai d'ailleurs aux colons. Il lie ) Lcure de Polverel à André R'igaud, II juin Î794., de Jacmel. olverel à André Rlgaudy commandant du Sud & des quartiers y annexés. Ce n'eft plus le commiffaire civil qui vous écrit: Son- lax & moi Tommes rappelés en France \ nous partons ■■HM • k >: 4! f : 4, ; • «^ f ^ I ^ fcr là corvette de la Républiqîie^ XE'fptranu ^ quiedafriv' le 8 de ce mois à Jacmei j ii eA probable que nos fucceileu araveront bientôi:. En artendanr, c'eil fur vous feul , me Ciier Rigaud, que repofent dans votre département le fal de la colonie, & la défenfe de ia liberté & de Fégaliré*, fuis iranquiile fur ce département, parce que je vous connc înrrépide & loyal répoBiicain. . Je fuis auili tri^quilie fur Noid. Lavaiix s'y eft prononcé d'une, grande manière. L Gonaives, Ennery , Plaifance , la Marmelade , le Dondoi Valière, la Grande-Rivière, le Trou, le Terrier-Rouge , 1 monade, le Cap & toutes fes dépendances, le Port- Marge le Limbe, le Petit-Sainr-Louis & le Port- de-paix, Boi barde, la Platte-Forme , Terre-Neuve , le Port-à-Piment Jean Rabel font réunis fous l'aurorité de la République : ' La renommée a du vous apprendre que le Port-Réj biicain a été livré aux Anglais : cette trahi fon eft l'ouvn des anciens libres de toutes les couleurs. Il s'en faut beaucof que Montbr un foit exem.pt ^ie foupçon: il eft à crain. qu'il livrera aux Aiiglais tous les quartiers où il aura de prépondéiance, & qu il intriguera dans les autres pour y p pager le mbcae plan de trahifon \ vous iavez que je «'ai j^.m eu de confiance à fa moralité : je ne com_ptois que fur la : telle de fon efprit> A%r fon ambition bien calculée. Ii i trompé même fur ce dernier pointa, il efi; décidément crr iri de la liberté & des nouveaux libres : il failalline en careifantj il finira par recevoir la récompenfe qu ii méritl " Vous êtes le feul iiorame dans la colonie qui puille ' ■jouer fes co;îiplots perfid*;s, y aliurer le tricmpiie dei ■^ 54; né y <5 : de ne pas reconnoitre pour chef celui qui les a trains. lectez- vous à la tère de cette fainte infurret^ion ^ qu elle de- ienne générale par-tout où il y aura des ennemis de la li- erre & àQs traîtres envers la République • . . • ^ . - e crois qu il eft de votre devoir d'envoyer des parlemeii- lires aux commandans anglais de Jérémie & de Léogane^ 01-1 r leur notifier le décret de 1% Convention nationale fiir L liberté générale; pour leur déclarer que tous les hommes, ms diOinftion de couleur, domiciliés dans les colonies ançailes, étant citoyens français, doivent être traii;és comme ;s Européens , fubir comme eux la loi commune du droit es gens & les conventions itipulées par le cartel entre les ouvernemens de Francs ôc d'Angleterre; pour prorefter» u nom ae la KepuDuque, contre ie commerce uitame oue DUt les commandans du gouvernement britannique & ks orfiires anglais, des Africains & des liommes'de couleur ar eux pris depuis le commencement de la préfente guerre^ our leur annoncer que la République exercera les plus èvères repréfailles ; pour les fomxmer de vous certifier, .ans un délcii que vous leur fixerez, de Texiftence fur les )olTelîions britanniques è-c du bon traitement de tous les es lujeis du roi de la Grande-Ererr;:gne, qui iont au pou- 'pir de la P^épublique^ feront traités & employés coixims ^■i ^ efcîaves, Se c^ue jufqu'alors vous ne confemirez au renvoi à rechange d aucun pnionniei: anglais . • , . " Signé j POLVEREL », Pai lu la lettre conforme à celle qui a été envoyée î général Rigaud, Signéj Chameon. Gsrte pièce eft certifiée conforme à celle qui a été e: voyée au général Rjgaud, par le citoyen Chambon, con mandant de la corvette XEfperance; car nous ne nous ferio] pas periris d'écrire une panfe à'a fans la communiquer tj commandant chargé à^s ordres du comité de falut publi(| voild la le^re des hommes qu'on accufe d'avoir livré Sainj Dcmin^Lie 1 Leur teftam.ent pclidque^ en fortant de Sain! Domnigue , eÇi de recomànander aux comniandans qu'i ont nommés, de maintenir les principes proclamés par Conveniion narirnaie, & de faire traiter comme eitoyei français les noirs & au^res gens du pays qui pourroiei être xai:s pri onniers par les Anglais. C'eft ainfî que noi agifiïons en quittant Saint- DomJnguejiSc ce font ces homm< quon veut acculer des crimes que les colons ont comm eux-mêmes. Une autre allégation a été. d'accufer les coït miiïaires civils d'avoir invité le citoyen Gêner ^ minifti plénipoien^iaire aux Etats-Unis, de retenir fur les cotes d la Nouvelle- Angleterre les vaiiîèaux de guerre du convc de Saint-Domingue. Il eft très- vrai que nous avons demand à Gêner d'éloigner des cotes de Saint-Domingue les vaif féaux qui avoient été embolTés contre la ville du Cap dans les journées malheureufes des 20, 21, 22 juin 1795 ^ certes nous n'avons fait que notre devoir , car de troupes révoilées ne pouvoient venir à Saint-Domingue qu pour y (ervu- les Anglais : cela cfl ii vrai, que le s colon qui veulent fe pré(enter ici comme les chevaliers de li France , après l'avoir trahie j que les colons qui difen qu'ils ont preffé Genêt pour venir délendre Sr.-Domingue que les colons^, dis- je, ne vouloient partir que pour jo^ndn les Anglais au Môle & à Jérémiie. Vous verrez dans le; 547 ' •apiers remis ici par Pafchal, & faiTis fur Tanguy-Laboii!îère '< les adliérens, la preuve du projet de faire commander îs colons par Borel^ cet homme qui, après avoir été à la amaïque, eft revenu enfuite à la Nouvelle-Angleterre, pour evenir à Saint -Marc depuis que Saint- Marc a été livré ux Anglais : vous y trouverez la preuve que Thomas Miilec toit deftiné à commander Tefcadre , après quon auroit eftitiié Cambis ôc Cercey. J'ai encore d'autres preuves à onner aux colons, ce font les journaux français publiés ^ la Nouvelle- Angleterre i ils fe plaignoienr de ce que xener faifoit arrêter fur les côtes les colons expédiés pojir : Môle Se Jérémie. Tanguy lui-même , dans Ces feuilles ue je vous prie de vous faire repréfènrer, accufe Genec 5 barbarie parce qu'il a fait arrêter treize palfagers fortis 3 New-Yorck, pris fur un bâtiment américain allant au Môle : à Jérémie depuis que ces deux places étoient livrées IX Anglais. Kcrmu'd: Je demande les preuves Sonth^nax : En voici une Le préjident : LailTez-le continuer fa défenfe. Verneuil infidei le préfident le rappelle à rordr©. Sonthonax : Voici mi extrait de X Etoile Américaine, (Il le lit:) Je crois ne devoir vous citer que cette gazette -ci; il roit inutile de vous extraire tous les articles des gazett^-s inçaifes faires à Ncw-Yorck, qui coi?Ilatent que les dons ne retouoioient à Saint -Domin^^ue que pour aller l- au Môle '5c à Jérémie. D'ailleurs, cuel i4oute peut-il vo relier à cet égard , puifque les olons vous ont dît ici < face que s'ils avoient é^é à Jéréiniej ils auroient livré territoire français à i'tnnemi, i.es colons vous ont ( eux-mêmes que Jérémie & le M* le n'avoienr fait q mettre leurs biens en iegueflre, entre les m.ains du R d'Angleterre , pour les remettre enfuite aux vrais propri taires. Vous trouverez les preuves que les colons ne vo loient rentrer à Saint-Domingue que pour égorger les coi miiraires civils, à la tête des troupes anglaifes. l^erneuil : Citoyen préiident , ....«• Sonthoîîdx : Vous ne pouvez m'interrompra dans t défende. ^ , • - Le préjldent : Prenez des notes s vous repondrez qua, il aura fini. Sontkonaxi Mais comme il fe trouvoir, dans les fore navales d* la République en ftation aux Etats-Unis, c «banmens, tels que ï America & la frégate ï Emhufcade ^ \ commûfïaires civils écrivirent à Geneft de nous les envoyé parce qu'alors nous avions defFein de faire partir po France le convoi qui étoit dans la rade du Porc-au-Princ attendri que ce convoi artiroir fans celle les Anf his , qu'il étoit impoflible qu'à la fin il ne. leur iùt livré par machinations de ceux qui avoient intérêt de le faire. Vo la lettre que j'ai écrite au minifire Geneit, en date du novembre 1793. ( Il lit : ) Port-Répubîîcam, îc I2 novembre 17^3» Au m'mijlrc Genejl, « L'oubli où n@iis laife le pouvoir exécutif de la Rép blique eft iiacroyable, nous n'avons pas reçu des nouvel! officielles de l-rance depuis le 17 février dernier ^ & no ignorerions abfoiumenc ce qui s'y paile;, fi vous en aviez mftruits. ne no •» 1 ee/îr Elliot, ami p»rticulier ic confident du miniftre P.Vr vouJut entretenu- des député, des colonies, & ,ouVuo[' pour cet eftet , zl's adrelfa à Mirabeau : poùrquo Valent .^ Decul ion , membre réprouvé i: l'alfemblée de St-^Z am. mfime i un autre grand ccnfpirateur , Barnav; afli'r ^u(h u« voyage à Londres. 11 a dû favcr quel éto' t 'le bu de la correlpondance des miniftres Roland & Clavière avec Willeberrotce 5: Clarkfon; pourquoi les deux agens du mf mftre Pttt demandoient à hauts cri. la Tuppreriion de la tr Ti" es nous, fup^reflon qu'on étoit bien Lin de vou oi o Wrimaisil.falioit exalteras têtes échaufîéerDar . r^ 'oution fur refcla.age dans les Antdles Jfi d ^uh^ « :olomes qu'on ne pouvoit attaquer alors. Il doit favorauffi lue Blm. député de Nantes, empêcha Riquet ^7: faïî 'l rk£"'i- W-r'î'™'"^" '^'^ ''''"^°"f^ dans le ànsdl .krklon &W.lberfc.rce, & difté comme les leurs Iw la J&on angloife & d Orléans ». ^ '^ Sonthenax : Je communique cette pièce aur colr^n,- »ii rouve, daptès l'aveu de Thomas lllet, Lies dé;uS eSamt-Domingue à rAlFamblée conftituànre on eu^ de! mferences avec un négociateur anglais précifément à \'f oque ou les colons annonçoient leur delTein de hneÇrJ^ •ec la France, à l'époque où ils manifeftoient leui méZ ntement outre pour le décret du iz odobre 17,0 • iW uune autre preuve que Thomas Millet lui-mL; n'i? «étranger a a conlpiration , & c'eft Ton ami Tan-^uy "; ela fournit dans le (upplément duN». ,7 du \ôunl\T volutions de la partie 'A-ançaife de Saiiu'-DoiSrgue Je 3uve dans ce journal une lettre adrelFée à Gen-f> ntr :réca,re de Mirabeau. C'eft ainfi que fauteu ^i^'^et^te rre eft defigné dans le journal de Tanguy "® i-.a voici. ' (Sonthonax lit le paragraphe fuivant de la lettre. } Extrait du journal des révolutions. ■Ipeux d-^smembr-îs de cette aff-mblé», dont l'u-; ^r^;, Tuornas Millet, ardens, «urageux, r^s (kr^^^^^^ fonuf-IH. Soixantc-feïiicme Ihraifon. T 17» éules , comme le font les gens de bonne foi , ne fe conham pas, je ne fais pourquoi , à leurs propres moyens ,^ cher- choient par-tout un défenfeur contre Barnave lis sadre - fièrent à Lacretelle -, celui-ci n ofa s'y jouei-. Il me emble même qu il écrivit fur ce fujet une lettre fort Imguiiere a Thomas Millet. - . .» Dans ce temps Mirabeau étoit mal avec harnave ; le motif m-éfumé de leur méi-întclligence éroit la querelle de^ce derni-'r avec Cazalès , qui d'ailleurs , maigre les apçare-ncei conn-aires, éfoit l'homme de l'Ailemblée que Mirabeai eftimoir le plus. Nos deux Saint-Domingois fe perfuaderen au ils dévoient faifir ce moment de récnmniaaon de Mira beau conrre Barnave pour décider le premier à prendr leur à^^enîe contre le Dauphinois légiflateur des liles a lucre Mirabeau les accueilUt bien, les vit fouvent, les fit beaucou caufer , procura , je crois , à Gr Elliot un entretien avec eu à i'hotc-1 de rUniveifiré". ■ FerncuHi J'obferv^ fur le m?.tériel de la pièce quelle ne pas pKis fip-iée que la première : toutes Us fois quil a ci queftion de produire dans la difcuiiion des pièces qui noi ont été adreifées, ou qui ont été inlérées dans le journal ( Tanguy , Sonthonax les a recufées , fous prétexte que Tai fuy etoit un confpirateur connu. Il eft bien étonnant qi lomhonax fe ferve des pièces du même homme corn nous, ou, pour mieiîx dire, qu'il prociuife contre nous d chiffons qui n'ont aucune efpèce d'authenticité. Sonthonax: Je produis le journal de révolutions delà p? tie francaife de Saint-Domingue. JDuny : Où eft-il imprimé ? Sonthonax ', A Philadelphie , chez votre ami Parent, oà tient le club des Français. _ -^^ Duny : la commiffion doit le rapeler que tant que la euy a été à New-Yorck, il a été Yami des colons y m dès l'indant qu'il a été circonvenu à Philadelphie , m l'avons abandonné. Vous en aurez la preuve dans tous ] ^^ /vff préfJcnt : La commidlon fe rappelle de ce que t avez c3.it à cet égard. . r> y r nru Sonthonax : Crfa eft rrcs-vrai. J obferve que ihoi 3:ji [liler a corref]^oncln avec Tanguy depuis qu^il a fait foit Lirnnl a ruiladclphie : il lui Um, Cm le N°. 21 de ce jour- nal, l.MciiTo que ;e viens de communiquer. Il l'anpeloic aJois ai.rcur?2p.7cr2on d\>nf.rtune, Aiuli il ne le regardoir pas comme mdi-ne detre (on ami; il profeiîbit des principes danllocraiie qui plaiioient à Thomas Miller, puiîquen lui écrivant il 1 appeloit cher' compagnon d'infortune. Le prefidcnt : Quelle preuve as-tu que cette lettre foit de Ihomas Pv'jillet ^ quelle vienne de la Nouvelle -/«no-jp-. terre ? ~ o - Sorithonax : Elle nf a été adreffie avec la lettre eue vcil^; :ependant je^ne peux m'en rapporter à cet égard qu à l'aveu ju 2 la aenegaticn de T'Iiomas Millet. Je pourrois fournir es témoignages particuliers ; mais ils ne peuvent être 1 aucun poids dans une affaire aufîi importante. Le prefidcnt: Thomas Millet pourra être entendu ouand l fera ici. ■" ^ Baubormeau : Si c'eR- lui qui a écrit la lettre , il ne la iera pas. Sonthonax'.le pâlie à la difciifllon. Ces conférences 3 vec r raiiot eurent àss (iiïtes. Vous favez ce qui seii pv-ÇTc^ \ aint-Domingue fous la féconde Alfemblée coloniale. Vous ivez quel mouvement il y eut à cette époque pour amener s Anglais fur le territoire français j les tentatives fureur iines : la France con^er^'u la colonie de Saint-Domin^-v^ue aqaen 1795. ^ Un autre député de l'Alfemblée coloniale avoit été en- îyé ]par elle en France au^ commencement de ly&l. Ce '95; Ceildonc le ly février 1793 qna été fibnouée la eiuière pièce officielle par laquelle les colons de^Saint- 3mingue fe k)nt mis fous la proreclion de FAiiglererre. 3mme ce traité a déjà été tranfcrit aux débats, je me coiî- [Itérai d'en citer un para^9;raphe. Femsial: Quand ce\railé a- été préfenté aux débats, j^ai nandé à Sonrbonax de produire les fignatures , ôc voi |5z vu qu il n'y en avoit peint > ainii c'elt une ièn^r\.\Q litilc. ■" ' on T i 4 r. Dutiy -.Dans l'inftant même Sontbonax vient de dire qu6 Coignac Mion étok un des fignataires du traite. Sonthonax : Je liai pas dit qu'il fut fignaraire , mais ré- dacteur. Duny : Et il n y a pas de fignature. 