© ^ •$* The John Carter Brown Library ^ *è* Brown University ^ 4* Purchased from the ^ 2 Louisa D. Sharpe Metcalf Fund ^ •5^ ® *5^ ^ *5^ ® *5^ # *45* © *5^ # 4* # *^5* ® 4* imprimerie madlde et rendu, RUE n\ILLEUI., !) et M, ESSAI SUR L’HISTOIRE DE LA COSMOGRAPHIE ET DE LA CARTOGRAPHIE PENDAST LE MOÏEN-AGE, ET SUR LES PROGRÈS DE LA GÉOGRAPHIE APRÈS LES GRANDES DÉCOUVERTES DU XV' SIÈCLE, POUR SERVIR D’ISTRODÜCTION ET D’EXPIICATIOIV A l’ATlAS COMPOSÉ DE MAPPEMONDES ET DE PORTULANS, ET D’AUTRES MONUMENTS GÉOGRAPHIQUES, DEPUIS LE W SIÈCLE DE NOTRE ÈRE JUSQU’AU XVI^. LE VICOMTE DE SANTAREM DES ACADÉMIES DES SCIENCES DE LISBONNE, DE BERLIN, BRUXELLES, MUNICH, NAPLES, DE L’iNSTITUT DE FRANCE, DES SOCIÉTÉS DE GÉOGRAPHIE DE BERLIN, FRANCFORT, LONDRES, PARIS, IMPRIMERIE MAULDE ET REINOÜ RUE BAILLEUL, 9-M. 1850 TABLE DES MONUMENTS GÉOGRAPHIQUES DÉCRITS DANS CE SECOND VOLUME. Introduction Système des zones habitables et inhabitables dessinées pen- dant le moyen-âge pour servir de démonstration aux théories des anciens cosmographes 1 Description de la première représentation de ce genre.. . . 3 Description de la seconde représentation de ce genre. ... 4 Description de la troisième représentation de ce genre. . . 5 Mappemondes du moyen-âge antérieures aux grandes décou- vertes des Portugais et des Espagnols , effectuées au XVe siècle. . 8 VP SIÈCLE. I. — Mappemonde de Cosmas. Description de ce mo- nument 8 VIP-VIIP SIÈCLE. II. — Mappemonde du manuscrit de la bibliothèque d’Alby 23 a / VI — IX« SIÈCLE. III. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la 32 IV. — Mappemonde tirée d’un manuscrit conservé à la 3S bibliothèque de Strasbourg V. planisphère renfermé dans un manuscrit de la bibliothèque de Leyde * * ’ ’ X* SIÈCLE. 40 VI. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de 41 VII. — Mappemonde d’un manuscrit de Salluste de la 45 bliothèque Laurenciana VIII. - Mappemonde tirée d’un manuscrit des œuvres d’Isidore de Séville 45 IX. — Description d’une mappemonde tirée d un autre manuscrit du même auteur 45 X. — Description d’une autre mappemonde renfermée dans le même manuscrit 46 XI. — Mappemonde qu’on rencontre dans un autre ma- 47 nuscrit des œuvres du même auteur. . . . XII. - Mappemonde du Xe siècle, conservée à la biblio- 47 thèque Cottonienne du Musée britannique. . . XIII. - Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Priscien de ce siècle, conservé à la bibliothèque 76 Cottonnienne du Musée britannique Mappemonde du X* au Xl^ siècle. XIV. — Mappemonde tirée d'un manuscrit de la biblio- thèque de Saint-Omer Mappemondes du siècle. Mappemonde tirée d’un manuscrit de la biblio- thèque de Dijon Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la bibliothèque de Leipsig XV. — XVI. — — vu XVn. — Mappemonde renfermée dans un manuserit de la cosmographie attribuée à Asaph l’hébreu . . p. 99 XVIII. — Mappemonde tirée du manuscrit n<> 5371 de la bi- bliothèque nationale de Paris 102 XIX. — Mappemonde renfermée dans le manuscrit n® 7587 de la bibliothèque nationale de Paris. .... 106 Mappemondes du XII« siècle. XX. ' ' Mappemonde qui se trouve à la suite d’un manus- crit renfermant le commentaire de l’Apocalypse conservé au Musée britannique 107 XXI. — Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit du commentaire de l’Apocalypse, conservé dans la bibliothèque royale de Turin 127 XXII. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Floridus-Lamberlus 155 XXIII. — Système cosmographique renfermé dans un ma- nuscrit des ouvrages de Lambertus , conservé à la bibliothèque nationale de Paris.. . , . 163 XXIV. — Représentation cosmographique renfermée dans un manuscrit de Lambertus conservé à la bi- bliothèque de Gand en Belgique 172 XXV. — Représentation cosmographique renfermée dans un manuscrit de Floridus-Lambertus conservé à la bibliothèque royale de La Haye. . . 175 XXVI. — Petite mappemonde renfermée dans le même ma- nuscrit 17g XXVII. — Grande mappemonde renfermée dans le même manuscrit de La Haye 177 XXVIII. — Autre mappemonde renfermée dans le manuscrit du Liber Floridus de Lambertus, conservé à la bibliothèque de Gand. 132 XXIX. — Autre mappemonde renfermée dans le manus- crit de Lambertus , de la bibliothèque natio- nale de Paris jqo XXX. — Autre mappemonde renfermée dans le manuscrit de Lambertus, de la bibliothèque de l’Univer- sité de Gand VIII XXXI. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Guidonis, conservé à la bibliothèque royale de Bourgogne en Belgique Xxxil. Petite mappemonde renfermée dans le même ma- nuscrit de Guidonis XXXIII. — Mappemonde qu’on trouve dans un manuscrit de Salluste, conservé à la bibliothèque Lau~ renciana de Florence XxxiV. — Petite mappemonde tirée du manuscrit n“ 87 (Fonds de Navarre), de la bibliothèque natio- nale de Paris XXXV. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit d’Isi- dore de Séville, conservé à la bibliothèque na- tionale de Paris XXXVI.— Mappemonde renfermée dans le manuscrit latin no 7592 de la bibliothèque nationale de Paris, contenant les œuvres d’Isidore de Séville. . . XXXVll. — Mappemonde tirée d’un manuscrit renfermant le traité intitulé imago Mundi, par Honoré d Au- tun. ... XXXVIII. — Figure représentant le système des zones habi- tables et inhabitables renfermée dans le même manuscrit XXXIX. — Mappemonde qui se trouve dans un manuscrit de la bibliothèque du Corpus Christi College de Cambridge XL. — Mappemonde dressée par le chanoine Henri de Mayence, dédiée à Henri V, empereur d’Alle- magne XLl. — Mappemonde trouvée dans un monastère en Russie. . - XLII. — Cartes tirées d’un manuscrit du Mtisée Britan- nique, renfermant quelques écrits de saint Jérôme p. 2t2 229 230 234 236 237 239 24! 242 244 245 Mappemondes du XIIU siècle. XLlIl. — Système cosmographique dessiné dans un ma- IX XLIV, — Mappemonde renfermée dans un manuscrit du poème géographique intitulé Image du Monde, attribué à Gauthier de Metz , ms. conservé à la bibliothèque nationale de Paris p. 248 XLV. — Autre mappemonde renfermée dans un manus- crit de l'Image du Monde, attribuée au même auteur 251 XLVI. — Autre mappemonde renfermée dans le manuscrit no 7991 de la bibliothèque nationale de Paris, du poème géographique attribué au môme auteur 252 XLVII. — Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit (n° 7929) de la même bibliothèque, de l'Image du Monde, attribuée au même auteur. . . . 255 XLVIII. — Mappemonde qu’on trouve dans un manuscrit des chroniques de Mathieu Paris , conservé au Musée Britannique 254 XLIX. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la bibliothèque de Leipsig 275 L, — Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Salluste, de la bibliothèque Laurenciana de • Florence 275 LL — Planisphère renfermé dans un manuscrit islan- dais conservé en Suède 276 Lit. — Planisphère de Cecco d’Ascoli 281 LUI. — Mappemonde renfermée dans un manuscrit des œuvres d’Isidore de Séville 285 LIV. — Mappemonde renfermée dans le même manuscrit. 284 LV. — Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit des œuvres d’Isidore de Séville, de la biblio thèque nationale de Paris 284 LVI. — Mappemonde tirée du manuscrit no 6, fonds de Navarre, de la bibliothèque nationale de Paris. 287 LVII. — Grande mappemonde conservée à la cathédrale d’Hereford en Angleterre, dressée, à ce qu’il paraît, par Richard de Haldingham. . . . 288 4 INTRODUCTION L’histoire des idées que les hommes instruits des différents siècles se sont faites de la forme de notre terre habitable et de la manière dont elle est partagée entre les peuples, ainsi que de l’ensemble du système du monde, est, selon nous, une étude des plus instructives et des plus philosophiques. Pour celui qui se propose d’arri- ver à la connaissance exacte du globe que nous habitons, cette étude est non-seulement curieuse, mais utile, et Strabon, l’un des plus grands géo- graphes de l’antiquité, l’a dit, il y a bien des siècles : « S’il est une science digne du philosophe, c’est assurément celle de la géographie (1). » Déjà, dans le premier volume de cet ouvrage, nous avons exposé les doctrines et les systèmes (1) Voyez Slrabon, liv. 1. XII des savants du moyen-âge sur cet important sujet (1); nous produisons dans celui-ci l’appli- cation qui a été faite de ces théories aux repré- sentations graphiques , c’est-à-dire une série de monuments géographiques appartenant tous à la catégorie des cartes systématiques. Ces œuvres, antérieures au grand siècle des découvertes, ont été exécutées dans des temps où la science géographique, confondue au milieu de matières fort diverses, entrait dans le domaine de l’érudition, domaine alors, plus que jamais, fermé à l’expérience. Les érudits du moyen-âge, malgré leur savoir, tenaient fort peu de compte des récits des voyageurs ; ils puisaient, de préfé- rence, leurs notions dans les auteurs anciens, qu’ils soumettaient à des modifications dont la Bible leur offrait les éléments et dont les Pères de l’Église leur fournissaient la méthode. Ainsi s’explique un fait, qui doit frapper, au premier abord : cette analyse de près de cent mappe- mondes nous reporte aux traditions et mêmœ aux théories systématiques de l’antiquité, et, pen- dant l’espace de dix siècles , elle nous présente la reproduction des fables, nées, pour ainsi dire, (I) Voyez l. I", l». I — IGo. Ihid.t !>• 307—51/. — xin avec la géographie, comme si rien n’eût été changé dans les connaissances du genre humain. Parmi les résultats de ce travail nous signale- rons aussi le grand enseignement philosophique que nous y pouvons puiser, en voyant avec quelle ténacité les traditions historiques des peuples se perpétuent d’âge en âge, comment elles s’im- posent même aux hommes les plus éminents, survivent aux révolutions des sociétés, et résistent aux atteintes de l’expérience ainsi qu’au progrès scientifique. C’est là que nous voyons avec com- bien de peine les voyages agrandissent le domaine de la science. En effet, l’étude de ces monuments nous le démontre, il n’est rien de si puissant que les idées systématiques, que ces doctrines fon- damentales, produites sous le sceau et d’après l’autorité des grands organes de la pensée hu- maine; lorsqu’elles s’emparent de l’opinion, et surtout lorsqu’elles s’appuient sur les mêmes bases que la Foi, elles pénètrent tellement les croyances, se mêlent si bien aux idées et aux mœurs, qu’elles opposent longtemps une barrière infranchissable aux efforts des grands génies et des réformateurs. Les cartographes du moyen-âge n’étaient pas étrangers à cette notion élémentaire qui se pré- sente naturellement à l’esprit comme aux sens, pour peu qu’on embrasse une certaine étendue de surface terrestre : ils considéraient d’abord la distribution de la superficie entre la terre et les eaux. Dans leurs enluminures, un peu grossières, ils avaient une couleur pour le sol habitable, une couleur pour la mer, et ils signalaient même quel- quefois, au moyen d’une couleur ardente, le rouge, les contrées réputées inabordables de la zone tor- ride ; c’était là un souvenir de la théorie attribuée à Aristote, qui essaya de distinguer par des om- bres les pays habitables de ceux qu’on s’imaginait ne l’être pas. Descendant aux détails, les dessina- teurs avaient soin aussi de donner aux montagnes une teinte différente de celles qui désignaient la terre et la mer. Ils s’étudiaient un peu au hasard à représenter les contours des continents et des îles; mais leurs procédés de délimitations politiques , quand ils ne sont pas incomplets et confus, sont toujours généraux et approximatifs; il est rare qu'ils séparent franchement les divers états, plus rare encore qu’ils indiquent les limites des pro- vinces. Tout ce qui est coordonnement leur échappe ; tout ce qui ne peut pas se traduire par une représentation sensible , à la fois simple et d’un caractère tranché , comme un édifice, un XV animal, une plante, dépasse la portée de leur science indécise. De là vient qu’ils signalent de préférence les villes célèbres , les faits mémora- bles, les particularités locales (1). Ces éléments sont les principaux, bien qu’il s’y mêle, et sur- tout dans les légendes, des notions relatives à l’his- toire militaire , aux mœurs et aux usages , au commerce des anciens peuples ainsi que des dé- tails concernant leur vie civile. Pour la géographie physique , on y rencontre quelques notions curieuses sur la formation et le soulèvement des montagnes du nord de l’Asie , qui sont rapportées au siècle d’Alexandre - le- Grand. Quelques monuments nous offrent dans les régions septentrionales du monde les notions de la climatologie, telle que les anciens la concevaient. Les mappemondes d’Hereford et de Ranulphus Hygden , par exemple , contiennent beaucoup de détails de ce genre. Dans ces cartes, ainsi que dans celle du Ms. de l’Apocalypse du XIP siècle, on remarque que le vent Boreas sort du mous Aquilo, ou des Riphei; au-delà de ces monts de- vait régner un air calme, un climat heureux. (1) Voyez t. 1«% p. 169, 208 et 215. Un illustre physicien a bien représenté, sans les connaître, le caractère des légendes de ces cartes ; dans une appréciation qu’il nous a don- née des textes des auteurs anciens , il dit de ces notions de climatologie : « Ce sont là les premiers aperçus d’une physique qui explique la distribu- tion de la chaleur et la différence des climats par des causes locales , par les directions des vents , la proximité du soleil, l’action d’un principe hu- mide et salin (i). La prédominance de la géographie ecclésias- tique, non pas celle des évêchés, mais bien celle de la Bible , est due à une cause que nous avons déjà indiquée en commençant; toute science , à cette époque, avait de rigueur son origine et son principe dans la Bible : il fallait que la théorie oul’application découlât de cette source première. Dans récriture on trouvait que la terre était fixe au centre du monde ; ce système était donc le seul admissible, et les cartographes l’adoptèrent. D’ail- leurs , ils trouvaient , pour les guider dans cette voie, la doctrine de saint Justin martyr, de Lac- tance, de saint Augustin et d’autres Pères qui s’é- taient tous accordés sur ce point, que la terre est (I) V«y. llumhokit (M.), Asie ceiilralc, l. l, p. 405. XVII une surface plane suspendue miraculeusement dans l’espace, et soutenue par la volonté de Dieu (1). Cette opinion était celle des anciens Hé- breux, comme l’atteste le psaume CÎII delà Vul- gate (ClVselon la tradition). Certain s cartographes, suivant les théories de quelques théologiens plus instruits , représentèrent la terre de forme ron» de (2) ; mais comme ces théologiens n’admettaient pas l’existence des antipodes, un grand nombre de cartographes et de cosmographes ne les signalent pas. Les plus hardis , reproduisant les systèmes de Mêla , de Macrobe et d’Isidore de Séville, fu- rent les seuls qui indiquèrent la terre des Antipo- des (3). Sous l’empire des traditions sacrées , un grand nombre de cartographes admirent aussi pour base de leur ethnographie la dispersion de la famille de Noé sur la surface de la terre (4). Ces divers systèmes régnèrent d’autant plus exclusivement qu’ils étaient appuyés de l’autorité (1) Voyez Eusèbe de Césarée, dans la Coilectio Nova Pairum, t. 1, p. 460, édition de Monlfaucon ; ibîd., p. ; et t. If, p. 3il — D. (2) Voyez, sur la rondeur de la terre, Philoponus De Mundi Crea- tione, liv. II, c. 5, cl liv. III, c. 7. Cf. St. Basile, Ilexamer, III, sur la po- sition du globe terrestre. (3) Pomponius Mêla, conformément à l’opinion de Leucippe, se figu- rait la terre plate. (4) Voyez ce que nous avons dit dans le t. p. 234, 40.'> et 406. XVlll des saints Pères. Cependant, parmi les théolo- giens, ceux qui avaient plus étudié la philosophie et les sciences de l’antiquité païenne, ceux aux- quels les idées des civilisations anciennes étaient plus familières, Philon par exemple, et surtout Origène, avaient ouvert la voie à l’interprétation des textes sacrés relativement à la cosmographie, et d’autres, plus tard, n’hésitèrent point à prendre la défense des idées cosmographiques de la Grèce. Parmi ces derniers, nous avons déjà mentionné dans une autre partie de cet ouvrage (1) Philopo- nus, qui tenta de prouver que rien , dans l’écri- ture sainte, ne contredisait le système de Platon et le système de Ptolémée (2). Ses idées, non plus que celles de ses adhérents, n’eurent point le pouvoir de changer le cours imprimé à la car- tographie par les systèmes cosmographiques des Pères de l’Eglise. La variété même des formes données à la terre dans les dessins que nous passons en revue, at- teste l’action exercée sur les cartographes du moyen-âge par les controverses touchant l’impos- sibilité de concilier la Bible avec les systèmes des géographes de l’antiquité, et notamment avec (1) Voyez t. I, p. !23, 24 et 316. (2) Voyez Philoponus, De Mundi Crcniione, cli. 7. ceux des astronomes de l’école d’Alexandrie. En effet, une des grandes questions agitées dans ces débats était de savoir si la terre était ronde. En rapprochant donc les cartes systématiques du moyen-âge des doctrines et des discussions que l’on rencontre à ce sujet dans les ouvrages de Lactance, de saint Augustin , saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostôme, saint Césaire et autres, il est aisé de pénétrer les motifs qui ont porté certains cosmographes à donner à la terre la forme d’un carré, comme aussi de recon- naître pourquoi d’autres dessinateurs inspirés par des idées plus conformes aux doctrines de l’école d’Alexandrie, ont osé représenter la terre comme un disque, c’est-à-dire de forme ronde. Mais leur hardiesse s’est bornée au tracé de ce cercle, et dominés toujours par le respect que commandaient les théories des saints Pères, ils ont inscrit ce cercle dans le carré sacramentel (1). Toutefois, nous devons le constater, et les re- présentations géographiques renfermées dans notre atlas le prouvent également, malgré le res- pect professé pour les traditions sacrées pendant toute la durée du moyen-âge, les doctrines cos- (1) Voyez ce que nous avons dit à ce sujet, l. I, p. 221, 244 et 402. Rapprochez du chap. VII du liv. III de Philoponus, De Mundi Crcatione . mograpliicfUGS de la Bible et de ces commenta- teurs ont été puissamment contrebalancées par les monuments de la tradition purement litté- raire. Ces derniers furent toujours la source où se puisaient les détails, et ils faisaient , pour la plupart, remonter aux théories et aux systèmes des écoles philosophiques de la Grèce. Cette origine ne. saurait être méconnue dans les œu- vres graphiques qui nous représentent la terre de forme ovoïde ; c’est évidemment le sys- tème de Posidonius, dont Cicéron a vanté la sphère (1). D’autres cartographes donnent à la (1) Voyez la mappemonde de Ranulphus Hydgen, qui en est un exem- ple. Cicéron a parlé aussi d’une sphère d’Archimède qui lui fut montrée. Nous transcrivons ici ce passage [De Republ.-, 1. XIV, édit, de M. V. Le- clerc, p. 45 etsuiv.),afm que le lecteur puisse le rapprocher du passage d’Ovide, concernant le globe du temple de Vesta à Sijracuse, qui se trouve p. 587 de notre tome P'. Cicéron traite de l'étude de la Cosmo- graphie, et il ajoute : « Sulpicius Gallus, homme dont la science pro- fonde vous est connue, se trouvant par hasard chez son ancien col ■ lègue dans le consulat , M. Marcellus , au moment où l’on parlait d’un phénomène, fit apporter la sphère, seul monument que l’aïeul de Marcellus se fût réservé de la conquête de Syracuse, la plus magnifique et la plus riche des villes. Comme j’avais souvent entendu citer cette sphère, à cause du grand nom d’Archimède, je n’y trouvai rien de si admirable au premier coup d’œil, et elle me parut moins belle que cette autre sphère d’Archimède plus connue du peuple et que le meme Marcellus avait placée dans le temple de la Vertu. Mais quand les doc- tes explications de Gallus nous eurent révélé l’usage de cette machine, il me sembla qu’il y avait eu dans ce Sicilien plus de génie qu’on ne pouvait en attendre de l’homme. Gallus nous apprenait que la sphère solide et pleine était une ancienne invention, et que Thalès de J/e/rf terre la forme du manteau antique qui se nom- en avait été le premier auteur, que les constellations y furent ensuite figurées par Eudoxe de Gnide, disciple de Platon, et qu’un grand nom- bre d’années après, Aratus qui n’était pas astronome, mais qui ne manquait pas de talent pour la poésie, avait mis en vers tout le sys- tème d’Eudoxe et toute l’ordonnance des corps célestes. Il ajoutait que ce genre de sphère où se trouvent représentés les mouvements du soleil et de la lune et des cinq autres astres qu’on nomme errants, n’avait pu être suppléé qu’imparfaitement par une sphère solide, et que le mérite singulier de l’invention d’Archimède était d’avoir com- biné dans un seul système tant de mouvements divers et d’inégales révolutions. Lorsque Gallus donnait l’impulsion à cette sphère, on y voyait à chaque tour de cercle la lune remplacer le soleil comme elle le remplace chaque jour dans le ciel; tantôt le soleil disparaissait, tantôt la lune était voilée par l’ombre de la terre, tandis que le soleil de l’autre côté, etc. » Les passages si curieux que nous transcrivons au sujet de ces mo- numents de Syracuse ne sont pas indiqués dans le mémoire de Renau- dot sur l'origine de la sphère, inséré dans les mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, édit, in-12, t. 45, p. 1. Ce mémoire, qui n’a que trente -deux pages in-12 , est cependant curieux pour les noms des asti’onomes qu’il cite. Parmi ceux du moyen-âge qu’il se borne à nommer, nous remarquons Mathurin qui mourut en 1256, et sur la sépulture duquel on voit une sphère. Au moyen-âge, il y a eu un engouement général pour le système des sphères. On rencontre plusieurs calendriers de cette époque sur lesquels se voit cette sorte de figure. Nous avons sous les yeux un de ces monuments qui appartient à la Bibliothèque nationale de Paris, (Ms. no 6421, Fonds Colbert, in-12),etqui offre douze sphères ou cercles divisées chacune en douze parties. L’une est la sphère des fleurs (spera florum ) ; 1 autre la sphère des montagnes ( spera montium ) ; ensuite vient la spera herbarum , puis le monde ou sphère des poissons {spera piscium); celle des fleuves {spera fiuvionm) ■ celle des arbres {spera arborum); celle des pierres {spera lapidum); celle des fruits {spera fruc- tuum); celle des cités ou villes {spera civitatum). Dans le grand cercle qui représente cette dernière sont indi(}uées Colonia, Mersillen { Mar- seille), Parisiis (Paris), Ninive, Bahilonia, Alexandria, Antiochia, Nea- polis (Naples), Roma., Troia, Londonia (Londres), et Panphilo. La der- nière sphère est nommée spera bestiarum (la sphère des animaux). » b XXII mmiChlamyde ( I). Sur ce terrain comme ailleurs nous retrouvons la lutte constante de la science et de la foi. Ceux qui étudieront attentivement notre ou- vrage reconnaîtront les précautions de toutes sor- tes que prenaient les cartographes les plus ins- truits pour faire concorder les théories scienti- fiques des anciens philosophes du paganisme et des astronomes grecs, notamment de l’école d’A- lexandrie, avec les doctrines et les théories des Pères de l’Église (2). Ce fut, grâce à cet accord plus ou moins imparfait, que tous les systèmes des savants anciens reparurent appuyés en quel- que sorte de l’autorité des Pères de l’Église. TeUe est donc la cause à laquelle nous devons attribuer la propagation des théories cosmographiques de l’antiquité après l’introduction et l’établissement du christianisme, et la tolérance qui les fit régner pendant tout le moyen-âge : nous l’avons déjà fait voir dans l’exposition des doctrines profes- sées par les érudits de cette époque, et cette démonstration est développée autant que possible par les analyses des représentations graphiques (1) Voyez la Mappemonde de Mathieu Paris et l’analyse de ce mo- nument p. 2;;s de ce volume. ^ 1 ) Voyez 1. 1", p. 167, 5244 et 410. XXIII du monde, renfermées dans ce second volume. Ce que nous avons avancé au sujet de l’imita- tion des anciens par les cartographes du moyen- âge ne se borne pas aux théories concernant la forme, la position et les divisions de la terre; l’imitation, nous l’avons dit, embrasse aussi les théories cosmographiques. Le XIV« siècle nous offre encore dans des monuments géographiques les idées grecques antérieures à l’école d’Alexan- drie; il figure la terre comme un disque dont rOcéan forme l’enceinte circulaire, le ciel comme une voûte surbaissée qui vient s’appuyer sur les bords du disque. Ainsi, dans un grand nombre de ces représentations, c’est le monde d’Homère et d’Hésiode, le monde des poètes et des artistes antérieurs à l’école d’Alexandrie, que nous trou- vons reproduit. Parmi les différentes représentations cosmo- graphiques admises dans notre atlas et analysées dans le second volume, se remarquent plusieurs systèmes de cercles ou sphères concentriques, figurant la pluralité des cieux. Aucune représen- tation cosmologique ne peint mieux les croyances religieuses et scientifiques du moyen-âge que les monuments de ce genre. On y voit mêlés au système cosmographique des anciens le Ciel du Christianisme ainsi que le Purgatoire et l’Enfer, qui furent la pensée dominante du moyen-âge. Il n’était pas surprenant de voir les cartographes les dessiner ou les signaler dans leurs cartes, lorsque partout ce genre de représentation trou- vait place , que les sculpteurs gravaient la même idée en pierre sur le frontispice des Eglises, que plus tard Michel-Ange et Raphaël la peignaient dans la chapelle Sixtine et au Vatican, et qu enfin Pierre d’Orvieto la représentait sur un monu- ment sépulcral du Campo Samo de Pise (1). Quel- ques-uns , par une idée fort bizarre, plaçaient l’enfer et le purgatoire dans les pays volcaniques. Ornons porte le purgatoire de saint Patrice en Islande, à cause del’^éc/a.Ranulphus met le Pur- gatoire et l’Enfer dans 1 Etna. Les Docteurs de l’Eglise reconnaissaient pres- que tous la pluralité des cieux. Ils différaient cependant sur le nombre et sur la position rela- tive des sphères. Saint Hilaire de Poitiers hésite cVen fixer le nombre (2) ; le même doute retient ( 1 ) Voyez la figure de ce monument représentée dans la pl. XVIIl de l'ouvrage intitulé Pitture afresco del Campo Santa d* P^'sa , publie a Florence en 185^2. Cf. Ciampi . Notîzie istoriche de la Sucrestia e del campo Santa. Pisa, 1800, p. 97. Nous nous sommes servi du bel exem- nlaire de la biblliothèque de l’Institut. (^2) Voyez saint Hilaire, in Psalmos, CXXVl. Il opp. p. 487. XXV saint Basile (1), mais la plupart des autres, accueillant les théories et les idées du Paga- nisme, en admettent, les uns, six (Saint Philastre, XCiy, De Cœlorum diversitate ; il y ajoutait pour septième, le Firmament , selon la Genèse), les autres, sept, d’autres, huit, d’autres enfin, neuf et même dix (2). Saint Jean Damascène admet sept cieux (3). Ces systèmes se trouvaient déjà dans Platon (4) et dans Parménide (5); le nombre même des sept cercles est aussi une idée de Cicéron, et Macrobe en parle dans son commen- taire sur le Songe de Scipion (6) Gela ne doit pas nous surprendre , puisque nous savons que les chrétiens de la primitive Eglise fréquentaient avec zèle les plus célèbres écoles des rhéteurs et des philosophes païens. Les Pères de l’Eglise considéraient ces cieux comme autant d’hémisphères concentriques qui (1) Voyez saint Basile, Homél. III, 24, C. (2) Saint Augustin, in Genes. XII, 57, opp. III. P. 1, p. 318, E. (5) Nous transcrivons dans les additions les passages cosmograplii- ques des œuvres de saint Jean Damascène relatifs à ce sujet ; ils ser- vent à expliquer les représentations analysées dans notre volume. (4) De Republlca, X, p. 616. (5) Pseudo-Plutar. — De Plac. philos. Il, 7. (6) Macrobe, in Somn. Scip. liv. I. Sur la pluralité des cieux, voyez Philoponus, de Mundi Creatione^ liv. III, c. 3. Il y traite des opinions de Moïse, d’Hipparque, de Ptolémée. XXVI venaient s’appuyer sur la terre et à chacun des- quels ils donnaient différents noms, ainsi que nous l’avons déjà indiqué dans une autre partie de cet ouvrage (1). Les cartographes du moyen- âge ont représenté cette théorie dans leurs sys- tèmes cosmologiques, et il est curieux d’observer, parmi les monuments de ce genre que nous avons publiés, ceux qui ont adopté la théorie de saint Jean Damascène, et qui représentent les sept deux ou cercles, et ceux qui suivent le sys- tème de Bède, en leur assignant l’ordre suivant : Air, Ether, Espace igné, Firmament, Ciel des Anges (2) et Ciel de la Trinité, Les cartographes du moyen-âge, dominés par l’esprit du Christianisme , tout en représentant le système des cercles ou de la pluralité des cieux, d’après les anciens philosophes païens, inscri- (1) Voyez t. I, p. 240 et suiv., et 407, addition XLVIII. (2) La théorie selon laquelle les anges occupent une place inter- médiaire entre la terre et le ciel fut empruntée par les géographes aux ouvrages de saint Hilaire de Poitiers. (Voy. St. Hil. in Psalmos, opp. p. 486.A -B. 487). Théodore de Mopsueste, dans son livre sur la création, adoptait la môme théorie. Ces idées paraissent être encore un héritage de l’antiquité; elles viennent des Néoplatoniciens qui ont imaginé une hiérarchie de puissances intermédiaires entre la divinité et la terre, c’est-k-dire entre notre monde et la région supérieure du ciel. Le lecteur devra consulter Philoponus, de Mundi Creationc. liv. 1, c. XVlll-XlX. XXVII vaient souvent le nom de Dieu au-dessus de tou- tes les sphères ou de tous les mondes ; quelque- fois même ils représentent l’Etre-Suprême bé- nissant sa création et son œuvre (1) : c’est ce qu’a fait Lamùertus dans son système cosmolo- gique dessiné au Xlb siècle. D’autres placent Dieu au-dessus du Paradis terrestre et de la terre , présidant au Jugement dernier (2). Toutes ces allégories prouveraient, s’il en était besoin, quel empire exerçait la religion pendant ces âges de la Foi. Les cartographes puisaient du reste ces idées dans le grand nombre de traités sur la création, composés par les philosophes chrétiens durant les premiers siècles de l’introduction du christia- nisme, dans Origène, entre autres, dans saint De- nis d’Alexandrie, dans l’ouvrage intitulé : De Fa~ brica Mundi , de Victorin , évêque de Petavium en Pannonie, et surtout dans VHexameronde Saint Basile. Ce n’est guère qu’à partir du XIP siècle qu’on commence à remarquer des allégories dans les cartes du moyen - âge, connues jusqu’à présent. La première orne l’une des représentations cos- (1) Voyez page 165. (2) Le cartographe d’Hereford, par exemple. mographiques renfermées dans le manuscrit de Lambertus ; dans la période du Xllb au XIV® siè- cle , il s’en trouve sur la mappemonde d’Here- ford, dont nous venons de parler plus haut, puis sur d’autres monuments du XIV'" et du XV® siè- cle. Pour les représentations des cercles ou sphères, aussi bien que pour celles des zones habitables et inhabitables, les manuscrits du moyen-âge offrent une fort grande variété de figures. Parmi celles de la première classe, les sphères célestes, quelques-unes sont de la plus grande simplicité : dans les représentations de ce genre, le disque de la terre est figuré par un cercle, et les sphères par d’autres cercles sans aucun nom; les pla- nètes sont à peine signalées par un trait (1). Quant aux représentations du système des zones, celles-ci sont figurées par des bandes de diffé- rentes couleurs sans aucun nom (2). Cette division du globe par bandes ou zones parallèles à l’équateur, que les cartographes du moyen-âge nous ont transmise, n est autre que (1) Voyez les ligures de ce genre qu’on remarque dans le Ms. no 7259 de la Bibliothèque nationale de Paris. (2) Voyez dans notre Atlas ces représentations tirées d’un Ms. du poème géographique de Leonardo Dati. XXIX — “ celle des anciens, qui donnaient à ces parties le nom de climats (1). La largeur des bandes était fixée d’après le jour solsticial, de manière que, du commencement d’un climat à la fin, qui était le commencement du climat suivant, la lon- gueur du jour différait de trente minutes. On remarque dans ces représentations que les zones diminuent de largeur, à mesure qu’elles s’éloignent de l’équateur, comme le lecteur le verra sur plusieurs figures de ce genre , que nous reproduisons dans notre Atlas. Les climats servaient à indiquer les latitudes des lieux. Nous verrons dans une autre partie de cet ou- vrage, à quelle époque leur furent substitués les degrés d’élévation du pôle , qui donnent les la- titudes avec précision. La zone torride est signalée dans ces dessins comme inhabitable. Mais les découvertes des Portugais en Afrique et des Espagnols en Amé- rique, ayant prouvé l’absurdité de cette croyan- (1) Rapprochez de ce que nous avons dit à ce sujet dans le t. p. 395. Les auteurs anciens qui ont traité de la division de la terre en climats, sont Geminus (Elementa astronomie, a, c. V ) ; Strabon (liv. Il) ; Pline (VI, c. XXXIV); Ptolémée (Almageste, liv. I, c. VI); Marcianus Capella (liv. VI, c. I, et liv. VIII. Quant aux auteurs arabes qui adoptèrent la théorie des climats, et aux auteurs occidentaux mo- dernes qui traitent de cette théorie , nous en parlons dans une autre partie de cet ouvrage XXX ce ( 1 ) et démontré que l’Océan oriental ne com- muniquait pas avec notre mer Atlantique par une mer méditerranéenne sous l’équinoxiale , toutes ces idées erronées , que les cosmographes et les cartographes du moyen-âge avaient défendues pied à pied comme orthodoxes, dûrent céder devant l’évidence de faits notoires, désormais acquis à la science, et qu’après ces grands et merveilleux résultats, il n’était plus possible de contester. Et ces résultats, dit un illustre savant, ayant appelé l’attention et l’examen des grands génies sur la physique du globe et sur l’astrono- mie, produisirent, à leur tour, les immortelles découvertes des Kepler, des Huyghens et des Newton (2). L’étude des doctrines cosmographiques du (l) Déjà, dans le premier volume de cet ouvrage, nous avons prouvé que eette croyance avait traversé tout le moyen-àge ; dans celui-ci nous mentionnons toutes les opinions des physiciens de l’antiquité à ce sujet. (Voyez plus loin, p. 1.) Nous nous permettrons, pour faire mieux comprendre cette théorie, de noter ici ce qu’on lit à ce sujet dans Pline, liv. II, c. 68. Cet auteur avance que le passage d’une zone tempérée à l’autre également tempérée est impraticable, à cause de l’incendie qui règne dans le ciel constellé d’un bout à 1 autre de la ligne. « Si vous concevez, dit-il, la terre divisée en quatre parties, il est clair que le ciel à lui seui en retranche trois. Parménide, selon Plutarque, est le premier (jui ait limité la terre habitable aux deux zones tempérées, » Rapprochez ce passage de ce que nous avons dit ji. 'i du tome Rr (•2) Letroniic. XXXI moyen-âge, celle des monuments cartographiques de la même époque , dirigée de ce point de vue si élevé, apparaît dans toute son importance. Même sous le rapport simplement géographique, cette étude est indispensable, et nous ne savons s’il est nécessaire de démontrer que sans ce secours l’his- toire de la science serait entièrement incomplète. Comment, en effet, sans une histoire des systèmes cosmographiques professés pendant dix siècles, sans la lumière apportée par les cartes qui repré- sentent graphiquement ces systèmes, aurait-on jamais pu connaître les progrès de la science, et comprendre les auteurs ? Un savant académicien l’a déjà fait remarquer . « En tombant sous la loi de l’histoire , en re- montant dans le passé, de siècle en siècle et de peuple en peuple , la géographie , même dans sa partie moderne actuelle, ne saurait se dispenser de la connaissance approfondie des sources et de la confrontation des témoignages, puisqu’elle forme une alliance de plus en plus étroite avec l’érudition et la critique histori- que (1). » Nous ne devons pas nous étonner des graves 0) Dissertât ion sur Vctudc'de la (léoçiraphie, |»ar M. Guigiiiaul. Paris, Î836, p. 31, opuscule iii-S- de 44 pages. erreurs dont fourmillent les cartes du moyen-âge, notamment en ce qui concerne la position des villes et des lieux terrestres, lorsque nous voyons Ptolémée, qui en a relevé plusieurs chez un géo- graphe aussi éminent que Marin de Tyr, en com- mettre lui-même de bien considérables (1). Parmi les causes nombreuses d’erreur qui ren- dent la détermination des lieux si incorrecte dans les cartes du moyen-âge, l’une des principales était alors l’imperfection des instruments d’ob- servation, outre la méthode dont les procédés péchaient déjà par la base, puisque l’astronomie n’était pas appliquée à la géographie. Les voya- geurs de cette époque ne mesuraient pas les dis- tances des lieux et leurs positions relatives. Ils ne s’appliquaient pas à déterminer la direction de ces distances qu’on devait mesurer sur terre et sur mer, c’est-à-dire à préciser dans quel sens ils les avaient comptées , vers les ourses, vers l’orient, ou bien vers les autres points cardinaux ou in- termédiaires. La plupart des cartes systématiques du moyen-âge n’ont rien de véritablement mathé- matique. Les dessinateurs se bornaient à inscrire dans leurs représentations les noms des régions. (1) Voyez Plüiéinéc, f.conmplùc, c. Xill, XIV, X\ et XM- XXXIII des villes, les fleuves principaux ; et jusqu’au XV® siècle, nous n’avons pas rencontré une seule mappemonde graduée où les longitudes et les la- titudes fussent indiquées. Cependant, au XIII® siècle, Robert de Lincoln publiait son Traüé de la sphère, dans lequel on remarque la nomenclature des différents lieux de la terre alors connus, avec leurs longitudes et leurs latitudes (i). Nous avons vainement cherché un cartographe non pas con- temporain, mais postérieur de moins d’un siècle et demi , qui ait profité de cet ouvrage pour dé- terminer la position des lieux dans sa carte. Les cartographes de cette époque procédaient à la construction de leurs cartes en copiant quel- quefois sur un plan tout tracé d’autres cartes plus anciennes, et en remplissant cet espace donné avec des listes de noms géographiques empruntés d’ordinaire, comme nous avons eu occasion de le voir dans nos analyses, tantôt à Julius Hono- rius, tantôt à Æthicus, ou même à la partie géo- graphique de certaines chroniques et encyclopé- dies en renom au moyen-âge. Les notices de géographie physique se trouvent le plus souvent insérées dans des compositions historiques, de (I) Voyez sur ce livre nos Recherches sur la découverte des eûtes occi- dentales de V Afrique, etc, Paris, 1842, p. 284. (I) L’auteur de la carte de Saint-Omer n’a porté que le nom des Morird. Un autre n’inscrit que celui ÛQRhemts. Manuscrit du XlVe siè- cle de la Bibliothèque nationale de Paris. même que chez les Grecs l’histoire et la géogra- phie sont restées longtemps intimement liées. Lorsque le dessinateur traçait un plan plus con- sidérable , il y transcrivait des passages de Pline, de Solin, d’Orose, d’Æthicus, d’Isidore de Sé- ville. Le défaut des cartes de cette époque n’est pas seulement l’absence des méridiens et des cercles de projection parallèles, il arrive aussi que la grandeur du plan ou de la sphère n’est pas toujours proportionnée à la quantité d’ob- jets que le constructeur s’est proposé d’y re- présenter. Dans d’autres, au contraire, l’espace est à peu près vide, et offre à peine les noms des trois continents. Certains cartographes inscrivent seulement dans leur plan quelques noms de villes épars çà et là, selon l’importance qu’ils y attachent pour l’objet spécial qu’ils ont en vue; d’autres se bornent à inscrire le nom de leur pays (1). Outre le manque de proportion, ces car- tes présentent des anomalies qui résultent d’un arrangement systématique , et souvent d’hypo- thèses imaginaires , et en général l’étude de ces XXXV représentations nous offre une singulière fluctua- tion d’hypothèses et de faits imparfaitement con- statés. Plusieurs noms de peuples mentionnés dans ces monuments géographiques, sont entiè- rement inconnus aujourd’hui : les plus habiles géographes et les plus savants commentateurs ne les ont pas indiqués, et il est impossible de leur assigner aucune place précise, ni dans la géogra- phie, ni dans l’histoire. Ce fait, qui semble ouvrir une carrière infinie aux recherches, s’observe sur- tout dans les monuments du XIP siècle, dont ce volume renferme la description, et principalement dans celui qui porte le titre de Sphera iriplicata gentium miindi ( 1 ). Certains noms sont pour nous, comme un grand nombre de ceux qui désignent dans Jornandès les peuples septentrionaux (2), et qu il nous est impossible de reconnaître aujour- d’hui. Un autre fait est encore à constater, c’est la mention fréquente que les cartographes font de la Scyifiie et des ScyUies, dans les mappemondes du moyen-âge. Le lecteur trouvera dans ce vo- lume des légendes nombreuses et étendues , relatives aux habitants de ces vastes régions de la terre; mais il est bien difficile de préciser (1) Voyez dans ce volume page 204. (2) Voyez Jornaudès de Goth. orig. c. XXIIl. XXXVl — auxquels des peuples connus' aujourd’hui elles se rapportent. Nous nous sommes efforcé de recueillir des lumières, d’essayer des combinaisons et des rap- prochements, pour arriver à déterminer quelles étaient les nations Scythes dont veulent parler les cartographes; nous avons tenté de discuter les légendes, de leur appliquer les procédés de la géographie comparée, enfin, de les éclaircir, à l’aide des connaissances plus positives, et des études ethnologiques et ethnographiques des modernes; mais nous devons prévenir le lecteur que les grandes migrations et les déplacements des races et des peuplades, les changements et l’altération des noms d’un grand nombre de tribus et de hordes scythes ont répandu sur cette classe de faits une épaisse obscurité et semé de contradictions les récits des anciens concernant ces peuples, pour la plupart nomades, de sorte qu’il était extrêmement difficile aux géographes du moyen-âge de bien connaître tous les pays que ces populations mouvantes ont habités, et d’en fixer avec exactitude la position respective; ils ne pouvaient pas répandre la lumière sur des notions obscures, ces érudits dont le savoir avait souvent pour résultat de jeter encore plus de XXXVll confusion dans les connaissances géographiques éclairées, d’ailleurs, par les faits historiques. Le nord de l’Europe, dans quelques-unes de ces cartes , s’étend tellement . qu’une partie de l’Asie s’y trouve comprise. C’est encore le sys- tème de Phérécide de Scyros et d’Hérodote , qui comprenaient dans l’Europe tout le nord de l’Asie. L’auteur de la mappemonde à'Albi du VUE siè- cle comprend sous le nom de Barbari tous les peu- ples placés au Nord-Est et au Nord de l’Asie ; mais ceux des mappemondes d’Hereford et de Ranul- phus du Xllh' et du XIV® siècle ont essayé de signa- ler la demeure de ces peuples d’après les récits de Solin ; cependant leur guide n’est pas toujours scrupuleusement suivi, et ils n’en manquent pas moins, le plus souvent, de précision dans les positions qu’ils assignent aux différentes tribus. Entre autres erreurs nous signalerons dans les cartes de cette époque, la confusion que les géographes anciens faisaient des Daces avec les Gèiei^ (1). Plusieurs cartographes font aussi figu- (t) Pour mieux connaître ce sujet, le lecteur devra consulter le iné- rnoire de De Brosses : Essai de Géographie étymologique sur les noms don- nés aux peuples scythes anciens et modernes. Mémoires de l’Académie de Dijon, t. Il, p. 447. — Bayer, de Origine et priscis sedibus Scytharum, dans les Comment, de l’Académie Pétropolitnine. t. I, p. 38". — D’An- XXXVIII rer au nombre des contrées connues, le pays habité par les Hyperboréens, mais dès que l’on rapproche les notions de la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse et celles qu’offrent les mappemondes d’Hereford et de Ranulphus Hydgen, on aperçoit aussitôt quel est le vague et la confusion des idées que les auteurs avaient au sujet des peuples désignés sous ce nom par les anciens (l)- Jusqu’au commencement du XIV'' siècle, les cartes, en général, ne prolongent pas l’Asie au- delà du Gange, et celles qui signalent des terres plus loin en dehors de cette limite des expédi- tions d’Alexandre , ne portent guère que le nom des Indes, nom vague, qui servait à couviir l’ignorance de l’auteur, et qui montre que les cartographes n’étaient pas même aussi avancés que Ptolémée, dans la connaissance de l’Asie ville. Examen critique d’Hérodote sur ce qu’il rapporte de la Scy- tbie , Mém. de l’Académie des inscript, et belles-lettres, t. XXXV, P 573 _ Vôlker, Traité sur le pays des Scythes d’Hérodote , Mythi- sche Géographie der Griechen nnd Rômer 1832. (1) Sur les Hyperboréens, le lecteur devra consulter le savant mé- moire de Fréret, intitulé : Sur la situation du pays des Hyperboréens, Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XVIII, Hist p. 192. Gedoyn, Recherches sur tes Hyperboréens, Mémoires cités t Vil P ll3.-Voyez aussi dans la même collection et dans le même volume, p. 127, édit. in-8«, et t. X, p. 198, le Mémoire de Banier, intitulé : youvelles réflexions sur les peuples appelés Hyperboréens. XXXlX orientale (1). Il en est de même en ce qui concerne le nord de ce continent (2) : dans presque toutes leurs cartes, la mer Caspienne est donnée pour un golfe de l’Océan boréal, tandis que Ptolémée l’avait déjà signalée comme une mer intérieure, sans aucune communication avec l’Océan (3). A cette connaissance si imparfaite de l’Asie, les érudits joignaient une ignorance complète des conditions géographiques de l’Afrique, ils étaient, en général, à l’égard de ce vaste continent, en- (1) Les géographes grecs, à l’époque d’éclat de la littérature Alexan- drine, avaient certainement des connaissances assez étendues si on les compare à celles de leurs prédécesseurs; mais les limites de leur monde ne s’étendaient guère au-delà de l’Asie persane, de l’Inde jus- qu’au Gange et de la Taprobane. Au nord la Mer Caspienne avait été mat explorée, VOxus et Vlaxartes, la Bactriane et la Sogdiane étaient un peu mieux connus. Toutefois il est à propos de consulter sur ce sujet le travail de D’Anville Sur les limites du monde connu des anciens au-delà du Gange (t. XXXII des Mémoires de l’Académie des inscript, et belles-lettres, p. 604), et aussi celui de Bonamy, Réflexions géné- rales sur les cartes géographiques des anciens et sur les erreurs que les historiens d' Alexandre-le-Grand ont occasionées dans la géographie. (Mém, de j’Acad. des inscript, et belles-lettres, t. XXV. Hist. p. 40.) On y voit que si les expéditions d’Alexandre ont agrandi le domaine des connaissances géographiques chez les anciens, elles ont aussi donné naissance à de grandes erreurs en géographie. — Ste-Croix , dans son Examen critique des historiens d Alexandre , p. 666, a transcrit en entier un passage remarquable à cet égard du traité composé en 1735 par Freret, sous le titre d Observations générales sur la géographie ancienne; nous renvoyons aussi le lecteur à ce traité. (2) Voyez la note précédente. (3) Rapprochez des doctrines des cosmographes de la même époque que nous avons exposées dans le tome 1, p. 10, 18, 19, 255 et 308. XL core moins avancés que les anciens. Quant aux îles répandues sur les mers du monde connu, le mélange des notions incomplètes et des ideeserrO" nées admises par certains cartographes, rejetées par d’autres, produit dans les cartes du moyen- âge une grande variété. Jusqu’au XII® siècle, les cartographes ne signalent d’ordinaire que lesprin- cipalesîles situées dans les mers intérieures, no- tamment les îles Baléares, la Sicile, la Sardaigne, la Coi^se et l’île de Chypre, parfois aussi dans les mers extérieures, la Taprohane (Ceylan), les îles d’Or et (ï Argent des anciens , et quelquefois Y Angleterre. L’ignorance dont ils font preuve à l’égard des formes et des contours hydrographiques des côtes et du cours des fleuves, a droit de nous étonner davantage : ils empruntaient, en effet, aux auteurs et aux géographes anciens les indica- tions et jusqu aux textes de leurs mappemondes; mais ils ne pouvaient pas représenter graphi- quement avec exactitude les descriptions mi- nutieuses des côtes et des mers qu ils li- saient dans Pline, dans Mêla, Solin et les autres auteurs. Plusieurs d’entre eux, tout en faisant mention des grands travaux géographiques en- trepris et exécutés du temps de César, d Auguste XLI et d’ Agrippa, n’ont pas compris les divisions géographiques même les plus générales des Ro- mains. L’examen d’un grand nombre de cartes de cette époque, d’une part, et de l’autre, l’analyse que nous en donnons, nous font arriver à cette conclusion, c’est que les connaissances des carto- graphes ne s’étendaient pas plus loin que la na- vigation de leurs contemporains. De même que le détroit de Gibraltar, où les anciens géographes plaçaient le coucher du soleil, était, depuis l’anti- quité , la limite des navigations de leurs pilotes ; ainsi les cartographes du moyen - âge figuraient dans leurs cartes les Colonnes d’Hercule commeles limites du monde, et ce mythe, qui remonte aux premiers temps de l’histoire, se perpétue sous nos yeux, sans aucune modification dans les cartes, pendant toute la durée de cette série de siècles (1). (l) Le lecteur trouvera semées dans le cours de cet ouvrage de nom- breuses notices à ce sujet. D’abord, dans le tome I , nous avons relaté ce que disent Priscien et le Dante ( p. 17, 3:27, 425, 216 et 217) ; dans le second volume (p. 32, 51, 52, 75, 78 et 178), nous avons reproduit plusieurs passages des auteurs anciens sur ces colonnes. Nous ajou- terons ici qu’elles étaient appelées plus anciennement Colonnes de Saturne ou de Briarée. Sirabon, liv. lïl, c. 5, parlant de la fondation de Gad'es (Cadix) par les Tyriens, discute cette matière, et il dit que ceux qui arrivèrent près du détroit de Calpé s’imaginèrent que les caps (jui formaient le détroit étaient « les limiles de la, terre habitable » aussi bien que de rexpédilion d’Hercule, cl qiu‘ c’élail par cotisé- XLII On peut dire que la plupart des cartographes du moyen-âge en étaient encore aux connaissances si bornées d’Apulée, qui vivait sous les Antonin, au Ib siècle de notre ère. • quent ce qu’on appelait les Colonnes. • Ensuite il parle des trois ex- péditions tyriennes au détroit, et il dit que la troisième flotte ayant abordé à Gadès, bâtit le temple d’Hercule dans la partie orientale de l’île, et la ville dans la partie occidentale. « De là vient , ajoute-t-ii , que sous le nom de Colonnes les uns entendent les caps du détroit, les autres l’ile de Gadès, et quelques-uns des lieux encore plus éloignés que cette île. Il y en a qui prennent pour Colonnes Calpé, et la mon- tagne de Libye qui est vis-à-vis et qu’on nomme Ab%jlix (Ceuta). D’au- tres donnent le nom de Colonnes aux deux petites lies voisines d’.4- bilix et de Calpé, et dont l’une est appelée île de Jiinon On a été jusqu’à transporter en ces lieux les Planctes et les Symplégades (écueils du détroit de Sicile et du Bosphore de Thrace), qui ont été confondues avec les Colonnes mêmes auxquelles Pindare donne le nom de Portes Gaditanes. Dicéarque, Eratosthène, Polybe et la plupart des écrivains grecs placent les colonnes près du détroit, mais les Ibères et les Li- byens les placent à Gadès. » Enfin Strabon ajoute : « Quelques uns prétendent que les Colonnes d' Hercule ne sont autre chose que les colonnes de bronze de huit cou- dées qu’on voit à Garfés dans le temple même de ce dieu, et sur les- quelles on a constaté, par une inscription , la dépense faite pour la construction du temple. Les navigateurs, disent-ils, arrivant à ces co- lonnes à la fin de leur voyage, et étant dans l’usage de sacrifier à Her- cule en cet endroit, les ont rendues si fameuses qu’on les a regar- dées comme l’extrémité de la terre et de la mer. Cette opinion parait la plus probable à Posidonius, et il regarde l’oracle et les flottes en- voyées successivement par les Tyriens comme une imposture phéni- cienne. » Strabon cite ensuite toutes les colonnes qu’on avait élevées pour en faire des bornes delà Terre habitable,d'2.çThs l’ancien usage de marquer les limites par de semblables monuments. Un auteur allemand a composé un travail spécial sur ce sujet. Schwarz, üissertatio de Columnis Herculis. XLllI Le pays des chimères était aussi un héritage de l’antiquité ; mais cet héritage fut largement exploité par le soin curieux que mirent les cos- mographes du moyen-âge à rassembler de toutes parts dans leurs productions les faits les plus bi- zarres comme dans un foyer rayonnant de mer- veilles. A l’exemple des géographes de l’antiquité, ces cosmographes, nous l’avons déjà fait remar- quer, peuplaient de monstres toutes les contrées où les voyageurs n’avaient pas pénétré (1), et les dessinateurs de cartes , interprètes d’autant plus fidèles de ces fables , qu’elles étaient plus mer- veilleuses, ne manquèrent point de représenter les monstres dans les pays mal connus , et dans les mêmes régions où les anciens les plaçaient. Une autre idée du temps des fables , le fleuve Oceamis (’OxÉavo;) d’Homère, qui, selon ce poète , entourait le disque ovale du globe , reparaît dans presque toutes les cartes systématiques du moyen- âge, malgré les découvertes postérieures; ce fleuve, il est vrai, est devenu une mer, mais, tout en changeant de nature, il n’en est pas moins repré- (1) Voyez à ce sujet ce que nous avons dit dans le tome I, p, 199 et 214. Les cartographes trouvaient aussi dans les livres sacrés la men- tion du Basilic et des Dragons : « Super aspidem et Basiliscum ambu- labis, et conculcabis leonem et Draconem. » (Psalm. XC, 13.) / XLIV senté coulant d’un flux et reflux régulier autour du globe entier. 11 est vraiment curieux de voir, sur les sujets dont nous venons de parler, l’état de décadence de la géographie pendant cette époque, et ce qui surtout doit exciter la surprise, c’est de trouver, dans un temps déjà rapproché de nous, les car- tographes plus arriérés à cet égard que le Fère de V Histoire, Hérodote, dont la sagacité s’était prononcée contre la théorie primitive, qui faisait de notre globe un disque, et de l’Océan la cein- ture de la terre (1). Quelques auteurs de l’antiquité croyaient que les deux zones tempérées étaient inaccessibles l’une à l’autre, parce qu’ils étaient persuadés que l’Océan, tout en environnant la terre, s’étendait aussi sous la ligne , de l’occident à l’orient , et partageant en deux le globe terrestre, intercep- tait toute communication entreles deux zones (2). (1) Voyez Hérodote, IV, 36, 39, 43. — Hécatée de Milel, précurseur d’Homère, décrit le disque de la terre après l’avoir parcourue en par- tie dans ses trois grandes îles, comme il les appelait. Il paraît qu’il fit une carte à projection plate sur des tables d’airain. On prétend que plus tard Dicéarque, élève d’.\ristote , tâcha de rectifier cette carte. (Voyez DodweU’s Dicæarc. §. 6.) (2) Geminus, qui était contemporain de Cicéron, dit (c. 15) que c’é- tait à cause de ce système qu’Homère et les anciens poètes disaient que le soleil se levait de l’Océan et s’y couchait Les stoïciens de leur XLV — Ce système a trouvé aussi des sectateurs au moyen-âge, et plusieurs cartographes le repro- duisirent sur leurs mappemondes (1). Dans les représentations de ce genre , la terre est divisée en deux parties égales (2) , et plusieurs de ces mo- numents offrent des légendes inscrites sur la terre australe antichthone et sur la zone de mer qui divise la terre en deux parties ; l’une et l’au- tre y sont signalées comme inconnues à la postérité d’Adam. Or, cette particularité nous semble prou- ver que les cartographes qui ont adopté ce systè- me, suivaient l’opinion de saint Augustin ; ce Père, en effet, confondant!’ Antichthone avec les Antipo- des, soutenait que la zone australe ne pouvait pas être habitée ; les hommes qui l’occuperaient , côté avaient imaginé une raison de physique pour expliquer comment il était nécessaire que l’Océan s’étendît ainsi sous l’équateur. Le feu des astres, disaient-ils, se nourrit des vapeurs et des exhalaisons de la Terre; c'est pour cette raison que l’Océan s’étend sous la ligne, afin d'être toujours à portée de fournir au Soleil , à la Lune et aux planètes la nourriture dont ces corps ont besoin. (1) Voyez dans ce volume les mappemondes des manuscrits de Lam- bertus du XII® siècle, dont nous donnons la description p. 172, 175 et 177. Voyez aussi la légende transcrite p. 195. Cf. l’autre mappemonde décrite p. 198. (2) Ovide dit que Vulcain avait gravé sur les portes du palais du soleil \' Océan, qui environne toute la terre, /a divise en deux parties. — Voyez ce que nous disons p. 168, notes I et 2, du tome L-'’ de cet ou- vrage, où nous avons transcrit un passage de Pline sur ce sujet. XL VI dit-il, ne seraient pas delà postérité d’Adam (1). D’autres cartographes du moyen-âge, se confor- mant à l’opinion de certains auteurs anciens , représentent les mers Noire, Caspienne, Balti- que et Blanche communiquant ensemble (2). Chez d’autres , après la mer de Perse , figure Xîle du Soleil, de Solin (3) et de Mêla, dont la terre, se- lon le premier , était toujours rouge et mortelle à tous les animaux qu’on y transportait. Les îles d’Or et Ô! Argent [Cryse et Argyre) des anciens, jouent un grand rôle géographique dans plusieurs cartes du moyen-âge, ainsi que l’île é'Ophir. La myrrhe, le cinnamome, sont aussi (1) Voyez saint Augustin, De civit. Dei. Liv. XVI, c. 19. Rapprochez de ce que nous avons rapporté p. 142 du tome et dans celui -ci à l’a- nalyse des mappemondes de Lambertus, p. 174 et 181. — Sur la Terre Antichthone, le lecteur doit consulter ce que nous avons rapporté dans le tome !'*•, et notamment dans celui-ci, p. 201 à 204. — Nous ajou- terons toutefois ici que Clément d’Alexandrie appelle les pays situés sous la zone Australe tempérée : « Les mondes qui sont au-delà de l'Océan » (Stromates, Liv. V, c. 12.). Origène, en traitant ce sujet, dit que Clément a fait mention des hommes que les Grecs nomment Antichthones ; ils habitent, ajoute-t-il, un endroit de la terre qui ne peut avoir de communication avec celui que nous occupons. (Origen. De Princip. Lib. II, c. 3.) (2) Au sujet de cette opinion commune à plusieurs auteurs anciens, voyez dans les Mémoires de l’ancienne Académie de Bruxelles, t. III, p. 583, celui qui a pour titre :« Mémoire dans lequel on examine l'opi- nion de plusieurs auteurs anciens et modernes qui soutiennent que les mers Noire, Caspienne, Baltique et Blanche, ont anciennement communiqué en- semble. » (5) Voyez la descriplion de la Mappemonde de Lambertus, p. 177, XLVII mentionnés dans ces cartes, de même que V Arbre du Soleil, ou Arbre sec, que Marco Polo signala plus tard dans ses relations. Un fait remarquable et qui se trouve reproduit aussi sur la plupart des cartes du moyen-âge dont nous donnons la description dans ce vo- lume, c’est l’existence de deux Nils : l’un, le fleuve Ægypius d’Homère, et l’autre , qui n’a pas d’em- bouchure. La théorie que les cartographes ont suivie, à cet égard, a beaucoup de rapport avec celle de Pomponius Mêla ; ce géographe dit : « Dans le territoire des Ethiopiens est une fon- taine qu’on peut regarder avec quelque vraisem- blance comme la source du Nil , les habitants l’appellent Nuchul, nom qui ne peut être qu’une corruption de celui du fleuve de l’Egypte ; elle produit le papyrus et les mêmes espèces d’ani- maux qu’on trouve dans le Nil ; seulement ces animaux n’y prennent pas un développement aussi grand. Le Nuchul traverse le milieu de la contrée, en se dirigeant vers l’orient, sans qu’on sache précisément où il se perd. On peut donc induire de là que cette fontaine est la source du Nil, qui, disparaissant pendant quelque temps à travers des lieux impénétrables et par consé- quent inconnus, reparaît, dès qu’il le peut, vers XLVIIl la partie orientale ; ce qui fait que le NucInU pa- rait finir dans un endroit, et le Ni! commencer dans un autre ( 1 ). » De même que les géographes anciens, les car- tographes du moyen-âge attachaient une grande importance géographique au Tandis (le Don). Plusieurs de ceux dont nous reproduisons les mappemondes dans la première partie de notre Atlas, ont adopté la théorie de Strabon, qui affir- ma que ce fleuve venait, en ligne directe, du Nord, et que toute l’étendue de son cours, ainsi que ses embouchures, se trouvaient sous le même méridien. Telle est la théorie qu’ont appliquée la plupart des dessinateurs de cartes de cette époque : ils font descendre ce fleuve célèbre des Monts Riphées d’Aristote, comme Pline, Mêla et Ptolémée . Le lecteur verra dans une autre partie de notre ouvrage, que ce système a constamment prévalu jusqu’au commencement du XVP siècle, époque à laquelle il disparaît entièrement. Ceux qui suivaient, au sujet du cours de ce fleuve, la théorie de Denys - le - Périégète, d’Ammien Mar- celin et d’Aviénus, le faisaient descendre de la (1) Voyez Mêla, liv. Kl, c. 9- liapprochez de ce que nous disons p. .'iO et .'iô, et notainnienl de notre description du Nil figuré dans la carte d'Herelord , p. 588 * V # au moyen-âge; en Asie, le Tigre et la Panthère (les régions Hyrcaniennes ; les terribles Chiens albanais, qui, d’après les récits exagérés des an- ciens , dévoraient les lions ; le Lynx des fables, le Léopard, le Lion, l’Eléphant, le Bison, l’Eale ou Rhinocéros bicorne de Cuvier, le Chameau de la Bactriane et de l’Afrique, le Monocéros (oula Li- corne), les Chevaux de la Cappadoce , le Rhino- céros et les Chèvres des Iles Fortunées. A côté de ces animaux réels , figurent les Sa- tyres et les Faunes , le Sphinx , la Mantichora, les Griffons, fabuleux gardiens de l’or et des pierres précieuses gisant dans les montagnes des régions scythiques, mythe remarquable en ce qu’il indique chez les anciens quelques notions vagues sur la richesse minérale des régions de l’Altaï et de l’Aral (i ;, de même qu’en Afrique les fourmis énormes qui étaient censées garder les sa- bles d’or, rappellent les traditions merveilleuses répandues au sujet des contrées aurifères de ce continent. Le Phénix symbolique, l’Autruche , le Pélican, le Perroquet vert de l’Inde, le Basilic, le Crocodile, la Salamandre , complètent cette galerie SI demi-fantastique , demi-réelle. Plus tard, c’est-a- dire vers la fin du moyen-âge, certains cartogra- phes y ajoutèrent les Ours et les Faucons dans les climats septentrionaux de l’Europe. La géographie botanique est plus pauvre dans les cartes de cette époque ; c’est à peine si nous trouvons sur quelques monuments l’indication du figuier de l’Inde, dont parle Solin , de la Man- dragore, si célèbre dans les philtres de cette épo- que, des forêts de poivriers et des végétaux odo- riférants dont les régions de l’Inde et de l’Arabie sont la terre natale, ainsi que des forêts sacrées des Hyperboréens, et de celles des lies Fortunées. A ces détails joignons enfin quelques rares notions des eaux thermales. Le lecteur aura l’occasion devoir, dans la des- cription que nous donnons de la carte d’Hereford et de celle du Polychronicon de Ranulphus, con- servé au Musée Britannique, que les dessinateurs ont reproduit graphiquement sur leurs cartes une grande partie des textes de Solin, de Pline, d’Isidore de Séville et d’autres géographes de l’antiquité, ainsi que des passages d’auteurs du moyen-âge, et qu’ils ont également eu soin de consigner dans l’Asie, dans l’Afrique ainsi que dans la Terre- Sainte, les notions géographiques LVIII fournies, soit par la Bible, soit par 1 Histoire sacrée. Répétons-le donc, comme monuments spéciaux, comme témoignages des idées de leur époque, enfin, comme documents historiques et littéraires, les cartes du moyen-âge sont un objet d’étude indispensable. Des savants les plus éminents, tels que M. de Humboldt, Heeren et d’autres encore ont tiré une grande utilité de l’examen et du rapprochement de ces œuvres, tout imparfaites qu’ elles sont. Si nous avons besoin d’apporter une preuve à l’ap- pui de cette assertion, qu’il nous soit permis de transcrire ici ce que disait, à ce sujet, un savant voyageur, enlevé trop tôt à la science, et qui a bien senti toute l’importance de ce secours, lorsqu’il s’est proposé d’ éclaircir 1 histoire an- cienne de la Mer Noire et de la Mer Caspienne. « C’est d’après les cartes, dit ce géographe cri- tique, qu’on peut connaître les progrès et la déca- dence de la science géographique. C’est seulement en recourant à la cartographie que nous sommes parvenus à jeter de nouvelles lumières sur dif- férentes parties qui se rattachent à la géographie ancienne, et que nous avons pu trouver des don- nées positives sur la configuration, les distances et les rapports de position successivement adop- LIX tés pour les contrées que nous avons parcourues; enfin , c’est dans la Cartographie chronologique seulement que nous avons découvert une série de documents indiquant avec précision les phases de progrès et de décadence par lesquelles ont successivement passé les sciences physiques et géographiques relativement aux deux bassins de la Mer Noire et de la Caspienne (1). » Loin d’être bornée à l’usage de ceux qui veulent éclaircir tel ou tel point obscur de la science pas- sée, l’étude de ces cartes peut nous éclairer sur le chemin que nous avons parcouru nous-mêmes dans les temps modernes. Cette dernière appli- cation se montre avec toute son importance dans les recherches destinées à retrouver les causes intellectuelles de l’un des plus grands faits du moyen-âge, la découverte du Nouveau-Monde. Par cette voie nous remontons avec toute certi- tude à la source où Christophe Colomb a puisé ridée qu’il se faisait de la forme de la Terre ; il l’assimilait à une poire, adoptant ainsi un sys- tème qui avait cours longtemps avant lui. Déjà, dans une autre partie de cet ouvrage, nous avons signalé l’existence de vues à peu près iden- (t) Hommaire de îîcU, ].es steppes de la mer Caspienne, le Caucase, elc. t. III , p. 549. LX tiques dans une compilation cosmographique faite près de vingt années avant que Colomb écrivît sa lettrede 1498 (l),oùil compare la forme du monde • à une poire : ici nous devons reconnaître que l’il- lustre navigateur n’avait pas même besoin d’aller chercher cette idée dans la compilation de Jean de Beauvau, faite en 1479, mais qu’il a dû la ren- contrer dans quelque traité de cosmographie antérieur, où ces idées étaient déjà déposées, et qu’il a' pu certainement en voir les représentations dans les figures qui accompagnaient les traités de ce genre composés, au XIII siècle, sous le titre d'image du Monde. Ces comparaisons bizarres relativement à la forme de la Terre, remontent . même au-delà du VIB siècle : nous lisons dans un manuscrit cosmographique datant de cette époque, que la terre est de la forme d’un cône ou d’une toupie, de sorte que sa surface va, selon ce système, en s’élevant du midi au nord. A la par- tie septentrionale est le sommet du cône, et der- rière ce sommet le soleil se cache pendant la nuit. « Christophe Colomb, dit M. Reinaud (2), se trouvant à l’embouchure de l’Orénoque, crut re- connaître les* environs du Paradis terrestre, censé (1) Voyez lomc I, p. 576 (2) Idem. placé aux extrémités orientales du monde ; car, pour lui, le Paradis terrestre répondait au châ- teau de Kang-diz des Persans, et il devait se trouver dans un lieu élevé et inaccessible. La manière dont Christophe Colomb se représentait la terre (continue M. Reinaud) était tout-à-fait bizarre. Par respect pour le grand nom de Ptolé- mée, il admettait que la moitié du monde, qui avait été connue des anciens, était sphérique. En même temps, par égard pour une opinion dont on faisait aussi honneur aux anciens, mais qui avait été mise en avant par les géographes arabes, il crut qu’à la distance de quatre-vingt-dix degrés des îles Fortunées, du côté de l’est, c’est-à dire auprès de l’entrée de la m.er Rouge et du Golfe Per signe, se trouvait la coupole d’Arin. Quant à l’autre moitié de la terre, la moitié qui n’avait pas encore été explorée et dont la découverte lui était réservée, elle offrait, suivant lui, la forme de la moitié d'une poire, du côté de la queue, de manière à se terminer en cône ; au haut du cône devait se trouver le Paradis terrestre (i) ». Nous avons transcrit tout entier cet intéressant passage du livre du savant orientaliste , afin de (1) Voyez Géographie d’Aboulfeda par M. Reinaud, t. I, p. 252 et suiv. Rapprochez de ce que nous avons écrit dans le t. 1, p. 568. rapp6l6F (411e cett6 idG6 bizarre, Colomb 1 avait puisée à des sources cosmographiques et carto- graphiques antérieures à son époque; et nous ajouterons en second lieu, comme nouveau témoi- gnage à l’appui de notre assertion, que la map- pemonde d’Andrea Bianco, antérieure de soixante- deux ans à la lettre de Colomb, représente , selon nous, l’idée de Colomb , ainsi que nous le dé- montrons avec les détails nécessaires, dans l’a- nalyse que nous consacrons à ce monument (l). Au milieu de la grande variété de monu- ments que nous a laissés la géographie du moyen-âge, nous avons distingué une famille de petites mappemondes d'une simplicité remar- quable. Les monuments de cette catégorie, déjà si- gnalée dans une autre partie de notre ouvrage (2), se rencontrent dans les nombreux manuscrits renfermant les œuvres d’Isidore de Séville, d Ho- noré d’Autun, dans presque tous les manuscrits des Images du Monde, dans ceux du poème géo- graphique de Leonardo Dati et dans d autres en- core. Nous donnons une description spéciale de chacune de ces représentations, dont l’origine re- monte, presque sans altération, jusqu à des temps (1) Voyez le iroisièioe volume. (2) Voyez tome p. lxxiv et suiv. LXIII bien antérieurs au moyen-âge. En effet, sur une médaille romaine reproduite par Gronoyius (l), on retrouve cette même figure du monde : les trois parties de la terre alors connues y sont figurées d’une manière aussi simple, c’est-à-dire renfermées chacune dans un cercle sur lequel on lit : Asia, Europa et Africa, comme dans la plu- part des petites mappemondes du moyen-âge dont nous venons de parler (2). Les monuments cosmographiques, que nous analysons dans ce volume, serviront aussi à recon- naître ce qui manque au travail de Delambre. La partie de son œuvre qu’il a intitulée Histoire de C As- tronomie au moyen-âge, est un livre, sans contre- dit, riche de formules mathématiques, de calculs et de chiffres, et rempli d’érudition, mais fort in- complet en ce qui concerne l’histoire de la science : cet illustre savant s’est borné à donner à peine l’analyse de douze ou quatorze auteurs de cette époque, pour la plupart Arabes, et il ne s’occupe (1) Voyez Gronovius, édition de Mêla de 1782, t. p. 14. (2) Autour des trois parties du monde on remarque l’inscription suivante : M. Cocceius M, F. Nerva III vir; et à l’exergue, S. P. Q. R. De l’autre côté est la figure de l’empereur tenant à la main le Laba- rum ou l’étendard de la croix, et à ses pieds trois hommes à genoux qui représentent les habitants des trois parties du monde. A l’entour se voit la légende suivante r Victor omnium gentium. pas une seule fois des différents systèmes cosmo- graphiques auxquels nous donnons place dans notre ouvrage. .11 y avait cependant une part à faire aux idées astronomiques de notre Occident pendant la pé- riode du moyen-âge, et les tableaux des constel- lations, dressés par les cosmographes d’alors, bien que fort imparfaits, attestent que ‘l’étude de l’as- tronomie n’était point complètement abandonnée. Enfin il reste à rechercher le lien qui rattache les traditions de l’antiquité aux élaborations dans lesquelles la science arabe a été mise plus tard à contribution avant d’arriver au point duquel Delambre est parti, c’est-à-dire aux travaux exé- cutés à l’époque de la renaissance des lettres et des sciences en Europe, et cette recherche ne peut s’effectuer qu’à l’aide des monuments cosmogra- phiques négligés par cet auteur. L’orientation des cartes systématiques du moyen - âge présente quelque variété. 11 en est dans lesquelles elle paraît arbitraire (1) ; mais, (i) Dans un planisphère grec du VID' siècle, annexé à un manuscrit de la bibliothèque Medicca de Florence, et reproduit dans notre atlas, on remarque ['Europe el ['Afrique, au haut de la carte, et l’ds/c à l’ouest. L’orientation de la mappemonde du XI" siècle de la Cottonienne est de la manière suivante : le Nord à gauche, le Sud à droite, etc. Xlle SIÈCLE. Dans rorientation de la mapi)emondc de Vlmayc du Monde, d’Honorc LXV en général , les cartographes de cette époque placent l’orient en haut , au lieu même oc- cupé par le nord dans les cartes de notre temps (1). Ils commencent la description de d’Autun, le Nord est au bas, le Midi en haut , \'Est à la place de VOuest et celui-ci à la place de [’Est. (Voyez p. si39.) XIII® SIÈCLE. Dans celle de la mappemonde du manuscrit de Salluste, de la bi- bliothèque de Florence, i’Oiiest est placé au haut de la carte. (V. p. 276.) (1) xn SIÈCLE. L’orientation de la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville de cette époque nous présente l'Orient ou l’Asie au haut de la carte. (Voyez p. 47.) Xir SIÈCLE. Dans la mappemonde d’un manuscrit des Commentaires sur l’Apoca- lypse, l’orientation est la même. (Voyez p. 107.) La même dans celle de Guidonis (p. 216). La même dans celle du manuscrit d’Isidore de Séville (p. 236). La même dans celle d’Honoré d’Autun (p. 238). La même dans celle de Lambertus (p. 170). La même dans une autre mappemonde d’un autre manuscrit de Lambertus (p. 172). XIII® SIÈCLE. La même dans celle de Gauthier de Metz (p, 231). La même dans une autre du même auteur (p. 233). La même dans la mappemonde de Mathieu Paris (p. 237). La même dans la mappemonde de Leipsig (p. 274). La même dans celle d’un manuscrit d’Isidore de Séville (p. 283). La même dans un autre manuscrit du même auteur (p. 286). La même dans la grande mappemonde d’Hereford (p. 293). XlVe SIÈCLE. On remarque la même orientation dans la mappemonde de Ranul- phus Hydgen, et dans un autre manuscrit du Polychronicon. ; On trouve la même orientation dans la mappemonde de forme ovoïde d’un autre manuscrit du même auteur. La même orientation se fait remarquer dans la mappemonde de Guil- laume de Tripoli , et dans celle de la bibliothèque d’Arras. La même dans la mappemonde de la bibliothèque de Vienne. Nous nous bornons à citer ici vingt mappemondes qui sont orientées d’après ce système, et nous renvoyons le lecteur pour les autres à l’ar- ticle Orientation de la Table des matières placée à la fin de ce volume. LX.VI la terre par l’Asie. Quant aux motifs qui por- taient les cartographes à suivre de préférence ce système d’orientation , nous ne pouvons que ha- sarder quelques conjectures : il est probable qu’en cela ils obéissaient à des idées religieuses qui, comme nous l’avons signalé plus haut, domi- naient tous les savants, à cette époque. Les allé- gories qu’on remarque dans certaines cartes , et que nous avons signalées aussi, ne nous laissent pas de doute à cet égard. On voit même dans une des mappemondes du XIL siècle, que nous re- produisons dans notre atlas, le soleil placé en haut de la carte et éclairant toute la terre, idée qui a sans doute été inspirée au cartographe par ce passage de la Genèse : Et dixit Deus: fiant lumi- naria infirrnamento cœli, ut luceant super terram ( 1 ), et par le psaume 103,22, au sujet du lieu du lever du soleil: Or lus est sol, et congregati sunl. Cette méthode d’orientation était donc l’expres- sion des croyances religieuses qui se rattachent à la création du monde et aux lois physiques de notre globe. Nous nous bornerons ici à indiquer les principales: 1° Les cosmographes pensaient que le Paradis terrestre était signalé par les tradi- tions sacrées comme situé aux extrémités orien- (1) Voyez la Genèse, I, 14. LXVll taies du continent habitable ; 2 ’ suivant un usage consacré, les temples des Chrétiens étaient tour- nés vers l’orient; 3« VAsie était le premier des continents , Selon la loi divine : elle avait été le berceau du Christianisme et de Jésus -Christ ; 4® enfin, suivant une idée à la fois mystique et réelle, c’est de l’Orient qu’est venue la lumière qui a éclairé le reste du monde. Tel est le fond des idées générales "qui prési- dèrent à l’ordonnance de ces mappemondes, ima- ges réduites du domaine donné par Dieu au genre humain; les cartographes suivaient sans préoccu- pation scientifique une habitude de leur temps, ils tournaient en esprit et comme à leur insu leur œuvre vers la divinité. Cette explication est tout- à-fait en rapport avec les mœurs du moyen-âge, et il nous paraît moins naturel d’attribuer à ces cartographes l’intention d’adopter la théorie de quelques auteurs de l’antiquité , tels qu’Empé- docle , qui nommait le nord la droite du monde, et le sud la gauche (1), suivant un système dont on retrouve des traces dans la doctrine égy- ptienne (2). (1) Voyez Plutarque, de Is. et Os. II, 10. Cf. Stob. Écl. physic. XVI, p. 358. (2) Voyez Plutarque, de is. et Os. c. 32. La position géographique du l^oradis terrestre étant un des motifs du système d’orientation adopté dans les mappemondes du moyen - âge, nous avons été naturellement amené à rechercher tout ce qui pouvait éclaircir ce point important : c’est pourquoi nous nous sommes efforcé de faire entrer dans notre cadre toutes les notions que nous avons pu recueillir à ce sujet, d’après les textes des cosmographes de cette époque, afin d’expliquer les représentations graphiques sur lesquelles le Paradis se trouve indiqué. Un savant illustre avait déjà fait remarquer que le tableau des notions rassemblées par les Pères de l’Eglise pour faire valoir leurs opinions sur la position du Paradis terrestre, était une des parties les plus curieuses, mais certainement une des moins con- nues de l’histoire des systèmes géographiques (1). Et cependant ce n’était pas un détail inaperçu, mais bien plutôt un fait de premier ordre dans la science du moyen-âge, car nous voyons chez (l) Voyez Lelroniie, Revue des Deux-Mondes, mars 1854. Nous rencontrons encore au XVII* siècle un petit poème sur le para- dis terrestre inséré dans l’ouvrage imprimé à Madrid en 1629, qui traite du Purgatoire, des miracles des anges, etc-, et qui porte ce titre: « D. Philip. Osulîvani Bearri, Iberni Pairitiana Decas, etc. Nous devons la connaissance de ce livre à M. Fleutelot, savant professeur du Lycée Bonaparte, qui a eu l’obligeance de nous le confier. LXIX Christophe Colomb une opinion arrêtée à cet égard : il pensait que le Paradis était placé aux extrémités orientales du monde, et cette ma- nière de voir ne lui appartenait pas en propre ; il 1 avait puisee dans les traditions, dans les livres sacrés, dans les ouvrages de cosmographie et les cartes du moyen-âge. Il est probable que les géographes n attachaient pas alors une grande importance à l’orientation des grandes chaînes de montagnes, car les carto- graphes du moyen-âge n’y apportent pas d’ordi- naire une scrupuleuse attention. Dans quelques cartes de cette époque, les Pyrénées mêmes sont mal orientées. 11 en était des cartographes qui donnaient une orientation fautive à cette chaîne, comme des géographes contemporains de Stra- bon : cet écrivain, vivant sous le puissant empire d Auguste et de Tibère, avoue que, de son temps, on connaissait fort imparfaitement la position des Alpes , des Pyrénées et des chanes illy- riennes (1). Le dessin et l’enluminure des cartes des pre- miers siècles du moyen-âge sont aussi barbares que l’état de la peinture à cette époque, elles se (0 Voyez Strab,, U, édit, de la Sorb., 71. Il e perfectionnent en suivant les progrès de l’art. ‘ Sous ce rapport, les représentations graphiques que nous reproduisons dans notre Atlas, offrent une série chronologique qui indique bien les de- grés successifs de ces progrès. On peut ainsi comparer les monuments géographiques anté- rieurs à la première renaissance avec ceux de l’époque de Pérugin et de Raphaël. De même que les premières œuvres de l’art des Chrétiens furent, pour la plupart, des allégories, ainsi l’on ren- contre plusieurs productions de ce genre dans les cartes du moyen-âge , par la même raison qui fait que l’on retrouve des zodiaques par- mi les ornements chrétiens sculptés aux por- tes des églises (1). Là encore se manifeste (1) Voyez sur ces zodiaques la notice de Fauris de Si-Vincent dans le Magasin Encyclopédique , septembre 1815, t. V, p. 129. Dupuis a fait graver le zodiaque qu’on remarque à l’église de Notre- Dame de Paris (planche 18 de l’ouvrage de cet auteur). Le Gentil avait déjà parlé de ce zodiaque dans le Journal de France du 29 mars La rose en verres peints qui est au-dessus de l orgue de 1 église de Notre-Dame, et qui date du XlIP siècle, porte aussi les signes du zo- diaque. Sur la porte de l’église de Saint-Denis, près Paris, est aussi représenté un zodiaque (voyez Mémoire cité). Les bas-reliefs symbo- liques qui ornent les églises du moyen-âge, offrent les mêmes sujets que les cartes de cette époque. Un bas-relief de Notre-Dame de Pans représente Adam et Eve dans le Paradis comme dans les cartes. Sur un autre on voit le Démon conduisant en enfer les réprouves qui sont retenus tous par une chaîne, comme nous le voyons dans la grande parfois le mélange des éléments dogmatiques et littéraires : ainsi, à côté des allégories pieuses, figurent des allégories qui ont leur origine dans les fables des Grecs. Nous signalerons, entre autres, les figures représentant les vents dans la mappemonde du XII® siècle du manuscrit de la bibliothèque de Turin; elles sont évidemment une réminiscence de la fiction homérique des outres dont Eole fit présent à Ulysse, après y avoir enfermé les vents (1). Quelquefois même, comme nous avons eu déjà l’occasion de le cons- tater , les couleurs que les dessinateurs em- ployaient étaient symboliques (2). Dans 1 introduction du premier volume de cet ouvrage, nous avons fait l’énumération des savants qui se sont occupés, avant nous, des cartes anciennes ou du moyen-âge (3). Il nous rtiappemonde de la cathédrale d’Hereford. (Voyez la description dans ce volume, p. 290.) Voir aussi les symboles avec lesquels on représentait les évangélistes. - Notice sur un bas-relief représentant les figures mystérieuses et symboliques dont les quatre évangélistes sont ordinairement accom- pagnés, suivie de recherches sur l’origine de ces symboles. Dijon, 1839, in-4“, par M. Peignot. Rapprochez de ce que nous disons t. I, p. ùs. (1) L’imagination d’un auteur moderne lui a fait voir dans cette fic- tion l'idée d’une carte hydrographique où les rhumbs des vents étaient marqués. (2) Voyez notre analyse p. 171 de ce volume. (5) Voyez Introduction du tome pr p. xxix à ’ lv. LXXIl reste à mentionner ici les noms de ceux qui ont donné des descriptions de quelques-uns de ces monuments, afin de mettre le lecteur en état d’apprécier complètement le travail que nous avons entrepris. Cet exposé laisse en dehors de toute discussion l’absence jusqu’ici de tout travail général en ce genre ; nous croyons cette conclu- sion acquise, que jusqu’à présent il n’a pas ete donné de description d’ensemble des nombreux monuments géographiques exécutés depuis le V" siècle de notre ère, enfin, qu’il n’existe point d’histoire chronologique des cartes. Parmi les savants qui se sont occupés, avant nous, de la cartographie du moyen-âge, Heeren est le seul qui ait donné une notice complète concernant un seul monument, il est vrai, mais offrant la reproduction des légendes accom- pagnée quelquefois de commentaires succincts , cependant, qu’il nous soit permis de le dire, la description qu’il a faite de la célèbre mappe- monde du musée Borgia, est loin d’être véritable- ment complète. Plusieurs détails qu’on remarque dans la carte ne figurent pas dans la dissertation publiée par ce savant. Zurla, qui a donné la description de plusieurs cartes dessinées par les Vénitiens, s’est borné LXXIH d’abord à examiner les monuments de ce genre, dressés par ses compatriotes (1); en second lieu, il a négligé plusieurs détails et il ne fait atten- tion ni aux particularités géographiques dignes de remarque, ni à la nomenclature adoptée dans quelques-unes de ces cartes. Il a aussi rempli un volume in-folio avec les légendes renfermées dans la célèbre mappemonde de FraMauro; mais, mal- gré le mérite éminent qui distingue ce travail, comme tous ceux qui nous restent de ce savant, le résultat est encore incomplet, et nous y regret- tons l’absence d’une foule de descriptions de fleuves dont il était important dé constater le cours et la direction , et surtout l’oubli des li- gures qu’on remarque dîms cet admirable mo- nument. Gough , géographe anglais , s’est attaché spé- cialement à la partie des cartes du moyen-âge, qui concernait l’Angleterre, et, en général, il ne prête guère d’attention qu’à la nomenclature re- lative à ce pays; ce qu’il ajoute sur les autres contrées du globe , par exemple , dans l'exa- men de la mappemonde de Turin , est cité comme en passant et à peine effleuré. Playfair (1) Voyez Introduction du l. [ci', f>, xlii et suiv. LXXIV s’est borné encore davantage : il donne une liste incomplète des noms géographiques renfermés dans la mappemonde du X® siècle de la biblio- thèque cottonienne. Formaleone a décrit, mais peu complètement, la mappemonde d’Andrea Bianco. Enfin, l’abbé Andrès, dans une savante notice sur la carte de Bariholomeus de Pareto, de 1455, s’est abstenu de transcrire la plus grande partie de la nomenclature hydrogéographique (1) . Ce que les savants dont nous venons de parler ont fait, dans des vues toutes spéciales et partiel- lement pour des cartes isolées, nous avons entre- pris de l’exécuter sur tous les monuments de ce genre, que nous avons pu découvrir, ou qui, déjà connus, n’avaient pas été décrits. Afin de donner aussi au lecteur une idée nette de l’état des connaissances cosmographiques et géographiques représentées dans les cartes pendant la longue période du moyen-âge, nous avons préféré dé- crire ces monuments dans leur ordre chronolo- gique par siècle, en conservant le classement adopté dans notre Atlas. Cet ordre nous a paru le seul convenable, (1) Voyez Illustrazione di una Caria geografica del 1455; — Disserta- tion insérée dans le tome I" delle Memorie délia Realc Accadcmia Er colancnse di Archcolugia (Naples, 1832). LXXV parce qu’il se prête plus que tout autre à l’étude du développement historique. La classification par école, qui, au premier abord, semblerait de- voir mériter la préférence, nous a été démontrée tout-à-fait impraticable pour les mappemondes systématiques. C’est pourquoi nous avons dû, après mûr examen, la rejeter. Nous aurions rangé, par exemple, une mappemonde du IX** siècle et une autre du XIV^ dans la classe des monuments qui représentent les idées des géographes d’A- lexandrie ; mais ces deux cartes offrent également de nombreuses particularités qui les rattachent, soit à l’école de Thalès, soit au système homé- rique ; elles appartiennent encore à la famille des géographes romains tels que Mêla, Solin, Macrobe et autres, et ce mélange est de telle sorte qu’on ne saurait affirmer la prédominance d’aucun élé- ment particulier, si ce n’est l’élément théolo- gique , qui exerce sur tous les monuments , sans distinction, son influence caractéristique. Nous avons donc pensé que l’histoire des cartes ou plu- tôt l’histoire de la cosmographie et de la géogra- phie figurée par les représentations graphiques, se trouvait tout entière dans la description spé- ciale de chaque monument, suivant l’ordre chro- nologique des siècles. LXXVI Maintenant, qu’il nous soit permis de dire quelques mots de la règle que nous nous sommes faite concernant les époques auxquelles chacun des monuments appartient, et des motifs qui nous ont porté à l’adopter. Tous les savants connaissent les grandes contro- verses qui ont eu lieu, notamment depuis que les Mabillon, les D. Devaines et autres habiles diplo- matistes établirent des règles pour reconnaître l’âge et l’époque des anciens manuscrits. Malgré ces règles, il existe encore beaucoup d’incertitude à ce sujet, notamment lorsqu’il s’agit de la tran- sition d’un siècle à un autre : la différence est si peu sensible que l’œil du paléographe le plus exercé se trompe parfois ; et une simple diver- gence d’opinion suffit pour soulever des discus- sions dans lesquelles il n’est pas aisé de faire admettre la décision même des savants qui font autorité en la matière. Ces considérations nous ont engagé à ne prendre aucune détermination personnelle sur un point aussi contestable, et dans le coordonnement que nous avons fait des monuments de la géographie, nous avons inva- riablement suivi le classement diplomatique qu’ils portaient dans les catalogues des bibliothèques dont ils font partie. L’époque indiquée au cata- LXXVll logue est, pour ainsi dire, une date officielle; cela suffirait pour nous mettre à l’abri de toute ' critique à cet égard. Cependant, pour éviter, au- tant qu’il est en nous, les causes d’erreur, nous avons tenu à prendre l’avis des savants diploma- tistes qui font maintenant autorité ; nous les avons consultés sur l’âge de chacun des manuscrits aux- quels ont été empruntés les monuments carto- graphiques dont nous donnons les fac-similé ou les copies dans notre Atlas. Le résultat de cette sorte de constatation est joint à l’analyse du mo- nument qu’elle concerne ; chaque notice de ce vo- lume indique en conséquence la bibliothèque où se trouve le manuscrit, le numéro d’ordre et l’âge de ce manuscrit, ou bien l’époque à laquelle le rattachent les particularités signalées plus haut. Quelquefois même, si le manuscrit est d’une grande importance, nous ajoutons aux indica- tions ordinaires des détails sur la partie paléo- graphique et sur les matières cosmographiques qu’il renferme, afin de fournir au lecteur, et sur- tout aux savants, des moyens d’appréciation plus complets. Ayant admis les dates des manuscrits signalées dans les catalogues, nous avons, pour observer cette règle que nous nous sommes im- posée, classé parmi les monuments du XL siècle LXXVlll la mappemonde du manuscrit de la Cottonienne, quoique nous soyons convaincu, d’après les ca- ractères de récriture, que cette carte fut dressée vers la fin du XII* siècle ou même au commence- ment du XIII^ A ces détails sur le classement de nos maté- riaux nous prendrons la liberté d’ajouter aussi quelques mots, en passant, sur les nombreuses difficultés avec lesquelles nous avons eu à lutter pour réunir un nombre si considérable de monu- ments géographiques remontant aux premiers siècles du moyen-âge, et atteignant jusqu au XVIP siècle. Nous dirons d'abord, au sujet de l’entreprise même, que, pour rendre l’ouvrage à peu près complet, il nous aurait fallu pouvoir parcourir nous-même toutes les bibliothèques de l’Europe et examiner les nombreux manuscrits qu’ elles renferment. Nous aurions très probable- ment ainsi découvert un plus grand nombre de représentations graphiques du monde, inconnues aux savants. Ce qui nous porte à le penser, c est de voir combien de ces monuments se sont ren- contrés dans des manuscrits où l’on n’aurait ja- mais soupçonné leur existence, dans des recueils d’homélies , des commentaires sur l’Apocalypse, dansdesœuvres de saint Jérôme, deSalluste,dans LXXIX la Vie des Saints et d’autres ouvrages aussi étran- gers à la géographie (1). Il nous a été possible de rassembler beaucoup de matériaux sans sortir de Paris : au moyen de notre correspondance et surtout grâce à l’obligeance et à l’empressement de plusieurs savants, nous avons réussi à recueillir jusqu’à ce moment plus de cent soixante -dix monuments géographiques tirés de trente -une bibliothèques (2). L’une des plus grandes difficultés que nous avions également à surmonter , c’est l’inter- prétation d’innombrables mots altérés par les copistes, et dont souvent les syllabes se trouvent séparées par des représentations d’édifices, d’ani- maux, de fleuves ou autres. Ces copistes ne sui- vaient pas les règles imposées par saint Benoît à ses religieux de transcrire correctement les livres. Non seulement nous avons déchiffré un grand (1) Rapprochez de ce (jue nous avons dit dans le t. p. 195. (2) Voici les noms des bibliothèques dont nous avons recueilli et reproduit déjà des monuments géographiques. La bibliothèque d’Albi, d’Arras, royale de Bruxelles, de Bourgogne, de Dijon , du dépôt de la marine de France, du dépôt de la guerre, de l’université de Gand, de La Haye, de Florence (Medicea), de Leipsig . de Leyde, du Musée bri- tannique, de Nuremberg, de Madrid, nationale de Paris, de Parme, de Reims, deStockholm, de Strasbourg, royale de Stuttgard, de Saint- Omer, de Sainte-Geneviève, de Turin, de Venise, impériale de Vienne, Vaticane , grand-ducale de Weimar, et les bibliothèques de MM. Walckenaer, Ternaux et de Montigny. LXXX noiïibr© (Ig ces mots, mais nous avons en outre signalé la plupart des noms modernes corres- pondants des régions, des villes et des fleuves, souvent même nous y avons ajouté des particula- rités et des notions historiques et géographiques qui se rattachaient à ces noms et qui servaient à éclaircir le texte donné dans la carte. Nous de- vons rappeler ici que Pline, ce grand encyclopé- diste del’antiquité, ne signale, dans la description géographique des peuples, même de 1 Italie, que les noms (1). Toutefois nous avons été très sobre de commentaires, ne voulant pas donner à cet ouvrage une étendue et un développement déme- surés, ce quinous eût forcé d’écrire un grand nom- bre de volumes , et de reculer encore de plusieurs années notre publication. Peut-être cette manière de procéder nous fera-t-elle encourir à la fois deux reproches opposés : d’un côté, 1 on regret- tera la sobriété de nos commentaires, de l’autre, leur trop grand nombre. A ces objections contrai- res nous opposerons l’objet principal de notre travail, qui est de donner à ces monuments géo- graphiques toute la signification qu ils peuvent (1) Pline craignant des reproches à cel égard , dit : « Je sens bien qu’on peut m’accuser de paresse et d’ingratitude si je ne parle ainsi qu’en courant, etc. t (Voyez Pline, liv. lîl , c. V.) ^ LXXXl avoir , en contribuant à faciliter l’intelligence des textes, mais sans prétendre à fermer le champ de recherches que nous avons ouvert. Le rapproche- ment des notes avec les différents textes donne une idée précise de la géographie du moyen-âge, et les analyses ainsi que les commentaires renfer- més dans chaque volume, rapprochés et indiqués systématiquement dans les tables des noms géo- graphiques et des matières, donnent une idée d’ensemble de la cosmographie et de la géogra- phie pendant une longue- suite de siècles. Les sa- vants dont l’expérience apprécie les matières d’érudition reconnaîtront qu’il nous eût été facile de multiplier les commentaires : les sources sont sous nos yeux, nous n’avions qu’à les mettre à contribution. Nous ne renonçons pas, une fois la base assise, adonner peut-être à cette réunion de matériaux des développements nouveaux et plus étendus, ou à l’utiliser pour l’acquisition de résul- tats ultérieurs. Mais, en attendant, nous croyons avoir suivi la méthode rigoureuse des philo- logues, qui éclaircissent brièvement en note les passages obscurs. On trouvera souvent des conjectures. Nous répéterons sur ce sujet ce qu’un illustre savant disait : Quelque hardie qu’elle paraisse, une 1,XXMI conjecture suftisainnieut autorisée a toujours r avantage, en signalant une difficulté inaperçue d’appeler l’attention, d’éveiller la sagacité; et c’est ainsi que d’habiles critiques ont dû quelque- fois une restitution ingénieuse aux efforts infruc- tueux de leurs devanciers (l). Pour rendre plus faciles au lecteur l’intelligence et l’explication des monuments, nous avons pris le parti de donner de nombreuses traductions de passages des auteurs grecs et latins. Plusieurs sa- vants de premier ordre ont suivi cette méthode (2). Toutes les fois que les cartographes défigurent les passages tirés des auteurs anciens, nous donnons dans les notes le texte original, pour compléter les légendes des cartes. Ainsi, en suivant cette métho- de , nous avons éclairci un grand nombre de légen- des très importantes pour l’histoire de la géogra- phie. Nous devons toutefois déclarer que plusieurs noms de villes et de fleuves qu’on remarque dans ces cartes sont tellement estropiés et corrompus que nous n’avons pu les reconnaître dans aucun géographe ancien, ni du moyen-âge. (1) Letronne, Commentaires sur Dicuil , p. 225 (2) 11 nous suffira de citer notre illustre confrère M. Walckenaer (Voy. Géographie ancienne des Gaules, t. 1, p. 506.). 11 donne souvent le texte en note. M. de Humboldt a souvent agi de même dans son precieux ouvrage de l’Examen critique de la Géographie du Nouveau-Continent. LXXX.111 . (7 est sur tout pour le redressement des légendes de ces cartes, qui renferment des mesures terres- tres, que l’on se trouve embarrassé; rien n’est plus conjectural que la rectification de ces mesures mal indiquées, et principalement de celles dont la détermination remonte au temps d’ Agrippa; en effet nous voyons que, dès les premiers siècles de notre ère, Pline se plaignait des nombreuses inexactitudes qui, de son temps, altéraient déjà ces mesures. Cet auteur atteste que, sur une infi- nité de calculs, on n’en trouvait pas deux dont les résultats s’accordassent. Il s’étonne qu’ A grippa se soit trompé, surtout dans un ouvrage exigeant d’autant plus de soin qu’il s’y proposait d’expo- ser l’univers aux yeux de l’univers. Il accuse Auguste d’avoir part aux erreurs d’ Agrippa, en sa qualité d’exécuteur testamentaire, lorsque, sur les mémoires de cet ami, il fit achever les cons- tructions commencées par la sœur du défunt, c’est-à-dire ce portique dans lequel le plan de loin le globe terrestre était embrassé (1). » Les cartographes du moyen-âge, ainsi que les copistes, commettaient, à l’égard des mesures (1) Voyez Pline, liv. III, c. I. Rapprochez de ce passage ce que nous avons dit p. 179, § II du t. de cet ouvrage, sur les cartes des porti- ques des écoles d’Autun. LXXXJV terrestres, beaucoup de fautes, par suite de la mauvaise méthode de figurer en chiffres les nombres écrits en toutes lettres dans les manu-' scrits. Ces erreurs sont tellement difficiles à cor- riger que Saumaise lui-même avoue, en parlant d’une de ces abréviations, n’y avoir rien com- pris (î). Mais les connaissances acquises , les études faites par les savants modernes ne peuvent -elles pas servir à se retrouver dans les données confu- ses des cartographes? Telle est la question qu’on sera porté à nous adresser, et ceux qui ne se sont point livrés à l’étude de ces monuments, pense- ront peut-être que les cartes dressées par les modernes doivent, si on les rapproche de celles du moyen-âge, résoudre les problèmes et les dif- ficultés qui fourmillent dans la nomenclature de ces dernières. C’est là une illusion qu’il ne nous est pas permis de leur laisser : les cartes du monde ancien ou du moyen-âge dressées par les modernes, sont rarement propres à cet usage, et dans ces rares occasions, elles demeurent encore d’un faible secours. La plupart du temps, elles ne résolvent rien. Elles n’ont, en effet, bien sou- (U Saumaise, Kxcrcilat. iHfn., p. 177, B C. LXXXV vent d’ancien que les noms écrits sur un plan moderne scientifiquement tracé, tandis que dans les cartes du moyen-âge, le tracé, la direction et le cours des fleuves, la position et l’orientation des montagnes, les divisions territoriales, tout est différent ; de sorte qu’il est absolument impos- sible d’établir la moindre analogie entre l’une et l’autre classe de productions. Dans les cartes du moyen-âge un nom indique d ordinaire toute une région, tandis que, dans les cartes dressees par les modernes pour représen- ter la géographie ancienne, on trouve réunis dans la même région une foule de détails qui ne servent presque jamais à expliquer l’indication isolée du moyen-âge, ni à résoudre les difficultés nombreu- ses qui arrêtent à chaque pas et rejettent en de- hors de toute voie régulièrementfrayée. Nous nous bornerons à citer un exemple pris au hasard. On remarque dans la mappemonde de 1321 dii Chronicon, les Alpes faisantpartie des Apennins, et 1 ensemble de ces chaînes de montagnes forme un ellipsoïde depuis l’Italie inférieure jusqu’à la Macédoine, en Grèce (1). En rapprochant cette théorie orographique de celle de la carte de (1) C’était, à peu de chose près, la théorie orographique dePompo- nius Mêla. (Voyez p. 261, note 2, dans ce volume.) LXXXVl D’Anville, Orbis Romamis, publiée en 1763, nous ne trouvons pas dans cette dernière une seule chaîne de montagnes qui, même approximative- ment, présente une configuration semblable, et l'on a de plus assez de peine à bien saisir la direction de quelques-uns des chaînons au milieu de la multitude de noms géographiques rassem- blés dans la carte. Certes cela ne diminue en rien le mérite considérable des cartes de ce grand géographe, et nous n’en sentons pas moins vive- ment aussi tout le prix des cartes dressées par des savants modernes pour remettre sous nos yeux la géographie des anciens. Mais si ces cartes ne servent pas à résoudre les difficultés de la géographie systématique du moyen - âge , elles sont néanmoins utiles pour éclaircir les points obscurs de la géographie phy- sique et de l’hydrographie des Portulans et d’au- tres cartes de ce genre dressées pendant le moyen- âge. Dans l’atlas de la géographie de Malte-Brun, nous rencontrons une carte qui porte le titre de Géographie nu moyen - âge , principalement au ÎX® siècle. Là on remarque la Péninsule indienne figurée comme dans nos cartes modernes, tandis que, sur aucune carte du moyen-âge, elle ne se LXXXVII trouve figurée ni orientée de la sorte. Les car- tographes de cette époque suivaient en général la fausse théorie des géographes anciens, de Mégasthène, Dimaque, Onésicrite, Ératosthène, Orose, Martianus Capelia, Æthicus et Isidore de Séville, faisant tomber le Gange dans l’Océan oriental. Dans la carte m 17, \ Europe en 1100, nous voyons la Caspienne tracée à peu près avec les formes hydrographiques postérieures aux ex- plorations du XVSL siècle, tandis que, dans les cartes du moyen-âge, cette mer est représentée comme un golfe de l’Océan scythique ou boréal. De même l’orientation de cette mer est entiè- rement différente de celle que lui donnent les cartes du moyen-âge. Il est une particularité à remarquer aussi dans les cartes dressées au moyen-âge : par là même qu’elles échappent à toute espèce de classement méthodique, elles déroutent aussi toute synthèse régulière; on ne saurait dire en effet qu’ elfes of- frent exclusivement la nomenclature de la géo- graphie de telle ou telle époque , tant est grande la diversité des éléments qui entrent dans leur composition. Ainsi une portion de la terre est souvent occupée par des noms de la géographie ancienne, tandis que dans’ une, autre partie sont inscrits des noms datant d’une époque postérieure et tirés, soit des auteurs byzantins, soit de la par- tie géographique des chroniques du moyen-âge. Nous citerons l’exemple de la carte d’Hereford, de la lin du Xllb siècle ou plutôt du commence- ment du XIV«. La plus grande partie des noms et des légendes ont été tirés de Solin, d’autres indications sont empruntées à des auteurs qui avaient quelque notion des Orientaux , d’autres enfin ont été fournies par des auteurs européens, peut-être même contemporains; cette dernière source nous est révélée par les noms qu on lit sur les contrées danubiennes de cette carte (l). Une indication qui paraît fort tard sur les car- tes, et dont il n’est question que vers le XIL siècle chez les cosmographes occidentaux, c’est celle de la prétendue ville à'Aryne. Gérard de Crémone, qui étudia l’arabe en Espagne, et traduisit quel- ques ouvrages de savants arabes, paraît être le premier auteur occidental qui parla de \Aryne; aprèa lui , Roger Bacon , ne en 1214 , et Pierre d’Abano, né en 1250 , en parlèrent à leur tour; (1} Dans V llorUts ueliciariiin cl’Herrade , abbesse de Landsberg, ou- vrage composé au XID siècle, dans la partie extraite de VAurea Gemma, diverses dénominations géographiques sont en langue allemande du temps. (Voyez tome de la bibliothèque de l’École des Charles, p. '259. — Mémoire de, M. \je. Noble sur le livre (rHerra ô- (2) Voyez, dans le t. 1er de cet ouvrage, ce que nous disons à ce su- jet p. 537. C’est toujours le système des zones habitables et inhabitables. Au centre on remarque deux cercles, et vers le nord deux autres cercles. Au nord, on lit la légende suivante : « Circulus ex frigore inhabitabilis, quia vertici c( poli six mœrarum spatio distat secundum astro- « logos. » Ce cercle paraissant indiquer un monde peut bien avoir été emprunté à Pline, Hist. Nat.,\iY. IV, chap. 1 3, qui dit, en parlant de la Scandinavie et de la Sca- nie: <•<... Là sont 300 bourgs, et qui s’appellent « un second monde. •>'> Au centre le dessinateur a placé les monts Ri- phei, c’est-à-dire les monts hyperboréens, dans la Sarmatie européenne. La légende inscrite dans le centre de ce cercle central fait supposer que le car- tographe a voulu par ce cercle indiquer que la terre habitable s’étendait depuis les monts Riphei (la Sarmatie) jusqu’à l’Éthiopie, c’est-à-dire jusqu’au sud de l’Égypte. Et, en effet, nous lisons la légende suivante , dans la première bande placée au nord : « Circulus solis habitabilis Æthiopurn terra inter U calidum et frigidurn. » Dans la seconde, qui représente la zone torride, on lit: < Circulus solis ardore torrens inhabitabilis. v Dans la troisième bande, qui représente la zone tempérée australe, la terre opposée ou Xalter or- Us» 011 lit : Circulus inter frigorem et calorem habitahilis,» Dans la quatrième bande, on lit : « Circulus australis qui est ex frigore inhabüa- a bilis. B Outre les monuments que nous venons d’énumé- rer, qui représentent le système des zones habita- bles et inhabitables, le lecteur remarquera dans no- tre Atlas plusieurs autres mappemondes dressées d’après cette théorie, et dont nous donnons l'ana- lyse dans ce volume, DEUXIÈME SÉRIE. Mappemondes du Moyen-Age, antérieures aux grandes découvertes des Portugais et des Espagnols, effectuées au XV* siècle. § P'- VI" SIÈCLE. Mappemonde de Cosmas. Nous avons déjà indiqué ailleurs qu’il ne nous est pas parvenu un seul monument géographique, ni même la moindre notion relative aux cartes dressées au V® siècle (1). Peut-être devrons-nous attribuer cette pénurie à l’irruption des Barbares. Ceux-ci, ayant détruit l’empire romain en Occident, les scien- ces rétrogradèrent, et la géographie, plus que toutes les autres, éprouva d’importantes vicissitudes. Ce n’est que dans le siècle suivant que nous ren- controns la plus ancienne carte connue du moyen-âge. Cosmas, surnommé Indicopleustes , après son voyage dans l’Inde et en Éthiopie, fut d’abord négo- ciant et ensuite moine. Il mourut en 550. Schoell pense, comme Fabricius (2), que le nom de Cosmas, sous lequel le voyageur nous est connu, n’est lui-même qu’un surnom par lequel on a voulu désigner ses travaux cosmographiques (3). Plusieurs auteurs ont fait mention de ce cosmographe. Pho- tius (4), qui vécut au IX® siècle, et qui parle du livre, n en nomme pas l’auteur. Il donne à l’ouvrage le titre de Livre des Chrétiens : et dans le manuscrit, on lit celui-ci : XpidTiavix-J) T07roypa(pta, Topographie chrétienne. Cosmas écrivit ce livre en 535 (5). Cette topographie (1) Voyez t. 1er (jg gg[ ouvrage. (2) Bibliot. Græc., III, 24, t. II, p. 6J2. (3) Voyez Schoell, Ilist. de la Lia. Grec., t. VII, p. 37 et suiv. (4) Photius, Biblioth., cod. 56. (5) Voyez Letronne, revue des Deux-Mondes, 1834, cahier du 15 mars, . est divisée en 12 livres. Avant d’en indiquer briè- vement le contenu, nous signalerons les motifs qu’a eus l’auteur pour composer cet ouvrage cosmogra- phique. Les savants les plus éminents parmi les chré- tiens, tels que Lactance, saint Augustin, saint Jean Chrysostôme, trouvaient que le système de Ptolémée était en contradiction avec quelques passages de la Bible, notamment avec ceux qui se rapportaient à la rondeur de la Terre, à l’existence des Antipo- des, etc. (t ). Ce fut donc dans le but de réfuter les opi- nions de ceux qui donnaient à la terre la forme d’un globe que Cosmas composa son ouvrage, d’après les systèmes formés par les Pères de 1 Église, afin de l’opposer à la cosmographie des Gentils. lia réduit à une forme systématique les opinions cosmographiques des Pères. Cosmas entreprit donc d’expliquer tous les phénomènes du ciel en harmonie avec les Saintes Ecritures, et de démontrer que la théorie de Ptolé- mée était impie. Nous allons exposer sa théorie ; mais indiquons d’ahord ici les parties dont se compose l’ouvrage de ce cosmographe. (1) Voyez Cosmas, p. 121, A. B., 157, A., 225. Ces idées et les arguments contre la rondeur de la terre et les Anti- podes avaient une origine bien plus ancienne. On les trouve déjà dans Plutarque, De fade in orbe Lutur, p, 925, t. IX, p. 654. Reich. Dans leP‘' livre, il réfute l’opinion de la sphéricité de la terre, qu’il regarde comme une hérésie. Dans le ID, il expose son propre système. Dans le III®, il le confirme par les Saintes Écritures. Dans le IV®, il résume le même système. Les V% VI% YII% Ylfl® et IX®, qui fourmillent d’erreurs de physique, sont consacrés au cours des astres. Le X® renferme des citations bibliques. Le XL est consacré à une des- cription de la Taprobane (Ceylan) et à une notice des animaux de l’Inde. Dans le XIL enfin, Cosmas ac- cumule les preuves de son système. Malgré les erreurs qu’on rencontre dans cet ou- vrage, il est cependant d’une grande importance. Schoell considère Cosmas comme le géographe le plus important du moyen-âge (1). En effet, il nous a conservé des mesures et des passages des anciens auteurs qui sont perdus. Sa description de Ceylan et d’autres pays qu’il a visités a été très utile à plusieurs géographes modernes qui ont expliqué divers passages. Ses mesures ont servi aussi à Gosselin pour des discussions importantes destinées à expliquer certaines particularités qu’on remarque dans quelques-uns des monuments de la (1) M. Letronne dit même qu'une analyse approfondie du livre de Cosmas démontre que les opinions qui s’y trouvent ont été celles de plusieurs auteurs des premiers siècles du christianisme. ( Letronne, Revue des Deux-Mondes, Mém. déjà cité). 12 géographie du moyen-âge. Nous croyons utile de les transcrire ici, d’autant plus que ces discussions servent aussi à prouver l’utilité de l’ouvrage de Cosmas. a La mesure rapportée par Cosmas, dit Gosselin, montre que le pays des Tsinœ, situé bien au-delà de la Taprobane, est baigné à gauche, c’est-à-dire à l’ouest, par l’Océan, comme la Barbarie, ou la côte orientale de l’Afrique, est baignée à droite par la même mer. Il ajoute que les philosophes indiens nommés Brach- manes, assurent que si l’on tendait une corde de- puis Tsinœ jusqu'' aux pays de la domination romaine, cette corde partagerait le continent en deux parties à peu près égales, et aboutirait à Gadès, en passant par l’Inde, par la Perse, par Nisibis, par Séleucie, etc. (1). On voit, ajoute Gosselin, que ce diaphragme était censé suivre la direction du 36« parallèle, com- me celui d’Eratosthène (2). » Le même académicien pense que la mesure dont il est question dans Cosmas est la même que les Grecs, lors de l’expédition d’Alexandre, ont traduite par 400,000 stades à la circonférence du globe. Des rapprochements faits par Gosselin, il ré- (1) Dans les additions, où nous traitons des représentations cosmo- graphiques des Indiens, nous reviendrons sur ce sujet. (2) Voyez Gosselin, Géograph. Sysl. des Grecs, t. III, p. :27-i et suiv. 13 suite que la Chersonèse d'or, connue de Marin de fyr et de Ptolémée, devait être la péninsule d’Ava ; que riiinœj Catigara et les pays des Sinœ se trou^ valent nécessairement sur la côte occidentale du royaume de Siam, et qu a l’époque de Ptolémée, 150 ans après J.-C., les Grecs d’Alexandrie n’a- vaient encore aucune connaissance de la presqu’île malaye. Cosmas, ayant aussi fait connaître les Tsines, bai- gnés par une mer de l’est, autorisa , pendant le moyen-âge, 1 opinion systématique de ceux qui por- tèrent les contrées d’où sortaient les richesses de l’Inde, les épices, les aromates, les diamants et les métaux précieux, vers la partie la plus oiientale du continent de l’Asie. Dans une autre partie de notre ouvrage, nous reviendrons sur ce sujet. Nous devons à Cosmas non-seulement la plus an- cienne cosmographie du moyen-âge, mais aussi les fameuses inscriptions grecques à'Adulis, insérées dans le livre II, p. 141, quelques figures des animaux de 1 Inde , un calendrier agronomique égyptien ou copte. Montfaucon a publié l’ouvrage de Cosmas en 1707, d’après un manuscrit de la Vaticane du IX« siècle. Il y a joint 4 planches gravées, qu’il a fait copier sur les peintures du beau manuscrit de cette biblio- 14 — ihèque renfermant l’ouvrage de notre auteur (1). Ce savant exprime le regret de la perte d’un autre ou- vrage de Cosmas, plus important que celui qui nous occupe, savoir une Cosmographie universelle, où il décrivait avec détail le cours du Nil, l’Égypte et l’Ethiopie. Cosmas avait aussi composé des tables astronomiques. D’après tout ce que nous venons d’exposer, le lec- teur se convaincra que l’ouvrage de Cosmas nous of- fre un grand intérêt. On y trouve même certaines opinions des cosmographes indiens, comme nous l’a- vons indiqué plus haut. On y remarque entre autres que le mont Mérou, qui joue un grand rôle dans le système indien, se trouve dans Cosmas. Et en effet Albyrounny dit que, suivant quelques Indiens, le Mérou est une montagne très-élevée, placée sous le (1) Voyez nos Recherches sur la découverte des pays situés sur la côte occidentale d’Afrique, p. XXVIII de Tintroduction. Paris, 1843. Notel. Rapprochez ces détails que nous avons donnés de ce que nous disons p. LI et 12 du t. 1er de cet ouvrage. Nous étions sur le point d’obtenir un fac-similé de la mappemonde de Cosmas, d’après le manuscrit de la Vaticane, lorsque les graves événements de Rome sont venus ajourner à des temps plus calmes l’exécution de la copie de ce précieux monument. Montfaucon pense que les ligures renfermées dans le manuscrit de Cosmas sont copiées d’un manuscrit plus ancien, et peut-être de l au- tographe. Ce manuscrit est écrit en lettres onciales. A la bibliothèque Laurenciana de Florence il existe une copie de ce manuscrit du X" siècle. pôle et autour de laquelle touruent les étoiles, ce qui fait que tantôt elles sont visibles, et que tantôt elles ne le sont pas ; c’est de là que lui venait son nom de Mérou (1). Ainsi donc, dans l’ouvrage cosmographique de Cosmas, on trouve un mélange des doctrines des Indiens, des Chaldéens, des Grecs (2) et des Pères de l’Eglise. Il déclare même que son exposé sur le système du monde, il le devait à un homme divin, naturel du pays des Chaldéens, appelé Patrice, et à son disci- ple Thomas d’Édesse, qui le suivait partout dans ses voyages (3). Dansle premier volume de cet ouvrage, nous avons exposé quelles étaient les connaissances géographi- ques de Cosmas (4). Maintenant nous allons retra- cer son système, dont la mappemonde qui accom- pagne son ouvrage est la représentation graphique. (1) Voyez ce dernier passage dans la traduction d’AbouIféda, t. I, p. CCIV, par M. Reinaud. Ce savant a trouvé que la montagne sup^ posée de Cosmas avait de l’analogie avec le Mérou des Indiens. Rapprochez de ce que dit Potocki au sujet de l’histoire A' Elbrouz ., t. II, p. 170, de son voyage aux steppes d’ Astrakan. Voyez la figure de cette montagne de Cosmas dans les additions à la fin de ce volume. (2) Cosmas s’appuie même de l’autorité de Xénophane, et A'Ephore. (3) Voyez Cosmas, p. 125, A., et VIII, p. 306, D. (4) Voyez t. P' de cet ouvrage, § II, p. 9 à 12. Suivant Cosmas et sa mappemonde, que nous don- nons dans notre Atlas, la terre habitable est une sur- face plane, non pas, comme du temps de Tlialès, un disque ; mais elle est de la forme d’un parallélo- gramme, dont les longs côtés sont le double des au- tres, de sorte que l’homme est sur la terre comme l’oiseau dans la cage. Ce parallélogramme est entouré de l’Océan , qui s’est frayé quatre golfes, savoir les mers Méditerranée, Caspienne, et les golfes Arabique et Persique. On y remarque le Romanorum sinus, d’après l’énumération de Strabon (II, p. 182). Dans l’Afrique on remarque deux petits golfes ou fleuves qui déversent leurs eaux dans le grand Océan. En Asie, on remarque aussi le Tigre et l’Eupbrate. Le Nil, sous le nom de Géon, y est figuré venant du Pa- radis terrestre, c’est-'a-dire de 1 est, et communi- quant par des canaux souterrains avec la portion qui coule dans l’Egypte et vient se jeter dans la Médi- terranée. Au delà' de l’Océan, dans toutes les directions, il existe un autre continent où les hommes ne peuvent pénétrer, mais dont ils ont habité une partie dans les temps anciens, c est-à-dire avant le déluge. A l’est, de même qu’on le remarque dans d’autres mappemondes et systèmes postérieurs, 1 auteur place le Paradis terrestre et les 4 fleuves qui arrosaient 7 — TEdeii, lesquels viennent par des canaux souterrains surgir dans la terre post-diluvienne (1). Après la chute des premiers hommes, Adam fut chassé du Paradis ; mais lui et ses descendants res- tèrent fixes sur les cotes jusqu’à ce que le déluge portât l’arche de Noé dans notre terre. Sur les 4 côtés extérieurs de la terre antédilu- vienne, on voit s’élever des murs perpendiculaires, qui la ceignent et vont ensuite se rejoindre en voûte : le ciel forme la coupole de cet édifice. Cette circonvallation imaginée dans la cosmogra- phie des Pères de PEglise, qui supposaient une ceinture de montagnes au delà de l’Océan homéri- que, offre une grande analogie avec les mythes de l’Inde, avec les monts Kaf des Arabes et avec quelques opinions grecques très-anciennes. Cosmas explique ce système d’après les doctrines des Pères de l’Église et des commentateurs ble. Selon ces autorités, il soutenait que la de la forme du tabernacle de Moïse, élevé sert, et, d’après cela, il considérait ce comme une représentation du monde (2) (1) Voyez sur ce système de la position géographique diC terrestre et de ses quatre neuves, ce que nous avons dit dans le t/K^e cet ouvrage, p. 12, 15, 23, 28, 50, 53. 54, 59, 53, 59, 60, 64, 68, 74, 77, 83, 99.100, 101,108,109, 112, 113, 113, 146, 198, 201, 208.508, 399,400,413. (2) Voyez Cosmas, p. 115, D.; 196 E. et 197, A. Il 2 — 18 — textes delà Bible, il prouve que le tabernacle avait la forme d’une grande caisse plus longue quelarge, et d conclut de là que telle doit être la forme de l’univers, et que la terre est, selon lui, de la forme d’une table ayant une longueur double de sa largeur (1). Et non seulement la mappemonde de Cosmas est à peu près dessinée d’après ces idées, mais on les re- trouve encore sur d’autres monuments géographiques du moyen-âge. La terre habitable occupe, selon lui, le milieu de l’univers. Au haut de la carte on lit l’inscription grecque qui suit: T? TTlpav TOU ’Qxeavou Iv0a Ttp'o tou xaTaxXuotAOu xaTcpxouv ol avOptOTTOl. que Montfaucon traduit : Terra ultra Oceanum, ubi ante diluvium habita- bant homines. A l’ouest on remarque l’inscription suivante : Tcépav TOU ’üxeavoi5. que Montfaucon traduisit : Terra ultra Oceanum. Au sud, la même phrase : Tcépav TOU ’iixeavou. (1) Phrnpmmiil que Théodore de Mopsuesle représenlail aussi le JL. eole la moitié d'un cjUndre coupé longitud.nalemeu . ajant une longueur double de sa largeur. Rapprochez ces représenlallons géographiques que nous donnons dans notre Atlas. Au midi on remarque la même inscriptiouj et plus loin celle qui suit : rvjtov TCOxajjLOç. Geon fluvius (le Nil). Dans l’intérieur de la carte, on lit, sur la Méditer- ranée ; . . . 'Ptofxaïxo; xoXitoç. Romanus sinus. Arabicus sinus, Tigris, Euphrates, et à l’est : Oetffwv. Au nord, près de la mer Caspienne, on lit : Kacrm'a ôaXaacro, Caspium Mare. Au dessus du ciel, est la demeure de l’Eternel et des élus, mais sous la voûte le soleil et la lune achè- vent leur (1) course journalière. Dans ce système bizarre, les planètes ne peuvent pas tourner autour de la terre, car elles se trouvent, d’après Cosmas, enfermées comme nous par les murailles ! Elles tournent autour d’une montagne de forme conique et d’une hauteur immense, qui est placée du côté du nord de la terre. On voit, selon nous, que (1) Voyez Cosnms, p. 86, 286, D. et p. 513. cette montagne a une grande analogie avec le Mé- rou des Indiens, dont nous avons parlé plus haut. Selon Cosmas, le soleil, en achevant cette course, dispense à la terre le jour et la nuit. En été, il s’élève plus haut et se rapproche du point culminant de la montagne, qui ne peut le cacher longtemps a la terre. En hiver, il descend vers la partie plus épaisse du cône ; ce qui produit les longues nuits d'hiver. C’est par ce moyen que Cosmas explique les phases de la lune, les éclipses et en général tous les autres phe- nomènes. Malgré son ignorance en physique, Cosmas était un homme très-instruit en plus d’une branche de la science, et sa mappemonde est un des monuments géographiques les plus anciens, des premiers temps du moyeii-àge, quoiqu’il frappe, comme l’a observé un illustre savant, par sa naïve et barbare simplicité. Il nous offre à peine l’image des premiers essais géograpTiiques des Grecs, et plus de 300 ans après Ptolémée, une grande partie de celle théorie était encore suivie par d’autres cartographes. M. de Hum holdt considère cette mappemonde comme bien in- férieure au Finax d’Hécatée, qu’Âristagore avait porté à Sparte. Il est fâcheux qu’Hérodole, dont nous tenons l’in- dication de ce monument, se soit contente de nous dire que la mappemonde d’Hécatée occupait une planche de cuivre, sur laquelle était gravée la cir- conférence entière de la terre avec toutes les mers et les rivières dont elle est arrosée (1). Afin que le lecteur puisse avoir une idée du sys- tème d’Hécatée, et le comparer avec la mappemonde de Cosmas, nous donnons dans la planche II à la fin de ce volume la représentation du système du pre- mier de ces cosmogi’aphes. Un grand nombre d’auteurs se sont occupés de l’ouvrage de Cosmas, depuis Thévenot, qui en 1663 donna quelques fragments de celte cosmographie (2). (1) Voyez Hérodote, liv. V, c. XLIX. (2) Nous nous bornerons à citer les principaux : Robert de Vaugondy ; Le docteur Vincent, qui cite souvent Cosmas et reproduit sa map- pemonde dans le t. II de son ouvrage intitulé Commerce and navigation of the Ancienls, t. II, p. 533, 537, 567, publié en 1797; Ce savant pense que Cosmas n’a jamais passé le détroit de Babcl-el- Mandeb, quoiqu’il nous donne la description de Ceylan. Il traite Cosmas avec une grande sévérité. Il dit : «Cet auteur as- sure que le nord de la terre, qu’il fait plate, est plus élevé que le midi, ce qui fait que le Nil coule si lentement en montant, tandis que le Tigre et 1’ descendent avec rapidité jusqu’au midi. Tout ce que Cosmas a vu, il l’a rapporté en observateur fidèle, mais ignorant. Au reste, il n’avait guère vu que Y Abyssinie, et ne s’était jamais porté au delà des détroits de Babel-el-Mandeb. « C’est quelque chose de pitoyable que son hypothèse et que son fa- tras théologique soient parvenus jusqu’à nous, car malheureusement pour lui la vérité est tout le contraire des résultats qu’il trouve. » (D^ Vincent, Voyage ds Néarque, p. 544). Ce savant anglais ne se doutait pas combien les erreurs de ce même Mais le travail critique le plus remarquable et le plus savant que nous ayons sur Cosmas est celui de M. Letronne, dans son Mémoire lu à l’Institut dans l’année 1826 et publié en partie par M. Hum- boldt (1). • Nous ajouterons que certaines particularités qu on remarque dans l’ouvrage de Cosmas ont été l objet de diverses recherches, comme nous l avons montré , mais le fond de ce livre cosmographique n’a pas beaucoup occupé les savants, et tout ce qu’on ht dans plusieurs ouvrages géographiques peut être consi- déré, dit M. Letronne, comme un simple extrait de la préface de Montfaucon. Nous avons dans la première partie de notre ou- vrage parlé des connaissances géographiques de Cosmas. Ici nous nous bornons à donner au lecteur les détails que nous avons crus nécessaires pour lui Cosmas serviraient k expliquer plusieurs systèmes cosmographiques du moyen-âge, et combien son fatras théologique est utile pour dé- montrer l’état des connaissances cartographiques à cette époque. Les auteurs suivants ont aussi parlé de Cosmas. Playfair, dans son System of Geography, t. I, p. LXXVI, publié en 1808; Bredow, Strab. 