■ 1 A 0. OC' ^u;i> '■^«î li •7 ili ( 8 ) pas induire en erreur ! Evitons avec pté- caution le piège qu'on nous tend ^veCu^^^Wé^ Nous pouvons nous enrichir par nos Colo* nies , n'en laiflbns donc pas échapper le ïnoyen! Sur- tout , ne donnons point à une Nation rivale le cruel plaifir de nous écrafer un jour f o DISCOURS S ira la nécessité de maintenir le décret rendu le ib mai ly^i y en faveur des hommes de couleur libres ^prononcé le iz septe'tnhre lygi , à la séance de la Société des Amis de la Constitution , séante aux Jacobins^ Par J.-P. B R I S S O T. împrîmé par ordre de la Société. Messieurs QtTÉL est donc cet acharnement à solliciter la révocation du déciet rendu le i5 mai, en faveur des hommes libres de couleur ? Est - ce r donc un décret qui viole leâ principes de notre constitution , qui flétrisse Tlionneur de l'assem- blée nationale , qui porte atteinte aux droits des hommes ou à la prospérité de Fempire ? Non ; ce décret immortalise au contraire l'assemblée nationale , rétablit dans leurs droits primitifs des , hommes qui en étoient injustement dépouillés, attache à jamais à la métropole les colonies fran- çoises. Par quel étrange aveuglement quelques individus s'opiniâtrent-ils donc à vouloir anéantir un décret aussi juste , aussi politique ? La vanité blessée , lambition de dominer , et peut-être le dessein secret d'accélérer la scission des colo- nies , et de se délivrer aussi du poids d'une dette immense , tels sont les motifs qui dictent cette opposition coupable à un des plus sages décrets qu'ait rendus l'assemblée nationale. Rappellez- vous l'invincible opiniâtreté de ces mêmes hommes à faire révoquer le décret qui excluoit du ministère les législateurs , et vous aurez dans ce fait la clef de leur conduite pour les colonies. Accoutumés à dominer par la prépon- dérance qu'ils avoient usurpée dans l'opinion publique, dans l'assemblée nationale , dans le conseil du roi, ils voyoient à regret s'échapper de leurs mains le sceptre quils ne dévoient qu'à un patriotisme hypocrite , qu'ils ne conservoient qu'à l'aide d'une coalition monstrueuse. Le décret qui auroit ouvert le ministère aux lé- gislateurs , auroit perpélué le pouvoir de ces intrigans. Ils ont , pour l'obtenir , employé toutes les ressources de la tactique des assemblées .; leurs efforts ont été vains ; l'assemblée nationale a tenu ferme , ils ont succombé , ils succom- beront encore dans le combat qu'ils veident li- vrer aux hommes de couleur lil^res. ^ t C3) Est -il nécessaire de vou^' remettre sous les yeux les puissans motifs qui ont déterminé l'assemblée nationale à décréter, la ;i5 mai , ^ue, les hommes de couleur et ?iègres nés cle père et mère libres jouir oierit des droits de citoyen actif? Nos représentans avoient vu qu'on avoit toujours , par une perfidie astucieuse , confond t|, la cause des hommes de couleur libres avec celle, des esclaves , qu'il, n'existoit aucune analogie entr elles ; que si la politique etlhumanité même défendoient d'affranchir quant à présent les esclaves , o^ïes faisoient , la loi de> faire jouir des hommes libres de tous \^s droits de la li- berté. Ils avoient vu que cette décision étoit déjà textuellement portée dans le décret du 28 mars; qu'elle étoit fondée sur les principes ëterneîs de la liberté ; qu'il étoit impossible sous un régime libre , de reconnaître , de distinguer deux castes d'hommes libres ; que les distinguer, c'étoit ouvrir la porte aux jalousies , aux haines , aune guerre intestine dont les calamité:; étoient- incalcLilables, dont le terme ne pouvoit arriver qu'avec la destruction de lune ou de l'autre classe d'homme.^. Ils avoient vu que rendre cette, justice aux hommes de couleur , c'étoit attacher à jamais à la France , par les liens de la recon- noi sance , Ja classe d hommes la plus nombreuse, des colonies, cette classe indigène qui se pro^-. pageant et peuplant dans une proportion infini-l ment supérieure à celle des blancs, promettoit de couvrir un jour de ses enfans toutes nos îles;' cette classe dont l'industrie étoit ia plus active dont les mœurs étoient plus pures , dont l'éco-. nomie étoit la plus grande , dont les dettes étoient moindres , dont' le courage étoit plus infatigable^ cette classe, en un niot, quidei'avçu A a " " inéme des blancs , étoit le boulevard le plus assuré des colonies , soit contre les ennemis du dehors, soit contre les révoltes des esclaves au dedans. Ils avoient vu que, si une décision quelconque devoit exciter des troubles dans les colonies , il valoii: mieux au moins en courir le risque , en maintenant i'éqtdté et conservant l'iionneur ; ils fivoif nt vu que ces dangers n'étoient que des épouvantails avec lesquels en vouloit les écarter du sentier de la justice, qu'une foule de raisons politiques enchaînoit le bras de TAngleterre, et que la résistance de quelques