5o;2rlo;2^ : Ce traité a été reconnu par les colons , puH qu'ils font venus à la barre de la Convention proteite contre ce traité. Comment ofent-ils chicanner la-deilus aujou. d'hui? Nieront-lis que ie 15 fémer il y eut un traite pall avec le Cabinet de Saint- James par des habitans ae bam Domingue pour livrer la colcnie auK Anglais .^e nrie 1 commiffion d'interpeller les colons . foit fur le traité , ioit Iv leur proteftation. .. ^^ ^mîi Brullry : Il eft vrai que nous avons proteite contre ce traii palîé à Londres-, mais Sonthonax ne répète point lèse: preffions dans lesquelles nous avons protefte.JNous avoi dit qu'il étoit venu à norre connoiffance quii exntou i traité, quon en avoit frdt circuler 4es copies , qu on noi difoit que ce traité devoir avoir fon exécution, ôc que ce tiaitérxiftoit, nous venions nous formellement, au no de la colonie , protefter contre -, & les colons alors Paris , proteHèrent individuellement. Les proteltations c é'-é confî^nées dans vos arclùves j mais nous n avons î cntendu certifier rexiftence de ce traité par notre prot. îanon Notre protedation e£t en tant que de betom , da le' cas où le traité exifteroit vraiment entre les colons l'Angleterre, chofe qui ne nous étoit pa_s démontrée, pu que nous ne tenions ce fait que de Robert Lmdet , nue nous n'avons eu de copie de ce traite que par ce qui a été produite par Sonthonax lui-même, piece^. foi^me,qui ned revêtue d'aucune fignature, & a laquelle ne ne pouvons ajouter aucune créance. . Sonthonax : Je mettrai les colons fort a leur aiie defe ', car je leur produirai i original de la Pj-^^l^^^^ du miéral anglais qui annonce que ce traire exiftoit. ^u au traité, fai annoncé q.e nous en avions m^ c^ dans la partie des archives non inventoriée. De nam vous apporterai hs gazettes dans lefquehes ^e .^ije extrait. Le Journal même de^ 1 anguv , impnm| a r h J.lni-.i. , procbn^c cou-uié. Certes, ii Tanguy -L.ooiiij ^•%^ ^73 M'eôt pas été sur que les colons euffeiit pnlfé ce traire en Anglererre, il ie ieroir bien gardé de le mettre fur le compre des colons. J'annonce d'ailleurs une pièce ori^n- nale que je lirai tout- à-1 heure. Je reprends la difcuilion, ôc'je lis 7 a 8 lignes de ce traire, qui me font nécelfaires pour con- tinuer iur cet objet. ( Il lit. ) Traité pa(fé entre Sa Majejié Britannique & les propriétaires franc ais de Vîle de Saint - Domingue, A R T I C L E P R E M I E R, « Lesnabirans de Saint-Domingue ne p®uvant recourir « à leur légmme fouverain , pour les délivrer de la ty- » lannie qui les opprime , invoquent la protedion de Sa « Majeflé Britannique , (5^ lui prêtent ferment de fidélisé » le lupphant de conferver leur colonie , & de les traiter « comme bons Se fidèles fujets jufqu à k paix générale , » époque a laquelle le gouvernement français & les puif- » lances alliées décideront définitivement entr'elles de la fôu- « veraineté de Saint-Domingue ». Vous voyez que ^ dans ce traité du i^ février 1792 le premier foin des colons efl de fe repréfenter comme des hommes opprimés par la France , comme des hom- mes qui ne^pouvant pas recourir à leur légitime fouverain , recliment la proteclion de Sa Majefté Entannique , pour mettre en féqueflre entre ies mains leurs poflefîîons jufqu à la paix. Vous voyez que les colons mes accufateuis. Se ceux qui ont fgné ce traité à Londres, nont quun feul cV même langage ivqus voyez qu'ils le difent toujours op- primés par ks^ alfeii-iblées nationales , toujours opprimés par ies agens ae la France , & que c'ell en conféquence rie cette oppreflion qu ils recherchent la protedion àes Princes [de 1 Europe. I Que difent ici mes accufateurs les colons , qui réclament contre mes ades à Saint - Domingue ? ils fe plaignent auflî de- 1 oppreffion des trois atfemblées nationales. Lifez leurs T 5 :fa V i74 écrits, vous verrez toujours, les mêmes exprefllons -, ïh s y plaignent de lopprerlion des agens de la France. Le 25 février 1793, quels étoient vos griefs contre leî comuiiHairtrs civils? Le commiiraire enré(idence dansle Nord avoir déporté 10 à 1 2 perfonnes pour avoir été prifes les arme! à la main dans les rues du Cap contre les ^délégués de Is République : y avoit-ii là un ade d'oppreffion ? La popu^ ladon du Cap éîoit alors intade i aucune efpèce d'ade; ii'avoit attenté à vos propriétés penfantes j les lois ^ feule; avoient régné i vous n aviez à vous plaindre d'aucur Qu avoir fait le commiifaire civil dans la province d( ,rOuePi ? Il n aVoit déporté perfonne , excepté deux homme bien connus & dénoncés par les colons comme des faureur du rcyalume , Decoigne & B.ci- de- la- Grange , habitans di Saint - Marc, Ces hommes , en horreur à Failémbi^je d Saine- Mare &à Tes ad liérens ,■ avoient été confcammien dénoncés aux comniilTaires civils , ils éxcient les deux feule vidimes fur lefquelics le bras de la^. jurace (e ()ii appeianii Dans le Sud il n'y avoit eu aucune efpèce de déportations. D q'^oi fe plaignoient les colons ? de i'oppreilion. Quelle étoi cette opprellion ? L'égalité , la liberté, la déclaration de droits : voilà les principes qui étoient en horreur au colons , qui ont été éternellement pour eux un prétcxr de rébellion & de- révolte. Vouiez vous avoir une preuve matérielle de ce que j a vance ? je la tire de la proclamation faite par les généraui anglais , à leur arrivée dans les colonies , lorfqu'ils en 01:^ pris poileilion ; ils tiennent le même langage que les cd Ions dans leur traité de Londres , que les colons de Parii dans leur brochure. Cette proclamation eft tirée du journa intitulé: Wakly Çouranîe .^ imprimée à la Grenade 3 du k février 1794. Voici le paragraphe de cette proclamation qui conilats qu le roi cf Angleterre n a envoyé dos forces dans les colonies qu< pour.fecourir leurs habitans, (Il lit). L Z75 Déclaration des généraux anglais ., du premier janvier iy<^js^» " I/aiîemblce fe qualifiant cle Convention nationale de France ayant exercé dans ledit royaume 6c dans {es dé- pendances le deipotiime le plus illimité êc le plu^ bar- bare , y ayant détruit la religion, b gouvernement de les lois, violé .les propriétés de toute eipèce , & ayant ajouré à tant de forfaits la déclaration d'une intention d'entraîner dans les mêmes calamités les autres nations , de renverler leurs conftitutions refpedives 6c les prin- cipes fondamentaux de tout état civiUfé j & , pour par- venir à ce but 5 non contente de fe fervir o,es manœu- vres àçs incendiaires èc émilfaires fecrets , s'étant portée à àe$ hoftilités ouvertes , &: à une déclaration non pro- voquée de guerre contre Sa Majeflé Britannique & (es alliés , Se Sadite Majefté s'étant vue par - là forcée d'avoir recours aux arm.es & de pouriuivre une guerre jufte êc né ce liai re 5 pour la proteéîion de Tes fujets , la sûreté de fon trône , la confervarion de la CQnditution bri- tannique &c la défenfê defes alliés. » Le Roi ccniidérant en outre qu'il eft de notoriété pu- blique que ladite Convention & (qs adhérens , en- tr'autres projets atroces , ont conçu celui de détruire entièrement les colonies françaifes, dans les Indes-Occi- dentales, projet qu'ils ont exécuté dans quelques en- droits, avec tontes les circonftances les plus horribles & par les moyens les plus criminels èc les plus dè- teilableSj Zc qu ils ont en m.ême temps manifefté des inrenr tions femblables contre les poifedions de Sa Majeilé dans cette partie du monde. Pour arrêter d'une manière prompte ce efiicace Texécurion de ces deiïeins , lique , qui , par leur iupériotiré , auroient pu ruiner le ommerce de la Jamaïque , en faifanc déiarmer par le con- re-amiral Cambis tous les corfaires armés au Cap , 8c n laiilant les corfaires anglais enlever nos navires julques iaui nos ports 5 en expofant , violentant, torturant, ni af- acrant tous ceux qui avoient intérêt à dékndre Saint- Domingue , 6c qui en avoient le courage ôc Tinteniion , n canonnant le Port-au-Prince , en incendiant , pillant , nadacrant ia ville du Gap ëc les habiians j enhn , en or- .onnant par -tout de repouffer les vaiifeaux de la Ré- lublique. » Il doit favoir pourquoi Pol^erel Se Scntlionax , à qui 5 confeil exécutil: n'avoit point annonce de nouvelles orces navales , ne vouloient pas que .le convoi partis .vaut l'arrivée d'une prérendue nouvelle ftation ^ ôz ii la envoi , qui* paroit (i évidemment par - là avoir été deftiné . être la proie des Anglais dans les ports mêmes de Saint- Domingue , ne Ta pas été par la lenteur du minifcère britannique à envoyer prendre poirellion de cette iiie , con- ormément au traire du ii février entre le Roi de la Grande- Bretagne Se les émigrés. Il feroit pollible de lui expliquer, 11 ne le favoit pas, que, dans cette grande conlpiration , incendie du Gap a été le dernier des moyens poi'r lop- pléer au retardement des forces britanniques , & poia* orcer le convoi , dont les capitaines demandoient avec nîlance leur retour en France , à fe réfugier dans le lontinent où Di-:u fait à quoi il ell deiliné, lut-to ut depuis 2 départ des vaitleaux de foji cfccite. "Il expliquera à fon tour pourquoi les vaille aux de la mÊmm •r- J République ont été retenus dans les ports du contineii i' ^ tandis que les corlaires anglais ne lailToient palier auci ^r '' àes bâdmens américains , dans lefqaels nos inforumés ce '' ' I citoyens le réiugioient ici , & pourquoi iur-tout la ftati* • ^ ' du contre ~ amiral Cambis , plus que fuffilante pour éic J ■ gner les Anglais de Saint-Domingue ^ na pas été réintégr ;'' à ion pelle, #^ " Après avoir analyfé, examiné, commenté toute cei ^ leriedefaifS que je garands , on jugera quels confpirateurs o ^ attiré les Anglais à Saint-Domingue. ^* " tSi^Tz/, Thomas Millet »». %' .;:; ^ ' ' _ l; ^'^Ofïtkonax : Je deniandeï?! le paraphe de cette pièce & '" ' ï dépôt aux archives. i-^- MlIUl : Je la fîgnerai à toutes les pages, à tout l^s lignes. Sontkonax : Je demande auilî que le fupplément de ce jourr de Tanguy-Laboiilicre foit dépofé aux archives. il f^ préfident : Ces trois pièces feront dépofées dans les a chives après avoir été paraphées dans la forme ordinaire. ,, (On communique à Millet le N°. 37 du fupplément K ' journal des révolutions de Saint-Domingue). i' . ' Sontkonax : EiVil néceiTaire qu on insère cette pièce a' j débats? •. ;i Th. Millet : Si on me la donne , c'efl pour la reconnoîd ; il faut la Hre. . " ' Sonthonax : Le traité de vente de la colonie aux Anglais é^ •. paiïé , il s'agifioit de le mettre à exécution. Borel &: quelq^ 2.utres membres de ralTeniblée de Saint - Marc furent charj ^1 de le mettre à exécution dans la province de l'Oueft. f C' Je vous ai lu, dans le cours dçs débats , la ccrrefpoi 'I dance de Borel , écrite de la Jamaïque , qui prouve mar '^'" riellement qu il y étoit allé pour mettre à exécution ce trairi à^ concert avec le gouverneur de cette île j cependant , c'e H ifii e l'arrivée de Galbaud feulement que datent les premières ahifons de Saint-Domingue. Après 1 incendie du Cap , le ammandant du cordon de l'Oueft , Neuilly , avoir reçu ordre de nous arrêter dans le cas où nous paflerions à .avers (on armée pour aller dans la province de rOueft. Duny : Pour aller à TEfpagnol , voilà le mot précis de ordre. Sonthonax : Il ne s'agiffcit pas de rEfpagnol. Le préjident : Ne l'interrompez pas. Sonthonax : Je ne lis pas l'ordre. J'ai cité dans le courant les débats l'ordre donné par Galbaud d'arrêter les foi-difant ommifTaires civils , & celui reçu par Neuilly , qui^Favoit ranfmis aux difFérens commandans du cordon de i Oued. ïpommzé de ce que notre arreftation ne s'étoit pas réalifée , 1 palfa dans la partie efpagnol* avec une grande partie de es officiers j c'eft delà que date la trahifon qui a r^is le ordon de l'Oueft au pouvoir des Efpagnols -, c eft à la iuite le cet ade que la municipalité de la Marmelade livra certe )artie du territoire franfais. Je vous en ai fourni la preuve dans es débats précédens. La partie d'Ouanaminthe & celle du Dodon furent livrées également. Ces trahifons arrivèrent rès-peu de temps après l'affaire du Cap j mais, le ^7 fep- «mbre , les vaiifeaux du roi d'Angleterre furent reçus à Je- :émie fous les conditions du traité palfé à Saint-Jame?: le. 15 février. La même trahifon eut lieu au Môle le 12 fcp-- tembre. Un bâtiment de 50 canons prit poiTeffion de la ville k du fort du Môle. J'obferverai que les premiers exemples de trahifon ont été donnés par les blancs de Saint-Domingue àJérémie-, il n'y exiftoit pas d'hommes de couleur au mo- ment où on a appelé les Anglais , puifque les hommes de couleur avoient été chaffés depuis le mois de février 1793 > ils en avoient été chalfés , ainfi que je l'ai établi dans le courant des débats. Il en étoit de même des autres pareilles au Môle. Tous les hommes de couleur étoient réunis à Jean Rabel , à faire la guerre dans les camps & les poftes. Les colons ne diront pas fans doute que les hommes de couleur avoient envoyé des députés à J_.ondres pour fabriquer mi traité femblable à celiû du 2; février , que ce font eux wm ,«■. ï *V ^vâ aient efTayé les premiers d'émouvoir hi piiHIlinces d 1 Europe fur le (ort de Saint-Domingue. Les iiommes c couleur étoisnt paiiibles dans leurs foyers lorlqu ils ont éi enveloppés dans la confpi ration générale. J'ai donc établi qu'à Jérémie Se au Mole les hommes d couleur éioient abfens , que c'eil dans ces deux places le plus importantes qu'on a donné le premier exemple de I îrahifon , qu'on a mis le rerritoire français enu'e les main; de Fennemi, Les colons m'ont acciifé d'avoir forcé les ha; bitans du Môle de fe hvrer aux Anglais ; en faifant marche; ccntr'eux 30 mille noirs révoltés j vous, allez voir ee qui faut penfer de leur afiertion. J'ai fuRifamment étabU qu je n'avois fait marcher perionne à Jérémie. Je n étois charg que de la province du Nord. Quant au Môle , quels fon les hommes que j'ai fait marcher ? Voici la prociamatio] que j'ai rendue à Finfiant où j'ai (n la trahifon du Mole. J eomimunique la pièce aux colons. ( Il lit une partie de la pièce : ) Proclamation de Sonthonax y du. S oclohre ij^^, «Citoyens, " Les Anglais de la Jam.a'ique viennent de defcendre a! Môle & à JétéiThie 3 appelés par les ennemis de la Repu bliqiiâ frsiiçuife j fans forces, fans foldars , êc (ans autre moyens que la corruption , ils eipèrent tout de la^ traliiioi & de la perfidie j ils efpèrent tout des ennemis que nou recelons encore au miheu de nous. ". Réuniirons-nons 5 citoyens , pour repoiiiïer de toute nos forces Tefclavage & la m^ort. Réuniiiez-vous , homm.e; du, 4 avril Se du 25 aoiit , le miême fort vous menace tous , on vous prépare des fers j jurez tous de mourii plutôt que de les fupporter ; n'avez - vous pas pou: retraii-es vos mornes & vos forêts ? Les lâches & féro ces chefs de cette poignée d'Anglais qui efl: defceudue dan: s vcn- s,"' l'île 3 le font annoncés comme les exécuteurs de geances des émigrés 3 n'attendez pas d'eux qu'ils obierven 1^5 droit des gens : c'eil du fang qu'il bur faut , ce^ de For Li'ils viennent recueillir. » Conduiis par les pLinreiirs blancs ^ ils viennent far nos vjgrs appor'er des Krs pour vous enchainer. Souven':z- ous des luccès de vos frères de la Mamnique j ils ont ^poulïe , ils ont battu le même ennemi qui vient inFeiler ;-)S cotes. Souvenez-vous que les Africains âes montagnes leues de la Jamaïque menacent fms celfe les Anglais , Se u'au premier fgnal que vous leur ferez, ils aiïureront fin- épcndiince de leurs frères. » Dans ces circonfcances le commiffaire civil a ordonné Ôs rdonne ce qui fuit : Article premier. " Déclarons tous les citoyens de la province du Nord en •at de réquilidon permanente aux ordres ■ des commiiTaires vils & du commandant de ladite province , pour m.arcîier >n:re l'ennemi ...»