2, p. 786-799; Mannert, Einleit. in die Géographie der Alten, 1829, p 188-192; M. Walckenaer, Encyclopédie des Gens du Monde, article Cartes ; M. Ferdinand Denis, dans son ouvrage rempli de recherches inté- ressantes, \wi\\xi\é Le Monde enchanté. Paris, 184’>, 1 vol. in-12. (1) Voyez t. 1er de cet ouvrage, p. 180. faire bien comprendre l’importance de l’ouvrage de cet auteur, et le but de cette étrange représentation graphique. § Il DU VIP AU VHP SIÈCLE. Mappemonde de la Bibliothèque d'Alby. Nousavons déjà fait mention, dans une autre partie de cet ouvrage, des notions qui nous restent au sujet de la mappemonde du VII® siècle, qui existait à la célèbre abbaye de Saint-Gall (1); de celle de Téo- dulphe (2). Nous y avons également parlé de celle que possédait Charlemagne (3). Au VIII® siècle, il (1) Voyez t. 1er de cet ouvrage, p. 180. (2) Voyez t. le»', p, 180. (3) Plusieurs auteurs ont fait mention de la mappemonde de Charle- magne, d’après Eginhard. M. Émeric David, dans son Histoire de la Gravure, p. 138, pense que l’usage de graver des plans géographiques sur des planches de métal s’était conservé dans le moyen-âge, et que les trois tables d’argent de Charlemagne, où se voyaient le plan de la ville de Constantinople, le plan de Rome, et (dans la troisième), représentée par des traits extrê- mement fins et déliés, la figure des trois parties du monde, étaient des planches gravées. On pourrait supposer que les plans dont il s’agit étaient représentés par des incrustations et non par de simples gravures. Cependant, ajoute ce savant, il y a lieu de croire que si ces tables eussent été en effet incrustées, Eginhard, qui est entré dans beaucoup de détails, n’aurait pas manqué de rapporter un fait aussi important. Des incrustations auraient-elles d’ailleurs été exécutées avec des lames ou des fils assez fins, assez déliés pour que le monde entier fût représenté sur une table qui paraît avoir été placée dans les appartements du prince ? — 24 — existait encore une autre mappemonde que le pape Zacharie avait fait faire, et dont il ne nous reste que la mention que nous a laissée le célèbre Anastase le Bibliothécaire {\).C.qX auteur se borne à dire que le pape avait fait peindre dans le palais de Saint- Jean de Latran une mappemonde ornée de vers de cir- constance « Vbi et orbis terrarum descriptionem depinxit atque versiculis ornavit. » Pour nous dédommager de la perte de ces monu- ments et pour nous faire juger de l’état de l’art de tra-» cer les caries du globe au VHP siècle, une décou- verte récente de M.Libri est venue en quelque sorte y suppléer. Dans un manuscrit conservé à la bibliothèque d’Alby, qui porte le a® 23 sur les gardes, et est intitulé: « Miscellanea {scilicet Dictionarium Glosæ in Evan~ gelia, oratio Vominica, etc., on trouve une carte géographique, coloriée en vert, de la meme époque Quoi qu’il en soit « des incrustations supposent une gravure prélimi- naire. » Voici le texte d’Éginhard, où il est question de la mappemonde : « Terlia, qiiœ ceterîs et operis pulchriludine et ponderis gravilate mul- lum excellit, quœ ex tribus orbibus conncxa lotius mundi descriptionem subtili ac minuta figuratione complectitur..... inter heredes suos, etc. » Éginhard, Vita Carol. Mag. (1) Celte mappemonde est citée par Andrès, Origine di ogni Litte- raiura, t. III, c. 2, et après lui par Graber, en 1802, dans ses Annali di Geografia, l. II, p. 151. 25 — que le reste du manuscrit, qui est in-folio carré, sur parchemin, du VU® au siècle (1). M. Libri a eu l’obligeance de nous communiquer ce manuscrit et cette mappemonde en 1844; mais malheureusement nous n’avons pu alors qu’y jeter un coup d’œil rapide. Voici, du reste, ce qu’a écrit M. Libri à ce sujet: « Mappemonde du Manuscrit de la Bibliothèque d’AlLbi. — On y trouve un traité de géographie ano- nyme et une mappemonde. L’écriture est tantôt on- ciale, tantôt mérovingienne. Tous les noms écrits sur cette mappemonde sont en petites lettres onciales. {( Dans cette mappemonde, l’Espagne et la France ne forment qu’une seule péninsule. L’Angleterre n’y est point marquée. La mer Rouge, le golfe Persi- que, l’Adriatique, la mer Noire et la mer Caspienne (qui est supposée communiquer avec la mer du Nord) ont sur cette carte des directions parallèles, et vont généralement du nord au midi. » M. Libri pense que cette mappemonde est peut- être le plus ancien monument géographique qui existe au monde (2). (I) Ce manuscrit fut rendu par M. Libri à M. Ravaisson le 16 no- vembre 1848. (â) Voyez Notices des Manuscrits des Bibliothèques des départements, |K»r M. Libri, p. 50. Paris, 1842. — 26 — Après celle coiirie noliee, nous avons pu exami- nei* ce monument (1). Nous allons donc donner ici une notice plus complète de cette mappemonde. La forme donnée à la terre est à peu près celle d’un carré long, entouré par l’océan. Toutes les mers sont peintes en vert. Le golfe Arabique M mer Rouge et la mer Caspienne sont également peintes en vert. Le golfe Arabique est placé parallèlement au Pont- Eiixin ou au Panais, qu’on remarque dans la plu- part des cartes du moyen-âge. Le golfe Persique est placé parallèlement au golfe qui représente la Cas- pienne. Cette dernière est censée communiquer avec la mer septentrionale, comme dans la mappemonde de Cosmas. La Méditerranée est figurée, dans cette carte, d’une grande largeur et d’une longueur extrême, dans la direction de l’E., de manière que l’Asie ne présente du côté de l’Orient qu’une très petite portion de ter- ritoire. Dans la Méditerranée, on remarque seulement cinq îles, dont quatre de forme ronde. La première du côté de l’O,, c’est la Corse {Corsica), ensuite la Sardaigne {Sarclinia). Celte île est placée en face d’une sorte de haie qui correspond au golfe de Gênes. (1) M. Ravaisson a eu l’cxtrôme obligeance de mettre ce manuscrit à notre disposition. — 27 Ensuite on remarque la Sicile (Sicilia)^ placée fort loin de la pointe méridionale de la péninsule italienne. Près de la côte de Syrie on remarque l’île de Crète (Creta)^ et à droite Chypre, sous le même méridien. La péninsule italienne est tracée d’une manière bar- bare et ne représente pas la vraie forme d’un pro- montoire. Sur l’océan qui environne la terre on ne remarque pas une seule île. Après ces détails généraux, nous allons donner la description particulière des trois parties de la terre qui s’y trouvent figurées. EUROPE. Sur l’Europe on lit à Touest ; Aspania (Hispania). Cette région est séparée de la Gaule par deux lignes courbes. Le dessinateur a probablement voulu indiquer par ces lignes ou tracés, les chaînes de montagnes des Pyrénées qui séparent la péninsule espagnole de la France. Sur cette dernière contrée on lit : Gal- lia (la Gaule), On y remarque le Rhône peint en vert (Rodanus). Au nord on remarque le Rhenus (le Rhin), également peint en vert. La France est également séparée de l’Italie par deux lignes cour- bes, pour figucer les Alpes. — 28 — Le cartogi-aphe paraît avoir eu eu vue d’indiquer la séparation de l’Italie supérieure de la partie cen- trale et méridionale. On lit dans la haute Italie le mot Ilalia, qui la sépare par un trait du reste de la péninsule. On lit dans la partie centrale le mot Roma, et plus loin Ruarial (Peut-être Rhetia.) Après l’Italie, on remarque la Grèce, où on lit les seuls noms à’ Aayala (sic), peut-être Achaia[kchaie) et Aubas (sic), peut-être Eubée. Au nord on lit les noms de Thrcicici et de Müce- donia. Au nord du Rhin, on ne lit que le mot Gothia (la Gothie (1). ASIE. Celte partie de la terre, dans la carte, est aussi pauvre de noms géographiques que l’Europe, dont nous venons de parler. Sur toute la partie septentrionale, on ne lit que le mot Barhari (2). Au delà de la Caspienne, on lit : (\) L’auteur de la carte paraît considérer tous les pays situés au nord du Rhin comme liabités par des peuples de la race des Goths. (‘-2) Par le mot Bnrbari le carlograplie a probablement voulu indi- quer les Sajihes nomades, dont parlent Strabon et les autres auteurs, tant anciens que du moyen-âge. Rubruk. considère ainsi les peuples au nord du Tanaïs (du Don) : « Ad Aquilonem (dit-il) sunt silve maxime, quas inbabitant duo ge- . nera hoininum; Moxd scilicet, qui sunt sine lege, puri pagani. Ci- « vitatein non babent, sed casas in silvis. » 29 Atbania (l’Albanie), et plus loin, vers TE., on remar- que le mot India. Dans la partie la plus orientale de l’Asie, le car- tographe a marqué deux fleuves le Tigris et le Phy- son. Ces deux rivières sont peintes en vert et sont censées couler de l’E. vers l’O. On lit encore à la partie E. de la carte, le mot Media (la Médie). Cette contrée est le dernier pays connu du dessinateur dans l’Asie orientale en deçà de l’Inde. Il signale encore Babylonnia, puis Per- sida et Anliocia (sic) (Antioche). Après ces peu- ples, célèbres dans l’antiquité et en revenant vers l’ouest, on remarque la Judée. Celte contrée s’y trouve entourée par une chaîne de montagnes de la forme d’un demi-cercle, et dans ce demi-cercle on lit : Judea, Herusalem (Jérusalem). L’Égypte parîat former encore dans celte carte une partie de l’Asie. On y remarque un nom que nous n’avons pas pu lire, et un triangle qui paraît indi- quer la grande Pyramide. Ensuite on lit le mot Arabia. En deçà on remar- que Alexandria. Le Nil s’y trouve figuré et peint en vert. Ce fleuve est censé venir de la mer Rouge, il se jette dans la Méditerranée, et par une théorie fort bi- zarre, on remarque en Afrique un autre fleuve cou- lant de l’E. à rO., comme dans la carte Coltoniennc — 30 — (lu X« siècle, mais au lieu d’y voir le Nil ou bien le Gir, l’auteur lui donne le nom de Ganges fluvius (fleuve Gange). Cette théorie du cours des fleuves dans cette carte nous fait penser que l’auteur a suivi la théorie adoptée par plusieurs auteurs au sujet du cours souterrain de ces fleuves, théorie dont nous aurons occasion de parler souvent dans cet ouvrage. AFRIQUE. Nous aurons à parler encore plus brièvement de cette partie que des autres. Le cartographe indique seulement les contrées connues des anciens. Il ne signale que les provinces soumises par les Romains dans la partie septentrio- nale 'de ce vaste continent, savoir : Libia, Cariago, Africa, Numidia, et à l’occident, Mauritania. Ce sont les seuls noms qu’on y remarque. Au midi de ceux-ci on lit le mot Ethiopia. L Afrique est figurée comme un carré long, imitant une table, selon le système de Priscien et d’autres géographes de l’antiquité. Ce continent se termine dans la carte en deçà de l’équateur. L’étude de cette carte nous montre que les con- naissances de Pauteur, quant à l’Europe au nord du Rhin, se bornaient à celles qu’on avait dans les pre- miers siècles du moyen-âge, qu’il comprenait sous le ~ 31 nom de Goths tous les peuples qui habitaient les ré- gions situées au delà du Rhin. Sur l’Asie , ses connaissances se bornaient, du côté du midi et de l’orient, aux contrées habitées par les peuples célè- bres dans l’antiquité, savoir : les Mèdes, les Perses et les Babyloniens, et le mot India, pour désigner rinde, est tellement vague, qu’il nous semble mon- trer que l’auteur n’avait aucune idée des immenses pays situés au delà de l’Indus ; enfin ses connaissan- ces s’arrêtaient sur cette contrée en deçà de la li- mite même où pénétrèrent les armées d’Alexandre le Grand. En regard de cette mappemonde, on re- marque dans le manuscrit une liste des noms des mers et des vents, qui a pour titre : Indiculum quod maria vel venti sunt. Cette liste est placée dans une colonne au milieu de la feuille ( 1 ). (I) Voici la liste dont il est question dans le texte ; Oceanum. Aquilo. Elminicum (Elanithicus?) Boreas. Caspium. Corus. Euxinum. Circius. Pontum. Reorcts‘1 Propontidls. .... un. Ellaspontum. Auster. Rubricium. Aparcias. Myrticum. Nolus. Pamphilium. Favonius. Siricum. Subsolaniis. Aegeum. Maçanium (Macedonicum), Ausler. MAPPEMONDES DU IX« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit appartenant à la Bibliothèque de Roda. QuoiquG dans cg slèclG plusiGurs savants sg soiGiit occupés dG la cosmographiG Gt dG la géographiG, commG nous l’avons montré dans unG auti’G partie I ; Campaiiis (?) Libicum. Tricarium (Trinacriura). Creticum. Adrialicum. Tirenum. Balearicum. Fretum Gadilanum. Les noms des douze vents sont écrits à rebours dans l’original. L’auteur suivait la théorie de Timosthène au sujet de la position des mers d’après les aires des vents. Ephore plaçait aussi les pays d’après les aires des vents. Montfau- con a donné avec la Topographia christiana de Cosmas la figure de la terre d’après Ephore (fig. p. 149). Les pays s’y trouvent indiqués d’a- près ce système. Ephore figurait la terre comme Cosmas de la forme d’un carré long. Nous reproduirons cette figure dans les additions. Saint Jean Damascène, qui vécut au VIF et au VIIF siècle de no- tre ère, suivit le même système ; « Gentes autem quæ in orbis finibus sedes abent, hæc sunt : Ad Subsolanum, Bactriani; ad Eurum, Indi ; ad Phenicem, mare Rubrum, et Æthiopia; ad Libonotum, Garamantes, qui supra Syrtim sunt; ad Africum, Æthiopes et occidentales Mauri; ad Favonium, Herculis co- lumnæ, et Libvæ ac Europæ initia; ad Corum, Iberia quæ hodie His- pania vocaturjad Trasciam, Galli ac linitimæ nationes; ad Aquilonem , Scythæ, qui supra Traciam sunt; ad Borenm , Vonlns, Mæotis, et Sar- mathæ; ad Cœciam, raareCaspium et Saeæ. » (Saint Jean Damascène, Defide oriodora, t. I", édit, de Lequien. p. 69-E ) — 33 — de cet ouvrage (1), il ne nous est malheureusement parvenu que deux monuments géographiques de cette époque. Le premier se trouve dans un ma- nuscrit conservé à Madrid, et qui a appartenu jadis à la bibliothèque de Roda en Aragon. Le lecteur trouvera une reproduction de ce monument dans notre Atlas (2). Un simple cercle représente le disque de la terre. Une ligne droite, qui coupe le centre du cercle du nord au midi, sépare l’Asie de l’Europe et de l’A- frique. Une autre ligne, tracée de l’ouest à l’est, sépare l’Europe de l’Afrique. Sur ces trois parties de la terre alors connues, on ht les noms des trois descendants de Noé, auxquels, d'après les traditions bibliques, elles échurent en (1) Voyez t. I«, § IV, p. 31 et suiv. (2) Nous devons le calque de ce monument à M. Miller, qui a ei l’obligeance de nous l’envoyer de l’Escurial, le 23 juin 1843 lors d( son voyage littéraire en Espagne. Nous devons cependant prévenir le lecteur que cette copie est loin d’être un fac-similé. M. Miller, dans la lettre qui accompagnait cet envoi, s’exprimait de la sorte . . Ce monument se trouve dans un manukrit du IXe siècle conservé autrefois à la bibliotbèque de Roda en Aragon. Mais le fac- smile que j ai trouvé dans cette collection est fait dans la perfection on pourrait le calquer. Dans tous les cas, je joins ici. sur une feuille volante, la forme grossière de cette mappemonde. » C est donc cette copie que nous avons reproduite dans la planche IV bL"r° PU “ 2). Nous avons pris le parti de la pu- blier telle que nous l'avons reçue, pour ne pas ajourner à une épo- que indéterminée la connaissance de ce monument. Il 3 — 34 partage (1). Pour indiquer ce partage, le dessinateur a écrit sur l’Asie le nom de Sem, sur PEurope, Jafet Terram; sur l’Afrique, Cam Terram. La partie méridionale de l’Asie est indiquée comme tempérée, et on y lit la légende suivante : « Accipit terram temperatam». Sur l’Europe, apres le nom de Jafet, on lit . Terram Frigidam; et en Afrique, à la suite du nom de Cam. on lit : Terram Calidam. Dans cette dernière partie du monde, on lit : Libia que et Africa d. (dicitur). Le nom de Libia a encore ici la même significa- tion qu au temps des Grecs anciens (2). Il signifiait principalement les pays situés sur la côte septentrio- nale de l’Afrique, la seule partie qu’ils connaissaient de ce vaste continent. Le cartographe dessinateur de cette carte a cependant ajouté le nom donne aussi par les Romains. Adoptant dans celte mappemonde le système d’un grand nombre de cosmographes anciens et du moyen- âge, il figure l’Asie plus grande que les deux autres parties du monde ensemble* Quoique l’orientation de la mappemonde soit exacte, cependant au lieu d’écrire les noms et les (1) Voyez aussi p. 254, 226 du t. 1" de cet ouvrage. ( 2 ) Voyez Hérodote, IV, 45. Cf. Apollodore, De Diù, 2; U, 1, et 111, 1: Pausanias, 1, 44. légendes de haut en bas, c’est-à-dire en commen- çant par le nord et continuant jusqu’au midi, le des- sinateur les a écrits de gauche à droite ou de l’ouest à l’est. Trois points cardinaux seulement y sont in- diqués, savoir : le nord, le midi et l’orient. Il n’y a donc rien de plus barbare, de plus in- forme que les monuments de cette famille dont il se rencontre plusieurs dans les manuscrits du moyen-âge (1). § IV IX« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque de Strasbourg. La mappemonde que nous allons décrire se trouve dans la bibliothèque de Strasbourg (manuscrit C IV, n» 1 5). La terre y est figurée de forme ronde. Une ligne circulaire sert à marquer le disque de la terre, et une autre l’océan environnant. Entre ces deux lignes on lit ; Magnum mare vocatur Occeanum. Deux autres lignes coupent le centre du cercle .du N. au M., et selon les idées des anciens, indiquent le Tandis com- me limite entre 1 Asie et l’Europe. Deux autres li- gnes de l’O. à l’E., rejoignant celles dont nous ve- (1) Rapprochez ce qui précède de ce que nous avons dit à ce sujet dans 1 introduction du t. 1er (je cet ouvrage, p. LXV. lions de parlei-, indiquent la Méditerranée et^ sépa- rent l'Europe de l’Afrique. M. Mone, dans 1 année 1836, a reproduit en noir ce monument, et il s est borné à parler de la section renfermant l’Europe. Nous allons compléter ici sa notice. Selon le savant allemand, le cartographe connaissait la Mer Noire, puisqu’on y lit ces mots : Meotide palus, sinus maris. Nous ajouterons que le cartographe dessinateur de cette mappemonde était plus avancé à cet égard que d’autres qui ont dressé des cartes plusieurs siè- cles après lui. Nous verrons ailleurs que la plupart des cartographes plaçaient la Meotide ( la mer d A- zow) dans l’Europe. M. Mone dit que le dessinateur n*a point indiqué la Méditerranée, que cependant il a connue ; mais nous ferons remarquer que la mer en question est représentée par les deux lignes placées de 1 0, a l’E., et séparant l’Europe de l’Afrique, bien que le nom de cette mer ne soit point sur la carte. M. Mone pense que cette carte a été faite en Alle- magne, parce que l’Europe se compose seulement de la Grèce, de l’Italie et de l’Allemagne {Alamania), la dernière comme étant le pays du dessinateur ; on y trouve ensuite : 2^Dacia (leDanemarck) (t); 3° Gotliia (1) M. Mone dit «Il ne faut pas prendre Dada pour l^ Dacie prouve le voisinage de la Go^e. Au IX* siècle, ajoule-t-.l, il n > avait — 37 — (pays des Goths , Suède); 4° Germania (Allemagne centrale); 5°5'a^’oma(rancienne Saxe jusqu’à l’Elbe); 6° Fresia (les Pays-Bas en général). Quant au reste de la carte, il n’en est pas ques- tion dans l’article donné par ce savant. En voici l’analyse t ASIE. Au sud de cette partie du monde, on lit du côté du Tandis : Meotide palus, sinus maris ; ensuite : C ilia (CWicifi), India (l’Inde.) Au nord de ce mot, est placé le mot Paradisus (Paradis Terrestre) (1) et à l’E. de celui-ci : Amazones, le pays des Amazones. Le midi et l’orient de la carte sont remplis par les noms des tribus juives. Al’O., on lit: Golgotha (2) et Bethlem (3), ensuite on remarque une grande croix, auprès de laquelle on lit : Herusalem; à TE. de cette ville, le nom de Galilea f4), et puis les mots Asia plus de Goths sur le bas Danube. La Dacie et la Gothie ne pouvaient donc être placées côte à côte que dans le Nord. Quant à l’Aquitaine, qui aussi s’appelait encore Gothie au IX<^ siècle, je ne saurais la voir ici, parce que le dessinateur a précisément omis la France [Franeia) dont la Gothia n’était qu’une partie. » (1) Le Paradis terrestre est placé ici sur le continent, et non pas dans une terre irans-océanique. (2) Golgotha, lieu du Calvaire. Voyez Saint Jérôme, in Ephes. V-14 cf. Saint Augustin {civ. Dei XVI-52). (3) Bethléem, ville de la Palestine, dans la tribu de Juda, où naquit J.-C. (Voyez Gen., XXXV-19.) (4) La Galilée était bornée au nord par les montagnes du Liban, a — 38 — et Egyptus, ce qui prouve que le dessinateur éten- dait, d’après la géographie systématique des an- ciens, l’Asie jusqu’au Nil. Enfin, le dernier nom, placé à l’extrémité la plus orientale de la carte, est celui de Moabite (la tribu de Moab). Ainsi les connais- sances de ce cartographe sur l’Asie se bornaient à la Palestine d'un côté, et de l’autre à une partie de l’Inde, où il plaçait le Paradis Terrestre. AFRIQUE. Sur ce continent, on lit les noms qui indiquent en général les provinces romaines. Ils se rapportent tous à la partie septentrionale du même continent. Ainsi on lit de l’O. à l’E. : Mauritania , Africa, Cartago, Libia et Pentapolis. Ce dernier nom, placé à l’extrémité E. de la carte, mérite que nous lui consacrions quelques lignes pour signaler au lecteur certaines particularités concer- nant cette dénomination géographique, laquelle s’appliquait k un territoire renfermant plusieurs villes célèbres. En effet, les quatre villes de Ptolémaïs {!), Ar- l’est par le Jourdain et la mer de Galilée, au sud par la Samarie, et à l’ouest par la Méditerranée. Elle se divisait eu haute et basse Galilée. (I) Cette ville d’Égypte garde son nom dans celui de Tolometa; elle était comprise dans le pays de Barca. Consultez à ce sujet Scylax, édition de Miller; Sirabon Pline {y-o), Mêla (1-8), cf. la table Peutingérienne. ~ 39 — sinoê (1) Bérénice la plus occidentale du pays, et dont la position atteignait la Grande Syrte, enfin le port de Cyrene, appelé ApoUonias, du nom de l’Apollon Pythien qui était sa principale divinité, formèrent avec la Cyrene, le pays qu’on appela Pen- tapolis, car on désignait ainsi le territoire prolongé de la Cyrénaïque proprement dite. Sous les Romains, la dénominaiion primitive de Cyrene prévalut sur celle de Pentapolis en usage du temps des Ptolé~ ruées. Notre cartographe, en inscrivant ce nom, montre qu’il suivait à cet égard cette dernière dénomination géographique et il a très probablement voulu par ce seul nom indiquer les villes célèbres qui se trou- vaient renfermées dans le territoire compris sous cette dénomination. Le seul nom qu’on remarque au midi de la Pen- tapolis est celui ééEthiopia. Ainsi cette carte représente encore d’une manière barbare l’Afrique des anciens, se terminant bien en deçà de l’Équateur. On remarque en même temps dans cette mappemonde, toute pauvre qu’elle est de (1) Arsinoë. Selon d’Anville {Géograph. anc. 111-44), le nom de Ten- chira, qui sous le règne des princes égyptiens fut changé en celui d’Arsinoë, se retrouve maintenant sous le nom primitif de Teuchera. Cette ville faisait aussi partie du royaume de Barca. Consultez, à ce snjet, 3fcla (1-8), Pline (V), Sirabon (XVll). détails géographiques, un mélange de la géographie systématique des anciens et de la géographie sacrée. C’est ainsi qu’on voit à la fois en Afrique et en Eu- rope, et dans certains noms de l’Asie, la géographie grecque ou romaine, et les villes saintes de la Pales- tine, et le Paradis Terrestre de la géographie sa- crée (1). S V SIÈCLE. Planisphère renfermé dans un manuscrit de la Bibliothèque de Leyde. Nous mentionnerons encore un autre monument de ce siècle, qui se trouve dans le manuscrit latin Yoss. Q-29 de la bibliothèque de Leyde. Ce manu- scrit, sur vélin du IX® siècle (2), est orné de belles peintures, dont Tune représente les constellations , accompagnées du texte des Aratea. Il s’y trouve un (1) Cette mappemonde a été publiée dans l’année 1856, en noir, par Mone, à la planche II, no l, du Recueil intitulé Anzeiger für die Kunde, etc, {Indicateur pour la connaissance des temps anciens de l’Allemagne). Nous la reproduisons dans notre Atlas. (2) L’opinion de M. Geel est que ce manuscrit appartient au IXe siè- cle. Ce savant distingué fonde celte opinion sur le caractère de l’é- criture des notes le long des cercles. « Le texte des Aratea (nous dit- il dans une lettre qu’il nous fit l’honneur de nous adresser) est écrit en lettres onciales, imitant parfaitement l’écriture des manuscrits de la plus ancienne date. Les opinions des savants sur l’âge de ce manu- scrit (ajoute-t-il) varient de telle sorte, que M. Bley, entre autres, la fait remonter au IV' siècle, et M. Hoffmann von Fallerslcbcn la rapporte au XL. planisphère dont Grotius a donné une copie exacte dans son Sijntagma Arateorum (1600, in-4). § VI MAPPEMOiVDES DU X* SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Macrobe, de ce siècle. Nous avons déjà indiqué, dans une autre partie de cet ouvrage, que le siècle était déjà plus riche que les précédents ( 1 ) en monuments de la géographie. Maintenant nous allons décrire ici les monuments de cette époque, que nous avons pu découvrir jusqu’à présent. Nous commençons par la mappemonde renfermée dans un manuscrit précieux de Macrobe (2). Cette mappemonde est de forme circulaire. La terre y est représentée environnée par l’Océan ou par le fleuve Oceanus d’Homère. En dedans des cercles, au sujet de la théorie des courants de cette mer environnante, on lit les lé- gendes suivantes : Au nord : Refusio oceani ah occidente in septem- trionem . Puis : Refusio oceani ab oriente in septemtrio- nem. (1) Voyez t. I“, p. 183. (2) Nous avons reproduit celte mappemonde dans notre Atlas. Ensuite ; Refusio ocecini ab occidente in Austra- lem. Enfin : Refusio oceani ah oriente in Austrum. Le cartographe dessinateur de cette mappemonde paraît diviser le monde en sept zones terrestres qui s’y trouvent séparées par sept mers, comme chez les Hindous. On remarque, en même temps, le sys- tème des terres opposées; de manière que la partie septentrionale de l’Europe et celle de l’Asie sont séparées de la partie moyenne et méridionale par la mer. La Méditerranée communique avec l’Océan orien- tal ; la Caspienne avec une mer septentrionale. La terre qui est située au nord de la Caspienne et de la terre habitable est désignée par le nom de Frigida septemlrionalis, et séparée par une zone de mer. L’Afrique est figurée par une simple bande coupée au midi par une ligne droite, à partir de l’occident jusqu’à l’entrée de la mer Rouge ; à côté de cette mer on lit : Periista, qui s’applique à toute la zone torride située dans l’Afrique. L’Europe est également figurée comme une île dont la partie centrale, avec ritalie, est désignée comme habitable. On y lit : Nostra liabitabilis. Le seul nom de pays qu’on y lit, c’est Italia. Au même parallèle de la mer Rouge on voit — 43 — 1 Asie, mais sans aucune de ses grandes péninsules. La mer Indienne est cependant indiquée par le nom Mare Indicum, puis on remarque au-delà une terre tempérée et par conséquent habitable, que le cartographe a eu soin de signaler comme VAntich- thone, en ajoutant à la légende Temperata, Antich- toniim. Cette terre est également séparée, par la mer, d’une autre terre antartique où on lit : Frigida Aus- tralis, c’est-à-dire zone polaire australe. Près du détroit Gaditain, entre l’Afrique et l’Eu- rope, mais sur la mer Atlantique, on remarque une grande île de forme ronde, par laquelle le cosmo- graphe paraît avoir voulu représenter l’Atlantide de Platon, Dans le même manuscrit se trouve une autre représentation que nous avons reproduite et dont nous parlerons plus tard. § VII SIÈCLE. Mappemonde d’un manuscrit de Salluste de la bibliothèque Laurenciana. Mentionnons un autre planisphère de ce siècle, qui offre moins d’intérêt que celui du manuscrit de Macrobe, dont il a été question plus haut. On trouve dans un manuscrit de Salluste, de cette époque, conservé à la bibliothèque Laiirenziana, de Florence, un planisphère dressé d’après le même système que celui de la bibliothèque de Roda, dé- crit dans le § III, l’on y voit : deux cercles représentant le disque de la terre, et la mer qui l’environne. Une ligne menée du nord au sud coupe le centre et sépare l’Asie de l’Europe et de l’Afri- que. Une autre ligne enfin, placée de l’ouest à 1 est, sépare l’Europe de l’Afrique. On n y lit que les noms de ces trois parties du monde (1). (1) Voyez ce monument dans notre Atlas. Bandini fait mention, dans son catalogue des manuscrits de la Lau- renziana, t. l, p. 643, du manuscrit où se trouve renfermé ce monu- ment. Spohn a publié ce planisphère à la suite de son édition de Nicéphore Blemmyde. Bandini dit : «In circule quodam majori descriptusest numerus an- norum, quibus vixerunt Abraham, Isaac et Jacob. Præterea in calce hujus paginæ depicta est figura quædam rotunda exbibens divisionem trium terræ partium, nimirum Asiæ, Europæ et Africæ hæc explica- tione subjecta : « Europa ab occidente usque ad septentrionem. . Asia ad septentrionem per orientera usque ad meridiera. « Africa a meridie usque ad occidentem ostenditur. Julius Imperator divisit totum mundura particulatim. Rapprochez cette dernière particularité de l’inscription qu on ht dans la miniature de Lambertus du XII® siècle, faisant allusion à la description du monde sous César. Rapprochez ce que nous disons ici sur ce monument des pages 184, 226, 270 du 1. 1" de notre ouvrage. : ^ — 45 — § VIII X® SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit d’Isidore de Séville. Une autre mappemonde, dressée d’après le même système que la précédente, se trouve dans le manu- scrit latin des OEuvres d’Isidore de Séville, n° 7683 de la Bibliothèque nationale de Paris. Cette pièce offre cependant quelques particulari- tés qu’on ne rencontre pas dans les monuments de cette famille que nous venons de décrire. Le ïanaïs s’y trouve indiqué à l’extrémité nord de la ligne droite qui coupe le cercle représentant le disque de la terre, et du côté opposé, c'est-à-dire du côté du midi, le dessinateur a signalé le Nil [Ni- lus). Les trois parties du monde s’y trouvent par- tagées entre les descendants de Noé (1). SIX X” SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit d’Isidore de Séville. On rencontre encore dans un autre manuscrit du même siècle, conservé également à la Bibliothèque (1) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. Rapprochez ce qui précède de la p. 404 du t. I", 46 nationale (manuscrit latin S. -G., n® 538), une map- pemonde dressée d’après le même système; mais on y remarque aussi quelques particularités qui ne se trouvent pas dans les autres dont il a été question plus haut. Le disque de la terre y est peint en rouge. L’Océan envis'onnant en vert, et les cercles de l’horizon sont rouges (1). §X Le même manuscrit des OEuvres d’Isidore de Sé- ville, dont nous venons de parler, renferme encore une autre mappemonde plus curieuse que les pré- cédentes. Le dessinateur l’a dressée d’après les théories des Pères de l’Église. Cette mappemonde est de forme carrée. Les trois parties du monde alors connues s'y trouvent divisées par un V, lettre qui paraît signifier Univers. Cette lettre sépare les trois parties de la terre alors connues, sur lesquelles on lit : Sem, Kam et Jafel. Le carré qui représente la terre est entouré de tous côtés par la mer, laquelle est grossièrement peinte en vert. Trois points cardinaux seulement (1) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. sont. désignés: Oriente, Occidente et Meridie. Mais le dessinateur a placé l’orient en haut, l'occident à gauche, et le midi à droite (1). §XÏ Dans le manuscrit latin de la Bibliothèque natio- nale de Paris, n° 7585, également du X® siècle, on rencontre une autre mappemonde dressée d’après le même système que celles dont nous avons donné la description dans le § VI (2). § XII Mappemonde du X« siècle, conservée dans la Bibliothèque Cottonnienne au Musée Britannique. Nous allons maintenant décrire une autre mappe- monde très-curieuse de ce siècle, conservée dans le Musée Britannique, et que nous reproduisons dans notre Atlas (3). Cette mappemonde se trouve dans un manuscrit de Priscien, conservé à la Bibliothèque Cottonienrie du Musée Britannique (4). (1) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. (2) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. (3) Voyez notre Atlas. (4) Voici le titre du manuscrit : Liber periegesis : i. E. de situ terrœ Prisciani Gramatici quem de priscorum diclis excerpsit ormisiarum. Huic periegesi, quam ex Grwcis Dionysii A fri Latine reddit Priscianus,prœmit- — 48 Elle paraît avoir été dressée vers la fin du ou au commencement du XE siècle ; elle est dessinée sur peau de vélin, et très-bien exécutée pour l’épo- que. L’écriture est très-fine, la mer est peinte en gris, les montagnes sont peintes en vert, et le golfe Persique, la mer Rouge, le Nil et les autres fleuves d’Afrique en rouge. Le monde est représenté de forme quadrangulaire, entouré par l’Océan, mais non pas, comme dans les autres cartes du moyen-âge, en forme de ceinture. Les contours des différents pays et des îles sont figurés avec une remarquable précision pour l’épo- que. Les mesures sont 8 pouces 1/2 sur 7 pouces. Strutt publia ce monument en 1778 dans la cbro- nique de l’Angleteia-e (T). Playfair a publié les contours de cette carte (2), de même que le Penny Magazine du22 juillet 1837 (3). Il a été donné dans le Magasin Pittoresque une ré- (itur Tabula Geographica trium partium mundi. » (Catalogue de la Cot- lonienne, p. 36.) Cf., Catalogue of ihe manuscrit Maps, Carts, and Plans, in the Bristish Muséum. London, 18U, p. 11 ; par sir Frédéric Maddea. Ce manuscrit paraît avoir appartenu à Battle-Abbey , sous le règne de Henri II. (1) The Chronicle of England , or an History civil, military and eccle- siastical of the anciens Bretons and Saxons, etc. ; in-4“, avec figures. (2) Voyez Playfair, A System ofGeography, t. I, publié en 1808. (3) Voyez Penny Magazine, t. 1, p- 280. — Ad- duction de cette même carte (1). Et en 1843 nous l’avons placée dans notre recueil (2) , où elle est reproduite en couleur, comme dans l’original. En 1830, M. Walker, de l’amirauté anglaise, a fait présent d un fac-similé de cette mappemonde à la Bibliothèque Nationale de Paris (3). L exécution graphique de ce monument est extrê- mement imparfaite si on la compare à d’autres mo- numents des siècles postérieurs. La plupart des lieux s’y trouvent déplacés. Les noms des pays, des cités, des fleuves, sont écrits en latin, les autres en an- glo-saxon. La terre est représentée en forme d’un carré plat, déchiqueté par l’Océan. L’Asie en est la partie la plus vaste, quoiqu’elle y soit réduite à la moitié de sa grandeur. La géographie et les théories bibliques dominant à l’époque de l’exécution de celte carte, le dessinateur y a fait occuper une éten- due démesurée de territoire par les tribus d’Israël. La mer Caspienne, au lieu de ressembler à une mer intérieure, est figurée comme une baie formée par l’Océan. Les cartographes ont réputé longtemps la Cas- pienne une mer ouverte, par suite de l’hypothèse des (1) Voyez Magasin pittoresque, t. VIII, 2« partie, p. 208. (2) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. (3) Voyez Catalogue of Maps, etc. quatre golfes (1). Et, en effet, on croyait, au moyen- âge comme dans l’antiqnité, qu’il y avait 4 grands golfes, parmi lesquels le golfe Persique et la mer d’Hyrcanie (la Caspienne) devaient être opposés l’un à l’autre (2). Une grande partie de l’Europe ne paraît pas être connue du cartographe. La Baltique n’est pas figurée de même qu’au temps de Ptolémée, qui la présentait comme une mer ouverte à l’est, et regardait la pé- ninsule de la Scandinavie comme une île laissant passage à la navigation vers l’est, à partir de l ex- trémité de la Chersonèse cimbrique et de l’île de Scandia (3). La Macédoine est placée au-dessous de la Grèce; Athènes, au-dessus de l’Attique; le mont Olympe, dans l’Asie. Les îles Britanniques, qui paraissent être la pa- trie de l’auteur, sont également déplacées : elles sont indiquées à l’ouest de l’Islande. En Afrique, on remarque deux Nil. L’un est le fleuve Ægypius d’Homère, l’autre n’a point d em- bouchure. Aux sources du Nil, on lit la légende sui- vante : Hîc dicitur esse mons super ardens, monta- gne dont on raconte que la cime est en feu. (1) Voyez Humboldt, Cosmos II, p. 232. (2) Voyez Arrien, VI-16. Cf. Plutarque, in Fila Alexandri, c. U. - Denys le Périegète V— 48. (S) Voyez Humboll, Exam. a it., t. Il, p. 265 ; et CI. Slrabon. — 51 Ce moiit de feu est peut-être une réminiscence du mont appelé Theôn ochema (char des dieux) du périple d’Hannon, et qu’on plaçait au midi de l’Éthio- pie, sur la même ligne que le Nil. On rencontre cette même légende dans d’autres cartes postérieures (1). En comparant cette mappemonde^ avec une carte moderne, ou en la mettant en regard, on remarque d’ahord que les points cardinaux ne sont pas dis- posés selon l’usage suivi par les géographes. Le nord, au lieu d’être en haut, est à gauche, et par conséquent le sud est à droite, où se trouve or- dinairement l’est. A 1 entrée du détroit de Gibraltar, les deux co- lonnes d’Hercule témoignent que les cartographes du moyen-âge figuraient encore ce mythe grec dans leurs représentations graphiques de la terre. Du reste au XIV® siècle, a cette époque si rapprochée des grandes découvertes, il se rencontre encore des cartes où ces colonnes sont figurées, comme nous le verrons plus tard; Notre cartographe les a dessinées dans sa mappe- monde au nombre de deux, conservant ainsi la tra- (l) Nous rencontrons dans V Anomjme de Bavemie une légende de ce genre : « In qua pairia juxta sinum Oceani sont montes et ardere adscribuntur (Géoffraph. de Ravenne. p. 8). — 52 — ditioii de Straboii (III), qui les indique au même en- droit, au lieu de trois ou quatre qui étaient les mar- ques des navigateurs, d’après Paléphate (chap. 32). Hésychius comptait trois ou quatre colonnes (!)• Marcien d’Héraclée dit aussi que dans l’île de Gadès existent les colonnes d’ Hercule, et que d’au- tres placent ces colonnes près du mont Galpe dans le détroit d’Hercule, d’autres près de l’île de Gadès, selon le géographe Artémidore (2). Les cartographes indiquaient également ces colonnes, d après Isidore de Séville, et d’autres auteurs du moyen-âge. L’auteur de cette carte paraît avoir voulu re- présenter en quelque sorte la division de la terre habitée de la carte d’Eratosthène. Le géographe grec traça une ligne qui partait des colonnes d Hei- cule (détroit de Gibraltar), et qui se dirigeait de l’ouest à l’est, divisant ainsi la terre habitée en deux parties, l’une septentrionale et l’autre méridionale ; il essaya ensuite de diviser à leur tour chacune de ces deux parties en autant de portions régulières qu’il lui fut possible, et ces portions il les appela sec- tions (3). Mais notre cartographe n’a pas su, comme Eratosthène, renfermer les pays dans les sections. ( 1 ) Voyez Tschucke ad Melam, volume III, p. 134. -Cf., Klausen ad Scylax, p 276. (2) Marcien, édit, de Miller, p. 64 -V, et l’Appendix, no X. (3) Voyez Strabon, liv. II. — 53 — Quoi qu’il en soit, il paraît avoir eu égard à la position relative des parallèles et des méridiens. Quant à la théorie du cours du Nil de cette carte, nous la retrouvons aussi, mais d’un autre côté, chez des géographes arabes, dans Aboulféda, chapitre de l’Ëgypte (1). Les villes principales sont figurées par des édi- fices , comme dans la carte Théodosienne. Nous nous bornerons à indiquer ici quelques-unes de 1 ces villes privilégiées que l’auteur a signalées avec plus de distinction. Dans l’Angleterre, où on lit Britania, on voit Londres ( Londona ), figurée par- un édifice. On en remarque un autre dans VHiberma (l’Irlande). La péninsule italienne, dont la configu- ration est étrangement défigurée, a été l’objet d’une attention particulière de la part de notre cartogra- phe : il y a désigné quatre villes : Paccia (sic), Pa- vie? Verona, Salerne, figurées par trois édifices, et Rome par le plus considérable de tous. L’édifice qui représente Constantinople est aussi très-consi- dérable. Tharsis Ciiisia, métropole de la province de Cilicie, est entourée de murs : notre cartographe aurait-il su que le kalife Haraoun-Alrechid avait (1) Voyez les Mémoires sur V Égypte, de M. Quatremère, et de Sa dans Ahdlatif, à propos du Haouf , province située au sud du lac Mensale, Cf, Reinaud, Trad. d’ Aboulféda, II, p. I 4 i, note -TT- 54 — ^ fait élever de nouvelles fortifications? Mais la plus ancienne ville du monde, la ville fondée par BeluSy Babylone, est signalée par une muraille flanquée de tours, plus étendue même que celle de Rome ou de Carthage. L’Euphrate est marqué prenant sa source dans les Montes ArmenicSt il passe a Babylone ; plus à l’orient, on remarque le Tigre, mais aucun de ces fleuves n’a de nom. La Mésopotamie et la Chaldea sont placées, la première au nord-est de Babylone, et la seconde au sud-est. L’Hellespont, la Propontide, la mer Noire, la mer d’Azof, sont figurés comme une seule mer, sans égard à leur séparation; ce qui prouve l’ignorance du cartographe du X® siècle. Le pays de Gog et de Magog se trouve placé en deçà de la mer Caspienne, c’est-à-dire à 1 occident de cette mer, quoique ce pays eût dû être placé au nord-est de la mer d’Aral (1). A l’est de Gog et de Magog on remarque une grande cordilière par laquelle le cartographe a voulu prohahlement indir quer le fameux rempart de Gog. Cette cordilière est placée au N. E. Albanorum Regio. A une grande distance de la mer Caspienne se (1) Voyez, à cel égard, le rapprochement fait par Rennell, Geography of Herodolus. — 55 — trouve un fleuve, auquel l’auteur ne donne aucun nom (flumen), et qui, prenant sa source dans une mon- tagne sans nom aussi, va se jeter dans VOceanus Hyperboreus, ou VOceanus Scythicus des anciens. Le Tigre, dont nous avons parlé plus haut, a sa source dans le mont Taurus. Le Sinus Persicus, dont le nom n’est point indiqué, reçoit les eaux du grand fleuve Tigris; mais la configuration donnée au golfe Persique est entièrement arbitraire. Au lieu de le placer du N.-O. se projetant vers le S.-E., l’auteur le place de l’G. à TE. La mer Rouge, ou le golfe Arabique, est tracé de l’O. à l’E. Sur l’Arabie on lit Arabia deserla, puis sur la rive gauche du golfe Persique, c’est-à-dire sur la Perse, une autre fois le mot Arabia; ensuite Media, pays qui fait aujour- d’hui partie de la Perse, et qui correspond dans l’étendue actuelle aux provinces de Schirvan, du Quilaii, de l’Aderbizan, et à la partie occidentale de VYrack, Agemi ou Arzem. L’Indoustaii, ou Péninsule indienne, est figurée, mais d’une manière très-imparfaite. Elle ne se pro- jette que très peu vers le midi, parce qu’elle se pro- jette à TE. Notre cartographe avait cependant une certaine connaissance du Sinus Gangeticus. Il le marque, en effet, ainsi qu’un grand fleuve [Bilon flurnenl), le Gange, qui se jette dans ce golfe. Au delà, sur la mer Indienne, il place deux îles sans nom. Plus loin on remarque un énorme lion des- siné auprès de la légende : Hic abundant leones. L’Afrique est figurée dans cette mappemonde comme une terre extrêmement étroite et rétrécie, du nord au midi, et, par compensation, se prolon- geant de l’ouest à l’est jusqu’à la partie la plus orien- tale de l’Asie marquée dans la carte. Elle représente donc le système et la théorie des géographes anté- rieurs à Ptolémée. D’accord avec les théories des cosmographes du moyen-âge (1), la forme que le dessinateur donne à l’Afrique prouve qu’il ne connaissait absolument rien des régions situées au delà du tropique du Cancer : il lui donne la forme d’une longue table (2). Le Nil, prenant sa source dans un lac à l’est, se dirige vers l’ouest, et, de ce côté, va se jeter dans un autre lac sur le même parallèle. On remarque un autre grand fleuve qui a sa source dans l’Egypte supérieure , et vient déverser ses eaux à Alexandrie; c’est le vrai Nil, mais qui coule aussi de l’est à l’ouest, puis, près du Delta, prend la direction du nord. Après ces détails généraux, nous allons indiquer (1) Voyez t. I«* de cet ouvrage, p. 16, 23, 41, 54, 63, 79, 130, 233. (2) Rapprochez ce qui précède de la description de Priscien, l. P’ de cet ouvrage, § U, p. 14. les 133 noms de lieux et légendes qu’on remarque dans cette mappemonde. EUROPE. En Espagne et en Portugal , qui sont figurés comme une péninsule triangulaire ayant la base sur la Méditerranée (1), on lit dans la partie occiden- tale : Ispania anterior, et au nord, à peu de distance du cap Finislerre : Briganzia. Playfair a cru que ce mot indiquait le Portugal du moyen-àge. Nous nous permettrons d’entrer ici dans quelques détails au sujet de ce nom. Dans le livre intitulé : Notitia imperii occidentalis, p. 147, on lit: Tribunus coliortis celtiberæ Brigantiæ, nunc Julio- hriga. A cette ville correspond aujourd’hui Beianzos, dans la Gorogne, selon quelques auteurs espagnols. Dion Cassius, liv. 37, dit cependant : Briganlium civitas Caletiœ; mais Orose, qui devait être mieux instruit que Dion Cassius, sur la géographie de l’Es- pagne, place cette ville dans la Galice, ce qui cor- respond à Betanzos, comme nous venons de l’indi- quer plus haut. Et, en effet, les Brigantiens avaient un grand port, que Ptolémée appelle P or lus Magnus, Ce port (1) Notre cartographe parait avoir dessiné cette configuration d’a- près la géographie d’Æthicus. est devenu célèbre dans Thistoire romaine, car Dion rapporte que César s’était rendu à Brigantia avec des navires d’une telle grandeur, qu’ils excitèrent l’admiration des habitants, qui n’en avaient jamais vu de pareils (1). C’était donc en raison de la célébrité historique de cette ville maritime que son nom servait seul à indi- quer le pays le plus important de la partie occiden- tale de la péninsule hispanique pour un cosmographe anglo-saxon du siècle, qui dressait sa carte deux siècles avant la fondation du royaume de Portugal. Cette espèce de privilège accordé par deux carto- graphes anglo-saxons à cette ville, rapproché de ce que rapporte Orose, dont la cosmographie était très suivie à cette époque, prouve, selon nous, que les Iles Britanniques avaient de fréquents rapports de commerce, dans les premiers siècles du moyen-âge, avec ce port, et par conséquent avec le nord de l’Espagne. Et, en effet, nous lisons dans Orose, qui donnait à l’Espagne, d’après Æthicus, la forme triangulaire, comme notre cartographe, le passage suivant : « Le second angle de l’Espagne prend sa direction (1) Dion Cassius, liv. 57. — Inde Drigantium Gallæci urbem advec- tus, eos qui classem antehac numquani vidissenl armamentis erectis territos in suam polestatem accepit jusqu’au Circius (le vent), où se trouve placée la ville de Galicia Brigantia (1), dans laquelle on remar- que le phare extrêmement élevé, édifice le plus mémorable entre le petit nombre de ceux de ce genre, et d’une telle hauteur, qu’il peut servir de vigie pour observer la Britannia (l’Angleterre) (2). » Au delà des Asturies, près du golfe, on lit Bar- cimiranus? qui paraît indiquer Barcino^ Barcelone, mais déplacée d’une manière étrange. Ces deux mots sont tellement défigurés, que nous croyons qu’en les séparant on doit lire Barcinurn et Jaccelani, Jaca, auprès des Pyrénées. Sur la France, on lit le nom suivant : Sutli-Bryttas, les Bretons du sud, puis, à l’est : Histrkij Pantania? (3), Panonia, Hunnorum (1) Ce passage où Orose indique un point géographique d’après l’aire du vent, dénote l’application d’une théorie empruntée â Timosthène, dont il adoptait sans doute la rose en 12 divisions de l’horizon. En ef- fet, selon Agathemère (Geograph., lib. I, c. 2), Timosthène avait dé- crit le monde habité d’après les aires des vents. Orose employait ainsi le langage des marins dans une description géographique. Rapprochez cette note de celle qui porte le n° 1, p. 31, où nous trai- tons du manuscrit de la bibliothèque d’Alby. (2) Orose, liv. II, ch. 2. Dans la reproduction de cette carte, donnée parM. Lelewell, on re- marque, sur la France, au N. des Pyrénées, deux fleuves, le premier avec le nom de Garumna flmius (la Garonne), et plus au N. de celui-ci, Ligeris fluvius. Au N. de celui-ci, en face de l’Angleterre, on remarque un autre fleuve, Mosa fluvius. Ensuite Rhenus fluvius. Plus au N., vis- surgis fluvius. Au-delà : Albis fluvius, puis Vislula fluvius, etc. (3) Ce nom nous parait entièrement estropié. Nous ne rencontrons aucune ville de ce nom. — 60 — ijens, Dalmalia^ Tracia^ Danubius fluvius, Constan- Xmopelon (sic) polis. Sur la Grèce on lit : Attica, Macedonia, Athènes. Sur la péninsule italique on lit : Verona, Paccia (Pavie?), Roma, Salerna, Tuscus ? A l’O. de Rome, Tara (peut-être Taras ^ selon les Grecs Tarenlum), et ensuite on remarque une autre ville figurée par un édifice, et on lit Luna. Cette ville, d'après d’An- ville, était située sur la rive ultérieure du fleuve Macra, et donnait son nom au Portas Lunensis; on l’appelle aujourd’hui golfe de la Spezia (1). Les Apen- nins sont indiqués. En revenant à l’Europe occidentale, il est à re- marquer que notre cartographe n’a pas inscrit un seul nom sur les côtes de la France et de la Belgi- que. Il ne s’y trouve pas non plus la moindre indica- tion des trois grandes nations qui partageaient entre elles toute l’étendue de la Gaule dans l’ancienne géographie latine. Vers le nord, près de l’endroit où devait se trou- ver l’entrée de la Baltique, sur un promontoire on lit l’étrange nom de Nevonorrcori? à l’est, Slesne (Silesia?); plus au nord : Selacu. Le promontoire correspond à celui des Cimbres. Ensuite on lit Z>a- cia uber Gotliia : l’auteur de la carte, comme les (1) Voyez d’Anville, Géograph. /me., 1. 1, p. 178. — 61 cosmographes du moyen-âge, a donné ce nom à la Suède (1); à l’est de la Suède, Bulgari. Puis on re- marque le nom de Mesnia, peut-être Vesina^ (2) à l’embouchure d’un fleuve qui peut correspondre au Dniester. ASIE. Au nord, Napresiba! (3) est peut-être le pays des Napcei , peuple qui , selon Pline , habitait la Scy- thie asiatique. A côté de ce nom est un fleuve, portant le nom de flumen Ypasus? (Ypanis) (4), qui vient déverser ses eaux dans la mer Noire. Ce fleuve peut correspondre au Dnieper, puisqu’on voit plus loin les Montes Biffei, où est la source du Tanaïs (le Don) , qui du reste est indiqué Tandis flum. Entre le Tanaïs et Cholcorumprovincia on lit : Meo- tides Paludes ; sur les bords de la mer Noire, Col- choum provincia (Cholcorum) , et au nord, près de l’océan Boréal, Griforum gens; à TE. de ce pays des Grifons, Turchi, le Turquistan, et ensuite le Gog et le Magog, dont nous avons déjà parlé plus haut ; (1) Voyez Orose, 1—2 ; — Jornandès, De Rebus Geticîs, p. 93. (2) Playfair a lu Mesina. (3) Playfair a lu Naperfida. (4) Playfair a lu Fluvium Ypatus. Ce fleuve est peut-être YHypasis de Pline (liv. VII, c. 17), rivière qui se joint à VHydaspe (dit-il) à l’en- droit où cette rivière cesse de couler du nord au sud. C’est le même fleuve dont parle Philostrate (II), et qu’il dit se rendre dans la mer. Ptolémée dit que YHypasis se jette dans Y indus. enfin au sud-ouest de Gog, Albanorum regio^ puis Armenia. Là est une grande montagne, indiquant probablement le mont Ararat, et sur cette monta- gne un grand édifice, au-dessus duquel sont les mots: Area Noë, mais mal écrits. Puis, à l’est on lit : Montes Armeniœ, et à la suite est figurée la grande chaîne du TauruSy dirigée de l’ouest à l’est^ avec la légende Taurini Montes. A LE. de la mer Caspienne, on lit i Mare Cas- pium; plus à l’E., est marquée une anse située sur l’océan Boréal, et un fleuve sans nom, flumen^ qui a sa source dans une montagne également sans nom. Or, cette anse étant placée sur le même parallèle que la Caspienne, elle paraît correspondre au lac d'Aral. Mais en rapprochant les vraies positions de ces deux mers intérieures de celles où notre carto- graphe les a placées, les deux mers se trouvent, dans cette carte, déplacées de 21 degrés. Plus à l’est, on lit : Gentes XLIV- Cette légende se trouve à l’est du dernier point que nous avons nommé plus haut, et auprès d’une baie, dans laquelle se déverse un grand fleuve, qui prend sa source dans la chaîne du Taurus. Enfin, à l’extrémité la plus orientale du côté du nord de l’Asie, on lit la légende : Hic abundant leo- nés, et on remarque l’énorme lion dont nous avons déjà parlé. — 63 — L’étude de cette carte nous montre de la manière la plus évidente l’état d’ignorance dans lequel étaient plongés, à cette époque, les géographes de l’Europe surles régions de l’Asie septentrionale, et nous prouve qu’ils n’avaient pas fait faire un pas à la science. Maintenant nous allons énumérer les noms géogra- phiques qu’on rencontre au sud des Taurini Montes de cette carte. Hiberia^ Mesopotamia; à l’est, on lit : Arncusia, qui correspond à Arachosia de Pline en deçà de Y In- dus, et, en effet, on remarque près de là un grand fleuve qui se jette dans l’océan Indien. Plus à l’est, Mons Farthan ? ensuite Bilan fluvius ? que Playfair lit Fison fluvius , et qui correspond au Gange. Ce fleuve se déverse également dans l’océan indien. Entre les deux fleuves que nous venons de nommer, on lit la légende suivante : Indiam incolunt gentes XLIV, et à l’extrémité de la péninsule in- dienne, on lit : Mons Aureus. Là se bornent les connaissances du cartographe sur P Asie orientale. Entre l’Indus et le Gange, on remarque une grande île, sur laquelle on lit estropiée la légende suivante : Taprobanœ (Taprohana) habet X civitates, bis in anno mense fruges ? (1) (1) Dans le manuscrit de Saint-Omer du X' siècle, dont nous par- C’est-à-dire que dans la Taprobane, il y a dix cités et qu’on y récolte deux fois les fruits dans l’année. Près de l’Indus, on remarque un nom très diffi- cile à lire. Playfair a lu : Nickvie (Ninive), ensuite on lit : Media, Per sida, la Perse, Arabia, placée sur la rive gauche du golfe Persique. Un fleuve se trouve marqué ici, mais sans nom, ayant sa source dans une montagne, auprès de la- quelle on lit : Siria. Ensuite on remarque le Tigre, prenant sa source dans le Taurus. En revenant à l’ouest du golfe, on lit: éJacfcmoci ( probablement Cadmonaci^ peuple de la Palestine, d’après la Genèse XV, 19). Dans la péninsule arabique, on ne lit que deux noms, Arabia Deserta et Mons Sinai, près de la mer Rouge. Dans la Mésopotamie, on remarque la grande ville de Babylone, figurée par six tours et ceinte d’une muraille, comme nous l’avons indiqué déjà. En- suite, vers l’ouest, notre cartographe place Gomma- gêna {Comagène, province de l’ancienne Syrie). Il l’a inscrite dans la carte de préférence à d’autres, dont on ne trouve pas les noms, peut-être parce que cette Ions au § XIV, on lit ce qui suit : Taprobana est insula Indice ubi dicunt duas esse hiemes et duas costales, et bis floribus vernare locum (leg. solttm). — 65 ~ ville forma pendant quelque temps un petit royaume sous la dépendance des Romains (1). Entrant dans la Palestine, notre cartographe y a inscrit plusieurs noms des tribus juives, sans indi- quer aucune division des royaumes fondés par les Chananéens, ni les cinq satrapies que les Philistins y établirent. On y lit : Moabite (2), puis Mons Falza (Fasga). Auprès d’une grande montagne, plus àl’O. on remarque une autre petite montagne auprès de la- quelle on llt iMoîis Galozol (peut-être la Galonüis), Ruben, Demedia trib. (Dimidia Manasès). Le lac de Génézareth est figuré faisant partie du lac Asphaltite, ou Mer Morte. Au sud de celte mer on lit ; Ébron, puis, à l’ouest, Jéricho, Asser (Asor?), Effraim, Galilea, Tribus Zablon, Trib. Clan. (Dan) Manasa, Neptalin, tribu Zabulon, Amela (Amasea). Enfln/érîfsa/em est placée près de la Méditerranée, et cette célèbre cité est figu- rée par un mur d’enceinte flanqué de quatre tours. Dans cette carte, la ville sainte n’est pas placée au centre de la terre habitable, d’après le système des (1) Voyez Pline, liv. V, ch. 12-24; -Eutrope, ch. 19;-Amm. Marc., XIV, ch. 26— XXIII ; — Piolémée, Strabon (XI— XXIII), Étienne de Byzance; -Joseph Bell (VII, ch. 28) ; - Appien. Bell. Milhrid.- Dion Cassius (XXXV); — Tacite (Ann., II— 4, 42, 56); — Mêla (I, ch. 2); — et d autres, qui font mention de celte ville et de ce petit royaume. (2) Voyez Nombres, XXI— 26. n 5 Pères de l’Église. Au nord du lac de Génézareth, on lit : PliUippi^ et, auprès, Cesarea, c’est-à-dire Cesarea Pliilippi, et l’on voit, dessinée, une ville entourée de murs et flanquée de trois tours. Le cartographe y ajoute le nom de Philippi comme un souvenir de ce qui arriva lors du partage des États d’Hérode entre ses enfants : Philippe qui eut la Tra- chonitide, donna à la ville de Paneas le nom de Cœ- sarea, qui par distinction est accompagné du surnom de Philippi (1). Au nord de celle-ci on ht ; Antio- chia, puis, Bethinia. Ensuite on remarque le morts Taurus. Au nord de celui-ci, et sur les bords de la mer Noire, on lit : Focwsa civitas (sic?). A l’O. du mont Taurus est placée Cappadocia, paraissant dési- gner la Cappadocia magna, grand royaume sous l’empire des Perses. Plus à l’O. on lit : Asia minor (Asie mineure). Quelques unes des quatre ou cinq provinces dans lesquelles la Cappadoce se divisait y sont signalées. On y remarque, en effet, la Ctlicie (Tharso Cilisia), Mocipia (probablement le Mocis- sus), ville réédifiée par Justinien. Près de la mer on remarque le mot Ephesus, ville jadis célèbre. Le fleuve Cayslrus ne s’y trouve pas marqué. Le dernier nom géographique à l’O., c’est Troia. (1 ) voyez, sur cette ville, Pline, V, ch. 13, et la Table Théodosienne ; -CcesareaPalesUnœ; - Cf., Amtn. Marc., XIX, ch. 2G. — 67 — Notre cartographe le place près de la mer : c est par conséquent la nouvelle ville de ce nom qu’il a dési- gnée. AFRIQUE. Nous avons déjà parlé plus haut de la forme don- née 'a ce continent par l’auteur de la carte ; nous al- lons maintenant analyser les noms géographiques et les légendes à partir de l’occident, ou de l’O. vers l’Ë. La première légende qu’on remarque est celle qui suit et qui se trouve placée immédiatement au sud de l’Atlas : Hesperidum,.. promontorium...{\). En dedans de la Méditerrannée et sur la partie septen- trionale, on lit : Vllmontis (2). Derrière la montagne des Sept Frères est la gran- de chaîne de l’Atlas, d’où sort un petit fleuve sans nom qui tombe dans la Méditerranée, à l’ouest de Ceuta (3). En suivant toujours la côte septentrionale, à l’E. (1) C’est le Cornu du couchant du Périple d’Hannon que le carto- graphe a probablement voulu indiquer. (2) Ces montagnes sont les VII Frères, sommets faisant partie de la chaîne d’Abyla, d’après Pline, liv. V, ch. 2, aujourd’hui Beni-Masat , selon Marmol. Cette montagne des Sept-Frères avait une forteresse nommée Septensis Arx par Procope, et Sepia par Paul Diacre. Ortelius pense que c’est aujourd’hui Ceuta. (3) Ce fleuve doit être le Malva, qui marquait la limite de la province romaine. Il prend sa source dans les monts Dourdos (Djebel-Ammer). Voyez la Géographie ancienne des Etats Barbaresques de Mannert dans Marcus, p. 509. P — 68 on remarque une grande ville entourée d une mu- raille flanquée de 4 tours et un promontoire sur le- quel on lit : Cartago Magna. Sur le continent, ce même nom est répété. Plus loin, dans lintéiieur d’un grand golfe, ou lit : Bixacclia ? Le cartographe a probablement voulu indiquer par ce nom : Byzacium , qui était le pays adjacent à la Syrie, et qui était distingué par ce nom (1). Et, en effet, plus à l’E., il a inscrit le mot Surtes, c’est-à- dire les Syrtes. Entre les Syrtes et le Byzacium, est un lac à l’E. duquel on lit Lacus Saliciarius (Salanarium) (2). Ensuite on lit : Pentapolis, contrée située dans la Cyrénaïque. Au delà du Delta, l’auteur place A lexandria. Cette ville est figurée par des murailles flanquées de trois tours. En revenant à l’occident, près de Carthage, est la légende suivante : « Fruges regionis ipsas et Africanorum fores leo abripit bellum serpentibus plena omnis?... Auprès de cette légende, on lit : Maurisiana, (1) Voyez Mannert, Géographie des Grecs et des Romains, traduction de Marcus, p. 265, 270, 284, 661. (2) Ce lac peut correspondre au Lac Chat, les Salinœ Nubonenses,àan.i la position se fait aujourd’hui reconnaître dans le lac que nous venons de nommer. — 6ft — c’est-à-dire contrée des Maurisiens^ peuples habi- tant, selon Strabon, un des côtés de la chaîne de montagnes qui traversait cette partie de l’Afrique, depuis le cap Cotés jusqu’aux Syrtes (1). Notre car- tographe a, en effet, figuré cette chaîne; mais, dans la carte, elle est loin d’atteindre le cap Cotés. Il marque ensuite le fleuve Musre (sic), peut-être Mal- va, sortant d’une montagne située à l’occident, près de l’Océan, et devant laquelle se lit ; Mons Caulés? Dans la partie méridionale de l’Afrique baignée par l’Océan, sont les noms qui suivent : Mons Es- pus (sic), peut-être Mons Hesperus, ou VHesperi Cornu au sud du cap Bojador des modernes, mais déplacé; ensuite 2>ora (peut-être Doara), sur la côte orientale, d’après Ptolémée. Au delà de Dora, versl’E., on lit sur les bords de l’océan méridional, c’est-à-dire à l’extrémité sud de l’Afrique, le mot Cynocéphales (hommes à tête de chien). Il n’est pas sans intérêt de faire apprécier au lec- teur la valeur de cette indication dans une carte géo- graphique du moyen-âge, en l’avertissant ici que les (t) Ce mot montre que te cartographe suivait en cela la géographie des Grecs, car ce furent eux qui changèrent les Mauri en Maurusîi (Voy. Mannert, dans Marcus, Géographie ancienne des États Barbaresques , p, 457. auteurs anciens plaçaient les Cynocéphales, non-seu- lement en Afrique, comme notre cartographe, mais aussi dans Tlnde. Hérodote les plaça au couchant du lac Triton {i) ; Artémidore signala sur la côte orientale de l’Afrique la pointe des Cynocéphales avant d’arriver au cap Corne du Midi (2). Ctésias, Pline (3), Mégasthè- nes (4), Aulu-Gelle (5) les placèrent dans les mon- tagnes de l’Inde, jusqu’à ITndus. Élien en parla aussi, ainsi que Philostrate, dans la vie d’Apollonius de Tyane (6). Enfin Procope (7) et plusieurs cosmo- graphes du moyen-âge ont mentionné ces hommes à tête de chien (8). Plusieurs critiques ont pensé que les Cynocéphales étaient les singes. Quoi qu’il en soit, le cartographe a voulu indiquer par ce nom l’existence dans l’extrémité sud de l’Afrique, de ces monstres dont il n’avait d’autres notions que les tra- ditions de l’antiquité, (1) Voyez Hérod., liv. IV, c. CXCI. (2) Voyez Artémidore, apud Strab., liv. XVI. (3) Pline, Hist nat., I — VII, ch. II. (4) Voyez Schwanbeck, Megasthenis Indica. (5) Aulu-Gelle, I— IX, cap. IV. (6J Voyez Philostrale, t. IV. I, p. 229, édit. d’Oléarius. (7) « Sic et Gorcyrse promontorium quod solem orientera spectat, pari causa cynoscephalam veteres dixere, undè canis capitibus homines error eftinxit. » (Procopii Cæsariensis Gotic. Hist., lib. III, p. 373, édit. d’Elzevir.) (8) Voyez t. I«' de cet ouvrage. Plus à Test, on remarque une légende que nous croyons devoir être lue de la manière suivante : « Gentes Aulolum contingentes usque ad occea- num. » Cette légende, relative au peuple des Auloles ou Gaulolesy qui, selon les géographes anciens, habitait près de l’océan hispérique, prouve que notre carto- graphe l’a exactement placée non loin du Mons His~ perus (1), et qu’il suivait en cela aussi les géogra- phes du moyen-âge (2). D’après le cartographe, le Nil prend sa source dans l’Égypte supérieure, coule de l’est à l’ouest, et dé- verse ses eaux dans un lac de la Libia Æthiopica. Le lac placé à l’O. est parallèle à la légende qui indique la Libia Marmarica (3^ Ensuite on lit : lac (1) Le Mont Hisperus est le Promontorium Hisperium. (Voyez Pline, VI-26). (2) Voyez, sur ces peuples, les textes d’Orose, que nous avons repro- duits p. XXVII, note 3, de nos Recherches sur la découverte des pays situés sur la côte occidentale de l’Afrique (Paris 1842). La légende de cette carte entièrement estropiée par les copistes, s’explique parfaitement par le texte d’Orose, qui dit : « Sub Africo Hisperium montem, à meridie gentes Aulolum quas nunc Gauloles vocant, usque ad oceanum Hisperium contingentes. Rapprochez ce passage de celui d’Albert le Grand, que nous repro- duisons dans l’ouvrage cité p. LU, note 2. Gauloles. — Ptolémée place les Antololæ au midi de l’Atlas à l’extré- mité méridionale du Maroc. Les Aniololes furent appelés Galaudes dans les siècles suivants. (Æthi- cus, Cosmograp., p. 752. — Gentes Antololum quas nunc Gualadas vocant.) (3) Le nom de Libya, chez, les Grecs, s’étendait ^ toute l’Afrique. Calcarsum? (1), et k l’O. de ce lac on remarque la légende suivante : Hîc arenis mirigilur (sic) (emer- gilur), et un fleuve qui coule de l’E. k l’O., proba- blement le Gir. Au nord et au sud du même lac, est une légende qu’il nous a été impossible de déchiffrer, et en- suite une autre que nous croyons devoir être lue de la manière suivante : Hîc aberrant Hesperides Ætliiopes. Cela nous paraît d’autant plus certain que cette légende se trouve près du fleuve Gir, où les anciens plaçaient ces peuples. C’est le Ger que Suétone Paulin a reconnu dans son expédition. Cette légende paraît être un sou- venir de l’expédition romaine, car Suétone trouva de l’autre côté de l’Atlas , des plaines couvertes d’un sable noir, où coulait le fleuve que nous venons de nommer. En remontant vers l’est, près du Nil, est une autre légende : Mons Denaxl Puis, toujours k l’est. Mais dans sa signiflcation la plus étroite, comme en cet endroit de la carte, il ne désigne que le pays à l’ouest de l’Égypte, jusqu’à un golfe de la Méditerranée, appelé la Syrte. On y distinguait deux pro- vinces : l’une, la Marmarica, indiquée sur la carte; l’autre la Cyré- naïque; la première limitrophe de l’Égypte, la seconde reculée vers la Syrte. (1) Ce nom est tellement estropié et le lac déplacé de telle sorte, que nous ne pouvons même, par une conjecture, indiquer l’identité de ce lac avec un autre nom conn^u. 73 — et sur les bords de l’océan méridional se trouvent des noms illisibles. Ensuite : Barbari Getulae, Libia Ethiopia ; plus loin, dans la même direction : Ethiopia deserta, Egiplus superior, Flum. Nilus, et enfin, à l’extré- mité orientale est la montagne volcanique dont nous avons parlé plus haut. Après avoir décrit les trois continents renfermés dans cette carte, nous allons parler des îles qui y sont signalées. ÎLES DE l’océan ATLANTIQUE. Les seules qu’on remarque sont : d’abord près des colonnes d’Hercule, une petite île sans nom, qui, par sa position, paraît être l’île de Gadès (Cadix) des anciens. Ensuite les îles Britanniques. On y lit : Britania, Londona. Au sud de cette ville, on lit r Pintona (Playfair a lu Wintonia, Winchester), puis Cantia (Kent). Les contours hydrographiques de l’Écosse sont tout bouleversés. On y remarque un nom que nous n’avons pas pu lire. A rO. de Britania, on lit : Mardi. ..pergus. Sur l’Irlande, on lit : Hibernia, et au nord : Ur~ bana, etc., peut-être Eblana des anciens (Dublin), mais entièrement déplacé. Au nord de l’Irlande, on — 74 — remarque une grande île, sur laquelle on lit : Tyleril peut-être la fameuse Thile^ mais également dépla- cée. Cette île se trouve sur la même parallèle que les Orcades , lesquelles y sont figurées au nombre de vingt-deux. Près de la côte occidentale d’Afrique, on remar- que deux îles sans nom qui, par leur position, parais- sent devoir ètveles Atlantides ou Hesperides, savoir; Junonia Parva (aujourd’hui Lancerote), et Aprqsi- tos (Fortaventure). Après ces îles, on n’en rencontre pas d’autres dans l’océan qui entoure l’Afrique. Dans l’intérieur de la mer Rouge, notre cartographe marque trois îles — sans nom — ce qui rend très difficile de les dési- gner parmi les 1 8 qu’on remarque dans le golfe Ara- bique de la carte de Ptolémée. Du reste, le cartographe a peut-être voulu par là simplement indiquer qu’il y avait des îles tout le long de la mer Rouge. On remarque également une île placée au sud de la péninsule de l’Arabie. Cette île paraît être la Dioscoridis Insula de Ptolémée (Socotora). Dans le golfe Persique, sont deux îles qui peuvent bien être la Taxïana et la Tobiana de Ptolémée ; au delà du Mons Aureus, deux autres îles, et enfin trois autres près d’un promontoire qui paraît correspondre au promontoire Tabis de Mêla, de Pline et de Solin, ou au promontoire Boreum d’Orose et d’Æthicus. Ensuite trois autres îles figurent dans l’océan septentrional, et deux dans l’intérieur de la mer Cas- pienne, Enfin, au N.-E. du promontoire des Cimbres, notre cartographe place une grande île sur laquelle on lit Is^and à l’E., et à l’O. on lit Cerodolinius. On a tout lieu de s’étonner de la manière bar- bare avec laquelle notre cartographe a placé cette île, d’autant plus que paraissant être Anglo-Saxon, il pouvait avoir de meilleurs renseignements à ce sujet, puisque V Islande était connue des Irlandais en 795, c’est-à-dire deux siècles avant l’époque de la confection de cette mappemonde. La Méditerranée, la mer de Syrie, la mer Noire, sont remplies d’îles sans nom. Ce serait un travail aussi fastidieux que peu utile à nos vues d’indiquer les noms probables des îles dont le cartographe a rempli ces mers. Cette carte, pour la partie septentrionale de la terre, s’arrête au 60^ degré de latitude boréale. L’A- frique s’y trouve renfermée en deçà du Tropique, et dans la plus grande largeur du nord au sud, cette partie du globe n’y a pas plus de 1 1 degrés, ou 275 lieues. L’Inde y est aussi tracée, non pas d’a- près le système de plusieurs géographes de l’école d’Alexandrie, mais bien d’après celui d’Eratosthène, de Pline, d’Orose, d’Æthicus et d'Isidore de Sé- ville. Nous ferons remarquer que les trois derniers auteurs étaient très en vogue parmi les Anglo-Saxons à l’époque de la confection de cette mappemonde (1). § XIII X« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans le manuscrit de Priscien, conservé à la Bibliothèque Cotonienne du Musée Britannique. Voici le titre inscrit dans le catalogue de cette bi- bliothèque, pag. 36 : < Tabula reprœsentans globum terraqueum, in quanihil non lilteris majusculis descriptum est. » Cette figure était destinée à montrer le mouve- ment et la position des zones. Elle contient à peine une légère ébauche de la Méditerranée, avec deux grands édifices, par lesquels l’auteur a voulu repré- senter Rome et Jérusalem. Ce monument est de forme circulaire et a 10 pou- ces de diamètre. Il est dessiné sur peau de vélin (2b (1) Voyez T. Wright An Essaij on the stale of littérature and learning under the Anglo-Saxons. Cf. nos Recherches sur la découverte des pays si- tués sur la côte occidentale d'Afrique, au-delà du cap Bojador, p. XXXIII. — Voir aussi sur celte mappemonde les pag. 19, 48, 115, 181, 188, 209, 221, 252, 257 du Tom. I, de cet ouvrage. (2) Catalogue of the Mss. Maps,cart, etc. in the British Muséum, par sir F. Madden, T. I, p. 12. Londres, 1844. — 77 — Nous allons donner ici la description de ce mo- nument de la géographie du moyen-âge. Autour de Y océan qui environne la terre, on lit ; De l’E. au N. : « Hinc refluit (1) Oceanus ad sep- tentrionem per LXIII stadiorum. » De TE. au S. : « Hinc refluit oceanus ad aus- trum per LXIII stadiorum. » De rO. vers le S. : « Hinc refluit oceanus tre... (ad austrum) per LXIII stadiorum. > De rO. vers le N. : t Hinc refluit oceanus ad sep- tentrionem per LXIII stadiorum.» • Ici l’océan reflue vers le sep- tentrion sur un espace de LXIII stades. » « Ici l’océan reflue vers l’auster (le midi) sur un espace de LXIII stades. » I « Ici l’océan reflue (vers l’auster) I sur un espace de LXIII stades. » « Ici l’océan reflue vers le sep- tentrion sur un espace de LXIII I stades, » (1) Gosselin, dans une note de la traduction de Strabon (t. I, p.394, p. 4) commentant le passage du géographe grec, ainsi conçu : « non loin du port de Mènesihée et de la lagune que les marais forment près ù'Âsia, etc.» considère le mot Avàêpafft; comme synonyme d’Avâ^ucrt;, et l’un et l’autre comme signifiant l’inondation formée par les marées montantes. Nous pensons que le mot refluit indique dans ces planisphères les marées. Du Gange au mot refusîo ne nous donne pas la signification que ce mot doit avoir ici. Le traducteur de Macrobe, de l’édition deM. Nisard, traduit le mot refusio par ré fusion : € Car d’où la pluie tomberait-elle sur la terre si « la chaleur du soleil n’attirait en haut les vapeurs humides dont la « rifusioH forme la pluie? » (Macrobe, Saturnalia, lib. I, c. XXL) Les deux pôles sont indiqués par les mois Articus et Antarticus. L’océan environnant est peint en vert ; mais le manuscrit ayant souffert, la couleur a été enlevée dans quelques parties. Nous avons conservé ces taches sur la reproduction que nous donnons de ce monument dans notre atlas. Cette mappemonde représente le système des zones. Les deux zones polaires s’y trouvent marquées par une simple ligne qui les sépare des autres. L’auteur les considérait comme inhabitables. La terre habitable occupe la zone tempérée supérieure. Cette partie habitée s’étend de fO. à l’E., depuis les colonnes d’Hercule (Gibraltar), jusqu’à la partie orientale que le cartographe appelle grande Asie, et jusqu’au littoral de Y Afrique septentrionale, situé sur la Méditerranée. A l’entrée de la Méditerranée, l’auteur a dessiné les deux colonnes (1). (1) Déjà dans le § précédent nous avons parlé de l’opinion de plu- sieurs auteurs anciens sur les Colonnes d’ Hercule. Nous y avons ind:qué aussi Isidore de Séville. Cet auteur, en parlant du détroit Gaditain (de Gibraltar), dit : « Unde et Hercules quum Gadibus pervenisset, columnas ibi posait, sperans illic esse orbis terrarum finem » {Elijmol., LXIII, c. XV). Les cartographes, en figurant dans leurs cartes les colonnes, sui valent plutôt la tradition mythologique, que celle des géographes qui indiquaient les monts Calpe elAbyla, comme les vraies colonnes. Pom- poniusMela (liv. II, c.VI) dit en parlant de ces deux montagnes appelées les Colonnes d’Hercule : « Toutes deux s’avancent presque entièrement « dans la mer, mais surtout le mont Calpe. Celui-ci est creusé d’une « manière admirable. L’une des cavernes s’ouvre presque au milieu du Sur l’Europe on lit à peine un seul nom, celui à’ Jquüania, particularité qui peut faire supposer que l’auteur de la carte était de cette partie de la France. Sur le continent européen deux fleuves sont gros- sièrement indiqués ; l’un peut bien être la Seine, d’autre le Danube, puisque ce dernier tombe dans une grande mer, par laquelle l’auteur a voulu re- présenter la mer Noire. La Méditerranée s’y trouve figurée. Dans cette mer sont quatre grandes îles sans nom. Une grande ville très bien dessinée représente Rome, la ville éternelle, la métropole de la chrétienté. On y voit un grand édifice, flanqué de tours, et surmonté de deux « revers occidental, et ensuite, continuant à s’étendre depuis son en- € trée, elle occupe presque toute l’étendue de la montagne. » Pline, dans la Préface du liv, III, dit aussi : « ... Abila en Afrique, Calpe en Europe, monuments et bornes des travaux d’Hercule. Aussi ceux du pays les appellent-ils les Colonnes de ce* Dieu. Ils croient que ce fut lui qui creusa ces montagnes, y introduisit la mer, et changea ainsi la face de la nature. » L’annotateur de l’édition de Mêla, de M. Nisard, fait remarquer que le rocher de Gibraltar offre un grand nombre de cavernes naturelles, et que celle dont parle Mêla est probablement la même qui porte aujour- d’hui le nom de Saint-Michel. C’est la plus vaste, et elle présente de& stalactites curieuses. « Abila Africæ, Europæ Calpe, laborum Herculis metæ. Quam ob causam indigenæ Columnas ejus Dei vocant, creduntque per fossas exclusa antea admisisse maria, et veram naturse mutasse faciem. • têtes, peut-être celles de Saint-Pierre et de Saint- Paul. Les côtes de la Sijrie et de Y Asie Mineure sont indiquées. La mer Caspienne, le golfe Per signe, ni la mer Rouge, ne s’y trouvent figurées. Auprès de la mer Noire, à l’E., on lit : Asia ma- ior et minor (la grande Asie et l’Asie Mineure) ; à l’E. de ces noms : Æslivus. Près des côtes de Syrie est une ville représentée par un énorme édifice assez bien dessiné, flanqué de tours, avec une autre tour au centre qui domine toutes les autres. Cette ville, c’est Jérusalem. V Afrique, comme nous l’avons dit, n’est repré- sentée que par une ligne sur la Méditerranée^ et on y lit a peine le mot Africa. La zone torride occupe le centre de la carte entre les deux tropiques. A l’E. on lit : Æquinoxialis (équinoxiale), et sur cette zone on remarque la lé- gende suivante: « Æquinoctialis zona hic inci- pienspene totaalluitursuperius et inferius mari, quod dura per me- dium terræ clrcumlabitur in qua- tuor quasi insulas totus orbis di- « La zone équinoxiale commen- çant ici, s’étend presque tout en- tière sur la partie supérieure et inférieure de la mer, qui, en cou- lant au centre (1) de la terre, di- (1) Le rapprochement de cette mappemonde avec celle du manu- scrit de Lamberlus du XII siècle, dont nous parlons plus loin, fera — 81 viditur quæ inhabitentur. Est enira solstitialis superior et inferior ha- bitabilis similiter superior et iii- ferior hiemalis , sicque fit ut per medium et in circuitu orbis m^re currat, quod calore vel frigore est intransmeabile ; estque deprehen- sus totius orbis ambitus in stadiis ducentis quinquaginta duobus mil- libus. vise tout le globe en îles qui sont inhabitées. En effet, la partie su- périeure et inférieure est habita- ble au solstice, de même que la partie supérieure et inférieure l’est en hiver. C’est ainsi qu’il arrive que la mer qu’on ne peut pas pas- ser à cause de la chaleur ou du froid, coule au centre et autour du monde (1). Le contour du globe est compris dans 252,000 stades.» § XIV MAPPEMONDES DU X« AU XP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la Bibliothèque de Saint-Omer. A la bibliothèque de Saint-Omer , très-riche en manuscrits, se trouve dans le codex n<> 97 une map- pemonde du X' au XP siècle. M. Mone, dans l’an- née 1836, en a donné en noir un simple fragment à mieux comprendre au lecteur cette théorie. Voyez l’analyse de la map- pemonde du manuscrit de Lambertus, du XIP siècle. (1) C’est la théorie des anciens, qui coupaient l’Afrique au delà du tropique par une mer faisant communiquer l’Océan oriental avec la mer Atlantique, et qui plaçaient au delà une autre terre australe tempérée (1 Alter Orbis, ou l’Antichthone), terre à laquelle on ne pouvait aller à cause de la chaleur de la zone torride. Les passages suivants de Macrobe feront mieux comprendre au lec- teur cette légende et la Théorie de l’Océan. Macrobe dit : « ...L’O- céan entoure la terre, non pas dans un seul sens, mais en deux sens divers; son premier contour, celui qui mérite véritablement ce nom “ 6 — 82 — la suite de son recueil (1). Ce savant se borne à dire que c’est le premier exemple qu’il a sous les yeux d’un monument de cette époque dans lequel l’eau soit in- diquée par des lignes ondulées, et que l ignorance de l’auteur se trahit dans ses indications : « Cet auteur, ajoute M. Mone, inscrit les Mormi dans le pays des- est ignoré du vulgaire (c'est le FiliU Ade incognitus. Voyez les mappe- mondes de Lambertus que nous décrivons plus loin), car cette mer n’est qu'une extension de l’océan primitif, que le superflu de ses eaux oblige à ceindre de nouveau la terre. La première ceinture qu’il forme autour de noire globe s'étend à travers la zone torride, en suivant la di- rection de la ligne équinoxiale, et fait le tour entier du globe Par son cours à travers la zone torride qu'il environne dans toute sa longueur, il nous sépare des régions australes, v (Macrobe, in Somn. Scip., lib. II, cap. IX. (1) Voyez Mone, Anzeiger für die Kunde, etc., p. 113-116. Dans le catalogue imprimé de la Bibliothèque de Saint-Omer, ce manuscrit, qui renferme la mappemonde, porte le n« 97. Cependant Hænel cite, sous ce numéro, pag. 260, un manuscrit du X« siècle, qui existe dans cette bibliothèque, et qui renferme des homélies {Homeliœ variœ, sæc. X, in-foL). . J c • Nous avons fait faire un examen nouveau du manuscrit de Saint- Orner, qui renferme cette mappemonde. Voici de nouveaux et d mte- ressants détails. Dans le fragment donné par Mone, manque l’eglise placée au centre de l’univers, qu’elle domine. Le feuillet ou se trouve cette figure sert de garde à un recueil d'homélies : malheureusement ce feuiUet à demi effacé a été déchiré dans la partie supérieure, de façon qu’une partie du dessin manque. En examinant attentivement le manuscrit, M. Dufaitelle, à qui nous devons ces détails, a trouvé sur un second feuillet une autre figure cosmographique tracée par le moine de Saint-Bertin. Malheureusement l’incurie du premier re- lieur a caché une partie de l’explication placée en encadrement autour de la sphère céleste. Les Bénédictins, plus soigneux, ont replié le bord du feuillet pour le conserver lors d’une deuxième reliure faite il y a un siècle et demi environ. — 83 — quels il habitait, et il omet, tous les autres peuples de notre continent. Son dessin des îles au contraire est important. Î1 connaît Scandza (M. Mone réta- blit ainsi le mot mutilé Dza) comme une île au nord- est de l’Europe; l’Angleterre au nord-ouest, et en- tre les deux, Tliyle vers le nord. D’après le tracé, cette île ne saurait être que l’Islande, qui alors était déjà connue (1). » A ces détails donnés par M. Mone, nous ajouterons que la mappemonde, dont ce savant n’a donné qu’une partie, représente l’Europe, l’Afrique et une por- tion de l’Asie occidentale. L’océan entoure ces trois parties qui sont figurées de la manière indique'e plus haut. La Méditerranée s’y trouve indiquée aussi, al- lant joindre la mer qui baigne les côtes de Syrie et de l’Asie-Mineure. Une grande zone de mer, placée du nord au midi, figure, d’après la théorie systéma- tique des cartographes du moyen-age, le Tandis qui servait de limite et de séparation entre l’Europe et l’Asie, et le Nil qui séparait l’Afrique de ce dernier continent. Dans cette carte, les trois parties de la terre paraissent ainsi former trois grandes îles, (1) Le lecteur devra voir sur ce sujet la mappemonde cottonienne dont nous avons donné la description § XIII, et rapprocher, à cet égard, les deux monuments. Sur la connaissance qu’on avait de 1 Islande aux X' et XI® siècles voyez Letronne, Commentaires sur Dî- cuil, P 139. puisque le Tandis et le Nil communiquant avec 1 o- céan environnant, ces fleuves séparent entre eux les trois continents. Sur l’Europe on ne lit que deux noms, savoir : Morini-, pays de l’auteur, et jBwropa. Sur 1 Afrique est le mot Africa; sur l’Asie, on ne remarque pas un seul nom. Par une bizarrerie résultant de l’ignorance des cartographes de cette époque, l’Irlande {Hibernia) est placée en face de l’Afrique occidentale et à l’en- droit où, dans les cartes modernes, sont placées les Canaries (1). Le manuscrit de la bibliothèque de Saint-Omer, où se trouve ce monument, offre, sur la première page, quelques indications géographiques. Le texte, dans quelques parties, est en écriture cursive, et il a souffert; il ne concerne que les îles. Voici les indi- cations géographiques qu’on y rencontre, et que M. Mone a copiées. Au sujet de l’ile de Thyle, il y est dit : Tyle quædam est insula ultra Britanniam in oceani fnibus sita^ ubi in œstuali solsticio Vil dies sine nocle, et in hiemali VII noctes videntur sine die, et (1) Voyez ce monument dans notre Atlas. — 85 — ultra illam nulla est dies, sed perpeluœ tenebrœ (1) et concretum mare. De qua Boethius ait : Licet Indica longe Tellus tua jura tremiscat Et servial ultima Thtle,elc. (2). L’auteur allemand pense que la grande différence de la longueur des jours et des nuits entre l’Islande (ïhyle) et la Scandinavie (Scandza) ne concorde pas avec la latitude de ce pays, de sorte qu’il est à peu près probable que le cartographe a voulu indiquer sous le nom de Scandza un pays beaucoup plus au nord, peut-être le Spitzberg. Nous ne discutons pas ici ce point ; il nous semble cependant qu’il n’est guère probable qu’un auteur du X® siècle ait eu connaissance du Spitz- berg. Quoi qu’il en soit, le passage géographique cité plus haut paraît être tiré de Priscien ou de So- lin. Dicuil, en citant ces deux auteurs, dit : Thule ultima, in qua, œstivo solstitio sole de Cancri sidéré (1) Nous devons faire remarquer au lecteur que les Ténèbres perpé- tuelles, dont il est ici question, prouvent, ainsi que les exemples cités dans notre t. !«■', pag. 10 et 350, que les Arabes ont adopté la déno- mination de mer Ténébreuse des anciens. (2) Sur nie de Tyle, voyez dans le t. I" de cet ouvrage ce que nous avons dit en parlant de Mogse de Chorène, p. 50; de Jornandès, p. 3 ii ; de Sicéphore Blemmydo, pag. 217. faciente transitum, nox nulla : brumali solstilio, perinde nuLlus dics (1). §XV MAPPEMONDES DU XP SIÈCLE. Mappemonde de la Bibliothèque de Dijon. Nous avons déjà parlé, dans une autre partie de cet ouvrage, de la mappemonde conservée à la (1) Voyez Dicuil, édit, de Letronne, p. 38. Guidonis, cosraographe du Xlle siècle, dit, au sujet de celle île : « Thile ultima insula oceani inter septentrionalein et occidenta- lem plagam ultra Britaniam, sole nomen habens, quia in ea œstivorum solsticium sol facil et nullus ultra eum dies. Undè et pigrum et concre- tum est ejîis mare. » On lit, dans le môme manuscrit de Saint Orner, une autre note sur d’autres îles : « Hybernia est insula occidentalis, ubi nulla anguis, avis rara, nulla apis. » « Scandza est insula, quœ fertur in œstate media XL diebus et noctes {XL. dies-noctes) habere continuas, item que brumali tempore eodem dierum noctium que numéro lucem claram nescire. » « Anglia est insula, quæ tantas nebulas exhalai madefacla oceani crebris incrutibus, ut sol per illam pæne totam qui fe negetur aspectus noctem vero clariorem ejus parte minimam que reddit. » Une autre légende qu’on remarque dans le même manuscrit dit, rela- tivement à l’île de Ceylan : « Taprobane est Insula Indice, ubi dicunt duas esse hiemes et duas (estâtes et bis floribus vernare locum (Leg. Solum). Rapprochez cette légende de celle qu’on remarque sur la même île dans la mappemonde Cottonienne de la même époque dont nous avons donné la Description au § XIll. » _ 87 — Bibliothèque de Dijon (1). Nous allons maintenant décrire plus en détail ce curieux monument de la géographie du moyen-âge. Cette mappemonde se trouve renfermée dans le manuscrit m 269 de la Bibliothèque de la ville de Dijon, l’un des plus précieux de la collection. Il provient de l’abbaye de Saint -Bénigne, qui pos- sédait des manuscrits fort beaux intéressant les sciences et les lettres. Celui qui nous occupe a été écrit et composé à Dijon, vers l’an 1064, sous le gouvernement d’Adalbéron, abbé de Saint- Bénigne. L’écriture se rapporte parfaitement à cette époque. Le manuscrit est de format petit in-folio , écrit à longues lignes tracées à la pointe sèche. Il com- prend : 1“ Un Traité (T Astronomie , sans nom d’auteur; 2° L’ouvrage éi Isidore de Séville, sur l’Astro- nomie ; 3® Des Tables chronologiques s’arrêtant à l’an 1063, avec des annotations historiques bourgui- gnones du XII® siècle ; 4® Des dessins des signes célestes. C’est parmi eux que se trouve la mappemonde dont nous nous occupons ; (1) Voyez t. 1" de cet ouvrage, p. 185, 510 et 301. 5° Les ouvrages astronomiques de Bède-le-Véné- rable : 6“ Ceux de Peregrinus, sur Bède ; 7® Enfin un calendrier du XII® siècle, avec des annotations bourguignones de ce siècle et du sui- vant, très curieuses pour l’histoire (l). Le fac-similé de ce monument, que nous donnons dans notre Atlas (2), a été exécuté avec le plus grand soin, quoique par la grande altération du vermillon il ait été impossible de déchiffrer le nom du pays qui est situé sous la Sicile, et de l’archipel qui domine l’île de Crète. La grande inscription centrale est inscrite sur fond rouge, pour désigner, sans doute, la zone brûlante. Les mers qui entourent le globe, l’Afrique et les autres parties, sont peintes en vert. Cette mappemonde est parfaitement circulaire. Le cartographe qui Ta dessinée a adopté une partie du système de Macrobe, suivi par plusieurs cosmo- graphes du moyen-àge, dont nous avons exposé les doctrines dans une autre partie de cet ouvrage (3). La terre habitable s’y trouve renfermée dans la (1) Noiice donnée par M. Garnier, conservateur des archives géné- rales du département de la Côte-d’Or, et de l’ancienne province de Bourgogne, datée du 6 mars 1848. (2) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. (.4) Voyez t. Ici- de cet ouvrage, p- 4, 5, 26, 207. — 89 - zone septentrionale. Une zone ou bande de mer sépare l’Afrique, en-deçà même du tropique, de la grande zone brûlante ou torride, et celle-ci se trouve également séparée, par la mer, d’une autre terre (Antichthone ou V Aller orbis) qui, dans ce système, était aussi tempérée et habitable comme la nôtre (1). Cette dernière enfin est séparée également de la zone frigide antartique. Seulement, dans la petite portion de notre terre habitable, le cosmographe a indiqué de la manière la plus grossière quelques villes et certaines montagnes, mais tout s’y trouve déplacé. En Europe ou lit les noms suivants : Hispania écrit à l’encre rouge, et plus loin, écrit à l’encre noire, Europa. Sur la même parallèle que l’Espa- gne est figurée la péninsule italienne, au centre de laquelle se voit une espèce d’édifice entouré de mu- railles pour désigner probablement la ville de Rome. Une cordillière mal dessinée figure les Alpes et les montagnes du Tyrol. La Grèce est désignée par le mot homérique Adchaia. Au nord de l’Europe on remarque une longue chaîne de montagnes, avec le mot Rifei (les monts Riphées) écrit à l’encre rouge, et au milieu, le mot Sythia. (1) Voyez t. 1er, p. 25 ^ 43 ^ 97 ^ 140, 229. Méditerranée, et par le mot africa. Dans l’Asie, sont les mots Asia Minor, et au mi- lieu une espèce de grand édifice. Au nord de l’Asie, se voient les monts Hyperbo- réens des anciens, avec la légende : Hiperborea. Jérusalem est représentée par un grossier édifice, surmonté d’une grande croix. Au milieu de l’édifice, on voit un B (Bethleem). A l’est de cette ville est un grand golfe, et au milieu un nom (Sara-sin) Sar- rasins? et aux deux côtés asia alior? (ulterior?). Là s’arrêtent les connaissances du cartographe. Nous pensons que le golfe est le golfe persique. En face, et dans Focéaii oriental, sont marquées trois îles sur lesquelles on ne lit rien que le mot insiile. La mer Rouge est fort grossièrement indiquée. On n’y lit pas un seul nom. A l’est de cette mer, est placé Sion (1), au centre d’une espèce d’édifice entouré par la mer, qui est peinte en vert. (1) Sidon (ou Seïde) fut jadis la ville la plus importante de la Phé- nicie. Les Sidoniens fondèrent un grand nombre de colonies, entre autres Ttjr, Arad et Tripoli de Syrie. Sidon fait encore un commerce très considérable. Pour les détails relatifs à l’ancienne histoire de cette ville fameuse, le lecteur doit consulter la Génèse (X, 15, 19 ; XLIX, 13), Jud. (I, 51), S. Mau. (XI, 21), Hérodot. (II, 116; III, 136), Poltjb. (V, 69), Strab. (XVI), Just. (XVIII, 8), Mêla (I, 12), Pline (V, 19), El. de Byzance (.599). Dans la MéditeiTanée , on remarque une île de forme oblongue, sans nom, entre l’Afrique et l’Es- pagne ; puis la Corse, la Sicile, qui est arbitraire- ment placée à l’entrée de l’Adriatique ; enfin les deux îles de Crète et de Chypre. Les côtes de la Syrie et de l’Asie Mineure sont tracées de la manière la plus barbare. Les seules îles marquées sur l’Océan Atlantique sont : Brilannia (l’Angleterre), eiliiberniaiVlrlmdë), et au nord de celles-ci la fameuse île de Tile. Le seul nom de terre dans le sud de la terre ha- bitable, et vers le Tropique du Cancer, est celui de Méroé, qui y est figurée par une île de forme ronde. Sur la zone torride, on lit la légende suivante écrite a l’encre noire sur fond rouge. ORIGINAL. Zona lerræ perusta quam un- dique sursum ac deorsum cir- curafluit Oceanus. Qui a suis dua- bus extremitatibus oriente scilicet et occidente in septentrionem et austrum refunditur. Qua refusione reumata est ebullitiones maris ( bouillonne- ment de la mer) fieri videntur. TRADUCTION. Zone de terre embrasée, que l’Océan entoure de toutes parts en deçà et au delà (de la ligne). Et rOcéan à ses deux extrémités re- tombe dans la partie septentrio- nale et australe. Les eaux étant reprises par un véritable reverse- ment C’est-à-dire qu’il sem- ble que la mer est en ébullition. En dedans du cercle qui représente l’Océan, on lit, au nord et au midi, écrit à l’encre rouge : Maris utriusque collisio (jonction des deux mers.) En dehors du cercle qui représente l’horizon, on — 92 lit, aux endroits correspondant aux quatre angles de la carte, quatre légendes, dans la première : Re- fusio Oceani per orbem quartæ partis totius terræ quœ habet sexagesimas XV et siadioru LXIII'f La seconde légende est la même pour les nombres. La troisième : Refusio Oceani per orbem quartæ partis totius terræ, quæ habet sexagesimas XV et stadiorum LXIII. La quatrième comme la troisième (1). Trois points cardinaux seulement s’y trouvent indiqués. La partie occidentale étant très près de la couture dans le Ms, la plume n’a pas pu bien y pénétrer (2). (1) Dans l’édition de Macrobe, avec des notes variorum, Lugduni Batavorum, 1670, p. 106, on trouve 1<> une mappemonde représentant le système de Macrobe et du zodiaque, pour servir de démonstration aux doctrines du chap. IV; — une représentation pour montrer l’im- mobilité de la terre (p. 115, cbap. XXII) ; — 3<> on remarque, p. 136, une autre figure représentant le système des zônes pour servir de dé- monstration au chap. V du liv. II; — 4» et une autre figure représen- tant YAniîchthone (p. 151), chap, IX du liv. II). Dans celle-ci, l’Océan sépare les deux hémisphères sur la zone torride. L’Océan communique de l’ouest à l’est, c’est-à-dire, l’Océan oriental et occidental ne forme qu’une seule mer qui sépare les deux terres habitables. Autour de la figure, ou bien de l’Océan environnant, on lit quatre fois le commence- ment des légendes que nous trouvons dans les mappemondes de Dijon : Refusio Oceani ab occidcntc in sepiemtrionem ; puis, Refusio ab oriente in sepiemtrionem, etc. Cette représentation est tirée d’un manuscrit ancien {Membrance Mo- dianœ finibus suis). (2) Comparez cette mappemonde avec celle du manuscrit de Ma- crobe, du X« siècle, décrite dans le § IV, et avec celle du X* siècle du Musée Britannique. XI' SIÈCLE. Mappemonde d’un manuscrit de la Bibliothèque de Leipsig> Nous décrirons maintenant un autre monument géographique qui se trouve dans un manuscrit ren- fermant les ouvrages de plusieurs auteurs anciens et celui de Martianus Capella, conservé à la biblio- thèque de la ville de Leipsig. Cette mappemonde, exécutée de la manière la plus barbare, a été publiée en noir, dans l’année 1838, par M. le D** Naumann, à la suite de son catalogue des Manuscrits de la bibliothèque de Leipsig (1). Tout en rendant le bon service de publier un cu- rieux monument, ce dont nous le félicitons, M. Nau- mann s’est borné à dire dans son texte qu’il l’avait fait graver (2). Et, en effet, on ne devait pas s’attendre à trouver dans un catalogue l’analyse géographique détaillée d’une carte. Nous allons donc la décrire. pj Voyez Catalogus librorum manuscriptorum qui in Bibliolheca sena- toria civitatis Lipsiensis asservantur, etc. Tabula II. Specimen mappœ geographicœ ex Cod. XL, f. 184-6. Nous avons fait examiner, à Leipsig, si cette mappemonde était en noir ou en couleur, et nous avons obtenu la certitude que ce monu- ment est peint en noir, tel qu’il se trouve reproduit dans notre Atlas. (2) L’auteur du catalogue dit, p. 14, fol. 184-6 : « Habetur mappa geographica, totius orbis terrarum imaginem exhibens , quam lapidi insi- dendum curavimus. * 94 On remarque dans cette mappemonde le système homérique de l’océan entourant la terre. L’Asie est plus étendue à elle seule que les deux autres par- ties du globe. Le tracé est arbitraire et sans aucun rapport avec la figure réelle du globe, avec les cer- cles de latitude et de longitude. La terre est figurée comme une île immense qu’entoure le grand océan. Deux lignes parallèles au diamètre du nord au sud représentent l’Hellespont et la mer qui baigne les côtes de l’Asie Mineure et de la Syrie. Deux autres parallèles, partant de l’ouest pour rejoin- dre les deux précédentes, représentent le reste de la Méditerranée. Le double cercle qui entoure la carte figure le grand océan. La section orientale du cercle forme l’Asie, celle du nord-ouest l’Europe, celle du sud-ouest l’Afrique. Les noms des états et des empires principaux sont inscrits sans aucun égard à la chronologie ni à leur situation respective. Sur l’Océan, on lit trop au nord le nom à^Orcades (les îles). Scoüa se trouve séparée de l’Angleterre ; Anglia qui est en face de la Bretagne ; Gades est en face de la Méditerranée, et auprès de cette dernière, on lit : Z/M5ifawo (le Portugal). La iVormanm (Norman- die) est à l’orient de la Bretagne ; le mot Francia, au 95 - sud-est de la Normandie, ayant à l’est les Pyrénées!! qui y sont figurés par trois rangs de cordilières grossièrement dessinées. Le mot Ispania se trouve placé en face de la Corse ! Le seul fleuve marqué en deçà des Alpes est le Renus (le Rhin), et au nord, le seul nom qu’on lit est celui de Germania. Les Alpes sont figurées par trois grandes montagnes , sur lesquelles on lit : Alpes. Ces montagnes y sont dessinées en forme de bonnets phrygiens. On remarque la même forme bizarre donnée aux mon- tagnes dans un autre monument géographique du XIP siècle, renfermé dans le manuscrit de Floridus (Lambertus). Au delà des Alpes, on lit le mot Europa^ ensuite celui de Constantinopoli sur l’Hellespont ; Greciaet Ahido sur la même mer. Le Danube est marqué dé- versant dans l’Hellespont, et en face du Tandis. Il porte son nom de Danubium. Rome [Roma] est représentée par une agglomération d’édifices entou- rés d’une muraille ; on y remarque une église sur- montée de la croix. A l’entrée du détroit de Gibraltar, on lit du côté de l’Espagne, Calpe, et en Afrique Allas. Cette montagne est représentée par de simples traits. Quant à l’Afrique, les positions géographiques des lieux sont encore plus étrangement interverties. Voici les noms qu’on lit sur la côte occidentale à partir du détroit jusqu’aux petites Syrtes : Armenis Hagada, Ulica, Hyppone , Adrametum (\) , Sirtes minores. Dans l’intérieur, on remarque, à l’occident : Mauri Perse (2), puis sur la même parallèle : Libies^ enfin Kartago, représentée par un énorme édifice surmonté de tours imitant l’architecture musulmane, mais d’un dessin très barbare. Leptis (3) et Syrtis maior sont reculées tout-à- fait à l’orient. Leptis est figurée par un édifice de moindre grandeur que celui de Kartago^ mais les tours ont aussi la forme musulmane. Non loin de là se remarque un édifice d’une architecture encore plus bizarre, près duquel est écrit le mot (1) Adrametum. — DaHS une inscription lapidaire, on lit ce nom de la manière suivante : Hadramentuus. Dans Sallusie, Bell. lugurt., c. 24 et 3Iéla, et dans Procope cet endroit est appelé tantôt Adraméios et tantôt Adramytos. C’était une célèbre place de commerce sur la côte occidentale de ce continent. Procope, de Ædif., VI — 6, la cite comme chef-lieu du Bizacium. (2) Mauri Perse, et plus haut Armenis, prouvent, selon nous, que le cartographe a voulu désigner les Perses et les Arméniens qui, selon les anciens Grecs, vinrent peupler ces pays. Les Perses, suivant les traditions helléniques, partirent des bords de l’Océan, arrivèrent chez les Gélules, se confondirent avec eux, et prirent le nom de Numides. Selon ces mêmes traditions les Anncnfens fondèrent des villes dans ces contrées. (Voyez Sallusie, de Bel. Jug., c. 21.) (3) C’est Lepiis Magna, sur la côte de Tripoli. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous comparerons les périples anciens avec les por- tulans du moyen-âge. Tor? Puis, une mosquée avec ses minarets et Tin- scription suivante : Demonis (Ammonis) templum; en face on Ht : Catapbatmon [la Marmarique) ; au centre, le mot Africa^. Là se voit un grand édifice d’architecture musulmane, au bas duquel on lit Phi- lenonari (Pliilenorum aræ) autels des Philènes. Ce monument consacré à la mémoire des deux frères carthaginois, est placé ici dans l’intérieur, tandis que remplacement exact était au fond du golfe de Sidra ou des Syrleso Ce point était considéré comme le lieu de séparation le plus reculé vers le couchant, entre la Cyrénaïque et l’Afrique proprement dite ; mais notre cosmographe l’a porté dans l’intérieur presque sur la même parallèle que Carthage ! La Libye, désignée par le mot Libies, est indiquée assez près de la côte septentrionale; la Numidie, un peu plus à l’est. Entre le mot Numides et les autdis des Philènes, le cosmographe marque Bérénice : c’est probablement la Bérénice de la Cyrénaïque, com- plètement déplacée. Les derniers noms qu’on lit sur le midi de l’Afrique sont Getuli^ Ethiopes, Pu- put (sic)? (1) et Loca [Perusta). (I) Puput. Hirtius de Bell. Afric., le place sur la côte septentrionale du Sinus Neapolitanus-piitput. Dans la Table de Peulinger, ce lieu est inscrit il servait de port à la ville de Siagul, située à trois milles de la côle. Piolémée cite cetie ville comme un port de mer. " 7 — 98 — Telle est l’Afrique de ce cartographe du XI® siècle. Les connaissances qiTil avait de TAsie étaient aussi des plus limitées. L’Égypte et le Nil, que quelques cosmographes du moyen-âge plaçaient dans l’Asie, comme nous l’a- vons constaté dans la première partie de cet ou- vrage (1), se trouvent ici dans cette partie du glohe. L’une y est désignée par le mot Egyptus; à côté de l’autre on lit : Nilus. Jérusalem est figurée par un temple énorme sur- monté de trois tours. Plus has on lit : Phenices. Le Liban est figuré par des montagnes grossièrement dessinées ; au bas on lit : Sido , . (Sidon) ; en haut : Liban, et au nord : Tir (la ville de ce nom). Plus loin, vers le nord, on remarque une grande ville en- tourée de murailles avec trois énormes tours au mi- lieu desquelles sont des lances, et au dessus on lit le mot Troia. A Textrémité orientale, se voit une au- tre ville fort grande, flanquée de tours, c’est Babi~ lonia. Entre ces deux villes est le mot Asia, Enfin, au nord, on remarque un groupe de mon- tagnes, et on lit à côté : Riphei montes (2). (1) T. I, §11, c. 17. (2) Nous avons reproduit ce inonumenl dans noire Atlas. Voyez , sur cette mappemonde, le i. 1er de cet ouvrage, p. 180, 209, 220, 224. 99 ~ § XVII XP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans le manuscrit de la cosmographie d'Asaph le juif. Le monument que nous allons décrire, quoique de la même époque, diffère cependant de tous ceux que nous venons d’analyser. La mappemonde d’Asaph se trouve renfermée dans le traité de cosmographie de cet auteur, manu- scrit conservé à la Bibliothèque nationale de Paris (1). Nous avons déjà exposé dans la première partie de notre ouvrage les théories géographiques de ce cosmographe (2j; nous avons fait remarquer que sa mappemonde était dressée d’après le système de Priscien (3). Nous avons enfin donné ailleurs une notice des 20 représentations astronomiques et cos- mographiques renfermées dans le manuscrit de cet auteur (4). Les bibliographes que nous avons consultés ne (1) Voyez t. K § VI, p. 54. (2) Ibid., p. 54 à 56. (3) Voyez t. 1er de cet ouvrage, p. 15, et deuxième partie, § IX, p. 228-229. (4) Ibid., p. 319 à 321. M. Asher cite quatre manuscrits d’Asaph, qui existent dans les bi- bliothèques de Florence, Paris, Oxford et Munich. (Voy. Asher. The Itinerary of Rabhi Benjamin ofTudda, t. II, p. 247.) nous ont fourni aucune notice sur Âsaph (1). Toute- fois M. Asher de Berlin, dans ses savantes notes de l’édition des voyages de Benjamin de Tudèle, dit que notre auteur vécut au XB siècle. Sa mappemonde renfermant peu de mots géogra- phiques, nous nous bornerons à en donner ici une courte analyse. C’est d’après l’époque où vécut le cosmographe que nous classons ce monument, bien qu’il se trouve dans un manuscrit d’une époque postérieure. En effet les éléments fondamentaux qu’on y remarque remontent au siècle indiqué, et les noms bien plus modernes de la rose des vents sont étrangers au reste du dessin, comme nous Bavons déjà démontré ailleurs. Le monde alors connu est renfermé dans un double cercle, où sont indiqués les quatre points cardinaux. L’occident est marqué parmi P (ponent), l’orient par une croix, le nord par une étoile (l’étoile polaire), et le sud par un S renversé. La terre est entourée par l’océan homérique. On y lit : Mare Oceanum, répété cinq fois à l’encre rouge, autour du cercle. On n’y remarque pas une seule île. (1) Non-seulement la Biographie universelle ne contient pas d’article sur Asapb, mais J. Albert Fabricius, dans sa Biblioih. Latin. Mediæ et Inf. Lat., ne dit pas un mot de cet auteur. loi — Sur TEurope on ne lit d’autre nom que celui à'Eu- ropa. La Méditerranée est désignée par le nom clas- sique de la géographie ancienne, Mare Maius, L’A- driatique se trouve aussi indiquée par celui de Mare Adrialium (sic), et sur la partie qui avoisine les côtes de la Syrie et de l’Égypte, on remarque également le nom de Mare Maius. Le golfe Arabique est censé communiquer avec la Méditerranée, et non pas avec la mer Érythrée, ou mer Indienne. Le Tanaïs (le Don) est désigné par le nom de F lumen Tanaïs. L’Asie et l’Afrique paraissent de prime abord ne former qu’une seule partie. Le flumen Nüus est in- scrit sur une partie de l’Asie ; mais l’auteur dit dans son texte que ce fleuve passe par la ville de Césa- rée dans la Mauritanie : c’est la théorie de Pline. Nous reviendrons sur ce sujet, à cause de l’in- fluence que cette théorie exerça sur les cartogra- phes, et sur la question des fleuves de l’or de l’Afrique. Dans cette partie du globe , on ne re- marque d’autre nom que celui A sia, de même que sur l’Afrique on ne lit que le nom de ce conti- nent. La forme que le cartographe donne à ce dernier est, selon nous, celle que lui donnait Priscicn (1). (1) Rapprochez celle mappemonde des doctrines et du système cos- mographique de Priscien, que nous avons exposé dans le tome P'' de cet ouvrage, p. I". Elle est même plus raccourcie et plus resserrée au centre que dans le système d’Ératosthène. La partie occidentale se termine par une grande pointe extrê- mement étroite, comme dans le système de Priscien, puis elle forme une ligne au midi, qui va se joindre au midi de l’Asie. C’est peut-être aussi une réminis- cence de la côte fictive donnée par Strabon à ce con- tinent, théorie dont nous avons parlé déjà dans une autre partie de cet ouvrage (1). § xvm XP SIÈCLE Mappemonde renfermée dans le manuscrit latin, n° 5371 de la Bibliothèque nationale de Paris. Dans une autre partie de cet ouvrage, nous avons reproduit les curieuses légendes qu’on remarque sur ce monument (2) ; nous allons donner ici la descrip- tion et l’analyse du monument lui-même. Cette mappemonde se trouve dans un manuscrit du XI® siècle, renfermant plusieurs vies de saints (3). La terre est de figure circulaire, entourée par l’Océan. Deux lignes parallèles placées du nord au (1) Voyez t. Ier (Je cet ouvrage, p. 206. (2) Voyez t. 1er de cet ouvrage, p. 253. (5) Ce manuscrit renferme plusieurs additions faites poslérieuremeni au Xr siècle. — 103 - midi coupent le diamètre ; elles représentent à la fois l’Hellespont et la mer qui baigne les côtes de l’Asie Mineure et de la Syrie. Deux autres lignes, de l’ouest à l’est, représentent la Méditerranée et séparent l’Eu- rope de l’Afrique, de même que les deux autres sé- parent l’Asie de l’Europe et de l’Afrique. Les quatre points cardinaux se trouvent désignés par Oriens, OccidenSy Septentrio et Mendies. Dans chacune des trois parties du monde alors connues, on remarque une légende relative au par- tage de ces trois parties de la terre entre les des- cendants de Noé (1). En voici la traduction. Dans l’Asie on lit « Après la confusion des langues et la dispersion des nations, les fils de Sem habitèrent toute la terre. De sa postérité descendent XXVII nations (2). VA- sie s’appelle ks\A,nomguilui vient de la reme Asia (3); elle est la troisième partie du monde. (1) Voyez t. 1“^ de cet ouvrage, p. 255. (2) Ce nombre diffère de celui fixé par Julius Pollux, auteur du Ve siècle, lequel, dans sa chronique, en mentionne seulement XXV. (5) La dernière partie de la légende, relative au nom de ce conti- nent, paraît empruntée à l’ouvrage d’Isidore de Séville, selon lequel ce nom vient originairement û’Asia, fille de l’Océan et de Téthys, et femnm de Japhet. L’origine de ce nom, signalée dans cette légende, ne pouvait être prise dans la Bible, car dans la Bible il n’est question que du pays t04 Dans l’Europe on lit : ' ■ « V Europe tire son nom f/’Europe, fille cl'Agénor, roi de Libye, femme de Jupiter (1); c’^est là que les fils de Japhet paraissent avoir occupé la terre. De sa postérité sont sorties XV nations, lesquelles pos- sèdent CXX cités (2). r Sur l’Afrique on lit : , L'Afrique tire son nornd’khr, un des descendants connu aussi sous ce nom, dans les livi’es plus récents des Macchabées • ■ . ’ et dans quelques endroits du Nouveau Testament. Différents étymologistes prétendent que ce nom vient d’un mol oriental As consei’vé dans Massorèles; d’où Aïs, Orient, ou pays de la . Lumière, et d’où aussi 1e mot est. (Étymologie donnée par Gébelin.) • ’ (1) Cette partie de la légende est tirée des poètes selon lesquels Jupiter, pour faire honneur à Europe, fille d’Agénor, qu’il enleva, donna y son nom à l’une des parties du monde : « Ttui sectus orhis notnîna ducitn, lui dit Vénus, dans Horace. ■H (2) Cette partie de 1a légende a son origine dans les livres de Moïse . : dans lesquels, après le dénombrement des fils et des petits-fils de Noé, ou plutôt des peuples issus d’eux, il est dit que se divisant par colonies, -, • ils altèrent s’établir dans les îles des nations, dans des terres qu’ils s’approprièrent, et formèrent, selon leurs langues et leurs familles, autant de nations. On ne doute pas que par les îles des Nations, Moïse n’ait voulu désigner l’Europe. Ce style des Asiatiques était conforme à la géographie, puisque pour passer de l’Asie mineure en Europe, la première chose qui se présente, c’est une multitude innombrable d’îles semées sur l’archipel. Nous lisons, dans te second livre des Macchabées, que Démétrius Nicanor ayant forcé ses ennemis à. vivre en paix avec lui, congédia • ' toute son armée, hormis les troupes étrangères qu’il avait fait venir ex insnlis gentium, c’est-à-dire de la Grèce. Le nombre des nations issues de la postérité de Japhet, mentionné par notre cartographe, se trouve être le même que signale Julius . • l’ollux, cité ailleurs. 105 — ^ cl' Abraham ( 1 ). Celle terre échut aux fds de Cham^ de la postérité duquel sont sorties XXX nations (2). Il y a en Afrique CCCLX cités (3). Cette mappemonde, par ses légendes, diffère en- tièrement de tous les autres monuments de cette fa- mille ou de cette catégorie, et nous offre de nom- breuses preuves de Tinfluence que les ti*aditions bi- bliques, mêlées à celles des poètes de l’antiquité, exerçaient sur les dessinateurs des cartes du globe pendant le moyen-âge (4). (1) Notre cartographe a suivi, sur l’origine de ce nom, l’autorité des CQsmographes du moyen-âge que nous avons cités dans la première partie du tome I*'' de cet ouvrage, et non pas les traditions des Grecs, qui ont toujours donné à l’Afrique le nom de Libye ; et sur la filiation d’Afer, il a suivi l’historien Josèphe, selon lequel Afer était petit-fils d’ Abraham, tandis que les Latins prétendaient qu’Afer était fils d’Her- cule Libyen. Gébelin prétend que le nom d’Afrique vient de l’oriental P — hré qui signifie le Soleil dans sa force, et aussi Midi. (2) Ce nombre de nations n’est pas d’accord avec le chiffre de Julius Pollux; cet historien le fixe à XXII. Voyez Pollux, Chronicon, édition de Leipsig de 1742, p. 77. (S) Au sujet des mappemondes où l’on rencontre le partage de la terre, voy. t. pr de cet ouvrage, p. 254, 256, 403 et suivantes. (4) Nous devons la connaissmice de ce monument à notre confrère de la Société Ethnologique, M. Imbert des Mottelettes, qui a eu la bonté de nous le signaler. Le lecteur en trouvera la reproduction dans la planche pe de notre Atlas, représentation n<> 4. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Paris. Nous terminerons la description des mappemondes et représentations cosmographiques de ce siècle en faisant mention d’une petite mappemonde qu on re- marque dans le manuscrit latin n° 7587. Cette petite mappemonde, que nous donnons également dans notre Atlas (1), est dressée d’après le système de celles que nous avons décrites aux §§ YII, IX, XI. On y lit à peine les noms des trois continents. MAPPEMONDES DU XIP SIÈCLE. Le XII® siècle nous fournit plusieurs représenta- tions graphiques de la terre qui diffèrent de celles des époques précédentes, dont nous venons de don- ner les descriptions. (1) Voyez noire Atlas. XIP SIECLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit du Commentaire de l'Apocalypse conservé au Musée Britannique. Un monument très curieux de ce siècle est la mappemonde conservée dans la belle collection du Musée Biitannique , et qui porte le chiffre d’ordre manuscrit 11,695, dans le catalogue des cartes du Musée (1). Nous avons obtenu une copie de ce curieux mo- nument de la géographie des premiers siècles du moyen-âge. Consignons d’abord ici les notices four- nies par le catalogue. Dans l’opinion de l’auteur du catalogue, cette carte a été dessinée d’après les idées des Arabes. Elle est coloriée. La terre y est représentée de forme quadrangulaire, d’après les théories des Pères de l’Église, et entourée par l’Océan. L’Est est placé au haut de la carte, et on y remarque la représen- tation du Paradis terrestre avec Adam et Ève, et le serpent tentateur (2). La partie sud est placée à (1) Voyez Catalogue oflhe manuscrits raaps, etc. in the British Mu- séum, tom. I, p. 12. (2) C’est exactement ce qu’on remarque dans la mappemonde du manuscrit de Turin, publiée dans notre Atlas. droite, et elle est coupée par la mer Rouge, qui est peinte en rouge jusqu’à l’une et l’autre de ses embouchures, La partie sud représente l’Afrique; la partie nord-ouest, l’Europe. La mer Égée joint la Méditerranée à l’angle droit au centre de la carte. Dans rOcéan qui entoure la terre, on remarque des îles quadrangulaires, par exemple, à l’est, en haut ; Crise et Argise (Argire) insula (1). Au nord : Tile insula (2) et Tantulos insula (3). A l’ouest : Britania insula (4), Scotia insula (5), Fortunatorum insula (6), et Scania insula (7). Cette mappemonde se trouve, de même que celle de la Bibliothèque royale de Turin, à la suite d’un (1) La môme légende sur une des îles se trouve dans la mappe- monde du Mss de Turin, où on lit Agure au lieu A' Argise. (2) La même dans la mappemonde de Turin. (3) Tantuies, dans la mappemonde de Turin. (4) La même dans celle de Turin, (5) La môme, ibid. (6) Dans la mappemonde de Turin, on lit seulement dans la première île qui correspond aux Fortunées le mot insula., les deux autres n ont pas de nom. Cela prouve que la mappemonde du manuscrit de Londres est plus parfaite que celle de Turin. (7) C’est peut-être la Scara de Marco Polo, ou Scoria de Beliam, pla- cée arbitrairement, comme le sont tous les noms dans ces étranges cartes. Marco Polo tenait de la bouche des Arabes ses notions sur les îles des Hommes et des Femmes, et il est probable que notre carto- graphe, antérieur à ce voyageur de plus d’un siècle, aura puisé à la même source. L’île Scara de Marco Polo était, selon lui, située très près de Socoiora. Marsden, dans son Commentaire, place V Isola Mascola, e Femina del Millone (lib. III, ch. 55) à l’entrée du golfe d’Adam. H croît que les îles de Marco Polo sont les îlots de Soneur (Abdal-Cnrca). 