a \4 ^ y U4^CA'r7e O dd S E l-m G N E V le fire TrçteBeur qunl\ peut avoir j Et- m ay pas doute que fin QAupheurnetnefufi " très obHgéde ce choix, putfi EPISTRdÊv que psK pou^ois en toute la tn^iire unplUé diptel '' fènj hten j, ù Ist-* S^JG'NEVR \ jqti il m fer^ au^ peu féunt tpi* au dejfùs de mes fortes (Centre-' prendre tùofire Sloge ^ que if pluf:^ fçùtiant Sfcritain trouveroit^p^ Jufie matpre % pouffer dignement^èi\ ftte foàng d urs Conétahle de France 4^ ceîuj dme ^rmcejfe dont les r^ns^ f îtes ont fort%d ad^foation d- toute f Europe P frf d^nt un derny fiecte le foüqjant Geniè de modeile a nos plîU parfaits ToUtÿqties 0.,^ qui encor un Im-:, EPiStRE. Ormmens de noftre Ccm > une 'uie au0 éclemunti farfes rares qualite%^, e^ué far uneruertu une foi i de Pieté éloignée de toute forte d^oflentapenif de fa (le. f n ignore pas auff (fte fi y s Plumes les mieux çhoy fies de ce temps trouvent de la matière pour des. V^o lûmes entiers au récit de vosgran^ des actions ^->des rares qua-^ liteZx de voBre Itlufire P er^ fonne t ceferoituneprefomp* tion mexcufahlefi mey d'en •VQMhy parler dans un dif- cours de peu de lignes j £t ceficecpui m'tmpofe le fiden-: ce d cet égard j e fiant bien ^ EP IS T R E. apeuré d' ailleurs c[Uè ftre No^n ne paroipra pamt è la tepe , de ces Ou'vrages ^u’il n inpire au LeBeur les mefmes fentiments qu un amfle Panégyrique luy pourrop donner. Il nigno-* rem pas quelle a eBé ^oprs valleùr dans la Guerre ^, ^ 0 ^ Bre candultte da ns la Couh dans la P ali tique y €5* quel ep ce rare Genie qui éclaip ^ formé par les plus belles Lettres 0* par toutes les cogn&ipances que cher-» çhent les Sf ayants j^fertau-» l&urPhuydemadelleéf don-» ne de l' émula tien aux. pim habiles de ce pecle^ I _ . 'fePiSTPv'Ê. , Il ff anrâ fans doute qitè dans cet lUuBre re je non de V^ojlre Noble Sang nous ' isolons les cdmmùnee?nents d fèn parfait Héros , qdl dans lés ad^dntages. dé iHliianàè que vous à'vef^ fatté én fd 'Ferfonne de Id “Forcéd^ec la Prudencè . eri >■. .r . - ■ "joignant les Lions a la Qbii-^ levfe\ a lieu df elperer qui td WerîW tf le liLerïie LeJleifè-> ront bièn-tâf aux honhèüéé dux' dimitèT" de ‘ ué on cm es my e-> Yodt Cognüeé- que nioH ' peu de capacité n en pourrait faire quun T'ableau fort EP,1STR£.' '(iér> 4gree1^2^^ÇN- me mnpénte^de ■ %>aps d)u^Ÿ4ge ^^. de ^Qus fî^^- f lier de lièonor^ de Vpfi^ ^roW^ion^^ ^ jeïnt me nmweUe ^Igjiatiôn d[un Voyage de (juynêè ^ M'ajant :parfi uuoir ejte fait entrepris parles foins ^ aux frais dè la Compagnie des Indes Os- ti dentale s.^(^ desja ‘ mdtier^ au Torps de ce^^ i foire ^ peut ce me femile 1 açcomp4gner avec quelque pafon.j puifque cefont eÿefs uui partent, . iifne mefme^ epistre: t^apec autant ù p. fuis anjtc de ^ reFbe^y ^ Je m\efiimeray fort heu* reux fi l'un l'autre peut ûtcuper quelques heures de •vofire loifir iS njous delafier apres suos grandes applka* tiàns à des chbfes plus im* f ortantes de plus grand foidsiÇefiee ajjton que cMQNSEICN£VR. . ,V''" ' yoflre très - humble 5 & très - obeïflànt fervi-, tcur,CLOUSIER, Extrait du Privilégié du P Ar grâce & Privilège da Roy g donné à Pâris le fèptiefme jour de Sepiembrê 1670. Signé Bou- chard > il cft permis à Gervaïs ClouziéR , Marchand Librakç I Paris . d’imprimer ou fairç impri- n^îcr un Livre intitulé » P,elation de_ ée av& m lournal du dernier Voyage du Jkardela Bar-* te en la Terre - Ferme > JJ, le de Cayenne » accompagné d'une exatle,^ ddjeriptiûn du PayS i rmurs na- turel des FJ abitans. Me tout te-*, cueilïy des Mémoires des principaux , officiers qui ont commandé en ces Pays» Parl.C.S. D. V ou eft joint le lournal d'm nouwau Voyage fait^ en G tynée y Vannée prefente » qui contient leTrakté de Commerce > 0 * 4 lU^nce fait avec le Roy d’Ardres» a vj ' avec î’envoj d’tfn Ambajjadeur de ce Prince en France, en telle mar- ge & caraâcre que bon luy fem-' biera 5 durant le temps & cfpace de cinq ans , à compter du jour qu’il fera achevé d’imprimer pour la première fois. Et dçflFenccs font faites a tous Imprimeurs & Librake^ de rimprimer , vendre ky diftribüer pendant ledit temps fans, la permiffion dudit Clouiierj; à peine de l’amende portée par îcelùy Privilège. Comme aufli atix charges plus à plein portées par lefdites Lettres. Achevé d’imprimer pour fa pre-> îniere fois lé 2. Janvier 1571, Ke^ijirêfur le Livre de la Commu ^ , vauté des Imprimeurs ein Mar- chands Libraires de cette Vaille de Pa- ris, fui'Pant lArrefi de la Cour de parlement du 8. Avril 1655, ce aux charges , claufes conditions portées és prefentes Lettres •> le ymgt^ epuatrief me Novembre 1670. ^ SignCj Louis Sevestre, Syndic.’ DES C H A P I t S , ÇonSÆnwsefi-cettepren^ Pàïttei D TEjcri'ptioh fommaire ^ ^ de^ \ eflabUfJements, des. Ijles Antilhs i de lem grmdeu f ^ dijf éjiriôft, n‘' ^ .fi i:>dv4nt-Éropé^i ■ 7 ’ Chap? E Eftdt des tsîes aVdm Id ‘declc^diipn de l^p^rre, . Ch. II. Decîafamn de U Gnerre deUEranet ar&êc l’jdngléierre, ^ ■ les ordref dènfie^pHr les Ides, jpp Gît AP?'^riI. I^Quyèlles drri^hs en frdnçe du çamrnçnctment de4 , il^Hes d'kofiilité auxJsles y ^y jjsr tout en eelléde S.ChriPdphle^ô'ôI' C Jîaf: I VlGefuipfit en France ^ âpre s U nouvelle rëfeuedes a0ps dikojitlitesi i ri * ' ^ é8» CttAP. V'o Affres de la Flotte en l'Isle de Madere , 0 “ qui sy paj^a. 71 * Chàp. Vi. Ct qUifefit en Cour à l'occdfion du Courier envoyé de la Rochelle , 77. Ci4AP. VII. Chojèr arrivées à la Flotte dam fa routte j ^ ce qui fe pajfa aux Islt! y 79* Ghap. VIII. Combat donné à Saint ChrijlopMe contre les A n- glois , ty* la €onquefle que les François firent de leur partie y 90- Ch AP. IX. Hifioire de t Indien Ovarnardy - il 8» Ch. X. Profit du fleur de Clodoré y pour I attaque de Nieuês , 155. Ghap. XI. Profits & entrepris fies du Mtllord V'fvilloughhy ^ contre les François en l'Ameri^ que yfon naufrage ^ la perte de fa Flotte i t4|, Chap‘ X I I. Ëntrèprife or at-^ tdque duJteurduLion^ dés An- ^ois fortfi^X^ dans les Iski des Saintes. h , 157. CHap. X Î I li Perte du d'aire it. le Saint SehdjHen a la rade de là lAartini^He , comment y\ ^ gt, Chpa. XIV, Dejfdite d' une petite Flotte Angloife des>ant la Gua- daloupe iy6, Ch.XV .M d'vigd lion du feur de la Barre 'oers la Terre- Ferme i jon reldfchementdùx IsleSydVeedeux remarques très- curieufes , i S 4. Chap. XVI. Arrivée du fie ur de la Barre a la Martinique y ce qutljffty 19 &. Çhap. XVII. Refolutiondu fleur de la Barre d'attaquer les An-r^ glois , ^ les raifons , 2, 4 5 i Fin delà Tablé de cétce première ParYlè, Cïî. X.VlII. Hifioiré de fvajtofi des Trms fups François ^ 146» C H AP , X 1 X . ttAqtte de l'Ide à' jintigok,^ fa redû^ion, tFj 1 . . XX. Retour d S. Qhriflo- Le Confeil de Guerre fUî tem^ 3x1» >=>HAP. XXI. Attaque ^ prije de tisle de S. Eujiache j par le feur Dorvitliers * 3 4 o* Chap. XXl l.Prife deUsle de 'Tahagô ^ 346. Chap. XXI II. Diverfes avions qui je font pafêes aux Isles , 3 5 1 ► Cpïap. XXIV. Arrivée de la Flotte du fie ur de la Barre en la Terre Ferme , l'ejlat de ce Pays, g^ fon retour aux Isles , 373* Descrïptiô^si SOMMAIRE, j^esefltihlifj'mens des Ijles Antiüè?^ ^ de leur gràndear j^ pQjtnon, t Semble cdnitnc nécef^^ faire pour la parfaite irif E^ülgciice de l’Hiftbircj qui fçrü de matière à, ce Livre^ que le Ledieur connoilTe quels jfqnti les qU’elle concerne, quand ils ont cfté habitez ^ &c comment eft arrivé cê mélange de Nations differentes en des lieux fl éloignez , & d’une mé- diocre effenduë. G’eft ce qui f©-* f.r I f 'ir Dejcription jommàlré^ fâ expliqué en peu de 'mots dans Gctte Deferiptioa. Les Antilles qui coninlénjêé*^ tent à etlre connues des Euro- peans y dans le feconâ Voyagé"* que dtChriftophle Colon, lors de fa decouverte des Indes Oc- ddentalles , fous le nom des 111 es Caraybes i furent négligées pat les Efpagnols dans les premiè- res années de leurs cftablilTe''» mens en ce Nouveau Monde, tant ’j!iarcc qu’ils n’y trouvèrent aucune apparence de mines d’or & d’argent, qui eftoit ce qu’ils recherchoient avec le plus d’em- prelTement , que parce que les peuples qui les habitoient leurs parurent farouches , belliqueux, & dilEciles à dompter i ils con- liderercnt feulement ces Ides des ëjlabUffe. des Jjles Jnmies. comme des lieux de paiTage, 6c ou iis pduvoient fe rafraifchk en abordant les tertres de l’Oc- ddent; Car comme la coiinoil^ fance de celles de la Guadaloup- pe ÿ de la Martinique , ou de Sainte A jouzk , eftoit la feule chofe qui pouvoir affurcr leur routtc pour l’Hifpaniolic à prc- fent Saine Oominqiie j 6c qu’il leur eftoit facile de prendre cet- te connoifTance^ tant à caufe de la bauceur du terrain de ces Iftçs , que parce queftant fort proches les unes des autres, pu ne peut pas pafter entre elles fans les yoirjils prefererenc cette rout- te à toutes les autres , 6c confide- rerent ces lieux comme neceftai- rcs à la furece de leur naviga- tion. , toefcription J omrnairt^^ , eft vray: c][u’ils riceligercljl^ aç ies habiter 4 y (uD^UgerJes Indiens j mais ils érivilagcrcnt leurs Raddes & ièurs. Rivières m meires prdprèS aux ra fr aiff chiiTemeiiS de leurs yàiiTcaux, ? & dâus cette penfeey î^.përfi^a'r deE qu ils eftoiçnt de gràti^^ d© utijij4' que les Efpagnols occupez à de nouvelles découvertes , où l’or & l’argent les attiroit & pour la confervation defquelles, &: l’exploitation des mines qui s’y rencontroient , à peine leur pais pouvoir fournir un nombre des eflahli/p. des IJle s Antilles, d’hommes fuffifantj n’eurent a«- cune penfee de 5 attacher à h çultqre4çs terres de cçs Paysî & voulant feulement fe fervir de la commodité c|u ils avoienç de faire de l’eau , & raèaifchir leurs malades çn l’Ide de 3aint Chdftophle , ils h^ent la pai^ç avec les Indiens qui hat>itoienç çette Jfle , 5c continuèrent de traitter d ennemis ceux qui qç- eupoient toutes les autres. Dans la fin de ce ficcle , 6c dans le commencement du fej- ^icfme, les Anglois 6c François coururent les Mers de l’Améri- que , les premiers avec des for- ces plus confidcrables , comme celles qu’y conduifit Drak, Val- tcr-Ralcg, Kemnits, 6c autres, fs les François avec de moin- Defiripon [ommaire, 4rés armetn®*^sj içs cpurf:s des uns âç des autres en ces climats peu frequentea , firent naiftre a leurs compâtriottes la penfee de s*câ:ablir en quelques terres de r Amérique , & de former des Goloiiies , qui peufTent y faire fubfiftcr un nombre eonliderj- ble de ceux de leur Nation , ^ farvir de netraitte aleurxyai^ féaux, ôcoùils peuvent rafrai^ chir leurs équipages. ^ En forte queri deux avantutkrs a’un Franîois,nonv raé a’Enambuc , de la Ma'fon de Diel en Normandie ■ 1 autre Anelois . aulTi Gentilhomme. appelle VVarnardjpouiTezd urt SempareiUaborderent&mi. rent à terre en un mefme jour eu rifiç de Saint Chnftophie, des epâhliff des îfles Antilles. qüc cHaeim d’eux avoît choifî<| 3our l’cxccuEion de fbn deifein, Sc c eft .de la u’onc p«:ls naif^i ince tous ks eftabiifTcmcnsdesf Français & Aaglois dans les Ilks ^ntilièsr ■ ^ , « m- : Le Lieur Roéliefort a fi bien Sc fiampkment décrit de quelk« tnaniete s eftoient faits les efta-' blifTeiilens des uns ôc des autres iaÈtt¥'lè%ivre a compofe de la Deferijkion des Ifles Aa- cMicsS Sècondé Edition , impri- fiïéc à Lydn 1567. que ie n’en- cteprendray pas de rien adjoû- kr aux curieufes recherches de oet Âütheur , & me contentc- rây de dire, que les Anglois cflendirent les premiers leur peu- plade , en occupant Nieués en 1617. puis âpres le rcft^liflc- Defcription fommaire, ment de Tefchec que leur fî| fouftrir Dom Frédéric de To- lède ayec la flotte Efpagnplk, ietterent en. 163?.. de jiouveaujç habitans d^nslcs Ifleç 4 ? Mont? farratj Antigoa, ( 5 c la Barbou- de J peu éloignée de cette autre, êc que mefme ce fut de Saint Chriftophle que partirent ceux qui ont Gprumcncé de peupler la Barbadc , 6c font en quarante ans rendue la plus florilTante Cp- îonie qui foit au Nouveau Moii- de , pour la grandeur 6c cpnïii- ftaneç deflflc quelle occupe. les FrauiÇois excite^ paç cet exemple , quoy que foible- ment appuyez par la Cpmpa“ gnic qui s’eftoit formée en France en 16 16. pour le com- merce 6c eftablziremcntdcsÇo- d€s efldhliff. des Ifles Antilles. •onies es Antiiies,& autres lieux le TAmerique, prirent auffisles Dcnfées de s’agrandir > en forte :^ue les ficurs de Lolive & du PlelTisquitterent la France avcü in nombre de François , qui aicn refolus de fiiivre lexcm’* pie de leurs Chefs s’embarquè- rent dans leurs vaifleaux & firent ^oiile de Normandie avec eux, pour aller peupler & cultiver la Guadalouppe , ôc que ce fut :ux qui jetterent les premiers Fondemens de la Coloniequi y eftaujourd’huy , quis’efir enfuite eftenduë dans les Saintes de dans ^arieGallande. Le fieur du Parquet dans S, Chriftophe avoit eu le mefme deifein , mais comme il fe vit prévenu , il le changea pour ê ij J)efcnfftîon jommaîre, prendre celuy d aller peupler la Martinique y ce qu’il a canduir avec tanç de prudence ^ d’a- ^drefTe , gpuvernç les peuples ""^avçc tant de fagelTe & de jufti- ce , qu’il en a fait non feule- ment la plus florilTantç Colonie Françoife des Antilles , mais mefme qu’il s’eft veu en çftat de détacher nombre des fienspour occuper les Illes de la Grenade & de Sainte Alouzie , en quoy il a fort bien reüiTy pour la pre- mière J car cçtte dçrniçre eft à prefent fans habitans. Lors que les François & An- ffîois fe font eftablis & ont oct cupé les Iflcs , ce n’a pas efté fans une grande uefiftance de la part des Indiens , qui s’y font Qppofez de toutes leurs forces^^ âei eflahUIf des Isles Antilles: 5 c leur ont fait de rudes Ôc :ruelles guerres, tant aux uns qu’aux autres , qüi n’ont eu d’autre fucccs que l’abandon qu’ils ont efté obligez de faire des Ifles qu’occupoient les Eu- ropeans , hors quelque petit nombre, qui eftreftéà la Mar- tinique ôê à la Grenade, & leur retraitte dans la Dominique ôc Saint Vincent, qui leur ontefte abandonnées par un corcordat feit entre les François, Anglois, & eux , qui s’exécute encore au- jourd’huy } & nonobftant lequel ces peuples ont toujours con- fèrve une fi grande adverfion contre les Anglois, qu’ils leur ont fait opiniaftrement la guer* re jufqucs en l’année 1668. q^’eftonnez des grandes forces é iij pefcriptioH Jcmmaire^ de mer qu’ils avoient lors cncê Pays , ils promirent au Milord V Viloughby de sabftenir de tous a< 5 tes d’boftilité contre- ' eux. ' -îD£n 1:655. le fi car VanrèV Plamand , avec quelques alTo- ciez j fit les frais de l’eftablific- ment d’uncColonie de gensde fia nation ; dans rifie de Saint Eudaebe } & dans partie de celle de Saint Mattin , ainfi que les Ceurs Lampfeni deMildebourg dans celle de Ta bago. En quoy ils furent imitez par le Bailly de Poincy , qui quel- ques années apres jetca aufli les fondemens d’une habitation Prançoife dans S. Barthélémy, ôc dans fiaint Martin , & en 16^50. forma reftablilfement de àes epdhlijf- tsîss \AntüUsi de Sainte Croix j qui â :fté fouftenü avec beaucoup dé peine 5 mais qui donne a prc- fent de grandes cCperances de- puis que par les foins de la Compagnie dès Indes Occi- dentales , cette lile eft püilïami ment affiftée de toutes les chofesi heceiTaires à fon maintient 5^- à fon agrandilTcment : lefqucl-, les fous là fage &: vigilante conduite du fieur du Bois Gouverneur , commancent â produire des fruits qui donrieiit lieu d’efperer qu elle ira bien- toft du pair avec les meilleures que les François occupent à TA- merique. Dans CCS derniers temps les Anglois ont jette une Colonie dans Languille , qui a efte for- ê iiij tri I^efcriptionjommairé, \ cifiee du débris de celle qu’ih avoient dans Saint Cbnfto- phle i Sc les Danois une qui- rcfte languijGTantedans les Vicr^ ges 3 qui ne fournilTant pas un terrain fort abondant à les ha - bitans J lefquéls d’aiileurs font peu fouftenus & aflîfkz , font qu’il y a lieu de douter quccéc cftablilTement dure encore à rbcurc prefente. » r Apres rn’cftre contenté de, dire ce peu de mots fur des efta- bliiTemens qui ont fervy de matière a des Volumes entiers, j’expliqueray fommaircmentee ' qui eft le plus neceffaire pour rintclligencc de noftre Hiftoi- re, & qui m’a paru négligé par tous ceux qui ont écrit de ces Pays , qui eft la vraye pofttion. 'i \r’ iés e^ahtilf/âeHïle'i Jnn^^^^ fcitüation , & gràndeur dë ïfles 4 & les diftan'cès ou elfes forit les unes des autres , jq commenceray plt celles font les plus vôifines de iaTeP- fe-Ferme , de finîray par cclîës qui en font les plus éloignées, par l’ordre de leurs poluions Nord &Sud. " ' T abago ou T abac , éft célle de? Antilles , occupées' par les Nations dont tioüs avons par- lé 5 qui avoifine te plus la Terre- Ferme i Car la'Tririité pofTedéc par les EfpagUolS •eri eft bien plus proche , eftant entre la Terre - Ferme & cette Ifle, dont elle cft éloignée de huit lieues. L’Ifle de Tabac , qui peut avoir environ vingt- huit lieues é V Defcription ^mmdire, dè tourTerre-BafTe ciu cofte de l’Eft, afTez marecageufe & mal j^ine, gift , c’eft à dire, cft feituée ou pofee parvnzc degrez quin- ze minuttes Nord , elle cft au Vient de toutes les Iftcs , c’eft à dire plus à TEft ; fon abord eft falc de Roches & de Cayes, qui’ en rendent lacces difficilcj elle n’a de port que pour des Vaifteaux de cent à cent vingt tonneaux & au delTous. Les in- curfîons & adics d’hoftilite des Indiens, tant dé Saint Vincent que de la Terre Ferme , nui- ienc fort à fon rcftabliflcmenr, & pourroient bien l’empefcher tout à fait, quoy que les Ze- landois ayent fait de grandes defpences pour ce fujet depuis la Paix de Breda, &pour refta- às eflahlilf des Ifles JntlHes. blir les habitations que les An- içlois y avoient deftraites:* La Grenade cloignéedc qua- rante lieüës delà Terre Ferme» gift par vnze degrez cinquante minuttes Nord » elle eft vingt- cinq a trente lieues fous le vtnr de Tabac J ôc contient vingr- cinq à vingtrJiuit lieues détour : fa i Te r r e eft montâgneufê » fore couppée bâche e de ruifleaux & ravines , l’avantage qu’elle a- cft , que les montagnes ne font pas fort hantes , & font d*afrcz* facile aecez r cc qui fait qu’elles font pas tout a fait inhabi- tables , & que toutes les coli-; nés quelles forment font bon-'; nés &: fertiles. Elle a outre cela» ' celuy d’un bon port à couvert de toute forte de m auvais tei^s Defcrîption Jômmaîre^ capable de contenir vingt Vaif- feaux de guerre de quelque grandeur qu’ils puilTent eftrc, y ayant partout, tant à l’cntrec qu’au dedans, cinq braiTcs d’eau. Il cft à obfervcr que cette I lie eft exempte des tempeftes ap- pellees houragans, fi connues dans les autres lies, par les ra- vages qu’elles y-foiït.' Les Fran-i ÿojs commencent à s’y biciî c|lablîr,par les foins qu’en prepef la Compagnie des Indes Occi- dcntales. ’ , ; De la Grenade tirant au Nord quart de Nord’Eft font les Grenadins, confiftans en plu- lieurs lflctsinhabittez de drver- fes grandeurs, entre lefquels eft BcKia, qui a plus de huit lieues 4e circuit : Il y a peu ou point des efidhli^. des îsles j4ntilles, de pâiïagc encre ces Illecs pôüf des VaifTeaux , mais biertpouC des Barques à ceux quicogndif- fent le parage , leur proximité & les roches qui font entre euXj rofflp fl fort le cours de la ma- ree, qui porte pfcfqüe toûjoùrP à vau le vent en ces quartiers , qu’un Navire peut avec bonne ■ avance louvoyer I, Fabry dé cec terres, ce qu’il ne peut faire eh'- trcles Ilîes à moins que de per- dre au lieu de gàigner au Vent, ' & c’eft la Manœuvré que doî- vent faire les V aiffeaux qui veu- lent de la; Çrenade accràppet la Martinique, en forte'qu’ilsàyenc S. Vincent à leur bordée,' c’eft ‘ a dire fans éftre obligez de lou- voyer pour fe mettre à fa hau- teur. 'l'ii Ùejcription Jo>nmdirè i Cette Iflcde Saint Vincent efl proprement une grofle Mon- tagne de dix à douze lieues de tour habittée par les Caraybcs ^ qui gift au rnefme ers de V cnt que les Grenadins j qui n’a au- cun port ny rien qui la puilTé rendre récomiiiandable; elle gift par treize degrez vingt minut- tçs &eft diftante de trente deuï: lieues Prancoires de la,Grcnade. , Sainte Aloufie eft au Nord quart de Nord’Eft de S i Vinceiiti , c’eft à dirêla pointe des Pitons^, qui fdnt deux Montagnes fort, hautes pointuëSj & faijtes cn pain de Sucre , qui font a la pointe, de rOüeft -de cette lilcj le long- de laquelle il court une marée très forte , qui porte à l’Oüeft ou à vau le Vent , à laquelle il. des tjiahliff. des îsles Jntitlesi faut foigneufeînent pïciidt^ garde lors (^ugIoü veütgaigncr la Martiftique s êll© a dix huit à vingt lieues de tour tnélee de Montagnes êc, de plaines ^ ^ dont la terte eft eftimée àiTez; bonne ; tnâis qui n’a point elle jufques àprefent habitée ^ foie à caüfe du trop petit nombre de îrançois en l’Amerique 3 ott par la crainte des Serpents j qui y font en très grande abondant ce 3 & de la mefme efpecë qué ceux de la Martinique , c’eft à* dire fort Veneneux 1 elle gift par quatorze degrez , & fout-^ nit abondament de la pefchc & de la chalTe aux habitans de la Martinique , qui y vont pefeher des Tortues à la fol- k , qui e(l un efpece de iillet. t)âJcription fommahâ^ fait de fort gros fil j & qui a les mailles fort larges , & les tour- ner dans la faifon qu’elles Vont pondre à terre, & qui vont aufli y prendre des cochons fau vages , qui y font en grand nombre , êc dont la chafic n’efi: pas diffi- cile. Le trajedt des deux pointes les plus Oüeft de ces deux der- nières Ifles y eft de huit à neuf lieues j comme la Martinique eft fort longue ayant plus de dix huit lieues de cofte de la pointe du Nord’ Oüeft. à celle dit Sud’Oüeft, fon milieu fur lequel onfe doit reigîer J qui eft le cul de fac, gift au Nord Nord’Eft de Sainte Alouziê environ dix lieues de trajed : la pointe des falines en eft beaucoup plus pro- che, n’y ayant que fept lieues de dés eflahlilJ'. des Ijles Antilles. pointe en pointé qui giféiiC Nord’Eft & Sud’Oücft. La Martinique eft trop con- nue] pour quil foit neceflaire d’en faire une ample defcrip- tion pour l’intelligence de no - ftre Hidoirc , il fuffit de dire qu’elle gift par quinze degrcz, quelle a cinquante- cinq lieues de circuit , qu’outre plulieurs bonnes Raddes , elle a un Porc capable de trente grands Vaif- féaux à couvert de tout mauvais temps, & qui fera facile à def- fendre contre l’atraquc des en-* nemis lors qu’il fera fortifié, qu’elle eft beaucoup moins fub- jette aux houragans que les au- tres , & qu’elle eft l’abord de tous les Navires qui viennent d’Europe pour commercer avec Ùéfcrt^tton jommairCf les François?, tant à caiifedefori Porc , qile parce que cetCê Ifle^ éftant au vent de toutes les au- tres , les Vaiifeaux qui ÿ font peuvent avec Fadiké gagner celie qu’ils deftinent à leur com-*^ JMerce.' La DUminiqué habitée pair les Indiens, gift par quinze degrez quarante minuttes , aû Nord quart de f^ord’oüellj Sc Nord Nord’oücfl: de la Martinique. C’cH Une terre fort remplie de grandes & hautes montagnes,- ayant envirdfi treize lieues de tour , diftafite de pointe en pointe de huit liéuës de la Mar-^; tinique : Quoy qu’elle ait peu de terrain propre à faire des habi- tations , & qu elle n’ait rien de rscorumandabie que fa grande des eji-ahliJÏ. des ÏJIes JniiUétl âncc vqui fournit unê belle U bôneRade à la bandederOüeftÿ elle cft fort enviec par les Fran- çois ôt Anglois ï les pretniers fouhakeroienC y eftrebienefta-r blis pour alTurer leur commcr^ ce , & la communication de k Martinique avec la Guadaloup pe , & Marie Gallante j & leS autres voudroient en fifre les maiftres afin de pouvoir trou- bler ce commerce quand bori leur femblcroit , d’eftfê plus en eftat de pouvoir ineommo"» dcr les François# car il faut que tous les VailTcau^ , qui de la Guadaloup^e veulent gagner la Martinique , fe ralient fous cette Terre, & rapprochent à la por- tée du canon , faute dequoy ils ont beaucoup de peine à la*^ ï^ûjcription fommaifCy frapper. Le trajet de la Mard- quc à la Dominique cft de huit lieues. Les tintes font plufieurs îileSj qui font Nord & Sud de la Dominique, & ne font con- fâdcrables,qüe parce qu’ils for- ment un Port affez bon pouf mettre les Vaiffeaux à couvert dans les mauvais tempSi Ils font éloignez de cinq lieues de la Dominique, troisdela Guada* louppe. • Marie Gallantc cft au Kord Nord’Eft i & Nord’Eft, quart de Nord de la Dominique, clic gift par feizG degrez dix minuttes, & à la Guadalouppc à fon Ou’eft. G