•••••*••• Art. IV. ,KL « Il fera fofmé au Port-de-Paix un raliembienient com^ 3fé en entier 4e troupes de ligne , fous le commandement Il général Laveaux , pour marcher contre la ville du Moie. « Vcrneud : Je demande qu'on life cette pièce en entier. Le préjidcnt : Il ne faut le faire qu autant que cela feroic ofolumentnécellairei ces lectures 5 en entier, allongent beau- oup les débats. Sonthonax : Les colons la liront quand ils auront la pa-^; )le. Vtrntiàl : J'obferve , fur le matériel de la pièce , qu'elle ft du 8 odobre , & le Mole a été livré aux Anglais dans î commencement de feptembre. Sonthonax : Uobfervarion ne fait rien fur l'affaire ; car , s'agit de favolr quell-s (ont les troupes que j'ai cbm- J I mandées pour marcher contre ie Moie : vous voyez que c font des troupes de ligne. Après ta trahifon du Môle ôc d Jérémie , le gouverneur générai Lafalie , épouvanté des cor féquences , eut k foibleUe de rrahir la République , d'ém. grer au Môle auprès du gouverneur anglais : voici la preuv du fait que j^avance. Lafalie , après la prife de poiîeilîo par les Anglais , écrivit au gouverneur de cette place poi lui propofer^une efpèce de traité, en vertu duquel il gai deroit le Môle , mais ne viendroit pas atraquer^Lafalle a Port-de-Paix, où j1 étoit alors. Le gouverneur anglais lui xi pondit qu'il ne pouvoir accéder à aucune efpèce de trait pareil , qu'il l'ex hor toi t ati contraire à fe joindre à lui conti les commiifaires civils qui dévaftoient la (:oionie , êc conti lefquels la nation anglais venoit protéger le peuple français en ajoutant que cette conduite lui vaudroit les bienfaits d fa majefié britannique ôc la reconnoiifance des colons. La falle répondit à cette invitation par une proclamation dar laquelle il annonçoit qu il deftituoit les commiifaires civi de tous leins pouvoirs, que déformais les colons n^avoiei à obéir qu'à lui, qui! alloit les diriger dans les mefure qu'il y auroit à prendre pour fauver la colonie de Saint Domingue, de concert avec le général anglais. Cette prc clamation eil dans les archives de la commiflion ; à la fuii de . cette proclamation le général Lafsille va au Mole ou Ta fait imprimer à rimpiimerie royale du Môle. Voici Tordi donné par Laialle à un capitaine américain de le conduit au Môle. 1i V V (Il le lit:) AU NOM DE A N A T I O *« Adrien-Nicolas Lafalie ^ maréchal des camps 6c armée 4e la République françaife , gouverneur-général , par intérim, àes îles françaifes de FAmérique fous le vent : Il eft ordonn au capitaine John Brock , 'commandant la goélette améri caine le Robin ^ de porter d'après les offres , en' qualité d bâtiment parlcm.entaire, le capitaine MonbLnc , chargé d mes dépêches au commodore Ford, commandant routes k troupe U. {?"P" "^^ '"'^.^ ^e mer de fa majefté britannioue nu Viole Sanit-Nicolas, & de me recevoir à ion bord avec A la Tortue , le ii oftobre 17,3. Signé, D! Lasaliï. Voilà d'abord l'ordre donné par Lafalle au capirain» Toî^„ enâtiir^^'^ ^ ''^^ ^-^/°- '^ cond Je,auï.-;:î:! (lilit:) " /"^^f"*^! 'î"^ ™°' ■'^°'w Brock, commapd.nt la ^r.v ne le Rohnàe Philadelphie , a. rouf hé à la Torme Vîr I courant , ayant pris à mon bord le général LaGuê VÔ'' d^^de-camp & (on va!et-de- chambre fpour u-anPpol:.. .,^ oie Samt-Nicolas , ou je luis arrivé le lendemain 4u Môl^ que le lendemain il seft embarcué à bord d'uji brir-Jr' 3éncam pour la Nouvelle-Angleterre. » A Saiiit-Marc le ^4 décembre 175,3 > l'an troifi la Kepubhquê françaife. " Signé, John Brock. .. Ces pièces font tirées des archives. L'émiffrarion an .^ rai Lafalle porta un coup funefte aux com,"„iria°tes en?' exemple dugouverneur-géiiéral delà colonie, éa.i«,n J oie dans un moment où ils étoient fans mun tions .- f ? Wes. faillit à faire pairer toute la piovinérdu ^È a re les .nams de len.iemi : heureufcment nous avion^'^ u uans le général Lavcau. Nous avions en 1- nn 1? -, un républicain vertueux, fur leque oirpiei - ^"'r' conh,,e de la République: il n'a' point tSi ceVetS' n.;. 4Î '--% ' ''. n^. 'r^ t'y ^^ a confiai; ème r I V V •r- i f *■♦• c ;• 1Î6 territoire , de concert avec les commilTaires civils. Le lo o tobre , je fortis de ia ville du Cap avec la majeure part des troupes de ligne pour les faire camper au Porc-de-Pai: f avois alors reçu une invitation de mes deux collègues Pc ver©l & Delpeiih, de me rendre au Port-au-Prince , ai de parer fur-le-champ au coup funefte qui venoit de no être porté par la trahifon du Môle & de Jérémie , par délertion fubite du gouverneur Lafalie. J'arrive à Sair Marc : là je trouve des proclamations du commandant a glais qui circuloient , dans lefquelks on annonçoit que^ corarniffaires civils éroient décrétsjs d'acculacion j on iïo que la France leur avoir retiré la confiance , qu ils étoie mis hors de la loi, quil étoit enjoint à tous les c©lons leur courir lus , & c'eft dans ces circonftances que j'arri: feul a Sainr-Marc. J'ai à vous lire , à cet égard , la proclj Diation du général anglais : il eil très-ellentiel quelle i tranfmife ;iux débats à caufe des articles précieux que 4'ontienr. ( Il en lit une partie. ) Proclamation, « Son excellence Adam Williamfon , lieutenant-gouverneui commandanten chefà la Jamaïque & dans les lies dépendant chancelier & vice-amiral dans lidite colonie , m.ajor-géné de ia majepLé britannique , colonel du 47^ régiment d'mf; terie , avant bien voulu foire choix de ma perlonne pour co mander les troupes envoyées pour prendre poireOion d'i partie d-e la colonie de Saint-Domingue, moi Jean Whihlo( ' lieurenant-colonel du 1 2,\ régiment d'infanterie , j'ai r< l'ordre de fon excellence de faire publier ce qui fuit : Aux hahltans de Salnî-Dommgue, » Le roi de la Grande-Bretagne plaignoit depuis long- ter les malheurs affreux que vous avez éprouvés : fa protedic fouvenr réclamée par beaucoup de voos , ne ^ ^^^^f^- f^^,. en vain ii les rois pouvoient toujours céder à leur feniibili enfin , le temps eu: arrivé où il peut fuivre le mouvem de fon cœur en vous recevant au nombre de fes fujs'^s > Tuus adoptant comme .faifant partie de fa grande famill L Éam .« Sa majefté britannique ayant accueilli avec honte la nère d une grande partie de vos compatriotes . preù° é' e ^/av'm-'''","'''-'' """'^yé '^'' °fdres au ma;or-génér 1 - taire paiFer de fuite a Saint-Domingue les forces nécef- nces Xr, %' f'^" ' '' ''"' '" P""^ générale entre Jes puif- nces alliées & le gouvernement de Jrance, étab'iife un»^ uverameté décifive de cette colonie mùéLm^ f'a^^ '^' .'""" exi^édition. Ce n'eft pas en nqueraut , c eft en père que (a majefté a voulu pren- e polie îion de ce territoire : à cer effe , elle ma conirL mmandement de troupes fuffifantes pour faire refteder pavillon britannique , Se punir ceux o,ui pe CfteioienVà = prriTforr'^"'""'= ^'^^p^^-^'-' p-f-fion^bir^Lt ^ pai la torce , que je veux conquérir. Un appareil for- ible auroit tout réduit , mais m'auroit laiffé des dômes la fincerité de ceux qui fe feroient fournis : fa maiëfti eut que des fujets dignes de fa proreâibn c^ desfaveuS ^ e gouvernement britannique aifure ; ainfi , fénufeL s les moyens de convidion- avant d'employer 'lï force •ja> avec moi, & d'en appeler de nouvelles , toutes tes a marcher pour réduire ce qui réfifteroit, & pun^ auteurs & fauteurs de la révolte. ^ Habitans de Saint-Domingue , l'objet & la fin de toutes nfhtu^ions publiques étant l'intérêt général des foSs 3 bonheur des membres qui les compofent, l'obfervation te des lois peut feule remplir ce but. Il faut vous pénétrer de cette vérité inconteftable , don- 1. a caufe tous vos ma heurs, que lorfqu'on veut exi^w pumiffion la plus ablolue des autres , il ne faut n-^ kr chaque jour l'exemple de l'infubordination ; l'uHion ecelfaire parmi vous , elle doublera votre force. .Une expérience très-longue vous a prouvé que le lien ' tus propre a contenir les efclaves conhftoit dans l'exem- ionnee par les blancs , de leur obéiffance à des chefi ' ' ■ cet ordre de chofes rappelez-vous l'état brillant dé c-Uorningue, & comparez- le avec les horreurs dont il 1i L eft devenu le théâtre par Toubli des lois qui vous r giiToient. « Ce n'ejl pas pour devenir le théâtre des vertus répuh cames y ni du développement des connoïjjanccs humaines, qu établit une colonie dans les Antilles ; fa veriiakk projper çoniifte à faire beaucoup de denrées y & le but de la rnétrcp eft d'en exporter le plus avec le moins de frais quil lui "U pojfihle. » » Une colonie dépendante d'une métropole pour fes ra ports commerciaux , pour fa prot€61:ion & fa défenfe * i coniequemment aucune politique excérieure , êc ne dcit chercher aucun des attributs de la foiiveraineté. - Aneoir Timpôt , en furveiller Temploi , voila la porti de fouveraineté que doit exercer une colonie : elle doit p Tenter les lois utiles à Ton bonheur, & les combiner a^ celui de la métropole qui la piotége. « D'après cette vérité fimple , fa mnie fié voulant confer tous vos droits, 'je vous déclare 3 en ion nom , qu'aulîi que la paix fera t établie, vous formerez une ailembiee > loniale pour les régler & les exercer. « En attendant , toutes les anciennes lois fi-ançaifes fer maintenues, en ce qu elles ne fe trouveront pas contraires ; moyens de réiablir la paix. w Chacun confervera (es droits civils: les lois relative la propriété feront également maintenues. « Sa m aj elle voulant aiïiirer aux créanciers les fom^ quils ont a repérer , iv.ais étant fenfiblement aReétée de t| les iléaux qui ont concouru à la dévadation de la coicj & à la perre des fortunes j voulant Iravonfer ceux qui ^ter des avaAces nécelïaires pour les réparer, mautonle a v annoncer que fur rexprelïe -demande des habiians, elle corde un furfis pour pouriuite des dettes, & la luipen: des miérêtï, à compter du i^" août 1791 . pendant do années , fous quelques exceptions • ...•••••• » Com-ùarez aduellemnit les intentions blenfaifantes roi de La Grande-Bretagne avec les œuvres de ces trois dividus qui vous oppriment, perfides dépohcaires dune )riré quon n'a pu leur confier uniquement pour vous af- uiiner : rendez-les au néant dont ils fonc fortis ôc qui les [^^^^^^- • Ign -res àcs leur nailîance , nouveau;: A-olirates , lis ne (ont connus que par leurs crimes j 6c •ux mêmes qui ks ont dclegués , éconnés de votre parience > emblcnc devanc les forcés combinées qui les preilent de >ures parts ëc les livrent à votre vengeance. »' Hommes de couleur, avez- vous pu vous lai (fer aveugler. ir les déclamations de ces traîtres ? érn vous vantant la li- erre ôc Tegaliié, ne vous ont-ils pas avilis vous - mêm-s, iilquils voL'is les font partager avec vos efclaves en vous :pouillant de Votre propriété ? » Choililfez entre la jouifFance des droits que notre conf- iition accorde aux hommes de votre couleur dans nos co^ nies 6c la punition de tous vos crimes. » Rendez- vous enfin à la voix de la nature Se de la raifon , ofitez du moment de l'indulgence i il palFera prom.ptement, quand le jour de la vengeance (era arrivé, le repentir ne us fervira de rien : je vous donne quinze jours pour vous cidcr. • Je palTe le refle de la proclamation-, j'ai cité les articles i me paroilToient les plus importans : elle ePc (ignée. Voilà riginal : on pourra la comparer avec d'autres lignatures ce commandant anglais. V^ous voyez dans le langage du commandant anglais identité ?c celui que tiennent fans ceife les colons qui" adiégent la ■nvention nationale & fes comités; ils vous difent fans fe que la^ liberté perd les colonies , que Tefclavage efl :eiraire à l'agriculture , que les colonies doivent être étran- ges aux querelles politiques de l'Europe; qu'enfin, tout ce ils ont fait dans les colonies , Se fur-t©ui les déaiets de femblée de Saint-Maïc , ne tendoient qu'à éloigner de la onie les principes de la France, ou plutôt les mouvemens enés par les principes de la France. Remarquez enfuite jioJlrine des fabricareurs de cette proclamation. Jufques- tous les goHvernemens d'Europe avoient bien mis en pra- le cette maxime , qu'une colonie n'ed établie que pour V 3 » 1 ï m. 1i II I 290 avoir le plus de denrées polTible , au meilleur marché pofTible quelle nétoït pas faite pour devenir le théâtre des vertu républicaines ^ et du développement des connaissances ht marnes \ mais aucun n avoK été allez déhcnté pour prc clamer cette horrible maxime aux yeux de l'univers emie Ainii , la doctrine des colons & de leurs^ adhérens eft dor de verfer le iang des noirs , de le boire à longs traits dai de riches coupes , parce que c'efï-là la raison pour laquel on a des colonies. La vertu ^ les institutions publiques de ^ent être étrangères aux colonies. Remarquez en mêra temps que le général anglais , inilruit du décret du 16 juill %793 , à la (ollicitation des colons, proclame lui-même décret en leur préfence , en difont que ceux qui no avoient délégués nous iiVroient à leur vengeance. Crlcul maintenant quelle devoit être la poiition des commiilaii civils , feals au milieu des hommes libres ^ calculez quels c voient être les moyens qu on devoit employer pour~ les fai alTaffiner , pour les faire dirparoitre de la colonie. On av( eu foin alors par la même voie , c'eil-à-dne , en corroi pant ceux qui écoient attachés aux commilTaires civils j > avoit eu foin, dis-je , de les en détacherai en leur repr fentantles commiffaires comme difgiaciés de la Convenric nationale 5 comme déGivoués par elle. Que dévoient pen: les hommes de couleur loriqu on leiir mettoit fous les )i \q décret de la Convention nationale du \G juillet 179 qui déclaroit quils n avoient plus fa confiance, qui les j crétoit d'accufation ? ne devoient-ils pas alors , épouvan d'avoir fervi les commiffaires civils, s'imaginer que la C^ mention nationale réprouvoit leur conduite ? ne deyoientj pas s'aifocier à leurs ennemis , aux Anglais , poiir s'emp^ ^es commiilaires civils ou les poignarder ?