109 — commentaire sur l’Apocalypse , composé par mi auteur anonyme probablement natif d’Espagne, et rédigé vers l’année 787 (^VIIl® siècle), et dédié à Eutherus, évêque d’Osma. Le passage suivant précède la mappemonde : « Et quod facilius banc setninis grana {sic) yer agrum hujus mundi, quem propheiæ laborave- runt et bumelent, subjecte for- mulæ pictura demonstrat, » « Et pour que cette semence s’étende par le cbamp de ce monde que les prophètes ont la- bouré et qu’elle produise, on l’a démontrée sous forme de pein- ture. » Le manuscrit est in-folio sur parchemin, et a été complété vers l’année 1109, au monastère de Silos, diocèse de Burgos, dans la Vieille-Castille. Il est ri- chement enluminé, avec des arabesques, et orné de plusieurs miniatures. L’auteur du catalogue ajoute que dans la Bibliothèque royale de Turin se trouve une copie de cette carte, mais plus harhare^ qui a été publiée par Pasini. A ce qui précède, nous ajouterons la description complète de cette mappemonde, d’après la belle copie que nous en donnons dans notre Atlas. L’Océan est peint en bleu, et le dessinateur a repré- senté tout autour des poissons. Les uns paraissent suivre les courants du sud, le long de la côte d’Afri- que jusqu’à la mer orientale ; d’autres suivent les côtes de l’Europe depuis le détroit de Gibraltar, vers 10 — la mer du nord, l’Océan septentrional, et de là jusque vers l’est de l’Asie. Le dessinateur a-t-il voulu indi- quer, par ces poissons ainsi placés, la direction que l’on attribuait de son temps aux courants océaniques, ou bien les migrations périodiques de ces animaux? C’est ce que nous ne hasardons pas de résoudre. Néanmoins nous ferons remarquer que la direction donnée à ces poissons n’est pas la même que sui- vent de nos jours sur la côte occidentale d’Afrique les poissons voyageurs (l). Nous ajouterons en- core qu’Aristote parle déjà de la migration des poissons. Il les nomme même les ruades ou va- gabondes. Pline parle aussi de celles des thons (2). En comparant la direction donnée aux poissons peints dans ce monument avec celle des eaux dans la carte des théories des courants du major Rennell, on reconnaîtra que l’auteur de la map- pemonde semble plutôt avoir voulu indiquer, par cette direction qu’il donnait aux poissons, les cou- (1) Voyez, au sujet des migrations des poissons sur les côtes occi- dentales d’Afrique, l’ouvrage de M. Berthelot, publié en 1840, intitulé: De la Pêche sur la côte occidentale d'Afrique. Dans la carte qui accom- pagne cet intéressant ouvrage, on remarque les poissons dans la di- rection du sud au nord. « A deux époques différentes (dit-il), d’innom- <( brables phalanges de poissons remontent et redescendent la côte « (d’Afrique) en suivant les fonds sabloneux de la lisière du grand « désert. » {Ibid.., p. 30). (2) Voyez Pline, liv.. IX, c. 1.3. ranls océaniques (1). Dans la mer Rouge on remar- qne aussi des poissons peints en rouge. Pline parle des poissons de ce golfe. Il dit que la tranquillité des eaux est la principale cause de la production des poissons d’une grandeur monstrueuse qui ha- bitent ces parages (2). Passons aux détails de cha- que section ou partie de la carte. EUROPE. Commençant par l’occident, nous parlerons, en premier lieu, de l’Espagne. Cette contrée ne pré- sente pas dans la carte sa forme péninsulaire. Elle s’étend jusqu’à une immense chaîne de montagnes qui la sépare de la Narbonnaise au nord, et de l’Italie à l’est; et, par la plus étrange des bizarreries, le dessinateur a figuré les Pyrénées au nord de Lis- bonne, par une grande montagne peinte en rouge, et près de laquelle on lit : Mons Perineusl Dans la partie occidentale de l’Europe, qui cor- respond au Portugal, on remarque aussi un autre déplacement des plus étranges : le nom de Olisibona (Lisbonne) au nord de Galecia (la Galice). Au sud (1) Voyez la carlede Rennell : Map to explain.., the principal sireams of current in the Atlantic océan, à la p. 672 de son savant ouvrage : The geographical System of Ilerodotus. (2) Voyez Pline, Hist. nai., liv. IX, c. 3. de ce iioii), 011 lit : Filiivicns (sic), peut-être Fhi- vim Ilalicus pour désigner le Guadalquivir, et Ita- lica, Séville rancieune; au centre de la Péninsulej Spania, et à l’est, Terracona. A l’est de la grande chaîne de montagnes dont nous avons parlé plus haut et qui pourrait corres^ pondre aux Alpes, on lit Roma. En suivant tou- jours a l’est, on remarque une autre chaîne de montagnes au delà de laquelle on lit Missilia (?) Massillia (Marseille), ainsi placée étrangement à l’est de Rome , au lieu d’être dans la Gaule ! ! Une autre chaîne de montagnes sépare Missilia de Acwija (sic) (Achaia, la Grèce) ; au-delà, une autre cordillère sépare l’Achaïe de la Macedonia. Si les déplacements que le dessinateur s’est per- mis dans l'indication des lieux et des pays que nous venons d’énumérer, étaient des plus singuliers, ceux que nous allons signaler ne le sont pas moins. Immédiatement auprès des Pyrénées, on lit le mot Germania, et au nord est une énorme montagne, avec ces mots : Alpes Galiarum. Au centre de la carte on lit Gallias. Aucun des royaumes situés au nord des Gaules ne se trouve signalé. A l’est on lit : Panonia et ensuite Rebenna (sic). Peut-être ce nom indique-t-il la Rhétie. Près de la zone de mer qui représente l’Hellespont, on lit Constantmopoliy (Constantinople). Au nord, un grand fleuve paraît destiné à représenter le Danube. C’est le seul qui soit marqué dans la carte ; il est censé communiquer avec la mer du nord, et déverser ses eaux dans la mer près de Constantinople. Au delà de ce fleuve une grande montagne figure les monts Riphées. On lit à côté : Montes Rifei. A 1 est de ces monts et près de la mer, on lit Goda unde Gotti (1). ASIE. Au nord de la zone de mer qui représente le Pont- Euxin et la mer Noire, on remarque les noms sui- vants, écrits en colonnes, du nord au sud : Biffo- niani (?) (Bosporani) (2), Cold (3), Nichomedia (4), (1) Dans la mappemonde de Turin, dont nous donnons l’analyse plus loin, on verra, à cet endroit de la carte, une légère différence. Rapprochez la légende, donnée plus haut dans le texte, de ce que nous avons dit dans le t. p. XVllI, 49, en parlant de Moïse de Chorène, et p. 308. (2) Bosporani. Le nom inscrit dans la carte est estropié. Ces peu- ples appartenaient moitié à l’Europe, moitié à l’Asie. Ils occu- paient anciennement une partie de la petite Tartarie et de la Cir- cassie. (3) Par le nom de Colchi , le cartographe a voulu indiquer les Col- chiens, peuples qui habitaient la partie orientale du Pont-Euxin ; le pays qui s’appelait la Colchide, est maintenant la Mingrelie. (4) Nicomedia. Cette ville était la capitale de la Bithynie dans l’Asie- Mineure, sur le rivage de la Propontide. Nous ne comprenons pas pourquoi le cartographe, si sobre de noms géographiques, a écrit aussi celui de Bithynia. Il 8 Bittinia (1), Pamphilia (2), Libia (sic), (3), Asia. — Cilicia (4). Ensuite on remarque Troia (Troie) placée à une grande distance de la mer et dans Tin- térieur de T Asie septentrionale. A l’extrémité nord-est de l’Asie le cartographe a dessiné une énorme montagne ayant sa base près de l’océan boréal, et il a inscrit au sommet : Mons Aqlo (sic) [Mons Jquilo) (5). Auprès de cette montagne on lit : Albania (l’Albanie) (6) ; au sud : (1) Bithynia est aujourd’hui une province de la Turquie dans l’Asie- Mineure. (2) pamphilia. Ancienne région de l’Asie-Mineure. (3) Sans doute pour Lycia, (4) Voyez Mêla. lib. I, c. 2, p. 27, édit, de Groriovius. (5) Ce mons Aquilo est, selon nous, une représentation de la mon- tagne dont parle Pline (liv. IV, c. 12). Cet auteur, après avoir parlé des Méotes, s’exprime ainsi : « Non loin de là sont les monts Riphœi (le mont Oby) et la région ptérophore on emplumée, ainsi nommée parce que la neige y tombe par flocons, en forme de plumes, pays d’épaisses ténèbres, maudit par la nature, et sur lequel elle a déployé toute sa rigueur, en un mot, qui semble être Vantre natal des aquilons. » Dans le liv. VII, c. 2, Pline parle encore de cette montagne. II dit : « On rapporte qu’au voisinage des peuples les plus septentrionaux, on voit la caverne où nous avons dit que V Aquilon prend naissance , etc. » On lit aussi dans Solin (XVI) : « C’est l'affreux séjour de l’Aquilon. » . Damnata pars mundi et a rerum natura in nubem æternæ caliginis mersa, ipsisque prorsus aquilonis conceptaculis rigenlissiina. » Ainsi le nom donné à la montagne par le cartographe et sa position dans la carte étant ainsi rapprochés des deux passages de Pline et de Solin, il nous semble hors de doute que l’auteur de la carte a voulu figurer par cette montagne tout emplumée, la montagne où, selon les anciens, l’Aquilon prenait sa naissance, et il lui a même donné le nom de mons Aquilo. (6) Sur V Albania. Voyez le géographe de Raveune, 11—59. — 115 — Iberia (1) (Ibérie asiatique), et au nord de l’Albanie, près de l’océan oriental, le mot Deserta. En parcourant l’extrémité orientale de l’Asie, on rencontre d’abord, après la partie signalée comme déserte, une autre grande montagne peinte en rouge, ayant sa base près de l’océan, et se projetant à louest-nord-est ; non loin de là on lit : Babilenna (Babylone). Le cartographe donne à la montagne le nom de Mos Sauceranus (mons Sauceranus? ), peut-être le Taurus. Immédiatement après il place un autre mont plus petit, qu’il nomme Cerau- nius (2), et, au midi de celui-ci, une chaîne de (1) Iberia. Cette ancienne contrée de l’Asie était placée entre le Caucase au nord, la Colchide à l’ouest, l'Arménie au sud, et l'Albanie à l’est. Ce pays forme aujourd’hui la Géorgie et une partie du Chirvan. Consultez Pline (VI, 4, 10, 13); Eutrope (VI, 14, VIII, 3); Ptolémée (V, 7); Strabon (XI). (2) Mêla (1, 19) place les monts Ceraunii vers la mer Caspienne : ils formaient partie du système Taurique. Le même géographe mentionne encore des monts Cerauni dans le liv. II, ch. 3 : « plus loin est Buthroton (Butrinto) où s’élèvent les monts Cérauniens. » Ce sont les monts de la Chimère (Monte di Chimera), mais il les place sur le rivage de l’Adria- tique. «Buthroton ultra est; deinde Cerauni Montes : ab is flexus in Hadriam. » Dans la mappemonde que nous analysons, ce sont les montagnes de l’Asie dont il s’agit. Au sujet des montagnes auxquelles les anciens donnaient ce nom, le lecteur doit consulter aussi Suétone (August, c. 17) ; Cæsar (Civ. III, 6), et spécialement pour les montagnes ainsi appelées dans la Sarmatie Asiatique, voir Pline (Hist. nat., VI, c. 7, 9 et 10). « Quelques uns (dit-il) placent autour du Lac Méotide, vers les Monts Cérauniens, les nations suivantes, etc. » Dans le chap. 9, en parlant de l’Arménie , il dit ; « Elle est fermée à l’orient par les Monts Céraxmiens. » moiilagiies voisines de l’Océan, et figurant le Cau- case [Caucasus mons). Auprès de la montagne dont nous venons de parler, est une miniature représentant Adam et Eve dans le Paradis terrestre, l’arbre de la vie et le serpent tentateur, conformément aux traditions sacrées. D’après la place qu’occupe cette miniature, immé- diatement à l’orient de la Perse, nous devons conclure que le cartographe a suivi la théorie de certains commentateurs de la Bible, qui plaçaient le Paradis terrestre dans les régions de l’Inde, et non pas l’autre opinion systématique qui plaçait le Paradis hors de notre continent habitable. En effet, à côté de cette miniature, on lit le mot India. A l’ouest de l’Inde est une montagne dans le pays Iduméen, c’est-à-dire V Arabie, ayant sa base sur la mer Rouge. Auprès de cette montagne est une lé- gende relative au Phénix, oiseau fabuleux qui habi- tait l’Arabie, selon les anciens. On y lit : Hic abee (sic) feninix (probablement hic habitat Phénix) ( 1 ). (1) Pline (Hist. nat., liv. X, c. 2) dit, en parlant des oiseaux de l’Ethiopie et des Indes : « Le plus merveilleux de tous , c’est le Phé- . nix d’Arabie, en supposant qu’il ne soit point fabuleux, ce que je « ne voudrais pas garantir. Il n’y a jamais qu’un seul Phénix dans « toute l’étendue de la terre, aussi a-t-il été vu rarement. On dit « qu’il est de la grandeur d’un aigle, que son cou est de couleur d’or, « le reste de son plumage de couleur rose ; qu’il a sous le gosier une • crête, et sur la tête une houppe de plumes. » Pline ajoute, d après — 117 Ensuite on lit : Idiimea. A l’ouest de cette contrée « l’autorité du sénateur Manilms, « que personne n’avait jamais vu le « Phénix manger, qu’en Arabie cet oiseau était consacré au soleil, « et qu’il vivait 560 ans; qu’étant vieux il construisait un nid avec « des branches de casse, et d’encens, qu’il remplissait de parfums, et « qu’il mourait dessus ; qu’ensuite de la moëlle de ses os se formait « comme un vermisseau qui devenait un petit oiseau dont le pre- « mier acte était de rendre les derniers devoirs à son prédécesseur ; « après quoi il portait le nid dans la ville du soleil, au voisinage de la Pankhaie, et le déposait sur un autel. » L’emblème du Phénix fit croire que la révolution figurée et annon- cée par cet oiseau mystique était la même que la révolution de tous les astres portée anciennement par les anciens à 49,000 années, comme on le voit dans les Tables Alplionsines, ce que les modernes rédui- sent à 1^5,000 ans. Mais du temps de Pline on confondait toutes ces idées, et l’on en vint à croire que la grande révolution figurée par le Phénix que de 560 ans, et, selon le P. Hardouin, 632 au lieu de 560. Pline dit aussi, d’après l’autorité de Manilius, que la révo- lution de la grande année a la même durée que la vie du Phénix, et que les saisons et les astres reviennent alors au même point, etc. Le Phénix était donc l’emblème de la grande période du monde, époque à laquelle les rêveries apocalyptiques supposaient que le monde se re- nouvelait par le feu. Nous avons donné la traduction de ce long passage de Pline, afin de montrer ce qui a porté les cartographes du moyen-âge à faire mention de cet oiseau symbolique dans leurs cartes, et à le figurer même, comme nous aurons l’occasion de le faire remarquer lorsque nous parlerons d’autres cartes du XIV® siècle. Claudien a composé un poème sur le Phénix. Quelques uns des Pères de l’Église adoptant, sur la fo- des auteurs anciens, l’existence du Phœnix , l’ont considéré comme l’emblème de la résurrection. Tertullien, Lib. de Resurr., cap. 13; Cyril- lus, Hier.Catech., 18; Clément Romain, Epist. I ad Corinth.-, Basilius, in Hexeam., hom. 8; Epiphanius, in Ancorat., num. 85, et in Physîolog., c. 11 et plusieurs autres. Saint Ambroise, qui vivait au IV® siècle, donne une description du Phénix et dit qu’il ressuscite au bout de 500 ans. Saint Zénon, qui vivait au IV® siècle, admettait aussi le Phénix comme l’emblème de la résurrection (voyez lib. 1, tract. XVI, p. 381, édit> de Migne, 1845, Collect. de Patrologie, t XI), On retrouve même sur les est placée Sodoma[\). Plus à l’ouest on remarque une autre montagne, la seconde à laquelle le cartogra- phe donne le nom de MoîiS' Caucasus (2). Entre cette montagne et le mont Liban (3), figuré comme beaucoup plus petit qu’elle, est la légende suivante: Arabium ipsu est rubrici mirra (?) (la myrrhe) et cinnamomum ibi est (4). tombeaux des anciens chrétiens les représentations du Phénix comme emblème de la résurrection. Les exemples de ce fait sont très nombreux. Pour revenir à l’opinion de savants de notre époque sur l’emblème représenté par le Phénix, voici l’opinion de Bailly, l’illustre auteur de V Histoire de V astronomie ancienne : « Cet oiseau fabuleux n’était, dit-il, « que l’emblème d’une révolution solaire qui renaît au moment qu’elle « expire. 11 signifiait la grande année caniculaire des Égyptiens. Uni- « que comme le soleil, le Phénix brille des couleurs de la lumière. Il « vient de l’Arabie, c’était en effet la route que les connaissances as- « tronomiques avaient suivie pour parvenir jusqu’en Égypte. Énfin cet • oiseau périt et renaît sur l’autel du soleil, parce que c’est le soleil « qui règle et constitue la période caniculaire, et que les meilleurs • astronomes égyptiens faisaient leur séjour à Héliopolis, fameuse par « la meilleure école des prêtres d’Égypte. » (1) Sodoma. Cette ville était située dans la Pentapole de Palestine. Elle est célèbre dans l’histoire sainte par la résidence de Loth, et par la catastrophe qu’elle éprouva. Elle fut détruite avec les villes voisines par une pluie de soufre et de feu, et son emplacement fut recouvert par la mer Morte. Maigre la disparition de cette ville, les cartographes du XIP siècle et même du XIV' l’inscrivaient encore dans leurs cartes. Au sujet de cette ville et de son histoire, consultez la Genèse XIV, 2, 8, 17. Ibid., XIX, 15, 23, 24, 25. Le Deutéronom XXIX, 22. Josèphe, Bel. Jud., V, 5. Slrabon XV. Le lac Asphaltite est appelé par différents auteurs Sodomiticus lacus. (2) Voyez ce que nous avons dit sur le système de la chaîne des mon- tagnes du Caucase, t. P'' de cet ouvrage, p. 39, 249, 251. (3) Voyez t. pr, p. 250. (4) Plusieurs auteurs de l’antiquité mentionnent les régions de l'A- — 119 — Dans la Palestine se lisent les noms suivants: Caldea, Palestina, Judea, Meda (Media) ; près de la miniature représentant le Paradis terrestre : Per- sida (la Perse), Assiria, et enfin, près de la mer, Ninive (Ninive). Au centre de l’Asie, et à peu près au centre de la carte, est dessiné un grand temple au haut duquel on lit : Ilirlm (Jherusalem). Au nord de Jérusalem, est indiqué un second 3Ions Libanum (1), au nord, duquel est le mot Hircania, indiquant sans doute la région hircanienne ou Caspienne (2). Au nord de rabie et autres qui produisent la myrrhe et le cinnamome. Slrabon, par- lant du golfe compris entre le détroit de Bab-el-Mandeb, le cap de Far tak et celui de Guardafui, dit « qu’après les îles du détroit, en entrant plus avant dans le golfe, on côtoie le pays qui produit la myrrhe, situé au midi et à V orient , jusqu' à celui où croît le cinnamome, ce qui fait 5,000 stades. D’Anville, dans sa Géographie ancienne, III, p. 60, dit en parlant de Bérénice Epidires comme adjacente au détroit serré en forme de col, par lequel ce golfe communique à la Mer Erythrée, qu’à cette hauteur était la contrée appelée cinnamomifera regio-, et il ajoute : « Le cinna- mome, dont on ne connaît plus que le nom actuellement donné à la cannelle, est un arbrisseau dont les rameaux ont une écorce, qui, chez les anciens, était très estimée et de grand prix. » Voyez sur cette ré- gion le texte et les cartes de Ptolémée. Les Memnemones, peuple qui habitait au nord de l’île de Méroé, entre le Nil et VAstapus (partie du recueillaient aussi le cinnamome et la myrrhe. C’est à la célébrité de ces productions et au prix qu’on y attachait que le cartographe dessinateur de cette mappemonde a voulu peut-être faire allusion, aün d’indiquer aussi par cette légende les contrées qui les produisaient. (1) Sur les montagnes du Liban, voyez t. h' de cet ouvrage, p. 250. (2) Sur la Caspienne, voyez t, pr, p. 10, 18, 49, 63, 111, 123, 134, 159, 185, 200, 248, 255, 308 , 326 , 339. cette montagne on lit aussi Friquia (1) (Phrygia), dénomination par laquelle le cartographe a voulu signaler toutes les régions connues sous ce nom, savoir : Phrygia Capatiana, Hellespontiaca , Magna, Minor, Pacatiana, Salutaris, etc ; enfin, près de la mer qui baigne les côtes de l’Asie Mineure : Licao- nia, et Licia (la Lycie) (2). Telles étaient les connaissances du cartographe relativement à l’Asie. Maintenant nous allons signa- ler les particularités qu’on remarque dans l’Afrique. AFRIQUE. Ce vaste continent, au lieu d’être figuré selon sa forme triangulaire, est dessiné comme un carré, se terminant au midi par la mer Rouge; et cette mer qui , d’après un système absurde, est censée servir de communication entre l’océan oriental et l’océan Atlantique, forme en même temps la limite de la terre habitable, puisqu’elle baigne le nord d’une zone de terre oblongue, sur laquelle on lit la (1) Phrygia, la Phrygie, entre Và Lydie et la Cappadoce. Sur cette contrée, consultez les auteurs suivants : llerodot. (V, VII, 73), Strah. (II, III, VII, XII, XIV), xenoph. (Expert. Cyri, I, c. 2), Arrien (I, 15), Diodore de Sicile (XVIII, 3), Hierocl. (664-676). (2) Lycie, contrée de l’Asie Mineure entre la Carie, la Pbrygie, la Pamphilie et la mer. 121 légende suivante : Deserta terra vecina soli ab ar~ dore INCOGNITA NOBIS. La mer Rouge, qui sépare de notre continent ha- bitable cette terre inconnue, est peinte en rouge et remplie de poissons. Quant à l’Afrique proprement dite, voici les noms qu’on lit sur la partie septentrio- nale, d’occident en orient jusqu’à Alexandrie. Sur la partie la plus proche dé l’océan Atlantique, au nord d’une chaîne de montagnes qui figurent pro- bablement un des rameaux de l’Atlas, on lit : De- serta et arenosa (déserte et sabloneuse) (!)• A l’est de ce désert est la Maurilania Tingitana [2), en- suite la Mauritania Cesariensis (3) (Alger), et après celle-ci, la Mauritania Sittifensis (4). A l’est de cette dernière, est la Numidia., et plus loin, sur la côte. (1) Cette légende veut peut-être indiquer les plaines arides qui sé- paraient à l’intérieur la Tingitane de la Césarienne. ('2) Dans la division géographique des Romains, l’ancien royaume de Bogud reçut le nom de Mauritania Tingîtana, tiré de la ville de Tingis, qui était 1a plus importante. Cette province comprenait au sud, sur l’océan Atlantique, tout le pays jusqu’au mont Allas, oü pénétra le général romain Suétone Paulin. Voyez Pline, (V, c. 1) et Dion Cas- sius (LX, c. 9). C’est aujourd’hui l’empire de Maroc. (3) Dans la même division, la Mauritania Cesariensis ou orientale qui avait appartenu anciennement à la Numidie, eut pour capitale Cé- sarée , aujourd’hui Cherchell, et, selon d’autres, Tannés. (4) Dans la même division géographique des Romains, la Mauritania Siiifensis, dont la capitale était Siii(i (Sélifj, était la contrée située dans la partie orientale de la Cesariensis. Voyez pour les détails des li- mites la Notice de l'empire d’Occtdent et les Notices de l'Église. Cf. Ma- — 122 Cartago Magna, enfin le mot Africa. A Pest de ce nom on remarque une montagne peinte en rouge, au midi de laquelle se lit : Egiptus; puis, près du Nil, Alexandria. Tous les noms que nous venons d’énumérer sont renfermés entre la mer Méditerranée et un grand fleuve peint en bleu qui représente le Nil, et qui parcourt de l’est à l’ouest toute la partie septentrio- nale depuis la ville d’Alexandrie jusqu’au méridien de la Mauritania Tingitana. Cette théorie du cours du Nil suffirait pour prou- ver qu’il existe une immense différence entre cette carte et celle de Turin, comme nous aurons l’oc- casion de le démontrer plus en détail. Sur la partie orientale de l’Afrique on ne lit pas un seul nom. Sur la partie occidentale le cartographe a dessiné deux énormes montagnes ayant leurs bases sur la côte de la mer Atlantique, parallèles, formant toutes deux une espèce de demi-lune. On lit entre ces deux mon- tagnes la légende suivante : Duo alpes contrarii sibi (1). Au midi de la dernière est placé le mot nert apud Marcus, Géograph. anc. des Étais Bar bar esques, liv. III, p. 464 à 478. Dans le VII® siècle, Isidore de Séville range la Tingiiane parnoi les provinces d’Espagne. Voyez ce que nous avons dit à ce sujet t. Dr de cet ouvrage p. 28, 32, 35, 41, 42, 51, 65, 145, 148, 382. (1) On remarque ces mêmes montagnes dans la mappemonde de Tu- 123 Deserta, probablement pour désigner le grand dé- sert du Sahara; dans l’intérieur, le mot Gara- mantes (1), et à l’ouest de ces peuples, Gettuii, id est Mauri (2). Enfin au midi de ces peuples on lit la légende suivante : « Etiopia ubi sunt gentes diverso vultu et mon- struosa spece (sic), orribilis, pertenfa est (sic) (per- teiigentes) usque ad fines Egipti ferarum quoque et serpentium referta est multitudo. K Ibi gemme preciose, cinnamum (sicj (cinnamo- mum) et balsamum. » Cette légende, qu’on ne remarque pas non plus dans la mappemonde de Turin paraît indiquer, selon nous, que l’auteur s’était fait, d’après les anciens, une idée confuse de la région qui produisait le cm- namome et le baume. Tels sont les détails que nous pouvons donner sur cette curieuse production géographique du XII® siè- cle, qui, selon nous, est très probablement la copie d’une mappemonde plus ancienne. Elle présente tant de particularités différentes de la mappemonde rin, mais d’une forme différente, ayant toutefois la même légende. Le cartographe a probablement voulu indiquer les deux chaînes de l’Atlas. (1) Sur le pays habité par les Garamantes et leur position géographi- que voyez t. In-, p. 8, 41, 53, 58, 65, 119, 142, 144, 145, 308. (2) Sur le pays qu’habitaient les Gélules, selon Priscien, voyez t. P'', p. 16 et 41. — 124 — de la bibliothèque de Turin, renfermée également dans un commentaire manuscrit de l’Apocalypse, qu’il suffît de mettre les deux dessins en regard pour en saisir la dissemblance. C’est pourquoi nous recommandons au lecteur de comparer ces deux monuments qu’il rencontrera dans notre At- las. Nous nous bornerons à indiquer ici les prin- cipales différences : 1“ La mappemonde de Londres est de forme à peu près carrée, tandis que celle de Turin est par- faitement ronde. 2*^ Parmi les fleuves de l’Europe il n’y a que le Danube et le Guadalquivir [Fluvius italicus), dont le nom soit inscrit, tandis que dans la mappemonde de Turin on en remarque plusieurs autres. 3° Il n’est pas indiqué un seul fleuve dans l’Asie, tandis que dans la mappemonde de Turin il s’en trouve plusieurs. 4° Le système orographique des deux cartes est également différent dans les trois parties du monde. 5° L’Europe est plus pauvre de noms géogra- phiques que dans la carie de Turin ; du reste partout on remarque des noms de lieux qui ne se trouvent pas dans celle de Turin et vice versa. 6” Pas une seule des légendes renfermées dans 125 — cette carte ne se fait remarquer dans celle de Turin, de même que que dans celle-ci pas une seule des légendes de la carte de Turin n’est reproduite. 7° Dans les deux cartes le cours du Nil diffère es- sentiellement et chacun des deux cartographes a suivi une théorie différente. 8° Dans l’Afrique cette carte ne porte que le Nil, tandis que celle de Turin offre un autre grand fleuve. 9® Les îles de la Méditerranée sont placées dans les deux cartes d’une manière différente. Ici Tîle de Cadix est figurée à l’entrée du détroit, tandis que dans la mappemonde de Turin il n y a trace de cette ville célèbre, qui est presque toujours figurée dans les cartes du moyen-âge. Les îles de la mer extérieure ou Atlantique sont les mêmes dans les deux mappemondes. Le nom de Scocia Insula (île d’Écosse) indique que le cartographe a suivi l’opinion systématique de plusieurs auteurs de cartes marines et autres du moyen-âge, et même du XVI® siècle, qui figurent VEcosse comme une île séparée de l’Angleterre. L’auteur de cette mappemonde, par une inconce- vable extravagance, a placé TEcosse en face de Lisbonne, et en cela il a enchéri sur fauteur de la mappemonde de Turin, qui a placé le même pays en face de la Galice!! Les positions géographiques se trouvant ainsi bouleversées, on remarque l’Angleterre (Britannia insula), au nord de l’Ecosse; au nord de celle-ci, TantuUos insula (1); enfin plus au nord la fameuse Thile {Tile insula) (2). Près de la côte occidentale de l’Afrique sont deux îles. La première, en face de la chaîne de montagnes qui figurent l’Atlas, porte le nom de Fortunata in- sula (les Canaries) et la seconde au sud de celles-ci, et en face du désert du Sahara porte le nom de S caria insula. (1) Dans le manuscrit de Guidonis du même siècle (1199), on lit au sujet de l’île à laquelle on donnait ce nom : « Tanaios insula occeani freto gallico a Brilania est varia. Tenuis, « separata, frumentariis campis et gleba uberi. Dicta autem Tanatos a « morte serpentium, quos dum ipsa nesciat, asportata inde terra quo- « que gentium vecta sit, angues ilico perimit. » Gougli (Essai on rise and progrêss, etc., p. 22) cite une carte àeTha- net, gravée dans le Monasticon Ang., t. I, p, 84, et dans Lewis, His~ toire de celte île, copiée d’un manuscrit du Triniiy Collège de Cambrige. Ce manuscrit avait appartenu précédemment à l’abbaye de Saint-Aus- tin. Il renferme l’histoire de cette abbaye et contient toutes les bulles, chartes, un calendrier, et, en 4 colonnes, les noms des papes, des archevêques, des rois de Kent, et des abbés, depuis l’année 573 jus- qu’à 1453. Honoré d’Autun qui, dans son livre géographique Ve imagine Mundi, fait mention de cette île, écrit Thanaios. (2) Voyez sur cette île ce que nous avons dit dans le t. Dr, p. 18, 50, 59, 122, 148, 217, 311, 321. — 127 — §XXI XII« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la Bibliothèque royale De tous les monuments cartographiques connus jusqu’à présent, aucun n’est, selon nous, plus diffi- cile à classer, dans l’ordre chronologique des repré- sentations graphiques que la mappemonde de la Bi- thèque royale de Turin. Cette mappemonde se trouve à la suite d’un ma- nuscrit renfermant un commentaire sur l’Apocalypse, écrit pendant l’année 787, c’est-à-dire au YIII® siè- cle. Plusieurs auteurs, prenant cette date pour guide, ont pensé que la carte remontait effectivement au VIII® siècle de notre ère, mais un examen paléo- graphique ayant été fait par plusieurs savants, il a été constaté que les caractères non seulement des légendes de la mappemonde, mais ceux du Ms. lui- même ne remontent pas au delà du XII® siècle (1). Cette opinion a acquis plus de poids après la dé- couverte d’une mappemonde qui présente quelques ressemblances, dans un autre exemplaire plus par- (1) Pasini même dit que le manuscrit est du XIP siècle. Cet auteur dit, dans son catalogue : « Ceterum autor Commentarii, ut ipsemet in^ dicat, fol. 106., vivebat anno Christi 787. t ■i I de Turin. fait du même manuscrit, exemplaire qui fait partie maintenant de la riche collection du Musée Bri- tannique (1). Le peu d’études qu’on avait faites des cartes du moyen-âge à l’époque si récente de Malte-Brun a fait dire au savant géographe que cette mappemonde était le plus curieux monument de ces temps. Il est vrai qu’il s’y trouve, comme dans toutes les cartes au moyen-âge , des éléments fort anciens qui la fe- raient remonter non seulement au VIII® siècle, mais même bien au delà, si l’on jugeait d’après certains caractères, ou d’après les sources auxquelles ces élé- ments ont été puisés. Nous mêmes, dans une autre partie de cet ouvrage, nous avons apprécié cette mappemonde avec les monuments géographiques du YIB au VIIB siècles. Mais enfin, après de longues hésitations, nous nous sommes décidés à suivre l’o- pinion des paléographes en plaçant cette carte parmi les productions géographiques du XIL siècle, quoi- que très probablement elle ait été dressée sur des modèles plus anciens, peut-être même sur celle qui se trouvait renfermée dans le manuscrit primitif du VHP siècle. (1) Rapprochez de ce que nous disons plus haut, § XX, sur la map- pemonde du Musée Britannique, renfermée dans le Ms. du commen- taire de l’Apocalypse. — 129 — Cela nous paraît d’autant plus probable, que nous connaissons déjà deux manuscrits pareils portant la même date, et qui sont certainement des copies d’un manuscrit primitif, celui-là même qui fut dédié en 787 à Euthérus, évêque d’Osma, et dont nous avons donné la description dans le précédent pa- ragraphe. En effet, dans l’année 1846 ou 1847, M. Francisque Michel s’est procuré en Espagne un manuscrit remontant au IX« siècle, et renfermant, d’après les notions qu’il nous a données, un commen- taire de l’Apocalypse, à la suite duquel on remar- quait une mappemonde. M. Libri a pu obtenir le manuscrit en question. Nous ignorons ce qu’il est devenu après la vente de la belle collection du savant académicien. Seulement , à l’égard d’un manuscrit de ce genre, le même peut-être que celui dont nous avons perdu la trace, nous devons à M. Isidore Hye de Gand les renseignements sui- vants : « Je tiens (dit-il) de quelqu’un du British Mu- « seum, qu’il existe un exemplaire du même ou- « vrage (Commentaire sur l’Apocalypse) antérieur « de deux siècles (partant du X® siècle), peut-être « plus, au manuscrit du Musée Britannique et à « celui de Turin, et dont ces derniers ne sont que « des copies. Cet exemplaire est maintenant en la 9 II a possession d’une personne qu’on ne m’a pas « nommée et qui l’a obtenu de l’Espagne à ce qu’il « paraît. » Nous avons fait faire déjà quelques démarches à Londres pour avoir des renseignements plus dé- taillés à ce sujet ; mais elles ont été jusqu’à présent sans résultat. Pasini a fait graver sur bois l’exemplaire de la mappemonde qui se trouve dans le Ms. de la Biblio- thèque royale de Turin (1), et nous avons repro- duit sa gravure dans notre atlas avec la plus grande fidélité. Mais l’ayant fait colorier dernièrement sur l’original, notre savant confrère à l’Académie royale des sciences de Turin, M. Amédée Peyron, a eu l’extrême obligeance de collationner la gravure de Pasini avec l’original, il a trouvé des fautes impor- tantes, et il a pris la peine de les corriger d’après le manuscrit (2) ; nous profiterons de son travail sur ce monument. Plusieurs auteurs ont cité cette mappemonde de- (1) Voyez le catalogue de Pasini : Codices Ms. Bibliolhecœ Regis Tau- rinensis Athenœi digesti., etc. Taurini, 1749, vol. II, p. 29. (2) Voici ce que ce savant nous faisait l’honneur de nous écrire à ce sujet dans sa lettre datée de Turin, le 21 novembre 1848 : « ... Ayant comparé votre gravure avec l’original, j’y ai observé quel- « ques fautes qui mériteraient d’être corrigées. En voici la note; les pïiis la publication de Pasini (1), mais aucun, à notre connaissance, n’a donne une description complète du monument. La mappemonde de Turin représente la terre par- faitement circulaire, comme une plaine bordée par une ligne circulaire, et divisée en trois parties iné- gales, les trois parties alors connues. L’océan homé- rique environne toute la terre (2). Cette vaste mer est peinte en bleu. Au sud et au delà d’une bande représentant la zone torride, est une bande de mer qui joint l’océan oriental avec « chiffres répondent aux numéros que j’ai annotés de ma main sur vo- « tre exemplaire. » Et ce savant conclut en disant : « Le tort des fautes que Je vous ai &\gx\2\é.Qs doit retomber surlagra- « vure en bois publiée dans notre Catalogus Manuscriptorum, que vous « avez fidèlement reproduite. » (1) Sprengel, et après lui Gough dans son Essay on therise and pro- gress of Geography in Great Britain (Londres 1780), ont parlé dé cette mappemonde. Le dernier s’est borné à publier la liste des noms qui s’y trouvent. Après lui, Graber de Hemso a fait une petite description en 12 lignes dans ses Annali di geografia, en 1802, p. 152. M. Zim- mermann a aussi donné une liste des noms géographiques renfer- més dans cette carte. Enfin d’autres géographes encore ont parlé de ce monument depuis ceux que nous venons de nommer. (Voyez le t. 1er de notre ouvrage, p. XX-XXVII). (2) Cette théorie de l’océan environnant que presque tous les cosmo- graphes du moyen-âge adoptèrent, comme nous l’avons démontré dans la 1'® partie du t. de cet ouvrage, fut représentée par les dessina- teurs des cartes de cette époque. Isidore de Séville (liv. XIV, c. 2) dit : « Undique enim Occeanus circumfluens ejus (orbis) in circula ambit fines ; . et ailleurs (De Natur. rer,, c. 47) : « Occeanus autem regione circumda- tionis spherœ profusus prope totius orbis ahluit fines. » l’occidental. Au delà de cette bande de mer, et au midi de l’Afrique, est une quatrième partie de la terre, c’est-à-dire l’Antichthone, ou V Aller Orbk, habitée par les Antipodes, et qui n’a pas encore été visitée à cause de l’excessive chaleur du soleil dans la zone torride, qu’il faut traverser pour y aller. A l’est, qui est au haut de la carte, sont peints le Pa- radis terrestre, Adam et Ève et le serpent tentateur, l^a partie sud, placée à droite dans la carte, est coupée par la mer Rouge, peinte en vert. La partie du sud-ouest représente l’Afrique, et la partie nord- ouest, l’Europe séparée de la première par la Médi- terranée, qui est peinte aussi en bleu, et renferme plusieurs îles de forme quadrangulaire. La mer Égée, peinte aussi en bleu, se joint à la Méditer- ranée dans le centre de la carte. A l’est, en haut, sont deux îles peintes en jaune, qui portent les noms de Cryse et Algure (Argire) insula (1). Au nord est Tila insula, la fameuse Thulé ; puis une autre île, sur laquelle on lit : Zantules insula (2). A l’ouest (1) Ces îles, placées dans la mer de l’Inde, sont les îles Crisa et Ar- guren, ou les îles de l’or et de l’argent des anciens. (^) Dans le Ms. original se trouve Tantutes, d’après la vérification faite par M. Amédée Peyron. Nous ajouterons que cette île doit être nie nommée Tanelos, aujourd’hui Sandwik. Elle avait un port qui pas- sait pour le plus fréquenté, sous les empereurs romains, pour abor- der en Angleterre. Voyez ce que nous avons dit, à ce sujet, dans le § précédent et dans la note 1, page 126. — 133 — est une île également peinte en jaune , Brilania insula, figurant l’Angleterre, placée dans la carte plus au sud du parallèle des montagnes des Astu- ries! plus bas encore, une autre île, Scotia isida : de manière que l’Écosse est donnée pour une île, et une île au sud de l’Angleterre!! Le long de la côte occidentale de l’Afrique, on re- marque trois autres îles, dont une seule porte le nom d'insula. Ces îles correspondent aux F orlunarum in- sula et Scaria insula de la mappemonde du Musée Britannique, renfermée dans le Ms. 11,695, que nous avons décrite plus haut. Sur l’Europe on lit le mot europa écrit en grands caractères, et sur l’Asie le mot asia; mais le nom d’Afrique ne se trouve pas inscrit sur le troisième continent. EUROPE. Dans tout le pays qui forme maintenant les royau- mes du Portugal et de Galice, on ne lit que le nom Sci. lacobi. Aip. (sancti Jacobi apostoli). C’est saint Jacques de Compostelle, célèbre par les pèlerinages que de toutes les parties de l’Europe on faisait pen- dant le moyen-âge pour visiter cette ville des reli- ques. Près de la Méditerranée, on lit : Betica (l’Anda- lousie), Ce nom se trouve inscrit auprès d’un fleuve. 134 le Guadalquivir. Ensuite on remarque un grand fleuve presque parallèle à celui que nous venons de nommer, qui déverse aussi ses eaux dans la Medi- terranée, et qui porte le nom de fluvius Tavus. Si c’est le Tage que le cartographe a voulu indiquer, c’était avoir une bien étrange idée de son cours, puisque ce fleuve tombe dans l’océan Atlantique. On pourrait dire que le cartographe instruit de la célébrité classique de ce grand fleuve, mais igno- rant dans l’art de tracer les cartes et ne sachant où le mettre, l’a placé au hasard dans l’Espagne, sans tenir compte de ses sources, non plus que de la di- rection de son cours. A une grande distance de Saint-Jacques de Gom- postelle, on remarque une chaîne de montagnes pein- tes en vert, et les mots ; Asturia, Gallecia. Une autre chaîne de montagnes, au nord des précédentes, porte la légende : Montes Galtiarum, Entre les deux on lit ; Aquitania, Tolosa. Au nord des Montes Galliarum, on lit : GalLia Lugdunensis (1), et à la suite, en remontant vers le nord, dans l’ordre sui- vant : Gallia Belgica, Francia, Suebi {Suevi). Parmi les peuples ou les contrées de la Germanie, le nom (1) Lugdunum était une colonie fondée après la mort de César, et, avant le triumvirat, elle fil donner à la Celtique le nom de Lugdunensts ou I^yonnaise. à^Suevi ou de Suevia paraît avoir été dominant, sans doute par suite de l’expansion de cette race. Ensuite on lit : Dardania (1), placée à l’E. du Danube, et à l’O. de ce fleuve, Germania regio (la Germanie ou l’Allemagne). Auprès de ce nom, et plus à l’O., la base assise sur l’océan occidental, est une énorme montagne de forme conique peinte en jaune, auprès de la- quelle on lit : Rettacum Canoricum. Dans l’original on lit : Retiacum (2). Plus au nord, près d un fleuve, on lit : Mesica (Mœsia?); plus au nord, Sarmati (les Sarmates). Aucune indication ne sépare la Sar- matie de l’ancienne Germanie ; la Vistule, leur limite commune n’est pas marquée. A l’E. du Danube, on lit, dans la mappemonde originale du Ms. de Turin : Dada uhi et Goti, légende que Pasini a omise dans la reproduction de cette carte (3). Du côté sud du Danube on lit dans l’original : Stolis (la Stonie), mot omis aussi chez Pasini. (1) La Dardania était une ancienne contrée de l’Europe, située au sud-ouest de la Mésie , et qui forma, depuis Constantin, une province du diocèse de Dacie. (2) Nous croyons que le cartographe entendait par ce nom indiquer la Rhœtia. Le pays de ce nom occupait les Alpes depuis la frontière du pays helvétique de la Gaule jusqu’à la Vénétie et aux limites du Nori- cum. (3) La restitution indiquée dans le texte nous a été signalée par M.Peyron. — 136 — - A 1 extrémité septentrionale de l’Europe, et près de la zone de mer qui représente le Pont-Euxin, on lit la légende suivante, écrite en grandes lettres : Hic caput Europe. Le Danube et le Rhin se trouvent confondus tous deux avec d’autres affluents. Et, en effet, nous voyons le nom de Gallia Belgica contigu au Rhin. L auteur de cette carte a copié cela dans la géo- graphie romaine, puisque la partie de la Celtique contiguë au Rhin fut attribuée à la province appelée Belgica. Le Danube a sa source dans la grande mon- tagne conique, peinte en jaune, que nous avons si- gnalée plus haut. Cette montagne sans nom repré- sente probablement Y Adulas Mons des cartes de Ptolémée et de la Germanie des anciens. Un des af- fluents peut correspondre au Navus fluvius des an- ciens, aujourd’hui le Naliel, et l’autre à VAltemül des modernes, qui traverse la Ravière. Au sud du Danube, on lit : Epirum, Apolin [i) (Apollonie en Illyrie), Spolite (2) ; plus bas, en gros caractères : hiavuakia (3); puis ; Bavenna, Dalma- cia. En revenant aux contrées du midi de l’Europe (1) Ce nom esl peut-être ApoUonia'! (2) Peut-être Spoletium. C’est probablement Spalatrum, voisin île Salona, ancienne capitale de la Croatie. (5) Uuntjaria. 137 — qui avoisinent la Méditerranée, au delà de Flavius Tavus, est le nom de César Augusta (Saragosse en Espagne (1) ; à l’est de celle-ci, Narbona, désignant sans doute la Gaule Narbonaise ; puis une chaîne de montagnes peintes en rouge et sans nom, mais par lesquelles notre cartographe a voulu indiquer les Alpes. Au delà on lit : Tascia (Tuscia)(2), Roma; à l’est de celle-ci, Benebenti (3), Salerna. Après ce nom, il y a un espace vide, suivi de deux noms : Epirum, Aguilea. Notre cartographe a inscrit aussi la dernière, parce qu’elle fut autre- fois la ville la plus considérahle du Frioul. Elle était située non loin de la mer et du Lisonzo. Co- lonie fondée pour servir de boulevard à la Cisal- pine, dans un temps où les provinces ultérieures n’étaient point encore soumises, cette ville ne s’est point relevée de sa destruction par Attila (4). Au delà d’Aquilée, il y avait un petit fleuve qui ren- contre la mer à peu de distance de plusieurs sour- ces dont il sort. Il était célèbre dans l’antiquité sous (1) Saragosse était une ville célèbre, et du temps des Romains, chef-lieu d’un conventtts. (2) Gough a fait le rapprochement dans la liste très incomplète des noms de cette carte, qu’il a donnée dans son ouvrage déjà cité. (3) Dans la carte originale on lit : Rcncabenli. Nous croyons que 138 — le nom de Timavus, aujourd’hui Timavo (1). Mais, au lieu de ce fleuve, notre cartographe a marqué un grand cours d eau peint en bleu, sortant d’une grande montagne peinte en rouge, et auquel il donne le nom de Fluvius Eusis. La cordiliere où ce fleuve prend sa source est certainement la chaîne de montagnes nommées dans la géographie ancienne ; Alpes Ju- Hœ; mais dans cette carte, tracée d’une manière barbare, elle ne se rattache à aucune autre branche du système alpique. A l’E. de ces montagnes, on lit : Constantinopoli, et plus à l’E., Tliesalonica^ aujourd’hui Salonique. Notre cartographe 1 a sans doute préférée à d’autres villes, parce qu’elle fut, sous les Romains, la capi- tale de la Macédoine (2). Quoique cette ville se trouve située sur le golfe Thermaïque, il n’y a pas ici trace de ce golfe. Enfin, le dernier nom de cette partie de l’Europe est celui de Macedonia. De la descrip- tion complète de l’Europe, passons à celle de l’Asie. ASIE. Cette partie est encore plus pauvre de noms, et tracée d’une manière plus barbare que l’Europe. (1) Voyez d’Anville, Géographie ancienne, l. 1 , p. 186, in-8o. (2) En 1205, après la prise de Constantinople par les Latins, cette ville fut la capitale du royaume de Macédoine, ou de Thessalonique qui fut réuni à l’empire de Nicéc en 1252. 139 — La mer Noire et la mer de Syrie se joignent au Nil par une bande de mer en ligne droite. Les seuls noms voisins de cette bande sont Asia Minore, en- suite Ascalones. Ascalon (1) a eu la préférence peut- être parce que cette ville fut une place très impor- tante dans les guerres saintes; cependant, à l’époque où vivait le cartographe, il y avait déjà bien long- temps qu’elle était ensevelie dans ses ruines. Après Ascalon, on lit Judea, désignant tout le pays ainsi dénommé : ce mot est également placé près de la mer. Le dernier nom près du Nil, c’est Babilonia. Derrière la terre sainte sont deux gran- des montagnes de forme conique , l’une peinte en vert, l’autre en jaune. Au dessus de la première, on lit : Mons Carmelus, au dessus de la seconde : Mons Sindi (2) ; mais, sans égard à la position de ces deux montagnes, elles sont placées l’une à côté de l’autre et au même méridien. Au bas du Carmel, on lit : Herlin, dans l’original Jhr Lim, c’est-à-dire Ilieru- Salem. Au sud-est du mont Sinaï, on remarque deux au- (1) Ascalon et Gaza étaient les villes principales des Philistins. La première était voisine de la mer. Notre cartographe l’a, en effet, pla- cée près de la mer. (2) Voyez sur cette montagne historique la publication curieuse de M. le professeur Lepsius de Berlin, intitulé : Voyage dans la presqu'île de Sinaï du ù mars au iti avril 1845. 140 -- très montagnes peintes en rouge et en vert. Entre ces deux montagnes, on lit : Antiochia. C’est la fameuse ville fondée par Seleucus Nicanor, résidence des rois de Syrie, la Tliéopolis ou ville divine au temps du christianisme (1). Inscrite ici en souvenir de son ancienne célébrité, elle est déplacée, et l’Oronte qui baigne ses murs n’est pas même indiqué; le nom est rapproché de la grande montagne, pour figurer les hauteurs dont la ville était dominée (2). Du côté sud de l’autre montagne, les mots Mons Arabie désignent toute la péninsule de ce nom. A. peu de distance de la base de la montagne, on lit : Mare Rubrum (mer Rouge), et on remarque que ce golfe est peint en vert, au lieu d’être, selon l’usage presque généralement adopté par les cartographes du moyen-âge, peint en rouge. A l’est de la mer Rouge, se voit un grand fleuve qui paraît avoir sa source dans un lac, et qui déverse ses eaux dans la zone ou bande rouge placée au sud, et on lit près de sa source : Mesopotamia. C’est l’Euphrate, mais (1) Baudry, dont Albéric des Trois Fontaines compila la chronique, fit une belle description d’A7Uioche, de ses doubles murs et de ses 340 tours. Strabon ne nous a pas appris cette particularité en pariant de la fondation de la quadruple ville d'Antioche. (Voyez Albéric, Chron. ad Ann. 1097.) (2) Sur la distinction que les cartographes du moyen-àge faisaient de cette ville, la signalant toujours tlans leurs caries, voyez t. l"' de rel ouvrage, p. 9iî, 210, 211, 212, 2lô. 141 — indiqué sans la moindre idée de son véritable cours, puisqu’il ne va pas tomber dans le golfe Persique, tracé plus à l’est de la mer Rouge. Le golfe lui- même ne porte pas de nom. Au sud de l’Euphrate, le mot Abicusia ou Aricusia (1) est mis peut-être pour Aréthusa, ville située près de l’Oronte, mais déplacée ici. A l’est du golfe Persique, notre carto- graphe marque une montagne de forme conique en- tourée des deux légendes suivantes : au sud, Deserta et arenosa India ; du côté du nord : Timisci fici (sic) campi de sera ( dans l’original campidesti) (peut-être desertï). In hac regione gens Amazona fertur (2) habitasse (3). Cette légende est tellement estropiée par le co- piste, que nous ne saurions la restituer que par des conjectures. D’autre part, tous les noms de cette carte se trouvant déplacés, il est presque impossible aussi de bien déterminer les lieux réellement dési- gnés. Cependant, en comparant la légende de la carte avec un passage de Pomponius Mêla, nous (1) Gough a mal lu ce nom; il a lu Abicus. (2) Gough a lu ferter, quoique dans la gravure de Pasini se trouve feriur. (3) Sur les différentes positions géogi'apliiques assignées par les an- ciens et par les géographes du moyen-âge au pays habité par les Ama- zones, voyez le tom. P‘ de cet ouvrage, p. 41, 39, 65, 68, 109, 214, 215, 216, 321. pensons que c’est de la ville et de la montagne d’^- mazonie qu’il s’agit. Mêla fait mention à' Amazonium dans le liv. I®*", chap. 19, en disant : « Ad Thermodonta Timiscyrium « oppidum : fuêre el Amazonum castra, et ideo Ama- « zonium vocatur. » Mais notre cartographe l’a étran- gement déplacée, et peut-être confondue avec mazonia, le pays où se trouve le cap Armazon, sur la côte d’Arabie, puisque la légende que nous ana- lysons se trouve placée près d’une haute montagne de forme ronde, et qu’en effet entre V Armazon et Karpdla sont deux montagnes remarquables, l’une nommée Strongylus ou la montagne ronde par Pto- lémée, et 1 autre Karpella, de laquelle le promon- toire tire son nom. La première de ces deux émi- nences est VElbourz moderne. En rentrant de nouveau dans la Phénicie, nous ferons remarquer que le cartographe a placé à l’E. des montagnes à'Antiochia le mot Sydon pour désigner la ville la plus grande et la plus riche de la Phénicie ; mais par une bizarrerie inconcevable, il la place dans l’intérieur des terres. Cette ville est, dans la carte, entourée par lé Jourdain (Jordan), qui ceint encore une montagne peinte en rouge, portant le nom de Mons Lihanus (mont Liban), et paraît avoir sa soui ce dans un lac grossièrement peint, non loin de là. 143 — Cette particularité nous montre que le cartogra^ phe avait une idée vague que le Jourdain prenait sa source au mont Hermon, où sa branche principale sort d’un petit lac qu’on appelait Phiala, mais il n’a pas su le placer d’une manière géographique et ré- gulière. Près du Liban, est le Paradis terrestre : position géographique tout autre que dans beau- coup de monuments cartographiques du moyen-âge. Comme l’Inde est sur le même parallèle, cela don- nerait à penser que le dessinateur a voulu indi- quer le Paradis dans l’extrémité alors connue de l’Orient ; il aurait ainsi suivi l’une des deux opinions des Pères de TÉglise, celle qui plaçait le Paradis terrestre dans notre terre habitable, et choisi cet endroit comme la partie la plus orientale de sa map- pemonde. (^es cartographes se fondaient pour cela sur l’expression de la Genèse dans la version des Septante : « Dieu avait planté vers L’ Orient un jar- din délicieux. » (Gen. II, 7) D’après le désordre qui règne dans cette carte, il est difficile cependant de déterminer si cet endroit a été choisi réellement comme une partie de l’Inde. Aucun des quatre fleu- ves qui sortaient du Paradis ne se trouve marqué comme sur les autres mappemondes reproduites dans notre Atlas (1). (1) Au sujet des opinions différentes sur la position géographique t-14 Si toutefois apiès cette discussion, nous voulons nous arrêter à quelque chose de plus positif sur ce sujet, nous dirons que le cartographe a voulu placer le Paradis près des montagnes deTArménie, puisqu’à côté il indique une grande montagne peinte en vert, avec le mot Armenia, désignant probablement l’^r- menia Magna (1). Au nord de cette montagne, on en remarque une autre encore plus grande, également de forme conique et peinte en jaune ; au sommet on lit : Mans Caucasus. Entre ces deux montagnes est le mot Capadocia. De l’un des flancs du Mous Caucasus sort un grand fleuve qui court de l’est à l’ouest , et déverse ses eaux dans une mer qui joint du Paradis terrestre, voyez ce que nous avons dit dans le tom. U-- de cet ouvrage, et les endroits cités dans l’article Paradis terrestre de la Table des matières; même vol., p. 494. Nous ajouterons ici un détail à ceux que nous donnons dans le tome pr. Théodoret (In Genesis 0pp., tome I, page 28, B C) soutenait aussi que l’Euphrate et le Tigre avaient leur source dans l’Inde, où était le Paradis, et que se per- dant sous terre, ils étaient amenés par des canaux invisibles jus- qu’aux montagnes de l’Arménie, ou de l’Éthiopie, d’où ils ressortaient de nouveau. (1) Le cartographe ainsi que plusieurs autres dont nous donnons les mappemondes suivait à l’égard des cou trées arméniennes la géogra- phie d’Hérodote. Ainsi ils avaient encore au XIP siècle de notre ère les mêmes opinions à cet égard que le grand historien qui vivait six siècles avant Jésus-Christ. Ils désignaient par le seul nom d’Armenia tout le vaste pays de ce nom, donnant, comme Hérodote (V, 49 et 32, c. 1, 72), une très-grande extension à la contrée ; mais ils ne signalaient pas les cités populeuses dont elle était remplie. Sur r.-ir»«^niedes anciens voy. Genèse (X, 3), Eschiel (XXVII, 14, XXXVIII, 6), Sirabon (XI), Dion CassiKs, Piolémée (V, 13), Pline (VI, 24), Florus (95), Tacite (Ann., VI, 33). i’Océan et sépare l’Europe de l’Asie. Il porte dans la carte le nom de Flumen Eusis ( 1 ) , peut-être Phasis. A l’extrémité nord de la montagne qui ligure la cordilière du Caucase, on lit : Arenosa (sablonneuse) ; dans la partie N. de l’Asie, sont encore peintes deux chaînes de montagnes parallèles, ayant leur base près de l’océan septentrional ; on lit au milieu : Deserta. Ces deux mots paraissent se rapporter au mot Asia, et comme ils indiquent que ces deux parties de l’Asie étaient l’une déserte et l’autre couverte de sables, ils nous ramènent à la description que Pline et d’autres auteurs anciens font de cette partie de l’Asie. Toutes ces montagnes si étrangement placées re- présentent les différents systèmes orograpbiques de cette partie du globe ; mais l’ignorance du cartogra * phe a changé les vraies directions, et interverti les positions respectives, dont il paraît n’avoir pas eu l’intelligence. A une certaine distance de la base de la grande montagne qui représente le Caucase, et au S. du Flumen Eusis (Phasis?) est placée la Fri- gia. La Plirygia Salutaris et la Phrygia Epictetus des anciens sont toutes deux comprises sous cette (I) Ce fleuve porte aujourd’hui, avec le nom de Faiz, celui de Rione. 146 — dénomination générale. Le dessinateur agit à cet égard comme Arrien, qui ne distinguait point la grande Phrygie de la petite (1 ). A l’ouest de la grande montagne de l’Arménie, est Calcedonial quoique cette ville (aujourd’hui Kadikevi) soit située à l’en- trée du Bosphore de Thrace vis-à-vis de Byzance. Notre cartographe l’a inscrite comme un souvenir qui se rattachait à son histoire. Démantelée par Valens, ruinée par les Goths, elle joua cependant un rôle dans l’histoire de l’Église, et fut le siège du Jp- concile général tenu au V« siècle de notre ère (4 51). A l’ouest de Chalcédoine , on lit : Pamphilia , et quoique cette contrée de l’Asie Mineure donnât son nom à un golfe de la mer intérieure (aujourd’hui golfe de Satalie), cette particularité n’est pas indiquée. Nous- venons de parcourir toute 1 Asie de cette carte si étrangement dressée ; maintenant nous allons nous occuper de l’Afrique qui offre beaucoup d’inté- rêt, parce qu’elle nous montre l’état d’ignorance des cosmogi aphes de l’Europe au sujet de cette partie du globe. Le lecteur verra qu’à cet égard le carto- graphe du XIL siècle était aussi arriéré que ceux des siècles précédents, dont nous avons analysé les représentations graphiques. (1) Voyea Arrien, liv. I, c. XXIX. AFRIQUE. Dans la partie occidentale d’abord, au sud du dé^ troit de Gibraltar, sont deux grandes chaînes de montagnes parallèles, au dessus desquelles on lit : Duo Alpes (1) contra Arasibi (sic?) (2). Au bas de cette légende on remarque une petite croix. Entre ces deux montagnes, on lit le mot Gens. Gough pense que c’est Gent^ ville près de Tingis., selon le géographe de Ravenne; mais, si cela est, notre car- tographe l’a placée bien loin de Tingis. On remar- que ensuite deux autres montagnes de forme coni- que, et au-dessus on lit : Moîites Allanni (sic) (3). C’est probablement l’Atlas. Peut-être notre carto- graphe a-t-il voulu, par ces montagnes disposées de cette manière, indiquer X Atlas Major de Ptolémée, à la hauteur du cap Bojador, et V Atlas Minor (4). (1) L’expression à' Alpes est ici générique de montagnes. Gough n’a pas bien lu le dernier nom ; il a lu Aresbi. (2) Dans la mappemonde du Musée Britannique, décrite plus haut on lit : « Duo Alpes contraria sibi. (3) Gough a également lu ce nom d’une manière différente, sans égard à la mappemonde. Il a lu ; Montes Attani. (4) D’Anville dit, au sujet des montagnes du littoral de l’Afrique oc- cidentale : « Dans les routiers Portugais, dressés sur le rapport des « navigateurs qui en rangeant précisément ce rivage, ont, après plu- « sieurs tentatives, ouvert la route qui conduit aux Indes orien- « taies, la côte qui suit le Bojador est appelée Terra Alla, parce qu’elle « donne l’aspect des montagnes dont l’intérieur du pays est couvert. » « (Géographie ancienne, IH.) — Î48 — Dans la Mauritanie, on lit au nord de la première grande montagne le mot Abencania (sic) que Gougb a lu Abeniana (1). A Test de ce nom, on lit : Tingi (actuellement Tanger); mais remplacement de cette ville n’est pas marqué sur la gauche de l’anse que forme la mer; elle n’est pas non plus indiquée, comme chez les anciens, plus enfoncée sur la droite. En suivant la côte septentrionale de l’Afrique jusqu’à Alexandrie, on ne trouve pas un nom, mais seulement trois chaînes de montagnes parallèles pla- cées à différentes distances, ayant leurs bases sur la côte septentrionale, et dirigées du nord au sud. C’est, selon nous, un vrai déplacement des différentes mon- tagnes qui forment la grande chaîne de l’Atlas. La première chaîne peut correspondre au Pfiroca 3îons de Ptolémée, montagne à l’extrémité du Petit-Atlas. La seconde, aux Chalcorichii Montes où ce même géographe place les mines de cuivre. La troisième enfin , aux Libijci Montes. Le dernier groupe , à l’est , est le plus considérable. Entre les deux der- nières cordilières coule un fleuve qui paraît avoir sa (1) Peut-être Mauritania. Nous ne pensons pas que ce nom puisse correspondre à Amplusin, le promontoire aux vignes du cap Espartès. Cette conjecture serait trop hasardée. Pour qu’il puisse correspondre à Tingiiania , il faudrait admettre que le copiste 1 avait entièrement défiguré. 49 — source dans une petite montagne de rintérieur, et tombe dans la Méditerranée. Ce fleuve, par sa di- rection et par Tendroit où il se trouve marqué dans cette mappemonde, pourrait se confondre avec celui qu’on remarque dans la carte Théodosienne, qui, ayant sa source dans la Gétulie, déverse ses eaux dans le Lac Triton, au delà des grandes Syrtes (1). Mais celui de notre carte nous semble plutôt le Bagrada Fluvius des anciens (2), le Még'erda actuel, puisqu’il a sa source dans une chaîne de montagnes qui correspondent exactement au Mampsarus Mons de Ptolémée. Auprès de ces montagnes on lit : Garamantes (3) ; et au bas, les mots : Bassi Getali, d’après la repro- duction de Pasini, mais Getuli dans l’original. Plus, au sud des Gétules inférieurs, on remarque le mot Lacus, près d’un lac peint en vert, qui, se trou- vant chez les Gétules inférieur^, au midi des Gara- mantes, peut correspondre au Clielonida Palus de Ptolémée, ou au grand lac indiqué dans la carte Théodosienne, au pays des Garamantes, mais il n’oc- cupe pas ici le même emplacement que dans la (1) Rapprochez la mappemonde de Turin de la belle reproduction de la carie Théodosienne donnée par Scheyb. (2) Sur ce fleuve, voyez Pline, V, 4 ; Pom|)onius Mêla, 1, c. 7. (3) Sur le pays habité par le peuple de ce nom, voyez le Tom. P' de cet ouvrage, p. 8, 41, 53, 58, G5, lin, H2, 144, 145, 308. m — Ï50 ^ Théodosienne, Pour terminer complètement la des- eriptioQ de l’Afrique, il nous reste à parler de la forme et de la direction que notre cartographe a donnée au Nil, Dans la théorie du cours de ce fleuve célèbre, il s’est entièrement séparé de presque tous les dessinateurs de cartes du moyen-âge. Il a donné au cours de ce fleuve une direction plus conforme à l’école d’Hipparque et de Ptolémée, en le proje- tant du nord vers le midi, mais pour ne pas aban- donner entièrement la théorie d’autres cartographes du moyen-âge, il figure deux Nils. L’embouchure du plus oriental des deux est en face de l’extrémité nord du continent, là même où d’autres placent le Tanaïs et la mer Noire ; il coule du nord au sud-ouest, et communique en conséquence avec la zone de mer qui sépare l’Asie de l’Europe. L’autre fleuve, ou branche occidentale se jette dans la Méditerranée, après avoir coulé du nord au sud-est. Dans la partie supérieure de leur cours, au midi, ces deux bran- ches forment, avant de se rapprocher, une bifurca- tion ; et, à l’extrémité des deux pointes de la four- che, sont figurés deux lacs d’où sort chaque fleuve. Comme cette carte n’est pas graduée, il est extrê- mement difficile de fixer la latitude de ces lacs, et parlant jusqu’à quelle parallèle l’auteur connaissail le cours du Nil. Cependant, en comparant d’autres noms de la carte avec ceux de nos cartes modernes, on peut tirer des inductions importantes pour dé- terminer d’une manière approximative ses connais- sances à ce sujet. Cette méthode n’est pas à dédai- gner; et de ce que ces cartes ne sont pas graduées, et que les lieux terrestres y sont presque toujours déplacés, il ne s’ensuit pas que toute discussion de ce genre soit hasardée et inutile ; bien au contraire : sans ces discussions, sans ces rapprochements , de tels monuments seraient non seulement inintelligi- bles, mais ils ne serviraient aucunement à l’histoire des progrès de la science géographique. Cela posé, nous ferons remarquer que, si l’on tire une ligne de l’endroit où sont les Garamantes et les Gétules, jusqu’aux points ou lacs où s’arrêtent les branches du fleuve en question, et si l’on prolonge cette ligne jusqu’à la mer Rouge, on trouvera que le Nil marqué dans cette carte ne dépasse pas le Tropique du Cancer, ou le 20« degré 52 m. de la- titude nord , limite où s’arrêtaient les connaissances plus positives de Fauteur de la carte. Toutefois il savait, d’après les traditions théoriques des anciens que ce fleuve célèbre se projetait plus au midi du Tropique, puisqu’il ajoute entre les deux branches du même fleuve cette curieuse légende. — 152 — « Fluvius Nilus quem alii auto- res ferunt procul habitante montes habentes et continue aureis are- nis immergi, inde in angusto im- mergi brevi spacium vastatissimo laco deserta et arenosa est Ethio- pia. » Le Nil, fleuve que les auteurs 'disent être loin des habitants des montagnes!... et être considéra- blement rempli de sable d’or, d’où dans un détroit un court espace est submergé dans un lac très vaste de l’Ethiopie déserte et sablon- neuse. Au midi de cette légende est une vaste chaîne de montagnes peinte en vert, dirigée de l’ouest à l’est. Là se termine le continent de l’Afrique, borné par une zone de mer peinte en rouge, la Zona Fer- vida d’autres mappemondes du moyen-âge, et sépa- rant toute la terre connue d’un autre océan ou mer méditerranéenne aussi inconnue (1). Au sud de cette mer, est la Terre Antichthone, ou l’autre partie du monde également inconnue. On lit, en effet, la lé- gende suivante sur cette terre dont nous venons de parler : « Extra très altéras partes or- bis quarta pars trans oceanum interior est, quæ solis ardore inco- gnita nobis est, cujus finibus anti- podes fabulosore inhabitare pro- duntur (2). » « Outre les trois parties du mon- de, il y en a une quatrième que l’extrême chaleur du soleil nous empêche de connaître, et sur les confins de laquelle est située 1a contrée des fabuleux Antipodes. (1) Rapprochez cette théorie de celle des mappemondes de Floridus, du même siècle, publiées également dans notre Atlas. (2) On remarque cette même légende dans les ouvrages de plusieurs cosmographes du moyen-âge, notamment dans Raban-Maur au 1X« siè- cle. (Voyez Tom. Rr de notre ouvrage, § IV, p. 44.) Rapprochez cette légende de ce que nous avons exposé aux p. 23, ül, 86, 97, 140, 203, 229 du t. l". 153 — Il nous reste à parler des îles de la mer Méditer- ranée. Le cartographe a placé dans cette mer qua- torze îles toutes de forme carrée et disposées en deux lignes parallèles. Elles sont peintes en jaune. Les 7 premières du côté de l’occident n’ont point de nom. Ces îles sont probablement les Baléares, la Sardaigne et autres. Puis on lit : Corsico insula (la Corse), puis Sicin (sic) (la Sicile), ensuite Samos insula (l’île de Samos). A l’est de celle-ci : Cor insula (Corfou?). En face de Samos : Tasis (Tar- sis dans l’original). Enfin, en face de la Sicile, et près de la côte d’Afrique : Eress (sic). En terminant ici la description de cette mappe- monde, nous ferons remarquer au lecteur que le cartographe représente sur plusieurs points la géo- graphie des Grecs primitifs, et en ce qui concerne le Paradis terrestre, les opinions des Pères de l’Eglise. § XXII XII« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Floridüs (de LambertusJ auteur du Xir siècle. Lorsque nous avons écrit le premier volume de cet ouvrage, nous ne connaissions pas les ouvrages de Lambertus Floridüs. Nous n’avons donc pas dit un mot de ce cosmographe et des manuscrits de scs — 154 — ouvrages, qui se trouvent dans différentes biblio- thèques de l’Europe. Par la même raison, nous n’avons pas parlé des curieuses mappemondes et représentations graphiques que renferment ces ma- nuscrits. Nous allons remplir ici cette lacune. Les manuscrits de Floridus connus jusqu’à pré- sent sont au nombre de sept ; il s’en trouve à la bi- bliothèque de Tuniversité de Gand, un du XII® siècle, un autre du XIP siècle à la bibliothèque de Wol- fenbüttel (1), un autre à la bibliothèque de Leyde, du XIV® siècle (2) ; un du XV® siècle, d’une belle exécution, à la Bibliothèque royale de La Haye (3). Deux autres à la Bibliothèque nationale de Paris (4). Enfin un autre à la bibliothèque de Douai (5). (1) M. Pertz indique le numéro d’ordre suivant, VI, c. o, 6. L’histo- rien Warnkœnig dit dans son Histoire de la Flandre^ que le manuscrit deWolfenbiittel est plus ancien que celui de Gand. (2) Voss. Latin., 31. Zacker a donné, en 1842, dans un journal, le Sérapeum, p. 143 et 161, une notice de ce manuscrit et de la mappemonde. (3) Manuscrit n° 739. — Ce manuscrit fut copié en 1460 pour le duc Philippe de Bourgogne. (4) Le manuscrit latin, suppl. n. 107 est de l’année 1429, et ne ren- ferme pas de représentations graphiques. L’autre, suppl. latin, 10 bis, qui contient des additions, est de la fin du XlIP siècle ; c’est un ma- nuscrit magnifique rempli de miniatures et renfermant plusieurs map- pemondes. (3) Haenel, dans son Catalogue des Mss des différentes bibliothè- ques de l’Europe, publié à Leipzig en 1830, cite le manuscrit de Lam- bcrtus Floridus de la bihliolhèque de Douai, p. 139; mais n’indique pas la date. I.c mjuiiscrit de cette bihliothcque porte le u" 740. 155 — Floridus écrivit vers l’an 1120 (1) à Saint-Omer dans le couvent de Saint-Audomar, qui obéissait au même abbé que saint Bertin. Plusieurs savants se sont occupés des manuscrits de ses ouvrages. En 1836, l’un des monuments géographiques que ren- ferment ces volumes a été publié dans un ouvrage allemand (2). C’est une carte de l’Europe. M. Pertz, dans ses Archives pour les recherches d'anciens documents historiques allemands (3), a (1) Dans les manuscrits on lit : Ego Lambertus, canonicus sancti Au- domerî Ubrum istum de diversorum auclorum floribus conlexui, etc. Cette compilation a été refondue plus tard par Jean deThielrode (manuscrit de la bibliothèque de Bruxelles (6531). A la bibliothèque de La Haye (manuscrit no759, a) on conserve une traduction faite à Enghien pour Philippe de Clèves, en 1512. On sait que l’auteur était fils d’Onulphe, chanoine de Saint-Omer. Onulphe est mort en 1077. (2) Mone, Ânzeîger für die Kunde der teulschen Vorzeil, a publié la carte de l’Europe, du manuscrit de Lambertus, et il a donné une no- tice, p. 38, 39 et 40. Il a reproduit aussi en noir, à la suite de son volume, une autre carte ancienne de l’Europe et trois mappemondes sous le titre d’anciennes cartes de la terre du IX® siècle jusqu’à la moitié du XIV'. Nous parlerons ailleurs de ces trois monuments. Nous devons la communication de cet ouvrage à notre confrère M. le baron de Saint-Génois, qui a eu l’extrême obligeance de nous envoyer de Belgique l’exemplaire de sa bibliothèque particulière. Ce recueil étant peu répandu, M. de Saint -Génois reproduisit cette carte d’après le manuscrit de Lambertus, de Gand, et elle se trouve gravée dans la planche lll du Messager des sciences historiques, de Belgique de 1844, p. 602. (3) Pertz, ouvrage cité, t. Vil, p. .540. \ — 156 — donné une notice bien que fort courte, mais très in- téressante, de l’ouvrage de ce cosmographe. Après le savant académicien de Berlin, notre con- frère de l’Académie royale des sciences de Bruxelles, M. le baron Jules de Saint-Génois, publia, en 1844, une longue et intéressante notice du manuscrit de Lambertus conservé à la bibliothèque de Gand (1). Nous nous occuperons seulement ici de la partie cosmographique de ce livre, et ensuite des mappe- mondes et représentations ‘cosmographiques renfer- mées dans les différents manuscrits do Floridus ci- tés plus haut (2). (1) Voyez Messager des sciences historiques de Belgique de l’année 1844, p. 477. Nous donnerons ici une notice résumée du manuscrit de Gand, d’a- près les notions fournies par M. de Saint-Génois et parM. Isidoor Hye. Ce dernier a eu l’obligeance de nous envoyer, le 25 janvier de cette année 1849, des détails curieux. Nous sommes heureux de lui expri- mer ici toute notre gratitude. « Le volume connu à la bibliothèque de Gand sous le titre de Liber Floridus est un gros Ms. in-fol. sur vélin, endommagé et quelquefois illisible en plusieurs endroits. 11 contient 287 feuillets, sur les gardes desquels on a écrit des notes que des relieurs maladroits ont découpées en partie. 11 a des tables synoptiques. De nombreuses miniatures, des lettres en couleur, et des encadrements de toute espèce ornent ce vo- lume; l’écriture, qui est de différentes mains, ne paraît pas être pos- térieure à l’année 1125. Au dos on a mis ; Floridus Lambertus. — Uares Phrtjgius. Au verso de la première feuille de garde on lit : in hoc co- dicc conlinenlur sermoncs domini Gerrici ahbnlis. Liber sancti /îrtuo/iAv. Cela nous apprend que le manuscrit appartenait à la bibliolhècpie de Saint-Bavon, cathédrale de Gand. » (2) Knc(Miui concerne la partie relative à la cosmogra[»hie et à la Ce cosrnographe était, pour la connaissance du globe, aussi arriéré que les savants ses contempo* rains , dont nous avons exposé les théories et les systèmes dans une autre partie de cet ouvrage. En géographie, voici ce que contient cette espèce d’encyclopédie du moyen- âge, qui renferme 190 traités (De diversorum auctorum ftoribus). Au fol. 19, 4 : : Sp(h)era triplicata gentium tnundi, genies Asie, Europe, Africe diverse. Au milieu du texte est représentée une mappemonde, dont nous parlons plus haut. Au fol. 24 : Ordo veniorum (dans d’autres sphera ventorum) et natura ipsorum. On voit une figure sphérique divi- sée en compartiments, et où les vents sont désignés par des mots tu- desques. Au fol, 24, verso, n® 16 : « Sp(h)era Macrobii de quinque zonis. » Cette sphère est divisée par bandes. Au fol. 25, verso, n<> 17 ; « Cursus solis. » Autre représentation sphé- rique. Au même fol. : « Cursus lunaris et anni descriptio.» Au fol. 47, verso : De provinciarum episcopalibus. Ibi. n“ 28 : Mappavel Oresta (sic) mundi. Ce chapitre manque dans le manuscrit de Gand. Au fol. 48 verso, à 49 verso, n“ 50 : De Provinciis Mundi. Explications étymologiques des principales dénominations géographiques du globe. Au fol. 49, verso, n° 32. Liste des principales villes du monde, avec les noms de leurs fondateurs. Au fol. 49, verso, à 51, verso, n“ 33 : Marcianus Félix Capella. De Gentibus diversis, et de montibus. Au fol. 34 : De nominibus civitatum mu- iatis, etc. Au fol. 51, verso, n<> 35 : De Paradiso et insulis (nomencla- ture de plusieurs îles), Ibi. n° 36 : « De Paradisi fluminibus (une minia- ture). Ibi. no 37 : « De Mundi fluminibus » (énumération des principaux fleuves de la terre). Au fol. 53, n° 3. Notions sommaires sur quelques races extraordinaires d’hommes. — Ibi. Des quatre éléments avec une figure. — Au fol. 88, verso, n® 78 : Beda, de Astrologia, avec figures. — Au fol. 89 et 91, verso. Une mappemonde où on lit : Terre Globus. — Au fol. 94, no 86 : De Astrologia segundum Bedam, avec figures. — Au fol. 216. Un système cosmograpbique dessiné. Une figure de la sphère, d’a- près Macrobe. — Au fol. 241. Une carte géographique de l’Europe, pu- bliée parMone, en 1836, dans VAnzeiger, planche 1. <‘xaminaiil ses nombreuses légendes, on voit qu’elles ont été reproduites par les cartographes qui sont venus après lui (1). En effet, son livre est souvent cité avec éloge dans plusieurs manuscrits du XIII® siècle, et les nombreuses copies qui en ont été faites aux XII®, XIII®, XIV® siècles et au commencement du XV®, prouvent la vogue qu’il a eue pendant cette longue période de temps. Il place la terre immobile au centre de Y univers (2). Dans la théorie de l’emplacement géographique du Paradis terrestre, il suit l’opinion des Pères, qui plaçaient ce jardin de délices hors de la terre habitable (3). Le lecteur verra ailleurs que dans (1) Dans la partie extraite de l’ouvrage de Martianus Capella.on lit sur un cartouche : Regnum Amazonum, et les noms de plusieurs Amazones. Auprès de l’Atlas sont signalés des monstres fabuleux. Quant à l’inté- rieur de l’Afrique et aux peuples qui habitent cette partie, après avoir mentionné les Éthiopiens et les récits tératologiques, le cartographe dit : Antipodes dehililatem pedum habentes, serpunt polius quant incedunt. Près de la mer Rouge, il écrit : Fons est in littore Rubri maris, quem cum oves biberint in rubrum colorem incipiunt mutare lanas. Il dit des Cana- ries ; Insula Canaria canibus immense magnitudinis plena est, neinorosa, palmiphera, nucepinea et mele copiosa et picibus. Les îles qu’il cite sont les suivantes : Tritonia. — Gorgodes in oceano quatuor contra Ethiopiam in oceano.— Fortunata contra montera Atlanticum.— Beata contra Mauritania sita est. — Betania insula contra Columnas Her- culis. — Beleares (sic) contra Hispania in oceano. — Archades (Or- cades) XXXIll in Britaniam et Gothiam. A la suite est l’arche de Noé, peinte dans le texte du manuscrit de Paris. (2) « Terra est in media Mundi regione posita omnibus partibus celi lu modum centri equali intervalo obsistens. » (ô) Lambertus place en effet le Paradis au nombre des îles; dans le 59 — une de ses mappemondes le Paradis est une île sépa- rée du monde. Il connaissait si peu l’Orient de l’Asie, qu’il fait couler Y Oxus dans l’océan oriental, et ne mentionne pas un seul fleuve au delà du Gange. De l’Afrique il ne connaissait non plus que les notions transmises par les géographes de l’antiquité (1). texte du manuscrit de Paris, n» 10 bis, fol. 39, il dit : Paradiso insula in oceano in oriente. A l’article Paradisus d’un dictionnaire qui termine cette compilation dans le manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, no 10, suppléments lat., on lit : « Au centre du Paradis il y a « une fontaine qui arrose tout 1e jardin. L’arbre qui porte les fruits y « est placé. C’est le bois de la vie, où il n’y a jamais ni froid, ni chaud, « mais une température toujours égale. Là est la source des 4 fleuves. « L’entrée de ce lieu est fermée et entourée de la muraille de feu. » Voyez les mappemondes citées dans le P'' vol. de cet ouvrage et dans celui-ci, et dans lesquelles le Paradis terrestre est représenté d’après cette description. Au fol. 35, verso, on remarque une miniature repré- sentant l’arbre de la vie du Paradis terrestre. Ensuite l’auteur donne la description des 4 fleuves qui sortent du Paradis. 11 adopte la théorie du cours souterrain de ces fleuves. (1) Voici ce que Lambertus dit de l’Afrique, qu’il renferme en deçà de l’équateur : « Africe principium est a finibus Egypti urbemque Alexandrie. Une per castra Alexandri et super lacum Calearsum, deinde in transversum per Ethiopiam desertam contra meridianam plagam ; termini Africe ad occidentem sunt usque ad fauces Gaditani fretum, ultimus autem finis ejus est mons Atlans et insuie Fortunate. Et sub Africo montem habet Hesperium, a meridie gentes Aulolim quas Gau- landes (sic) vocant usque ad Hesperium montem. » Ce texte diffère de celui du manuscrit de Gand. Les villes fameuses dont les cartographes transcrivaient les noms dans leurs mappemondes sont mentionnées par ce cosmographe ainsi que par tous ceux du moyen-âge. Voici celles qu’il indique en pre- mière ligne :Babylone en Asie, Babylone de l’Égypte, Ecbatane.Ninive, Home. Une grande partie de la cosmographie et de la géo- graphie de l’ouvrage de Floridus est tirée de Mar- tianus Capella, de Salluste, de Lucrèce, deGéminus, de Ptolémée, de Chalcidium (1) et d’Isidore de Sé- ville. Il cite tous ces auteurs. Nous décrirons maintenant les différentes mappe- mondes et les représentations cosmographiques qui se trouvent dans le magnifique manuscrit de Paris, dans celui de Gand et dans celui de la bibliothèque royale de La Haye. Au fol. 34 du manuscrit de Paris est une figure ayant la couronne sur la tête, l’épée dans la main droite, et dans la main gauche une petite mappe- monde d’après le même système, ou de la même famille que celles que nous avons décrites plus haut (2). Une ligne circulaire figure le disque de la terre, une autre ligne coupe le cercle au centre du N. au S., et sépare l’Europe et l’Afrique de l’Asie. Enfin, une autre, placée de l’O. à l’E., figure la Mé- diterranée, et séparant l’Europe de l’Afrique, forme deux parties parfaitement égales La figure qui n’est autre que l’empereur Auguste (3) (1) Chalcidium, sans douie le Platonicien du IIP- siècle, dont le commentaire sur le Thnée a paru en grec et en latin à Leyde.en 1617, in-4o. C2) P. 45, 45, 106. (5) Le dessinateur a voulu imiter la carteTliéodosienne, dans laquelle est elle-même au centre d’un cercle figurant le mon- de, avec un cercle peint en vert, figurant l’Océan, et deux autres figurant l’horizon, et l’on y remarque la légende : « Exiit edictum a Cesare Augusto ut describere- tur universus orbis. » A l’angle de gauche, en haut, on lit : Octovianus (sic) ; à droite : Augustus, et au bas : VÎII Idus Jan. Et à droite, au bas : Jani clausit portas (1). Ce monument du moyen-âge, le premier de ce genre qui nous soit connu, vient confirmer encore ce que nous avons souvent répété' dans le cours de cet ouvrage, savoir que les cartographes du moyen-âge reproduisaient constamment dans les cartes la géographie des anciens et les théories bibliques. Ici l’on retrouve d’une part le souvenir du sé- natus-consulte, ou décret du sénat romain, d’après lequel Jules César arrêta que tout l’empire romain la ville de Rome est indiquée au cèntre de deux grands cercles repré- sentant allégoriqueinent le disque de la terre, pour montrer que cette ville était la capitale du monde. Au centre on remarque aussi la figure d’un empereur tenant de la main droite un globe, et de l’autre un sceptre. (1) Cette légende est tirée probablement du Géographe de Ravenne, qui dit : « Quod testatur et Sanctum Cbristi Dei Evangelium dicens; Exîii edictum ab Augusto Cœsare, etc. » (L. Lucas, 2—1. Voy. le Géogr. dé Raven., de l’édition de Poscheron, p. 3.) Il 11 1G2 — serait mesuré dans toute son étendue, travail qui se poursuivit du temps d’Auguste ; de l’autre part, la trace non méconnaissable des traditions des Pères. Pour mieux faire comprendre au lecteur cette repré- sentation, nous transcrirons les passages si intéres- sants d’Æthicus, à ce sujet : a Julius César, l’inventeur de l’année bissextile, « cet homme si profondément initié aux choses di- (t vines et humaines, décréta, étant consul, la déli- <. mitation du globe entier, ou, pour mieux dire, du (( monde romain, et confia ce travail à des hommes « supérieurs en intelligence et en lumières. Ainsi, « en exécution de ce décret, Zénodoxus mesura « tout l’orient dans l’espace de vingt-un ans, cinq « mois et neuf jours, à partir du consulat de Jules « César et de Marc Antoine jusqu’au troisième cou- « sulat d’Auguste, collègue de Crassus; Théodotus « mesura le septentrion dans l’espace de vingt-neuf « ans, huit mois, dix jours, à partir du même coii- « sulat de Jules César et de M. Antoine jusqu au « dixième consulat d’Auguste; enfin, Polyclitus « mesura le midi dans fespace de trente -deux « ans, un mois, dix jours, à partir du même con- « sulat de Jules César jusqu’à celui de Saturnus « et de Cinna : triple délimitation qu’on trouve (c ci-après. Ce travail fut donc accompli dans l’es- « pace de trente-deux ans, et présenté au sénat « romain (1). » La figure de l’empereur est une imitation de celle qu’on remarque dans la Table Théodosienne ; la map- pemonde de la terre alors connue qu’elle tient à 11^ main, est tracée selon les idées systématiques d’un grand nombre de cartographes des siècles qui pré- cédèrent les grandes découvertes du siècle. En- fin, pour que rien ne manque dans cette représen- tation des idées en cours pendant le moyen-âge, le monument se trouve encadré dans un carré, d’après les théories et les systèmes des Pères de l’Église (2). § xxm XII« SIÈCLE. Système cosmographiqiie renfermé dans le manuscrit de Lambertus, de la Bibliothèque nationale de Paris. Nous avons du même cartographe un autre monu- ment curieux, un système cosmologique, dans lequel se fait remarquer le même mélange des théories des (1) Voyez la Préface de la Cosmographie attribuée à Æthicus. Le lecteur verra la légende de cette figure reproduite dans la map- pemonde du XlVe siècle, de la cathédrale d’Hereford en Angleterre. (2) Voyez ce monument dans notre Atlas, où nous le reproduisons en fac-similé d’après le magnifique manuscrit de Lambertus, à Paris, suppl. latin, 10. Cette même représentation se trouve dans le manu- scrit de Gand, au fol. 138 v°. mm — 164 — anciens et des systèmes des Pères de l’Église. Dans le Tome P*” de cet ouvrage, nous avons déjà parlé de ce genre de monuments ; toutefois celui-ci est plus intéressant encore que ceux que nous avons signalés (1). Il sert même, en le rapprochant des autres, à les faire mieux comprendre. Pendant le moyen-âge, comme dans l’antiquité, on croyait que la terre était placée immobile au cen- tre de l’univers (2) ; que le soleil était un astre er- rant. Les cosmographes de cette époque classaient les sept planètes d’après leur distance de la terre; savoir : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Selon leur théorie, chacune de ces planètes occupait un ciel particulier, et, suivant Ptolémée, une sphère à part ; l’on pensait que cha- que ciel était dominé par la planète, à laquelle il était échu en partage. Dans cette hypothèse, tous ces cieux tournaient les uns sur les autres autour de la terre. Les étoiles formaient un huitième ciel, ou le ciel supérieur. Le système de Ptolémée et d’autres astronomes de l’antiquité exerçant une grande influence sur les cosmographes du moyen-âge, et la croyance à l’exis- (1) Voyez Tora. de cet ouvrage, deuxième partie, § XIV, p. 240 et 407, addition XLVIII. (2) Voyez le Tom. 1er de cet ouvrage, I" partie. tence des cercles étant fortement appuyée par les Pères de l’Église, ces théories furent adoptées et suivies par les dessinateurs des représentations cos- mographiques qu’on rencontre dans différents ma- nuscrits jusqu’au XVP siècle même (1). Le monu- ment que nous allons décrire en offre un exemple. La terre placée immobile au centre de ruuivers(2), est figurée comme dans un grand nombre de repré- sentations dont nous avons déjà donné l’analyse : un cercle représente le disque de la terre, une ligne placée du N. au S., coupant le centre du cercle, sépare l’Asie de l’Europe et de l’Afrique ; une autre ligne, placée de l’O. à l’E., et allant joindre celle du centre, représente la Méditerranée, et sépare l’Eu- rope de l’Afrique. Enfin un autre cercle représente l’océan environnant. Au delà sont circonscrits les cercles célestes : celui de la Lune ; celui de Mercure, dans lequel différentes constellations : la Lyre(3),Cas- (1) Guthrie, en parlant des systèmes cosinologiques, dit : « Le système des cercles d’après Ptolémée fut unanimement adopté et main- tenu par les philosophes péripatéticiens qui dominèrent depuis les temps de Ptolémée jusqu’à la renaissance des lettres. » (Trad. franç. de 1802). Voy. Delambre, Histoire de rastronomfe ancienne, al Cosmos, par M. de Humboldt, T. II, p. 576 et suiv. (2) On attribuait cette opinion aux Égyptiens et aux Chaldéens. (5) Lyre. Le lecteur doit consulter les Phénomènes û'Aratus pour l’iiisloire poétique de cette constellation. Il y verra que l’imagination des Grecs lit transporter au ciel la Lyre avec Junon, Mercure et Orphée, et l’y lit placer par Jupiter. Consultez aussi Grotius, Syniagma Ara- leorum. Notes p. .'>4 el ligure p. 45. 66 — siopée (1), la Couronne (2) et autres sont grossiè- rement indiquées ; celui de Vénus, dans lequel on remarque Sagittarius, et la constellation du Cygne, la légende : Celestis Paradisus, puis la suivante : € Hoc in celo Paradisus de quo Paulus fuit raplus in hoc tertio angusto (?) sunt qui ad nos veniunt quia in quo prophetarum anime vequiescunt (3). » Dans ce ciei est le Paradis, où Paul fut enlevé dans ce troisième dé- troit. Il y en a qui viennent à nous, parce que là reposent les âmes des Prophètes. Dans d’autres cercles sont encore d’autres con- stellations, par exemple: Sagittarius {£), Pégase (5), Andromède (6), le Chien (7), Argo (8), le Capri- (1) Cassiopée. Voyez l’histoire de cette constellation dans Avienus, Phœnomena Aratea; la figure, dans Grotius, Syntacjma Arateonm, p. 29, avec des notes, p. 47. (2) La Couronne (la couronne d’Ariadne). Une partie de cette constel- lation se trouve sous le Serpentaire. Voyez Phœnomena Aratea et Gro- tius, Syntagma, notœ ad imagines., p. 33, et la figure de cette constel- lation, p. 7. (3) Le 3e ciel était celui de Saint-Paul. Les PP. de l’Eglise le con- sidèrent d’une manière figurée et symbolique. (Voyez Saint Augustin in Genes. XII, 67, opp. tom. III, P. I, p. 322, D 324, B. C.) Saint Basile admettait 3 cieux, à cause de l’enlèvement de Saint-Paul au 3'^ ciel (Hom. 3 in Hexam.) : « Basilius vero très esse prohat oh raptum Pauli in tertium cœli (Lequien). Philipp., 3-20. « Nostra autem conversatio in cœlis est, ex quo salvatorem expectamus. * (4) Sagit tarins (le Sagittaire). Voyez la description de cette constel- lation dans Avienus, Phœnomena Aratea. Cf. Grotius, Syntagma Ara- teoruin, p. 52 et la figure, p. 53. (5) Voyez Phœnomena Aratea, v. 100 et suiv. Cf. Grotius, Syntagma, fig., p. 33. (ff) Phœn. Aral. Syntagma, figure p. 31. (7) Phœn. Arat. Cf. Gvolhts, Syntagma, figure, p. 61. (8) Argo, le vaisseau de Jasou, le navire thcssalieii. .!/«- lea, V. 757 et suiv. Cf. Grotius, Syntagma Iratcorum, figure 6 >. 167 — corne (1), Aquarius (2), Pisc'es(3), Canopusü^uvée par une étoile de première grandeur, au S.-E. de la Terre (4); Heridanus presqu’à TE. (5). Au N. se voit auprès de la constellation du Cygne (6) une grande étoile de 7 points, destinée à figurer dans un seul astre les 7 étoiles principales dont se com- pose la grande Ourse (7), mais le Dragon, qu’A- ratus compare à un fleuve qui coulerait entre les deux Ourses, ne se trouve pas marqué à sa place. (1) Phœnomena,y. 631 etsuiv., et Sijntagma, ligure, p. SI. (2) Aquarius ou le Verseau; Phæn. AraU, v. 646, et Grotius, Sijn- tagma, figure, p. 49. (5) Les Poissons, les Bambyciens ou Assyriens, à cause du culte qu’on leur rendait en Assyrie. Voyez Avienus , Phænomena Araiea , V. 640 et suiv. Cf. Grotius, Syntagma, fig., p. 59. (4) Canopus (Canope) était l’un des dieux les plus fameux de l’É- gypte. 11 fut amiral de la flotte à’Osirîs pendant son expédition en Asie. On l’avait mis au rang des dieux, et Plutarque prétend que son âme était passée dans l’étoile qui porte son nom. Voyez Suidas, t. 1, p. 1368. Cf. Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles lettres, t. XXII, p. 27 et 50, et rapprocliez de ce que nous avons dit au sujet de cette constellation dans le t. I' *' de cet ouvrage, p. 78, 103 et 536. (3) Eridan (le fleuve Oceanus, le Nil). Voyez Phænomena Aratea , V. 781, l’histoire mythologique de celte constellation. Cf. Grotius, Syn- tagn\a Araleorum, figure, p. 69, et le commentaire, p. 63 des notes explicatives des figures données par ce savant. (6) Le Cygne. Sur celte constellation voyez Avienus, Phænomena Aratea. Cf. Grotius, Syntagma, etc., p. 46, et la figure de cette con- stellation p. 47. (7) Ourse (la Grande). Aratus dit que les Ourses s’appelaient ainsi d’après la fable, et que le nom de chariots venait de la figure sous la- quelle ces constellations apparaissent, .liipitcr les transporta au ciel. {Phænom, Aratea, v. 104 et suiv.) — 168 — Les étoiles de Cassiopée sont non seulement dé- placées, mais même grossièrement représentées. La Lyre est figurée d'une manière bizarre. Pégase (1), le Cygne, V Aigle (2), le Dauphin (3), sont au N. de l’Écliptique. Argo traîne ici, comme dans Aratus, la queue de la constellation du Chien, mais il est gros- sièrement reproduit. Orion (4) et le Taureau (5) se trouvent également figurés. Hercule (6) est placé à peu près exactement ayant le Dragon à ses pieds, mais cette constellation, grossièrement indiquée, n’a pas de nom. La Lyre, placée au N. du Dragon dans nos planisphères célestes, est ici de l’autre côté. Orion est au bas de la Lyre, au lieu d’être au S. de l’Écliptique. Le Taureau est après Orion. La Cou- ronne, au lieu de se trouver derrière Hercule, est, (1) Pégase. Sur son histoire mythologique et astronomique, voyez Aratus, V. 509 et suiv. Cf. Grotius, Stjntagma, figure, p. 33 et 49 notes de ce savant (2) V Aigle. Voyez Aratus, v. 693 et suiv. CL Syntagma figure 33 et P . 68 du commentaire de ce savant. (3) Le Dauphin. Voyez Aratus, v. 701. Cf. Grotius, figure .37, et son commentaire, p. 61. La fable rapporte qu’Amphitrite, fille de l’Océan et de Thétis, ne consentit à épouser Neptune qu à la per- suasion du Dauphin. (4) Orion. Voyez Aratus, v. 319. Cf. Grotius, Syntagma, figure 39. (.3) Le Taureau. Pour l’iiistoire mythologique, voyez Aratus, Phœ- nomena, v. 422. Cf. Grotius, Syntagma, figure, p. 23. (6) Hercule. Au rapport de quelques auteurs anciens et mylhogra- phes, il fut le premier qui apporta en Grèce la science de la sphère, et l’on feignit à ce propos qu Allas s’élail reposé sur lui du fardeau du monde. — 169 — au contraire, h TE. Pégase est presque au N.-E., et Andromède trop au N. Les Poissons sont aussi trop au N. La constellation de V Aigle et celle du Dauphin ne sont pas aussi mal placées. Le Serpentaire est trop au N. Ainsi donc, toutes les positions astronomiques des constellations que nous venons de nommer se trouvent bouleversées dans cette figure, de la même manière que les villes dans les cartes teri^stres. Les cartographes du moyen-âge, par une incroyable ignorance, déplaçaient en général tous les lieux. Ils agissaient de même pour les constellations des pla- nisphères célestes ! Dans cette représentation on remarque aussi les constellations : Auriga (le cocher) (1), Lepus (le lièvre) (2), les Pléiades (3), Aries (le bélier) (4), Anti-Canis (Procyon) (5), le Deltoton (le trian- (1) On lit dans les Phœnomena Aralea que le Cocher était Erichthonius qui attela quatre chevaux à un char... qu’à son épaule gauche il porte la chèvre, etc. Voyez Grotius, Syntagma Arateorum, figure, p. 23. (2) Voyez Phœnomena Aralea, v. 798. Cf. Grotius, Syntagma Arateo- rum, figure, p. G3. (3) Les Pléiades étaient filles d’Atlas l’Africain, le soutien du ciel, dit Araïus, Phœnomena. Elles sont sept. (Voyez Avienus, v. 570). Cf. Gro- tius, Syntagma Arateorum., ligure, p. 43. (4) Voyez Phénomènes d’Aratus., v. 509. Cf. Grotius, Syntagma Arateo rum, p. 35. (5) Voyez Avienus, Phœn. Aral., v. 1,003. Cf. Grotius, Syni. Aral., fig., p. 79. gle) (1), le Lion (2), l’Urne (3), le Serpent (4), Ara (l’autel (3), Cetos (la baleine (6), le Centaure (7), les Gémeaux (8), le Caneer (9), la Vierge (10). Dans le ciel ou cercle de Jupiter, et dans celui de Saturne, on lit : Séraphin, Dominationes^ Fotestales, ArchangeU, Virtutes celorum, Principatus, Throni, indications empruntées aux théories sacrées. Dans saint Mathieu (24) on lit : Et congregahunt electos ejus a summo Cœlorum usque ad terminos eoriim. L’orientation de ce monument est différente de celle des modernes. On lit en haut de la carte: Oriens ; au côté opposé : Occidens ; à droite : Auster, c’est-à-dire le sud. Au dessus de tous les cercles ou deux, et de tout l’univers, le cartographe n a pas inscrit le nom de (1) Sur le triangle voyez le même ouvrage, v. 528. Cf. Grotius, ou- vrage cité, figure, p. 3. (2) Voyez sur cette constellation l’ouvrage cité, v. 892. Cf. Grotius, Synlagma, figure, p. 21. (3) Voyez Grotius, ouvrage cité, figure, p. 73. (4) Sur l’Hydre voyez Phœnomena Aratea, v. 892. Cf. Syntagma, fi- gure, p. 77. (3) Phénomènes d'Aratus. Avienus, v. 846. Cf. Grotius, ouvrage cité. (6) Ibid., V. 570. (7) Phœn. Arat. v. 880, et Syntagma Arateorum, figure, p. 75. (8) Voyez Phœnomena Aral. Cf. Grotius, Syntagma, figure, p. 73. (9) Sur le Cancer voyez l’ouvrage cité, v. 580. Cf. Syntagma ■lialcorum, figure, p. 17. (10) Sur la Vierge voyez Phœnomena Aratea. Cl. Grotius, Syntagma tratcorum, figure, p. 15. v"» •H 171 Dieu comme l’a fait le dessinateur dont la représen- tation cosmologique, du XIV® siècle, est également dans notre Atlas (1), mais il a peint Dieu assis sur son trône (2). Les couleurs que le dessinateur a employées dans la miniature où il fait figurer Dieu sont aussi symbo- liques. Le bleu représente, selon nous, le ciel\ le cercle rouge , V espace igné de l’Olimpe de Béda et de Raban-Maur. Cette idée des auteurs et des carto- graphes du moyen âge a aussi sa source chez les philosophes païens, notamment dans Philolaüs. L’existence de la matière ignée à l’extrémité su- périeure de funivers était déjà admise dans 1 anti- quité : Parménide (3), Héraclite, Strabon, d’autres encore (4), ainsi que les stoïciens, croyaient que Y Éther, ou la partie la plus élevée du monde, était une matière inflammable (5). Anaxagore fut de la même opinion (6). (1) Voyez cette représentation, dans notre Atlas. (2) Voyez celte représentation dans notre Atlas. M. de Saint-Génois, dans sa notice du manuscrit de Gand, pense que la figure dont il s’agit représente Saint-Omer ; mais en rapprochant ce monument de tous ceux que nous avons de ce genre, nous croyons que •la figure représente Dieu, qui bénit l’univers. (3) Voyez Stobée, Encyclop. phys., p. 500, édit, de Heer. (4) Voyez Diogène Laert. VII— 157. (5) Voyez Aristote, De Mcieor, 1-3, p. 530. — Cf. Pseudo Ari,stot. De Mundo. II — 5. (6) Voyez Carus De Font. Anaxag, Cosmo-Theog., p. “II. ! ? ■4 ! — 172 — Celte théorie remise en circulation par les Néo- platoniciens (1 ), passa de leurs écoles dans les livres des Pères de l’Église (2). § XXIV XII' SIÈCLE. Représentation cosmographique renfermée dans le manuscrit de Lambertus, de la Bibliothèque de Gand. La représentation cosmographique du manuscrit de Lambertus, conservé à la bibliothèque de Gand, n’a pas d’analogue dans le beau Ms. de Paris ; elle est différente de toutes celles qui nous sont connues, comme le lecteur pourra en juger non-seulement d’après la description que nous allons en faire, mais aussi sur la reproduction que nous donnons en fac-similé dans notre Atlas. Placée au centre de l’univers la terre est divisée en zones (3) , et ceinte par l’océan environnant ; à l’éiitour sont indiqués les différents quartiers de la lune et le mois lunaire, puis les cercles des planètes ; enfin le soleil peint du côté de l’orient, en dehors des cercles (4). Ce côté est le haut de la carte Les (1) Voyez Plotin Cum., III, c. 5, p. 138. (2) Voyez, entre autres, S.-Augustin ia Genes., H— 5, opp. III, p- 133. (3) Rapprochez ce inomuueiit de ceux que nous donnons dans la planche 1 de noire Atlas. (1) C’est encore une Ihéorie biblique cl (pie le g(jogra|)he de l.Uti'(iUUt 173 - deux zones boréale et australe sont peintes en rouge. Dans la première, on lit : Septentrionum Frigida. Dans la seconde : Australis Frigida. Sur la zone moyenne (la Torride), est la légende suivante : « Zona fervida inhabitabilis super quam sol cur~ rit (1). j> Les deux zones tempérées habitables sont pein- tes en vert. Dans la zone supérieure ou du nord, on lit : Zona nostra temperala. L’Europe offre une des plus bizarres théories hydrographiques ; nous n’en avons pas encore rencontré une semhlahle dans les monuments graphiques du moyen-âge. Un bras de l’océan occidental et un bras de la Méditerranée for- ment dans la partie la plus occidentale un cercle, au dedans duquel on lit : I. Gades (île de Cadix); puis : Europa. Le mot Italia est placé entre la Mé- diterranée et un fleuve qui paraît être le Danube, puisqu’il va joindre la mer Noire, mer qui est figurée, comme dans plusieurs des mappemondes déjà dé- crites, par une bande ou zone qui se prolonge en a reproduite (IX — 20). Notre cartographe l’a représentée graphique- ment. Dans le géographe de Ravenne on lit, d’après la Genèse (23) : Oriiur sol in locum suum ducitur oriens ipse vadit ad austrum et gyrat ad aqui- lonem. • (1) Rapprochezdes théories exposées dansle Tom. Ie> de cet ouvrage p. 221-222. formant les côtes de VAsie Mineure, de la Si^rie et de la Palestine. Sur l’Asie on lit le mot Asia, et près de la ruer, Jlirtlin (Jhernsalem). Au nord de la bande de mer, dont il vient d’être question, se trouve l’Arabie (Arahia). L’océan, ou le fleuve Oceanus^ forme, dans la partie boréale, un grand golfe où on lit : Mare Caspium. La mer septentrio- nale tourne vers l’E., forme une grande courbe, et revient encore vers l’O. L’Asie orientale et 1 Inde ne sont pas même indiquées. Auprès'de la Méditerranée, on lit : Africa. Ce con- tinent est infiniment plus petit et plus raccourci que l’Europe; il se termine en deçà de la zone torride, et ne porte que deux noms : Mare Rubrum (mer Rouge), et à l’extrémité occidentale, sur la même parallèle : Etkiopia. Au sud de la zone torride, est une zone de mer, avec la légende Oceanus filiis Ade incognitus. Au midi de cet océan inconnu, est la terre antichtbone, ou la quatrième partie de la terre , avec la légende qui suit : « Zona Australis filiis Ade incoynita, temperata, antipodorum (1). » Autour de l’océan environnant, se retrouvent les (1) Rapprochez des pag. 23, 47 , 67 , 86, 203 du 1. 1- de cet ouvrage. — 175 légendes relatives aux courants, telles que nous les avons déjà vues dans les mappemondes du X® siè- cle (§ VI et § XIII), du XI® (§ XV), et que nous les verrons dans celles d’Honoré d’Autun, dessinées à cette époque (1). Nous avons signalé les indications du cours de la Lune (2). Quant aux planètes, les seules dont on remarque les noms, sont Jupiter et Vénus (3). § XXV XII« SIÈCLE. Représentation cosmographique renfermée dans un autre manuscrit de Floridus, conservé à la Bibliothèque royale de La Haye. Ainsi, d’après ce que nous venons d’exposer, l’O- céan, qu’on plaçait au midi de l’Afrique, était in- connu, de même que la partie tempérée australe du globe. (1) Voyez plus loin, § XXXVII. (2) On lit : Luna Prima, puis II, III, IIII, V, VI et Luna VII, et ainsi de suite jusqu’au dernier quartier ; Luna XXX. (3) Notre savant confrère à l’Académie royale des sciences de Bruxelles, M. le baron de Saint-Genois, avait déjà publié ce monu- ment en 1844, dans le Messager des Sciences historiques de Belgique, mais il l’a donné en noir et réduit à un tiers. Nous devons à ce savant un fac-similé colorié de cette curieuse représentation cosmograpbique, reproduisant complètement la peinture qni est dans le manuscrit du XII' siècle de la Bibliothèque de Gand ; il nous l’a envoyé le 22 février de cette année 1849, accompagné de renseignements sur d’autres ou- vrages géographiques qu’on trouve dans la Bibliothèque confiée à sa direction éclairée. Dans la belle copie du maïuiscnt de Lainbertus (Floridus), conservé h la Bibliotbèque royale de La Haye, se trouve une représentation cosmographique absolument semblable à celle que nous avons décrite dans le paragraphe précédent (1). Celle-ci, ayant été dessinée au XV® siècle, est plus nette et nlus lisible que celle du Ms. de G and. Ce- pendant elle offre les différences suivantes. Les cercles de la Lune et de Mercure y sont peints en noir, tandis que dans le monument de Gand, ces mêmes cercles sont peints en bleu. Le cercle du soleil est peint en jaune, tandis que dans celui de Gand il est peint en rouge. § XXVI XII* SIÈCLE. Pelile mappemonde renfermée dans le même manuscrit. Le manuscrit de Lambertus Floridus de la Biblio- thèque de La Haye renferme encore une petite map- pemonde de la famille de celles que nous avons décrites dans les §§III, IV, V, VII, IX. Il renferme aussi un planisphère céleste. (1) Nous possédons un fac-similé de ce monunienl que nous devons à l’obligeance de M. G. Campbell, de la Bibliothèque royale de La Haye, et qu’il a eu la bonté de nous envoyer le 5 mars de celte an- née 1849 avec des indications sur d’autres petites mappemondes du manuscrit de Lambcrius , conservé dans celte Bibliothèque. 77 S XXVII XII« SIÈCLE. Grande mappemonde du même manuscrit de La Haye. Dans le même manuscrit de Lambertus de la Bi- bliothèque royale de La Haye, se trouve un autre système cosmographique, mieux dessiné encore que ceux dont nous avons parlé plus haut. La théorie est cependant, à peu de choses près, celle des deux au- tres monuments ; mais elle est représentée ici plus complètement. Quant à l’enluminure, elle est à peu près la même. La terre est représentée au centre de l’univers. Au centre, on lit en gros caractères : Globus Terre. Les mers sont peintes en vert. A l’entour on re- marque l’océan environnant; ensuite les cercles des sept planètes. Dans le cercle ou ciel de Saturne, sont les noms des douze signes du zodiaque. Une rose des vents en douze divisions de l’horizon s’y trouve marquée, et les noms des vents sont indiqués par des lettres initiales rouges. Les trois parties du monde alors connues ne sont pas séparées, comme dans les autres mappemondes. Au premier aspect, elles paraissent former une même région; cependant entre l’Europe et l’Afri- n 12 — 178 — que est la Méditerranée ; entre l’Asie, l’Europe et le nord-est de l’Afrique, une mer représentant le Ta- naïs et le Nil, et sans aucune communication avec la Méditerranée. Les zones sont séparées par des lignes de démarcation et distinguées, les zones inha- bitables par la couleur verte, et les zones habitables par la couleur blanche. Voici quelques détails sur chaque partie de cette curieuse mappemonde. EUROPE. En commençant par l’occident, on remarque d a- bord Cadix, grande île formée par deux bras de mer. Sur la partie occidentale est le mot Gades, et à l’E.-N.-E., le mot Calpe. Le cartographe, en inscri- vant ce nom, a voulu rappeler la célébrité du mont Calpe, placé avant l’entrée du détroit de Gibraltai, et s’élèvant en face du mont Abila, situé sur la côte de l’Afrique : ces montagnes représentent les colonnes d’Hercule. Le Calpe est le Gehel-Tarik des Maures, qui, par altération de ce nom, est anjour- d’hui Gibraltar. Sur l’Espagne, est le seul mot Hispania, avec un grand fleuve qui déverse ses eaux dans la Mediter- ranée, et qui ne peut être autre que l’Èbre, figuré comme une rivière de premier ordie. Dans tout le Ï79 reste de TEurope, on ne lit que les deux mots Komn^ Europa, et auprès de la Méditerranée : Medüerra- neum_, mare nestrum. ASIE. Dans TAsie, en partie séparée de l’Europe par le Tandis (le Don), sont seulement les mots Asia; Babilon (Babylone), placée auprès d’une montagne peinte en rouge, située sur un golfe, au bord duquel est le pays de Gog et de Magog. On remarque aussi la mer Caspienne communiquant avec la mer Bo- réale, selon les idées erronnées qu’on avait à ce sujet (1), et on lit à côté : Mare Caspiiim. Enfin l’Inde est une espèce de grande péninsule étrange- ment figurée par les contours de la mer Caspienne et du golfe Persique, sur laquelle se lit le mot India. A l’extrémité orientale de la carte, et près du golfe Persique on lit : Mare Indicum. La partie de l’Europe que nous avons décrite et celle de l’Asie que nous venons de parcourir for- ment, avec le nord de l’Afrique, la région habitable de la terre. Sur la zone septentrionale on lit : « Zona septentrionalis frigida inhabitabilis, » (!) Voyez, au sujet de cette théorie, le t. 1*^ de cet ouvrage, p. 49, 65, in, 123, 134, 159, 185, 200, 248, 255, 308, 326, 539. — Rapprochez ces passages indiqués des monuments décrits plus haut, § I, p. 16, et §§ VI, XII. Dans la même zone, et dans l’Asie, sont les monts Riphées [Montes Rifei), que le dessinateur a égale- ment peints en rouge. Ces monts célèbres que les Grecs nommaient aussi Ripœi, sont placés par notre cartographe, comme dans Ptolémée, loin des sources du Tanaïs, aux extrémités septentrionales. C’est la sans doute une réminiscence des monts nyperbo- réens, ou peut-être même de ce qu’on croyait pou- voir appeler Cingulum mundi (la ceinture du monde). Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous décri- rons la belle mappemonde de Sanuto (1). AFRIQUE. Cette partie du globe est figurée comme la plus petite. Coupée au midi de la Libye par une mer qui joint l’Océan oriental, elle se trouve renfermée en deçà du tropique du Cancer, et par conséquent en deçà du 24« degré de latitude N. Les seuls mots qu’on y lise sont Allons à l’occident (les Atlantes ou le mont Atlas) ; Africa, et plus loin, à 1 E., sur la même parallèle, Libia. Le dessinateur ii’a fait qu’indiquer la bande zodia- cale qu’on remarque dans la copie du même monu- (1) Dans le l. 1" de cel ouvrage, p. 98, nous avons inonlré que le Dante pailait aussi des monts lUffei. Rapprochez de ce que nous disons p. 247 et 248 du même volume. — 181 ment, renfermée dans le manuscrit de Lambertus de la Bibliothèque nationale de Paris , dont nous allons bientôt nous occuper. Ici ne se trouve au- cune des légendes inscrites sur la même bande dans le Ms. de Paris. Près de la grande zone de mer qui sépare les régions tropicales et la terre antichthone, ou tempérée australe, on lit : « Mare Mediterraneum et zona perusta per me- dium a fervore solis per zodiacum curentis, » Au sud de celte mer, qui sépare l’Afrique de, cette terre australe tempérée, on lit : « Zona anslralis temperata fitiis Ade incognita. Cette légende diffère de celle qu’on remarque dans le monument décrit au § XXIV. A côté sont les mots Plaga Antipodum (1). Enfin, sur la zone australe correspondant à la boréale, on lit : « Zona australis fîigida inhabitabilis (2). > Cette zone est enfermée dans l’océan environnant. (1) Voyez dans le tome de cet ouvrage les sources de cette lé- gende, p. 25, 423, et les discussions de Nicolas d’Oresme sur ce sujet. Ibid. p. 142. Rapprochez de la théorie des monuments décrits dans les §§ VI, XV et XXI, p. 152. (2) Nous donnons ce monument dans notre Atlas. Nous devons le beau fac-similé de ce monument à l’obligeance de M. Campbell de la Bibliothèque royale de La Haye, qui a bien voulu se charger de nous faire parvenir celle copie 182 — § XXVÎII Xlle SIÈCLE. Autre mappemonde renfermée dans les manuscrits du Liber Floridus de Lambertus, conservés dans les Bibliothèques de Gand et de Paris. Le curieux monument que nous allons décrire diffère aussi de toutes les mappemondes du moyen- âge qui nous sont connues. Ce monument présente dans les dispositions générales les particularités sui- vantes. L’hémisphère supérieur, ou la terre habitable, est coupé en deçà de l’équateur et de la zone torride par une grande mer qui met en communication l’océan oriental et Toccidental (1). Les mers et les fleuves sont peints en vert, et les montgnes en rouge. L’équateur paraît être représenté par le dia- mètre qui sépare les deux hémisphères de l’O. à l’E. Au centre est une rose des vents de huit divi- sions peinte en rouge. Entre les pointes de la rose se voient huit étoiles; et aux deux extrémités O. et E. de la ligne, deux autres roses. Au sud de la ligne, l’hémisphère inférieur est en- touré par un autre océan. Ce continent austral est rempli par une grande légende que nous transcrirons (1) Rapprochez de ce que nous avons exposé sur ce sujel, tome I", p, 24 et 235. 183 — à sa place. La portion de la terre habitée est en- tourée d’îles. Le Paradis twrestre est placé à 1 orient dans une île, et les Antipodes du Paradis dans une autre à Poccident. Maintenant voici la description des différentes parties. EUROPE. L’Espagne est renfermée dans un demi-cercle, et on y lit : Hîspaniaf ad P. (ad Pyræneos?), Lusitania, Gall (Galicia?), puis Aquitania? Gasconia, cracata (bracata?)id est Narbonia, Cilicia (Sicilia). Entrant en Italie, on lit : Capua, Apulia Ma- gna Grecia (1), Italia, Roma, Venetia; ensuite, comme désignation des villes et des provinces de la Grèce, Magnesia (2), Thesalia (3), Achdia (4); au (1 ) Par le mot Apulia Magna, le cartographe a voulu indiquer toute la Pouille, contrée de la Grande-Grèce, aujourd’hui l’une des provinces méridionales de l’Italie. Il a compris sous ce nom ÏÂpuUa-Dania, VApuUa-Messapia, qui comprenait la terre ^'Oiranie, au sud de l Italie, le long de la mer Ionienne, sur les côtes qui précèdent le golfe de Venise. (2) Magnesia, cette ville située en dehors du promontoire de Sépias, où la flotte de Xercès fut battue par la tempête, donnait son nom à un canton du pays. (3) Thessalie, province de la Grèce appelée aujourd’hui elle fait partie du gouvernement de Roumélie, dans la Turquie d Europe. (4) Achaia. — VAchaie, dénomination de la Grèce en général, se nomme aujourd’hui la Limdie et la Roumélie. L’Achaie, à proprement parler, est dans le Péloponèse, entre Corinthe et Patras. P ~ 184 — nord, Pannonia ( 1 ), Tracia (2), Macedonia (3), Dalmatia, Germania, Dardania. . Dans une autre division, on lit à côté : Boioaria Norica (4), Grecia pour Rliœtia, qu’on lit dans la carte de l’Europe du Ms. de Gand (5) ; ensuite, près de Mareotica [Mare Meotis) : Biesia (6) ; en reve- nant à l’occident et en remontant dans l’Europe de- (1) Notre cartographe signale aussi cette contrée d’après la géogra- phie ancienne. En effet, la Pannonie était une région de l’ancienne Europe, et elle a fait plus tard partie de l’Illyrie occidentale. Cette région comprenait plusieurs provinces. Elle se divisait en Pannonia superior et inferior. La Pannonia supérieure, que nous trouvons dans d’autres cartes du moyen-âge que nous venons de décrire, était une région de l’ancienne Germanie, et renfermait ce qui s’appelle dans l’Allemagne méridionale l’Archiduché d’Autriche, la Styrie, la Carin- thie, une partie de la Carniole et le Vindischmarck. L’inférieure, aujourd’hui région de la Turquie d’Europe en Hongrie , s’étendait entre la Raab, le Danube et la Drave. Elle comprenait, outre cela, la Slavonie et la Croatie. (2) Tracia. Le cartographe a voulu désigner la Thracia Chersonessus , ou Chersonese de Thrace. Elle fait aujourd’hui partie de la Remanie, sur l’Archipel, le Détroit de Gallipoli, ou des Dardanelles. (3) Macedonia, province septentrionale de la Grèce, sur la mer Égée et sur la mer Adriatique, conserve encore son nom et fait partie de l’Albanie, dans la Turquie d’Europe. Le cartographe l’a inscrite d’a- près les souvenirs de son ancienne importance, puisqu’elle a eu autre- fois des rois qui ont possédé la Thessalie et l’Épire. (4) Norica paraît se rapporter à l’ancien Noricum , région de l’Eu- rope, qui faisait partie de l’Illyrie occidentale. (o) Rœtia. La Rhétie était anciennement une partie considérable de l’Europe, à l’O. de l’Illyrie. C’est aujourd’hui une partie de la Souabe, de la Bavière et de l’Autriche, au S. du Danube, avec le pays des Gri- sons, et quelques portions de celui des Suisses. La Mésie, dans la Dacie cisisti ienne, en deçà du Danube. 185 — puis l’Espagne vers le nord de ce dernier pays : Flandra; dans l’intérieur ; Gallia Cellica, Burgon- dia, Hysiria (1); au nord du mot Flandra : Norm. (Normannia); ensuite, pour la seconde fois : Ger- mania; puis Saxonia, Suonia (sic) (peut-être Scla- vonia (2), Dalia (3), Gotliia^ Sanctozia (4), Wan- dali (5). Telle est l’Europe de cette carte. Elle a des noms qu’on ne rencontre pas dans la carte de l’Europe du Mss de Lambertus de la bibliothèque de Gand, don- (1) La Neuslrie comprenait, avant le règne de Charlemagne, tout le pays qui est entre la Meuse et la Loire jusqu’à l’Océan. (2) Sclavonia ou Slavonia. Province de l’empire d’Autriche avec le titre de royaume, mais dépendante de la couronne de Hongrie. Elle est divisée en deux parties : la Sclavonie, qui comprend le comilat de Ve- roeze ; et le gouvernement de Sclavonie. (5) Dacia. Le cartographe, sous cette dénomination, a voulu indiquer cette partie de la Scythie européenne, qui contient aujourd’hui la Va- lachie, la Moldavie, la Servie ou Bosnie, et la Transylvanie. (4) Scantzia (Scandia), la Scandinavie, qui comprend le Danemarck la Suède, la Norvège. (5) Wandali. Le cartographe a voulu, par ce nom générique, indiquer les régions occupées par les peuples appelés ainsi dans le moyen-âge. Ces peuples habitaient en Germanie le long de la mer Baltique, entre la Vistule, l’Elbe et la Trawe, c’est-à-dire la Poméranie et une partie du Brandebourg. Ils firent différentes incursions dans les autres ré- gions de l’Europe et des conquêtes en Afrique. Un grand nombre d’auteurs anciens parlent des peuples de ce nom. Nous renvoyons le lecteur à Dion Cassius (LXXI, 12), Euirope (VllI, 15), Procope (I, 2), Tacite (II), PIihc (Hist. Nat., IV), Jornandès (22-27). La 'fable Théodosienne les appelle Vindili. Voyez aussi Schaffarik snr /« patrie des Slaves. 186 née parM. de Saint-Génois, de même que dans cette dernière on remarque des noms qu’on ne trouve pas dans celle-ci. Enfin, dans celle de Belgique, les villes sont figurées par des édifices grossièrement dessinés et placés d’une manière arbitraire, tandis que dans celle que nous donnons il ne s’en voit pas un seul. Entrons maintenant en Asie. ASIE. Dans cette partie de la carte, les noms et les lé- gendes sont tellement entassés les uns sur les autres, et il y a tant d’abréviations, que la lecture devient extrêmement difficile. Plusieurs noms sont plutôt devinés que lus exactement. Selon l’usage des carto- graphes du moyen-âge, celui-ci s’est borné à signa- ler les grandes contrées, et non pas les villes capi- tales. Voici les noms que nous sommes parvenus à lire. En entrant dans l’Asie par la côte occidentale, on remarque : Licia, Pampliüia (1), ensuite : Ju- dea (2), Phenicia{2i), Syria, Bitinia, Troja^ Frigia, (1) Pamphilia. Cette ancienne région de l’Asie Mineure fait aujour- d’hui partie de l’Aladulie, province de l’Anatolie, le plus grand pays de la Turquie asiatique. (2) Judea. 11 indique par ce nom tout le pays ainsi dénommé, c’est-à- dire la partie méridionale de la Palestine. Elle comprenait les anciens territoires de Juda, de Siméon, de Dan et de Benjamin, et le pays des Philistins (Voyez la carte delà Palestine de d’Anville, publiée en 1768). (5) La ancienne s’étendait en Asie sur tout le long des côtes 187 — Rerlrania (?), Galilea[i), Capadocia Cilici(i{^), Tandis (4), Pontus agerl (5). Ensuite on lit : Hizo- rum gens (?), (peut-être Ilunorum gens), Tharcia (6), maritimes qui sont au delà et à l’orient du mont Liban. Tyr et Sidon, les principales villes, étaient souvent indiquées dans les cartes du moyen-âge. Après les conquêtes des Musulmans, cette contrée fait partie de la Sourie, région de la Turquie asiatique, et comprend au- jourd’hui les gouvernements de Tripoli et de Damas. (1) Galilea. C’était une des quatre parties de la Palestine, après le retour de la captivité de Babylone. Ce pays, très célèbre dans 1 histoire sainte. Joue un grand rôle parmi les géographes du moyen-âge. (2) Capadocia. Cette ancienne contrée de l’Asie-Mineure était placée entre le Pont et la Galatie. Au N. la Phrygie, à PO. la Cilicie (que no- tre cartographe marque aussi), la Syrie au S., et l’Euphrate, qui la sé- parait de l’Arménie à l’E. Elle forme maintenant la partie E. de la Ca- ramanie, et la partie S. du pachalik de Siras. (3) Cilicia (Cilicie). Cette ancienne contrée de l’Asie-Mineure est un canton de VAladulie dans l’Anatolie, vaste région occidentale de la Turquie asiatique. (4) Tanaïs (le Don). Ce fleuve se trouve presque toujours marqué dans les cartes du moyen-âge, même dans celles qu. sont les plus bar- bares. Comme il servait de limite à plusieurs contrées, les cartogra- phes n’oubliaient jamais de le signaler dans leurs représentations gra- phiques. Dans la géographie ancienne, ce fleuve partageait la Sarma- lie entre l’Europe et l’Asie, et faisait la division vers le bas de son cours tendant au Palus Meotide. Dans les historiens d’Alexandre, il est sou- vent question du Tana'is, qu’ils prenaient pour le Jaxarics. Sur ce fleuve, voyez Hérodote (IV, 20, -123), Scijîax dans les géographes d’Hund- son (I, 30, 31), Strabon (XI), Mêla (I, c. 1), Pline (Hist. Nat., IV, 12), Ammien Marcelin (XXII, 8), Plolémée et Etienne de Byzance (633). (o) Pontus ager. Voyez dans les additions. (6) Tharcia. Nous croyons que ce mot désigne dans celte carte Tarsus, grande ville, qui fut métropole de la province de Cilicie, et qui tirait une telle distinction de l’étude des lettres et de la philosophie, qu’elle pouvait être comparée aux célèbres écoles d’Athènes et d’Alexandrie. Elle est devenue entre les mains des Musulmans frontière des empires, et porte maintenant le nom de Tarsous. Galatia (1). Au nord de ce nom, est une légende : Hic seclusil Alexander cœfi (cœti?) régna; versl’E.: Opuneia malronum; ensuite le Tigre, Tigridis mar- ciana (ponv M argiana) (2); Caria (3). Au nord de celle-ci est ; Armenia ; l’on y remarque une montagne peinte en rouge, et à TO. on lit : Lana (?), peut-être Tana (4). Au N., près de la mer, sont les mots Scy~ thia Ypopodum. (?) Hispannotlii, Huchania, hic gén- ies^ Aricusia elefantinom, Calsinia [Calsiria) Par- thia (5), Assiri, Susiana [Ninive?), Susa, Tyalasar (1) Galatia. Le Chiangara, pays de la Turquie asiatique dans une par- tie de TAoiasie et de l’Anatolie propre, entre les cantons de Cbioutaïe et de Rossi. Les villes principales de cette contrée sont Pessinonte, An- cyre, Gordicura. Auguste réduisit la Galatie à une province romaine. (2) Margiana. Rapprochez du t. p, 211 . (3) Carie. Cette ancienne contrée de l Asie-Mineure, placée au S. O. entre la Lydie au N., la Phrygie et la Lycie à l’E., et la mer intérieure au S. et à TO., comprenait en outre les villes doriennes fondées sur la côte et dans les îles Aphrodisias, Alabanda, Mylasa, Alinda et Cannus. Elle fait aujourd’hui partie de la Natolie. Il est question de cette con- trée dans les auteurs anciens. Voyez Tit. Liv. (XXXVIII, 39), Pline (IV, 12), Mêla (II, 7), Cicéron, pro Flacco (c. 27), Sénèque, Qiiest. Nat. (III, 19), Jornandès (p. 40), Strabon (XI, p. 338), Arrien, Exped, d'Alex.., Ptolémée, Pausanias [fihor., c. 30). (4) ïarsa. (5) Parthia. C’est la Parlhoruinregio, ou le pays des Parthes. C’était anciennement une province de l’Asie, qui a fait ensuite partie de l’em- pire des Perses. Le cartographe inscrivait encore au XIL siècle ce nom de la géographie ancienne, de môme que les autres dont sa carte est remplie. Ce pays forme aujourd’hui la province de Erax-Aizem et partie de celle du Chorasan dâm le royaume de Perse moderne. Sur les sources géographiques anciennes de ce nom et de l’histoire — 189 — (Cyalasar), Mesopotamia (1), Babilon, Caldea (2). A l’E. 011 remarque une montagne. Plus haut sont les mots Cryseo (Crysea) hic aurum. On lit plus à TE. : India Prima (3). Hic Pigmei faunique reges gentium Moab, Og et Balan (Basan?), ensuite India secunda (4), puis à 1 E. le dernier mot qu’on lit, c’est Idia (India) uUima (5). Duo arbores solis et lune (?). Ensuite il signale les tribus de Moab,.. Zabolan (sic) [Zabulon). En revenant vers des peuples de cette région, le lecteur doit consulter Pline (Hist. Nat., VI, 15), Ptoléméc, Slrabon (XI), Polybe (X, 28), Quinte Curce (VI, 11), Étienne de Byzance (530), Tacite (Ann., Il, 56), Mêla (I, 2), Ammien Mar- celin (XXIII, 6), Arrien (III, 21). Cf. t. I®'- de cet ouvrage, p. 211. (1) Mosopatamia. Voyez la page 64 et la note 1. (2) Caldea (Chaldea). Ce nom était donné à la partie de la Babylonie qui s’étendait du confluent du Tigre et de l’Euphrate jusqu’au golfe Persique. Dans la Bible une grande partie de la Mésopotamie est ap- pelée Chaldée. Presque tous les auteurs anciens parlent de ce pays et de ses habitants, qui ont joué un si grand rôle dans l’histoire. Voyez Ge- nes. (XI, 28, 51; XIV, 7), Reg. (XIV, 2), Jerem. (XXIV, 5; XXV, 12), Pline (V, 22; VII, 26), etc. (3) India Prima. Voyez t. pf de cet ouvrage, p. 136, 182, 251. Les géographes du moyen-âge divisaient quelquefois l’Inde comme les an- ciens. Avant que l’ouvrage de Marco Polo eût exercé de l’influence sur la cartographie, ils partageaient ces immenses régions de l’Asie orientale connues et inconnues en quatre sections, qu’ils désignaient dans leurs cartes sous le nom d'india; c’est ce qu’on remarque dans cette carte, dans laquelle nous voyons ce mot inscrit quatre fois. (4) Voyez, dans les additions, les divisions des Indes, de Philostorge et du géographe de Ravenne. (5) Ibid. — 190 -- le S. , sont indiqnés Media, puis Persida (la Perse), rindus, le golfe Persique et la mer Rouge. Entre la mer Rouge et le golfe Persique, on lit : Sabba ethiop (?), ensuite, en venant vers l’O., Pdsi- turamomum^ peut-être Psitacus (le perroquet et Ci- namomum (la Cinamome), Siiperum Egyptus, Babi~ Ion, Egyptus inferior. En revenant vers TArabie, on lit : Arabia, et plus à rO. : Arabia. Hic Leones et fenix per ura- cosa {nemurosa habitant) Idumea (1). La partie la plus orientale de l’Asie, signalée par le cartographe, c’est donc V India ultima. Nous allons maintenant décrire l’Afrique de cette mappemonde. AFRIQUE. L’auteur de la carte prouve , par le dessin qu'il donne de ce continent, qu’il n’était pas plus avancé que ses contemporains ou ses prédécesseurs dans la connaissance de l’étendue de ce vaste continent et des pays qu’il renferme. Les seuls noms inscrits sur cette partie du monde, de l’occident à l’orient, sont les suivants : à l’entrée (1) Idumea, Idiime, ou Edom, était une contrée de la Palestine, en Asie entre la Judée, l’Arabie et l’Egypte. Les Iduméens s’étendirent dans l’Arabie Pétrée et dans les pays voisins. On appelait souvent la mer Ronge Hier d' Idumée. Sur Y Iduvtea 3Iagna, yoyez 3o&kphe {Bell. lY, 30). — 191 de la Méditerranée, près de Column. Hevcul. (co- lonnes d’Hercule), on lit : Numidia (1); ensuite Bysacea(2), Phencil (Phenices), Ectana (3), ou Se- luectana? Getulia, Affrica Libia Surles maîores (les grandes Syrtes), Cyrenam\ plus à l’E., Garaman- tium, les Garamantes (4), puis Provincia (pour dési- gner probablement la limite romaine de la Province d'Afrqiie), Alexandrin^ et plus loin, à TE. de cette dernière ville, la fameuse ilfcroew (Méroé). Revenant à l’occident, on lit Maurüania, séparée par un trait de l’autre province du même nom, qui est plus à l’E. et porte le nom de Cesariensis; au dessous d’un se- cond trait est répété Mauritania, ce qui semble faire trois provinces. (1) Sur la Numidie et les peuples qui habitaient cette partie de l’A- frique septentrionale, le lecteur doit consulter l’excellent ouvrage de MM. Marcus et Duesberg, intitulé : Géographie ancienne des États bar- baresques, d’après l’allemand de Mannert, ouvrage publié par ordre de l’Institut, page 238 et suivantes, où l’auteur traite des Numides, d’a- près les auteurs anciens. Rapprochez de ce que nous disons de cet ouvrage pages 63 et 144 du t. (2) Byzacium. Dans la géographie romaine, le pays adjacent alaSyrte était distingué par ce nom. Il était renommé par sa fertilité en grains. C’est dans ce district qu’étaient les greniers de Carthage. C’est donc à la grande célébrité dont la contrée de ce nom a joui dans l’antiquité que nous devons attribuer le soin que les cartographes dessinateurs de la carte du Xe siècle et de celle-ci ont mis à l’indiquer dans leurs barbares représentations graphiques. (1) Peut-être Tengitana? (2) Voyez la note 2 de la page 123, — 192 — Sur la partie qui renferme le désert du Sahara, on lit : Terra Ethiopurriy Deserta Ethiopie; et à la même parallèle, sur toute la partie de l’Afrique orientale jusqu’à la mer Rouge on lit cette légende : Locus draconum et serpentium et bestiarum cru- delium. L’Afrique se termine au midi de ces deux légen- des. Du côté de l’occident est une longue chaîne de montagnes à sept sommets qui correspondent aux septem montes marqués dans d’autres cartes du moyen-âge, et entre autres dans celles de Sanuto. Ainsi l’Afrique de cette carte se termine par le 24® degré de latitude nord. Au midi de cette chaîne on remarque une zone de mer qui joint l’océan Atlantique avec l’océan oriental. Les trois parties du monde que nous venons de décrire sont entourées d’îles placées d’après l’esprit systématique des dessinateurs des cartes au moyen- âge (1). La fameuse île de Thile^ qui était la dernière terre connue à l’occident, mais vers le nord, se trouve placée dans cette carte à l’occident, au S.-O. des sept monts. En face du détroit d’Hercule (Gibraltar), est une île sur laquelle on lit : Hiborus. Puis, en remon- (I) Voy. l. I", p. !2ü2 ei 205. 