eft une terre fans montagne , qui fe releve en comble au milicu,& s abailTe des ejlahlijf. desJjles Àntilles, vers les bords de la Mer , gc qui fait que de loin elle paroift platte , elle a peu de fources & de ruilTeaux, mais forces çltangs d’eau douce , qui luy font d’un grand fecoufs , la terre s’y trou^ vc bonne^& reülTit bien pour les Cannes de Sucre, en forte qu’elle fe peuple & fc rend confidera- ble de jour en jour: elle n’a au-» cun Port , mais (eulemcnt des Raddes ouvertes ^ elle peut con» tenir dix huit lieues de circuit, & eft diftantc de fept à huit lieues de la Dominique , & de üx à fept de la Guadalouppc. Cette I lie eft pofee Nord’ O üeft quart de Nord de la Martini- que à vingt trois ou vingt qua- tre lieues de diftance, de pointe en pointe , elle a , compris 1^ Defcri^tion fommaire^ grande terre J au moins foixante cinq lieues de tour , mais il n’y a pas d’habicans à proportion de cette grande ctenduë de terre , par ce que la petite terre eft rem- plye de fort hautes, grandes, & inaccelfibles Montagnes , hors du cofte de la Capefterrc , & la grande terre ne fournit pas un fort bon terrain , & manque d’eaux douces pour la comnio- dité des habitans. Cette Ille gift par feize degrez àç demy , ôç a une affez bonne retraitte pour les Navires dans fon petit cul de fac,qui y font en feurete dans les plus mauvais temps , mais elle a eu ce defavantage d elfre fort fujede aux Houragans , qui y ont caufé de fl grandes pertes qu’elle a peine a s en rçmetrcy des eflayiijjp des Ijles Antilles. L'IlJc de Monç-farrat , qu| a’eft qu’iine grofTe Montagne, qui à des creux & vallons fort agréables , ,eft occupée par les A nglois pe^t avoir huit liuës de tour , & eft prefque ronde , elle gift par les dix fept degrez, & eft pofée au Nord Nofdv Dücft de la Guadalouppe , donf elle eft diftante de pointe eii poitite de huit à neuf lieues ^ eftant à obferyer que dans cet întervale , la mapée court à l Oüeft ayec une impetuofîté furprenante prefque eiv tout temps, ü vous en exceptez quel- ques jours incertains, pendatlcft' quels cette marée porte au vent fans que I on en ayt peu trou" ver la raifon , dans le cours de la Lune ou dans les V ents qui ont Defcriftion fommaîre^ ; • régné les jours preccdaiits , qui elf une des cliofes des plus extra- ordinaires q^uel’on puUTeobfer- ver dàns ces 1 lies. Il ny a aucun port dans celle- cy , mais une aG- fez mefehante Raddc. La Rotonde éft un Rocher couvert de terre & de brofïàilleSj qui eft pofé au Nord Nord>^ O ücft de Mbnt farrat, & fcrt dï: retraitteà une multitude infinie de ces Oy féaux que l’on appelle foux , par ce qu’ils fe laiiToient autrefois prendre a la main , fur les vergues , & mats des Navi^ rcs , ce qui leur arrive encore , mais rarement. L'Ifle de Nicuës eft une Montagne haute dont la pente eft fort douce vers la Mer en forte qu elle fournit tout au tout T plus des efiahlijf. des Isles J milles. lius d'une lieue de Pays , très .ccelfibie & bien cultivée, elle )eut avoir fepe lieues de tour, & ;ft pofée Nord Nord’Oüeft de vlonc farrat environ fept lieuesî CS Anglois l’ont cultivée avec jeaucoup de foin & d applica- :ion , elle na aucun port , mais me Raddeairez bonne, qui re- garde Sainî Cliriftcpble , elle gift parles dixfepcdegrez vingt minutees, Antigoâ eft par le mcfm e pa- rallelle "douze iieiiës Eft de Nieuës , c’efl: une grande ïfle qui s’eftend en long de PEft à i’Oüeft , & peut avoir vingt huit lieues de tour , elle a plu- heurs ports feurs contre toute forte de mauvais temps , mais elle manque d’eau douce , D e fer lotion fommaire^ n’ayant point de fourcesj & un ou deux petits luiiTeaux feulc" ment. Lç 3 habitans y araaflent Tcau dans des trous en forme de Mares , ou eüç fè conferve pour :1c beftial, & pour eux ils ont des Gifternes i la terre de cette lile très fertile, divifee en plaines, collines, petites Montagnes i elle giftp^r les .dix feptdcgtez vingt ;minuttes , & eftcomnie hors de la chaine qne forntent ks An^^ tilles , ainft que la barboude, quj ^eft pofee au Nord Notd’Oüeft ’d’Antigoâ a ^ix licuës , & gilt ïpar les dix huit degrez , & eft :U.ne terre platte propre aux be- ifiaux, mais qui manque debon- nes eaux pour les habitans ;^elle a efte avant la Guerre habitue par quP^lques Anglois qui y fai-’ des e^dynij: des l(les JnttUes. ^iciïEcles nourritures > mâis cîle eft rcfent delcrtCi 11 les tas d'^ritigoâ ne rontfeJjeUplée ^ cette îiîe "elt une terre balfe falle dc^Banes & bâtures toutau la Bande de pHft , quria tendent redoutable à ceux qui navigent en ees pa-*, f 3'br'Ê^ ' ' ; %aîdt ChriftopMc eft f ofe aü Kord’Olieft de Nieuës à trois îieüës de diftance, cette Iiîe gîft ^par iefdixlcptdegrez Ô£demy,i a neuf licuës de tout fi vous en exceptez les falines , nous nqàs difpenferons d en parler ërt cét eîndroit puifque comme elfe fait le principal fujet de no- ïlre Hiftôife , elle y eft ample- ment dec rite. Saint Berthélemy eft unopc- - î ij ’ ' T)ej€nptîm fimmaire, ' i tiïc îil é de n euf^ dix lieH^ de ^^tour jpafee au Nofd N ord'Eft de -Saiii&Chridoplik j environ îïûic " iieues^ellegill par IcB dk-liüirde- ^'-gïcz ^ êc cft habkee d’unnoîW ' peu ' cGhfiderable dë 'Frànçoîs, pïîree quëilé ' maéqus d - dôUGèj ôu qu'clié en a peu,& que ^ fon terrain ii’eft pas des meil- - lents ; elle efti neantnfoins abon-^ danre en nourritures ^.'iëoin me " pGüies , poulets d’Indëÿ ëanards, - moutons î & cabrics s =dottt des ' liabitans eommercentavec ceux de S. ebriftophie : elle n’a qunn - petit port propre pour de petits baftimens de cent tonneaui &: Uudeflbus. Saint Martin eftune lHe de ■ vingt- cinq lieues de tour , fur ia melme longitude que Saint Ber-, |thele|nÿ^ <^ui par les dix-^uit degrez y ingt-cinq;miauttes» elle dt hantée par les François ds l^lamiàns V qui y ont chacun l^ur quartier : elle eftoit avant la *guêr,rc très abondantjè en beftail» &: âvôic déjà quelques fucrcries çftabiies *, Mais ce qui a eft é une fois abandonne àfonfujct,aura peine a fe rcftablir j tant à caufc du mauvais air^ & des maladies qùi y régnent J faute à ce que l on croit de bonnes eaux , que parce que cette 1(1 e eft trop fous le vent ) & que fort commerce avec celles du vent eft trop difficile: elle n’a point de port , & eft fort falle de roches à la bande du Sud, en forte que le paftàge entre ccttelflc &cellc de S.Berthelemy eft très périlleux pour les V ail-, î iij j~ycjuijJiivnjoinm4ire^ féaux qui voudroienc le tenter.- :: : Lang”*"“ — m i „ • fort longttei Martin, elle a ^ figure , elle a peu de largeur, ôc environ huit lieues de longueur, elle gift par dix- huit degrez tren- te minuttés , & eft hahitee par le» Anglois qui y font aflez pauvres, & y font du Tabacîelle n’aaiicun port, & eft affez dangereufe à aborder , s’y cftant perdu plu- fisurs navires Anglois. A quatre lieues N ord’Oueft de S- Chriftophe eft Tlfle de Saint Euftache, qui ne paroift qu’une, haute montagne par le cofte du Sud, mais quis’eftend en unalTez beau pays vers le N ordicilea fept à huit lieues dctour,fon deftaut cftceluy d’eau do4çe ,' çHç çft I « ST- , des eftaUt$ des ^ ^ ^ habitée par les Flamands j cjuFf' cultivent force cotton j êç <^tii y ontiqUclques fuGrerkS: ï elle gift parlmdix^fept dpgrez- quarante fninuttes j n’a point de port>ï*’^i® une a|Fez bonne ï^^dde qui a efte habitée par les Flamands ^ & qui cft de peu de confequenee j & ou il y a fort peu dê gciis a prefenr, foit Fkmàns.^,ou Anglois j çlle giftpar dixfept dcgrcz cin quante ininuttess ; . . . ^ . Sainte Croix eft pofée a 1 O üeÛ ' de S. Chïiftophle environ qua- rantelicuës j & gift p^r dix-fept dêgreZ quarante minuttes ; c eft une liie d’environ vingt- huit à 1 iiîj î)epn^non fommairej trente lieues de tour y relcvce crt petites mdntagnes & coIiries,qui font dé facile accès au chârroyj & bditnés pour toutes fortes de produéiidns 1 la terre en cju<^- ques endrdits eft nitreufe , ce qui fait que les eaux n y font pas par tôut bonnes à boire > & qu’eiies tiennent dugoüfl de ce minerali ôn y fuppleé par des cifternes jpour les ho m nies , les beftiaux eftans âceouftumei à celles des puits, qui fcrc d’ailleurs à l’üfagc des moulins & chaudieres^Sc au- tres de la maifon : l’on y a obfer- vè, que plus on creufoit les puits, moins les eaux teiioicnt de cette faveur, en forte qu’il s’en cft trouvé de profonds où elle cft tou t à fait douce &bônc à boire j il y a plufieurs ruiflcaux,d6t l’eau d<^s ÎJles-::^nS i porW^ d’àfe (felEç^ccnicée ,:nui # ouy^rté çi^ étredf tc|jÇGïïjîp Ç ^ç; c^n^ug^tç .a foixâmef iedsi rHII® ^ pieds -d’m» i& ffîâis lôrs<^iie TrO s paiTé ies.^çEV' ]poüçhdprè?,9uid^ 9’^'^ IpBguew d'9% 5 ^ âpr^fonditjcnlp dy ^ 99^” ir:ç à cmq br^a&s d’eau par tout ^udcdans,& fortprocKcde je J ies VaifTgâux s’approeb^ns 11 mis djjuiüfit qui eft en c^licu, ds içrvcnt des arbres qui Ifent deiîus , pour fç carençr^, ôç uîectreàia bf nd^v / M ÿ ..ü;j , L’ai|î,y ayqit eft é^au.cr f cou Virent 5 éc que les iiabitam foxit en èftat de fe procuter de bonnes nourritures -f ce rtcz fur les Angléfe dans !adcrnicre guerre, que Monarque a . declarce ait Roy de la Grand" Bretagne :n lanvicr i666. dans les Iflcs Antilles de FAmerique, que la pofterité ignorait quelle a elle la conduite de ceux, qui ont de la part de laFran- ^art,I, A ■2 [A^ant-Frofof. ce , travaillé à la confcrva’! tion de ces Pais , Ôc de ceux qui fur ces lieux ont employ é leurs foins , ôc facrifié leurs vies pour fa deffence. Plufieurs fans doute , à qui la Nature a donné quelques talens & quelque facilité pour écrire , cifayeront de faire fur les Mémoires de divers particuliers , ce qu'en- treprend aujourd'huy TAu- theur de céc Ouvrage j mais j'ofe dire qu"il ne fera pas polïible à aucun autre dy reüiïir, & de rendre à la vé- rité le témoignage qui luy cft deû I puis que les di« "^vant-Fropos. s ^.crs incerefts qu'ont cmbral- ~é ceux qui Te font naclez de donner des Mémoires par- ticuliers , deguiferont la vé- rité de chaque aétion , & la feront paroiftre fuivant ce qu’ils ont déliré , pluftoft que comme elle s’eft palTée en effet : Outre qu’aucun ne poura rendre un compte exaéf & véritable de la con- duite generale, qui n’a cfié connue qu’à ceux qui ont efte prefens à tout ce qui s’eft fait fur les lieux, Ôc qui font parfaitement _ entrez dans rcfprit de la conduite de la Gonjpagnie des ïn- Aij u4vant-Propos. des G CCI den tales , qpi a fou- tenu tout le fardeau de cet- te guerre , & qui par Tes fç^ cours ^affiftaneçs a confère vé les Antifles fous la do- mination de la France, avec des avantages très -glorieux pour Elle çontre les Am glois. Ce que j’eflimeque l’on trouvera icv ment explique, puifque celuy qui a pris foin de recueillir les Mémoires qui compofent ce travail les a reccus de ceux qui ont eu le plus départ dans les aétions les plus importan- tes qui fc font faites aux Iflcs^ foit de Guerre ou de Politi- A les broüil- cries Ôc mouvemens arrivez bus le gouvernement de la fem- lîë de ce Geiltilliûmme J rfte paroiiTent fort excufables , tant par la mauvaife conduite de cet- te perfonne , que par la répug- nance naturelle qu’ont les peu- ples à fe fouinettre à obéir a ce fexe. Qjmyqué je blâme la conduite pâfîec de ces peuples , ie fuis bien éloigné neantmoins de la pen- fée de ceux qui les ont voulu faire paiTer pour des feditieux a outrance , & pour des gens qui ne refpircntque labroüillerieôc le defordre j les honneftes gens ï4 Relation de ce qui s'efl paJîS portent partout leur cara(5lere» & comme il y en a beaucoùp , dans cette nie, il ne doit pas eftr© i effacé par Inidifcretion & l’im- ! prudence de quelques eftourdis, qui ont pu en deux ou trois ren- contres en troubler la tranquil- lité. ^ Mais pour décendreaudétaiU difons qu’en Février 1665.il ar- riva dans ces deux Illcs (car Saint Chriftophle n’eftoit pas encore a la Compagnie ) trois bons vaif- féaux chargez de toutes fortes de , marchandifes , fçavoir l Armo- nic de 300. tonneaux , le Mer- cier Flufte de pareil port, le Saint Sebaffiende zoo. Ils furent fui- vis de trois autres dans le mois de Mars & Avril ; fçavoir la Fortune Flufte de zoo. tôneauxî âMs les Ips de l'Jmenque 1$ i Pucelle-Plufte de 150. & 1 erance-PluPce de 300- le Saine ean Baptifte Plufte de 2,00. e Saint Pierre de pareil port, ar- iverent prefque en pareil tenip 5 : it quoy que ces vailTcaux ne tut- 'ent pas chargez de tous les pe- tits alTortimens queles Plamens apportoient, ils'çftoient néant- moins abondamment remplis de toutes les chofes neceflaires à la vie & aux veftemens. ^ Il cft vray que la diftribution de ces marchandifes fe fit avec alTez de defordre & de conru- fion, par des Commis peu ca- pables de leur employ ,pour l m- tereft de la Compagnie , & peu propres à fatisfaire les efprits mal difpofez de ces peuples. C’eft une faute que l on ma- Relation de ce ^ ut s’efi papé puté aujf Directeurs Generaux de cette Compagnie , dont je les trouvé peu blafmables ; car fcroit-il facile de ne Te pas laifTer tromper dans le choix de trente difFerences perfonnes pour des emploispcu importans,s’iIn’eft pas aife de s’aileurer de celuy d un feu) pour un employ de conFec^uence } ils prirent les gens qui s offrirent pour aller en un pays qui eftoit encore peu con- nu, ôc crurent avoir beaucoup i fait, que d’avoir trouvé des per- ■ fonnes qui voulufTent faire un Voyage qui paroifToit une gran- ! de entreprile aux plus hardis; & les Commis qui furent fur les lieux remplis de la mefme idee , &: perfuadez qu’on leur eftoit obligé de la feule refolii- dans les Iftes de ÏJmerique. i'J on qu’ils avoient eue de le lettre en, chenlin , agireuC, pour I plus:-part comme gens qui royeiit que l’on leur en doit de efte, & qui font tousjoUrs trop, (OUI peu qu’ils falTent , pour le crvicede ceux qui les ont ens )loycz< , ^ , De la arrivèrent deux maux, un que les affaires de la Corn- jagttie furent mal administrées ^ 5c l’autre que Tes Commis, elle- rez la plufpart parmy les gens d’affaires, confecverenr ce cara-, £tere remply de dur etc , de pre- fomption , & d une forte fierete, qui leur cft ordinaire , & le fer- vânt dé CCS ni^nicrcs avec cts peuples, dont les efprits eftoienc desja allicnez , achevèrent de ruiner dans leurs efprits toute *8 Relation Je ce qui s’eji J^aJîé i cftime qu’ils a voient peu avoir pour la Compagnie , & y efta- blirent une feuffe opinion j que les Vallées animez de I erprit de leurs MaiftreSj nagi/foient que fuivant leur ordre ^ ' & confor- mement à leurs intentions , ce qui fît un très méchant effet dans i efprit mefme des plus honneftes gens des Ifîes. Il y a mefme lieu de croire que cette manière d agir don-; nant du chagrin aux Habitans de la Martinique, efehaufîa leur Bille , &c donnant lieu à la po- pulace de crier , fit naiftre loc-^y cafion de quelques petits remu- ments , que l’on a mal à pro« pos qualifiez du titre de feditiôs, & foufîcvements > puis qu’au- cun (hors celuy de la Capefterre^ âdnsîesJjles deîJmenqué, \9 •rivé au mois de Juin 166 6. ne “Ut eftrc juftement appelle de ; nom ) & par ce que ^’on en fait des monftrcs dimcilles vaincre , afin d’en rendre la idoire plus confiderable , ie rois qu’il eft à propos d en dire n mot en particulier. Le premier de ces mouve- nens arriva au Prefeheur , oU luelqucs CanailleSjdans la pen- 'éc d’eferoquer le Magazin de quelques boifTons & autres cho- fes propres à la vie. s’aiTemblc-, rent au nombre d’une vingtaine d’Homes, & quelques Femmes, 5 c peftant contre la Compagnie, dirent quelques paroles' fafeheu- fes au Commis de ce quartier, qui ne fcntantapparammentpas faconfcicnce nette, prit facillc- lo Relation de ce qUi s'ep' pajié ment i efpcuvante , & s enfuié au Fort Saint Pierre vers le Sieur | de Clodoré j qui croyant pru-' demment que rien neft de ü grande confequence que d’é- toufFer cette forte de mal dans naiiîànce ^ fe tranfporta avec quelques-uns des fiens , fans 'perdre de temps fur les lieux , & dilïipa par fa prefericc des gens que la feule occafion avoit af- fémbleXj &: qui n’eftans foufte- nus d aucunes perfonnes confi- derables , prirent le party de la fuite Sc de la retraitte, fi-toft qu ils apprirent que ce Gouver- neur venoit à eux. Ce qui arriva quelques mois apres à la Gaze Pilottc, qui fut en May 1665. paroifl un peu plus Gonfîdcrable , puifque des ddns les J fies de ï Amérique. %t ens d’une pareille étoffe affem^ le? dans la Place de ce quar- .cr J eurent l’audace de piller [uel(]|ues marchandifes du ma- ^azfn de la Compagnie j qui ’ftoient dans, un petit apenty lors du magasin principal de :e quâï^der i & apres cette cii-' :ée firent battre le Tambour , ôç prirent les armes comme pour marcher vers le Fort S, Pierre. Cette adion , quoy que de gens fans Chefs , & en petit nombre , ne laifTa pas de pa- roiftre importante au fieur de Ciodoré;, qui fe tranfportant fur les lieu?: avec diligence , n’eût pas moins de fucces a la Caze Pilotte quhl âvoit eu peu de jours auparavant au Prefeheur? Çettç Canaille s’eftant difTipée â i "Relation de ce qui s’efi pajîê au feul bruit de (on approche, & n’en ayant pas trouvé un fcul, fur lequel il pût faire tomber les cifets de fa jufte colere } & ainfi il cft aifé de voir, que ces deux émotions furent pluftoft un effet du hazardqueduCon- feil : & qu’il feroit peut-eftre périlleux , de taxer de feditieux ôc de mutin tout un erand peuple , qui auroit eu ce mal- heur d’avoir parmy foy une vingtaine d’yvrongnes & d’é- tourdis capables d’exciter du bruit & du tumulte fans fuitte. Ces fortes de mouvements ne laifferent pas de troubler la tranquillité de cette lile pen- dant l’année r 6 6 y. & fervanc d’entretien ordinaire, tenoient les efprits dans une affez mau- déns les Ifes de rJmeriqHe. ^ raifcafliettc , puifquçUc çftoïc ousjours accornpagnçe mietudes, clle$ firent naiftre la pen(éc au Sieiir de Clodorcj Gouverneur , & au Sieur de Chambré Agent general de la Compagnie aux Ifics , de taire conftruire un Réduit dans la Martinique, pour que la_perfon- ne du Gouverneur , ainli que de la Garnifon , fût à couvert de rinfulte de ceux , que l’empor- tement ou les mauvaifes inten^ lions pourroient émouvoir a l’avenir, L efprit du mefnage , ou ce- luy d’achever un petit travail comimencé par le feu Sieur du Parquet , ou le voifinage du Bourg ^ la proximité de la Ri- vière les firent choifir un terrain 1-4 Relation de ce qui s* ejl pajïé pour y placer cç Rcdüic , aufli peu propre à repowTer les ef- forts du dehors J qu’à refifter à ceux du dedans.' Car ne com- mandant pomt à la radde , àç ne pouvant cmpefciier la def- cente , &: l’approche des Vaif- feaux de la Cofte , on le peut nommer inutile contre les ef- forts des Ennemis , & eftant comande au dedans d’une hau- j teur , à la diftance d’un jet de j pierre, qui voit ceux qui feroient propofez aux dclFenfes de deux 1 faces à revers , depuis les pieds i jufques à la telle : Il ell certain qu’il ne pourroit pas eftre def- fendu douze heures, contre ceux qui Maillres de la terre , vou- droient prendre la peine de l’at- taquer. Ce Ce fuc ce que le fieur de la revenant de Cayenne, arrc ^ palTant par la Martiniq^ue, bfcrva fur cette alïiette i & ce u’il reprefcnta inutilement , a eux qui en .avoient refolu la onftrui^ion , qui a efté pouifêe afques à fon achèvement , ôg tousjours produit l’effet d« ionner une bonne prifon , M E nom d un Fort a la Marif* lique, 1 ,’on ne ff auroit traitter de iagatcUcîT le mouvement arrive n cette lilc au quartier de la üapeft erre , en Juillet 16 66 . Car |Uoy que ç’ait efté l’effet du ha- ard, & que ceux qui ont fîene- ré la Gonnoiffance de l’affaire. jifqucs où elle pouuoit aller, lyent parfaitement connu que B art. L B %6 Kddtion de ce qui s* eji la chaleur de quatre yv rognes 9 efté la feule caufe de cette émotion , fans qu’il y ait eu do confcil d’afTemblée ny de deli- beration , qui y ait donné lieu; Ncantmoins lachofe a eftéaffez çonüderahle , pour avoir mis en compromis la tranquillité & le repos de toute l’Ifle : Elle arri- va en cette forte -, Quatre jeu- | nés hommes beuvans au lieu ^ du Marigot , au quartier de la i Çapefterre , un cinquième fur- yint,& dit aux autres qu’il avoit ; QÜy dire que l’on devoir pren- | dre les arnics , pour chafTer la j Compagnie de l’Ide , & faire ; embarquer le Gouverneur; que : le quartier de la baife Pointe Sc le Prefcheur eftoient déjà fous les armes , & qu’il faloit mar- dans les Ijles de l' Amérique, zy ler pour aller de ce cofte-la. quoyles quatre premiers s’ac- jrderent ; & chacun ayant pris m fufil , ils fc mirent en che- lin , vers ce quartier , & faifant : mefme compliment à tous mx qu’ils rcncontroient , trou- èrent en eux la mefme facilite u’ils avoient eue ; de forte que L plotte groffiflant , ils arrive- nt plus d’une vingtaine au uartier de la baife Pointe , où s apportèrent le trouble & l’é- aotion , avec la penfée de fui- re une entreprile , qui paroif- oit commencée , quoy qu’elle l’eût point de fondement. Ain- i il ne fut pas difficile déporter es moins aifez de ce quartier à uivre l’exemple de ceux qui les :ft oient venus trouver, aulqucls B Î.8 MC cfc i (.ji ^ ils faifoient efperer qu’ils trou- vcroiciit des Chefs pour la con- duite dç leur entreprife , au quar- tier de Macouba ; ce fut irpuppej au nombre de prés de i cent nommes arme? fe rendit;^ i &où elle trouva deux dont Inn avpiç efté Sergent^ qui l’engagerenc de fe mettre a kurtcfte,ôç a leur commander, La facilité qu’avoient eu ces fôûlevc? à attirer dans leur par- îy tous ceux que l’onnepouvoit pas appellpr bons bfabitans dan^ les' quartiers pu |ls avoient palTc^ leur dpnna lieu d’cfperer qu’ils feroiçnt de mefme dans tou?; les autres quartiers de rifle: De forte qpe nqnobftant les re- monftrances & prefTantes in-j Jances du f erc la Forcée dMsUslJîesittMefi^ut. i? .erieur General desPetes ]aco- )ins es Iflesdel’ Amérique , üs e refolurentj au nombre de 150 lommés armez s de gagner 1e Prefcheur , pour engager les Ha- gitans de cc quartier a luivre leur exempiti . , . . Le fieür de Glodorc qui âvolt cu noùvèlle du coinmeiiccmfcnC de cette émotion , tn appréhen- da les fuittes , & pour les ptcviÿ-s ftir énüoyâ ordre aux Officiers,' des quartiers du Carber > Ga:Ê^ Pilotte j k Gaze deS NàVkes, de le venir joindre aVee oc qu*ils av oient de meilleurs j 3 c mieux intentionnez Hafe^tans fous les armés , & uyant feit af- femblcr ceux des Gômpaghl®s du Fort Saint Pierre, & dés en- virons , il fepara fes troüppes 50 Relation de cequi s'efl pa^é deux corps * & fe mettant à la tefte de lun avec fa Cavallerie,- prit le cKemiii ordinaire de Ia| Capefterrc, & fit mettre le fieur j de Mervillc Capitaine à la tefte j de l’autre , à qui il fit prendre! le chemin de la Montagne Pel-! lee j pour coupper aux feditieux j celuy du quartier du Prefeheur, ! GU il croyoit qu’ils pourroient . aller } En .forte que le fieur de Merville n’eût pas fait deux pe- tites lieues de chemin , que fur le haut de cette Montagne Pol- ice, il rencontra les feditieux, qui marchoient en armes pour venir aux Prefeheuxj & croyant que de fa vigueur & de fa prom- ptitude dépendoit le fucces de fon entreprife , fans donner lieu reconnoiftre, ôc dans les Jflesdtî Amérique. 