^ Tai dit quj taifant circuler les proclamations , les émilïaires. des Ang avoient foin de les faire accompagner du décret du iG jui Î793. Je vais vous en fournir la preuve. Voici le numi 40 du Courier de Saint- M arc y- à^^ns lequel fe trouve tranfc tout au long l'extrait de la féance de la Convention nat nale , du 16 juillet, ^ui concerne le décret porté COD lâous fur la demande de Bill lud-Varenne, Duny : înipriniç où ?' .1. M^ Sonckoriax : Luprimé à Saint- Marc. Je communique la )icce aux colons j elle eft tii'ée des archives. J ai une aurre preuve de la circulation de ce décret avec a proclaniarion de "Wiotielock : c'eft la lettre du confeil de )aix de Saint - Marc au général Laveau , (ignée par les nenibres de ce confeil. Je lis cette lettre, ik vous voyez 1" on a foin d'envoyer à toutes les paroides le décret d'ac-; uladon rendu contre les commillaires civils. (11 lit:) Saint- Marc, le i6 Novembre 17^3. -c confeil de paix & d'union de Saint - Marc ^ au citoyen Etienne Laveau ^ gouverneur- général par intérim. ^ " Les paroilfes de Saint-Marc & des Verettss Se de la 'etite-Rivière ont enfin iecoué le joug opprelleur des com- liiTàires Polverel 6>c Sonthonax. Les précautions que cette lefure oblige de prendre, s'étendent à ouvrir tous ks paquets leur adreiîe qui pallent par cette ville ^ en conféquence, :^s dépêches des 12 (Se 13 du courant ont été arrêtées ici : ouvertes publiquement : nous les acheminerions par la pie de la polie , li nous reconnoiîlions envoie une ornbr^ autorité aux commiiraires, mais le décret delà ConvenâoU;, à 16 juillet, nous le défend; c'eO: pourquoi nous gardons 3S paquets ^ dans nos mains «. Il eft inutile de lire plus au long cette lettre. Je communiqi'îe pièce. Dans cette férié de noms vous n'avez pas appercii • nom d'un feul homme de couleur encore fidèle à la France. )e nouveaux moyens furent pris pour tenter leur fidélité * : on dévoie d'autant mieux réufîir, qu'alors qu'on les in- toit à la révolte contre l'autorité déléguée par la Répu- ique , on leur donnoit cetre démarche comme un m.oyen 3 plaire à la République. Ainfi, ks hommes de couleur, 1 le révoltant contre les commiffaires civils, étoient encore :cufables : ces Iiommes de couleur ne prenoient ce paru ^ue parce qu'on leur préfentoit ce décret du 16 juillet, qui V 4 I < t f JHflifîoit îenr désiarche, que parce qu'iîs ne trôuvoient pa; d'autres moyens de (e foiimettre aux lois de la Eépubliquc françaife qu'en ie foumettanr au décret du 16 j ailier, quoi leur prérenrcir comme notre prolcription. A cette époque Jérémie faiioit circuler de nouvelles diatribes contre les cora niillaires civils j on n'oublioit pas les extraits du journal d^ Tanguy , les extraits des lettres à^s colons réfugiés à h Nouvelle - Angleterre. Un homme appelé Nicoleau exiftoi à Jéiémie ; ce Nicoleau avoit été membre des alfemblée: coloniales, il étoit fecrétaire de l'armée délibérante ^e Je rémie : voici la pièce qu il a envoyée au citoyen Gerin commandant aux Baradères , à Baptiftc Marmé , capitaine A&s gardes nationales du Petit-Trou , & à tous les autre; nommes de couleur de ces communes : cette piçce eft daté^ du 3 novembre 1793. Voici Ton contenu, c'eft un extrai du Courier polïdque de la France & de fes cohrdes : dans ce extrait : on trouve une lettre de Tanguy qui annonce un< lettre d'un colon de Paris, colon qui eil ici, qui fe trouv< en ce moment en France , & fur lequel je prie la com iTiiilion de prendre des renfeignemens. Duny : Comment fe nomme-t-il ? Sontkonax : Coile, colon très-connu , comme i© porte l pièce dont je vais vous donner leélure. ( Il lit : ) Extrait ds la gar^ette intitulée : Courier politique de la Frano êc de (es colonies. Au RÉDACTEUR^ ** Je vous envoie , Monfieur, une lettre écrite de Paris par un colon connu, à un de fes amis; je vous prie de iJ publier , quoiqu'elle f©it dans les principes de !a révolution & de prévenir le public que je fuis informé , par un ami su de New-Yorck , que Tambadadeur Gened vient de recevoii àes papiers de France, lefqusls il a vus , qui conàennentl( àicï^t de rappel àes commillaires Polverel ce Sonthonax, & > L ^95 l'ordrs pofinf à ce iriiniflre de les faire ari'êter s'ils étoient allez audacieux pour venir i'e réfugier dans les Etats-Unis. » Cette nouvelle, qui prouve que le crime ne triomphe pas toujours , changera sûiement les dilpohtions du pléni- potentiaire en faveur des trois (célérats , ^ le déterminera à mettre embargo fur les fecours quil fe préparoit à leur envoyer pour combattre nos frères au Môle à Jérémie qui, conformément à la conftitution de 1789 & à celle qui vient d'être foumife à l'approbation d^s départemens , ont eu i® courage de réfiller à i'opprellion. « Signé y Tanguy. « Copie de la le.tre, Paris, lô 20 juillet 179*. « Enfin , mon bon ami , j'ai reçu ta dernière du Cap , mais non pas celle que tu m'avois écrite du bas de la cote. J'ai lu avec horreur le récit que tu me fais; mais le temps de la vengeance , de la juftice & de la vérité eft arrivé : \ès crimes de Polverel , Scnrhonax 6c Delpech font ici retracés par tous les colons. Chaque ville où (c^nt débarqués ces malheureux expatriés , a député à la Convention les hommes les plus purs de les plus connus par kur patriotifme , pour acculer vos féroces commiiïaires civils. Leur million a eu un plein fucccs : Larchevefque - Thibaud , EruUey , Page &c Verneuil , ont tour à tour parlé à la barre : tous ont éner- giquement peint les délégués, èc ont fait la plus vive len- faiion fur ralfemblée & les galeries. Ils ont conclu au rappel de ces inonfites qui avoient des intelligences criminelles avec les Brilfot , Camboulas de autres : cette hor^e de négrophiles vient d'être jetée dans les prifcns \ les tyrans de la colonie font rappelés, & tous leurs agens v©nt l'être : je t'avoue que je vois avec bien du piainr que ton parti va triompher. Ce que je r'aflure, & ce que tu apprendras avec pkifir , c'eft ^ l'opinion générale de la France contre la liberté générale \ Ifais-laconnoître à tes amis Ôc connoiirances. Je dois te dire i auili que Ton tient à faire jouir tous les hommes de couleur ' des droits poluiaues^ t V » ^94 '> Chaque jour la Convention êft ccupée par quelque eoion qui dénonce , qui prouve que les délègues font de; iceleratsi les jacomns les ont rayés du tableau en les traicani de vdsmmgans, de fcélérats , & en pourfuivant avec chaleui la pumtion. .. La canonnade du P©rt-au-Prince a irait iremu- dnorreur, 6c na pas peu contribué au décrei qui rappelle vos exterminateurs. " Signé, CosTE. >^ Certifié c®nforme à loriginal dépofé aux archives du eamp des Rivaux, » Signé ^ l^icoLv^Av , fecrétére de V armée n^ La pièce eil extraite des archives de la commiffion : j« ia communique aux colons. La féance efl levée. Le regiftre des préfences eft ligné : L Ph. Garran, préfl- dmt; PoucHE ( de Nantes ) , ficrétaïrc ; Meriino, P. J-.ANTHENAS, MOLLEVAUT , DabRAY.. f V k U riÉM iM Du 13 Thermidor, l'an troijlhne de la République francaifc. une & indivijîblc* On fait led-ure des débats recueillis dans la féance d'hier j la rédadtion en eil adoptée. ( Les citoyens Page , Larcheverque-Thibaut, ClaulTon Sr Fonde violle ne (orni pas préfens à la Téance. ) Th. Millet: J'ai une obiervation à faire fur le marériel de deux pièces produites hier par Sonthonax. La première eft lur le papier public intitulé W^ellick Courant y & qui peut te tra- duire' par Courier hebdomadaire. Ce Courier contient uns proclamation & une deciaradon que Sonthonax a appliquée a Saint-Domingue -, elles y font il étrangères , qu'il n y eft qiieftion que de la Martinique & de la Grenade : c eft en tronquant une pbraie que Sonthonax vous a induits en erreur. . Sonthomx : Cette pièce regarde tellement Saint-Domin- gue , que l'amiral Gervis & Sir Charles Grey ont été char- gés par le cabinet de Saint- James de s'emparer de toutes les Antilles , y compris Saint-Domingue. Dans \± déclaration que j'ai lue , on parle de toutes les colonies & non pas (eule- > ment des Illes-du-vent \ on accufe la Convention de détruire fes colonies pour détruire celles de l'Angleterre. Il eil h vrai que John Gervis & Charles Grey ont fait cette proclama- tion pour toutes les Antilles , que les colons de Saint-Do- mingue les ont dénoncés à la barre du parlement d'Angle- terre pour avoir vexé les habitans des Indes-Occidentales. Thomas Millet : Sonthonax a eu très-grand foin de paifer les expreiÏÏons : & de délivrer rifle de la Martinique de l'op- vreffion & des malheurs dont elle ejl accablée. Voilà ce qui ' déiîgue bien que la proci^auadou eil faire précifément pour la t î Maninlque^ mais, fi l'en veut une preuve plus frappante^ c eft le paragraphe fuivant : • "" « En comèquence, nous fouffignés commandant des for- ces de terre Ôc de mer de S. M. B. danj. 1, s Indes-Occi- «ienraies y en vertu des pouvoirs que nous avens reçus de S. M., invitons tous les amis de la paix , de la liberce & de Tordre '^ans Fille de la Martinique, à fecouer une opprellion ty- rannique, d^ de fe iouftraire à ranarcl.de en recevant la proteédon d'un fouverain jufte ôc bienfaifant* « Cela n'eft pas équivoque j CQîze proclamation eil faite pour la Martinique. Sonthoîiax : Je ne veux que ce qu a cité Thomas Millet poiirprouver ce que j^ai avancé^ car dans cepalFage, Ch. Grey ^ John Gervis prennent le titre de commandans des forces envoyées aux Indes-Occidentales. 11 o'eft pe connois très-particulièrement l'affaire dont il eft queftion. »* Au temps où j'écrivois ce difcours que Îliquetti-Mira- beau débitoit avec une élocution fi véhémente à la tribune de Talfemblée conftitiiante , difcours que Ton applaudiilôir fur- tout parce qu'on les croyoit de lui ; on me communiqua un écrit portant pour titre: Interprétation du décret du % mars & des inJJruciions du 1% du même mois i79©j concer- nant les colonies. Cet écrit commandé par les miniitres, alfez mil rédigé d'ailleurs, avoir pour but de femer la dîvi- (îon dans les colonies , où les gouverneurs dévoient le pu- blier com.me de leur fait. Il leur fut envoyé. » Au milieu du tourbillon àes occupations que me don- noient les miniltres , le duc de Liancourt, Mirabeau, le comte de Mirck,, les fermiers-généraux, & même l'abbé d'Efpagnac, j'avois perdu de vue certe affaire de Saiîit-Dc- mingue , lorfque j'appris que raiFemblée générale de ceti^ ille éîoit arrivée à Paris. " Deux des membres de cette afîemblée , dont l'un étoic ce Th, Millet , ardens, courageux, mais fimples & crédules, comme le font les gens de bonne foi , ne fe confiant pas , Ôc je ne fais pourquoi , à leurs propres moyens, cherchoienî par tout un défenfeur contre Barnave. Ils s'adrelîcrent à Lacretelle \ celui-ci n'ofa s'y jouer : il me femble même qu'il écrivit fur ce fujet une lettre alfez fingulière à Th, Miller. Dans ce temps , Mirabeau étoit mal avec Barnave : le mo- tif pré fumé de leur méfimelhge'.ice étoit la querelle de ce dernier avec Cazalès, qui d'ailleurs, malgré hs apparences contraires, étoic l'homme de l'airemblée que Mirabeau eili- tmoit le plus. » Nos deux St.-Domingois fe perfuadèrent qu'ils devpient I r ^ faifir ce moment de réciimination de Mirabeau contre Bâf nave pour décider le premier à prendre leur défenfe contre le Dauphinois , légiflateur des illes à fucre. Mirabeau iej accueillit bien, les vit fouvent, les fît beaucoup caufer, procura, je crois, à Sir Elliot un entretien avec eux à 1 hôtel de TUniverfué j Mirabeau enfin leur promit tout , Ôc me les envoya comme à fonfalfcur. » Pour tout dire en un mot, je les trompois en leur mon- trant le plus grand zèle à les fervir. Mirabeau, dont Briifot, Roland & Clavière ont fui vi les projets, me les avoit livrés, Se je n^en ufai pas avec allez de circonfpedMon. » Madame le Jay , célèbre par Tes liaiions avec Mirabeau , me fit part ^de la méfiance de mes Saint-Domingois : elle m'avertit quils le plaignoient fortement de moi à Mirabeau j qu ils m'acculoient de les jouer ; que leur ardente vigilance leur procuroit tous les jours des lumières fur le piège où nous voulions les jeter. Ils^ éclatèrent enfin , ôc le propre jour où ^ j membre de Tairembiée conflituante , m'enlevoit ma femme ,. Th. Millet, qui s appercevoit que mon cabinet étoit le foyer de la contre-révoluti^n , ôc que le bouleverfement des coîopiies étoit un de nos grands moyens, vint chez moi à l'hôtel d'Orléans, malgré mes nouvelles promeires, au milisu des plus fanglans reproches , m'enleva tous k$ papiers relatifs à leurs affaires, &j qui pis eft, ne me paya pas. » Je dois dire à votre excellence que j'ai vu bien fouvent ce Th.