193 — tant vers le nord, on en voit une autre, Hibernia (l’Irlande), placée non seulement au sud de l’Angle- terre, mais en face de l’Espagne. Ensuite vient Anglia (rAngleterre). Après celle-ci, sont deux autres îles portant le nom de Tharana et Thavana ; puis les îles de Moua, d'Albacia? (1) d'Octos-Goria (?) ( Ostrogothia), iSamara ? et enfin la dernière à l’E. de la carte, en suivant vers le nord, l’üe de Colcos, après laquelle, à l’orient, se trouve le Paradis terres- tre, île en dehors de la terre habitable. Nous revien- drons sur cette particularité. Retournant une autre fois vers PO., on remarque une île presqu’en face du dernier golfe, avec ccs mots ; Lisuia Soi (?) (2) ; ensuite Taprobana insula (Ceylan), puis Argire (3). Ces trois îles sont dans la mer orientale, au midi de l’Asie. (1) Albacia. Solin place celle île à irois jours de chemin de la côle Scythîque. Ce géographe dil qu’elle esl d’une grande élendue el sem- blable à un coniinent. (Sol. XX.) (i) Mêla, parlant des îles près du Gange (111,4), dil :... Altéra au, ei soli {iia veieres tradidere) altéra argentei, etc. L’insula sol est Vinsula solis que Mêla plaçait près des bouches de l’Indus. « Près des bouches de l’Indus, dit-il, s’élèvent quelques îles appelées îles du Soleil, et tel- lement inhabitables, que ceux qui y abordent sont à l’instant mêrpe suffoqués par l’air qu’on y respire. » (III, c. 7.) « contra Indi ostia ilia sunl. quœ vacant solis, adco inhabitabilia; etc. » Pline place l’île du So- leil entre le cap Coliaque et la Taprobane (Pline, llist. VI, c. 22) Celle île est nommée Jer dans la carte de Van-Lochom, et Singapurû dans Ortelius. (3) Voyez au sujet de cette île, Pline {riist. Nat., VI, 2t). Cf. Mêla " 13 Au sud de l’AtViquc on remarque, en veiiaul de TE., une île sur laquelle on lit : Calaria (?), (Ganaria), une autre nommée Nimùoralia (?), (la Nivaria),puis une autre où on lit Junonia. Ensuite viennent une île nommée Beioria, et cinq îlots, sur lesquels ou lit : Gorgodcs (ce sont les îles fabuleuses du Périple d’Hannon (1). A rO. des Gorgodes, sont deux cercles, dont le premier paraît figurer le disque d une terre de foi me ronde entourée par la mer, et en dedans du cercle on lit : Hic Antipodes noslri habitant ; sed noctem diversam diesque con- trarios perferunt et occa (sms ast) roruni. Ici habitent nos Antipodes, mais ils ont une nuit différente et des jours qui ne ressemblent pas aux nôtres, ainsi que le coucher des astres. Ainsi la forme donnée par le cartographe a cette terre est celle d’un monde. G’est l’idée des anciens, Aller orbis. Cette terre est placée au sud de l'Afrique, et, par une bizarrerie du dessinateur, sous le meme (III, 4). Ces géographes la plaçaient dans la mer indienne près du Gange. Le dernier dit : Ad Gan SIÈCLE Mappemonde renfermée datis le manuscrit de Guidonis, consei-vé à la Bibliothèque rotjale de Bourgogne en Belgique. Guidonis doit être compté parmi les cosmogra- ' phes du XIP siècle. Le manuscrit de son ouvrage, conservé à la Bibliotbèque royale de Bruxelles, est daté de 1199. Dans ce volume, que M. Pertz intitule Historiœ varice (2), on rencontre beaucoup de no- tions cosmograpbiques et géographiques. Le premier livre traite de l’Italie ; le deuxième des Royaumes (de Regnis); le troisième de Divisione orbis , de Asia, de Africa, de Europa, de finibus Maris ; enfin des Iles et des Promontoires. Il contient aussi ; Iti- nerarium portuuYïi , vel positionum naviiim abuibe Arelate usque ad portum Augusti. Cet itinéraire est suivi de l’indication des îles. Au fol. 51 se voit : Ta- buta or bis totius. Parmi les sources où ce compila- teur a puisé pour la composition de son ouvrage cos- (-1) Voyez le monument dans notre Atlas. Nous devons la copie celte mappemonde à l’obligeance de M. de Sainl-Genois. (2) Voyez Pertz, Archiv., t. Vil, p. 557. de .M — 213 — mographique, il cite plusieurs auteurs, et il donne les noms des philosophes (dit-il) qui ont fait la description de Tunivers ( I ). Ce sont ; Càstorius et Arbitionus, phi- losophes romains; Holdebaldus, Athenaridus^ Mar- comir, philosophes goths, et trois Grecs, savoir : Porphyre, Jamblique, et Libaniiis, deux Macédo- niens, et le roi Ptolémée. Cette citation nous prouve que l’auteur avait puisé dans l’ouvrage du Géographe de Ravenne, où se trouvent cités les noms d’un certain nombre d’au- teurs grecs, latins, persans et goths qui traitèrent de la géographie, et dont le compilateur anonyme s’est servi (2). Le manuscrit de l’ouvrage de Guidonis, conservé en Belgique, a été analysé par M. de Reiffenberg, en 1844 (3) ; il porte, dans la Bibliothèque de Bour- gogne, le n° 3,901 , et a pour titre : Descriptio totius maris, A la fin : Itinerarium marilimiim, quæ loca (1) Nomina pidloxophorum qui universum descripserunl. (2) Voyez dans l’édition donnée par le Père Porcheron en 1688 de l’ouvrage de l’Anonyme de Ravenne, la liste des géographes cités par l’auteur. Voyez aussi, dans les additions, à la fin de ce volume, les lis- tes comparées des noms donnés par Guidonis et par l’Anonyme. (3) Sur le Liber Guidonis, voyez les notices de notre confrère, M. de Reiffenberg, dans le Rulleiin de l’Académie de Bruxelles et dans l’An- nuaire de la Bibliothèque Royale pour l’année 1844, p. 99, 151 ; nous sommes redevable à l’obligeance de ce savant qui nous a communiqué un exemplaire du recueil. — 214 — tangere navigalurus debet; itinerariurn portuum veî poshionum navium. Au fol. 2 est une carte topogra- phique de l’ancien empire d’Occident (1). Presque tous les contours sont formés par de simples lignes, sans offrir de configuration exacte. On voit au fol. 52 la mappemonde coloriée dont nous allons donner l’analyse, et qui représente le monde tel qu’il était connu au XII® siècle (2). Sous le n® 3,906, existe un autre manuscrit de Guidonis, commençant par ces mots : Incipit liber tertius de divisione orbis. De Asia ; de Europa. On y remarque une carte géographique. Le n® 3,908 a pour titre : Nomina eorum qui or- bem descripserunt. Le n° 3,909 : Liber terminum Africœ , Asiœ et Europæ, L’auteur du catalogue ajoute la note suivante : « Ce manuscrit de Guide Pisan porté à l’inventaire, depuis le II® 3,897 jusqu’au n® 3,918, etc., est un re- cueil de pièces de divers ouvrages de géographie hel- (1) Cette carte est reproduite dans le vol. X du Bulletin de l’Acadé- mie R. des sciences de Belgique, réduite à 1/8, et l’on en trouve une autre reproduction dans l'Annuaire de la Bibliothèque B. de Bruxelles, par M, de Reiffenberg. (2) Cette carte a été donnée en noir dans le t. Il du Catalogue des manuscrits de l’ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne à Bruxel les, p. 85. ieno-romaine avec leurs caries. Il paraît que l’auteur a rassemblé ce recueil dans le temps de la splendeur de la république de Pise, et principalement à l’usage des navigateurs et des commerçants. Le texte com- mence par cette rubrique (m3,899) : « In nomine Do- mini nostri Jesu Christi, Dei æterni, anno ab incar- natione ejusdem Christimillesimo centesimo XVIII indictione XII. > Il sufit de donner ici une idée succincte de la partie géographique du manuscrit de Guidonis, mais pour les mappemondes renfermées dans le manu- scrit de Bruxelles, nous croyons utile de les décrire ; elles ne le sont en effet nulle part dans les diffé- rentes notices qui ont été publiées sur ce volume. Le monument géographique dont il s’agit diffère à divers égards de tous ceux que nous venons de décrire. Il représente la terre de forme ronde et comme une île immense entourée par le grand Océan. C’est encore un souvenir du fleuve Oceanus d’Homère. L'Asie occupe la moitié du plan de la carte ; le reste renferme l’Europe et la partie de l’Afrique alors connue. L’océan environnant est peint en rouge, de même que la mer Caspienne et l’Océan oriental. La Mé- diterranée, les mers qui baignent les côtes de la Syrie et de l’Asie-Mineure, rilellespont, et la mer — 216 — Noire sont peints en bleu, et les grands fleuves en vert. Les quatre points cardinaux sont indiqués. Il ne se trouve d’îles que les Baléares, dont on lit le nom renfermé dans un carré. A l’E. des Baléares et sur la Méditerranée, on lit dans un autre carré : Mare nostrum. En Europe, les différentes régions sont séparées les unes des autres par de simples traits; dans les deux autres continents, le carto- graphe n’a pas suivi le même système. Voici le dé- tail des indications géographiques que renferme chaque partie de ce monument. EUROPE. En partant de l’occident, le premier nom est celui de Spania (Espagne). Le dessinateur s’est con- tenté d’inscrire le nom de cette grande région, mais il n’indique ni sa forme péninsulaire, ni les con- tours de son immense littoral. Après l’Espagne, près de la côte de la Méditerranée, est le nom de JSarbona, renfermé dans un cercle. Selon l’usage des cartographes du moyen-âge, ce nom indique l’une des quatre grandes divisions de la Gaule, dans la géographie romaine (1). La péninsule Italienne (1) La Narbonaise avait les Alpes à l’E., le Rhône, les Cévennes et le Tarn, au N., l’Aquitaine à l’O., la Méditerranée et les Pyrénées au S. — 217 — figurée d’une manière étrange , se projette tout à fait à l’E. ; elle ne porte qu’un seul nom, ita- LiA, entre la mer Adriatique et la Méditerranée. Sur la côte de l’Adriatique est laiDalmatie (Dalmatia), mais mal placée. Ce nom est encore un emprunt fait à la géographie romaine (1). Le pays est séparé, par des lignes, de la Grèce et de la Dardania (2). La Grèce de forme à peu près carrée porte aussi le nom générique de Macedonia (3) , désignant le royaume de ce nom fondé par les Héraclides vers l’an 800 avant J. -G., et le nom à' Athéna (Athènes), placé près de la mer. Ensuite on remarque une pé- ninsule d’une grande longueur se projetant du N. au S. , et, à l’extrémité située sur la mer, le mot (1) La Dalmaiie était une des six provinces du diocèse d’Illyrie sous l’empereur Constantin. Les Dalmates furent entièrement soumis par les Romains sous Auguste. Le cartographe a, selon l’usage de tous les des- sinateurs de cartes de cette époque, indiqué cette contrée sans mar- quer les villes qui y étaient renfermées. La Dalmatie forme aujour- d’hui une province de l’empire d’Autriche avec le titre de royaume. Elle est bornée au N. par la Croatie, à l’E. par la Turquie, au S. et à TO- par la mer Adriatique. Pour l’histoire et pour la géographie an- cienne de ce pays, le lecteur doit consulter Tacite (Hist., Il, 86), Pline (Hist. Nat., III, 22-23), Vellei. Patercul. (H, 59, 90,110), Jornandès (de Regnor. Success., p. 39-58, et de Rebus Getic., p. 109, 128, 136). (2) Voyez sur ce pays ce que nous avons dit plus haut en parlant de la mappemonde de la Bibliothèque royale de Turin, § XXI, p. 35, note 1. (3) Macedonia. Cette province septentrionale de la Grèce sur la mer Égée et sur l’Adriatique est placée dans cette carte à PO. d’Athènes. Acliaia; c’esl le nom que les Romains donnaient à toute la Grèce (1). La mer de Marmara à peine reconnaissable est figurée par une petite anse peinte en bleu, entre la Grèce, et le mot Constantinopolim (Constanti- nople). Le Pont-Euxin ou la mer Noire, placée de rO. à l’E. est coupée au centre par la mer de Marmara et la Syrie, et forme une croix avec le Palus Méotide (la mer d’Azow) au nord (2). Non seulement on remarque le déplacement de cette mer, dont le nom est inscrit à l’extrémité nord de l’Europe, mais aussi le nom du Tanais (le Don) est placé du côté O. du Palus Méotide. Malgré ces in- dications fautives, il faut le reconnaître, le carto- graphe n’ignorait pas que le Tandis (le Don) tom- bait dans cette mer, puisqu’il a inscrit première- ment le nom du fleuve, et ensuite celui du Palus Méotide, mais il n’a su ni les placer dans une posi- tion relative exacte, ni donner aux mers leur vraie forme hydrographique. Au nord de la mer Noire sont des montagnes dessinées d’une manière barbare, dont l’une, qui a (1) L’Achaïe était le nom général de la Grèce dans la géographie an- cienne. Aujourd’hui c’est la Livadie et la Romélie. L’Achaïe, propre- ment dite était dans le Péloponèse entre Corinthe et Fatras. (2) Sur le Méotide, voyez t, 1"', p. 19, 28, 40, 517, ce que disent Pris- cien, Bédn, Uaban Maur et Philoponus. 219 sa base sur la côte de la mer Boréale, est peinte en vert. Le cartographe a voulu indiquer les mon- tagnes de la Sarmatie : en effet, on lit du côté de l’Asie ; Rifeos Montes (1). En étudiant cette carte avec attention, on voit que le cartographe avait des idées confuses relative- ment au Tanaïs et au grand fleuve que Ptolémée appelle Rha (le Volga selon d’Anville). Si Ton con- sidère même de près la forme qu’il donne à l’extré- mité nord de la mer Noire, se prolongeant en deux pointes bleues jusque dans la chaîne de montagnes, on pourrait conjecturer qu’il a voulu indiquer par ces pointes les deux grands fleuves qui coulaient dans la Mer d’Azow et dans la mer Noire, savoir le Tandis eX\Q Dnieper, qui, selon Philostorge et d’au- tres, avaient leurs sources dans ces montagnes. Mais d’autre part, si nous rapprochons ce tracé hydrogra- phique du texte de Pomponius Mêla, nous reconnaî- trons aussi que le dessinateur a dû suivre, sans les bien comprendre, les indications du géographe latin, et qu’il a figuré, quoique d’une manière barbare, le lac Méotide et notamment le Tandis d’après ce géogra- phe. Et, en effet, Mêla dit du lac Méotide : « Cette < mer et deux grands fleuves, le Tanaïs et le Nil, (l) Voyez sur ces montagnes le t. le^, p. 308, et plus haut p. 7, 61, 89, 98, 113, 114, 180. — 220 — 4 divisent tout notre hémisphère en trois parties. Le « Tanaïs, coulant du septentrion au midi, se jette « dans le lac Méotide, vers le milieu de celui-ci. Le « Nil, dans une direction contraire, vient se perdre « dans notre mer. » Or, dans la carte que nous analysons, on lit, comme nous l’avons fait remar- quer plus haut. Tandis fluvius et ensuite Meotide Palus, et l’on voit un fleuve immense qui sort des montagnes placées au nord. Après avoir parcouru la partie méridionale et orientale de l’Europe, revenons à l’occident : nous poursuivrons la description jusqu’au nord de ce continent, et nous terminerons par les noms qu’on remarque sur l’Europe centrale. Au nord de l’Espagne, est Aquitania (l’Aquitaine). La position de ce nom, le trait qui le sépare au N. de la Galia Liigclunensis, et à l’E, de la Narbo- naise^ témoignent que le cartographe a voulu dé- signer la deuxième Aquitaine comprenant, dans la géographie ancienne, les pays qui depuis ont formé le Poitou, la Saintonge, V Augoumois, une partie de la Gugenne, et dont la métropole était Burdigala, aujourd’hui Bordeaux. Au nord de cette contrée, est aussi, d’après la géographie romaine, Galia Lugdu- nensis (1), et, en remontant vers le nord, Galia (I) T.Hgdnnum. C/éla\l^e Lyonnais. 221 Belgica (1), traversée par uii fleuve peint eu rouge qui a son embouchure dans l’Océan, et représente le Rhin , ainsi que l’indique en abréviation le mot Rlienus. Ensuite viennent Panonia (la Pan- nonie) (2), et Rlietia (3). D’après cette division, il paraîtrait que la Gaule Belgique était séparée de la Pannonie et de la Rlietia par le Rhin. En remon- tant vers le nord, auprès de Germania (la Germanie) est le mot Danubius en abréviation. Ce grand fleuve est marqué et peint à l’encre verte, coulant dans la mer Noire. La Germanie se trouve séparée par deux lignes de la Dada (4) et de la Gothia (5), de même que cette dernière contrée est séparée par des traits du Palus Méolide. Au S. du Danube, on lit : Rulgaria (6); cette contrée est séparée de la Germanie, de la Dacie et de la Gothie au N., par le Danube, et de la Darda- nia au S., par une ligne. Enfin V Istria est entre la Pannonie et la Rhétie à l’O., et la Dardanie et la (1) Voyez l’analyse de la mappemonde de Turin au § XXL (2) Pannonîa. C’était une région de l’Illyrie occidentale. (3) Sur ce pays voyez la note 1, p. 184, § XXVIII, où nous avons dé- crit une des mappemondes de Lambertus. (4) Dacîa. C’est la Dada Cis-lstriana, ou Dacie en deçà du Danube. (5) Gothia. Cette province comprenait la Prusse Royale, qui s’éten- dait depuis Dantzick jusqu’à Culm. (6) Bulgaria, Province de la Turquie d’Europe sur la mer Noire. 222 — Dalmatie a l’E. Telle est l’Europe de cette curieuse et étrange carte. OEuvre du XII® siècle, ce monu- ment en est encore pour TEurope aux traditions de la géographie romaine. ASIE. Le cartographe avait une idée confuse de la confi- guration du littoral méditerranéen, car l’anse qui existe après la côte de la Lydie et de la Carie (au- jourd’hui Turquie asiatique), vers le golfe à’A- lexandrette, et le changement de direction de la côte de Syrie, sont figurés dans sa carte par une sorte de golfe. Sur la contrée que nous venons de signaler, on lit un seul nom, celui de Troia (Troie). Le cartographe ayant placé cette ville célèbre entre le golfe au S., et une grande mer, au N., cette grande mer doit indiquer VHellespont, la Propon- tide, et le Pont-Euxin ou la mer Noire. Au S. de la Carie (1), et à l’O. de l’Euphrate, dans la Palestine, sont les noms de Samaria (2), Jiidea (3) et Jrlm (Jherusalem) ; entre V Euphrate et le Tigre, ceux de Babilonia (4) et Catdea (5) ; en suivant vers TE., (1) Voyez plus haut, sur ce pays, p. 120, 188. (2) Voyez plus haut p. 58. (5) Voyez plus haut p. 29, 119, 159, 186, 190. (4) Voyez plus haut p. 29, 54, 64, 98, 115, 159, 159, 179, 187, 189, 190. (5) Voyez plus haut p. 15, 54, 119, 189. — 223 — entre le Tigre et le Geon : Media (Médie) (1), et près du golfe Persique, Persida (la Perse). Enfin la péninsule indienne, de forme à peu près earrée, est place'e entre le fleuve Geon a l’O., et le Fiso (Pinson) (2) à l’E. Les pays situés au nord de ee fleuve étaient, selon Philostorge et d’autres auteurs du moyen-âge, entièrement déserts : aussi dans cette grande contrée on ne lit pas un nom, mais simplement les mots : Hic siint très Indies (ici sont les trois Indes) (3). Les seules montagnes indi- quées dans cette partie du globe sont celles de la chaîne du Caucase, occupant le nord de l’Asie de- puis les bords de la mer Noire jusqu’à l’extrémité orientale de la carte ; le nom de Mons Caucasus qui sert à les désigner se trouve renfermé dans un (1) L’ancienne Médie était placée entre la Caspienne et l'Albanie au N. ; l’Arménie et l’Assyrie à l’O. (2) h’Hyphasis de Philostorge. Il est indiqué dans cette carte venant de l’orient. C’était un des quatre fleuves qui sortaient du Paradis ter- restre. Philostorge dit (III, tO) : « . . Hyphasis fluvius vocatur (quein scriptura P/iisow nominat) elipse Paradisum irrigans ex arctois magis orientis partibus meridiem versus fluere videtur, et in oceanum qui ibi est aquas suas condere e regione insulæ Taprobanæ : ubi ad ripas fluminis reperitur id quod caryophyllim vocatur, sive is fructus, sive flos est. » Ce fleuve était un de ceux qui, dans la théorie de plusieurs au- teurs, communiquait par des canaux souterrains avec d’autres rivières. (3) Les trois Indes dont il est question dans la carte doivent être celles où la foi avait été prêchée. Les contrées qu’on appelait de ce nom étaient toutes situées en deçà ilu Gange. Au sujet de ces trois Indes, voyez les Disseriationes de Godefroy sur Philostorge, chap, IV, De Indis inierioribus. 224 — carré. Les trois fleuves, savoir : VEuphrate, le Tigre, le Geon, sont censés y avoir leurs sources. Au nord de la chaîne dont nous venons de parler, entre le Pont-Euxin (la mer Noire) et la mer Cas- pienne, est une seule inscription, Caspias Portas (Portes Caspiennes) (1). La mer Caspienne est peinte en rouge, elle forme un grand golfe, et communique avec l’océan septen- trional, comme dans les autres mappemondes dont nous avons déjà donné la description. Le cartogra- phe suit les errements de ceux qui l’ont précédé, (1) Voyez le Mémoire de M. Walckenaer sur les dénominations de Portes caspiennes, caucasiennes, sartnaiiennes alb antennes, appliquées aux défilés de la chaîne du Caucase et sur le Mons Caspius des sys- tèmes géographiques d’Eratosthène et d’Hipparque {Mémoires de l'Aca- démie des inscriptions, t. Vil, 210, 255). Pline, parlant des peuples no- mades du Nord du Caucase, s’exprime ainsi : « Près de ces peuples « sont les Portes caucasiennes, que l’on a improprement appelées cas- . piennes, ouvrage étonnant de la nature, qui a brisé en cet endroit « d’immenses rochers. L’on y a placé des portes en poutres garnies de « fer. Sous ces portes coule le fleuve Dî/nodom. » (Hist. nat., liv. VI, ch. 11). Le comte Potocki, dans son Histoire primitive des peuples qui ont anciennement habité Astrakhan et le Caucase, tom. Il, pag. 217, pense que le seul endroit de ce passage, où l’on ait pu placer des portes, est Dariel ; et qu’ainsi le fleuve Dyriodoris est le Téreck. « Dans un rocher, poursuit Pline, de ce côté-ci, est un château ap- « pelé Cumania, que l’on a beaucoup fortifié pour défendre le passage « contre celte foule de peuples divers. » {ihid.) Potocki dit que ce châ- teau existe encore et s’appelle Dariel. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet, lorsque nous donne- rons la description et l’analyse de la mappemonde de Marino Sanuto au XIV® siècle. 225 il s’en tient encore à la théorie dominante de la communication de cette mer avec Tocéan Boréal, théorie que les cosmographes du moyen-âge ont puisée chez les auteurs anciens, notamment dans un passage de Pline, liv. VI, 10 (1). La partie méridionale de PAsie est tracée dans cette carte d^une manière si étrange, que les golfes Persique et Arabique ne s’y trouvent pas. La mer Indienne est figurée d’après le système des anciens géographes, comme une mer méditerranéenne ou intérieure. L’extrémité orientale de l’Afrique est placée presqu’au même méridien que l’extrémité orientale de l’Asie. V Euphrate^ le Tigre^ le Geon, et, même le Nil^ sont censés couler dans l’océan oriental. AFRIQUE. Si l’Asie offre les erreurs géographiques les plus graves et nous atteste l’ignorance profonde du des- sinateur, l’Afrique est encore plus étrange. Elle est figurée comme une terre extrêmement étroite et resserrée du N. au S., et se prolonge de l’O. à TE., (l) La jonction de la mer Caspienne avec la mer du Nord a été l’ob- jet de controverses à différentes époques. Voyez l’ouvrage de 3Ienn, De Âlexandri expeditionibus, etc., p. 9, note 6. Cf. les curieuses observa- tions deM. de Humboldt, Examen crit.^ t. II, p. 264 et suiv. Il 15 . V — 22G — à partir du Détroit de Gi6ra/Mr jusqu’aux extrémi- tés orientales de l’Asie, comme nous l’avons fait re- marquer plus haut ; de manière que l’Égypte se trouve placée en face du golfe Persique, ou à peu près sur le meme méridien. Le seul nom à l’occident de ce continent, est celui de Mauritania, indiquant toute la vaste contrée ha- bitée par les peuples connus chez les anciens et les géographes du moyen-âge sous le nom général de Maures (1). Ensuite vient le nom de Cartago, en souvenir de sa grandeur passée et de son importance historique. L’Egypte est placée en Asie [Egijptus], de même qa Alexandria entre le Nil et la mer In- dienne. Le NU vient de l’E. et se rend dans l’océan oriental. Mais nous le verrons bientôt reparaître- Au midi de ce grand fleuve on lit le mot Nitus. Le cartographe a suivi encore la géographie systémati- que des anciens , en prolongeant 1 Asie jusqu au Nil (2). Dans l’intérieur de l’Afrique, mais près de la côte septentrionale, est un grand fleuve dirigé de l’E.à rO., et traversant presque en entier ce continent ; au ( 1 ) Voyez Pline, V, c. 2 ; Procope, de Ædif., VI, c. 5. (2) Poraponius Mêla étendait les limites de l’Asie jusqu’au Nil, et Vibius Sequester dit : Ægypii partis Asiœ. Voyez édition de 1509, page 191, V". Solin recule aussi les limites de l’Asie jusqu’au Nil. Voyez Solinus, Polyhist., c. XLI. I M 4 — 227 — milieu il forme un grand lac qui donne naissance à une grande rivière coulant du midi vers le nord, et déversant ses eaux dans la Méditerranée {!)• A. l’ex- trémité E. du grand fleuve, on lit : Fons [JSüiil), et à l’extrémité O., Fons Darda C’est encore le Nil que Fauteur a figuré ici, d’après la théorie biblique et les Pères de l’Eglise, selon lesquels, ce fleuve, après avoir coulé en Asie, disparaissait et venait par des canaux souterrains reparaître en Afri- que (3). Au midi de ce fleuve est l’Ethiopie, et le mot Ethiopia écrit deux fois, à l’E. et à l’O., dési- gne l’Ethiopie orientale et occidentale. Ainsi l’x4frique de cette carte se termine vers le tropique du Cancer, ou par le degré de latitude Nord. Le cartographe du XIP siècle ne connaissait de l’Afrique que la partie connue d" Eratosthène et (1) Dans la théorie du cours du Nil de cette carte, il y a un mélange de l’opinion de Philostorge et d’autres auteurs, et de celle des Pères. (2) C’est la reproduction du système de Philostorge, auteur du V' siè- cle, qui rapporte que le Nil, après avoir coulé sous la mer Rouge, vient reparaître dans les montagnes de la Lune, où l’on dit qu’il y a duos mag- nos fontes, séparées l’une de l’autre, comme le cartographe l’a repré- senté.Voyez ce que nous avons dit dans le t. Ie% p. 509, en note, sur le passage de Philostorge. (3) Voyez la description de cette théorie dans Philostorge, dont nous avons transcrit le texte t. pr de cet ouvrage, p. 509, note 2 ; le passage indiqué explique parfaitement pourquoi le cartographe dessinateur de cette mappemonde a donné au Nil le cours et la direction qu’on re- marque dans sa carte. • 1 '** — 228 — ilécvite tliins la carto de ce savant géograplie, qui vécut 276 ans avant notre ère. Les notions du des- sinateur de cette mappemonde sont infiniment plus bornées que celles de Ptolémée, au sujet des limites , méridionales de l’Afrique. En ce qui concerne TAsie , même ignorance, même confusion, notamment sur les pays situés au delà du Gange. Aucun progrès ne se fait remarquer. La forme bizarre donnée à la péninsule indienne at- teste que le cartographe ne se doutait pas le moins , du monde de la vraie forme et de la projection de ce continent au midi. Cependant, il est juste de le constater, la forme hydrographique de la Méditerranée, delà mer Noiie, quoique tracée aussi de la manière la plus bizarre, laisse apercevoir un certain progrès, si 1 on com- pare cette partie de la carte avec les mappemondes de Leipsig, de Dijon et de Turin (1); mais, malgré cette amélioration imperceptible, l’auteur est encore à cet égard plus arriéré que celui qui a dressé la mappemonde cottonienne deux siècles (2) avant lui. j I (1) Voyez plus haut, §§ XV, XVI et XXL i (2) Voyez p. 47, § XII. — 229 — § XXXII XIP SIÈCLE Petite Mappemonde renfermée dans le manuscrit de Guidonis, conservé à la Bibliothèque royale de Bourgogne en Belgique. Dans le même manuscrit se trouve une autre mappemonde (1) tracée d’après le système de celles que nous avons décrites aux §§ III, IV, V, VII, IX, et coloriée de la manière suivante. L’océan environnant, ainsi que les mots Europa^ Asia et Africa, sont peints en rouge. La mer Médi- terranée et celle qui baigne les côtes de la Syrie et de l’Asie-Mineure sont peintes en vert. L’Europe et l’Afrique sont séparées de l’Asie par la même zone de mer qui est reproduite dans toutes les représen- tations de cette famille de monuments géographi- ques (2). Sur un calque que nous possédons d’une petite mappemonde pareille qui se trouve au fol. 44, v° du même manuscrit, on remarque entre les deux cer- cles qui entourent la terre la légende suivante : Oceanus circumfluens. A l’extrémité orientale de l’Asie, le cartographe place le Paradis Terrestre, (1) Voyez celle mappemonde dans noire Atlas. (2) Voyez sur celle mappemonde ce que nous avons dil dans le t. le^ de cet ouvrage, p. LV ei 186, El sur le iracé de celle carie, p. 222 à 224, deuxième par lie, § VIL — 230 — avec le mot Paradisus. Il indique aussi les points cardinaux, et en dehors des cercles on lit : Tri- farie devisio^ § XXXIII XIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Salluste conservé à la Bibliothèque Laurenciana de Florence. La mappemonde que nous allons décrire, quoi- que appartenant à une famille de monuments déjà représentée dans le cours de cet ouvrage (1), sé- carte cependant, à certains égards, de ce qui carac- térise l’ensemble ; et, bien que nous ayons apprécié les tracés de ce genre (2), analysé la rose des vents qu’on y remarque et comparé les éléments dont elle se compose avec ceux de la rose grecque d’A- lexandrie, du temps de Timosthene, nous n en sen- tons pas moins la nécessité de donner la description complète du monument (3). Cette petite mappemonde se trouve dans un ma- nuscrit de Salluste, de la bibliothèque de Florence, cité par Bandini, qui signale l’existence à la fin du (1) Voyez §§ III, IV, V, VII, IX. (2) Ibid., § XVII, p. 264, note 1. (3) Ce monument, que nous donnons dans notre Atlas, planche IV, no 5, a été reproduit déjà par Spohn à la suite de son Ntcéphorc Blcmmyde. volume , d’un globe terrestre et d’une sphère ^.é- leste (1). Une ligne circulaire représentant le disque de la terre, et une autre représentant l’horizon, enferment l’océan environnant. Deux lignes tracées du nord au midi, et passant au centre du cercle, figurent l’Hellespont et la mer qui baigne les côtes de l’Asie- Mineure et de la Syrie. Deux autres lignes, tracées de l’ouest à l’est, et qui vont joindre la zone de mer indiquée par les premières, représentent la Méditerranée et séparent l’Europe de l’Afrique, de la même manière que les lignes tracées du nord au midi séparent l’Europe et l’Afrique du continent de l’Asie. Dans l’intérieur des deux cercles, formant l’océan homérique ou environnant, on lit simplement le mot MaRe ; sur la zone de mer à l’E., : Mare Adriaticunit Êlare Sidonia, Tir, et sur la Méditer- ranée : Âfricum Mare. A l’horizon les quatre points cardinaux et les noms des vents sont renfermés dans des cercles. Après ces détails généraux, nous allons signaler les noms qu’on lit sur les trois parties du monde alors connues. EUROPE. En allant de l’occident à l’orient, on remarque (1) Bandini, Catal. Bibliothecœ Leopoldinœ Laurentiancc^ t. II, p. 718. — 232 — d’abord, sur la pointe la plus occidentale de l’Espa- gne, le mont Calpe, figuré par un cercle, au dedans duquel on lit : Calpe. Ensuite on lit : Hispania ; à TE., Mediolanum, Papia (1), Roma ; plus loin eu- ROPA, pour désigner tout le continent; enfin, à côté de ce nom, Venetia (Venise). Pas un des autres pays et royaumes de l’Europe n’est indiqué dans cette étrange carte. La préfé- rence donnée à la péninsule italique , et surtout à Milan , nous ferait supposer que l’auteur était Mi- lanais. ASIE. Sur ce vaste continent le dessinateur, non moins avare d’indications, trace cinq ou six noms : Asia, pour désigner tout le continent ; au centre, en gros caractères : Jérusalem ; au midi de cette ville, Fera Egypt. (l’Égypte proprement dite), particularité qui dénote l’adoption par l’auteur des traditions de la géographie ancienne, étendant les limites de l’Asie jusqu’au NU, comme nous avons eu l’occasion de le faire remarquer souvent dans le cours de cet ou- vrage. Au sud de la Palestine on lit Phenice (la Phéni- cie), et plus à l’ouest : Nilus. Le nom de ce fleuve U) Peut-être Pavia. célèbre est placé sous le même méridien que le nom du Tandis (le Don) , inscrit au nord. Ces fleuves séparent l’Asie , de l’Europe au N. , et de l’Afrique au S. AFRIQUE. Cette mappemonde se trouvant dans un manuscrit de Salluste, le célèbre historien des guerres de Ju- gurtha, il est naturel que le cartographe ait été plus prodigue de noms géographiques dans le continent africain. Aussi remarquons-nous à l’entrée du détroit de Gibraltar, le mont Abila figuré par un cercle renfermant ce nom (1). Ensuite se succèdent, de l’O. àl’E., Mauritania, Getuli, Persi, Medi, Armeni (2), (1) Abyla. C’est le cap de Ceuta, appelé par les indigènes Djebel- Zatonre ou mont aux Singes. Quant à la géographie des anciens, Stra- bon nous apprend, selon les indications d’Eratosthène, que le mont Abyla (ou cap de Ceuta) en Afrique est situé dans le Metagonium, ré- gion habitée les Numides (Slrab., 111, p. 258). Marcus dans sa Géographie ancienne des Etats barbaresques, note 167, p. 728, dit : « Les mots abyla et ahjba signifiaient l’un et l’autre forêt élevée et colonne élevée, en langue phénicienne ; on y reconnaît le substantif hébreu a’b, forêt, colonne, et a’ia^ monter, être élevé. Philostrate ( Vita Apollonii Tyan., V, 1) écrit Abinna pour Abêma ; cette leçon est préférable à celle d’Eustathe, attendu qu’on trouve dans l’Exode (XIX, 9) l’expression à'a-b’nan, colonne de nuage, et que Denys le Périégète décrit le mont Abyla comme étant 'HXiêaxoç Ttoxvoïai xa- Xy7iT6[X£voç veçÉXeacn, escarpé et entouré de nuages épais. » (2) Sur les noms Mauri-Armeni et Medi nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons déjà dit à ce sujet, § XVI, p. 96, note 2, en décri- vant la mappemonde de Leipzig, dressée un siècle avant celle dont nous donnons ici la description. 234 Africa, Vbelibea {i),Numidia, puis Cartago, et plus loin Catabathon (la Marmarique). Le cartographe mettant pour dernier nom dans l’Afrique septentrionale du côté de l’orient le Cata- batlion (magnus), se montre le disciple sans restric- tion des auteurs anciens, qui plaçaient à cet endroit la limite commune de l’Asie et de l’Afrique. Le Ca- tabathamus, ou la grande descente, correspond, selon d’Anville, à X Akabet-Assalom des Arabes. Cet endroit était aussi la limite de la Marmarique. Le seul nom qu’on remarque au midi de tous ceux que nous venons de transcrire, c’est PliUimon are (les autels des Philènes). L’Afrique de cette carte est encore l’Afrique des Romains. § XXXIV XIL SIÈCLE. Petite mappemonde d’un manuscrit d'Isidore de Séville. Nous nous bornerons à faire mention ici d’une autre petite mappemonde de ce siècle renfermée dans un manuscrit des ouvrages d’Isidore de Séville, con- (1) ubelibea. Peut-être il aura voulu écrire Uhus Libiæ, c’est-à-dire VUbus, rivière assez considérable qui conserve des traces de son an- cien nom dans celui de Seibousc. h'übus se trouve marqué dans la Table Peutingerienne. serve à la Bibliothèque nationale de Paris (manuscrit latin, Fonds de Navarre, m 87). Cette carte appartient par le tracé à une famille de monuments dont nous avons déjà fait plusieurs fois mention ; elle est même exécutée d’une manière plus barbare que celles du même genre. Dans les trois parties du monde alors connues, on ne lit que les mots Europa, Asia et Africa (1). § XXXV XID SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit d’Isidore de Séville. Une mappemonde à peu près semblable à la précédente se trouve aussi dans le manuscrit que nous venons de citer. Le tracé est le même; seule- ment le dessinateur de celle-ci paraît avoir voulu indiquer autour du disque de la terre un cercle de montagnes, le Cingulum Mundi. Mais le dessin en est si grossier, que nous ne donnons notre opinion à ce sujet qu’à titre de simple conjectura (2). (1) Nous donnons cette mappemonde dans notre Atlas. (2) Voyez cette représentation dans notre Atlas. — 236 — § XXXVI XII« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit d’Isidore de Séville. Dans un autre manuscrit d’Isidore de Séville de la Bibliothèque nationale (1), on rencontre une map- pemonde appartenant à la même famille de monu- ments. Deux cercles figurant le disque de la terre et rhorizon, enferment l’océan environnant. Deux lignes parallèles coupant le diamètre du N. au S., séparent l’Europe et l’Afrique de l’Asie. Deux autres lignes de l’O. à l’E, représentent la Méditerranée. Outre l’indication des quatre points cardinaux, cette mappemonde n’offre que les noms des trois parties du monde, Europa^ Africa et Asia. Le haut de la carte est placé à l’orient, comme dans presque tou- tes les représentations de ce genre (2). (1) Manuscrit latin de la Bibliothèque nationale de Paris, ii" 7592. (2) Nous donnons cette petite mappemonde dans notre Atlas, M. de Sacy, dans une notice qui fait partie de la collection des Notices et ex- traits des manuscrits, se confiant au catalogue imprimé des manuscrits de la Bibliothèque nationale, a cru que le volume où se trouve ce mo- nument datait du XllP siècle; mais, d’après l’examen que nous avons fait avec M. Guérard et M. Hase, ces deux savants si bons juges, ont été d’accord aveo nous que le manuscrit en question est de la lin du XP et tout au plus du XIP' siècle. — 237 ~ § ^XXXVIl XII« SIÈCLE. Mappemonde de flmago Mundi d’Honoré d'Autun. Dans le premier volume de cet ouvrage nous avons exposé les doctrines cosmographiques d’Honoré d’Autun (l). Ces doctrines servent à expliquer les représentations graphiques du manuscrit de VImago Mundi (2), que nous avons reproduites dans notre Atlas. (1) Voyez t. 1er. p. 57 à 62. (2) Nous nous sommes servi du manuscrit de la Bibliothèque natio- nale de Paris. Dans la Bibliothèque royale de Bourgogne à Bruxelles, on trouve les manuscrits suivants de ce cosmographe : 1<> Imago Mundi, n® 1,327 (manuscrit latin, n<> 32); 2» le même ouvrage cosmo- graphique, portant le n° 10,863, composé en 1120. La partie géogra- phique se termine à la Mer Rouge. Les ouvrages cosmographiques de cet auteur furent publiés dans la Bibliolheca Patrum, édition de Cologne, t. XllI, et dans l’édition de Lyon, t. XX. On y rencontre Y Imago Mundi, de Disposilione orbis en deux livres, de Globo lotius Mundi, etc. Ces traités contiennent diverses figures de la théorie des éclipses et une petite mappemonde semblable à celle du Liber Guidonis, dont nous avons fait mention plus haut, et à d’autres encore que nous donnons dans notre Atlas. Cependant les lé- gendes offrent des différences. La mappemonde de Y Imago Mundi, pu- bliée dans la collection indiquée, est évidemment tirée d’un manuscrit ancien. Fabricius {Bibliot. med. et înfim. lat., t. II, édit, in-8, p. 813 à 823) donne une notice des ouvrages de cet auteur. Il cite aussi Ylmago Mundi. Ce traité fut publié sans date, ni lieu d’impression vers la fin du XVe siècle (Nuremberg, 1491). Nous possédons cette édition, qui est fort rare. Au sujet d’Honoré d’Autun, voyez ce que nous avons dit t. 1er, p. 68, 71, 77, 100, 116, 220. 238 La première mappemonde du traité cosmographi- que d’Honoré d’Autun représente le monde divisé en trois parties. Le dessinateur, suivant le système de Macrobe et d’autres auteurs, figure ces trois parties comme des îles. La terre a la forme d’un disque, mais elle est encadrée dans un carré formé par des enjolivements. L’Asie, à elle seule aussi grande que l’Europe et l’Afrique ensemble, occupe le haut de la carte. Autour des trois continents on remarque l’o- céan peint en vert. La zone de mer qui, dans les autres mappemondes décrites plus haut, figure le Tanaïs, la mer Noire et les côtes de l’Asie-Mineure, porte dans cette carte le nom d'Indîciim Mare (mer Indienne). Elle communique avec l’océan environ- nant au nord, avec l’océan Atlantique au midi, et ainsi que l’océan avec la Méditerranée, Mediter- raneum Mare. Sur l’Asie, on ne lit que Asia, et Acia. Sur l’Europe : Europa, et sur l’Afrique : Af- frica. Autour de l’océan sont les légendes relatives aux courants océaniques que nous “ avons vues dans la mappemonde du manuscrit de Macrobe (1) du X® siècle. Sur l’Europe est le Mons Calpe, en forme de cône allongé, et sur l’Afrique un autre cône nommé AthLas au lieu d'Abijla. (1) Voyez plus haut, § Vil. Telle est l’inforaie représentation du monde, qui figure dans Fun des traités cosmographiques le plus en vogue au XII® siècle, et qui, lors de la découverte de l’imprimerie, a reçu les honneurs dVine édition incunable, devenue aujourd’hui très rare (1). § XXXVIII xn« SIÈCLE. Mappemonde représeniant le système des zones habitables et inhabitables . renfermée dans le même manuscrit. Dans le même manuscrit de Y Imago Mundi d’Ho- noré d’Autun se trouve une autre représentation graphique du monde, dont nous donnerons ici la des- cription. Entre les deux lignes circulaires peintes en rouge figurant le disque delà terre et Fhorizon, est l’océan environnant, dont les eaux sont peintes en vert. Le tracé des cinq zones est formé par des bandes qui les séparent les unes des autres. Les deux zones tempérées sont peintes en couleur rose clair. La zone torride en jaune, et les deux zones polaires glaciales en vert. Le nord est au bas, le midi en haut, l’orient ou l’est à la place ordinaire de l’ouest, et l’ouest à celle de l’est, comme dans les mappemondes et cartes (1) Nous avons fait faire le fac-similé Aq cette mappemonde le 11 avril 1842, et nous l’avons publiée dans notre Atlas. — 240 — arabes. D’après cette orientation, on lit en haut : fri- gidazona australis, ensuite vtemperata zona. Celle-ci correspond à l’Antichthone ou Aller Orbis, dont nous avons eu l’occasion de parler souvent (1). La Zona Torrida est traversée de l’est à l’ouest par la mer. A l’est de cette mer on lit : Nilus. C’est la théorie représentée dans plusieurs des cartes du manuscrit de Lambertus (2). La zone tempérée habitable n’est autre que notre zone supérieure, placée en sens inverse par suite de l’orientation que nous avons constatée. On y lit également : temperala zona. Elle renferme l’Afrique {Affrica) et l’Europe {Europa) à l’occident, et à l’o- rient l’Asie (Asia) , sur laquelle se lit aussi : Oriens Asia. Enfin la Méditerranée se trouve figurée, mais sans nom, et elle communique d’un côté avec l’océan boréal, et de l’autre avec la zone de mer, où se lit le mot Nilus. L’orientation de cette carte et les particularités que nous venons de signaler, nous font supposer que le dessinateur avait connaissance du système des cli- mats des géographes arabes et que peut-être même il s’est modelé sur leurs cartes (3). (1) Voyez plus haut p. 81, 89, 92, 152, 174, 181, 194, 195, 201, 202. (2) Voyez plus haut. (3) Nous donnons le fac-similé de celte représentation dans notre Allas. § XXXfX. < XIP SIÈCLE. Mappemonde qui se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque du Corpus Christi College de Cambridge. Cette mappemonde figure au commencement d’un manuscrit de V Imago Mundi^ daté de 1110, et fai- sant partie de la bibliothèque du college du Corpus Christi à 1 université de Cambridge en Angleterre. N’ayant pas ce monument sous les yeux, nous nous bornons à en donner au lecteur une idée d’après ce que nous lisons à ce sujet dans une publication très intéressante de notre confrère, M. Thomas Wright (1). La mappemonde est dressée selon les idées du XII« siècle. A l’endroit où nos cartographes mo- dernes ont l’habitude de placer la partie la plus élevée du nord des îles du Japon, c’est-à-dire à l’ex- trémité orientale du Gange, vers la région opposée à rembouchure de ce fleuve dans Tocéan, est l’île du Paradisus (2). Non loin de là, au N., est Tilos (1) s. Patrick’s Purgaiory; an Essay on the legends of Purgatory, Hell, and.Paradise current during the Middle-Ages, by T. Wright. (Londres', 1844), p. 93 et suiv. (2) Rapprochez de ce que nous avons dit à ce sujet au § XXVII, p. 193, en parlant d’une des mappemondes de Lambertus. Il 16 msula, l’île de Thule (1), et beaucoup plus loin au S.-O. la Taprobane (Ceylan). § XL XII‘ SIÈCLE. Mappemonde dressée par le chanoine Henri de Mayence. Parmi les manuscrits de la bibliothèque du Benet College en Angleterre se trouve une curieuse map- pemonde de ce siècle, dressée par Henri, chanote de l’église Sainte-Marie de Mayence, (Il Nous ajouterons aux textes et renseignements que nous avons déjà'donnés sur cette île (p. 73-83-91-108-132-192) les vers suivants que M. Wrigbt a trouvés dans un manuscrit du Musee Brilannique (Mss. Arundel. in Mus. Brit., p. 201, fol. 44, v"). de INSüLA thile. Non habet exile mundi decus insula Tbile, Hæc quia lignorum nescit casum foliorum ; Non ibi fronde nemus nudatur, oliva volemus. Ficus, acer, cornus, pirus, alnus, amigdalus, ornus. Nux, arbor quævis foliis viret omnibus ævis. mysteritjm. Ut nobis visum, locus bic signât Paradisum, Deliciis plénum variis, sine fine serenum : Arboreos fœtus superos intelligo cœtus. Virtus sanctorum latet in specie foliorum Hiis non privatur arbor, nec quis spoliatur Civis cœlestis illius tegmine vestis. Tu res occultas cui solvere tanta facultas. Si potes assigna cur sint ibi talia ligua, El capiti ponam de lauri fronde coronam. — 243 Gougli ne fournit sur ce monument que l’indica- tion suivante : « Représentation du monde figurée par Henri, chanoine de l’église de Sainte-Marie de la ville de Mayence, des choses naturelles, des empereurs, des royaumes, des rois et des papes, jusqu’à l’empereur Henri, fils d’Henri (1). » Le savant Anglais ajoute que cette carte n'est pas aussi barbare que le docteur Stanley le dit dans son catalogue de cette bibliothèque (2). D’après les données fournies par Gough, nous n’hésitons pas à fixer au XII® siècle l’époque de l’exécution de cette carte, puisque l’empereur Henri d’Allemagne , fils d’un autre Henri , est Henri V fils d’Henri IV, qui fut couronné le 6 jan- vier 1106(3). Graber de Hemso, dans ses Annali di geografia, (1) « Imago mundi contextaperHenricumcanonicumecclesiæ Sanctæ Mariæ civitatis Magontiæ de rerum naturis, iraperatoribus, regnis, regibus et pontificibus usque ad Henricum imperatoreiu, filium Hen- rici. » (2) Voyez Gough, Essay on the rise and progress of geography in Great Britain, p. 6. Le manuscrit du chanoine Henri de Mayence porte le n° d’ordre D, XII, 1, et du Musée Britannique, Ms. G. G. G. G. Q. II, 1. Cotton. Lib. Jul. G. vj, 11. (3) Voyez sur l’époque du couronnement et sur l’histoire du règne de ce prince Art de vérifier les dates, tome VII, p. 321 de l’édition in-8. publiés en 1802, se borne à indiquer simplement l’existence de cette mappemonde (1). § XLL XII« SIÈCLE. Mappemonde trouvée dans un monastère en Russie. Nous ne pouvons que signaler ici un autre monu- ment attribué aussi au XIP siècle. Tout ce que nous en savons, c’est qu’il existe, si nous en croyons le témoignage de Scherer (2); car Graber de Hemso n’a fait que parler d’après lui. Vers la fin du dernier siècle, on a découvert, dans un monastère à Kiew, ville très ancienne, qni fut au moyen-âge le centre de la civilisation pour toute la Russie méridionale, une mappemonde qui se trouve aujourd hui, dit-on, dans la bibliothèque de l’Académie impériale des (1) Voici ce que dit Graber : « Enrico, canonico di Magonza, avea, « fino dal principio del secolo anteriore, descritto una carta generale « di lutta la terra per l’imperatore Enrico il quinto. » Et il fait men- tion d’une autre mappemonde de cette époque, conservée, dit-il, dans la bibliothèque de l’Académie de Pétersbourg. L’auteur de l’article Cartes, publié dans une des encyclopédies modernes, ayant peut-être lu rapidement ces indications de Graber, a dit que la carte d’Henri de Mayence se trouvait à Pétersbourg, indication qui nous a induit nous- même en erreur. La carte en question ne s’est point trouvée à Péters- bourg. (2) Voyez Scherer, Recherches historiques et qéographiques sur le Nou- veau Monde (Paris, 1777). Cf. Journal encyclopédique, avril 1778, et d’a- près ces autorités Graber, Annnli di gcografia, t. II, octobre 1802, p.l80. — 245 — sciences de Pétersbourg. Ce travail géographique a été regardé comme l’œuvre de quelque moine grec(l). Nous avons fait toutes les démarches pour obtenir des renseignements plus précis à ce sujet, et nous aurions été grandement satisfait d’en avoir un fac- similé; mais tous nos efforts sont demeurés jusqu’à présent sans résultât. § XLII. XH* SIÈCLE. Deux Mappemondes d’un manuscrit du Musée Britannique renfermant quelques écrits de saint Jérôme. A la fin d’un manuscrit in-folio écrit sur vélin, qui a pour titre : S. Hieronymi libri de hebraicis quœstionibus , de interpretationibus nominum Veteris ac Novi Testamenti ; de nominibus locorum, on ren- contre deux cartes qui remplissent deux pages. La première représente la Grèce, l’Asie-Mineure, la Syrie, la Perse et l’Inde, et en général les parties de la terre mentionnées dans l’Écriture Sainte. La seconde ne renferme que la Terre-Sainte et les pays avoisinants. Jérusalem s’y trouve placée presqu’au centre. Le dessin est exécuté sur une plus grande échelle que d’ordinaire. Les deux cartes sont en noir. (1) Voyez Graber, ouvrage cité. Cette curieuse figure n’est point la représentation d’un système, et ne se rattache que secondairement aux doctrines cosmographiques en cours au moyen- âge ; nous y reconnaissons un essai de carte géogra- phique ; c’est pourquoi nous en réservons l’analyse pour une autre partie de cet ouvrage consacrée aux monuments de cette catégorie. Ici nous nous borne- rons à indiquer quelques généralités, sans nous en- gager dans la description d’une riche nomenclature géographique que nous parcourrons plus utilement quand il en sera temps. Les Provinces illyriennes occupent la partie la plus occidentale de la carte ; VInde supérieure, la partie la plus orientale. La partie septentrionale s’é- tend depuis le pays des Barbari, des Golhs et des Gèles jusqu’à l’E. du pays de Gog ; le midi, depuis Lacedemoma jusqu’à la Taproâane (Ceylan), au nord de laquelle le cartographe a placé les Iles d'or et d’argent (Cryse et Argyre). La Mer Caspienne est figurée comme un golfe de V Océan boréal. La carte est rectangulaire. Quelques villes sont représentées par des édifices, les uns en rouge, les autres en noir (1). (l) Voyez celle carie dans noire Allas. Nous la donnons d’après un beau fac-similc. Le manuscrit appartenait dans l’origine au monas- tère de Saint-Martin de Tournay (1). MAPPEMONDES DU XIIP SIÈCLE. § XLIII Système cosmographique dessiné dans un manuscrit conservé au Musée Britannique. Dansnn manuscrit de la Bibliothèque Cottonienne du Musée Britannique se trouve un système des cer- cles destiné à démontrer la théorie de l’univers et des vents, d’après maistre Elyam de Derham (2). Le volume dans lequel se trouve cette représenta- tion appartenait jadis à Babbaye de Saint-Albans, et dans l’histoire de cette abbaye la mention de ce monument constate qu’il fut dessiné au XIII® siè- cle (3) , ce qui du reste est confirmé par la date suivante : Anno grac. MCCXXXIII (année 1233), qui se trouve dans le texte. Ce manuscrit renferme, (1) Voyez Catalogue of maps, etc. of the Brilish Muséum, t. 1®', p. 13. Le manuscrit porte maintenant le numéro d’ordre add. 10,049. (2) Bibliothèque Cottonienne dans le Musée Britannique, manuscrit Nero, D, 1, fol. 184. Schemata qucedam cosmographica (catalogue des manuscrits de cette bibliothèque publié en 1802, p. 237). (5) Catalogue of manuscript maps, etc., in the British Muséum, pâr sir F. Madden, 1834, t. le^ p. 11. — 248 — outre le système des cercles, deux ligures de la rose des vents (I). § XLIV XIII« SIÈCLE. Mappemondes du poème géographique attribué à Gauthier de Metz et inti- tulé Image du Monde^ renfermées dans les différents manuscrits conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris. Nous avons déjà parlé des petites mappemondes qu’on rencontre dans les manuscrits du poème géo- graphique intitulé : Image du Monde, attribué à Gau- thier de Metz (2). Il est à propos de donner ici quel- ques détails sur ce poème, qui rentre à peu près dans le même cadre que le poème géographique d’O- mons (3), et le traité de Jean de Sacro-Bosco (4), dont nous avons fait mention en exposant les doc- trines des cosmographes du XIIP siècle. A cette époque, les ouvrages qiii se rapportaient à Tastronomie s’intitulaient en général : Sphera Mundi. Les productions de ces auteurs, ainsi que le Traité de La Sphère d’Alexandre de Villedieu, (1) Nous possédons les fac-similé de ces figures, et le lecteur les trouvera reproduites dans notre Atlas. (2) Voyez t. 1er, p. 197-226. (3) Voyez t. I" de cet ouvrage, p. 113, et suiv., et 198 à 217. (4) Voyez t. l'r, p. 76-97. coi’delier, et l’œuvre de Gauthier de Metz sont de la même famille. Ce dernier, qui écrivit vers l’année 1245, en vers français, donna à ses livres le titre à* Image du Monde et de Mappemonde ; quelques critiques pensent toutefois qu’ils ne doi- vent point être attribués à Gauthier de Metz. Le Grand d’Aussy fait observer que l’auteur du poème géographique avait beaucoup lu, et qu’il était persuadé de la rotondité de la terre et du mouvement des astres. Les phases de la lune, ses éclipses, celles du soleil, le cours de cet astre dans le zodiaque sont expliqués, selon le système de Ptolémée, au moyen des figures renfermées dans les manuscrits de la Bi- bliothèque nationale, qui nous ont fourni les mappe- mondes. L’auteur de Y Image du monde parle des différents peuples sauvages et monstrueux qu’il place tous dans rinde (1). Il fait aussi mention d’autres provinces, mais seulement en ce qui concerne les animaux monstrueux et les plantes qu’on y voit. Il répète ce que les auteurs de l’antiquité ont dit de l’île de Mé- roé, qu’en plein midi il n’y a point d’ombre. Il donne à Thule le nom de Guamontille^ et il rapporte que (1) Voyez Notices et extraits des manuscrits, article de Le Grand d’Aussy, — 250 — cette île a six mois de nuit et six mois de jour. Il parle aussi de l’île perdue trouvée par saint Brandan, des merveilles qu’il vit en la mer ; enfin il raconte toute la légende. En Irlande, il admet aussi le Pur- gatoire fabuleux de saint Patrice. Le poëte-cosmo- graphe place dans l’Asie le Paradis terrestre, con- trée inabordable, dans laquelle est l’arbre de la vie, qu’environnent des feux ardents , et dont un ange, armé d’’une épée flamboyante, garde l’entrée (1). Parmi les sources où il a puisé pour la partie géo- graphique on compte avant tous Solin et les Lettres de Jacques de Vitry. Quel que soit l’auteur de ce poëme, l’un des plus beaux manuscrits qui nous en soit parvenu est celui qui porte le n° 7991, et qui fit jadis partie de l’an- cienne Bibliothèque du Louvre , rassemblée par Charles V, dit le Sage (2). C’est dans ce manuscrit que nous avons trouvé la petite mappemonde que nous allons décrire. Un cercle représente le disque de la terre; un autre peint en vert, l’océan environnant. Une ligne (1) Rapprochez de ce que nous avons dit au sujet de l’emplacement géographique du Paradis terrestre, dans le t. P*’. (2) 11 y portait le n<> 157, comme l’atteste le Catalogue de la Biblio- thèque de Charles V, du Louvre, du célèbre bibliothécaire Giles Mallet, publié par M. Van-Praet, d’après le manuscrit conservé à la Bibliothè- que nationale. tracée du nord au midi, coupe le centre du cercle, et sépare l’Asie de l’Europe et de l’Afrique, de manière qu’on n’y remarque que deux parties du monde, l’Europe et l’Afrique occupant, sans séparation, toute une moitié égale à l’Asie, qui forme la seconde. Sur cette dernière on lit : Aise lagrit (c’est-à-dire Asie la Grande). Aucun autre nom ne se trouve inscrit dans cette représentation ; seulement les quatre points cardinaux y sont indiqués par leurs noms. Le cartographe a figuré le monde de forme circu- laire, mais il l’a encadré dans un carré peint en bleu pour suivre probablement les opinions des Pères de l’Église. L’orient se trouve placé en haut de la carte, le nord à gauche, le sud à droite et l’occident au bas de la figure (1). § XLV XIIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de l’Image du Monde, attribuée à Gauthier de Metz. Dans le même manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, se trouve une mappemonde pa- reille à celle que nous venons de décrire, ce qui nous dispense de répéter les mêmes détails ; seule- ment dans celle-ci on remarque une ligne tracée (1) Voy. celle mappemonde dans noire Atlas. P — 252 — (le l’ouest à l’est, et qui va joindre celle qui tra- verse le disque de la terre ; par cette nouvelle ligne le dessinateur a voulu indiquer la Méditerranée. On remarque aussi sur les deux continents les noms Europe et à* Afrique, que l’auteur de l’autre figure ] n’avait pas signalés ( 1 ). j § XLVI XIII« SIÈCLE. Petite Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit de Z’Image du Monde, attribuée à Gauthier de Metz. * Dans le manuscrit de V Image du Monde (manu- i scrit n« 7991) conservé à la Bibliothèque nationale de Paris nous avons rencontré une petite mappe- \ monde qui diffère des deux dernières. j Dans celle-ci, la terre n’est pas encadrée dans un | carré, comme dans les deux précédentes. Une ligne ' circulaire peinte en rouge figure le disque de la terre; ^ une ligne, également peinte en rouge, coupe le cer- j de du nord au midi, et sépare la terre en deux par- j ties, l’orientale et l’occidentale. Les mots orient et 1 occident sont écrits à l’encre noire, le premier sur la j section qui correspond à l’Asie, et le second sur la section qui correspond à l’Europe et à l’Afrique. ; (1) Voy. celle mappemonde dans notre Allas — 253 — Le cartographe, divisant la terre en deux parties seulement, suivait la théorie de quelques auteurs de l’antiquité, qui formaient de l’Europe et de l’Afri- que une seule partie (1). L’Orient est placé en haut de la carte, avec les mots : Paradis terrestre écrits à l’encre noire (2). Le nord est indiqué à gauche par le mot Septentrion y et au milieu de la section occidentale on lit le mot Midi^ placé de FO. à l’E. Enfin au sud le cartographe représente VAntichtone ou VAlter Orbis au moyen d’une bande formée par deux lignes rouges et ren- fermant le mot Terre; au-delà est une ligne courbe indiquant peut-être la zone glaciale australe (3). § XLVII XlIIe SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit de Hmage du Monde, attribuée à Gauthier de Metz. Dans un autre manuscrit (n® 7929) de la même bibliothèque , nous avons rencontré une petite (1) Voyez t. 1er de cet ouvrage, p. 227, 2e partie, § VIII. Cf. la note au bas, où nous avons transcrit le texte A'Agathémère. (2) Rapprochez de ce que nous avons dit sur le Paradis Terrestre dans le t. 1er de cet ouvrage (voyez ce mot à la table des matières du vol. cité). Cf. dans ce volume, voyez le § XX. (5) Voyez ce monument dans notre Atlas. ; ■ I l' i.- ' iiî ■fc . I ^ J mappemonde de forme ronde, tracée et orientée, du •este, de la même manière que celle que nous avons décrite dans le § XXXVI®, et avec les mêmes noms inscrits (I). § XLVIII xm« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit des chroniques de Matthieu Paris , conservé au Musée Britannique. Nous allons maintenant décrire une des produc- tions géographiques les plus bizarres de ce siècle : nous voulons parler de la mappemonde qu’on re- marque dans un manuscrit des célèbres chroniques de Matthieu Paris (2) conservé à la Bibliothèque Gottonienne du Musée Britannique. Ce manuscrit est exécuté sur vélin , et date du milieu du XIII® siècle. Il en existe une copie avec une carte semblable en tout à celle qui nous occupe, dans (1) Voyez cette figure dans notre Atlas. Voyez aussi au sujet de ces quatre représentations renfermées dans les manuscrits de ['Image du Monde, ce que nous avons dit dans notre l. I", p. XIV, 192, 197, 221, 226, 227, 250. (2) Voyez l’article que M. Weiss lui a consacré dans la Biographie universelle , t. XXVII , pag. 482, auquel nous renvoyons le lecteur pour les détails bibliographiques des éditions des ouvrages de cet auteur. la bibliothèque du Corpus Christi College à Cam- bridge (1). Gough, dans son Essay on the vise and progress ofgeograpliy, dit que Matthieu Paris avait présenté lui-même son œuvre au monastère de Saint-Al- bans (2). Il reproduit la carte de l’Angleterre et de l’Écosse qu’on trouve dans le manuscrit (3), et il donne également une carte des Iles Britanniques copiée dans un exemplaire du même auteur conservé au Benet College (4), avec la liste comparée des noms de ces cartes et de leurs correspondants ac- tuels. Mais nous ne savons pas qu’aucun auteur ait donné avant nous la mappemonde dont nous nous occupons. Le géographe anglais/ en la citant, se borne à transcrire la grande inscription qu’on y remarque, et dont nous parlerons plus loin. L’objet spécial de son ouvrage étant la géographie ancienne de la Grande-Bretagne, il a préféré donner plus de détails sur les cartes particulières de ce pays qu’il a trou- vées dans les manuscrits de Matthieu Paris, et signa- ler surtout les curieuses particularités qui peuvent (1) Cet exemplaire est cité dans le Catalogue of manuscript maps in the British Muséum, t. I, p. 14. (2) Voyez Gough, ouvrage cité, p. 7. (3) Ibid., planche II. (4) Ibid., planche III, p. 10. intéresser les lecteurs de sa nation. 11 mentionne cependant une carte de la Terre Sainte renfer- mée dans le même manuscrit, et l’itinéraire des pèlerins qui se rendaient de l’Angleterre à Jéru- salem (1). Gough ne reproduit de cet itinéraire que la sec- tion de Londres 'a Douvres, avec la liste des noms et des inscriptions historiques qu’on y remarque, et il y joint, dans la même planche, une autre carte du même itinéraire, d’après un manuscrit du Benet College (2). (1) La Bibliothèque nationale de Paris possède une copie de cette carte curieuse. Notre savant confrère, M. Thomas Wright, écrivait le 22 mai 1838, au sujet de cette carte, les curieuses notices qui suivent: « Il y a au British Muséum, dans un manuscrit du commencement du XlIIe siècle, une magnifique carte donnant toute la route depuis Lon- dres jusqu’à Jérusalem, avec l’indication de chaque station, des villes, des villages, etc., le long de la route, et offrant, sous beaucoup de rap- ports, une grande ressemblance avec la Table Peutingérienne. Elle est remplie de descriptions en français du temps (ou plutôt en anglo-nor- mand) et occupe plusieurs pages. Les pèlerins faisaient route à travers la France et l’Italie, puis par mer jusqu’en Grèce, et ainsi de suite. » (Voyez Bulletin de la Société de Géographie, t. X, p. 173, 2« série.) Nous ajouterons ici la mention d’un autre itinéraire curieux. Dans la Bibliothèque de l’université de Gand existe un itinéraire du XIV» au XV* siècle, de Bourges à Cracovie, à Rome et en Turquie, aux États Barbaresques, à Alexandrie et en Égypte, avec les distances. Nous don- nons ce document dans une autre partie de cet ouvrage. (2) On remarque aussi dans le même manuscrit des calendriers, des cercles planétaires et des roses des vents- Gough cite encore la carie renfermée dans un autre manuscrit de Matthieu Paris, Historia minor, conservé à la bibliothèque Cottonienne. La mappemonde qui nous occupe, et dont nous donnons un fac simile dans notre Atlas, représente la terre sous la forme d’un carré long (1). Le dessinateur de ce monument met, comme le géographe grec Agathémère, toute la terre habitable de l’occident en orient dans un espace qui s'étend depuis-là Lusitanie et l’Europe occidentale jusqu’au- près du Gange (2). Ainsi le cartographe du XlIE siè- cle avait la même opinion au sujet de la partie habi- table de la terre que le géographe grec qui vécut, à ce que Ton croit, au III® siècle, et partant mille ans avant lui. L’orient est placé en haut de la carte, le nord à gauche, le sud à droite, et l’ouest au bas. Dans la note que nous allons transcrire, et qui se trouve en haut de la carte, sont cités comme auto- rités quatre autres planisphères; celui de maître Robert de Melkleya (3), celui de l’abbaye de Wal- tham, celui du roi à Westminster, et celui de Mat- thieu Paris. De là il semble résulter qu’il y avait (1) Rapprochez de ce que nous avons dit au sujet de la forme don- née à la terre par Cosmas, § 1 de la deuxième section. (2) Hæc quidem est totius habitabilis orbis longitude. Voyez Aga- thémère, liv. II, chap. I, p. 345, édition d’Hoffmann. (3) Fabricius, dans la Bibliotheca med. et inf. latin., t. III, p. 153, mentionne Gervasius de Melkleya, poète anglais, mathématicien et phi- losophe, ann. 1219, dont parle Matthieu Paris, p. 410. !I 17 Mêê — 258 — quatre célèbres cartes du monde regardées comme des autorités. M. Wright pense que celle de Waltham était probablement une carte saxonne, et que celle de Westminster était vraisemblablement d’une ré- daction plus moderne. En tout cas, d’après la note qu’on va lire, il est hors de doute que celle du roi et celle de Matthieu Paris, que nous reproduisons dans notre Atlas, étaient pareilles. Voici cette note : Sumatira facta disposicio map- pamundi magistri Rob. de Mel- kleya et mappamundi de Waltham. Mappamundi domini regis, quod (sic) est in caméra sua apud West- monasterium figuratur in ordine Mathei de Parisio. Verissimum autem figuratur in eodem ordine quod est quasi clamis (chlamys) extensa : talis est scema nostre partis habitabilis secundum philo- sophes, scilicet quarta pars terre qui (sic) est triangularis fere. Cor- pus enim terre spericum est (sphe- ricum) (!)• Représentation réduite de la mappemonde de Rob. de Melkleya, de celle de Waltham et de celle du roi, qui se trouve dans la salle du palais de Westminster, figurée d’a- près le même système que celle de Matthieu Paris, c’est-à-dire presque sous la forme d’un long manteau, ou chlamyde, car telle est, d’a- près les philosophes, la figure de la par tie de la terre que nous habitons, c’est-à-dire le quart, qui est pres- que triangulaire, mais dans son entier la terre est sphérique. ( 1 ) a . . . Quod est quasi clamis; » que la lerre a la forme d’une chla- myde. C’est l’idée de Macrobe, auteur du V® siècle, qui compare le monde à une chlamyde (Voyez le dessin, p. 9 t. pr du Mêla), de Gro- novius, de 1782. Pour faire mieux comprendre au lecteur l’idée qu’avaient les an- ciens de celte forme de chlamyde donnée à la terre habitée, nous trans- crirons ici un autre passage curieux de Macrobe, où il parle d’après Cicéron. « Toute cette partie de la terre est fort resserrée du nord au midi, plus étendue de l’orient à l’occident Nous pouvons nous en convaincre en jetant les yeux sur la figure signalée plus haut; car l’ex- ~ 259 Celte légende curieuse et la carte où elle se trouve inscrite témoignent de l’état des connaissan- ces géographiques au XIII® siècle, elles attestent qu’on n’avait rien ajouté aux connaissances des an- ciens, et que le dessinateur était plus ignorant que Matthieu Paris. La note nous prouve aussi que, se- lon les savants d’alors, la partie habitable de la terre se bornait non seulement à l’hémisphère supérieur^ mais encore dans celui-ci à la zone tempérée ; elle nous prouve enfin que c’était une opinion générale à ce point que, sans parler des nombreux monu- ments analysés dans le cours de cet ouvrage, et con- cës de la largeur de cette zone sur sa longueur est dans la même pro- portion que l’excès de la longueur du tropique sur celle du cercle polaire boréal. En effet, bornée dans son extension longitudinale par la rencontre du cercle polaire, si court lui-même, elle peut, au moyen de la longueur du tropique, donner à ses flancs un plus grand déve- loppement. Cette forme de la partie de la terre que nous habitons Va fait comparer à une chlamyde déployée, etc. » (Denique veteres omnem habitabilem nostram extentæ simile esse dixerunt. Macrob., in Somn. Scip., 11, c. ix). Macrobe, tout en soutenant, d’après d’autres auteurs de l’antiqui- té, que les zones polaires et la zone torride étaient inhabitées, ad- mettait, comme Cicéron, la sphéricité de la terre, car il dit ce qui suit : « Etenim maculas habitationum, ac de ipsis habitatoribus alios inter- ruptos adversosque, obliques eliam et transversos alios nominando, terrenœ spherœ globositatem, sermone tantum, non coloribus pinxit. » Dans le même liv. II, chap. VI, il dit : « Observons ici qu’en figurant la terre sur une surface plane, nous n’avons pu lui donner la sphéri- cité qui lui convient, etc.» * Modo enim, quia orbem terræ in piano pinximus (in piano autera medium exprimere non possumus sphœeralem tumorcm) mutuati su- mus . etc.» — 260 — statant ce fait, nous voyous des cartes pareilles à cette étrange et barbare représentation de la terre faire, à cette époque, autorité dans la science géo- graphique chez Tun des peuples les plus instruits de l’Kurope au moyen âge. Cette carte, d’une si grande célébrité au XIII® siè- cle, ne représente guère que les côtes de la Médi- terranée, l’intérieur de l’Europe, et une très petite portion de l’Asie entre les régions caspiennes au nord, et le golfe Persique au midi. Quant à l’Afrique, elle se borne à indiquer par une ligne la côte sep- tentrionale de ce vaste continent. La mer Méditer- ranée est beaucoup plus défigurée que dans la carte saxonne du X« siècle, décrite au § XIP; le tracé des côtes offre ici, en effet, une brisure à angle droit, de manière à ce que cette mer entoure presque en- tièrement l’Europe. Elle renferme seulement les noms des îles suivantes : Minorica (Minorque), Cor- sica (la Corse), Sardania (la Sardaigne), Sicilia (la Sicile), Ciprus (Chypre), Bodos (Rhodes). EUROPE. Sur la partie occidentale de ce continent on lit : Gades (Cadix) ; à l’est de ce nom, Rodanus fliiv. (le Rhône); ce fleuve prend sa source dans une grande chaîne de montagnes, qui s’étendent depuis la Mé- — 261 fliterranée jusqu’à la Panonia. En deçà du Rhône on lit : Punica (1), et à Test du même fleuve, près de la Méditerranée : Latina. Malgré le déplacement étrange de ces deux noms, il nous semble que le car- tographe a voulu indiquer ici la péninsule hispani- que, divisée en latine et en punique ou carthagi- noise. A l’est, deux fleuves sans nom débouchent dans la Méditerranée ; l’un des deux coule de l’est vers le sud-ouest ; ensuite vient la grande chaîne de mon- tagnes signalée plus haut. A l’est de ces cordiliè- res, est une autre chaîne de montagnes figurant les Alpes ; elle s’étend des bords de la Méditerra- née , dans la direction du nord, et va se projeter de l’ouest à l’est jusqu’à l’Adriatique (2). Entre cette projection et la Méditerranée, est renfermée l’Italie, sur laquelle on lit : Ilalia, Bononia (Bologne), Medio- lanum (Milan) ; à l’est i?oma, Apulia (3), Pisa (Pise). (1) Probablement pour désigner la partie Carthaginoise, peut-être Carihagène, fondée par les Carthaginois. (2) Il paraît que le cartographe a voulu figurer les Alpes d’après la description donnée par Mêla {de Situ orbis, II, c. iv). « Les Alpes qui naissent sur cette côte, d’où elles s’étendent en longueur et en lar- geur, courent d’abord au loin vers le nord ; puis, changeant tout à coup de direction, à l’entrée de la Germanie^ elles tournent vers l’orient, traversent des contrées immenses, et se prolongent jusque dans la Thrace » Le cartographe a donné une étendue immense à celte chaîne de montagnes, mais la direction et l’orientation ne sont pas entière- ment conformes aux indications de Mêla. (3) La Fouille. — 262 — Au nord de Milan est Venecia (Venise); et à l’est on lit : Mare Adriaticum^ (mer Adriatique). Au nord de Venise est un golfe désigné par le nom de Mare Venetorum (sic). La Croatie^ la Dalmatie et V Al- banie ne sont pas marquées. L’Italie n’a pas dans cette étrange carte sa forme véritablement pénin- sulaire; elle est projetée de l’ouest à l’est, au lieu de l’être du nord au sud-est. La Grèce est figurée aussi d’une forme bizarre. Sur la péninsule du Péloponèse (la Morée) on lit Acliaia; sur la presqu’île, à TE., Macedonia (la Macédoine) (1); au nord, Panonia (la Pannonie) (2), puis Grecia. Sur les bords de THellespont, nommé ici Mare Grecum (mer Grecque), on lit : Constantino- polis; au nord de cette ville, aux bords du Mare Eiisinum (la mer Noire), Larissa (3). Le PontÆuxin est figuré parmi carré, au dedans duquel on lit le nom signalé plus haut. Un grand fleuve fort large, dirigé de l’O. à l’E., sert de limite méridionale anx pays désignés sous le nom de Maior Hungaria et à ceux qui tiennent la place de la Sarmatie européenne ou Russie ; il forme (1) Voyez plus haut, sur ce pays, p. 184, note 3. (2) Voyez à la même page, note 1. (Z) Larisse, âuio\.n'cV\nxiJéni-Cheher, ville de la Turquie, était la prin- cipale de la Thcsaalîc, dans les temps anciens. -’v W*- 263 — en même temps la limite septentrionale de 1 Autri- che {Austria), de la Pologne [Polonia), de la Bohême [Boemià), de la Pannonie, et de toutes les cotes du nord de la Grèce, et va se jeter dans la mer Noire. Quoique ce fleuve ne porte pas de nom, il est facile de reconnaître que c’est le Danube que le dessina- teur a voulu figurer. En revenant à l’occident, et en poursuivant vers le nord de l’Europe, nous trouvons d’abord à l’ouest de Gades un fleuve qui forme une espèce de delta entre ses deux branches, dont l’une coule dans la Médi- terranée et l’autre près de l’Atlantique. Peut-être le dessinateur a-t-il voulu indiquer la Garonne. Entre les deux branches on lit : Britannia; auprès de ce nom et sur les bords de l’Océan : Normania ( Nor- mandie), et à l’est Burgundia (Bourgogne). Un fleuve, probablement la «S'eme, coule entre ces deux contrées et la Flandre [FLandrîa), qui est pla- cée au nord de la Normandie. A l’intérieur on lit : Francia (la France). La Flandre est séparée du Brabant [Braibe...) par un grand fleuve qui paraît avoir sa source sur un plateau à TE., désigné sous le nom A'Alemania. C’est l’Escaut grossièrement figuré. A l’est du Brabant, est CoLonia (Cologne) , et au nord un fleuve sans nom, qui prend sa source, au même lieu que tous les fleuves déjà signalés. Au nord de ce fleuve on lit : Gum. (?). Gum. pour- rait bien signifier Cumbri (lesGimbres), qu’on trouve nommés dans la liste des peuples d’un manuscrit de Saint-Omer, n°756, contenant les commentaires de César, de Bello Gallico, liste dans laquelle il est dit : Près du nom voisin, Holandia, est un fleuve qui se jette dans la mer du Nord, et auquel le cartographe donne le nom d’Elple fluvius. C’est VElbe (1). Au nord de la Hollande et de VElbe est le nom de Dacia (le Danemarck). Ensuite on remarque un grand fleuve qui descend de la chaîne de montagnes signalée plus haut, et représentant peut-être les Al- pes, le Jura et les Vosges ; ce fleuve est nommé Da- nubius fluvius ! Tous les cours d’eau, ainsi que le tracé orogra- phique sont bouleversés à un tel point, qu’il faut pres- que deviner pour les reconnaître. La position de plu- sieurs contrées se trouve aussi étrangement inter- vertie ; c’est ainsi que nous remarquons au nord du Danubius fl., une seconde fois Brabancia inscrit [1) VElbe, des anciens, qui, prenantsa source en Bohême, sépare le Hanovre du Mecklerabourg et du Danemarck, traverse le territoire de Hambourg et se Jette dans la mer du Nord, près du port de Cuxhaven. (2) Gougb n’a pas mentionné ce nom dans la liste de son ouvrage sur les cartes de l’Angleterre. — 265 — près de la mer du Nord et séparé par un fleuve sans nom d’une contrée à laquelle le cartographe donne le nom à’Iplandia (?). Cette dernière est sé- parée à son tour par un autre fleuve sans nom de la Suecia (Suède), inscrite au N.-E. Quelles sont toutes ces rivières qui, depuis Cadix jusqu’à la Suède, tombent dans l’Atlantique et dans la mer du Nord ? quelle est cette contrée nommée Iplandia, Scetlandia ou Etlandia? Nous allons tâcher de répondre à ces différentes questions. Le premier de ces fleuves correspond au Guadal- quivir, le second à la Guadiana. Nous faisons remar- quer ici que le dessinateur a maladroitement placé le nom de Cadix entre ces deux fleuves. La petite rivière voisine du nom de Normandia^ est la Seine. La rivière au nord de celle-ci, la qua- trième , est peut-être la Somme , la cinquième la Meuse. Le sixième fleuve peut correspondre au Weser, et le septième, au nord de celui-ci, est VELbe. A l’est de V Etlandia on remarque un fleuve au- près duquel on lit : Metisl En admettant que ce mot soit l’abréviation altérée de superiores, il se ratta- cherait à Faludes, écrit plus loin. Plus à l’Est, un autre fleuve coule du nord-est vers le sud-ouest ; il en sort deux affluents qui vont former deux lacs — 266 — à l’extrémité nord de la carte; près de ces lacs, ou lit : Paludes (lagunes) et au nord : Paludes inferio- res (?) (peut-être les marais Mysiens). En rapprochant ces deux lacs des îles qu’on re- marque sur le même emplacement dans la mappe- monde du Ptolémée de Ruych, de 1508, ils parais- sent correspondre à Vinsula deserta de cette carte, et à V Hyper borea Europa. D’un autre côté il se présente une grande difficulté pour que le rapproche- ment que nous venons de faire soit exact : nos lagu- nes se trouvent placées à l’ouest de VHimgaria Mi- nor, et celle-ci à l’est de la Maior Hungaria (la grande Hongrie), et le cartographe sépare les deux Hongries par un grand fleuve qui se divise en plusieurs bran- ches, coulant du nord vers le sud-ouest, ou bien venant du sud-est. Mais ce bassin est tracé avec une incroyable inconséquence, et d’ailleurs on lit au milieu le mot Thuringia : ainsi il est impossible que les lacs en question soient le Balaton et le Neusie- del, lacs assez considérables. Il est beaucoup plus probable que le cartographe a voulu signaler le lac très-vaste dans le sein de la terre y dont parle Jor- nandès, à l’orient de l’île de Scandia. La Hongrie, dont le nom seul est inscrit dans cette carte, ne s’y trouve pas bornée au nord par les rnonts KarpathSy qui la séparent de la Moravie et de la Gallicie. Ou remarque seulement que le car- tographe l’a séparée de V Autriche, car on lit au sud des noms Maior Hungaria celui à’ Austria, Les rivières dont nous avons parlé plus haut doi- vent être la Raab, la Brave et son affluent la Muhr, la Mardi et la Theiss, mais placées arbitrairement. Aucune d’elles ne vient se jeter dans le Danube, par- ticularité qui est encore une nouvelle preuve de 1 i- gnorance du cartographe sur la vraie direction hy- drographique du cours de ces fleuves. A l’est de la Hongrie on lit : Gitia, peut-être Gai- licia, peut-être Scytliia, Enfin les derniers noms qu’on remarque au nord de cette carte, près des bouches duDanube, sont Arismaspi (1) et Griplies (2). Nous disons près des bouches du Danube, parce que nous ne voyons pas d’autre fleuve de cette grandeur qui, comme celui qù’on remarque dans la carte, se jette, de l’ouest à l’est, dans le Pont Euxin (la mer (1) Pline place les derrière le lacMéotide (liv. IV, c 12). Selon Poinsinet de Sivry (trad. de Pline, tome II, p. 367), le mot Ari- jMflspc signifié qu’ils n’ont qu’un œil. « Ce sont ceux de Lusko dans la Wo- linie. On sait, ajoute-t-il, que Luscus signifie borgne, qui n’a qu’un œil. C’est une dénomination latine qui aura été substituée à l ancienne dénomination scythique, la langue latine étant devenue très familière en Hongrie et en Pologne. Dupinet place les Arimaspes dans la Russie rouge qui confine à la Wolinie.y> L’auteur de cette carte paraît les avoir placés dans cette contrée. (2) Sur les Grifous, voyez plus loin les commentaires sur les cartes, d’Hereford et de Ranulpbus. I — 268 — JVoire), à moins que le cartographe, comme d’autres dessinateurs du moyen-âge, n’ait voulu désigner le Palus Méotide en le déplaçant, comme plusieurs dessinateurs de cartes de cette époque. La Pologne et la Bohême sont séparées par des fleuves qui ont leurs sources dans la grande chaîne de montagnes dont nous avons parlé plus haut. L’ex- trémité de cette chaîne représente une partie des Karpaths. Un de ces fleuves doit être la Vistule^ et l’autre peut-être VOder. La Germanie {Germa- nia) se trouve séparée de l’Autriche par la même chaîne de montagnes. A l’ouest de ce nom on lit ceux qui suivent, de l’est à l’ouest : Saxonia (la Saxe), Bavaria (la Bavière), Theulonia (1). Toutes ces contrées se trouvent renfermées entre la grande chaîne de montagnes du nord au sud-ouest et un grand fleuve au sud, qui pourrait être le Pô. Telle est l’Europe de cette carte barbare. ASIE. Nous commencerons la description de l’Asie par la Propontide. De simples traits indiquent ici d’une manière entièrement méconnaissable cette mer, ainsi que la mer Noire ( le Pont Euxin ) , dont la véritable configuration hydrographique dénaturée , comme (1) Pays habité par les Teutons, les Allemands anciens habitaient près de la Baltique, — 269 — nous l’avons dit, par le cartographe, se retrouve en- suite plus à l’Est. Sur cette mer est la légende suivante : PontosInsulaubiOvidiusexuI(l). | Ile du Pont, où Ovide fut exilé. Ensuite on lit Colcos insula ; ce nom est au nord de la Misie. Plusieurs cartographes du moyen-âge ont marqué dans leurs cartes la Colchide de préfé- rence à des villes plus récemment célèbres , parce que c’était dans cette contrée que la géographie my- thologique des Grecs avait placé la Toison d’or, et que l’expédition des Argonautes l’avait illustrée dans l’antiquité. Notre cartographe a donc fait ici étalage d’érudition en indiquant d’une part l’endroit où Ovide fut exilé, et de l'autre la contrée célèbre par l’expédition de Jason et des Argonautes. Cette réminiscence est d’autant plus remarquable, que la même contrée fut, dans le temps du Bas-Empire, appelée Lazica, et que le nom de Colchis paraît remplacé par celui de Lazi (2). (1) Ce fut à Tomi, près des Bouches du Danube, que le grand poète fut exilé. Cette ville était située dans la 3ïésie, au nord-est, dans la Petite-Scythie, sur le Pont-Euxin, et est aujourd’hui Temiswar. Ce fut dans cette terre d’exil qu’Ovide composa ses Êpiires Poniiqucs. Dans son livre. Tristes V—X, il traite de son exil. Ortelius, dans son Thésaurus Geogra ficus ^ dit : Pontus alia in Europa, Circa Danubi ostia , Ovido. (2) La Colchide est aujourd’hui Ylmérétie^ la Mingrélie et partie de 270 — La Mysia se trouve donc transportée aux bords de la mer Noire ! A l’Est est la Bitliinia (Bythinie), puis Nicomédie (Nichomedià) (1). Cette ville devait être placée vers le fond du plus grand des golfes que forme la Propontide , mais dans cette carte elle se trouve trop à Touest, et fort loin du golfe en ques- tion. Le cartographe l’a aussi inscrite à cause de sa célébrité historique; car elle fut le séjour de plu- sieurs empereurs dans l’Orient. A l’est de Nicomédie il place la Capadocia (2), et à l’est de celle-ci il indique par des traits une chaîne de montagnes, près de laquelle on lit : Mons Taurus, et à l’est, Pampfiylia(^). Tous ces noms sont inscrits de l’ouest à Test, dans une espèce de rectangle par lequel le cartographe a voulu donner une idée des contours de l’Asie Mineure. Mais le tracé en est tel- lement barbare, qu’on a de la peine à se reconnaître. La Phrygie (Frigia) y est placée au sud près de la XAbasie. Sur Pexpédition dont il est question, et sur la Colchide ^ consultez le savant Mémoire historique sur la Géographie ancienne du Caucase, depuis l’époque des Argonautes, etc. , par notre estimable confrère, M. Vivien de Saint-Martin , et sur les Lazes, ibid., p. 48 et 97, note 1. Cf. Potocki, Voyage dans les Steppes d’Astrakhan et du Caucase, etc , t. II, p. 147, n. 1, édit. deKlaproth'. Paris, 1829. (1) Nicomedia aujourd’hui Is-Niktnid, tirait son nom d’un des premiers rois de Bythinie. (2) Voyez § XXVIII sur la mappemonde de Lamberlus, note p. 187. (r>) Voyez plus haut, sur ce pays, p. 186, note 1. W. — 271 — mer. Eu dehors, à Test du Taurus, ou lit : Mare Caspium, et là s’arrêteut les connaissauces du carto- graphe sur cette partie de l’Asie, c’est-à-dire qu’elles ne vont pas plus loin que la mer Caspienne. Tout l’immense pays situé k l’orient de cette mer lui est complètement inconnu. Au nord de la Caspienne et du Taurus on lit : Asia. Bpha (sic) predicavit (1). Gough a lu : Asia ubi Petrus prœdicavit. Au fond de la Méditerranée, la mer Égée prend, au nord de Tyr (Tyrus), une forme très étroite et fort allongée ; on y lit : Pathemes insula (Pathmos). C’est la seule des Sporades que le cartographe ait marqué, probablement parce que cette île fut honorée par l’exil de saint Jean, l’apôtre des églises de l’Asie, qui y écrivit l’Apocalypse (2). Il nous reste à parler de la partie orientale et méridionale de l’Asie et de la Palestine. Dans la partie orientale, et sous le même méri- dien que la mer Caspienne, on lit : Jerapolis. Hic prœdicavit Pliilippus apostolus. Or, saint Philippe, ayant prêché la foi dans la Phrygie , et ayant été (1) Sur les différentes régions parcourues par les apôtres, il y a une si grande divergence d’opinions, qu’il serait impossible de les conci- lier et d’en tirer la certitude géographique. (2) Cette île est placée dans l’Archipel de la Turquie, au sud de Samos. — 272 — inhumé à Hiérapte (1), dans la même contrée, la légende se rapporte à ces faits de l’histoire sainte. Le golfe Persique et la mer Rouge ne sont repré- sentés que par les noms de Sinus Persicus, et de Mare Rubrum. A l’ouest on lit : Sinus ArabicuSy — Rrachium maris Ru. (sic). Ces noms sont disposés de manière qu’ils parais- sent indiquer chez l’auteur l’intention seulement de signaler la forme péninsulaire de TArabie, ou bien d’annoncer qu’entre les deux golfes existe une terre de forme à peu près péninsulaire se projetant au midi. Le seul nom inscrit sur la Palestine est celui de Jérusalem. AFRIQUE. Pour cette partie du globe, l’auteur de la carte nous donne à peine un tracé informe de la côte septentrionale, à partir de l’océan Atlantique jus- qu’au golfe de Sidra, un peu à l’est de Tripoli. On y lit simplement deux noms, savoir : Hercul. (c’est-à-dire Colonnes d' Hercule, le détroit de Gi- braltar), et à Test de celui-ci : Deserta Africe (1). (1) Hiérapolis est aujourd’hui Pambouc-Calessi, en Phrygie, au sud- ouest de Colosses. On l’a appelée ainsi à cause de la grande quantité de ses temples. (2) Nous donnons cette carte dans notre Atlas. Gough a publié seu- lement la liste de 60 noms et légendes de cette carte , mais il ne les — 273 — § XLIX XIIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de la Bibliothèque de Leipsig. Nous allons maintenant décrire une petite map- pemonde qui se trouve à la suite d’un manuscrit du XIII® siècle, conservé à la bibliothèque de Leip* sig (1); ce volume a pour titre : Gesta Ducis Mace- dum totum digesta per orbem. La mappemonde appar- tient à la même famille que les monuments décrits dans les §§ VII, VIII, IX, XI et XVI. Une ligne circulaire figure le disque de la terre, une autre l’horizon. Entre l’une et l’autre est placé l’océan environnant la terre et le mot Oceanus. Le cartographe paraît avoir voulu distinguer deux océans, l’un septentrional et l’autre méridional, car la partie nord de cette mer porte le mot septentrio- nalis, et le sud , meridies. Deux lignes tracées du a pas expliqués, et il en a omis 13 que nous avons pu lire et qui sont également mentionnés dans cette notice. Voyez, sur cette mappemonde, ce que nous avons dit, t. I", p, XX, 192—270. (1) M. le docteur Naumann a signalé ce monument dans son Cata- logue des manuscrits de la Bibliothèque de Leipsig, p. 20. Il dit, en parlant du manuscrit LXIII (rep. l, 4, 52) : . sub fmem Codicis picta est Charla aliqua geographtca, quœ imaginent terrœ reprœsentat . Nous devons à ce savant le calque en fac-similé de ce monument qu’il a eu la docte obligeance de faire lui-même. IJ 18 — 274 nord au midi séparent VAsie de V Europe et de Y Afri- que, et figurent Y Hellespont, les côtes de Y Asie Mi- neure et la mer de Syrie. Enfin deux autres, tracées de l’ouest à l’est , représentent la Méditerranée, et séparent Y Europe de Y Afrique. Les quatre points cardinaux sont indiqués par les noms de Septentrio, Oriens, Auster et Occidens. Quant aux noms des vents trois seulement sont in- scrits : Septentrio, Eurus et Auster. L’orient est placé en haut de la carte. L’Asie occupe, comme dans presque toutes les représentations de ce genre, la moitié de l’espace, et elle offre deux noms seulement, ceux à'Asia et du fleuve Tanays (le Tanaïs), qui servait de limite entre l’Europe et l’Asie. Mais nous y trouvons une légende que nous n’avons rencontrée dans aucune autre carte ; Alexander dimitit Asiam (1), et qui rap- pelle l’ouvrage dont cette carte est l’annexe. Sur l’Europe on ne lit que le mot Europa, et sur l’Afrique, Affrica. La Méditerranée n’est pas indi- quée par son nom; le dessinateur a relégué l’in- scription M éditer raneum Mare dans la zone de mer qui correspond à la mer de Syrie, à la mer Egée et à YHellespont. (1) M. de Wailly, qne nous avons consulté, pense qu’on doit lire: Alexander dimitlit alam, ou œlan. Telle est cette représentation du globe que le manuscrit de Leipsig nous donne pour l’univers d’Alexandre. XIÏI« SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit de Salluste , de la Bibliothèque Laurendana de Florence. Cette mappemonde datant du XIIP siècle, et ren- fermée dans un manuscrit de Salluste de la biblio- thèque Laurendana de Florence, a été mentionnée par Bandini (1), et reproduite une première fois par Spohn à la suite de son édition de Nicéphore Blem- myde (2). Nous y retrouvons le système représenté dans les manuscrits de V Image du Monde (3). Une simple ligne circulaire figure le disque de la terre. Un diamètre dirigé du nord au midi, sépare VAsie de V Europe et de V Afrique. Une autre ligne, tracée de l’ouest à l’est, figure la Méditerranée et sépare les deux derniers continents. VAsie occupe, comme dans presque tous les monuments de cette famille, la moitié de l’e space. Les seuls noms qu’on (1) Voyez Bandini, Catalogus Codicum Mss. grœcorum, lat. et ital, Bi- bliothecœ Medicæ Laurentianœ, 1764, 78, t. Il, p. 715et suiv. (2) Nous la donnons dans notre Atlas. (3) Voyez § XLIV. — 276 — y lise sont écrits ou grec : ’Acia (Asie), KùpoWn lEu- ropc), AiSvri (Afrique), NeîXoç (le Nil). L’orientation n’est pas ici la même que dans lés cartes dont nous avons déjà donné la description. L’ouest est en haut, et l’est au bas, de manière que le Nil et la Libye se trouvent placés au nord dans la section supérieure, et l’Europe à l’est dans la sec- tion inférieure ou méridionale. Cette particularité a échappé à Bandini et à Spohn. §LI XIIB SIÈCLE. planisphère Islandais renfermé dans un manuscrit conservé en Suède. Le savant éditeur des Antiquitates Americanœ , M. Rafn, a inséré cette représentation dans son grand recueil (1). M. Jomard en a fait l’objet d’une notice publiée dans le Bulletin de la Société de géo- graphie de Paris (2), et nous avons reproduit le planisphère dans notre Atlas. Nous nous contenterons d’ajouter ici quelques mots à la description donnée par M. Jomard. « A la page 279 de l’ouvrage , on remarquera, dit-il, la (i) Antiquitates Americanæ sive scriptores in America. Edidit so- cietas regia antiquariorum septentrionalis rerum ante-Columbiana- rum septentrionaliuin. Hal'niæ, 1837, 1 vol. grand in-4\ (3) Bulletin de la Société de Géographie, t, X, â' série, p. 121. figure très simple d’un planisphère divisé en deux parties par une bande oblique. Chaque moitié ren- ferme un ou plusieurs rectangles ; à la section du bas, qui représente le nord du monde, il y en a trois avec ces mots : Affrica, Europa, Asia ; à la section du haut il y en a un très grand avec ces mots islandais : Synniri bygd, que l’on traduit par : Meridionalis habitata pars vel regio. L’édi- teur paraît ne pas douter que cette dernière partie se rapporte au nouveau continent, puisqu’il dit : « Hic elucescit, atavos nostros, prœter très vulgo « notas mundi partes, aceepisse quartam quandam « et habitatam quidem illis, cimctis non multo mino- « rem, sed Americæ et Polynesiæ junctis extensione « fere æquiparabilem. y> Le savant académicien, ajoute : « N’y a-t-il pas une manière plus simple d’expliquer cette figure ? Ne voit-on pas sur toutes les cartes anciennes, et même du XVIII® siècle jusqu’au capitaine Cook, fi- gurer constamment, dans le sud, l’immense plage des terres australes! Cette tradition n’a-t-elle pas per- sévéré, même après les découvertes de l’illustre na- vigateur? Et d’ailleurs les mots : Synniri bygd^ si la traduction est exacte, ne sonl-ils pas précisément l’équivalent des terres australes? Enfin, comment admettre que ces mots région australe puissent s’ap- — 278 — pliquer à l’Amérique, c’est-à-dire à la région occi- dentale du globe par rapport à Y Afrique et à YEu- ropel II est donc difficile d’admettre que cette figure puisse venir en preuve d’une ancienne découverte de Y Amérique. » M. Jomard a raison; jamais cette figure ne four- nira une pareille preuve. Au contraire, en rappro- chant ce monument d’un grand nombre d’autres dont nous donnons la description, la Terre australe en question n’est autre que la zone tempérée méridio- nale, Y Anticlitfione de Manilius, de Mêla et d’au- tres géographes de l’antiquité, et de ceux du moyen- âge, terre qui, comme nous l’avons prouvé, passait, d’après leur théorie, pour être séparée par la mer de celle qu’on appelle encore zone torride (1). Du reste feu Letronne, à qui nous avons montré cette figure, et qui était une si grande autorité en la ma- tière, a partagé entièrement notre opinion. En effet, on remarque d’abord un cercle qui figure le disque de la terre, ensuite un second cercle qui re- présente l’horizon. Entre les deux cercles est l’océan. Deux lignes placées aux extrémités nord et sud in- diquent les deux zones polaires glaciales, inhabita- bles, selon l’opinion des anciens et des cosmographes (1) Rapprochez de ce que nous avons dit à ce sujet dans le t. de cet ouvrage, et dans celui-ci aux p. 81, 8!), 0^, l.-i2, 174, 18i- du moyen-âge, comme nous avons eu souvent l’oc- casion de le démontrer. Ensuite viennent séparées par les lignes de démarcation, les deux zones tem- pérées et habitables au delà des tropiques. Celle du nord renferme l’Europe, l’Afrique et l’Asie; celle du midi, l’Australie, VAnticlithone, ou l’autre continent opposé. La bande verticale paraît être, selon nous, la bande zodiacale. La forme même donnée à cette terre par le dessinateur est à peu de chose près celle qu’on retrouve dans les manuscrits de Lambertus du siècle précédent (1). Notre illustre confrère, M. Walckenaer, a déjà constaté que les modernes crurent aussi à l’exis- tence de ces terres australes, et de toutes les er- reurs antiques , dit-il, ce fut celle qui subsista le plus longtemps. Il n’y a pas encore soixante ans qu’un des plus célèbres géographes de France, le successeur de Delisle et de d’Anville, traçait sur ses cartes dans l’hémisphère austral deux immenses continents entièrement distincts de la Nouvelle Hol- lande, et de la terre de Van Diemen, et qu’il des- sinait les rivages de ces contrées fantastiques avec des détails circonstanciés (2). » Nous ajouterons que (1) Voyez plus haut p. 194 et 202. (2) Voyez Walckenaer, Cosmologie, ou Description générale de la Terre. — 280 le célèbre réformateur de la géographie, Ortélius donna aussi place dans sa carte à ces terres aus- trales fantastiques. Nous avons sous les yeux un livre imprimé en 1607 à Hanau, qui a pour titre : Mundus aller et idem sive terra australis antehac semper incognita longis itineribus peregrini acade- mici nuperrime lustrata (1). Ce volume est orné de cinq cartes représentant les fameuses terres aus- trales fantastiques, lesquelles s'étendent depuis l’o- céan Pacifique, jusqu’à l’archipel de la Sonde. L’au- teur a figuré des fleuves, des montagnes, des forêts, et couvert sa carte de noms. On y lit entre autres noms : Terra sancta ignota etiam adliuc. On y voit (1) Nous devons ce livre curieux à M. Isidoor Hye, savant juriscon- sulte de Gand, qui a eu l’extrôme obligeance de nous l’envoyer. Boucher de la Richarderie, dans sa Bibliothèque universelle des voyages, t. VI, p. 40S, cite une autre édition du petit livre dont nous parlons, l’édition de Francfort, imprimée en 1604, également in-12, et il dit que l’auteur est Guillaume Knight ; la nôtre est une seconde édition. D’un autre côté, Brunet affirme que le véritable auteui’, est Joseph Hall; nonobstant l’avis au lecteur, signé de Guillaume Knight, l’on sait, dit-il, que cette fiction satirique a été écrite par Hall, évêque d'Exeter, qui, sous le prétexte de décrire les terres australes inconnues, repré- sente les vices des nations existantes, prenant en cela l’inverse de l’utopie de Thomas Morus. Toutefois ce qu’il nous importe de constater, c’est que dans la première carte de ce livre se trouvent les terres australes fantastiques, de même que dans un grand nombre de cartes de géographes qui ne s’occupaient pas d’écrire des satires. M. Brunet dit que l’édition qui porte Authore Mercurio Britannico est sans date ; notre exemplaire porte celle de 1607. Ce livre fut réimprimé en 1643, et à Francfort en 1648. le Bugius fluvius , rivière imaginée par l’auteur, etc. Jansonius, dans la mappemonde dédiée à l’évéque d’Oxford, signale aussi les Terres australes fantas- tiques. Sa Terra Magellanica australis s’étend de- puis la mer Pacifique jusqu’au méridien de la Nou- velle Hollande. Dans la partie orientale on lit : Terra australis incognita. . Le petit planisphère publié dans les Antiquitates americanœ ne représente donc autre chose que les systèmes des géographes de l’antiquité et du moyen- âge ( 1 ). XIII* SIÈCLE, Planisphère de Cecco d’Ascoli. Dans une autre partie de cet ouvrage, nous avons parlé des connaissances géographiques de Cecco d’Ascoli (2). Avant de décrire le planisphère qu’on remarque dans ses commentaires sur le traité de la sphère de Sacro-Boseo, nous citerons ici ce qui a été dit au sujet de cet auteur qu’on a cité comme une autorité au sujet de l’expédition génoise de Vivaldi (1) Voyez notre Atlas. (2) Voyez ce que nous avons écrit à ce sujet dans les Recherches sur la découverte des côtes occidentales d'Afrique^ § XXII, p. 245 à 247. (Paris, ^ 1842.) 7 — 282 — et de Theodisio Doria au XIII^ siècle (1). Voici com- ment Naudé l’apprécie : « Le seul commentaire que « nous avons de lui sur la sphère de Sacro-Bosco « montre assez qu’il n’était pas seulement supersti- « tieux, comme l’appelle Delrio, mais qu’il avait « aussi la tête mal timbrée Il cite un grand « nombre d'auteurs falsifiés et remplis de vieux « contes et de hadineries, etc. » C’en est assez pour faire sentir le peu d’importance d’un tel compila- teur : quant au planisphère annexé à la plus an- cienne et la plus rare édition de ses commentaires, il apporte un témoignage de plus à l’appui de ce que nous avons dit des géographes du moyen-âge. Un cercle figure le disque de la terre. Des lignes de démarcation parallèles séparent les zones. Sur les zones polaires on lit : ibitabilis (pour inhabitabiles). Dans ce système la zone torride est également in- habitable. Enfin ony remarque la zone tempérée sep- tentrionale habitable, et la terre australe anticlitlione également habitable, comme l’a reconnu avec nous feu Letronne. Cette figure de la théorie des zones s’explique par les analyses que nous avons déjà fournies de plu- sieurs représentations de ce genre (2). (1) Voyez Naudé. /ipologia pro vins doctis Maihemalicis, p. i271. (2) Nous donnons ce planisphère dans notre Allas. — Voyez ce (jiie — 283 — Cette figure ne donne donc pas la moindre idée d’un progrès quelconque fait par la science à l’épo- que dont il s’agit. § LUI ' XIIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit des œuvres d’Isidore de Séville. Nous avons rencontré à la Bibliothèque nationale de Paris, dans le manuscrit latin n° 7590, une pe- tite mappemonde qui, par le tracé, appartient à la famille des monuments graphiques inspirés par Isi- dore de Séville ; nous en avons déjà décrit plusieurs empruntés aux manuscrits des oeuvres de cet au- teur (1) ; mais celui-ci diffère des autres par son imperfection même : le dessinateur s’est borné à indiquer par des points les deux cercles qui figu- rent le disque de la terre et l’horizon. On y lit seu- lement les mots Azya, Europa et Africa, écrits à l’encre rouge. L’Asie est placée en haut de la carte (2). Nous devons faire remarquer que le dessinateur, nous avons dit dans le t. Ie>' de cet ouvrage, p. 26, texte et note 1, et 97, 141, 192 et 230, § X de ia deuxième partie. (1) Voyez XI, XIII, et celle de Guidonis, § XXXII ; une autre du Xir siècle, § XXXIV, et § XXXV. (2) Nous donnons cette mappemonde dans notre Atlas. ■ * • — 284 - tout en représentant le monde de forme ronde d’a- près les anciens, n’en a pas moins dessiné une autre figure représentant la terre de forme carrée d’après les opinions des Pères de l’Église. § LÏV Mappemonde de forme carrée renfermée dans le même manuscrit d’Isidore de Séville. Cette mappemonde de tous points semblable à celle du X® siècle, qui est décrite au § XII (1), nous représente à trois siècles de distance dans le même ouvrage la même figure, ce qui prouve que dans les différentes copies des manuscrits du célèbre ency- clopédiste on a reproduit souvent les mêmes cartes sans aucune modification. § LV XIIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un manuscrit d’Isidore de Séville. Le XIII® siècle fut fertile en copies des Œuvres d’Isidore de Séville ; il nous fournit une autre map- pemonde mieux dessinée que celle que nous venons de mentionner, et renfermée dans un magnifique manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. (1) Nous donnons cette mappemonde dans notre Atlas. Cette mappemonde, tout en appartenant à la même famille de monuments que les précédentes, en dif- fère cependant à quelques égards. Elle est de forme ronde. L’orient se trouve placé en haut de la carte. Trois cercles, peints en rouge à l’entour figurent le disque de la terre et l’horizon. L’intervalle de ces cercles est occupé par des points disposés aussi cir- culairement , et qui de prime-ahord ressemblent à ceux des cartes marines postérieures au commence- ment du XIV® siècle. Ces points, peints en hleu, sont tantôt ronds, tant droits, de la manière sui- vante : imii.oooo . un. Leur nombre varie; tantôt on en remarque six, tantôt quatre, et ainsi de suite. Peut-être, en les rapprochant de la numération qu’on remarque dans le cercle de la mappemonde de Dijon du XI® siècle, pourra-t-on découvrir si ces points se rapportent à la mesure de la terre. Nous avons travaillé en vain pour arriver à la solution de ce pro- blème. Il est possible aussi que ces signes ne soient qu’un ornement imaginé par le dessinateur ; cepen- dant l’expérience nous a déjà appris par l’étude de ces sortes de figures, qu’en général tout ce qu’on y remarque a une signification. Le diamètre de la terre est coupé au centre par une ligne tracée du nord au midi, qui sépare l’Asie de l’Europe et de l’Afriquè. Une ligne, tracée de — 28G — l’ouest à l’est figure la Méditerranée, et sépare l’Eu- rope de l’Afrique. L’Asie, comme dans presque tous les monuments de ce genre, occupe la moitié de la carte. Les trois parties de la terre sont distribuées entre les trois fils de Noé; sur l’Asie, on lit Sem, et, au centre du continent, le mot Asia. Sur l’Europe on lit Jafeth, et, plus bas, Europa; sur l’Afrique, Cam et le mot Africa. Tous ces noms sont écrits à l’encre bleue. C’est toujours le même système d’indications adopté pour les trois races issues des fils de Noé. En dehors des cercles sont les points cardinaux : Septentrio (le nord) , à gauche ; Meridies (midi) , à droite, et Occidens , au bas de la carte. Ces noms sont écrits à l’encre rouge. Au bas de la mappemonde et aussi en dehors des cercles se lit l’inscription suivante (1) : « Ecce sic diviserunt terram filii C’est de cette manière que la « Noe post diluvium. » terre a été partagée entre les Gis de Noé après le déluge. (1) Voyez ce que nous avons dit des monuments de ce genre dans le t. I", p. 254, § XI, 2" partie. Nous donnons cette mappemonde dans notre Atlas. — 287 §LVI XIIP SIÈCLE. Mappemonde renfermée dans un autre manuscrit d'Isidore de Séville. 11 nous reste à parler d’une petite mappemonde de la même famille de monuments, qui se trouve dessinée dans un manuscrit (1) de la Bibliothèque nationale de Paris. Mais elle est de tous points sem- blable à celle du poëme géographique attribué à Gau- thier de Metz, que nous avons analysée au § XLIV ; toutes deux sont du même siècle : il serait donc superflu de donner ici une description spéciale, et nous renvoyons le lecteur à l’article concernant la mappemonde de Y Imago Mundi (2). En terminant ici la description des mappemondes et autres représentations cosmographiques qui nous restent du XlIP siècle, nous ajouterons que la carte de 126 S, du temps de saint Louis, la seule du moyen-âge citée par Ortélius , est celle-là même que mentionnent les Annales de Colmar, et qui était dessinée sur douze feuilles de parchemin. (1) N® 6, fond de Navarre. (2) Voyez cette mappemonde dans notre Atlas. ' Nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit de cette carte dans une autre partie de cet ou- La mappemonde dont nous allons donner pour la première fois une description complète, est un des monuments remarquables de la géographie des der- niers siècles du moyen-âge, non seulement par ses nombreuses légendes, mais aussi par sa dimension. de cette époque, c'est à peine si quatre savants, à notre connaissance, en ont dit quelques mots. Le premier que nous trouvions, Gough, écrivait, dans l’année 1780 (1) : « La bibliothèque de la ca- thédrale à' Hereford conserve une mappemonde très Graber de Hemso l’a citée aussi dans le t. II de ses Aiuiali di Geo- graphia (1802). Il parle, du reste, d’après Urtisio, Ilistorici Germaniœ illuslrati, t. II, p. 8. (2) Voyez Gough, An Essay on the vise and progrcss of geography in Grcai-Briiain, p. 17. î vrage (I). ! MAPPEMOIVDES Dü XIV SIÈCLE. § LVII Mappemonde de la cathédrale d’ Hereford en Angleterre, dressée par Richard de Haldingham. Cependant, malgré l'intérêt qu’offre ce monument pour rhistoire de la géographie et de la cartographie (1) Voyez t. I^r, p. 191, 2e partie, note 1 et 2. curieuse renfermée dans une armoire à deux portes^ sur lesquelles on remarque les images de la Vierge et de range Gabriel. Cette carte est dessinée à la plume sur peau de vélin; elle a 6 pieds 4 pouces de hauteur, et 5 pieds 4 pouces de largeur, et formait ancien- nement le principal ornement d’un autel {altarpiecé), dans l’église meme. En haut de la carte est repré- senté le Jugement dernier. Jésus-Christ, les bras éle- vés, tient dans ses mains un écriteau avec ces mots ; Ecce testimonium meum. A ses côtés deux anges portent dans leurs mains les instruments de la pas- sion, Sur la droite, un autre ange embouche la trom- pette, de laquelle sort un écriteau avec cette lé- gende : Levez si vendres vous par (1). Un ans:e amène parla main un évêque, derrière lequel est un roi suivi d’autres personnages; il les introduit par une porte formée de deux colonnes, et qui paraît servir d’entrée à un édifice. Aux pieds de Jésus- Christ sont quatre anges agenouillés; entre deux de ces anges on remarque une couronne royale et celui de gauche dit ce qui suit : « V cici ben fiz Mon piz de deux la qiiele presla Etes mane lecles. dont lelt queistes. Eyez merci de tous, si corne vous mesmes destes. (1) Celte légende n’a pas été bien lue par Gough, car on y remar- que le mol Joie. 290 Remenont servi haut esse me feistes (1). * A gauche, un autre ange embouchant également la trompette , en fait sortir les paroles suivantes tracées sur un écriteau : Leves si ailes ail fu de enfer estable. Une porte, dessinée comme celle de l’entrée, représente probablement l’issue par la- quelle ceux qui sont condamnés aux peines éter- nelles doivent sortir. En effet, on voit le diable traî- nant après lui dans l’enfer une foule d’humains liés à une corde qu’il tient à la main. Dans l’intérieur du premier cercle qui entoure l’Océan, on lit l’inscription suivante en vieilles lettres capitales: « A Julio Cæsare orbis terra- rum meliri cepit. A Nichodoxo omnis oriens dimensus est. A Tbeodoto septeralrion et occidens dimensus est. A Policlito me- ridiana pars dimensa est (2). » Jules César le premier lit mesu- rer la circonférence de la terre. Nicodoxe mesura tout l’orient; Théodote le nord et l’occident; Polyclite mesura la partie méri- dionale. (1) Gougb n’a pas saisi la signiQcation de ces personnages. Cest la Vierge qui est agenouillée aux pieds de son flls ; derrière elle est une femme aussi à genoux et qui tient une couronne qu’elle semble prête à poser sur la tête de la mère du Christ; enfln, à côté de cette sainte femme, un ange agenouillé semble appuyer l’intercession maternelle. La Vierge découvre son sein, et prononce les paroles d’un écriteau que soutient un ange à genoux en face d’elle. Nous lisons ainsi cette légende : Veici beu fiz mon piz de deuiz laquele chare preistes — Eles marne letles dont leil de Virgin quiestes - Eyes merci de tous si corn nos mesmes deistes— R...em...ont servi kanl sauveresse me feistes. (2) Voyez p. 162 le passage d’Æthicus, d’où cette légende est tirée. Nous avons rétabli presque partout les mots que Gougb n a pas lus. — 291 Un autre cercle renferme les noms des parties de la terre en lettres capitales d’or ( 1 ); un troisième, la théorie des vents, représentés chacun par une figure monstrueuse ; on y lit ce qui suit ; « Auster contrarius septemtrioni vocatus ab hauriendis aquis, qua- rum perfusione terram inundat; qui est calidus ethumidus, fulmi- ueus, generans nubes et pluvias, et solvlt flores. Auster Affricus contrarius Aquiloni dictus quod per Affricam currii. Vulturnus flans in alto potentiam habet quasi vul- tur. Aquilo non discutit nubes, sed aquas stringit. » L’Jusier, à l’opposé du septen- trion, est ainsi appelé parce qu’il absorbe les eaux qu’il répand pour arroser la terre ; il est chaud et humide, renferme la foudre, en- gendre les nuages et les pluies, et fait éclore les fleurs. L’Auster Afri- cus, à l’opposé de.y Aquilon, se nom- me ainsi parce qu’il règne en Afri- que. Le Vulturnus, qui souffle d’en haut, a la même force que le vau- tour. V Aquilon ne chasse pas les nuages, il accumule les eaux. est la mappemonde villes, cités, monta- noms ; au bas qu’il copie Orose, Ormes ia dans une inscription : Dans l’intérieur de ce cercle avec ses différentes divisions, gnes, fleuves et un grand nombre de l’auteur de la carte avertit miindi, d’après ce qu’on lit « Descriptio Orosii de Ormesta Description d’Orose dans l’Or- mundi sicut interius ostenditur. « mesta du monde comme on le mon- tre dans la carte. mais la description est rarement d’accord avec le texte de cet auteur. Dans la terra Egypti on re- marque une vaste grange, nommée Orrea Joseph, et la légende suivante : « Mandragora erba amabiliter virtuosa. » La mandragore, herbe d’une vertu merveilleuse. (1) Ce sont les noms des quatre points cardinaux — 292 Cette plante est représentée ayant la figure hu- maine, des espèces de racines qui lui sortent de la tête, les jambes attachées Tune à l’autre, et les bras étendus jusqu’en bas (1). Dans la Terre sainte, les Israélites travaillent le veau (Tor, auprès duquel on lit : Mainm. Au centre de la Mer Morte, sorte d’étang circu- laire, sont deux îles portant les noms de Sodom et Gomora. Jériisalem, également circulaire, est pla- cée au centre de la carte, et entourée de murs, avec quatre portes et quatre tours ; on remarque à l’E. un grand crucifix. A l’extrémité orientale de la carte un cercle ren- ferme le Paradis terrestre avec ses quatre fleuves, et la tentation d’Eve au centre. Une large bande s’étend depuis la Colchide à l’oc- cident jusqu’à Constantinople , et au S. jusqu’à la Li- bye, puis à rO. jusqu’à Calpe, et en retournant vers TE jusqu’à V Egypte. Cette bande représente dans ses différentes parties toutes les mers intérieu- res : le Ponl-Euxin, la Mer Cimmérienne , la Propon- tide,VHellespont et les mers Egée et Méditerranée. (1) La mandragore était fameuse par les vertus que lui attribuait la crédulité des anciens. Sur la foi de l’antiquité, le moyen-âge trou- vait une ressemblance parfaite entre les racines de cette plante et le corps humain. La plante, assurait-on, poussait des gémissements ef- froyables quand on l’arrachait de terre, et la racine entrait dans la composition des philtres. ~ 293 — Sur l’île de Lesbos (Lemnos) est représenté un grand veau ; sur la Crète^ le labyrinthe ; sur la côte de la Carie, un énorme poisson et la légende : Miles maris in mare leonum; à Délos VOraculum Apollinis (oracle d’Apollon) avec une tête mons- trueuse. A l’angle gauche de la mappemonde est la légende suivante : « Lucas in Evangelio. Exiit edic- tum ab Auguste Cæsare, ut descri- beretur huniversus orbis. » Dans l’évangile de saint Luc (il est dit) qu’Auguste César publia un édit ordonnant de faire la descrip- tion de toute la terre. Et au bas est la figure d’un prince coiffé d’un triple diadème, que surmonte une croix; il est assis sur son trône, et tient dans les mains un décret ainsi énoncé : « Ite in orbem universum, et de Omni ejus continencia referte ad Senatum, et ad istam confirman- dam huic scripto sigillum meum apposui. » Allez par toute la terre, et ren- dez compte au Sénat de toute son étendue, et pour la constater, j’ai apposé mon sceau à cet édit, » Au bas de cette légende est tracé un sceau de forme ovale, autour duquel on lit : A. Augusti Cæ- saris Imperaloris (sceau de l’empereur Auguste Cé- sar). Ce décret est reçu par trois personnages qui por- — 294 — teiit les noms de Nicfiodoxus (1), Tfieodotus (2) et Policlitus (3). Aux pieds de l’empereur est cette légende : « Tuz ki cest eslorie ont ou oyront ou luron ou ve- ront prient a iliesu en dey te de Richard de Haldin- gliam et de Lafford eyt pitCy ki lat fet e compassé, ki joie en cet li seit doné, » A l’angle opposé de la mappemonde, un homme, la tête nue, monté sur un cheval qui a des sonnet* tes dans ses harnais, se tourne vers un petit homme portant un arc, une flèche et une épée, et menant en laisse un chien ; au dessus on lit : Passe avant. » Telle est la description que Gough a donnée de cette carte, et c’est la plus détaillée qui ait paru jusqu’à ce jour. En la transcrivant entièrement, nous nous sommes proposé de constater ce qui s’est fait avant nous dans ce genre d’études, et en même temps d’offrir au lecteur une occasion de comparer cette notice avec celle que nous donnons ici (4). (1) Voyez sur ce personnage plus haut, p. 162. (2) Ibid. (3) Ibid. (4) Gough adonné l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande de cette carte, mais sa reproduction diffère du fac-similé de la Bibliothèque nationale de Paris que nous avons sous les yeux. Dix-huit ans après Gough, c’est à-dire en 1798, Gottlob Fritsch a parlé de cette mappemonde dans sa dissertation intitulée : ücmonslralio historico-geographîca per quant ef- ficiiur veteres Americam ignorasse (p. 111); mais il se borne à dire que — 295 — Cette mappemonde nous paraît avoir été dressée vers la fin du XÏIl® siècle on au commencement du XIV*^. C'est aussi Topinion de plusieurs savants di- plomatistes que nous avons consultés. L’orient est placé en haut de la carte, le nord à gauche, le sud à droite et l’ouest au has. L’Océan et les fleuves sont peints en vert. Nous allons examiner chaque partie de la terre, et satisfaire ainsi en quelque sorte les vceux exprimés par Tun des organes de la littérature anglaise (1). dans celte carte conservée à Hereford, Jérusalem est placée au centre du monde. Play fair dans son System ofgeography, publié en 1808, t, le”, p. XCVII, cite tout simplement Gough. M. de Laborde a reproduit en fac-similé la Palestine et {'Arabie à la suite de son Examen géographique de l’Exode et des Nombres, publié en 1841. Dernièrement M. Jomard a fait graver pour la première fois en en- tier cette curieuse mappemonde, et il a eu l’extrême obligeance de mettre à notre disposition non seulement le fac-similé que possède le département des cartes de la Bibliothèque nationale, mais aussi un exemplaire de la copie qu’il a fait graver pour sa collection. Feu Hom- maire de Hell a aussi consacré à l’examen de celte grande carte qua- tre pages de son ouvrage intitulé : Steppes delà mer Caspmine , tome I1I> p. 332, publié en 1844. Notre confrère, M. Th. Wright a publié, il y a trois ans, une dissertation ; On the ancient Map of the World pre- served in Hereford cathédral, as illustrative of the hislory of geography in the middle-ages, in-8 de 17 p. 1?2. Les onze premières pages offrent une large esquisse des connaissances géographiques des Romains, d’Ælhicus, des Anglo-Saxons, de Cosmas, de Bède, de Dicuil, etc. Les pages 11 et 12 sont les seules consacrées à cette carte, le reste traite des voyages de Marco Polo, de Mandeville et d’autres matières. (1) Dans le Litterary Gazette du 21 avril 1849 on lit ce qui suit au sujet de cette carte : « La mappemonde de la cathédrale d' Hereford est « dans un état voisin de la destruction. Il en a été fait une copie, il y a — 296 — EUROPE. A l’entrée du détroit de Gibraltar, le cartographe place des colonnes; en haut on lit : Gades Herculi(\) et dans un cartouche au bas : « Calpes et Ahilla Gades Herculis j On croit que Calpe et Abila sont esse creduntur (2). » | Je Gadès (les Colonnes) d’Hercule. L’Espagne et le Portugal ne forment point une péninsule. Dans la partie méridionale sont deux édi- fices ; près de l’un on lit Corduba (Cordoue) ; près de l’autre, à l’orient, non loin de VEbre : Valencia (Valence), et sur l’intérieur de l’Espagne : Terminus Europe. Dans le voisinage de l’Océan , sur la partie occidentale, est une montagne, au haut de laquelle on lit : Mons Billa ou Bina (3), et au N., un fleuve, fluvius Betis (4), dirigé parallèlement au fluvius Calcina (3). Entre ces deux rivières se « près de vingt ans, pour la société de géographie.... Il est fort à re- « gretier que cette relique qui intéresse à un si haut degré la science géo- « graphique du XIIP siècle n'ait pas trouvé depuis longtemps un commen- « taleur parmi nos compatriotes. » (t) Rapprochez de ce que nous avons dit à ce sujet, p. I6, 17, lOO, 216, 217, 22.5, 527. 