31 le confulter ce qu’ils alloicnt intrcprendre , il leur dit les voi- ;y , il les faut charger dans la 'urprifc où ils font de noftre ren- :ontre , & nous en aurons bon tnarche. Puis avançant bruf”, cjuement à la teftc des liens j il commença à faire faire leur dé- charge , à laquelle les fediticux répondirent aflez mal '> & f^ns faire une plus gran4e rcfiftancc fe mirent en fuitte , ayants ci£ peu des leurs de tuez , & lailTant une vingtaine de prifonniers. Pendant que ces chofes fe pafToient fur la Montagne Pel-! lée , le fleur de Clodoré arrivoit dans les quartiers de la baife pointe , & du Macouba, & n y trouvoit que des marques d une o-randc confternation , & d’un "" B iiij 5 2, Relation de ce ^ui s' efi pajté grand cftonnemcnc. De force! qu’en peu d’heures il y remit les chofes dans le calme & la tran^ quillicej & en un fcul jour toute cette grande émotion fe trouva calmée , dont les luittes ne pa- roiflpienc pas peu dangercufeS| fur tout û on eût îaifle plus dé . loifir Ôc de temps à ceux qui i’a- yoleat commencée J de la pouf- fer jufcjues à fon période. Tandis que ces émotions agi- toient la Martinique , la Gua- dalouppe joüilToit d’un alfez grand calme, les efprits y eftoient moins inquiets, & la grande pro- fuiîon que Ton y avoit fait des marchandifesde la Compagnie, que I on avoit indifféremment preftées à tous ceux qui en a voiét j demande , fans beaucoup s’iq- i âdnt les Ijîtsdi n brmcï dê la fôlvabilit^ ûy iacultez dé cèui iüûjü©ls ôn lài "• Loit des Cf édits cotlfidérables, ivoit fermé la beuche à. tous ceux qui auroicnt pu. crier ; mais avoir aulïi côuftituc la Gompa- gnie en des pertes ^ qui luy ont produit dans les fuitteS un grand dégouft, pour le éommeteedes mes. La Compagnie d’un autre cofté ayant acquis > pat l entre-^ mife de Êi Mâjefté $ les lfl.es dc^ pendantes de la Religion de, MâlthCi c’eftà dire Saint Chri- ftophle, Sainte Croix^ Saint Ber- thelemy,&: Saint Martinde fleur de Chambré en avoir efte pren- dre poffclfion , au nom de k Compagnie quoy que le Commandeur de Salles , GoU- 54 KeUtion de ce qui s'efi vcrneur cîe ces Portes , pour fon ! Ordre eût fait une oppofition, j pour l’inter ert de la Religion, ' comme elle n’avoit erté cjue pour conferver , elle n’avoit pas cmpefche l’execution du con- tradfjLes peuples avoient un peu murmure , & l’interdiélion du commerce, avec les Flamands, avoir ertdaurti peu agréable aux Habitans de Saint Clirirtophle , qu’à ceux de la Martinique , ôc de li Guadalouppe. Ils avoient ; mefme adjourté à ce chagrin ; une autre caufe de meconten- î tement , du changement qu’ils j venoient de faire de domina- tion. C’ert que. comme l’on eftoit dans la crainte , de la guer- ; re, entre la France & l’Angle- ] terre , ils apprehendoient , cona^ j j dans les Ijles de t Jmenque. 3 j me fubjets de cette première Couronne, d’en relTentirlcs ef- fets : au lieu qu’ils fe perfua- doient , que reftants fubjets de la Religion de Malthe , ils au- roient joüy du calme & du re- pos , & auroient efté confidercz desAnglois comme desperfon- nes neutres. Parmy toutes ces penfees , & les agitations de ces Peuples , la prudeticc & la fa-^ geffe du Commai\è®Qr de Sal- les ag;iflbit avec tant ^dè^orce & d’efficace , que l’on ne pou- voit pas s’appcrcevoir que la conduite generale particulic- re receut aucune alteration des mauvaifes difpofitions des ef-, prits. Les ordres militaires ôc politiques , y eftoient exccutez fans contredit > & les peuple^ B vj 5 6 Relation de cê qui s' ejl pafié allarmcz cftoicnt auffi fournis à robeïfTancc , que s’ils euHem efte exempts de toute forte d’irî- ' quiétude. C eftoit donc la. l’cftat des | liles Françoifes , lors que la ■ guerre fut declare'e en France contre l’Angleterre. Maiscom- ■ me je fuis perfuadé qu’il ne fera ' pas hors de propos de dire un , anot de celuy de la Religion en ce Pays , avant que de pafler outre. i i.e Lc(îleur voudra bien que j je 1 informe que l’exercice de la ^ feule Religion Catholique , eft ! fouflert dans les Ides j ôc que " quoy qu’il y ait plufîcurs Ha- birans de la Religion Prétendue Reformée , & mefmc quelques luifs déclarez ca l’Idc de la dam les IJÏes de ïAmenfië. Martinique , il ne leur eft iieant- iTiôins- pas permis de faire aucun exercice public de leurs Reli- gions* i ri f Le SpiriÉuei eft adminiftre pour la plufpart par des Regu- hers , qui y vivent exemplaire- ment. Il y a neantmoins quel- ques Parroiftes,qui fontdelTer- vies par des Preftres Séculiers î les Pères lefuiftcs , ôc les laco,- bins Reformez ont deux grandi eftabliftements à la Martinique, Les premiers y ont d ordinaire quatre Preftres", & les derniers deux i les autres ParroifTes de cette Ifle font deifervies par des Preftres Séculiers ? Les mcfmes lefuiftes & lacobins , ont eba-; Gun un eftabliftement confide- rable à la Guadalouppc j aûifi 5 S Relation de ce qui s' ejl jtaj^é 1 <]ue les Carmes Mitdgez , Sc | chacun d'eux defîcrt fon Egîife j ParroifTiale : Il y a outre cela ; deux ou trois ParroiiTes defler- ! vies par des Séculiers. Lès mel^ j mes lefuiftes, lacobins & Car- mes J adminiftrent le Spirituel de nfle de Saint Chriftophle, avec un Preftre Séculier qui y •defTertune Cure fondée. Celuy 4e riile de Sainte Croix eft en- tre les mains des Peres lacobins : Celuy de MarieGâllande en cel- les des Peres Carmes , & celuy de la Grenade eft gouverné par deux Peres Capucins. Qgoy que l'on ait voulu dire du libertinage des Habitansdes nies , & du peu d'attachement qu'ils ont aux exercices de la Religion, je ne puis encrer dans dam les Ijles de l' J merique. 3 p ce fentiment j & le rapport de tant d’honneftes gens , qui font revenus depuis peu de ces pays J s'accorde fl mal avec cet- te opinion , que je ne croiray pas faillir , quand je me; range- ray dans le fentiment des der- niers, & traitteray de caiomnic ce qui a efté cy-devant écrit a cét égard contre ces pauvres in- fulairc> ; & lors que je diray ^que les exercices de piete,y font plus ordinaires, & plus frequents qu’en aucune Ville de France j Que les Ecclefvaftiques y font reverez & rcfpeélez , & que chacun s’empreffe à y donner journellement des marques de la foûmiffion qu’il a aux or- dres de l’Eglifc. le fçay bien que roncft'rcdevabie en partie. 40 Relation de cè qui sefl de cés bonnes difpofidons , aux foins , aux veilles , & au zcle de ceux qui y adminiftrent ie Spi- rituel ; Mais ce leur eft à mon fens , une grande confolation, de Voir chaque jour des fruits de leurs travaux , entre Icfquels on ne peut affez louer ceux que les Pcres Icfuiftes employcnt pour rinftru<5fcion des Negrês Efclavesi puis qu ils ont f, avec toute l’at- tention poffible pour les necef- fitcz corporelles ; Et comme ils ne manquent pas de trouver dans le logis du Maiftre qui les a acheptez , d’autres Efclaves de leur pays, & de leur langue, c’eft à eux d’ordinaire a qui le foin de ces pauvres gens eft com- 44 ^dation de ce qUi s efi pafsé mis J & c’eft d eux que les Peres lefuiftes y attentifs à la conver- iion d«s âmes ^ fe fervent pout jetter les principes dü Ghriftià- iiifmc j dans les éfprits de ces üoUveaux venus ; ce qu’ils font avec fuccés ^ mais non pas fans de grandes peines , àt de grands foins s qu’ils employent avec tant de zele , pour ce pieux ou- vrage > qu’une partie de leurs PereS ÿ perdent ordinairement ia j&nté. Ces padvrés gens iîiftruits fou vent par le moyen des In- terprètes , font baptifez avec fo- ie mnite > peu apres leur Mai- ftre a foin de leur procurer un mariage qui leur foit agréable ^ a quoy 1 on laiiTe librement agir la volonté mutuelle des parties* d4ns les Jps de V Amérique. 41 En forte que c cft une loy efta- blie dans les îfles, que lors que rEfclave d un Maiftrç , veut fe niarier avec 4 NegrefTc duia autre , & que cette Ncgreffe le veut pareillement époufsr, l’on oblige l’un de^deu^ à fe déduire , au profit 4e I autre ^ de fqn Efclave, par éebange|Ventc ou autrement j en forte qu il® puiffent eftre joints par le Sa?» erementj & demeurer 4 ??^^ mefme maifon* Ce fc>in de les marier , ^ de les eftablir en corps dp famille, 4e leur donner de petits cantons de terre à cultiver ? pour y faire: des lardins , les attacbe à leur- Maiftre^ pim fait tirer de leur travail ordinaire farces perite^ ehofes utiles aux > ^ % 4-6 Relation de ce qui s'efl pafse qui fervent aux Negres pour leur augmenter les commodice2s de la vie, & du veftcment. Ainfi f on voit chez les Mai- ftres de Sucreries , des familles entières efclaves jufques à deux générations , ayants une fort grande amitié les uns pour les autres, & confervant les mefmes fentimens que famour paternel infpire parmy nous , & vivant aulïi fatisfaits dans leur condi- tion , que font nos Payfans de France : les Maiftres de leur part ont grand foin de ne point feparer ces familles, & delailTer aux peres &c mcres la joye de l’éducation de leurs enfans. Les Peres lefuiftes ne fc con^ tentent pas d’employer leurs foins à la converfîon des nou-! dum les. Hjles. de C Amérique, 47^ v-eaux venus , ils fe eranfportenc journellement dans les jardins ou travaillent les Nègres , ôe pendant demie heure de temps de relâche de leur travail , qu’ils leurs procurent , leur font des Catechifmcs & inft méfions par- ticulières , s’informent de leurs befoins, &font les interçefTcurs auprès de leur Maiftrc , pour en obtenir ce qui leur eft plus ne- ceffaire. Ils ont le foin chaque jour de Fcftc & Dimanche de les aller afTembler dans les Pla- ces publiques où ils tiennent leurs petits Marchez , pour les faire aflifter à une tv^efle quils leur difent exprès ; ils les obli- gent de plus à venir à un Ga- techifme , qui fe fait toutes les aprefdinee de ces jqurs, & n’ob-* 48 Reiatm àe ce qui s* e fi pafsé mettent rien de tout ce qui les peut confirmer dans la créance & exerci.ee d’utiie Religion, qu ils tâchent, de leur rendre aufïi agréable qu elle lc\;r pc4t eftrp gvant^geufe, En ,peut pas dire la joye & la confolatioit que reçoivent ces Efclaves , de |è voir un peu proprement ha- billez les jours de Feftes & pimairchçs , alTiftçr à la mefme IviefTe que leur Maiftrc , eftr^ traittez avec égalité , & de mef- me maniéré, par le Preftre au- miel ils vont fe coufeiTer , n’cftre pas diftingue,z de luy à la Com- munion ,4^ voir ceux d’entre eux qui meurent, enterrez avec les mefmes ceremonies > d.ç voir enfin que la Religion ne fak ddns les Jjlesde î Amérique. 4<> aie aucune diftindion de leurs erfonnes avec ceux qui font: naiftres de leur liberté & per- □nnes, dont Içs Pères lefuittesfe antutillementfcrvis , & ont fait int d’imprelfions fur leurs ef- rits grolïîersj qu on ne peut pas smoigner plus de zcle, & plus l’attache ment pour les precep- es & ceremonies de l’Eglile, |uc font ces pauvres mal-neu- eux, qui s’eftiment bien plus onfidcrablcs parmy les Fran- ois, qu’ils ne font pas parmy :s Anglois & Hollandois; les remiers les admettant conjoin- :mcnt avec eux à leurs Com- lunions , & à toutes les cerc- lonies de l’Eglife, & les autres :s en excluans oppiniaftrement, our ne les pas elle ver jufqucg. Pm, L C ReUtion de ce qui s'efi ^ajlè à régalité avec eux, & les ceniï toujours ahbaifTez comme des bcftes bruttcs i mais c’eft alTez traitter de cçs chofes, il eft tethps d’entrçr dans la matière que nous nous fommes propofez. PECLJRJTION UE la Guerrç de la France avec l Angleterre , ^ les ordres donnez^ pour les IJles. CHAPITRE II L e Roy meut pas plûtofl pris la refolution de decla- fçr la guerre à l’Angleterre, en confequence du Traitte^ ga- rantie de fa Majefté avec Mèf- fîenrs les Eftats Generaux des Provinces Unies, que ]M[onfieu| dans les Jjles de l' Amérique, 51 Colbert, Minillre infatigable de :c grand Monarque, en fit don- ner advis aux Directeurs de la Compagnie des Indes O ccideri-. taies , ôçYans leur déclarer entiè- rement le faiCt, leur fit preflentir qu’ils pouvoient fe dilpofer à la deffenfe d’un pays qui pourroic bien cftrc attaque par les An- glois , où qu’ils de voient s’ efibr- çer d’obliger ceux de cette Na- tion qui habitoient les Antilles,' de vivre en neutralité enfemblcj nonobftant la giterre déclarée en Europe j car elle avoir efté ob-' fervée dans les dernières repré- failles que r Angleterre avoic données contre la France » du vi- vant du Protecteur Cromvel,' pendant lefquelles il ne s’eftoit fait aucunes prifes dans les An- Cii 51 Relation de ce ^ui s'ep pajîlé tiflçs, & Ton n’y avqit commis aucunes hoftilitc^. Cette Compagnie en ayant receu i’advis > écrivit aiifli-toft au Sieur de la Barre , Lieutenaqf Ceneral en la terre ferme de l’A- mcriquc , & Tun de fes princi- paux AiTociez, qui eftoit pqurioq feryice en Hollande, de fe ren- dre à Paris pour conférer avec îuy des moyens de pouvoir dé- fendre lesIÂes FrançoifeSidont elle luy dcftinojt le commande-r ment, fqus le bon plaifir du Roy; puis elle dcnaaiida Roy un lecours de troupes pour la con- fervatipn de ce pais ^ qui luy ac- corda quatre Cqmpàgnies de cent hommes chacune, qui fu- irent incorporez auR^gW^ned© î^pi|f'QU, * âam les î(les âe î Jineriquê'. ^ Toutes les nouvelles que Ion reeevoit du pais , portoient que les Anglois eftoient tout à fait difpofez à la neutralité , que le Gouverneur Anglois delamôi~ tié de rifle de Saint Chrifto- phle, avoit renouvelle les anciens Concordats entre les deux Na- tions , & promis , quelque rup- ture qu‘ily eutentre la France & l’Angleterre, qu ils ne feroicne point de guerre dans cette Ifle* fans s’eftre rcfpedHvementavcr** fis de la refolutiôn que chacun auroit prife , en confcqucncc de ce qui le feroit en Europe î L’on avoir mcfme appris par des avis de la Martinique , que le Milord Willougliby Anglois, avoit té- moigne une grande inclination d’entretenir une neutralité entre C iij les fujets desdeux Couronnés en r Amérique, Ôc fur tout dansle; Antilles. Ces nouvelles arrivant er France dans le moment de h Déclaration de la guerre ave( l’Angleterre en lanvier 1666 ralentirent en quelque façon h chaleur que la Compagnie de; Indes Occidentales avoir eut pour la delFenfe ôc le fecours de; Illes. Pluficurs des Directeur; croyant que rintention des An- glois eftoit conforme aux té- moignages qu’ils àvoient don- nez , ôc que de bonne foy ils fou- haittoient que chacune des dem Nations vefcut en paix en un paï; où la guerre caufe de bien plu; grandes ruines qu’en Europe Mais le Sieur de la Barre qu i dms les îfles de îJmerlque, 5 5 connoiiToit le naturel de ces peu- ples, & les inclinations du Mi- lord Vvilloughby leur General, avec lequel il avoir eu plufieurs affaires à déméler pendant fon fejour en rifle de Cayenne &; Terre- Ferme, foûtint toujours oppiniaftrement que les Anglois ne témoignoient cette grande inclination à la neutralité , que pour nous jetter dans une con-* fiance qui nous fit négliger les foins ôc les préparatifs neceflai-1 res pour noftre derfenfe, afin' d’en pouvoir profiter à noftre des-avantagei ne doutant pas que s’ils trouvoient une occa- îion confiderable d’êntrepren-’ dre contre nous , ils ne le filTent fans s’arrefter en aucune manié- ré àleurs Traittez, Concordats, C iiij 5 6 Relation de ce qui s'ejl ^afié cfcrits & paroles, dont la fof leur eft peu coiifiderablc, lors <^u elle eft balancée par leurin- tereft. Ces railons mûrement pè-- fees & examinées par les Dire- cteurs de la Compagnie des In- des Occidentaîes,les firent refou» dre de depefeber un Navire au:fe Illes, pour y porter les nouvel- les de la Déclaration de la guer- re avec! Angleterre} les Ordres <^ui en furent dotinez iie furent pas exécutez avec alfez de dili- gencei & le retardement du de» part de ce VailTeau, qui ne. mit a la voileque le quinzième Mars mil fix cens foixante- fix , la guerre ayant efté dcclarce dés le 14. Janvier de lamefme an-- nce , penfà caufer à la France la dans les îjles de tÀmen^tte. lerte de rille de Saint Chrifto- ihlc: car les Anglois ayant don- lé promptement avis aux leurs le la guerre déclarée par une le- rere Frégate qu’ils firent partir l’Angleterre j' auffi-toft que la louvelleyfül parvenue de cette ])eclarâtion.Le Milord V villou- ^hby ayant receu cét ad vis , per- iit toutes les penfccs de paix Ôc de icutralité , & faifant peu de con- Ideration fur les engagemens^, )û les Anglois eftolent entrez ivec les François à çct égard , ne ôngea qu’à profiter des advan- :ages qu’une guerre qu’il fou- baittoit depuis long-temps, luy pouvoir offrir, comme l’on verb ra dans la fuite. Tandis que l’on equipoit ce Navire à la Rochelle les Com* C Y 58 Relation de ce qui s' efi pdjje mifTions furent expédiées par ü Majefté, pour les quatre Com- pagnies de cent hommes cha- cune j dont nous avons parlé cy deflfus, & la Compagniefîtpar tir le Sieur de la Barre pour fi rendre à la Rochelle , & y af- fembler & faire mettre en cftai dix Vailfeaux, qu’elle deftinoii pour porter les fecours necelTafi rcs aux Ifles. Elle envoya fes O r- dres en même temps en Hollan - de, pour en faire partir au pre- mier beau- temps, les Navires, le Lys Couronné, & la Juftice, Je premier monté de 38. pièces de Canon, & le fécond de 3^. armés ôc équipez en guerre. Le Saint George qui dévoie fervird’Amiral & porter le Sieur de la Barre aux Ifles , fe trouva iansUs Ijle s de l' Amérique. 5 9 à fon arrivée à ia Rochelle fai- re tant d’eau qu il fut jugea pro- pos, & melme neceffaire d’y faire travailler avant que de le mener en mer , de forte que quelqu^e diligence que l’on y pût apporter, la Flotte ne peut cftreen eftatde mettreàlavoil- ie que le 16. de May quelle partit de la Radde de chef de Baye. Il ht un alTez beau-temps à la pointe du jour , mais fur le foir,eftant cinq ou fix lieues hors le pertuis d’Antioche , elle fut chargée d’un rude coup de vent de Sordôüent, qui l’obligea de rentrer la nuit, & s eftant trou- vé que le Saint George faifoit encore tant d’eau que les Mate- lots & équipages ne voulurent point s’expofer à le mener au^ Cyj 6 O T^eîation de ce qui sefl Ifles i le Sieur de la Barre fut contraint de faire décharger ce Navire & mettre dans le Florif- fant,(jui fe trouva heureufement preftala Rochelle, tout ce qu’il put contenir de munitions & de vituailles,&dcs’enfervir pour le porter aux Hîes enla place de ceiuy qu il eftoit forcé de quitter. nouvelles AEKIVEES en France du commencement des aBes d'hofidité aux JJles, tout en celle de S. Chrijlophle, CHAPITRE III. P Endant que l’on travailloit , acechangement,leNavi- rc 1 Oranger party de S. Chri- dans les îfles de t Amérique, ê t tophk le 11. Avril au Idir âr- iva à là Rochelk, âpportanÈ jlufieurs des femmës & énfanS les OfEciers de cette iflc du juartier de la bafTé- terre, avec louVclle cjuc' le tzr. Avril a la pointedujour,leS^ Comman- leur de Sales, qui en eftoit Gou- /erneur, devoir attaquer les An- ylois dans le quartier du Nort, 8 c qu en effet cftant fur les huit heures du matin de ce j our fous voile faifant route vers l’Ifle de S. Barthélémy, ceux deceNa^ vire avoient veu tout le quar- tier (qui s’appelle Cayonnepofo fedé par les Angfois) en feu, d’où ilss’eftoicnt perfuadezque nos gens s’en eft oient rendus les maiftres. Ce que l’on pût ap- prendre du fujet que les Fran- 6t H,elation de ce i^uh'efî pajlé. çois avoicnt eu d’attaquer lel Anglois dans leurs terres j fut rapporté en cette forte. Le 17. Avril un François qui eftoic à Nieuës depuis quelque femaines arriva à S. Chrifto- pWe , & fît fçavoir au Com- mandeur de Sales Gouverneur, qu il avoir eu toutes les peines du monde à fortir.de cette Ifle, €u l’on traittoit déjà les Fran- çois d cnnemisj&ou il ne fe par- loir que de préparatifs pour at- taquer la partie de S. Chrifto- phle poffedée par les François, que mefme il avoir fçeu que le Milord V villoughby Capitaine general, faifoit faire des levées pour cét effet à la Barbade,qui devoiétbien-tofteftre envoyées en cette Ille de Nieupsaveefon âdYis les Jjles àe l ÀnicriqUe. Neveu pour les cornmsfldcr dans cette entreprife- Ce meftne jour le Colonel Lauvreii Anglois apporta au Commandeur de Sales de la part du Colonel 'Vvaths rimprimé de la Déclaration de la guerre du Roy d'Angleterre contre la France , luy difant neantraoins que ce Gouverneur Anglois cftoit dant la refolution d’ol> fer ver les Concordats de neu- tralité cftablis entre les Natiops, jufques ace qu il eut des ordres pofitifs de les enfeindre dont il promettoit donner advis au Commandeur de Sales, & ne point commencer aucune hofti- litc, avant que d'avoir déclaré une guerre particulière qui ne devoir pas eftre introduite entre ^4 ^dation âe ce qui /efi papè iès deux Nations en conféquen- cc delà ^neralei Lé 19. Avril Ion vit palTcc dé nuit neuf Batques parties de Nicuëss chargées de Soldats, qui les vinrent décharger à la poin- te des Palmiftesdans le quartier des Anglois. Cét a vis fut donné au Commandeur de Sales , & fuiyy d un autre, qu’il eftoit ar- rivé le jour precedent 150. Boü- canniers Anglois avec le Colo- I 1 nel Morgan a leur telle, de ride I de S.Euftache,qu’ilsavoientdc- 5 puis fix mois prile lut les HoN îandois, & qu’il eftoit encore f venu quelques foldats de la Bar- f hade qui s eftoient joints avec ceux de S. Euftache au quar- tier de la grande Radde. I Le Sieur de Sales connut en lors la perte indubitable ,n ine,&qU’iln’y avoit d el- :tance de falut quejn pteve- ant tes entlemisi auffi fe rcla- it-ii d’abord à ce party^ “ D mm U niqua au Sieur de Saint ,aurcnt fcuicnicnt Et pour y ar venir avec plus de droit ^ e jufticcs il envoya fort Ayde Aajoravec unOfEcicrau GoU'- erneur Anglois , pour fçav_ok le luV a quel delTein il lailoit ette afTembléedctrôupeSjpüië }u’cllc eftoit contraire aux Côii*^ ordats eftablis entre les deux sîations : Il en obtint qu une >rufque réponfe, qu il lüy avoit envoyé déclarer la guerre, ôc que par une fur- abondance de droit il luy donnoit encore trois [ourspour fe préparer a recevoir fon attaque. 3 66 Relation de ce c^uUefl pdj^ Cette reponie ne détermina pas feulementle Cornmandetn de Sales a atta<^uer les ennemis^ mais i obligea à fe préfTer de lc taire, en forte qu’il pût les fur- prendre avant qu ils euifent donne leurs ordres^^ foit pour 1 attaque, foit pour la deifenfi- ve: dans cette refolutionil dé- pefeha un Exprès au Sieur dê Poincy, commandant le quar- tier de la pointe de Sable Si Capbfterrc , pour luy donner ad vis que la nuit du zi. au zi* il attaqueroit les ennemis parle quartier du Nord du cofté de' Cayonne, ôc qu il Bt la mefmej ebofe du cofté de la Capbft erre, S afin que les troupes FrançQilesj des deux quartiers fe peuflentj joindre. Il dépefeba mcfme ie^ dans les Ides de t Amérique, êj slâvire le Concorde pour port^ et avis J mais l’Exprés ne put )a{Ter,& le Navire ne pût arri-, ,cràtemps. ^ Ces ordres donnez, il crut de- wir par un fti'atagefme de guer- re, tromperies ennemis, & pour cét efFet pendant la journée du zi. il fit alTemblcr toutes les troupes du cjuartier de la BalTe- terre fur là hauteur de la riviè- re de la Pentecotte âu quartier du Sud , où il les fit mettre eiî, bataille en prefence des enne- mis, puis àl entrce de la nuit, ayant fait allumer plufieurs feux, &laifie en ce lieu environ cent hommes des moins vigoureux & propres au combat av ec quel- que nombre de Negres, & la plufpart de fes Tambours pour m SE F/T EN' France dprès U nouvelle receuê des afles d'hojlilité. chapitre IV. êt Relation de ce qttis'efl papé couvrir fon deiTein & àmufÊi én et lieu les ennemis^ il mar^ cha vers C4yonnc avec toutcj fes troupes 3 qui pouvoieiit fai - re le nombre de 6 )ô. foldats & 50. volontaires : ce fut dans ce temps que le VaiiTeau mit à la Voile pour France^ C Es ebofes que Ton apprit de cette entreprifevcrjlfic- ïcnc ce que le Sieur de la Bar- te avoit dit de Fefprit ôc de la ittaniere des Anglois, & obli- gea les Diredeurs particuliers 4uns les fjles de r Jmeri^He. 6 ^ s I n4cs Q cciden talcs de la Kor telle de dépcfçhç^ un cquricr I Cour pour en donner aviSjÔc : renouvçller Icnrs diligence^ )ur rneterê Tefcadre dçs V aif- aux que dey oit trionter le Sieur : 1^ Barre en eftat de partir, : qu- elle dt le huitième Juin à pointe du jour , au nombre e, dix VaiiTeaux , fçavoir le Flq- (ïànt de zé. pièces de Canon^. : S. Chriftophle de z^. furle- uel eftoit monté le Sieur de S, ,eon preinier Capitaine du Re- iment de Navarre, qui alloiç ervir aux Illes en qualité de darefchal d® batailh;, THironr [elle de 14. pièces de Canon r iatrc Fluttes, fçavoir le Mcr- ?ier de 14 . pièces, la Pucelled^ le Lyon d’Ordc h- 7 O Relation de ce qui s efl pajsé rothee-de huit, un Navire caré appelle le Cher-Amy de jo. une Galiote & une Barcjue de 50. tonneaux, fur tous lefquels il fut embarque 550. hommes çf^ fèdrifs, donteftoient eompofeej les quatre Compagnies de Pof (flou , commandées par le Sieuf Dorvilliers premier Capitaine^ & les heurs Daloup, de Rougç* mont, & de Marquefy, Le deuxieme jour du départ,' la Flutte le Mercier aborda à l’heure de midyd un alTcz beau frais, le Navire le S, Chrifto^ pille avec tant de violence qu’il s’en falut peu qu’elle ne le cqu- la bas, & le mettant hors d’e- Rat de continuer fa route obli? gea le Capitaine de relafcher a la Rocheilc pour fc faire ra-; dans les Ijîesde tJmerique. 