blancs à un décr<3t juste seroit bientôt subjuguée; ils avoient vu ènEu qu'une nation libre, régénérée, se flé- ti'iroit à jamais en craignant de faire ce qu'un despote avoit commandé sans hésiter (i]. Tels sont les motifs qui portèrent rassem- blée nationale à rendre ce célèbre décret;, malgré la résistance opiniâtre qu'opposapendant un débat de cinq jours Tamour-propre irrité de quelques blancs. Ces m.otifs sont -ils donc au- jourd'hui changés , anéantis, pour qu'on puisse proposer de le révoquer , ou bien existe-t-il des considérations d'un ordre supérieur qui le iiommandent? Non. Lisez cette lettre , écrite à Paris, et dictée à M. Blanchelande, gouverneur de Saint-Domingue ; lisez ces autres lettres j-em plies de menaces puériles, qu'on attribue à des habitans de Saint-Domingue; lisez ces « (1) Voyez, pour les détails et les preuves de ces vé- rités , Vadrejse de la société des amis des noirs , pir.r M Qlaviere , les diiférens ouvrages de M. Raimond , ma lettre à M. Barnave , Tarticle mulâtre de 1 Er^T- c'opédie , les considérations sur les colonies , d« M. Mil- liard d'Auberteui) , etc. (5) «dresses mendîëes clarts quelques villes man- tilles , produites avec tant d'étalage à l'assemblée nationale ; voirs n y trouverez pas un raisoune- ment qui ne soit absurde , qui n'ait été vingt fois détruit , pas un l'ait qui ne soit f^ux, ou qui ne dépose contre la conduite coupable, ou des colons , ou du comité colonial , ou du ministre 4e la marine. Ainsi vous les verrez répétant éternellement que l'assemblée a violé , dans son décret du i5 mai, la promesse qu'elle avoit faite dans le considérant du décret du 12 oc obre , de ne prononcer sur le sprt des hommes de coulei^r , que sur l'initiative des colonies ; et l'on a dé- montré que cette promesse n'avoit jamais été faite par l'assemblée nationii le, qu'elle portoit sur im mensonge; que si jamais elle eût existé, elle eût flétri cette assemblée , enchaîné des assem- blées législatives qui ne p uvoient être à cet égard enchaînées ; — et M. Tracy a , de son côté , ijémontré qu'en su.pposant la vérité , la validité de cette promesse , elle ne pouvoit frapper sur les esclaves , qu'elle ne concernoit point une classe d'hommes libres , que telle avoit été Fin- tention de l'assemblée nationale*, — - et cette assem- blée , entendant M. Tracy , a confirmé , par sea applaudissemens, cette explication de son intenr tion. Ainsi vous les verrez répéter qu'il faut , dans les iles yUne classe intermédiaire entre les blancs et les nègres ; — et on a démontré que cette échelle de la vieille politique féodale n'étoit qu'une échelle de vanité , propre à créer des troubles et des haines au lieu de les prévenir; que si le# ixiulâtres , quoique dans un état de dégradation avoient contenu les nègres dans leurs devoirâ . • .A- 3 îïs â:urôîent bien plus de zèle et d'arJéur aies aftiaintënir , lorsqu'ils jouiroient eux-mêmes de tous les privilèges de la liberté, lorsque tout seroit commun entr'eux et les blancs. . . , et le décrer , d ailleurs , renferme dans soh sein une réfutation directe de cette objection , puisqu'il été les droits de citoyen actif aux Kôhimes de couleur et nègres , qui re peuvent prouver qu'ils sont nés de père et mère libn s ; puisque , par cette disposition , il crée cétte'classe intermé- diaire qui paroit si nécessaire à lafistocratie des fclancs. • — ■■ . ' '.'■::■■- . -^ ■• \" .. - Vous les verrez 'répéter qu'en ^donnant aux Bommès de coûî'eur libres un état , un rang qu'ils n'avoient pas ^ ofi' lés a livrés' au couteau des blancs (ï)', que les iàmis dés" noirs' ont été les premiers bourreaux d'Ogé.'. . 1, Comme si les barbaries auxquelles lé préjugé peut se livrer \ pouvoiént étire iiné raisoii de tolé- rer ce préjugé I comme si elles iié corhmandoient pas au contraire dé fabblir à jamais, afin qu'il lié fit plus ruisseler ie- sang innocent ! Invoquer le supplice d'Ogé pour perpétuer la dégradation àes hommes de couleur , pour flétf ir leurs défenseurs , pour excuser ses bourreaux ! . . . Depuis quand un crime sert -il à excuser un crime ? > Vous les verrez encore répéter que ce décret va tout bouleverser dans les îles , que 48o mille nègres , voyant le rang où sont élevés les mulâ- tres , s'empresseront de rompre leurs fers , pour s'y élever eux-mêmes. — Et on leur a démon- Ci) Adresse des mai^ns du Havre. — Je n'y ai y^x aucune - signature. ■ • tré que cette crainte étpit cliiménque, que Texpé- rieiice en faisoit voir l'absurdité , puisque , si les noirs esclaves étoient si jaloux de s'élever au rang des hommes de couleur , il ne devroit plus y avoir maintenant un seul esclave dans les colo- nies ; puisque l'acte qui auroit affranclii le pre- mier esclave les auroit tous affranchis— Et ces 48o mille esclav€|§ ? çlont on craint l'esprit turbulent , curieux de lilDerté et de