^ Millet , j'ai bien caufé avec lui j & foit qu'il ait rire parti des demi-confidences que j'érois obligé de lui faire, otf ^u'il ait obtenu des renfeignemens d'ailleurs, il neft pas un dis plus petits fils de trame oui lui foit échappé. » Après que j'eus abanVionné Mirabeau , parce que je mè fuis déterminé pour le parti de la reine & de l'empereur , ou il vous voulez pour le parti autrichien. " Je me retirai donc à Thôrel Charot chez le comte dtf Marck, député du Haynaut, ôc l'homme de confiance de Fempereur dans railèmblée conlUruante : j'ai voulu v attirer Th. Millet , j'ai voulu Taboue lier avec bien d'autres per- lonnages; rien ne m'a réuifi. Earnave, comme vous favez. L ÉÊÊÊÊ ^99 a éré plus heureux avec fes collègues 3 il les a réduits en leô etfrayaiu. " Si vous defirez obtenir quelques renfeignemens fur ce que je vous avance , vous en pourriez demander à M. de que l'on m'a dit être dans le continent. S'il m'en fouvient bien, il ^étoit préfident de raflemblée nationale, lorfque Siliery , député de Reims, qui étoit Iccrétaire, lot une pé- tition de nos Sainr-Dominjois, fur laquelle Th. Millet avoir (igné, & qu'il avoit rédigée avec Linguet, ôc à ces mots : La pank francciifii de Saint-Domingue dont nous fommcs Içs feuis, /es légiùmes npréjcntans , il y fubditua adroitement, dont nous fommcs les faus , Us légitimes légijlateuYs ; de forte que par cette utile perfidie , il mit dans la propre bouche des accufés l'aveu à^^ bafes de l'accufation que nous avisas imaginée contr'eux. Vous devez bien penfer quel tapage firent nos apoflés^ mais repi-éfentez-vous. la contenance de rh. Millet , qui attendoir , dans une tribune des tachigra- phes , le fruit de fa pétition , & qui écoutoit délibérer, fans pouvoir fe défendre, s'il neferoit point envoyé à la haure-cour i'Orléans , pour un crime commis par ceux qui faccafoient &: qui le jugeoient. » Cette efpiéglerie de Siliery eH: un des cent mille totirs que nous avons joués à nos Saint-Domingois ; je dis eipié- çlerie, car ce nel1: que cela auprès de l'elfoit de génie delà raclion brilfotine^, qui, le 12 août, jour de l'arreftation de Louis XVI, faifit le moment où la légiflarure étoit occupée :les plus grands intérêts , & n'avoit pas le temps de s'appe- fantir fur^les localités de Saint-Domingue, pour faire décré- ter qu'à l'aifemblée nationale feule appartiendra de juger de i'étendue & de l'abus àes pouvoirs donnés à Polverel & à Sonthonax , & par ce moyen les fit revê-ir des pouvoirs de La iidature dent , comme vous favez , ils ont amplement ufé. » Je conclus donc pnr ccnfeiller à votre excellence de ne pris lutter courre Th. Miller dans cette a.îFaire de Saint-Do- .Tîingue , parce que îien de tout cela ne lui aura échappé , de- puis fordre donné par I.oais XVI. au gou^>erneur Duchiileau ie s'oppofer à ee que Saint-Domingue formât ih^ afiemblces :?3pulaires jufqu aux plus récens décrets de la Convenricn > nationale \ iîvous expliquera dans quel efpnt ont été déterminés rous les aâtes de la taCtion bniio ine , tant dans le corps lé gi/Iatif que dans le pouvoir exécutif", » Je fuis, <5cc. « Signé y Pel. ........ " Je ne fais pas comment cette lettre eft tombée entre le? mains d'un journalide. Je déclare que je prouverai tout ce qu elle condent lorfqu'il en iera remps , iSc que tout ce doni il eft queftion , s'eft pailé entre moi & un nommé Pelive ; qui étoit en effet le principal fecréraire de Mirabeau. L( nom que , par quelque coniidérarion , le rédadbeur a (up- prniîé j eit celui de Louis de Noaiiles qui, en effet, étoii prélident de l'alfemblée condiruante , lorrque Sillery , députa de Reims &: fecrétaire , fit le faux > qae je prouverai, filé commiilion des colonies l'exige. Sonthonax : La réponfe que j'ai à faire , efl de lire le! réHexions du journaUfle qui iuivent cette pièce. ( Il les lit : ) « M. Genefl fera un peu furpris que M. PeL,. qu'il croi morts ne le foie pas j i! ne le fera pas moins que nous corref pondions avec ce mêuie M. PeL..^ mais, puiiqu'il a tou: nos papiers _, qu'il liie le n°. 9 du Cap , daté du 29 avril dernier, il y verra ces mes , p^ig'' -''-.. « Tanguy eft homme à dévoiler la grande trame de M fubve.rJion de Saine- Domingue , dont il rient le fil échappe des mains de Mirabeau, ^ ;roavé chez madamiC Lejay pai Lùégar, domefliquG de ce légiflateur , & vendu le 6 oéiobr^ 17 89 à M. Dukôul é , omcier au régiment des dragons di la reine; ôc comme Tanguy n'aime pas les à j.artc , ni le mors à roreille , il donnera francweraent , loycdement W publiquement la ckf de rbus ces imbroglio poliriques> qu. nous aifailinenî , fans que nous puiilions fai(ir la main qu nous tue. îj Et ce M. PeL. en fait aulÏÏ quelque chofe; M. Genefi U. Éam iemn,„e. bien ^ïï 1 S ^^'^a -1 ''"'^^ r t'"' ^'^^^ cela a„ grand jour, Jls 7^k&,TkJ:^::^' t""^ '"'' lecret, quii lâche que j "• -'^ a unu no^ j-apiers aa » UBfecretpe«trortirdelanuitduto™be2u >,. ( ^eWraœij de Foliaire, ) lir i"i "-ri k\. ^ , °'"- 'e n ai produit cette' pièce nne' :ho„.L Millet rv"wncdiir.'f '"r r"^ '""^ ^-^ ■nomas MUlct : II „'a pas „cï^„,é Vakr-.tin Cùliiori ^omhonax : Soit, mais c-eft Vakntin Cuilioii Tl '^f. ^ -' l?."Vf."P"''^^ ^« Saint -Dominfuf^ oi,^ d^f^ f/ '^"e 'ecSuEluot, à l'hôtel de l'Unive^-^'é 'e tl i "^^^'""^f =nd interpeller Thomas Millet T,on devoir eft de. me ta^re fe 1. ■'°" ! Lfdanst temp de^Robelpierre', j'écrivis à votr< ' % ' GrSre el priois de communiquer au com.t. collègue Greêone.e le pr prouver cett. )p!e rte la leiuc que hieroitpas, s'ilétoitptéfent. • • • • ., „ . ., i , iTpréJïIcn^ : Si cela n'eft pas contefté, il eft mutile de 1 Qnr,^J,nTi^y • Cuant à moi , cela m^efl inutile. tSde^ri .11 y a une autre interpellation faite par So> tWx à Thomal Millet. Etoit-ce Valentm CuUion q éS de votre conférence avec Gilbert Elhot 5 Thomas Mdlcf.C. néroit pas Vakntin Cull.on ; Vattefte , je nai pas befoin d'en dire davantage _ T L . n»n. la lettre que Thomas Millet a écrite lï- uu^ r^nr «*ii des conférences avec bir Hiiiot , ce c Stan'ger à Thomas Millet. Quant à ce que Thor M et "eu? foire entendre de fes conlérences par rapport ^""^3bas'oÎnouÎfommesici engagés. S'il s'agifToi. cEto Que^'ories converfations que Thomas M) Teue av^cSir Elliot . je dirois que Ion ne doit pa, | i^ ^ jo5 ■apporter la ^ deiTus â Thomas Millet, qui Ce fera Bieri garde. .^ qu, fe gardera bien de donner Ion fecrec à cel eg^rd, mais feulement un réfukat de Ces conférences; & je ne lerai lur cela qa une leule réflexion : c'eft qu'il éto t bieii étrange qu un membre de raffemblée de Saint Marc aStl.lT/" '■ "'" ^ '-dépendance, di^d^^cé avec les Anglais; quun membre de cette affemblée eû'rim- pruJence,.pour ne rien dire de plus, d'avorr des confLn es S -, M ^'P^L'*^ ^'^"^«^ 'l ajournement perfonnel, alors que 1 aiîembiee conftnuante avoir févi contre lui ; cert« Te d"s étolt'a'ccuféT'""'" r'^.^"'^"^^ '■ r • P"^q- '^ h™ etoit accule d avoir rédigé ou contribué à la rédaôion des principaux décrets de lalfemblée de Saint-Marc qui ki ont attire lammadverhon de laflèmbléeconftituante; pu^ue di^- à lu. de donner matière à la calomnie en cherchant à négo- cier lui-même avec le miniftre anglais, dans un emps oà djo,tfigr.eveme.v inculpé : voUà ce que ; avok àZi^ ce hut. Je pa(!e a la dilcuflion^ TAomas Mulet : Sonthoiiax aggfave toujours les confé- quences cs. les refultatsque peut avoir eus cette conférence; & comme la commiffion des colonies fera forcée de sWnir a ce que je déclarerai là-deffus; comme Gilber^EU^ nf «endra pas lei le déclarer, je dois dire* . . /"f ' -^^""t «e Uprifdcnt-le demande à la cômmiffion s'il eft nécelTaire le ddcucer publiquement ces faits; je demande fi L coîS" ion ne ,ugero.t pas convenable de recevoir par écrit outes es obfervations que Millet pourra fournir à ce fie & de es communiquer a Sontlionax. & de prendre, s'il eft befoin les eclairci:..a.ens ultérieurs auprès des membres du cSl le falut public . que Thomas Millet a indiqués. \- Thomas M'dUt : Il eft des chofes aue ie rnic A\^c ■ ■ J |a pubhcité neft pas dangereufe. EÎl/e^don'cTj m'et^ ^itretenu avec Gilbert Eliiot ,& voici des notes qui W J* éfultat dp cet entretien : cela eft fort court , je lai dis (Il lit:) A 2 3 ©4 ♦ • AiiiU donc , je dis à Sir Gilbert Eîiiot t « Le rétabliflement de raiicienne monarchie n <^ft P^s ee vous importe en ï TOUS avez a v< .. ^.jncej vous n avez pas oubue que en^pr d'elle, -pour avoir il bien fécondé Findérendance des Etats-Unis dAmenque. Maigre vos Prctetoions d'amitié, je ne me dillîmule pomt que vous vous préparez à déchirer la France par la pms - funefte guerre. Vos coups, fans doute, fe porteront fur les colo- nies loMef éternel de votre jaloufie dans toutes vos guerres, Ôc dont vous avez préparé la ruine & le boukverlement par le^ derpier décret que votre politique a dide ( ce décret efl celui du izodobre 1790). » Celle des puiiîances maritimes qui aura brûlé Je plus de poudra fur mer, qui aura détruit le plus de van.eaux Se de marins, refera maitreile du commerce maritime. Je crahis bien que ce (oit F Angleterre.,. & cela eft allez vraHemblabîe ïi l'on continue de déiorgamfer notre manne: qu"en réiulrera-t-il d'heureux pour vous 2 'l'extenfion de votre commerce. Eh bien! fans défoler rhumamté par une guerre fane:^ante , niez de votre prépondérance fur mer , pour porter la France WrEfpagne à établir entre toutes les ifles à fucre une liberté d- commerce indéfini & refpedif,. fous la garantie de la^ France, de l'Angleterre ôc de l'Elpagne. Ce moyei^ qui promet -à l'Europe une paix durable, donnera a cha- cune d;^^s puiiîances maritimes Ja faculté, de développe^ tor'tes les rellburces de Ion indollrie commerciale, (Se vouj ne^'porterez point dans nos contrées les fléaux de la guerrj intérieure & extérieure. » Quant au gouvernement, je vous déclare que. iioui voulons être & demeurer français, lu refte, je^ iais bier cve vous pouvez nous détruire ou nous conquérir, maïj noil pas nous conferver : la balance du fyRême pohtiqu( de l'Eurcoe ne le permettra jamais. Ainfi , il convien mpuie mieux à vos intérêts de provoquer dès-a-prelent ïi liberté du commerce des Antilles que dy contramdre U France par rimpoilibiUté de les rétablir, lorfque par votr( intrigue vous les aurez fait Soulverier & détruire »■. W ÉMB 3®S •■'uffi ab« af,^Tr ^"- E"i°V ^«ou'-na à Londres; ce fut r-nt déchL- ïrr ^'V,"'^^' ^ a'o" i Angleterre elpé- q>-'e i'avoL .;>!<{;£' "'°^"" '^"^" ^ "^-P^°y°^ ^ «"'' Je n^^ioiu,-!f . ' P°^"'qr f"^'" ''^ ■^°"'-^"«e de Sir Ell,or. m^t-I r "î",""^ ^"''e réflexion. II eft bien «v-l-nr an- '°'"5'«'°!^ avec Sir Eliiot; il eft bien évlîenr 4-1 vues d^.nÎ;S:,r'? ''"T 'i'"!'^^-^^- à"fev;nfer i s' '1 dit à E îot 1 r '^f ^°î°'",df Saint-Domingue; car fol ink nce no '""droit que 1 Angleterre employât toute f=n es é/ives " r"'"""?- '^I ^"^^'^'^^ ^^'^ '« P^^^- RiJai-n i t ■'^' '^«^-==-d're la liberté du commerce Se lé- '-«l'^cW ' p' r " "^ '''''' ^'^"^^ °-- 1"-#- T... ^ ! ^c.o;2z^j. D ailleurs, comme i- Tai dir r- r,^.a en é-nr ;i' '*^''J''* feuleir.em- que Thcn.as Miiler ;" '-J'^-!''.«^<'--^^-"7enr perfonnel par lairemblée cunftirua "' "; ^. "", P^5 ^2 permettre d'avoir des con!^rc.ic=s -P «1' négociateur anglais. '-ic.ic.s .wco «^^ ïfr'll' /"""''T^ '^?*;!' ^ communiqué une pièce «- gazette faite à Saint-Marc fe-w. \c ,,<* t-i-vv,, îetre r'='> r^ll- • ' -i-a*^, lous le n . 40; cette pa- jjir;.' ; .''"'h '^"' a/epai^-du. félon Sonthcnax, l. fnt pva.n fu<;;S£°c;;tumr:^iVpï'i2^t5"r-- adrelle de A^bftituer u„ nom à k"ku-otn';'4'4.; :,!.,'" v'siii^r ^- ï ^''"' "'"''"':', ¥^i^ pièce p.odu^i Shul ''n^^ ' .''"' verrez qu'il n'eft pas o.cfacn d. ké^t ft ''"r ' ""^ ''•^'■','^'='^ '■^^' 1'-^ demande faue pa,- onrionSdef °'" P^'"ï""«/^ -- probablenunt empêché «na.on,u ae nommer J3réard, mais moi jç le nomnie; ce A ■> V '1- '' I f « yo6 n'eft pas Billaud -Varennes , ç eft Bréatd qu'on cite fur cette pièce. Santhonax: Il eft très-vrai que dans la piè" produite par moi hier, & qui n'a pas été lue, laquelle ^^^^^"^ extrait h journal de 1» Convention, aans lequel eft contenu le décret d'accufation rendu contre moi le l6 jmlUt, ii eft vrai , dis - je , que Bréard .ft cc4m qm a piQ- voqué le décret rendu contre nous. J ai du que ce deeret Ivlt été provoqué par BilbudA^^rennes, ceft auh U vérité i car- lifez le journal du Momtfur du u- JuiUa 1/9 V v^us y trouverez que Billaud-Varennc^ demande que k décret^ d'accufation toit rendu contre PoWe"! & Sonthonax, parce que, dit -il , ces dmx ^omm^.Ùa^re^P"^^ été envoyés par Bnjfot, Rolland & Clavûre: ce lont, les terme» dont fe iert le journalifte. Si les colons moient la chofe, le produirois le Moniteur demain, fcrneuU \ Je demande la lediire de la pièce produite. Le vrfxdent : Soiithona^c eft d'accord que cela n eft pas dans la pièce, Ftmeuïl : C'eft qu'il a des raifous pour ne pas lu-e la pièce. Le preTdentill convient bien que cela neft pas. dans }a pièce : la ledure ne fervirpit qu à allonger les débats, rerneuïl: Ceft que Bréard le caradérife. Lcpréfiient^ laifez-le répondre i n'y mettez pas tant dç vivacité, Sonthenaïc: Je conviens que dans ^^ ?''"/ .K "?"„„; Bilii'ad-Varennes ne fe trouve pom-:. Quand j a? dit quç Bil'.aud-Varenncs avoit provoqué le décret, j ai du la ve, ri'-é; car dans le Moniteur le nom de Bilkud-\arennes_s3 trouve, & Billaud dit que le décret d accufatiop dou être îancè contre Polverel & Sonthonax, parce quns oni; et^ envoyés par Brifîot, Clavière & Roland. Je &s que cd. ne fe trouve point fur U pièce que les colons failoien: circule. glors: d'ailleurs , cela ne fait rien à 1 aftaire. " BmRey, Il eft de fait que Bréard a le premief prpvoqu. C ÉÊÊ 5^7 le décret d'accufation contre Polverel Se Sonthonaxj Ver* jieiiil avoir railon de le dire, Sonthonax : Chofe fort indifférente à TafFaire. Le préjîdent : Paflez à un autre objet. Thomas Millet: Je me rappelle une chofe qui peut être utile à la commiiîîon: c'eft que les pièces qui font indiquées dans ma lettre au citoyen Grégoire, & qui font dans les pap]ers de Linguet qui font fous les fcellés , ont auflî été indiqués par moi à la commiffion des onze, par la lettre que je lui ai écrite le t; melîidor,afin qu elle trouve là-dedans àQS renfeignemcRs dont elle aura befoin dans Taffaire des colonies, renfeignemens qui peuvent être utiles pour l'armer. Je reprends la difcHlïîon. Sonthonax : L^émigration de Lafalle au Mole, la procla- mation du général anglais, la circulation du décret daccu- fadon rendu contre nous le i6 juillet 1793, produifirenc un effet terrible dans la province de l'Oueil:, eftet tel, que les commiflaires civils ne purent point l'arrêter j fept des principales communes de cette province fe iivroient aux Anglais, après avoir arboré le pavillon blanc. Je vais vous lire la délibération de la paroilîe des Verrettes à ce fujet. Extrait dis délibérations de la paroijfc des Verrettes. « L'an mil fept cent quatre-vingt-treize Se le deux du mois de décembre, les citoyens de la paroiiïe des Verrettes légalement allemblés fur la réquifi>ion du procureur de la commune, il leur a été donné leclure de Tarrêté pris par la commune de Saim-Marc, le jour d'hier, qui tend à accepter les protégions offertes par la Grande-Bretagne Se l'Etpagne, qui portent pour premier article que Tancien pavillon, le pavillon blanc, fera arboré fur tous les forts, dans tous les camps, & fera ialué de vingt- un coups de canon. " Les citoyens affemblés , jaloux d'imiter un exempl» qui doit leur attirer une proteélion affûtée de la part des. î i 'i"i« ^i |0ô 4€ux puilfancês qui nous offrent fecotirs ^ Se de témoignejr à la France & à riinivers le reipect d>c la vénératioa qi/iis ont toujours coniervé potu' noîte ancienne monarchie, "Ont ancté à l'unanimité que le pavillon blanc fera rétabli de fmie (lu* tous les torts 6c dans iqvm, les camps de k; parolife, & ^luI lera Aalué de vingt- un coups de canon, & que le préienr fera envoyé à la municipalité avec invi- tation de le faire exécuter. « Fait & clos les jour^ mois d^ aiî que à^'î^my Se ont les délibérans ligné. Coil atioîiîiSo ?