71 immoder , ce qu’il fit apes, 'oir pris les ordres d.14 Sieur î la Barre. \KKIVWE E L 4 Flotte en l’Ifle de Madere^ ce qtii s'y pajpi, CHAPITRE V, L Equeî Gontinua fà route 8 é moüilla à la Rade de Puni* liai en Plfle de Madcre, ou la dette avoir ordre de toucher le 8. Juin: il aprit en ce lieu du Leur Biard Conful desPrançois ju’une efeadre de iVaifTeaux ^nglois compofée d’un grand Navire de guerre de 44. pièces le Canon, de quatre moyens de S.6. à io. de dix autres plus Relation de ce qui se fl pafle petifs baftimens jcarez en eftoii partie le {i;çiéme du mefrnc moi] pour faire route à la Barbade] apres avoir attendu en ce lieÿ pendant douze jours les Vaif^ feau^ François ('pûlcConimanJ dant Anglpis fçaypit qu ils de^ voient toucher. ) | Cela obligea le Siepr de la Barre de tenir confeil fur ce qui fe devoir faire pour la rputte,' veu que la faifpn eftoit deja| fort âvâcee.Les plus experimen- iüi tez firent confidercr que n’e-j fiant poflible de faire voile de^ Madère avant le îp. Juillet jVeiji les chpfes que Ton avoir à y char- j ger, la Flotte iie pourroit arri- ver aux Ifies que vers les pre- miers jours d’ A ouft , qui eftofi la j fâiCoii la plus dangereufe pour ' le§ ' dans les IJlesdel'Jmerique. 75 i houragans, & pendant la- lelle il n y a que dcstémerai- s ou des imprudens qui ofent iprocher les terres des Ifles rec leurs VaifTeaux, ou moüil- r à leurs Rades , puifque 1 ex- :riencc journalière a fait voir ue plus de 40. Navires qui s c- oient cxpofez à ce péril, fur- ris de cette forte de tempefte, avoient pery , fans qu’il s en ift jamais fiuvé que deux ou cois par des rencontres prefquc niraculcufes , qu aind la Flotte rrivant aux Ides , feroit obli- rée de fe mettre dans le cul de ac de la Martinique , jicu fort nal fain, &; où la plufpart des équipages periifent de maladie, ans apporter aucun advantage mx Ifles, pour le fecours del- Part. L D 74 ReUtion de ce qui s'efl quelles elle eftoit expédiée. Qu’il paroiffoit important que foii arrivée apportait quelque efclai avec foy , ôc qu’elle fe fit voit dam les lieux qui avoient plus de befoindç Ion fecours, corn-! me rilîedé S. Chriftopiile,afin de relever le courage des Fran- çois , & agir contre les Enne- mis , ce que l’on n’eut oie ha- sarder dans le mois d’ A ouït , ny melme avant que le S. Ghrifto- phlç, où il y avoit plus de lao, fpldats emoarquez, le Lys & la Juftice, qui dévoient venii d’Hollande, l’culTent jointe. Qu’il eftoit abfolument neceftai rc de pourvoir à la feurete du polie de Cayenne, qu’en y tou- chant le voyage ne feroit plus long que de trois femaines 3 (Uns les Ijles âet Jmenque. 75 juifque pafTé les Canaries les sîavires les meilleurs de voile )ouvoient prendre le devant, & irriveroicnt apparemment huit ours avant les Fluftes , qui rftoient fort pefantes & mau- raifes voillieresence lieu de Ca- yenne. Qie le heur de la Barre profitant de cette avance pour- :oit y donner les ordres neceF- aires , en forte que la Flotte ne èroit obligée d’y faire de fej our, qjaepour y décharger les Mar- chandifes quelle avoit pourcéç mdroit > & y faire de i’eau, apres ^üoy elle pourroit mettre à la ^oile pour leslfles, & y arriver 7ers le huitième Septembre, avant que lès Anglois eulTcnc ofé fc mettre a la mer , n’y ayant point d’apparence qu’ils entre- 7 6 Relamn de ce qui s’^efl pafse prilTent de les faire dans la fai- fon des houragans} que là f joignant aux trois Navires cy- defTuSj & eftant renforcez de; troupes oui eftoientfur k Saim Chriftopnle , Ton poufroit met- tre a la voile vers les premien jours d Octobre , avec des for- ces fuffifantes pour faire çeftc aux Ennemis J ôç mefme pour les attaquer, qui feroit une clio- fc capable de les cftonner & de donner beaucoup de courage aux François des Ides, Ces raifons exammks dans le confeilfjrent changcrau fieur de la Barre la refolution qui avoir cfte prife à la Rochelle avec le deur Colbert du Terron, Intendant general de la Mari- nç, d aller de droite route au^ éâns les Ijles del 77 fles , & l’engagèrent à fuivre les remiers ordres , c]ui eftoient de oucher à Cayenne. : E J S E F ÎT E N Cour d l’occiU^on du Courier en'voyé de Ut Rochelle, CHAPITRE VI. P Endant qüe ces chofes fc palToient à Madere, la Couc à l’arrivée du Courrier , qui por-, toitla nouvelle du combat com- mencé dansl Iflc de S. Chrifto-^ phle, avoit pris refolution de fai- te pader àuit Compagnies de vieilles trouppes pour le fc- eburs des 111 es , & qu’ elles y fc- roient portées par deux des V aif- feaux de fa Majefté , armez en guerre, une Flutte & une peti- y B Relation de ce qui s'efl pap te Patache, & pour leur con duite le fieur defaintLeon , qu avoit relafciié dans le S/Chri- ftophle, fut retenu àla Rochel- le, & ce Navire expedie poui les Illes aulfi-toft apres fon ra- doub, avec les troupes de Poi- tou, qui s y eftoient embâr* quees la première fois. limita la voille le i8. Juin, & les Na- vires du Roy, le S. Sebaftien, commandé par le fieur de Pad- jeu de Z 4 pièces de Canon, & 1 Aigle d or de z8. commande par le heur dm Maine. LaFlut- tc lEglife, la petite Patache, 1 Aurore, & un Navire à fret de xent tonneaux, lezy. Juillet le heur defaint Leon eftantem- barquedelTusavecquatrcCom- pagnics de Navarre comman- âanshslflesdeïJmerique. 7^ ;es par luy , les lieurs de la loue, Sanlon, & Beaumont, ' quatre de Normandie, coni- landées par les Sieurs de la .oilTiere, l’Efcoitois, des Pon- lines , & la Giraudierej ces mit Compagnies fortes de 400» bldâts d’élite cômçlettes , de ort braves Officiers fubalternes. CH0 5£S d U Flotpe dans fa route , g/, ce ^ui Je pajjd aux Ijles» C H FIT RE VIL T Andis que ces VaifTcaux eftoient à la voille,la Flot- te du fleur de la Barre faifoit fa route de Madere aux^ Ifles du Cap V crt pour aller à Cayen- ne , pendant laquelle apres avoir D inj 8 O Relation de ce re- marque) luy avoir donne i al- arme, & 1 a Voit obligé de pren- dre la refolution de prévenir les Anglois ; nous lavons laifte mai chant aux Ennemis à la teft e de 700. hommes & prefqueen eftat de donner; mais avant que de faire la defeription de fon .mlesIpsdetJmeriff.Sl mhat il neceflTaire d en iVforcbriefvedeVIfled. Chnftophle, &deladifpoü- )Q des quartiers François & C«tellle forme un prefau^ luale, fivous. enoftw les la i es.quiueft qu'une langue ÿ ■rre^d'une portée de Canon de itge au plus, & 5“ ,J lieue & demy de long vers ’Ifle de Nicues > le prelq Dualeeft occupé dans le miUeu k fa longueur par une chaîne Je Montagnes hautes, 8c dallez difficile accez , & qm occup peu de terrin en leur largeur :• depuis le bord de la mer, )ufques endroit od ces montagnes commencent à eftre tnacce i blés aux charrois , les terres s e- SS Relation de ce qui s'efi papè Icvcnt en. montâne doucement environ par i’efpace de troil quarts de lieuès au plus profond^ & de demie lieue aupluseftroit. Ce terrin eft entrecoupé parplu- iieurs Ravines que forment les eauës qui tombent des monta- gnes, & cft tout occupé des ha- bitations de ceux qui font efta- bhs dans cette Ifle. Les François polTedent les deux pointes du, prefque Ouale, ôc les Anglois ■ le milieu; le quartier des Fran- çois du codé du Sufdeft, s’ap- pelle la BalTe-terre, ou eft leur principale Radej & celuy du ■ cofté du Nort Nordoüeft la ' Cabfterree, On ne peutfe com- ' muniquer de ces deux quartiers ' la ns palTer fur un de ceux des ^ Anglois, qui fe trouvant dans ' danshlJïesderJmerijMe. 89 mcrme incommodité a cauié es montagnes qui coupent les :urs, ontïait un chemin dè omnumication au elles , mais qui n eft acceilible Il aux gens de pied leulemet,ôê ic Ce peut faire a cheval quavee »eril&des difficulté^ extrêmes. Le principal quartier des A 11- tlois,qui fe nomme la grande ^ade , & regarde l’Oueft fud Oueft , eftant la demeure de leur Gouverneur , & le feul ou ils ayent moüillâge , fut aulli ce- luy de l affiemblêe de leurs trou- pes auxiliaires ; &c comme leurs principales forces fe trouvèrent en ce lieu, le Commandeur de Sales, qui fe vit dans une nccef- ficê indifpenfâble de forcer un de leurs quartiers, pour joindre Relation de ce qui s' efl pam toutes les forces des Françoifes en un corps, choisie avec beau] coup de prudence, d’attaquel celuy qui parce qu*il eft expofi aux Nordeft , eft appell^ l| quartier du Nord des AngloisJ MB JT D ONNE à Saint Qhnftophle contre les ^nglois , Conquep que les Prançois firent de leur proye. GHAPITRE viiî. Ous lavons laiiTc à Ca- ^yenne, oû il divifa fes troupes en deux attaques i il prit a gauche avec les Compagnies des heurs de la Ganque&deJa Montagne, & les volontaires, ,nna la droite au Chevalier de int Laurentavec quatteautre uillonEufeigue.futmisala ftc de 50. hommes ùtçnoiient; renverfez j bligea le ChevaUcV de^ faine .aurentdç mettre pied ^err§ : fc jetter a la çefte des liens, [U il anima fi bien de 1 exemple ')C de la voix, cju ils le fuivirenç igoureufement aux Ennenus mi pUcrent , & voyant les trou- ves de noftre gauche prendre ia hauteur, prirent la fiiitepciur fe joindre a ceux d^ qui fe rçtirpiçnt apres avoir efte pouffez par noftre aifle gauchCs i§c (jui tafehoient de fç jpiudre 94 Relation de ce ^ui s’ejipafsé , à une Compagnie des leurs qui n’avoic point çombatu , & eftoit reftée proche d'un Temple plus haut dans les terres de mille oé uoo. pas que nos attaques > ôi comme cette Compagnies ad- yançoit à eux , elle rencontra les RR, PP. Valtier, la Borde ôç Poinfet lefuitesjles Girous & Î4arçin Preftres Séculiers, Ôc le Pere Philippes Hermite, fans, autres arnies que des Crucifix à la main , qui fuivoient les trou- pes , 6ç par un chemin plus court tout à fait fur la gauche , eher- choient à les joindre fur la hau-» teur. Son plus grand exploit fe terrnina à fait? une décharge fur ces bons ^cclefiaftiques , de la- quelle le P. de la Borde & 1§ iieur Girou furent tuez^ dans îes îfles de t Jmeriqm. §5 Nos deuxaifles cependant fe ignicent , & voyant les En.- ;mis fc ralier avec cette Com ^ ignie qui n’avoit point com- ttu J marchèrent à eux* ôc les largçrcnt avec ordre & vh ueurJls témoignèrent d’abord e la fermeté , & firent une fort elle décharge, mais les noftres ïspouflant l epée a la main ,il§ b renverferent ô£ prhcntentic- ement lafuitte vers la monta- mc, de forte que la campagne ?efta libre aux Negres, quisy répandirent & mirent le feu dans toutes les cannes, maifons ôf fucrericsdes Anglois. ^ Les troupes apres cela mat*? cherent fans trouver aucun ohx ftacle dans le quartier des An- glo», §c paÇctent la profond? 96 Hsldtion de ce qui s ejlq>djs é i ravine de Nicleton fansopporf tion. Comme elles furent au haut dp cette ravine , dans iJ plaine qui eft entre elle & les cinq Combles, elles firent halte pour reprendre haleine, ayan? loufiert beaucoup de la chaleur & de là fiimee, le remettant en marche le long d’un cheminj borde dun col^é d’un grand fofiTe revefiu de raquettes, & de l’autre de brouflaillcs & cannes fort épailTes , qui conduit à la placed armes devant le Temple' des cinq Combles î Quelques Cavaliers marchant devant tombèrent dans une embufeade de Moufquetaires, que les En-; nemis avoient pofte? dans les fpficz & dans }es brouflaillcs #!’: qui font à l'entrée de cette place. ! , Le' Umkslfles deïJmerî^ue, Z Commandeur de Sales <^ui 5 fuivoic les voyant cnvelopez tourna, appeUant fa Cavalç- 2 à luy, &quoy qu’il ne fut ivy que dcsTieurs du Mouehét : de Contamine Commis ge- cralde la Compagnie , il poufla piftolct a la main, aux Enne- lis, qui fe retirèrent dans la pla- * d’arme, & turent en meime :mps foûtenus du feu des deux lompagnies Angloifes qui a a-» oient point combattu, & qui doient poftfiçs au dedans & au 3ur du Temple des cinq Com- iles. Le Commandeur de^ Sales Gceut dans cette déchargé un 0up de moufqueta latefte, qui iiit fin à une des pins belles & rertueufes vies que I hiftoire vous puilTe reprefenter, & les S^^ part'. /. £ 'S> 8 KeUtion de ce qui s'eft pa/?é du Mouchet & de ConcamiiK furent dangereufement bief fez. . Cette mort inopinée mit d( 3 cfïtoy dans nos troupes , ei forte qu’elles demeurèrent com- me immobiles, à ce fpedacloj ëc n’euffent pas marché ck avant, h le Chevalier de Saint Laurent, averty de ce malheur, ne fut accouru à leur telle , ou mectantpied à terre, & Tépée à la main ( ayant auparavant fait ranger dans les halliers & cou- vrir d'un manteau le corps du feu fieur de Sales) n’eût com- mande de le fuivre, & déchar- ger les Ennemis; ce qu’il fît avec tant de vigueur & de cou- rage, fécondé du heur de I 4 parique ôc des fjeüs, qu’il rert-? dans les Jjles de l' Amérique. 9 9 :rfâles ennemis , & les pourfui- t toujours tuant, jufqucs au md de là profonde ravine au dà des cinq Combles, ayant I ce deplailir de voir le tieur £ la Garique.dangereufement lc(Té auprès deluy -, Apresquoy : chemin eftant libre pour la mdion de nos troupes à celles e la Cabfterre , on marcha droit ce lieu. En y arrivant le Chevalier le Saint Laurent apprit que les leurs du Sannoys & du Poyèt :apitaines , commandant les roupes de la Capftetre & Ancc !^ouvet , efkant poftez fur la aviné quf feparc les frontières, Lvoient efté attaquez par le Co- onel Remes Angîois & fes gens, 5c les avoient fi vigoureufepicnt Eij 10 0 ReUtton de ce quji s^efipafsê répoufTez , qu’ils avoient efte obligez de fe retirer vers les naontagnes , apres avoir laifTe près de 8 o. dés leurs fur la pla- ce; Le fleur du Pdyet y ayant efté fort bleffé , le lieur Roger Commis de la Compagnie tue, gvee deux babitans j & quel- qu’un? de blefFéz, Les fuyards tant du quarqer du Nort que de cçt endroit, gagnèrent tou^ un pa 0 gQ au travers des mon- tagnes, qui communique avec îe quartier des Anglois de la gtande Radde, par lequelils fe tendirent proche leur Gouver- neur, qui fut fort furpris d’ap- prendre leprqgrezdes François aulTi-toft que leur attaque ; ce qui le fît refoudre de fongeç pfomptement à Yangçrlesfîens ddfjs Us îjlis àc l lût C prendre le party que vous vei> ez cy-apres. / v t Nos troupes eftant arrivées a lâ :abfterre, & ayant joint celles le ce quartier, le Chevalier de S* !^aurcnt trouva qu’il èftoit d une leceffité abfôluë de les râire nanger & repofer^ eftaiit rati- juees des veilles , de la loiiguô narché^ delà chaleur & des combats , à uii point qu a peiné es plus vigoüréùx fcpôUVoicftt' roûcènirj auffi avoient-cUes fait dus de crois lieues de marché a nuitée prèfquê autant le jour, toujours cbfti battant , éc qUt rôbligéa de donner ordte àU't chbfés nèfccdairèS poüt fü.bvètiif it leur befoirt , tandis qu il cdrti- ïnandoit le fieur de Saniïôls avec les troupes de la Cabftétté loi R dation de ce qui s' efi pajê pour aller joindre le {leur de Poincy à la pointe de Sable Lequel fleur de Sannois peu apres s eftre mis en marche re- ceut avis par un Cavalier, qui luy eftoit depefché de cét en- droit, qu il s y eftoit rendu un. très - grand , long Sc périlleux ^ combat , ouïes Frarnçois avoicnt cfté favorifez de la vidoire corn- . me aux autres, du commence- . ment duquel il avoir déjà en quelque avis, fans en fçavoir le ; fuccez. I ^ Le Gouverneur des Anglois : ïi eut pas plûtoft appris birru- ption des François dans leur i quartier du Nord , qu’il envoya , ordrç aux troupes des deux i Frontiercsdcla pointe des Pal- miftes, de de celle de Sable, de àdmleslflesàetAmenfiè'. loi. ; tenir en cftat d’attaquer les rançois , j^oignant un ordre articulier à 8 O O. hommes choi- is eftant à cette pointe des Pal- niftes , de ne point branfler de :ur pofte , s’il ne leur comman- loit en perfonne , ou qu ils ne rident un contre-figne , dont il :ftoit convenu avec eux. Ces ordres donnez , il com^ manda à tout ce qu’il pût raf- fembler de troupes de le mettre en eftat de marcher. Et com- me il ettoic en conférence pout cét effet avec le Colonel Mor- gan, Gouverneur de S. EuftaH chc , commandant les Boucan- niers, on les vint advertir que les leurs eft oient aux mains avec les Prançois à la pointe de Sa- ble. Le Gouverneur Watseftoit E iiij f Ô 4 Kdation de ce qui s'efl papé d’opinion d’alier avec une par- ; tic de leurs forces , attaquer lai Bade-terre des François par lei quartier de la rivière de Pente-^ } cofte, tandis qu’avec des forces confidcrables on s’oppoferoic à i eux du cofté de la pointe de Sa- ble, prétendant tirer cét avan- 3 fs rendant maiftre des femmes, enfans, efclaves, & de la meilleure partie des biens des François, iîleuroftc- roit le courage pourfedefFendre contre toutes fés forces, qu’il re- joindroit enfemblc apres s’en cft re emparez ; mais la pro mpti- tude & violence du fieur Mor- gan ne luy permit pas d’execu- ter un conleil aulli prudent qu’il eut efté pernicieux pour les François; car ayant aceufé Vvats âdm y ifles dè î Jn^t(fUè. c trahifon , & luy difaiit autres ^’ailTeaux J travaillioït eonjoip^ jCdmepti^ 'avec;/ ie;^^èvaii©rT?de Saint tfâurens J à faire exceuter ie traitté qui avotf efté fak à/la poifite de Sakie avec les kn^. Ces gensj4upres de qui la fof ÿ des traktez peft pas en fekçl gfânde confiderationy fiitcnfl dgallement furpris de l’huma-i niié des François , & de l’exa* | ^kude avec laquelle ils^le por^fîi] toient à 1 execuciou de ce traittéj? ’ ü cpmaie nou5 j uge-ops or- dans kl Ijïesâe î Jmeri^ue. rtt iinairemenc des intentions & les adtions futures d’autruy , fui- ^ant nos propres fentimens & iôs propres inclinations , ils ne eurent le figurer que ce qui ne eur aüroit pas cfte une ioy ab- bluë , le fut aux François , &nc îUtciit cftrc perfuadez qu’ils fuf« ènt au(Ti Religieux à l’avenir , L l’execution de ce qui avoitefte promis , qu’ils le parroiiToient lans lescommancernents , puis jue s’ils s’eftoient trouvez en cürs places , leur inter eft auroit îftë leur unique loy i & l’obfcr* nation du traitté n auroit pu les empêcher de fc porter à tout ce |ui leur eu fl: paru de plus utile, :juoy qu’il fut contraire à leurs jromefles. Ces penfées les por- :ercac à tenter toute forte de B, Rektim de ce ^üis'efi ^40. voy^s ^ pour fortir d’avcc les François , ks engagèrent 4 vendre leurs |iabi tarions avec beaucoup dkmpreflement,& à trunl^rtcr leurs effets Icî^ plus cofidcrablc dans les autres Iflcs la domination Angloife^ ^L’on , obferva autant- ^u il fût poffible de ne permettçe à peu de gens de c€*te N^r sion f capables dè porter les ar^ mes > d aller dans les liles voit* fines, comme Nieuë^, Montr ferra & Antique. La meilkur e partie fut envoyée à la Jamaï- que , à k Virginie êù Floride ^ h k Vermude & uux Afforcs. Quelques uns retournereat en Angleterre , & peu teiferent foubs k prpmeffe de prefter dans le temps le ferment de fi- delité. 4ans les ifles de t * Le foiiî cjue Ton eût de fe de- ivTcr des -cnticmis quieftoient larts le dcdaifô , ii’empéfcb'a pas eC*ilC^?aliêr de -S. LaEtrent , Sc e'fîettr d« Gfiattïbray v de fern^ yèr% fe contre les :aqaes qü’ils poürroiêflc rece- voir de ceux du dehors , ik icri- v%enc pour cér effet aux fictifs du LîdM &^de Ciodotiv Gou> «^ernetirs des Mes de ta Ghadc*- loupe^^Sç Marckiiquc, êc leur El^^efentâîeîir que f lile de S. (|)lâ'^OpbWeftanïiebut^& lob- jet du ï| poîtôient toutes les [j^fées dik Âttglois, tant parla hOîttè êg^'CohMoft qu^ilVve- pfeieàt ^^frcce^oir de iéîir dd^ fâîte^ que' par ’refpcfâftce qü^iîs avoîcnf d’en ^faire’ plus" fact- toent k cmqueffej^quc d^ië-. Watkmdeeeqti^efipafiê êunc des » âiatres Ifles Eran^oî^ ics , parce' cartHaîirc>ïeii| Mieux U force & vieînoàibr4 des Habitans , & quils fpou!^ Voienc profiter des * a vantagée ^jiiedëüf fournifibient ceuxldes lëurs ^u! y a\?c«eni dcoicarb diif f ant longues années ^ à qui les defeentes , leterrain , & les rour- te^ n eftoienr pas iiîcoitau^i il - y avoit bien de iap^arcneiequës ce feroic celle cantr c laqucllcds * porceroienc leurs ' prçnîiers > ef- forts, ce qui les e^gageoit de les prier de les vouloir fecourir d un nombre d’hommes chat**- fis de leurs gouvernemens , quji puflenc demeurer dans l’Ilîe de S, Chriftophle, comme en lieu de garnifon, ôc k dclFcndre contre les forces des ennemisi « ^ dii»i hf ^ f qu’sUiPi f«t Iiiaqéee , ks [Taraîit ^vie, la, fv^fiftaoce fon ait fournie, taiK tat u’aux foHats , en fotte -^u’ik Q fccoienc fatisfaitSA') iiv3io / ai^Leurs denaairt^^ST ne parurent îoinr cxcraorel maires à ces ^erneurs, quicrurcnt faeilcmcnt juc la premiere-i tentative uneniis , devant apparemment i faire Êontre Tlflc de S> Ckri- fopkle* ils n a voient i^srlkùt ic craindre id’cn eftreùcraqueir iansokurs Ifles , qu apres ies: cnnemik fe fcroicnt empare^ dç> celle iài dontsk perte kttr parut d’ime fl grande eonfeV, quenco pour le fcrviçe du fintereft de la Go mpagnie) k* Goiîfcrvation de& poftes, ou ils commandoient, qu’ils n’iiefi- " ^ F iij j-s 6 I^eldtien de ce ^ui /efi pajie tcrenc point à détachsi ehacutt 150. bons homiîîes J comman-î dcz par nombre fniÉian.c d’Ol# ficiers, qu’ils envoycrÊntinjteft famment pour demeurer dauf 1 Ille de S* ChriftopJilc j 4e y foire 4 es fon(£i:ions jmiliEaires c^mrae auroiiLpur fakeuns ^ Ce recoursreceu, Ion j«f€â a propos ( napprenam poênE queiès ennemis euifonc de forts ^Mafires en la mer), d’envoyer eroife le Capitaine* Bourder^ kommandant U Frégate dej$, cSebâûien , bonne voilierc / & rnontee de 14. pièces deCanoti. ^fo prcmicrecourfcilrencontm -fousJ’Iilc de la Dominique un Nâvirc Anglois monte de 14. pièces de Canon & de 90. hom* dans hs Iflss de t AweYi ceux qui U m ,ant oient k«nt mnc OTediocrô deftenlc, îc fe rendirent apres un léger xwnbacu .l^t^ni;.trouYâ dans xtte prifc. ics *spiironiucrs que les^Anglois aYoicnc pris dans la Bâtqne que^^i^ lîicutenant ge-, neril Henry àvoit prifc, entre ^ntiqüe la Guadeloupe , qui ^apportèrent que ce baftinicnc îtvôit efte eqüîpi^ eh gucr^Ç pêS tes ^nglois en Tlfle d Antique ^ur faire la cdurfe fur les Fran - fois , & qu’il portok le nommé Ovarnatd Meftis , e cft a dire, fils d’une Caraybc Indienne , & d’un Anglois , de qui le petc avok efté durant pluficurs an-i nées Gouverneur pour les An-' glois dans S. CliriftophU, au- V iiif 1 » * \ i \ ^ 8 Relation de ce qui défi pafié <]uclOvarnara le Milord Vvil ioughby avoir donné une Com- , million de Gouverneur de riiic de la Dominique, ocGupec: feu!- lemcntpar les Indiens Caraibes. Hîsrom DfmrNDiEN : ' Î TA ’• r! n ;) O ,;f -v'<î . ■ Qw^^fi y Aecopmc le la plus Cernée jeiii)cire.,dan5S la maifon de fpn pcre, pu il avoir elle alTcz bien éi cy é pQi- dant Ton veuvage; mai-s ce Gouverneur' O varnard s’^ant remarie; & fa'fecçndeTnme trai tant fort , mal çe fils naturel dé Ton mary a poulTe dç cliagrin iafiites Ijks ie 9 îè de^éépkf Fï^c lè SI €:àriftt>phlë-' 8? fé^î^tifa mcrc’ * -&£ Ipuna û vigouE^ufcrtifînÉ k :halTfi au plus éloip^Êju il l’o- >ligca d echoüsr a k coftc .d® SkVu&d» cofté de la Roton- t^avire & les mar- :|iau4ifesibïontpccduSjks|ionï- rnçSiS’eftantifauvGZ dans, leurs Chaloupes üiSê apres ^et Æxpkk ü fotpuHk ai^ec4a priCe à Sains Chriftophléi 5trK> t . • a ^ P fixn li-L2 — '- ' «' p-ROjET’^^t^’l^ SIÈVA Nunes.' ‘ ■'"'* 'lu.:- !. Ht-- i 5 ’ ' ’^' CHPitRE X. .1-' .ij in :i ■ P*-* D Ansjiçe icmps; le lieus de Clodoré Gouverneur de la Matîluicwe, ,vo;yani; quiliy î 5 4 Relation de ce qui s'ejt ftaj?é avoir nombre de Navires à la Rade de fon Ide, tant François que Fiamans , cous difpofez à faire conjointement la guerre aux Angloisi cnit qu’il fàloit profiter de l’eftônnement où iis cftoient > ^ fans attendre qü’iis euflent repris «©ut j atta- quer 1 Ille de NieuëS j donc il croyoit la prifcabfoliiment nc^ cclTaire à là confer varie) li de S. Cbriftophlcj il eftima que cela fe pouvoir faire avec ^ i g oo« hom mes tirez des trois l4es , & ofîrir ( dans la propofifion qu’il en envoya ^ire a la Guadeloa^? pc & a S Chriftoplile ) des em- barquer a la tefte de 700» hom- mes de la Martinique. r - O Cette propofition portée an (leur; du LioïipGouYcrneur dc cidnf tes îflep dcti^mm^uè. 13J I Guadeldupc j il s’en remît fan& approüver ny li contfedÎTCs ^ i reÉbîütion qnc.l’dn pteiïdrdtt {feC'^Êifiq’MftsîdicfcmfWés ide îtiadeidOps > aülH tcfolüs a biep liK qti® ’ceux'^'de i’â''Mactiriir y ■„ ' \ ' ■ ' ' ^ Le Ckêfâiiér de S. CaürenC ayant recetië a S. Chriftophlcj Si J 1^'ayant fc communiquée au jfeur de Chambray la crut de rop grande importance pouf ;ftre déterminée en quelque àçon que ce fot fans eftre dif- ’utée dans un confeil degue^e :ompofé des principaux O m-. tiers de cette lile.^ il l^ ^1“ à cét cflFçt , & » apres f j 6 Hidation de ce qm ^efl avoir propofé les avantages cpiiÿ produiroit à cette Ifle: ia prifo^ de ' IN’ienë &; j 4 F inco m mod itd qiieie en reccvroit quand elle rcfterok-^enire Iqs mains; des Àngléisi'eonclud qpiie àftoicnEde & avantagimic^m^^^^ lots qu’il fot qtîcftion di^difcu^ ter les moyens pour y parvenir^ il luy parut fl périlleux, de dé-^| tacher aucuns hefnimes de l’Ilîe; de S. CKriftophle pour une eni ' prile de ectte nature , qu’il ne peut donner les mains a l’execu-î tion , de ccqu’il croyoit utile & a vantageux , veu le grand nom- bre d Anglois cpii reftoit à eii ; évacuer;, & quipourroient dans le moindre mauvais fuccex re- prendre courage, & eftans: aii milieu des François , entrepren- idmles Jflis deî'JmmfJi. 