grandeurs , ces esclaves sont restés dans une traUquilité constante au milieu de la fièvre de la liberté qui agite toutes les îles (i). * Parcourez les autres motifs que nous apparte le comité colonial , et dans les adresses et dans les lettres qu'il a dictées ou mendiées , et vous n'y, trouverez pas un meilleur fondement. Il nous disoit , et il nous dit encore , qu'il y a eu unanimité des villes du commerce contre îe principe du décret du iSmai. — Et nous lui répondons que la très -grande majorité des villes de commerce a été en faveur du décret ; nous lui répondons, en lui rappelant les sublimes adres- ses* envoyées par les Bcrdelois , soit à l'assemblée nationale , soit à Saiat-Domingue ; en rappelant les autres adresses de Brest , de cette ville si âbsurdement calomniée^ d'Angers, de Nantes , du (i) N'est-il pas risible de voir exiger une échelle des droits politiques , graduée sur les nuances de la couleur de la peau , lorsque l'œil saisit à peine la différence dit créole au mulâtre ? etc. A la Jamaïque , les nègres marons ou libres , qui existent dans les montagnes , traitent d'égal à égal avec les Anglois; ils siègent au conseil , et l'on n'a pas vu les esclaves eii argumenter pour demander leur libejrté. A4 y ( 8 ) Hcivre, derorient , etc. Le recueil en est imprimé Cl). Peut on opposer à un assentiment aussi gé- néral , et le vœu de quelques marins du Havre , qui, enrichis ou s enrichissant du trafic de l'es- pèce humaine , doivent naturellement plaider pour la dégradation des gens de couleur ; et les adresses de quelques chambres de commerce où dominent toutes les vieilles superstitions, et les écrits de ces hommes qui prostituent leur conscience aux armateurs ? Le comité djsoit encore, que les colonies abju- reroient la métropole, et les colonies sont restées iidèles à la métropole. Il nous menaçoit de troubles , de guerres ci- viles , — et il n'en a point existé , et s'il en existoit , il n'en faudroit pas accuser , comme le prétend le comité colonial, ni ceux qui ont pro^ voqué le décret, ni ce décret si juste, si sage , si politique; mais il faudroit en accuser ce comité colonial même , qui . furieux d'avoir, malgré tou- tes ses manœuvres , malgré sa profonde tactique , échoué dans la ridicule imagînative de son con- grès de Sa.nt Martin, a employé tous les moyens possibles pour retarder et traverser l'exécution de ce décret ; il faudroit en accuser le minis- tère, qui n'a pas même encore envoyé ofiîcielle- ment ce décret dan^ les colonies, tandis que la simple notice des gazettes , démentie par les blancs , reclamée par les mulâtres , falsifiée par Jes agens du ministère, pouvoit , par Fincern titude qu'elle laissoit , causer les scènes les plus (i) Voyez ce recucH volnTnirîeiix , h la. suite de la se* tonde éditiçn de l'adresse de M. Glayièire^ / (9) sanglantes ; il faut en accuser ce mmîstére , qui depuis 8 mois n'a cessé de. retarder y sous les prétextes les plus futiles , l'envoi des commis- saires, qui n'a pas même expédié ces instruc- tions si sages et si propres à tempérer la fureur àes partis ; il faut en accuser lés agens du gou-- vernement à Saint Domingue, tous ennemis nés de la révolution , qui , suivant M, Barbaud- Royer (i)^ ont travaillé les esprits par de faus- ses interprétations , par des dérails exagérés; il faut en accuser les députés de Saint-Domingue , qui ont inondé cette île de leurs écrits incen* diaires, de fausses gazettes quils ont fait réim- primer à dessein pour soulever les esprits ; il faut en accuser ce comité colonial qui a fait rejetter sourdement et évanouir les offres géné- reuses et patriotiques faites parles gardes natio- nales de Bordeaux, de Brest , de Paris, etc. de partir pour les colonies , tandis que cette expédi-,- tion fraternelle étoit la seule propre à ramener la paix dans les colonies , sans verser une seule goutte de sang , tandis que ces gardes nationales auroietit tout à la fois fait rentrer les sotdats, égarés dans leur devoir , auroient amené les colons à obt ir aux décrets , les auroient accou- tumés insensiblement à l'extinction du préjugé > en se mêlant eux-mêmes dans la classe des mulâtres ; tandis enfin eue ces gardes nationales auroient fait écbouer tous les projets de contre- révolution , tentés avec succès dans les colonies par 1 s aristocrates , auxquels on en a confié le commandement. Enfin , s'il existoit des troubles ^ il faudroit en accuser rvl Barnave lui-même, qui ^ (i) Yoyez la Ga^eiîe Uîiiverseile duaz $eptembre i']^H ( 10 ) par un mouvement de vanité, se retire clandes- tinement du comité, qui, par un autre mouve- ment de vanité, ne déclare pas publiquement sa retraite , parce qu'il craignoit modestement que la perte des colonies n'en fût le résultat, et qui cependant, quoique retiré de ce comité, con- tinue d y dominer , d'y présider , traverse