397, 425 du tome 1er. (2) Voyez plus haut ce que nous avons dit à ce sujet. (3) C’est le mont Abyla; le Calpe est sur l’Afrique, dans celle carte. (4) Solin mentionne le Bétis entre les trois grands fleuves de l’Es- pagne (XXIV). Ce fleuve se nomme aujourd'hui le Guadalquioir, dans l’Andalousie, ou Cuadi-al-Kibir, le grand fleuve. (.5) Emprunt du nom de Carccia ou Cartcia, près du mont Calgc. — 297 — voit un édifice qui représente peut-être Séville. Eu suivant au-delà des colonnes la côte où se rendent ces trois fleuves, on arrive au fliivius Dorius (le Douro en Portugal), qui prend sa source, ainsi que le Calcina, dans des Cordillères (probable- ment les montagnes de Léon, l’ancien Idubeda). En- tre ces deux fleuves est un édifice représentant une ville, et au bas duquel on lit : Hispania mferior (Es- pagne inférieure) ; puis, au N. du Douro, la figure d’un animal ressemblant à un loup et nommé Gé- nies (1). Plus haut est placé un autre édifice avec une es- pèce de tour et le nom de Biturrical (2). Au N. du Douro on remarque un autre fleuve, fluvius Mineus (le Minho en Portugal), qui prend sa source dans une montagne voisine (sans doute les Asturies, Vidais Mons). De là on entre dans la Galice, occu- pée par un grand édifice flanqué d’une tour, sur la- quelle on lit : Murduacia (3) (peut-être Munda), et par la fameuse église de Saint-Jacques de Compos- telle, Teraplum sancti Jacobi, et plus loin Composîii (1) Ce nom mal écrit désigne probablement la Ginette {Catus Hispa- 7iiœ, et selon d’autres Panthera tninor); Gessner la nomme Ginetta Hts- paniœ. Tavin, dans son Théâtre d’Honneur, parle de l’usage qu’on fai- sait au moyen-âge des fourrures de cet animal. (2) Peut-être Beluria Celticonm. (5) Parait être l’abréviation de Munda Cdiiberorum. — 298 — (de Composte! le). Près de la mer est une haute tour dont la forme annonce un phare, et du haut de la- quelle sortent des flammes. Oji y lit : perona (sic), c’est-à-dire per omnia (pour tous) (1). Près des Pyrénées sont les mots Hispania cite- rior. VEbre, nommé fluvius Hiber , prend sa source dans les montagnes du nord de YEspagne. Non loin de Toletum (Tolède), ville célèbre re- présentée par un grand édifice, au bas duquel on lit : V ake ? est indiqué un affluent de VEbre, nommé flu- vius Mormus (2). Auprès des Pyrénées se trouve Pampiona, figurée par un édifice; plus loin, le mot Iberia (Ibérie, ou bien région de l’Ebre). A TE. du fluvius Morinus , un autre affluent de VEbre porte le nom de fluvius Darius (3). A PE. de celui-ci est Terracona civilas (la ville de Tarragone) figurée par un édifice plus vaste que les autres, et présentant l’aspect d’une cathédrale flanquée d"une tour ronde ; au midi se voit : Torlosa civilas (la ville de Tortosa. Enfin les Pyrénées^ ainsi que les mon- tagnes des Asturies forment une longue cordillère qui s’étend de la Méditerranée à V Océan. (1) C’est la représentation du phare célèbre de Briganiia dont parle Orose. Voyez notre analyse de la mappemonde cottonienne du Xe siè- cle, p. f)8 et 59 de ce volume. (2) Le cartographe a-t-il fait un ileuve du mous Marianus? (.5) Nous no reconnaissons pas cette rivière. Telle est l’Espagne de cette carte ; il est à remar- quer que le cartographe a oublié d’indiquer le Tage, le principal fleuve de l’Espagne ! Maintenant , franchissant les Pyrénées, nous ar- rivons à la France; entre ces montagnes et le Rhône, du côté de l’Europe méridionale, se trouvent Jra- gona (TAragon), un fleuve, fluv. Atiar? et à côté le mot Narhona, répété deux fois pour désigner la Narbonnaise et la ville de Narbonne; plus à rO. est une montagne Reeordanorum ? de laquelle le fleuve descend pour aller tomber dans la Médi- terranée; enfin vient le nom d’Avernia (1) écrit à Tencre rouge. Au N. de ce nom est un édifice, Limo- gêna , puis une autre ville nommée Avernis. En- tre Limogena sur la Garonne et Narbona on remar- que une montagne Clarus Mons (2), et en haut de celle-ci Aquitania. En deçà de iV«?Aona est la figure d’un bœuf avec le mot Bugossa (3) écrit à Tencre (1) Nous pensons que c’est le pays des Arverni, jadis le peuple domi- nateur de toute la Gaule méridionale. Voyez à ce sujet les savantes recherches de M. Walckenaer, Géographie ancienne des Gaules, tome I", p. 539. (2) Clarus Mons, château fort : c’est Clermont. M. Walckenaer [Géo- graph. anc. des Gaul., tome 1er, p. 540) a trouvé le château ainsi nom- mé, qui défendait anciennement la ville de Clermont, capitale de l'Au- vergne, mentionné par un annaliste du temps de Pépin, et dans une pièce de l’an 422. (3) Ce nom semble tout-à-fait corrompu. Nous n’en trouvons pas un seul qui puisse y correspondre. — 300 — rouge, et près de la Méditerranée un autre édifice, Arelas Civiias (Arles], flanqué d’une tour, ensuite fluvius Rodanus (le Rhône), qui prend sa source dans les Alpes. En revenant vers l’occident, au N. des Pyrénées, nous rencontrons un petit fleuve qui se jette dans un golfe, à l’entrée duquel est l’île d’0/emm(l); près de là se lit à l’encre rouge : Gallia VII populorum (Septimanie). Ce nom est au S. de Bayona, placé lui -même au sud du fluvius Durdagna (2). A la naissance de ce fleuve est Aquesia (3). La ville de Tolosa est placée sur le fluminus Gerunda (4) ; à l’E. se trouve Gallia Celtica, écrit à l’encre rouge ; à l’O., Fronsacea (5), et Burgli in mare (château dans la mer), qui désigne un fort avancé sur le ri- vage (6). Ces lieux, placés sur la Dordogne, sont voi- sins d’un golfe et d’une péiiinsule, sur laquelle on lit Aquitanicus Sinus (7). Dans le golfe débouchent la Dordogne et la Gerunda au N. de laquelle sont Bur- (1) L’île d’Otéron dans le golfe de Gascogne. (2) La Dordogne, Duranius fluvius de la géographie ancienne. (3) Voyez Walcken, p. 296. C’est Aguise aujourd’hui Dax ou Acqs. (4) La Gironde, (5) Fronsacea, Fronsac (déparlement de la Gironde). (6) Est-ce la Tour de Cordouan ? (7) Golfe de Gascogne. degala (Bordeaux) , grand édifice flanqué d’une tour ; Gasconia (la Gascogne), nom écrit à Tencre rouge; Persina? autre ville ou château fort, puis Osca. Au N. de ces villes est encore un grand fleuve, fluvius Ligeris (1), qui débouche dans le canal d'Angleterre, et au N. duquel sont indiqués, de l’O. à l’E., les lieux suivants : Mons Michael, montagne voisine de la mer, et en avant de laquelle est une tour désignée par le mot Nametis (2) : c’est le Mont Saint-Michel. Un petit affluent du Ligeris, nommé fluvius Meda- nia (3) reçoit lui-même une autre rivière, fluvius Sarca (4). Plus au N., on lit : Normannia , écrit à l’encre rouge; près de la Seine, Cenom. üth. (5), puis Carnocum (6); l’inscription Vendum Aurelianum (7) est accolée à un édifice, comme le sont tous les noms des villes sur cette carte. A la suite vient Nemuls? Dans le pays au N. de la Seine, Segna fluv.,\9i première ville qu’on remarque près du canal Britannique est Rotomagurn (Rouen), (1) L2l Loire. (2) Nametis, Nantes. (3) La Mayenne. (4) La Sarthe. (5) Le Mans, Cenoinanorum urbs. (6) Chartres. (7) Aurelianum représenterait Orléans. — 302 — grand édifice flanqué de deux tours rondes. Au N, est Novîciim (1). A l’E., un affluent de la Seine se sépare en deux branches : le bras oriental est entre la ville de Remis [2) à l’O- et la ville de Lan- dun (3) à TE. Au N., à la naissance de ce bras est un autre édifice, Siiesia (4), qui a sa base appuyée sur la rive droite. A l’E. se voit un autre édifice, l’un des plus considérables de la carte, et qui par sa forme paraît représenter Notre-Dame de Paris : c’est Parisius civ. (la ville de Paris;. A l’E. de Paris, près d’un des affluents de la Seine, sont latimatus? (5) et Aulisiodornm (6). Cet affluent est fluvius Marna (la Marne). Plus à TE., la Seine reçoit un autre cours d’eau nommé fluvius Cima ou Cinca ou Cinia (7). Entre les deux rivières est Augustodunum (8). Au N. du Rhône est écrit à l’encre rouge Terminus Fran- (1) Sera Tpe\it-èlre Noviomagus (Lisieux). On ne rencontre pas A'ore- cim dans ces parages ; ce pourrait être Noyon. (2) neims, des Bemi ou Rhemi, peuple de la Belgique. (3) Laon. (4) Soissons. (,')) lalmum’! (G) Auiissîodurum, Auxerre. (7) Peut-être l’Yonne, Icauna. (8) Augustodunum, Autun. de et Burgundie (limites de la France et de la Bourgogne). Au N. de cette légende, à l’O. d’une montagne placée vers le confluent du Bliône et de la Saône, est Lugdunum (1) et non loin des Atpes Godas ( Saint-Gothard ) , Leon (Lyon), sur la rive droite du Bhône; enfin près de la Méditerranée, au midi, une ville sans nom, peut-être Marseille. Telle est la Franee de cette carte ; remontons à l’occident, vers la Belgique et la Flandre. Le mot Flandria est inscrit à FO. de Bouen, à l’encre rouge. Cette contrée ne renferme que deux édifices sans nom ; elle est séparée du Brabant (Brabannia) par un fleuve qui tombe dans le canal de la Manche, et au- quel l’auteur donne le nom de l’Aisne, fluv. Auxon- ta. (2). Au S. on lit Sercles? Au N., près de la mer, sont Cimeratum (3), Tornacum (Tournay) (4); au N. de cette ville, Bononia ou Bonoma, et au N. -O. de celle-ci, le mot Holandia (la Hollande), inscrit à l’encre rouge, et placé près d’un grand (1) Lyon. (2) Peut-être YEscmit; auprès de ce fleuve habitait un peuple appelé Toxandri. (5) Camaracum, Cambrai. (4) Auprès de Tournay habitait un peuple appelé Tomates. — 304 — tleuve, fluv. Mose (1). Al’E. de Bmbannia Cam- pania. Ces deux noms sont aussi tracés en rouge. A la naissance du fleuve Mose on lit le mot Gesortia, et à la naissance du Rhône ou plutôt de la Saône est une ville qui porte le nom de Cabilla (2). Au N. du fleuve Mose sont les mots GaUia Belgica écrits à l’en- cre rouge. Cette contrée a le fleuve Mose au midi, et le fleuve Mose//a au N., ainsi qu’un autre nommé fluv. Vira ou lira? (le Rhin?). Sur les bords du pre- mier de ces fleuves sont deux villes ; l’une à l’O. porte le nom d’Aqiiisgran (Aix-la-Chapelle), l’autre à l’E. celui de Verona. Au N. -O. d' Aquisgran, est Vere- dun (3) ; enfin, au N. du mot Hollandia est figurée l’embouchure d’un grand fleuve. Entre la Moselle et le Rhin on lit plusieurs noms de villes : à l’O. Fluencia (4) ; à l’E , sur le Rhin, Métis (Metz), au S. de celle-ci, Magoncia (Mayence), puis JVarmacia (5), et plus à l’E., Saiida ou Lan- daiv. Entre le fleuve l7/m et le Rhin est une ville (1) Mosa, la Meuse. (2) Cabillonum, Châlon. (5) Verdun. Des peuples du \oisinage de Metz élaieiil nommés Vero- duni. (4) Peut être Coblentz. (5) Ce nom semble désigner iVorms. — 305 — qui porte le nom de Basel (Basilea?) (1), à l’O. de laquelle coulent plusieurs fleuves qui tous descendent des Alpesj et vont rejoindre le Rhin. L’un de ces fleuves, du côté du N., est nommé fluv. Onl (2), un autre au S., fluv. Arar ou Drar (3). Dans la région àl’E. du Rhône et en deçà des Alpes, nous rencon trons d’abord Losana (Lausanne); au S. Geneva, Viena (Berne?) puis un affluent du Rhône, nommé fluv. Ibifara (4). Au midi de cette rivière sont deux villes; Tune, vers l’E. et près des Alpes, e^lEhredunum (S), l’autre près du Rhône, Tapileus (6). Les Alpes sont représentées par une série de ma- melons triangulaires qui enceignent tout le nord de la péninsule italienne depuis V Istrie jusqu’à la Mé- diterranée. Nous commencerons l’examen des ré- gions comprises entre cette chaîne et V Adriatique par l’énumération des villes placées dans la contrée située entre les et les Apennins, et désignée en lettres rouges sous les noms de Longobardia et Li- gria (Ligurie). (1) Basilea, Basle. (,2) Peut-être VUri qu’on remarque dans la carte de la GalUa anti- qua de d'Anville. (3) Peut-être le Dravus fluvius ? (4) Peut-être l’/sère. (3) Ebrodunum, métropole des Alpes marilimes, aujourd'hui Embrun. (6) Gratiannpolis, Grenoble. II 20 — 306 — Au midi, le fluv. Tarus (1) descend des Alpes et tombe dans la Méditerranée. Au-delà et près de la mer, une sorte de tour représente Geniia civ. (la ville de Gênes), au N. de laquelle est Gliiireda ou Tliiireda ? et une autre ville près des Alpes, que le cartographe nomme Augiista (2). Là coule un grand fleuve , fluvhis Padus (3), qui, venant des Alpes, va se jeter dans la mer Adriatique ; il est presque parallèle à son affluent septentrional, fluv, Ttcinus (4). Entre ces deux fleuves est Papia civ. (5) et au N. de celle-ci Mediolanum (Milan) ayant à l’E. une autre ville que le cartographe nomme Lande (6). Au S. du fluvius Padus sont Vercellis (Verceil près de la Sesia), Placentia (Plaisance), Bononia civ. (la ville de Bologne) ; au N. de celle-ci, civitas Ar- minum (7), ville forte, flanquée de tours. A l’E. le mot Pisanus, écrit à l’encre rouge, est placé près de la (1) Tanarus, le Tanaro, ou Tarus, le Taro. (2) Peut-être Augusta Taurinorum (Turin). (3) Padus, le Pô. (4) Ticinus, le Tésin. (5) Papia, actuellement Pavie. (6) Nous croyons que ce nom est corrompu. Peut-être est-ce Lumel- lum qui a donné le nom de la Lumelline ; peut-être Lande de l’Itinéraire d’Antonin. (7) Ariminium, Rimini. — 307 — mer Adriatique. Au midi de cette contrée, un fleuve, fluvius Piscaria (1)? qui a sa source dans les Apen- nins, se jette dans V Adriatique ; le nom de Calabria, les villes à’Ancona, de Ravenna sur Y Adriatique sont placés successivement au N. de ce fleuve. Au-delà des Apennins et au S. du fluvius Piscaria, en suivant la côte occidentale de YAdriatiqtie, nous trouvons une montagne nommée Mons Garganus (2), puis Brundisium (3), Yorontum (4), Tareiiturn (5), Lengas et Gotonia (Grotona?) (6). Au S. de cette cité est un fleuve nommé fluv. Amilidus (7); au S. de cette rivière et vers l’extrémilé de la Péninsule italienne , on lit le mot Brucis , écrit à l’encre (1) Est-ce PisauroàouX. le cartographe a fait un fleuve? (2) Mons Garganus, aujourd’hui Monte Sanl’Angelo, occupant le pro- montoire qui forme l’éperon de la botte dans l’Italie. (o) Brundusîum, Brindes, sur la Mer Adriatique, était dans l’antiquité le port le plus fréquenté pour le trajet entre l'Italie et la Grèce. (4) Ce nom nous semble estropié. On doit lire, selon nous, iiydrun- imn, aujourd’hui Otrante, d’après sa position entre Brundusium et Ta- rent um. (5) Tarente, ville placée dans le golfe de ce nom. (6) Faut-il voir dans Lengas, Foriniæ Lestrigonibus habitatae de Solin. Crotone, colonie grecque, patrie de Milon, le célèbre athlète. (7) Nous pensons que le cartographe a converti la ville à'AbeWmm en un fleuve de ce nom, car une petite rivière nommée Laûs, aujour- d’hui Laino, formait la limite de la Lucanie, et à l’intérieur on trouvait une ville nommée AbclUnum. En admellanl qu’il en soit ainsi, le carto- graphe aurait transformé ce nom en celui A' Amilidus. — 308 — rouge (I). Plus au S., est une tour avec l'inscription Regnm Soufelam, et à l'O., Gliscen (2)? Salerna (^Salernel, Neapolls (Naples) et Palcoiis (3) ; puis vient une montagne, de laquelle sort un fleuve, flii- vius Melaurus, qui tombe dans la Méditerranée (4). Deux autres fleuves descendent d une montagne au N. : l’un est nommé près de sa source fltivius Sar- neus (5); l’autre, qui communique avec le premier, a le nom de (luvius Yler? tous deux se jettent dans la Méditerranée, et l’embouchure du second est voisine de Salerne. Sur la région près de 1 Adria- tique on lit ; Apulia (la Fouille) (6), ensuite Cala, peut-être Sena Gallia {Sinigaglia) ; entre le fluvius Yler et le Tibre, Campania (7). A cette contrée appartiennent les villes de la côte, Salerne, Naples et Puleolis, que nous avons signalées. Entre VYler et le Melaurus est une montagne nommée Mans Ni- chasu (8). (1) Brucis, probablement Bruxcntum, nommé plus tard Policasiro. (2) Nous ne savons que penser de ces noms, tellement ils sont corronv pus. (3) Puleolis, aujourd’hui Pouzzoles. (4) Le Fluvius Melaurus ou Métro, que la défaite d’Asdrubal a rendit mémorable, est aujourd’hui prés de Fossombrone. (3) Le Sarnus des anciens, le Sarno d’aujourd’hui dans le royaunte de Naples. (6) Voyez p. 183. (7) Ancienne contrée de l’Italie centrale. f8) CiCmotest très corrompu. Est-ce Nuccrium ou Nvcerial 309 — Dans le bassin du Tibre, la ville de Rome est figurée par un énorme édifice, à côté duquel se lit la légende suivante ; « Roma caput mundi tenet orbis I Rome, la capitale du monde, tient frena rotundi. » 1 l’empire du globe. A l’E. de Rome sont Valia, Reneventus (Béné- vent, ensuite, près de deux colonnes Reanus (1). Le Tibre qui se jette dans la Méditerranée est dési- gné aussi par son nom, fluv. Tiberis, et plus à l’E. on remarque un affluent qui porte le nom de fluv. Tagus? A l’O. de Rome, sur l’embouchure du Tibre, sont les mots Ostia Tiberis (bouches du Tibre). Entre le Tibre et les Apennins, au N. est un autre fleuve qui se jette dans la Méditerranée el qui porte le nom de fluv. Lates ? sur les bords de ce fleuve , une tour nommée Tudertina (2) est dessinée non loin du mot Tuscia, inscrit à l’en- cre rouge (3). Près des Apennins est Florenciù, et un fleuve venant du N., qui, après avoir traversé une partie de la Toscane, tombe dans la Méditerru- (1) Peut-être Reate, qui est aujourd’hui Rieii. (2) C’est probablement TMCifrrMm, ville delà Toscane dans l’Itinéraire d’Antonin, Tuder de d’Anville, aujourd’hui Todi , ville des États de l’église, sur une montagne près du Tibre. (5) La Toscane. — 3tO — née; le cartographe le désigne sous le iioni ôe (luv. Arna blanca (1); entre ce nom et le précédent il a écrit le mot italia h l’encre ronge. La ville de Pisa (Pise) est figurée par un édifice , et près d’un autre on lit le nom de Luca (Lucques). Dans la Vénétie, près de l’embouchure du fluvius Padus (2), est un bras ou un affluent de ce fleuve qui semble sorlir du Lacusbevena{oubeiinaus) (3 j. A l’em- bouchure on lit Padus fluv. qui et (est) Eridianus(à). Un autre fleuve, fluv. Ausa (5), se jette dans VA- driatique; au bas on lit le mot Fiai'; non loin delà est Verona. A VE. de cette ville, à la naissance d'un fleuve sorti des Apennins est Pataviuin (6). Le long de la rive orientale de ce fleuve, les villes sui- (1) L’Arno. Le mol hlanca nous semble indiquer une méprise du cartographe ; il aura voulu peut-être désigner en môme temps Arna, aujourd’hui cîvitella-cC Arno. (2) Le Pô. (3) Peut-être le Benacus. La rivière correspondrait alors au Mincio. (4) Le nom di'Eridanus était spécialement appliqué au Pô, et le canal qui s’y rendait se nommait dans la géographie ancienne. Le car- tographe a fait de Padusa le fluvius Padus. (5) Nous ne voyons que le fluvius Ansere de la Table Peutingérienne, dont le nom ressemble à celui-ci, mais sa position géographique est toute différente. Le seul fleuve qui, dans la géographie ancienne, pour- rait, selon nous, correspondre à celui de notre carte, est le fluvius Aihesis (l’Adige) qui a sa source au mont Brcncr dans le Tyrol, et se jette dans l’Adriatique, au S. de Venise. (G) Padouc. — 311 — vantes : Alticium (1), Concordia (2), Aquileya (3), sont placées dans une contrée nommée Lustria (4). Au S. de ce mot est une autre dénomination, Ulibur- nia (5); le pays qu’elle désigne est borné au S. E. par une chaîne de montagnes ; on y compte les villes suivantes : Adrepola (sic) (6), Delimiim (7), Dura- cium (8), AuLono (9). Au fond de V Adriatique est Venise, île de forme à peu près carrée, entourée d’ilots circulaires et sur laquelle on lit : « Insulee libernice in quibus ( « lies liburniennes où habitent Venetici inhabitant. | les Vénitiens. >» (1) Peut-être J ùmwm, Altino, ville d’Italie dans la Vénétie; Tacite, Hérodien, Ptolémée et d’autres auteurs parlent de cette ville, qui fi- gure aussi sur les itinéraires anciens. (2) Concordia. Ville d’Italie mentionnée dans l’Itinéraire d’Antonin. (Voir l’édit, des Itinéraires de M. de Fortia, p. 37, 38 et 39 dans la route à'Aquilea à Bologne . — Ibid. I7S, 203, 204. (3) Cette ville est aussi mentionnée dans l’Itinéraire d’Antonin (édit, citée p. 37j. (4) Peut-être Istria. (5) vliburnia. Ce ne peut être Umbria, l’ancienne Ombrie, située au milieu de l’Italie, et comprenant le territoire du duché de Spoleiie, du Perugin, de Ciita di Caslello et de quelques districts de la Toscane. H faut, selon nous, \\x& Liburnia, partie de Vlllyricum. (6) Nous croyons que ce nom n’est pas exact. La ville signalée par le cartographe serait Adria, ville dans le royaume de Naples. Peut-être le cartographe a-t-il mêlé le nom d’iladria de l’Adige avec celui de Pola, située en face de l’autre côté de l’Adriatique. (7) Delminium, localité de Vlllyricum. (8) Nous croyons reconnaître Duracium, dans Durazzo actuel de la Macédoine. (9) Aulono nous paraît correspondre a Aulon, aujourd’hui Valotia, éga- lement dans la Macédoine, sur la Mer Adriatique. ^ 312 — Une autre île, à quelque distance, porte le nom de Venecia. En entrant dans la Grèce nous remai'quons un fleuve qui sort d’une montagne à l’E. du Mont Parnasse , et tombe dans V Adriatique. Près de son embouchure est une tête démesurée et la lé- gende Delos Oraculum Apolon (l’Oracle d’Apollon à Délos) (1). A l’E. de Délos est le Parnasus (2); au- dessus on lit insula , et au-dessous Citera (3). Le golfe de Patras donne issue à un fleuve qui descend de la montagne à TE. du Parnasse. Sur la rive mé- ridionale du golfe sont Argos (4) et Patras (5) ; à l’entrée on lit , dans un cartouche, les mots Adria- ticus Sinus (golfe Adriatique) ; au S. un fleuve Flavius Lunatus (6), descend d’une montagne qu’au- cun nom ne désigne et va tomber dans V Adriatique, au N. du mot Parthadus ? A la suite viennent, dans !a direction du sud, les villes de Grampnus , (1) Délos a’est pas figurée couime une île: c’est sur le continent que se lit le nom. Délos, l’une des cyclades an S. O. de Myconis, est célèbre par le culte de Diane et d’Apollon. Solin en parle souvent (XI, XII). (2) Le Mont Parnasse dans la Phocide. (5) Cijlhera, aujourd’hui l’île de Cerigo. (4) Argous-Portus, Porio-Ferrojo ? [o) Patras, l’ancienne Patrœ, située sur la partie occidentale du golfe de Lépante. Le cartographe l’a effectivement placée sur ce golfe. (6) Nous ne savons que penser de ce (luvius Lunatus se jetant dans l’Adriatique. — 313 Leuslree (1) et Tubalus{2). La péninsule de la voisine de ce pays, et grossièrement figurée, porte le mot Insula. Le JFenarium Promontorium est indiqué par un petit point saillant. Dans le golfe à l’E. de la Morée, c’est-à-dire dans le Mare Myr- toum (3) des anciens , on remarque une ville qui porte le nom àMellada (4) ; au bas le mot Si- nus (golfe) désigne sans doute le Sinus Saronicus. Plus à l’E. est Hellades (pays des Hellades), puis viennent en remontant vers le N., Athènes civ. (la ville d’Athènes ) ; fluvius Pinesus qui prend sa source dans le Moïis Elicon (le Mont Hélicon ) (5) ; Thèbes de Béotie, qu’il faut reconnaître dans le nom corrompu de Thelea civ Paris civ. {6); un grand (1) Nous pensons que la ville signalée dans la carte eslLeuctra, lieu illustré par la victoire qu’Êpaminondas remporta sur les Lacédémo- niens. (2) Ce nom ne convient pas à l’Europe, mais bien, selon plusieurs critiques, à l’Asie. (3) Solin parlant des cinq golfes qui entourent le Péloponèse, dit: Au nord le golfe Ionien, à l’ouest le golfe de Siale, au nord-est celui d’Égée, au sud-est celui de Mijrtos, au sud celui de Crète. (Sol. VII.) (4) Hellade, dit Solin, que les Romains nomment la Grèce propre. (Ibid.) (5) Le mont Hélicon, aujourd’hui Paléovouni ou Zagora, situé dans la Béotie, fut consacré à Apollon et aux Muses; il joue un grand rôle dans la poésie antique. (ri) Laris. Nous pensons que c’est Larissa la plus considérable des villes de la Thessalie. — 314 — iîeuve, (liiv . Pirenus , le Peneus des anciens (1), qui a sa source dans le mont Offa (2) ; Amfipolis (Am- phipolis) (3) et Pliilippi (4). Là est un golfe qui cor- respond au Slrijmonicus sinus (^5), et près duquel on lit : Mons Atnalan et finine sinus. Au sud du Pénée une chaîne de montagnes représente les Thermo- pijles. En reprenant la direction du nord , nous trouvons Tliessalonica (6), Apollonia (7) ayant à l’O. le Mons Olimpus ( le mont Olympe) (8). Ces con- trées sont désignées sous les noms de Tliessalia (Thessalie) et de Macedonia (Macédoine) (9). Dans cette dernière se voit un édifice au-dessus duquel on lit macuiea, peut-être Heraclea (10). Au N. est Dardania; à l’O. Illiricus (11), et entre les deux bras d’un grand fleuve, (luvius Sauris, deux villes portent les noms do Arabona (?) et de Petanium (?) (12). (1) Ce fleuve est entre VOlympus et (2) Mons Offa. C’est le Mons Ossa. (5) Ainphipolis, aujourd’hui Jamboli. (4) Cette ville devait son nom à Philippe, père d’Alexandre. (5) Le golfe de contesta dans la Macédoine. (6) Aujourd’liui Salonicyue. (7) C’est aujourd’hui Erisso. (S) Voyez ce nom à la table des matières. (9) Voyez plus haut, p. 184, note 3. (10) C’est la ville A' Heraclea, désignée par le nom de Smtica emprunté au canton dont elle faisait partie. (11) Peut-être pour désigner V illiricus Sinus, le golfe de Drin. (12) Arrahona, nom d’une ville de Pannonie, sur VArrabo U'>aab) affluent du Danube. Nous ne connaissons (pie Pitanc, ville de la Troadc dont Ptolémée, Slrabon, Vilruve et autres font mention. Enumérons maintenant les noms des villes et des fleuves indiqués à partir du fluvius Sauris, qui est placé dans la Mcssfa, jusqu'aux bouches du Danube, à Y Hellespont et à la Mer Noire. Au N. à’ ApoUonia deux fleuves sortent de deux montagnes voisines, et après avoir coulé dans la direction de l’O. à l’E., ils se confondent pour tomber dans Y Hellespont. Le plus septentrional est nommé fluv. Eles (1), l’autre fluv. Vailli? (2). Au N., le long delà côte occidentale de r Helles- pont, sont les villes suivantes : Sestos (3) , placée, à l’embouchure du fleuve que nous venons de nom- mer; Gallipolis (4); Serios (5); Eraclea {Herac- lea) (6), et enfin Constantinople, grande ville figurée par un édifice portant trois tours, et désignée par cette légende : « Constantinopolis civitas an- gusto undique mari nisi ab una parte unica XII millia passuura in girum Marmore circomplectitur. « La ville de Constantinople est environnée de tous les côtés , ex* cepté d’un seul, par un détroit de la mer de Marmara, sur un cercle de douze mille pas. » (1) Ce nom altéré représente plntôt YHèbre que le Mêlas. (2) Dans les éléments fort confus de ce nom nous pencherions à re- connaître le Strijmon. (3) Sestos Nova ou Posidonium. Dardanelle d'Europe. (4) Dans le détroit des Dardanelles. (3) Sestos, situé à l’endroit du passage le plus fréquenté de l’Helles- pont, n’est plus qu’un lieu en ruine nommé Zemenico,\Q premier point dont les Turcs s’emparèrent en passant tTAsie en Europe, sous leur sul- tan Orkhan, vers 1356. (Voyez d’Anville, Géog. ancien., 1, 289.) (6) Ville qui porte aujourd’hui le nom d’Erekli. — 316 — Au N. de Constantinople J et au bord de la Mer Noire une grande péninsule circulaire est nommée Cardia C. (Ville de Cardie) (1). Près des bouches du Danube sont deux villes : Adrianopolis (Andri- nople) (2) et Panisus? (3). A l’O. de Constanti- nople est placée Tracianopolis (4), et au N. de celle-ci un fleuve descendant du 3Ions P angens{^) se jette dans \q Danube après avoir coulé du S. au N. Le cartographe lui donne le nom de fluvius Mester (6). Arrivés h\si Païuionie et dans les contrées au S. du Danube, à l’O. du fluvius Sauris, nous lisons Pa- nonia inferior (Pannonie inférieure), et près du Danube Paxea (7) ; à l’O. de celte ville , et aussi sur le bord méridional du Danube est une autre ville, (1) Cardia ou Cardiopolis. Cette ville était située vers le fond d’un golfe qui resserre l’un des côtés de la Chersonèse de Thrace; elle fut détruite par Lysimaque, un des successeurs d’Alexandre. Il est fort étrange de voir notre cartographe faire revivre cetie ville disparue depuis tant de siècles. (2) Ville de la Thrace, aujourd'hui la Homélie dans la Turquie d’Eu- rope. (3) Ptolémée mentionne Pamjsus dans la aiésie inférieure. (4) Trajanopolis, ville fondée ou embellie par l’empereur Trajan et située dans la Romélie. Il y a eu d’autres villes de ce nom. (5) Le Mons Pangœus, aujourd’hui Poimg-har-Vag , est une branche du Rhodope entre la Macédoine et la Thrace. (6) Nous pensons que le cartographe indique ici le Seslum amncm qui, selon Solin, radiées Pangœi circiimfluit. (7) Nous ne rencontrons pas dans la Pannonie inférieure de nom cor- respondant à celui-ci, à moins que ce ne soit Prœceiionem dont le nom serait estropié. 317 — Facna (1). A TE., on lit Sabana?(2) Sancli Martis? A rO. un affluent du Danube porte le nom de Aneso fluvius (3); à FO. S. O, est Salzehurgli (i) ; plus loin, dans la même direction, est un édifice sans désignation, mais voisin du. Fluvius Salze (5), af- fluent d’un grand fleuve fluvius Yne (6), qui se jette dans le Danube, et qui coule du S. au N.; à l’O. de ce fleuve est la ville de Remesburgli (7) et cette légende écrite en grandes lettres : Noricus in qua Basoarii, (la Norique dans laquelle sont les Bava- rois) (8). A l’O. de cette légende est un autre affluent (1) Ce nom est tellement altéré que nous renonçons à le rétablir. (2) Peut-être est-ce Saharia dans la Pannonie. (3) Nous ne trouvons pas d’autre fleuve qui puisse correspondre à celui-ci que VAnisus inconnu dans l’antiquité et dont parle d Anville, I, p. 151 de la Géog. anc. (4) Salzbourg, ville de la Hongrie, comitat de Saros. (5) Nous ne rencontrons point de fleuve de ce nom dans les Itiné- raires anciens, ni dans Solin auquel l’auteur de la carte a emprunté tant de détails, ni dans Pomponius Mêla, ni dans Vibius Sequester. Il est évident que le nom est complètement estropié. La position géo- graphique de ce fleuve ne nous laisse cependant pas le moindre doute que c’est la Salza, principal affluent à droite de Vinn, dont le cours est d’environ 500 loi. (6) Ce nom ne convient, parmi les affluents du Danube, qu’à Vlnn, fleuve qui prend sa source en Suisse, traverse le Tyrol et la Bavière, et tombe dans le Danube, à l’est de Passau. (7) Ce nom rappelle celui de Regensburg, et cependant nous ne sau- rions le lui attribuer, puisque nous trouvons Ratisbonne plus loin, (8) La position de cette légende indique bien le pays des TSoriei, ancien peuple germanique, qui occupait en Allemagne, la Bavière, de- puis l’/nn, presque tout l’archiduché d’Autriche, toute la Styrie et toute la Carintliie. — 318 (lu Danube nommé fliivius Canla ou Causal (1), et une tour représentant (Ratisbonne) (2), placée dans la Recia maior (3), qui renferme aussi vers le midi la ville d’.^w^w5m (4). Toutes deux sont voisines d'un affluent du Danube nommé fluv. Leth (5). A rO, de ce fleuve est la Recia minor (la Rhétie inférieure, ou R hé lie), et la légende : Hic surgit fons Danubii. | Ici est la source du Danube. Un autre affluent du Danube, fluvius 3Iorn (6), coule de TE. à TO., et sur la contrée au nord de ce fleuve se voit la figure d’un scorpion, avec le nom Scorpio au dessus. Près du Rhin, est la lé- gende suivante : A Reno flu\io usque ad Pire- 1 « Selon l’Empereur Agrippa de- neum et ab Occeano usque ad ! puis le fleuve du Ehin jusqu’aux (1) Nous ne trouvons pas parmi les affluents du Danube un fleuve de ce nom. Ce pourrait être le Curia, qui a donné son nom à la ville de Coire. (2) Ratisbonne, ville de la Ravière située au confluent de la Regen et du Danube. (3) La contrée de ce nom occupait les Alpes depuis la frontière du pays helvétique de la Gaule, jusqu’à la Vénétie et au Noricum, sa limite orientale. (4) Augusta, aujourd’hui Augsbourg, placée entre deux rivières, Lech et iVeriach, dont la première sépare actuellement la Sonabe et la Bavière. (5j Ce nom est celui du Lech mentionné dans la note précédente. (6) Nous ne trouvons pas de fleuve de ce nom : la position de la Morave est tout autre. montes Te/)ew« mm (1) et juga (peut- être juxta ) qui ( ou que ) ber (pour per) Narbonensem Galliam excludit longitudine CGCXXX mil- lia passuum, latitudine CCCXVIII millia secundum Agripa Regero. » Au nord un grand fleuve ayant sa source dans une montagne sans nom coule de TE. vers le N. O. Le cartographe lui donne le nom de fluvius Enu~ sa (2). Au N. est cette légende : « Frisones qui inter Saxones i « Les Frisons que l’on range deputaiitur (3).» I parmi les Saxons. » Le Rhin , fluvius Reni, figuré comme un fleuve de premier ordre, communique à TE. avec le B a- nube, et à l’O. avec la mer du Nord, dans laquelle il tombe au delà de X Écosse; mais il est nommé (1) Dans les manuscrits de Dicuil on lit Montibus Cebennensis (les Cé- Tennes). Déjà M. Letronne avait trouvé qne c’était une singulière mé- thode de donner les limites d’un pays, avec des chiffres que les co- pistes altéraient presque toujours. Cette légende n’est point tirée de Strabon. Il nous semble que le cartographe a emprunté une partie des notions données par Pline et surtout par Dicuil, c. I, § 2 de son livre De Mensura orbis Terrœ, mais en les altérant. (2) Enusa. Nous pensons que ce fleuve est VEms. Tacite, Annal., et Suétone, in Claudio, en parlent déjà. (3) Les Frisons (Frisi) étaient séparés de la Gaule et du territoire des Bataves par le bras du Rhin qui conserve son nom. Us habitaient la Basse-Germanie. Ainsi le cartographe avait raison de dire qu’ils sont rangés parmi les Saxons. Ces peuples sont partagés aujourd’hui en Frisons orientaux et occidentaux ; les premiers, fixés dans la Wcsipha- lie, les seconds, dans l’une des provinces delà Hollande. rr my:Ert: — 320 — fluvius Ivisara dans la Tiiringia (Thuringe) (1). Sur la partie occidentale de son cours, non loin de son embouchure, est Brema (2). Au N. du Rhin est la Germania inferior (Germanie inférieure ou Basse-Germanie), qui renferme (la Bohême) et Saxonia (la Saxe) ; au N. sont deux îles formées par des fleuves et composant ensemble plusieurs triangles coupés très-régulièrement : sur le plus septentrional on lit Occral sur celui du S. Sala (3). La partie N. O. du triangle total est tracée par le cours de VAlbana fluvius (4) ayant à l’E. le fluvius Wauili? (5), affluent du Danube, Un autre fleuve, fluvius Cidera (6) descend d’une montagne à l’E., et se jette à l’O. dans la mer du Nord. Il est au S. delà Fistule, fluvius Fislula, qui prend sa source dans une grande chaîne de montagnes dirigée de rO. à l’E. que le cartographe nomme mo?is Suenus, (1) La Thuringe forme aujourd’hui les duchés de Saxe-îVeimar, de Saxe-Coboiirg-Goiha el de Saxe-Meiningen. Le royaume de Thuringe fut fondé au V« siècle par les Thoringes, peuple WisUjoih. (Voyez plus haut la note 2, p. 206.) (2) Brema, Brême, ou Bremen, ville anséatique de l’Allemagne, sur le Weser (Ivisara), dans \aSaxe. ^ (3) La rivière de ce nom était connue des anciens : elle traverse la Thuringe pour se rendre dans l’Elbe; c’est Visscl des modernes. (4) Albana Fluvius. Il faut lire Albis fluvius, VElbe. (.3) Selon l’orthographe ce serait la JFariha: selon la direction, le Vng. (6) Peut-être Odera. Entre la Vistule et ces montagnes est la lé- gende : « Germania superior qui ad illos I « La Germanie supérieure qui ap- Sclavorum gentibus.» 1 partient à la nation des Slaves ( 1 ).» A l’ouest de la Germanie supérieure est un grand golfe : sur la péninsule on lit : « Sinus germanicus in quo sep- tem viri jacere feruntur, incertum esse quanto tempore,sed quantum ex habitu eorum cognoscitur, Ro- mani fuisse creduniur. » « Le golfe de Germanie, dans le- quel, dit-on, sont ensevelis sept héros : l’époque en est incertaine; mais à juger d’après leur appa- rence, on croit qu’ils étaient Ro- mains. » A FE., près d’une grande ville, on lit : . Braga ( pour Praga ) Metropo- 1 « Prague, métropole de la Bo- lis Boemarorum » j hême. » Cette contrée, sur laquelle est aussi le mot Sua- nia C. (la ville de Suania) (2), est séparée de hDaôic par un affluent du Danube qui sort des montagnes de la Sarmaüe, et dont le cours dirigé du N. au S. est désigné par le nom de fluvius Tise (la ïheiss? (1) Le texte est très-corrompu ; cependant l’auteur de la carte, en attribuant la Germanie supérieure aux Slaves, paraît croire que tous les peuples qui l’habitaient étaient de cette nation, ce qui n’est pas exact. (2) Nous ne voyons pas aux environs du site désigné par le carto- graphe un seul nom qui ressemble à celui-ci. Les géographes anciens nous fournissent bien des analogues., mais dans la Cappadoce, dans la Sarmatie Asiatique, dans la Taprobane. Nous trouvons aussi, dans les itinéraires anciens, des5o««f, peuples de X^Circassie. \.^%suanetes de Ptolémée étaient un peuple de la Rhétie. — 322 — en Hongrie). Près du confluont de cette rivière et du Danube est Grana civ. (la ville de Gran) (1); au dessus des tours, on lit le mot Oppidum (cité). Près de là sont les mots Dacia hec et Rusia ; mais à TE. de la contrée qu’ils désignent est indiqué un affluent du Danube que le cartographe appelle Alan- nus fluvius (2) : il a sa source dans les montagnes de Sarmatie, placées au N., et vient se confondre avec les bouches du Danube , signalées par cette légende : . Hister qui et Danubius » I « L’Isier qui se nomme aussi le 1 Danube (3). » A l’E. est la Bulgarie ( Bulgarii) (4) dont la fron- tière orientale est formée par un fleuve , fluvius Danaper (le Dniéper) (5), qui sort d’une montagne au nord et se jette dans la mer Noire. Près de la (1) Ville de la Hongrie. (2) Ce nom, qui nous paraît estropié, pourrait bien désigner le Mœ- nis fluvius de Mêla et des anciens, le Mein d’aujourd’hui. (S) Sur les deux différents noms donnés à ce fleuve, voyez De Brosses, Histoire de la République romaine, suite du liv. III, chap. 112. (4) Ce pays se trouve déjà indiqué dans la mappemonde du X« siècle de la cottonienne, p. 61, et dans celle de Guidonis du XID siècle, voyez la situation géographique, p. 221. (3) Danaper (Danapros) paraît pour la première fois chez les écri- vains bysanlins dans le livre De adminisirando imperio de Constantin Porphyrogénète. Feu Hommaire de Bell avait fait la remarque que les indications données par ce cartographe devaient être le résultat de la connaissance des écrivains bysantins ou bien d’une obscure tradi- tion de voyageur. — 323 — montagne on lit : Alani Sitlie (les Alains Scythes) (1). Revenant aux pays situés au nord de la Germanie supérieure, nous trouvons d’abord au N. E. la Sar- matie (Sarmate (2), bornée au midi par une chaîne de montagnes dont les unes ont le sommet tourné vers le nord, et les autres vers le sud; au dessus on lit : Bupes Sarmatharium (3). Sur 1 intérieur de la Sarmatie, on remarque un ours énorme (ursus). A l’E. est la Hongrie {Hun- gari, pays des Hongrois), au midi, le mot Sami? (4) ; plus à l’E. la légende suivante : « Longitudo Europe ab ostio Meo- tis usque ad Gaditanum fretum directe cursu tercies quat. XXVII millia passuum; universus autem circuitus per sinus suos inter Meotumlacura centies quinquegies septies nonaginta millia sunt pas- suum. Cum ipsa Meotide cencies quinquagies XXXII nonaginta millia passuum. » « La longueur de l’Europe, de- puis l’entrée du lac Méotis jusqu’au détroit de Gadès en ligne directe est de trois cent vingt-quatre mille pas ; sa circonférence par les gol- fes entre le lac Méotis est de qua- torze millions cent trente mille pas, et en y comprenant le Méotis, de seize millions trois cent quatre- vingt mille pas. » Au N. sont (leux péninsules : sur l’une placée au midi, on voit un singe mangeant un fruit, et au des- sus le mot Simea. Cet animal est en face d’un homme qui se trouve placé dans la péninsule sep- (1) Voyez plus haut sur ces peuples, la page 206, note 7. (2) Voyez la note 7, p. 206. (5) La légende indique les rochers, c’est-à-dire les montagnes de la Sarmatie d’Europe- (4) Ortelius indique que Sami doit être lu Sanos. — 324 tentrioiiale, debout et les pieds sur une espèce de faisceau ou de bâton. Ce personnage est coiffé d’un bonnet pointu , et tient des deux mains un grand bâton assez semblable à une croix mal dessinée. Près de lui on lit : « Super egeascurrit (1). » 1 « Il court sur....» Cette contrée représente la Norvège (Noreija pour Norvega). Sur la côte à l’E. près d’un golfe sont plusieurs tours. Au delà de ce golfe, à l’E. de la péninsule Scandinave^ est encore une espèce de péninsule occupée par deux hommes à tête de chien accroupis et une hache à la main : t In boc tractu sunt cinocepha- 1 « Dans ces parages, habitent les les. ï I cynocéphales (2). » Au delà , l’on entre dans une vaste contrée située à l’E. de la Haute Hongrie et arrosée par un grand fleuve Cornus fluvius (3), qui descend de la chaîne (1) Nous ne saurions rétablir cette légende, et partant en donner la signification. (2) Hérodote, Aristote, Pline, ni Philostrate, ne nous signalent des cynocéphales dans cette contrée. La plupart des auteurs anciens n’en placent que dans l’Inde et dans l’Afrique. Sur les cynocéphales, con- sultez Myth. par l’Abbé Banier, tome II, p. 361, Antiquité expliquée par Montfaucon, t. II, p. 314 et Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, t. V, p. 103, et t. IX, p. 32. (3) Nous pensons que ce nom est mal écrit; il ne se trouve pas chez les anciens. Le cartographe donne au cours de ce fleuve une fort grande extension : il est donc peu probable que ce soit le Chronus — 325 de montagnes voisine de la mer boréale, et se jette dans la mer Noire. A TE. de ce grand fleuve, l’es- pace, jusqu’au lac Méotide, est occupé par un homme vêtu à l’orientale, coiffé d’un bonnet qui se termine en pointe et tenant par la bride un cheval dont le harnais est une peau humaine ; ce qui est expliqué ainsi dans la légende : « Hic habitant Griste (sic) ho- mines nequissimi , nam inter ce- tera facinora etiam de cutibus hostium suorum tegumeta ( tegu- menta ) sibi et equis suis fa- ciunt (1). » « Ici habitentles Grifes, hommes très-méchants, car entre autres cri- mes, ils vont jusqu’à se faire avec la peau de leurs ennemis des cou- vertures et des vêtements pour eux et leurs chevaux. » Plus au midi est un grand oiseau, une autruche, selon la légende : « Ostricius caput ance, corpus gruis, pedes vituli , ferrum corne- dit. » « L’autruche a la tête de l’oie , le corps de la grue, les pieds du veau. Elle mange le fer. » Près de là un petit fleuve Fluvius Arfaxat (2), qui fluvius, qui déversait ses eaux dans le Codanus sinus ( le Sund et le Belt) ; à moins que le cartographe, par une théorie hydrographique des plus bizarres, n’ait réuni ce fleuve au Borysthène, pour le faire ainsi tomber dans la mer Noire. (1) Ce senties Gélons de Solin. Cet auteur dit qu’ils se revêtent des peaux de leurs ennemis, et en couvrent leurs chevaux. Voici le texte de ce géographe : « .... Geloni ad hos proximunt. De hos- tium cutibus et sibi indumenta faciunt, et equis suis tegmina. » Le cartographe a figuré un individu de cette nation scythe. Pomponius Mêla (liv. I, c. 2), dit à peu près la même chose des Gélons. (2) Ce nom de fleuve, complètement défiguré n’en rappelle aucun de — 326 — sort d’une montagne voisine, coule du N. au S. , et se jette également dans la mer Noire. A l’E. des régions que nous venons de décrire , et qui occupent la partie septentrionale de la carte, est un grand fleuve, qui descend des montagnes boréa- les et vient se jeter dans le Pont-Euxin (la mer Noire). Ce fleuve, nommé fluvius Meotides^ forme trois lacs sur lesquels les trois syllabes Pal-lu-des sont inscrites. Le cartographe n’ayant pas signalé les limites de VEurope et de l’Asie, nous croyons devoir adopter dans notre description l’idée systé- matique d’autres cartographes de cette époque, qui séparaient les deux continents au Palus Méotides, Nous passons donc à l’Asie. ASIE. A partir du lac Méotide et de la mer Noire, les premières régions qui doivent fixer nos regards sont celles -du Nord de l’Asie, et en même temps les parages septentrionaux et orientaux du Pont- Euxin. Au delà de ce que le cartographe nomme Fluvius Meotides, sont les Monts Rip liées (Ripliay Montes), la géographie ancienne ou moderne; ce ne peut être ÏAraxe : le seul cours d’eau auquel cet emplacement conviendrait , est peut-être la petite rivière qui porte le nom de Axiaces fluvius sur la carte de D An- ville. — 327 — chaîne de montagnes formant un triangle et renfer- mant une région placée à l’extrémité septentrionale de la Carte. Selon la légende : « Hec regio apterophoni dicitur eternis frigoribus dampnata sub Ripheis montibus (1). » « Cette région Apterophon, sous les monts Riphées, est, dit-on, con- damnée à des froids éternels. » Non loin des monts Riphées, deux hommes vêtus de longues tuniques et coiffés de bonnets ronds sont représentés dans l’attitude de gens qui combattent : run brandit une épée , l’autre une espèce de massue, et la légende nous dit ; « Scitha gens interius habitan- tium asperior ritus specus inco- lunt; pocula nonutEssedones de amicis,sed de inimicorum capiiibus suraentes. Amant prelia, occisorum cruorem ex vulneribus ipsibibuni. Numéro cædium honorcrescit, qua- rum expertum esse apud eos p.plianum est (2). » « Les coutumes des peuples 4e la Scythie intérieure ont quelque chose de farouche : ils habitent des cavernes ; ils boivent dans les crânes non pas de leurs amis comme les£ssedo«s,maisdeleursennemis. Ils aiment les combats ; ils boivent le sang des morts en suçant leurs blessures; le nombrede ceux qu’ils tuent est un titre; n’avoir abattu au- cun combattant est une honte (3).» (1) Voyez pour l’explication de cette légende la note 3 p. 114 plus haut. (2) Ce passage est tiré aussi tout entier de Solin, 1. XVI. Seulement le cartographe a changé quelques mots, et le copiste les a, comme toujours, mal écrits. (3) Nous avons, dans la traduction, rempli les lacunes de la légende — Rapprochez cette légende du récit des mœurs des Scythes dans Mêla, liv. II, c. 1. — 228 — A côté de cette légende, une autre plaeée au midi annonce que : « Scitotauri SitLe pro hostiis i Les Scythotaures immolent les cædunt advenas (1^ • I étrangers à leurs dieux. Plus au midi, une légende voisine de la mer Noire est ainsi conçue : « Catharum (pour Satarchæ) Si- theusuauri argentique dampnato, in æternum a puplica se avaricia dampnaverunt (2) » «Les Scythes Satarches, en pros- crivant l’usage de l’or et de l’ar- gent, se sont à jamais affranchis de l’avarice publique. » A l’est des monts Riphées, près de la mer boréale, sont les Autels d’Alexandre ( Aree Atexandri ) (3). En poursuivant toujours dans la direction de TE., nous arrivons à un grand fleuve sorti des monts Hy- perboréens, qui se jette dans le Cimerium mare (4). Le cartographe le nomme Fluvius Ylis qui et Jaxates (Yaxartesl) (5). Deux hommes près de (1) Ce passage est aussi tiré de Solin (XVI). Mêla dit que ces peu- ples ont la réputation affreuse d’immoler impitoyablement les étran- gers (Mêla, liv. II, c. 1). (2) Voici le texte de Solin : Satarchæ usu auri argentique damnato, in æternum se a publica avaritia vindicarunt.» (Loc. cit.) — Mêla parle aussi de ces peuples (liv. II, c. 1) ; entre autres choses, il dit qu’une longue cape les enveloppe de la tête aux pieds, et que leur visage Egême est couvert, à l’exception des yeux. (5) Voyez plus loin. (4) Voyez la description de cette mer par Mêla, De situ orbis, liv. I, c. 19, et rapprochez-la du tracé de cette mappemonde. (5) Solin dit que les Bacires seuls appelaient ce fleuve laxarte, et que les Scythes le nommaient Silis. Notre cartographe indique donc — 329 — là sont assis sur une colline, occupés à manger l’un une jambe humaine, l’autre un bras, ce que la lé- gende explique ainsi : « Essedones Sithe hic habitant quorum mos est parentum funera cantibus persequi et congregatis amicorum cœtibus corpora ipsa dentibus laniare ac pecudum mixtis carnibus dapes facere, pul- crius à se quàmà tineis bec absumi credentes. (1). » « Ici habitent les Essédons, peu- ple scythe, dont la coutume est de chanter aux funérailles de leurs parents; ils se réunissent à leurs amis, et, déchirant les cadavres avec les dents, ils préparent des mets avec ces chairs mêlées à des viandes d’animaux, Selon leur opi- nion, il est plus honorable aux morts d’être ensevelis dans le corps de leurs proches que dans celui des vers. » A l’est de Vlaxartes, un autre fleuve sorti des montagnes du Taiirus vient se jeter dans la mer Noire, ou plutôt dans la mer d’Azow actuelle. La contrée arrosée par ce fleuve, et -qui correspond à la Golchide, est signalée par une énorme toison, Velus aureum (la Toison d’or), réminiscence de la les deux noms donnés à ce fleuve. Dans les historiens d’Alexandre, c’est sous le nom de Tanais qu’il est fait mention de Ylaxane. (1) Essedones signifie hommes de chariots (Esseda), Le texte de Solin, que notre cartographe a altéré, dit : Inter Antropophagos in asiatica .parte numeraniur Essedonum mos est , parentum fu- nera prosequi cantibus et proximorum corrogatis cœtibus, cadavera ipsa dentibus laniare ac pecudum mixta carnibus dapes facere : ca- pitum etiam ossa auro incincta in poculorum tradere ministerium.» Hérodote les appelle issedons, et il s’exprime à peu près de la même manière sur les honneurs funèbres qu’ils rendent à leurs parents (voy. Hérodote, liv. IV, § 26). — Pomponius Mêla offre à peu de chose près ce que nous lisons dans Solin (voyez Mêla, liv. H, c. 1). fameuse expédition des Argonautes, comme nous l’apprend la légende « Colcorum provincia. Velus au- reum propter quod Jason a Pelo rege pulsus est (1). « Province des Colchidiens. La toison d'or qui fut la cause de l’ex- pulsion de Jason par le roi Pélias. » Au N. de la Colchide, à TE. du pays des Esse- clones et du Taurus, sont trois guerriers combattant un énorme griffon. Au dessus nous lisons : Cariniaspi (Arimaspi) cum Gri- Les Arimaspes combattent les phis pro smaragdis dimicant (2). Griffons pour la possession des émeraudes. (1) Voyez dans les additions. (2) Cette légende estropiée est relative aux Arimaspes et le carto- graphe l’a empruntée à Solin comme toutes les autres. Le géographe la- tin, dans les curiosités de la Scyihie, parle des Arimaspes; il dit entre autres choses, que leur pays abonde en or et en pierres précieuses , et que tout est à la disposition des Griffons. Le cartographe, au lieu de l’or, a nommé les émeraudes (smaragdis) dont Solin fait aussi men- tion. Mêla parle de ces peuples (1. II, c. 1). Selon Aristée de Pro- conèse que Strabon ( XIIL) nomme un charlatan, ils n’avaient qu’un œil au milieu du front, et c’est de là, disait-il, que venait leur nom dî Arimaspes, formé de deux mots scythes : Arima, un, et spou, œil. Nous devons citer ici l’explication toute naturelle donnée par Eustathe (Ad Dionys. Perieg., p. 511) : « Les Arimaspes, dit-il, ne vivant que de chasse et de pêche, ne connaissaient d’autre art que celui de bien lan- cer une flèche, et c’était leur occupation journalière; pour viser plus juste, ils fermaient un œil, peut-être le cachaient-ils tout-à-fait, con- servant cette habitude même lorsqu’ils ne chassaient point; ce fut ce qui porta les peuples voisins, qui ne les voyaient que de loin, à dire qu’ils n’avaient qu’un œil, parce qu’en effet ils ne leur en voyaient qu’un seul. » — 331 — Derrière le griffon on li « Gripbes capitibus et alis aqui- leas corpore leones imitantur vo- lando bovem portabunt (1). » A l’extrémité nord de ron (2), sorti du Taiirus, s< et forme la limite méridic tagnes des Hyperboréens, suivante : « Yperborei ut dicit Solinus gens est beatissiina nam sine dis- cordia (et) egritudine vivant quan- diu volunt quos tedunt (tædet) vi- vere de rupe nota se in mare pré- cipitant illud optimum genus se- pulturæ arbitrantes (3). » « Les Griffons, qui ont la tête et les ailes de l’aigle, le corps du lion, peuvent porter un bœuf envolant.» ce pays le fluvius Crite- 1 jette dans la mer Boréale, nale du pays et des mon- signalés dans la légende « Les Hyperboréens, dit Solin, sont la nation la plus heureuse, car ils vivent sans querelles et sans maladies aussi long-temps qn’ils veulent. Ceux qui s’ennuient de vivre se précipitent d’un rocher connu dans la mer, regardant ce genre de sépulture comme le meil- leur. » (1) Philostrate dans la Vie d’Apollonius de Tyane, liv. III, c. 38, donne la description des griffons. Le cartographe a représenté dans sa carte un de ces animaux fabuleux. Pausanias ( liv. I, c. 24 ) repro- duit les détails suivants, d’après Aristée de Proconèse : « Les Grif- fons étaient toujours en guerre, à cause de leur or, avec les Arimaspes qui habitaient au-dessus des Issedons. L’or que gardent les Griffons sort spontanément de la terre. » Pausanias termine en disant, d’après le même auteur, que les Griffons sont des animaux ressemblant aux lions avec un bec et des ailes d’aigle. Ils sont représentés ici assez exac- tement. — Pline (Hist. nat., liv. VII, c. 2) et Mêla (liv. II, c. 1), en parlent aussi. (2) Nous ne trouvons, dans aucun des auteurs anciens, un fleuve de ce nom ; il est possible que ce soit le Cyrus indiqué par les géo- graphes entre le Pont-Euxin et la Caspienne, et tombant dans cette dernière. (3) Cette légende est une reproduction des récits fabuleux consi- — 332 — Celte région des Hyperboréens forme une grande péninsule occupant la partie la plus septentrionale de la terre (1). Passant de là aux contrées situées vers l’occident de la Caspienne, nous trouvons d’a- bord deux inscriptions, Paliaso Sithe? (2), (peut- être les Apulœos Scytlias de Solin), et Bim Sci^ the. A l’E. de ces mots est représenté un homme monstrueux appuyé sur un bâton, et qui du doigt semble appeler l’attention sur ses yeux ; la légende nous dit : « Albani pupilla glaucumliabent « Les (Scythes) Albains ont la et plus Docte vident.» pupille des yeux verte; ils voient mieux la nuit que le jour. Cette légende est encore tirée de Solin, et le car- tographe a suivi scrupuleusement le géographe an- cien à cet égard ainsi que dans l’indication géo- graphique du pays habité par ces peuples (3). La gnés dans Solin. Nous en parlerons plus en détail en analysant la mappemonde deRanulphus Hydgen, et nous nous contenterons ici de renvoyer le lecteur au mot Hyperboréens de la Table alphabétique. (1) Le cartographe a suivi les indications de Solin sur la position géographique de cette contrée. Ce géographe dit en effet que les Hy- perboréens sont dans les lieux où se trouvent les pôles du monde, etc. (Solin XVII). (2) Solin place les Sey thés Apuléens au-dela des Massagètes. Le copiste a sans doute estropié ce nom eu écrivant Paliaso. (5) Solin les place sur la côte de la mer Boréale, comme notre car- tographe; il ajoute les particularités suivantes, qui ont fourni la lé- contrée est traversée par une grande chaîne de montagnes dirigées du N. E. au S. O., et à l’E. desquelles est la mer Caspienne, ainsi qu’un fleuve coulant de l’O. à l’E. qui se jette dans cette mer. Près de là on lit : « Hic fluvius infernalium esse creditur quod fliens mare ingre- ditur, Currens ab umbrosis mon- tibus. Ethic os geherme palet ut dicitur. (1) » « Ce fleuve est, à ce que l’on croit, celui des lieux infernaux parce qu’il entre en coulant (?) dans la mer après être descendu de montagnes couvertes de bois ; et c’est là, dit-on, que s’ouvre la bouche de l’enfer.» Au midi de ce fleuve et au nord de Y Hyrcanie est représenté un monstre ayant le corps de l’homme, la tête, la queue et les pieds du taureau, avec cette légende : « Hic inveniuntur bestie Mino- tauro similes ad vesti utiles. » « Ici se trouvent des animaux semblables au Minotaure utiles pour vêtir.» La contrée occupée par ce monstre est à l’E. du pays des Massagètes (ou grands Gètes) (2), et ceux- ci sont à l’E. des Eunoclii Sitlie (?) (3). A l’O. de ce dernier peuple deux chaînes de montagnes qui pa- gende de cette carte: « Glauca oculis inest pupilla, ideo nocte plus quam die cernunt. » (Solin XVI). (1) Nous renvoyons le lecteur à notre description de la Mappemonde de Sanuto. (2) La demeure principale de ces peuples était au-delà de Viaxartes, ou de VAraxe, selon Hérodote (Voyez D’Anville, II, p. 518). (5) Voyez dans les additions. 334 raissent, dans le système orographique du carto- graphe, former partie du Taurus, courent parallèle- ment du N. au S., et font une espèce de coude qui vient se joindre aux montagnes de V Arménie (1), vers le nord ; là est un édifice figurant les fameuses Portes Caspiennes ou Caucasiennes des anciens, comme l’indique la légende inscrite entre les deux chaînes de montagnes. « Portæ Caspie aperiuntur iti- nere manufaclo longo octo milia- riis nam lalitudo vix plaustro est permeabilis (2) » « Les portes Caspiennes sont for- mées par un chemin pratiqué de main d’homme, et qui a huit mille pas de longueur; et la largeur per- met à peine le passage à un cha- riot. » Au midi sont les montagnes de l’Arménie, et l’Arche de Noé figurée sur l’un des plateaux : « Arche Noe sesesit in montibus ] «L’arche de Noé s’arrêta dans les Arménie. » ! montagnes de l’Arménie. » A rO. estV Armeniainferior (l’Arménie inférieure) dont nous parlerons ailleurs. Poursuivons l’ex- ploration des régions hyrcajiiennes et du nord de l’Asie jusqu’à l’extrémité orientale. (1) La direction que le cartographe donne à cette chaine de mon- tagnes est conforme en grande partie au système caucasien des an- ciens; le lecteur pourra s’en convaincre en comparant cette carte avec les indications que donne Philostrate dans la vie d’Apollonius de Tyane, 11, c. 2, (2) Voyez Solin, XLVlll. Poriœ Casptœ. — 335 — Au midi du pays des Massagètes, un grand fleuve, VOxus, se jette dans la Mer Caspienne, après avoir coulé jusque dans l’Arménie. Au-delà de ce fleuve est V Hyrcanie, que la légende signale ainsi : « Hircani Oxi üuvii (os) habent gens silvis aspera fêta tigribus copiosa innumerabilis feris. » « Les Hyrcaniens occupent l’em- bouchure de rOxus ; c’est un pays d’âpres forêts, fécond en tigres, et peuplé de bêtes féroces innom- brables. » Près de cette légende est un grand tigre au- dessus duquel on lit : «Tigris bestia cum catulum suum captum percipit concito cursu per- sequitur cum catulo fugiente(m) at ille velocis equi cursu in fuga properans spéculum ei projicit et SC. 1. b. evadit (1). » « Le tigre, quand il voit que son petit lui a été ravi, poursuit le ra- visseur d’une course précipitée ; mais celui-ci se hâtant sur un che- val rapide, lui jette un miroir et se sauve » Près du tigre et d’un autre animal dont nous allons parler, est dessiné un arbre énorme dont les feuilles ont une largeur démesurée : c’est le figuier de l’Inde dont parle Solin (2). Entre l’arbre et une chaîne de montagnes nommée Montes acrocerauni (3) est (1) Solin donne une longue description du tigre des régions scythi- ques dans le chap. XVIIl ; mais sans aucun de ces détails, (2) Solin, parlant des végétaux de Vlnde, dit du figuier : « On trouve dans les vergers des figuiers dont le tronc présente une circonférence de soixante pas, et dont les branches cmivrent deux stades de leur om- bre, La largeur des feuilles peut se comparer à la pelle des Amazones » (So- lin, LUI). Le cartographe a en conséquence dessiné des feuilles qui ont en effet à peu près la forme des boucliers des Amazones. (3) Voyez, sur ces montagnes, la note 3, p. 115. — 336 — placé l’antre animal. D’après la citation que le car- tographe fait de Solin, il nous semble que c’est la Manticliora décrite par ce géographe; voici la lé- gende : «Solin nanascitur in Yndia triplici dencium ordine, fade ho- minis, glaucis oculis , sanguineo colore , corpore leonino, cauda scorpionis, voce sibilla. (1) » « La mantichora, qui naît dans l’Inde, a une triple rangée de dents, la face de l’homme, les yeux glauques, la couleur rouge du sang, le corps du lion et la queue du scorpion ; sa voix est un sifflement. » La dimension géographique donnée à l’Inde par l’indication de la Mantichora , qui prolonge ce pays jusqu’aux régions caspiennes, est une preuve que le cartographe suivait les errements de l’antiquité en at- tribuant une pareille étendue à la contrée ainsi nom- mée par les géographes grecs et latins. En effet, Cté- sias pensait que les Indes faisaient la moitié de l’Asie, (1) Cette légende, copiée de Solin, est très corrompue. Voici le texte du géographe : « Mantichora quoque nomine inter hæc nascitur, tri- plici dentium ordine coeunte vicibus alternis, facie hominis, glaucis oculis, sanguineo colore, corpore leonino, cauda veluti scorpionis aculeo spiculata, voce tam sibila, ut imitetur modules fistularum tu- barumque concentum. Humanas carnes avidissime affectât. Pedibus sicviget, saltusic potest, ut morari eam nec extentissima spatia pos- sint, nec obstacula altissima. » (Solin, LUI). Philostrate dans la vie d’Apollonius de Tyane (III. c. 45), parle aussi de la Maniichore en ces termes : « C’est un quadrupède; sa tête ressemble à celle d’un homme ; il est aussi grand que le lion ; sa queue est hérissée d’une sorte d’épines longues d’une coudée et semblable à l’acanthe. Cet animal lance ses épines comme des flèches contre ceux qui le poursuivent. « — 337 — et les anciens étaient d’opinion qii elles s’étendaient jusqu’à la Bactriane (1). La Mer Caspienne (Mare Caspium) à l’E. de V Hyrcanie, est figurée comme un grand golfe de l’Océan septentrional ; et, confor- mément à cette théorie erronée, sa longueur s’étend du N. au S. Elle reçoit plusieurs fleuves; le prin- cipal est VOxus, à l’embouchure duquel on lit : Ostia Oxius fluvius (Bouches de l’Oxus); toutefois celles-ci ont issue dans un lac formé par la Cas- pienne et qui s’étend de l’O. à l’E.; ce qui est em- prunté à la description géographique de Solin (2). Vers la partie orientale de la Caspienne et de VOxus sont plusieurs villes figurées par des édifices de dif- férentes grandeurs. Dans la Sogdiane on lit : « Sogdiani et U.a.... die (et ter- | « Les Sogdiens et les peuples de tiæ Alexandriæ) gentes. » | la troisième Alexandrie. « Une ville porte le nom de Panda oppidum Sogdia- norum (Panda, ville des Sogdiens (3). Plus à l'E. une grande ville est nommée Caspia Civitas (la ville (1) Rapprochez de ce que nous avons dit à ce sujet dans le t 1er p. 2M. La contrée de ce nom s’étendait le long de la rive méridionale de VOxus, qui la séparait de la Sogdiane. (2) Solin dit (L) : « L^Oxus sort d’un lac du même nom. Ses bords sont habités des deux côtés par les Baiènes et les Oxistaques ; mais les Bactres en occupent la plus grande partie. » (3) Indication empruntée à Solin qui dit (L) : au delà de VOxus est (Ultra hos Panda, Oppidum Sogdianorum), ville des Sogdiens sur la frontière desquels Alexandre-le- Grand bâtit une tro'isièmê Alexandrie pour marquer le terme de ses voyages. “ 22 V,. de Caspia). Au N. de celle-ci, et près du lac de rOxus, est Seres CivitQS (la ville de Sères) avec la légende suivante : « Ces peuples enfermés sont les mêmes dont parle Solin, et ils sont rangés parmi eux. Car k une époque qu’on ne peut prévoir, ils feront irruption et porteront la persécution par tout le monde. » Ensuite vient une muraille surmontée de plusieurs tours ou plutôt d’autels; au nord de cette muraille est une grande contrée de forme péninsulaii e baignée par rOcéan boréal, et occupée par une légende qui semble se rattacher à la précédente ; elle est ainsi conçue : . Isti inclusi idem esse credun- tur qui a Solino diciuntur inter quos et numerantur, nam tempore ancipiti erupturi et om- ni mundo persecucionem illatu- « Omnia horribilia plus quam 1 credi potest frigus intolerabile ; euim tempore ventus acerrimus a montibusquem incole bizavocant. Hic sunt bomines truculenti nimis bumanis carnibus vescentes cruo- re(m) potantes. FilüCaïni maledic- ti. Hos inclusit Deus per magnum Alexandrum nam terre motu facto in conspectu principis montes su- per montes in circuitu eorum ce- ciderunt, ubi montes deerant ipse eos muro insolubili cinxit (2). » «Tout ici est horrible plus qu’on ne peut croire; le froid y est into- lérable ; il souffle en effet en cer- tains temps un vent très-âpre des montagnes que les babilants nom- ment Bise. Là sont des hommes fé- roces qui se nourrissent de chair humaine et boivent du sang. C’est la postérité du maudit Caïn. Dieu les a enfermés dans ces contrées lors de l’expédition d’Alexandre- le-Grand. En présence de ce prin- ce, il se flt un tremblement de terre, les montagnes s’amoncelè- rent les unes sur les autres autour de leurs frontières qui auparavant étaient en plaine ; et Dieu les en- vironna de ce mur indestructible.» (1) Voyez aux additions. (2) La muraille, surmontée de plusieurs tours, peut bien être la re- — 339 — En suivant les côtes de l’Océan boréal, ou Océan Scylliique, nous arrivons au mons Molans? (1), mon- tagne située en face de l’ile d’Abalcie de Solin, dont nous parlerons en examinant les îles. Au sud, et près d’un fleuve qui a son embouchure dans l’Océan septentrional, est une ville signalée dans la légende suivante : « Urbs choolissimus quam edi- flcavit Magog s... filius Japlietm... oche crudelissime gentes Sitha- rum (2).» « La ville de Choolissimus, qui fut fondée par Magog... tils de Japhet. les nations les plus cruelles de la Scythie. » A 1 E. du fleuve indiqué ci-dessus et du pays de Magog, est une autre légende puisée dans Solin ; Hic post nives longa deserta. Seres primi homines post deserta occurrunt a quibus serica vesti- menta mittuntur (3) » « Ici après les neiges sont de vas* tes déserts ; après les déserts les Sères sont les premiers hommes qu’on rencontre; c’est de chez eux que nous viennent les vêtements de soie. » présentation des limites assignées aux campagnes d’Alexandre de ce côté. Solin, après avoir dit qu’au delà de Panda ce prince bâtit une ville, ajoute : « C’est sur ce point que furent élevés des autels d’abord par Bacchus, puis par Hercule, ensuite par Sémiramis, et enfin par Cyrus ; tous ont tenu à honneur d’attester qu’ils s’étaient avancés Jusque là. >. Le cartographe a figuré, en effet, quatre autels, le même nombre que Solin mentionne. (1) Molans-, c’est le mons Maleus ultra Palibotram de Solin. (LUI.) (2) Cette légendeest puisée à d’autres sources que les récits de Solin. (3) Solin (LI) donne la môme position au pays, et il est parfaitement d’accord avec l’indication géographique de cette légende; «En se di- rigeant de VOccan Scythiquc et de la Mer Caspienne, vers VOccan Orien- — 340 En avançant vers l’E. nous arrivons a une chaîne (le montagnes, probablement celles que Solin ap- pelle Tahis (1), et le long de V Océan Sérique, nous lisons la légende suivante : « Hic inicium orientis estivi ubi iramensas esse nives Marchianus et Soliûus dicunt. Solinus dicit Eones insulas qui inbabitant omnis (ovis) marinarum aviumvivunt (2) Ab bine usque ad Meotides pa- ludes generaliter it..a dicitur. » Ce pays se cartographe donne le nom reum golfe qui reçoit autre promontoire, « Ici commence l’Orient d’été où Marcianus et Solin disent que sont de vastes étendues de neiges. Solin dit que ceux qui habitent les îles Eones vivent d’œufs d’oiseaux de mer. C’est de ce point j usqu'aux Pa- lus-Méotides que s’étend la région nommée communément Scytbie. » termine par un promontoire auquel le de Promunctorium Bo- (3). Au S. de ce promontoire est un grand deux fleuves, et plus au midi , un Promunctorium Samara, sur la lal, on trouve d’abord dans ce pays des amas de neiges, puis d'immenses solitudes, puis l’affreuse nation des Anthropophages , et enfin un pays infesté de bêtes féroces qui rendent près de la moitié de la route inac- cessible. Tous ces obstacles ne disparaissent qu’à une montagne qui domine la mer, et que les barbares appellent Tabis; puis viennent en^ core des déserts. Sur cette plage du côté de l’Orient d’été, les Sères sont le premier peuple que l'on connaisse. » Ensuite Solin parle de la soie. (1) Ce promontoire a été nommé ainsi non-seulement par Solin, mais aussi par Mêla et Pline. (2) Voici le texte de Solin, qui a été morcelé par le cartographe : « Nec longé Occeones separari quas qui habitant, vivunt ovis avium marinarum, et avenis vulgo nascentibus. » (5) Æthicus, et Paul Orose, au Ve siècle, ont changé le nom de Tabis en Boreum dans la Scythie, et le Tamos a commencé alors à prendre le nom de Samara (voyez Gosselin. III, p. 188-189). partie méridionale duquel est un groupe (1) de mon- tagnes désigné par ces mots complètement estro- piés : « Passandi sîlvas pipe as ha - 1 « ont des forêts de poi- bent. » I vriers. » Nous avons atteint l’extrémité orientale du nord de l’Asie : revenons maintenant aux régions situées à rO. des golfes mentionnés ci-dessus. A l’E, de VOxus est Samarcanda Civitas (la ville de Samar- cande) (2), grand édifice placé entre les deux fleuves signalés plus haut, et dont Fun porte le nom à' An- ciisa fliivius (3). Près de cette ville le cartographe (1) Voyez dans Solin (LUI) les forêts de poivriers du Caucase Indien. (2) Cette ville, ancienne capitale de la Soffdiane, et nommée aussi Marcande, est située dans le Turkestan, sur le Zer-Afchan. Elle eut une grande célébrité dans le moyen-âge, notamment au Xllle siècle (1220), après que Gengis-Khan l’eut conquise, et au XIV® siècle (1370), sous la domination de Tamerlan qui fit de Samarcande la capitale de son em- pire. Consultez pour plus de détails la préface que Bentinck a placée en tête de sa traduction de V Histoire des Tatars par Aboulghazi. Cf. G„ de Meyendorff, voyage d’Orenbourg à Boukhara, passim ; l’ouvrage de Senkowsky ; M. de Hammer, Histoire de la Horde d’Or, et la vie de Ta- merlan traduite en français par Petis de la Croix {Histoire de Thnour- Bec, connu sous le nom du grand Tamerlan. Paris, 1722, 4 vol. avec cartes), d’après le texte persan de Chéri f-Eddin- Ali. Le nom de Samarcande ne se rencontre pas dans les géographes an- ciens, circonstance qui nous semble prouver que cette carte a été com- posée vers la fin du XIII® siècle, ou au commencement du XIV®, pré- cisément à l’époque où les grandes victoires de Gengis-Khan, et plus probablement celles de Tamerlan donnèrent à cette ville une si grande célébrité. (3) Ancusa fluvius. Nous ne rencontrons pas de fleuve de ce nom. , / r* — 342 — a figuré un pélican sur son nid, avec cette légende fort altérée : « Pellicanus dicor... pro pullis j « Le pélican pour ses petits, scindo michi (?) cor. (1). » 1 • ■ Auprès du pélican on voit un de ses petits repré- senté avec le corps et les bras de l’homme, la tête et les pieds d’un oiseau. Ces figures avoisinent un grand fleuve Bactrus fluviiis (2), qui s’étend de la Mer Caspienne jusque vers le sud, et coule au nord des Montes Memarnaiil (3). A l’E. du fleuve Bac- trus, dans le voisinage du bassin oriental de VOæiis, on lit : Cirone g entes (4), et au N. Hiram hic habi- (1) Le cartographe parle ici non pas du pélican qui vit sur les côtes maritimes, sur les lacs, ou sur les fleuves, mais bien du pélican qui a passé longtemps pour l’emblème de la tendresse maternelle, nourris- sant ses petits de son propre sang, et se perçant la poitrine avec son bec pour en faire jaillir cet étrange aliment. Cette fable, comme beau- coup d’autres, est l’opposé de la vérité ; car le pélican ne cherche pas même à défendre ses petits comme font la plupart des animaux. (2) Solin dit (L) : « Les Bactres ont un fleuve du nom de Bactrus , d’où est venu le nom de Bactres, leur ville. • Le cartographe a suivi l’indication de Solin. « Le nom de Bactrus, nous dit D’Anville, est donné à un fleuve qui l’aurait communiqué à la capitale. Cette capi- tale, appelée Bactra, avait aussi le nom de Zariaspa. et dans l’appli- cation qu’on trouve de ce même nom à un fleuve, ce fleuve paraîtrait le même que le Bactrus. Ce qu’on sait actuellement, ajoute-t-il, c’est le nom de la principale des rivières qui s’unissent près de la capitale, et ce nom est Dehash » {D’Anville, Géograph. anc., II, p. 299.). Celte rivière est VEdissiah qui se perd dans les sables, à 30 kil. du Djihoun. (3) Ces montagnes représentent-elles le Paropamise de Solin (L.)? (4) Ce nom rappelle les Cyconas que Solin signale inter Attacos et Indiam (LU). 343 -- tant (1). Au S. à'Ancusa fluvius sont les Hiinii Sithe (2) et une ville nommée Occoricirus civitas(3>). A l’E. s’étend une chaîne de montagnes, Mons Ama- nus (4), sur le haut desquelles est une espèce de forteresse nommée Cristoas civitas? (5). En avançant vers le midi du continent de l’Asie, nous lisons d’abord dans la partie orientale, près du promontoire Samara (6). « India quæ finem facit. » | Ici est la frontière de l’Inde. Puis nous entrons dans le bassin du Gange si- gnalé par la légende suivante : « Gangis decies septies cenlena I « Le Gange, selon le témoignage et L milia passuum longitude Indie [ de Solin, s’étend sur le sol de l’Inde (1) Les Persans donnent ce nom au pays qu’ils habitent. Autrefois celte dénomination désignait toute la contrée comprise entre l’Eu- phrate, le golfe Persique, l’Oxus et V Indus; elle ne figure ni dans So- lin, que le cartographe a si souvent mis à contribution, ni dans aucun des auteurs anciens : l’indication a donc été puisée à des sources plus modernes. (2) Ce nom de Huns atteste encore que le cartographe n’a pas puisé exclusivement dans Solin ou Mêla les notions qu’il donne de l’Asie ; il a nécessairement fait usage de renseignements fournis par les auteurs du moyen-âge et du bas-empire, et nous pensons, d’après la position qu'il assigne à ces peuples, que ce détail a été emprunté à Procope. (5) Ce nom estropié ne saurait être Osiracina. Est-ce un mélange des noms de Cyropolis et de Corura de l’itinéraire d’Alexandre, ou quel- que nom indien altéré? Nous ne nous hasarderons pas à déchiffrer cette énigme. (4) C’est le Tamos de Mêla ( III. c, 7 ) à l’extrémité de la Sérique et à la naissance de la côte orientale de l’Inde. (5) On ne trouve pas de ville de ce nom en Asie. (6) Sur ce promontoire, voyez la note 3, p. 340. 344 tenet. Teste Solino Civitaium et diversissimo (sic) gentes monstruoso multum ritu et Labitu varie plus quam credi possit bemarurn (gemraarum) et metallo- rum affluencia cum periculo totius generis bestiarum et serpencîum, quæ omnia plus legenda quam pingenda. » dans une longueur de dix -sept cent cinquante mille pas Ce pays offre les villes et les na- tions les plus diverses par les usa- ges, l’aspect et les mœurs; une abondance incroyable de pierres et de métaux précieux ainsi que des périls de toutes sortes de la part des animaux féroces et des serpents ; toutes choses plus sus- ceptibles d’être lues que d’être peintes. » Le Gange qui, sur cette carte, tombe dans Y Océan orientai, devrait tomber dans Y Océan méridional (ou indien). Cette erreur appartient à la théorie hy- drographique des géographes anciens, Mégasthène, Dimaque, Onésicrite, Eratosthène, Aethicus (1), Orose (2), Martianus Gapella et Isidore de Séville, qui font tous, les uns d’après les autres, tomber le Gange dans l’Océan oriental ; reproduite encore par le xiv^ siècle qui transporta l’océan méridional dans les mers de la Chine et dans celles du Japon^ elle prouve qu’à cette époque les régions situées au-delà du Gange, et surtout les mers de cette partie du globe étaient à peu près inconnues aux cosmogra- phes et aux cartographes de l’Europe. Le cartographe place, d’après Solin, une île très étendue, en forme de delta, à l’embouchure du (1) Voyez Ælh. Cosmograpli., p. 724. (2) Voyez Orose. Uist. liv. I, c. 2. p. 12. Gange, el sur cette île il inscrit la légende suivante « Solinus minima Gangis lati- ludo,p. VIII millia passuura, raaxi- ma per XIX millia palet. IdemGan- ges insulara facit cujus rex IIII mil- lia militum et LXXX millia peditu m habet. (1) Au nord du Gange est représenté un homme à une seule jambe, ombrageant sa tête avec son pied, ce qui est expliqué par la légende : « Monoculi sunt in India singu- lus (singulis) cruribus pernici sce- leritate, qui ubi defendi se velint a calore solis plantarum suarum magnitudine obumbrantur * (2) . « Dans l’Inde habitent |les Mono- cles, qui n’ont qu’une jambe, et vont cependant d’une prodigieuse vitesse. Lorsqu’ils veulent se dé- fendre de l’ardeur du soleil , ils se font de l’ombre avec la plante de leur pied qui est fort grand. » Une chaîne de montagnes dirigée du N. au S. et formant une ramification de la chaîne du Caucase, sépare le pays des Monoculi d’une (1) Voici le texte original : « Minima Gangis lalitudo per octo millia passuum, maxima per viginli patet; altitude, ubi vadosissimus est, mensuram centum pedum dévorât In Gange insula est populosis- sima, amplissimam continens gentem, quorum rex peditum quinqua- ginta millia, equitum quatuor millia in armis habet. Omnes sane, quiconque præditi suntregia potestate, non sine maxime elephantorum, equitum, peditumque numéro militarem agitant disciplinam » (So- lin, LUI.). (2) Voici le passage de Solin, qui pourra servir à compléter la lé- gende empruntée à son ouvrage (LUI) : « Legimus monoculos quoque » ibi nasci singulis cruribus, et singulari pernicitate; qui ubi defendi » se velint a calore, resupinati plantarum suarum magnitudine inum- » brentur. » autre contrée occupée par la légende suivante : * Selon Solin, vers la source du (iange, les habitans vivent de l’o- deur seule des fruits de leurs fo- rêts, et s’il leur arrive de respirer une mauvaise odeur, ils meurent aussitôt. » A l’O., le Gange prend sa source dans la grande chaîne que le cartographe appelle Caucase , on y lit : Fluvius Ganges (le fleuve Gange). Avant d’entrer dans les régions situées entre le Gange et l’Indus, remarquons que la Péninsule In- dienne est projetée de l’O. à l’E. au lieu de l’être du N. au S. Cependant la configuration générale est meilleure dans cette carte que dans toutes celles dont nous avons déjà parlé. Le dessinateur qui avait Solin sous les yeux en exécutant son travail , n’a pas oublié de placer sur les montagnes de l’Inde les Pygmées et les grues leurs éternels ennemis : c’est pourquoi nous lisons sur l’extrémité de la Péninsule : » Montes aureos custoditos (2). » draconibus j « Les montagnes d’or gardées I par des dragons. » (1) Cette légende est aussi empruntée aux récits de Solin, qui a puisé lui-même dans Ctésias et autres. Nous reproduisons le texte de Solin pour compléter celui de la carte : « Gangis fontem qui accolunt, nullius ad escam opis indigent, odore vivunt pomorum silvestrium, longiusque pergentes eadem ilia in præsidio gerunt, ut olfactu alantur. Quod si tctriorein spiritura forte traxerint, exaniraari eos certum est. » (2) Rapprochez cette particularité de celle qu’on remarque au sujet — 347 Et une autre légende ajoute : «Pigraæi,cubitaleshomines.»(l) I «Les Pygmées, hommes d’une I coudée. V Indus a pour affluent le fluvius Yppanis {YHy- panis). Solin rapporte qu’auprès de ce fleuve célèbre finit la marche d’Alexandre, comme le prouvent les autels élevés sur ses bords (2). Notre cartographe a en effet dessiné les autels près du fleuve, et il écrit à côté : Aræ Alexandri (Autels d’Alexandre). Près de l’Indus et dans une contrée qui forme une espèce de péninsule , on lit : « Enos,civitasantiquissima» (5). | « Enos, ville très ancienne. » Cette cité est représentée par un édifice en forme de temple surmonté d’une croix et flanqué de deux tours. En face est une île circulaire, le Paradis ter- restre, dans lequel on voit Adam et Ève et le ser- pent tentateur; l’arbre de la vie est arrosé par les quatre fleuves Eufrates, Phison^ Tigris et Gion. Le paradis n’est pas seulement séparé de la terre habitable, il est encore ceint d’une muraille dans la- quelle une porte crénelée est pratiquée du côté de rOuest. des montagnes d'or, dans la carte de la Cottonienne du siècle, § XII, p. 65. (1) Montana Pygmcei tenent, dit Solin. LUI. (2) D’Anville pense que ce fleuve se retrouve aujourd’hui dans le Caûl. Voy. sur YHypanis Hérodote, liv. IV, § 52. (3) Réminiscence de la ville fondée par Enoch, fils de Caïn. — 348 — Au sud de VIndiis, l’ange exterminateur chasse Vdam et Eve du Paradis , et ou lit ces mots : Expul- sio Ade et Eva (Expulsion d’Adam et Ève). Dans cette même contrée, près de l’Océan , est un ai'bre gi’ossièrement peint , Albor balsami est arbor sicca (1). Près du Ûeuve Hypanis, deux figures d’hommes à têtes d’animaux, désignés sous le nom de Gigantes(2), sont prohablement ceux dont parle Solin , qui vivent dans les forêts, ont le corps velu, des dents de chien et qui ne font entendre qu’un effroyable glapissement. Ils semblent en effet crier. Ensuite vient le Promontorium asigarda- niana (3), puis au S. VEotomare portas (4). Eu con- tinuant de suivre les bords de l'Océan oriental, on lit vers le sud : « Portus Paialus infamum spir- J « Le port Patalus diffamé par titicis sceleribus (5). » 1 des crimes de piraterie. » {!) Voyez sur l'Arbre du Soleil, ou Arbre sec, le docte Mémoire de feu Roux de Rochelle, dans le t. 111 du Bulletin de la Société de Géo- graphie, p. 187, où ce savant explique ce qu’était V Arbre Sec dont Marco Polo parle dans ses Relations. Rapprochez de la description que nous avons donnée plus haut, p. 190, à la mappemonde de Lambertus sur laquelle l’auteur signale l'Arbre du Soleil. Voyez aussi nos additions à la fin de ce volume. (^) .Solin dit , d’après les livres des rois Juba et Archelaûs, qu’il y a dans l’Inde des hommes d’une stature si haute qu'ils montent des élé- phants, comme on monte des chevaux (Solin, LUI). — C’est d’après ce passage que le cartographe a signalé ici les géants. (3) Voyez aux additions. (i) C’est le Cottonarae portus mentionné dans Solin (LV). (3) Le cartographe a peut-être voulu indiquer un port de l’ancienne Vaiula, région que Mêla ( lll, c. 7) appelle Paialéne, et qui correspond On remarque ensuite un grand éléphant et la lé- gende suivante : « Yndia mitrit etiam elephan- « L’Inde nourrit aussi des élé- tes maximos quorum dentes ebur pbants de la plus grande taille ; esse credilur quibus yndei turri- leurs dents sont, à ce que l’on bus impositis in bellis utuntur. » croit, notre ivoire; les Indiens se servent de ces animaux à la guerre, en leur faisant porter des tours. ■ La figure de l’Éléphant est dessinée près de la mer Indienne, et non loin de là l’Hydaspe, conti- nuant son cours, va tomber dans cette mer, près du golfe Persique. Au nord de l’embouchure de ce fleuve est une montagne, Mons Sepliar? (1), dont la base est tournée vers la mer; plus au nord, le Drepa- num promontorium (?) (2). Au nord de ce cap, et sur le bord oriental du golfe Persique est le Zimarius portus (?) (3), placé à l’embouchure du fluvius Da- lida (4) dans la Carmania regio (Carmanie). Vers la partie orientale du promontoire, on lit : «Ville de Palinbrota, habitée par les Prasiens, la plus puissante na- tion de rinde, et dont le roi tient « Pobbrota (sic) civitas quam inhabitant PALSiA(sic) gens Yndie validissima quorum rex au Sînd, ou bien le Muzitutn infâme piraticis factionibm de Solin (LV). (1) Nous croyons que le cartographe a donné à une montagne le nom d’une province nommée Fars. (2) Solin, en se rapportant aux livres de Juba, dit que ce cap indien est nommé par les uns Lepten Acram (Septem Area), par les autres Drepanum Promontorium (Solin, LVII). (3) Peut-être V Hipporus Portus découvert, dit Solin, par des Romains qui y furent poussés dans un gros temps (LIV) ; car Solin place Zimara vers les sources de l’Euphrate. (4) Voyez aux additions. 3T ’v' * — 350 — I pedilum et equitura XXX"“>“‘‘ ej, elephantorum VIII cotidie (sic) ad stipendium vocal (1). » k sa solde journalière six cent mille fantassins, trente mille ca- valiers et huit mille éléphants. » En revenant au bord oriental du Golfe P ersique nous trouvons une ville du nom d’ Andripolis ? (2). En deçà du Tigre, qui, à cet endroit prend dans la carte le nom d'Euleus fluvius (?) (3), nous lisons Terra Arabia (la terre d’Arabie), Carcanus civi- tas (4), et plus au N. Eudemon (5), désignant une grande ville flanquée de tours (peut-être Atramitœ). (1) Pline (VI. c. 19) appelle aussi les Palibotriens, Prasiens, comme notre cartographe, et il dit également que leur roi avait à sa dispo- sition 600,000 fantassins , 30,000 cavaliers et 9,000 éléphants. Leur ville principale s’appelait Palînbrota, et non Pobbrota. Les géographes modernes ne sont pas d’accord sur cette localité. Thevet l'appelle Ja- dason. Mercator, Area. Vincent Le Blanc fait revivre le nom ancien : il écrit Palimbrote. Voyez aussi D’Anville, Géograph. anc., l. II, p. 347. Du reste la légende est empruntée à Solin dont voici le texte : Prasia gens validissima Palibotram urbem incolunt, unde quidem gentem ipsam Palibotras nominarunt. Quorum rex peditum sexcentena millia, equiHim triginta millia, elephantorum octo millia omnis diebus ad stipendium vocal (LUI). (2) Nous ne rencontrons pas dans ces parages de ville de ce nom. Sans doute le mol a été altéré; l’on pourrait y reconnaître Y Aria Palus. On connaît SinssiAndropolis de Ptolémée, dans l’Égypte inférieure. (3) C’est YEuleus fluvius, correspondant à VAb-Zal de Timour, selon Vincent, Voyage de Néarque. Arrien parle aussi de la navigation de la flotte d’Alexandre sur ce fleuve (VII, c. 2, § V). Voyez encore ce que dit Gosselin, t. III, p. 92 et suiv. (4) Le cartographe a voulu signaler probablement Caraon, ou Karûn, l’un des canaux du Delta de la Susiane. Le nom de Carcanus ne se trouve dans aucun géographe, à moins que ce ne soit un des points des montagnes de Karch des Arabes, que le cartographe a transformé en ville. (5) Ce nom écrit en rouge désigne l’Arabie heureuse (eOÔafixcov) ; il — 351 — Près des Autels A Alexandre est un perroquet placé sur une petite montagne avec cette légende : « Solinus. Yndia raittit avem spi- tacum (sic) colore viridi torque puniceo. >» Au nord des Autels d’Alexandre sont deux villes, Bucefala civitas (la ville de Bucéphale (2), et Niceis civitas (3) , en deçà desquelles coule l’^cc- nel fluvius ( VAcesinès ) (4). Ce fleuve sort d’une est placé près de l’Eupbrate, à l’embouchure dans le golfe Persique. (Voy, Solin). D’après la position que l’édifice occupe, il correspondrait à Abadan. Rapprochez cette carte de celle du docteur Vincent, p. 526 de son ouvrage sur le Voyage de Néarque. (1) Voici une partie du texte de Solin (LUI) : « Sola India raittit avem psiitacum, colore viridem, torque puniceo, cujus rostri tanta du- ritia est, ut quura e sublimi præcipitatur in saxum, nisu se oris exci- piat; etc. » (Voyez la curieuse description que ce géographe donne de 1 oiseau.) Avant les découvertes des Portugais en Afrique on ne connaissait en Europe que le Perroquet vert de l’Inde. (Voyez nos Re- cherches sur la découverte des pays situés sur la côte occidentale d’A- frique. — Paris, 1842). (2) Le cartographe a encore inscrit cette ville d’après Solin. Ce géo- graphe, en parlant du fameux cheval d’AIexandre-le-Grand , appelé Bu- céphale, dit entre autres choses, qu’il sauva ce prince des dangers les plus imminents dans plusieurs combats ; ses services lui valurent après sa mort, dans Vlnde, des funérailles que le prince honora de sa pré- sence; Solin ajoute qu’Alexandre fonda même, en souvenir de son nom, la ville de Bucéphale. » (Voyez Solin, XLVI.) (3) C’est la ville de Nîcœa, fondée par Alexandre après sa victoire sur Porus. (4) Acesinès, mentionné dans les historiens de l’expédition d’Alexan- dre comme le plus considérable des fleuves du bassin de Vlndus. D’Anville retrouve VAcesinès dans la rivière qui passe à Lahaûi, la Ravei. « Selon Solin, l’Inde envoie le perroquet, oiseau de couleur verte et à collier rouge (1). » •l? — 352 — montagne de forme triangulaire, et son cours est parallèle à celui de XYdaspis fluvius (1). Entre ces deux fleuves on remarque un crocodile que le des- sinateur nomme Lacertus (lézard). A rO. de VHijdaspef un troisième fleuve parallèle aux premiers représente probablement YHijdraotès aujourd’hui Biah, selon D’Anville. Les cinq rivières de ce bassin ont fait donner à la grande province' qu’ils traversent le nom de Pendj~ab, qui en persan signifie Cinq Rivières. Le cartographe a figuré la jonction de VHydaspe avec VAcesinès; entre les deux fleuves, on lit : Renginius Phori (Pori) iabila- Royaume du roi Porus qui ris qui decertaverunt cum Magno luttèrent avec Alexandre-le Grand. Alexandre (2), » Dans les montagnes où sont indiquées les sources des deux derniers fleuves est une autre légende : » Regnum Oraphis regine qui [ «Royaume de la reine Omphis Alexandrum suscepit (3). 1 qui accueillit Alexandre. » Au delà de VHydaspe et à l’occident de ce fleuve (1) Sur VHydaspe, fleuve qui, selon D’Anville, se retrouve dans le Shantrov , voyez Sainte-Croix , Examen critique des historiens d'Alexan- dre, p. 392, 393, 393, 624 et 835. Notre cartographe inscrivait encore, au XIV® siècle, ce nom illustré par Alexandre-le-Grand, dans sa cam- pagne contre Porus. (2) Voyez aux additions. (3) Rapprochez cette légende de ce que ditQuinte-Curce, VIII, c. 12, au sujet d’Omphis, qui prit les insignes de la royauté avec la permis- sion d’Alexandre. 353 — se trouve le bassin supérieur du Gange, qui s’étend jusqu’aux abords de la Cnrmanie. La première ville placée près du Gange, dans cette région, est Alexandrin civitas, Alexandrie dans la Margiane, fondée par àlexandre. Le cartographe a exacte- ment figuré d’après Solin les montagnes qni envi- ronnent la Margiane ; il leur donne le nom de Mans Sephas. Il suffit de jeter les yeux sur cette partie de la carte que nous analysons, et en même temps sur le récit du géographe latin, pour reconnaî- tre l’exactitude de ce que nous venons de constater. Solin dit en effet : « Des montagnes forment au- tour du pays un amphithéâtre de 1 ,500 stades, dont l’abord est rendu presque inaccessible par une so- litude sablonneuse, qui n'a pas moins de 120,000 pas en tous sens. Alexandre-le-Grand fut si charmé de la beauté de ce pays qu’il y fonda Alexandrie^ et après la destruction de cette ville par les barba- res, Antiochus, fils de Séleucus, la rebâtit, et l’ap- pela Séleucie, du nom de sa famille. Nous ne dis- simulerons pas cependant que la position donnée ici à cette ville ne saurait s’accorder avec les opi- nions de plusieurs géographes modernes qui lui en assignent une tout autre dans leurs cartes (1). (1) Rapprochez de ÏÀ7ialyse de la carte des marches de l’armée d’A- lexandre-le-Grand, par Barbier du Bocage, à la suite de l’Examen cri- tique des historiens d' Alexandre, par Sainte-Croix, p. 828-829. 23 II Deux fleuves preuaut leur source dans ces mon- tagnes vont se joindre à un grand fleuve qui coule du N. au S. L’un de ces cours d’eau peut correspon- dre au M argus de la carte de Barbier du Bocage. A l’est à' Alexandrie, près d’un grand édifice flanqué de deux tours, on lit : « Cassica civitas quam Cyrus : Cassica, ville que Cyrus délrui- destruxit (1). » I sit. Au sud est une contrée dans laquelle le carto- graphe a figuré deux grands oiseaux qui ressem- blent assez à des aigles; ce sont, dit la légende : « Avalerion par in mundo (2).» j .... il n’en existe qu’une cou- ple dans le monde. Dans un triangle formé par deux chaînes de mon- tagnes, on lit : Pandea , peuple de l’Inde, est gouverné par des femmes (4). (1) La position de cette ville dans la carte ne saurait concorder avec celle que Solin assigne à Caphuse, ville détruite par Cyrus. Ce fut à Gora ou Goraca, dans la Médie, que Cyrus, selon quelques auteurs , déposâtes trésors de Crésus. Cette ville correspond aujourd’hui k Tau- ris, selon D’An ville (Geogr. ancien. II, p. 254). (2) Nous n’avons point sous les yeux les éléments de cette légende. (3) Peut-être cette légende fait-elle allusion aux relations d’Alexan- dre avec la reine des Amazones. (4) Solin dit ; « Pandcea f/ensa feminis rcgilur (Sol. LUI). • Les Pan- Près de là un homme vêtu d’une longue robe est appuyé sur une lance ; à côté on lit : « Nisam civitas Dionisi. Liber | Nysa, ville de Bacchus. Bacchus Pater condidit, replens eam mili- la fonda en la remplissant de mil^ bus hominum (l). » [ ijers d’hommes. Au raidi est la montagne consacrée à Jupiter, le Méros (2) : « Mons Jovi sacer Meros dicitur in cujus specu nutritum Liberum patrem Yndi veteres affirmant. » Meros, montagne consacrée à Ju- piter; c’est dans une de ses grottes que fut élevé Bacchus, selon le dire des anciens Indiens. Au S., près d’une autre montagne de forme trian- gulaire , nous lisons : « Gens grecum circa in altem (Malleum) montem habitant cujus umbre ad aquilonem cadunt hyeme ad austrum estate cadunt (3j. » Une nation grecque habile les environs du mont Malée. Là l’om- bre se projette vers le nord en hiver, et en été vers le midi. Au midi de ces peuples sont les Prasiens, que nous avons déjà vus. des sont gouvernés par des femmes ; leur première reine était, dit-on, fille d’Herèule. (1) Nysa, ville située entre le Cophène et ï Indus, fut, selon les au- teurs anciens, fondée par Bacchus. Arrien donne la description des choses qu’ Alexandre y fit. (2) Solin dit en parlant de Pandœa : « Et Nysa urbs région! isti da- tur. Mons etiam Jovi sacer, Meros nomine, in cujus specu nutritum Li- berum patrem veteres Indi affirmant ; ex cujus vocabuli argumente lascivienti faraæ creditur, Liberum patrem femine natum. » — Rappro- chez les particularités relatives au Meros de ce que nous avons rapporté au sujet de la montagne de Cosmas, §. l. p. 14 et 15. (3) Cette indication s’applique au mons Maleus, dans Solin (LUI). — 356 Dans la Médie, au N. du jluvius Heclarum (\), indiqué comme un affluent du Tigre, et comme ca- nal de communication entre ce dernier et un fleuve à TE., la première ville que nous rencontrons est Rages civitas Mec/onim (Ragès, cité des Mèdes (2). Cette région est signalée comme fort montueuse par la légende : « Omnes hoc regione situ terrarum montuoso sîint aspeto (3) , et sur la Médie est inscrite cette autre légende : « Media. In Media, Parthia Per- sida ab oriente ûumineYndo ab oc- ÆidenteTigri, a septentrione Tau- ro Caucasio a meridie Rubro mare longitudine patet X decies XX pass. per latitudinem DCCCXXX (4). » La Médie. Dans la Médie sont la Parthie et la Perse, elle est bornée àl’E. par l’Indus, à l’O. par le Tigre, au N. par le Taurus Caucasien, au midi par la mer Rouge. Sa longueur est de deux cent mille pas sur une largeur de huit cent-trente mille. (1) Ce nom est mal écrit. Nous pensons que c’est le pmus £?) Cette ville est aujourd’hui connue sous le nom à.' El-Arich. mention du pays des Philistins letendeiit jusqu’à cette ville. Elle est placée près d’un fleuve qui se jette dans un golfe de la Méditerranée, où on lit la légende suivante : « Hec maris linguadividit Egip- I Cette langue de mer sépare tum et Palestinam. » I l’Égypte de la Palestine. Nous croyons que ce fleuve représente le torrens Ægypti de l’Écriture qui, selon saint Jérôme, passe entre Ehinocorure et Péluse. Cela nous semble d’au- tant plus probable qu’à l’extrémité orientale du lac ou golfe mentionné plus haut, et qui nous paraît cor- respondre au lacus Sirbonis (1), nous trouvons la ville d’Ostracine , nommée ici Ostrothena (2), et que le nom générique de Palestine est inscrit près de ce lac. Au N. de Rhinocoriira est Eamata civitas (3). Entre cette ville et celle de Gerara se voit un grand oiseau, Avis cirenus (4) ; à l’E. de Gaza (5), un puits avec rinscription suivante : « Puteus juramenti. » | Puits du Serment (6). De là on arrive à Ebron civitas (7), placée à l’ex- (1) Voyez sur ce lac, D’Anville, 111, p, 18. (2) Ibid., p. 18. (3) Ramata, c’est Ramla, ou Rama, dans la Judée. (4) Sur la position de cette ville, voyez D’Anville. Loc. cît. (5) Voyez p. 159. (6) Rer-Sabée. Le puits du Serment était la limite méridionale du pays concédé au peuple d’Israël. (7) Hébron était un lieu considérable, qui avait primitivement porté — .372 — trémité orientale des montagnes de Gelhoé (1), Au nord de celles-ci est Vallis Josaph (Vallée de Josaphat); à TE. Sabaa, Site (2) et Salem \ à rO. de ces villes morts Oliveti (la montagne des Oli- viers), et une représentation de Jésus-Christ cruci- fié, au dessous de laquelle on lit : morts Calvarie[\e mont Calvaire) ; enfin la ville de Jérusalem (civitas Hierusalem). Le dessin de cette ville est plus gran- diose que ceux de toutes les autres villes représen- tées dans la carte. A l’occident de Jérusalem est Betfileem; au N. Dimidia tribus Manas se, puis Za- bulonet Fsacar (Issachar) ; àl’E. de celles-ci, iVaza- rct/i, près de laquelle coule un fleuve nommé ici fluvius Torrens, qui se jette dans le Jourdain, après avoir traversé le pays des Madianites. Au N. et près du Liban, est la légende suivante : € A Dan usque ad Bersabeem De Dan à Bersabée il y a une dis- CLX (millia) passuum in longitu- tance de cent soixante mille pas. dine, » Nous trouvons ensuite la ville célèbre de Cesarea PhilippiiZ) et Cana Galilee (4). le nom de Kiriaih-Arba, c’est-à-dire la ville d’Arba. La sépulture d’A- braham et de sa famille a fait respecter ce lieu jusqu’à nos jours. Se- lon d’Anville, les Arabes l’appellent Cabr-lbrahim. (1) C’est à cet endroit que Saül fut vaincu par les Philistins. (2) Nous ne connaissons pas de ville de ce nom. (3) Voyez la note de la page 66. (4) Voyez la noie de la page 37. — 373 — Sur les bords de la mer sont signalées les villes suivantes : Aclua civitas (1), Ascalon civitas (2), Jampnia (3), DiospolisiJL), Jope (5), Tholomaida (6), Tirus, Acaron (7), ensuite vient le mont Carmel (mons Carmelus). Le cartographe a inscrit sur ce point, c’est-à-dire en deçà de Jérusalem, les mots : Terminus Juda (limites de Juda), qui indi- quent la séparation de la Judée et du littoral phéni- cien. Le petit golfe de Ptolémaïs est figuré d’après un singulier système hydrographique : au lieu de prolon- ger la côte au nord de Ptolemàis,\ers le nord jusqu’à Alexandrie (8) (Alexandrette), le cartographe a tracé un grand golfe de la forme d’un long canal à l’extré- mité duquel il place la ville de Laodiciam (Laodi- (1) Nous ne rencontrons pas de ville de ce nom. (2) Ascalon. — Voyez, sur cette ville, p. 139, note 1. (3) Jampnia, nom estropié, peut-être ce ne peut être, selon nous, Samaria ; à juger d’après la position que cette ville occupe sur la carte. Il ne nous paraît pas non plus que ce soit Jambia de l’Arabie Heureuse. (4) Lydda, à laquelle les Grecs donnèrent le nom de Diospolis. Selon D’Anville, elle conserve le nom de Lod. (o) Sur cette ville, voyez D’Anville, II, p. 164. (6) Ptolémaïs, appelée auparavant Asco ou Acco, reçut le nom des Ptolémées sous les princes de cette dynastie. Cette ville a été très-dis- putée pendant les guerres des Croisades jusqu’à la fin du xiii® siècle. (7) Accaron ou Èkron, ville de la Judée. (8) Cette ville s’appelait aussi Cara Isson. cée) (1). Sur le bord méridional de ce golfe sont les villes de Beritus (2) (aujourd’hui Beyroiit) et de Tri- polis (3). On n’y remarque aucune trace du fleuve Nahr Kadès. A l’orient de Tripoli est Archas civilas , placée près du Liban (4). Au nord de Laodicée , sur une grande montagne, est inscrite la légende suivante : « Mons Cassius de quo videtur globus solis adhuc quarta vigi- lia noctis (5). » Le moot Cassius duquel se voit encore le disque du soleil à la qua- trième veille de la nuit. Au nord du mont Cassius est encore un éditice représentant Tliarsus civitas{\3i ville de Tarse), qui (1) Laodicée, située sur la côte de \b. Syrie, fut une ville phénicienne avant de devenir une ville grecque, lorsque Seleucus Nicator la fit re- bâtir et lui donna le nom de Laodicea auquel l’usage, pour la distinguer par sa situation près de la mer, ajouta ad mare. Aujourd’hui elle s’ap- pelle Ladikieh (Voyez d’Anville, Géographie anc., il, p. 143 et 144). (2) Berytus était une des principales villes de la Phénicie. (3) Cette ville était composée de trois cités bâties l’une par les Si- doniens, l’autre par les Tyriens, la troisième par les Arcadiens. Dans le moyen-âge elle fut prise, l’an 1109, par les Croisés. (4) Nous ne rencontrons pas de nom qui puisse correspondre à celui du texte, notamment dans la position que le cartographe assigne â cette ville. (3) Cette légende est tirée de Solin (XXXVll).Ce géographe, parlant du mont Cassius, dit: » Il y a dans idiSéleucie un autre mont Cassius, voi- « sin d’Antioche, de la cime duquel on voit, dès la quatrième veille, le « soleil se lever , et comme ses rayons dissipent les ténèbres, on peut « par un simple mouvement de corps, voir la nuit d’un côté et de « l’autre le jour. Ainsi , du haut du Cassius, on peut observer la lu- « mière et la voir avant que le jour commence. » Le cartographe n’a 375 fut métropole de la Cilicie (l). Au lieu de se trouver près du Cydnus, cette ville est placée ici près d’un grand tleuve nommé fluvius Fernus (l’ancien Her- mus), qui sort des montagnes au sud de la Cappa- doce et tombe dans le grand golfe ou canal de Lao- dicée; le fluvius Cydnus est rejeté plus à l’O. sous les murs de la ville à’Yconium, ancienne capitale de la Lycaonie dans la Flirygie. A l’embouchure du pi*e- mier de ces fleuves est une ville auprès de laquelle on lit : Munizado (2), età l’O, de la Lycaonie, une chaîne de montagnes, montes Anges, peut-être les Lycaonum colles, qui se prolongent au N. de Konieh vers le levant , et qui portent aujourd’hui le nom de Fondhal-Baha ; nous pensons que c’est cette chaîne que le cartographe a voulu indiquer, car il place im- médiatement àl’O. \a Licaonia, et ensuite, entre des lignes de démarcation, les noms de provinces : Per- sidia (Pisidie) (3), Cilicia, Ysauria (4), Yonia (5). pas reproduit en entier le texte de Solin ; nous croyons utile de le trans- crire ici , afin de suppléer à la légende : « In Seleucia alter Cassius mons est , Antiochiœ propinquus, cujus e vertice vigilia adhuc quarta cons- picitur globus solis, et brevi corporis circumactu radiis caliginem dis- sipantibus, illinc nox, bine dies cernitur. Talise Cassio spécula est, ut lucem prius videas, quam auspicetur dies. » (1) Voyez p. 187, note 6. (2) Nous ne rencontrons pas de ville de ce nom. (3) Sur la Pisidie, voyez D’Anville. — Géograph. ancienn., II, p. 82. (4) Vlsaurie était une province limitrophe de la Pisidie. (5 V Ionie. — 376 — En parcourant tout le littoral de VAsie mineure jusqu’au fond du canal qui figure le Pont-Euxin , nous trouvons sur la partie méridionale Pergenpan- dus (\) , Jtalia (Attalea) (2), Telmes ( Telmis- sus) (3), Lisira (4), Mirrea (5), Paiera [6), Müetus (Milet) (7), Prienna (8). Cette dernière est placée entre deux fleuves qui ne portent aucun nom. Néan- moins comme ils coulent près de Troie, ce sont probablement le Scamander ou Xantus et le Si- mois (9); entre ces deux fleuves est la Carie [Ca- ria) (10), et plus à l’est Frigia inferior. Plus loin de la mer est Ephesus civitas (la ville d’Éphèse), cité (1) Ce nom est tout-à-fait estropié. Nous pensons que c'est de Perga et de Cestus, deux villes distinctes, qu’il s’agit. La première était la métropole de la Pamphilie et Cestus se rencontrait après. Le second nom pourrait être aussi Aspendus, (2) Attalea était le nom ancien de cette ville ; celui qu’indique le car- tographe est plus moderne et doit se lire : Antalia. Selon d’Anville, c’est Satalie des modernes. (3) Telmissus^ ville de la Lycie. (4) Lystra, dans la Pisidie. (5) Nous pensons que c’est Myra, dans la Lycie. (6) Le nom ancien de cette ville est Patara, celui de la carte est le nom moderne; là se trouvait un oracle d’Apollon , et la tradition était que le dieu se partageait entre Patara et Delos, en donnant à chaque séjour six mois de l’année. (7) Milet , patrie de Thalès , l’un des fondateurs de la philosophie chez les Grecs. (8) Priène, ville ionique, près de Magnésie du Méandre. (9) Ce fleuve doit sa célébrité à Homère. (10) Celte ancienne contrée est aujourd’hui comprise dans l’Anatolie. — 377 — longtemps célèbre et décorée d’un temple élevé à frais communs par les villes de l’Asie. Cette ville n’est aujourd’hui qu’un monceau de ruines connu sous le nom Aioso lue, qui est une altération de ce- lui d’ Agio Theologos ( saint Théologien ), donné par les Grecs modernes à Saint Jean , fondateur de Té- glise de cette ville (1). En revenant au littoral vers TO., nous remarquons un grand édifice ceint de mu- railles surmontées d’un grand drapeau, c’est Troia civitas bellicosa ( Troie, ville guerrière ). A côté est inscrit Tautre nom de Troie, Ilium. Au N. sont Larnsacus ( Lampsaque ) , Siticum (Cyzique), Ahidos. Après Abydos vient Bru- sias, c’est-à-dire Prusa (2). Au nord de cette ville est un golfe assez semblable à un fleuve, flu- vius et lacus Madus (fleuve et lac Madus). En examinant de près la position de ces noms , tout nous porte à croire que le cartographe a voulu signaler un des golfes formés par la Propontide, celui-là même sur le rivage duquel était situé Myr- lea qui fut aussi appelée Apamea et dont le nom moderne est Mondania. Ce rapprochement nous (1) Voyez D’Anville, Géograph. ancien., II, p. 40. (2) L’orthographe de ce nom, dans la carte, est donc à peu près conforme à la prononciation des Ottomans, qui changent le P en B, et se refusant à commencer par deux consonnes, disent Bursa. semble d’autant plus fondé, qu'a TE. se trouve indi- quée une montagne représentant le mont Olympe , où le fleuve en question prend sa source. Ainsi le fleuve est le Dascylium, aujourd’hui Diaskilo, et le lac est représenté près de la mer par l’épanche- ment de la rivière qui descend de l’Olympe. Au N. nous trouvons ensuite Nicomedia (1) , Cal- cidoyiia (2) (Chalcédoine), Nicea (3) placée au fond d’un golfe que les anciens nommaient Astacenus; c’est la position assignée à Nicomédie. Nicée était près des bords du lac (4). Dans le golfe tombe le fluvius Liens (5), puis la côte forme un promon- toire tendant vers le Bosphore. En entrant dans le Pont-Euxin ou la mer Noire, nous trouvons d’abord la ville célèbre à' Héraclea , qui avait le surnom de Pontica, et qui, selon D’Anville subsiste sous le nom à'Erekli.Lo cartographe n’a pas figuré le golfe au fond duquel cette ville est placée, mais il a dessiné cepen- dant la pointe de terre en forme de péninsule, que Ton appelait Acherusia parce que, suivant la Fable, Hercule, qui donna son nom à la ville, avait tiré Cerbère (1) Voyez, au sujet de cette ville, la note 4 , p. 115 et 270, note 1. (2) Voyez, sur cette ville, plus haut, p. 146. (3j Voyez D’Anville, II, p. 22. (4) Ce lac s’appelle aujourd’hui lac d’Iznik. (5) C’est peut-être le Lycus , que Ptolémée siguale dans le Pont. — 379 — des enfers parmi antre ouvert sur ce promontoire (1). Après avoir doublé ce cap , on ne remarque qu’un seul nom , Cal aria (2), peut-être Galatia, sur la par- tie méridionale de la mer Noire. La forme que le cartographe donne à cette mer est tout-à-fait arbi- traire; il en fait un long canal se projetant de l’O. à l’E. Au nord du Liens on lit Bitinia (3). Là est placé un lynx avec la légende suivante : ï Linx videt per muros et min- i Le lynx voit à travers les murs git lapidem nigrum. 1 et urine une pierre noire. Au-delà coule le fluvius Belles (4) qui, traversant la Phrygie, se jette dans le Pont-Euxin après avoir fait sa jonction avec le fluvius Pactalus (5), qui a sa source dans une montagne au nord à’ Antioche. Al’E. de ce fleuve, est la Paphlagonia { Paphlagonie); cette région, sur laquelle on ne lit que ce nom, est sépa- rée par un trait de la Capadocia, qui renferme Ce- sarea civitas (6). Telle est l’Asie de cette curieuse carte. Nous al- lons maintenant parcourir l’Afrique, (1) Voyez Solin, XLIV, au sujet de la caverne de l’Achéron. (â) Nous ne rencontrons pas ce nom géographique. (3) Sur cette contrée, voyez D’Anville, Il , p. 26. (4) C’est le fleuve Hyllus ou Phnjgius^ à moins que ce ne soit l’Halys. (5) Il faut lire Pactolus, fleuve qui du temps de Strabon, dit D’An- ville, ne roulait plus ce sable d’or auquel on attribuait les richesses de Crésus. (6) Cette ville prit ce nom sous Tibère. — 380 — AFRIQUE. Cette partie du monde est dessinée ici sur une plus grande échelle que dans les autres cartes déjà analysées, cependant ni la forme ni les contours n’accusent le moindre progrès géographique. Le tracé est le même, et c’est encore l’Afrique que nous avons vue sur un certain nombre des autres monu- ments. La côte occidentale, à partir du détroit de Gibraltar, ou les Colonnes d’Hercule, va s’inclinant de plus en plus vers l’est jusqu’à la rencontre de la mer Rouge, de sorte que l’Afrique de cette mappe- monde se trouve tout entière en deçà de l’équateur. La partie méridionale est bornée par une zone de mer qui forme la communication entre la mer In- dienne et la mer Atlantique, comme nous l’avons déjà remarqué dans presque toutes les cartes systé- matiques du moyen-âge et notamment dans celle de Lambertus. C’est au midi du NU que le cartographe place les monstres dont il est fait mention dans les géographes anciens. Nous commencerons la description de ce continent par la partie septentrionale ; en partant de l’occident nous suivrons le littoral jusqu’aux limites de V Asie, et, en terminant, nous décrirons les villes, les fleu- ves, les légendes et les autres particularités qui se I — 381 font remarquer sur l’intérieur et sur la partie méri- dionale. La pointe occidentale de l’Afrique porte les mots Terminus Jffrice (limites de l’Afrique), près de là est une grande montagne , le fameux mont Calpe {mons Calpes) (1) ; la première ville qui se présente à partir de ce point sur le littoral de la Mé- diterannée est Ecusium civitas (Icose)(2), puis vient le mons Sigga, jadis habité par Syphax, si nous en croyons Solin (3). A l’E. de Siga est Lix-Col. (la colonie deLix) (4), aujourd’hui Larache, et dans la (1) Voyez plus haut ce que nous avons dit au sujet de cette mon- tagne. (2) Solin, XXVI, dans la description de l’Afrique, dit : « N’oublions « pas de mentionner Icose. Quand Hercule passa dans ce pays , vingt « de ses compagnons qui l’avaient quitté choisirent ce lieu , y éle- « vèrent des murailles, et pour qu’aucun d’eux ne pût se glorifier « d’avoir fondé la ville, ils lui donnèrent le nom de vingt fondateurs. » Selon D’Anville, Icosium est aujourd’hui C/iercfed. — Pline, liv. V, c. 2, rapporte que le droit de cité fut conféré à Icosium par l’empereur Ves- pasien. La ville était enclavée entre des montagnes, et sur notre carte on remarque à l’O. une petite montagne; le cartographe a aussi repré- senté cette ville, d’après la description de Pline, ceinte de murailles. (3) Siga avait un port qui est aujourd’hui Ned Roma. Selon l’Itiné- raire d’Antonin, la ville de ce nom était à 3 milles romains du port. Ptolémée la range parmi les villes maritimes, et notre cartographe l’a également placée près de la mer. C’était une des anciennes colonies tyriennes. Nous aurons l’occasion de parler de nouveau de la ville et du port lorsque nous analyserons les portulans du moyen-âge. (4) Solin (XXV) dit que c’était dans la colonie de Lix qu’était le pa- lais d’Antée, redoutable dans l’art d’attaquer et de se défendre k la lutte, et qui reprenait de nouvelles forces quand il touchait la terre, dont il passait pour être le fils ; il fut vaincu par Hercule. Chez les anciens auteurs grecs c’est Lixus, aujourd’hui Larache, comme nous le signalons dans le texte. Strabon (II, 156) donne des détails sur ce — 382 — même direction le mons Cannar, c’est-à-dire le pro- montorium Cannarum de l’Itinéraire d’Antonin (1). Après avoir franchi ce promontoire, nous arrivons à un golfe qui correspond au golfe de Numidie de Ptolémée, aujourd’hui golfe de Stora, terminé par un autre cap sur lequel est le mons Saddi (2). Près de cette montagne, Russaden civitas (3) est placée non loin du Malva fluvius (4), à l’est duquel sont in- scrits Sunacolis (5), Gaza Municipum? [6), Cir~ tenna [Carlenna) (7), et Cesarea civitas (S) \ cette port. Le cartographe l’a exactement placé dans une petite anse, mais il n’a pas marqué le fleuve du même nom. Mêla (liv. III, c. 10) dit : Lixo flumini Linx proxima. (1) Ce Promontorium Cannarum se trouve trës-bien placé dans la belle carte de l’Afrique septentrionale de l’Atlas de M. Lapie, pour servir à l’édition des Itinéraires anciens donnée par feu le marquis de Fortia. (2) Voyez aux additions. (3) Russadir, située sur la côte entre Oran et Mellila. (4) Le nom de ce fleuve se rencontre, dans les cartes comme dans les auteurs , écrit de différentes manières : Malvana , Maluana, Ma- loua^ Malva et Malouia. Ce fleuve est appelé Mclochath, et aussi Mu~ lucha. (o) Voyez aux additions. (6) On ne trouve pas de ville de ce nom dans ces parages. La Table Théodosienne offre la ville de Gazanpida, que Vitinéraire d’Antonin nomme Gazanfula. Procope en fait mention aussi de même que la Notice des Évêques. (7) Cartenna. Ptolémée le nomme Kartennœ. Auguste y établit une colonie de soldats de la seconde légion. Mêla et Pline font mention de cette cité. D’Anville pensait que c’était Tenncs; mais Mannert est d’un avis contraire, et croit qu’elle était sur \esig. (8) Cœsarea. Cette ville lut capitale sous Juba, qui y fit exécuter de magnifiques constructions; c’est aujourd’hui Tenues. 383 — dernière ville est voisine d’un golfe près duquel on lit ; Ygniu Tipassa? (1), ensuite viennent Rugone sur le bord du golfe (2), Brusutus (3), Saldis (4) et Ygicolis (5) sur les bords de la Méditerranée, et au midi le nom de la Mauritania Silipliencis ; à l’est coule VAmsiga fluvius (6), au-delà duquel est in- scrite Russicada civilas (7). Près de là se voit un évêque coiffé de la mitre, représenté en prière dans une chapelle gothique ; c’est Saint- Augustin , comme l’indique la légende : « Lifone (Hipone) regnum et ci- vitas s. Augustini episcopi. » Hippone, ville et royaume de saint Augustin, évêque. (1) Nous ne savons que faire du premier mot Ygniu. Le second in- dique la Tipasa Colonia, dont Pline fait mention dans 1e liv. V, c. 2. Voyez, sur la position de cette ville et le nom moderne qui lui corres- pond, les discussions de Mannert, dans Marcus, p. 494. (2) Rugone, nom entièrement estropié, doit se lire Rusgunia, ou Rus- coma, selon Pline, qui nous dit qiC Auguste avait érigé cette ville en colonie. Dans la notice Epîscopiis Rusguniensis, est signalé à l’O. du cap Albatel qui forme le golfe de Malamuguer, (3) Brusutus. Ce nom nous semble également estropié; nous ne pen- sons pas que ce soit BrusUiana. (4) Saldis, Teulès l’ancienne Saldae, entre Hippone et Césarée. (5) Ygicolis. Encore un nom qui nous semble altéré. Peut-être le cartographe a-t-il voulu signaler Igilgilis, aujourd’hui Gigeri. (6) Arnsiga fluvius doit être lu Ampsaga fluvius aujourd’hui le Oued- el-Kébir. Ce fleuve est cité dans tous les géographes anciens et dans un grand nombre de ceux du moyen-âge, parce qu’il formait la limite entre la Numidie et la Mauritanie. (7) Russicada. C’estla ville de d’aujourd’hui. Shaw l’a désignée dans sa carte. Notre cartographe l’a représentée par des édifices, comme la Table Théodosienne l’a figurée par des maisonnettes. 384 A l’est de cette ville coule de fliwius Bragala (sic), c’est-à-dire le Bagrada des anciens, Medjerdah d’au- jourd’hui. Entre ce fleuve et Y Amp saga sont les Aque Tibililane^ eaux minérales fort renommées sur la route de Carthage : la Table peutingérienne les fi- gure par de grands édifices. Selon Shaw , ces eaux thermales se nomment aujourd’hui Hamarn-el-Mas~ contim. Après ce nom se trouve celui de la province Numidia, et cette légende : « Longitudo Africe et Numidie ab Amsiga flumine usque ad Tri- polim D et LXXX milia pas- suum. » La longueur de l’Afrique et de la Numidie, depuis le fleuve Ara- siga jusqu'à Tripoli, est de cinq cent quatre-vingt mille pas. Après le Bagrada nous arrivons au promuncto- rium Appolonis (1), au-delà duquel sont Yppus Martus (2), üctica civitas ( la ville d’Utique) (3) et Urca (4). Cette ville est placée près du fluvius 3fu~ (1) Le Promontoire d'Apollon, que le cartographe signale d’après les géographes romains, était le même que le Promontorium Pidchrum dont Polybe fixe la position en face et au nord de Carthage. (Voy. Polybc., 111, 23.) C’est aujourd’ui Ras-Zebib. (2) Ce mot nous semble devoir se lire Uippozarytus , aujourd’hui Biserte, dans la régence de Tunis. (3) mica était située sur le golfe de Carthage, vers le nord, non loin du Promontoire d'Apollon. Pour l’histoire de cette ville, consultez Po- lybe, XXXVI, c. 1. ; — Appien. Pun. (c. 135) ; — Strabon (XVII) ; — Cf. Orose (V. 21), — et Pline (V, c. 4). (4) Nous ne connaissons pas de ville de ce nom. — 385 ~ sîca (1), entre ce fleuve et le Bagrada est la lé geride suivante : « Getulea. Mediteranea pars Afri- ce interna Africe ut Solinus tes- latur plurime quide(m) bestie sed principaliter leones tenent, » Sur une grande péninsule est un énorme édifice près duquel on lit Cartago magna (Carthage la grande). A 1 est de cette ville sont inscrites civitas (la ville d’Adrumète) (2), Sus tibus civitas (3), Pud- pud civitas (4). Cette dernière est placée près d’un golfe au fond duquel est Curunbi civitas (5), sur Fautre bord est Clippeas civitas (6); à l’est mons Mercurii (7), Zengis cmïas (la ville de Zengis (8), Gétulie, partie méditerranéenne, c’est-à-dire intérieure de l’Afrique, occupée, comme l’atteste Solin,par un grand nombre d’animaux, mais surtout par des lions (1) Ce nom doit être lu Miducha. (2) Voyez, au sujet de cette ville, la note p. 96. (3) Sustibus. Nous pensons que ce nom est mal écrit : la ville dont il s agit est peut-être Suthul, place forte du temps de Jugurtha (Voyez Salluste, c. 12, 37 et 38). (4) Pudpiid ou Pupput ; voy. p. 97. (5) Nous ne connaissons que la ville d'Euria dans la Marmarica. (6) Nous ne connaissons pas de ville de ce nom. Aucun des géogra- phes anciens n’en fait mention. Ce nom doit donc être corrompu. (7) Le Promontoire de Mercure était à l’extrémité du rayon des villes mar^îbandes situées à l’E. du territoire carthaginois. 11 porte aujour- d’hui le nom de Cap-Bon. Les Arabes l’ont appelé Ras-Addar, c’est-à- dire le Grand-Cap, ou Cap-Beau. (8) zengis était, sous les Romains, et même sous les Vandales, le nom d’une province. Voyez Æthicus et Isidore, XIV, c. 5. " 25 — 386 — et Catapas coJonia (1), enfin non loin de là ces lé- gendes : ZeDgis, pays renfermant les deux villes les plus illustres : c’est la véritable Afrique; elle contient les villes les plus célèbres : Adru- mète, Carthage, Utique fameuse par la mort de Caton, et beaucoup^ d’autres. Cette terre rend les se- mences au centuple sur une éten- due de plus de deux cent mille pas. « Africe distat ab Italia minus | L’Afrique est éloignée de l’Italie CC passuum. » i de moins de deux cent mille pas. A côté de cette légende est Bizantium civitas (2); au sud, Suffecula civitas (3) et un grand lac, lacus Salinarum (lac de Salines) (4). Près des deux villes précédentes sont encore Septimana civitas (5), civitas Tuscrum (6), Numadibus municipium, et la légende suivante : « Zengis regio ex duobus nobi- lissimisoppidis hecest vera Affrica, habet civitates faraosissimas Adru- metum, Cartaginem, Uticam fa- mosam morte Catonis et alias mul- tas cun (cujus) terra fert centesi- mum fructum per milliaria am- plius CC passuum. » « Bruncerio regio ex duobus no- | Le pays de Bruncerio (?) doit son (1) Ce nom est entièrement estropié ; il offre les éléments de cata- batmus. (2) Voyez, sur Bysacium, ce que nous avons dit p. 191. (3) Ce nom est estropié ; c’est Sufeiula, aujourd’hui sfaila; cette ville a été célèbre dans l’antiquité. Shaw et sir Grenville Temple donnent des détails sur les monuments qu’on y retrouve. Voyez Mar- cus, Géographie ancienne des États barbnresqnes, p. 427 . (4) Lacus Salinarum; probablement les Salinœ ^iubonenscs dont la po- sition se fait reconnaître dans celle du Lac-Chott, marais salant d une grande étendue (//>., p. 525). (5) Nous pensons que c’est la ville nommée dans la Notice des Évêques, Septimunicia. (6) Ce nom nous semble estropié. C'est peut-être Tusca. bilissimis oppidis dicta est id est | nom à deux villes de premier or- Adrumetis et Bizantium. » j dre, Adruraète etByzantium. Nous entrons ensuite sur le territoire des Syrtes, où on lit ; « Sirtes minores. Hinc usque ad Carthaginem CGC millia sunt pas- siium. » Les petites Syrtes. De là jusqu’à Carthage il y a trois cent mille pas. A 1 est des petites Syrtes, est un fleuve qui sort d’une montagne de la Tripolitana : Lethon fluvius infernalis dictus i Le Léthon (Léthée), fleuve de propter oblivionem quam facit po- l’enfer, ainsi nommé parce qu’il tantibus (!). ! ^erse l’oubli à ceux qui boivent.» Au-delà, sur la côte de la Méditerranée^ en allant vers l’est, nous trouvons la ville de Sabrata (2) ; Ocea civitas ( la ville déOcea (3) placée sur le bord d un petit golfe; Cyrène {Cirene civitas) (4) près (1) Sur ce fleuve, voyez Solln XXVllI, et la note ci-dessous, p. 399. (2) Sabratha ; Procope parle de cette ville. Pline, avant lui, la plaçait près de la petite Syrte comme dans cette carte. Elle correspond à Souara, (3) C’est Oea qu’il faut lire; il est vrai qu’on rencontre le nom de cette ville écrit de différentes manières dans divers auteurs. Mêla et Pline écrivent Ptolémée, Eoa-, la Table Théodosienne, Le nom d’Oc.a, inscrit ici, se trouve dans les anciennes éditions des géo- graphes de 1 antiquité, mais c’est une erreur de copiste. (Voyez Man- nert, trad. de Marcus, p. 143.) (4) Cyrène; pour 1 histoire de cette ville, consultez Hérodote, IV, 65- 160; Pjndare, Pyth. IV; Schol-ad v. 1 ; Strabon (XVIl-1194); Athénée (XVIII-1); Synesius, Epist. 57-114); Cf. l’Itinéraire d’Antônin, pa- ges 20-21, édition de M. de Fortia ; Table Théodosienne, 286; Scylax ibid, p. 364 ; le Stadiasme et Hiéroclès. Cette ville est aujourd’hui Ghrennah. — 388 ~ (le laquelle sont encore inscrits Sirtes minores et Plutonis promimctorium (promontoire de Pluton), enfin, dans l’intérieur, la légende suivante : . Sirtes maiores ab bine usque I Les Grandes Syrtes ; de là jus- ad minores Sirtes CCL passuura. « | qu’aux petites Syrtes, il y a deux i cent cinquante mille pas. Plus à l’intérieur est une autre légende désignani un édifice : .< Magonia dicta Sircis. | Magonia, dite Sircis. A l’est du Plutonis promunctorium (1) sont sept embouchures du Nil , à côté desquelles s’élève une immense tour couronnée par des flammes, c’est le phare d’Alexandrie. Près de là se voit une grande ville nommée Alexandria civitas et le mot Pare- tonium. (2). A l’est viennent ensuite Tafnus civi- tas (3), Eraculus et la légende : « In boc triangulo, id est Delta inferioris Ægypti cet (centum) ci- vitates esse avium Ysidorus attes- tante. Dans ce triangle, c’est-à-dire Delta de l’Égypte inférieure, cent villes ainsi que l’atteste Isidore. Sur le bord d’un fleuve nommé fluvius Ciiusta (1) Nous rencontrons dans Ptolémée le port de Phthia (4>6îa) et la pointe de P]itis. C’est cette pointe que le cartographe appelle pro- montoire. (!2) Parœtoniuin, place forte aux confins de la Libye égyptienne, aujourd’hui El-Bareton. Pour l’histoire, consulter Strabon (XVII), Flo- res (IV-II), Prucope deÆdifie. (V1-2J. (3) Nous pensons que ce nom est corrompu. Peut-être est-ce Taphiœ de Mêla et de Solin (XXVllI). — 389 — {Pelusiacus?) on lit Pelasium (Pelusium). Au-delà de ce fleuve est un édifice sur lequel on lit Mekesiis civitoos (1) ; sur les bords du canal Pélusiaque, on lit encore les noms suivants Stenas (2)? Dafnus(3)l et Peliuspoles (Heliopolis) (4). Près du ISü est Mem- phis civilas, et dans la région du Délia sont les montagnes nommées montes (5), ayant à l’O. les mots Heremus-Silhe palme et une forêt de pal- miers (6). Entre le canal Pélusiaque et la mer Rouge, au nord du Nil, se voient encore dans l’Égypte d’au- tres indications plus ou moins fabuleuses. Sur les bords du canal même est le mous Climax ; plus loin la Salamandre : « Salamandra draconus vene- i La Salamandre, dragon veni- mosa. » I meux. La Mandragore, plante à figure humaine : « Mandragora erba rairabiliter i La Mandragore, herbe aux ver- virtuosa. 1 tus merveilleuses. (1) L’altération de ce nom nous met dans l’impossibilité de trouver ie correspondant ; Machœrus était une position sur la cime d’un roc es- carpé, près du lac Asphaltite; à moins que le cartographe mu par quelque idée historique un peu confuse n’ait voulu placer ici la Mecque. (2) Nous ne pouvons reconnaître ce nom. (3) Daphnus, c^est peut-être Daphnæ (Pafnas). (4) Nous ne reconnaissons pas ce nom estropié. Peut-être PanopoUs? (5) Nous pensons que ce nom estropié doit se lire Arabkus nions. (6) Peut-être Hermopolîs, la grande ville de Mercure, ou Hermopoli- Xana phylaeet — Le mot Palme nous ferait supposer que c’est l’une de ces villes, puisque lesOasw nmqna et parm en dépendaient. — 390 Là se trouvent les greniers de Joseph dont il est question au commencement de cette description ; un puits avec la légende suivante : « Hic congregatus populus Israël I « Ici le peuple d’Israël, rassem- in Ramesse exiit de Egipto altéra | blé à Ramesse, sortit d’Egypte le die post Pasca. » i second jour après la Pâque. » Un animal ayant quelque ressemblance avec un cheval, sauf la tête épaisse, et armée de longues cor- nes droites, est décrit dans la légende : € Solinus. Eale nascitur in Yn- DiA equino corpore, cauda ele- phanti, nigro colore, maxillis ca- prinis, praeferens cornua ultrà cu- bitale longa neque enim rigent sed moventur ut usus exigit prae- liandi quorum cum uno pugnat alter replicat. » (1) « Solin, L’Eale naît dans l’Inde, a le corps du cheval, la queue de l’élépbant, la robe noire, les mâ- choires de la chèvre, porte en avant de la tête des cornes longues de plus d’une coudée. En effet elles ne sont pas dures, mais se meuvent selon le besoin qu’il en a pour com- battre; il lutte avec l’une, et l’autre se replie. Nous rencontrons ensuite le long de la mer Rouge les villes suivantes : Sochoih civitas (2), Etham ci- vitas (3), Magdalus civitas (4) ; plus à l’est est le (1) Cette légende est tirée de Solin, LUI. — Selon Cuvier, cette des- cription appartient au Rhinocéros bicorne dout les cornes jouissent de quelque mobilité, d’après ce que rapporte Spassmann dans son Voyage au Cap, publié à Stockholm en 1783. — 2 vol. in-8« avec planches. (2) Dans le livre de Samuel, il est question d’une ville de ce nom, So- choth (Samuel, 17). Ptolémée mentionne aussi Sochor au-delà de Cata- bamim. (3) Voyez sur cette ville V Exode, 16, et Joseph. (4) C’est peut-être Magdalus ou Magdolus, dont il est question dans Hérodote et dans Etienne de Bysance. — 391 — mous Pelorum (1) ainsi que Ptholomayda civitas (la ville de Plolémdide) , qui est placée sur les bords du Nil, dans le voisinage de la Tliebàida regio (la Thé- baïde). En revenant sur le bord de la mer Rouge, nous trouvons Abidos civitas (la ville d’Abydos (2), Pliiarotli? (3), Gazem civitas (la ville de Gaza), Laureum portas (4), Bérénice (5), Chachinna por- tum et civitas (6) et enfin une grande chaîne de mon- tagnes, avec mie grande porte crénelée au milieu. Ce sont les Montes Nibie (7) et les Portée Nibie (monts Nubiens et portes Nubiennes. Le Nil traverse ces montagnes et on y lit la légende suivante : « Hic locus dicitur Moyse, id est I Ce lieu est nommé Moïse, c’est- aque ortus. » 1 à-dire naissance de l’eau. Non loin de là s’étendent de vastes marais qui se prolongent vers l’est jusqu’à l’Océan. La capitale de ( I ) Nous ne connaissons de Mons Pelorum (ou bien Pelorus) qu’en5îcî7c, d’après Ptolémée. (2) Abydus fut la résidence de Memnon. Cette ville, qui n’était infé- rieure qu’à la grande thèbes^ est ensevelie dans ses ruines, comme l’in- dique le nom actuel de Madfuné (D’Anville. Géograph. ancien. 111. — 32). (3) Phiairoth ou Piachiroth. Ville à peine indiquée par Ortelius dans son Thésaurus Geographicus. (4) C’est peut-être Laura Civitas d’Ortelius située en Égypte. (.3) Voy. p. 97. (6) Nous ne rencontrons ni ville ni port de ce nom dans ces pa- rages. (7) Sont-ce les montagnes de Nitrie? — 392 — la Nubie, Oppidum Nibie, placée vers le nord de la contrée dont les montagnes forment la limite méri- dionale, est unie aux marais par la légende suivante : • Nibei gens Nibie Ethiopes Chrislianissiini. Halus (Palus) fons Nili. » (1) Les Nubiens. Les peuples de la Nubie sont des Ethiopiens très-bons chrétiens. — Marais. — Source du Nil. A l’extrémité N.