157 re avçc facilité de rcconqu^ .tsau moins un quartier derflt c y qise leur épouvante & dear ftonnemcnt Icnr avoir autant ait perdre que hi valeur des ’ ranço js j.€ 63 qui îuy faroifToit jbftack ifivindbk outre qu d \e jugeOic .pas tïïefmc a proç>os pc l’o», baszardaft les prind^ 3âles forces desautres l lies pour aiae fentreprife^>!tlont ie fuccez pouvoir eifrs inÊ^rtain, & qu il sftimois plust.GQîivenable a 1 67 ftat ioù .cftoifinc les; adirés dans les Liles ,}deporter ptefencement toutes fes penféesà la conferuas-. tion de ce que Ton avôii déjà conquis^ fe refervant à entre-* prendre contre les Anglois lors que l’on aurokreceu-lcsfeeours qu’il y, avoic lieu d’attendre tj8 ReUtien de ce qui s’efiYaJd êc efpcrer de France-. .! Comme le fieür, de, S. Hati- rent s’éftoit aequis ün fort grand ctédit fur les efpras de^to»s des ©ifiders & de tous les Habd4 ^ns de 1 iile de S.’CÏitiftophle| fon fehriment fut foi\îy decii meilleure partie^ & kiefidm de Gc cOnfcil aboutit à dodlaret aux Gouverneurs dé b Martir nique Sc de la Guadeloupe j que s’ils ie troüvoicnt alïeE forts pour entreprendre l’attaque de MiÊuës àVét les feules troupes de leurs ïïîcs j ils pouvoient le : fairc^ mais qu’il ne fàloit point i qu’ils contaifent fur aucun dera- i chement de i’llîe de S. Càridos. i phlc , de laquelle on ne jugeojc : pas à propos de tirer un nom^ * bre d’hommes confidcrable par : ddm îes îfles det Jnierifit- a raifoïi de ccluy des A iiglois ce qui md pamiâ une fort grande faute j j3ttiifqoe kconqüefte de Nicuesj affiuroit cnttcrement l’Ifie de faine Cbriftophle , oltant aine Anglois une refraitte d’où ib peuvent obferver toUc ce quf 140 KeUtiondeceqm^'^^ ec pafTe dans ccttt Ilic.v La>^(^ de N jeuës luy ; donnft cet avaiitagc qu’ellcteft aa yent, de faint Gijriftoplîle ^ qçt’elle à une bonne Ra-dde jdevadtnte. quelle tous les yadreanics vefe liants tant dç Fi’an^ç quçg de& autres îiîes | font oblige^deF^fk ^r s, ralànt. Ig teijrfei de fort prçs^ fans^ quoy ils ne peuvent moüii- 1er a, la Bafff- terre dç Ghrit fiophlë,.df4orteque tenant deux 9 U trois yfregaWÇ:S^d« ^ G.uerrt; poftçz fous îl^forts >vii efoirni?^ auvun Nayirç aboH de 4^$QCluifoôpble fansi elTuyst un iQomfctât contre des gens qui ^n eftat dçf vous tomber for fes B ras a vpftre palTage, ou. de vous lailîer faire voftre routte s ils vous Groy ent plus forts, ^ àétmkrîjlt ijbütez % cela qué la prife dç ctcc ïflç tok adx Angloà iin drps 4c 'ï 0 O à . ho tn naes par- anii armes J t0Ûjb«rs préfts^^à. ^Crabariqüc leiAx’^jtomtiis r à téfriber ^^én de temps fur riflç iti€aitti Qb riHaphle ^ fans aucaf*^ pÿ embarras , donc ïkn plus gmïi4à avantages qu ils T ont mita? ms la luitc. Laraw on dés hât «tans Anglois reftez i faintChrj iftopkle, ny ccllç ,du rifqud o»ù ^ericinq é*U 4 /îkiA k# ; f 1 1 W fan pouvoir expo- fià cènS'hbmmes dç îjniaTÎ ^gilai]delfmcé de cette Ide , né inc parrpdTmt pas confide^ Fâble , parcè' qne les Anglais glioient gens dé peu de valeur j fans armes > fans chefs , fertçï ïïp ^ 5’,: f i i,'j . I f, li • )r jri 1' I.’' $^2. Ktlatîon de ce^uis^ejlfdfiè en differents âtriers ée r-t4k^ & des cœurs & dhi cduri^ge defsô quels la peur s’çftojt fi forçf em^ parée qu ils ne refpiroienic qu a fortir d’un lieu, ou ils cttimoiens n’y avoir aucune affur^aice poi^ euxioutre qu’ils effoicnt extrê- mement obfervez , & qu|l leur effoit prefquc irapolTible de tenir aucun conîéil , faire la moindre affemblée.Pourle péril que l’oii craignoit'j pourics ha- bitans François qui aurpienc^ éfté a îâttàqd dcH^^'ës'i il m pçuvoit pas eftrc GOitfiderabtfe' püfqu’il ny âvpit de rifque qu ài fa deffeuté , rifle ri’cftant au- cunement fortifiée , cnforce quc' îdsbotftmeé détachez eftàntunei fois à terre , la prife en cftoit in- faiîlibîe, taù^ à çauie de refpou* I tidüs ks Iflu de ï A merique. faiïcc des habitans de. cc; Iicu.* [ue parce qu’ils manquoienç rarracs dç munitioiis dç Suerre.-., ^ -iî .■ dfi Kfiliord t^vilîou^hy^ contre es P rançois en l Ame^ ^on naufrage ^ U gért^ - ^HAFWRE XI^ ’ij- I ' ■' ' ■ ■ ; Es cb^fes iè.pair€âenf ds^l les Iflesirançtïircsés mois je May & Juin i ^6 6. tandis ^ue le K^illord V vdloughty» plja^t à la Barbadçjdans un c|>ai grin mortel, i du mauvais luc;f fcez de faint Ghxiftopiile , medi*r ioit Igs moyem ^ cçuiiq^çrif çç *44 !> pdurr dient bft èc ,l& [de îlàacn voy et ; pEeiidrc le Lièucensint ©enemlr H^nry, pèctneuf cens “Hommes à j^nyque , en émbarqaer qua- ke cens de ride de Moncfarra, ddîTneri l®. tendez - vous k Hieüës J d où* apres avoir eiH’* bffrqné mille ou douze cens Homm es i il partiroit avec; un corps de près de quatre mille Hommes pour l attaque .^ de p, Chriftophle» I Ce deCcin qui .parroilToât i Part, /. G 1 48 Relation de ce qui iefi pafsé fore bien concerté , & dont le fuccez fembloit prefque infail- lible , avoit cfté conceu avec trop de témérité pour re\iflir, ^ ç’a efté une faute grandç aux Anglois devoir expofé toutes leurs forces de Terre & de Mer à l’incertitude & à la furie du Houragan , dans la faifon de l’année qu'il eftoit le plus à craindre ^ ^u’on ne peut affez blâmer ceux qui ont cfté les autheurs de ce Çonfeil, Cette Flotte parut à la veuë de la Martinique, aveç Pavillorr, blanc, ledernier jour de Juillet, ceux de cette Ifte ne doutoicnç point qu’elle ne fut Françoife , & que ce ne fut celle que le (leur de la Barre devoir amener dans tes Ijles de l'Jmeriquet 14^' t>ur le fecours des Ifles : Mais omme Ton eut reconnu les arques qui l’accompagnoient, )us ceux qui entendoient la 1er , jugèrent bien que ces for- ;s de Baftimens n’avoient pas lie letrajctde France aux Ifles, : qu’ainfl ce devoir eftre une lotte Angloife , qui fous un ^ux Pavillon tâchoit à les |irprendre > ce qui obligea le eur de Clodore Gouverneur, je faire donner l’allarme , & rdre aux Capitaines du Lys , &: je la Juflice, arrivez depuis deux purs de Holandc , & à ceux de luelques V aifleaux Flamans qui [loient en Radde , de fe tirer iroche déterre, pour eftre plus icilemêt défendus des batteries [Ue Ion y avoit fait conftruirc Gij ïjo Reldtion de ce qui s'ejipa^è à ce dçfTein. Les Anglois ayant tout le jour louvoyé, s’appro-^ cherent de terre , & avec deuj? ou trois Chaloupes debarque-r rent quelques gens fous le Mer- nc aux Boeufs , à deux lieuës du fort faint Pierre, en un endroit appelle le Ponteau de Mer > od ils mirent le feu à deux mefehan- tes petites Maifons de paille, & prirçnt un vieillard prifonnicr qui n ’avoit pas eu les Jambes alTez bonnes pour fe retirer de devant eux , qui fut où fe termi- na leur ej^pl oit :« car quelques; Habitaus en armes citant ac- courqs , hx ou fçpt coups de fufils les drent rembarquer avec beaucoup de precipita-j don , 1 Le lendemain premier Aopft, r dans les ïjles de t Àmeric^ue. i jï me Fregate legere portant Pa- illon Ànglois de Vice Amiral, e détacha delà Flotte, & ap- >rocha delà Radde de la BalTe- erre, à la portée du Canon, ;omnie pour Tecoiinoiftre les i/’aüTeaüx qui y eftoient,& les jatteries de terre > & apres y ivoir louvoyé pendant deux; beurcs , & efté falüce de plu», fleurs voilées de Canon du Lys Se de la Juftice , elle fe retira vers la Flote ; La nuitdc ce rné- me jour le Capitaine BourdÆ venant dans le faint Sebaftien de faint Chriftophle, fc trouva mélé parmy la Flotte Angloifc^ Il tomba d abord dans la mef- me erreur quavoient fait ceux; de la Martinique , & crût que reftoit les Yailfeaux que de» G iij 15 i Relation de ce quîsefl pafé voit amener le fieur de 1. Barre. Mais le hazard ayani fait trouver fous fon Beaupr« une Barque Angloife , à la- quelle ayant fait crier par deuj fois en François , d où eftoit U Baftiment, & n’en ayant eu aucune rcfponce , il s avifa de foire foire la mefme demande par un Matelot iAnglois, qu’il avoir dans fon bord , en fa Langue , à quoy ceux de la Barque ayant répondu V vite- bal , il reconnut fon erreur, 6c pour fe prévaloir du refte de la nuit , fît fes efforts pour gagner le vent , tirant du cofté de la Dominique , Ôc échappa par ce moyen le péril ou il s’eftoit trouvé. Ce que ne fît pas le Capitaine de Ge- dansîes Ijîes det Jmerîque. 15! fiito , Commandant un petit Mavire François de dix pièces de Canon , qui prévenu de la iTierme erreur , donna au tra'*- vers de la Flotte An^loife, cette mcfme nuit , &: fut pris par elle. La Flotte Angloife le troi- {îéme au matin , fit route vers la Guadeloupe , elle fut veue de cette Ifle dés le foir, donnant chafTe au Capitaine Bourdet, dont le Vaifleau fc trouvant auffi bon voillier qu’aucun qu’ils cufTent , fe tira ail'ement de leurs mains jpafTant par lèvent de la Dominique. Le quatrième au matin la Flotte Angloife ayant gagné le vent des Saintes , a la faveur du petit vent de Nordoüeft qgi G iiij 154 Relation de ce iefi pafié regnoit lors, détacha fon Vice- Admiral, deux autres Navires ôi une Cache, pour entrer dans le Havre des Saintes, & s empa- rer de deux Fluttes de la Com- pagnie des Indes Occidentales cjui s’y eftoient retirées; La pre- mière nommée la Mariane* commandée par le Capitaine Baron, iîc «quelque rchftance^ mais ce Capitaine voyant les ^ennemis prés à fauter à bord U à s’emparer de fon Navire, y' mit le feu &fefauva à terre dans' fa Chaloupe avec fon équipage*! La fécondé, appellée la Bergè- re, commandée par le Capitai- ne Reouille, fut abordée & en- levée par les ennemis avant que ce Capitaine eut eu le temps de ^ faire ce qu’avoit fait Baron,, ■ dans les I (les de t Amefii^He, 155 ^oin; ils avoicnt tous deux receu l’ordtc du (leur du Lion, Gou- verneur de la Guadeloupe i & ainfi ce baftiinenc reftatout en- tier au pouvoir des ennemis. Pendant que ces chofes fe ^alToient dans les Ifles des Sain- tes , le Milord Vvilloughby eftoit au vent de ces Ifles entre elles & Marie Galante } & la Dominique ayant la Guade- loupe^ la Grande- terre devant I luy , lé vent cependant frechif-' foit ôc donnoit toutes les max- I ques d’un futur houragan. En. j eflet fur les fept heures du foie - le vent augmenta avec tant de I violence que la Flotte Angloife I qui eftoit reftee au vent des Saki-’ tes , fut entièrement diflipéc , I avec pejete de tous les Navi^ Gy. ï^6 R eUtion de ce qui i' e fi pdjie res qui la compofoicnt, à l’ex- ception d’une Flutte & d’ur petit baftiment de cent ton- neaux qui fe fauvcrent defma- tcz, ceux qui eftoient dans lej Saintes furent jettez à là cofte, faute deftre bien amarrez, & les OfGcicrSj foldats, & mate- lots Anglois qui eftoient de- dans fc fauverent à terre, où apres avoir décharge toutes les yituailles de leurs Vaifteaux, une partie de leurs munitions èc Canons, ils commencèrent à s’y fortifier , tant dans un mé- chant réduit' qu’ils y trouvèrent,' qu’en un autre, pofte au dcftùsi où ils travailloient à fe mettre: en eftat de pouvoir deftendre: ce lieu contre les attaques desi François s’ils entreprenoiepti ■âdnslesljles det Jmen^He'. 157 de venir à eux & d’y attendre le fccours qu’ils pou voient efpe- rerdes leurs, ou qu’ils cufTent moyen de fe fauver par mer en quelques-unes de leurs Ifles. ENTKE^^KtSE ET attdque du Jieur du Lion , des jinglois fortifie'^ dans les Jjles des Suintes» CHAPITRE XII. C E que le lieur du Lioii ayant appris, & que les ennemis pouvoient Faire le nombre de 600. hommes por- tant les armes i qu’une partie eftoit employée à fc fortifier, tandis que leurs gens de MarH ne travailloicnt à raconimoder G vj 1 5 8 Relation de ce qui sefl pafJ leurs Chaloupes & de moin- dres baftimcns pour s’en pou- voir fervir, il jugea qu’il cftoii d’une extrême confequence d< ne les pas lailTer s’eftablir en ce lieu, où ils auroienc coupe le commerce des Ifles Françoifes avec la Guadeloupe, & cefu)^ de la BalTe-terre avec la Cape- terre de cette mefme Ifle, & fe- roicnt reliez Maiftres d’un bon' port, dans lequel ils n’ot foulFert! du houragan , que parce qu’ils ii’eftoieht amarez, que comme gens qui veullent mettre à tou- i te heure àlavoillc. Ainfi cornai me il le crutabfolument nccef- laire , il refolut de les en aller i cha/Tcr à force ouverte , mais les moyens de faire ce trajet luy manquoient, toutes les Barques, damïesîpsdel'JmenqUe. t)9 Chaloupes & autres BalHmens de merayansefté détruits & rui- nez par le houragan 5 dans cet- te extrémité il s’avifa de faire chercher racommoder deS Canots, avec Icfquels il entre- prit, non fans peine & un tra- vail extraordinaire , de faire paf- fer peu à peu des foldats dans les Saintes pour fe joindre a quelques Matelots ôc Habitans de CCS Illcs , qui fous la condui- te du heur Baron , Capitaine de Navire, & du fieur des Meu- ! tiers , commandant en ce pofte, I s’eftoient retranchez en un lieu I fort avantageux., & avoieiitre- I fifté aux attaques des ennemis. Enfin ayant f aficmblé jufques ! à fept de ces petits Baftimens, plus propres à porter des lu-: ^ iëo Relation de ce cjm s'ejl pape dieas qu’à tout autre ufage, il ne lailta pas de s’y embarquer avec ijo. hommes ou environ, & deux petites pièces de Canon de fonte de quatre livres de balles, & avec fa Flotte d’ar- bres creufez paiTa aifement le trajet, qui eft entre la Guade- loupe Ôc ces Ides, ayant fait mettre fes troupes à terre, Sc joint celles qu’il y avoir fait paiïer avant luy , lefquclles, avec ce qu’il rcceut de Mariei Galante, pouvoient faire en tout quatre cens hommesrfon pre- mier foin fut d’occuper avec ces ‘ forces un pofte avantageux au i dclTus des derniers retranche- i mens des ennemis , il y ht faire i une batterie de quatre pièces de l Canon , en ayant reccu encore I ddm tes îjïes de t Amérique, i ^ t deux de la Guadeloupe, pour les battre en flanc, tandis qu’il fe difpQfoic à attaquer la falTc de leurs retrancliemens , & con- noifl'ant qu’il eftoit difficile que les ennemis luy peuflTent échap- per que par mer, il dépefeha à la Martinique une Barque qui luy en eftoit arriucc le jour de fa defeente, pour donner avis au fieur de Clodoré,, que fi les Vaiffeaux de guerre delà Com- pagnie nouvellement arrivez en cette Ifle là au nombre de trois vouloient tenir la mer, les Anglois tomberoient abfolu- ment tous entre fes mains, tout leur travail s’occupant à racom- moder une Cache, une Barque & quelques Chaloupes , que le houragan avoic incommodez. rëx Relation de ce qfù s' ejl papé mais quils fcroienc bien-toft en eftat ; le Canon fut en bat- terie à dix heures du foir , le quatorzième Aouft , ^ com- mença à tirer au commence- ment de la Lune, qui eftoiten fon plain , avec autant de fur- prife que de dotîimage des en- nemis, qui ne concevoient pas que Ton pût apporter du Ca- non, en un lieu abandonne à la retraite des chevres fauvagc.s, Sc qui paroilToit feulement ac- ceffible à ces f<5rtes d’animaux. Ils changèrent en toute diligen- ce leur Canon, pour l’oppofer* à noftre batterie , & le heur du Lion de fon cofte fit travailler; a mettre la fienneà couvert par des merlons à l’èprcuve.-Ie jour . venu il fut rccqnnoiftrc, -d’une dans les I[les de ïJmeriqkè . \ 6 j )etite emmence , où it grimpa ivee peine, le dedans du Fort jes ennemis, ôs jugeant bien |ue leur deiïein eftoic de fe re- ïirerfi-toll que leurs Baftimeii^ feroient en eftat de les porter^ il refoluc de les attaquer des la nuit fuivantc , quoy qu’ils fif- Fent mine de gens bien réfolus à fc dcfïendre , & qu ils fulTent en plus grand nombre que les îtioftres. Il déclara la penlec à fes officiers j & ù fes Trou- pes, qu’il trouva fort difpofées [à féconder fes bonnes refolu- tions. L’attaque fut donc refoluë, & les détachemens faits pour cét effet. Le fieur Surmont en conduifoit une ! partie compofëc des Hommes i de Marie- Galandc , le fleur 1^4 de ce qui s" efl f?e Campagne du Vignau , unç compofée de ceux de la Gua- daloupc i & le ficur de la Ro- i^ue J une autre avec les gens de la Martinique. Le foin du fleur du Lion les avoit pour- vcus de Haciics ôc de Serpes pour coupper les PallilTades , 6c de Grenades pour déloger les ennemis, lors qu’ils feroicnt au pied de leurs rctranchc- îîiens. Ces attaques eftoicnc foultenuës par le fîeur de la Forge avec cent vingt hom-J mes, & par le fieur du Lion avec cent ; fur les deux heure&J de nuit J l’on donna fuivant les ordres i Et les ennemis apres avoir fait quelque refiftaiicc abandonnèrent le fort d’enj: baut que l’on attaquoit , & fc : àdnslesljlês àet Âmericjue. 165 •ctirerent dans leurs retraîiche- nens en bas , y laiflans leurs Drappeaux qu ils avoient arbo- rez. Ils avoient à mefmc Eemps fait une fortie d’environ, cinquante Soldats^ qui vcnoient pour coupper &: charger la trouppe , a la telle de laquelle elloit le fleur du Lion j qui. les repoufTa vigoureufetnent juf- ques dans leuts retranchemens, où ils furent fuivis par le fieur de la Boiflierc , & quelques V oloptaircs. Nos foldats, maiftres du Fort d’en haut , poufTerent les en- nemis jufques proche leurs rc- tranchemens , pillèrent & renverferent les Tentes qui elloient entre eux & le Fort qu’ils avoient pris i mais i6 6 Relanon de ce qui s' ejl pajje n ayant pas ci ordre , & n’e- ftant pas fouftenus ïe retirè- rent fous leur Conqûefte ; Le iieur du Lion ayant eu advis de cet àdvantagej crût qu’il iàlloit profiter de fepou vante des cnneniis:& de la chaleur de iios groupes. Et pour cet etfet, i donna ordre de donner dans4es retranchemènls des enncniis> qui durent attaquez de toutes parts, ^ par eux defFendus jufques à la pointe du jour , avec perte de cinq ou fix des noïtrcs, & “Une vingtaine de blelfez. A la pointe du jour nos troupes rc- ceurent ordre de fe retirer dans leurs poftes^ & le fieur du Lion : alla lüy-mefme les pofter aux lieux que Ton avoir occupez la i nuit , defqucis les ennemis 4 dns les Ifles de t Amer'uiu e. léj: ;ftoicnt veusà revers dansleurs etranchemens , d’où ayant fai| aire feii tant de la moufque- crie que du Canon , ils abbo-? crenç le pavillon blanc & de-» ïiandetcnt à capituler. Et corn- ue rexttemité où ils cftoienE :eduits,eftoit de la nature de cèl- es qui ne lailTe lieu d’efperec lucune condition avantageufe, Is fe rendirent prifonnicts de guerre, au nombre de douze OfEciers & près de cinq cens foldats, ayant eu 55. des leurs de tuez & 3 o. de bleflez. line fut tue en cette occafion que fix François & une' vingtaine de blelTez , chacun eftant obli-: gé de demeurer d’accord que jamais entreprife n’a efté plus hardie ôc plus e^ttraordinairei i68 Relation de ce ijuis‘ejîpajsé puifque ceux qui fçauront co- que c’cft que des Canots & Pi- rauques , feront afleuremenc étonnez que l’on ayr pu entre- prendre de paiïer trois lieues de mer alTez rude dans ces fortes de Baftimens, chargez de fol- dats, vivres & munitions, &à leur feul ayde porter un nom-^ bre de, foldats fuflifant pour al- ler attaquer les Anglois retran- chez, &enbeaucoup plus grand nombre. Il eft cependant certain que fl le fleur du Lion eut tardé huit jours l’execution de cet- te entreprîfe, ou il eut efté hors • d’eftât de l’executer par la re-- ' traite des A nglois , ou dans l’ini- polfibilité de les forcer, fi avec le fccours qui leur venoit, ils ' ddnslesjjles det Àmeri Held/îon qui d^e fac de laquclleii ^vpit ordre 4u cfc C^h|pibr|y‘, d'àli'er paff^r |e reûe, de Ja Taifon des houragans , y prend re charge pôur fon rètouï en Francci A quoy le heur de Clod’ore luy diç , qu |1 ^ y avoït point d’aprj parence d’exceurcr çec ordre, ny du il allaft en un lieu ou il a voit yen la Flotte ennemie^ s’expofer une fécondé, fois, à eftre pris} que puifquHlfc trou4 voit dans Ton lile, il fe erpyoit' en droit de luy commander^’ comme il faifoit, de lever fan-' cre, & s’aller mettre à couverr dans le Carénage , où eftoient Ic^ Lys, la Juftice, & quelques au- tres VaiiTeaux de la Compa^*: gnie. A quoy Bourdet ayant ' brufquement repliquéqu’il n’en* fer oit dans les ïjles de t Amérique. 171 croit rien , & qu’il fçavoit les »rdres qu’il avoir à fuivre. Les hofes allèrent fi avant que le leur dedodore l’ayant nicnaf- e de le faire arrefter, & Bour- let reparty qu’il le pouvoir fai- c , attendu qu’il cftoit à terre litre fesmains ; le fleur de Clo- lore le fit delarnver & arrefter >ar TEnfeigne de la Garnifoii le la Martinique 5 ce qui ne fc lafla pas fans parole d’aigreur |ui durèrent fort long- temps, euftent peut-eftre continué lavantage , fi^ quelques gens de viarine ne fuftent venus don-» 1er avis que le vent fraichilToit le Nordoiieft, & que la mer jroftiftdit extraordinairement; De qui faifoit croire , fui vaut outes les apparences, que l’on fm.L H fjl "ReUtionde cequis fPpapè cftoit proche d’vinhpuragan. A cela il faluc changer de difcourç de part & d’autre , Bourdet dit <5u’ii obcïroit moyennant un ordre hgné du fiçur de Clodo- îc, qui de fa part fe contenta de ce que Bourdet luy voulut promettre, & luy commanda de retourner promptement à bord de fon Navire pour don- ner ordre a fa feurete. Bourdet courut en diligence au bprd d(? la mer, mais il ne trouva point les Matelots de fa Chalpupe ny fcs placiers, & pendant qu’il les chcrchpit, la mer grplfiiî^t toujours, fit dqnner la Chalou- pe par le travers, ce qui l’obli* gea de rechercher d’autres voy es pour retourner à fon bord, mais il s’en tourmenta inutilement p loic impoflible dcfaire appro' c de tout commandement. »os& n ayant pas tenu, vint don- il | 1 et à la cofte , où il fe brifa en ; ' >lufieurs pièces i & en fe perdant ! >riva la Compagnie des Indes i iD ccidcncales du nieillçut N a- | ; /ire qu elle eut à fon feryiee* Les hommes furent fauvez avec )eaucoup de peine , quelques; Hij { 174 ce qui s’efipafsé uns blelTez, cftropicz, & la plufpartfroiàcz. L on peut dire en ce rencontre , qu’il y eut dei k faute du fieur de Clodoré & du Capitaine Bourdet , parce que ce dernier manqua alTeu- rement a ce qu’il devoit au Gouverneur de la Martinique, qui de fa parc eut grand tort de s’échauffer & de retenir à terre ce Capitaine , dans un temps où tout eftoic à craindre, & ou il eftoie facile de juger que le vent & la mer menaçoient d’u/q houragan prochain & indubi-? table, Quatre jours apres la perte de ce Navire, le S. Chrifto- phlc arriva de France , ayant tffuyé le houragan à cent lieues des Ifîcs, avec plus de peur quç ddnsks Ijîes deT Jmerlque, 175 e péril , il apporta les cent ingt hommes du Régiment e Poidou , qui s’y eftoient rabarquez lors de fon relâche, c quelques Officiers & Vo- Diitaires. Si toft apres fon ar- ivée le heur de Clodoré ayant ecèu l’avis que luy portoit la larquedépefehéepar le fleur du ^ion des Saintes, envoya ordre ,ux Capitaines du Lys, de la üftice, & du Saint Antoine, qui Roient au Carénage, de mc|Cr re à la voille, &de venir pren- Ire le S. Chriftophleà la Rade, Dour tous enfcmble aller à la Guadeloupe , où ils recevroient [es ordres du fleur du Lion, de :e qu’ils auroienc à faire contre [es ennemis. i‘^6 IKeîdtion de ce ^ui s'efl ^ujsé DEFFJÎTE D'P^NÉ petite Flotte J ngloije devant la Guadeloupe. CHAPITRE XIV. L e Eenr du Lion cependant ajires avoir pris les Anglois k difcredoo dans les Saintes , & donne ordre à Perabarqaement ■des Canons & apparaux des V^ilTcaüx ennemis, en abon- donna le pillage à fes foldats , fc contentant pour tout profit, de la gloire dufuccez de cette bel- le a(ttion ; Sc comme il y avok «quelque apparence de pouvoir fauver le Navire la Bergere, qui ne s’eftoit pas fort endom- mage en donnant à la colle, il àahslèsIpsdel'Jmeirtjue. ip n comi'nit i© foin au-C^picsinô (.eouillc cjui y travailla ayecdi- i^encc,& reüffu heureufetnent. 1 fit aiîfll occuper les Matelots lu Capitaine Baron 3 achcrcner es moyens de fauvcr quelqucs- insdes Baftimens Angiois. Et ipres avoir mis leur Cache à Flotj s’embarqua pour retournée 1 la Guadeloupe. En faifant le trajet des Saintes à la BalTe- terre de cette Ifle il rencontra les quatre V aidTeâüx qui cftoiènc partis de la Martinique pour le venir joindre, avec lefquels il fuft moüiHcr à la Rade de la BaiTe terre. Un petit Hayirc Angiois,’ «chape duhouragau j fuc le cin- quième Aouft fc réfugier dans le port d’ Antique, qui apprit au Hiiij 1 6 S Jielation de ce qui s'efi paj^é Licutenaiît General Willou mais la plu (part 1 s en font n mal trouvez, que l’on a veu des Vaiiïcaux arriver aux ' Ifles , dans îcfquelsplus des trois ( I âdns les hles de l' Amérique. 