les nou- veaux commissaires adjoints , fait rejetter leurs sages projets, se concerte avec M. Malouet pour faire casser le décret du i5 mai Ci;,etc. etc. . Et cependant , MM. -malgré toutes ces manœu- vres , dont l'objet évident étoit de créer des trou- bles , pour se préparer un prétexte de terreur, nn prétexte propre à faire casser le décret; mal- gré les lettres particulières et les brochures sé- ditieuses dont on a infecté les colonies (2) , aucun trouble dangereux n'a existé ; car je ne puis qualifier de ce nom le petit mouvement que la nouvelle du décret a excité au Cap, et qui s'est concentré dans le Cap. Cette ville , peuplée principalement de procureurs, d'huis- siers , de petits blancs de tous les métiers , c'est- à-dire, des ennemis les plus cruels des mulâtres ; cette ville est le siège de cette assemblée pro- vinciale du nord, qui , sous le masque de Thy- pocrisie , a été aussi ardente ennemie de notre (1) Voj'-ez la lettre des députés de Brest ai/x honnêtes ^ens, (2) Voyez entr'auîres l'adresse de M, GoJiy à ses com- mettans , qu'il a eu bien soin de ne pas fiiire distribuer à Paris , de peur de soulever les patriotes contre lui. Il a , par un subterfuge digne de lui , fait mettre sou nom à la njain , pour se réserver la ressource de le nier , s'il cloit découvert. Mais son style grotesque , son ton avan- tageux , et son bariolage de caractères de toutes les gran- deurs le trahissent assez. / (11) constitution que celle de Saint-Marc (i) ; elle est le siège des officiers contre-révolutionnaires qui ont tenté d'étouffer le patriotisme dans Saint-Domingue ; officiers ' qui saisissent avec ardeur les occasions de semer des troubles, afin d'appuyer parla la contre - révolution qu'ib tîroient déjà exécutée en France (2). C'est dans cette ville encore que le sang de l'innocent Ogé et doses infortunés compagnons a été versé. En un mot, c'est dans cette ville que s'est tou^ jours déployé la haine la plus grande contre les hommes de couleur. On s'explique inaintenant, comment dans sa fureur, et cette hor;de de petits blancs, et cette assemblée provinciale qu'ils com- mandent , et lés ofEciers contre-révolutionnaires, ont maudit publiquement le décret , comment ils ont fait un autodafé de l'effigie d'un dés plus res- pectables défenseurs 'des mulâtres ; comment ils ont juré de rompre toutes liaisons avec Bor- deaux; comment ils menaçoient déverser des torrens de sang , si on vouloit exécuter les dé- crets; comment ils seorioient gigantesquement , que toutes les armées de la terre ne pourroient ifeire asseoir un homme de couleur dans les assem- blées coloniales. . . , • Mais qu'est-ce que des menaces aussi puériles , faites par une poignée d'individus à une nation libre , puissante, courageuse , composée de aS millions d hommes ? Gomment a-ton pu prendre (i> Yoyez ma lettre à M. Barnave , où ce point est d'émontr , (a) Voyez à cet égard les diverses dénonciations ae la société des amis de la constiti.ition de Brest , et l'ouvrage inninU : Réi^olunon de îa Martinique, depuis le prs- rriier' septembre '\j<^o jiiigu'aû 10 mars 1791-. (1*) quelques motions pour des troubles sérieux ? Comment a-t- on pu prendre pour le vœu de l'île entière , les cris de gens qui , suivant un planteur et témoin oculaire (i) , n'appartenant :m au commerce , ni à l'agriculture, fomentent les troubles pour an*ener l'anarchie , le pillage, une guerre civile , où ils puissent impunément assa'siner , voler , venger des haines particulières. .Ah ! si les hommes qui dirigeoientles rênes du gouvernement avoient pris les mesxires néces- saires pour faire respecter les décisions, de ras- semblée nationale ; s'ils n'eus^nt pas encouragé par leur inertie , par lewrs conseils , ces cris séditieux , l'air de Saint-Domingue en auroit-il été souillé ? Mais le même esprit comitial et minis- tériel qui nous laisse impunément avilir et insul- ter chez les nations (^^trangères (2) , qui laisse nos frontières sans munitions , sans troupes , san$ fortifications (o) , qui laisse nos gardes nationales sans armes ; le même esprit qui ne met aucune activité dans Texécution des décrets > dans fe recouvrement àes impots ; ce même esprit minis-^ tériel devoit chercher à nous affoiblir , à nous djétniire dans les colonies , à y tolérer et fomen- ter l'insubordination et l'anarchie. Il est impos- sible de né pas voir dans le rapprochement de tous ces faits , un plan qui a constamment élevé la contre-révolution sui' le désordre et la foiblesse,, et, qui propageoJt par-tout , et jusques dans no5: colonies , le désordre et la foiblesse. (1) Voyez la lettre du Cap , certiHtje par AI. Bal guérie y. insérée dans le Patriote François tlu 9 septembre 1791. (2) Voyex la scandaleuse arrestation de M. Duveyrier. (3) Voyez les discours de MM. Montesqniou , Moailles ^ €t 1«5 ^iille et une