* m. 'gne YROTTIS ?» La pièce eft extraite des archives ^ je la communique aux colons o Verncuïl'. Sur îa inatériel de la pièce, j'obferve que c'eft- la une copie qui neft revêtue d'aucune légaUf.tion, qui n'a ^pas Fempreinte du cachet de la miinicipali é , 5." don la iignaîore n'ed pas conforme au corps de Fecriiure d la piè-ce: auili je dis que cette pièce-làeil un chiffon. Sonthonax: Il n'efl pas befoin que c^nt pièce foir re^-êtue des fîgnatures cle la municipaliié, poirqu elle efï collation née par le procureur de h coiiimune, oiîicier^ nomrne al hoc\ elle 11 pas |-aire 'ppur ia circonfeice-, car elle.eil tiréêl des archives de la commiffion. Vous trouverez 'également dans les archives la lettre du commandant du Mirbalais- qui nous' fait palier cette pièce qui lui a\oit été envoyée pour engager le,^ habitans du Mirbalais à imiter ceux'd€ Verrettes, de îa petite i'ivière de Saint-Marc & des Gonaïve^, Si vous voulez d'autres preuves du iak^ vous confulcerez la cor-j refpo;"dance c:^ général Laveau tx\No\TQ^ au comité dé ialuî public, dans laquelle vous verrez ie procès- verbal dé Téreélion du pavillon blanc fur les forts à<è^ Gonaives. j Th.Mïikt : Te vous prie , président , de demander à Son-j îhoiiax de dépofer fur le bureau la délibération qui a précédé! pejle-ii, ç'eit à -dite. celle de Saint-Marc du nrcmier décembre. i. Sonthonax : Je vous invire à k lemettre fur le bureau, C\ fçus i avex^ car je ne Fai pas= M ■■ ^c9 /-^ ^ eivils. Vous trouverez la preuve de ce fait dans les papiers de commiiHon déjà inventoriés ; vous trouverez les déclaratior guim'oiit été faites à cet égard j vous trouverez les lettres qi j ai écrites à Lapointe pour in envoyer un détachement afin c m accompagner au Port-au-Prince. P^erneuil : Nous demandons communication de ces pièce Duny : Nous demandons qu elles foient dépofées fur bureau, Sonthonax : T'annonce que la difcuflion ne finira pas 1; deiîus y Ç\ vous exigez la ledure de toutes les pièces. Le préjidem : Continue ta défenfe. Sonthonax : La commifîion pourra fe faire repréfenter ci pièces i elle y verra qu'un raifemblement de deux cents hemmi Formé dans la nuit du 7 au 8 novembre, a délibéré fur Thab tation Freiîino , fituée à une lieue de Saint- Marc , pour arn ter fur la route les commiiraires civils , s'emparer de leurs pe Tonnes & les afTaffiner. Vous trouverez àes déclarations fi ces faits : il efl d'ailleurs de notoriété publique que j'ai éi obligé de fuir de Saint-Marc pour éviter TalfaiTmat que n réfervoit le général anglais, qui dans fa proclamation avoit dii j' L'afTemblée , qui a délégué les commifTaires civils , les liv; à votre vengeance \ » pour éviter ralfailinat qui avoit été pr paré involontairement , & très-involontairement fans douti par la Convention nationale , lorfque le 16 juillet elle me di créta d'accufation , fans pièces, fans motifs de dénonciatio; J'arrive au Port-au-Prince : qnel fut mon premier foin ? i fut, par une proclamation , d'établir d'abord que le décret d 16 juillet étoitfaux , qu'il avoit été fabriqué par les Anglaî Et certes, j'avois biert raifon de révoquer en doute v décret de la Convention qui me regardoit , lorfque la pub. cation de ce décret étoit faite par un général anglais \ car q; auroit pu foupçonner qu'un général anglais pût devenir pouvoir exécutif de la République françaife ? Je proclam donc alors que ce décret étoit faux , qu'il avoit été fabriqué jp; les Anglais : & c'efî: à ceiie proclam-anon qu'on doit la confe vation àes fept autres communes de l'Oueft & de toute la pr( vince du Sud. La province du Sud , depuis le Sale-Trou ju ÉM uàTiburon, eftreftée conftamment fîtielle à la République» c rennemi n'a eu d'autre point dans cette partie que Jérémie, l a été chafle de Tiburon > Léogane a été repris depuis que le écret du 1 6 pluviôie a été connu à Saiiit-DomingUe ; depuis ue les hommes librs-s de couleur à Saint-Dorningue ont eu la ertitude que la conduite des commiiraires civils avoit été par- litement d'accord avec les intentions de la Convention natio- ale , puifque la Convention avoit fandionné leurs opérations ar le décret du lé pluviôie. Je dis donc. ..... Sénac : Eft-il permis de faire une interpellation? Le préfident : Il ne faut pas interrompre fa déienfe -, vous y eviendrez en fuite. « Sonthonax : Je dis que le décret du i6 juillet a caulé i'in- arredion de fept pareilles de la province de TOueft , qui fe ont livrées à leirangeri que ce décret a circulé par le fait des ;énéraux anglais & à^s principaux fadieux de la colonie. Je ous iîgnalerai enfaite quels étoient les hommes qui dirigeoient n Europe les mouvemens qui livroienc à Saint-Domingue s territoire français à l'Efpagne & à TAngleterre. Arrivé au *ort-au-Prince, je lis défarmer la majorité de la garde natio- lale , tous ceux qui dans la garde nationale étoient regardés omme fufpeds , comme entretenant àe^ intelligences avec les Inglais, & fedifpofoient à exercer au Port-au-Prince les mêmes lorreurs quavoient fubies les paroifîes de Saint-Marc & de léogane; & je fis diftribuer les armes des perfonnes défarmées i des foldats de la légion de TEgalité , qui n en avoient pas à aon arrivée au Port-au-Prince. Cette légion étoit de trois ;ents hommes j elle a été enfuite portée au complet de qua- orze cent foixante-quatorze hommes. Je produis le mouve- nent delà légion du 9 avril 17^4^ d'où il fuitquilny avoit lans rCueft , pour toute force publique , pour défendre la )rovince contre l'avidité anglaife & les machinations des co- ons, quil ny avoit, dis-je, d'autre armée que 1464 hommes, ^vec 1464 hommes , les commilfaires civils avoient été obli- ;és d'envoyer des garniions à Jacmel , à la Croix-des-Bou- ^uets , au Grand & Petit Goave , ainfi que dans les autres 'paroifles qui étoient reftées fîdelles à la Eépublique. Les enne- |-nis de la République ne fe reposèrent pas après leur funefte iOPmphe à Saint-jyîarc & dans la dépendance j il leur falioic / t V lolJX'"''^"?™''- ^'^ ^^^^^^^^^e^^Ç^ ^ ^aire circuler dans iontde Valentm Guihon, de Jean-Suzanne de Léomont , d autres membres de i allemblée de Saint-Marc & de lafîir bée coloniale. Voici d abord la lettre écrite aux hommes libr . Vainement ils fe font raiîa- js d'or es: de fang-, je jour de leur punition eft arrivé. Ne crai- lez pas^ qu'ils eflectuent leur menace de fe réfugier dans les )is & d'y vivre de racines j ils n'en auront ni le pouvoir ni le )urage. » Conlidérez attentivement Tétat a^uel des cliofes : la die- ture des commiifaires eft abolie; la majeure portion des pa- 'iHes eft hors de leur pouvoir : dans les provinces du Nord , is une ieule n eitious le joug-, dans fOueft, il n'en eft plus le quatre ou ils femblent encore les maîtres , au milieu des MTicLîrs de la famine ôc dans l'abfolu dénuement de tout. Au id,^ depuis long-temps leur pofition n'eft pas brilianfe; le ' oile de leur grandeur eft brilé , ôc l'on peut infulrer Ùes bns. » Le peu a^ territoire qui leur refie fera bientôt conduis. ?s forces impoiames de terre é^ de mer arrivent journelle- ent : qu'artendez-vous? un grand nombre de quartiers vous it donné Texemple ; ayez donc la fageife de le fuivre. Tous s quartiers, & fur-tout ceux qui ont arboré le pavillon an- us, jouiiîent de la paix ôc de l'abondance : funion entre les >mmes hbres eft parfaite , & tout fouvenir des anciennes dif-' ;Ttions eft effacé. » Je n'ignore pas'que l'on vous proclame le contraire , que '11 attelle que les hommes de couleur font plus opprimée que mais, que les efclaves font impitoyablement malFacrés : il ut bien vous parler ainfi pour prolonger votre aveuglem.enr. "Vous êtes les derniers appuis de nos deux ennemis communs; tremblent que vous ne leur retiriez vos fecours , Se ils s'obf- lent à vous retenir par tous les moyens de menfonges, d'au- ce ôc de barbarie. "Encore une fois je ne veux pas vous tendre un niége ; & vous le répète , quelle eft notre firuation? Sv^ns avoir'pG'i'du qualité de Français, nous fomxuies fous ia proteélion du roi % t •4^ 3H îe la Grande-fireragne , qui nous Fait jouir de la surete indiv duelle ôc marcher au rétabUifement des propriétés de tou f fpèce : c'eft cette même (itiiation que je vous invite à part ger j méditez bien fur cette invitation , ôc agilîez* » Raiiiez-vous pour i'extinélion de l'autorité des tyrans > pour le rappel de Tordre y je luis autorile à vous déclarer qi ^cusn aurez point à regretter les faveurs des commilîaires c vils : celles-là îcnt perfides ôc palfa gères, celles d'un gouvern ment régulier (ont permanentes ôc glorieufes. J'ai le droit d' jouter que tous ceux qui concourront efficacement à la dél Vrance de la paroiilë , recevront un traitement favorable ' proportionné aux (ecours qu'ils rendront. Que le fouvenir c paiié n'effraie perfonne j la volonté du gouvernement n ( point de perfécuter , ôc les vieilles querelles font mifes ( oubli. » Ma lettre devient longue , mais pouvois-je moins vous e dire fur une Ci importante matière ? Je vous ai entretenus ( Tunique moyen qui reile pour opérer le falut de tous^ puiifé- vous avoir convaincus ! Prenez garde de ne vous repentir qi trop tard : ne vous confiez pas dans vos foibles fortification ne comptez plus fur deux im^oileurs , dont Tun fe traîne < tombeau d'une niorc honteuiej êc l'autre ne demande p mieux qu'à vous vendre. Songez que le îang des hommes e précieux , Ôc rangez-vous du parti qui n'aime pas à le r. pandre. " iSi^;2/j Valentin Cullion, Hùguet. »* Je communique cette pièce aux colons. Vous voyez dans lettre de Valentin CulUon le même langage que celui que tie^ lient ici les colons mes accufateurs j ils ne nieront pas fans dou que ce Valentin Cullion fût un confpirateur. Ils ont dit qu avoit été en Angleterre après avoir conféré avec Cn Elliot j i ont dit que Valentin Cullion étoit un traître qui les âvc trompés eux-mêmes. Comment arrive-t-il que Valentin Cd lion ait le même langage qu'eux ? comment fe fait-il qu'il dii aux colons qu'ils font opprimés , ôc que Polverel & Sonthona font mis hors la loi? Comparez cette annonce avec les d( -marches que faifoient ici à votre barre de* hommes qui di ^ Éfll nandoient ma mife hors de la loi, annonce faite par Valentin ^ullion, membre de TafTemblée de Saint-Marc. Ce Valentin ^ulhon a écrit enfui te une circulaire à tous les commandans niliraires de l'Oueft & du Sud , pour Jes engager à livrer leurs )aroilîès à fa majefté britannique, moyennant 1 00,000 l.J'ob- erve que tous ces commandans militaires font des hommes de ouleur depuis la pointe de Tiburon jufqu à la Croix-des- Bouquets. Le préfidcnt : Si cette pièce eO: dans le même fens que Tau- re , ile/l inutile de la lire. Sonthonax : Oui , elle eft approuvée par le commandant an- ;lais de Léogane, appelé Smitt, l'approbation eft en anglais. S^ ous voyez que le gouvernement anglais n a pas été étranger à a provocation du décret d'accufation rendu contre nous. Yti- )ere vous le démontrer dans cette féance ou dansla prochaine: în attendant, je vais produire une lettre fignée de Jean-Su- :anne de Léaumont et Pémerle \ elle efl adreifée à Regnault PesruilTèaux, commandant miliraire à Saint- Michel. Ce Jean- juzanne Léaumont a été membre des ailembiées eoloniales ; obferve en même temps que cette lettre efl approuvée par le commandant anglais à Léogane. Fcrneuil : Que dit cette pièse ? Sonthonax: C'eftune invitation faite aux commandans mili- aires de livrer leurs paroiifes aux Anglais moyennant 100,000 L -es commandans militaires répondirent comme ils le dévoient \ d'aufli infâmes propofitions j ils firent arrêter 1 émiffaire iu commandant anglais , de Valentin . Culiion : ils nous învoyèrent ces pièces ; elles nous ont été tranfmifes par les commandans militaires à qui elles ont été adreifées. Vous Touverez dans mes archives les lettres de ces commandans, l'ai dit que les colons qui étoient à Paris n avoient pas été étrangers aux mouvemens qui avoient eu lieu à St.-Domingne îii faveur des Anglais & des Efpr.gnolsj je le rrouve d'une ma-^ nière irréfragable : d'abord, par une lettre adrelTée par Page ôc Brulley aux comité» de marine & àts colonies. Cette lettre fe jcrouve à la fin d'un recueil publié par eux , intitulé : Dévelop- pement des caufes des troubles & défafires de Saint-Domingue. Voici dans quelle circonftance cette lettre a été écrite. • ^_ Le prefidem : Cela paro'k s'éloigner un peii-de l'objet de ,1 diicaiiioiî aduelle.' '■'-_" Sonthonax : L'ojet de la diciiflioii aduelle ed de donnée de, lumières liir ceux qui on: livré la colonie, aux Ânglaii. L'arti cle du neuvième cheF m' acco.{e d'avoir livré aux Anglais la ctï loiiie de Saint-Doiniiigiie , & nouaiiimeiit le Porc-au-Priuce il je prouve que ce (ont mes accufateurs qui ont dirigé Se fâ exécuter ces mouvernens , je crois que ce fera la aieilleui répoiife ^à faire à ce nuot ; oui , fjous i avons dénoncé & nn,,- le dénoncerions encore s'il étoit vivanr ; mii, il%f[ 1° que nous avo«,s jamais été contre les dépu-és de lirn^ Si nous avons é.