191 f|uarts de l’cquipagc eft<>ic port, U où il rcftoit fi peu de gens fains , qu’à peine pou- h^oienc ils fuffirc à manier les Manoeuvres de leur Navire, ^yauc perdu d’ailleurs prefque lous les Negres qu’ils avoicnç pmbarquez. Pour ceux qui veulcrit aN ier aux Indes Orientales , ils jont à obfervcr foigneufemeni d’avoir palTé la ligne au pluf- [tarc, à la fin d’ Avril, afin de pouvoir approcher du Cap jde bonne Efperance un peu avant le Solfticc de Juin, ipnifque eftant obligez de [faire leur route vers le Sud , il leur eft impoffiblc d’ap^ [procher de ce Cap fi - tofli que cç Vent fc jette au Sud’ 192' Relation d<^ ce ^ui s’ e fl pafst Elt , lequel maiftriic ii fort les Navires qui fe trouvent à la Mer en ces Parages , palfé le mois de Juin , qu’il leur oftemeime le moyen de dou- bler le Cap de Saint Âugu- ftin , êç les oblige de relafcher à la colle du Brefil , comme â ellé malhcuréufement obli^- gée de faire la Flotte com- mandée par le lieur de Mont de Vergue , partie de la chelle pour Madagafcard , le quinziefme Mars mil lîx cens foixante & fix , ce qui ruine un armement , & caufe le plus fouvent la perte du voya- ge, de toutes les defpences qui fc font faites à fon occa- fion, La fécondé chofe qui ma . dans les hkf de r Amérique. 193 5aru remarquable dans ce fournal, eft l’obfcrvacion qu’y ïaic le fleur de la Barre , d’a- mir trouvé Tlfle de Fonfcque, que les Hollandois ont oftce Je toutes leurs Cartes , quoy que les Portugais plus anciens Navigateurs rcuiTent mife dans toutes celles qu’ils one Faites ppur leurs Navigations? Il la pofe par douze degrez de latitude Nord , ^ trois cens vingt -cinq degrez de longi- tude. f^e premier Méridien pris à VÈft de rifle de Ferro des Canaries. 11 dit que c’eft une Terrç rangée Eft &ç O üeft, longue d'environ fepi iicuës , & fort eouppéc & ha- chée de plufieurs Montagnes pi, R.ayinçi, qu’il en approcha 194 Relation de ce qui s' e fl paflê d'environ cinq lieues, la ren géant du cofté du Nord j mais que comme c’eftoie le matin , & qu’il y avoir deux jours que Ton n’avoic eu hauJ teur , il s’en efearta craignant que ce ne fut Tabac ; qu’à l’heure de Midy, & apres la hauteur prife, il s’en trouva fi éloigné qu’il ne jugea pas à propos de revircr deSus , tant pour la contradiâ-ion qu’il re- ceut de fes Capitaines , & Pi^ îotes , qui navigeoient tous fur des Cartes Flamandes , qu’à caufe que la difette d’eau, qui eftoitdans fon Na- | vire, le faifoit fouhaitter fur ; toutes chofes d’aborder prom- ! ptementles Ifles. Je ne crois pas non plus i devoir t ddns les Ijles de l' Amérique, 1^5 Icvoir obmettre la remarque :|u’il fait , que fi de Madère il :uft fait fa route à droiture- rers les Ifles , il ne pouvoir nanquer d’y courir un rifquc :xtreme , par le Houragan jui y deftruific la Flotte du ^liîlord Vvilloughby , & qui uy fit faire naufrage , & que eux qui avoient traitte d’im- )rudens & de téméraires les I^apitaincs & Officiers qui >foient en cette faiion mét- ré à la Mer , tenir les Rades,' ' >u s’approcher trop prés des rerres des Ifles , avoient fore uftement raifonné. L’expe- ience en ces chofes devant ;flre la principalle guide de 10s actions & entreprifes , fur out en un Pays où le raifon- F mie L I "4KRIFEE DV SÏEVK Dg y Barre 4 la Aâartini<^ue , chapitre XVI j^6 Relation éÎ? ce <^ui sejl pajsé nement ne rcüj(îic pas toujours, en ceux qui n en ont pas Tha- bitude. ILiL^Li Octobre I 6 6 6. ï la Martini- que avec fon feul Navire , le TlorilTant 5 les autres de fa Flotte , qui s’eftoient feparez de luy , dés le vingt - feptief-; jne , & trenticfnie Juillet s’eftant opiniaftrex à touchef' à Cayenne , fuivant leurs or- drçs J dç 1 çx?cutipn defqueli dans les IJÎes de t À merîque. 1 9 7 es Capitaines ne crurent pas epouvoirdifpenfer, outre que es VaifTeaux fe trouvèrent nieux fournis d'eau , que n'e- ioit celuy du fleur de la Barre, )ù. il y avoit beaucoup plus, le gens. Les Navires du Roy , le iaintSebaftien , l’Aigle d’Or, k. les autres eftoient arrivez à a Martinique des le quin- îiefme de Septembre, portant c fleur de Saint Leon, les |uatres Compagnies de Na-; ^arre , les quatre de Nor- nandie , qui apres s’eftre ra-: raifehis douze jours en cette lie, en partirent & mirent a a voile pour faint Chrifto-' »hle, le vingt - feptiefmc dii nefme mois j ces Vaifleau;^ ip8 K^Ution de ce qui / e fi f;ajsé avoient efté accompagnez d< la petite Fregate la Vierge , appartenant a la Compagni( des Indes Occidentales , mon- tée de quatorze pièces de Ca- non , &delaFluttelc ChalTeuri montée de di|:} laquelle s’e- ftant feparée de la Flotte , fie rencontre, &prit un petit hJa- vire Anglois de quatre-vingt Tonneaux , chargé de Vin de Madere. La première penféc du fîçur de la Barre à fqn arrivée fut de profiter du defordre de la foiblelTc des cnnenais , & d’entreprendre fur eux avant qufils peufient eftre for- tifiez par les fecours qui leur feroient envoyez d’Angle- terre î |l trouva Iç fieur de* ^ dànsles îsUsdet Amérique, iqx) ;)lodoré , Gouverneur de la iiartitiic|Ue j dans ce xwefriïe entiment j en forte que fi des )ouvoirs qu’il avoir apportez le France > & les ordres qui uy cftoient venus par les VaifTeaux du Roy , euffenc ïfté de la nature de ceux quî le peuvent recevoir aucune interprétation , & aufqucU on ne peut refufer d’obeyr fans fe jetter dans la rébellion, il n’y a point à douter y qu il ne fe fut tendu maiftre en fi:^ femaines de temps , de tou- tes les Ifles Angloifes Rors la Bai’bade ; Mais les Commif- üons du fieitr de la Barre cftoient conccuës d’une ma- nière , qu’hors à la Mer , les Gouverneurs ny les Officier^ I iij ioo Relation de ce qui s'eji ^afsé des Trouppes ne pouvoient cftre obligez a une obeyiTance entière J prenant les termes de ces Commiflîons à la Lettre* Si bien queftant contraint d obtenir par addrefîc , ce qu’il n avoir pas de droit , il fe trouva necelïite de mena-' ger tous ces efprits , quii ayans chacun leurs fentimens : ^ interefts diderens , ne pu- i rent s accorder pour concour*' i rir a une bonne fin , comme le fera voir le Refultat , du : Confeil de Guerre tenu à faine Chriftophle. Et afin que l’on puilTe ipieux juger de la qualité de i les pouvoirs , il me femble i a propos de les inferer icy j J-cs premiers qu’il rcceuft en/ f àànslesîslesàe l'JmenqUel loi France avant fon départ , fa-: rent , ceux qui fuivent. Pfvctirdtîon de Id Compdgnie des Indes Occident die s, L a Compagnie des Inde^ Occidentales , ayant rc- foUi pour la feureté & con-1 fervation des Ifles de l Amc-<^ rique > d‘ârmer en Guerre nombre de fes Vaifleâux, ôà de les y envoyer inceflammtnc fous la conduite de Monficuc de la Barre , Lieutenant Ge-; neral pour le Roy > & Gou-?- verneur de la Terre Ferine; înterelTc en ladite Compagnie, auquel elle donne le Gom.- mandement general de fes VailTeaux. Et ayant trouve 1 iiii zot Relation de ce quisefi pa/?é à propos que Icciic fieur de la Barre eftanc far les licua prenne connoiffance de fes affaires , & y reçle au nom de ladite Compagnie , toutes les chofes qui concernent le Gouvernement des Ifles. La juftice de Police , le Com- merce & les revenus de la* Compagnie , fuiuanc que le Bien, & la ncceffiré de fes af- faires , le pourra requérir , & eftanc pour çe neceffaire de donner audit fieur de la Barre un pouvoir fuffifant pour agir au nom de ladite Com- pagnie. Nous Directeurs Generaux de ladite Com- j pagnie j en confequence de la , deliberation d’icelle, du fep- Janvier dernier. Avons, I dans les hles de tJmerîque, 2.05 a iceluy ficur de la Barre , donne plein pouvoir & cm tant que befoin, l’avons nom- mé & Commis , nommons & commettons pour comman- der les Vaifleaux & forces Maritimes de la Compagnie, qu’il mènera -, ou qui feront envoyez dans lefdites îfles , ' & y agir en fon nom , en tou- tes les chofes qui font de fon authorité, &: qui luy ont efté accordées par l’Edit de fon eftabliflement , tant fur le fait du Gouvernement, ia Juftice & Police des Ifles, que du Commerce & revenus de la Compagnie , voir ôc exa-, miner l’eftat de fes alfairesj dont il fera informé parMon- fieur de Chambrayfon Agent I V !* ; 'i ‘r f : -i *: "■I • ; K ■ v' ^ il i:r; < K i.:. M r tifs ' i» ' 104 Relation de ce quis'efl pajsé General, faire faire les Règle-’ mens neceflaires pour la di- ftribution de la Jufticc , la Police , 6c la feureté dudit Commerce & revenus de la Compagnie , enforte que les Habitans en reçoivent du foulagement , qu’ils foyent bien traittez par les Officiers 6c Commis , & que les inte- jrefts de la Compagnie y foyent confervez. Et fina- lement agir, & ordonner en. toutes chofes , au nom de la- dite Compagnie, fuivant ce qu’il jugera eftre neceflaire * pour le bien 6c advantage | d’icelle. Donne’ à Paris, i le vingt- fixietme Février mil; fix cens foixante 6c fix , Si- dans les Isles de tJmerîqUel 10 5 Dàlibert, Bertelot, Bi- sAuD } Thomas, Landais, IV ec Paraphe , & plus bas , Par [ïiefdics Sieurs les Directeurs, D a U L I E R , & fcellé du fçeau de la Compagnie des Indes Occidentales. iy 4 Aîonjieur de la Barre , Con- piller en mon Confeil d’Eftat , mon Lieutenant General , (^j Gouverneur en la Terre Ferme de t Amérique oh France Equi^ noxiale. M O nficur de la Barre 5 defirant pourveoir à ce que les quatre Compagnies que je fais lever, pour aller fer-’ vir dans les Ifles de l’Ameri-i q^uc, enfemble les autres Trou^ ■ “ Ivj r- . :?'|" If y io6 Relation de ce quis'efi pajse pes qui font dans Icfdites Ides foycnt employez utiiemeni pour mon fervice, jay rcfolu de vous donner le Comman- dement fur icdlcs. Ce qu^ j ay bien voulu vous faire fça- Voir par ccttc Lettre y & vous dire, que vous ayez en vertu de 1 ordre cy joint, à prendre ledit f^otnmandement , a ordon- ner aufdites Xrouppes tout ce que vous jugerez necelfaire , & de plus a propos pour mon fervice , & pour le maintient' Sc conlervation en mon obeyf^i fanec, des Illes tenues par mes! Armes audit Pays de 1 Ameri— -que i Et la prefente n cftant pour autre fin , je prie Dieu qu’il vous ayt ,i Monfîeur de la Barre, en fa faintc garde.' dam les hles de l' Amérique. 107 Efcric à faint Germain en Laye le vingt-quatriefme Mars, mil fix cens foixante & fix , Signé, LO U YS , & plus ba:s. Le Tellier. ORDONNANCE DU ROY. DE PAR LE ROY* S A MAJESTE* ordonne aux Trouppes , cltans es Ifles de i’Amerique , tenues par fes Armes , & aux quatre Compa- gnies d’infanterie, de nouvelle levée , qui font deftinées pour aller audit Pays , de reconnoi- ftre ledit (ieur de la Barre , & de luy obeyr en toutes les cho- fes qu’il leur commandera pour le fervicc de Sa Majcfté , &: i ô s Relation de ce qui s*efi pa Jsé la confcrvation dcfdites Ifles ; en robcyiTancc de Sa Maje- fte ) fans difficulté. Fait à faine Germain en Laye ^ le vingt- quatriefme Mars , mil fix cens foixante & fix , Si- gne , LOÜYSjôc plus bas y Le Tell 1ER. Commifsion au peur de la Barre ^ pour le Commandement des V ùffeaux de Guerre^ de U Compagnie des Indes Occident létales. Olj'YS PAR LA Grâce i De DieuRoy DE Frange i •ET DE Navarre: Au fieuf i le Febvre de la Barre , Con- ! feiller en nos Confeils, & no- ! ftre Lieutenant General en la ddm les Isles de î J merîqUë. Terre Ferme de l’Amerique, Salut. La Compagnie des Indes Occidentales » ayant fait delTein d’armer , & équiper en Guerre quelques - uns de fes Vaifleauxj pour la deftence des Antilles , & Terre Ferme de l’Amérique , contre les entre - prifes qu’y pourroient faire les Anglois & autres ennemis de cét Eftat 5 & afîeurcr par mef- me moyen la Navigation des autres VailTeaux que ladite Compagnie y envoyé char- gez de Marchandifes , Elle a refolu de vous donner le Com- mandement . de tous lefdits VailTeaux , fuivant le pouvoir & l’authorké que nous luy en avons accordé. Mais com-^ me il peut arriver que des NaT 2 .I Ô Relation de cequis’efipafsè vires particuliers , Marcliands, & autres, pour profiter de Toc- cafion de 1 eficortc déficits V aiC* féaux de Guerre , fe joignent a eux , & gu il cft neceflaire d en regier le Commande- ment, mefme celuy des Trou- pes , que Nous avons donné à ladite Compagnie , pour mettre fur leidits Vaiifeaux* A CES CAUSES , & en con- firmant le pouvoir qui Vous a efté donné par ladite Compa- gnie, Voulons et en- tendons, que Vous com- mandiez lefdits Vaiifeaux de Guerre, & les Trouppes qui feront mifes fur iceux, & que ^ dans le rencontre de la jon- étion qui fe pourroit faire de quelques Navires Marchand^'^ ddns ks îsîes de t Ameri^ae. ii t )il autres , a ceux de la Corn- )agniej Vous ayez tant fur les ms que fur les autres , plein & mtier Commandement ainfl ^ue fur Icfdites Trouppes. ^dANDONS Et ORDONNONS , i cet effet j aux Capitaines 6c Officiers , Maiftres Comman^, jans lefdics Vaiffeaux , Capi- taines & officiers Comman- dans lefdites Trôüppes qui fé trouveront fur lefdits Vaif- feaux, & aux Capitaines , Of- ficiers , ôc Maiftres Comman- dans les autres V aiffeaux , qui fc joindront à voftre Flotte , de vous obeyr , & entendre comme à leur Commandant en tourtes les chofes que vous leur ordonnerez, pour le bien •Se l’advantage de noftrc fer- à 1 1 Relation de ce qui s' ejî pafse Vice , & celuy de ladite Com- pagnie j Et à noftrc cher & bien ame toufin le Duc d< Beaufort, Pair, Grand Mai ftre , Chef èc fur - Intendani General de la Navigation & -Commerce de France j de don- '“ïier les ordres neccflaires à tous les Capitaines & Comman- dans les VaifTeaux en nos Ar-i îîîées Navalles , à ce <^u’ils àyent a vous lailTcr jouyr du fufdit pouvoir & eommande- ment , fans y apporter aucune ehlEculté ou empefchement J pour (Quelque caufe ou pretex- , te que ce puiife eftre. Prions/ & requérons tous Roys , Prin-, ces , Potentats , Eftats , Sei- gneuries > Republiques , amis/* alliez àc confcdcrcz de cette i dàm lés Ifles de ïjimèriquè. i i j souronne * leurs Admiraux, jouverneurs ,& Commandans c leur part dans leurs Eftats, Provinces & Villes Maritimes, c vous donner tout le fecours I afCftances dont vous pour- ez avoir befoin ^ offrant de aire le femblable lors quô lous en ferons par eux requis. ^OîïNE’à faint Germain en ^aye j le premier jour d’Avriîy ’An de grâce mil fix cens foi- [ante & fix. Et de noftre \egne , le vingt- troifiefme, signe J L O U Y S , & plus basy De par le Roy , De L i o n n e > 5c fccllé du grand fçeau de Cire aune. Parles Navires du Rôy , qüi apportèrent les Trouppes de àt4 cei^ui s'epp4j^e Navarre & Normandie , il re- ceuc les fuivantcs. Monfîeur de U Barft j Co)i^ feiller en mes Conpils , Go»J Vemeur ^ ^ mon Lieutenant General en flsle de Cajen- Terte - Ferme de i^An merique'. Onfieur de k Barre ^ — . y a déjà quelque tfemps que je vous ay ordonné de retourner aux Ifles de TA- merique âvcc pouvoir de corn- ïnànder tous les Vaiflcaux ap- partcnâns a la Compagnie des Indes Occidentales ^ & ceux qui les joindroient. Cepen-. dant ayant fefolu fur la nou- vcUcqueje viens de recevoir»' (^^ns les IJles de t Amérique, % 1 5 ue les Ânglois avoient atta- Ue rille de faine Chrifto- hle , d’y envoyer deux de les Vaideaux de Guerre, ommez le faint Sebaf^ien, ôç Aigle d’Oç , avec quelques 'rouppes. Je vous eferis cette ,ettrc , pour vous dire que je efire, que vous commandiez uifi mefdits deux VaiiTeaux ^ vec ceux de ladite Compa- nie , dés qu’ils vous auront aint 5 & afin que les Capital- es qui les commandent ne iflent aucune difficulté , de. ous obeyr , je leur eferis les ^ettres çy jointes , quç vous; sur rendrez auffi-toft que ous aurez reccu la prefentc. ^pendant je prie Dieu, qu’il musayt, Monfieur delà Barre, ti6 Relation de ce qui s ejî en fa fainte garde. Èfcrk Fontaine- Bleau , le fcptiefrn Juin mil fix cens foixante 5 fix , Signe, L O U Y S , & plu bas , De Lionne, Jnfiméhon m fieur de U Barre, Confeiller du Roy en fes Conn feih , Qou'verneur ^ Lieute- nant General pour fa jejlé en l'Isle de Cayenne , ^ Terre- Ferme de Vt^me^ rique. S ür Tadvis qu’a eu Sa Ma-s jcfté, qu’en confequence de la déclaration de la Guerre contre les Anglois , les Habi-ii tans de l’Ifle de faint Chrifto^; phle , de l’une & l’autre Na-» tion , qui l’ont partagée jufiî dans les Ijles de t Jmenque. xiy ICS ï prçfeni , Qnc pris les :mes, & en font déjà venus X mains , nonohftant les ncordats cy- devant arrcftez accordez entre eux j en forte fil y a lieu d’apprehcnder le cette guerre ne s’eftende ms toutes les Illcs & Colo- cs de rAmcriguc, Et Sa ta] efté voulant prévenir tou^ s les entreprifes que pour- fient faire les Anglois dans dit Pays, & pourvoir à ce qui t neceffaire , non feulement 3 ur la delFenfc defdites 111 es, lais encore pour fe mettre 1 cftat d’attaquer celles qui >nt occuppçes par lefdits An-« lois, Elle a refolu à cet effet d’y nvoycr incelfaminenc deu^ ^ 1 8 Relation de ce qui s'efl f>aj}é de fes Vailïeaux de Guerre, ^ quacre cens Hommes de fes meilleures Trouppçs , pour avec pareil nombre ,, embar- quée fur les Navires de la Compagnie des Indes Occi- dentales, que commande ledit iieur de la barre , çompofer pn corps de gens de Guerre alfez confiderable , foit pour jeteer les renforts neceifaires dans les Illes Françoifes , ou faire defeente dans celles qui font occuppçes par lefdits An- glois. Sa Ma j elle entend que le- dit fleur de la Barre ayt l& Commandement fur lefdits: deux Vaiifeaux , auffi-toft: qu’ils feront joints à ceux de la Compagnie , fuivant la Com-s million dans les I fies de t Àmevique. 1 1 9 nifiînn nni Inu pn ïfté (|u’on luy doit adreflcr à :ra par luy ordonne pour le fer^ ice du Roy, Lefdits deux VailTeaux de uerre de fa Majefte, & les uatre cens hommes de vieilles roupes, qu’elle a refolu d’en- oyer aufdites ljfles, ne pouvant ardr dans lemefme temps que ;dit fleur de la Barre, qui eft rcll de mettre à la voille avec :s V ailTeaux de la Compagnie,' s auront ordre de le fuivre in- eiïammentpour le'joindreaul- ites Ides, au rendez-vous qui :ur aura ellé donné. K its deux VailTeaux feront tenus e luy obéir en tout ce qui leur '$to Relation de ce qui s‘efl pafsê Ledit fleur de la Barre fera toute la diligence polTlble poui fe rendre luy-mefme aufdites îHes , fans faire aucune efcale qu’à Madère, où i} lailTera ceux des VaiiTeaux de la Compa- gnie qui font deftinez , pout y charger les vins jqn’cllé y a fait acheter pour porter aufdites ïiles. Sa Majcfte entend que ledit lîcur de la Barre ayr le com- mandement fur tous les gens de guerre qui feront fur leidits VaifTeaux , jufqücs à ce qu’ilà ayent elle mis à terre ^ dans les liles qui en auront befoin> & sjonles Gouverneurs pu Com- mandans defditçs Ilîes, auront le commandement defdites trou- pes , pour les employer fclpî| dans les Ijïes de l' J merifue. 1 1 1 u’ils cftimeront à propos. Que s’il arrivoit qu’il fut ju- e necclTaire de fàire defeentc ans aucune des Iflcs occupées ar les Anglois, foie pour les traquer ou y faire le dégaft, ; conamândement de ladite etaque fera donné au (leur de' ff- . Leon, (ccond Capitaine du ^ ' Legiment de Navarre, que la » ' Aâ jefté làk palïèr avec leldices . i . roupes, pour les commander n qualité de Sergent de batail- î, & en fon abience ou em-, ’ ! icfchcment au plus ancien Ca- ' kaine. ^ • Ledit fleur de la Barre eftaiit rrivé aufdites Ifles, rendra aux ' Gouverneurs les Lettres de la ' dajefté, par lefquelles elle leur * ^ xplique fes intentions fur le ■ zzt Relation de ce qui s'efi pafe fai6t de ladite guerre, ôc con- certera avec leldits Gouverneurs ôç OlEçiers dcfdites troupes, cc; qui fera expédient de faire, foie' pour le renfort des Ides Fran- çoifes , ou pour 1 attaque dea ennemis, afin que toutes les cho-i fes fç falfent dans l’union la bonne intelligence que re-* quiert le bien du fervice de faf Majefté , ôç la confervation def- dites Ides. j fi en arrivant aufditcsj liles , ledit fieur de la Barre trouve que les Anglois fefoient, rendus maiftres de la partie de celle de S. Chriftoplile qui ap-' partient aux François; il vcr-,j' ra avec lefdits Gouverneurs 6c Officiers, fi les troupes qu’il | ^ura amenées ôç qui le doiyeia^l idns les ÎJles de Y Amertqtiel a a 5 uivrc , jointes à celles qu’on courra tirer defdites Ifles, feront ùffifantes pour les en chaiTer, ou attaquer quelqu’autre des leurs. quoy fa Majefte ne doute pas que lefdits Gouverneurs &Of- iciers, ainfi que ledit fieur deîa Barre, ne fe portent avec tout le zele & le courage qu’elle en doit attendre. Et au contraire, s’il eO: juge J. propos d’attendre pour cela quelque nouveau fecours de France , il prendra foin de dé~ pefcher en toure diligence quel- que Barque ou autre petit Bafti- rnent pour informer le Roy de l’eftat des chofes. Remettant fa Majefte le fur- plus de ce qui fera à faire pour r execution de fes ordres à la K iij 114 Kelation de ce qui s’efl papé prudente conduite dudit fieui de la Barre. Fait à Fontaine- bleau le fepti'éme jour de Juin 1666. Signé LOUIS, & pluj bas DE Lionne. • Capitaine Pajilejeu^ commua ddnt le V aijp 4 u le S. Sehafiien, C Apitaine Pafdejcu, ayatt! refolu d’envoyer mes deux VaifTeaux jle Saint Sebaftien & l’Aigle d’or, en l’Amerique, avec des troupes , & de les joindre à ceux de la Compagnie des în-^ •des Occidentales , dont j’ay, donné le commandement au; fieur de la Barre, je vous écris cette Lettre, pour vous dire que je defire que vous vous prépa- riez au plûtoft pour ce voyage; ddns tes t(tes det À metu^Hè, i 1 1 'x dés que vous aurci joint le- it fleur de la Barre, vous luy ibeidicz en tout ce qu’il vous irdonnera pdur le bien de mon ervice: ny faite donc faute. Ef- rit à Fontaine' bleau le feptiéme uin S.666. Signé LOUIS, ÔS dus bas DE Lignke. » ' Et pour faire comloiftrc de Ijuellc manière les ordres do^ ^ent eftre Gonfidcrez des Gou- verneurs; J’ay cru qu i! feroic bon de rapporter icy la Lettre que le Roy écrivoit a ce fujet au feu Commandeur de 'Salcs^ celles des autres GoUvetnèuts eftans confo^tues* }: \ bji^ en dépendantes^ ^ |> On fleur le Comman-, X T J. tieur de Sales ^ la Corn- , pagnie des Indes Occidentales, ! ayant donne au fieur de la Bar- , rc, Confeiller en mes Confeils, j Sc mon Lieutenant general en. • la Terre- Ferme de FAmerique, j le commandement des Vaif- j leaux de guerre que je luy ay j . , permis damier & envoyer aux | ; Antilles, pour leur dclFenfecon- 1 ^ j ■ tre les .ennemis de FEftat Et ^ ledit fleur de la Barre ayant les ] ordres & inllru£tions de ladite Compagnie , de ce qui eft à faire | : ddfis les îfles de t Amérique, i 1 7 ^ans IcfcUtes Ifles ^ à l’occafion de la guerre prefente avec l’An- glecerre^ je vous fais cette Let- tre pour vous dire , que fuivant bc que je vous ay cy- devant ^crit , mon intention efl: que [vous donniez entière creanee budit fleur de la Barre, &: le ireconnoifliez & falflez recon- 'noiflre par tous les OfliGiers & iHabitans de Tlfle ou vous corn-, '& en toutes les autres ebofes qui [feront du bien de mon fervice, & utilité de ladite Compagnie^ Efcrit à Saint Germain enLayc le vingt' deuxieÉne jour de Mars irééé. Signé LOUIS, & pliis |bas i>s Lïohke. ' ■ mandez en ‘ladite qualité , Sc (agifliez de concert avec luy pour la deflenfe defdites Ifles, Kv 'A Monfiettf le Commandeur de Sales y Goui-verneur de l’Isle de, S. Chrifiofhley autres Iske en dépendantes. iî.8 Relation de ce qui s*efl pape J yjoindray cweorc celle ecri* te par fa Majeftc audit Com- mandeur de Sales , & qui luy eftoit apportée par les Vaifi féaux. I M: avois Onficur le Comman-i deur de Sales, eommci fouffcrt , qu ayeci ue peine, la neutralité en- s iiijets Se. les Angloisdesi s de l’Amerique, depuis que; je leur ay déclaré la guerre de deçà, je nay pas efté fafchc d apprendre que les Anglois aycrit efté les premiers à. faire m dans les ïffes de t JmmfUf: des Ades dans rifl« de S. Ghriftoplilej itç doutant pas quê vous ne me donniexen. cette occâfiqii des preuves de voftre valeur & de vdftre fide- lité. Cependant j’ay rcfolu de joindre deux de mes Tâifleaur de guerre avec des troupes, i ceux de la Compagnie fies In- des Occidentales J nc^ii feule- ment pour repouffer les iilfultes des ennemis i mais pour vous i donner plus de moyen de pren» dre fût eux toute forte d avan- I tage. Ét je vous écris cette I Lettre pour vous en donner ' avis, & vous