dénonciaùons des sçciétés des fronUères^ ( ^5 ) ^J te succès néanmoins n'a pas , plus dans nos HMI tolonies que sur nos frontières répondu aux vues infernales des auteurs de ce flan. Le patrio- tisme françois a par-tout réparé les brèches que faisoit, qu'agrandissoit la perfidie ; et, lom> par exemple , qu'à Saint-Domingue toutes ces ruses y aient créé des troubles , la tranquillité n'a cessé d'y régner. Les planteurs résidens et cultivant eux-niéme» , espèce d'hommes sages qw sont loin d'épouser des passions vindicatives et hautaines des colons de Paris , ni les calculs mes- quins des petits blancs , ces planteurs ont étouffé ie préjueé pour respecter la loi. Ils ont bien , senti que la prospérité de la colonie dépendoit et de sa tranquillité intérieure , et de «on atta- chement à la métropole ; que la tranquillité inté- rieure ne pouvoit exister en conservant un pré- îugé qui rendoit deux classes d'hommes impla- cables ennemies l'une de l'autre ; que la prospé- rité de la colonie devoit s'évanouir, si elle se séparoit d'une métropole dont elle a reçu tant de bienfaits, et qui pourroit employer tant de moyens pour la reconquérir. Ge sont ces hommes sages qui écrivent : « Ne craignez donc m une scission , ni des procédés criminels ; nons sçm- - mes François et bons François , et c est la viva- cité de ce caractère bouillant et fier qui caracté- rise notre nation , qui a produit quelques mon- vemens déplacés , quelques propositions rebelles , quelques procédés coupables. La cocarde natio- nale est triomphante , et tous nos cœurs sont pour elle (i) 3>. . / i Tels sont les sentimens qui régnent générale- (!) Lettre certifiée par M. Bélguerit, ci-dessus «itéa. ment à Sakit-DoMingue ^ et quoiaçie -çlaîis une gazette dévouée principalement aux intrigans qui dominent dans le eomitè colonial , on ait affecté de répandre des terreurs ^suriune scission pro- chaine , ce^ terreurs sj évanouissent quand on en analyse les fondémens. Ainsi comparez la lettre de M.iCaûllé(i) à celle citée par M. Mos- neron; qu y voyez-vous ? Dans Tune , .des suppon sitions , des chirrières ; dans l'autre , des faits., Vous lisez dans^l'une : 3) Tout est perdu , le désor-, dre est à soncomÊle ; Saint-Domingue périî'a plus- tôt que dé c edier. — " Vous lisez dans l'autre : ce Tout est tranqiiiile au Cap , 'depuis que les auteurs de motions incendiaires oiit disparu ; il n'est plus; question que de paix et de com '^erce; nos capi- taines Bordelois , que Ton vouloit renvoyer avec leurs cargaisons , y traitent comme par le passé ; i'iiabirant leur achète comme aux Nantois et Provençaux. D'après cela , dit le planteur qui écrit cette lettre^ vous pouvez engager l'assem-; blée à maintenir le décret , parce que ce décret nous attache un fort parti à Saint-Domingue , en nous attachant particulièrement cet'e carte :>?, Si donc la tranquillité règne à Saint-Domingue,, pourquoi donc révoqueroit-on ce décret? Quoi ! parce qu'il n'a produit aucun mal , il faudra l'a- néantir I Parce qu'aucune de ces calamités qu'on, prophétisoit avec tant d'emphase^ n'a suivi cet, acte de justice , il faudra se montrer injuste ! il faudra se flétrir, lorsque .l'expérience même est, pour rhonnenr et pour la justice !... Mais cette tranquillité ne durera pas , s'écrie- t-on.— Eh ! qui vous l'a dit ?Le passé n'est-il pas* izette Universelle Jd«s H et \i septembre 1791,^, • ttn garant de l'avenir ? Si , dans la première explo- sion du préjugé j aucun trouble réel n'a existé, pourquoi en existeroit-il , lorsque le temps et les habitudes différentes auroient familiarisé les esprits avec l'extinction du préjugé , lorsque plus d'ordre régnera dans les iles , lorsque les décrets seront appuyés de forces plus respectables , lorsqu'elles ne seront plus commandées par des contre-révolutionnaires ? C'est en nous enfonçant au contraire dans l'avenir , que nous voyons le préjugé disparoître devant la régénération des esprits. Mais , s'écrie M. Barnave , tous les partis sont maintenant réunis dans la colonie; ils se réu- nissent tous contre ce décret (i). . .- . Et où sont-ils ces partis ? Sont-ce les assemr- blées de Saint -Marc et du Cap. . . ? Mais la pre- mière n'étoit point contraire à la destruction du préjugé, elle s'en occupoit la veille de sa disso- lution ; mais les planteurs, en général , n'y sont point contraires (2 ) ; mais l'assemblée du Cap n'est qu'une poignée de factieux qu'un bataillon de gardes nationales mettroit à la raison, sans verser une goutte de sang. Il faut être d'une pro- digieuse ignorance, ou d'une prodigieuse mau- vaise foi , pour chercher à nous effrayer des forces réunies de Saint - Domingue. Quoi ! la France libre trembleroit devant quelques petits .blancs, devant quelques planteurs, que 1 edes* potisme, avec deux régimens , tenoit dans la (1) Voyez son discours tenu à