-E, de ce plateau signalé comme un vaste réservoir d’où les eaux descendent, se voit une grande montagne du sommet de laquelle soi tent des flammes, c’est le Mons ardens (2). Revenons maintenant sur nos pas et suivons, le long de l’Océan, la côte méridionale de l’Afrique, et la partie occidentale jusqu’aux colonnes d’Her- cule ou détroit de Gibraltar. Après avoir parcouru ce (1) Voyez l’Introduction, p. XLVII. (2) Rapprochez de la description de la carte cottonienne du Xe siè- cle, p. 50. — Mêla (III. 9) parle d’une montagne élevée et toujours en leu que les Grecs appellent 0s65v ôx^ip-a (le Char des Dieux). Voyez sur la position de cette montagne Gosselin, Recherches sur la Géographie des Anciens, t. I, p. 96. — Cf. Fradin, note 200, t. 111 de son édition de Mêla. — Pline (VI. 30) parle aussi de celle montagne. Selon le Père Hardouin, c’est le Cabo de P aimas, et Sierra^Leone, selon Dupinel; mais Pline dit que cette montagne s’élève au milieu de la partie méridionale du continent, tandis que le cap de Palmas et la sierra Leone sont sur la côte occidentale. Il résulte donc de celte observation que la mon- tagne dont il s’agit était dans un emplacement différent de celui que lui assignent les critiques que nous venons de nommer. Au surplus, dans les caries du moyen- âge, celle montagne n’est pas figurée sur la côte *>€cideulalo. rivage de l’est à l’ouest, ooj^s examinerons en ter- minant les régions intérieures. En deçà des montagnes de la Nubie, s’étend des deux côtés du Nil la Région de la Thébdide ; au sud, sont deux édifices qui représentent des couvents : « Monasteria sancli Antonii in I Les monastères de Saint-Antoine deserto. » (1) 1 dans le désert. Plus au sud est dessiné une espèce de cénobite, la tête couverte de son capuce ; au-dessus on lit : Zozima (2). Ce personnage est placé près de V Océan méridional de même qu’une figure au-dessus de la- quelle on lit : « Gens sine auribusAmbari dicti quibus adusis plantis. » (3) Peuple sans oreilles, qu’on nom- me Ambari, et dont la plante des pieds est brûlée. Ensuite vient une autre figure qui n'a qu’un œil et qu'une jambe. « SciNOPODES qui uni cr — n’ (u- nicrures) mire eteleres plantis obumbrantur idem sunt Mono- culi. (4) » Scinopodes qui n’ont qu’une jambe ; d’une vitesse étonnante, ils se font de l’ombre avec la plante de leurs pieds. Ce sont les mêmes que les Monocles. (1) Les Grecs et les Romains ont désigné la partie méridionale de l’Egypte (le Said des Arabes) par le nom de Thébaïde. Thèbes était la ville principale. Les Chrétiens s’y établirent. St-Antoine avait donné l’exemple, et autour de lui se groupèrent des milliers de disciples, mais la dépopulation générale de l’Egypte amena l’extinction de presque tous les monastères. (2) Voyez aux additions. (3) Solin dit seulement : Apud Ambaros nulla est aurita quadrupes (XXX). — (4) Solin dit : Syrbotæ longi sunt ad pedes duodecim (XXX). — 394 — La ligure suivante boit dans un vase au moyen d’un tube : « Gens ore concreto calamo ci- 1 Peuple dont le visage est com- batur (1), » 1 primé ; il se nourrit au chalumeau. Ensuite vient un Androgyne : « Gens uterque sexus in natura- I Peuple des deux sexes à la fois, les multi modis (2). » I monstrueux à beaucoup d’égards. Un homme marchant à quatre pattes représente : « Himmaropodes. Fluxis nisi- bus crurum repunt pocius, quam incedunt et pergendi usum lapsu pocius destinant, quam ingres- su (3). » Les Himantopodes , dont les jambes tramantes servent plutôt à ramper qu’à marcher ; de là vient qu’ils se glissent plutôt qu’ils n’a- I vancent. Après les Himantopodes, est une sorte de mon- tagne appuyée sur le rivage de l'Océan méridional et remplie d’énormes serpents; on y voit un enfant engagé au milieu de ces reptiles. La légende nomme ce lieu. « Mons ardens serpentibus pie- 1 Le mont ardent, plein de ser- na (4). « I pents. Mais à côté est une femme qui nous semble ap- partenir à la nation des Psylles : selon Solin, ils étaient invulnérables à la morsure des serpents. Et, (1) Mêla parle de celte fable dans son liv. III, c. 9; Pline, liv. V,. c, 8, Solin, c. XXX, la mentionnent aussi. (2) Ce sont les Androgynes dont nous parlons autre part. (3) Ce passage est tiré tout entier de Solin, c. XXXI. (4) Celte légende se rattache à celle qui suit; voyez la note l. -y en effet, en rétablissant le nom altéré que nous offre une seconde légende, nous retrouvons dans le reste les signes caractéristiques de ce peuple fabuleux : « Philli pudiciciam uxorum pro bant objeclu uorater natoruin ser pentibus (Ij. » Viennent ensuite plus à l’O, les Blemmyes sans tête : « Blksiee os et oculos habent j Les Blemmyes ont la bouche et in pectore (2). » j les yeux dans la poitrine. Les suivants sont également sans tête. « Isti os et oculos habentur in I Ceux-là ont la bouche et les yeux humeris (3). » 1 sur les épaules. La figure suivante a quatre yeux « Parvini Etiopes quaternos | Les Parvint sont des Ethiopiens oculos habent (4). » j qui ont quatre yeux. Après ceux-ci , on remarque deux hommes en face run de l’autre, ayant chacun un grand bâton dans la main droite, et l’autre bras étendu, comme pour (1) Solin dit desPsylles : « Soli morsibus anguiumnon interibant Recens etiam editos serpentibus offerebant ; si essent parius adulte- rini matrum crimina plectebantur interitu parvulorum; si pudici, pro- bes ortus à morte paterni sanguinis privilegium tuebatur. » l e carto- graphe n’a pas pris garde que Solin ajoute : « Sed hæc gens interiit à Nasamonibus capta, etc. « (G XXIX.) (2) Voyez Solin, loc. cit. D’An ville place ces peuples sur les bords du Nüai près de la grande cataracte (Géograph. ancienn., III, p. 48). Pline en parle dans le liv. V, C. 8. (3) Répétition provenant d’une méprise sur le texte de Solin (XXIX). (4) MaritimosÆthiopas quaternos oculos dicunt habere. Solin (XXXII). se tenir mutuellement à distance; ce geste est expli- qué dans la légende : « Tanginei Etiopes amiciciacum j Les Ethiopiens Tanginéens; avec eis non est. » (1) i eux il n’y a pas d’amitié. A l’ouest est une grande montagne, mons Hespe- riis (2) ; ici la côte se courbe et forme un promon- toire ; il est donc à présumer que rintention du car- tographe était de figurer le promontoire de ce nom , au pied duquel il fait tomber dans l’Océan, sur la côte occidentale d’Afrique, un fleuve nommé Nucinil flu- viiis (3). Au nord de ce fleuve est V Atlas, énorme montagne, au sommet de laquelle est la légende sui- vante : « Mons Adtlans excelsus nimis Le mont Atlas fort élevé est si- per diem silet noctibus apparent lencieux pendant le jour; maisdu- ibi luminaria audiuntur tinnitus rant les nuits il y paraît des clartés cimbalorum choris et Egipanis ibi et l’on y entend des bruits de cym- baccantibus (4). - I baies et de tambourins produits j par les Egipans qui exécutent là 1 leurs danses el leurs orgies. (1) Camphasautes abstinent præliis, fugiunt commercia, nulli se ex- terne misceri sinunt. Solin (XXXII.) (2) Gosselin dit ; Atlas, que l’on fait régner sur toute la côte de l’Afrique, n’est qu’une allusion à la montagne qui la domine dans toute sa longueur; et le nom d’Hesperis, sa compagne, ne fait qu’indiquer la situation et le gisement de cette chaîne, prolongée au loin dans l’Occident (t. l«r., p 141). (3) \uchul paraît correspondre au yilidis lacus de Pline (VL— c. 9). Mêla en parle aussi et dit que le nom de Niichul peut au fond paraître le même que celui du Üeuve d’Egypte, mais altéré et corrompu dans la langue du pays (Mêla, 111, c. 9). Quelques critiques pensent que c’est le Nitp-is, ou \eMgrUes Palus da Ptolémée (liv. IV, c.. 6). (4) Ce passage de la légende de notre carte se rencontre dans Mêla A l’est, est le monX Astrixis (1) et la légende sui- vante : Le mont Astrixis sépare la terre cultivable des sables qui s’étendent jusqu’à l’Océan d’Ethiopie et au milieu desquels errent les Ethio- piens Gagines. « Mons Astrixis (2) dividit vivam terram et arenas jacentes usque ad Occeanum Ethiopicum in quibus aberrant Gagines Ethiopes. » (3) A l’est de cette montagne coule le fluvius Dara (le Darat) (4); au nord, on lit : Tlamica deserta (5). Ensuite vient le fluvius Malva (Malouia) dont la source est à l’extrémité occidentale d’une chaîne de montagnes s’étendant vers Test jusqu’au méridien du grand lac salé dont nous parlerons plus loin. Entre ces montagnes et une partie du Nilus flu- vius, a 1 occident, est représenté un homme n avant (III, c. 19), mais le cartographe transporte la scène sur l’Atlas, comme Pline (Liv. V, c. l«r), tandis que Mêla ne la place pas précisément au même endroit et que son récit diffère de celui du Périple d’Hannon. Vossius explique ces particularités par des causes fort naturelles qui pouvaient facilement dispenser les anciens de recourir à la fable des Pans et des Satyres. (1) Mons Astrixis. C est aussi le nom donné à V Atlas par Isidore el par Aethicus. (2) Cette légende n’est tirée ni de Solin, ni de Mêla, ni de Pline, ni de Raban Maur. (3) Probablement les Ilesperides Æihiopes; voy. p. 72. (4) Ce fleuve est mentionné sous le nom de Darat dans le Périple de Polybe- Voyez Gosselin, t. p. 113. Ce géographe démontre, d’après les auteurs anciens, que c’est le Dyris des Berbères; il pense que le Darat est la rivière Sus des modernes (Ib., p. 131). (o) Ce nom doit se lire Atlantica deserta, déserts de l’Atlas. r: qu’un œil au milieu du front et portant une tunique, une couronne royale et une espèce de sceptre qu’il tient de la main gauche; c’est le roi des Agrio- phages. Au-dessus de sa tête on lit : « Egrophagi (sic) Ethiopes so- | Les Agriophages, qui ne se nour- las paneray (pantherarum) et leo- 1 rissent que de la chair des pan- num carnes edunt hahentes regem thères et des lions, et dont le roi cuiinfronteunus est (oculus) (1). » | n’a qu’un oeil au milieu du front. Après avoir longé le lac occidental formé par le Nilus fluvius, on lit : « Hic grandes formice auream | Ici d’énormes fourmis gardent sericam arenas. » (2) | des sables d’or (aureas set'vant are- I nas). Puis vient un grand lion {leo) ; plus à l’est est un Troglodyte à cheval sur un cci’f tacheté; derrière lui on voit trois têtes humaines sortant de trous repré- sentant des cavernes, l’une d’elles mange un serpent ; au-dessus on lit : « Trocodite (sic) mire sceleres ( specus accolunt. Serpentes edunt, feras saltibus apprehendunt. » (3) Les Troglodytes, d’une vitesse prodigieuse, habitent des caver- nes; ils mangent les serpents; ils prennent les bêtes fauves en leur sautant sur le dos. (1) Cette légende est tirée de Solin (XXXI). Voici le texte de ce géo- graphe : « Agriophagi tenent, qui solas pantherarum et leonum carnes edunt, rege præditi cujus in fronte oculus unus est. » (2) Solin rapporte cette fable. Il dit : « Les fourmis, en Ethiopie, ont la grandeur d’un gros chien. Elles tirent de l’or des mines avec leurs pattes, qui ont la forme de celles des lions : elles veillent à leur butin et mettent en pièces ceux qui voudraient le leur ravir. » (3) Solin dit (XXXII) : ■ Les Troglodytes ne vivent que de la chair des serpents et ne connaissent aucune langue, ils sifflent plutét qu’ils A Test du pays des Troglodytes que le carto- graphe renferme, comme nous l’avons dit, entre le Nilus et les montes Euzaree? est un affluent du Nilus formant un lac dans son cours, qui commence dans une montagne de la Tripolitana. Ce lacus et fluvius Tion (tton) est sans doute encore le fleuve Léthon (1). Au midi de ce fleuve est le fameux Basilic figuré d’après les récits de Solin. Placé dans un désert inaccessible , ce monstre est représenté dans l’action de se mettre en mouvement ; la moitié de son corps rampe sur la terre, l’autre se dresse (2). Au-dessus de sa tête, on lit : « Basiliscüs semipedalis est al- 1 Le basilic a un demi-pied , il est bis lineus maculatus. » i tacheté de lignes blanches. ne parlent. Les Troglodytes creusent des grottes qu’ils habitent. » Le cartographe a donc reproduit graphiquement le récit de Solin. (1) Le cartographe a encore puisé dans Solin (XXVIII). Ce géographe, en parlant des Syrtes, dit : ■ Sur le dernier promontoire des Syrtcs est « la ville de Bérénice, que baigne le fleuve Léthon, dont les sources « sont, dit-on, dans l’Enfer, et que les poètes ont vanté comme pro- « curant l’oubli. » Mais notre cartographe n’a pas su donner à ce fleuve la direction indiquée par Solin. Bérénice n’est pas ici baignée par ce fleuve, elle est au contraire placée bien loin. Pline (Liv. V, c. 5), en parlant du promontoire sur lequel est bâtie la ville de Bérénice, dit qu’il portait autrefois le nom de Corne des Hes-' pérides, et il ajoute que non loin de cette ville est un bois sacré, antre-' fois le Jardin des Hespérides. Rapprochez de ce que nous avons dit dans le tome I ’' au sujet des Hespérides. On peut reconnaître aussi dans ce nom l’indication de Solin : « A Phi- îenorum aris non procul palus est quam Triton amnis influit. » (XXVlll.) (2) Quoique nous parlions plus loin de ce monstre fabuleux dans la — 400 — Dans cette partie du pays des Troglodytes est dessiné un bassin circulaire : « Hic fons apud Tropoditas, fu- | Ici est la fontaine qui se trouve res cecitate arguens (1). » | chez les Troglodytes, et qui punit I de cécité les voleurs. et à l’est : Gamara civitas (2) ; au nord sont les noms Leptis Magna (3) et Tripolilana (4). description de la Mappemonde de Ranulphus, nous transcrirons ici le récit de Solin afin que le lecteur puisse apprécier les idées des géo- graphes du moyen-âge sur ce sujet et les sources où ils les puisaient. « Derrière la Ctjrénaique, dit Solin, le désert produit un monstre affreux, le Basilic : c’est un serpent qui a près d’un demi-pied de longueur ; sa tête est marquée d’une tache blanche en forme de diadème ; il n’est pas seulement fatal à l’homme et aux autres animaux , il l’est à la terre môme, qu’il souille et qu’il brûle partout où il établit son fatal séjour. Il fait périr les herbes, il tue les arbres; il vicie Tair à tel point que partout où son souffle impur s’est exhalé, nul oiseau ne passe impuné- ment. Quand il se met en mouvement, une moitié de sou corps seu- lement rampe sur la terre ; l’autre moitié se présente haute et dressée. Son sifflement effraie les autres serpents; dès qu’ils l’ont entendu, ils prennent la fuite de tous côtés ; aucune bête ne goûte, aucun oiseau ne touche à ce qu’il a mordu. La belette étant le seul animal qui dé- truise le basilic, on l’enferme dans les cavernes où il se cache. Toute- fois il peut encore nuire après sa mort. Les habitants de Pergame. se sont procuré à prix d’or les restes d’un basilic ; pour écarter d’un temple construit par Appelle les araignées et les oiseaux, ils y ont placé le squelette de ce reptile suspendu dans un filet d’or. » Tel est le récit merveilleux que fait Solin. C’est d’après de tels ré- cits que les naïfs cartographes du moyen âge croyaient à l’existence de ce reptile et qu’ils e dessinaient dans leurs cartes. (1) Solin parle d’une source merveilleuse chez les Garamantes et non pas chez les Troglodytes (XXX). (2) Il faut lire Garama civitas, la ville de Gamma, capitale des Gara- mantes; d’ailleurs elle est tout-à-fait voisine de la légende concernant les Garamantes que nous verrons plus loin. (3) Voyez sur celle ville, pag. 96. (4) Voyez, sur cette région, p. 211. Vers l’orient sont inscrites la Libya cirenensis et la P en tapote. « Pentapolis. Regio infra Li- biem Cirenensem députa à quinque urbibus dicta (1). » La Pentapole contrée au-dessous de la Libye Cyrénaïque doit son nom aux cinq villes qui l’occu- pent. Plus à l’est on lit encore : La longueur de l’Afrique, depuis la mer d’Ethiopie jusqu’à Alexan- drie-la-Grande, en passant par Mé- roé et par Syène, est de 1750,000 pas et la largeur de 1890 milles. ' « Longitude Affrice ab Ethio- pico mari usque ad Alexandriam magnam per Meroen et Sienem de- cies septies XXV millia passuum longitude, latitude tercies septies XC miliaria. Au sud de Bérénice civitas (la ville de Bérénice de la Pentapole) sont trois Autels, Aree phUenorum (Autels des Philènes) (2), et près du Nil, plus au S. : « Hic Barbari, Getuli, Natabres i Ici habitent les Barbares, Gétu- (sic) et Garamantes habitant (3). » | les, Natabres et GaramanteL En poursuivant à l’est, nous rencontrons un énorme édifice surmonté de cinq tours triangulaires : « Castra Alexandri-Magni (4). » ( Le camp d’Alexandre-le-Grand. 5, 254. (1) Voyez sur cette région, p. 38, (2) Voyez p. 97. (3) Sur les Gétules, voyez p. 73, 96, note 2, 97, 131 -note 2, ibid. 149, 151, Ibid. 191, note 1 et 211. Nathabur, dans Pline, correspond à un petit torrent qui , selon Edrisi , baigne les murs de Gherma (l’ancienne Garama). Voyez sur les Nadaheres, le texte d’Hugues de Saint-Victor, reproduit p. 65, note 4 du tome P^ Strabon (XVll) parle des Méga- bares (MsyâgapoO, nation Ethiopienne, habitant au-dessus de Syène- Diodore de Sicile les signale (111, § 52). Ptolémée les nomme Mégabrades’ -Au sujet des Garamantes, voyez p. 32, ibid. p. 123, note 1 et p. 149 note 3, ibid. 151. (4) Réminiscence de la visite d’Alexandre à l’oracle d’Aramon f» ’ I . Au sud sont Civiias Apollonia (1), Ptfiolomaida Cenlria (2), Cuya? (^), et sous le même méridien, près du Nil, Arsinoe (4). Là se trouve : Lacus Calearsus profundissi- ' Le lac Calearsus, très-profond, mus (5). » 1 A l’est de ce lac on lit : « Oraculum Jovis vel templum Ammonis. Distat à Cirene CGC rail- lia passuum (6). » Oracle de Jupiter ou temple d’Ammon. Il est distant de Cyrène de trois cent mille pas. Au-dessous du temple est figurée exactement, d’après la description de Solin, la pierre dite Corne d'Ammon, recourbée et arquée comme une corne de bélier (7). A l’est on lit : Terra Ethiopie. Cette Ethiopie orien- tale est renfermée entre les deux Nils systématiques. (1) Peut-être est-ce VApollinis mînor civitas, dont les mines d or sont à sedafé, selon D’Anville. (2J Nous pensons que le cartographe a confondu ici deux villes en une seule, savoir Ptolomais et Tentyra, dont il reste, selon D’Anville, des traces à Dendera, nom fort ressemblant. (3) Nous ne connaissons pas ce nom. (4) Voyez Mêla, liv. I, c. 4. (5) Ce nom se trouve écrit de différentes manières chez les auteurs anciens. Orose écrit Caleatius\ Ptolémée , Clearhis-, d autres écrivent Chalcarsum ; d’autres, Alcarsus. (6) Celle légende est aussi empruntée à Solin. (Loc. cit. ); mais la distance entre Cyrène et le temple d’Ammon est, selon le géographe romain de 400,000 pas; le cartographe la diminue de 1,000 pas. (7) Solin dit que cette pierre a l’éclat de l’or, et qu’elle procure des rêves divins à ceux qui en placent sous leur tête pour dormir. Le sa- vant cartographe du moyen-âge n'a pu passer sous silence une telle merveille, et il a soin d’en donner exaciemcnl la ligure. — 403 — Près de l’oracle d’Amrnoii est un édifice flanqué de deux tours surmontées de dragons ailés, ce que la légende explique ainsi : « Naddaber, civitas draconibus j La ville d’Adaber, qui est rem- plena (1). » | p]ie de dragons. Près de là est l’informe dessin de la fameuse fon- taine voisine du temple d’Ammon, dont parle Solin. « Puteus solis multum admira- I Le puits du soleil très-admi- bilis (2).» 1 rable. De la fontaine du Soleil on arrive à Syène, ville qui, dans la géographie ancienne, formait la limite entre l’Egypte et l’Ethiopie. Le cartographe figure cette ville célèbre par un édifice surmonté d’une tour; on lit, au-dessous: Sienee genies (peuples de Syène), et au-dessus : Turris vel civitas Sijene (la tour ou la ville de Syène) (3). Cette ville est sur les bords du second NU, ou du Nil méridional. (i; Voyez sur le fameux puits, p. 370 du tome I«; consultez aussi Strabon, XVII, et la savante note 2 de la traduction française, p. 426 du tome V. (2) « Près du temple est une fontaine consacrée au soleil : elle em- brasse de ses eaux une terre ayant l’aspect de la cendre et en forme un gazon. » (3) Sur Syène voyez la savante note de M. Riiter dans son Afrique, tome III de la traduction française, p. 419. Le nom de Tour de Syène dont parle ici notre cartographe a trait aux observations faites, dans cette ville, par Eratosthène. Ce fut là qu’il détermina jadis d’après son méridien, le premier degré, et par conséquent la circonférence de la terre dans le voisinage des tropiques. — 404 — A l’est de Syène est un homme assis, couvrant sa tête avec sa lèvre. « Gens labro proeminenti unde Peuple qui avec sa lèvre proé- sibi faciem obumbrans ad so- minente se met le visage à l’abri lem. » Au-dessus est dessiné un petit soleil avec le mot Sol. Ensuite vient un animal à figure humaine, ayant les pieds d’un cheval, la tête et le bec d’un oiseau; il s’appuie sur un bâton; c’est un Satyre, nous dit la légende : munibus in deserto (1). dans le désert. Dans nie de Méroé, Meroe insida, on voit un homme monté sur un crocodile (2). Plus à 1 ouest, est une autre île avec un édifice, Insula Babilonia civiias (Le Caire) (3), et au midi une espèce de cen- taure tenant un serpent. a Fauni semicaballi homines (4).» Les Faunes, à moitié hommes et chevaux. (1) La plus grande partie de cette légende est effacée; Solin dit : . Satyri de hominibus nihil aliud præferunt quàm figuiam (XXXII). <<^) Encore un emprunt fait à Solin. Ce géographe, dans la descrip- tion du crocodile, dit « qu’il y a en outre, dans l’île formée par le Nil des hommes de petite taille, mais d’une telle intrépidité qu ils vont au-devant du crocodile On le prend alors, et, soumis, il subit l’esclava<^e dans les eaux, son domaine : la crainte l’a rendu tellement docile, que, ne conservant plus aucun reste de férocité, il porte ses vainqueurs à cheval sur son dos. » (3) Voyez sur cette ville, p. 593 du tome 1-, addition XXXI. (4) Cette fable est tirée des auteurs anciens. et ensuite un sphinx : « Spinx avis est penna , serpens pede, fronte puella (l). » Le Sphinx est placé au milieu de Cordilières qui se rattachent à une grande chaîne de montagnes, Montes ethiopie altissime (les montagnes de l’Ethio- pie, d’une grande élévation) (2), courant entre les deux Nils, et au nord desquelles est le Rhinocéros : « Solinus : in Yndia nascitur Ri- noceros cui color buxeus, in naribus cornu unum mucrone excitât qui adunsus (sic) elephantes prælian- tur, par ipsis in longitudine, sed brevior cruribus naturaliter alvum petens quam solam intelligit icti- bus perviam (3). » Solin dit que le rhinocéros naît dans rinde. La couleur de cet ani- mal est celle du buis; il porte sur le nez une seule corne retroussée, qu’il aiguise pour se préparer au combat contre l’éléphant ; il est de la même longueur que cet ani- mal, mais il a les jambes plus cour- tes. Il tâche de frapper l’éléphant au ventre, qu’il reconnaît pour le seul endroit vulnérable (2). » Au-dessous est le Monoceros. Isidorus in libre XII ethimolo- giarura capitule II, sicut asserunt qui naturas animalium scripse- runt. Huic Monoceroti virgo puella Isidore rapporte, chap. II, li- vre XII du traité des Etymologies, d’après le témoignage de ceux qui ont écrit sur la nature des ani- (1) Le sphinx le plus célèbre dans la Fable est celui de Thèbes. On le représentait avec la tête et le sein d’une jeune fille, les griffes d’un lion, le corps d’un chien, la queue d’un dragon et des ailes. Les an- ciens croyaient qu’il exerçait ses ravages sur le mont Phycée. ( Voyez Pline VIlI-c. 21 et XXXVI-c. 12). (2) Nous pensons que c’est la grande chaîne que Burkhardt regai’de comme la plus haute de la Nîibie orientale. (3) Solin ne dit pas que le Rhinocéros naisse dans l’Inde. i ? — 406 — proponilur quæ venienli sinum aperit atque ille orani ferocitate deposita caput ponit sic quam so- poratus velut intemis (inermis) capitur (l). » maux, que l’on expose à ce Monocé- ros une jeune fille. Celle-ci, lorsque l’animal s’approche, découvre son sein ; le monstre, oubliant sa féro- cité, y pose sa tête, et, lorsqu’il est endormi, on le prend sans défense. Le cartographe, comme les anciens, prolonge l’Asie jusqu’au méridien d’Alexandrie, c’est pourquoi il inscrit, à cet endroit, les mots Terminus Asie et Affrice, pour indiquer qu’ici est la limite des deux continents. Telle est l’Afrique de cette carte. L’examen que nous venons d’en faire ne nous laisse pas le moin- dre doute : il est constant qu’au XIII® et au XIV® siècle, les cartographes les plus instruits n’avaient, sur la forme et l’étendue de ce vaste continent, d’autres notions que celles qui leur étaient fournies par les géographes de l’antiquité, et qu’ils ne con- naissaient absolument rien des pays qui furent dé- couverts plus tard. (1) G. Cuvier, dans une note au liv. VIII® de Pline, tome VI, édit. Panckoucke, p. 450, parle du Monoceros, qu’on traduit ordinairement par Licorne. Selon Cuvier, c’est à VOrix des anciens que répond la licorn, du blason. Cet animal, selon lui, n’existe pas dans la nature, « Les Anglais, dit-il , qui paraissent plus curieux que d’autres de retrouver la licorne dans la nature, parce que c’est un support des armoiries de leur roi, ont prétendu récemment qu’il en existe dans l’intérieur de Y Afrique el dans les montagnes de Y Indoustnn -, mais la première attestation ne repose que sur des dessins gravés, dit-on, sur des rochers par des sauvages; la seconde, que sur des relations d ha- Maintenant nous allons examiner les îles nom- breuses de cette carte . Nous commeneerons par les mers intérieures. La première île à l’est de Cadix, est Minorque,. Le cartographe lui donne la forme triangulaire ; elle porte une légende fort incorrecte : « Minorga in (insula) hujus . . | L’île suivante, près des côtes de l’Espagne, repré- sente les Baléares. « Galeares (sic) insulæ due sunt i Les îles Baléares sont au nom- id est Maiorga et Minorga. » | de deux : Majorque et Minorque. Sous le même méridien et en face de la Maurita- nie, on lit sur une grande île : insula cujus terram ser- 1 Ebos, île dont les serpents fuient pentes fugiunt (1). » 1 le sol. Près de la côte de France est la Corse, plus grande que les Baléares : « CoRsicA, insula promunctoriis angulosa long. CL millia pass. latit. L millia. » L’île de Corse, que ses promon- toires rendent anguleuse. Lon- gueur, cent cinquante mille pas ; largeur, cinquante mille. bitants de ces contrées éloignées, ou d’indiens qui les avaient par- courues; elle n’a jusqu’à présent en sa faveur aucun Européen témoin oculaire ». (1) C’est l'Ebusus de Strabon, de Mêla ei de Pline, ou Ebosia, une des Baléares, aujourd’hui Ibiza (Iviça). Le cartographe écrit ce nom à peu près comme Isidore de Séville (L. XlV-c. 6,). Sur ces îles, consultez Hérodote, Siliüs Italicus ( XIII-p. 846), Mêla (liv. ll-c. 6), l’Itinéraire d’Antonin, Manilius (III-v. 540), Diodore de Sicile (1. V), Solin, XXXVl). > ’ » • " ' 1 408 - En face à' Arles est une petite île, Melus (Ij. La Sardaigne a la forme d’’une semelle longue et étroite, dirigée de l’O à TE ; sur le bord septentrional sont échelonnées quatre tours sans nom ; on y lit : « Sahdinia, grece Sandaliotis dicta a similitudine pedis Luraani, ab oriente patet CXXXVIII millia pass. ab occidente CLXXXV mil- lia a meridie LXXVII millia a sep- tentrione CXX millia (2). » La Sardaigne, nommée en grec Sandaliotis, à cause de sa ressem- blance avec la plante du pied de l’homme, a 138,000 pas du côté de l’orient; 183,000 du côté de l’occi- dent, 77,000 du côté du midi, I 120,000 du côté du septentrion. Entre la Sardaigne et l’Afrique sont rangées onze petites îles oblongues, dirigées de TO. à l’E. ; Ca- ni (3), Nilaca (4), Hilta (5), Colubraria (6), Fica- (1) Cette île est la Metina de Pline, placée à l’embouchure du Rhône (liv. III-c. 3). (2) Cette légende n’est pas toute tirée de Solin. Une partie est em- pruntée à cet auteur ; l’autre relative aux mesures, reproduit Pline (111 - c. 7), avec des différences. Voici les mesures du naturaliste : « Sar- dinia ab oriente patens, CLXXXVIII. M. pass.; ab occidente, CLXX. M. ; a meridie, LXXIV. M.; a septentrione, CXXV. » Il donne à cette île 562 milles de circuit. Au sujet de l’étymologie du nom de l’île, il cite le Timée, où elle est nommée Sandaliotis, c’est-à-dire ressemblant à une sandale, espèce de chaussure des anciens, qui n’était qu’une simple semelle at- tachée sous le pied au moyen de courroies : il ajoute que Myrsile l’ap- pelait ichnusa, parce qu’elle ressemblait à la trace que laisse sur le sa- ble le pied d’un homme. Voyez aussi la description de Slrabon, liv. V. Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’étendue de l’île, c’est ce que nous prouvent les chiffres de Pline, Strabcn, Pausanias, Orose, parmi les anciens, et ceux de Mercator, Cluvier et autres parmi les modernes. (3) Nous ne connaissons pas d’üede ce nom. (4) Nom estropié auquel il nous est impossible de trouver un cor- respondant. (3) mita, Ortelius trouve Ililicnsis plehs en Afrique, près de Carthage. (6) colnhrarin. C’est l’ile (jiie les Grecs appelaient Cphymn. L’opi- ria (1), Edissa (2), Planasia (3), Desipea (4), Stipa insida (5), Eta Pomponiana (6) et Stopcemes (7). Plus à l’est et presque en face de Russicada est une île sans nom (8). Ensuite viennent Galata (9), Slri- podes (10), Fencusa (11), Fescia insula? Sicaria nion des savants est partagée sur la question de savoir si l’île ainsi ap- pelée par les anciens est celle qu’on nomme Dragonera à l’occident de Minorque, ou bien mont Colobrer-Fromentera. (Voyez Florinne Morales, Cf. Cortès y Lopez, t. IL, p. 84. ) (1) Ficarîa. Ptolémée et Pline la placent près de la Sardaigne (111 c. 7) ; Cluvier pense que celte île est celle qu’on appelle aujourd’hui Colie- laso. Leandro prétend que c’est Serpentaria. (2) Nous ne connaissons que Y Edissa portas, et nous ne trouvons pas ce nom appliqué dans la géographie ancienne à une île voisine de la Sicile. (3) Planasia : Pline ( III - c. 6 ) dit que cette île s’appelait ainsi à cause de sa figure platie, car elle est de niveau avec la mer, ce qui, dit-il, y rend les naufrages très-fréquents. Cette île est aujourd’hui Pianosa, selon le père Hardouin. (4) Nom tout à fait corrompu , c’est peut-être Leucothea, aujourd’hui Licoso. (5) C’est la Stipa insula contra Corsicam , d’Ortelius. (6) Pomponiana une des’Stœchades, îles de la Gaule narbonnaise, au- jourd’hui les îles d’Hyères. Selon Ortelius et Hardouin, ce nom vient du grec Stoikhos, bouquet d’arbres rangés dans un certain ordre symé- trique. Pline dit (III, c. 5) que ces îles ont été nommées ainsi par leurs voisins les Marseillais, pour désigner l’ordre de leur situation respective (Voyez, sur ces îles, les notes de Poinsinet de Sivry, dans la traduction de Pline, t. Il, p. 126). (7) Stopcemes, peut-être le nom général des îles que nous venons de nommer dans la note précédente. (8) Nous ne trouvons pas d’île en face de Russicada dans les cartes anciennes. (9) Galata ou Calathe de Mêla (II, c. 7). (10) Ce nom tellement altéré que nous ne savons ce que le carto- graphe a voulu indiquer, serait-iî celui de l’île de Stromboli? (11) C’est la de Solin (VI). — 410 — et Terasia (i); toutes ces îles sont placées à l’O. de la Sicile. Presque eu face des bouches du Rhône est une île, le long de laquelle sont rangés, à l’est, cinq pe- tits îlots. Sur cette île principale ou lit Eove (Æoliae) insulee novem sunt, Liparii (2), les îles (Eoliennes) de Lipari sont au nombre de neuf. Près de là le carto- graphe figure une sorte de labyrinthe, sans doute pour représenter le redoutable gouffre de Charybde, dont le nom Caribdis (3) se lit à côté. Cet écueil est séparé de Scylla par une île placée en face de 1 embouchure du Tibre, Insula Didimee, qui est là très déplacée (4). Le célèbre écueil de Scylla {Sijilla) est représenté par une tête de monstre, et en avant est un serpent. La Sicile est exactement conforme à la description de Solin, qui dit qu’un des caractères les plus remar- (1) Peut-être Terapse. Voyez Etienne de Byzance, 649. (2) Solin (c. VI) dit , en parlant des îles Vulcaniennes : « elles sont à 2o milles de l’Italie , leur sol igné communique avec les feux sou- terrains de l’Etna; ce séjour est regardé comme celui du dieu du feu. Elles sont au nombre de sept : l’uue d’elles doit le nom de Lipara à Lipa- ris, qui la gouverna , etc. » Elles se nomment aujourd’hui : Lipari, Slromboli, Panarin, Volcano, Satina, Filicudi et Alicudi. Elles sont vol- caniques. (3) Voyez l’idée que les anciens se faisaient de ce gouffre, dans une lettre de Sénèque (Epist. XIX), Cf. Florus ( liv. II, c. 2 et liv. III c. 19 ) , Pline ( 111 . c. 8. ) et Mêla ( liv. Il, c VU ). (4) Solin fait mention de cette ile parmi les Vulcaniennes (VI) ; il l’ap- pelle üidijmen. quables de cette île est la forme triangulaire que lui donnent ses promontoires ; mais c’est la Sicile des anciens que le cartographe du XÏV^ siècle a repré- sentée, comme nous allons le reconnaître, à la no- menclature géographique qu’elle contient. Au centre est une légende qui indique les distances des pro- montoires de nie entre eux. « A Peloro (1) ia Paihnum (2) (sic) CLXVI istud ad Lilibeum (3) CC inde ad Pelorum CXLÏII. >. Du promontoire de Pélore à ce- lui de Pachynum, 166 milles ; de Pachynum à Lilybée, 200 milles ; de Lilybée à Pélore, 143 milles. Du côté de l’Afrique, le promontoire Lilybée (4), figuré par une montagne, est nommé Mons Libeum. Plus à l’E. est Hibea (5). Ensuite le nom altéré du promontoire Pachynum se reconnaît dans le mons Pathnum; de là nous ne trouvons que Siracusa et Canna (6), du côté de Tltalie jusqu’au promontoire Pelorum^ qui se reconnaît dans le mons Pelorus (7). Mesana [Messine), et Palerma, placée à l’O., rem- (1) Le Pélore est tourné vers le couchant du côté de l'Italie ( So- lin (V). (2) Le Pachynum regarde le Péloponèse et le midi (Ibid). (3) Le Lilybée s’avance vers l’Afrique (Ibid.). (4) Ptolémée, Diodore de Sicile, Solin et plusieurs autres auteurs, anciens donnent ce nom au promontoire appelé aujourd’hui capo Boei. (5) Uyhla, dont les abeilles ont illustré le nom. (6) Canna ne peut être que Catana, encore aujourd’hui Caiane. (7) Ce promontoire est appelé aujourd’hui Capo de la Torre. plissent l’intervalle jusqu’à une autre ville, Libiai^i), voisine du promontoire Lilybée. Dans l’intérieur, Agrigene (Agrigente) (2) est seule indiquée ; XElna occupe le centre de l’île. C’est une montagne fort élevée, des flancs de laquelle s’échappent des flam- mes ; un fleuve (3) y prend sa source et se jette dans la Méditerranée entre Syracuse et Calane. La configuration hydrographique de la Méditerra- née étant très-rétrécie, l’espace de mer Ldssé entre la Sicile et V Afrique ne forme qu’un canal extrêmement étroit, qui renferme les îles suivantes: Esisua (4), Hiera (5), et Stoiigile {6) [presque en face de Carthage. Plus loin, versl’E. et en face à'Adrumele, sont Tap- sus insula (7) et Marinia (8). L’île de Crète avec son labyrinthe occupe un vaste espace ; mais le car- tographe ne l’a pas placée h l’endroit désigné par (1) Lybia,\\t-à\x\.\iv& Lihjbea. Solin dit que le promontoire Lilybée est renommé par la ville de Lilybée et par Je tombeau de la Sibylle. Lilybée est aujourd’hui Marsalla. {'î) Voyez ce que dit Solin sur Agrigente ( c. V ). (3) Ce fleuve est VAcis. « Bien qu’il sorte de l’EUia, dit Solin , nul fleuve ne le surpasse en fraîcheur. » Ibid. (A) Il faut lire, selon nous, En'cusa (Voyez Solin VI). (3) Ilierü , l’île sacrée de Pline, près de la Sicile, Solin la mentionne aussi en parlant des îles Vulcaniennes (VI). (6) Strongyle, aujourd’hui Sirongoli. (7) Tapsiis. Thucydide donne ce nom à une péninsule de la Sicile. A moins que ce ne soit l'ilede eharos, défigurée et déplacée. (8) Nous ne connaissons pas d’ile de ce nom. — 413 — Solin. Il n’y indique que deux villes principales, Gortyne, qu’il écrit Gortima[\), et Cydonée, qu’il nomme Cidona (2). Au centre est le mons Yda, la fameuse montagne du haut de laquelle on voit, dit Solin, le soleil avant qu’il se lève (3). Sur la partie orientale de l’île on lit : « Creta insula habet in long. i L’île de Crète a 270 milles de CCLXX, in lat. L (4). • ( long sur 50 milles de large. Près d’un édifice on lit encore : In -rima? (5) Le labyrinthe occupe toute la partie occidentale ; au-dessus est la légende suivante : « Laborintus (sic) id est domus 1 Le labyrinthe, c’est-à dire la Dedali (6). | maison de Dédale. (1) Solin la classe parmi les villes grandes et magnifiques (XI). (2) Le même géographe mentionne cette ville comme l’une des prin- cipales de la Crète. (5) Solin, parlant du Mont Ida, dit : « L’Ida, qui voit le soleil avant qu’il soit levé. » Varron, dans son ouvrage sur les côtes de la mer, dit que, de%on temps encore, on allait visiter le tombeau de Jupiter ( Sol. XI).» Lucrèce (liv. V. vers 662) parle de ce phénomène. Diodore de Sicile (liv. XVII) dit : « Vers le lever de la canicule, lorsqu’elle se montre d’abord au sommet du 7nont Ida, où l’air est aussi pur que tran- quille, n’étant jamais troublé par les vents, on voit le soleil dans la nuit, déployant ses rayons, non en forme de globe, mais étendus de di- vers côtés, jusqu’à l’horizon. » Lechevalier, Voyage dans la Troade, tom. II, p. 187, a observé les mêmes effets. (4) Scylax (in Peripl. dans les petits géographes, t. II), donne à cette île une longueur de 2,500 stades, et une largeur de 400. Voyez Pline, IV, c. 12. (5) Nous ne pouvons deviner ce que le cartographe a voulu indiquer. (6) Le cartographe fait allusion à Dédale, qui construisit le laby- rinthe. Voyez, pour les détails, Diodore de Sicile’ liv. I et IV. Cf. — 414 Entre la Crète et l’Afrique sont les îles suivantes: Menix (1), Insula Diomedis (l’île de Diomède) (2); Melos insula (3); puis vers l’E., Calippso (4), Mena insula (5); sur cette dernière, qui est en face des Syrtes, on lit : « Mena insula a liberto in ea se- j L’île de Ména du nom de l’af- pulio. i franchi qui y fut inhumé. En face A' Alexandrie est une île sur laquelle on lit: « Canopus insula ditissima omni generis mercium replens orbem terrarum (6). Canope, île très riche, qui rem- plit l’univers de toutes sortes de marchandises. Pline, li\. XXXVI, c. 13, et, parmi les auteurs modernes, Belon {Ob- servations, liv. I), Tournefort ( Voyag. t. 1, p. 63), et Barthélémy (Voyage d’Anacharsis, t. VI, p. 5o7 ). (1) Menix, c’est-à-dire Meninx, aulrement Lotophagitis. Solin dit que celle île servit de retraite à C. Marius. (2) Voyez, sur cette île, Pline III. c. 26; cf. Mêla II, c. 7. (3) Melos, Voir Pline, IV, c, 23; XXXI, c. 10; XXXV, c. 19. Solin dit que Callimaque appelait cette île Mémallide, qu’elle est la plus ronde de toutes les îles et regarde YEolie (Sol- XII). (4) Voyez Pline, t. I, p. 165. (3) Ptolémée signale deux îles de ce nom. (6) Solin (XXXII) dit que Canope, pilote de Ménélas, est enseveli dans une île formée par le fleuve (le Nil) en cet endroit. Pomponius Mêla (11. c. 7) dit aussi que ce pilote donna son nom à l’île, qui le transmit elle-même à la bouche du fleuve. Je lis dans Savary {Lettres sur V Egypte, i. I, lettre 3), au sujet de la branche canopique : «La branche canopique part de Faoüé, traverse le lac de Béhiré, qui a 7 lieues de tour et se jette dans la mer, près A' Aboukir. Cette bourgade est l’ancienne Canope. Sa distance de 6 lieues du Phare, sa position sur le bord de la mer, s’accordent parfaitement avec la description que les anciens nous ont donnée de Canope. Pline, qui avait recueilli des té- moignages de l’antiquité, dit qu’autrefois c’était une île. L’aspect des 415 — Presque en face du phare d’ Alexandrie est Tac- tara insula? (I). Dans la mer de Syrie, sur une autre île on lit : « Carpatus insula unde à mare | L’île Carpathe a donné son nom Carpatum dicitur (2). • I à la mer Carpathienne. Ensuite viennent Neutoma (3) ; plus au nord, Naxon (Naxos) (4), et, non loin de la Crète, Caria mense (5). Nous avons terminé l’examen des îles placées près de la côte septentrionale de l’Afrique, parcourons maintenant celles du littoral de l’Europe. Au nord^e la Crète, île qui est placée en face de V Italie, on remarque deux poissons, indiquant peut- être que ces parages étaient très - renommés par lieux le fait croire. Les terres sont si basses aux environs, que la mer en couvrait encore une partie au temps de Strabon » Scylax, Etienne de Bysance et Eustathe la citent aussi comme une île. Quoique du temps de notre cartographe, c’est-à-dire à la fin du xiip siècle, cet endroit fût uni depuis des siècles au continent , il n’en suit pas moins fidèlement les géographes anciens, et le représente comme une île. (1) Nom porté à tort sur l’île de Pharos. (2) Solin dit : ... Carpathus a qua Carpathium sinum dicimus. Cette île s’appelle aujourd’hui Scarpanto, elle est située à mi-canal de Rhodes et de Crète. (3) Peut-être Mycona. (4) Naxos. Solin dit qu’elle s’appelait d’abord Diomjsie, soit parce que Bacchus y reçut l’hospitalité, soit parce qu’elle est plus fertile en vignes que les autres îles. ( Sol. XII ). (5) Peut-être Icaros et Samos. leurs pêcheries. Ou lit, en effet, sur la queue d’un de ces animaux, le nom de Miles maris, qui paraît signaler cette grande abondance, La mer qu’ils oc- cupent est nommée Mare Leonem (1). A l’E. est Caria insula (2), et sur une autre île, on lit : « Seopulus ad imdin ( similitu- I Rocher qui a la forme d’un na- dinem ) navis. I vire. En face de la Marée est Zazintus (3) ; à l’entrée de V Adriatique est Cassiopia (4) et ensuite Ceplia- lenta (5) ; plus avant, dans le golfe, on voit une autre petite île nommée Cezilie, et Ton arrive à V ene- cia (Venise), que nous avons déjà vue. • En dehors de la mer Adriatique sont les Cyclades, représentées par une île vaste, entourée de petits îlots disposés comme des points autour d’un grand cercle, afin de reproduire graphiquement la descrip- tion de Solin, qui dit que les Cyclades ont été ainsi nommées parce que, tout en étant assez éloignées de Délos, elles forment autour de cette île un cercle (1) Il n’est guère probable quele Miles maris dvi cartographe soit le Milvayo de Pline. Quant aux mots Mare Leonem, faut-il y voir l’altéra- tin de Mare lonium ? (2) Caria insula, peut-être Calaurie, où périt Démosthènes. (3) Zacynthe, aujourd’hui Zante. (4) C’est-à-dire Corcyre (Corfou), renfermant la ville de Cassiope. (3) Céphallénie, aujourd’hui Képhaloniq. — 417 — (en grec xuxXo;). Dans rintérieur du cercle, qui re- présente la plus considérable, on lit ; « Insula in medio Cicladum si- tus. Sunt autem Ciclades LUI. A septentrione in meridiem DCC. ab oriente in occasum CC miliaria habent, » Ile située au milieu des Cycla- des. Les Cyclades sont au nombre de cinquante-trois, occupant un espace de sept cents milles du nord au midi, et de deux cents du levant au couchant. A l’E. des Cyclades est Heon (ou Heou) insula (1); sur une autre île, voisine de la Morée, on lit : « Euboga (sic) insula Helade I L’île d’Eubée, près de l'Hellade. proxima (2). » 1 Le cartographe a séparé cette île du continent de la Béotie par un très petit espace de mer, pai'ce qu’il a lu dans Solin que Ton peut douter par là même si elle doit être comptée au nombre des îles. Au nord de celle-ci est Lesbos (3) , et à TE. une grande île carrée. « Ronosinsulafennicum (Pheni - 1 L’île de Rhodes des Phéniciens cium? ) columpna ditissima. » | colonne très-riche. On remarque, au centre de l’île, une colonne (4). (1) Peut-être Ceos. (2) Eubœa ; Ptolémée, Strabon , Pline et d’autres parlent de cette lie de la Mer Égée ; c’est aujourd’hui Négrepont. (3) Sur cette île, voyez Strabon, Cf. Diodore de Sicile (liv. V, c. 80 et Mêla (liv. II. c. 7) ; elle se nomme aujourd’hui Mételin. (4) La colonne dont il est question dans le texte n’est pas le trophée d’Artéraise ni le monument élevé par les Rhodiensen l’honneur de Pto- lémée So(er ou Sauveur, Le cartographe n’ayant pas fait la moindre Il 27 — 418 — Au Doi-d de cette île est Chypre. Le cartographe la représente carrée et la nomme Cipriis ; il n y signale que deux villes, Paplim (Paphos) (1) et Salamis Au centre, on lit : « Ciprus insula in longitudine j L’tle de Chypre a 171 milles de CLXXImilliariuminlatitudineCXX | long et 120 de large, railiari. ■ Dans le golfe méridional formé par l’Asie-Mineure sont placées Tenedos (3) et Micaria (4). A l’entrée de l’Hellespont est Lemnos (Lempnos); à cette île est accolé un animal sur le dos duquel on lit Egea. Au nord est une autre île sans nom, puis le mot Hellesponlus. Dans cette mer est placée l’île de Chio (Choos), puis, entre Heraclea Pontica et Cardia, Rostax Tanusl (5). En face des bouches du mention de la possession de cette île, par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui la prirent en 1509 sur les Sarrasins , il nous sem- ble que cela indique que la carte a été dressée avant cette époque. (1) Paphos était une des villes les plus célèbres de l’île de Chypre dans l’antiquité. (2) salamis ayant été ruinée par un tremblement de terre, fut rebâ- tie sous le nom de Constantia, vers le IV^ siècle. C’est aujourd’hui Porto-Constanza, près de Famagouste. Le cartographe n’a pas jugé à propos de donner à cette vüle le nom qu’elle portait au XllP siècle, il a emprunté celui des auteurs de l’antiquité. (3) Cette île est très petite et située sur la côte de l’Anatolie, à l’en- trée des Dardanelles. (4) .Nous ne connaissons pas d’île de ce nom. (5) Les mots Eostax Tanus nous semblent entièrement corrompus. Faut-il y voir une inintelligente reproduction de Bosphorus rhraciusl Danube, une autre île porte le iioin de Tanospatos (^ 1 ). Dans le Ponl-Èuxin sont Thasos (2), Pathmos (3) et Achillea (4); mais il est à remarquer que la Mer- Noire porte trois noms, Propontidis Mare, près de rembouchure du Méotis; beaucoup plus à l’orient, Cimerium mare (5), puis, en face du fleuve Hellas (l’Halys), Euxinum Mare (6). Plus à l’est, une île porte le nom de Carambis (7), et une autre, à l’ex- tiemite, près de la Colchide , celui de Penayor- gea ? Comme cette inscription désigne le détroit resserré en avant de Con- stantinople, nous pencherions à le croire, car elle occupe non pas une lie, mais un cartouche. (1) Ce nom est tellement estropié, que nous ne pouvons pas le re- connaître. Dans la rdble théodosîenne nous trouvons Cano (ruines dans la Plaine) et Patamo sur la côte. Il serait donc possible que le carto- graphe, confondant les deux endroits, en ait fait un seul et l’ait con- verti en une île. (2) Thasos, aujourd’hui Taso. (3) Sur cette île, voyez plus haut, p. 271. (4) Nous pensons que c’est d'Achüleum, dans le Bosphore, qu’il s’agit. Solin y place Yîle d'Achille avec un temple. C’est d’après ce géo- graphe que l’auteur de la carte l’a figurée. (5) La mer Cimmérienne ou Bosporus Cimmeriiis faisait communiquer le Palus Meotis (la mer d’Azow ) avec le Pont-Euxin ( la Mer Noire). (6) La Mer Noire. (7) Le cartographe donne à celte île le nom qui, dans la géographie ancienne était appliqué à un promontoire situé dans la Paphlagonie. * Ea Paphlagonia Carambi proinontorio spectat Tauricam « ( Solin XLV) Voyez sur ce promontoire la carte n° 6 de l’Atlas des itinéraires anciens par M. Lapie. — 420 — Iles de l’Océan placées autour de la carte. En sortant du détroit de Gibraltar et prenant la direction du Nord, nous remarquons Y Angleterre, VÈcosse qVY I rlande, figurées comme les plus grandes îles du globe. Nous commencerons par décrire la première. Sur l’Angleterre, on lit, en gros caractères, anglia (Angleterre) Britania Insula (Ile Britannique.) Le premier nom qu’on remarque au Sud, est Cornu- bia (Cornouailles) (1), puis viennent Exceslria (Exe- ter) (2), et fluvius Tamas (3) ; cette région est tra- versée par lin fleuve sur lequel on remarque deux YiWes, Gleston (Glastonbury), àl’O. et Ladan (4), àl’E. En remontant vers le Nord, le long du canal étroit "qui représente la Manche et la mer du Nord, nous rencontrons successivement TVintonia (5) près du fleuve (l’Itchen) (6); Cantuaria (7) ; le fleuve Do- (1) Cornubia, province de l’Angleterre au S. et à l’O. (2) Cette ville est la capitale du comté de Dewn. (3) Ce fleuve est situé dans la partie méridionale de l’Angleterre. 11 se jette dans la Manche Plymouth. C’est le Tamer actuel. (4) Gough a lu Caudan, tandis que dans notre copie nous lisons Ladan. Cet auteur pense que d’après la position que le nom occupe, elle doit correspondre à Sarton ou Sarum. (5) Lecture de Gougb, selon nous Wintona. (6) Selon Gough. (7) Cantorbéry. 42 i — (>ur ( 1 ); Tenetos (Thanet), entouré par le Sture (2); sur le fluvius Meday (3), Roffecestria (Roches - ter) (4); la Tamise (Tamise) (5), et sur ses bords Londonia (Londres), flanqué de tours; enfin Cole- cesiria (6), placé sur les bords du fluvius Colne (7). Sur une île, au milieu d’un second fluv. Eue, est une tour que Gough appelle Ely (8) ; près de la source de la rivière est Norlhampton (9); ensuite vient Lincoln, figurée par un château et deux tours, repré- sentant peut-être la fameuse cathédrale de cette ville; cette ville est placée sur une hauteur, au bord d’un fleuve nommé Ibid (sans doute f/sw). Le nom de Lindeseya, qui est au-dessus, est inscrit comme une désignation de province, au S. d’une vaste em- bouchure ayant issue sur le canal de la Manche ; cette embouchure est VHumber (10). Elle reçoit le (1) D’Anville l’appelle Dobuni , près des sources de la Tamise. (2) Voyez sur cette île, plus haut, p. 126 ; c’est aujourd’hui Sandwich. (3) C’est la rivière Medwaij, qui se joint à la Tamise. (4) D’Anville dit que Durobrivis a pris le nom de Rochester. (5) Gough a lu Tamse, mais le nom se trouve très-bien écrit dans notre carte. (6) Colchester dans le comté à'Essex. (7) C’est le petit fleuve de ce nom dans le comté d’Æsse^ ; il passe à Colchester et se jette dans la Mer du Nord. (8) Ehj est située sur [’Ouse. (9) Norihniiipton fut le siège du gouvernement sous le roi Jean, et sous Édouard (tO) h'Humber (l’ancien Abus) est un grand fleuve entre les comtés _v": — 422 — Fluvius Don (le Dim) (l ), qui coule de l’E. à l’O. ; le Fluvius Trenta (2) (la Trent ), qui coule du S. -O. au N., et rOuse (fluvius Usa), qui coule du N. au S. Sur la Trent est Snolinghom (3), et sur V Ouse , Eborac (4) (York), représenté par une cathédrale. A la naissance de la dernière rivière est aussi Kircham, c’est-à-dire Kirkham, abbaye située près du fleuve Dérivent (5), et sur la côte sc trouve Bevlai (Beyer- ley (6), Plus au N. on renconire la désignation pro- vinciale Northumbina (7), le fleuve Tir (Tyne) (8) et Castnove (c’est-à-dire New-Castle) ; à l’O. de cette ville est Carlua (Carlisle). En l’evenant sur nos pas, dans la direction du Sud, le long de la frontière du pays de Galles, nous trouvons Dur eus, placée sur une montagne -, Cestria sur la rivière De (9) ; le Mons à'York et de Lincoln ; il se jette dans la mer du Nord. Ptolémée en fait mention. Le cartographe lui donne le nom qu’on rencontre dans Beda, qui l’écrit Vumber. (1) Selon Gough. (2) Ce fleuve a ses sources dans les montagnes de Stafford ; il devient navigable à Nottingham et forme ensuite VHnmber. (3) Il fâutUre Nottingham. (4) Eboracum. Les empereurs romains Sévère et Constance Chlore y résidèrent pendant leur séjour en Angleterre. (5) La Dcrwent passe à Derbrj et tombe dans la Trent, au-dessous de cette ville. (6) Cette ville est située sur le Hull. (7) C’est le Northumberland. (8j Ce fleuve se jette dans la mer du Nord (9) Cestria ; c’est Chester, sur la Dee. 423 Clevey c’est-à-dire Clee-hill, dans le Shropshire^ re- présenté de forme conique ; à la naissance de la Sa- verne, mais sur la rive galloise, Schereshiry (Shrews- bury) ; plus bas, sur la rive anglaise, JVorcester\ Glea- rum (Glocester) (1) et enfin un lieu nommé Fape, placé sur VAvon (fl. Ave). Dans la partie occidentale de l’Angleterre, comprise entre le Canal de Saint- Georges et la ligne formée par la Saverne, Cleehül et la Dee, se trouvent le fleuve Wye (2), qui se jette dans la Saverne (Saverna fl.); Hare (Hereford) (3), entre la Wye et la Saverne, et la désignation TVallia (pays de Galles), placée au-dessus d’une longue chaîne de montagnes dont la base s’appuie sur le Canal. La partie septentrionale du pays gallois est occupée par le Snavedon (Snowdon), montagne monstrueuse, au pied de laquelle est un édifice sans nom, dans lequel Gough voit Caernarvon; un peu plus au S. est, selon cet auteur, Cunwey sur le fleuve S. Davi; mais le nom du fleuve et de la ville manque dans la copie que nous avons sous les yeux. Le seul endroit dans le pays de Galles, qui ne porte pas de nom, est, un peu au nord de Schrewsbury, au-dessous de la base (1) Selon Gough. (2) Celle rivière passe à Hereford, près de Monmouth el se jelle dans la Saverne. (5) Dans notre copie, nous lisons Hford. \ 424 du Cleeliill, c’est-à-dire à peu près au centre de la contrée. L’Ecosse est séparée de V Angleterre parla Tweed, à l’embouchure de laquelle est Berwic, représentée par une grande tour. Au N. de celle-ci sont S. An- dreivs; Civitas S. Joh, (c’est-à-dire la ville de Saint- Jean ou Pertii) et Aberdeen. L’extrémité septen- trionale de ce royaume est occupée par des mon- tagnes près desquelles Gough mentionne Mirrep, qu’il croit correspondre à Murray ; mais ce nom ne se trouve pas dans la copie de Paris. Edimbourg est rejeté près de la côte ouest, et le nom de Loupian (c’est-à-dire Lothian) est appliqué à une tour dessi- née au nord de Rokesburg (Roxburgh). Cette dernière ville se trouve placée sur le rivage occidental et domine une grande étendue de mer représentant le golfe de Solway ; au milieu de cette mer est Insula Man (l’île de Man), et à l’O. une autre île plus grande, sur laquelle nous lisons Insula Amum (1) (peut-être l’île d’^rran). Au N., on remarque sur la mer une tête de monstre et au-dessus le mot Syilla^: Gough pense que ce mot est une corruption de Scylla, dérivé du mot anglais Swell, spelzan, qui dévore, qui absorbe. Une tête à peu près semblable et por- (1) Gough lit Insula arietum ; il croit que c’est l’ile de Bamsey, dé- placée. — 425 — tmit le même nom, est dessinée vers la pointe méri- dionale de rirlande et la côte de la Galice, dans l’endroit qui correspond à l’entrée du redoutable golfe de Gascogne. Au centre de TEcosse est inscrit le mot Scocia. A l’ouest de Y Angleterre, Y Irlande se prolonge à peu près parallèlement. Dans la partie nord de Tîle sont des montagnes, l’indication Ulvesl ( 1 ) et Civitas Divelin (Dublin), selon Gough. A l’O. est une autre ville, mais sans nom. Gough a lu dans la carte originale Civitas Bencur (Bangor). Le fleuve Bande (la Boyne) ne porte pas de nom dans notre copie ; il sépare i’île en deux parties inégales. Au S. sont placées Arbmaca civitas paii (2), et Kil- dara civitas Brigidæ (3). Tout à fait au sud de l’île est un fleuve qui porte le nom de fluv. Schene (4) (Shannon), et sur les deux rives duquel sont placées les dénominations anciennes Welabri et Luceni, qui désignent les habitants des comtés de Desmond et de (1) ülster, ou Ustonie, est une province dans la partie nord de l’Irlande. (2) Gough a lu Armacha civitas S. Patrici ; du reste il est facile d’y reconnaître Armagh . (5) Dans notre carte nous lisons Celdara civitas sancle Brigitte, c’est- à-dire Kildare, la ville de Sainte-Brigitte. (4) Gough signale ce fleuve comme étant la Sacana d’Aethicus. « Ab eo præcipue promontorio, ubi Scenœ fluminis ostium est, et Vdabri Lu- cenique consistunt ». Orose I, c. 3, cité par le même auteur. Kerr; ces peuples sont uoimiiés dans Plolérnée, Æthicus et Oi*ose. Près de la pointe méridionale de V Irlande, on remarque une île qui, dans notre carte, porte le nom de Vinenciiim, ce qu’on doit lire Viven- lium (l). Dans la Manche est une île que le carto- graphe appelle Vecta : c’est Fîle de Wight (2). Au nord-est de l’Ecosse, sur une grande île cir- culaire, entourée d’îlots de la même forme, on lit : « Orcades insulæ XXXI III, » | Les îles Orcades sont au nombre ! de trente quatre. Au-delà de ces îles est Ultima Tile, la fameuse Thulé ou Tyle, dont nous avons souvent parlé dans cet ouvrage, et au S. de laquelle se voient deux petites îles, Yslande (l’Islande) et Farde (3). Après ces îles situées sur la Mer du Nord, nous n’en rencontrons plus d’autres que dans FOcéan Scythique ou Mer Glaciale. Là, en face des Monts Ripliées, on lit sur une grande île : « Demeorata insula qua inhabi- tanti Turchi de stirpe Gog et Ma- gog gens barbari et iramunda in- L’ile de Demeorata, habitée par les Turcs de la race de Gog et de Magog, nation barbare et impure (1) Gougli cite, au sujet de ce nom, M. Pegge, selon lequel cette lie est Cuenche ou Evcnche, située près de la côte de Cornomiltfs, et le mot riventium, Evenche latinisé. (2) Notre copie porte llcccla. (3) Peut-être les lies Faroè. venerunt carnes et ab orcina manducanles (1). Sur une autre île, à l’est, ou lit : « Insula mirabilis quani Alexan- der non nisi per preces et obsides . . . itnit (2). » A. Test, est Apopar insula? (3) et une autre île dont la légende en partie effacée ne permet de lire que ce qui suit : « QuiM insula habi- tant nauticam industriam exer- cent (4). » Ceux qui habitent l’île de. . . . . . . . sont adonnés à l’industrie maritime. Près de l’entrée du golfe qui représente la Mer Caspienne est une île qui porte la légende suivante: « Taphaeica insula silva Copiam ars habitancium in Cains- butendisl Urbibus est. Armorum habet copiam (5). » L’île de Taphaeica. Le grand art des habitants est de détruire les cités. Elle renferme de grandes forces militaires. A l’entrée de ce même golfe sont deux autres petites îles, Biles et Crüelidal Plus loin, à l’est, sur rOcéan Sérique, est l’île à’Abalcie, dont Solin parle, f ■N’ , (1) Voirt. Ie^p. 40, m, 113, 154, 237, 340,345, 354, 406 et 407. Voyez aussi dans les additions, à la fin de ce volume. (2) Nous renvoyons le lecteur aux notes qui acompagnent l’analyse de la Mappemonde de Ranulphus Hydgen. (3) Voyez les mêmes notes. (4) Ibid. (5) Le cartographe nous semble avoir déplacé d’une manière étrange ces différents noms qui doivent être en partie, nous le croyons, resti- tués à la Chersonese Taurique. D’abord Taphrarica insula, parait être Ta- phros ou bien Taphrœ ; l’île qu’il appelle n’est-elle pas le marécage formé par le Palus Meotide? en^m Crisetida serait peut-être Carcine. d’après l’auiorilé de Xéiiophoii de Lampsaque. On y lit: ■ Albatia insula est imensa ad quam triduo navigatur a littore Scitharis (sic). Laie d’Abalcie est immense; il faut trois jours de navigation pour y arriver du rivage de la Scythie. A l’est est l’île des Phaiinésiens, dont les oreilles sont tellement longues qu’elles leur eouvrent tout le corps. Le cartographe, reproduisant graphiquement cette fable, rapportée par Solin (1) et par d’autres auteurs anciens, a figuré un Phannésien, au-dessus duquel on lit : « Phanesii membranis aurium | Les Plianésiens se couvrent des suarum teguntur. » I membranes de leurs oreilles. Ensuite vient Eone insula (l’île dont les habitants vivent d’œufs d’oiseaux marins) (2j. A la suite de ces îles est celle des fabuleux ainsi appe- lés, dit Solin, parce qu’ils ont des pieds absolument semblables à ceux des chevaux (3). Le cartographe a figuré un de ces monstres avec la légende suivante : « Hipopodes equinos pedes ha- 1 Les Hippopodes ont des pieds de bent. * ! cheval. Après cette île, nous n’en rencontrons plus (1) Voyez Solin (XX). (2) Voyez la légende qui est inscrite sur le continent, et que nous avons reproduite à la page r>4ü. Cf. SoUn (XX). (3) Voyez Solin (XX). ' V d’autres que vers Tembouchure du Gange, en face de laquelle se trouve « Tile insula omnibus bonis fe- I L’île de Tile, féconde en biens de cunda. » 1 toutes sortes. Sur cette île est dessinée une montagne que le cartographe nomme Mans Caucasus. De là, fran- chissant tout l’espace au milieu duquel est le Pa- radis, nous arrivons à l’entrée du Golfe Persique, où sont indiquées Crise insula ( l’île d’Or) (1); Ophir (2); Frondisia (3) et Argire (i’île d’argent). Le cartographe a colorié en rouge le golfe Persique ainsi que le golfe Arabique, pour se conformer à la théorie de Solin, qui dit, en parlant de l’Inde : « La mer Rouge pénètre dans ce pays et se pai-tage en deux golfes; l’un, à l’est, est le golfe Persique, l’autre, en face, du côté de l’Arabie, est le golfe Ara- bique. La mer qui baigne ce pays était nommée Aza- niennep 2 iV les anciens. » Dans cette mer, en face des deux golfes que nous venons de nommer, est une grande île, sur laquelle on voit deux dragons et le mot Dracones. A l’extrémité septentrionale est une (1) Voyez, sur cette île, ce que nous avons dit plus haut, p. 189-246. (2) Voyez Mémoire de D’Anville qui a pour titre « Mémoire sur le pays d'Ophir où les flottes de Salomon allaient chercher de l'or. » Mé- moires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, tome XXX, p. 83). Cf. la dissertation publiée récemment par notre illustre con- frère M. Karl Ritter. (3) Nous pensons que c’est l’île d'Aphrodisia. — 430 inoiitagiie d’où sort, un fleuve qui sépare l’île en deux parties et se jette dans l’océan Indien (l). Sur la partie orientale est inscrite la légende suivante : « Tuphana (sic) insula Indie sub- lalens ad euruai ex quo Occeanus Indicus incipit. Habel in aimo duas estâtes et duas bieines et du(bis) floribus vernat sed ullerior pars elephantis et draconibus plena. Habet X civitates (2). » L’île de Taprobane, située au midi des rivages de l’Inde, dans la par- tie où commence l’Océan Indien. Chaque année elle a deux étés et deux hivers et deux fois elle est émaillée de fleurs. Mais la partie la plus éloignée est pleine d’élé- phants et de dragons. Elle ren- ferme dix villes. Près de la côte orientale de PAfrique et non loin de la Mer Rouge, en face du Mons Ardens est une petite île que le cartographe nomme Cipriis (3). En poursuivant le long de la côte de ce continent, au sud, nous arrivons à la grande île de Malicliu (4), sur laquelle on lit : « Malichu insula Ethiopie a Dre- I L’ile éthiopienne de Malichu est à (1) Solin (LIV) décrivant la Taprobane, dit qu’un fleuve traverse cette lie, mais il n’en donne pas le nom ; c’est le fleuve Cidara (voyez Pline VI, c. 22). (2) Le cartographe a complètement estropié le nom de cette île. On doit lire : Taprobana. La légende de la carte n’est tirée ni de Pline, ni de Mêla, ni de Solin. Le nombre des villes diffère de celui qui est si- gnalé dans ces auteurs et dans Ptolémée. Sur cette île célèbre le lec- teur devra consulter le Mémoire de Cassini, intitulé : De nie Tapro- bane, dans les Mémoires de l’Institut, t. VIII, p. 512. (3) Nous ne connaissons pas d’île de ce nom dans l’Océan, chez les géographes anciens. (4) Pline VI. c. 29, en parle aussi. Cette lie, dit Poinsinet de Sivry, est maintenant inconnue. pano proiiiunclorio quindecies cen- tena millia passuum distat. Hinc ad Scenam (Sceneon) insulam CCCCXL millia passuum (1). Inde constat totum litus navigabile, hic essequod ita potuit mensurari (2).^ Après Malicliu vient une île considérable de l’océan Éthiopien ; elle renferme une montagne nom- mée Mons austronotlius, et la légende suivante : « Insula Sirtinice (sic) ubi exti- cus? invenitbestlolas adiversistas aculeis plenas velud strix... (3).» L'île de Sirtinice, dans laquelle AEthicus? trouva de petits ani- maux couverts de petits aiguillons I comme la chauve-souris En face du pays des Blemmyes, on lit, sur une île : < Hic St ne habundant. [ Ici abondent les. Sur nie suivant'» : « Scena insula hinc usque ad Adanum insulam CGC millia pas- suum (4) . » li’ilede Scena (Sceneon) est si- tuée à trois cents milles de l’île d’Adanu. (1) Cette mesure diffère de celle de Solin, LVII. (2) De là, disait-on, la navigation est impossible à cause de l’ardeur du soleil; voyez Solin, LVII. (3) Xénophon de Lampsaque rapporte, nous dit Solin , qu’Hannon trouva dans les îles Gorgones : fœminas aliti pernicitate, atque tam hirto etasperocorpore, ut ad argumentum spectandæ rei duarum eûtes miraculi gratia inter donaria Junonis suspenderit, quæ duraverunt usque in tempora excidii Carthaginiensis. Est-ce la source à laquelle le cartographe a puisé (Solin LVII)? Consultez sur ce sujet l’intéres- sant travail de M. Hermann Kroon, intitulé : Dissertaiio Geographico- Literaria inauguralis qua continetw annotatio in Hanonis Periplum Zutphaniæ. 1840. ( 4 ) C’est l’île Sceneon de Solin (LVII); mais notre cartographe ne f"-. ' Ensuite viennent l’île 0^' Adanu (1), sur laquelle on lit : Adanum msula, et à l’ouest : € Gaulceoa ubi serpentes nec vi- j L’île de Gaulcena où les serpents vunt neque nascuntur (2). » \ ne naissent ni ne peuvent vivre. Cette île est près de VHespéride, île plus petite, donne pas les distances indiquées par le géographe latin. Cette île est maintenant inconnue. — Voyez Poinsinet de Sivry, dans les notes de son édition de Pline , t. 11, p. 840. (1) Pour mieux comprendre la position que le cartographe'donne à ces îles , le lecteur devra se rappeler qu’elles sont toutes placées sur la Mer Méridionale, le long de la côte de l’Afrique qui s’étend de l’Est à l’Ouest, presque en ligne droite, depuis la Mer Indienne jusqu’au dé- troit de Gibraltar ; cette conQguration reproduit fidèlement la théorie systématique de la communication entre la Mer Indienne et l’Atlantique. Juba faisait commencer la Mer Atlantique au promontoire Mossule ou Cap de Guardafui, selon quelques auteurs ; et Solin ne fait qu’adopter sa dénomination, lorsqu’il donne à celte partie de l’océan oriental le nom de Mer Atlantique. Cela laisserait penser qu’il signale en effet ces îles comme situées dans notre Atlantique d’aujourd’hui; mais ce serait tomber dans une grande erreur que de le croire. L’Atlantique de Solin et de Juba n’est point du tout notre Atlantique, et le texte de Pline prouve, selon nous, surabondamment, que ces îles, dont nous venons de faire l’énumération, étaient placées par les anciens et par leurs disciples du moyen âge sur la côte orientale de l’Afrique. Pline, après avoir parlé de l’île d'Adanu, dit que là commence la vaste éten- due de la mer, et il ajoute. <= Tous les autres auteurs ont pensé qu’on « ne saurait pousser plus loin au midi , à cause des ardeurs du soleil (Pline, VI. c. 29).» Ce passage, remarquons-le d’abord, témoigne de l’opinion qui régnait sur rimpossibililé de pénétrer plus avant dans la zone torride; mais ce qui suit fournil à notre assertion , en quelque sorte, une preuve de fait. « Le commerce même, dit Pline, est troublé dans ces parages par les Arabes Ascites, qui sortent des îles en vrais pirates.» Quel raisonnement meilleur que l’autorité de ces passages pour démontrer que le cartographe a terminé son Afrique bien en-deça de l’équateur? (2) Ex parle qua Cercina est, accepimus Gaulon insulam in qua ser- pens neque nascilur, neque vivil invecta, Solin, XXX. 433 — sur laquelle on lit ; Insuie Hespcridum (les îles Hes*- pérides) (1), et au N.-O. de laquelle se trouve « Insula Canaria plena magnis I L’île Canarie, remplie de grands canibus(2). » | chiens. suivie des îles Membriona (3) et Vinaria (peut-être la Nivaria (4). Au N.-O. de la dernière est î’île Ca- praria (5), placée en face du Mons Hesperus; plus loin, nie Theode (6) ; plus au nord, Junonia (7) ; entin, en face de 1 Atlas, les Iles Fortunées, signa- (1) Le cartographe na pas même figuré les lîespérides suivant So- lia (LVII) qui, d’après Sébose, en signale plusieurs. Le lecteur doit consulter sur ce sujet la Dissertation sur les lîespérides, par Guil- laume Massieu, dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, t. III, p 28, et dans l’édit, pet. in-8«, t. IV, Mém 58 (2) C’est la Canaria de Solin qui la cite comme renfermant des chiens magnifiques. Pline dit la même chose (liv. VI, c. XXXîl). (3) Membriona. Ce nom n’a jamais été donné à aucune de ces îles. C’est peut-être Ombrios. (4) Les neiges qui couvrent le sommet du Pic de Ténériffe doivent faire attribuer à cette île en particulier le nom de Nivaria ( D’Anville Géograph. anc., III, p. 117). (5) Capraria, c’est l’île appelée aujourd’hui Gomera. (6) Nous ne connaissons pas d’île de ce nom. Dans les relations des chapelains de Bethencourt, on trouve mentionnées les ruines d’une ville de Telde ; à moins que ce ne soit le nom de Ténériffe estropié, ce que nous sommes portés à croire, puisque, dans cette île on remarque le pic appelé Tajde, qui est volcanique; le cartographe aura écrit Theode ipoav Tegde. Ce nom, selon Viera, Notic. de la Uist. de las islas de Canaria, I, p. 68, signifie Enfer dans la langue guanche. (7) Junonia, correspond aujourd’hui à Palma, selon D’Auville ; à Gra^ dosa, selon Gosselin. H 28 lées toutes par une seule île portant la légende suivante : € Fortunate insulee sex sunt in- I Les îles Fortunées sont au nora- sulæ brandani (1).» 1 bre de six. $ Telle est la carte célèbre conservée à la cathédrale d’Hereford : nous en avons examiné tous les détails, et tout nous porte à penser qu’elle a servi de modèle h celle de Ranulphus Hydgen; cest, du reste, ce dont on peut se convaincre facilement en comparant entre eux ces deux monuments. Tous deux prouve- ront aussi, d’une manière péremptoire, que les géographes les plus instruits de la tin du XIIR siècle et du commencement du XIV®, ne connaissaient ni la forme de V Afrique, ni cette mer des îles de l’Atlantique, ni même la plus grande partie de VAsie^ et qu’à ces divers égards, leurs connaissances n’allaient pas au-delà de celles des géographes de l’antiquité grecque et romaine. (1) Selon Sebosus, elles étaient au nombre de cinq. Voyez la sa- vante Histoire naturelle des îles Canaries, par MM. Webb et Berthelot, (Paris, 1839), où se trouvent les détails les plus curieux sur chacune des îles dont se compose cet archipel. Le cartographe y mêle le nom de Saint-Brandan, pour rappeler la légende. FIN DU TOME DEUXIÈME. TABLE MÉTHODIQUE ET RAISONNÉE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS ET DES MATIÈRES. A Abadam, SSl. Abalcie de Solin, dans la mappemonde d’Hereford, 427; voyez Ile. Abana fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 564 Abarim, voyez Mont. Abasie (U), 270. Abbaye de Saint-AIbans (manuscrit de 1’), 247. ~ Abbaye de Saint- Bénigne, 87. — De Waltham, 257. Abellinum (fluv.), 307. Aberdeen, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 424. Abicusia ou Aricusia. ville déplacée dans la mappemonde de Turin du Xlle siècle, 141. Aboukir, 414. Aboulférta, traduction de M. Reinaud, cité p. 15 . - Sur l'Égypte p. 53; voyez Géographie. ’ Abouighazi, histoire des Tatars, voyez Bentinck. Abraham, p. 44; lieu de sa sépulture, 372. Abus, nom ancien du fleuve Humber, 421 . Abydos, ville signalée dans la mappemonde de Leipsig du Xle siècle 95 • dans la mappemonde d’Hereford, 377 ; en Égypte, dans la même mappemonde, 591. - Notions historiques sur Abydos, 391 Abyla (montagne d’i, aujourd’hui Beni-Masat, 67. Voyez Mont et Mon- — 436 — Abylix, Ceuta, XLII. Abyssinie, 21. Ab-Zal, fleuve, l’ancien bnileus, 350. Académie de Bruxelles (Bulletin de 1’), cité, 213 ; - royale des sciences de Turin, 130. Acaron, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 373. Acco, nom ancien de Ptolémaïs, 373. Acésinès (fleuve), sous le nom d’Acenel fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 331-3S2. Achaia, nom que les Romains donnaient à la Grèce, 218. — Signalée dans la mappemonde de Mathieu Paris du XIII^ siècle, 262. Achaïe, dans la mappemonde d’Alby du VHP siècle, 28 ; dans la map- pemonde de Lambertus de Gand et Paris, 183; dans la map- pemonde de Dijon du XP siècle; dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du Musée Britannique, XIP siè- cle, 112. — Contrées qui correspondent aujourd’hui k l’A- chaïe, 183. Achéron (caverne d’), 379. Acherusia, 378. AcWIlea, figurée dans la ma^ppeiuonde d’Hereford, 419 , nonce sur cetle île, ibid. Achilleum, dans le Bosphore, 419. Acis, fleuve, 412. Acrabim, 370. Actua civitas, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 373. Adaber (ville d’), figurée dans la mappemonde d’Hereford, 403; lé- gende sur cette ville, ibid. Adalberon, abbé de Saint-Bénigne au XP siècle, 87. Adanu, 431; cette île, figurée dans la mappemonde d’Hereford, porte le nom à'Adanwn insula, 432. Aderbizan (!’), 55. Adiabènes; contrée ou peuple de ce nom, 360. Adige, l’ancien Athesis, 310, 311. Adrepola, ville inscrite sur la mappemonde d’Hereford. 311. Adria, ville du royaume de Naples, 311. Adrianopolis, dans la carte d’Hereford, 316. Adriatique, voyez Mer. Adrumetas civitas, indiquée dans la mappemonde d Hereford, ..8a. Adrumète, 386, 387 , 412. Adrumetum, dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 96. — 437 Comment ce nom se trouve écrit dans une inscription lapî* daire, 96. — Place de commerce célèbre, îbid. Ad U lis, voyez Cosmas. Ægyptus, le fleuve d’Homère, XLVII. Æthicus, cité XXXIII, XXXIV, LXXXVII, 71, 75, 76, 208, 209,210, 211, 295, 340, 344, 385, 397, 425, 426; sa cosmographie citée, 163, 204, 205. Passage de cet auteur relatif à la délimitation du globe décrétée par Jules César, 162. Légende sur la mesure de la terre, 290. La configuration de la péninsule hispanique dans la mappemonde de la Cottonienne, du XP siècle, paraît empruntée à cet auteur, 57 , 58; cité par l’auteur de la map- pemonde d’Hereford, 431. A 1er, sa filiation, 105. Africa, dénomination de la géographie romaine employée par l’auteur de la mappemonde d’Alby, du VHP siècle, 30. — Ce mot se trouve inscrit au centre de la Marmarique dans la mappe- monde de Leipsig, du XP siècle, 97. — Inscrit sur la mappe- monde du XIP siècle dans le manuscrit de l’Apocalypse du Musée Britannique, 122. Africain, dans la sphera Iriplicata, manuscrit de Lambertus du XIP siècle, à l’Université de Gand, 211. Afrique, XXIX, XXXIX, LVIl, LXIX, XCII, XCIII, 34, 36, 40, 43, 50, 69, 70, 71, 74, 78, 79, 81, 91, 94, 98, 108, 132, 146, 148, 150, 153, 157, 158, 160, 165, 175, 177, 185, 191, 194, 202, 204, 206, 214, 226, 227, 229, 231. 234, 260, 278,279, 285, 286, 291, 324, 384, 386, 406,408, 411, 414, 430, 432; origine de ce nom, 104; éty- mologie de ce nom selon Gébelin, 105 ; méridionale (cOte de 1’), 392; orientale, 192; occidentale, 110; poissons voyageurs sur cette côte, ibid.-, côte orientale, 12; côte occidentale; îles qu’on y remarque dans la mappemonde de, Turin du XIP siècle, 133; septentrionale, LIV, 191; côte septentrionale, 415; ou- vrage géographique de M. K. Rittcr sur ce continent, 403; golfes de ce continent dans la mappemonde de Cosmas, 16; description de cette partie du globe figurée dans la mappe- monde d’Alby du VHP siècle, 30 ; elle s’y termine en deçà de l’équateur, ibid.\ fleuve qu’on remarque sur ce continent, 29; elle représente le système de Priscien, 30; dans la mappe- monde de la bibliothèque de Roda, du IX'^ s’ècle, 34 ; y figure comme la terre chaude par excellence, ,34; dans la mappe- monde de Strasbourg, se borne à la partie septentrionale, 38; I s *• I I — 438 — c’est encore l'Afrique des anciens, 39; dans la mappemonde du manuscrit de Macrobe du X* siècle, est figurée par une bande à partir de l’occident jusqu’à la mei- Rouge, 42 ; dans la mappe- monde du manuscrit de Salluste de la Laurenciana, du X* siècle, 44 ; description de celte partie du monde dans la mappemonde de la Cottonienne, du X^ siècle, 67 ; comment elle y est figu- rée, 56; elle s’y trouve renfermée en deçà du tropique, 75; dans la mappemonde d’un Vriscien du X' siècle, au Musée Britannique, 80; dans la mappemonde de Saint-Omer, du XI* siècle, 83 ; on n’y lit que le mot Africa, 84 ; dans la map- pemonde de Dijon, du XI* siècle, 88 ; y est séparée de la zone torride par une zone de mer en deçà du tropique, 89; sa figure, 90; dans la mappemonde d’Asaph, du XD siècle, 101; on n’y lit que le mot Africa, ibid.; dans la mappemonde du XD siècle, du manuscrit de la bibliothèque Nationale, n»> 5371; légende qu’on y lit sur celte partie du monde, 104; villes possédées par les descendants de Cham sur ce continent, selon la légende, 105 ; description de ce continent dans la mappe- monde du Xlle siècle, du manuscrit de l’Apocalypse au Musée Britannique, 120 ; elle y est figurée comme un carré terminé au midi par la mer Rouge, ibid.; noms qu’on y lit, 121: îles de la côte occidentale, 126; poissons figurés près de cette côte, 109; description de celle partie de la terre figurée dans la mappemonde de Turin, du XII* siècle, 147; elle s’y termine au sud du Nil, 152; description géographique dans le manu- scrit de Lamberius du XID siècle, 159; sa figure dans la map- pemonde du Lambertus de Gand, du XII* siècle, 174; elle s’y termine en deçà du tropique, ibid.-, description de cette con- trée figurée dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 180 ; légende qu’on y voit, 181 ; description de celte partie de la terre renfermée dans les deux mappemondes du Lam- bertus de Gand et de Paris, du Xll* siècle, (90; l’auteur n’en connaissait pas plus que ses devanciers, ibid.-, elle y porte le nom d'A/frica, 191 ; elle s’y termine par le 24' degré de lati- tude septentrionale, 192; description des peuples qui l’iiabi- laienl d’après la liste des mappemondes de Lambertus de Gand, du XII* siècle, sphera triplicata, 211; description de celle partie du monde dans la mappemonde de Guidonis, du XIP siècle, 225-228; l’Afrique dans Guidonis, 215; elle s’y termine vers le tropique estival ou du cancer, par le 25* degré 439 •de latitude septentrionale, 226-227; ses limites méridionales sont plus bornées que dans Ptolémée, 228; description de celte partie du monde dans la mappemonde du manuscrit de Salluste de Florence, du XH" siècle, 253; indiquée sous le nom d’Africa dans la petite mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du XII' siècle, 233; dans une autre mappemonde d’Isidore de Séville (la 3'), du XII' siècle, à la bibliothèque Nationale, 236; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du Xlle siècle, 23S; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XIF siècle, ren- fermant le système des zônes, 240; dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XllP siècle, 251 ; dans la mappemonde d’un autre manuscrit du même auteur, 252; elle y forme une seule partie avec l’Europe, 235 ; description de cette partie du monde dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII* siècle, 272 ; Afrique déserte mentionnée dans cette carte, 272 ; dans la mappemonde de la bibliothèque de Leipsig, du XIll* siècle, 274-275; dans la mappemonde islandaise du XIII' siècle, sous le nom à' Africa^ 277 ; on ne lit que ce nom sur la map- pemonde du XIII' siècle, dans le manuscrit d’Isidore de Sé ville, n»> 7590, 283; description de cette partie du globe figurée dans la mappemonde d’Hereford, 380 ; n’accuse pas le moindre progrès géographique, 380; comment la côte occidentale y est figurée, ibid.\ elle y est renfermée tout entière en deçà de l’équateur, ibîd.-, légende sur les limites de ce continent, 381; légende sur la distance entre l’Afrique et l’Italie, 386; légende < sur la longueur de cette partie de la terre, 401. Agathodémon; ses cartes, LI. Agathémère, cité 253, 273; sa géographie citée, 39; son opinion sur la partie de la terre habitée, 237 ; passage de cet auteur à ce sujet, ïbid. Agemi, 35. Agénor, roi de Libye, 104. Agrigente signalé dans la mappemonde d’Hereford, sous le nom dt'Agri- gene, 412. Agriophages; légende au sujet de ces peuples dans la mappemonde d’Hereford, 398. Agrippa, empereur, LXXXIII,319. Aigle (1’) ; constellation de ce nom figurée dans le système de Lam- bertus, du XII' siècle, 168, 169. Aiosoluc, nom moderne d’Éphèse, étymologie de ce nom, 377. 440 - Air (le cercle de 1’), XXVI. Aisne (1’), 303. Aix-la-Chapelle, sous le nom A'Aquisgran, dans la mappemonde d’He- reford, 304. Akabet-Assalom ; à quel endroit de l’Afrique ce nom correspond, 234. Alabanda. Voyez Ile. Aladulie (1’), 186, 187. Alains Scythes, mentionnés dans la mappemonde d’Hereford, 323. Alamanos, mentionnés dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle , 206; éclaircissements sur ce peu- ple, îbid. Alanos, mentionnés dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand du XIP siècle, 206. Alanus fluvius, 322. Alaudes, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand du XI P siècle, 211. Albacie; légende inscrite sur cette île dans la mappemonde d’Here- ford, 428. Albaua fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 320. Albanie, 115, 184, 262 ; mentionnée dans la mappemonde d’Albi, du Vlll' siècle, 29; Albanorum regio, dans la mappemonde de la Cottonienne du X* siècle, 62; Albania dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique du XIP siècle, 114. Albanorum regio, 54. Albategni; ses cartes où l’on remarquait l’Aryne, XC Albatel; voyez Cap. Albéric des Trois Fontaines ; sa chronique citée, 140. Albert-le-Grand cité, 71. Albis, l’Elbe, 261. Albumassar; ses caries où l’Aryne se trouvait figurée, XC. Alby; voyez Mappemonde. Albyronnny ; passage de cet auteur sur le mont Meniu, 14. Alexandre-le-Grand, Xlll, 31,316, 337 , 338, 339, 343, 347, 350, 354. 3-57 , 360, 401; légende relative à ses campagnes, 274, 275; légende sur sa guerre contre Porus, dans la mappemonde d’Hereford, .352; légende relative à une ile où il aborda, in- scrite sur la mappemonde d’Hereford, 427. Alexandrette, 222 ; sous le nom d'Alcxandria dans la mappemonde d’Hereford, 3"3. Alexandrie, XXI, .56, 148, 159, 202, 337, 354, 401, 406, 414, 415; indt- quée dans la mappemonde d’Alby, du VIII' slëcle, 29; comment cette ville est figurée dans la mappemonde de la Cottonienne du X' siècle, 68; dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XII' siècle, 121, 122; dans les mappemondes de Lambertos, de Paris et de Gand, du XII» siècle, 191 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XII' siècle, 226; dans la mappemonde d’Hereford, 588. Alexandrie dans la Margiane, indiquée dans la mappemonde d’Here- ford, 355. Alexandrie (Itinéraire jusqu’à) du XIV® siècle, 246. Alexandrie, ses écoles citées, XXII, XXÏII', 187 ; questions qui s’y agi- tèrent sur la forme de la terre, XIX ; géographes d’Alexandrie, LXXV. Alfric, opinion de cet auteur sur les zones, 2. Al-Gebal, signification de ce mot, 356. Algorismus ; ses cartes où l’Aryne se trouvait figurée, XC. Alicudi ; voyez Iles. Allégories dans les mappemondes du moyen-âge, XXVII, LXVI; elles ne remontent qu’au XII® siècle, ibid.; elles offrent quelque- fois les mêmes sujets que les bas-reliefs de cette époque, LXX ; elles sont parfois aussi empruntées aux fables des Grecs, LXXI. Allemagne, 36, 57, 184, 206, 317; sous le nom de Germania dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 75 ; sous le nom A'Ale- mania dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII' siè- cle, 263. A Imagerie ; voyez Ptolémée. Alinotonah, nom que les Arabes donnent au lac Asphaltite, 368. Alpes, LXIX, 95, 112, 216, 261, 300, 301, 306, 318 ; — juliennes, 138; — maritimes, 305 ; — rhétiques, 135 ; comment elles sont fi- gurées dans la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 27 ; mal figurées dans la mappemonde de Dijon du XI® siècle, 89; com- ment cette chaîne est figurée dans la mappemonde de Leipsig, du XI» siècle, 95 ; nommées Alpes Galiarum dans la mappe- monde de l’Apocalypse du Musée Britannique du XIl® siècle, 112; comment elles sont figurées dans la mappemonde de Turin, du Xll» siècle, 157; placées en Afrique dans la mappe- monde de Turin du XII' siècle, 147; indiquées dans la map- pemonde de Mathieu Pâris, du XIII' siècle, 261 ; comment elles sont figurées dans la mappemonde d’Hereford, 305; comment elles sont figurées dans la mappemonde de 1321, LXXXV. 442 Alpes, description donnée par Mêla, 261. Altaï (régions aurifères de 1’), LVI. Allemül, fleuve qui traverse la Bavière, 156. Alter orbis des anciens, 194; voyez Terre australe. Altino, ville d Italie sous le nom à' Alticlium dans la mappemonde d’Hereford, 311. Amasea, dans la mappemonde de la Coltonienne du X' siècle, 6.5. Amasie (!’), 188. Amazones, 138, 208, 209, 334; leur bouclier, 333; leur pays dans la mappemonde de Strasbourg du IX'^ siècle, 37 ; dans la mappe- monde de Turin du XIP siècle, 141. Ambari ; légende sur ces monstres dans la mappemonde d’Hereford, 393. Amérique, XXIX; dissertation pour démontrer que les anciens ne con- naissaient pas cette région, 294; la Terre Antichihone prise pour le nouveau continent, 278, 288. Amiliduin, fleuve placé en Italie dans la mappemonde d’Hereford, 307. Ammien-Marcelin cité, 63, 187, 189, 206, 208; sa théorie du cours du Tanaïs, XLVIII. Ammon (temple d’j ; légende sur ce temple dans la mappemonde d’Hereford, 402. Ammonis templum, mentionné dans la mappemonde de Leipsig du Xle siècle, 97. Ammonites (pays des), 366. Amena, dans la mappemonde d’Hereford, 307. Amphipolis,dansIa mappemonde d’Hereford, 314; son nom actuel, ibid, Amplusia, le promontoire aux vignes, 148. Ampsaga fluvius, 383, 384; formait la limite entre la Mauritanie et la Numidie, 383. Amsibarios, dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII' siècle, 207. Amsiga fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 383. Amum insula, dans la mappemonde d’Hereford, peut-être l’Ile d’Arrnn, 424. Anataces, peuple de l’Asie indiqué dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand du XII* siècle, 210 Anastase-le-Bibliolhécaire ; passage de cet auteur, 24. Anatolie (l’j, 186, 187, 188, 376, 418. Anaxagoro; sa cosmothéogonie citée, 171. Ancusa fluvius, mentionné dans la mappemonde d'Hereford,34l, 343. 443 — Ancyre, 488. Andalousie, 296 ; sous le nom de Betica dans la mappemonde de Tu- rin, du Xll' siècle, 133. Andos, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 211. Andréa Bianco; sa mappemonde citée, LXîI, LXXIV. Andrès, l’abbé; sa notice sur la carte de Pareio, LXXIV ; il cite la mappemonde du pape Zacbarie dans son ouvrage Origine di ogni letteratnra, 24. Androgynes, peuple signalé en Afrique dans la mappemonde d’Here- ford, 394. Andromède (constellation d’), 166, 169. Andropolis, indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 330. Aneso fluvius, dans la mappemonde d’Hereford , 317 ; fleuve qui lui correspond, ibid. Anges; place qu’ils occupent dans le système des sphères, XXVI. Angleterre, XL, 53, 39, 125, 242, 235, 236, 265, 294, 422, 423, 425; cartes anciennes de ce pays, i.XXIII ; ne figure point dans la mappemonde d’Alby du VilL siècle, 25; passage d’Orose sur un phare de la Corogne d’où l’on pouvait découvrir cette con- trée, 58; comment elle est placée sur la mappemonde de St- Omer,du XI« siècle, 83 ; figurée dans la mappemonde de Dijon, du Xle siècle, 91 ; sous le nom d'Anglia dans la mappemonde du XI« siècle, 94; mentionnée dans la mappemonde du ma- nuscrit de l’Apocalypse du Musée britannique, du XII® siècle, 108 ; sous le nom de Briiannia Insula dans la mappemonde du musée britannique du XII® siècle, 126; port le plus fréquenté de cette île sous les Romains, 132; sous le nom de Britannia Insula, dans la mappemonde du manuscrit de Turin, 133; position de l’ile dans celte carte, ibid. ; sous le nom de Bri- tannia dans le manuscrit du Lambertus de Belgique, du XII® siècle, 158; sous le nom d'Anglia dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du XII® siècle, 193: sous le nom de «rf/ttwn/Ve dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siè- cle, 263; dans la mappemonde d’Hereford , 420. Angleterre, canal d’, 301. Anglia, l’Angleterre ; passage du ms. de Saint-Omer dü Xl« siècle, 86.. Angoumois, 220. Animaux qu’on remarque sur les cartes du moyen-âge, LV. Anisus, fleuve, .317. 444 Annales de Colmar citées, 287. Annali di geografia de Graber de Hemso, 131 ; voy. Graber. Annalacas, peuple de l’Asie menlionné dans la mappemonde du Lam bertus de Gand du X1I= siècle, 209. Annuaire de la Bibliothèque de Bruxelles cité, 213. Anonyme de Ravenne cité, 114 ; passage de ce géographe, 51 ; voyez Géographe. Anquinos, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du Xlle siècle, 211. Ansa, fleuve indiqué dans la mappemonde d’Hereford , 310. Antalia, la Satalie des modernes, 376. Antée, .381. Anthropophages, 310; dans l’Asie mentionnés dans la mappemonde de Gand du XIB siècle, 209. Antichthone, ou alter orbis, XLV, 5, 278, 279; opinion de Clément d’A- lexandrie et d’Origène sur cette terre australe, XLVI ; terre opposée dans la mappemonde du Macrobe du X‘ siècle, 43; signalée dans la mappemonde de Dijon du Xle siècle, 89 ; ou quatrième partie de la terre, signalée dans la mappemonde de Turin du XIP siècle, 132; figurée dans la petite mappemonde de Gauthier de Metz du XIID siècle, 253; voyez Terre. Antiliban, 365. Antioche, XXI, 142, 374, 379; mentionné dans la mappemonde d’Alby du V1II« siècle, 29; résidence des rois de Syrie, 140; com- ment les cartographes la distinguent dans les cartes du moyen- âge, ibid.; sous le nom ù’Aniiochia dans la mappemonde de la Cottonienne, du Xe siècle, 66; Aniiochîa dans la mappemonde de Turin du XID siècle, 140; par qui cette ville fut fondée, ibid.-, nom qu’on lui donnait au temps de l’introduction du christianisme, ibid.-, indiqué dans la mappemonde de Ma- thieu Pâris, du Xllle siècle, 263; Anfiochia, indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 364. Antiochus, 353. Antipodes, XVII, XLV, 10, 11, 132, 196, 198; signalées dans la map- pemonde de Turin, du XID siècle, 132;Jégende dans le ma- nuscrit du Lambertus de Gand, du XIL siècle, 1.58; mention- nés dans la mappemonde de ce manuscrit , 174; dans la map- pemonde du Lambertus de Paris, du XIP siècle, 194. Antipodes du Paradis terrestre, (iguiés dans une île sur la mappe- monde du Lambertus de Paris, 183. Anliquitates Ainoricaiiæ citées, 276. Antiquité expliquée, voyez Monlfaucon. Antoiiin (les), XLll. Anville (D’) cité, 39, 60, 119, 137, 186, 219, 234, 279, 309, 31, 3, 3IT, 326,333, 342, 347 , 330, 3.31, 332, 334, 336, 361, 366, 367, 369, 371, 372, 373, 374, 373, 376, 377, 378, 379, 381, 382, 391, 395, 402, 421, 433 ; son examen critique d’Hérodote concernant la Scythie, XXXVtlI ; son Mémoire sur les limites du monde connu des aiïciens, XXXIX ; sa carte du Monde Romain , LXXXVI ; passage de ce géographe transcrit, 147; cité au sujet de la théorie de l’Anlichthone, 203, 204; n’admet pas la circumna- vigation de l’Afrique par les anciens, 204 ; cité au sujet des montagnes du Liban, 363 ; son Mémoire sur le pays d’Ophir, etc. cité, 429. Anydrosos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lam- berlus de Gand, du Xlb siècle, 210. Apamea, 377 ; son nom moderne, ibid. Apamée, sous le nom estropié d’Appanina dans la mappemonde d’He- reford , 363. Apennins, LXXXV, 303, 309, 310, 400; cette chaîne indiquée dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 60; voyez Monts. Aphrodisia, île flgurée dans la mappemonde d’Hereford, 429. Aphrodisius, voyez lies. Apollodore cité, 34. Apollinis minor, 402. Apollon Pythien, principale divinité de Cyrène, 39 ; culte d'Apollon à Délos, 312 ; oracle à Patare et à Délos, 376. Apollonia, 315; port de la Cyrénaïque, 39. Apollonie en lllyrie, Apollonia dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 136. Apollonia, ville inscrite sur la mappemonde d’Hereford , 314, 402. Apopar insula, ainsi désignée dans la mappemonde d’Hereford , 427. Appien cité, 63, 384. Apulée, le monde connu de son temps, XLll. Apulia magna Græcia, dans les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, 183 ; — Messapia, îbid. — Daunia , ibid. — Pays qui y correspond maintenant, ibid.-, voyez Pouille. Aquæ Tibilitane signalées dans la mappemonde d’Hereford , 384. Aqueretonos, peuple de l’Asie mentionné d-ans la mappemonde du Lambertus de Gand , du XIP siècle, 211. 446 Aqnilea, dans la mappemon le de Turin, du Xlle siècle, 137; raisons que le cartographe paraît avoir eues pour signaler cette ville, ibid. -, dans la mappemonde d’Hereford, du XIV' siècle, 300,311. Aquilons (antre des); sa position, 114; description donnée par Solin , ibid. Aquisgran, voyez Aix-la-Chapelle. Aquitaine, 37, 216; Aquicania, dans la mappemonde du manuscrit de Priscien, du XIP siècle, au Musée britannique, 79; Aquitania, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 134; Aquitania, dans les mappemondes du Lambertus de Garni et de Paris, du XIP siècle, 183 ; Aquitania, dans la mappemonde deGuidonis, du XI P siècle, 220 ; dans la mappemonde d’Hereford, 299 Aquitanicus sinus, golfe d’Aquitaine, dans la mappemonde d’Hereford, du XIV' siècle, 300. Arabes, LXIII ; leurs mappemondes, 6 ; système des climats de leurs géographes, XXIX, 240; ont emprunté aux anciens leur dé- nomination de Mer ténébreuse ou des Ténèbres, 83 ; Gérard de Crémone étudie en Espagne, au XIP siècle, leurs ouvrages LXXXVIII. Arabes, dans la mappemonde du Lambertus de Gand , du XIP siècle, 210; Arabes Ascites troublaient le commerce sur la côte orien- tale d’Afrique, 432. Arabia deserta.dans la mappemonde de la Cottonienne, 64 ; dans la mappemonde d’Hereford , 368. Arabicus mons, 389. — sinus, 19. Arabie, LVIl, 74, 116, 140, 142, 293, 330, 338, 360, 361, 363, 366, 370, 429; — Heureuse, 373; — Pétrée, 190, 211, 366; Arabie dans la mappemonde d’Alby, du VlIP siècle, 29; comment elle est placée dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 53; Arabia , dans cette mappemonde, 6i; légende sur ce pays dans la carte du manuscrit de l’Apocalypse, du XIP siècle, au musée britannique, 118 ; dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 174; légende sur ce pays dans les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siè- cle, et relatives aux Lions et au Phénix, 190; forme péninsu- laire de cette région signalée dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIIP siècle, par la manière dont les noms sont dis- poséSj 272; sous le nom de TetTa Arabia dans la mappemonde d’Hereford , 330. — 447 Arachosia, 209 ; dans la mappemonde de la Cotlonienne, du X* siècle, 63. Aracusas, peuple asiatique mentionné dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XIP siècle, 209. Aragon, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 299. Aral (lac ou mer d’), 62. Ararat, voyez Mont. Aratus, met en vers tout le système d’Eudoxe de Gnide, XXI ; voyez Eudoxe ; cité, 200 ; phénomènes cités, 165, 167, 168. Araxe (1’), 326, 333. Arba (ville d’), 372. Arbre de la vie, 347 ; — du soleil, ou Arbre sec indiqué dans certaines cartes du moyen-âge, XLVII, 348 ; — qui produit le baume, indiqué dans la mappemonde d’Hereford , 348; — représentant le figuier de l’Inde dans la mappemonde d’Hereford , 335 ; ~ jsec , XLVII ; indiqué dans la mappemonde d’Hereford , 348. Area , 350. Arcadiens, 374. Archas, ville placée près du Lioan par l’auteur de la mappemonde d’He- reford , 374, Arche de Noë, dont parle Cosmas, 17; signalée dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 62 ; figurée dans le manuscrit du Lambertus de Paris, 158; dans la mappemonde d’Hereford, 334 ; légende y relative, ibid. Archelaüs, ses livres cités, 348. Archiduché d’Autriche, 184. Archimède, sa sphère placée dans le temple de la Vertu, XX. Archipel (!’), 184, 271 ; archipels de l’Asie, XCV. Archives du département de la Côte-d’Or, 88. Arecusa lacus signalé dans la mappemonde d’Hereford , 359. Areopolis, dans la mappemonde d’Hereford, 366. Arethisium ( le lac), 359, 360. Arfaxas fluvius, dans la mappemonde d’Hereford , 325. Argent (île d’) ; voyez lie. .Argire, île d’argent , figurée dans la mappemonde d’Hereford à l’entrée du golfe persique, 429. Argo, constellation, 168; dans le système cosmologique de Lambertus, du XIP siècle, 166 ; le vaisseau de Jason, le navire thessalien, ibid. Argonautes, leur expédition, 269 ; légende à ce sujet dans la mappe- monde d’Hereford , 330. 448 — Argos, dan£ la mappemonde d’Hereford , 7i\±. Argous Portus, son nom moderne, 312. Argyre, 246 ; voyez Iles. Aria Palus. 3.50. Aricusia, nom de l’Arachosie dans les mappemondes de Lamberlus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 188. Aries, le bélier, figuré dans le système cosmologique de Lambertus du XIP siècle, 169. Arimaspes, mentionnés dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XlIP siècle, 267 ; position de ces peuples selon Pline, ibid.; .signification de leur nom, ibid. ; où les place Dupinet , ibid. ; étymologie de leur nom , 330 ; ce qu’Eustathe dit d’eux, ibid.-, combattant les griffons dans la mappemonde d’Hereford , 350 ; légende tirée de Solin, ibid. ; voyez Rirnini. ‘ * Arin (coupole d’), selon Christophe Colomb elle devait se trouver à l’entrée du golfe persique et de la Mer Rouge, LXI. Aristée de Proconèse cité, 330, 331. Aristogore, porte à Sparte le Pinnx d’Hécatée, 20. Aristote cité, XLIV, XLVIII, 324; son histoire des animaux citée, 363: cité au sujet de la migration des poissons, 110; son livre des mé- téores cité, XLIX, 171; le Pseudo-Aristote cité, ibid. Aris- tote cité au sujet de la terre Antichthone ou Transocéani- . que, 202. Arles, figuré dans la mappemonde d’Hereford du XIV® siècle, 500, 407. Armagb, sous le nom d’Arbmara civitns paii, ou ville de Saint-Patrice, dans la mappemonde d’Hereford , 425. Armazonia, 6, 142. Armenia mngnn, 144. Arménie, 11.5, 146, 187, 359; dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 62; signification de ce nom dans la mappemonde de Leipsig du XU siècle, 96; selon la géographie ancienne, elle était enfermée à l’orient par les Monts cérauniens, 11,5; sous le nom d’.lrMîCju'rt dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 144; Armenia, dans les mappemondes du Laniber- tus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 188; elle y est consi- dérée comme faisant partie de l’Ethiopie, 190. Arménie inférieure indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 334. Arméniens; selon les anciens Grecs, vinrent peupler certaines parties de l'Afrique septentrionale, 96; fondent des villes en Afriijue, tMd.-, mentionnés en Afrique dans la mappemonde du Sallustç de Florence, du Xlle siècle, 235. Armodios, peuple de l’Asie dans la mappemonde de Gand, du XIF siè- cle, 210. Armolaos Manianos, peuple de l’Europe dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand du Xlle siècle, 207. Arno, fleuve, sous le nom de Arna Blanca, dans la mappemonde d’He- reford, 310. Arnon (torrent d’), 366. Arnon Fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford 366. Aron, 363. Arrabo, la Raab, 314. Arrabona, ville grecque dans la mappemonde d’Hereford, 314. Arras, voyez Bibliothèque. Arrien cité, p. 50 ; périple cité, 120, 146, 188, 189, 350, 357. Arsacia, 356. ’ Arsacides, 356. Arsinoé, signalé dans la mappemonde d’Hereford, 402 ; son nom actuel 39 Art de vérifier les dates cité, 243. Artémidore cité, 70; cité par Marcien, 52 ; signale les Cynocéphales en Afrique, 70. Artémise, 417. Aryne, XCI ; signalée dans la mappemonde de Pierre d’Ailly, XC ; Pierre d’Abano en parle d’après les Arabes, LXXXIX; vovez Cartes Arzem, 55. ^ Asaph le Juif, 51 ; sa cosmographie, 99. Ascalon, sous le nom d’Ascalones, dans la mappemonde de Turin, du Xlle siècle, 159 ; indiqué dans la mappemonde d’Hereford 573 Ascanius, lac, 378. ’ Ascensus Acrabim, la montée du scorpion, 370. Asher.M. ; nianascrit qu’il cite de la cosmographie d’Asaph, 99 : son édition de Benjamin de Tudèle, 100. Asianos, peuple de l’Asie, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 210. Asie, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, LVII. LXVI, LXIX, XCII, XCIII, 13 16, 26, 29, 31, 38, 40, 50, 56, 62, 110, 145, 150, 157, 159, 167,’ 177, 180, 190, 193, 209, 214, 223, 225, 226, 227, 234, 279, 285* 313, 315, 336, 341, 343, 336, 364, 379, 380; origine de ce nom,’ 103; échue à Sem, fils de Noé ; voyez Mappemonde de Roda ’ du IXe siècle ; berceau du christianisme, LXVII. “ 29 450 Asie. Description de cette partie de la terre ligurée dans la mappe- monde d’Alby du Ville siècle, 28 ; dans la mappemonde de Roda, 33; la partiè méridionale considérée comme tempérée, 34 ; dans la mappemonde de Strasbourg, du 1X« siècle, 3o-37; est séparée, ainsi que l’Europe, de la partie moyenne et mé- ridionale de la terre, par une mer, 42; la mappemonde du manuscrit de Macrobe, du Xe siècle, ne figure aucune des pé- ninsules de cette partie de la terre, 43; dans la mappemonde du manuscrit de Salluste, de la Laurenciana, du X« siècle, 44; est la partie la plus vaste dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X" siècle, 49 ; description de cette partie de la terre dans 1a mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 61 ; dans la mappemonde du manuscrit de Priscien, du X' siècle, au Musée britannique, 78 ; dans la mappemonde de St-Omer, du Xle siècle, on ne lit pas un seul nom sur ce continent , 84 ; comment elle est figurée dans la mappemonde de Dijon , du XI® siècle, 90 ; noms qu’on y lit, ibid. ; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 94; nommée Asia dans cette map- pemonde, 98; connaissances très limitées de l’auteur de cette mappemonde, 98 ; dans la mappemonde d’Asaph du XI® siècle, paraît ne former avec l’Afrique qu’une seule partie, 101 ; Asm, seul nom inscrit sur ce continent dans cette mappemonde, ibid. ; légende inscrite sur ce continent dans la mappemonde du XP siècle, du manuscrit de Paris, n® S371, 103 ; descrip- tion de ce continent dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du XIP siècle, au Musée britannique, 113 ; on ne remarque pas un seul fleuve sur ce continent dans cette mappemonde, 124; description de cette partie de la terre dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 138; sous le nom di'Asia, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 174 ; description de cette partie de la terre figu- rée dans la mappemonde du manuscrit du Lambertus de La Haye, 179 ; dans les mappemondes du Lambertus de Paris et de Gand, du XIP siècle, 186; peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand , du XIP siècle, spbera triplicata, 205 ; analyse de ces noms, 207 ; carte de ce conti- nent par Van Luchon , 210; Asia, dans la mappemonde de Guidonis, 212, 214; elle y occupe la moitié de l’espace, 215; description de cette partie figurée dans la mappemonde de Guidonis du XIP siècle, 222; prolongée jusqu’au Nil dans ~ 451 eetle mappemonde, 226 ; ignorance de l’auteur au sujet des pays au-delà du Gange, 228; forme bizarre au’il donne à la péninsule indienne, ibUL- Asia, inscrit en rouge dans la petite mappemonde de Guidonis, du XIP siècle, 229 ; description de cette partie figurée dans la mappemonde du Salluste de Flo- rence du Xlle siècle, 232; limites de ce continent étendues jusqu’au Nil, ibid.; elle y est séparée de l’Europe par le Tanaïs et de l’Afrique par le Nil, 233; Asia, seul nom qu’on lise sur eette partie dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore, du XIF siècle, 235; l’Asie, dans la mappemonde d’Isidore (la 3 ^), manuscrit de la bibliothèque nationale de Paris, du XIP siè- cle, 2ô6 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun , du XIP siè- cle, 238 ; elle y est égale aux deux autres parties ensemble, ibid.; dans le système des zônes d’Honoré d’Autun, du XIP siècle, 240; Asie, la Grande, dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XIP siècle, 251 ; description de cette partie dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIIP siècle, 268; lé- gende de cette mappemonde au sujet de la propagation de l’Évangile, 271; l’Asie, dans la mappemonde de la bibliothèque de Leipsig, du XIIP siècle, 274 ; dans la mappemonde du Sal- luste de Florence, du XIIP siècle, 275 ; occupe moitié de la mappemonde du manuscrit d’Isidore, du XIIP siècle, 286; sim- plement indiquée dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore du XIIP siècle, no 7590 de la bibliothèque nationale de Paris’ 283; description de cette partie de la terre dans la mappe- monde d’Hereford, 326; est prolongée dans cette mappe- monde, comme chez les anciens géographes, jusqu’au méridien d Alexandrie, 406 ; légende à ce sujet, ibid. Asie méridionale tracée d’une manière étrange dans la mappemonde de Guidonis, du XIP siècle, 225. Asie-Mineure, 91, 94, 103, 104, 113, 120, 146, 173, 186, 187, 188, 216 229, 238, 274, 376, 418; indiquée dans la mappemonde de la Cottonienne du X' siècle, 66; dans la mappemonde du Pris- cien du Musée Britannique, du Xe siècle, 80 - dans la map pemonde de Turin, du XIP siècle, 139; côtes de cette partie dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XIP siècle 231; figurée dans la carte du manuscrit de Saint-Jérôme du Musée Britannique, du XIP siècle, 245; comment figurée dans la mappemonde du XIIP siècle du Mathieu Paris, 270. Asie occidentale, dans la mappemonde de St-Omer du Xp’ siècle 83, 452 Asie orientale, 6:^, Ho, 174, 22o. Asie persane, XXXIX. Asie septentrionale, 114. Asmonéens, princes, 366. Aspale, fleuve acconapagné d’une légende sur la mappemonde d’Here- ford, 368. Aspendus, 567. Asphaltite, lac, 63, 366; voyez Lac. Asser, Asor, figuré dans la mappemonde de la Cottonienne du X^ siècle, 63. Assirios, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 210. Assur, fils de Sem, 360. Assyrie, 336, 339, 362; sous le nom d'Assiria dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du Musée Britannique, du Xlb siècle, 119; marquée dans les mappemondes de Lam- bertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 188 : légende sur l’origine de ce nom, dans la mappemonde d’Hereford, 360. Astacenus, golfe figuré dans la mappemonde d’Hereford; son nom actuel, 378. Astapus, 119. Astrakan (voyage aux steppes d’), par Potocki, cité, 13. Astrixis, voyez Mont. Astronomie, XXX; traité d’, dans le manuscrit de Dijon du XL siècle, 87 ; n’était pas appliquée à la géographie par les géographes occidentaux du moyen-âge, XXXII. Asturies, 59, 133, 297, 298; sous le nom d’Asturia, dans la mappe- monde de Turin, du XII“ siècle, 134. Athenaride, auteur goth cité par Guidonis, 215. Athénée cité, 587. Athènes, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 50, 60; dans la mappemonde de Guidonis du XIP siècle, 217 ; dans la mappemonde d’Hereford, 515. Athesis, voyez Adige. Atlas, l’Africain, le soutien du ciel, 169. Allas (le mont), 455; Allas major et minor, 147; voyez Mont et Mon- Atlantide de Platon, figurée dans la mappemonde du manuscrit de Macrobe, du X^ siècle, 45; Atlantides, voyez Iles. Atramitae, 350. tagne. ÀUalea, sous le nom (ï Aialia, dans la mappemonde d’Hereford, 376, Attica, l’AUique, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 60. Attila détruit Aquilée, 137. Attique, 50. Augsbourg, anciennement Augusta, 318. Augusta, 318, 306; voyez Turin. Augusta Taurinorum, ancien nom de Turin, 306, Auguste, LXXXIII, 162, 366, 383; — César, 293; réduit la Galilée en province de l’Empire, 188; soumet les Dalmates, 217; établit une colonie militaire à Cartenna, 382 ; de son temps l’on ne connaissait encore qu’imparfaitement la position des Alpes et des Pyrénées, LXIX. Auloles, peuple d’Afrique, 159; mentionné dans la mappemonde de la Cottonienne, du X= siècle, 75. Aulon, 311. Aulu-Gelle, 70. Auriga, le cocher, constellation figurée dans le système de Lambertus, du XIP siècle, 169; histoire de cette constellation, ibid. Note 1. Autel (!’), constellation figurée dans le système de Lambertus du XIP siècle, 170. Autels des Philènes, 97 ; dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XIP siècle, 234; dans la mappemonde d’Hereford, 40t. Autels élevés par Bacchus, figurés dans la mappemonde d’Hereford, 339. Autels de Sémiramis, ibid.-, de Cyrus, ibid.-, d’Alexandre-le-Grand, 328, 347 ; légende à ce sujet, ibid Autissiodurum, voyez Auxerre. Autriche (1’), ISi, 185, 217, 318; Austria, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIIP siècle, 267, 268, Autruche, dans les mappemondes du moyen-âge, LVl ; figurée dans la mappemonde d’Hereford, 325. Autun, sous le nom d’Augustodunum dans la mappemonde d’Here- ford, 302. Auvergne, dans la mappemonde d’Hereford, 299. Auxerre, dans la mappemonde d’Hereford, 302. Ava (péninsule d’), 13. Avernis, dans la mappemonde d’Hereford, 299. Avienus, Phenomena Aratea, cité, 166, 167, 169; sa théorie du Cours du Tanaïs XLVIII. Avis Cirenus, indiqué et figuré dans la mappemonde d'Hereford, 57î. Avon, rivière désignée sous le nom de Jluv. Ave, dans la mappemonde d’Hereford, 423. Axiaces fluvius de D’Anville, 326. B Babel-el-Mandeb, 21 ; voyez Détroit. Babylone, 187, 362; — d’Asie; d’Égypte, 159; aujourd’hui 1e Caire^ figurée comme une île dans la mappemonde d’Hereford, 404; — d’Asie, dans la map'pemonde d’Alby du Ville siècle, 29; dans la mappemonde de la Cotlonienne du X® siècle, 34, 64; dans la mappemonde de Leipsig du XI® siècle, 98; sous le nom de Bahilenna, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du Xlle siècle, au Musée Brilanique, 115 ; sous le nom de Babilonia, dans la mappemonde de Turin, du XIH siècle, 139; signalée dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 179; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 189, 190; légende historique sur cette ville dans la mappemonde d’Hereford, 361. Babylonie, XXI, 361 ; sous le nom de Babilonîa, dans la mappemonde de Guidonis, du XII' siècle, 222. Babyloniens, 31. Bacchus; on prétendait qu’il avait fondé Nysa, 355. Bactra, ville nommée aussi Zariaspa, 342 ; la ville des Bactres, men- tionnée dans la mappemonde d’Hereford, 358. Bactres (les), 328, 542; peuples qui habitaient près de l’Oxus, 337. Bactriane (la), XXXIX, 557, 558. Bactrianos (Bactianos) , peuple mentionné dans la mappemonde du Lam’nertus de Gand, du XIP siècle, 209. Bactriens, leur position d’après Saint-Jean Damascène, 32. Bactrus fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 342. Bagrada fluvius, le Megerda actuel, 149. Baida, 210. Bailly; son Histoire de l’astronomie ancienne citée, 118. Balaton, voyez Lac. Baléares, voyez Iles. Baleine (Cetos), constellation figurée dans le système de Lambertus, du XIP siècle, 170. Baltique, voyez Mer. Bandini ; son Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Lauren- clana cité, 44, 250, 231, 275, 276. Bangor, sous le nom de cîmias Bencur, dans la mappemonde d’Here- ford, 425. Banier (l’abbé) ; ses Nouvelles réflexions sur les peuples appelés Hyper- boréens^ XXXVIII ; son ouvrage sur la Mythologie, 324. Baradi, 365. Barbares destructeurs de l’empire romain, 9 ; l’auteur de la mappe- monde d’Alby, du Ville siècle, les place au nord de l’Asie, 28 ; Barbarie dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 73 ; Barbares Abos, peuple Scythe mentionné dans la mappe- monde du Lambertus de Gand, du XIB siècle, 208; Barbarie dans l’Asie sur la mappemonde du Saint-Jérôme du Musée Britannique, du XII' siècle, 246. Barbaresques (états) ; Itinéraires du XIV' siècle, 256. Barbarie, pays sur la côte orientale de l’Afrique, 12. Barbier du Bocage cité, 353 , sa carte des marches de l’armée d’A- lexandre-le-Grand, 353. Barca (pays de), 38, 39. Barcelone, 59. Barcîno; à quelle ville actuelle s’applique ce nom, 58. Bardine, fleuve; étymologie de ce nom, selon D’Anville, 365. Baropamisos, peuple de l’Asie mentionné sur la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII' siècle, 209. Barthélémy ; son voyage d’Anacharsis cité, 414. Bascitanos, dans la Sphera Triplicata de Lambertus, 211. Basilea, sous le nom de Basel dans la mappemonde d’Hereford, 305- Basilic, mentionné dans les livres sacrés, XLIII ; dans les mappemondes du moyen-âge, LVI ; figuré dans la mappemonde d’Hereford, 399 ; légende à ce sujet, ibid. ; description donnée par Solin, 400. Bas-reliefs des églises du moyen-âge ; ils offrent quelquefois les même.s sujets allégoriques que les cartes géographiques de la même époque, LXX. Basse-Germanie, 319. Basternæ, peuple de l’Europe mentionné sur la mappemonde du Lam- bertus de Gand, 207. Bataves, 319. Batènes, peuples qui habitaient près de l’Oxus, 337. Baudouin I", roi de Jérusalem, 369. — 456 — Baudry, cité au sujet de la description d’Antioche, 140. Bavarois, 3i7. Bavière, 136, 317, 318 ; sous le nom de Boioaria dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 184 dans la map- pemonde de Mathieu Pâris, du XIIP siècle, 268. Bayer; sa dissertation De origine et priscis sedibus Scytharum, XXXVII. Bayona, dans la mappemonde d’Hereford, 300. Bède-le-Vénérable, cité 157, 171, 218, 295, 422, son système des cer- cles célestes, XXXI; son opinion sur les zones, 2; ouvrages astronomiques de cet auteur dans le manuscrit de Dijon du Xle siècle, 88. Behiré, voyez Lac. Belgique, 60, 186, 303- Belon cité, 414. Belt (le), 325. Beliis, fondateur de Babylone, 54; ’voy. Tour. Benacus, lac, 310. Bencur, voyez Bangor. Bénévent, sous le nom de Benebenti dans la mappemonde de Turin du XIP siècle, 137; sous le nom Aq Benaventus dans la map- pemonde d’Hereford, 309. Béni-Masat, 67. Benjamin de Tudèle; édition des Voyages de ce juif donnée par M. Asher de Berlin, 100. Bennet College (manuscrit du), 255, 256. Bentinck ; sa traduction de l’Histoire des Tatars d’Aboulghazi citée, 341. Béotie, 313, 417. Bérénice, 39, 399 ; ville signalée dans la mappemonde d’Hereford, 391 ; — de la Cyrénaïque indiquée dans la mappemonde de Leip- sig, du Xle siècle, 97 ; — de la Pentapole, dans cette mappe- monde, 401. Bérénice Epidires; position de cette ville, 119. Berg (duché de), 207. Berne, 305. Ber-Sabée, 371. Berthelost, M. ; son ouvrage. De la pêche sur la côte occidentale d’Afrique^ cité, ainsi que la carte qui l’accompagne, 110. Berthelot, M. ; son Histoire naturelle des îles Canaries citée, 434. Berwic représentée sur la mappemonde d’Hereford par une grande tour, 424. Besses, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lamber- tus de Gand, du XIP siècle, 210. Betansos, ville de la Galice, dans la Corogne, 57. Bethencourt; relation de ses chapelains, 433. Bethinia, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X« siècle, 66. Bethléem, dans la mappemonde de Strasbourg, du IXe siècle, 37 ; dans la mappemonde de Dijon du Xle siècle, 90 ; dans la mappe monde d’Hereford, 372. Bétis, fleuve de l’Espagne, dans la mappemonde d’Hereford, 296. Beverley, sous le nom de Bevlai, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Beyrout, sous le nom de Beritus, dans la mappemonde d’Hereford, 374. Biah, fleuve, 352. Bible (la) citée, LVIII, 103. Bibliotheca patrum, citée, 237. Bibliotheca mediæ et infimæ latinitatis, citée, 157, 237 ; voyez Fabricius. Bibliothèque universelle des voyages ; voyez Boucher de la Richarderie. Bibliothèque d’Alby, LXXIX ; manuscrit de la, 24 ; voyez Manuscrits. Bibliothèque d’Arras, LXV, LXXIX. Bibliothèque du Bennet College, en Angleterre, 242, 243. Bibliothèque de Bourgogne, LXXIX, 213, 237. — royale de Bruxelles, LXXIX, 155, 212, 213. — du Corpus Christi College de Cambridge, 241, 255. — Cottonienne, LXXIV, 47, 76, 247, 254, 256. — de Dijon, LXXIX, 86. — de Douai (manuscrit de la), 154. — de Florence, LXXIX, 99. — Laurenciana de Florence, LXIV, 43, 44, 230, 275; manuscrit de Cosmas, du X<= siècle, qui s’y trouve, 14. — de l’Université de Gand, LXXIX, 154, 172, 175, 182, 185; manu- scrit d’un Itinéraire de Bourges en Égypte, qui s’y trouve, 256. — royale de la Haye (manuscrit de la), LXXIX, 154, 155, 160, 176, 177, 181, 198, 200. — de Leipsig, LXXIX, 93, 273. — de Leyde ; planisphère qui se trouve dans un manuscrit, 40 ; ma- nuscrit de cette bibliothèque, LXXIX, 154. — de Madrid, LXXIX. — de M. de Montigny, LXXIX. — de Munich, 99. — du Musée britannique, LXXIX. — de Nuremberg, LXXIX. — 458 — • I ? 4 I ! r % HiblioUièque d’OxIoril, 99. — du Dépôt de la Guerre de Paris, LXXIX. ' — de rinslitut, XXIV. — nationale de Paris, XXI, XXVIII, XXXIV, LXXIX, XCIII, 45, 46, 47 , 49, 154, 159, 181, 255, 256 , 257 , 2.50, 251, 252, 256, 285, 284, 287, 295 ; manuscrit d’Asaph, 93; manuscrit n® 5571, 102; manuscrit de Gauthier de Metz, 249. — du Louvre (ancienne), 2.50. — de Sainte-Geneviève, LXXIX. — de l’Université de Paris, 200. — de Parme, LXXIX. de Roda en Aragon ; mappemonde d’un manuscrit de cette bi- bliothèque, 52, 55. — de Reims, LXXIX. — de Saint'Bavon, 156. — de Saint-Omer, LXXIX; voyez Manuscrit. — de l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, 244. — de Stockholm, LXXIX. — de Strasbourg; monument géographique, LXXIX, 55. — de Stuttgard, LXXIX. — de M. Ternaux, LXXIX. — royale de Turin, LXXI, LXXIX, 108, 109, 217; manuscrit des Commentaires sur l’Apocalypse, 124, 127. — du Vatican, LXXIX; manuscrit de Cosmas, qui s’y trouve, 14 , ce qui a empêché l’auteur d’avoir un fac-similé de la mappe- monde de Cosmas, ibid. — de Venise, LXXIX. — impériale de Vienne, LXV, LXXIX. — de M. Walckenaer, LXXIX. — grand ducale de Weimar, LXXIX. — de Wolfenbiittel (manuscrit de la), 154. Biles, île de la mer Scythique dans la mappemonde d’Hereford, 427. Biographie universelle citée, 254; ne contient pas d’article sur Asaph,U)0 Bison (le), LVI. Bithynie; sa situation géographique, 115; sous le nom de Biihinia, dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XIP siècle, 114; son nom moderne, 270; dans la mappe- monde du Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 186 ; dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XlIP siècle, 270 ; liiihinia, dans la mappemonde d’Hereîord, 579. 459 Bizacium, célébrité de ce pays dans la géographie ancienne, 191 ; figuré comme ville, dans la mappemonde d’Hereford, 386. Blanche, voyez Mer. Blemmyes, 431 ; légende sur ces peuples d’Afrique dans la mappe- monde d’Hereford, 393 Bley, M., cité, 40. Bohême, 264, 321 ; Bohemia, dans la mappemonde de Mathieu Paris du Xllfe siècle, 263; séparée de la Pologne par des fleuves, dans cette mappemonde, 268 ; dans la carte d’Hereford, 320. Bologne, 311 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIIP siècle, 261 ; sous le nom de Bononia dans la mappemonde d’Hereford, 306. Bomacus, 364; Bomaque, légende sur cet animal dans la mappemonde d’Hereford, 363. Bonamy ; son Mémoire intitulé Réflexions générales sur les cartes géo- graphiques des anciens et sur les erreurs que les historiens d’Alexandre-le-Grand ont occasionnées dans la géographie, XXXIX. Bordeaux, dans la mappemonde d’Hereford, 300. Borcum; voyez Promontorium. Borysthène, 325. Bosnie, 185. Bosphore, 378, 419, — de Thrace, XLII, 146 ; Bosphorus Thracius dans la mappemonde d’Hereford d’une manière incorrecte, 418. Bosporani, dans la mappemonde de l’Apocalypse du musée Britan- nique, du XII® siècle; position géographique de la contrée habitée par les peuples de ce nom, 113. Boucher de la Richarderie ; sa Bibliothèque des Voyages, 280. Boukhara, 341. Bourges, 256. Bourgogne, 88; Burgondia dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 183 ; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XlIIe siècle, 263 ; dans la mappemonde d’Hereford, 303. Boyne (la), fleuve, figuré dans la mappemonde d’Hereford, 425. Brabant (le) dans la mappemonde de Mathieu Pâris du XIII® siècle, 263, 265 ; dans la mappemonde d’Hereford, 303, 304. Brachmanes, philosophes indiens; leur opinion sur la mesure de la terre, 12. Bragada flmius^ figuré dans la mappemonde d' Hereford, 384; son nom moderne, ihid. 460 — Brandebourg (le), IS'"). Bredow, cité, 22. Brême, dans la mappemonde d’Hereford, 320. Bretagne, 94. Bretons, 39. Brigancia; quelle est la ville qui correspond aujourd’hui à celle de ce nom figurée dans la mappemonde de la Cottonnienne, du X® siè- cle, 37 ; César aborde à cette ville, 38. Brigantia ; son phare, 298. Brigantiens, peuples de Brigantia, en Espagne, 37. Brindes, sous le nom de Brundisium, dans la mappemonde d’Hereford, 307 ; situation de cette ville, ibid. Britannia, 84, 126; dans la mappemonde de la Gottonienne, du X' siè- cle, 53, 73; dans la mappemonde d’Hereford, 420; voyez An* gleterre. Brosses (de) ; son Essai de Géographie étymologique sur les noms des peuples Scythes anciens et modernes, XXXVII, Brosses (Des); son Histoire de la République romaine, citée, 322. Bruncerio; légende sur ce pays, dans la mappemonde d’Hereford, 386. Brunet, M., 280 Brunetto Latini ; son opinion sur les zônes, 2. Brusiliana, 383. Brusis, dans la mappemonde d’Hereford, 207. Brussis, dans la mappemonde d’Hereford, est probablement Bruxen- tum, nommé plus tard Policastro, 308. Brusutus, dans la mappemonde d’Hereford, 383. Encéphale, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 331. Bugius fluvius, rivière imaginaire, 281. Bulgari, dans la mappemonde de la Gottonienne du X' siècle, 61. Bulgaria, dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 221 ; situa- tion de ce pays, ibid. ; dans la mappemonde d’Hereford, 322. Bulletin de la Société de géographie cité, 236, 276, 318. Bumadus, fleuve, 360; son nom actuel, ibid. Burckhardt cité au sujet des montagnes de la Nubie, 403. Burdigalia, Bordeaux, 220. Burgos, 109. Burgundiones, les Bourguignons, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII' siècle, 207 ; pays habité par ces peuples, ibid. Bursa, 377. Buthroton, Butrinto, 115. — 461 Bulir, fleuve de la Caramanie, 360. Bysance, 146. Byzacium, dans la mappemonde de la Cottonienne du X*" siècle, 68. Byzaclium, dans les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, du Xlle siècle, 191. Byzancena, dans la Sphera triplicata de Lambertus, 211. Byzantium, 587. c Cabillonum ; voyez Cbâlon. Cabo de Palmas, 592. Cabr-Ibrahim, nom que les Arabes donnent à la ville d’Arba, 372. Cadix, XLl, 73, 125, 265, 407 ; dans la mappemonde de Leipsig, du Xe siècle, 94 ; dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle ; voyez Ile. Cadmonaci^ peuple de la Palestine, dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 64. Caernarvon, 423. Ccesarea Palcstinœ, 66 . Caïn; sa postérité, 538. Caire (le), 404. Calabria, dans la mappemonde d’Hereford, 307. Calaria, dans la mappemonde d’Hereford, 379. Calaurie, île où périt Démosthène, 416. Calcidia, rivière d’Espagne dans la mappemonde d’Hereford, 296, 297, Caldea, dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 222. Calearsus ; voyez Lac. Calipso , voyez Iles. Callimaque, 414. Calmak, 210. Calpe, montagne indiquée dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siè- cle, 95 ; dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 178; voyez Mont et Montagne; détroit de Calpe, XLL Calsiria, dans la mappemonde de Lambertus du XII^ siècle, sous le nom de Calsinia, 188. Cam, 46, 286; descendant de Noé, a, pour sa part, l’Afrique ; voyez map- pemonde de Roda du IX® siècle. Cambrai; sous quel nom il se trouve mentionné dans la mappemonde d’Hereford, 503. — 4fi2 Cambridge, voyez Biblioüièque ; — Triniiy College, 126. Cainoens; iniluence (s’exercèrent sur ec grand poète les systèmes cosinographiques du moyen-age, CXV, Campania, mentionné dans la mappemonde d’Herelbrd , 308. Campbell, M., envoie de La Haye à l’auteur le fac-similé d’une des mappemondes de Lambert us, du manuscrit de la bibliothèque royale, 176; envoie à l’auteur le fac-similé d’un monument de Lamberlus de La Haye, I8î. Canal de Saint-George, 425. Canaries, figurées dans la mappemonde d’Hereford et accompagnées d’une légende, 433; voyez Iles. Cancer (le), figuré dans le système de Lambei tus du XII® siècle, 170. Cange (Du) cité, 77. Cani, voyez Iles. Cannifates, peuple de l’Asie sur la liste du Larabertus dé Gand, du Xlle siècle, 211. Cano, ruines signalées dans la Table Théodosienne, 419. Canope, voyez Ile. Canopus, constellation, dans le système de Lambertus, du Xlle siècle, 167; un des dieux de l’Égypte, 167. Cantuaria, Cantorbéry, figuré dans la mappemonde d’Hereford, 420. Cap d’Albatel, 583; — Armazon, sa position, 142; — Bojador, 68; — Bon, l’ancien promontoire de Mercure, 383 ; — de Ceuta, 233 ; — Coliaque, 193 ; — Cotés, 69 ; — Espartès, 148 ; — Finistère, 57; — Guardafui, 119, 432; — Partak, 1 19; — de la Torre, 411. Capbuse, ville détruite par Cyrus, 354. Cappadoce (la), 120, 321, 373 ; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 66 ; dans la mappemonde de Turin, du XII® siè- cle, 144 ; dans les mappemondes du Lambertus de Paris et de Gand, du XII® siècle, 187; scs limites, ibid..-, pays qui lui cor- respond aujourd’hui, ibicl.-, ses chevaux mentionnés dans les caries du moyen-âge, LVI. Cappadoces, dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du XII® siè- cle, 209. Cappadocia, dans la m.appemonde de Mathieu Paris, du XIII' siècle, 270; dans la mappemonde d’ilereford , 379. Capraria, nom ancien de l’ile de Gomera, 433; l’une des Canaries, si- gnalée d;ins la mappemonde d’Hereford, 433. Capricorne, constellation dans le système cosmographique de Lamber- lus, du Xll® siècle, 166. — 463 Capue (Capna), Capoue, indiquée dans les mappemondes du Larnbertus de Gand et de Paris, du XII« siècle, 183. Gara Issou , 373. Caramanie (la), 187. Carambis, voyez Promontoire. Caraon, l’un des canaux du Delta de la Susiane, 3o0. Carasmios ou Corasmios, peuple de l’Asie sur la mappemonde du Lam- berlus de Gand, du XII® siècle, 210. Carcaanos, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Larnbertus de Gand, du XIP siècle, 211. Garcanus Givitas, dans la mappemonde d’Hereford , 350 Carcine, 427. Cardia, dans la mappemonde d’Hereford , 316, 418. Cardiopolis; où cette ville était située, 316. Caria insula, signalée dans la mappemonde d’Hereford , 416. Caria mense, nom signalé dans la mappemonde d’Hereford, 415. Carie (la), dans l’Asie Mineure, 120, 188, 222, 293; indiquée sur les mappemondes du Larnbertus de Gand et de Paris, du XID siè- cle, 188; pays qu’elle renfermait selon l’ancienne géographie, îbid.-., contrées qui lui correspondent maintenant, ibid.-, indi- quée dans la mappemonde d’Hereford , 576. Carintbie (la), 184, 318. Carlisle, sous le nom de Carliia, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Carmanie, 353, 557, 360 ; sous le nom de Carmania regio, dans la map- pemonde d’Hereford, 349. Carniole (la), 184. Carpathe, voyez Ile. Carsus, fleuve, 56Zi. Carte de l’Afrique septentrionale de M. Lapie, 582; — de l’Angle- terre et de l’Écosse, dans le manuscrit de Mathieu Pâris, du XIID siècle, 255 ; de l’Asie, par Van Luchon, 193, 210; — de l’Europe au XII' siècle, qui se trouve dans le manuscrit de Larnbertus de Gand , 155 ; elle a été publiée par Mone et par M. de Saint-Génois, ibid.\ — de l’Europe, dans le manuscrit de Larnbertus de Gand, du XII' siècle, 184 ; — de la Palestine, par D’.Vnville, 186; — de la Terre-Sainte, dans le manuscrit de Mathieu Pâris, du XIII' siècle, 256;— Itinéraire de Londres à Jérusalem, dans le manuscrit de Mathieu Pâris, du XIII» siè- cle, 2.56 ; — d’Hécatée de Milet, gravée sur des tables d’airain, XLIV;— du monde du temps d’Agrippa, LXXXIII ; cartes des ? — 4G4 — portiques d’Aulnn, LXXXIII ; carte cottonieniie du X' siècle, •■29, 347 ; — de Sainl-Omfr, du X' au XI" siècle, citée, XXXIV, — de Lanibertus , du XII* siècle, XC ; — rectangulaire du XII« siècle dans le manuscrit de saint Jérôme, au Musée bri- tannique; quelques villes sont représentées par des édiQces, 24.}, 246; c’est un essai de carte géographique et non systé- matique, Ibid.; — de 1263, citée par Ortelius, 287 ; — d’Here- ford, LVII , LXXXVIII , 267; — de Pareto, de 143o, LXXIV; — de Ranulphus, 267 ; — de Shaw, voyez ce nom ; — Théodo- sienne, 149, 160; — des marches des armées d’Alexandre-le- Grand, voyez Barbier du Bocage ; — de Ptolémée, 119 ; in- connues avant le XV* siècle, LI. Cartes du moyen-âge; encore fort peu étudiées à l’époque de Malte- Brun, 128 ; importance de cette étude, XXXI ; raisons à l’appui, LVIII ; secours quelles offrent à l’histoire, ihid.-, causes prin- cipales des erreurs de position des lieux dans ces cartes, XXXII ; nature de ces erreurs, ibid.-, elles n’ont rien de ma- thématique, ibid.; elles n’offrent que les noms principaux, XXXIII ; sans méridiens ni projections parallèles, XXXIV ; leurs défauts, ibid.; éléments grecs qu’elles contiennent, LXXVI ; notions étrangères aux anciens, LI ; à la ün du XIII* siècle elles commencent à se perfectionner, LUI ; celles de grandes dimensions ne datent que du XIV* siècle, LIV; enluminures aussi barbares que l’art de ces époques, LXIX ; mérite des dessinateurs, LV ; progrès nul au XIII* siècle, LIV; progrès réel , sous le rapport hydrographique, pour les mers intérieures, ibid ; savants qui se sont occupés de ces cartes. LVIII ; méthode et motifs du classement adopté dans notre Atlas, LXXIV; cartes où l’Aryne se trouvait figurée, citées par Pierre d’Abano, XC. Cartes des modernes, insuffisantes pour résoudre les difficultés qu’of- frent les cartes anciennes; raisons à l’appui, LXXXIV. Cartenna, dans la mappemonde d’Hereford , 382. Carthage, 34, 97, 191, 384, 386 , 387, 412 ; dans la mappemonde d’Alby, du VIH* siècle, 30 ; dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siècle, 38; Cariago magna., sur la mappemonde de la Cot- tonienne, du X* siècle, 68 ; dans la mappemonde de Leipsig du Xle siècle, 96 ; Cariago magna, dans la mappemonde de l’Apoca- lypse, du XII® siècle, au Musée britannique, 122 ; Cartagn, dans la mappemonde de Guidonis, du XII' siècle, 226 ; dans la map- peiiionde du Sallusle de Florence, du X1I« siècle, 234 ; Carlago magna, dans la mappemonde d’Hereford , Carthagène, 261. Carthaginois, 97, Cartographe d’Hereford cité, XXVlI, Cartographes du moyen-âge ; procédé qu’ils employaient dans la cons- truction de leurs représentations grapldques, XXXIII ; notions qui les guidaient dans le tracé de la figure de la terre, XIV ; soins qu’ils mettaient à faire concorder les théories scienti- fiques et fes théories religieuses, XXXII ; ils représentent quelquefois la terre divisée en deux parties égales, XLV; ils placent en général l’Orient au haut de leurs caries, LXV; leurs motifs pour en agir ainsi, LXVI et suiv. ; leur ignorance des formes et des contours hydrographiques, XL; leur négligence dans l’orientation des grandes chaînes de montagnes, LXIX ; ils plaçaient l’Enfer elle Purgatoire, lorsqu’ils les indiquaient, dans les régions volcaniques, XXIV; ils représentent aussi la pluralité des cieux , XXVI; ils puisaient ces idées dans les traités contemporains sur la création , XXVII ; ils emprun- taient aussi aux chroniques et aux encyclopédies de ces épo- ques, XXXIII; ils représentent pour la plupart l’Océan envi- ronnant d’Homère, XLIII ; la dispersion de la famille de Noé sert aussi de base à leur ethnographie, XVII ; ils comprennent une partie de l’Asie dans le nord de l’Europe, XXXVII ; ils ne prolongent pas l’Asie au delà du Gange, avant le XV« siè- cle, XXXVIII ; le cartographe de Gand et de Paris, du XIP siè- cle, ne connaissait pas au-delà de V india uliitna, 190; ils con- naissaient moins l’Asie au delà du Gange que Ptolémée, XXXVIII ; ils faisaient presque tous tomber le Gange dans 1 Océan oriental , LXXXVII ; leur ignorance au sujet de l’A- frique, XXXIX; jusqu’au XIP siècle, ils ne signalent que les îles des mers intérieures , l’Angleterre, la Taprobane, et les îles d’Or et d’Argent, près du golfe persique, XL ; leurs con- naissances n allaient pas plus loin que la navigation de leurs contemporains, XLI; ils figuraient les colonnes d’Hercule comme les limites du monde, ibid.; ils confondaient les Daces avec les Gèles, XXXVII ; ils n’ont pas compris les divisions géographiques, même les plus générales du temps des Ro- mains, XLI; ils suivaient encore, à l’égard des contrées arméniennes, la géographie d Hérodote, 144 . ” 3ü — 466 — Carus cité, 171 , „ , Caspia, ville indiquée dans la mappemonde d'Herelord , o37. Caspienne, 16; voyez Mer. ^ Cassica, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 334 ; légen e sur celte ville, ibid. Csasini , son Mémoire sur l’île Taprobane, 430. Cassiopée, constellation, dans le système cosmographique de Lamber- tus du XlJe siècle, 166 ; elle y est déplacée, 168. Cassiopia, indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 416. Cassius, voyez Mont. < Catabanum, 390. Catabathon, la Marmarique, dans la mappemonde du Salluste de Flo- rence, du XII® siècle, 234. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque des ducs de Bourgogne à Bruxelles, 214 ; — de la Bibliothèque de Charles V, 230; - de la Coilôniemie, 48; - des cartes manuscrites du Musée britannique, 48, 49 , 76, 107, 247, 233 ; - de la bibliothèque de Saint-Omer, 82. Catana, sous le nom de Cana, dans la mappemonde d’Hereford, 111,412. Catapas Colonia, dans la mappemonde d’Hereford , 386. Calapbatmon, dans la Marmarique, signalé dans la mappemonde de Leipsig , du XI® siècle, 97. Catigara, pays qui portait ce nom , 13. Catigunos, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand , du XII® siècle, 211. Caton , 386. Caucase, XLIX, 343, 346 ; dans la mappemonde de Guidonis du XII® siè- cle, 225 ; voyez Mont. Caul , fleuve, 347. Caunus, voyez lies. Caystrus, fleuve, 66. Cecco d’Ascoli; opinion de cet auteur sur les zônes, 2; son planisphère, 281 ; ses commentaires sur Sacro Bosco, ibid. Cefissos, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand , du XII® siècle, 211. Celaunianos (Ceraunianos), peuple mentionné sur la liste de la map- pemonde du Lamberius de Gand , du XII® siècle, 211. Celtique (Gaule), 134 , 136. Centaure (le), constellation figurée dans le système de Lamberius, du XII* siècle, 170. • Cenum (ville de), 98. Céphallénie, aujoiird hui Kcphalonîa, indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 416. Cercles du monde, 3 ; — ou sphères concentriques figurant la pluralité des cieux , XXIII ; théorie des cercles, XXVI ; théorie de saint Jean Daraascène, ibîd.\ de Bède, ibid^ Cerf, figuré en Afrique dans la mappemonde d’Hereford, .398. Cerigo, voyez Iles. César, 68, 134; ses Commentaires cités, 116, 261. Césarée, 383; Cæsarea Philîppf, dans la carte de la Cottonienne, du X® siècle, 66; notions historiques sur cette ville, ibid. ; dans la mappemonde d’Hereford, 372 , 379. Césarée, ville d’Afrique, 101 , 121 ; dans la mappemonde d’Hereford, 382. Cestus (la ville de), 376. Ceuta, XLII , 67, 233. Cevennes (les), 216, 319. Ceylan, 242 ; voyez Iles ; voyez Taprobane. Chachina Portum et Civitas , indiqués dans la mappemonde d’Here- ford ,391. Chalcédoine, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 146 ; son nom actuel, ibtd.; détruite par Valens, ibid. ; ruinée par les Goths, ibid.; dans la mappemonde d’Hereford, 378. Chalcidium, le Platonicien, 160. Chalcorichii montes, 148- Chaldée, 362 ; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 61 ; Caîdea, dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du Musée britannique, du XII® siècle, 119; dans les mappe- mondes du Lamberius de Paris et de Gand , du XII® siècle limites anciennes de ce pays, ibid. Chaldéens, 16, 166 ; leurs observations astronomiques, XCI ; leur divi- sion du zodiaque, 200. Châlon, Cabillonum, sous le nom de GabiUa dans la mappemonde d’He- reford, 304. Cham, villes qui échurent à sa postérité dans l’Afrique; légende de la mappemonde du manuscrit du XI® siècle, n» 6371, de la Biblio- thèque nationale de Paris, 103; voyez Cam. Chameaux de la Bactriane, dans les cartes du moyen-âge, LVI; légende sur ces animaux dans la mappemonde d’Hereford, 368. Chananéens, 66. Char des Dieux, voyez Montagne. — 468 — Charlemagne, 183. Charles V, dit le Sage, 250. Chartres, dans la mappemonde d’Hereford ,301. Charybde ; comment cet écueil est figuré dans la mappemonde d He- reford ,410. Cherchell, ville d’ Afrique, 121, 381. Chérif-Eddin-Ali, 341. Chersonnèse-Cimbrique, 50; — de Thrace, 184, 316;— dOr, lo; — Taurique, 427. Chester, sous le nom de Cesiria, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Chèvres des îles Fortunées menlinnnées dans certaines cartes du moyen-âge, LVI. Chiangara, pays de la Turquie d’Asie, 188. Chien (le), constellation, 166, 168. Chiens albanais signalés dans les mappemondes du moyen-âge, LYl. Chine (la), 344. Chio, vbyez Ile. Chiontaïe, 188. Chlamyde; forme de la Terre, XXII. Choaspe, cours de ce fleuve, 360. Chorasan, province de Perse, 188. . Chouchter, 337. Chrétiens primitïfs,fréquen laient les écoles des philosophes païens, XX\ . Chronique d’Angleterre, par Strutt, 48. Chrysorrhoas ou courant d’or, fleuve, 365. Chusistan (le), 209, 211. Chypre figurée dans la mappemonde d’Hereford, avec une légende sur sa longueur et sa largeur, 418; voyez Ile. Ciampi; sa Notice sur le Campo Santo de Pise, XXIV. Cicéron cité, XXV, XLIV, 188; passage de cet auteur sur la Sphère d’Archimède, XX; son opinion sur la forme de la terre, 258; pensait que la zône torride était inhabitable, 2. Cidara, fleuve, indiqué dans Pline, 429. Ciel de la Trinité indiqué par Bède, XXVI; - des Anges, de Bède, figuré dans quelques représentations graphiques, XXVI; — de Saint-Paul ; les pères de l’église te considéraient d’une manière figurée et symbolique, 166; — de Saturne; ce qu’on y lit dans le système de Lambertus, du XII* siècle, 170 : — de Jupiter, dans le système de Lambertus, du XIP siècle, 170 Cieux (pluralité des), selon les théories du moyen-âge, XXIIl. — 469 — Cilicia, dans la mappemonde de la bibliothèque de Strasbourg, du IX® siècle, 37; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 53, 66; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 187: pays qui y correspond aujourd’hui, ibid. Cimbres (les), 264. Cimmerium mare, 328; dans la mappemonde d’Hereford, 419. Cînnamome, dans les cartes du moyen-âge, XLVI ; contrées qui le pro- duisent, 119. Ciprus, lie placée sur la mappemonde d’Hereford, dans l’Océan, près de la mer Rouge, 430. Circassie, 321. Cisalpine (la), 137. Citta di Castello, 311. Clarus mons, dans la mappemonde d’Hereford, 299- Claudien cité, 206; son poème sur le Phénix, 117. Cléanlhe cité, 2, 196. Clee-Hill, sous le nom de Mons cieve, dans la mappemonde d’Hereford, 423, 424. Clément d’Alexandrie ; passage de cet auteur sur la zône australe tem- pérée, XLVI. Cléomède cité, 2, Cléopâtre; son royaume indiqué sur la mappemonde d’Hereford, 354. Clermont, 299. Climat, heureux au delà des monts Riphées, XV. Climats, théorie de Geminus, XXIX; — de Strabon, ibid,-, de Pline, ibid.-, de Pto- lémée, ibid.-, de Marcianus Capella, ibid.-, cette division ser- vait à indiquer les latitudes des lieux, XXIX; la théorie figurée dans certaines représentations du moyen-âge, XXIX ; les Arabes l’ont adoptée des anciens, XXIX. Climatologie, dans les cartes du moyen-âge, XV, XVI ; — de l’Asie Boréale; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Here- ford, 338. Climax, voyez Mont. Clippeas, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 385. Cliusta lluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 388. Cluvier cité, 408, 409. Codanus sinus, golfe qui lui correspond aujourd’hui, 325. Caire (le), 318. Cocceius, Marcus, LXIII. 470 — Colchesier, sous le nom de Colecestria, dans la mappemonde d'Here- ford, 421. Colchide, 115, 269, 270, 292, 329, 330, 419; dans la mappemonde de la Cottonienne du X' siècle, 61; pays qui lui correspond ac- tuellement, 269. Colcliiens, Colci, dans la mappemonde du X1I‘ siècle, du manuscrit de l’Apocalypse au Musée Britannique, 113 ; position géographique de ce pays, ibid. Colchos, dans la Sphera triplicata du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 208. Colne Iluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 421. Cologne, sous le nom de Colonia, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII' siècle, 263. Colomb (Christophe), LXIX; source oü il a puisé l’idée qu’il se formait de la figure de la terre, LIX ; passage de M. Reinaud au sujet de cette idée, LX ; influence exercée sur lui par les systèmes cosmographiques du moyen-âge, CXV. Colonie de Lix, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 381. Colonnes de Briarée, XLl. Colonnes d’Hercule.XLI, 32, 78, 158, 178, 380, 392; Notices historiques sur ce mythe géographique, XLI ; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 51 ; quel nombre de colonnes in- dique Strabon, 52; combien en indique Paléphate, ibid.\ ce que rapporte Marcien à cet égard, ibld. \ dans la mappemonde de la Cottonienne du X' siècle, 73 ; passage d’Isidore de Sé- ville à ce sujet, 78; au nombre de deux dans la mappemonde du Priscien du Musée Britannique, manuscrit du X' siècle, 78; passage de Pline à ce sujet, 79; passage de Mêla, ibid.\ dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 191; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIll® siècle, 272; légende à cet égard dans la mappemonde d’Here- ford, 296. Colonnes de Saturne, XLl. Coltelaso (île de), 409. Colubraria, voyez Ile. Comagène, province de la Syrie, dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 64; dans la mappemonde d’Hereford, 364. Commentaires sur le Timée par Chalcidium, 160. Compostelle, 297. Conciius flHvius, dans la mappemonde d’Hereford, 360. V — 471 — Concordia, ville de l’Italie mentionnée dans la mappemonde d’Here- ford, 311. Constance Chlore (l’empereur), sa résidence à York, 422. Constantia, nom que Salamis de Crète reçut au IV* siècle, aujourd’hui Porto Constanza, 418. Constantin, empereur, 217. Constantin Porphyrogénète ; son livre De admînisirando imperio c\\é^ 322. Constantinople, 292 ; représenté dans la mappemonde de Charlemagne, 23 ; figuré dans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 53, 60; dans la mappemonde de Leipsig, du XII® siècle, 95; sous la dénomination de consiantinopoli dans la mappemonde du XII* siècle, du manuscrit de l’Apocalypse au Musée Bri- tannique, 112, 113; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 138 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XII* siècle, 218 ; dans la mappemonde de Mathieu Pâris du XIII® siècle, 262; dans la mappemonde d'Hereford, 315; légende qu’on y remarque, ibid.\ 316. Cook ; son voyage cité, 277. Cophène, 355. Coranis flmîus, dans la mappemonde d’Hereford, 361. Corasmios, peuple de l’Asie, dans la Sphera triplicata du Lambertus de Gand, du XII» siècle, 209. Cordoue, dans la mappemonde d’Hereford du XIII* siècle, 296. Corinthe, 183, 218. Corne d'Ammon, dans la mappemonde d’Hereford, 402. Corne du couchant, 67, 194. Cornouailles, 426. Cornubia, Cornouailles, dans la mappemonde d’Hereford, 420. Cornus fluvîus, dans la mappemonde d’Hereford, 324. Corogne (la), voyez Betansos. Corse (la), 409; dans la mappemonde d’Hereford; légende qu’on y trouve au sujet de cette île, 407 ; voyez Ile. Cortès y Lopez, cité, 409. Corura, 343. Cosraas cité, 257,295, 355; son voyage dans l’Inde et en Ethiopie, 9; époque où il écrivit; époque de sa mort, ibid.; ouvrages qu’il composa, 14; son système, 20; soutenait que la terre était de la forme du tabernacle de Moïse, 17 ; explique son système cosmographique d’après la doctrine des pères de l’Église, 17; w I 1 iii I « » i 472 — offre l'image des premiers essais géographiques des Grecs, 20, son opinion sur les zônes, 1 ; réfute ceux qui soutenaient que la terre était de la forme d'un globe, 10; sujets qu’il traite dans son ouvrage cosmographique, II; ce qu’on lui doit de connaissances sur les contrées de l’Inde, 13; il a conservé les inscriptions grecques A' AduUs^ 13; il a composé un calendrier agronomique égyptien, ibid.\ son ouvrage publié par Mont- faucon, 13; c’est un mélange des doctrines des Indiens, des Chaldéens, des Grecs, et des pères de l’Église, 13 ; est consi- déré par Schoell comnae le géographe le plus important du moyen-âge, 11. Cosmographes anciens cités par Guidopis, 213; — Indiens, 14. Cosmographie, XX, 10 ; — des Grecs défendue par Philon et Origène, XVIIl ; — des anciens et du christianisme, XXIV; — manuscrite de Jean de Beauvau citée, LX; — manuscrile du Vlb siècle, LX; — d’Asaph, 99 ; — des pères de l’Église, 17; universelle attri- buée à Cosmas, 14, Coupole du monde ; voyez Aryne et Arin, Couronne (la), constellation dans le système cosmographique de Lam- bertos du XIP siècle, 166; — d’Ariadne, figure représentant cette constellalipn, ibid. Cracovie, 236. Crassus ; la description et la délimitation du inonde romain continuée sous son consulat, 162. Craies cité, 2. Cranaudos, peuples de l’Asie mentionnés dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII' siècle, 2>0. Crésus, 334 ; ses richesses provenant de l’or du Pactole, 379. Crète, figurée avec son labyrinthe dans la mappemonde d’Hereford, 412 ; légende de celle mappemonde, 413; voyez Ile. Crise insula, l’îlc d’or, figurée dans la mappemonde d’Hereford à l’entrée du golfe Persique, 4^9; voyez Ile. Criselida, île placée dans l’Océan Scyfhique, dans la mappemonde d’Hereford, 427. Criieron fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 331. Crise, île, 246; dans la mappemopde de Turin, du XII* siècle, 132; Crysea dans les mappemondes de Lambertqs de Gand et de Paris, du XII* sièçle, 189. Croatie, 136, 184, 217, 262. Crocodile, dans les cartes du moyen-âge, LVI ; figuré près de l’Hydaspc, — 473 — dans la mappemonde d’Hereford, 552; à Meroë, dans la map- pemonde d’Hereford ; description que Solin en donne, 404. Croisades, 373 ; leur influence sur la cartographie. LIV. Crotona, sous le nom de Gotona dans la mappemonde d’Hereford, 307. Cryse, voyez Crise. Ctésias cité, 70, 346 ; son opinion sur l’étendue des Indes, 336. Cuenche (Hle de) ; la même qu’Evenche ; voyez ce nom. Culm, 221, Cumania, 224. Cumos, peuple d'Asie, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 208. Cumos Druces, peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII« siècle, 210. Cunwey, sur le fleuve S. Davi, dans la mappemonde d’Hereford, 423. Curia, fleuve, 518. Curumbi civitas, dans la mappemonde d’Hereford, 385. Cuvier cité, LVI ; ses notes sur Pline, 363 ; ses notes sur le VIII* livre de Pline, 406. Cuvona, 210. Cuxhaven (le port de), 264. Cyalasar, nom inscrit sur les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du Xfl® siècle, 188. Cyclades; comment ces îles sont figurées dans la jnappemonde d’He- reford, 416 ; légende sur leur nombre et l’espace qu’elles oc- cupent, 417 ; voyez Iles, Cyconas, 342. Cydnus, fleuve, 375. Cydonée, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 413. Cygne (le), constellation, dans le système de Lambertus, du XII« siècle, 166, 167, 168. Cynocéphales, indiqués à l’extrémité méridionale de l’Afrique, dajis la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 69, 70 ; placés dans la Scandinavie sur la mappemonde d’Hereford, 324. Cyrène, 39, 402; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 191 ; dans la Sphera triplicata de Lam- bertus, 211; dans la mappemonde d’Hereford, 387. Cyrénaïque (la), 39, 68, 72, 97, 400; dans la Sphera triplicata de Lam- bertus, 211. Cyrille cité, 117. Cyropolis, 343. — 474 — Cyrus, 554; sépulcre de ce prince d’après Solin, 35‘J. Cyrus, fleuve, 351. Cyihera, dans la mappemonde d’Hereford, 312. Cyzique, sous le nom de Siiium, dans la mappemonde d’Hereford, 377. D Daces, XXXVII. Daciat, fleuve, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 299. Dacie, 321 ; sous le nom de Dada, 133; — cis-istrienne, 184, 221 ; le Danemarck dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 36 ; Gothia, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 60; Datia, dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 183; peuple qui lui correspond au- jourd’hui, ibid.’, dans la mappemonde de Guidonis, 221 ; dans la mappemonde de Saint-Omer, 264; dans la mappemonde d’Hereford, 322. Dactianos, peuple d’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 210. Daled, 369. Dalida fluvius, dans la mappemonde d’Hereford , 349. Dalmatie, 222; Dalmaiia, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 60 ; Dalmada, dans la mappemonde de Turin , du Xlle siècle, 136; Dalmada, àâüs les mappemondes du Lamber- tus de Gand et de Paris, du XIL siècle, 184; dans la mappe- monde de Guidonis, du XII^ siècle, 217 ; ses limites actuelles, ibid.; notices historiques sur cette province, 217; n’est point signalée dans la mappemonde de Mathieu Paris, 262. Damas, 187. Dan (tribu de), dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 63. Danapros; ce nom paraît pour la première fois dans les Bysantins, 522. Danemarck (le), 36, 183; sous le nom de Dada, dans la mappemonde de Mathieu Pàris du XIII® siècle, 264. Voyez Dada. Dante (le),XLI ; influence qu’exercèrent sur lui les systèmes du moyen- âge, CXV; ses opinions sur les zônes, 2; cité au sujet des monts Riphées, 180. Dantzick, 221. Danube, fleuve, LV, 37, 79, 124, 133, 184, 206, 263, 267, 269, 275, 314—322, 419; Danubius fluvius, dans la mappemonde de la Cottonienne, du Xe siècle, 60 ; dans la mappemonde de Leip- sig du XI* siècle, 95; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII* siècle, 113; son cours dans celte mappemonde, ibid-, confondu avec le Rhin, dans la mappemonde de Turin, du XII* siècle, 136 ; Danubius, dans la mappemonde de Guidonis, du XII* siècle, 221 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIII* siècle, 264—265 ; dans la mappemonde d’Hereford, 318 ; légende concernant ce fleuve, 322. Daous ou Danul fluvius, dans la mappemonde d’Hereford du XIII* siè- cle, 293. Daphnae, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 389. Darat, sous le nom de Fluvius Dara, dans la mappemonde d’Hereford, 397. Dardanelles (les), 184, 315, 418. Dardania, dans la mappemonde de Turin du XII* siècle, 135; position de cette province, ibid. ; dans les mappemondes de Lamber- tos de Paris et de Gand, 184; dans la mappemonde de Guido- nis, du Xlle siècle, 221 ; dans la mappemonde d’Hereford, 314. Dariel, 224. Dascylium, fleuve nommé aujourd’hui Diaskilo, 378. Dati, Leonardo ; son poème géographique ; petites mappemondes qu’on y rencontre, LVII. Dauphin (le), constellation dans le système cosmologique de Lam- bertos, du Xlle siècle, 168, 169 ; histoire de cette constellation, ibid., note 3. Décapole ; légende sur ce pays dans la mappemonde d’Hereford, 365 ; histoire de ce pays, 366. Découverte du Nouveau-Monde, LXI ; les Découvertes des Portugais en Afrique et des Espagnols en Amérique prouvèrent que la zone torride était habitée, XXIX; les Découvertes géographiques ne sont pas toujours bien connues des siècles contemporains, LIL Dédale, 413. Dee (la), rivière figurée dans la mappemonde d’Hereford, 422, 423; Delambre; son histoire de l’astronomie ancienne citée, 165; n’a pas connu les représentations cosmographiques dessinées au moyen-âge, LXIII. Delisle, 279. Delminium, dans l’Illyricum, mentionné dans la mappemonde d’Here- ford , 311. I — 476 — Delos, 376, 416; légende sur l’oracle d’Apollon, dans la mappemonde d’Hereford, 293; l’ile dans cette mappemonde, 312. Delrio cité, 282. Delta, 36, 68, 389; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Here- ford, 388. Deltoion, le triangle, constellation, dans le système de Lambertus, du X1I« siècle, 169. Demeorata, île figurée, dans la mappemonde d’Hereford , en face des monts Riphées ; légende historique qui s’y trouvo, 426. Demetrius Nicanor, 104. Démosthènes, 416. Dendera, 402. Denis, M. Ferdinand ; son ouvrage, le Monde enchanté cité, 22. Denys le Périégète cité, 53, 330, 422 ; sa théorie du cours du Tanaïs, XLVIII. Dervials, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, sphera triplicata, du Xll^ siècle, 209. Derwent, rivière de l’Angleterre figurée dans 1a mappemonde d’Here- ford, 422. Desipea, nom corrompu d’une île figurée sur la mappemonde d’Here- ford, 409. Desmond (comté de), en Irlande, 423. Détroit deBab-el-Mandeb, 119;— de Gallipoli, 184; — de Gadès (Cadix), ou de Gibraltar, XLI, XCII , 32, 43, 51, 139, 226, 233, 272, 296, 380, 392, 420, 432 ; — de Sicile, XLII. Deutéronome (le) cité, 118. De vaines, D; règles paléographiques établies par ce diplomatiste, LXXVI . Devon (comté de), 420. Diane, son culte à Délos, 312 ; — Susienne ; son temple,, 357. Diaskilo, voyez Dascylium. Dicéarque cité, XLII ; rectifia, dit-on, la carte d’Hécatée de Milet, XLI V. Dicuil, auteur du IX® siècle, 83, 206, 293, 319 ; passage de cet auteur sur l’île de Tyle, 85, 86. Didimée, voyez Ile. Didymen, nom donné par Solin à une île à l’embouchure du Tibre, 410. Dieu placé au-dessus de toutes les sphères dans les représentations gra- phiques du moyen-âge, XXVII ; représenté au haut du système cosmologique de Lambertus, du XII® siècle, 171. Difficultés avec lesquelles nous avons eu à lutter pour réunir un nom- bre si considérable de monuments géographiques, LXXVUI. Dijon, 86. Diraaque cité, LXXXVII, .344. Dimîdia Mariasse, tribu juive, dans la mappemonde de la Cottonienne, du Xe siècle, 63; dans la mappemonde d’Hereford, 372. Diodore de Sicile cité, 120, 401, 407, 411, 413, 417. Diogène Laërce cité, 171. Diomède, voyez Ile. Dion Cassius; passage géographique de cet auteur, 57, 5S, en note; cité 63, 121, 144, 183. Dionysie, nom ancien de Naxos, 415. Dioscoridis insula ; voyez Socotora. Diospolis, indiqué dans la mappemonde dTîereford , 375; Djebelzatoute, cap de Ceuta, 233. Djihoun, 342. Dnieper, fleuve, 62, 219 ; sous le nom de Danaper dans la mappemonde d’Ilereford , 322. Dniester, fleuve, 61. Dobur, fleuve de l’Angleterre ancienne figuré dans la mappemonde d’Hereford, 420. Dodwell , XLIV. Don (le) ; voyez Tanaïs. Dora, 69. Dordogne (la), dans la mappemonde d’Hereford du XIV® siècle, 300. Doria, Theodisio ; son expédition au XIII» siècle; appréciation de cette expédition par Naudé, 282. Douro, fleuve, signalé dans la mappemonde d’Hereford , 297. Douvres, 236. Dragon (le) , constellation dans le système cosmographique de Lam- bertus, du XII® siècle, 167, 168. Dragons, mentionnés dans les livres sacrés, XLIII ; gardiens de l’or, fable relatée dans la mappemonde d’Hereford , 346 ; dans la ville d’Adaber, sur la même mappemonde, 403 ; figurés sur l’île de Taprobane, dans la môme mappemonde, 430. Dragonera, voyez îles. Drave, rivière de la Hongrie, 184, 267 ; dans la mappemonde d’Here- ford, 303. Drepanum ; voyez Promontoire. Dublin, sons le nom d'Vblana {Oblana), dans la mappemonde de la Cot- tonienne du X® siècle, 73; sous le nom de civiles D/»cbn,dans la mappemonde d’Hereford , 423 ; voyez Gough, — 478 — Dubuni, fleuve, près des sources de la Tamise, 421. Üufailelle (M.) ; sa notice sur le manuscrit de Saint-Omer, 82 ; il y trouve une nouvelle représentation cosmographique, ibid. Dun (la), sous le nom de Fluvius Don , dans la mappemonde d’Here- ford , 422. Dupinet cité, 392 ; au sujet des Arimaspes, 267. Dupuis cité au sujet du zodiaque qu’on remarque à l’église de Notre- Dame de Paris, LXX. Duracium, dans la mappemonde d'Hereford, 311 ; son nom actuel, ibid. Durazzo, 511. Dureus, le Douro, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Durobrivis, la moderne Rochester, selon D’Anville, 421. Dyriodoris, fleuve, 224 : fleuve qui lui correspond , ibid. Dyris, fleuve du pays des Berbères, 397. E Eale (1’), animal flguré sur la mappemonde d’Hereford; légende à ce sujet, LVI , 390. Eborac, voyez York. Eboracura, nom ancien d’York, 422. Ebos, voyez Ile. Ebre (1’), 178; figuré dans la mappemonde d’Hereford , 296 ; y porte le nom de Fluvius Hiber., 298. Ebredunum, voyez Embrun. Ebron, 63; ville figurée dans la mappemonde d’Hereford, 371; voyez Hébron. Ebusus, nom ancien de l’ile d’Iviça, 407 ; voyez Ebosia. Ecatos, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand du Xlle siècle, 208. Ecbatane, 159, 536; dans les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, du XII^ siècle, 191. Ecbatanos, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xll® siècle, 211. Ecliptique (1’), 168. Ecosse, 235, 294, 320; les contours hydrographiques de ce pays sont tout bouleversés dans la mappemonde de la Gottonienne du X® siècle, 73; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 94; sous le nom de Scoiia insula, dans la mappemonde de l’A- — 479 — pocalypse du Musée britannique, du XII® siècle, i08; placée en face de Lisbonne dans celle mappemonde, 12o, 126; Scotia insula dans la mappemonde deTurin, 135 ; dans la mappemonde d'Hereford , 420; elle y est séparée de l’Angleterre par la Tweed , 424 ; comment elle s’y trouve placée, 42o ; îles placées au nord de ce pays dans celte mappemonde, 426. Eden, 17. Edifice représentant le campd’Alexandre-le-Grand et accompagné d’une légende dans la mappemonde d’Hereford, 401. Edimbourg, sous le nom d’Edünbnrgh dans la mappemonde d’Here- ford , 424. Edisiah, position de ce fleuve, 342. Edissa portus, 409. Edissa, île indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 409. Edouard I®’’, roi d’Angleterre, 421. Edrisi cité au sujet de Gherma, l’ancienne Garama, 401. Effraim, signalé dans la mappemonde de la Cottonienne, O"?. Egea, 418. Eginliard cité, 25 ; texte de cet auteur, 24. Egipans, 596. Egypte (1’), LTV, 7, 14, 16, 53, 71, 72, 101, 118, 123, 159, 570, 571, 389, 592, 393, 403; celle contrée paraît encore former partie de l’Asie dans la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 29; com- prise dans l’Asie sur la mappemonde de Strasbourg du IX® siè- cle, 38; comment elle est placée dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle,' 98; sous le nom d’Egiptus, dans la map- pemonde du manuscrit de l’Apocalypse du Musée britannique, du XII® siècle, 122 ; dans la sphera triplicata de Lambertus, du XII® siècle, 211; dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siè- cle, 226; dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII® siècle, 232; dans la mappemonde d'Hereford, 291. — Supérieure, 56 ; Egyptus superior, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 73; daus les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, 190. — Inférieure, ?6id.,359; 388 ; — voyez Savary. Egyptiens, 118; leur année caniculaire, ibid., 165. Egyptus, fleuve d’Homère, figuré dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 50. Ekron, voyez Accaron. El-Arich , 370. — -Î80 Kl Barcnlon, nom moderne de Parœionium,ôSS. Elbe, fleuve, 37, 185, 206, 261, 320 ; limite des connaissances géogra- phiques positives des Romains au temps de Strabon, LI ; son nom ancien, 320; pays qu’il traverse, 261 ; sous le nom à'Elples fluvius, dans la mappemonde de Mathieu Paris, du Xllle siècle, 264, 265. Elbourz , voyez Mont. Elbrouz, Mont. ; observations de Potocki sur cette montagne, 13. Elegos, 539, Elemenia Astronoraica; voyez Geminus. Eléphant, LVI, 403; — de la Taprobane, 430. Elle de Derham, auteur du XlIIe siècle; flgure cosmographique qui se trouve dans un manuscrit de ses ouvrages, au Musée Britan- nique, 247. Elien cité, 70. Elles fluvius, dans la carte d’Hereford, 313. Elusa, 570. Ely (tour d’), 421. Embrun, sous le nom d’^l/rcdunum, dans la mappemonde d’Hereford, 303. Emeric-David ; son Histoire de la gravure citée, 23. Empédocle cité, LXVll. Ems (1’), 319. Encyclopédie des gens du monde citée, 22. Enfer, 435 ; représenté dans les mappemondes du moyen-âge, XXIV. Enoch fonde la ville d’Enos, 347. Enos ; légende sur cette ville dans la mappemonde d’Hereford, 347. Enseignement philosophique que nous pouvons puiser dans l’étude des caries du moyen-âge, XIII. Enusa fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 31?. Eole; fiction homérique figurée dans une carte, LXXI. Eolie, 414. Eoliennes, voyez Iles. Eone insula, figurée dans l’océan scythique, sur la mappemonde d’He- reford, 428. Eones, position de ces peuples; légende dans la mappemonde d’Here- ford, 310. Eotomare portus, 348. Eove (Æoliæ), une des îles de Lipari dans la mappemonde d’Here- ford, 410. Epaminondas, sa vicloire de Leuclres, 313. — 481 Èphesus, Ephèse, dans la mappemonde de la Collonienne, du siè^' de, 66 ; sons le nom û' Ephesus civitas dans la mappemonde d’Hereford, 576. Ephore figurait la terre cofmme Cosmas ; voyez Terre. Epiplianius cité, 117. Epire, 184; Epirum dans la mappemonde de Turin, du XII« siècle, 156, 137. Equinoxiale, XXX. Eratostliène cité, LXXXVII, 12, 52, 76, 227, 253, 344 ; son système sur la forme de l’Afrique suivi par Asaph, dans sa mappemonde du Xle siècle, 102; cité au sujet de la théorie de la terre trans- océanique, 202; au sujet de son système orogfaphique de la chaîne du Caucase, 224 ; détermine à Syène le premier degré, et par conséquent la circonférence de la terre dans le voisinage du tropique, 403 ; place comme Dicéarque les Colonnes d’Her cule à Cadix, XLII. Erax-Atzem, province de la Perse, 188. Erekli, nom actuel d’HéracIée, 315; nom moA^rne â' Heraclea Pontira, 378. Ericusâ, voyez Île. Eridan (1'), constellation, fleuve Océan ou le Nil, figuré dans le système cosraographique de Lambertus, du XIP siècle, 167. Eridanus fluvius dans la mappemonde d’Hereford, voyez Pô. Erisiones, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 211. Erisso ; son nom ancien, 314. Escaut (1’}, 263, 503. Escuriâl (!’), 33. Espace igné, XXVÏ. Espagne, LV, XCII, 130, 134, 137, 158, 185, 220, 298, 299; figurée dans la mappemonde d’Alby, du VIIP siècle, 25, 27 ; position de ce pays d’après la rose des vents, selon saint Jean Damascène, 52 ; dans la mappemonde de la Cottonienne du X^ siècle, 57, 58 ; dans la mappemonde de Dijon, du XP siècle, 89; soUs le nom' A'ispania dans la mappemonde de Leipsig du XP siècle, 93- dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique du XII® siècle. Ht; sous le nom de Sp-mfa dans cette mappe- monde, 112 ; division géographique ancienne de celte contrée, 122; sous le mm A' Hispania dans la mappemonde de Lambertus de La Haye, 178; comment elle est figurée dans les mappe- 11 31 — 482 — moîîtics des üianuscrils de Lambertus du Xll^ siècle el dans la l Opie de Paris, 183 ; Spania dans la mappemonde de Guidonis, (lu Xlle siècle, 216 ; Uispanîa dans la mappemonde du Sallusle de Florence, dü XII^ siècle, 232; dans la mappemonde d’Kere- ford, du Xllle siècle, 296. — inférieure, Hispania inferior, dans cette mappemonde, 297. Espagnols, 2; leurs découvertes en Amérique prouvent que la zone torride est habitée, XXIX. Essedons, peuple de la Scythie ; légende qui les concerne dans la map- pemonde d’ Hereford. 327, 529 ; signification de ce mot, ibid.-, combattant les griffons, 530. Essex (comté d’), 42 i. Etbam civitas, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 590. Ether ;le cercle de l’), XXVI. Kthiopes, dans la mappemonde de la Coitonienne, du X!I« siècle, 72; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 97. Ethiopie, 7, 14, ol, 116, 144, 1.32, 598, 403 ; seul nom géographique qui ’se trouve au sud de la Mauritanie, dans la mappemonde d’Alby, du Vlil® siècle, 50; position de cette contrée, selon saint Jean Damascène, 32; Ethiopia, dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siècle, 39; — desrrta, dans la mappemonde de la Cot- tonienne, du X® siècle, 75; légende relative à ce pays dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du Musée Britan- nique, du XII® siècle, 123; — méridionale déserte, 159; dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du XII® siècle, 174 ; — déserte dans les mappemondes de Lamberlus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 192; dans la sphera triplicala de Lam- bertus, 211 ; dans la mappemonde de Guidonis du XII® siè- cle, 227 ; — orientale, 227 ; elle est placée entre les deux Nils systématiques dans la mappemonde d’Hereford, 402; — occi- dentale, 227 ; les deux Ethiopies d’Homère, idée adoptée par les cartographes du moyen-âge jusqu’au XVI® siècle, L. Ethiopiens, XLVII, 1 58, 592 ; - rm'vini ; légende de la mappemonde d’He- reford qui les concerne, 595; — Tanginei, légende de la même mappemonde, 396; — Gogincs, de la même mappemonde, 597. Etienne de Bysance cité, 65, 90, 187, 189. 211, 590, 410, 415. Ellandia, 265. Etna (T), 410, 412; voyez Mont. Eubée (1’), lie grecque, dçtns la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 28; voyez Ile. 483 — Eudoxe de Guide, disciple de Platon, figure le premier les constella- tions sur la sphère d’Archimède, XXI. Euleus fluvius, 330, 356 ; son nom actuel ibîd. Eumenos, peuple d’Asie, dans la mappemonde du Lambertus deGand, du Xlle siècle, 208. Euphrate (!’), 16, 19, 21, 187, 189, 222, 22i, 223, .343, 347, 349, 351, 359, 360, 561, 363, 364, 367 ; comment il est marqué dans la map- pemonde de la Cotlonienne, du X« siècle, 54; dans la map- pemonde de Turin, du Xll^ siècle, 140, 142; — l’im des fieuves du Paradis, 144. Euria, ville de la Marmarica, 385. Europe, XXXVIl, LVII, LXIX, LXXXVH, XCII, XCIII, XCV, 40, 42, 43 103,109, 124, 132, 138, lZi5, 150, 160, 165, 174, 177, 179, 184, 185, 187, 202, 206, 208, 214, 215, 218, 263, 278, 279, 285, 299, 313, 315, 323, 326, 344, 415 ; — occidentale, 237 ; description de cette partie du monde dans la mappemonde d’Alby, du VIIP siècle, 27, 28, 30, 32 ; dans la mappemonde de !a bibliothèque de Roda, 33; elle y est considérée comme le pays froid par excel- lence, 34 ; dans la mappemonde de Strasbourg du IX^ siècle, .33^ 56; dans la mappemonde de Macrobe du Xe siècle, ibid. ; dans la mappemonde du manuscrit de Salluste de la Laurenciana, du Xe siècle, 44; une grande partie de ce continent paraît être inconnue à l’auteur de la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 50 ; description de l’Europe dans cette mappemonde, 57 ; elle n’offre pas un nom sur les côtes de la France et de la Belgique, 60 ; dans la mappemonde du manuscrit de Priscien du X® siècle, au Musée Britannique, 79; dans la mappemonde de Saint-Omer du XI® siècle, 83 ; le nom seul y est inscrit, 84; noms inscrits dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 89; dans la mappemonde de Leipsig du XI®siècle, 94; Eitropa dans cette mappemonde, 95; Europn dans la mappemonde d’Asaph, du XI® siècle, 101 ; légende inscrite sur ce continent dans la mappemonde du XI® siècle, du manuscrit n» 5371 de la Biblio- thèque nationale de Paris, 104; origine de ce nom, ibid. ; dans la mappemonde de l’Apocalypse du îîusée Britannique, du XII® siècle, 108 ; description, 111 ; F.urrpa, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133 ; description, ibid. ; dans la mappe- monde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 173 ; Eiiropa dans la mappemonde de Lambertus de La Haye; description, 178 17,9 ; dans la mappemonde de Lambertus de Paris et de Gand; 484 I 1 « I I n descripliDii, 183; dans la sphera triplicata du Laniberlus de Gand du Xlie siècle; description, 203; liste des peuples inscrite sur celte mappemonde, ibid. ; dans la mappemande de Guido- nis, du Xlle siècle, 212, 216—222; signalée en lettres rouges dans la petite mappemonde de Guidonis du XII® siècle. 229 ; dans la mappemonde du Sallusle de Florence, du XII® siè- cle ; description, 231 ; Exropn, dans celte mappemonde, 252; seul nom inscrit dans la petite mappemonde du manuscrit d’Isidore de la Bibliothèque nationale de Paris, du XII® siè- cle, 233 ; dans la 3® mappemonde d Isidore du XII® siècle, 236 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Aulun du XII® siècle, 238; placée sous la zone tempérée dans la mappemonde des zones d’Honoré d’Autun du XII® siècle, 240; dans la mappemonde de Gauthier de Metz du XIII® siècle, 251 ; ne forme avec l’Asie qu’une seule partie, dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XII® siècle, 253; dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIII® siècle ; description, 260 ; dans la mappemonde de Leip- sig, 274; comment elle est placée dans la mappemonde de Flo- rence, du XIII® siècle, 276; sous le nom A' Europn dans la map- pemonde islandaise , du XIII® siècle, 277 ; désignée par son nom seulement dans la mappemonde d’Isidore de Séville, du XIII® siècle, manuscrit n» 7590, 283 ; dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore, du XIII® siècle, 286; description de celte partie du monde dans la carte d’Hereford, 296. Europus. nom donné à Ragès par les princes macédoniens, 356. Eusèbe de Césarée cité, XVII. Eusis fluvius, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 138, 145. Eustathe cité, 233, 330, 415. Eutherus, évêque d’Osma en Espagne, au VIII® siècle, à qui fut dédié le commentaire- sur l’Apocalypse du Musée Britannique qui renferme une mappemonde, 109, 129. En trope cité, 65, 185. Pluxinnm mare, signalé sous ce nom dans la mappemonde d’Here- ford, 419. Exeter, 280 ; sous le nom A'Exrestria dans la mappemonde d’Here- ford, 420. Exode cité, 233, 363, .390. Fjîéchiel cité, 144; an sujet du vent du nord, Aquilo, XLlXi 485 — F Faber, fleuve du pays des Sabins, 364. Fabricius ; bibliotheca mediæ et infimæ latinitatis citée, 9, 100, 237, 257 . Facna, 317, Famagousle, 418. Faoüé, 414. Farfar fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 364, Farfarius fluvius, 364. Fars, 211. Fartak, voyez Cap. Fatz, fleuve, 145. Faucons ; signalés par les cartographes dans les climats septentrionaux de l’Europe, LVII. Faunes, dans les cartes du moyen âge, LVI ; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 404. Fauris de saint Vincent ; son Mémoire sur les zodiaques sculptés aux portes des églises, LXX. Fencusa, voyez Phenicusa. Fescia, voyez Ile. Ficaria, voyez Ile. Figuier de l’Inde dans quelques cartes du moyeu-âge, LVII ; descrip- tion donnée par Solin, 335. Filicudi, voyez Ile. Firmament, XXV ; selon Bède, XXVI. Flandre (la) signalée dans la mappengionde du Lambertus de Cand, du XIP siècle, 185 ; sous le nom de Flandria, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIIP siècle, 263; dans la mappemonde d’Hereford, 303; Flandre teutonique, 206. Fleutelot (M.), LXVIII. Fleuve Egyptus, 396; — de l’Enfer se jetant dans la Caspienne, sur la mappemonde d’Hereford, 333 ; légende sur ce fleuve, ibid.-, — et lac dans la mappemonde d’Hereford, 377 ; — Ylis,dans la mappemonde d’Hereford, 328; théorie du cours souterrain de certaines rivières, 30 ; théorie de Théodoret, 144 ; — d’Afri- que dans la mappemonde de Turin du XIP siècle, èorrespon dant au Bagrada de l’antiquité, 149. Florence, sous le nom de Florencia dans la mappemonde d’Hereford, 309, Florns cité, 144, 388, 410. — -186 — Fluvius lialicus, dans la luappemoude du inaouscril de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée Britannique, 124 ; — Tavus, dans la map- pemonde de Turin, du XII® siècle, 137 ; — Torrens, dans la map- pemonde d’Hereford, 372. Fœroe (îles), sous le nom de Farelp dans la mappemonde d'Hereford du XIII® siècle, 426. Fondhal-Baba, 373. Fontaine chez les Troglodytes; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 400. Forêts de poivriers, LVII ; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 367. Forinaleone; sa description de la mappemonde d’Andrea Bianco, LXXIV. Fortaventure, voyez Ile. Forti* (de) ; son édition des itinéraires anciens citée, 311, 582, 387. Fortunées (îles) ; légende qui s’y trouve dans la mappemonde d’He- reford, 434. Fourmis gardiennes des sables d’or du Nil ; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 398. Fradin; ses notes sur Mélit citées, 392. Fra Mauro ; voyez Mauro. France, 60, 79, 236, 299; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, elle forme une seule péninsule avec l’Espagne, 23 — 27; noms qu’on lit sur ce pays dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 39; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siè- cle, sous le nom de FrancU^ 94 ; Francia, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 134; Francia, dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIII® siècle, 263; limites de la Franco indiquées dans la mappemonde d’Hereford, 303; côte de France, 407. Francfort, 280. Franciscanos, peuple de l’Europe dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 207. Francos, peuple de l’Europe dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 206. Fréret ; son mémoire sur la Sitna'ion du pays des llijperborccns, XXXVHI ; ses Observations générales sur la Géographie ancienne, XXXIX. Frigia dans la mappemonde de Mathieu Pcàris, du XIII® siècle, 270. Frioul (le), 137, 300. Frisia, les Pays-Bas, dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siè- cle, 37. Frisons (les); légende sur ces peuples dans la mappemonde d’Here- ford, 319; limites de leur pays, 319. Frilsch, Golllob, parle de la mappemonde d’Hereford dans son ouvrage publié en 1798, 294. Frondisia, voyez Aphrodisia. Gabilla, dans la mappemonde d’Hereford ; voyez Ghâlons. Gadès, 12, 32; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 260, 265 ; voyez Cadix. Gala, dans la mappemonde d’Hei'eford, 308. Galaad (montagne de), 365. Galaaditis (pays de), 363. Galata, dans la mappemonde d’Hereford, 409. Galatie (la), 187; Galntia, dans la mappemonde du Lambertus deGand et de Paris, du XII® siècle, 188; pays qui lui correspond main- tenant, ibid.-, Galatia, 379. Galice, 37, 123, 133; sous le nom de Galecîa dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse, au Musée britannique, 111; sous le nom de Gallecia dans la mappemonde de Turin du XII® siè- cle, 134; dans la mappemonde du Lambertus de Gand et de Paris, 183 ; dans la mappemonde d’Hereford, 297 ; côte de la Galice, 425. Galilée, 38,368; Galilea, dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siè- cle, 57; Galîlea, dans la mappemonde de la Cottonienne , du X® siècle, 63 ; dans la mappemonde de Lambertus, du XII® siè- cle, à Gand et à Paris, 187 ; sa célébrité dans l’histoire sainte, ibid. Galles (pays de), 422, 423. Gallias, les Gaules, dans la mappemonde du XII® siècle, du manuscrit de l’Apocalypse du Musée britannique, 1 12. Gallia Belgica, 221; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle. 134, 136; dans la mappemonde d’Hereford, 304. — Celtica, dans la mappemonde de Gand et de Paris, du XII® siè- cle, 183; dans la mappemonde d’Hereford , 500. — Lugdunensis, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 134; époque à laquelle remonte celte dénomination, ibid.-. dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 220. Gallicic, 267. — 488 I ï ? 4 1 I r « Gaüipolis, dans la carte d’Hereford, 51o. Gallois, pays, 425. Gama (Vasco de); iuûuence qu’exercèrent sur sou expédition les doc- trines cosniographiques du moyen-âge, XCV. Gand, 280. Gange, fleuve, XXXIX, LXXXVII, 53, 159, 193, 194, 225, 241, 237, 273, 353; nom qu’il porte dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 63; légende sur ce fleuve dans la mappemonde d’Hereford, 343, 343; tombe dans l’Océan oriental sur cette carte, 344; auteurs qui ont adopté cette fausse théorie, ibid.; légende sur les habitants des sources de ce fleuve qui vivaient de l’odeur des fruits de leurs forêts, 346; sources de ce fleuve, 337 ; son embouchure, 429. Garama, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford , 400. Garamancia, dans la sphera triplicata de Lambertus, 211. Garamantes, 400, 401; position de ce peuple de l’Afrique, d’après la rose des vents, selon saint Jean Damascène, 32; indication de leur pays dans la mappemonde du manuscrit de l’Apoca- lypse du Musée britannique, du XIl® siècle, 123; dans la map- pemonde de Turin, du XII® siècle, 149-131; dans la mappe- monde du Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 191. Garnier, (M.) ; sa notice sur le manuscrit astronomique de la biblio- thèque de Dijon, du XI® siècle, 88. Garonne (,1a), 263; dans la mappemonde de la Cottonienne, du XII® siè- cle, 59; dans la mappemonde d’Hereford, 299, 300. Gasconia, la Gascogne, dans la mappemonde du Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 185; dans la mappemonde d’Hereford, 301; voyez Golfe. Gaule, 52, 60, 112, 153, 318 ; dans la mappemonde d’Alby, du YIII® siè- cle, 27; ses quatre divisions, 216; — - celtique, 207; — méri- dionale, 299; — narbonnaise, 409; sous le nom de yarbona, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 137; sa largeur selon la légende de la mappemonde d’Hereford, 319. Gauloles, voyez Auloles. Gauthier de Metz, LXV, 249, 287. Gaza; où cette ville était située, 139; dans la mappemonde d’Hereford, 371, 391. Gaza Municipium, dans la mappemonde d' Hereford, 382. Gazanfula, voyez Gazanpula. Gazanpula, ville d’Afrique, 382 489 Géanls des forêls de l'Inde, dans la inapperiiondc d’IIereford , 348. Gebalène, 370. Gebel-Tarik, 178. Gébelin cité, 103. Gedoyn, ses recherches sur les Hyperboréens, XXXVIII. Geel (M.); son opinion sur le manuscrit des Aratea de la bibliothèque de Leyde, 40. Gelboë, dans la mappemonde d’Hereford, 372. Gélons, peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gaud du XII® siècle, 210; peuples de l’Asie septentrionale, d’après Soün ; dans la mappemonde d’Hereford, 323 ; texte de Solin sur eux , ibid. Gelorte, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford , 504. Gémeaux (les), constellation; dans le système de Lambertus, du XII® siècle, 170. Geminus, XXIX, 160; passage de cet auteur qui vécut 70 ans avant notre ère, au sujet de l’hémisphère austral, 196; sa théorie sur le lever et le coucher du soleil, XLIV. Gênes (la ville de), mentionnée dans la mappemonde d’Hereford, 303. Genèse (la) citée, LXVI, 64, 90, 118, 143, iU, 169, 189. Génésareth (lac de), 368; dans la ma|)pemonde (!e la Cottonienne, du X® siècle, 63, 66. Genève, dans la mappemonde d’Hereford, 503. Gengis-Khan, 339; sa conquête de Samarcande, 341. Geniel, signification de ce mot, 297. Génois, leurs établissements dans le Levant, LIV. Gentil (Le) ; sa notice sur le zodiaque de l’Église de Notre-Dame de Paris, LXX. Géographe de Ravenne cité, 147, 161, J 72, 173, 208; Guidonis indique une liste des géographes qu’il cite, 215. Géographes anciens qui , d’après une fausse théorie, faisaient tomber le Gange dans l’Océan oriental ; noms de ces géographes, 344. — Arabes, LXI, 35; — de 1 Europe; leur ignorance au X® siè- cle sur les régions de l’Asie septentrionale. 63 ; — Grecs; leurs connaissances du temps d’Alexandre sur l’Asie, XXXIX. Géographie; l’étude de cette science est digne du philosophe, XI ; — botanique est très pauvre dans les cartes du moyen-âge, LVII; importance de la géographie criiique, XXXI ;— ecclésiastique, prédomine dans les cartes systématiques du moyen-âge, XVI ; — physique; notices qu’on trouve dans les mappemondes du iiiüjeii-ùge, XV, XXXIII ; Géographie des Grecs suivie par les cartographes du moyeu âge, G9; erreurs qu’on remarque dans les historiens d’Alexandre, XXXIX; travaux entrepris et exé- cutés sous César, Auguste et Agrippa, XL ; décadence de cette science au moyen-âge , XLIV ; la géographie du moyen-âge nous a laissé une grande variété de monumeuts; famille de petites mappemondes, LXII ; les monuments cartographiques du XlVe siècle nous offrent eucore les idées grecques anté- rieures à l’école d’Alexandrie, XXIII; — d’Aboulfeda, trad. par M. Reinaud , LXI ; — d’Hérodote, voyez Rennell ; — la pé- nurie des monuments de cette science au Ve siècle attribuée à l’invasion des Barbares, 9; — ancienne de D’Anville citée, 119; — ancienne des états barbaresques par Mannert, tra- duite par Marcus, citée, 12:2, 191, 233, 386; voyez Fréret , AValckenaer. Géon, fleuve, 19. 209, 223,224, 22'i; voyez Xii. Gepydas, peuple d’Europe, dan ; la mappemonde du Lambertus deGand, du Xlle siècle, 207, Gerara fville de), dans la mappemonde d’Hereford; 371. Gérard de Crémone cité, LXXXVIII. Germanie, 133, 136, 184, 207, 261; rîc/ iHnufrt , Allemagne, dans la map- pemonde de Strasbourg, du IX^ siècle, 37; placée près des Pyrénées, dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse, du Xlle siècle, au Musée britannique, 112; Gsrmnnîa rrrjio, r.Allemagne dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133, Germania, dans les mappemondes du Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 184, 183; Germania , dans la mappe- monde de Guidonis,du XII® siècle, 221 ; Germania dans la map- pemonde de Mathieu Pàris, du XII® siècle, 268; légende con- cernant ce pays dans la mappemonde d’Hereford, 521; — sup !-- rieure, 323 ; — inférieure, Germania inferior, dans la mappe- monde d’Hereford , 520; voyez Allemagne. Gervais, opinion de cet auteur sur les zones, 2. Gervasius de Melkleya, auteur du XIII® siècle, 2.37. Gèles, XXXVII, 333 ; dans la carte du XII® siècle, du manuscrit de saint Jérôme, au Musée britannique, 246. Gélules, 131, 401; Gcodf’e., dans la mappemonde de la Coltonienne, du X® siècle, 73; se confondent chez les anciens Grecs avec les Manri Persœ, .06 ; Getuli, dans la mappemonde de Lcipsig du X 1® siècle, 97 ; sous le nom de Geiiili et de l'/ac i\ dans la mappe- ~ 491 monde du XII® siècle, du manuscrit de l’Apocalypse au Musée Britannique, 123; sous le nom de Bassi Geticli, Gélules infé- rieurs, dans la mappemonde de Turin du XII® siècle, 149. Gétulic, 1 19 ; Geivlia dans les mappemondes de Gand et de Paris du XII® siècle, 191; dans la Sphera Iriplicala de Lambertus, 211. (ielulia, dans la mappemonde du Sailiisle de Florence, du XII® siècle, 233 ; légende sur ce ]>ays dans la mappemonde d’Hereford, 383. Gevroriles, peuples de l’Asie dans la liste de la mappemonde du l.am- bertus de Gand, du XII® siècle, 211. Gherraa, nom de l’ancienne Gnrama, 401, Ghrennah, ville d’Afrique, 387. Gibraltar, 79, 109, 178, 296; détroit de — , 93; cavernes qu’on y re- marque, 79 ; voyez Détroit. Gigeri, voyez Igilgilis. Giles Mallet; son catalogue de la bibliollièque du Louvre, 2.30. Ginette (la) figurée dans les cartes du moyen-âge, L’T. Gion (le), 347. Gir, fleuve d’Afrique, 72. Glastonbury, sous le nom de Gieslon, dans la mappemonde d’Hero- ford, 420. Globe (forme ovale du), XLIII ; physique du globe, XXX ; — divisé par bandes ou zones parallèles à l’équateur, XXVIII ; mesure de sa circonférence d’après les Grecs, lors de l'expédition d’Alexan- dre, 12; — du temple de Vesta, XX; — terrestre indiqué par Bandini comme renfermé dans le manuscrit de Florence du XII® siècle, 239. Glocester, sous le nom de Glearum , dans la mappemonde d’Here- ford, 423. Godefroy de Bouillon, 369. Godefroy; ses dissertations sur l’ouvrage de Philoslorge, 223. Gog et Magog (pays de), 179 ; dans la mappemonde de la Cottoniennc, du X® siècle, 54, 61—62; dans la carte du XII® siècle, du ma- nuscrit de saint Jérôme, au Musée Britannique, 246; peuples de la postérité de Caïn ; légende qui les concerne, dans la map- pemonde d’Hereford, 338, 426 Golfe d’Adam, d’après Marsden, 108 ; — d’Alexandrelte, 222 ; — Arabique, 16, 55, 74, 211, 223, 225, 429; dans la mappemonde d’Asaph, du XI® siècle, 101 ; — de Cartilage, 38i ; — de Contesta, 31 4 ; — de Drin, 314 ; — d’Egée, 313 ; — de Gascogne, 300, 423 ; — de. 492 GéJies, 26; — de Germanie; l'gende sur ce golfe dans la mappemonde d’Hereford, 321; — Ionien, 313; — de Lépante, 312; — de Malamnguer, 383; — de Myrtos, 313 ; - de Numi- die, 382 ; — de Patras, 312; — Persique, LXI, 16, 48—50, 64, 90, 179, 189, 190, 223, 226, 260, 343, 349, 330, 331, 360, 367, 368; dans la mappemonde d’Alby du VIIP siècle, 23, 26; dans celle de la Coltonionne, du Xe siècle, 33, 74 ; n’est pas indiqué dans la mappemonde de Priscien, du Xe siècle, au Musée Bri- tannique, 80; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 140, sinus Persicus dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du Xllle siècle, 272; îles placées à l’entrée, dans la mappemonde d’Hereford, 429; peint en rouge ainsi que le golfe Arabique, dans la mappemonde d’Hereford ; motifs du cartographe pour les figurer ainsi, ibîd. ; — de Ptolémaïs, 373; —AeSatalie, 146; — de Sicile, 313 ; — de Sidra, 97, 272 ; — de Solway, 424 ; — de la Spezia, voyez Portus Lunensis, 60; — lhermaïque, 138; — de Venise, 183; Golfes qui entourent le Peloponèse, 313. Golgotha, dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 37. Gomera, voyez Ile. Gomorre, Gommora dans la mappemonde d’Hereford ; comment elle y est figurée, 292, 369. Gontah-Demesk, 363. Gora, dans la Médie, .3.34. Goraca, 3.34. Gordicum, 188. Gorgodes, voyez Iles. Gorgones, îles; passage de Solin au sujet de ces îles, 431. Gortyna, ville dans la mappemonde d’Hereford, 413 Gosselin cité, 340, 330, 392 ; au sujet de l’Atlas, 396 ; du fleuve Darat, 397 ; usage que ce grand géographe a fait dès mesures indi- quées par Cosmas, 11, 12 et 13; sa note sur Slrabon au sujet des marées du port de Ménesthée, 77. Goihie; placée au nord du Rhin dans la mappemonde du VIII® siè- cle, 28; quel était le pays ainsi nommé au IX® siècle, selon M. Mone, 36; Gothia, dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 36; Gothia, dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XII® siècle, 113; Gothia dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siè- cle, 183; Gothia, dans la mappemonde de Guidonis, du XII» siècle, 221 ; pays qu’elle comprenait, ihid. — 493 — Gollis; nom donné par l’auleur de la mappemonde d’Alby à tous les peuples au nord du Rhin, 28, 30 et suiv. ; mentionnés dans la Sphcra ii'^plicaia de Lamberlus du XII® siècle, 206; comment leur pays est placé dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du XII® siècle, 206 ; dans la carte du manuscrit de saint Jérôme du Musée Britannique, du XIP siècle, 246. Gongh cité, 137, 141, 147, 148, 253, 256, 265, 271, 272, 420, 421, 422,423, 424,423, 426; au sujet de la mappemonde de Turin, du Xlle siècle, 131 ; au sujet de la mappemonde de Henri de Mayence, du Xll^ siècle, 243; ce qu’il dit de la mappe- monde d’Iieietbrd, 288, 289, 290; n’a publié que les Iles bri- tanniques de celle carte, 294; n’a traité que des cartes qui concernent l’Angleterre, LXXIII. Graber de Hemso; ses di Geografm cités, 24, 131, 243, 243, 288; passage de son livre relatif à la mappemonde de Henri de Mayence, 244. Gramineus; voyez Tlieodorus. Gran (la ville de), dans la mappemonde d’Hereford, 322. Granymus, nom d’une ville dans la mappemonde d’Hereford, 312. Grèce; théories cosmographiques professées dans ses écoles, XX. Grèce, 104, 112, 183, 184, 217, 218, 263, 307, 312, 313; dans la map- pemonde d’Alby du Ville siècle, 28 ; dans celle de Strasbourg du IX®, 36; dans celle de la Cottonienne, du X®, 50; noms qu’on y lit, 60; son nom dans la mappemonde de Dijon du XI® siècle, 89; dans la mappemonde de Leipsig du XI® siècle, 95 ; villes qui y sont mentionnées dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 183; dans la carte du ma- nuscrit de Saint-Jérôme du Musée Britannique, du XII® siècle, 245; dans la mappemonde de Mathieu Paris du XIII® siècle, 262; sa forme bizarre dans cette mappemonde, ibid. Grecs, 15, (0, 96 ; selon Gosselin, ils n’avaient, à l’époque de Ptoléméc, aucune connaissance de la presqu'île de Malaca, 13; quels pays ils comprenaient sous le nom de Libye, 34, 71, 105; G'-ecos, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 209; leur géographie mythologique, 269; nom qu’ils donnaient à une montagne de feu en Afrique, 392; nom qu’ils donnaient à la partie méridionale de l’Égypte, 393; l’histoire et la géographie sont longtemps restées chez eux intimement liées, XXXIV. Grenoble, Gratianopolis^ 305; Greii ville* Temple (sir). 5SfJ. (.rifi.runi gens -, nom placé près île l'Océan Boréal dans la mappemonde de la CoLlonienne, du siècle, Gl. Griffons; gardiens de Tor dans les mappemondes du moyen-âge, LVI ; liassage de M. Hermann relatif à ces monstres, LVI; de M. de Hiimboldl relatif à l'origine du mythe, ibid.-, légende sur ces animaux fabuleux dans la mappemonde d’Hereford, 531 ; ce qu’en dit Philostrate, ibid.-, dans la mappemonde de Mathieu Pàris du XllP siècle, 267. Grisons (le pays des), 18't. Gronovius, XCII ; son édition de Mêla citée, 114, 238; médaille ro- maine qu’il reproduit, et sur laquelle on remarque les trois parties du monde, LXlil. Grotius donne avec son Syntagma Aruieonnn le planisphère du manu- scrit de la bibliothèque de Leyde du IX® siècle, 41 ; son 5(/n- îagma cité, 163, 166, 167, 168, 169. Guadalquivir, 124, 134, 263; .sous le nom de Fluvius italicus dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du XII® siècle, au Musée Britannique, 112; ou Guadi-al-Kibir, 2.96. Guadiana, 263- Guardafui, voyez Cap. Guérard (M.), cité, 236. Gui de Pisan, voyez Guidonis. Guidonis, auteur du XII® siècle, cité, LX"V, XCIII, 2-37, 283; passage du manuscrit de cet auteur cité, 126; cosmographe du XII® siècle, avait une idée confuse du littoral delà Méditerranée, 222. Guigniaut (M.); sa dissertation sur l’étude de la géographie, XXXI. Guillaume de Tripoli, LXV. Gulcena, île figurée dans la mappemonde d’Hereford et accompagnée d’une légende, 432. Gutherie cité, 163. Guyenne (la), 220. Gyppeos, peuple de l’Europe dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 207. I! Hadria de l’Adige, 311. Haenel cité, 82; son Catalogue de manuscrits cité, 134. Jlagadn, en Afrique, dans la mappemonde de L< ipsig, du XI® siècle, 96. Hall (Joseph), évéi|iie d’Exeter, passe poue l’auteur du livre : Mnmhis al ter, 280. Halys, neuve, 379; sous le nom û' ndies dans la mappemonde d’Here-, ford, 419. Hamam-el-Mascontim, anciennes eaux lhermales sur la route de Car- tilage, selon Shaw, 384. Ham’oourg, 264. Haminer (M. de); son Histoire de la horde d'or citée, 341. Hanau, 280. Hannon; son périple cité, .'>1, 67; dissertation sur ce périple, voyez Hermann Kroon. Hanovre, 234. Haraoun-Al-Rescîiid, kalife, .33. Hardouin (le père), cité, 117, .392, 409, Hare, voyez Hereford. Hase (M.), cité, 236 Hasimos, peuple de l’Europe dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 207. Hazir-Sou, nom actuel du Bumadus, 360 ; voyez Bumadus. Hébron, 371. Hécaté^de Milet ; sa théorie de la forme de la terre, XLIV'; son Pinax, 20. Heccla, 426 Hecla; voyez Mont. He.darum flhvins, affluent du Tigre, dans la mappemonde d’Hereford, 3.36. Heeren, s’est occupé de la carte du Musée Borgia, LVIII; ob^:ervations sur ce travail, LXXII lleliopolis, était la meilleure école des prêtres de l’Ëgypte, 418. Heliopolis, dans la mappemonde d’Hereford, 389. Hellade, 417; pays des Hellades, dans la mappemonde d’Hereford ; ville portant le nom d’Hellade dans cette mappemonde, 31.3. Hclles fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 379. Hellespont, 31, S4, 94, 93, 103, 216, 262, 274, 292, 5i3; près de cette mer on remarque Constantinople dans la mappemonde du XI siècle, du manuscrit de l’Apocalypse, au Musée Britannique, 112; indiqué dans la mappemonde deGuidonis, du XIP siècle, 222; comment il est figuré dans la mappemonde du Sallustc de Florence, du XII® siècle, 231 ; Flellrsponius dans la mappe- monde d’Hereford, 418. Henri de Mayence, auteur d’une mappemonde du XII® siècle, 242, — 496 — Hemi IV, empcieur d'Ailoinagae, 243. Henri V, empereur d’Allemagne, 243. Heon ou Heou insula, dans la mappemonde d’Hereford, 417. Heraclea, dans la mappemonde d’Hereford, 31-4, 315; son nom actuel, ihid.; — surnommée Pontica, dans celle mappemonde, 378, 418. Héraclides (les), fondent le royaume de Macédoine, 217. Héraclite, cité. 171. Hercule, 339, 353, 381 ; son expédition au détroit qui porte son nom, XLl; son temple à Cadix, XLII ; — Libyen, 105; il fut le pre- mier qui apporta en Grèce la science de la sphère, selon les raylljograpbes, 168; — constellation, dans le système de Lam- berlus du Xll® siècle, 168; fable au sujet de Ccibère, 378. Hereford, 295; mappemonde qui se trouve dans la cathédrale de celle ville, 288; figurée dans cette mappemonde sous le nom de IJare, 423. Hermann ; passage de cet auteur sur le mythe des Griffons, LVI. Hermann Kroon ; sa dissertation sur le périple d’Hannon, 431. Hermès, livre cité, 200. Hermon ; voyez Mont. Hermopolitana, ou la grande ville de Mercure, 389. Hermus, sous le nom de Fluvius Fernus, dans la mappemonde d’He- reford, 375. Hérode, 366; partage de ses États, 66. Hérodien, cité, 311. Hérodote, XLIV, 20, 21, 34, 70, 90, 120, 144, 187, 324, 329, 333, 347, 387 , 390, 407 ; comprenait dans l’Europe tout le nord de l’Asie, XXXVII. Herrade, citée, LXXXVlIl; son opinion sur les zônes, 2. Hersura, nom inscrit sur la mappemonde d’Hereford, 370. Herulos, nom de peuple dans la mappemonde du Lainbertus de Gand, du Xlle siècle, 206 Hésiode, XXIII. Hespérides (corne des), 399; île d’Hespéride dans la mappemonde d’Hereford, 432; îles He.spérides, 433; voyez Iles; jardin des Hespérides, 399; promontoire des Hespérides dans la map- pemonde de la Coltonienne, du X® siècle, 67. Hesychius; ce qu’il dit des colonnes d’Kercule, 52. Hellios, peuple de l’Europe, dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du XII® siècle, 207. Hexameron; voyez Saint Basile. V — 497 — lîbernia, l’Irlande, dans la mapppemonde de la Coitonienne, du X« siècle, 53 ; dans la mappemonde de Dijon, du Xle siècle, 91 ; voyez Irlande. niera, voyez lie. Hiéraple, légende de la mappemonde de Mathieu Pâris, du XlIIe siècle, an sujet de saint Philippe, 271 ; nom actuel de cette ville, 272. Hierapolis, 272. Hiéroclès cité, 120, 387. Hilta, voyez Ile. Hiltensis plebs, tribu d’Afrique, près de Carthage, 408. Himantopodes; légende de la mappemonde d’Hereford, au sujet de ces hommes monstrueux, 394. Hipparque cité, XXV, 202 ; au sujet du cours du Nil, 150; au sujet des montagnes du Caucase, 224. Hippone ; légende concernant cette ville dans la mappemonde d’He- reford, 385. Hippopodes (île des), placée dans l’Océan Sérique sur la mappemonde d’Hereford, 428; légende à ce sujet, ibîd. Hipporus portus, 349. Hiram ; légende sur le pays de ce nom dans la mappemonde d’Here- ford, 542. Hircania ; comment cette contrée est placée dans la mappemonde du Xlle siècle, du manuscrit de l’Apocalypse, au Musée Britan- nique, 119. Hirtius cité, 97. Hispania, dans la mappemonde de Dijon du Xle siècle, 89. Hispanos, nom inscrit dans la mappemonde du Lambertus de Gand du Xlle siècle, 207. Hister; voyez Ister. Histoire de l’Astronomie ancienne, voyez Bailly; — de l’Astronomie au moyen-âge, voyez Delambre ; — de la Flandre, voyez W’arn- kœnig ; — de la Horde d’or, voyez de Hammer; — de la répu- blique romaine, voyez De Brosses; — de l’île de Thanet, par Lewis citée, 126 ; — des Animaux, voyez Aristote; — des Ta- tars, voyez Aboulgazi ; — des théories et des systèmes cos- raographitïues du moyen-âge ; importance de cette élude, leur influence sur les découvertes du XV® siècle, XCIV; — natu- relle des îles Canaries, voyez Webb et Berthelot; — primitive des peuples qui ont habité Astrakhan et le Caucase, voyez Potocki. — 498 — Historia de las islas de Canarias, voyez Viera; — germanica illus- irala, 288. Historiens d’Alexandre cités, XXXIX, 329, 3oI. Histria, l’Istrie, dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 59. Hodelbodus, philosophe goth, 213. Hoffman (M.), cité, 40. Hoffmann ; son édition d’Agathémère citée, 257. Hollande (la), 206, 319; sous le nom de Hollandia, dans le manuscrit de Saint-Omer, 264 ; dans la mappemonde d’Hereford, 303, 304. Hollande (Nouvelle), 279—281. Homère, XXIII, XLIV, XLVIl, 41, 50, 376; sa théorie du fleuve Océa- nus, XLIII, 203, 215; son idée des deux Ethiopies, L. Hommaire de Hell cité, 322; passage de cet auteur relatif aux cartes anciennes, LVIII ;«on ouvrage sur les steppes de la mer Caspienne cité, LIX; a aussi parlé de la mappemonde d’Hereford, 295. Hongrie (la),’ 184, 185, 267, 317, 322, 324 ; sous le nom de Hiavraria dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 136 ; major Hungaria dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XlIP siècle, 262. Hongrois (pays des), dans la mappemonde d’Hereford, 323. Honoré d’Autun, LXIV, 237, 239; petites mappemondes qu’on rencon- tre dans les exemplaires de son traité de Vimage du Monde, LXll; son livre géographique De imagine Mundi, cité, 126; sa mappemonde citée, 175 ; comment elle représente les trois par- ties de la terre, 238 ; l’Asie est plus grande que les deux au- tres ensemble, ibid. ; manuscrit de son traité, Imago Mundi, daté de 1110, conservé à Cambridge, 241. Horace cité, 104. Hudson; son édition des petits géographes, 187. Hugues de Saint -Victor cité, 205, 401. Hugues-Metellus; opinion de cet auteur sur les zones, 2. Hull (le), 422. Humber (1'), 422; fleuve de l’Angleterre figuré dans la mappemonde d’Hereford, 421. Humboldt (M. de), LVIII, 22, 203, 225; sa savante discussion sur l’o- rigine des Griffons, LVI; son Asie centrale, XVI, LVI; son Examen critique de la géographie du nouveau continent, LXXXII, 50; opinion de ce savant sur la mappemonde de Cosmas, 20; son Cosmos, 50, 165. Hungaria minor, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siè- cle, 266 ; — major, ibid. Hïinorurn gens, les Huns, signalés dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 59. Hunos, les Huns, peuple inscrit dans la mappemonde du Larnberlus de Gand du XlJe siècle, 207. Huns (les), 343; leur pays dans les mappemondes de Larnberlus de Gand et de Paris, du XII^ siècle, 187 ; — Scythes, dans la map- pemonde d’Hereford, 343. Hur, 363; beau-frère de Moïse, figuré dans la mappemonde d’Here- ford, 362 ; légende sur ce personnage, ibid. Huyghens; ses découvertes, XXX. Hybernia, passage du manuscrit de Guidonis du XII^ siècle, au sujet de cette île, 86. Hydaspe, 349; Hydaspis Fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 352. Hydraotes, fleuve, 352. Hydre (P), constellation, 170. Hydrographie des mers intérieures ; devient plus exacte dans les car- tes à partir du XIV® siècle, LIV. Hydruntum ; voyez Otrante. Hye, M. Isidore, de Gand; renseignements qu’il donne à l’auteur au sujet d’un ancien manuscrit de l’Apocalypse, 129 ; livre qu’ii envoie à l’auteur, 280. Hyères, voyez Iles. Hyllus fluvius, 379. Hypanis, fleuve, dans la mappemonde d’Hereford, 347, 348, Hyperborea Europa dans la mappemonde de Ruych, 266. Hyperboréens ; confusion des idées des cartographes du moyen-âge au sujet des peuples de ce nom, XXXVIII; Mémoire de Fréret sur la situation de leur pays, ibid. ; recherches de Gedoyn sur ces peuples; Mémoire de Banier, Nouvelles réflexions sur les Hyperboréens, ibid.-, forêts sacrées de ce pays signalées dans les mappemondes du moyen-âge, LVll ; légende concernant ces peuples, dans la mappemonde d’Hereford, 331 ; région qui leur est assignée dans celte mappemonde, 332; Monts Hy- perboréens, 328 ; voyez Monts. Hyphasis; comment il est marqué dans la mappemonde de Guidonis, du Xlle siècle, 223 ; le Phison, passage de Philostorge sur ce fleuve, ibid. Hyppone dans la mappemonde deLeipsig du XI« siècle, 96. Hyrcanie, monstres représentés dans ce pays, sur la mappemonde d’He- — 500 — reford, 335, 337 ; légende sur ce pays dans la môme mappe- monde, 335. Hyrcaniens, 209. 1 Fadason, 350. lamblique, 213. lamboli, l’ancienne Amphipolis, 314; voyez Amphipolis. laxartes, fleuve, XXXIX, 187, 328, 329, 333. Ibérie orientale, Hiberia dans la mappemonde de la Cottonienne du Xe siècle, 63 ; voyez Espagne. Ibérie Asiatique indiquée sous le nom à'Iberia dans la mappemonde de l’Apocalypse, du Xll® siècle, au Musée britannique, 115 ; emplacement géographique de ce pays d’après les anciens, ibid. ; à quel pays correspond maintenant cette contrée, ibid. Ichnusa, nom ancien de la Sardaigne, 408. Ichthyopbages, sous le 'nom de Hictiopagos dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xll^ siècle, 210. Icose, sous le nom d'Ecusium civitas, dans la mappemonde d’Hereford, 381. ^ Ida, voyez Mont. Idubeda, 297. Idumea magna, 190. Idumée, 370 ; — Gébalène, 369 ; l’Arabie ainsi nommée, Idumea, dans ’ la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XII« siècle, 117 ; — dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII^ siècle, 190; différents noms de cette con- trée, 190 ; — position, ibid. Iduméens, 190. ^ ^ j j Idumeos, dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII« siècle, 210. Igilgilis, aujourd’hui Gigeri, 383. Ilan, la Perse, 275. Ile de l’Océan éthiopien figurée dans la mappemonde d Hereford, sur laquelle on lit : Mons Auslronothus ; voyez Siternice. Ile sans nom dans l’océan glacial, figurée sur la mappemonde d’Here- ford et accompagnée d’une légende relative à Alexandre, 427. Ile d'Abacia ; emplacement que lui assigne Solin, 193 ; — d'Abacia, sous le nom d'Albacia dans la mappemonde du Lambertus de Pans, 501 — du X1I« siècle, 193 ; — d'Abalcie, 339 ; — à' Achille, 419 ; — d’Ala^ banda, 188; '—d’Alicudi, UO -, — à'Aliuda, 188; -^d’Aphrodi^ sias, 188 ; — d' Argent, XL, XLVI, 429 ; — d'Argire, signalée dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, 108; — dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 132 ; dans la mappe- monde du Lambertus de Paris, 193 ; — des Béliers, insula Arte- tum, 424 ; — d'Arran, voyez Amum ; — Babylonîa, dans la map- pemonde d’Hereford, 404 ; — Beata, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 158; — Betania, près des colonnes d’Hercule, selon le Lambertus de Gand, du XII® siè- cle, 158; — de Biles, 427;— de Cadix, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 173 ; comment elle est figurée dans la mappemonde de La Haye, manuscrit de Lara- bertus du XII® siècle, 178; — de Calypso, dans la mappemonde d’Hereford, 414 ; — Canarie, légende au sujet de cette île dans le manuscrit de Lambertus de Gand, du XII® siècle, 158 ; Ca- naria, dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du XII® siècle, 194 ; Canarie, dans la mappemonde d’Hereford, 433 ; — de Canî, près de la côte septentrionale de l’Afrique, dans la mappemonde d’Hereford, 408 ; — de Campe, accompagnée d’une légende historique, dans la même mappemonde, 414 ; — Capra- rîa, dans la même mappemonde, 435 ; — Carpathe, accompa- gnée d’une légende, dans la même mappemonde, 415 ; — de Camus, 188; — de Cerigo, 312; — de Ceylan, XL, 21 ; légende sur cette île dans le manuscrit du XI® siècle de Saint-Omer, 86 ; — de Chio, sous le nom de Choos, dans la mappemonde d’Hereford, 418 ; — de Chypre ; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 27 ; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siè- cle, 91 ; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siè- cle, 260; dans la mappemonde d’Hereford, 418; — decolcos, dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du XII® siècle, 193; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 269 ; — Colubrarîa, dans la Méditerranée, sur la mappemonde d’Hereford, 408; — de Corfou, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 153 ; — de Corse, XL ; dans la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 26; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 91 ; de Leipsig, du XI®, 95 ; de Turin, du XII®, 153 ; de Mathieu Pâris, du XIII®, 260; d’Hereford, 407 ; — décrète, 88, 293, 414, 415 ; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 27 ; de Dijon, du XI® siècle, 91 ; d’Hereford, 412 ; — de Crise, 502 — ou île d’Or, 429; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du Xlle siècle, 108; — de Cythère, dans k mappemonde d’Here- ford, 312 ; — de Délos, 312 ; — Demeorata, voyez ce nom ; — Didi- mee, dans la mappemonde d’Hereford, 410 ; — de Diomède, dans la mappemonde d’Hereford, 414; — Dragonera, 408 ; — à'Ehu- sia, l’une des Baléares, dans la mappemonde d’Hereford, 407 ; légende qui s’y trouve, ibid. ; — à'Ericusa de Solin, sous le nom d’Esisua dans la mappemonde d’Hereford, 412; — d’£u- bée, accompagnée d’une légende, dans la maprpemonde d’Here- ford, 417; — de Fer, 193; — Fescia, inscrite dans la mappe- monde d’Hereford, 409 ; — de Ficaria, dans la même mappe- monde, 408 ; — deFilicudi, l’une des Lipari, 410 ; —Fortaventure, Aprosiios, 74 ; — Fortunée, Fortunata, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 138 ; — de Gadès, XLll ; — Gracîosa, 433 ; — Hiera, île sacrée de Pline, dans la mappe- monde d’Hereford, 412; — de Junon, XLlï ; — Junonia, dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du Xll® siècle, 194 ; — de Lancerote, Junonia parva, 74 ; — de Lemnos, dans la map- pemonde d’Hereford, 418; — de Lesbos, dans la mappemonde d’Hereford, du Xllk siècle, 293, 417 ; — de Leucothea au- jourd’hui Licoso, 409 ; — de Man, sous le nom de Mona dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du Xll® siècle, 193; ïnsula Man, dans la mappemonde d’Hereford, 424 ; — ûe Mélos, dans la mappemonde d’Hereford, 414; — Mémallide, 414; — de Ména, dans la mappemonde d’Hereford, 414; légende qui s’y trouve, ibid.\ — de Menix, dans la mappemonde d’Here- ford, 414 ; de Méroë, 119, 249; dans la naappemonde de Dijon du XI® siècle, 91 ; dans la mappemonde d’Hereford, 404 ; — de Metus, dans la mappemonde d’Hereford, 407 ; — de Minor- que, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XllI® siècle, 260; — dans la mappemonde d’Hereford, 407 ; — de Mylasa, 188 ; — de Naxos, dans la mappemonde d’Hereford, 413 ; — de Nilaca, dans la mappemonde d’Hereford, '408; — N ivari a, dans la mappemonde du Lambertus de Paris, du Xll® siècle, 194, — d’Oleron, dans k mappemonde d’Hereford, 300; — d'Ophir, dans la mappemonde d’Hereford, XLVl, 429; — d’Or, XLVI ; — de Palma, 433; — du Paradis, dans Lambertus, 139, 183, 193; dans Honoré d’Autun, 241 ; dans la mappemonde d’He- reford, 347 ; — de Pathmos, dans le Mathieu P:\ris du XHl® siè- «'Ic, 271 ; célébrité de cette île, ibid, ; son emplacement, ibid. ; -- 603 — dans la mappemonde d’Hereford, 419; — de Pharos, 412; — Potnponiana, sous le nom d’Eta pomponiana , dans la mappe- monde d’Hereford, 409; — du Pont, accompagnée d’une lé- gende dans le Mathieu Pâris du XlIIe siècle, 269 ; — de Aam- sey, 424 ; — de Rhodes, 417 ; dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIIP siècle, 260; — de Saint - Brandan, dans le poème de Gauthier de Metz, du XIII® siècle, 230; — Salina, 410; — de Samos, dans la mappemonde de Turin, du XII® siè- cle, 153 ; — de Sardaigne, XL ; dans la carte d’Alby, du VIII® siècle, 26 ; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133 ; de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 260 ; — de Scandia, 266 ; — de Scarn, mentionnée par Marco Polo, 108 ; — Scavia, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, 126 ; près de la côte occidentale d’Afrique, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133; — Serpentaria, 409; — de Sicile, XL; dans la mappemonde d’Alby , du VIII® siècle , 27 ; de Dijon du XI® siècle, 91 ; de Turin du XII®, 153; dans les mappemon- des de Lambertus de Gand et de Paris, 183 ; dans la map- pemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 260 ; dans la map- pemonde d’Hereford, avec une légende sur la distance des pro- montoires entre eux, 411 : — de Socotora, 108 ; voyez ce nom ; du Soleil, XLVI; dans la mappemonde de Lambertus de Paris, du XII® siècle, 193 ; — de Stipa, près de la Corse selon Orte- lius, 409 ; — dans la mappemonde d’Hereford, ibid. ; — de Ta- netos, Tantulos, aujourd’hui Sandwih, 152; — ûeTantulos,o\x de Thanet, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siè- cle, 108 ; — de Tantutos, dans la même mappemonde, 126 ; Le- wis a écrit une histoire de cette île, ibid. ; passage de Guidonis et description qu’il en fait, ibid. ; variantes de ce nom, ibid. ; Gough cite une carte de cette île, ibid. ; sous le nom de Zan- tutes insula dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 132 ; — de Tanutos ou Tanet ; dans le Monasticon Angl. on rencon- tre une carte de cette île, 126 ; — de Taprobane, dans la map- pemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 63, 64 ; dans la map- pemonde du Lambertus de Paris, du XII® siècle, 193 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun du XII® siècle, à la bibliothè- que de l’université de Cambdrige, 242; — de Tarsis, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 153; — de Taxiana, de Ptolémée, dans le golfe Persique ; voyez ce nom ; — de Tcncdos dam la mappemonde d’Hereford, 418; de Thanet, 5ü4 dans la mappemonde d’Hereford, 421 ; — de Tharana, dans I* mappemonde du Lambertus de Paris du XII® siècle, 193 ; — de Theode, le Pic, dans la mappemonde d’Hereford, 435 ; éclair- cissements à ce sujet, ibid. ; — de Thile, 193 ; dans la mappe- monde de Dijon du XI' siècle, 91 ; Tileinsula, dans la mappe- monde du XII® siècle de l’Apocalypse du Musée Britannique, 126 ; Tila insula, dans la mappemonde de Turin, du XII® siè- cle, 132; comment elle est placée dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 192; pièce de vers décri- vant cette île, 142 ; — de TMîé, dans la mappemonde d’Honoré d’Autun du manuscrit de la bibliothèque de Cambridge, 242 ; dans le poème géographique du XII® siècle, attribué à Gau- thier de Metz, 249 ; description qu’il en fait, 230 ; la Tyle des anciens dans la mappemonde d’Hereford, 426 ; — de Thyledams la mappemonde de la Coltonienne du X® siècle, 75; dans la mappemonde de Saint-Omer du XI® siècle, 83; Tile dans la mappemonde du XII® siècle du manuscrit de l’Apocalypse au Musée Britannique, 108; — de Tobiana, dans le Golfe Persi- que, voyez ce nom ; — Tritonia, dans la mappemonde de Lam- bertus, du XII® siècle, 138; — de Venecia, dans la mappemonde d’Hereford, 312 ; — de Volcano, 410 ; — de Wight, sous le nom de Vecta dans la mappemonde d’Hereford, 426 ; lies, de la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 90; de l’Océan Atlan- tique, dans la mappemonde de la Cotlonienne du X® siècle, 73; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 91 ; sont de forme quadrangulaire dans la mappemonde du XII® siècle, de l’Apocalypse du Musée Britannique, 108 ; — de la Mer Atlan- tique, dans les mappemondes de Turin et de l’Apocalypse, du XII® siècle, 123; de l’Océan, placées autour de la carte d’He- reford, 420 ; — sur la côte d’Afrique dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133; sans nom sur la mappemonde de la Cotlonienne dans les mers intérieures, 73; — de la Méditer- ranée, placées d’une manière différente dans les deux map- pemondes de Turin et de l’Apocalypse, du XII® siècle, 123; — de la Méditerranée, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133 ; — Antipodes du Paradis tefrestre dans la mappe- monde du Lambertus de Paris, 183; — de \' Archipel, 104; — Allantides, 74; — Baléares, XL ; dans la mappemonde de Turin du XII® siècle, 153; dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 138; dans la mappemonde de Guidonis, — 505 — du XII® siècle, 216; — Britanniques, 255; déplacées 'dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 50 ; paraissent entretenir des rapports commerciaux suivis, au X® siècle, avec l’Espagne septentrionale, 58 ; dans la mappemonde de la Cot- tonienne, du X® siècle, 73; — Canaries, 84; sous le nom de Fortunata insula dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, 126; — Cyclades, 312, 416; — Eoliennes ou de Lipari, 410; — Fortunées, LVII ; sous le nom de Fortunatorum insula, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, 108 ; sous le nom de Fortunarum insula, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 133; passage de Lambertus sur ces îles, 159; l’auteur de la mappemonde d’Hereford n’en connaît que six, 433 ; — Gorgodes, au nombre de quatre dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 158; dans la mappe- monde du Lambertus de Paris du XII® siècle, 194; — Ilespé- rides, 74; dans la mappemonde d’Hereford, 433; — des Hommes et des Femmes, de Marco Polo, d’après les Arabes, 108; — dJHy 'eres, les anciennes Stœcbades, 409; — du Japon, 241; — de Lipari, dans la mappemonde d’Hereford, 410; légende sur ces îles, ibid.-, — des Nations; ce qu’on entendait par cette dénomination, 104 ; — d’Or et d’ Argent, au nord de Ceylan dans la carte du Saint-Jérôme, du XII® siècle, au Musée Bri- tannique, 246; — Orcades, dans la mappemonde de Leipsigdu XI® siècle, 94 ; au nombre de trente-trois dans le manuscrit du Lambertus de Gand du Xll® siècle, 158; au nombre de trente-quatre dans la mappemonde d’Hereford, 426 ; voyez Or- cades ; — delà Sonde, 280 ; — Sporades, 271 ; — Vulcaniennes, 410. Ilots du Souffleur, Abdal-Cura, 108. Ilium, 377; voyez Troie. Illyrie, 217; — occidentale, 184, 221 ; — dans la mappemonde d’Here- ford, 314. Image du monde ; Traités qui portent ce titre au moyen-âge, LXII, 254 ; 275 ; attribuée à Gauthier de Metz, 248 ; Imago mundi d’Honoré d’Autun, 241. Imbert des Mottelettes (M.), signale à l’auteur la mappemonde du ma- nuscrit no 5371 de la Bibliothèque nationale de Paris, 105. Iméritie, 269. Inde, LVI, LVII, 143, 144, 324, 342, 354, 359, 390, 405, 429, 430; — jusqu’au Gange, connaissances des Grecs, XXXIX; — selon Gtésias, elle faisait la moitié de l’Asie, 336 ; divisions de ce pays 506 • par les géographes du moyen-âge, 189; commerce, XCY; pro- ductions, 13; voyage de Cosmas dans ces contrées, 9; notice des animaux qui l’habitent, par Cosmas, au VI® siècle, 11, 12; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 29, 31 ; dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 37, 38 ; d’après quel système elle est tracée dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 75; sous le nom d'india, dans la map- pemonde de l’Apocalypse du XII® siècle, 116; — déserte et sablonneuse. India deserta et arenosa, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 141 ; n’est pas signalée dans la mappe- monde du Lambertus de Gaud, du XII® siècle, 174 ; India, dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, est une espèce de péninsule formée par la mer Caspienne et le golfe Persique, 179 ; les trois Indes indiquées dans une légende de la mappe- monde de Guidonis du XII® siècle, 223 ; dans la mappemonde du, manuscrit de Saint-Jérôme, du XII® siècle, au Musée Bri- tannique, 243 ; — supérieure dans cette carte du Saint-Jérôme, 246; l’auteur de l’image du monde du XII® siècle y a placé tous les peuples monstrueux, 249; légende relative à la fron- tière orientale de l’Inde du côté du promontoire Samara, dans la mappemonde d’Hereford, 343; les anciens y plaçaient aussi les Cynocéphales, 70; quelques cartographes y plaçaient le Paradis terrestre, 116; légende sur les Monocles dans cette contrée, 343 ; légende sur les éléphants du pays dans la map- pemonde d’Hereford, 349. Indes, nom vague employé par les cartographes du moyen-âge, et qui servait à couvrir leur ignorance relativement aux pays situés au delà des limites des campagnes d’Alexandre, XXXVIII; les trois Indes de Philostorge, 223. India prima, dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et de Paris, du XII® siècle, 189; légende relative aux Pygmées et aux Faunes, ibid. India secunda, dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et de Paris, du XII® siècle, 189. India ultima, dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et de Paris, du XII® siècle, 189. Indiens, 14, 15; leur position d’après la rose des vents, selon saint Jean Damascène, 32; ce qu’ils rapportent du Meros, 353. Indos, nom inscrit dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 210. Indoslan, 209. Indoustan, 406; comment il est figuré dans la mappemonde de la Cot- tonienne, du X® siècle, 55. Indus, fleuve, 51, 63, 64. 65, 70, 190, 193, 343, 3,46, 347, 348, 351, 355. Inn (!’), fleuve, 317, 318. Iplandia, contrée signalée dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du Xllle siècle, 265. Irlande, 53, 250, 294, 425, 426 ; sous le nom d'Hibernia dans la mappe- monde de la Cottonienne, du Xe siècle, 73 ; dans la mappemonde de Saint-Omer, du XI® siècle, 84; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 91 ; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 193; placée dans cette carte au sud de l’Angleterre, ibid,-, dans la mappemonde d’He- reford, 420 ; voyez Hibernia. Isaac, 44. Isaurie, 375. isauros, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 210. Isidoor Hye (M.); envoie à l’auteur des détails très curieux sur le contenu du manuscrit du Lambertus de Gand, 156. Isidore de Séville, XVII, XXXIV, LVII, LXV, LXXXVII, 52, 103, 234, 160, 344, 385, 388, 397, 407 ; grand nombre de petites mappe- mondes renfermées dans les manuscrits de ses œuvres, LXII ; manuscrits de ses ouvrages, 45, 46; était très en vogue parmi les Anglo-Saxons au X® siècle, 76; passage de cet auteur, 78; manuscrits de Dijon; fragments du XI® siècle, de Dijon, 87; cité au sujet de la division des provinces de l’Espagne, 122 ; passage de cet auteur sur POcéan environnant, 131 ; manuscrit de ses œuvres, du XIII® siècle, 283, 284 ; cité par l’auteur de la mappemonde d’Hereford, 405. Isis, rivière inscrite sous le nom corrompu d’Ibid dans la mappemonde d’Hereford, 421. Islande, XXIV; dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 50, 75 ; connue des Irlandais en 793, 75 ; connue aux X® et XI® siè- cles, 83; longueur des jours dans ce pays, 85; Yslande, dans la mappemonde d’Hereford, 426. Isquietos, peuple inscrit dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 210. Israël (peuple d’); légende sur le jour de son départ de l’Égypte, dans la mappemonde d’ Hereford, 390. — 508 — Issachar, dans la mappemonde d’Hereford, 372. Issel, rivière, 320. Ister ou Danube, 316, 322. Istria, 311 ; dans la mappemonde de Guidonis du XID siècle ; 221 ; sous le nom de Lustria dans la mappemonde d’Hereford, 311. Islrie, 303 ; sous le nom ù'Hy stria dans la mappemonde de Paris et de Gand, du XII® siècle, 183. ‘Italie, LXXX, LXXXV, 27, 42, 212, 256, 307, 310, 311, 410, 411, 413 ; dans la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 28 ; dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 36; dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 33; noms de villes qu’on y remarque dans cette mappemonde, 60 ; comment elle est figurée dans la mappemonde de Dijon du XI® siècle, 89; dans la mappe- monde du manuscrit de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée Britannique, 111 ; Italia dans la mappemonde duLambertus de Gand, du XII® siècle, 173; villes de cette contrée indiquées dans les deux mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 183 ; comment cette péninsule est figurée dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 217; dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIII® siècle, 261 ; n’a pas dans celte carte sa forme péninsulaire, 262. Itchen, rivière indiquée sous le nom d'Ene dans la mappemonde d He- reford, 420. Itinéraire d’Antonin, 511, 381, 382, 387, 407. Itinéraires anciens, collection publiée par M. de Forlia, 311, 317. Iviça, 407. Ivisara, fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 320. Iznik (lac d’) ; voyez Astacenus. J Jaca, 59. Jacetani, les peuples de Jaca, en Espagne, 59. Jacob, 44. Jacques deVitry; ses lettres, 230 Jambia; position de cette ville, 373. Jap ou Lap, fleuve désigné dans la mappemonde d’Hereford, 367. Japhet; 46, 103, 286, 339; l’Europe lui échut en partage; voyez Map- pemonde de Roda, du IX® siècle, 34; nations qui descendent de lui, 104. — 509 — Janina, 185. Japon (le), 544. Jason ; son expédition ; voyez Argonautes. Jean, roi d’Angleterre, 421. Jeni-Cheher, Larissa ; sa situation, 262. Jérémie; ses livres cités, 189; passage sur le vent du Nord, XLIX. Jéricho, 570; signalé dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siè- cle, 63. Jérusalem, 236, 573; dans la mappemonde d’Alby, du Vlll® siècle, 29; dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siècle, 57; com- ment celte ville est placée dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 63 ; représentée par un édifice dans la mappemonde du Priscien du X® siècle, au Musée Britannique, 76, 80; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle, 90; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 98 ; dans la mappe- monde de l’Apocalypse du XII® siècle, au Musée Britannique, elle est représentée par un grand temple, 119; orthographe du nom de cette ville dans la mappemonde de Turin, du XII® siè- cle, 159 ; sa position dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 174 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 222 ; dans la mappemonde du Salluste de Flo- rence, du XII® siècle, 252 ; dans la mappemonde du manuscrit de saint Jérôme, du XII® siècle, au Musée Britannique, 243 ; dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 272 ; dans la mappemonde d’Hereford, 292; placée au centre de la terre dans cette carte, 293 ; comment elle y est figurée, 572. Jomard (M.),278; sa notice sur le planisphère du XIII® siècle donné par Rafu, publiée dans le Bulletin de la Société de géographie, 276. Jopé, dans la mappemonde d’Hereford, 373, Jornandès, XXXV, 61, 83, 183, 188, 217, 266; cité au sujet des Hé- rules, 206. Joseph ; ses greniers en Égypte figurés dans la mappemonde d’Hereford, 291, 390; le puits de Joseph dans la même mappemonde, 370. Josèphe; son Histoire des Juifs citée, 63, 103, 118, 190, 362. Jourdain, fleuve, 38, 364, 363, 570, 372 ; dans la mappemonde de Turin du XII® siècle, 142, 143 ; dans la mappemonde d’Hereford, 368 ; ses sources dans cette mappemonde, ibid. Journal de France, de 1796, cité, LXX. Journal encyclopédique. Avril 1778; fait mention d'une mappemonde du XII® siècle découverte dans un monastère à Kiew, 244. — 510 — Juba, ses livres cités, 348, 349, 432; constructions qu’il fit exécuter à Cæsarea, 382. Jucla (tribu de), 37; limites de, dans la mappemonde d’Hereford, 373. Judea, dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du XII® siè- cle, au Musée Britannique, 119 ; dans la mappemonde de Turin du XII« siècle, 139; dans la mappemonde du Guidonis du XII® siècle, 222. Judée (la), 190, 371, 373 ; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 29: comment cette contrée s’y trouve figurée, ibid.-, dans les map- pemondes du XII® siècle de Lambertus de Paris et de Gand, 186; pays compris sous cette dénomination, ibid. Jugement dernier représenté dans la mappemonde d’Hereford, 289. Jugurtha, 233, 385. Juif priant devant le veau d’or., figuré dans la mappemonde d’Here- ford, 367. Jules César, 44. Juliobriga ; à quelle ville actuelle s’applique ce nom, ,57. Julius Honorius, XXXIII, 204, 205, 206, 207. Junon, 165. Junonia, nom ancien de l’île de Palma, 433 ; l’une des Canaries, figurée dans la mappemonde d’Hereford, 433. Jupiter (la planète), 164; dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 175; dans le système cosmographique du Lambertus de Paris, 200; tombeau de Jupiter, 413; Jupiter Bélus, son surnom ; son temple à Babylone, 362. Jura (le), 264. Justin cité, 90. Justinien (l’empereur), 66. K Kadikevi, voyez Chalcédoîne. Kang-diz, château des Persans, LXI. Karch , voyez Montagnes. Karpaths, voyez Monts. Karpella, voyez Montagne. Kartennae, dans Ptolémée; voyez Cartena. Kent (rois de), 126; Kent, Cantia, dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 13. Kephalonie, 416. — 511 Kepler ; ses découvertes, XXX. Kerkha ; mines de cette ville, 357. Kerry (comté de), 426. Kiew ; mappemonde du XII® siècle découverte dans cette ville, 244. Kildare, ville de Sainte-Brigitte, dans la mappemonde d’Hereford,425- Kiriath-Arba, 372. Kirkham, abbaye d’Angleterre, dans la mappemonde d’Hereford, sous le nom de Kircham, 422. Klaproth, 270. Klausen cité, 52. Knight (Guillaume), auteur du livre intitulé Mundus Aller, etc., 280. Konieh, 375. Krac, 366 ; voyez Petra . Kurdistan, 209. L Labarum, LXIII. Laborde (M. de) donne la Palestine et l’Arabie de la mappemonde d’Hereford, 295. Labyrinthe de Crète dans la mappemonde d’Hereford, 413. Lac Asphaltite appelé par plusieurs auteurs Sodomiticus lacus, 118, 368, 369, 389. — Balaton, 266. — Béhiré,4li. — Bevena, dans la map- pemonde d’Hereford, 310. — de Bitume ou mer Asphaltite, 368. — Calcarsum dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siè- cle, 72; Calearsum en Afrique, 159 ; Calearsus dans la mappe- monde d’Hereford, 402 ; orthographe diverse de ce nom, ibîd. — CfteZowfrfesdePtolémée, 149. Chott, 68, 386. — de Génésareth, 369. — Mensale, 53. — Méotide, 267. — Neusiedel, 266. — Occi- dental, formé par le Nil, dans la mappemonde d’Hereford, 398. Neusiedel, 266. — Phiala, 143. — Salé, 397. — Saliciarius dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 68; à quel lac il peut correspondre, ibid. — de Salines (Salinarum) dans la mappemonde d’Hereford, 386. — Sirbonis, 371. — Triton en Afrique, 70, 149. ; dans la mappemonde d’Hereford, 399. Lacédémone, dans la mappemonde du manuscrit de Saint Jérôme, du XII' siècle, au Musée britannique, 246. Lacet, fleuve, dans la mappemonde d’Hereford, 309. Lactance, XIX ; son opinion sur la position de la Terre au milieu dp monde, XVI ; sur Ptolémée, 10. 512 — i il ? I I Ladikieli, voyez Laodicée. Ladun, dans la mappemonde d’Hereford, 420. Lahaût, 351. Lambertus cosraographe du Xlle siècle, XXVII, XXVIII, XLVI, LXV; manuscrit de cet auteur à la Bibliothèque Nationale de Paris, sur le mot Orbis, XOII. Lambertus (Floridus), auteur du XII' siècle; sa mappemonde citée, 44, 82, 93, 185; les manuscrits de ses ouvrages cités, 202, 240, 241, 380 ; des différents manuscrits de son ouvrage encyclo- pédique du XII® siècle, qui se trouvent dans les bibliothèques de l’Europe, 154; à quelle époque il écrivit, 155 ; était au XII« siècle pour la connaissance du globe aussi arriéré que les sa- vants de son temps, 157 ; son encyclopédie a été. très en vogue aux XII®, XIII' et XIV® siècles et au commencement du XV', 158 ; ne mentionne pas un seul fleuve au delà du Gange, 159 ; ne con- naissait de l'Afrique que les notions transmises par les an- ciens, 159 ; renferme l’Afrique en deçà de l’équateur, 159; sa cosmographie et sa géographie sont en grande partie emprun- tées à MarcianusCapella,à Salluste, Lucrèce et autres auteurs anciens, 160; adopte l’opinion des Pères de l’Église sur l’em- placement du Paradis, 197. Lampsaque, dans la mappemonde d’Hereford, 377. Lancerote, voyez Ile. Langhi, peuples qui habitaient le Piémont, 207. Laodicée, dans la mappemonde d’Hereford, 373, 374; Histoire de cette ville, ibid., 375. Laon, Laudun dans la mappemonde d’Hereford, 302. Lapie (M.), sa carte d’Afrique, 382; son Atlas des Itinéraires anciens, 419. Larache, pour l’ancien nom voyez Colonie de Lix, 381. Larisse, dans la mappemonde de Mathieu Pàris du XIII' siècle, 262 ; son nom moderne, ibid. ; dans la mappemonde d’Hereford, 313. Laureum portus, dans la mappemonde d’Hereford, 391. Laus, petite rivière de l’Italie, aujourd’hui Laino, 307. Lausanne, Losana dans la mappemonde d’Hereford, 305. Lazes (les), 270. Lazi, peuples de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII' siècle, 208. Lazica, 269. Leandro, cité au sujet du nom de l’ile Ficaria, 409. — 5iâ — Leoh, fleuve, 318, dans la mappemonde d’Hereford , 518. Lechevalier; son Voyage dans la Troade^ cité 413. I.eclerc, M. V.; son édition de Cicéron citée, XX. Légendes; dans les mappemondes du moyen-âge ne commencent à se multiplier qu’au commencement du XI V® siècle, LUI ; méthode suivie par l’auteur pour les éclaircir, LXXXII. — De la mappemonde de la Cottonienne do Xe siècle : sur Y Asie septentrionale, 56 ; au-delà du promontoire des Chnbres^ 60; à l’est de la mer A' Aral, 62; à l’extrémité nord de YAsie,Q‘i-, relative au nombre des nations qui habitent Y Inde, 63; sur la Taprobane, 63; près de Carthage, 68; sur les Auloles,^-, près d’un lac en Afrique, 72; au sud du même lac, ibid. — De la mappejnonde de Dijon , du X le siècle ; sous la zone torride, 91 . — De la mappemonde du Xle siècle, dans le manuscrit no 5371, de la Bibliothèque nationale de Paris : sur Y Asie, 103; sur Y Europe, 104; sur Y Afrique, 104. — De la mappemonde du XIP siècle, dans le manuscrit du com- mentaire de l'Apocalypse au Musée britannique : en avant de la mappemonde, 109 ; au sujet du Phénix, 116 ; sur Y Arabie relative à la Myrrhe et au Cinnamome, 118 ; sur la partie de la Zône torride en Afrique, 121; sur Y Afrique occidentale, près de Y Atlas, 122; sur Y Ethiopie , -, relative aux pierres pré- cieuses, au cinnamome et au baume, sur Y Afrique, 123. — De la mappemonde de Turin, du Xlle siècle : au sujet de la Terre Antichthone ou Transocéanique, 132 ; à l’est du Danube, 135; à l’ex- trémité septentrionale de Y Europe, 136 ; au nord de Ylnde,\A\ ; sur Y Afrique occidentale, 147 ; au sujet du cours du Nil, 152. ~ Des mappemondes de Lambertus du XIP siècle : sur les Anti- podes, 158 ; sur la mer Rouge, ibid. ; sur l’île Canarie, ibid. ; sur l’édit de César au sujet de la description de la terre, 161- sur le Paradis de saint Paul (dans le système cosmographique), 166; sur YOcéan hypothétique qui traversait la zône torride, 174 ; sur la terre des Antipodes, 174; autour de l’Océan, 175 ; sur la Zône froide septentrionale (mappemonde de La Haye), 179 ; sur Alexandre-le-Grand près du mont Galatia (mappe- monde de Gand et de Paris), 188 ; sur les Pygmées et les Faunes {ibid.), 189; sur les perroquets et le cinnamome {ibid.), 190; sur les Antipodes (mappemonde de Paris), 194; sur la zône australe inconnue aux hommes (i^id.), 195 ; dans le cercle qui représente le Paradis {thtd.), 197 ; sur le Zodiaque {ibid.), 199. légendes des deux systèmes cosmographiques de Lambertus, de Garni et de Paris, 201. _ De la mappemonde de Mathieu Pàris, du XIII^ siècle : con- cernant plusieurs mappemondes, 258; sur l’exil d'Ovide, 269. — De la mappemonde de Leipsig, du XIM^ siècle: sur .Xlexandre- Ve-Grand, 274. — Du planisphère islandais du XllP siècle : relative à X A lier Orhis, 277. De la mappemonde d’Isidore de Séville, du XllI® siècle : sur le partage de la terre entre les descendants de Noé, 286. — De la mappemonde d’Hereford : sur le jugement dernier, 289; sur la mesure delà terre, 290; sur Orose, 291 ; sur les Vents et les phénomènes qu’ils produisent, ibid. ; sur la Mandragore, 291 ; sur l’édit de César relatif à la description de la terre, 293 ; près de la Carie, 293 ; sur Richard de Haldingham, 294 ; sur Y Espagne indiquée comme limite de l’Europe, 296 ; sur Cedpeel Abijla, ibid.-, sur Rome, 309 ; sur Venise, 311; sur l’o- racle d’Apollon, 312; sur Constantinople, 313 ; sur le Danube, 318 ; sur la Germanie, 321 ; sur Y Europe, depuis le Méolis jus- qu’à Cadix, 323 ; sur l’Autruche, 325 ; sur les Gelons, 325; sur la région boréale des monts Riphées, 327 ; sur la partie mon- tueuse de la Médie, 356; sur la mer qui sépare Y Egypte de la Palestine, 371 ; sur la distance de Dan à Bersabée, 372; sur un peuple africain ayant le visage déprimé, 394; sur les monstres fabuleux dont la bouche et les yeux sont sur les épaules, 395; sur le Rhin , voyez ce mot. Legrand d’Aussy, sa notice sur les manuscrits de Y [mage du Monde, 249. Leipsig, mappemonde de la bibliothèque de, LX^ . Lelewel, M.; donne une réduction de la mappemonde de la Coltonienne du X® siècle, .39. Lemnos; voyez île. Lengus, nom inscrit dans la mappemonde d’Herelord , 307. Leon, dans la mappemonde d’Hereford , 303. Léopard (le), LVI. Lepsius, M.; son voyage au mont Sinaï cité, 139- Lepiis, dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 96; où cette ville était située, ibid. -, — Magna, dans la mappemonde d’He- reford, 400. Lequien; son édition des œuvres de saint Jean Damascène, 32; de saint Basile, 166. 5t5 Lesbos ■ voyez Ile. Léthée (le), 399; légende en Afrique sur ce fleuve, daùs la mappe* monde d’Hereford , 387. Lethon, fleuve, 399. Letronne cité, XXX, LXVIII, 319; ses commentaires sur Dicuil, LXXXII, 85; son mémoire sur Cosmas, 9, 22; cité au sujet de l’Antichthone, 202, 203; cité au sujet d’une particularité du planisphère islandais du XlIIe siècle, 278; reconnaît avec l’au- teur la Terre An tichthone dans le planisphère de Cecco d’As- coli , 282. * Leucippe, XVII. Leucosirimanos, peuple asiatique dans la mappemonde du Lambertus de Gand , du XII® siècle, 208. Leucothea, voyez lie. Leuctra, ville mentionnée dans la mappemonde d’Hereford , 313. Lewis ; son histoire de Tîle de Thanet citée, 126. Liban (montagnes du), 37, 374; dans la mappemonde de Leipsig du Xle siècle, 98; voyez Montagnes. Libanius cité, 213. Libri , M.; sa notice du manuscrit et de la mappemonde d’Alby, 24 ; il pense que cette carte est le plus ancien monument géogra- phique qui existe, 25 ; ses notices sur les manuscrits des bi- bliothèques des départements, 23 ; obtient un exemplaire du manuscrit du commentaire de l’Apocalypse plus ancien que ceux de Turin et de Londres, 129. Liburnia, 311. Libya, la Libye; Libia dans la mappemonde d’Alby, du Ville siècle, 30; position du pays de ce nom d’après la rose des vents de saint Jean Damascène, 32 ; Libia Marmarica dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 71 ; Libia Ethiopica dans la même mappemonde, ibid.-, ce nom, chez les Grecs, s’étendait à toute 1 Afrique, ibid.-, Libia Eihiopia dans la mappemonde de la Cot- tonienne, du X® siècle, 73; Libya Cirensis dans la mappemonde d’Hereford , 401 ; Libia dans la même mappemonde, 412. Libyci montes, 148. Libye, 103, 292 ; dans la mappemonde de Roda du IX® siècle, 54 ; ce nom a encore dans cette carte la même signification que chez les Grecs, ibid.-, dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siè- cle, 38; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 96, 97 ; Libia dans la mappemonde du Lambertus de LaHaye, 180; dans les mappemondes de Lamberlus de Gand el de Paris, da Xlle siècle, 191 ; dans la Sphera iriplicata de Lamberlus, 211 ; placée au haut de la mappemonde de Florence, du XIII® siè- cle, 276 ; Libye égyptienne, 388. Lybiens, XLIL Licaonia dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée britannique, 120. Licorne; voyez Monoceros. Idcoso; voyez Leucotheà. Licus, 379 ; Liens Fluvius, dans la mappemonde d’ Hereford, 578. Lièvre (le), constellation dans le système cosmographique du XII® siè- cle, 169. Ligeris fluvius, .39. Ligne équinoxiale, 82. Lilybée ; voyez Promontoire. Limoges, dans la mappemonde d’Hereford , 299. Lincoln, dans la mappemonde d’Hereford , 421, 422. Lindeseya, dans la mappemonde d’Hereford , 421. Lion (le), dans les mappemondes du moyen-âge, LVI ; Lions delà Nu- midie, 383; — d’Afrique, dans la mappemonde d’Hereford, 598. Lion (le) , constellation dans le système de Lambertus, du XII® siècle, 170. Lipari; voyez lies. Liparis, qui donna son nom aux îles ainsi appelées, 410. Lisbonne, 123 ; sous le nom à'Olîsihona , dans la mappemonde du ma- nuscrit de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée britanni- que, 111. Lisonzo, 137. Livadie, 183, 218. Lod (ville de), 373. Lodicenses, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII® siècle, 211. Loire (la), 183 ; sous le nom de Fluvius Ligeris dans la mappemonde d’Hereford du XIV® siècle, 301. l.ombardie, sous le nom de Longbardia dans la mappemonde d’Here- ford , 303. Londres, XXI, 256; dans la mappemonde de la Cotlonienne, du X® siè- cle, 33, 73; sous le nom de Londonia dans la mappemonde >67. Mabillon, LXXVl. Macchabées (les livres des) cités, 104. -Macédoine (la), LXXXV, 311, 516; dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 28 ; comment cette contrée se trouve placée dans la mappemonde de la Gottonienne, du X*^ siècle, 50 ; porte le nom de Macedonia dans cette mappemonde, 60; Macedonia dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du XII® siè- cle, au Musée britannique, 112 ; Macedonia dans la mappe- mondé de Turin, du XII® siècle, 138; dans les mappemondes de Lambertus de Paris et de Gand, du XIP siècle, 184; dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 217 ; Macedonia, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIIP siècle, 262 ; dans la mappemonde d’Hereford, 314; pays qui lui correspond aujourd’hui , 184. Macra, fleuve, 60. Macrobe, XVII, XXV, LXXV, 43, 77, 82, 202, 203, 238 ; sphère de Ma- crobe, 137; sa théorie des zones, 1; manuscrit du X* siècle de cet auteur, 41: passages cosmographiques de cet auteur cités, 81 ; son système du monde adopté par le cartographe auteur de la mappemonde de Dijon , du XI® siècle; édition cum notis varioruin de 1670, 92 ; passage de son ouvrage sur le zodiaque, 199; son système représenté dans la mappemonde d’Honoré d’Autun , du XII® siècle, 258 ; passage concernant la forme de la terre, 238 ; passage de cet auteur au sujet de la terre, 239. Madeos, peuples de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 208. Madfuné, nom moderne d’Abydos, 391. Madianites (pays des), indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 372. Madus, voyez fleuve. Maenis fluvius, le Mein, 322. Magasin encyclopédique cité, LXX ; — pittoresque, publie la mappe- monde de la Gottonienne du X® siècle, 48. Magdalus civitas indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 390. Magnosia mentionnée dans les deux mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 183; position de cette ville, ihid. 'lagné.sic du Méandre, 376. — Ô19 — Magnus campus, 369. Magog, légende sur ces peuples dans la mappemonde d’Hereford, 359, 426. Magonia , autrement Sirtis , signalée dans la mappemonde d’Here- ford , 388. Malaca (presqu’île de), 13. Malcus; voyez Mons. Malichu (lie de), figurée près de la côte d’Afrique dans la mappemonde d’Hereford , 430. ; légende sur cette Ile éthiopienne dans la mappemonde d’Hereford, 431. Malochat; voyez Malva. Maloua; voyez Malva. Malouia, fleuve d’Afrique figuré avec le nom de Maha dans la mappe- monde d’Hereford, 397 ; voyez Malva. Malle-Brun, 128; observations sur quelques-unes des cartes de son Atlas, LXXXVI. Maluana ; voyez Malva. Malva, fleuve en Afrique, 67 ; servait de limite à la province romaine. ibid.\ sa source, ibid.\ indiqué dans la mappemonde d’Here- ford , 382 ; différents noms donnés à ce fleuve, 382. Malvana; voyez Malva. Man ; voyez Ile. Manasa, tribu, dans la mappemonde de la Coltonienne du X« siècle, 65. Manche (canal de la), 303, 421, 426; représenté dans la mappemonde d’Hereford , 420. Mandeville, 295. Mandragore (la), figurée dans quelques cartes du moyen-âge, LVll ; légende de la mappemonde d’Hereford sur cette plante, 291, 389 ; comment elle y est représentée, 292 ; quelques notions sur cette plante, îbid. Manilius cité, 407 ; sur l’Antichthone, 278. Mannert cité, 22, 121, 191, 382, 383, 387; son ouvrage sur la géogra- phie ancienne cité, 67, 69. Mans (le), dans la mappemonde d’Hereford, 301. Mantichora (la), figurée dans quelques cartes du moyen-âge, LVI; lé-^ gende sur cet animal dans la mappemonde d’Hereford, 536. Manuscrit géographique de la bibliothèque A'Alby, 59. — de V Apoca- lypse cité, XV ; d’Arundct, au Musée britannique, 242. — de la cosmographie d'Asaph, 99. — des Commentaires de César dans la bibliothèque de Saint-Omer; passage relatif «lux Cinibrcs 2t>4. — de iosmas, de la bibliothèque du Vatican, 15. — du Xle siècle de la biliothèque de nijon ; matières qu’il contient, 87. — de Guidonis; ce qu’il contient de cosmographique, âli, 214. — de V Imago ilundi d’Honoré d'Autun, dans diverses bi- bliothèques, 257. — de V Imago ilundi, daté de 1110, 241 ; voyez Image du Monde. — de Lambertus copié en 1460 pour le duc de Bourgogne, 154. — de Lamberius de la bibliothèque natio- nale de Paris, 154, note 4. — de Lambertus, description, 156; partie cosmographique, 156, 157. — de la bibliothèque de Leipsig, 93 — de la bibliothèque de Leipsig , du XIIl® siècle, 273. — du Musée britannique, du XII® siècle, 107, — du Com- mentaire de l’Apocalypse du XII® siècle, du Musée britannique , 109. — du XIV® siècle, de la bibliothèque de Paris, XXXIV.— de la bibliothèque nationale de Paris, 3, 4. — latin, n» 7590, de la bibliothèque nationale de Paris, 283. — de Priscien, du X® siècle, 76. — de saint Jérôme, du XII® siècle, au Musée bri- tannique, 245. — de Saint-Omer du X® siècle, passage cité, 63 . — de la bibliothèque de Saint-Omer, 81. — de Saint-Omer ren- fermant la mappemonde du XI® siècle; détails sur ce manu- scrit, 82. — de Saint-Omer du XI® siècle, 84. — de Saint-Omer, 86. — renfermant des Vies des Saints et des cartes, LXXVIII. Mappa vel Oresta de Lambertus, 157. Mappemonde d’Hécatée ; description, 21. — De Cosraas citée, 197 ; système de ce monument, 15. — De Saint-Gall , du VII® siècle, 23. — De Charlemagne, du VIII® siècle, 23. — Du pape Zacharie, au Ville siècle, 24. — De Théodulpbe, du VIII® siècle, citée, 23. — D’Alby, du VHP siècle, XXXVII ; on n’y remarque pas une seule lie sur l’Océan, 27 ; elle marque en Afrique un fleuve coulant de l’E. à ro., comme dans la carte Cottonienne, du X' siècle, 29; n’indique pour l’Afrique que les contrées connues des an- ciens, 30; les connaissances de l’auteur ne s’étendaient point aux immenses contrées situées au-delà de l’indus. — De la bibliothèque de Roda, du IX.® siècle; les trois parties de la terre y sont partagées entre les trois fils de Noé, 33. — De Strasbourg, du IX® siècle; Mone pense ([u’elle lut dressée en Allemagne, 36. — De Macrobe, du X*^ siècle, citée, 238; divise le monde en sept zones terrestres, séparées par sept mers, 42 - 52r Mappemonde du Sallusle de la ^Laureaciana, du X* siècle ; est dres- sée d’après le même système que celle de Roda, du IX<‘ siè- cle, 44. — D’un manuscrit d’Isidore de Séville, du X' siècle; est dressée d’après le système des Pères de l’Eglise, 46. — De la Cottonienne, du X^ siècle, citée, 83, 86, 260, 322; les villes y sont figurées par des édifices, 53; pour la partie septentrio- nale, elle s’arrête au 60® degré de latitude boréale, 73. — De Dijon, du -XI« siècle, citée, 203, 228, 283; est parfaitement circulaire, 88; représente en partie le système de Macrobe, 88; les côtes de l’Asie Mineure et de la Syrie y sont tracées d’une manière barbare, 91. — De Leipsig, du XP siècle, citée, 228. — De la cosmographie d’Asapb, du XP siècle; est dressée d’après le système de Priscien, ibid. — Du XP siècle, renfermée dans le manuscrit n» 7387 de la biblio- thèque nationale de Paris, 106. — Du commentaire de l’Apocalypse, du XIP siècle, au Musée bri- tannique, citée, XLIX, 133; suivant le catalogue elle aurait été dressée d’après les idées des Arabes ; la terre y est quadrangu- laire, 107 ; indique comme déserte la partie de l’Asie au nord de l’Albanie, placée près de l’Océan oriental, 'il 3. — De la bibliothèque de Turin, du XIP siècle, 108, 113, 122, 125, 130, 221, 228; des copies connues de ce monument, 129; la terre y est de figure circulaire, environnée par l’Océan, 131 ; se trouve, comme celledu Musée britannique, à la suite d’un manuscrit renfermant un commentaire sur l’Apocalypse, 108 ; représente sur plusieurs points la géographie des Grecs pri- mitifs et les opinions des Pères de l’Eglise, 153; comparée avec celle du manuscrit de l’Apocalypse de Londres au sujet de certains noms, 108, 113 ; moins parfaite que cette dernière, 108; différences des deux mappemondes, 124, 123. — De Lambertus, du XIP siècle, citée, 80, 81, 82, 152, 203, 221, 270, 348; que la figure de César tient à la main est inscrite dans un carré, 163; de Gand et de Paris; description com- parée de ces deux monuments, 182; de Paris, avec les mots Globus Tei rœ au centre, 198. — DeGuidonis citée, 322; laisse apercevoir un certain progrès sur la tonne de la Méditerranée et de la Mer Noire, comparée aux mappemondes précédentes, 228. -Mappemonde de l’Abbaje de Wallham, antérieure à celle de Mathieu Pàris, du Xllle siècle, 2o7. — Du roi d’Angleterre, à Westminster, antérieure à celle de Ma- thieu Paris, du XIII® siècle, ’257. — De Robert de Melkleya dressée avant celle de Mathieu Pàris, au Xllle siècle, 237. — De Mathieu Pàris citée, XXII ; est de la forme d’un carré long, 273. — De la bibliothèque de Leipsig, du XIII® siècle, 273; n’offre que les noms des trois parties du monde, 274. — D’Honoré d’Autun citée, 175. — D’Hereford, du Xllle siècle, citée, XV, XXVIII, XXXVII, XXXVIIl, XLVIII, LU, 163; époque à laquelle elle fut dressée, 293; elle est antérieure à 1509 ; preuve de ce fait, 417 ; l’auteur prouve qu’il ne connaissait ni la forme de l’Afrique, ni une grande partie de l’Asie, 454 ; fac simile de la bibliothèque de Paris, 294 ; dans la copie de Paris, il manque le mot Mirrep cité par Gough, 424; auteurs qui ont parlé de cette carte, 294, 293; ce qu’en dit le Literary Gazette du 21 avril 1849, 293. — Do Ranulphus Hydgen, du X1V« siècle, citée, XIII, XXXVII, 400, 427; renferme 90 légendes, LUI, — De Ruych , de 1308, 266. * — De Marino Sanulo citée, 180, 224. — De l’édition de Macrobe de 1670, 92. — De Jansenius, 281. Mappemondes dont la description est contenue dans ce second volume; voyez la Table des monuments décrits au commencement du volume. — du moyen-àge, nous reportent aux théories de l’antiquité, XII; l’auteur n’a pas rencontré une seule mappemonde systéma- tique des occidentaux qui fût graduée, avant le XVe siècle, XXXIIl; idées qui présidaient k leur ordonnance, LXVII. Marais; mysiens, 266; — qu’on remarque dans la mappemonde d’He- reford à l’Est du Nil, 591. Marc-Antoine, 162. Marcande; voyez Samarcande. Marccllus, consul romain, XX. Mardi (la), rivière de Hongrie, 267. Marche de Brandebourg, 206. Marciamis Capella , XXIX , LXXXVII, 95, 157, 158, 160,544; cité par l'auteur de la mappemonde d’Hereford , 540. — 523 — Marcien d’Hérâclée; ce qu’il dit des Colonnes d’Hercule, 52. Marco Polo, ses voyages, LU ; cité, i08, 187, 295, 348 ; parle de l’Arbre sec ou Arbre du Soleil , XLVII. Marcomanos mentionnés dans la liste de la mappemonde de Lambertus de Gand, du XIP siècle, 206. Marcomir, cité par Guidonis, 213. Marcus, sa traduction de la Géographie ancienne des Etats Barbares- ques, de Mannert citée 67, 68, 69, 122, 191, 233, 583, 386, 387. Mare, Euxinum, 31 ; indiquant la Mer Noire dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XlIIe siècle, 262. — Grœcum, dans la map- pemonde de Mathieu Pâris, 262. — lonium, dans la mappe- monde d’Hereford, 416 — Myrticum, 31. — Myrloum, 313. — Venetorum, indiquée dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 262. Margiane, 353 ; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 188. Margus (le), 354. Marie, sœur de Moïse, 362. Marin de Tyr, XXXII, 13, 199. Marinia, nom inscrit sur la mappemonde d’Hereford, 412. Marins (C.), 414. Marmarica, 72, 385. Marmarique (la), sous le nom de Calapbatmon dans la mappemonde de Leipsig, du Xle siècle, 97. Marmol, cité, 67. Marne (la), dans la mappemonde d’Hereford, 302. Maroc (l’empire de), 71, 121. Mars, planète, 164 ; dans le système cosmographique du Lambertus de Paris, 200. Marsalla, anciennement appelée Libia, 412. Marsden, son Commentaire sur Marco Polo, 108. Marseille, XXI, 303; sous le nom de Missilia dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XIP siècle, 112. Massagètes, 535; Massagetas, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 209; Massagètes ou grands Gètes, 332, 355; position géographique de ces peuples, ibid. Massieu (Guillaume), sa Dissertation sur tes Hespérides citée, 433. Massorètes, 104. Massoudi cité, 7. Mathieu Pâris, LXV; ses chroniques et sa mappemonde, 254, 255, 256, — 52 i — ±">~, :2.j 8, 259; l’auleur de la mappemonde du XIH*^ sicde ne connaissait rien au delà de la mer Caspienne, 271. Malburin, astronome du XII1'‘ siècle, XXI. Maures (les), 178, 226; position de ces peuples d’après Saint-Jean Da- mascène, 32. .ilauri, 69; indiqués dans la mappemonde du manuscrit de l’Apoca- lypse, du Xlle siècle, au Musée Britannique, 123. Mnuri Persœ, dans la mappemonde de Leipsig, du XI* siècle, 96. Maurisiana, pays des Maurisiens, signalé dans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 68. .Maiiritanin^ la Mauritanie, 1.58; signalée dans la mappemonde d’Alby, du Ville siècle, 30; dans la mappemonde de Strasbourg, 38; est le seul nom qu’ou lise dans la mappemonde de Guidonis, du XII* siècle, 226; dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII* siècle, 233. Mauriiania Cæsariensis, 121, 191 ; dans la Sphera Triplicata de Lam- bertus, 211. — Siiifensîs, 112; dans la Sphera Triplicata de Lamberlus, 211; dans la mappemonde d’Hareford, 383. — Tingiiana; origine de ce nom, 121, 122, 148; limites de cette province, 121; pays qui lui correspond aujourd’hui, ibid ; dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse, du Xlle siècle, au Musée Britannique. 121. Mauritanie, 101, 148; dans les mappemondes de l-ambertus de Gand et de Paris, du XII» siècle, 191. Mauro, Fra ; ouvrage de Zurla sur sa mappemonde, LXXllI. Maurusii, 69. Mayence, 242; dans la mappemonde d’Hereford, 304. -Mayenne (la), signalée dans la mappemonde d’Hereford, .301. Mecklembourg (le), 264. Mecque (la), 389. Medania fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 302. Mèdes (les), 31 ; — du Tauriis, 209 ; — en Afrique, dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII* siècle, 233. Media, mentionnée dans la mappemonde de Guidonis, du XIF siècle, 223. Médie (la), 209, 211, 334, 3-36, 357, 359; dans la mappemonde d’Alby, du VIH* siècle, 29; est la dernière contrée connue du carto- graphe dans l’.li'c orientale, ibid.; dans la mappemonde de la Gotloiiienne, du X*^ siècl », .33, 6i; sous le nom de Media dans la luappemondo du manuscrit de l'Apocalypse, du Xll' siècle, au Musée Britannique, H9; Media dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 190; légende sur ce pays dans la mappemonde d’Hereford, ôr;6. Medjerdah; voyez Bagrada. Medway, fleuve qui se joint à la Tamise, figuré dans la mappemonde d’Hereford sous le nom de Flavius Meday^ 421. Mégabares, nation éthiopienne, 401 ; position de ces peuples, ibid. Mégasthène, cité, LXXXVII, 70, 344. Megerda, fleuve d’Afrique, 149. Mein (le), 206. Mekesus civitas, peut -être la Mecque indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 589. Mêla, Pomponius, cité, XL, XLVI, XLVIll, LXXV, LXXXV, XCII, 52, 65, 75, 90, 96, 114, 114, 141, 149, 187, 188, 189, 194, 261, 317, 322, 325, 327, 328, 529, 530, 540, 345, 348, 382, 392, 394, 407 409, 410, 4t4, 417, 430; édition de Gronovius, 258; système de ce géographe sur la position de la Terre, XVII; pensait que la zône torride était inhabitable, 2; Guidonis, au XII® siècle, suit, sans le comprendre, son système hydrographique sur le cours du Don et du Dnieper, 219; cité sur les îles d’Or et d' Argent, 193; sur les colonnes d’Hercule, 78; sur le Nil et le Nuchut, XLVII, 396; sur le Tanaïs et le Nil, 219, 220; sur le fleuve Lixus, 382; sur les limites qu’il assignait à l’Asie à l’ouest, 226; sur l’Antichthone, 278; sur les Griffons, 331. Melitamarinos, peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII^ siècle, 206. Mellila, 382. Mélos ; voyez lie. Mémallide; voyez Ile. Memnemones; pays qu’habitaient ces peuples, 119. Memnon; sa résidence à Abydos, 391. Mémoire sur plusieurs auteurs anciens et modernes qui soutiennent que les mers Noire, Caspienne, Baltique ont anciennement communiqué ensemble, XLVI. — de M. Le Noble sur le manuscrit à'Herrade, LXXXVIII. — historique sur la géographie ancienne du Caucase', voyez Vivien de Saint-Martin. — sur sec de Marco Polo; voyez Roux de Rochelle. — sur VÈgijpte; voyez Quatremère. — sur les limites du Monde connu des anciens; voyez D’An ville 62(i — Mémoire sur l’origine de la sphère-, voyez Renaudol. Mémoires de l’Académie de Bruxelles cités, XLV’I. — — de Dijon, XXXVII. — — Hercolanense de Naples, cités, LXXIV. — — des Inscriptions et Belles-Lettres cités, XXI, XXXVIII, XXXIX, 167, 224, 324,429, 433. — de l’Institut cités, 430. — de l’Académie Pétropolitaine, XXXVII. — de la Société des Antiquaires de France, 297. Memphis, sous le nom de Memphin eivitas, dans la mappemonde d’He- reford, 389. Mena ; voyez Ile. Ménélas, 414. Menix ; voyez Ile. Menn (M.); son ouvrage De Alexandri expeditionibus, etc., cité, 225. Meoies, lac, d’après Pline, 114, 115. Méotide, lac, mer ou palus; la mer d’Azow, 187 , 206 , 218, 219, 221, 268, 325, 427; dans la mappemonde de Strasbourg, du IX* siècle, 36, 37; dans la mappemonde de la Cotlonienne, du X* siècle, 61 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XII' siècle, 220; dans la mappemonrle d’Hereford ; comment cette mer y est figurée, 326; légende qu’on y trouve, 340; voyez Lac. Meolis, lac, 32, 323, 419 ; comment le nom de cette mer se trouve écrit dans la mappemonde du Lambertusde Gand,du Xll'siècle, 184. Mer Adriatique , 32; 91, 115, 184, 217, 305, 306, 307, 308, 310, 311, 416; dans la mappemonde d’Alby, du VIII' siècle, 25; dans la map- pemonde d’Asaph, du XI' siècle, 101 ; dans la mappemonde du Salluste, du XIP siècle, 231; dans la mappemonde de Ma- thieu Pâris, du XIIP siècle, 261 ; y porte le nom de mare Adriaticum, 262; dans la mappemonde d’Hereford, sous le nom à'Adrialicus sinus, 312. — d’Afrique, Africum mare, dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII' siècle, 231. — d'Aral, 54. — de l’Asie-Mineure et de la Syrie, 103; dans la mappemonde de Saint-Omer, du XI' siècle, 83. — Atlantique, XXX, 81, 122, 263, 380; dans la mappemonde du manuscrit de Macrobe, du X' siècle, 43; discussion sur les affluents de l’Ai- antique indiqués dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 265. — Azanienne, 429. — d’ Azof ou d’^zoM.’ l’an- cien Meotis, 54, 218, 219, 329, 419. Mer des Baléares, 32. — Baltique, XLVI, 60, 185 ; n’est pas figurée dans -- 527 la mappemonde de la Cottonienne, du X« siècle, 50. — Blanche^ XLVI. — Boréale, 179, 325, 328, 331, 332; peinte en vert dans la mappemonde de Guidonis, du XIP siècle, 219. — Carpa- thienne, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 415. Mer Caspienne, XLVî, LI, LIV, LVIII, LIX, LXXXVII ; 19, 28, 31, 42, 75, 115, 119, 210, 224, 331, 332, 333, 339, 427; figurée comme un golfe de l’Océan Boréal, XXXIX; dans la carte d’Alby, du VHP siècle, est supposée communiquer avec la Mer du Nord, 25, 26 ; position de cette mer d’après la rose des Vents, selon Saint-Jean Damascène, 32 ; dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, est figurée comme une baie de l’Océan Bo- réal, 49 ; comment elle s’y trouve placée, 54 ; elle y est nommée mare Caspium, 62; ne se trouve pas marquée dans la mappe- monde de Priscien, du X« siècle, au Musée Britannique, 80; figurée dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, en communication avec l’Océan Boréal, 174; mare Cas- pium dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, en communication avec la mer Boréale, 179 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 215 ; comment elle y est figurée, 224; y communique avec la mer Septentrionale, ibid.-, la jonc- tion de cette mer avec la mer du Nord a été l’objet de con- troverses, 225; dans la mappemonde du saint Jérôme, du XIP siècle, au Musée Britannique, elle est figurée comme un golfe, 246 ; mare Caspium, dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIIP siècle, 271 ; dans la mappemonde d’Hereford, figurée comme un golfe de l’Océan septentrional, 337. -Cm- mérienne, 292; ou Bosporus Cimmerius, faisant communiquer le Meotis avec la Mer Noire, 419. — de la Crète, 32. Mer Egée, 31, 184, 217, 271, 274, 292, 417 ; dans la mappemonde de l’A- pocalypse, du XII® siècle, au Musée Britannique, 108; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 132. — Elamitique, 31. — Erythrée, 101, 119, ‘lOZ. — Ethiopie, 401. Mer de Galilée, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 368. — Gla- ciale, 426. Mer A' Hyrcanie, Caspienne; celte mer était dans la géographie du moyen-âge opposée au golfe Persique, 50. Mer A'idumée, nom donné à la mer Rouge, 190. — Indienne, 56, 101, 132, 226, 349; indiquée dans la mappemonde du Macrobe du X® siècle, 43 ; signalée sous le nom de mare Indicum dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 179 ; dans la mappe- 528 — inonde d’Honoré d’Autun, du XII® siècle, 238; communiquant avec la mer Atlantique dans la mappemonde d’Hereford, 380; théorie de la communication de cette mer avec l'Océan Allan- tique; opinion de Jiiba à ce sujet, 432. — Ionienne, 183. Mer de la Libye, 32. Mer de Macédoine, 31. — de Marmara, 218: indiquée dans la mappe- monde d’Hereford, 313. Mer Méditerranée, LI\% 16, 19, 29, 36, 38, .37, 63, 67, 72, 73, 90, 91, 94, 123, 132, 133, 151, 137, 149, 1.30, 1.33, 160, 163, 173, 174, 177, 191, 193, 213, 216, 227, 229, 23!, 236, 232, 271, 292, 298, 299. 