dire que mon în- I teiïtion eft qu’aum-roft que I vousl’aure^receuë, vousafiem- blicz les peuples des Ifies que i 'Vous commandez, de que vou^^ Kvj a j o Relation de ce qui s' efpafsé leur difiez de ma part, que j’atd tend de leur zele & de leur cou- rage qu’ils conferveront la fu- periote qu ils ont toujours eue fur les Anglois dans ce pais;- quaulïî-toft que jay appris kj rupture defdits Anglois , j ay commande huit cens hommes de mes meilleures troupes & deux de mes VaiiTeaux de guer- re pour joindre à ceux de ladite Compagnie, fous le comman- dement du fleur de la Barre, avecdiverles munitionsdeguer- 4te & armes pour envoyer à leur fecours; que je confidereray les fervices quils me rendront, & les belles adions que ie me pro- mets qu’ils feront, comme h elles eftoient faites en ma pre- fence, & pour en rccompenfcr dans h îjles de î J ntenquë. i eux qui s y fignaleronc. Eè |u enfin ic continuëray de les fiifier & à leur envoyer de nou^ eaux fecourSj non feulement lour fe garentir des attaques les Anglôisj mais mefme pour ouvoir attaquer leurs poftes & es en chafier. Sur cc^ ie prie Dieu |u’il vous ayt , Monfieur le Commandeur de Sales, en fa ainte garde* Efcrit a Fontaine- )leau le fepciéme Juin mil :ensfoixante-fix. Signé LOUIS, Si plus bas DE Lionne. C’eft une faute inexcüfable a eeux qui veulent envoyer des perfonnes pour commander en des Pays éloignez, de n’a voie pas en eux toute la confiance, ^ de ne leur pas donner toute iji keUâmdecequis'efipdf^e îautlldrité : Il faut qu'ils falTenli un boii choix : mais apres qu’il eft fàitjil ell aufîi necellàire qu’iis' fe dépouillent de toutes fortes de foup|ons j Sc de méfiances ji qu ils ferment la porte aux ca-^;, lomnics 3 qu’ils n’écoutënt point i les rapports 5 & qu’ils ne laifTen tl point entamer dans Ictrr efpritî la réputation d un bomme, qiiiii doit y avoir cfté une fois bicit| eftabliê. bes grands emplois at- tirent perpétuellement renvie ; de tous ccüx qui fè perfuadcnif avoir droit d’afpircr à de pa-l reilsj ôc les fonéiions qu’ils don- ' fieront ne permettant pas à ceux i qui en font chargez J d obliger [ ôc de contenter tout le monde, : il y a toujours des efprits mal ' tournez qui n ont pas la xaifoja i dans lés îfles det Jmerîc{ue. i || în partage , & ne fe fon- tnctccnt que par la force à là loy de la Jüfticej qn’ulî Stfpericü# ne leur peut faire connoiftre, fans choquer Icur^ iEGlinatiGùiS> & irriter leurs efprits ^ ce font fur ees gens là d ordinaire que portent les premiers coups d un Commandant & d un chef; d® forte que les plaintes.de ees for- tes de perfonnes precedent le plus fouvent, hs approbations qu’il peut recevoir des efpritsles rnieux reglez , & de tous les gens de bien. Que fl le partage du com- mandement a fait connoiftrs par une expérience journalière, & dans les lieux les plus proches du Prince ou de la République qui les âvoic donnez , qu il eftoit 1 5 4 Re/4 tion de ce qui s' e fl pctffl capable de ruiner les meillcurês difpofitions qui fè rencontroient dans une entreprire militaire ou politique l fi cette divifion de puiirance & d’autfiorite a efte âfTez pernicieufe , pour rendre tes fuccez les plus apparents y douteux & incertains par Tetfer de la jaloufie ordinaire entre deux égaux , dans les endroits inefmes ou les ordres & les de-' cifions du Souverain , pouvbient chaque jour en empefdier le» cours , que n a-t on pas deû craindre de la violence de cette pafïîonen des Pays fi éloignez, ou la puilTance du Prince n’â- voit, pourainfi dire, paru qu’en peinture, & ou fes ordres a voient efte peu confiderez, tant parce que le bras qui les fouftient eft dtiüs les Jjlés de l j 4 men^ue. i 3 5 :ôp éloigné, que parce que ans les temps palTez, ceux qui ftoient portez à refitler ouver- :ment aux volontez delà Cour n avoient tiré des recompenfeSj U lieu de fe voir expofez au liaftiment que meritoic jufte-^ nent leur conduite* Si ce que lePoete a dit ( qué es cliofcs foumifes à nos yeux^ ont bien plus d’impreffion fut los cfprits, quenefont pas cel- es dont nous avons laconnoif-^- ance en un fimplc récit ) paiFe )Our une vérité conftante, que expérience de plubeurs fiecles i confirmée. Doit- on s’efton- ler fl je dis qu en des lieux ou a Kdajefté du Prince & l.’ap- pareil de fa puifTance ne s eft jamais fait voiri la foûmiffion 4 i 1 '- ' ’ - , ■ H . •5'î i 3 6 KeUtion de ce c^ui sefl paf?è des fujets nefl: pas pareille fcclle <^ue la crainte & la vene-' ration infpire en ceux qui oni tous lesjoursl un & l’autre pou! ol^ct ; joint que chacun des Idabitansaecbnimodezdes Ides Françoifes de l’Amerique, s’er ffant fait luy-melmefa fortune^ fans 1 aide & le lècôürs de la Cour, a cru s eftre acquis com- îüe tin droit d indépendance cii tin Pays, ou l on n’a veu re^ne^ tjüe le feui nom du Royjuf- quesen 1664. Sur ce pied, ladTe a juger au Leéfeur, quel efprit peuvent prendre à cet egard , ceux qui fc trouvent efta^ blis pour commander à ces peu-' pies ; & s'il cft fort facile de: leur infpirer les fentimens d’o^ beiilance^ pour les fimples or- i.uns les ifiss de l j4ntevi^j^e. i i-es duPiincc éloigne , & re- refentez par tm particulier^ jrsque rhabitucicdccommari- er fans eontreciic, chacun dans :ur détroit , les a mis en pofTef- lon de ne dépendre de peï- onne. Ces difpofitiofns n’ont pas fté le feul obftaclequcrencon- ra le ficur de la Barre à fon irrivée, elles eft oient appuyées fomentées par des Lettres le France, de gens conftitue^ m authorité , & qui ayoienf :araéFere à cét égard j qui aüii- roient les Gouverneurs & met” me le heur de Chambray, Agent general , que le fieur de la Barre ne venoic point dans le Pays avec un pouvoir ny cara<Üere,« qui deuft rien diminuer de leurs 1. 3 s Relation àe ce quis’ejl papè fondrionsj qu’ils pourroient agi à leuc ordinaire, fans les fou mettre a autre chofe qu’à ur coïiçert , & une relation gene- rale au fieür de la Barre. II j avoir plus , les interefts diffé- rends des III es, chacun à fol %ard, cftoient fouftenus par la dîvifion des deux principaux Gouverneurs, & la hroüillcrie des fleurs du Lion êc dé Clodoréj «3ui eftoit venue à un tel point,' quelaverlion entr’eux s’éftoit |ointe à lames-intelligence. j Ce fut lepremier mal , âuque? je fleur de la Barre tafcha de remédier , jugeant bien par la^ reponfe qui avoir elle faite de] S. Clirillophle quelques moisi auparavant, à la propolition de^ iattaq[ue de Nicuës faite par f âansîes hîes deT jémenque. 2,39 _ :ur de Clodoré , qu’il ne faloic s attendre que de ce cofte . 5 efprits reporraiTent àaucune itreprife contre les ennemis, n mefmc en feroient détour-? ;z , tant par le fieur de Saint eon, que par les autres Qffi- srs de Navarre&de Norman- e , qui s’eftoient expliquez à Martinique, qu’ils n’eftoient mus en l’Amerique que pouç feule deftenfe de S, Chrifto- iile, & qu’ils ne jugeoient pas ue l’on deuft hazarder, pour es conqueftes incertaines, ce ui fembloit deftmé pour ,1a, jnfervation d’une aulïi impor- inte querifle de Saint Chriftq-, hk. ^ Les chofes eftanten cét efl'at, f toutes les affaires ne ppuyanç t 40 Relation de ce qui s' t’Ji pajïé fftre refoliaes que par le confeii, il faloit 4ifpolcr les elprirs de ceux qui le dévoient compofer, tant à fe voir les uns les autres, qu’a quitcerlesmouverrjiensque ia jalouüe & Tamour propre pouvoit leur inlpircr. L’arrivee a la Martinique du fieur de Chambray le 15. 06 l:obre,âvec tous les VailTeaux de la Com- pagnie des Indes Occidentales! propres à la guerre , qui avoient efté mandez par le üeur de laf Barre, (i-toft apres fon arrivée,; luy donnèrent le moyen de? ménager cet elprit, qui (ç por-» tant de foy aux chores les plus< advantageures pour le general,' ne refiila pas àfes raifpns & entra-,: auiTi aifement dans le fentiment, d’attaquer Nieucs préférable-. ^ans les IJles del'^m^rique. Z4Ï lent ^ toutes chofes , q.u il ût que Tou aurait de peine 4 )rter les efpritSj tant des Of- :iers' des troupes, que de ceux e S. Chriftopme, d’ou il vc- ait, aprendre cette refolutian, : qui ne fe pouvant faire que ms un confeiJ general, felaeUF e Clodorç donna f^ns hefiter :de fort bonne grâce les mains quitter fon Gouvçmçmeni Qur fç tranfporcer à S. Chri- ophle, que c’eftoit le feul lieu û on le pQuvoit tenir, & le eut de la Barre ayant donné :s ordres pqur faire embarquer* :s chofcs necellTaires pour ce oyage , pour le nombre de '’ailTeaux qui dévoient les ac- dmpagnçr , fît mettre à la voille P vingc-cinquiémi Qéjtobre^^ 4 - 42 - Relation de ce qui s' efipapé ^ pouf la Guadeloupe, ou eftan arrivé le vingc-fepc, il n’eut fier, plus à cœur que de travaillerai raeommodement des fieurs dt Clodoré 6ç du Lion ; mais i| trouva tant de difficultez à re-r concilier parfaitement leurs ef* prits , qu’il fut obligé de fe con- tenter de Içs mettre en cftat de fe voir en lieu neutre, ayec une; civilité réciproque , &ç fans qu’ili y eut aucune occafon de crain-i dre qu’ils pulTent s’échauffer , eri: parlant & concertant les adaires que l’occafion & la necelTitéde^ temps obligeoient de difeutefj i: dans les Ijles de î J meru^ue. x 43 ^ESOLVTION DV: Sieur de la Barre » d'attaquer les Anglais , les raifons. CHAPITRE XVII. Icn ne pcrfüadant mieux J[]\^qu:e l’experience, le fieuc [e la Barre crut qu’il ne pou- roit rendre plus racilemcnt les fprits capables de fc porter I ittaquer les Ânglois ^ qu en fai- connoiftre par les efièts It acilité que l’onauroir à les bac- ire , ôc juftifiant { par le rapporc te quelques prilbnniers J du rcritablc cftat ac leurs forces & [e la difpoficion de leurs cou - bges : Pour cet effet ^ il refoluc |n allant à Saint Chriftopbic de ^ Part.I* L Î44 ce qui s' efi faire defcente dans Tune des , deux Ifles de Mont Sarrat ou, d’Antiquç j l’arrivée de deux . Transluges François échappez | de cette derniere, le fit déter- miner à tâcher de profiter de la, connoilTance qu’ils avoient, tant du terrain que des moüillages,; 3c d’entreprendre plûtoft fur celle là , que fur l’autre. Ayant, communiqué fa penféc aux| fleurs de Glodoré, du Lion , ôa?! de Ghambray, ils demèurerent; tous d’accord^ qu’il fembloic, îiecelfaire , avant que pouvoir juftement raifonner dans un confeil , de fçavoir au vray l’e-r ftat des forces & la difpofition des ennemis i Ainfi la chofefuc refoluë avec beaucoup de fecreC| de peur que la connoiffance n’ci| ddns les Ijle s de t Amérique. 145 rinc aux prifonniers Ânglois, jui eftoient dans la Guadclou- )c 5 qui eftant difperfez dans ’lde, pouvoient voler quelque petit canot , ou faire quelque )ipery , qui font des morceaux le bois légers chevillez enfem- )le, qui font une efpecedeRa- leau ( capable de porter ^eux tommes ) & ainfi fe fauver à /[ont-Sarrat , & y donner avis ux ennemis du delTcin forme ontr’eux j ce qui auroit prive :s François de ravantage con- dcrable qu ils pouvoient avoir n les fur prenant. % Relation de çe qui s* e fl pafê HISTOIRE DE VEÎ^A fm des Transfuges Rrançois, CHAPITRE XVIII. E t comme ces Transfuge^ ont 4<^nne occafîpn à % orcmiere abaque que les Bran-î' ont fait fur les Anglpis, âs principal 4’entr’eux a té--; 111 oigne beaucoup de cœur 39 d’adreCe d^ns fbn evafiQn; il ne fera pas fans doute indifife-' rend au Leétem d’enapprendré les particularitcz. Son nom eft Urbain dcFre-?; cine, fleur de GrândTMaifoni;| natif de la ville de Niontforeau, en Anjou, d’affe? bonnefte femiU le ) lequel apres avoir fait fes çftug àttns îes Jjles det Jmerîqui» 147 ïès , & s’eftrc attaché aux prin- :ipes dê la Chirurgie; que foa nclination luy avoir fait choifir )our fa profeüidti , poufle de ce ichr, qui eft afTcz ordinaire à a jeunclTc , d’aller chercher deâ :onnoifTances nouvelles &: par- :iculiere$ des chofeS dans lei grands voyages, il entreprit ce-; ;uy des I lies de rAmeriquc, ôd ïftant arrivé, & croyant poü* i^oir acquérir plus de pcrfc(^ioii 3 ans fon art avec les Anglois^ que chez les François fcs corn- f^ttiottoi , il choifit fon fejoüt parmy ceux de cette Nâtioit dans riâc d’AntigoâjOÙ $‘cftant this dans la inaifon d’un des principaiix Habitans , il y cxer- çoit l’art de la Chirurgie avec mt fahsfa(Æion réciproque, Lii) 14 ^ de ce qui s‘eji papè tant de cekiy chez lequel il d©*, ; meuroic , que des principaux Habirans de cette Ifle, & y ren-; controit (mefmc) fes avantages particuliers, par la difette que; les Angîois ont des pcrfonnesi adrcttcs & expérimentées en cet-;| te vacation , en laquelle ils prefe-J rentles François, à ceuxdclcuri! propre Nation, il en eftoit en •ces termes , lors que la nouvel-^ - le de la Déclaration de la guer- re, entre la France & l’Angle- terre arriva en cette Ifle, &que : peu de jours apres, 1© Lieute- nant General Henry Vvil-: loughby , Neveu du Milord jl de ce nom, qui commandoi£| en chef pour fa Majefté Bri- 1 tanique , dans toutes les Ifles i Antilles, pofTedées par les An- dans les ijles de t Àrnen<^Ue. 149 ois , y débarqua pareille- deftenfe à tous les François qui eftoient en ce lieu, au nombre d’une vingtaine de forcir les limites des habitations ou iis demeuroient à peine de la vie, & non content de ce mauvais traictement , il voulut mefmç les obliger à prefter ferment de fidelité au Roy d’Angleterre, ce que quelques-uns firent avec autant de foiblefiè que de man- que d’aficélion pour leur Prince; Et comme le üeur de Grand- Maifon avoir le cœur trop bien placé pour tomber dans cette iafeheté, & pour foute fans tefenciment le mauvais traitte-. ment. Sa dureté fe porta à faire ment, auquel on l’expoloitj Liiij ■ I i 5 O Relation de ce qui s'efi pafé contre le droit des gens i il prit dés lors la refolution de tout rifquer, pour par fa fuite fe tiret de la puifTance de cette Nation perfide & infidclle* Mais les moyens de mettre ce deffein à execution eftpient difficiles j il faloit avoir des ^om* pagnons, &fefierà leurdifcrc- tion , il faloic enlever un batteaii à des^ gens qui veilloient foi- gneufement à la confervatioti de ceux qui eftoient attachez au bord de la mer, il faloit faire une provifion fecrette d’eau, de vivres , d’armes ^ & de muni- tions , & tout cela en un lieu ; où ils eftoient épiez , & regar- | dez comme ennemis: Mais le \ defir de la liberté eft fi fort en nous, qu’il pafte pardefTus des i àans les Ijîes êè ÎÀmeft^ttè. i fi ^ifficukez , qtiifans luit , paroî- ftroicnt invincibles, & rcveillt refprit pour trouyèt des inven- tions capables d’y remédier; ce fut ce qui fit iquc Grand- ïvtaifon eue l’adrefle de fc trou- ver des compagnons, il fe de- t^ouvric ptcmicremenî à un Ikànçois, ^ui demcüroit dans une nabiràtion voifine , & n’euc pas de peine à le perfuader d® loufcrire à Ton dcfTein , tous deux enfcmble prirent la refo- iucion d’enlever une petite Cha- loupe , qui cftoit enchaifnce à un pieu fous la veue d’un corps de garde Anglois; mais comme les particuliers à qui elle appar- tenoit , a voient loin de faire Terrer toutes les nuits les avirons dans ce corps de garde voifin, Lv •r- I * Ij Î > ‘ y ' > i i 1 iî 4 51 Reldtion de ce qui s' ejl pdjîé la nccelïité indifpenfable de s’en pafTer , leur fie naiftre la penfee de joindre à leur entreprife un Menuifier François qu’ils cru- rent capable d’une refolution pareille à la leur, la nuit leur fournilTant les moyens de fe parler, fans fe voir expofez à la rigueur de l’Ordonnance des Anglois , ilsfe communiquèrent les uns aux autres leurs penfees, & s’y fortifièrent pour l’execu- tion de leur delTein , le Menui- fier promit de faire des avirons dans un endroit écarte dans les bois, & Grand-Maifon, comme le plus expérimenté, & chef de l’cntreprife , fe chargea de faire la provifion des vivres necefiai- res , & de les faire porter dans i un lieu fecret , & éloigné du ; ààns tes Ifles ât t Amérique. 153 tommercc des Habitans , & de fe pourvoir d’armes & de mu- nitions fudîfantes , pour leur fournir les moyens de le dépen- dre , s’ils eftoient fuivis. Quoy que ces chofes fulTent difficiles à mettre à execution, elles ne fuffifoient pas pour af- furer leur evafion, crois hom- mes n’eftoient pas capables de naviguer une Chaloupe , & luy faire faire douze lieues contre le vent, pour gagner la Guade- loupe, comme s’cftoit leurpen- fee , ce fut ce qui obligea Grand- Maifon de jetter les yeux fut quelques Nègres du voifinage, qu’il fçavoit affe & un peu d eau à boire, LVec quelque çaue de vie de :anne. ils coururent les bois aveç ïeu de fuccesE, n'ayunt point rouve d’eau douce, & peu de gibier, mais ils, fuppléerçnt par des crabes défaut» Le foir venu ils fe remirent L la mer fur la mefmc routre iju’ils avoient tenue «uif >f€Gcdcnte , faifant leur ctforts >our doubler la poineç de l’isle l’Antigoa ; mais iU n’ eurent pas éloigné la terre d’unç lieue, qu’ils fe trouvèrent engages au milieu de pluficurs Cayes ou lioches molles fous l’eau, fui lefquellesilséchoüerent quatre ou cinq fois avec tant dcrifque & de péril, que l’on peut dire qu’ils ne s’en tirèrent, que par îc fecours de la Providence, qui les favorifa d’une prote- âion fl vifiblc , quelle peur eftre imputée à miracle, leur Gouvernail fut ncantmoins rompu, en forte que ce, qui en reftoit pouvoir à grande peine les fouftenir contre la marée,! ils ne lailferent pas d’employer routes leurs forces à ramer, pendant le refte de la nuit, mais la pointe du jour leur fit voir que leurs efForts eftoient inutils , puifqu’ils connurent qu’ils n’a voient pas avancé une ■ Æ ^ ^ Æm ■ 1 ^ •• ^ ^ I d4ns les / sles de P Jmeri(^ue. i é j Le manque d’eau , de yivreSj : la rupture de leur Gouvernail, s obligea de donner à terre , ans un çul de facq inhabité, U ils s’occupèrent à chercher e l’eau douce, U des fruits df L terre, comme Patates, Bana? es, Goyauves, î^dameins, & atres qui fe trouyeni ordi-s airementdans ces lieux j ils nç rouyerent dans toute la mati- ée de l’eau que pour les defal- :rer , dans des grandes feuilles,^ ’une plante que l’on nomrne llaratta, qui rapportent fort à elles de l'Aloës, que l’on voir hez les curieux & Àppoticaires le France: Mais fur la predinee Is rencontrèrent plufieurs rp- fliesjdans Içs creux defquelles 1§ ramaflerent 4’ciiipQUir If r V,. Ai] |c; f-'*- z66 ReLuiondece cjMis'eflpafê en emplir un de leurs barils, qui leur fervit beaucoup, quoy qu elle ne fut pas tour à fait douce> mais un peu faumachei' ils furent aulTi alTez heureux pour trouver dans ces endroits’ les reftes du débris d un bateau, ^ qui y avoir fait naufrage dans le dernier houragan,puifqu’iIs trouvèrent dans ee débris d# quoy faire un nouveau G ouvert' nail à leur petit Baftiment , fan^ quoy ils n’eufTent apparanicnb pu fe fauver ny gagner aucun^^ des Illes Françoif?*, le MenU' fier ne perdit pas de temps à Ici mettra en cftat , à l’ayde de fes] compagnons , en forte qu aj l’entrée de la nuit, ils furcntl prez de remettre à la mer ; qu’ils hrent, tenant toujours! ^ la' dans les Isles de ï Amérique. z6j :a foute de la Guadaloupe , avec’ îfperancc d’y pouvoir toucher lans te matin du jour fuivanr , :ar ils eurent très beau temps |j|:' :oute la nuit , & ramerent de :oute leur force , fans qu’aucun îccident les détourna j fi bien i^u’à l’aube du jour , ils ne dou- tcrcnc point que la terre qu’ils apperceurenc ne fut célle de la Guadaloupej Mais ils furent bien cftonnez , lors que le jour iclaircy leur fit connoiftre qu’ils eftoient ericore fur la cofte d’Antigoâ, & que la marée les maitrifüit fi fort , qu’elle aloic les porter fur les forts de cette [fie, qui font à la bande du Nord Oueft j & cette connoif- fance leur fit employer toute Leur force, pour par le fccours Part.I. M Kçldtion de ce qui s' ej} pafsé leurs rames fecirtr en plaine mer , s’éloignes de laveuë de leurs ennemis. Mais lors cju ils fe crurent % unç diftance raifonnablc pour n en cftre pas reconnus, il fuç queftion de voir quel par ty l’oa prendroit:, 1 eau & les vivres leur manquant, 6^ leurs forces eftans beaueoup dinainuées, wnc par le grand travail qu’ils avoicntfouffcrti que parlc-peu de mécbante n; I» ' 1 170 Relation de ce qui s' efljfdjsé plus force fur fon cfpric, que celle qu’il devait plus raifonna-^ blement avoir de périr dans une traverfée de trois cens lieuës , qu’il vouloic entrepren- dre fans eau, & fans aucuns vivres, qu’un peu de lard fale qui leur reftoic j chacun des François difoit fes raifons, pour apuyer fon fentiment •, & les Negres qui les eeoûtoienc, & qui navoient autre intereft que ^eluy de mettre leur vie en fu-r rcté , connurent aifement que celles de G rand- Mâifon ptevaT? loient fur les autres , & qu elles eftoient fuivant les règles du bou fens , auUçuque celles des deux autres François eftoient produitent & diéîces par uns palïiQn qui les avcugloic. lüdnsîeslsUs détAwcrî^^^c. iji Grand' Maifon qui connut leurs penfées, les y confirma a petit bruit , & leur fit concevoir fi clairement, en peu de mots leur perte inévitable, en prenant d’autre party que celuy de ga- gner S. ChriftopHle, qu’ils ne firent point de difficulté de dire hautemét qu’il faloity alerjainfi le plus fort party fc trouvant de cet avis, le Menufiery donna les mains, & l’opiniaftrc fut contraint de ceder au nombre & à la force, de forte qu’ils cherchèrent les moyens dcTairc vent arriéré vers S. Chriftophlci La neceffitc, merc des inven- tions, leur fit trouver celle de fc fervir d’un Hamac, ou lit de coton ( dont l’ufagc eft comr mun aujt Indes Occidentales) ~ ^ M iij iji ReUtion de ceqms'ePpaf^é pour voille , qu'ils ajuftcreru fur un petit mats que leur Me- Dufier avoir fait pour leur fer- vir au befoin , lequel quoy quils manqualTent d’Efté&de haut ban^s , ne laiiTa pas de leur eftre d’un grand fecoursî chacun de ces pauvres Tranfu- ges faifant dans le befoin feivir les mains au dcâhut des ihda- nœuyres, quiauroient efténe-- ceflfaires pour en tirer du fer- vice cet cfta t, eftans félon leur fentirnent affez au large pour ne pouvoir eftre diftinguez des fentinelles Angloifes, ils cot- toyerenc a prés de deux lieuës de terre I Isle d*Antigoâ , par la bande du Nord & de l’O ueft, & a 1 entrée delà nuit com* ditm les JsUs de l ÀniefV(j^tie, 175 mcncerent tout de bon à s’eti éloigner, tenans la route de S. Chriftophle:Commc ils fe trou- vèrent exemptés du rude travail de la rame, ils goufterent un peu derèpos cette nuitj mais a l’aube du iour, ilsfc trouvèrent fi proche de la terre de l Islè de Nieuës , qu’ils furent obli- gez de reprendre la rame, avec, toute la vigueur que leur peU de forces leur pouvoit dotiftef,’ pourpalTer au vent de cette Islcj, te approcher les falines de S. Chfiftophlc: Leurs efforts ne furent pas inutils, car ils dou- bletent Nieuës } mais ils en paircTcntfi prés, que la frayeur leur glaçoit le fang dans les veH nesi ils s’imaginoient à tous momcos voir partir des 'Cha M iiij Keldtton de ce qui s* e fl q>afsé loupes & Bargues de cette terre^ pourfe faifir delcursperfonnes,' & leur ravir ou la vie, ou du moins la liberté ; Cependant Jl5 furent aflez heureux, oii qu’il' ne s y en trouva pas de preftcs,! ou que les Anglois les mépri-j ferent, & ne les voulurent pas) fuivrej de forte quayanshcu-1 reufementpafTéle canal, qui eftj entre Nieuës & S. Ghriftophlc, : fe trouvans par le travers, des falincs de cette derniere Isic, ils voulurent y mettre à terre pour fe foulager au plu- - toft de leurs travaux ; mais ils , fe trouvèrent bien éloignez dc l leurs cfpcrances } car eftans ap- ’ prochéz a demie lieuëde terre, ‘ ils échoticrent parmy des Cayes, & des Brizans, dont ils ne fa ims les ides dé ÎJmerîque'. ïy] tirèrent qu’avec toutes les pei- nes du monde; les forces leur manquoient par la longueur du travail, àc le deffaut de nourriture, n’ayans mangé depuis trois iours , & il en fa- lôit beaucoup pour empefeher leur petit Baftimentde donner par le travers & s’emplir d’eau; Ils furent neanmoins affez heu-’ feux pour fe tirer encore de ce péril , 6c de fouftenir toute la nuit à demy morts de faim,’ de foif & de travail , fur^la cofte de l’Isle de S. Chrifto-i phlc ; Comme ils fc virent le matin parle travers de la Capc- fterre de cetre Isle, & qu’ils €,onnurent qu’ils pouvoient facillcment y aborder, le cœur leur revint t^ut d’un coup 6c ' '■ "“" Dv 4 7 ê Kcldtîon de ce qui s* efi ^ 4 pe la joye fuccedanc à U crifteflc ^ aux craintes qui avoient oc- cupé leurs cfprits depuis leur départ d’ Antique, leur rendit alTez de forces pour fonger à fe faire connoiflre pour Fran-' fois; Tun deux fendit unechc** mife en deux & en fit un pa-* Villon d’arrière , &c un autre de beaupré'; & pour fe faire con*- fiderçr davantage, un autre deffic fa cravate, & l’attacha ad bout de leur mats pour leur fc.rvir de flame. En cét équi- page ils s approchèrent déter- re, le rivage cftoit bordé de François qui confideroknt avec «ftonneinent , le Baftimcnt qui venok y à border , le fieur d<5 SannoîSj, Capitaine du quar- tier qui fif trouva, fit faire dans les îsles de l’ J merl^ue. 177 gnal du lieu ou ils dcvoienfà border , & les y fut atteadre à cheval , on leur cria de terre, d’où eftoic la Chaloupe, & Grand- Maifon rdpondit d’ An- fcigoâ, & quec’eftoit des Fran- çois qui Te fau voient des mains des Anglois, pour fe réfugier chez leurs compatriotes , & il luy fût répondu de terre , bien venus, bien venus i & dans ce moment ils mirent à terrée, ^ Grand- Maifon y defeendit, fis jfut reccu du fieur de Sannois, qui luy fie donner un cheval ipour le conduire à fon logis, I tandis que fea compagnons aloient mettre leur petit Bafti-i I ment à couvert, dans le petit : port de la Capefterrci ce Gà-, I picainç s’efforça de le regaleç M vj il i V > I 2-78 Keîation de ce qui s' ejî pdj’sé de fon mieux , luy donnant d un bon agneau à manger, & du vin François , & de la Malvoifie à boire, mais Grand- Maifon connut qu’un eftomac des-accouftume à la nourritu- re, ne fupporte pas d’abord celle quel on luy donne, pour bonne quelle puiiTe eftre, en force qu il n y put fouffrxrqu*un peu de Malvoifie. Une marque de la prote- ^ion du Ciçl en faveur de ces pauvres malheureux , fe fit vi- fiblement connoiftre, en ce que demie heure apres qu’ils furent a terre , il s’éleva un orage & un coup de vent fi fort, qu’ikeftoientperdusfans refource,s ils euiTent efte encore à la mer. “ - _ - - dans les Lies de t A merufue. 