l'assemblée nationale, le 8 septembre , et inséré dans le Logographe de ce jour. (2) Voyez Observanom de M, Rainiond mr leskomrmê de couleur. Ck (i6) servitude la plus humiliante. Maïs que parle-t-on ici de de forces et de baïonnettes ? Il n'en sera jamais besoin. — Ayons de la fermeté pour exé- cuter les décrets ; ayons des commissaires pa- triotes , éclairés , inflexibles ; qu'ils requièrent le service des mulâtres , et les factieux , en petit nombre , seront bientôt tranquilles. Car enfin , les hommes sont à Saint -Domingue, ce qu'ils sont en France. Ils veulent la liberté ; mais ils veulent aussi la paix , parce qu'ils ne veulent point déranger leurs habitudes , leurs jouissances ordinaires. La plupart dentr'eux seront donc toujours soumis à des décrets justes , et aban- donneront à eux-mêmes des séditieux , qui veu- lent moins la conservation du préjugé , que la conservation et un prétexte des troubles. Il faut donc ignorer l'état des colonies, leurs forces réelles, Tesprit de leurs habitans , pour jious menacer sans cesse de leurs révoltes , pour exagérer les effets de ces révoltes-, pour nous dire , avec M. Barnave (i) , quon \>eut corn- ■promeUre la prospérité du royaume , pour l ad-- viission de quatre à cinq cents ou mille Jiiu^ lâtres, ,. é Non, ce décret ne compromettra point la prospérité du royaume : c'est le criminel obs- tacle apporté à son exécution qui auroit pu la compromettre ; c'est l'injustice faite aux mu- lâtres (a) ; car une nation libre , qui renonce à " (i; Voyez son discours du 8 septembre. (2) On apprend du Cap qu'une foule de mulâtres crai- fnant les petits blancs , émigroit dans la partie espagnole. ,e gouvernement a publié une proclamation pour les inriter k revenir. ( Voyez Gajz;ette Universelle du 12 sep* la ( 17 ) ia justice j qui reconce à ses principes , perd la conHance universelle , cette confiance sang laquelle il ne peut exister de pFOspérité, . . . Et, d ailleurs , pourquoi calculer par les nombres , si l'on doit être juste ou non? Ce calcur n© convient qu'à des tyrans , et non à dtes hommes libres. L'attentat envers un individu est le pre- mier anneau où s'attache bientôt un attentat universel...... Eh ! pourquoi encore aFfoiblir perfidement le nombre des nommes de couleur? On a prouvé à M. Barnave que par- tout ils ëtoient égaux en nombre , s'ils n'étoient pas supérieurs jaux blancs. Si donc , d après son principe des- potique , la justice se régloit sur le nonabre , ^1 prépareroit bieiîtôt lui - même l'assassinat des blancs. Mais il est un autre raisonnement bien plus étrange , employé par M. Barnave , pour faire révoquer le décret , et ce raisonnement offre le système le plus astucieux qu'ait encore présenté cette cause. On doit, a-t-il dit, dans un discours très- en tortillé (2) , ce considérer ici l'intérêt colonial et l'intérêt comoiercial de la France. Si vous ne fixez pas 5 dès à présent , le sort des colonies , le «ort de leurs habitans , on fera rétrograder vos successeurs sur ce point ; et, par une autre com- plaisance , ils céderont bientôt sur le point du îembre). Tel seroit l'effet de la révocation du décret. îl feroit fuir de i'ïie la portion la plus laborieuse àç la, colonie. EU© compromettroit donc notre prospérit et le commerce des denrées françoises , dont les mulâtres con- somiïient plus que les blancs. •' (1) Voyez h disc^ii^s du 8 septembre,, daAs le J.cgè- jgraphe. imi Ci8> commerce ; ils le sacrifieront aux col^ms. La terreur , qui aura prévalu d'abord , prévaudra îine seconde fois ; vous n'aurez plus ni coin- înerce , ni colonies ; quoiqu'on apparence fran- çoises ) elles seront , dans ia réalité , indépen- dantes. îi faut donc , dès à présent , rendre deux décrets, hnntuahles et tonstiiutionnels ^ surTiny- térét colonial et %v.y l'intérêt commercial. M. Barnave a-t~il voulu dire que, si on laissoit aux législatures futures le droit de prononcer sur le sort des habitans à^^ colonies , jamais l'in- térêt colonial ne seroitfixe; q-^'ii seroit toujours vacillant , et que les colons n ayant aucune con- fiance dans la métropole , clierclieroient à s'en séparer ? A-t-il voulu dire que ces législatures efi'rayées céderont constamment aux préten* lions des colons ? Â-t-il voulu dire qu'emportées par les mêmes terreurs , elles sacrifieront constamment le comm.erce françois à l'avidité des colons ? Si telles sont ses idées , elles sont absurdes , outrageantes pour la nation, pour les colonies, contraires à l'effet qu'on doit attendre des pro- grès de la raison. Croit-il, M. Barnave , que toute la raison îiu- maine soit éminemment concentrée dans laléois- lature de 1790 , et qu aucun rayon n'éclairera celle de 1792 ? Croit il que les législatures fti- tures seront moins instruites sur l'éiat à^s colo- nies , alors que les discussions sur cet objet au- ront été plus multipliées ; alors que les mé- moires ne seront plus renfermés dans les bu- reaux , ou enterrés dans un comité colonial; alors que la lumière pourra jaillir de toutes les discussions et de tous les partis ? Croit il cjue les législatures futures seront moins courageuses C 19 ) que celle de 1789 ; qu'elles se laisseront plus facilement eniTalner aux. terreurs , gouverner par des craintes , subjuguer par quelques ambi- tieux ? Croit ii que les iégisiatures futures se- ront moins courageuses une celle qui n'a pas o^é proscru'e le commexxe de ciiair nurnaïne^ ( ni n'a pas osé non plus le consacrer ouyerteiTieiU ^ mais qui , par un moyen ierr-ie qu'il faudi oJt laisser à là foiblesse et au despotisme , l'a îo- îér nous n'en aurons pas moins obtenu , à l'aide du commerce, le premier décret sur les colonies y le seul qui nous importe : s'il l'est , les colonies , à l'aide de leur initiative, sauront bien un jour s'en délivrer. Ce n'est pas tout , il faut encore séduire l'as- semblée , déjà trop en garde contre les mesures du comité colonial. On craint ses succes^^eurs , on aime à les encîiainer ; profitons de cette foi- blesse de Tesprit humain , proposons à l'assem- blée nationale de lier les mains de ses succes- seurs sur les colonies et sur le commerce colo- nial ; faisons-lui entrevoir les changemens que pourroient introduire des, novateurs hardis, des républicains ; peignons-lui les terreurs qui pour- ront égarer les législatures , les complaisances qu'elles pourront avoir, etc. etc. ; et ce tab^au fera quelqu'effet sur les esprits foibles , et ils sont nombreux. Tel est ^ je n'en doute pas , l'esprit qui a dicté le système ténébreux , plutôt insinué que dé- veloppé dans le discours de M. Earnave ; système qui sera exposé dans un plus grand jour , lors- qu'il proposera ses deux grandes mesures ; sys- tème contre lequel il étoii nécessaire de mettre les bons esprits en garde , en en dévoilant d'a- vance tout le venin. Ce système se réduit, 1° , à rendre les colonies indépendantes , en leur accordant une initi itive sur le sort de ses habitans ; initiative qu i^ts-^nsi- blement elles éteindront à tout , à les oéga/:;er à jamais de la supériorité des législatures fij rares ; car du moment où elles pourront se passer de ces législatures pour leurs lois intérieure , elles rejetèrent bientôt ce joug pour les aut-es loi^ ^ mili ( 22 ) et faiidra-t^l employer éternellement la force pour les ramener ? qP, Ce système se réduit à mettre éternelle- ment sous le joug des blancs les hommes de cou- leur libres. Je dis éternellement ; car qu'est-ce maintenant qu'un décret constitutionnel ? C'est Tin décret irrévocable , puisqu'il est démontré impossible de remplir jamais les conditions exi- gées par la constitution ^ pour réformer un décret constitutionnel (i). 3^. Ce système se réduit enfin à enchaîner, en apparence , les colonies à notre commerce; mais dans, la vérité , à tromper le commerce françois. Car, proposer des lois immuables sur le commer- ce, est proposer Timmuabilité sur un objet qui va- rie à chaque i-nstant ; c'est proposer une contra- diction dans les termes. Proposer un décret im- muable sur le commerce , c est arrêter ou ses développemens , ou les changemens que tous les intérêts exigeront successivement ; mais pro- poser au commerce une pareille absurdité^ pour obtenir son appui sur un décret injuste , c'est évidemment vouloir le tromper et le flétrir. Il est inutile de porter plus loin ces raisonne- mens ; il est démontré que les propositions de M. Barnave sont artificieuses et inadmissibles. Il l'est encore qu'aucun motif ne peut néces- siter la révocation du décret du i5 mai. (1) L'assemblée nationale a-t-elle le droit de rendre main- te-iant des décrets constitutionnels ? Je ne le crois pas ; puisqu'elle a solemnellement déclaré qne la constitution est finie, qu'elle n'y peut rien clianger , il en résulte qu'elle ne peut rien y ajouter , ou elle seroit en contradic- tion avec elle-même ; et l'on ne voit pas le terme oi\ fiuiroit sa mission constituante. ( 23 ) Que ce décret étant fondé sur les principes , sur la justice, sur les considérations politiques , ce seroit violer ces principes , cette justice , cette politique , que de les révoquer. li est démontré que l'expérience vient à l'ap- pui de ce décret; que s'il avoit existé des trou-- bles^ on n'auroit du. en accuser que le comité colonial , le ministre et ses agens , qui ont mis des obstacles à son exécution. Il est démontré qu'il n'a point existé de trou- bles, et par conséquent , dans le système même de nos adversaires , il ne peut y avoir aucun motif assez prépondérant pour laire révoquer le décret. Je vais plus loin , et je dis : Quand ce décret devroit exciter quelques troubles , seroit-ce une raison de le révoquer ? L'assemblée nationale a-t-elle donc révoqué ses décrets