300, 303, 303, 306, 308, 309, 361, 371, 581, 383; comment cette mer est figurée dans la mappemonde d’Alhy, du VIII® siècle, 26 ; dans la mappemonde de Macrobe, du X® siècle; elle commu- nique avec l’Océan Oriental, 42; dans la mappemonde du manuscrit de Priscien, du X® siècle, au Musée Britannique, 76, 79; dans la mappemonde du Xe siècle du Musée Britan- nique, 80 ; dans la mappemonde de Saint-Omer, du XI® siècle, 83; dans la mappemonde d’Asaph, du XI® siècle, sous le nom de Mare Maius , 101; dans la mappemonde du XI® siècle, manuscrit n« 3571 de la Bibliolhèque nationale de Paris, 103; dans la mappemonde de l’Apocalypse du Musée Britannique, du XII® siècle, 108; dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, sous le nom de Meditaraneiim mare et de Marc Nos- inim, 179; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XII® siècle, communique avec la mer Indienne, 238; dans la figure du système des zones d’Honoré d’Autun, 240 ; dans la mappe- monde de Mathieu Paris, du XIII® siècle, 260, 261, 263; dans la mappemonde de Leipsig, du XIll® siècle, 274; dans la map- pemonde du Salluste de la Laurenciana, du XIII® siècle, 27.3 ; dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du XIII® siècle, 286; dans la mappemonde d’Hereford; sa confi- guration y est très rétrécie, 412. Mer Médiierranéenne, sous l’équinoxiale, selon les anciens, XXX. Mer Méridionale, 432. — Morte, 63, 118, 369, 370 ; dans la mappemonde d’Hereford, 292, 368. Mer Noire, LIV, 36, 54, 61, 66, 7.3, 80, 139, 1.30, 173, 216, 218, 219, 221, 222, 223, 224, 238, 262, 263, 268, 269, 270, 515, 316, 322, 325, 326, 328, 329, 378, 419; communique avec la mer Caspienne dans certaines cartes, XLVl ; histoire ancienne de cette mer, LVIll; éolaircissemenis apporlés à la connaissanre de ce ~ 52 ^ — bassin par les cartes anciennes, LIX; - dans la carte d All.y du Ville siècle, 25; dans la mappemonde du Priscien du Musée Britannique, 79 ; dans la mappemonde de l’Apocaij pse, du Xlle siècle; au Musée Britannique, H3 ; dans la mappe- monde d Hereford; forme bizarre donnée à cette mer, 379; y porte trois noms, 419. Mer du Nord, llO, 264, 265, 420, 421, 422, 426. Mer Orientale, 193. Mer de Pamphijlie, 31. — de Perse, XLVI. — du Pont, 31. Mer Bouge, LXI, 42, 116, 151, 190, 227, 356, 359, 380, 389, 390, 391 , 430; dans la mappemonde d’Alby, du VHP siècle, 25;’ com- ment elle y est placée, 26 ; dans la mappemonde du VIIP siècle 29, 31 ; position de celte mer d’après la rose des vents, selon Saint-Jean Damascène, au VHP siècle, 32; dans la carte Cot- tonienne, du X' siècle, 48 ; comment elle y est placée, 55 ; elle renferme trois îles sans nom, 74; ne se trouve pas indi- quée dans la mappemonde du Xe siècle du Musée Britannique, 80; dans la mappemonde de Dijon du XP siècle, 90; dans là mappemonde de l’Apocalypse du XIP siècle, au Musée Bri- tannique, 108, 111 ; elle y est censée servir de communica- tion entre l’Océan Oriental et l’Atlantique, 120; elle y sépare notre continent habitable de la terre inconnue, ibid.-, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 132; elle y est nom- mée mare lîubrum, 140; elle y est peinte en vert et non en rouge, ibid. ■ légende qui se trouve dans Lambertus concer- nant cette mer, 158; dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XIP siècle, 174; légende des mapjæmondes de Lani- berlus de Gand et de Paris concernant cette mer, 192 ; c’est à cette mer que se termine la géographie d’Honoré d’Autun au XIP siècle, 237 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris sous le nom de mare Rubrum, 272. Mer Salée des livres saints, 368. —Septentrionale, 174. - de Sidon, in- diquée dans la mappemonde du Salluste de Florence, du 'xip- siècle, 231.— de Syrie, 31, 75, 139, 218, 274, 415;’ dans la mappemonde de Saint-Omer, du XP siècle, 83. Mer de Tartarie, 210. - Ténébreuse, appelée ainsi par les anciens avant les Arabes, 85. — de Tibériade, 368. Mers; leurs positions d’après les aires des vents, selon Timosthène, 32; d’après Ephore, ibid.-, d’après Saint-Jean Damascène, ibid.-, — noms des mers dans la liste à la suite de la mappemonde 530 — d’Âlby , lia V ni' siècle, 51 . — de Chine el du Japon, à peu près inconnues des cosmograpbes de l’Europe au XII' siècle, 544. Mercator cité, 350, 408. Mercure, planète, 164; dans le système cosmographique du Lambertus de Paris, 200. Mercure, ville qui lui était consacrée, 589. Meroé, 401; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siècle; comment cette île y est figurée, 91; dans les mappemondes de Lam- bertus de Gand et de Paris, du XII' siècle, 191 ; Meroe insula, lie de Meroé, marquée dans la mappemonde d’Hereford, 404; voyez Ile. Meros (monugne de) ; légende qui la concerne dans la mappemonde d’Hereford, 553; voyez Mont. Mérou, mont; cette montagne qui joue un grand rôle dans le système indien, se trouve dans Cosmas, 14, 15. Analogie avec le sys- tème des Indiens, 20. Mésie, Mœsia, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xll« siècle, 184 ; dans la mappemonde d’Hereford, 515. — Infé- rieure, 516. Mesniæ, la Mesnie, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siè- cle, 61. Mésopotamie, 64, 559, 562; une grande partie est appelée Ghaldée dans la Bible, 189; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 54, 65, 64 ; dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 140; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 189 ; signalée dans la mappemonde d’Hereford, 560. Messager des sciences historiques de Belgique cité, 155, 156, 175. Messine, sous le nom de ilesana^ dans la mappemonde d’Hereford, 411. Mester fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 516. Mesures terrestres signalées dans les cartes du moyen-àge; difficultés de les rectifier, LXXXIII; — de distance, 451 ; terrestres des distances; celles de Sardaigne, 408; — de 1 lie de Crète, dans la mappemonde d’Hereford, 415. Metagonium, 255. netaurus fluvius, le Métro, dans la mappemonde d’Hereford, 508. Métélin, nom moderne de l’île de Lesbos, 417. Météorologiques; voyez Aristote. Métine (file), de Pline, 407. Métis, fleuve, 215. Metuna clvitas, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 364. Metus ; voyez Ile. Metz, dans la mappemonde d’Hereford, 504. Meuse (la), 185, 265; dans la mappemonde d’Hereford, 304. Meyendorff; son voyage d’Orenbourg à Boukhara cité, 341. Micaria, signalée dans la mappemonde d’Hereford, 418 Michel Ange, XIV. Michel (M. Francisque), découvre en Espagne un manuscrit du com- mentaire de l’Apocalypse semblable à ceux de Turin et de Londres, mais plus ancien que ceux-ci, 129. Migne (M.); sa collection de la Patrologie, 117.' Milan, 262; indiqué dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XIF siècle, 232; sous le nom de Mediolanum, dans la mappe- monde de Mathieu Paris, du XIII* siècle, 267; Mediolanum dans la mappemonde d’Hereford, 306. Milet; sous le nom de Miletiis dans la mappemonde d’Hereford, 376. Miller (M.), envoie à l’auteur la copie de la mappemonde du manuscrit de la Bibliothèque de Roda, du IX* siècle, 53; son édition de Marcien d’HéracIée et de Scylax citée, 38, 52. Milvago de Pline, 416. Mincio (le), 310. Mingrelie, 269. Mlnbo, 33. Mirrea ; voyez Myra. Misie, 269, 270. Missep, selon Gough, correspondant à Murray, ne se trouve pas dans la copie de la mappemonde d’Hereford à Paris, 424. Moab (tribu de), 189; signalée dans la mappemonde de Strasbourg du IX* siècle, 38. Moabites, 366, 367; la tribu des — indiquée dans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 65. Mocissus, ville réédiüée par Justinien, mentionnée dans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 66. Mœsia, sous le nom de Messia, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 155. Mogoncia ; voyez Mayence. Moïse, XXV, 104; ce qu’il dit aux Anciens, lorsqu’il alla au mont Si- naï, 363; représenté sur le mont Sinaï, dans la mappemonde d’Uereford, 367; légende relative à ce personnage, lorsqu il guida les Israélites ; dans la mappemonde d’Hereford, 370. Moïse de Chorène, 115. Moldavie, 183. Monasticon Anglicanum cité, 126. Mondania, nom moderne d;Apamea, 577. Monde; l’étude du système du monde intéresse la pbilosoplne, X . d’Hésiode, XXlll; d’Homère, ibid. Forme du monde selon Philoponus, 18; selon Théodore de Mopsueste, ibid. - connu des anciens; voyez D’Anville. Mone (M.), cité, 207. - publie, en 1856, -la mappemonde de Strasbourg, du IX' siècle, dans l'Indicateur pour la connaissance des temps anciens de l'Allemagne, 56, 40; - publie, en 1856, la mappe- monde du manuscrit de Saint-Omer, du X' au Xl« siècle, 81 ; son opinion sur la patrie de l’auteur de cette derniere, 82 ; restitue le mot Dza de cette mappemonde, 85; — n’a donne qu’une partie de cette mappemonde, 85; — donne la copie de quelques notes géographiques du manuscrit de Saint Orner, du Xie siècle, 84; — publie la carte de l’Europe du manuscrit de Lambertus, 133. Morcér*’, orucorne, figurée fians quelques cartes du mojen-âge LVI- dans la mappemonde d’Hereford; legende qui sy trouie concernant cet animal, 403; opinion de Cuvier sur l’existence de cet animal, 406. Monocles -.légende sur ces monstres fabuleux dans la mappemonde d’Hereford, 543, 593. Mont Abarim, 370. - Abyla, 79; sur la côte d’Afrique, dans la map- ' pemonde du Lambertus de La Haye, 178; comment H e figuré dans la mappemonde du Salluste de Florence du Xlie siècle, 223; montagne qui lui correspond actuellement, ibtd.-, dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XII' siècle, 23«; dans la mappemonde d’Hereford, 296; voyez Abyla. - Adulus de Ptolémée, 156. - Alpes de Saint-Gothard dans la mappe- monde d’Hereford, 503. - d'Amazonie, 142. - Apennin, oO<. ^Aquilo,\\-, figuré dans quelques mappemondes du moye^ àf'e XLIX ; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII» si cîe,’ au Musée Britannique, cette montagne est placée vers •Océan Boréal ; ce qu’elle représente d’après le texte de Plme — 533 — el de Solin, 114. — Ararat, 62. — rdens, 430 ; voyez Montagne. ~ Astrixîs légende qu’on remarque sur ce mont dans la mappe- monde d’Hereford, 397. — Athlas, signalé dans la mappemonde d’Honoré d’Aulun, du XIP siècle, 238. — Allas figuré dans les cartes du moyen-âge, L, 67, 71, 72, 121, 123, 126, 158, 159, 397, 433; dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 95; légende voisine de cette montagne dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII" .siècle, au Musée Britannique, 121 ; sous le nom de montes Atlanni dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 147; dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 180; légende sur cette montagne dans la mappemonde d’Hereford, 396. — Ainalan, dans la mappemonde d’Hereford, 314. — Aureus, 74. — Billa en Espagne, dans la mappemonde d’Hereford, 296. — Brener , dans le Tyrol , 310. — Calpe XLII , 42, 78, 79, 292; dans la mappemonde du Sallusle de Florence, du XIP siècle, 232; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XIP siècle, 238; dans la mappemonde d’Hereford, du XIIP siècle, 296, 381, — Calvaire, dans la map- pemonde d’Hereford, 372. — dans la mappemonde d’He- reford, correspondant au promontoire de ce nom, 382. — Cariz, 370. — Carmel, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 139; dans la mappemonde d’Hereford, 373. — Cassîus, dans la mappemonde d’Hereford, L, 368; légende qui le con- cerne, 374 — Caucate, 115, 224; dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse, du XIP siècle, au Musée Britan- nique, 116, 118; dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 144, 145; nom donné à une montagne de Pile de Tile à l’em- bouchure du Gange, dans la mappemonde d’Hereford, 429, Monts Cerauniens, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siè- cle, au Musée BrPtannique, 115; dans quelle contrée de l’Asie, Mêla place ces montagnes, ibid. — du Char des Dieux, du Pé- riple d’Hannon, 51, 392. — de la Chimère, 115. — Climax, dans la mappemonde d’Hereford, 389. — Colobrer, Fromentera, 409. — Denax, dans la mappemonde de la Cottonienne, du Xlle siècle, 72. — Dourdos, aujourd’hui Üjebel-Ammer, en Afrique, 67. — Elbourz, 142. — Etna, 412. — Falza ou Fasga, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 65. — farihan, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X^ siècle, 63. — Vasga, dans la mappemonde d’Hereford, 369. — Galaamh, dans la mappemon le d’Hereford, 365. — Galoso o\\ Galonili,';, dans la luappeiuonde de la Goltonieaiie, du X« siècle, 65. — Garganus, dans la mappemonde d’Hereford, 307; son nom ac- tuel, ibid. — Gebel, figuré dans la mappemonde d’Hereford, 370. — Hecla, XXIV. — Hélicon, dans la mappemonde d’He- reford, 313; nom qu’il porte aujourd’hui, ibid. — Hermon, 143. — Hesperus, 69, 71, 159 ; dans la mappemonde d’Hereford, 396, 433. Monts Hijperboréens^ 7, 180 ; dans la mappemonde de üijon, du XI' siècle, 90; voyez monts Riphées. — Ida, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 413; description donnée par Solin d’après Varron, 413. Monts fia/des Arabes, 17. — Karpathet, 267, 268. Mont Karpella; sa position, 142 — Liban, 187,368, 372; Antiliban, 368; Liban dans la mappemonde de Leipsig, du XI« siècle, 98; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII' siècle, au Musée Britannique, 118 ; signalé par un nom au nord de Jérusalem dans la même mappemonde, 119 ; mons Libanus, dans la mappemonde de Turin, du XII' siècle, 142, 14 ; dans la mappemonde d’Hereford, 365. — Mampsanus de Ptolémée, 149. — Mercurii, figuré en Afrique dans la mappe- monde d’Hereford, 385. — Méros des Indiens signalé dans quelques cartes dumoyen-àge, L; montagne au sud du Méros dans la mappemonde d’Hereford; légende sur une population grecque, 355. — Mérou-, son analogie avec les mythes de l’Inde, 17. — Nichalu, dans la mappemonde d’Hereford, 308.— Oliveti, montagne des Oliviers, dans la mappemonde d’Here- ford, 372. — Olympe, figuré dans les cartes, L, 378; dans la mappemonde d’Hereford, 314. — d’Or, mons Aureus, dans la mappemonde de la Coltonienne, du X' siècle, 63. — Oreb, 370. — Ossa, dans la mappemonde d’Hereford, 314. — Paleovouni ou Zagora, 313. — Pangeus, dans la mappemonde d’Hereford, 316 ; son nom actuel , ibid. — Parnasse , dans la Phocide , figuré dans les cartes du moyen-âge, L, 312; dans la mappe- monde d’Hereford, 312. — Pathnum,J^\ \ . — P/irocrr, montagne à l’extrémité du petit Atlas, 148. — Phycée, 405. Monts Ui- phées,l, 208; Climat, XV. — d’Aristote, XLVlll; jouent un grand rôle dans la géographie et dans la cartographie du moyen-âge, XLIX ; montes Riffei dans la mappemonde de la Coltonienne, du X' siècle, 61 ; dans la mappemonde de Dijon, du Xle siècle, 89; dans la mappemonde de Leipsig, du XI' siè- cle, 98; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII' siècle, an Musée Britannique, 113; dans la mappemonde du Lam- 535 berlus de La Haye, 180; comment ils y sont placés, ibidr, dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 219 ; dans la mappemonde d’Hereford, 526, 327, 426; correspondent au moni Oby, 114; — Saddi dans la mappemonde d’Hereford, 382; — Sanl Angelo , 307; — Saint-Michel, dans la mappemonde d’Hereford, 301; — Saint-Michel à Gibraltar; ses stalactites, 79; — Salma, en Arabie, 369 ; — Sauceranus, dans la mappe- monde de l’Apocalypse, du XIP siècle, au Musée Britannique, 115; — Seïr, dans la mappemonde d’Hereford, 370; — Sephat-, dans la mappemonde d’Hereford, 349; —Sephas, dans la map- pemonde d’Hereford, 353; — Sigga, dans la mappemonde d’He- reford, 381 - Sinaï, 363, 367, 368; figuré dans les mappe- mondes du moyen-âge, L ; dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 64; — dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 139. — Strongijlui, ou la montagne ronde de Ptolémée, 142; — Taurus, 55, 64, 115, 209, 330, 331, 334; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 62, 66; direction de cette chaîne, 62; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIII® siècle, 270, 271. — Viduis, 297. Montagne û' Argent, 359.— de la Nubie, d’où sortent des flammes, mons Ardens, figurée dans la mappemonde d’Hereford, 592. — rem- plie de serpents et légende qu’on remarque dans l’Afrique méridionale de la mappemonde d’Hereford, 394. Montagnes célèbres qu’on remarque dans les mappemondes du moyen- âge, L. — parallèles figurées sur l’occident de l’A/rf^rMc, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 147. — au sud du Nil, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 152. — de V Angleterre , figurées dans la mappemonde d’Hereford, 423. — de {'Arabie, sous le nom de Mons Arabie, dans la mappe- monde de Turin, du XII® siècle, 140. — de V Arménie, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 62; direction de ces montagnes dans la mappemonde d’Hereford, 334. — de dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 145.— du nord de {'Asie; théorie du soulèvement de ces montagnes indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 538.— Dédaliennes ; légende de la mappemonde d’Hereford qui les concerne, 554. — de {'Ethiopie, figurées dans la mappemonde d’Hereford, 405. — de la Gaule, montes Galliaruin, dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 154. — lllyricnnes, LXIX. — de Vlndc ; plusieurs auteurs anciens y plaçaient les Cynocéphales, 70 — r>30 — — de V indousian , 406. — de Karch des Arabes, Soü. — de Léon, ii97. — de la Lune, eu Afrique, 227. — de Niirie, 391. — avec une porte, qu’on remarque dans la Nubie de la mappemonde d’Hereford, 391. — à'Oby, 208. — d’Or, indiquées dans une légende de la mappemonde d’Hereford, 346. — de la Sarmatie, 219; dans la mappemonde d’Hereford, 323. — des Sept Frères, signalées dans la mappemonde de la Coltonienne, du X' siècle, 67; les Sept 3Ionts, 492. — de Slolpe, 208. Montes Acroceraitni, dans la mappemonde d’Hereford, 333. — Anges, dans la mappemonde d’Hereford, 373. — Ariobarzones, dans la mappemonde d’Hereford, 538. — Armeniœ, 54. — Nibie, dans la mappemonde d’Hereford, 391. — Osco dans la . mappemonde d’Hereford, 3.38. — Parcoairas, dans la mappe- monde d’Hereford, 339. Monlfâucon; sa collection des pères, XVII ; cité, 48; publie le manu- scrit de Gosmas, 13; pense que les figures du manuscrit de Cosmas sont copiées du manuscrit autographe, 44 ; sa pré- face à l’ouvrage de Cosmas, 22 ; il donne une figure de la terre d’après Ephore, 32; son Antiquité expliquée, 324. Monumenta Germanica; voyez Pertz. Monuments géographiques recueillis par l’auteur; leur nombre dé- passe 170, LXXIX. Moralès cité, 409. Morave (la), 318. Moravie, 267. Morée (la), 262,416, 417; comment cette péninsule est figurée dans la mappemonde d’Hereford, 315. Morini, XXXIV; peuples appelés de ce nom, 82; pays de l’auteur de la mappemonde de Saint-Omer, du XI^ siècle, 84; mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xll® siècle, 206 ; pays habité par les peuples de ce nom, ibid. Morinus flttvius, en Espagne, dans la mappemonde d’Hereford, 298. Morn fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 318. Morus (Thomas) ; son Utopie, 280. Mosa Iluvius, la Moselle dans la mappemonde de la Gottonienne, du X' siècle, 39. iMoselle (la), dans la mappemonde d’Hereford, 301. Mosule ; voyez Promontoire. Moxel; les peuples asiatiques de ce nom, 28. Moyse de Ghorènc cité, 83; oi)inion de cet auteur sur les zones, I. Muhr (la), rivière de Hongrie, 267. Mulucha; voyez Malva. Munizado, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 375, Murduacia^ dans la Galice, de la mappemonde d’Hereford, 297. Murray, 424, • Musée Britannique, LVII, 47, 76, 92, 128, 129, 133, 147, 242, 247, 254; manuscrit du Commentaire de l’Apocalypse, 107. Myconis, 312. Mylasa; voyez Iles. Myra, dans la Lycie, sous le nom de iJfôrra, dans la mappemonde d’He- reford, 376. Myrlea, 377. Myrrhe (la), indiquée dans quelques mappemondes du moyen-âge, XLVI ; contrées de l’Arabie qui la produisent, 119. Myrsile cité, 408. Mysticus Aquilo ; ouvrage qui porte ce titre, XLIX. Mythe des Griffons ; voyez Griffons. N Nabatheos, peuples mentionnés dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand du XII* siècle, 211 ; pays habité par ces peuples, ibid. Nabonas, peuples de l’Asie mentionnés dans la Sphera iripUcala du Lambertus de Gand, du XII* siècle, 208 Nadabères, 401. Nahel ; voyez Navus fluvius. Nahr-Kadès, 374. Nantes, dans la mappemonde d’Hereford, 301. Napæi; pays de ces peuples en Asie dans la Scythie, 61. Naples, XXI, 311 ; sous le nom de Neapolis dans la mappemonde d’He- reford, 507. Narbonia, la Narbonnaise dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 183. Narbonnaise, 220; ses limites, 216. Narbonne, dans la mappemonde de l’Apocalypse du XIl® siècle, au Musée Britannique, 111 ; dans la mappemonde de (iuidonis, du XII* siècle, 216; dans la mappemonde d’Hereford, 299. Nardeos, peuple de l’Asie mentionné dans la liste de la mappemoiîde de Lambertus du XII« siècle, 211. Natabres, peuple d’Afrique signalé dans la mappemonde d’Hereford, 401. Nalhabur dans Pline, 401 . Naudé (Gabriel) ; son Apoloyia pro virisdociis viathemalicis citée, 282. Naumann (M. le docteur) ; son catalogue des manuscrits de la biblio- thèque de Leipsig, 93, 273. Navm fluviiis, correspond au Nahel moderne, 136. Naxos; voyez Ile. Nazareth, dans la mappemonde d’Hereford, 372. Necapidulos, peuples de l’Europe mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 207. Ned-Roma, actuellement le port de l’ancienne Siga, 381. Negrepont, l’ancienne Eubée, 417. Nembrod, 361. Nembroth, cité par Pierre d'Abano comme ayant dressé des cartes, XC. Nemours, dans la mappemonde d’Hereford, 301. Néoplatoniciens; ils ont imaginé une hiérarchie de puissances inter- médiaires entre la divinité et la terre, XXVI ; ils ont mis en circulation la théorie de la matière inflammable, ou de la ma- tière éthérée dans les parties les plus élevées du monde, 172. Neptalin, la tribu de Nephtali, dans la mappemonde de la Cottonienne , du X« siècle, 63. Nerva, LXIII. Neusiedel; voyez Lac. Neustrie (la); sur ce pays avant Charlemagne, 18-3. Neutoma; ile figurée dans la mappemonde d’Hereford, 413. Newcastle, sous le nom de Casinovc, dans la mappemonde d'Hereford. 422. Newton, XXX. Nicala; voyez Ile. Nicea, dans la mappemonde d’Hereford, 331, 378. Nicéphore Blemmyde; édition publiée par Spohn, 44, 83, 230; voyez Spohn. Niceria, 308. Nichodorus, 294. Nicolas d’Oresme cité, 181; son opinion sur les zônes, 2. Nicomédie; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII' siècle, au Musée Britannique, 113; position de celte ville, féW.; dans la mappemonde de Mathieu Pàris, 270; origine de ce nom, ibid. ; dans la mappemonde d’Hereford, 378 A' Nigris, fleuve, 396. Nigrilis palus, 596. Nil (le), 14, 19—21, 38, 48, 51—53, 72, 119, 139, 178, 198, 219, 380, 389, 391, 393, 398, 402, 403 ; sous le nom de Géon dans Cosmas, 16 ; comment ce fleuve se trouve figuré dans la mappemonde d’Alby, du VHP siècle, 29; il y est censé venir de la mer Rouge, ibid.; l’auteur paraît le confondre avec le Gange, 30; dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du X' siècle, 45; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X« siècle, 50; - légende inscrite à ses sources, ibid.; ses sources, 56 ; y court de l’Est à l’Ouest, 71 ; où il prend sa source, ibid.; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X« siècle, 73 f sépare l'Afrique de l’Asie dans la mappemonde de Saint-Omer, du XP siècle, 83; dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 98; sous la dénomination de Flumen Nilus, il est inscrit sur une partie de l'Asie dans la mappemonde d’Asaph, du XP siè- cle, 101 ; cours de ce fleuve dans la mappemonde de l’Apoca- lypse, du XIP siècle, au Musée Britannique, 122; il diffère de la théorie de la mappemonde de Turin, ibid.; différence du cours de ce fleuve dans les deux mappemondes de l’Apocalypse de Turin et de Londres, du XIP siècle, 125; théorie du cours de ce fleuve dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 150-152 ; cours souterrain de ce fleuve, supposé dans la légende de cette carte, 152; indiqué dans la mappemonde du Lamber- tus de La Haye, 198; ainsi que l’Euphrate et le Tigre, il tombe dans l’Océan Oriental, dans la mappemonde de Guido- nis, du XIP siècle, 225 ; il coule à l’Est dans cette mappemonde, 226; ses sources dans cette mappemonde, 227; théorie de son cours d’après les anciens, ibid.; il sert de limite à l’Asie dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XIP siècle, 232 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XIP siècle, à Paris, 240; dans le système des zones de la figure d’Honoré d’Autun, du XIP siècle, 240 ; dans la mappemonde du Salluste de Flo- rence, du XllP siècle, 276; ses embouchures dans la mappe- monde d’Hereford, 388; légende concernant le nom de Moïse, près de ce fleuve, dans le voisinage des montagnes, 391 ; ses sources dans cette mappemonde, 392; affluent de ce fleuve, qui forme un lac dans cette mappemonde, 399; légende sur les peuples qui habitent au sud de ce fleuve, dans celle map- pemonde, 401, 54Ü Nils (les deux), figurés dans quelques mappemondes du moyen-âge, XLVII, 405. Nilidis lacus, 396- Ninive, XXI, 1.59 ; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 64; son emplacement dans la mappemonde de l’Apocalypse, du Xlle siècle, au Musée Britannique, 119; dans les mappe- mondes de Lamberlus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 188; sous le nom de Civitas Ninice dans la mappemonde d'He- reford, 5.59. Ninus ; embellit Babylone, 361. Nisa, ville de l’Inde; légende sur cette ville dans la mappemonde d’Hereford, 333. Nisard (M.) ; son édition de Macrobe citée, 77; son édition de Pompo- nius Mêla, 79. Nisibi ; ville signalée dans la mappemonde d’Hereford, 361. Nisibis, 12. Nitrie; voyez Montagnes. Nivaria, l’une des îles Canaries, -133; signalée sous le nom de Vinaria dans la mappemonde d’Hereford, ibid. Noé; la Terre partagée entre ses fils, 286. Nombres (le livre des), cité, 63. Nord ; chez les anciens et au moyen-âge on attribuait à ce vent une influence malfaisante, XLIX. yorica; dans les mappemondes de Lambertus de Paris et de Gand, du XIP siècle, 184; position géographique de ce pays, ibid. Norici; pays de ce peuple germanique, 317. Noricum, 318; ses limites, 155. Noricus, légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 517. Norkr-Koh, ou montagne d’argent, 339. Normandie, 263; sous le nom de Normanîa., dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 94, 93; dans les mappemondes de Lam- bertus de Paris et de Gand, du XII« siècle, 183; dans la map- pemonde de Mathieu Paris, du XIIP siècle, 263 ; dans la map- pemonde d’Hereford, 301. Northampton, figuré dans la mappemonde d’Hereford, 421 ; fut le siège du gouvernement sous le roi Jean et sous Édouard pr, ibid. Northumberland, sous le nom de yorihumbria dans la mappemonde d’Hereford, 422. Norvège (la), 183; dans la mappemonde d’Hereford, 324. Notices de l’Église, 121 Notice de l’empire d’Occidenl citée, S7, 121. Notice des Évêques citée, 382, 386. Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque royale cités, 236, 249. Notre-Dame de Paris, LXX. Nottingham, 422 ; sous le nom de Snotingham^ dans la mappemonde d’Hereford, 422. Novicum, dans la mappemonde d’Hereford, 302. Nubie, 393; légende concernant les peuples de cette contrée, dans la mappemonde d’Hereford, 392. Nuchul ; nom donné au Nil par les habitants de l’Éthiopie, selon Mêla, XLYIl ; Nuchul fluvius, figuré dans la mappemonde d’Here- ford, 396. Numadibus municipium indiqué dans la mappemonde d’Herefoi'd, 386. Numides, 96, 233; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 97. Numidie, 191, 382, 385; dans la mappemonde d’Alby, du Ville siècle, 50 ; comment ce pays est indiqué dans la mappemonde de Leipsig, du XL siècle, 97; sous le nom de Numùlia, dans la mappe- monde de l’Apocalypse du XID siècle, au Musée Britannique, 121; Numidia dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 191 ; dans la sphera triplicata de Lambertus, 211; dans la mappemonde du Salluste de Flo- rence, du XIP siècle, 234 ‘ légende sur l’étendue et les limites de ce pays, dans la mappemonde d’Hereford, 384. Nuremberg, 257. Nysa, position de celle ville. Oasis magna et parva, 589. Ocea, ville d’Afrique, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 387. Océan, LI, XCIII, 12,16 , 31, 49, 51, 69, 96, 103, 143, 158, 175, 185, 265, 298, 319, 391, 592, 596; formant la ceinture de la Terre, théorie des anciens, XLIV ; selon Ovide, Vulcain l’avait fait graver sur les portes du palais du Soleil, XLV; ceinture qu’il forme autour de notre globe, selon Macrobe, 82; comment il est figuré dans la mappemonde du Priscien du Musée Britan- nique, du X' siècle, 77; entoure les trois parties de la Terre dans la mappemonde de Saint-Omer, du XP siècle, 83 ; en- toure la mappemonde de Guidonis, du Xll* siècle ; il est peint en rouge, 215; légende concernant cette mer dans le système cosmographique du Lambertus de Paris et de Gand, 201 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XIP siècle, 258 ; peint en vert dans la mappemonde d’Hereford, 295. Océan ; les marées indiquées dans la mappemonde du Priscien du Musée Britannique, du X^ siècle, 77; théorie de ses courants dans la mappemonde de Macrobe, du X' siècle, 41 ; courants indiqués dans la mappemonde de Dijon, du XP siècle, 92; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XII* siècle, 238. Océan ; terres que les anciens croyaient devoir exister au-delà, XLVI. Océan ; occupant toute la zône torride; théorie, 202 ; ou mer Méditer- ranéenne qui traverse la zône torride dans les cartes du moyen-âge, 152; cette mer était une pure théorie des cosmo- graphes, ibîd.-, figuré dans la zône torride, sur la mappe- monde du Lambertus de Gand, du XII* siècle; légende selon laquelle il est inconnu aux humains, 171. Océan qui entoure l’Afrique, 74; qui entoure l’hémisphère inférieur dans les deux mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 182, Océan Atlantique, 134; dans la mappemonde de Dijon, du XI* siècle, 91 ; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII* siècle, au Musée Britannique, 120, 121 ; communiquant avec l’Océan Oc- cidental dan-s la mappemonde de Lambertus de Gand et de Paris, du XII* siècle, 192. Océan Boréal, XXXIX, 61, 62, 225, 240, 246, 358, 339; le nions Aquilo est placé près de cette mer, 114. Océan circulaire, XXIII. Océan environnant, 3, 6, 78, 172 ; passage de Macrobe au sujet de cette mer, 81 ; passage d’Isidore de Séville à ce sujet, 131 ; dans la mappemonde d’Alby, du Ville siècle, 27; dans la mappemonde de Strasbourg, du IX* siècle, 35 ; dans la map- pemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du X* siècle, 46; légende dans la mappemonde de Dijon, du XI* siècle, 91 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 94 ; dans la map- pemonde du manuscrit de Paris, n° 5371, du XI* siècle, 102; dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XID siècle, au Musée Britannique, 107, 108; comment il est peint dans cette carte, 109 ; dans la petite mappemonde de Lambertus, du XII* siècle, 161 ; peint en rouge dans la petite mappemonde de Guidonis, du XII' siècle, 2'29; sous le nom à'Occanns ciraimfluens ûaiis cette mappemonde, ibîd.\ dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII' siècle, 231 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XIII« siècle, 273; comment il est représenté dans le planisphère islandais du XII|e siècle, 278. céan éthiopien, 431. — Hispérique, 71, — Homérique, 17 ; dans la mappemonde du manuscrit de Macrobe; du Xe siècle, 41 ; dans la mappemonde d’Asaph, du XI^ siècle, 100; dans la mappemonde de Turin, du XII^ siècle, 131; le fleuve Oceanus d’Homère, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlh siècle, 174. — Hyperboréen, 55. — Indien, 63, 430. — Méridional, 69, 344, 393. — Occidental, 173, — Oriental, XXX, LXXXVH, 90, 159, 180, 208, 209, 215, 339, 344, 348 ; communiquant avec l’Océan Occidental ou la mer At- lantique, théorie représentée dans la mappemonde de Saint- Omer, du X' au XI' siècle, 81 ; est censé communiquer avec l’Atlantique, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée Britannique, 120 ; communique avec la mer Atlantique, dans la mappemonde de Turin, du XII‘ siècle, 131 ; communique avec l’Océan Occidental dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 182. — Pacifique, 280. — Primitif, 82. — Scythique, LXXXVIl, 55, 339, 426. — Septentrional, 110, 209, 337, 339; îles qu’on y remarque dans la mappemonde de la Cottonienne, du X' .siècle, 75. — Sérique, 340, 427. Oceanus, fleuve d’Homère, 203. Octavien, 161. Oder (f), 206, 268; sous le nom de fluvius cidera dans la mappemonde d’Hereford, 320. Oea ; voyez Ocea. Oléron; voyez Ile. Olivarius, XCII. Olympe, mont; comment il est placé dans la mappemonde de la Cot- tonienne, du Xe siècle, .50; Olympe de Béda, 171 ; voyez Mont. 544 Ombrie (T), 311. Ombrios, île, 433. Ornons cité, XXIV; son poëme géographique, 248. Omphis, 552. Onésicrite cité, LXXXVII, 344. Onulphe, chanoine de Saint-Omer, au XI^ siècle, 153. Ophir (île d’), figurée à l’entrée du Golfe persique dans la mappe- monde d’Hereford, 429; mémoire de M. K. Ritter sur ce pays, 429; mémoire de D’Anville, sur le pays où les Hottes de Salomon allaient chercher de l’or, 429; voyez Ile. Ophyusa , nom ancien de l’île de Colubraria, 408. Or, gardé par les Griffons, LVI ; grandes régions aui'ireres de l’Afrique gardées par des fourmis, fables indiquées dans les mappe- mondes du moyen-âge, LVI ; or et pierres précieuses des pays scythiques, 330, 331 ; sables d’or d’un des fleuves du Nil dans la mappemonde d’IIereford, 398; passage de Solin à ce sujet, ibid. Or (îled’), figurée sur la mappemonde d’Hereford, voy. Crise insula, et Ile. Oracle d’Apollon, mentionné dans la mappemonde d'Hereford, 312. Oracle d’Ammon, 402, 403. Oran , 382. Orcades (îles), marquées au nombre de vingt-deux, dans la map- pemonde de la Cottonienne, du Xe siècle; 73; dans la map- pemonde d’Hereford, du XIIP siècle, 426; légende sur leur nombre, ibid-, voy. Iles. Oreb ; voyez Mont. Orenbourg, 341. Orénoque (T) ; Colomb croyait que c’était un des fleuves du Para- dis, LX. Orient, LXVII. Orientation , dans les cartes systématiques du moyen-âge ; variété qu’elle présente, LXIV; doctrine d’Empédocle et des Egyp- tiens, LXVII. Orientation de la mappemonde de la biblio- thèque de Roda, du IX® siècle, 34; — de la mappemonde du X<^ siècle, du manuscrit d’Isidore de Séville; l’orient est placé au haut de la carte , 47 ; — de la mappemonde de la Cotto- nienne du X* siècle : le N. à gauche, le S. à droite, 51 ; — de la mappemonde du XIL siècle, du manuscrit de l’Apoca- lypse du Musée Britannique : l’orient est placé au haut de îa carte, 107 ; — du planisphère céleste et terrestre de Lam- bertus du Xlle siècle; diffère de celle des modernes. 170- — du planisphère de Gand, représentant un système cosmo- giaphique du Xfl'" siècle ; l’orient est en Iiaul, 172- de la mappemonde de Guidonis, du XÎP siècle : les quatre points cardinaux, 216 ; — de la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Se ville, du Xlb siècle à la Bibliothèque Nationale, 236- - de la mappemonde d’Honoré d’Autun, du Xlle siècle .• l’Asie en haut, 238; - de la figure des zones du manuscrit de 1 Image du Monde d’Honoré d’Autun, du Xlle siècle ; le N. au bas , 239: elle est conçue d’après le système des climats, 240; de la mappemonde de Gauthier de Metz du Xllle siècle : l’orient en haut , 231 ; de la petite mappemonde de Gauthier de Metz du XIIB siècle : l’orient en haut, 233; - d’une autre mappe- monde de Gauthier de Metz du Xllle siècle, 234 ; - de la mappemonde de Mathieu Paris : l’orient en haut, 237; — de la mappemonde de Leipsig, du XllB siècle, l’orient en haut , 274; — de la mappemonde du Sallusle de Florence du Xlllê siècle, l’ouest en haut, 276; - de la mappemonde du ma- nuscrit d’Isidore de Séville, du XlIP- siècle, l’orient en haut, 283 ; — de la petite mappemonde d’Isidore de Séville du Xlllê siècle , l’Asie en haut, 286 ; - de la mappemonde d’Hereford du XllP au XIV' siècle, l’orient en haut, 293. Origène, XVIII; son traité sur la Création, XXVll ; passage de cet auteur J ur les Antichthones, XLVI. O, ion, conslellalion liguroe dans le système de Lamberlus du XII- ,siè- de, 168. Orix (l’j des anciens, la licorne des modernes, 406. Orkhan, sultan des Turcs au XIV' siècle, 513 Orléans; "om donné à celle ville dans la mappemonde d'Hereford SOI Orocenos penpie de l’Asie dans la mappemonde de Lambertos de Gand, du XII' siècle , 210. Oronte (F), fleuve, 140, 141. Orose cité, XXXIV, LXXXVII, 37, 38, 39, 61, 71, 73, 76, 206 «98 384,402,'408, 423, 426; passage de cet auteur, 38; son*opi’ mon sur les zones, 1 ; indique un point géographique d’après aire des vents, selon la théorie de Timosthène, 39 ; lé- gende qui le concerne dans la mappemonde d’Hereford, 291 • change le nom du promontoire de Tabis en Boreum, 340- fait tomber le Gange dans l’Océan oriental, .344. Il 35 Orphée, 165. Ortelius; son Thésaurus geographiius cilé, 67, 193, , 269, 280, 523, 391, 408, i09; ne cite qu’une carte du moyen-âge, 287. Osca, dans la mappemonde d’Hereford, 301. Ostracina, 343. Ostracine, sous le nom d’Ostrothona, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 371. Ostrogolhia, indiquée dans la mappemonde du Lamberlus de Paris, du Xlh siècle, 193. O’Sullivan cité, LXVIII. Otrante,183; sous le nom corrompu de Vorontum, dans la mappe- monde d’Hereford, 307. Oued-el-Kébir, voyez Ampsaga des anciens. Ours, figuré dans quelques cartes du moyen-âge, LV. Ourse, la grande, constellation figurée dans le système de Lamber- tus du- XIP siècle, 167 ; les Ourses, XXXII. Ouse (!’), rivière, 421 ; sous le nom d'use, dans la mappemonde d’He- reford, 422. Ovide, XX; passage de cet auteur au sujet de la division de la terre, XLV; pensait que la zone torride était inhabitable, 2; sou- venir de son exil mentionné dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIII® siècle, 269. Oxistaques, peuples qui habitaient près de l’Oxus, 537. Oxus (fieuve) ; XXXIX, 159,341, 342 ; — lac ; 338, .343. L’Oxus , figuré dans la mappemonde d’Hereford comme se jetant dans la Caspienne, 335 ; légende à son embouchure dans cette map- pemonde, 337. P Pachynum, voyez Promontoire. Pactalus fluvius, dans la mappemonde d’Hereford , 379. Pactolus, 379. Padoue, Patavium. Padus fluvius dans la mappemonde d’Hereford, 310; fleuve qui lui correspond , ibid. Padusa, canal qui se rendait au Pô, dans la géographie ancienne, 310. Paléphate cité, 52. Palestine, 37, 38, 40, 64, 174, 186, 187, 190, 222, 232, 271, 272, 295, 368. Villes et tribus de cette contrée mentionnées dans la map- — 547 pemonde de la Cottonienne, du siècle, 65; noms qu’on lit dans la mappemonde de l’Apocalypse du XII" siècle, au Musée Britannique, 119; sous le nom de Palestina, dans cètte carte; ibid.; dans la mappemonde d’Hereford, 571. Palibotriens ( les) , 550. Palibrota, 559. Palinbrota, légende sur les peuples qui habitent ce pays, dans la map- pemonde d’Hereford, 549. Palma , voy. Iles. Palmiers, fforôt de) indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 589. Pambouc-Calessi, 272. Pamphylie, 120, 576 ; sous le nom de Pamphilia, dans la mappemonde de l’Apocalypse du XIP siècle, au Musée Britannique, 114; dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 146^ dans la mappemonde de Lambertus, de Paris et de Gand, du XIP siècle, 186; pays qui lui correspond maintenant, ibid.; dans la mappemonde de Mathieu Pâris du XIIP siècle, 270 • dans la mappemonde d’Hereford, du XIIP siècle, 298. Panaria (île de) , 410. Panda, ville , 559 ; dans la mappemonde d’Hereford, 557. Pandea; légende à ce sujet dans la niappemonde d’Hereford, 554, Paneas, reçoit le nom de Cœsarea, Panisus, dans la mappemonde d’Hereford, 516 ; position de cette ville selon Plolémée, ibid. Pannoüie, XXVII, 263, 514,516, 517; posilion géograpWque de celte contrée, 184; pays qu’elle renfermait, ibid-, contrées aux- quelles elle correspond aujourd’hui , ibid. ; - supérieure régions qu’elle renfermait, 184; - inférieure, ibid. - Pano- nia, dans la mappemonde de la Cottonienne, du Xe’ siècle 59; dans la mappemonde du manuscrit de l’Apocalypse du XIP siècle, au Musée britannique, 112; dans les mappemon des du Lambertus de Gand et de Paris, du XIB siècle, 184- dans la mappemonde de Guidonis, du XIB siècle, 221 ■ dans la mappemonde de Mathieu Pâris, du XIII" siècle, 261 ^62 Pauopolis , 589. ’ ^ Panthère (la), figurée dans les cartes du moyen-âge, LVI; 598. Paphlagonie, 419 ; dans la mappemonde d’Hereford, 579. Paphnas, 589 Paphos (ville de), dans la mappemonde d’Hereford, 418. Papyrus, XLVII. 548 — Paradis Céleste, fœlextis Paradisux, figuré dans le système cosmogra- pliique de Lambertus, du XII« siècle, 166; Ce paradis est celui de Saint Paul, Und, légende qu’on y remarque à ce sujet, ibid. Paradis terrestre, XXVII, LX. LXI, 16, 40, 119, loô, 197, 19S, 225, 242; ses fleuves, 16; placé au sommet du cône, à l’extré- mité orientale du monde, LXI; dans l’opinion de Colomb, correspondait au château de Kang dir des Persans, ibid.-, sa position géographique; influence sur l’orientation des map- pemondes du moyen-âge, LXMII; sa position géographique d’après les Pères de l’Eglise , passage de la Genèse, 145; Comment il se trouve représenté dans la mappemonde de l’Apocalypse du XII" siècle, au Musée Britannique, 116; où le plaçaient les commentateurs de la Bible, iind.; différentes opinions sur sa position géographique, 145, note 1 ; sa posi- tion dans la mappemonde de Strasbourg, du IXe siècle, 57- ^58 . _ figuré dans une miniature de la mappemonde de l’Apo- calypse du XII" siècle, au Musée Britannique, 107 ; — figuré dans la mappemonde de Turin, du XII" siècle, 152; sa position dans celle mappemonde, 145; — avec ses fleuves dans la mappemonde de Lambertus du XI!*-' siècle, 157 ; sa position dans celle mappemonde, 1.58 ; passage y relatif dans le manus- crit de Lambertus de Paris, 159 ; considéré comme une île, dans Lambertus, ibid. ; représenté comme une île dans la mappemonde du Lambertus de Paris, 185 ; signalé par le mol Paradisus dans la petite mappemonde de Guidonis, 250 ; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, 241; décrit dans le poème géographique de Gauthier de Metz, du XIII" siècle, 250; si- gnalé à l’orient dans la petite mappemonde de Gauthier de Metz, du XIIP siècle, 255; avec ses fleuves dans la mappe- monde d'Hereford, du XIII" au XIV" siècle, 292 ; figuré dans cette mappemonde, 547, 429; ses quatre fleuves, ibid.-, lé- gende concernant l’expulsion d’Adam et Eve, 548; poème sur le paradis terrestre îinprimé à Madrid, en 1629 Parapasianos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII" siècle, 210. , Parcoatras, voy. Montes. Pareto (Bartholomeus de) ; sa carte hydrographique de 1455, LXIV. Paretonium, place forte de l’Afrique ancienne indiquée dans la mappe- monde d’Hereford, 588. 1 î i X i — 549 — Paris, XXI ; (Notre-Dame de), figurée dans la mappemonde d'Here- ford, 302. Parménide, XXX; cité, 171 ; son système de la pluralité des sphères ou cieux, XXV\ Parnasse, voyez Mont. Parnassus, voyez Montagnes. Paropamise, 542. Parosmos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lam- . bertus de Gand, du XIP siècle, 210. Parthndus, nom signalé dans la mappemonde d’Hereford, 312. Parthes, 211, 356, 361; Parthes (pays des), 188. Parthia, indiquée dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 18^ ; pays qui lui correspond main e- nant, tbid. ; légende historique au sujet de ce pays dans la mappemonde d’Hereford, 359. Parthie, 556; cette contrée est figurée dans la mappemonde d’He- reford d’après la description de Solin, 359, Parthos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lamber- tusde Gand, 210. Pasini, cité, 109, 131, 149; son catologuedes manuscrits de la biblio- thèque royale de Turin, 127-130; — a omis une des légendes de la mappemonde de Turin du XIP siècle, 135- Passau, 317. Passicas, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lamber- tus'de Gand, du XIP siècle, 210. Patalène; à quel pays cette contrée correspond aujourd’hui, 549. Patalus (port de; ; légende sur ce port dans la mappemonde d’Here- ford, 548. Patamo, 419. Patara, sous le nom de Paiera, dans la mappemonde d’Hereford, 576. Paiaviurn, voy. Padoue. Pathamos, figuré dans !a mappemonde d’Hereford, 419 ; voyez lie. Fatras, 185, 218 ; voyez Golfe. Patrice, disciple de Thomas d’Edesse ; cité par Cosmas, 15. Paul Diacre cité, 67. Pausanias cité, 34, 188, 331, 408. Pavie, indiquée dans la mappemonde de la GoUonienue, du .V siècle, 53, 60; dans la mappemonde du Sallusle de Florence, du XIP siècle, 252; sous le nom de Papia dans la mai.pemondc d’Hereford, .306. 550 ü ? I I Paxea, dans la mappemonde d’Heroford, 516. Pays-Bas, 37. Pégase, constellation, 66 ; dans le système de Lambertus, du XII* siècle, 168, 169. Pegge (M ); cité au sujet de Cuenche ou Evenrhe^ 426. Peignot (M.); ses recherches sur l’origine des symboles, citées, LXXI. Pélias, le roi, 350. Pélican (le), figuré dans les mappemondes du moyen-âge, LYl;sur la mappemonde d’Hereford du XIII* siècle ; légende concernant cet oiseau, 341 ; notions à ce sujet, ibid. Péloponèse, 183, 218, 262, 411 ; golfes qui l’entourent 313 . Pélore, voyez Promontoire. Pelorum, mont, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 391 ; voy. Mont. Péluse, 371. Pélusiaque, canal, 389. Pelusium indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 589. Pendj ab (le), 352; signification de ce nom en persan, ibid. Peneus fluvius, signalé dans la mappemonde d’Hereford, 314. Péninsule Arabique., 567. — baignée par la mer Boréale dans la mappemonde d’Hereford, 338; légende sur le climat affreux de ce pays, ibid. — indfVwwe, de forme à peu près carrée dans la mappemonde de Guidonis, du Xlle siècle, 233; comment elle est projetée dans la mappemonde d’Hereford, 346. — ita- lienne., 307. Penny Magazine, 48. Pentapole, dans la sphera triplicata de Lambertus, 211 ; légende sur celte région dans la mappemonde d’Hereford, 401, — de la Palestine, 118. Pentapolis, signalée dans la mappemonde de Strasbourg, du IX' siècle, 58; villes qui formaient le pays de ce nom, ibid.-, — nom en usage du temps des Ptolémées, 39 ; indiquée dans la mappe- monde de la Co|tonienne, du X' siècle, 68. Peregrinus ; ses ouvrages sur Bède le vénérable, manuscrit de Dijon du XP siècle, 88. Pères de l’église, LXVIII, 15, 66, 284 ; — fournissent la méthode au.x cartographes du moyen-âge pour leurs représentations du globe, XII ; — reconnaissaient presque tous la pluralité des cieux, XXIV ; leur théorie sur les hémisphères concentriques, XXV; leur système sur la forme de la terre, 10; leurs théo- ries du cours souterrain des neuves, 227. » Pergame, 400. Périple de la mer Grythrée, 203 ; — d’Hannon cité, 194, 597 ; voyez Hannon ; — de Polybe, 397. Perroquet vert de l’Inde figuré dans les mappemondes du moyen-âge, LVI; figuré sur les montagnes de l’Inde, dans la mappe- monde d’Hereford, 351 ; passage de Solin au sujet de cet oiseau, îbid. Persas, peuple mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 209. Persans (les), noms qu’ils donnent aux pays qu’ils habitent, 343. Perse (la), 12, 55, 188, 209, 275, 356, 357, 359; mentionnée dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 29 ; Persida dans la map- pemonde de la Cottonienne, du X« siècle, 64; Persida dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Musée britan- nique, 119; dans la carte du Saint-Jérôme du XII® siècle, au Musée britannique, 245. Persée, roi des Perses, 357. Persepolis ; légende sur cette ville dans la mappemonde d'Hereford , 357. Perses (les), 31, 96, 116, 211 ; la Cappadocia Magna formait un grand royaume de leur empire, 66 ; mentionnés en Afrique dans la mappemonde du Salluste de Florence du XII® siècle, 233. Persida, dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et de Paris, du XII® siècle, 190; dans la mappemonde de Guidonis, du XII^ siècle, 223. Persina, dans la mappemonde d’Hereford, 301. Penh, voyez Saint-John, 424. Pertz(M.), cité, 154; ses Monumenla Germantca cités, LUI ; ses Archives pour les recherches historiques, 155; sa notice sur le manuscrit de Lambertus, 156 ; — cité au sujet du manuscrit de Guidonis de la Bibliothèque de Bruxelles, 212. Pérugin, LXX. Pérugin (territoire du), 311. Pessiuonte, 188. Petanium, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 314. Pétersbourg, 245. Petis de la Croix; son Histoire de Tamerlan citée, 341. Petra, aujourd’hui Krac, ville capitale de l’Arabie, indicpiée dans la mappemonde d’Hereford, 366. 652 — Peyi’OD (M. Auiedée), 135; renseignements sur la mappemonde de Ta- rin envoyés à l’auteur par ce savant, 130-152. Piiannésiens (ile des) figurée dans la mappemonde d’HereforJ, dans l’Océan scythique, avec une légende, 428. Pbare (le), 414; figuré dans la Galice sur la mappemonde d’Herelord du XIII' siècle, 298; — d’Alexandrie, dans la même mappe- monde, 388. Pharos, voyez Ile. Phasis, le Phase, 143. Phenices, les Phéniciens, mentionnés dans la mappemonde de Leipsig^ du XI 553 Philippes, ville de ce nom dans la mappemonde d’Hereford, 314. Pbilisteos, peuples mentionnés dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 210. Philistins, 63, 372; pays des — , 371; Ascalon et Gaza étaient leurs’ villes principales, 139. Philles (les) , légende sur ce peuple qu’on remarque dans la partie méridionale de l’Afrique de la mappemonde d’Hereford, 395. Philolaus cité, 171. Philon cité, XVIII. Philoponus cité, XVII, XVIII, XIX, XXVI, 218; cité au sujet de la théorie de la pluralité des cieux, XXV ; représentait le monde comme la moitié d’un cylindre coupé longitudinalement, 18. Philosophes chrétiens, composent plusieurs traités sur la création, XXVII. Philostorge, 223; son opinion sur les zones, 1 ; cité au sujet du Tanaïs, 219 ; sou opinion sur le cours du Nil, 227. Philostrate cité, 61, 324; sa vie d’Apollonius de Tyane citée, 70, 351, 354, 336; cité au sujet des Ichthyophages, 210; sur le mont Abyla, 233. Pinson, 347 ; lleuve marqué dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 63 ; dans la mappemonde de Guidonis, du XIP siè- cle, 225. Phocide (la), 312. Photius; sa bibliothèque citée, 9, 196. Phrygia Pacatiana, 120; — Salutaris, ibid., 145 ; — Epictelus, 143; — Hellespontica, 120; — Magna, 120; — Minor, 120. Phrygie (la) 187, 188, 272, 565, 373, 579; sous le nom de Friqida dans la mappemonde de l’Apocalypse du musée britannique, du XII® siècle, 120; dans la mappemonde de Turin du XII® siè- cle, 143 ; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 186 ; saint Philippe y prêche la foi, 271 — la grande, 146. — inférieure signalée dans la mappe- monde d’Hereford, 376. Phrygius, le même que Vllyllas, 379. Phthia, 388. Phycée, voyez Mont. Physon, fleuve; à quel endroit il est placé par railleur de la mappe- monde d’Alby, du VHP siècle, 29. Pianosa, nom moderne de l’ancienne Pianusia de Pline, 409. Pic de Ténériffe, 433. Pierre d'Abaiio, LXXXVIH ; passage de cel auteur relatif aux cartes où l’Aryne se trouvait désignée, LXXXIX. Pierre d’Ailly ; sa mappemonde, XC ; son opinion sur les zônes, 2. Pierre d Orvieto ; monument sépulcral du Campo Santa de Pise exécuté par cet artiste, XXIV. Pindare cité, XLII, 387. Pinesus fluvius, dans la mappemonde il’Hereford, 313. Pintianus, XGII. Pisanus, Pise dans la mappemonde d’Hereford, 306. Pise, 21.3; Pisa dans la mappemonde de Mathieu Pàris, du XlIIe siè- cle, 261; dans la mappemonde d’Hereford, 310 , 5«nfo de Pise XXIV ; ouvrage sur les monuments du Campo Santo, XXIV. Piscaria Fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 307. Pisidie, 376 ; sous le nom de Persidia dans la mappemonde d’Hereford, 37.3. Pitane, ville de la Troade, 314. Pîtture del Campo Santo di Pisa^ voyez Pise. Plaisance, sous le nom de Placentia dans la mappemonde d’Hereford, 306. Planètes; comment les Cosmographes du moyen-âge les classaient d’a- près leur distance de la terre, 164 ; indiquées par des cercles dans le système du Lambertus de Gand, du XIF siècle, 172 ; système des cercles dans le monument cosmographique de la Bibliothèque royale de la Haye, 177 ; leurs noms dans le système cosmographique du Lambertus de Paris, 200. Planisphère grec du Vile siècle ; orientation, LXI V. — du IXe siècle ren- fermé dans un manuscrit de la bibliothèque de Leyde, descrip- tion, 40; islandais, 276; les trois parties du monde y sont sim- plement indiquées par leurs noms respectifs, 277 ; il ne repré- sente que les systèmes des géographes de l’antiquité, 281 ; — de Cecco d’AscoIi, du XIII® siècle, 281; ne donne pas l’idée d’un progrès quelconque opéré par la science au XllP siè- cle, 283. Planisphères cités dans la légende de la mappemonde de Mathieu Paris, 237. Planusia, lie indiquée dans la mappemonde d’Hereford sous le nom de Planasia, 400. Platon, XXI, XXV; son système du monde défendu par Philoponus , XVI II ; son Atlantide, 43. 555 — Playfair cité, 22, 48, 57, 61, 65, 64, 73, 295; cartes qu'il a raenlion- uées, LXIII. Pléiades (les) figurées dans le système de Lambertus, du XlJe siècle, 169. Pline cité, XXIX, XXXIV, XL, XLV, XLVIII, L, LVII, LXXX, 7, 38, 39, 61, 63, 65, 66, 67, 70, 75, 76, 90, 101, 114, 115, 117, 121, 144, 149, 185, 187, 188, 189, 193, 206, 207, 208, 209; 217, 225, 319, 324, 331, 340, 350, 356, 363, 381, 382, 383, 384, 587, 592, 394, 395, 396, 397, 399, 401, 405, 407, 408, 409, 410, 412, 414, 416, 417, 430, 432, 433 ; passage de cet auteur sur l’impossibi- lité de franchir l’espace d’une zône tempérée à l’autre, XXX ; sur les erreurs des mesures terrestres du temps d’ Agrippa, LXXXIII ; sur la description de la terre, XCII ; — pensait que la zône torride était inhabitée, 2 ; passage au sujet des co- lonnes d’Hercule, 79; au sujet des Poissons, 110 et 111; sur le Phénix, 1 16 ; au sujet des peuples nomades du Caucase, 22^j ; au sujet des Arimaspes, 267 ; sa description de Babylone, 362. Plotin cité, 172. Plutarque cité, XXX, LXVII, 50; son opinion sur la forme de la terre, 10; sur Canopus, 167. Plutonis promunctorium, voyez Promontoire. Plymouth, 420. Pô (le), 268 ; sous le nom de Padus dans la mappemonde d’Hereford,306 ; sous le nom d'Eridaniis dans la même mappemonde, 310. Poème géographique de Gauthier de Metz, 248 ; — d’Omons, ibid. Poinsinet de Sivry cité, 208, 210, 267, 409, 430, 432. Points cardinaux, XXXIl; dans la mappemonde du manuscrit de la bibliothèque de Paris, n<> 5371, du XL siècle, 103; dans la petite mappemonde de Guidonis, du XII^ siècle, 230; dans la mappemonde du Salluste de Florence, du X1I« siècle, renfer- més dans les cercles à l’horizon avec les noms des vents ; 231 ; dans la mappemonde d’Isidore de Séville, du XII« siècle à la Bibliothèque Nationale, de Paris, 236; dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XlIIe siècle, 251 ; dans la mappemonde de Leipsig du XIIP siècle, 274; dans la mappemonde d’Isi- dore de Séville du XlIIe siècle, 286. Poissons, 169; figurés dans la mappemonde de l’Apocalypse du XIP siè- cle, au Musée Britannique; ce que le cartographe a voulu si- gnaler par cette représentation, 110. Poissons (les) assyriens, constellation, dans le sylème de Lambertus, du XIP siècle, 167. Poitou (le), ±20. Poivre-long; menlion qui en est faite dans la mappemonde d’Hereford 5 j8. Poivriers; légendes sur les forêts de poivriers dans la mappemonde d’Hereford, 341. Pola, ville d’Italie, 511. Pôle; les degrés d’élévation donnent les latitudes avec précision XXIX. Pôles (les), .3; indiqués par les mois Articus et Antariicus dans la map- pemonde du manuscrit de Priscien.du Xe siècle, au Musée Britannique, 78. Policastro, voyez Bruxentum. Pollux, Julius, auteur du V* siècle, cité, 103, lOi, lOo. Pologne, 267, 268; Polonia dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XlIIe siècle, 263. Polybe cité, 90, 189, 584, 397 ; - place les Colonnes d’Hercule à Cadix, XLII. Polychronicon, voyez Ranulphus. Polyclite, ingénieur romain, 290. Polyclitus, 294; mesura le midi du monde romain sous César jusqu’au temps de Cinna, 162. Polynésie, 277. Poméranie (la), 183. Pomponiana, voyez Ile. Pont (le), 187, 378. Pont-Euxin, 222, 224, 268, 269, 292, 526, 331, 376, 378, 379, 419 ; com- ment il est placé dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 26 ; dans la mappemonde de Turin, du XII« siècle, 156 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris du Xllb siècle, 262; voyez Mer Noire. Porchercn (le père), son édition du Géographe anonyme de Raveune, 161, 213. Porphyre cité, 213. Portes Caspienncs signalées dans la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 22i; mémoire de M. Walckenaer à ce sujet, ibid.\ figurées dans la mappemonde d’Hereford. 354 ; légende sur ces portes, ibid.-, — Gadilaucs, nom donné par Pindare au déiioit de Gibraltar, XLll. — '^tibicnnes, signalées dans la mai)|)emonde il'Hereford, 391. l’orlo-Coiistanza nom iiioiii'rne de ('oiisi.iiKid, ilS. 557 Porlo-Ferrajo, :>12. PorUigais, 2 ; leurs découvertes en Afrique prouvent que la zône tor- ride était habitée, XXIX ; leurs découvertes en Afrique ont renversé la théorie des anciens sur la communication de l’Océan oriental avec l’Atlantique sous l’Equinoxiale, XXX; leurs routiers cités par D’Anville, l/r7 ; avant leurs découver- tes en Afrique, on ne connaissait en Europe que le perroquet vert de l’Inde, 5oî. Portugal, 135; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X" siècle, t 57, 58 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, sous le nom de Liisitann, 94; dans la mappemonde d’Hereford, du XIIP siècle, 296,297; \oy i'z Lu.sitnnia. Portulans, LXXXVI. Ponus Lvjtensîs, quel est l’endroit qui lui correspond aujourd’hui, 60. Porius Magnus, où était placé ce port selon Ptolémée, 57. Porus; légende qui le concerne dans la mappemonde d’Hereford, .352. Posidonium ; position de cette ville, 315. Posidonius, XLIl ; son système sur la forme de la terre, XX. Potocki cité, 15 ; son histoire primitive des peuples d’Astrakhan, 224 ; son voyage dans les steppes d’Astrakhan et du Caucase, 270. " Pouille (la), sous le nom ù' Apulia dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIIP siècle, 261 ; dans la mappemonde d’Hereford, 508. Poung-har-dag, montagne, 516. Pouzzoles, sous le nom de Puieolis dans la mappemonde d’Hereford, 507. Præcetionem, 516. Prague; légende sur cette ville dans la mappemonde d’Hereford, 321. Prasiens, 549, 335 ; sur la puissance de leur roi, 350. Pratanium, fleuve dans la mappemonde d’Hereford, 510. Prato, ville dè la Toscane^ 310. Priène, ville ionique indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 376. Priscien, XLI, 56, 85, 99, 101 , 218 ; manuscrit ou X® siècle, de cet au- teur, 47; titre de ce manuscrit, ibid.-, l’Afrique de la mappe- monde de ce manuscrit a la forme rectangulaire d’une table, 30. Procope cité, 67, 96, 185, 206, 343, 382, 587, 388; texte de cet auteur concernant les Cynocéphales, 70. Procyon, l’Anticanis, figuré dans le système cosmographique de Lam- bertus, du XIP siècle, 169. Promontoire Apnllonfs, dans la mappemonde d’Hereford, 384. — Asm — 538 — (Itiardaniana ? dans la mappemonde d’Hereford, 348. — Boreum d’Orose, 75, 340. — Cannarum, 382. — Carambis, dans la map- pemonde d’Hereford, 419, — des Cimbres, 60, 74. — Drepanum, 349; dans la mappemonde d’Hereford, 431. — Lilybée, dans la mappemonde d’Hereford, 411. — Pachymim, dans la mappe- monde d’Hereford, 411. — Pélore, 411, — de Pluion, dans la mappemonde d’Hereford, 388. — Pulchrum de Polybe, 384. — Snmara, 340, 343. — Tabis de Mêla, 7S. — Tamos, dans la Scy- thie, 340, 343. Proponlide (la), 31, 54, 113, 222, 268, 270, 292, 377 ; Propontidis mare dans la mappemonde d’Hereford, 419. Provence, dans la mappemonde d’Hereford du XIIH siècle, .300. Provinces illyriennes signalées dans la carte du XII« siècle, du manus- crit de Saint-Jérôme, du Musée Britannique, 246. Provincia, ce nom dans l’Afrique des mappemondes du moyen-âge ser- vait à signaler la partie romaine de ce continent, 191. Prusa, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 377. Prusse Royale (la), 221. Psaumes; passage appliqué à une allégorie dans une mappemonde du moyen-âge, LXVl. Pseudo-Plularque, XXV. Ptolemaïde, ville signalée dans la mappemonde d’Hereford, 391 ; Ptolo- maida dans la mappemonde d’Hereford, 402. Ptolémaïs, 38, 373; célébrité de cette ville du temps des Croisades, ibid. Ptolémée cité, XXV, XXXVI1I,XLVI1I,LXI,XCI,13, 20,56, 57,65, 69,71 74,97,136, 142,144, 147, 148,149, 150,160,163,180, 187, 188, 189, 203, 204,208, 228,249, 511, 314, 316, 321, 330, 363, 370, 578, 381, 382 , 387, 388, 390, 391, 396, 401, 402, 409 , 411, 417, 422, 430 ; son système cosmographique défendu par Philon et Philoponus, XVIII ; son Almageste, XXIX ; relève les erreurs de Marin de Tyr, XXXII; erreurs qu’il commet, XXXII; avait déjà signalé la mer Caspienne comme une mer intérieure, XXXIX ; cité au sujet de l’Aryne, XC; Cosmas prétend démon- trer que sa théorie sur la forme de la Terre était impie, 10; présentait la Baltique comme une mer ouverte à l’est, 50; cité au sujet du fleuve Hypasis, 61 ; ses cartes citées, 119; passage de ce géographe relatif à Marin de Tyr, 199 ; influence de son système des sphères sur les cosmographes du moyen-âge, 164 ; cité au sujet des Alani, 206 ; au sujet du fleuve Bha, 219, — 559 — Plolémée, roi d’Egypte, 213. Ptolémée Soter ou Sauveur, 417. Ptolémées (les), 373. Pudpud civitas indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 383. Puits du Serment figuré dans la mappemonde d’Hereford ; légende à ce sujet, 371. — Du Soleil, près du Temple d’Ammon ; légende à ce sujet dans la mappemonde d’Hereford, 403. Punica, mot inscrit dans la mappemonde deMatliieu Paris du XIIH siè- cle, 261 ; sa signification, ibid. Puput, ville d’Afrique signalée dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 97. Purgatoire, XXIV, LXVIII ; — de St-Patrice, XXIV; ouvrage de M. T. Wright à ce sujet, 241 ; rappelé dans le poème géographique de Gauthier de Metz, du XIII® siècle, 230. Puteolis, voyez Pouzzoies. Pygmées figurés dans les montagnes de l’Inde, sur la mappemonde d’Hereford, 346, 347 ; voyez Légende. Pyrénées, LXIX, 39, 112, 216, 298, 299, 300; distance des Pyrénées au Rhin, 319 ; comment ces montagnes sont figurées dans la mappemonde d’Alby du VIH® siècle, 27 ; dans la mappemonde de Leipsig du XP siècle, 93 ; placées au nord de Lisbonne dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XIP .siècle, au Mu- sée Britannique, 111. Pythagoriciens; leurs idées sur la voie lactée, 193. Pytis, 388. Quadivaeos, peuple de l’Europe mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 207 ; éclaircissements sur ces peuples, ibid. Quatremère (M.), ses mémoires sur l’Egypte cités, 33. Quilan, province de Perse, 33. Quinte-Curce cité, 332, 337. Raab, fleuve de la Hongrie, 184, 267, 314. Raba (el), 367. Rabais Civitas, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 361. 560 — Kaban Maiir cité 15:2, 171, ;204, 2lS, 597 •; sou opinion sur les zônes, 2. Rabballi Ainmon, "61, 566. — Moab, dans la mappemonde d’Hereford, 567. Rabiaa, Diar, 561. Rafn (M.) ; son livre des AntiquUolrs Amencanae cité, 276. Rages, ville des Mèdes, indiquée dans la mappemonde d’Hereford,' 5.56. Ramata, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 571. Ramesse, 590. Ramla, dans la Judée, 57j. Ramsey, voyez Ile. Ranulplius Hydgen cité, XXIV, XXXVIII, LXV ; son opinion sur les zônes, 2 ; sa mappemonde citée, LVII, 454, voyez Mappemonde Raphaël d’Urbin, XXIV, LXX. ’ Raphia, 575. Ratisbonne dans la mappemonde d’Hereford, 517, 518; position de cette ville, 518. Ravaisson (M.) cité, 2.5; ce savant met à la disposition de l’auteur le manuscrit de la Bibliothèque d’Alby, 26. Ravel (la), 551. Kavena, dans la mappemonde d’Hereford, 507. Ravenne, sous le nom de Ravenna dans la mappemonde de Turin du Xlle .siècle, 1.56. Raz-.Addar ou cap Beau, 585. — Zebib, l’aucien promontoire Pulchrum, voyez Promontoire. Reanus, nom inscrit près de Rome dans la mappemonde d’Hereford, 509. Recherches sur l’origine des symboles, voyez Peignot. Regen (la), fleuve, 518. Région ptérophore ou emplumée; sa position chez les géographes an- ciens, 114 ; ori;iine de ce nom, tbid. Régions Hyrcaniennes, 554. Rei, ville actuelle de la Médie, 5.56; nom ancien de cette localité, voy_ Europiise.l Arsacia. Reiffenberg (M. de) ; son analyse du manuscrit de Guidonis citée, 215; sou Annuaire de la bibliothèque de Bruxelles, 214. Reinaud (M.) ; sa traduction d’Aboulfeda citée, 55; passage de l’intro- duction de cet ouvrage relatif à Colomb, LX ; opinion de ce savant sur l’analogie du mont Meron avec la montagne de Cosraas, 15. Religion, son influence sur les cartographes du moyen-àge, XXVII. ïteniesburg, dans la mappemonde d’Hereford, 317. Remi ou Rhemi, peuple de la Belgique, 302. Renaudol,' son Mémoire sur l'origine de la Sphère cité, XXI ; n'a pas connu les passages de Cicéron sur la Sphère d’Archimède, Rennell, Major; sa géographie d’Hérodote (the Geographical System of Herodotus), citée, 54 ; au sujet des courants océaniques, IIO; mention de la carte des courants dressée par ce savant, lu Représentation cosmographique du XIP siècle contenue dans le ma- nuscrit de Lambertus de Gand, 172. Rethia maior, dans la mappemonde d’Hereford, 318. Revue de la bibliothèque des Chartes citée, LXXXVIH, — des Deux Mondes, mémoire dé Letronne, LXVIII, 9. Rha, le Volga, selon D’Anville, 219. Rhenus, XXXIV. Rhetia, la Rhétie, signalée dans la mappemonde de Guidonis du XIP siè- cle, 221. Rhétie (la), 28, 112, 321 ; sous le nom de Retiaum dans la mappemonde de Turin du XIP siècle,133 ; position géographique de ce pays, ibid.; dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siè- cle, 184; pays qui correspond aujourd’hui à la contrée de ce nom, ibid., — inférieure, dans la carte d’Hereford, 318. Rhin (le), 206, 318, 320; dans la mappemonde d’Alby, du VIIP siècle 27,28, 30, 31 ; Rhenus ftuvius, dans la mappemonde de la Cotto- nienne du X^ siècle, 59 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle sous le nom de Renus, 95 ; confondu avec le Danube dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 136 ; comment ce fleuve est figuré dans la mappemonde de Guidonis du XIP siècle, 221 ; dans la mappemonde d’Hereford ; les noms qu’il y porte, 304, 305; légende sur ce fleuve dans cette mappe- monde, 319. Rhinocéros, dans les cartes du moyen-âge, LVI ; — bicorne, 390 • lé- gende descriptive concernant cet animal dans la mappemonde d’Hereford, 405. Rhinocorure, 371. Rhodes, 415 ; accompagnée d’une légende dans la mappemonde d’Here- ford, 417 ; prise par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, en 1309, 418. Rhodiens (les) élèvent un monument à Ptolémée Soter, 417. Rhodope, 316. Rhône (le), 216, 299, 302, 303, 304, 305, 407, 410 ; dans la- mappe- » 36 — 562 — monde d’Alby, du VIIl« siècle, 27 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIII' siècle, 260-261 ; dans la mappemonde d’Hereford, du XIV® siècle, 300. Richard de Haldingham, 288; légende qui le concerne, dans la map- pemonde d’Hereford, 294. Rieli, 509. Rimini, sous le nom d’Ariminium dans la mappemonde d’Hereford , 306. Rinocorura, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 370. Rione, fleuve, 145. Riphei, montes, voy. Mont. Ritter (M.), cité, 403. Robert de Lincoln ; son lYaité de la Sphèré, XXXIII. Robert de Melkleya, auteur d’une mappemonde citée dans Mathieu Paris, 257. Rochester, ville figurée dans la mappemonde d’Hereford sous le nom de Roffecestria, 421. Roddacos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII® siècle, 208. Roger Bacon, LXXXVIII. Roma, dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII® siècle. 232. Romains (les), 63, 349, 383 ; du temps de Strabon ne connaissaient rien au-delà de l’Elbe, LI ; leurs connaissances à celle époque, îé 'ri. ; leurs provinces d’Afrique, 30 ; nom qu’ils don- naient à la partie méridionale de l’Egypte, 393 Romanie (la), 184. Romanorum 5irtMS, 16-19. Romanos, nom inscrit dans la mappemonde du Lambertos de Gand, du XII® siècle, 207. Rome, XXI, 139 ; itinéraire de Rome, 230 ; Plan de Rome du temps de Charlemagne, 23; Rome dans la mappemonde d’Alby, du VIII® siècle, 28 ; figurée dans la table Théodosienne, 161 ; dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 33, 34, 60 ; clans la mappemonde du Priscien du X® siècle au Musée Bri- tannique, 76, 79 ; dans la mappemonde de Dijon, du XI® siè- cle, 89 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 93 ; dans la mappemonde de l’Apocalypse du XII® siècle, au Musée Britannique, 112 ; dans la mappemonde de Turin du XII® siè- cle, 137 ; dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 179 ; dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et de — 563 — Paris, 183; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du Xllle siècle, 261; dans la mappemonde d’Hereford, 508; lé- gende qu’on y trouve, 509. Rononia, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 503. Rose des Vents; les différentes mers placées d’après les aires des vents, 32; Rose grecque d’Alexandrie, 230 ; Rose des vents de Timosthène, 69; — de la mappemonde du manuscrit de Lam- bertos de La Haye, 177 ; — en huit divisions dans les mappe- mondes de Lambertos de Gand et de Paris, du XII^ siècle, 182. Roses des vents figurées dans un manuscrit du XIIP siècle d’Eliede Derham, au Musée Britannique, 248, Rossi, dans la Turquie, 188. Rouen, sous son nom latin, dans la mappemonde d’Hereford, 301, 303. Roumélie, 183,218, 516. Roux de Rochelle ; son Mémoire sur l’Arbre sec de Marco Polo, 348. Roxburgh, sous le nom de Rokesbnrg, dans la mappemonde d’Hereford, 424. Ruaria, peut-être Raurica, ville de la Gaule, aujourd’hui Bâle, mention- née dans la mappemonde d’Alby du Ville siècle, 28. Ruben (tribu juive de),signaléedans la mappemondede la Cottonienne, du X® siècle, 65. Rubuck, passage de la relation de ce voyageur concernant les peuples au N. du Tana’is, 28. Rugnici, peuple mentionné par Pline, 207. Rugos, peuple de l’Europe mentionné dans la mappemonde de Lam- bertus de Gand du Xlle siècle, 207. Rusgunia ou Rusconia, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 383. Russaden civitas, signalée dans la mappemonde d’Hereford, 382. Russadir, 382. Russicada, 409. — Civitas dans la mappemonde d’Hereford, 383. Russia, dans la mappemonde d’Hereford, 322. Russie, 262 ; — rouge, 267 ; — méridionale, 244. Ruthenos, peuple mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 2H. S Saba, pays placé dans l’Arabie des mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 190; dans la mappemonde d’Hereford, 568. Sabaa, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 372. 6G4 i ? î II I I « Sabralha, ville d’Afrique indiquée dans la mappemonde d’Herefurd, 387. Sacro-Bosco; opinion de cei auteur sur les zônes, '2; son traité de la sphère, 2'S, 281, 282. .Sacy (M.de), cité, 33; au sujet d’une mappemonde d'Isidore de Sé- ville, 236. Saddi, voyez Mont. Sagittaire (le), dans le système de Lambertus, du XII^ siècle, 166. Sahara, désert de l’Afrique, 123, 126, 192. Saïd, nom que les Arabes donnent à la partie méridionale de l'É- gypte, 393. Saint- Alban (monastère de), 253. — Ambroise, cité, XIX, 117. — Andrews, Tille indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 424. — Antoine; ses monastères dans la Thébaïde figurés dans la map- pemonde d’ Hereford, 593. — Augustin, cité, XIX, XXV, XLVI, 37, 166, 172; pensait que la terre était suspendue au centre du monde, XVI; confondait l’Anlichthone avec les Antipodes , XLV ; trouvait le système de Ptolémée en opposition avec la Bible, 10; il est représenté dans la carte d’Hereford, 583. — Austiu, abbaye en Angleterre, 126. — Basile, cité, XVII, XIX, XXV, 117, 166; passage de cet auteur, 166; son Hexameron, XXVII. — Benoît; règles qu’il imposait à ses religieux pour la transcrip- tion des livres, LXXIX. — Brandan (île de), 454. — Césaire, XIX — Clément-le-Roraain, cité, 117. — Davi, 423. — Denys d’Alexandrie; son Traité sur la création, XXVII. Sainte-Croix; son Examen critique des historiens d’Alexandre, cité, XXXIX, 352, 333. Saint-Génois (M. le baron de), cité, 173, 186; communique à l’auteur le recueil de Mone, 133; sa notice sur le manuscrit de Lam- bertus de la bibliothèque de Gand, 136, 171 ; il envoie à l'au- teur le fac-similé d’un des monuments du Lambertus de Gand, du Xlle siècle et d’autres renseignements, 173 ; son croquis d’une représentation empruntée au Lambertus de Gand, 200. — Hilaire de Poitiers, XXVI ; cité au sujet de la pluralité des cieux, XXIV. 565 — ■ Sainl-Jacques de Composlelle; son nom mentionné dans la mappe- monde de Turin, du XII® siècle, 13~» ; motifs de cette mention, 133, 134; légende sur son temple dans la mappemonde d’He- reford, 297. Saint-Jean, 377 ; apôtre des églises de l’Asie, 271. — Jean Chrysostôme, XIX ; cité au sujet de la question de la forme de la terre et des antipodes, 10. — Jean Damascène, XXVI ; admettait sept cieux, XXV ; passage de cet auteur relatif à l’emplacement des contrées et lieux diffé- rents d’après les aires des vents, 32. — Jérôme cité, 57, 571 ; cartes qu’on trouve dans les manuscrits de ses œuvres, LXXVIIl ; manuscrit d’une de ses œuvres, 24.3. — John ou Pertb , ville indiquée sous le nom de Civitas S. Joli dans la mappemonde d’Hereford, 424. — Justin martyr; soutenait que la terre était suspendue au cen- tre du monde, XVI. — Louis, 287. — Luc cité, 293; cité au sujet de l’édit de Jules-César, 161. — Mathieu cité, 90; cité pour expliquer les noms qui so trouvent dans le ciel de Saturne dans le système de Lambertus, du XII' siècle, 170. — Orner, 171' manuscrit des commentaires de César, qu'on y trouve, 264; voy. Bibliothèque. — Patrice; son purgatoire, XXIV, 2.50; voy. Armagh. — Philastre cité sur la pluralité des cieux, XXV. — Philippe, apôtre, 271. — Zénon, cité au sujet du phénix, 117. Saintonge (la), 220. Sala (la), dans la mappemonde d’Hereford, 320. Salamandre (la), dans les mappemondes du moyen-âge,LVl ; figurée dans la mappemonde d’Hereford ; légende qui l’accompagne, 389. Salamis, dans la mappemonde d’Hereford, 418. Salaria, dans la Pannonie, sur la mappemonde d’Hereford, 317. Saldæ, 383. Saldis, ville indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 585. Salem, dans la mappemonde d’Hereford, 572. Salerne, dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 55 60 ; dans la mappemonde de Turin du XII® siècle, 137 ; Salrnw . dans la mappemonde d’Hereford, .308. — 566 Salinœ S ubonenses^ 68, 386. Sallusle cité, LXXV[II, 96, 235; manuscrit de cet auteur, LXV; ma- nuscrit de la Laurenciana, du X^ siècle, 43, 44 ; légende qui s’y trouve, 44; manuscrit de la Laurenciana, du XII® siècle , 230 ; du XIII® siècle, 275. Salonique, 314; voyez Thessalonîca. Salz fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 517. Salzbourg, en Hongrie, 317. Salzeburgh, dans la mappemonde d’Hereford, 317; sa position, ibid. Samara, voyez Promontoire. Samarcanda, dans la mappemonde d’Hereford, du XIII® siècle, 341. Samarcande; sa célébrité au moyen-âge, 341: conquise par Gengis- Kban, ibid. ; ce nom ne paraît pas danâ^ les géographes an- ciens, 541. Samaria, 373; dans la Palestine, sur la mappemonde de Guidonis, du XII® siècle, 222. Sa marie, 58. Samos, voyez Ile. Samosate, sous le nom de Samosaka civitas dans la mappemonde d' He- reford, 561 ; sa position, ibid. Samuel cité, 370. Sancii Martis, dans la mappemonde d’Hereford, 317. Sandaliotis, nom ancien de la Sardaigne, 408. Sandwich, 421. Sanos (la), 523. Santarem (de) ; Recherches sur l’Afrique citées, 14, 281 ; Recherches sur la découverte, etc. citées, 71-76. Sanuto, 180, 192; son opinion sur les zôues, 2. Saragosse, sous le nom de Cæsar Augusta dans la mappemonde de 'fu- rin, du XII® siècle, 157 ; célèbre du temps des Romains, ibid. .Sardaigne (la), dans la mappemonde d’Hereford, 407 ; légende qui l’ac- compagne, 408 ; voyez Ile. Sarmatas, peuples mentionnés dans la liste de la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 206. Sarmates, sous le nom de Sarmati dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 135. Sarmalie (la), 153, 187, 521, 522; position de ce pays d’après les aires des vents, selon saint .lean Damascène, 52; indiquée dans la mappemonde d’IIerefoid, 325. — Lnropécnne, 7 ; ou Russie, 282. — Asiatique, 11.5. — 567 Sarnem fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 508. Sarracena civitas, dans la mappemonde d’Hereford, 370. Sarracenos, peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 210. Sarrazins, 90. Sarthe (la) ; sous quelle dénomination on la reconnaît dans la mappe- monde d’Hereford, 301. Sarton ou Sarum, 420. Satalie, voyez Altalea et Antalin, Saturianos, peuple de l’Europe mentionné dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII® siècle, 207. Saturne, la planète, 164 ; dans les systèmes cosmographiques du Lam- bertus de Paris, 200. Satyres (les), dans les cartes du moyen-âge, LVI; figurés dans la mappemonde d’Hereford, près de Syène ; légende à ce sujet, 404. Saül, 372. Saumaise cité, LXXXIX. Sauris fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 514, 315. Sauromatas, dans la liste des peuples de la mappemonde du Lamber- tus de Gand, du XIP siècle, 208. Savary; ses Lettres sur l'Égypte citées au sujet de Canope, 414. Saverne (la), rivière figurée dans la mappemonde d’Hereford, 425. Saxe (la), sous le nom de Saxonia, dans les mappemondes de Lamber- tus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 185 ; dans la mappe- monde de Mathieu Pâris, du XIII® siècle, 268; dans la mappe- monde d’Hereford, 320. — Cobourg-Gotha, 320; — Meinin- gen, 320; — Weimar, 320. Saxonia, la Saxe, dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siècle, 37. Saxons (les), 319. Scamandre, le fleuve, 376. Scandia, 50; voyez Ile. Scandinavie (la péninsule de la), 7, 85, 185, 324; regardée comme une île par Ptoléméc, 50. Scandza, 85 ; indiqué comme une île dans la mappemonde de Saint- Omer, du XI® siècle, 83 ; passage du manuscrit de Saint-Omer sur cette contrée, 86. Scanie, 7 ; Scania insula dans les mappemondes du manuscrit de l’Apo- calypse du XII® siècle, au Musée britannique, 108. Scantzia, ou Scandia, dans la mappemonde de Lambertus de Gand et de Paris, 185. — :>68 — ^ Scara, voyez lie. Scarpanto, nom moderne de l’île Carpathe, 415. Sceneon, île indiquée dans la mappemonde d’Hereford sur la côte de 1 Ethiopie , sous le nom de Scena, 421 ; légende concernant la distance qui la séparait A’Adanu, 4.51. Scetlandia, 265. Schaffarik; son ouvrage sur la patrie des Slaves, 185, Schantrow (le), 5.52. Scheib ; sa reproduction de la carte théodosienne, 149. Scherer, cité au sujet d’une mappemonde trouvée dans un monastère de Russie ; elle est du Xlle siècle, 244 ; ses recherches histo- I riques et géographiques sur le nouveau monde citées, ibid. { Schirvan (province de), 55. j Schœll ; Histoire de la littérature grecque, citée, 9, 11. { Scholt (André) ; sur Mêla, XCII. \ Schwartz ; sa dissertation sur les Colonnes d’Hercule, XLIl. Scirenos; peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, sphera triplicata, 209. • Sclavonie, dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 185. Scorpion (le), dans les cartes du moyen-àge, LV; figuré dans la map- pemonde d’Hereford, 518 Scotia, voyez Écosse. Scylax cité, 58, 187, 587, 415, 415. ' Scylla, 410. Scytas, peuples mentionnés dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 208. \ Scythes (les), XXXV, XXXVI, 209, 525, 527 ; position de ces peuples d’après la rose des vents, selon saint Jean Damascène, 52; dis- ^ tance du rivage de leur pays jusqu’au pays des Parthes, 559. ^ Albains; légende sur ces peuples dans la mappemonde d’He- ^ reford, 552. — Apuléens, 552. — Hyper boréens, 208 ; pays qui y I correspond aujourd’hui, ibid. — Nomades, 28. — Satarches; lé- f gende sur leurs mœurs dans la mappemonde d’Hereford, 528. ^ Mémoire de D’Anville sur les Scythes, XXXVIIl; Traité de J Vôlker sur le même sujet, ibid. Mémoire de De Brosses sur le î même sujet, XXXVH. Scythia, 267. Srythie, 559, 540,428; — Euro|téeniic, 185. — Asiati«|uc, 61 — la petite, i !:269. Les cartographes du inoyeii-âge fout souvent mention du pays de ce nom et des Scythes, XXXV ; régions aurifères de cette contrée, LVI; Scythia dans la mappemonde de Dijon du Xfe siècle, 89 ; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du Xlfe siècle, 188; légende sur la vaste étendue des neiges de ce pays, dans la mappemonde d’Hereford, 540; montagnes de la Scythie, XLIX. Scythotauros, peuple mentionné dans une légende de la mappemonde d’Hereford, 328. Sebose cité, 435. Sédafé, 402. Segor, 369. Seine (la), 79, 26S, 362 ; dans la mappemonde de Mathieu Paris du XIII® siècle, 265; dans la mappemonde d’Hereford, 301. Selaca^ 60. Seleucie, 12, 353, 374, 375. Séleucus, 353 ; Nicanor, fondateur d’Antioche, 140 ; Nicator, 374. Sem, fils de Noé, 46, 286, 360; l’Asie lui échoit en partage, selon les traditions bibliques ; voyez Mappemonde de Roda, du IX® siè- cle ; nombre des nations qui descendent de lui, 103. Sémiramis, 361, 362. Sénèque cité, 188, 410. Senkoswski cité, 541. Sennaar (le) ; on y recueillait le cinnamome et la myrrhe, 119. Sépias (promontoire de), 183. Septem Arcam, 349. Septensis .4rx, à quelle'ville actuelle s’applique ce nom, 67. Septimana civitas dans la mappemonde d’Hereford, 386. Septimanie, dans la mappemonde d’Hereford du X1II« siècle, 300. Serapeum (le journal le), cité, 184. Sères (les) ; légendes sur ces peuples dans la mappemonde d’Herefoi d, 538, 339. Sérique (la), 208, 343. Serpent (le), constellation figurée dans le système de Lambertus du XIP siècle, 170. Serpentaire (la), constellation figurée dans le système de Lambertus, du XIP siècle, 169. Serpentaria, voyez Ile. Serra Léon, 392. Servie (la), 18.5. 570 Sesia (la), 506. •Seslos, dans la luappeiuonde d’Hereford, 315 ; quelle est celle ville, ibid. — Nom, 515. Sévère (l’empereur) ; sa résidence à York, 422. Séville, 297 ; sous le nom à' italka dans la mappemonde de l’Apoca- lypse, du XII' siècle, au Musée Britannique, 112. Shannon, fleuve indiqué sous le nom de fluvius Schene, dans la mappe- monde d’Hereford, 425. Schaw cité, 584, 386 ; sa carte, 385. Shrewsbury sous le nom de Scheresbiry dans la mappemonde d’Here- ford, 425. Shropshire, 423. Siagul, ville d’Afrique, 97. Siam (royaume de), 13. Sibylle (la), 412. Sicile (la), 391, 409, 410,412; comment celle île est placée dans la mappemonde de la bibliothèque d’Alby, du VIII® siècle, 27; dans la mappemonde de Dijon, du XI« siècle, 88 ; voyez lie. Sidon (ville de), 187 ; importance ancienne de cette ville, 90; son nom actuel, ibid,-, mentionnée dans la mappemonde de Leipsig, du Xle siècle, 98. Sidoniens (les), 90, 574. Sig (le), 582. Sigga, voyez Mont. •Sigotanos, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lam- berlus de Gand, du XID siècle, 210. Sile, dans la mappemonde d’Hereford, 372 Silésie (la), mal indiquée dans la mappemonde de la Gollonienne, du X® siècle, 60. Silius Italicus cité, 407. Silos (monastère de), en Espagne, 109. .Simoïs, fleuve célébré par Homère, 376. .Si’nne (pays des), 15. Sinaî, voyez Mont. Sind (le), 349. Singapour, 195. Sinus Arabicus, dans la mappemonde de Malliieu Paris, du Xlll« siècle, 272. — Gangeiicus, 55.— yeopolitanus- Pupiit ; à quels parages il correspond aujourd’hui, 97. — Saronictis,oïo Sion, indiqué d.ans la mappemonde de Dijon, du Xl<= siècle, 90. .'S-*' Siracusa, dans la mappemonde d’Herefuid, 411. Sirles minores indiquées dans la mappemonde d’Heretbrd, 388. Siternice, île figurée dans l’océan éthiopien de la mappemonde d’Hero- ford, et accompagnée d’une légende, 431. Sivas (Pachalik de), 187. Slaves (les), 321. Slavonie (la), 184; pays qui y correspond maintenant, 183. Snowdon, sous le nom de Snavedon dans la mappemonde d’Hereford, 423. Soani, peuples de la Circassie, 321. Sochoth (ville de), figurée dans la mappemonde d’Hereford, 390. Socotora (île de), 74; voyez Ile. Sodoma, dans la mappemonde de l’Apocalypse, du XII® siècle, au Mu- sée Britannique, 118; emplacement de cette ville; note histo- rique à ce sujet, ibid. Sodome ; comment elle est figurée dans la mappemonde d’Hereford, 292, 369. Sodomilicus lacus, voyez lac Asphaltite. Sogdiane, XXXIX, 341 ; légende sur les peuples de ce pays dans la mappemonde d’Hereford, 357. Sogdiens (les), 209. Soie, indication sur le pays d’où elle venait, dans la carte d’Hereford, 339. Soissons, sous le nom de Sursia dans la mappemonde d’Hereford, 302. Soleil (le), dans le système cosmographique du XIIo siècle, 164 ; indi- qué, dans la mappemonde d’Hereford au dessus de Syène, 404; phénomène qui s’observe au Mont Ida, 413. Solin cité, XXXIV, XXXVII, XL, XLVI, LVIl, LXXV, LXXXVIII, 73,83, 193, 210, 226, 296, 312, 313, 317, .328, 552, 553, 554, 333, 536, 357, 558, 339, 540, 341, 342, 343, 544, 343, 346, 547, 348, 349, 330, 534, 356, 337, 559, 560, 364, 575, 583, 590, 594, 397, 400, 402, 404, 405, 407, 408, 409, 410, 411, 412, 413, 414, 413, 417, 419, 427, 428, 429, 430, 431, 432, 433 ; passage de ce géogra- phe sur le mont Aquilo, 114; a servi de source au poème géographique de Gauthier de Metz, du XIII® siècle, 250; cité au sujet des cinq golfes qui entourent le Peloponèse,ùl'S; texte de ce géographe sur les Gelons, 523 ; sur les Essédons et la région dite des neiges, 527, 529; sur les Scythes saiarches, 328; sur les Arimaspcs, 330; sur le perroquet, 551 ; sur les montagnes qui environnent la Morqianc, 335; sur le Mont iléi os, 5.JÜ ; sur les chameaux à une et deux bosses, 358 ; sur le lac Asphaltiie, 368 ; sur le mont Cassius, 374 ; sur la Ca- verne de TAchéron, 579 ; sur Icose en Afrique, 381 ; sur les Angyles, 395 ; sur les Agriophages, 398. Solina, voyez Ile. Solway, voyez Golfe. Somme (la), ;J63. Sonde (îles de la), voyez Iles. Souabe (la), 184, 318. Souara, 387. Sourie (la), région de la Turquie d’Asie, 187. Spassmann ; son Voyage au cap de Bonne Espérance cité, 390. Spbera triplicata gentium mundi, XXXV, 203. Sphère d’Archimède ; description donnée par Cicéron, XX — de Posi- donius, XX. — solide et pleine inventée par Thalèsde Milet, XX. — Céleste ; figure d’un manuscrit du XI^ siècle, à la bibliothèque de Saint-Omer, 82; renfermée dans le manus- crit du Sallusle de Florence, du XII^ siècle, 231. Sphères, XXIV. Système des Sphères, monument de la bibliothèque nationale de Paris qui offre 12 Sphères , signalant les villes, fleuves, montagnes, etc. XXI. Pluralité des Sphères ; système qu’on trouve dans Platon, XXV ; opinion de Platon, de Parménide, de Cicéron et de Macrobe à cet égard, XXV. Cercles des sphères; les manuscrits du moyen-âge offrent une grande variété de figures, XXVIIl. Sphères célestes simples figurées dans les manuscrits du moyen-âge, XXVIII. Sphères concentriques, voyez Cercles. Sphinx (le), dans les mappemondes du moyen-âge, LVI ; légende sur ce monstre dans la mappemonde d’Hereford, 403; description d’après Pline, ibié. Spiracentes, peuple de l’Asie mentionné dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand du Xlle siècle, 210. Spilzberg (le), 83. Spohn, 230; publie la mappemonde du manuscrit de Salluste du X« siècle à la bibliothèque Laurenciana, 44, 273, 276. Spolelte (duché de), 311. Spoletum, dans la mappemonde de Turin, du XI|e siècle, 1.36. S[»orades, voyez Iles. Sprengel cité, I3i . Siaatenes, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lamberlus (tV Gand du Xlle siècle, 208. Sladiasme (le) cité, :î87. Stafford, 422. Stanley (le docteur) ; son catalogue des manuscrits de la bibliotlièq)ie du Bennet College en Angleterre, 243. Stenas, nom inscrit sur la mappemonde d’Hereford, 383. Stipa, voyez Ile. Stobée cité, LXVll ; son encyclopédie physique citée, 171. Stoechades, îles de la Gaule narbonaise, 409. Stoïciens ; leur théorie sur l’Océan, XLV. Stonie (la), sous le nom de Siolis, dans la mappemonde de Turin, du Xlle siècle, 133. Slora, 382, 383. Strabon cité, XXIX, XLVIll, XLIX, XCII, 16, 30, 39, 50, 52, 63, 69, 77, 90, 118, 119, 120, 140, 144, 187, 188, 189, 314, 319, 350, 379, 381, 387, 388, 401, 403, 407 , 408, 415, 417 ; sur l’importance de la science géographique, XI ; sur les Colonnes d'Hercule, XLI, XLII ; sur les connaissances géographiques des Romains au nord de l’Europe, LI ; pensait que la Zone torride éiziX inha- bitable, 2 ; cité sur les Scythes Nomades, 28 ; sur 1a côte fictive qu’il donnait à 102; croyait, comme d’autres auteurs de l’antiquité, que Y Ether ou la partie la plus élevée du monde était une matière inflammable, 171 ; cité sur le mont Abijla, 233. Strasbourg, voyez Bibliothèque. Stromales, voyez Clément d’Alexandrie. Stromboli (île de), 409, 410. Strongoli, voyez Strongyle. Strongyle, aujourd’hui Strongoli ; île figurée dans la mappemonde d’Hereford, 412. Strongylus, voyez Mont, Strutt, publie en 1778, ia mappemonde Cottonienne du X® siècle, 48 Strymonicus sinus, 314. Sture, nom inscrit sur la mappemonde d’Hereford, .321. Styrie (la), 184, 318. Suania, nom inscrit sur la mappemonde d’Hereford, 321. Suède (la) 36, 185 ; nom donné à ce royaume au moyeu-âge, 61 ; sous le nom de Suebi dans la mappemonde de Turin, du XII^ siè- de, 134, I5 j ; sous le nom de Suea’ci dans la mappemonde de Malliieu Pàris du XIII® siècle, :263. Snélone cité, 113, 206, 319. Suétone Paulin, général romain en Afrique, 121 ; son expédition jus- qu’au Gir, 72. Suèves (les), étaient les peuples les plus considérables de la Gerraaive au temps de César, 206. Suevos, peuple mentionné sur la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand du XII® siècle, 206. Sufetula, ville indiquée dans la nriappemonde d’Hereford, 586. Suffulgoritas, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Larabertus de Gand du XII^ siècle, 208. Suidas cité, 167. Suisse (la), 317. Suisses (les), 184. Sulpicius Gallus explique le jeu de la sphère d’Archimède à Cicéron, XX. Sunacolis, localité indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 382. Sund (le), 323. Sura, indiquée sous le nom de Suria dans la mappemonde d’Here- ford, 363. Surieb, nom moderne de Sura, 363. Sus^ la rivière de ce nom correspond au Darat des anciens, selon Gos- selin, 397. Susa, ville de l’Asie, marquée dans les mappemondes de Lambertos de Gand et de Paris, du XII^ siècle, 188; dans la mappemonde d’Hereford, 337. Susa Fluvius, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 337. Suse, voyez Susa. Stisiane (la), 530, 337, marquée dans les mappemondes de Lambertos de Gand et de Paris, du XII® siècle, 188. Susianos, peuple de l'Asie mentionné sur la liste de la mappemonde du Lambertos de Gand, du XII^ siècle, 211 ; pays habité par ces peuples, ibid. Susuma, 369. Suthul, place forte du temps de Jugurtba, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 38.3. Sydon, nom inscrit dans la mappemonde de Turin, du Xll® siècle, 142 Syène, 401 ; placée sur les bords du second Nil ou Nil méridional dans la mappemonde d’Hereford, 403; formait dans la géographie ancienne la limite entre l’Egypte et l’Ethiopie, 403 ; comnîenî cette ville et son observatoire sont figurés dans la mappe- monde d’Hereford, 403 ; légende à l’est de celte ville, concer- nant un peuple monstrueux, dans la même mappemonde, 404. Syilla (Scylla), écueil près de la côte d’Angleterre figuré dans la map pemonde d’Hereford, 424 ; explication donnée par Gougli, ibid. Symboles (recherches sur l’origine des) ; voyez Peignot. Symoes, peuple mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 208. Syraplégades, écueils du détroit de Sicile, XLII. Synésius cité, 387. Syphax, 381. Syracuse, 412; globe qu’on y remarquait dans le temple de Vesta. XX. Syrie (la), 81, 91, 94, 101, 103, 140, 174, 187 , 211, 216, 222, 229, 2Z1, 374; carte du VHP siècle sur laquelle on remarque la côte de la Syrie, 27 ; Siria dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 64 ; dans les mappemondes de Lambertus, de Gand et do Paris, du XII® siècle, 186 ; dans la carte du XIP siècle du manuscrit de saint Jérôme au Musée britannique, 245. Syrios, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 210 . Syrte, 72, 191 ; la grande —, 39 ; la petite —, ^87. La Syrte dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 68 ; la grande Syrte indiquée duns la mappemonde de Leipsig, du XP siè- cle, 96. Syrtes (les), 32, 69, 97, 399, 414 ; le golfe des Syrtes était considéré comme le point de séparation vers le couchant entre la Cyré- naïque et l’Afrique propre, légende de la mappemonde d’Hereford relative à ce nom, 387. Les grandes Syrtes, 149; dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XIP siècle, 191 ; légende relative à ce nom dans la mappe- monde d’Hereford, 388. Les petites Syrtes, Syrtes minores, dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 96. Système cosmographique, dans un manuscrit de Lambertus , du XIP siècle, à la Bibliothèque nationale de Paris, 163 ; l’on y remarque les systèmes des anciens mêlés à ceux des pères de l’Eglise, 164; toutes les positions astronomiques des cons- tellations s’y trouvent bouleversées, 169.— , dans le manuscrit de Lamberlus delà bibliollièque de La Haye, du XII* siècle, 175, — dans un manuscrit du Musée britannique, du XIII® siè- cle, 247. Système des zones Gguré dans un manuscrit d’Honoré d’Autun, Imago mundi^ 239. Syticenos, peuple de l’Asie meniionné dans la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XII® siècle, 210. T Tabis, promontoire, 340. Table Peutingérienne citée, 256. Table Théodosienne citée, 38, .53, 66, 183, 234, 310,382, 383, 387, 419. Tables Alphonsines citées, 117. Tacite cité, 63, 144, 185, 189, 217, 311, 319. Tafûus civitas, indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 388. Tage (le), 134; n’est pas marqué dans la mappemonde d’Hereford, du XlIP siècle, 279. Tamer (le fleuve), sous le nom de Fluvius Tamas dans la mappemonde d’Hereford, 420. Tamerlan fait de Samarcande la capitale de .son empire, 341. Tamise (la), flgurée dans la mappemonde d’Hereford, 421. Tamos, voyez Promontoire. Tana, sous le nom de Lana dans les mappemondes du Lamhertus de Paris et de Gand du XII® siècle, 188. Tanaïs (le Don), fleuve, 84, 130, 178, 180, 219, 220, 238, 329; venait, selon Strabon, en ligne directe du Nord, XLVIII ; théorie de son cours selon Aristote, Denys le Périégète, Ammien Mar- cellin et Aviénus, ibid.; grande importance géographique que les cartographes du moyen-âge attachaient à ce fleuve, XLVIII ; dans la mappemonde d’Alby, du VIH® siècle, 26 ; pas- sage de Ruhnck sur les peuples qui habitent au nord de ce fleuve, 28; servait de limite entre l’Asie et l’Europe dans la mappemonde de Strasbourg, du IX® siècle, 35-37 ; signalé dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du X® siècle, 45 ; sources de ce fleuve dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 61 ; limite entre l’Europe et l’Asie dans la mappemonde de Saint-Omer, du XI* siècle, 83; dans la mappemonde de Leipsig du XI® siècle, 95; dans la mappemonde d’Asaph, du XI® siècle, 101 ; dans la mappe- — 577 — mobde du Lambertus de La Haye, 179 ; les historiens d’Alexandre le prenaient pour l’Iaxarle, 187 ; figuré dans pres- que toutes les cartes du moyen-âge, ce fleuve servait de limite entre l’Asie et l’Europe, 187 ; dans la géographie an- cienne, il partageait laSarmatie entre l’Europe et l’Asie, ibid.-, signalé dans une autre mappemonde de Lambertus, du ma- nuscrit de La Haye, 198 ; dans la mappemonde de Guidonis, du Xlle siècle, 218 ; indiqué et nommé dans cette mappe- monde, 219, 220; indiqué dans la mappemonde du Salluste de Florence, du XII® siècle, 233 ; dans la mappemonde de Leip- sig, du Xlle siècle, 274. Tanger, sous le nom de Ttngi, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 148. Tangitana, voyez Mauritania. Tanospatos, nom géographique corrompu inscrit dans la mappemonde d’Hereford, explication de ce nom, 419. Tantules (île de) ; variante du nom de Tantulos, 108. Tantuîos insula, voyez Ile. Tantulos, 126 ; voyez Ile. Taphros ou Taphræ, 427. Taprobana, 2“ii3. Taprobane, Ceylan, XXXIX, XL, 86, 321, 429 ; description de cette lie par Cosmas citée, Il ; dans la carte du XIP siècle, du manu- scrit de saint Jérôme, au Musée Britannique, 246; dans la mappemonde d’Hereford, on remarque sur cette île deux dra- gons et une légende concernant les productions du sol, 430; mémoire de Cassini sur cette île, 450; voyez Ile et Ceylan. Tapsus insula indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 412. Tarente, sous le nom de Tarentum, dans la mappemonde de la Cotto- nienne, du X® siècle, 60 ; dans la mappemonde d’Hereford, Xllle siècle, 307. Tarn (le), 216. Taro (le fleuve), sous le nom de Tarus, dans la mappemonde d’Here- ford, 306. Tarracona, Tarragone, dans la mappemonde du XIP siècle, du manu- scrit de l’Apocalypse au Musée Britannique, 112. Tarragone, marqué dans la mappemonde d’Hereford, 298. Tarse (la ville de), signalée dans la mappemonde d’Hereford, 374. Tarsus, ville de la Cilicie ; célébrité de cette ville, 187; son nom ac- tuel, ibid. ; voyez Tharsis, Tharso et Tharse. H 37 578 — Tarlarie, 208 ; expédition des frères mineurs dans ce pays, LU. Taso, nom moderne de l’île de Thasos. Taunes, ville d’Afrique, J21. Taureau (le), constellation figurée dans le système cosmographique de Lambertus, du XII® siècle, 168. Tauris, 334. Tauromedas, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII' siè- cle, 209. Taurus, 560. — Caucasien, 336 ; voyez Mont et Montagnes. Tavus fluvius, signalé dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, pour le Tage, 134 ; dans la mappemonde d’Hereford, 309. Taxiana, île du golfe persique, 74. Telmsisus, sous le nom deTeImes,dans la mappemonde d’Hereford, 376 Temiswar, 269. Temple de Vesta à Syracuse ; globe qui s’y trouvait, XX. Temples des Chrétiens ; étaient tournés vers l’Orient, LXVII. Tenariuin promontorium, 313. Tenchira, faisait partie du royaume de Barca, 39. Tenchira, nom qui, sous lesEgyptiens, fut changé en celui d’Arsinoë, 39. Tencteri, peuple de la Germanie, 207. Tenedos; île figurée dans la mappemonde d’Hereford, 418. Tennès, 382. Tentyra, sous le nom estropié de Centria, dans la mappemonde d’He- reford, 402. Terap.se, sous le nom de Terasia, dans la mappemonde d’Hereford, 410, Téreck (le fleuve) ; le Dyriodoris de Pline, 224. Terimodites, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 209. Terra ausiralis incognita, 281. Terra Æthiopiae dans la mappemonde d’Hereford, 402, — Æthiopum dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 191. Terre (la). Forme et figure : opinion de Leucippe sur sa figure, XVII ; il la regardait comme plate^ ibid. ; opinion d’Epbore ; il se la représentait sous la forme d’un carré long, 32 ; opinion de Cicéron, 258; de forme sphérique, 258 ; opinions sur sa ron- deur, 10; figurée sous la forme d’une chlamtjde, ou long man- teau ; légende du Mathieu Paris et texte de Macrobe à ce sujet, 238; variétés de forme que lui donnent les cartes du moyen-âge ; ce qu’elles prouvent; XVllI ; de forme carrée; 571 ) — origine de celle lliéorie, XIX ; système de la forme ovoïde, XX; sa forme assimilée à une poire par Chrislophe Colomb, LIX ; les formes bizarres que l’on prêtai l à la terre remontent au-delà du VU® siècle, LX ; Terre de la forme d’un cône ou d’une toupie, LX; la moitié du globe non explorée formait, selon Colomb, la moitié d’une poire du côté de la queue, LXI ; Ignorance des cartographes, au XIII® siècle, sur sa forme, 259 ; selon Cosmas elle avait la forme d’une table, ayant une lon- gueur double de la largeur, 18; sa rotondité selon l’auteur du poème géographique du XIII^ siècle, attribué à Gauthier de Metz, 249. Forme de la terre dans la mappemonde d’Alby du VIII® siècle, 26, ronde dans la mappemonde de Strasbourg du IX® siècle, 35 ; figurée comme une île immense dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 94; de {o'cvaQqiiadran- gulaire ÛAWÿ, la mappemonde du XII® siècle, du commentaire de l’Apocalypse au Musée Britannique, 107 ; de forme ronde, et comme une île immense, dans la mappemonde de Guidonis du XII' siècle, 215 ; de forme circulaire encadrée dans un carré, dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XIII' siècle, 251 ; de forme circulaire dans la mappemonde de Leip- sig, du XIII® siècle, 273. Disque de la Terre, 5, 6; — selon Hécatée, XLIV ; — dont l’Océan forme l’enceinte circulaire, XXIII ; comment le figurent certaines représentations du moyen-âge, XX’V^III ; ■— dans la mappemonde d’Honoré d’Au- tun, du XIP siècle, 238; — figuré par une ligne circulaire dans la mappemonde de la bibliothèque Laurenciana, du XIII' siècle, 275. Terre (la). Position : fixe au centre de l’Univers ; théorie adoptée par saint Justin, martyr, Lactance et saint Augustin, XVI ; selon Mêla, XVII ; selon Macrobe, ibid.; selon Isidore de Séville, ihid.; Suspendue au milieu de l’univers ; opinion des anciens Hébreux, XVll ; au moyen-âge comme dans l’antiquité on croyait qu’elle était immobile au centre de l’univers, 164; cette opinion était attribuée aux Egyptiens et aux Chaldéens, 165; immobile au centre de l’univers ; mappemonde du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 158; passage de cet auteur à ce sujet, ibid., note 2 ; au centre de l’univers dans la représen- tation cosmographique du Lambertus de Gand du XII' siècle, 172; au centre de l’univers dans le système cosmographique du Lambertus de La Haye, 177. 580 — Terrre (la). Mesure d'après la légende de la mappemonde du Priscien du X*- si' GÎe, au Musée Britannique, 81 ; légende sur la mesure de sa circonférence dans la mappemonde d’Hereford, du XIII* siècle, 290. Terre (la). Limites de la terre habitable ; à l’occident les colonnes d’Her- cule à Gadès, XLI ; liaiitée, selon Parménide, aux deux zônes tempérées, XXX, selon Agathemère, de l’occident à l’orient, depuis la Lusitanie jusqu’au Gange, 2o7 ; environnée par l’Océan dans la mappemonde du Priscien du X® siècle, au Musée Bri- tannique, 77 ; occupe seulement la zône tempérée supérieure dans la mappemonde du môme manuscrit, 78 ; coupée par une zône de mer en deçà de l’Equateur dans les deux mappe- mondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII' siècle, 182; entourée d’îles dans ces deux mappemondes, 183 ; la partie voisine du soleil inconnue aux habitants de l’hémi- sphère supérieur, d’après la légende placée sur l’Afrique de la mappemonde du commentaire de l’Apocalypse du XII' siècle, au Musée Britannique, 121. Terre (la). Divisions de la partie habitée^ par Eratosthène, 52; divisée en zônes dans le système cosmographique du Lambertus de Gand, du XII® siècle, 172; divisée en deux parties égales et figurée ainsi dans certaines mappemondes du moyen-âge, XLV; passage d’Ovide relatif à cette théorie, ibid. ; divisée seulement en deux parties dans la mappemonde de Gauthier de Metz, du XIII' siècle, selon la théorie de quelques auteurs de l’antiquité, 2-53; divisée en trois parties et partagée entre les descendants de Noë, dans la mappemonde du manuscrit d’Isidore de Séville, du X' siècle, 45 ; dans une autre mappe- monde du manuscrit d’Isidore de Séville, 46 ; dans la mappe- monde de la bibliothèque de Boda, 33 ; dans la mappemonde du manuscrit du XL siècle n<> 5371 de la bibliothèque nationale de Paris, 103; dans la mappemonde d’Isidore de Séville, du XIII' siècle, 286 ; divisée en quatre parties; théorie de Pline, XXX. Terre (la). Description. Edit de César ordonnant la description de la Terre, 161 ; légende de la mappemonde d’Hereford à ce sujet, 293. La Description de la terre commence chez les auteurs anciens presque toujours par l’Espagne, XCII. Terre. Antichthone, XLVI, 17, 81 ; dans la mappemonde de Dijon du XI* siècle, 89; dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, — 58i — 152; légende qu’on y trouve au sujet de celte terre, ibid.\ dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII' siècle, 174 ; légende à ce sujet dans la mappemonde de La Haye, 181; dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XII® siècle, 240 -, dans la petite mappemonde de Gauthier de Metz du XIII' siè- cle, 253. Terre de forme ronde habitée par les Antipodes, représentée dans la mappemonde du Lambertus du XII' siècle, 194; position de cette terre, ibid. Terre australe ; légende sur celte terre dans la mappemonde du Lam- berîus de Paris du XII' siècle, 195 ; opinions des anciens à cet égard, ibid. ; — australe antichthone qu’on remar- que sur cette terre dans quelques mappemondes systématiques, XLV. — Figurée dans l'édition de Macrobe de 1670, 92 ; dans le planisphère de Cecco d’Ascoli, du XIIP siècle, 282. Australe 81. Terres Australes, 277, 278; — l’erreur sur l’exis- tence de ces terres dura jusqu’au temps de D’Anvilleet même après lui, 279. — fantastiques; Ortelius les marque dans sa carte, 280 ; cartes qui les représentent renfermées dans un ouvrage publié en 1607, 280; ügurées dans la carte de Jan- sonius, 281. Terre Magellanique, dans la mappemonde de Jansonius, 281. Terre postdiluvienne, 17. Terre Sainte, LVII, 292 ; renfermée dans la carte du XII® siècle, du manuscrit de saint Jérôme, au Musée Britannique, 245. Terre transocéanique dans les deux systèmes cosmographiques de Lambertus de Paris|et de Gand, 201 ; théorie des cosmographes à ce sujet, 201, 202. Terre de Vandiemen, 279. Tertulien cité, 117.. Tésin (le), sous le nom de Ticinus, dans la mappemonde d’Hereford, 306. Teulès, 383. Thalès de Milet, cité, 16, 376. Thanet (île de), la même que Tanutos, 126 ; sous le nom de Tenetos, dans la mappemonde d’Hereford, A21, Tharse, dans les mappemondes de Lambertus de Paris et de Gand, du XII® siècle, 187 ; sur l’histoire de cette ville, ibid. Tharsis Cilisia, dans la mappemonde de la Cotlonienne, du X' siècle, 53. Tharso celicia, dans la mappemonde de la Cotlonienne, du X' siècle, 66. — 582 [hébaïde (lü) signalée dans la mappemonde d’Herei'oid , 39! ; légende au sujet de ses monastères, dans la même mappemonde, 393. 1 lièbes, 391. — de Béotie ; comment elle est signalée dans la mappe- monde d’Hereford, 313. Sphinx de —, 403. Theiss (la), rivière de Hongrie, 267 ; dans la mappemonde d’Hereford, 321. ïlioode (Teyde), nom donné à l’île du Pic dans la mappemonde d’He- reford, 433. Théodore de Mopsueste ; son livre de la Création cité, XXVI ; forme qu’il donnait au monde, 18, Théodore!, ses commentaires sur la Bible cités, 144. Theodorus Gramineus ; son ouvrage intitulé Aquilo, XLIX. Theodote, ingénieur romain, 290. Theodotus, 294; mesure la partie septentrionale du monde sous César, Marc-Antoine et Auguste, 162. Theotonos, peuples de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XIP siècle, 211. Thermopyles (les), 314. Thesmonos, peuple de l’Asie, mentionné dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 208. Thessalie,184, 262, 313; dans les mappemondes de Lambertus de Paris et de Gand, 183 ; position et nom actuel de cette province, ibid. ; dans la mappemonde d’Hereford, 314. Thessalonica, aujourd’hui Salonique, dans la mappemonde de Turin, du XIP siècle, 138 ; cette ville sous les Romains, ibid.; dans la mappemonde d’Hereford, 314. Thétis était, selon Isidore, mère d’Asie et femme de Japhet, 103. Theutonia, pays des Teutons, dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIIP siècle, 268. Thevenot, donne des fragments de l’ouvrage de Cosinas, 21. Thevet, 330. Thivpolis, nom donné à Antioche, 140; voyez Antioche. Thieriolde (Jean), a refondu la compilation de Lambertus, 133. Thile (lie de); comment elle se trouve placée dans les mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, 192 ; voyez Ile. Thinae (pays des), 12, 13. Tholomaida, dans la mappemonde d'Hereford, 373. Thoringes, peuple wisigoth, 320. Thracia Chersonesus^ 18i. I hrace (la), 32, 210,261 , 316 ; dans la mappemonde d'Alby, du VHP siè- — 583 — de, 28 ; Tracia dans les mappemondes de Lambertus de Paris et deGand, du XII® siède, 184; quels sont les pays qui lui correspondent aujourd’hui, ibid. Thucydide cité, 412. Thule, 249; voyez Ile. Thuringe, Turingia, dans la mappemonde de Mathieu Paris, du XIII® siècle, 266; dans la mappemonde d’Hereford, 320; pays qui lui correspond aujourd’hui, ibid. Thyle (île de), note géographique sur cette île fameuse renfermée dans le manuscrit de Saint-Omer, du XI® siècle, 84; passage de Boèce sur celte île, 85 ; passage de Dicuil, ibid. ; passage de Guidonis, auteur du XIP siècle, 86 ; voyez Ile. Tibère, LXIX, 379 Tibre (le), 308,309; désigné sous le nom de Tiberis dans la mappe- monde d’Hereford, ibid. ; son embouchure, 309, 410. Tigre (le), fleuve de l’Asie, 16, 19, 21, 189, 209, 222, 223, 224, 225, 347, 350, 359, 360, 361; dans la carte d’Alby , du VIIl= siècle, 29 ; dans la mappemonde de la Cotlonienne du X® siècle, 54, .55, prend sa source dans le Taunts sur celte mappemonde, 64; l’un des fleuves du Paradis, 144; figuré dans les mappe- mondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 188; affluent de ce fleuve, 356; étymologie du nom de ce fleuve selon Solin, 357;dans la mappemonde d’Hereford, 353; sa source, ibid. Tigre (le), animal figuré dans la carte du moyen-âge, LVI; légende sur cet animal dans la mappemonde d’Hereford, 335. Tile, île figurée à l’embouchure du Gange dans la mappemonde d He- reford et accompagnée d’une légende, 429. Tilos, voyez Ile. Timavus, le fleuve Timavo d’aujourd’hui, 138. Timée (le), cité, 408. Timiscyria (la ville de), 142- Timoslhène cité, 32, 59, 230; il décrit le monde habité d’après la rose des vents, 59 ; voyez Rose des vents. Timour, 350. Tingis, ville d’Afrique, 121, 147. Tingitaine, 122. Tipasa Colonia signalée dans la mappemonde d’Herelord, 583. Tir, indiqué dans la mappemonde de Salluste du Florence du XII® siè- cle, 231. — 584 Tirus, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 375. Tile-Live cité, 188. Tobiana, île indiquée par Ptolémée, 74. Tocarestan (le), dans le pays des U.sbecks, 209. Todi, 309. Toison d’Or, figurée dans la mappemonde d’Hereford, 329. Tolède, Toletum, dans la mappemonde d’Hereford, 298. Tolometa, quel était son nom ancien, 38. Tolosantes, mentionnés dans la liste des peuples de la mappemonde du Lambertus de Gand, du XII= siècle, 206. Tomi, près des bouches du Danube, 269. Topographia Christiana, 9; voyez Cosmas. Tor, ville indiquée dans la mappemonde de Leipsig, du XP siècle, 97. Torrens Ægyptus, 371. Tortosa, marquée dans la mappemonde d’Hereford, 298. Toscane, 309, 310, 311; sous le nom de Tuscia dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 137; Tuscia dans la mappemonde d’Hereford, 309. Toulouse, sous le nom AcTolosa dans la mappemonde de Turin, du XII® siècle, 134; dans la mappemonde d’Hereford, du XIV® siè- cle, 300. Tour de Babel; comment elle est représentée dans la mappemonde d’Hereford, 361. — de Bêlas, ou l’observatoire astronomique des Chaldéens figuré dans les cartes du moyen-àge, XCI. — de Syène, 405. Tournay, dans la mappemonde d’Hereford, 303. Tournefort cité, 414. Toxandri, peuple qui habitail près de \'Escaut, 303. Trachonitide (la), 66. Tracia, dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 60. Trajan (l’empereur), 316. Trajanopolis, dans la mappemonde d’Hereford, 316; Transylvanie (la), 185. Trawe (la), 185. Trent (la), rivière de l’Angleterre, sous le nom de fluvius Trcnia, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Tripoli, 96, 187, 384. — de Syrie, 90; Tripoli dans la mappemonde d’Hereford, 374 ; historique de cette ville, ibid. I ripolilana, 399; dans la Sphera triplicala de Lambertus, 211; dans la mappemonde d’Hereford, 400. V Tripolilaine, dans la mappemonde d’Hereford, 587. Troade (la), 314. Troglodytes (les), 399 ; figurés en Afrique dans la mappemonde d’Here- ford, 398; légende sur ces peuples, ibid.\ passage de Solin à cet égard, ibid. Troi, nom inscrit sur la mappemonde du commentaire de l’Apocalypse, du Xlle siècle, au Musée Britannique, 114; placé dans l’inté- rieur de l’Asie septentrionale, ibid. Troia., XXI ; comment cette ville est figurée dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 98; dans la mappemonde de Guidonis, du Xlle siècle, 222. Troie, 576 ; dans la mappemonde de la Cottonienne du X^ siècle, 66 ; dans la mappemonde de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 186; légende sur cette ville dans la mappemonde d’Hereford, 377. Tropique de Cancer, 91, ISl, 180. Tschehil-Minar, 3S7. Tschucke cité, 52. Tubal, nom inscrit dans la mappemonde d’Hereford, 313. Tuderum, 309. Tungaros, peuple de l’Europe mentionné dans la mappemonde du Lara- bertus de Gand, du XII® siècle, 207. Tuphaeica insula, dans la mappemonde d’Hereford, à l’entrée de la mer Caspienne, 427; légende inscrite sur cette localité, ibid. Turcs (les), 315. — de la race de Gog et de Magog indiqués dans la mappemonde d’Hereford, 426. Turdetina, ville de l’Italie dans la mappemonde d’Hereford, 309. Turin, 306; sous le nom d’Augusta, dans la mappemonde d’Hereford, 306. Turingos, peuples cités dans la liste de la Sphera triplicata du Lamber- tus de Gand, du XII® siècle, 206. Turkestan, 341. Turquestan, 209. Turquie, 217, 256, 262. — d’Europe, 183, 184, 188, 221, 316. — d’Asie, 186, 187, 222. Turquistan (le), dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 61. Tusca, 386. Tuscrum civiias, dans la mappemonde d’Hereford, 386. Tweed, fleuve, 424. Tjlc, sous le nom de L'itiina 'file dans la inappeuioude d’Hereford, 446. Tyne, sous le nom de Tir, dans la mappemonde d’Hereford, 422. Tyr (la ville de), 90, 187 ; dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siè- cle, 98; dans la mappemonde de Malliieu Pâris, du XIII® siè- cle, 271. Tyriens (les), 374; fondent Gadès, XLI. Tyrol, 310, 317. Montagnes du — , 89. U Ubus, fleuve de l’Afrique, le Seibouse actuel, mentionné dans la map- pemonde du Sallusie de Florence, du XII® siècle, 234. Uiippos, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du XII® siècle, 211. Ulsler, ou Ustonie, signalée dans la mappemonde d’Hereford sous le nom d’Ulvert, 425. Glvert, voyez jülster. Ulysse, LXXI. Umbrurnia, signalée dans la mappemonde d’Hereford, 311; sa posi- tion, ibid. Urca, ville d’Afrique, signalée dans la mappemonde d’Hereford, 384. Uri, 303. Urne (1’), constellation figurée dans le système de Lambertos du XII® siècle, 170. Ustonla, voyez Ulster. Utica, Utique, dans la mappemonde de Leipsig, du XI® siècle, 96. Utique, 386; dans la mappemonde d’Hereford, 584. V Vacceos, peuple de l’Asie dans la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand du XII® siècle, 211. Valacbie (la), 183. Valona, sous le nom ô'Aiilona, dans la mappemonde d’Hereford, 511 ; sa position, ibid. Valence, Valencia ; dans la mappemonde d’Hereford, du XHl® siècle, 296. Valons (l’empereur), détruit Chalcedoine, 146. fnlia, nom inscrit près de Home dans la inaj'pemonde d’Hereford, 309. Vallée de Josaphal indiquée dans la mappemonde d’Herel'ord, 372. Vandales, 383. Van-Praet publie le catalogue de Gilles Mallet, 230. Vape, nom inscrit dans l’Angleterre sur la mappemonde d’Hereford, 423. Varies, divers peuples mentionnés dans la mappemonde du Lamber- tus de Gand, du XII® siècle, 207. Varnuotos, peuple de l’Asie, dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du XIP siècle, 210. Varron cité, 4; son ouvrage sur les côtes de la mer cité par Solin, 413. Vatican, XXIV. Vaugondy (Robert de) cité, 21. Vecta, voyez Ile de Wight. Velleius Paterculus cité, 217. Venecia, voyez lie. Vénétie, 133, 310, 311, 518. Venise, 310; dans les deux mappemondes de Lambertus de Gand et de Paris, du XII® siècle, 183; dans la mappemonde du Sal- luste de Florence, du XIP siècle, 232; dans la mappemonde de Mathieu Paris, du Xllb' siècle, 262; dans la mappemonde d’Hereford, 311 ; sous le nom de Venecia dans cette mappe- monde, 416. Vénitiens; leurs établissements dans le Levant, LIV. Vents et phénomènes qui s’y rattachent; légende dans la mappemonde d’Hereford, 291. Vénus, la planète, 164; dans le système cosmographique de Lamber- tus, du XII® siècle, 166 ; dans une autre mappemonde de Lam- berlus, du XII® siècle, à Gand, 173 ; dans le système cosmogra- phique de Lambertus du Paris, 200. Verceil, sous le nom de Versellis, dans la mappemonde d’Hereford, 506. Veroèze (comilat de), 183. Vérone, dans la mappemonde de la Cottonienne du X® siècle, 33, 60 ; dans la mappemonde d’Hereford, 504, 310. Verseau (le), constellation flgurée dans le système de Lambertus, du XII® siècle, 167. Vesina, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 61. Vespasien, accorde le privilège de cité à icosinm, 381. Vibius Sequester cité 226,317, 364. Viclorin, son li\re De Dabrica mundi, .XXVll. Viera, son Ilistoiia de las islas de Canari a citée, 433, y — 588 Vierge (la), constellation figurée dans le système cosmographique de Lambertus, du XII* siècle, 170. Villedieu, son Traité de la sphère, 248. Vindischmarck, 184. Vincent (le docteur); son opinion sur l’ouvrage de Cosmas, 21 ; son ouvrage sur le voyage de Néarque, ibid., 330, 331. Vincent le Blanc cité, 350. Virgile cité, 3, 4, 199 ; pensait que la zôue torride était inhabitée, 2 ; sur la terre transocéanique, 202. Vistule(la), 133, 183, 268, 321; Visiurgis /ÎMü/Msdans la mappemonde de la Cottonienne, du X* siècle, 59; dans la mappemonde d’Hereford, 320. Vitruve cité, 314. Vivaldi; expédition génoise de cet aventurier citée, 281. Viventium, l’île d’Eveuche près de Cornouailles, figurée dans la map- pemonde d’Hereford, sous le nom de Venencium, 426. Vivien de Saint-Martin (M.), son Mémoire sur la géographie ancienne du Caucase, cité, 270. Vocusa (ville de), 66. Volcano (île de), 410. ♦ Volga (le), 219. Vôlker; sou traité sur le pays des Scythes d’Hérodote, XXXVllI. Vorontum, voyez Otrante. Vosges (les), 264. Vossius, XCII : manuscrit de — 134 ; cité 397. Voyage dans la Troade, voyez Lechevalier ; — dans les steppes d'As- irakan et du Caucase, voyez Potocki. Voyageurs au moyen-âge ; on tenait fort peu de compte de leurs récits, XII; leur manière de mesurer la distance des lieux, etc., XXXII. Vumber, 422. w iVadus fluvius, figuré dans la mappemonde d’Hereford, 360. Wailly (M, de) ; son opinion sur la légende de la mappemonde de Leip- sig, du XIII' siècle, relative à Alexandre-le-Grand, 275. Walckcnaer (M.), cité, LXXXIl, 22, 279; sa Géographie ancienne des Gaules citée, LH, 299 ; son Mémoire sur les dénominations des Portes Caspiennes, etc. 221. — 589 — Walker envoie à la Bibliothèque nationale de Paris un fac-simila de la mappemonde de la Cottonienne, du X' siècle, 49. Wallia, le pays de Galles, ainsi désigné dans la mappemonde d’Here- ford, 423. Wandales; leurs incursions en Europe et leurs conquêtes en Afrique, 18S ; pays des — mentionné dans les mappemondes de Lam- bertus, de Gand et de Paris, du Xll® siècle, 185; pays qu’ils habitent, ibid. Warmacia, voyez Worms. Warnkœnig, historien de la Flandre, cité, 154. Webb (M.) ; son histoire des îles Canaries citée, 434. Weiss (M.); son article sur Mathieu Paris, 254. Welabri, peuple indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 425. Wertach, 318. Weser (le), 265, 320. Westminster, 257, 258. Westphalie, 207, 319. Winchester, sous le nom de Wintonia, dans la mappemonde de la Cottonienne, du X® siècle, 73. Wintonia signalée dans la mappemonde de la Cottonienne et dans celle d’Hereford, 73, 420 ; voyez Winchester, Wolinie, 267. Worcester, indiqué dans la mappemonde d’Hereford, 423, Worms, sous le nom de Warmacia^ dans la mappemonde d’Hereford, 304, Wright (M.), son ouvrage sur la littérature et les sciences chez les Anglo-Saxons cité, 76, 241 ; vers sur l’île de Thile trouvés par lui dans le manuscrit Arundel du Musée britannique, 242 ; sa note sur Mathieu Paris, 256 ; son opinion sur les cartes conservées jadis à l’abbaye de Waltham et de Westminster, 258. Wye, fleuve de l’Angleterre indiqué dans la mappemonde d’Herelord, 423. X Xantippos, peuple de l’Asie dans la mappemonde du Lamberlus de Gand, du Xlle siècle, 208. Xantus (le fleuve), 376. Xénophane, auteur cité par Cosmas, 15. Xénoplioii lie Lampsaiiuc cilé par Soliii, 120, /riH, 4ôt. Xercès, I8?J. Y Yconium, ville signalée dans la mappemonde d’Hereford, ô7o. Yémen des Arabes; légende relative k ce pays dans la mappemonde d’Hereford, 567. Ygicolis dans la mappemonde d’Hereford ; observations sur ce nom, 583. Yler fluvius, dans la mappemonde d’Hereford, 508. Yne fluvius dans la mappemonde d'Hereford, 517. Yonia, dans la mappemonde d’Hereford, 573. York, sous le nom ancien à'Eboroc, dans la mappemonde d’Hereford, 422 . Ypasus fluvius, dans la mappemonde de la i oilonienne, du siècle, 61 ; comment Playfair a lu ce nom, ibid. Yrack (T), province de la Perse, .35, 211. Ysauria, dans la mappemonde d’Heretord, 57.3. Z Zabulon (tribu de), dans la mappemonde de la Cottonienne, du X« siè- cle, 65; dans les mappemondes de Lambertos, de Gand et de Paris, du XII® siècle, 189 ; dans la mappemonde d’Hereford, 189; Zacharie (le pape) ; mappemonde qu’il fit faire, 24. Zacker; sa notice sur Lambertus citée, 154. Zacynthe, aujourd’hui Zante, indiquée dans la mappemonde d’Here- ford, 416. Zaïn, 569. Zanle, voyez Zacynthe. Zariaspa, voyez Bactra. Zélande, dans un manuscrit de 8'ainl-Omer, 264. Zelandinos, peuple mentionné sur la liste de la mappemonde du Lam- bertus de Gand, du XIP siècle, 206. Zemenico, nom actuel de l’ancienne .Ss.smssur l’Hellespont, 315. Zengis (la ville de), indiquée dans la mappemonde d’Hereford, 385. 'Zengis, légende géographique et historique sur ce pays dans la map- pemonde d’Hereford, 586. — 591 Zenodoxiis mesura t'oiieul sous César et. ^ous Auguste, tüi; dans h inappemoruie d’Hereford du Xlll® siècle, 290. Zer-Afclian, 341. Zeugium, dans la Sphera iriplicalade Lambertus, 21 ! . Zimarius poi lus, dans la mappemonde d’Hereford, 519. Zimmermann, donne une liste des noms géographiques renfermés dans la mappemonde de Turin, 151. Zoara, 569. Zodiaque, 249. — sur les portes des églises du moyen-âge, LXX. — sur la porte de l’église de Saint Denis près Paris, LXX. — dans le livre d’Hermès; sa division 200. — dans le Système cosmographique de Lambertus de La Haye, 177, 180. — Lé- gende à ce sujet dans les mappemondes du Lambertus de Paris, 199. — dans le planisphère islandais du Xlll® siècle 279. — dans l’édition de Macrobe, de 1670, 92. Zomada, 560. australe tempérée : opinion de Clément d’Alexandrie, XLVL — des Antipodes dans la mappemonde du Lambertus de Gand du XII® siècle, 174 — australe cl froide ; légende qu’on ÿ re- marque dans la mappemonde du Lambertus de La Haye, 181. — australe inhabitable ; légende dans la mappemonde de Lam- bertus du XII® siècle, 196 ; — australe dans la figure d’Honoré d’Autun, du XII® siècle, 240. Zône frigide antarctique^ dans la mappemonde de Dijon du XL siècle, 89 ; frigide dans la mappemonde d’Honoré d’Autun, du XII® siè- cle, 240. Zône glaciale australe dans la petite mappemonde de Gauthier de Metz, 233. Zône polaire australe dans la mappemonde du X® siècle du manuscrit de Macrobe, 45. Zône septentrionale figurée dans la mappemonde de Dijon, du XI® siè- cle, 89; dans la mappemonde de Lambertus de La Haye; légende qu’on y voit, 179. Zône tempérée habitable, dans le système ou représentation de V imago mundi d’Honoré d’Autun ; pays qu’elle renferme, 24o ; — tem- pérée méridionale, 203. Zône torride^ 82, 91, 152; sous le nom de Fervida, 152, 196, 278. — signalée dans certaines figures du globe comme inhabitable, XXIX.— considérée comme inhabitable, 1. — Légende qu’on y voit dans la mappemonde du Priscien du Musée brilanni- og>-y f QatcPX^ — 592 — {|ue, du X' siècle, 80. — Selon la croyance du moyen-âge on ne pouvait pas la traverser pour aller à la terre australe (Antichthone), 81- — Comment elle est figurée dans la mappe- monde de Dijon, du XD siècle, 88. — Légende inscrite sur cette partie dans la mappemonde du Lambertus de Gand, du Xlle siècle, 173, 174. — traversée par la mer dans la mappe- monde d’Honoré d’Autun du Xlle siècle, 240. — inhabitable dans le planisphère de Cecco d’Ascoli, du XIII® siècle, 282. Zônes (système des), 1. — habitables et inhabitables; discussions sur sur ce sujet, au XlIIe siècle, LUI. — Représentations graphi- ques de ce système dans les manuscrits du moyen-âge ; grande variété de ces figures, XXVIII, passage de Macrobe à ce sujet, 199. — Système des Hindous, 42. — diminuent de largeur à mesure qu’elles s’éloignent de l’équateur, dans les représen- tations, XXIX. — Division dans la mappemonde de Macrobe, du X® siècle, 42. — Représentation dans l’édition de Macrobe de 1670, 92. — Système de l’auteur de la mappemonde du Priscien du Musée britannique, du X® siècle, 78. — séparées par des lignes de démarcation et distinguées, les inhabitables par la couleur verte, et les habitables par la couleur blanche, dans la mappemonde du Lambertus de la Haye, du XII® siècle, 178. — Système des — dans le manuscrit d’Honoré d’Autun du X® siècle, 239. — dans le planisphère islandais du XIII® siè- cle, 278. Zônes boréales et australes dans le manuscrit de Lambertus du XII® siè- : de, à Gand, 173. Zônes ■polaires ., opinion des cosmographes anciens à ce sujet, 5. Zônes tempérées, inaccessibles l’une à l’autre, selon les géographes an- ciens et du moyen-âge, XLIV — tempérées ; comment elles sont représentées dans le manuscrit de Lambertus du XII® siècle, à Gand, 173. Zoologie ; collection qu’on remarque dans les cartes du moyen-âge, LV. Zozima, personnage figuré dans laThébaïde, sur la mappemonde d’ He- reford, 393. Ziirla s’est borné à examiner les cartes dressées par les Vénitiens, LXXII ; son travail sur la mappemonde de Fra Mauro, LXXllL FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE. IMPRIMERIE MAULDE ET RENOÜ, Rue Bailleul, 9 et H.