é affignés au tribunal ri;::,]" « , £ ""St qu aucun ciroven np n^nr f^ r a ■ x ^^^^i^sc, c eic lancée par u° Sbun.f^M. ^'^"'^=^="« ^ ""« a/fignanon de nous n-a Jade ' ^'''°''' ?''"' "'^" P"-^°™'-« pour erre enrendus. Je réferve cetre nrp.r^P ^ f. 7 ^o. i.om-, quandil s agira delà produirF"^:^:cé^;rS^^^^^^ ™ r^e^ria^-- iSe^-^-Vond. rI-; .t^ DautoMnea. : Ce billet eft-il de quelqu'un de nous ' Sontkon.x : Il eft d'un déporté de Saint-Domingue Birdet- liomenteau , déporté avec Verneuil. -Caidet- J.r,.,..i/ : Bardet-Fromenteau n a jamais été déporté avec moi , c eà encore un faux que Sonthonax vient d^avancel vous , mais pour la même caufe. ^ ^ ^ "P'"^' Y î r tr accufê , les pièces qui les regardent , ^parce que racoifadoM plane fur la généraliié de ceux qui lont en A-rance. ions les colons acculent Somhonax , mais tous les colons n ont pasparticioé aux acles que Sonrhonax produit. Je demande Sonc3 quand Sonthonax fera une mcuipation . qa il nomme celui contre qui il la dirige. Sénac : Je ne puis le permettre à l'égard de ceux que je repréiente. ' ■ Smth nax: Je fuis bien loin d'accufer tous les colons ; quand tous m'acculeroient , ce ne feroit pas une raiion pour moi de les incuber tous. La majodré des colons a ete en- Traînée , égarée par les manœuvres des cheh qui ont iiviô la colonie aux Anglais. J'accufe tous les côlons qui iont dans ceite enceinte , parce qu'ils font cauie commune , parce qiiils font liés par les mêmes faits , les mimes crimes , la même acctifation. Ce fera à la çommiffion à juger les coupables, ■ ce n eil pas à moi de les démêler. \ Th. Millet : Sonthonax vient de dire formellement qu'il accufôit tous les colons qui font, dans cette enceinte. Je le fomme , au nom. de tous mes comm.ettans , de nommer tous ceux qu il accufe, ■ ^ Sonthonax : Soyez tranquilles , citoyens , le temps n eft pas encore venu ; Faccufation ne confifte pas dans les mois , mais dans un ade formel : quand je prodmrai cet ade vous répondrez. Th, Millet : Je demande qu'il ne foit point à la diipo- fition' de" Sonthonax de différer cette accufation. Il a oie mettre en avant qu'il y avoit des criiTxes commiis , quils Favoient été par ceux qui font en cette encemte : a peine d^être pourfuivis comme calomniareurs , je demande que dem.ain il fok tenu de produire une acte d'accuiation. Les colons : Nous joignons notre demande à celle de Thomas Millet. Sonthonax : Ce n'eft pas à vous à intervertir ma défenfe Je joue ici le rôle paififde défenfeur. \ousmavez accule d'avoir livré la colonie de Saint-Domingue; je prouve dune manière juftificative que c'eft vous qui l'avez livrée : ioyez tranquilles fur les accufations , vous n'y échapperez pas. Thomas Milkt % Jlrififte fur ma demande. 1^ 5M Le préjident : La commiffion délibérera après la féaiice. Vcrntiàl : En attendant , il ne faut pas qu il accufe. Nous avons été enlevés de Saint-Domingue le. 6 décembre 1793. La commiilîon efl inftruite du mom«nt où la colonie a été livrée à l'Angleterre ; (i Sonthonax a des pièces à produire contre nous , il e(t abrolument infiant qu il le falîe , & je lui en porte le défi. Le préjident : La commilîîon vous a déjà annoncé quelle délibéreroir lur votre demande à Tillue de la féance. Sonthonax : Je continue ma défenfe , 5r je continue de prouver que les colons ont machiné à Paris pour produire à Saint-Domingue les trahifons qui y ont eu lieu. J'ai dit qu ils avoienr fait arrêter & traduire au tribunal révolution- naire !e citoyen Pafcal, fecrétaire de la légation françaife près les Etats-Unis , le citoyen Leborgne , fecrétaire des guerres de Tarmée de la Martinique. J'ai dit qu'ils Font fait daiis des;;intenrions contre-révolutionnairesj, parce que Pafcal étoit porteur des dépêches de la commiffion civile, porteur àois renfeignemens qui dévoient éclairer la Convention nationale fur la iîtuation des colonies. Ils ont fait incarcérer les porteurs, ils ont été traînés au tribunal révolutionnaire^ c'eft encore les colons qui les ont dénoncés : en voulez-vous une preuve matérielle ? voici une lettre originale de Larchevefque-Thi- baud écrite à ce iujet au comité de falut public \ elle eft du 30 brumaire j l'an IF. (Il lit.) Lettre de Larchevtfqiie - Thibaud au comité de falut public. A Paris , le 30 brumaire , Tan deuxième • de la République françaife. Le citoyen Larchevefque-Tfubaud ^ colon de Saint-Domingue y aux citoyens membres du comité de falut public de la Convention nationale, « Citoyens, »^ Etant prévenu que le miniUre de la marine doit vous Y 4 1 • ». 0- > 7 t > ' • préfenter le citoyen Leborgne , venant de la Marrinique ^ I je crois de mon devoir de vous donner connoiiïance d'une îe:tre que je- viens de recevoir <ïun colon de Saint-Domingue débarqué à liOrient. " Ce colon me marque qu i! ell inftant qu'ii fe rende à Paris le pliiiôt poilible , « afin d'arrêter les intrigues de »^ deux individus agens de la fadion bnllotine , qui ont des " millions fecrètes , ôc dont l'un vient , dit-ii., de la Mar- ^> limque. » D'après les renfeignemens qui m'ont été donnés ,, il y a lieu de croire que l'un de ces individus eil le citoyen Leborgne. _ '> Tofe vous inviter, citoyens, finon à faire mettre ce citoyen en état d'arreilaiion, du moins à faire mettre les f( fu^- lies lur les .c papiers Vous pourriez prendre , au rePce , des infomiacions fur ion compte, non - feulement âes ci- toyens déportes de Saint - Domingue , non - feulement des citoyens Page & Bruiley , mais encore des citoyens Def- parnand ôc Tonnens , députés extraordinaires, fun de la Martinique , & l'autre de Sain ce-Lucie. " Le même colon m'écrit qu'il doit être arrivé à Paris depuis un mois une députation des commilîaires F^olverel & Sonthonax , Jaqueile eft chargée, dit - il , d'une mif- fion terrible j & qui tend à compléter la pêne de Saint--. rain^ue. î^ Des quatre individus qui compofent cette députation , deux font membres de la commiiîion intermédiaire du Cap , favoir Boiirond & Cailing. Ces deux hommes fjnî partie des fix qui ont été choifis & nommés par Pclverel ^ Sontlionax eux - mêmes ; & le premier , c'efl - à - dire Boiirond , eil l'un àt^ agens les plus aflidés de- Raymond ^ ainfi que cela eâ prouvé par les écrits de ce dernier. î' Je fuis inftruit que ces quatre envoyés fonrréellement ar- rivés à Paris, ^» J'ofe pareillement vous inviter , citoyens , à ufer de la même précaution à ieurigard. Il eil plus que probablf qu'ils font chargés de lettres & paquets pour Flaymond, BriHbt^ vergiîlaud^ &ç. M âflM > Je ne vous propofe point de dofinéf tos ordres pout î le colon qui m'écrir foit mis en liberté & puille fe dre incelfamment à Paris , m mnt^ déjà pourvu pour effet au comité de sûreté générale : mais je ne dois ne veux vous lailfer ignorer que j'ai donné^ connolilance, mis avant hier i S , de la lettre que j'ai re^ue , au luilre de la marine, à qui Ton m'avoit ^onieilié de m adreileir premier. ^y Ce neft pas tout, citoyens j vous verrez, par cette me lettre , que les citoyens Daugy , Raborceau & La- 'gne doivent repréfenter de concert les débris de la po- iation blanche & une partie de celle de couleur d© int- Domingue réfugiés à la Nouvelle- Angleterre. •» J'ai la preuve que le citoyen Daugy eft prifoiinier au rt - des - Martyrs en Efpagne , le citoyen Rabottcau à ndres , Se le citoyen Lavergne à Liverpool. '> Je vous fupplie , citoyens , de donner vos ordres pour I rechange de ces trois prifonniers ait lieu le plus promp- lent poilible j ils font , à tous égards , précieux ^ pour la- yk publique daiis la circonâance acluelle. » Salut refpeétueiik. P' . 3j Signé ^ Larchevefque - Thibaud». Ceil le 30 brumaire que Larchevefque-Thîbaud dénonce comité de falut public Pafcal , le compagnon dlnforame Leborgne , & ce même Leborgne.3 commiifaire àz^ guerres l'armée de la Martinique. . Leborgne éroit-venu pour noncer les (iiccès de la France dans la Pyïartinîque. Ro- ambeau venoic alors de repouliêr l'amiral Gardener, qui oit ofé faire une defcente fur les cotes avec les émi- és. Leborgne vient demander des iecours pour mettre Martinique à l'abri des forces de T Angleterre, qui paroii- ient être ccnlidérables. Il arrive ,.. ht ^réfiàmt \ Ceci paroit s'éloigner beaucoup de l'objet luel de la diicsiïion \ ceci n ed: pas même relatif à D( unt - Uommgue , Laii.eses<*ifc<>><» il fu 'Sxl de Vïl'^ •{?s iiiauccioas ioiix- t. ,f. V >. ^ pabie loilqu il venoit demander les fecoors de la Fr-^ contre les Anglais ouïes colons éroient d mtelligence a^ les ennemis puifqu ils vouloient empêcher la Conveni de porter des fecours dans les colonies. J^invite la commifi a prendre connoiirance des pièces. J^ajoute aiiffi que les ions qm difent n ^oir dénoncé que BriiTot , d^nonc ICI l^eborgne comme apportant des paquets à Vergniaud. U-préfidmt i D'où fort cette pièce l 8ontkon,x : Elle efl tirée des archives de la commifTic pmlee du carton contenant les pièces appartenantes à F verei & Sonrhonax , & relatives à ieor midion à Saint-I mingue J ajoute que Verneuil eft Tarreilateur de Leborgi 11 la iaih au colet , fortant de chez le minière de niarinp^, & conduit au comité de siireté générale où Amar rait arrêter. J^trneuil^: Oui, ceû moi qui ai airêté Leborgne : c pourquoi j ai demandé pluileors fois que ion apportât procès - verbal fiit en puéfence de huit repréfentans peuple i ce procès - verbal eft f gné clés repréfentans peuple, ^ des colons préfens , de Leborgne. Ceft-làq, reconnoit que les colons, notamment Larchevefque-TÎMl^ & moi , ont toujours été 'les févères obfervateurs de loi , & particulièrement de celle du 4 avril , & où Leboro déclare qo il _ recoimoit Polverel ôc Sonthonax pour c îceierats; mais qu'étant iubalterne dans tout ,cp ou il s' permis défaire, il a été contraint d'agir. J'ai deman plulieurs fois ce procès - veibah le prélident, chargé reriier les papiers concernant les colonies du tribunal r VGlutiônnaire , m'a dit qu'ils ne lui étoient pas encore pa Venus. ^ Le préfident : Je déclare ce qui eH vrai , que cette piè- ne le trouve pas parmi les pièces de Raymond , que vci avez mdiquees, & je ne fâche pas que nous l'avions ai trement. ^ ^^ Ferneuil : Je n'ai pas parlé des pièces de Raymond J ai ère au tribunal révolutionnaire , j'ai demandé copie d procès - verbal, j'ai vu la pièce moi-même. Îi7 préfident : Il faudroit indiquer le carton où elle fe rr.euil : Je vous en ai donné l'indication dans Is preTidcnt : Je répète ce que j ai deja dit , que je n. «f pas Que ces pièces fulîent parmi celles que tu .s uées qu'elles n^étoient pas dans le procès de Ray- uees, que.iei fXplement indique- Si tu ne 1, quon nous avoit ipecuitiutnL j ,• ^ ,as pofuivem^nt où peut être cet.e P'^^/^^ "f "^^ 1^-* .ffibie de la trouver. Comment fais-tu qu elle eftaltie les s de la commiiiion des colonies 3 ' erneuil : Parce que j'ai vu l'inventaire qui vous a été ;,.J....: Indique de q-^^^f^-^l^Ïe' k^ car on nous a envoyé du triounui le^"-" , es de pbfieurs perfonnes , en ne P-^.^^^^'^^ P^ „\',;,f Je ^s pièces de tel ou tel accufé doivent fe tiouvei. Je Jois^pas que nous ayons les pièces du procès de Leboigne , ^{l-là ce que tu veux dire....... ^crncuil -.Om, c'eft le^ procès - verbal contre Leborgne, VOUS a été remis ^ j'en luis sur. :e -préfident : Comment en es-tu sûr ? r.rrnnJ • Pn-c- Que j'ai VU au tribunal copie de Im- rls-pÏe^s^oîu o'nt étéremifes à a — f^; ! , elt pas moins vrai que Sonthonax fe P«""f^ '^!'."^*'"e ges!, & que les pièces qui prouvent le conaaiie îvent égarées. :e;.ré'y.«r:Bapportel'aae par lequel n°"^~ J^^^/^ l-nnv de ces pièces, avant de dire quil y a des pièces :% Nou ^avons donné le récépiffé des p èces que ?s avons reçues. Tant qu'on n'indiquera pas le carton lequ" cTnèces f' trouvent , ni ^inventaire dans uel ell fe trouvent , il ■^o'^^^^ "^Pf *'^„,tl les (ont :, & il ne peut être permis de dire quelles iont "va^cuil : J'ai été au tribuml avec deux repréfentans d« / ■'f « t V V- HT • ?2S peuple ; ils ont vu les pièces • ^'A U A„. • i ven.r faire, ici ie„rs dilatons ^'"' ' " ''" '"^^^^ /"«/■«.^^Z .. Ils ont vu comme moi la nièce. naSf fe-o?l?" 'i '''' 'H-^- -' -^"-' révolu, eLe n é.o.t pas a la commilHon des colonies. Et3-TT„i , ; "'cnai, fecrétaire de lét'aaon ^ta.,-Ums , & ont demandé qu ij fôr £rrp-,i T„ f tous Uésl'^y delavouer à propos ; mais vous ■ K-us 1I.S de puncipes, dopmioa & d'autres choies. • . ■^e prcfiamt : A Tordre ! la preuve. ^nrait, je demande quon en doi à ^ SSeL^'" '^ '"^*'^''" ^^ P-' & d'autre. Pai par les colons rel^tS '^^t^^^^^'^ETl '" janvier lyc.^ nue i Pof^o ^ - s -r o ^ince. -i^ elt le i fois mouiller devanr le Port-Ré'pubCH c X' ' ^p'"'" l-nnce. J'ai lu A-r^ U J- ■i>.t,pL^..csia, ci-de/amPort-a faiteparlè 4nér^lt Jfv '""^''^ fommarion ciui m'a é Paflé> Saira-Jam.es ; e . W ?;;"' ^^^f ^''f ^» ^^^^^ <î"eja faifA o,. r,An/,-n! „ ^ ."r^™' '793- voici la répon au. colo.s:i:it^rd:fc: ^^ -— iq- k r/gi. (Il lit:) iv.^ .©o COMMISSAIRE CIYn. .'.-. aejhrnajejié britannique aux AntillJ. "" i°'''' "^ ^' C O M \i O D O R E '-' J ai comrr.uniq.^é aux commandans 'de !a force armée & 52^ ^préfentnns du peuple du Port-Républicain la dépêche projet de^ capitulation qui m'ont été tranfmis liier de part par le capitaine Reveley ; tous ont rejeté unanime- vos propofitions ; ils veulent vivre & mourir Français , s'écarteront pas de leur ferment. citoyens blancs font invariablement attachés aux prin- de la Convention nationale ; ils ont vu d:ins Fart. IV ropofuîons dm gouvernement britannique un mépris l de la loi du 4 avril 1792; ils ne fouifrir ont jamais urs frères de couleur foient plongés une féconde fois ignominie ôc dans la barbarie d'un préjugé devenu in- )ie chez un peuple éclairé. Les anciens libres , de toutes ileurs, font réunis de cœur Se d'efprit pour la liberté le j les Africains , de leur côié , ont juré de défendre •prières de leurs patrons. elles font, commodore , nos difpofrdons. Je voiiscon- l épargner au Port -Républicain une a iraque inutile ; 'itajis ne connoiiiènt point de capitulation devant Yen- 3 capitaine Adelon Se le capitaine Boyer vous remiet- erte répoafe. Je vous prévieris que toute fufpeniïon ités ceiicra au moment ou mon parlementaire ïera de " Signe, SoNTHOî^Ax. ^ honax : Voici le poJl'fcnptun{, y & Temeull: îl n'y en a pas. honax : îl ed vrai , il n'y en a pas. J'annoncols feule- u commandant anglais , que Toulon avoir é'cé if oris , tniral Hood avôit été bartu, que fa Hotte avoir é4 ans le porr. C'eft le 13 frimoire que Toulon 2. é é î. ne ppuvois pas {avoir cette nouvelle à Sau-i^-"no, i mais j^étois obligé, pour con re-balmc^r les .