sur la noblesse, sur le clergé, parce qu'ils ont excité , parce qu'ils dévoient naturellement exciter, des troubles? Ici le procès est le même , procès à la vanité. Et l'assemblée nationale rétracteroit ce qu'elle a fait , elle céderoit au préjugé par la crainte ! Une pareille lâcheté seroit indigne d'une nation libre. Faisons d'abord ce qui est honnête , ce qui est juste , et s'il s'élève des obstacles, ne cessons pas d'être justes, d'être honnêtes ; mais surmon- tons les obstacles. Ceux que la vanité des colons veut élever ici , sont-ils donc insurmontables ? qu'a - 1 - on donc à redouter de leur ridicule exaspération? Qu'ils se donnent à l'Angleterre ? Ils entendent mieux leurs intérêtf ; ils auroient bien moins de liberté que sous la constitution françoise. Craint- on que les Anglois , profitant de ces divisions , ne s emparent de ces lies ? Le génie prophétique ( s4 ) de nos adversaires a été si malheureux, qu'ils ne réveilleront pas ces craintes , et nous les renver- rions au désarmement des flottes an^loises. Craint-on que les colons n'invoquent le secours des Américains pour se révolter ? Mais les Amé- ricains sont libres et nos alliés ; et un peuple libre ne se souille point d'une telle trahison , qui ne convient qu'à des gouvernemens plus ou moins despotiques. M. Barnave lui-même ne paroit pas redouter, quant à présent, cette trahison ; ce n'est pas que nous croyons , avec lui, qu'il faille conser- ver les colonies , pour retarder les cléveloppemens des Américains , et pour augmenter notre indus- trie ; de pareilles vues appartiennent à l'enfance de la politique et du commerce. Les déveloçpemens d'un peuple libre sont toujours un bienfait pour riiumanité entière, et l'industrie d'un peuple ne s'accroît jamais des chaînes qu'il donne à un autre ^^ Çraint-on que les colons blancs irrités ne veuil- lent plus conserver aucunes haisons avec le com- merce de France , et que ce refus ne réduise à là mort 7 à 8 miUions d'hommes en France , comme les colons ne cessent de le répéter avec une jactance ridicule? ^ j ^^T r>i Mais lisez la profonde Dissertation de M. Cla- vière , sur le chapitre du commerce des colo- nies (b î ^^ ^^^^ verrez disparoître ces fantômes avec lesquels on cherche à effrayer le peuple. Vous y verrez qu'il faut réduire considérablement Cl) Voyez l'adresse de la société des amis des noirs , rédigée par M. Clavière. Nous exhortons M. Blin, qui, «]ans le no. i44 de VAmi des Patriotes , traite si leste. ^cnl'lQ^ philosophes politiques , à étudier et réfuter , s'U PM' .^®^ calcviis et les raisonnemens de M. tiaviere. V'--~>*-Ji--J'- (s5) t@us ces calculs exagérés sur la circulation qu'oc* ^asionue les colonies ; vous y verrez qu'en partant de l'estimation la plus forte, il y auroit à partager 167 millions entre 8 millions de joi^rnaiiers , ce qui donne à dépenser par jour à cliacrn d'eux ) TREIZE DENIERS ; d'où résultc , ou que pour vivre <, ces journcdiers doivent avoir d'au très occupations, d'autres industries ; ou bien qu il n'y a pas un si grand nombre d'hommes alimentés parles colo- nies (1). Vous y verrez que , si huit millions de Trançois sont nourris d^nis la mère-patrie 4veo le produit des colonies , les citoyens de couleur payent à nos manufactures un tribut bien plus considérable que les blancs , parce que la coii- sommation des premiers est toujours chez eux , sur leur terre natale , en raison de leur prospérité. Vous en concîuerez que tout décret qui tend à encourager l'industrie et la population des niu^ làtres , tend par ce'a miéme à augmenter les ma-* nufactures françoisesj, et que par conséquent loin d'avoir à craindre une diminution par le décret: du ï5 mai, la prospérité nationale doit le suivre. Si la France devoit craindre jamais de perdre ses colonies ^ ce seroit plutôt par son instabilité dans ses mesures , par ses complaissances pout' les préi entions , par sa soumission aux menaces, XJne rétractation , en effet , ne la réconcilieroit jamais entièrement avec les blancs , qui redou- t:eroient toujours un nouveau décret , et elle lui donneroit une nouvelle classe d'ennemis bien plus redoutables que les blancs , la classe des mulâtres ; ain^i , pour se sauver d'un danger , elle toniberoit dans un autre. Eh \ quelle idée , muti ""^S^. ' ■J5 ' ','. * !y"'U" ■#ir. SUR LES COLONIES ET LA TRAITE DES NOIRS, Prononcé le 26 Février lypo ^ par M; MoS NERON DE lAuNAY ^ Député du Commerce de Nantes près VAJjemblée Nationale j à la Société des amis de la Conjlitation. E SS I EU R S 5 Quatre objets oi%t écé préfentés , îiier , â rAllemblée Nationale , par les Députés de Manufacture & du Commerce de France , & par les Dépiués des Citoyens de Bordeaux ^ réiiiiis à eux. Le premier , eil la fuppreffioa du privi- lège exciufif de i'iiide. 1 fSmS'3îmt:S S^ff, MÉ^Si- ^^^^^^'^'^^^^s^'^^'^^^ 1^1 / % ré. msm^ssi