-.cnzet- [aifes , d'inventer des nouvelle,? favorables à la Repu- rrançaife pour parvenir à nous dèk^f^n re. cuil : C'eft ce que vous avez toujours fài»-. honax : Et alors j'ai bien fait. Il falloit al^rs fe pré- t k 1. f jp™ parer au (iôffî-sat : j''ordonnai aux ofliclers de la marinf chande de fe rendre au fort Fîlet pour fe àèïeïiàïe cor Anglais 5 j'en donnai le commandement au citoyen At Se voici la lettre que j'écrivis à ce fujet à rérat-major officiers 3 mariniers Ôc marelcrs de la marine marchandai eîl du 2 janvier 1794. ^ :) Du 2. janvier 175? Aux o^ckrs de t état-major ^ officiers j mariniers & m de la marine marchande. jour ed arrivé où vous allez prouver aux dé de la République que ce n'eft pas en vain que vous fait le ferment de défendre T égalité : l'ennemi eH: foi! yeux , il ofe provoquer une capitulation à la ville , qi fufe d'étendre à la rade , il brûle de raVir les propriét vous font confiées. Je vous donne la garde du fort cefk. la clef du port j défendez-la ^ c'efb votre intérêt le notre à tous , c'eft celui de la République : périiior plutôt que de trahir. » J'ai donné ordre au commandant de l'Ouell de c des arm.es • aux douze capitaines qui commani4eron; Girban. " Ci - joint copie de la lettre qui m'a été adrelfée . Commodore Fort i foyez prêts à toute heure. Quant à ¥ous me trouverez dans le chemin de l'honneur ôc d triotifme. " La bonne contenance que nous fîmes aux Anglais 1< impofa. Ils attendoienr dix-huit mille hommes de la Bar comme on ne les avoir pas encore ^ ii étoit impo(fi faire une defcente , on le rerira. | Vers la fin de février l'Anglais fe préfenra de nou êc 5 félon fa couttime , il vint mouiller d:^ns la rade du au-Prince , hors dp h portée du fort, dans la grande quoique Thomas Millet ait dit qu/on ne le pouvoit pà qu'il fâche bien 3 ioit par les carres , foirpar ks ouvraj ^j^H^*- .35ï ne 5 Toit par la pratique de lui-même , qu'on trouve par- le rond dans la grande rade du Port-au-Prince , à un ; au Nord de la ponite du Lamantin. hom, MïLct : Il me fait dire des chofes que je n'ai pas mthonax : Vous avez dit un jour ici qu'on ne pouYoic noiiillcr au Port-au-Prince hors de la ponée du fort. z. Millet : Continuez. mthonax : Je continue. Sur la fin de février Fennemi vint >nner une féconde fois dans la rade. Il n avoit qu'un ?au de 64 y t:'éLoit le vailFeau le Sceptre , monté par le rai Grey , général de l'armée des Indes-Occidentales. H ut pas de fommation ; on entretint quelque correfpon- e avec la marine marchande qui étoit dans la rade , ?r.nant h^ canots de nuit. Les correfpondance^ furent leftines ; je fis tout ce qui dépendoit de moi pour m'y 'fer. L'ennemi n'ayant encore rien pu obtenir ceire fcconde ■leva le iiége pour venir le 30 mai de la même année. G mai les i^.nglcus fe préfemèrent en force : ils avoient deux vailfeaux de 74, un de 64 , un de 50 , 6 corvettes ■égares, 12 gros bârimeris de tranfporr , une infini é de ttes : ces bârimens porroienc trois régimens anglais , for- : en tout 1,464 hommes. Une armée étoit à TArcah^iye venir attaquer par la Croix-des-Eouquets. Une autre e étoit formée à Léogan® , elle étoit fonnée de colons i LU pouvoit monter de 2,4(.)o à 3,000 homm.es. C'efl; en rat que l'ennemi fe préfenta le 30 mai. Le 3 1 le com- ianr donna les orires pour em.pêcher le débarquement xé du Port du-l'o.dé , qui efl du côté de fArcahaye. t frégates étoient emboffées fur le fort , pîudeurs bâti- ! de tranfport accompagnoient ces frégates : c'étoit là 1 fe propofoit de faire le premier débarquement. Vous rquerez cependant que le commandant de la province le- ordre à 400 hommes de s'y porter, & que la garni-fon ort-au-Prince , ordinairement compofée de 1,184 hom- , étoit dimiinuée d'environ 700 & quelques hommes , par les maladies , foit par les détachemens qui étoient les autres quartiers de la province de rOueil. On peut t * f * ^ j' è # 3 3^ • i s*àffurer de ce fait par rinfÎ3eâ:ion de Tétat de la légion , I lïîcis d'avril 175)4. Voas y voyez J43 hommes à Tarticle îackcmcnt ^ 94 à rarticle kôpital , & 143 à rarticle co« lejcens , qui , réunis eniemble , formoient un total de 7I qui, difeit de 1 5464, formant la garnifbn du Port- i^ Prince , la, rédHifoit à 684 hommes efFe'dlifs -, on peut aj< ter a ces 684 hommes environ 500 canonniers , tant bla que de couleur : ce qui forme en tout 1,184 hommes. Vcrntuïl : Sur le matériel de la pièce , j'ai déjà obfe que ce mouvement a été fait après coup , & que rien preuve qu'il ait été fait pendant le iiége , & rien ne p f&ire croire qu'il ait été fait lors du liège du •Pôrt-au-Prin Sonthonax : Le mouvement de la légion étoit dans forme ofiicielle exigée par les lois 5 il e£t (igné par l'adjuda major. Chaque jour les adjudans-majors envoyoient au c© mandant les mouvemens de leur corps. On dit qu'il a > fait après coup, ji fort des archives. S'il a été fait ap coup 5 du moins il n a pas été fait en France : s'il avoit fait après coup, on n'aiiroitpas eu la mal-adreife de le da du9 avrsij car on éroit le maître de le dater du 50 mî jour de l'arrivée des Anglais devant le Port-Républicain. f^erneiùi i Sonriionax' vient de dire que tous -les jours apportoit le mouvement des troupes : eh bien ! pour prou^ r'ie cette pièce iïefi: pas contToovée , je demande qu'il < pv^^e for le biiresiii le mouvement journaher de la légi TEgalitl 5 depuis Fépoque de fa création jufqu'à la prife Port- au -Prince. Sonthonax : Ceci ePt une pure chicane : la commiiïi pourra fe bire repréfenter peut-être 109 exemplaires d' mouvement pareil, fait à diverfes dates ^ ils fe trouve dans les papiers des commiifîiires civils , dépofés à la cor niiiîîon des colonies. Un très- grand nombre n'eft pas inve îorié î je^uds cependant qu'il j en a pluiîeurs répandus da la liaile déjà inventoriée. Je continua la difcuilion. Le premier juin fut le premier jour de l'attsoue. Les A giai_s emc'Oiserent un v^iiiQau Se une frégate devant le k d;i ilizcron : ce po(i-e fut canonné pendant quatre heures i < ne répendit aux Anglais que d'une manière très-foible. A Bri de la canonnade , l'enueuii qui îivoit débarqué au pol A H9 « La difetre la plus abfolue eft un des effets de Taban- don où ïon paroîc aons condamner. J'ai quitté le Cap le 10 du mois pafie , & j'ai laiiïe la province du Nord dans le plus gland dénuement ^ j'arrive au Fort Républicain, ci-devrni- Port-au-Prince, ôc je trouve cette province auflî dépourvue que l'autre. » On manque généralement d'armes, de poudres, de gibernes, de falaifons, de (ouiiers, de toiles i nous n'avons pas même du papiei;. " Ufez dô toute votre influence fur le commerce pour la iécider à nous faire des envois furcits & clandeftins, nous es paierons en denrées. ^ » J .es nouveaux libres méritent qu on s'mtérelfe à leur on, ils fe montrent dignes des bienfaits de la République: î nous avions^ de l'argent pou»^ folder Se enrretenir une prce armée, l'ordre le plus paifait feroit bienrot rétabli. ?aint-Domingue, qui naguère étoit le féj our de refclavagê ^ du crime, feroit culrivé par des hommes libres, heureux St fatisfaits. » CePc une vérité effrayante mais réelle, qu il n'y a pas lans toutes les places de la province du Nord, de poudre )our fe battre pendant quarante-huit heures. »» Malgré la répugnance que nous avons pour la marine jui a délerté Saint-Domingue, nous vous engageons à ifer de votre iniiuence pour nous renvoyer le vaiifeau ÏJ- nérica-. ce feul bâtiment feroit fuir les Anglais de nos côtes, k décideroit de l'évacuation de Jérémie & du Môle. " Si vous pouviez y joindre la frégate ÏEmbufcade ôc uii« ;orvètte, nous détruirions toutes les forces de nos ennemis »'. Vous voyez que nous Tentions la nécèflité d'une marine 5our prbieger les côtes, mais nous ne voulions pas li narine de Galbaud,.la marine qui avoit incendié le Cap. Si OU'; demandions le vaiiPeau Y America, la frégate Y Em-^ nifccit de une corvette. Si alors nous euffions feulement m un vaiifeau de 74, nous aurions fait fuir ks Anglais hs côt's de Saint- Dominguei car toutes leurs forces, i Tome FI IL Soïxantc-dix-f:ptum^ àyraifon, A a i  r t t. » I V cette époque, con(îft©ient en un vailleau de jo &^ deu; ou trois frégates. Je terminerai la difcuiHon par la ledure de mon or donnance fur les paiîe - ports -, les colons ont dit que j'a vendu les palîe-portsj vous aiiez jugez de leur aifertion, & de ma conduite à cet égard. Comm'iJJion civile. Au NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAIS]^ •< Nous, Leger-Félicité Sontlionax, commifTaire civil d( îa République, délégué aux iiles françaifes de l'Amériqui fous-le-vent, pour y rétablir Tordre & la tranquillité pu blique , » Conddérant qu'une multitude d'individus de tout âg( & de tout fexe follicice des paiie- ports pour la Nouvelle- Angleterre, & que le defir d'émigrer ne peut être atrribu< qu'à la peur, à l'état, de maladie , ou même à roppofitioi connu de quelques -un^ aux progrès des principes français^ » Confidérant qu'il ne peut être que dangereux pou l'ordre publie ou pour le fuccès de la révolution à SainD domingue, de retenir des hommes ennemis de leur payi ©u impuiiTans pour le défendre^ 5* Confidérant que les dépenfes que néceiîite la guerre doivent erre fupportées par l'univerfalité des citoyens de tou âge & d® tout fêxej » " Confidérant qce ceux qui prodiguent journellement leui fang pour la défenfe des principes facrés de la liberté & de l'égalité , doivent recevoir du gouvernsment une fub- iîftance fure Se une indemnité quelconque pour leur géné- reux dévouement; y* Confidérant que le fervice militaire eft obligatoire poui tous les citoyens , & que , fi la proredion efb due aux propriétés àes, abfens, ce ne peut être que fous la condi- sioa du remplacement de l'impôt particulier qui en tient iieuj 551 H Nous avons ordonné 6c ordonnons ce qui fuit : Article primiir. » Tout homme au defîus de douze ans, quelque foï% d'ailleurs Ton âge, qui voudra fe retirer à la Nouvelle- Angleterre, pour caufe de maladie ou pour afFaire parti- culière , fournira au fecrétariat de la commilîion civile un récépiffé du rréforier de la colonie, qui conilate qu'il a verfé ou fait verfer dans la caiife générale une fomme de lé^e livres argent des colonies, ëc ce, par forme de remplacement du fervice militaire. » Les femmes ne feront alfujéties qu au paiement d'un® fomme de looo liv., argent des colonies. I L " Les déportés de la colonie feront tenus de faire h même paiement, ils ne pourront être embarqués ni élargis des priions, s'ils ne juftifient du paiement des foromes fixées par la préfente proclamation, chacun fuivant £on fexe. I I L » Les femmes verfées au tréfor de la colonie pour caufs de congé pour la Nouvelle- Angleterre ou de déportation > feront excii lîvement employées à Tarmement ôc à l'cquipe- menî àes i^giorxS franches de fOueft, fans que, ious aucun prétexte, on pdife les détourner pour un autre fervice. IV. "Il fera à cet effet tenu, par le tréforier de la colonie^ des regii^res Se une caiife féparée pour les fommes verfees pour caule de déportation ou de congé pour la Nouvelle^ Angleterre. V. » Les paiemens fur ladite caiffe ne pourront s'efredcuer A a 2 A- ïjQiiffii 3S^ fine fur les ordonnances du commaBdant de la province de i Uaelt, approuvées par les commilfaires civils. V L _ « Le tréforier général fera tenu de nous fournir chaque jour le mouvement de la caiile contenam Fetat des femmes reçues, ëc celui aes fommes dépenfées, avec les noms de ceux au prohr d? qui les ordonnances auront été tirées. - Serajapréfenteordonnanceimprimée&publiée,r' P'-'^^^é, da..s comm.ncemenr de cette difcuffion, que les colons mé- °!"l,S"''i'°-"^"^P^ de livrer aux A„gb.is & aux pa»nu s .e colonies ;_ que ces confpirations ont pris naiflince ft-rK t'") n '.°"'".^"?"=f ' quelles or,t contuiué ious l^a.Uee legulanv. juiquau moment où elles ont éré T^Z'"' "' P'°"'' "'^" ^" ^^ ^"^^"''- les '^"io»s de m t3"^"' ^7'°"^P''>fié un traité avec le cabinet de ■ri vie' 'î"%l«,P'a=es du Môle & de Jérémie fe .t In rees aux Ang a.s , &c les ont appelles dans leurs ^ée; ;; v^'a"'? '^"',-'' P'^='^ '^^ '-^ Pf^^-'^^-'^e de rOaeft. nl.J^ '^^ '" ' / ^Î;"'"""^ éfé par une fuite dés ma- uvies ces colons de Sanu-Doraingue correfpondans de l '-^ ,-*^/""«y & de m-s autres accufateurs . qii'eiles o:ent e:e lur-tout par une feire des machinations tramées ^trrniù'-''- ^^' P'°.""'^ «"■'^"' que l'évacuation rou - Républicain , par k trahifon du commandant a province, ne pouvoir être du feit du commiilaire ik f/^'°r^ ""^^"^^ commiffaires civils, dévoués à '7n ^î' l^.correfpondans des celons de St.-Domingue ''d .'nifi?""'' ) ^'^'f"^' P'"*.!' ''^ P'-^-iamation du aal anglais, par la circulati^iiî d\.n décret lurpns à la o'Z'i-?"°" '' ' «°^"""'-°""'és dans des circonftances "Tl^nt; f''" T ''™''? fc^^aicnnaire ;,.bii= , a éprouvé dépareilles; que les commiiïaires civils, >« a leur devoir ont détendu pied-à-picd, au^an^ qn', e en eux, le territoire de Saint-Dcminsue. J'ai pr^Vi Voir^'f"'"^''--^ '''"-'r ^." S^'^"de partie, c'eft £ • t^.^?'^"^'"^^-^" "Vils qu'on le doit enco.; au- anui, cai les commandans nommés par les com.pif- ^s civils, font cetix qui commuent d'avoir- la comîance on, que cetl a la liberté des noirs que la Fran-<=. d-^r ;r;verderr'"j'.'"^ ^'^' pœ-é que' fru^;:; lies meutes de la Guadelotipe & d'une parde des ifus anglaifes , c'eft à la liberté générale que nous le devons la meiure de la liberté générale a Tuppleé la marine , le flottes que nous n avons plus, ôc les ioidats que nous n pouvons pas envoyer. J'ai termina ma détente fur 1 neuvième chef d'accufation. La féance eft levée. Le regifire des préfences ejl figné t J. Ph. GarrAK , préji dent; Fouché (de Nantes), jtcrttuire; Mollevaut < Dabray. Fin du Tome hkitïhnt* • } U DÉBATS ENTRE LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS; DANS L'AFFAIRE DES COLONIES, WPRIMES IN EXÉCUTION DE LA Loi DU 4 PLUVIOSl»' Tome IX. »*i A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. Frudidor , an III. Soixtmte-dix-huitièmc livraifaa. l' # V ,f-^^i^^- KT. Î7»*^t^;ùpr'f;:^i5 £7^5" .■^ .■n g^T-»'— ïlKgl — -, ■ ^: ;•'f.■■^•*^•^ >'S»^:- ii'iiWiffi'iÉiitiir-' -^^ ^^**'- jysè