17 9 Apres que le ficur de San- nois CUC fait rafraifchirGrand- Maifon pendant quelques heu- res , il luy dit qu il faloic qu’il alla rendre compte au fieur de S. Laurens Gouverneur, tant^ de ce qu’il avoir fait, que de l’eftat ou il avoit laiiTé les en- nemis dans rifle d’Antigoâ, & pour le conduire vers le lieu ou ce Gouverneur faifoit fa refi-- dence, ii luy donna un cheval & un Ncgre, Grand-Maifoiv fût fort bien receu du fieur de S. Laurens, qui loua fa refo- lution, & la hardieffe & bonne conduite de fon aâ:ion, luy pro- mit toute forte de prote6tion,& d’afliftanec, & luy dit de retour- ner chez ledit fleur de Sannoii^ jufques ànouVcl ordre» I ^ '■i- i I 1«C> Rdano„de»^ui,^,fli,^p. t-c lendcmain le fleur Gi- audjUn des Capitaines dcl’ifle ^ vint trouver de la part deçà Gouverneur^ & Iny dit qu‘il Jel“L°d ceîuy de CCS compagnons, qui cfloit avec luy chez le fleuri Cannois. Ils obeyrent auffi-toft , Se furent au ogis de ce Gouver- neur qui leur dit que le fleur delà Barre, Lieutenant Gene- ral.&qu. eommandoità tout iePays eftoit arrive' de France ? “ Martinique, & qu'il fa- o'r qu ils 1 allafTent trouver, jwutluy rendre compte de le- flat de 1 Ifled’Antigoâ, & des torces des ennemis en ce lieu; que le fleur de Chambray. Agent General de la Çompa- dans les îsles de l* J mertqaûi iS I grnie, les feroic embarquer dans îbn Navire, cela fut exécuté , & le lendemain ils tnircnt à la voille pour la Martinique, ils elTuyerent en chemin une bran- che de houragan, qui leur fie plus de peur que de mal > par Taccidened’un de leurs Canons de bas, qui fe des-amarra & defïbnça un des faborSjpar ou il entra beaucoup d‘cau dans le Navire , ce qui y caufa une grande épouvante, Mais il y fut promptement remédié , ainfi iis arrivèrent à la Martinique, où Grand-Maifon & fon com- pagnon, furent prefentez au fieur delaBaire, qui les reccut bien , & fur leur rapport refolut d alcr faire une defeente à An- »goâ. i8i Relation de cequis'eflpafsè ^TTjGîyE de VISLE dJmigoa, de fa reduBion^ CHAPITRE XIX. E t comme la principale intention du fîciir de ia •) , Èarre, cftoic de porteries ef- i:h de ceux qui dévoient corn. î pofer le coflfeil à entreprendre . 1 attaque de Nieues , & la con^ I « J^uefte & deflru^aion de toutes liîcs Anglolfes hors la Bar- ,j ■ bade. Il crût que pour en li- ; , nn refultat favorable, il . , raloit y faire entrer des gens, • lient quelque penchant l(j avions vigoureufes & dif- < ncilc à entreprendre. Dans àdns les Ifles de T J merîque. z S 5 !|ue le fieur de Themericourtj Souverneurde Marie Galante, ■ut, appelle au confcil, & luy lépefcha une Barque exprès 30ur le faire venir à la Gua- ialoupc , ne doutant point qu’il me dcuft donner dans l’avis l’aller aux ennemis, puifque. fa jeunelTe & le peu d’occa- fions de guerre où il seftoit trouvé, luy dévoient faire re- chercher avec emprelfemenc celles qui luy donneroient lieu de fignaler fon courage. Le fleur de la Barre eftanc perfuade que la principale ef- perancc d’un heureux fuccez,’ confîftoit dans une prompte diligence, il a fit telle à faire préparer toutes chôfes que le Z. Novembre, il fe trouva i s 4 KeUtion de ce qui s'efl pajsé avoir mis en eftac une petite Flore, des feules forces de là Compagnie des Indes Occi- dentales, compose de fepr Vaifleauxj fçavoir le Florif- fànt pour Amiral, monte de vingt- huit pièces de Canon, Je Lys de quarante, la Juftrcë de trentc-4eux, le S. Chrifto- phle de vingt fîx, la Vierge de dix- huit, la Bergere Flûte de dix-huit, l'AfFricainc Flûte de OC y avoir tait en barqu«dcffusijà.homm«< Foiétou , commandez par Leur Dorvilliersjcommandar i Srd.T.'Tr des Indes Occidentale^s^”^ quelques Volontaires, ave dans les ijles de t merique. i8 5 laquelle il mit à la voillc le mefmejour , laiiTànc la Fregace Angloiîfe, le Convemry ^ qu’il nomma les armes d’Angleter- re , de vingt-quatre pièces d© Canon montée par le Capitaine Bourdet > par le travail & la vigîlcnee duquel ce Baftimertp avoir clic (auvé des Saintes ,02 mis en cftat de férvir,& le Pi- geon pxife Angloife, de fix piè- ces de Canon, pour apporter I© S*^d.e Thémericourt à Antique , qui n cftoit pas encore arrivé de Marie Galante. Le quatricfmc toute la Flote favorifée d’un fort bon vent, approcha la terre de l’Ifle d’ Antigoâ, oii elle arbora pa* Villon rouge , pour ofter aux ennemis la connoiffance qu’elle iB 6 Relation de ce qui s* e fl pafsé cftoit Françoife ; Et pour par- venir a rcxcGution du 'dcfTcin que l’on avoir pris, & fc fervir ucilemcnt des connoifïànccs que les deux Transfuges pou- voient donner de la cofte de cette Ille, on la rengea le pluf' prez qu’il fut poffiblej & l’on entra la fonde à la main , dans le port des fept Ifles , ce [qui fe fit en l’ou voyant & fans avoir eu deifein forme d’atta- quer i'ifle, mais feulement de voir ce que feroient les cnne- ^isj & s’ils donnoient lieu d entreprendre contr’eux , le faire le plus vigoureufement qu’il feroit polTible ; le Saint , Cfiriftophle qui avoir le mieux tenu le vent entrant le premier, fut falüc dq fort de main gau- dam les îsks de l'Amer'u^He. 187 :he qui avoiç fix pièces deCa-, von, & reccuc cinq coups en sois, fans avoir perfonne de fieffé , la V ierge eut un homme :ué d’un coup dç Canon dans fon bord j ces deux Navires moüillerenc devant le Fort le battirent de leur Canon j L’Admirai ô? la Juftice, com^ mandée par le Capitaine Gau^ vin , palTerent devant le Fort, luy envoyant chacun fa bordeef & comme le fieur de la Barre, & les fieurs du Lion &de Clo- doré cftoient embarquez fur eét Admirai , ils crurent ne dc^ voir pas lailTer échapper une occafion (i belle; Et pour en profiter, le (leur de la Barre commanda qucl’onala moUil- Icr à la portée du pifiolcc da 2 . 8 8 lieîation de ce qui s' efî {>ajlè Fort ou batterie, (^ui di au mi- lieu du port Muny,defcpt Ca^ noos, de 12 , & 8. lieuës de balles, ce qui fut fait , tant par fon Vaideau queparla Fregatce,la Joftice , lefquels apres avoir' foujfFert deux décharges des; Canons des ennemis fans dom- mage, leur envoyèrent leurs deux bordées, dont le feu ayant jette répouvante parmy eux,- les obligea d’abanaonner leur Fort avec ieurPavilIon ^ ce que. le fleur de la Barre ayant apr- perceu, & voyant que les en^ nemis qui avoiçnt quitté çc. pofte fuy oient ic long dubord de la mer au travers des brol^ failles, il commanda de faire la defeentei pour cet ef&t., le fleur d'Orvillicrs , eomraaa'-, dans les Ijles de fjd merique. 1 8 ^ lant le corps de Poidou , fe £ttâ avec quarante hqmrnes / olontaires & foldacs dans les leux Chaloupes de l’Amiral, k: defccndic à terre, il fut fui- de quarante hom mess des roupes delà Compagnie, dans a Chaloupe de 1^ Jufticc i Ces |uacrc-vingts hommes hareng. Qulltenus par cent, qui forti- ent du Lysde Saint Chrifto^ !^hle & ^ la Vierge , le toui? naTcha en hataille , fc fâifit dif ■ott & entra danslè Pais jOtt l’on nie le feu dans les maCons & :anncs, & ou Ion fepofta le pi us' lyantageufcrnent qu’il fut p^^^ Sble. Lanuirle ficur d’Oryillicrs 3artic pat 1er ordres du fleur la Barre, du quarricr oti’ if 9 O Relation de ce qui s'efl ^apé cftoient campées les troupes à la tefte de cent cinquante hom- mes , i§ç alla à une lieue & de- mie , vers une maifon baftie de pierre de taille , où Ton foupçon- noic , fur le rapport des Trans- {liges, que le Gouverneur pou- voir s’clxrc retiré -, à la pointe du jour il ouït le Tambour des ennemis qui cftoient poftez pro- che cette maifon fur une hau- teur fort roide & dîfRcile à monter, Aulft-toft il fit faire la priere, ordonna les détache- mens , mit les ficurs Giraud & de Vilards à la tefte des Vo-, lontaircs, & marcha droit aux ennemis , qui fe trouvèrent au nombre de deux cens hommes, commandez par le Gouverneur de nfie & le Colonel Mouch, Nos dans les / sUs de t^merique. 191 Nos gens furent obligez de marcher aux ennemis en defbr- dre , & en graviflant, à caufe de la roideur de la montée 5 ils ciTuyerent en cét eftat à la por- tée du piftolet leur décharge , puis donnèrent fans tirer avec- tant de vigueur & de fermeté, qu’ils les renverferent & rom- pirent entièrement , partie le retirant dans la maifon qui leur fervoit comme de fort, & l’au- pre prenant la fuite, la maifon fut attaquée forcée en peu ^e temps, le Gouverneur pris prifonnicr, le Colonel Mouch, Sc vingt autres Anglois, lapluf- part Officiers. Il y eût peu de gens de tuez du cofté des Ennemis , aucun de celuy des prançois , qui n’y eurent que ■ Partie J, N II X9,i. Relation de ce^uis*eli pafsê ciinq foldats bleiTez. Cp fuccez faifant naiftre une cfperaiijce aiTcz bien fondée, qu,e les ennemis pouffez avec vigueur pourroient encrer 4ans îa penfée defe rcn4rc, pririci- jpaipment siU voy oient les Fran- ç^pis. marcbçr à etuc, ayçç plus; grand nombre de troupes , don- na Ueia à un conf^d, où il fur ïefplijt* les {leurs 4^ {s-ipn, ^ 4ç Clodore 4eCcçndrpient| avecl^ Vplpnraiç<îs & unecen- îaine I tirez des Equipages des Navires;, mar- pherpient aux ennemis pour les faire fpmmer eftant en bataillej il fup convenii que le comman- dément feroit donné aux {leurs 4c Cipdpré & du Ejon., aufquels le {leur J^pryilliejis le deffera | dans les Jjles de t Amérique, x a priere du fieur de k Barres 7CU qu’Ü 5 n’avoient aoieun corps ie leurs gouvernemens a eom- nander. Ton tira au fort pour | ^oir qui auroit le premier jour, le il echeu au fîeur du Lion. Les ordres dounez ilsmar- ‘I hcrent à la pointe du jour du ‘ ixienic , au nombre de deux :ens foixante hommes , & apres :nviron trois heures de marche, rouverent les ennemis polVez fu tour d’une maifon adez for- e , ayant une bonne pallilTade [evant eux, s’eftant mis en ba- aillc à la portée du moufquer, Is envoyèrent un Trompette ux ennemis pour les fomracr k fc rendre & remettre l’Ide |Utre les mains du Roy. Ils fi- ent une reponfe fort civile, ^ ■ N ij A 9 4 ^é & firent main baffe fur iesL-^nemis , qui avoient attendu ceo:e extrémi- té} riiumanite Françoife ayant neanemoins fait donner quar-^; tier au Colonel Queftz ôc à vingt cinq autres Anglois qui furent faits prifonniers j tous les officiers & Volontaires Fran- çois fe fignalccentencetteocca- Les du Lion, de Clodorcj - ■ Nv 9 00 Kelatim de ce qui s’ ejl pafse Sc Dorvillicrs y donnèrent des marques de leur courage & de leuréxperiencej &atpres la bief* fure du fieur du Lion, les deux autres y agirent de maniéré que la meilleure part du fuccez de cette a<3:ion , leur doit eftre don^ nee: Les (leurs Ranvier ôc Montbayon^ Enfeignes au Ré- giment de Poi(5lou, y furent blelTcz , faifans en gens de cœur; le fleur Giraud, legercment à la tefte, le fleur Delbee , comman- dant un des corps des gens dé- tachez des Vairfeaux, y fut fort blefTé, donnant des marques de fôn courage ; les fleurs de Cam- pagne , Terré, de Manleon, Renard, Secrétaire dudit fleur de la Barre , & Robineau , y fu- rent bleifez, ce dernier à mort; âdns les îfles de tJMèri^uè. \ Ôt il y eut douze hommes tiitz te environ quarante- cinq bleiTetj dont pluheurs à Mbirt} les en- nemis y perdirent plus de cin- quante hommes tuez fur la pla- ce , fans les blcflez qui s en fuh ïent danS les cannes 'de (ucres & dans les Bois , & l ort ramena une trentaine de prifbnniers te quatre Officiers. Le fieur de la Barre àyànë tü vers lé foir ad vis de cette âârion , envoya des Ohalôupes, fuivant la requifition que lüÿ en fit faire le ficur de Clodoré, pour rapporter les bleffez , & les fit charger de vivres & muni- tions ) elles revinrent à deux heu-' rcs de nuit, & lés troupes eri: leur camp, fous le Canon des VaitTeaux environ les onze heirf „N vj JO t Relation de ce qui s’ejl pafîè res du foir. L apredifnée de ce jour, le fleur de Themeri- courc arriva dans le port fur la Fregate Angloifc les armes d’Angleterre en compagnie du petit Navire le Pigeon. Le lendemain matin le ficur de la Barre envoya un Trom- pette, fommer les ennemis de le rendre & remettre Fille en- tre fes mains , qui dirent pour reponfc, que le lendemain ils luy feroient fçavoir leur refolu- tion. » Le hui(îiieme au foir , il ar- riva un député de leur part au ficur de la Barre avec une Letf tre , par laquelle ils luy deman^ dolent un lieu pour traiter, Sc ils pûlTentenvoyerfuremcnt leurs députez j il ^t conduit au dans îes I[les deîjA meru^ue , 3 03 bord du Navire , le Lys oii eftoit ledit (leur de la Barre, ôc les fleurs de Clodoré , & de chambré: Il fut unanimement j . jugé que Ton ne pouvoit pren- '■ dre un lieu plus commode pour ^ire alTemblcr les députez , que la Rade de S. Jean au quartier de Popfede, parce que le camp des ennemis n’en eftoit qu a une petite lieue , que l’on pouvoit y: aller aifement par mer de nos. Vaifteaux, defquels ce lieu n\e-^l ftoit éloigné que de deux lieu'ês» par eau, & l’eftoit de cinq par terre j ainft ce lieu fuft propofe l’Envoyé , auquel il fut dit qu^ leurs Députez eulTent à s’y ren-» dre le lendemain à deux heures aptes midy : Et fur ce que cedc>» puté répliqua , que desHabitaa§ ^ Ô 4 ^eïdtion de ce qui s'ej} paf?e iie pouvoierrc fi-tofty envoyer^ parce qui! eftok nüit> qu'il ÿ àvok cinq lieiiës de chemin pour retôürnér au quartier ou les principaux Habitàns dé l'Iflé eftoient campez j que quelques- utls éftoicnt encore en des quar» tiers plus éloignez j èc qu'il cftoit impolîiblc de les ra/Tem- bler que le iéndemàin aprëâ Kiidy j pour faire trouver les Députez le dixième àu marin au fendez Vous. Ces raifôns a^anfc paru fortes & juftes au fiéur de la Barre, ily dônfioit lesmaius^ Jors qu’il fut contredit en cé q u’il îtyançoit par le fieur de Clodo- fe, qui s y oppofà avec tant 5e chaleur , qu’il fut obligé defot- tir du Navire ou il eftoit, ôc al- ler dans celuy ou eftoit le heuf dans les ÎJIesde l'Amérique, du Lion blefTe: Et y ayant hic àfTemblcr le confeil j de faire refoudre la chofc fuivant fon fentiment, ôé d y faire confir- mer le choix qu il àvoic fait des fleurs de Clodoré , & <îc Chambré i pour aller comme fes Députez traittcr avec les en- nemis. Le dixiéme âü mâtin il lés fit partir en quatre bonnes Cha- loupes armées de quatre-vingts hommes J efeortéesde la Frcgaté les armes d’Angleterre; ils re- vinrent le foir, ayant conclud la plufpart des conditions du Traitté , dont ils avoient remis la fignature à bord de l’Amiral pour le unziéme , où les Dépu- tez fe dévoient rendre, ce qu’ils firent, & les Articles fuivans y l 5 ô é Reldtm de ce qui s'efl pafiê furent ftgncz par les Deputel de parc & d’autre» Articles de U CapimUtion tique J dccorde"^ 4u Colonel ' Bajiien Bayard j aux Qapitai-. ‘ nés Lee^ V Vintrop , P^varnard, Bdoliady , reprejentans tous lei JHaPitans dl Antique, T Ifdks Ofliciers & Habl- JL^rans remettront de bonne foy dans deux jours > entre les mains du fieur de la Barre j Sé des troupes Françoifes de fa Ma- jefté, leurs Forts , Batteries^ Re- doutes j & Maifôns fortes ^ fer- vans à la deffenfede fille d’Am tique, avec les Canons, armes^ & rnunitions qui s*y trouve- rpnt. i ààns Us îsks âet Amérique. 307 ‘ Les officiers & foldats qui font dans ladite l£le ^ y pourront demeurer , fi bon leur femble, comme engagez ou Habitansj aux conditions cy- apres expri- mées, & ceux qui voudront fc retirer en auront une entière liberté \ & à cét effict , ils feront embarquez fur les V aiffieaux du Roy , & conduits en France pour aller où ils voudront, le tout aux frais de fa Majcfté, en confideration de leur pauvreté>l & ils remettront les armes, aind que les autres Habi 4 ^- tans. - f Les mefm CS officiers & tans feront tenus de prefter fer- ment de fidelité au Roy entre les mains de celuy qui fera à cette fin commis, moyennant quoy »i Relation de ce qui s'efl papé ils joüifont eux & leurs heri- tiers de leurs biens en toute li- berté ,’ainfi que des Privilèges, immunité^ & exeniptions, dont ils ont cy devant joiiy, & fe- tdnt repütez Rcgnicoles j & ori- ginaires François; Lefdits Gommandenrs Of^ liciers & Habitans ^ reconnoi- ftront pour leurs Seigneurs , la Compagniedes Indes Occiden- tales Frârtçoiie^ conforménienf à l’Ediét du Roy du mois àé May i^^4. Ceux d’entre îcfdits Habi- tans qui voudront fe retirer^ foit en Angleterre ou ailleurs^ txcepte a Nieuës, le pourront toutesfois & quântcs qu’il leur plaira dans fixmois, emportant le provenu de leurs biens, dont àdm l s ÎJles de t Âmerle^uç. ^ôp M leur fera libre de faire la ven- te, ou d’en laiirer le foin à per;^ fomics chargées de leur procu- ration, qui auront prefté fer- incnt à fa Majcfte. Lefdits officiers & Habitans auront liberté de confcience en l’cftendue de ladite Iflc , & y pourront baftir deux ou trois Temples , excepté au quartier ou fera cy- apres deftiné le loge- ment du Gouverneur pour fa Maj^ftéi L’ExcrdcC de la Religion Catholique, Apoftolique & Ro» maine ^ fera libre en l’cftendue de ladite Ifle; & à cét effet, fc» ront baftics des Egiifes Sc Cha^ pelles j au nombre jugé à pro- pos, & des Preftres & Religieux fuffifamentêftablis pour les def» fervit i ' 5 î O KeUtion de ce qui s’efi paffe ' Les officiers &Habitansguî demeureront fous robeïffiancc de fà Majcfte^ feront par elle maintenus contre tous ceux c]ui leur voudront faire infulce, mefme contre les Sauvages In* diens. Lefdits Habitam qui fe vou- dront retirer en Angleterre ou ailleurs, ainfi qu’il eft expofe au cinquième ATticIc, ne feront tenus de prefter ferment à fa Majefte j mais ils ne feront au- cunes pratiques ^ ôr n’auront au- cunes correfpondances avec ceux de leur Nation, ou au- tres au préjudice du fervice de ià Majefte, ny nepourrontpren-* dre les armes contr’elle , fous peine d’eftretraittex comme cri- minels de ieze-Majefté, & s’il 4i4Ps les Ijles de t Amérique. | j i p^EroilToiE aucun çnnemy, du Roy pour infulter ,cecce Illç ou autrement, ils feront tenus de demeurer en leurs maifons , fous peine d'eftre traite^ comme en^ nemis. , On rendra les armes à ceux d’entre lefdits Officiers & Ha- bitansj^ui prefteront fermentH^ç fidélité a fa Majefte. Lefdits Officiers&Habitans pourront faire commerce aveç les Ifles Françoifes; les Fran- çois venans d’Europe, Hollaur dois , & autres alliez de fa Mar jefté, qui feront tenus de payer les droits d’entree & de fortie, deubs à la Compagnie des In- des Occidentales: mais lefdits HabitanS; ne feront obligez \ ^ I payer aucuns. droits des. marr ^ I ^ Relation de ce qui s' e fl paflé chandifes qu’ils feront venir d’Europe ponr leur ufage parti- culier. La Juftice s’adminiftrcra fé- lon les üfages & Coutumes de Paris J en première inftancc,au nom des Seigneurs de ladite Compagnie; ^ par appel par tes Juges qui feront cftablis par le Roy en ladite Ille, La Barbade eftanc une des dépendances derifled’ Antique, la moitié en eft delailTec aux Habitans d’iGclle , qui prefteronr ferment à fa Majefté , pour y faire telles nourritures & habi- cations que bon leur femblera, en forte que les habitations leur demeureront & feront partie de ladite moitié. Les biens des abfens dcriile 44ns les îjles de l*j4meisîque. 315 'sront acquis èç confifquez aii. ?rofîc des SeigneursaciaCom- jagnie, félon qu’il leur a efte icGbrdé par le Roy , excepté ?our le Colonel Millecoii , &la dancation des Marchands, à :oudition que; ceux qui les fc-r cpt v^loi« , feiQJüE tenus de )refl:cr ferment dans huit mois, lï Sui:e dequoy ils leront tenus k les vendre '§ç: d-en tirer Iç^, leniersi, & cependant ils ferpnç >bligez d’avoir en chacune plan- atipn deux ou trois François^, □.iEciers, Ouvriers, ou enga- ^cz. Si le Lieutenant CoIoneliDa*' aiel FitK , qui eft prefentement i Nieues , veut cpnferyer fa plaur» patipn en ladite Ille d’Antique, pc y venir demeurer J il lepour- 'Sff ii I ( '' n Éiâ^slttii(t‘ÿ^®s&{^es^^ l%vis lu y eéétËS^ ^niRé‘i,‘a €&néiûbn de fei rendis© àîiïftfm€^îlcm|>f à S, ©hfiftaphierçtoùib prséftera fer- i^nci à ïa iîMa|^é4»*&:" pour dl)®WÊr^i4eilsi4vis^i>^^^l^ de (Ihaniissde^l® tendant , fournira une Barijuè^fjè dépens ôé rifquc çkidât îKt«i«'iU -..44 .i-.-f.i r:.: 3i4 ^4iLefditsaMabitâns- &Oâîciers ise;feoîtt obli^iz à^f^endreles armés contre- -fâ Màjefte Brita- nique pendaïïcia-pteiéntc guet'» ré feuicmen^s-imais ^s’il fe prc- fente des V arfîèaux & des trou* pesde fadite Majefté, pour s'em- ' parer ^dc rifle d’Antique, ou autrement, ils feront tenus do demeurer dans leurs maifons. LesGommandeurSjOflicicEs : ôe Habitans feront tenus de- payer dans les Ifles de t Ameriqite. j t ^ payer pendant deux ans, outre les droits ordinaires & accou- tumez dans ladite Iflc : dix pour cent des marehandifes qui fc fabriqueront, en ded«- ^ion dcfquels icra prefente- ment payé cent mille livres tci^ jiyis querçcnt^dnqn^iÿf,-^^^ i îüîM8n , èé^ ^ fouk^ Btâlaftt 3c pîîla»«te ' ^^fgÉ'è2É" '^di^*^ Flfléfe ti'^^ùii^Éfcipûks qu ’ik àvékfft prë^îfj^ dç f énltttf t îct^ iâtiïic^ cA^c^4ès AàiÀl tkk'iÇfànç màk que ’ÿi^^lM^Voùlàït Icùr jeifidfi'ua corps des troupes , ilsferoknt 'dôûrtiS d'âns k jdûrn^ "iùivan-i ttei L^^îéur d€ k BarfC"fte jugea ^as à |)fèj^os‘ dt prehdre ce par- ty , ne voulant pal expofer un petit torps' de fes troupes, à la roy d’ennemis nouvellement re- istrois doits vit hors d’éftat de faire defeendre toutes les trou- pes Françoifes, tant par Ic maii-' P iÿ Jz O Kçîmm de pafsé que de vivres , que. parce que leur nombre dimiuiiÊ par la quantité des pourroic pcutscftre doHner -oeeuc aux Angloi^j j^iles faire tous join- dre contr eu,|fy-ttveie periLde.r |; ^ loupes î^ainfiii r^folut^ ^r i ayis de^ ccs ^eflieuxt s dp f l’e^dadoh du a qdînzaid^j & d’emporter' les Canons des imneriiis, âpresaVoii' ruïn|jtQrsr^t3:ri^^4c^ d’em- mener avec îuy des odagespouÿ Ceurete. de àcxOciitimFi du rr roitr. tiO du Golond Cardinj ^Gouverneur de cette I fie > il le ^mffc en; liberté , & luy fit ren- dre lesi^cgres. qui avoient efte pris à -un . party de . «guerre , ôi damier ifiss'de l'Ameti^ué. f î^i Bondey powp éftà^^ # plûlîpas aii cô^»âiftî^â«^è^isiftoapiesf qtiè)t PdéP É^Mcn^' Bâf (}feè4ê§ 3 î b g îololai il àms j^sq^Jo ji aamb ut ftm i kfi^h fVsJiiS^Î^ i i "4 * FÎA Pî Tï^fe''^Ké' - ' ïüoq aa'Oi 'ilo aab Yui'»vfi wo^ni. quaÉQEzmaé pÜ’àn mil vmEsïpofir Saint ifeàphlejp«>nr tyütenk ét Qoaé feil xk^Giiecïc , qui da^ok^ fifté îèiôkL'; - ;îfi33 sr:- ■.''^los-r^^.r' iiewr dç la Jbrrrcftiim âînrs^ qu ’il en devoit beaucoup idpérer , puibp’il pouyoit faice 4<;vaiep£ a y a^a4 qu^ -?fÇf iponj-,, jcs V )• m ; Y. y ' î? ad ;^? ^ y fm iÇivi- ^;loi*;P^'^ '5Î^)¥r^Wfi- fl^ §3jlwX-ep^ 4® >iT^a^ encore de proviUons cI^f^ 9 ^, IS“|l5 fà°f?''5R''‘?’?"f 4«! ^«- ^fa?4®fi ?(pfgw. Wfii fl” shîwn î^ïi^lîPrHS' 4,sonfitotionj?pjq. ^r ■ i w ,f % ww^ Cl^dore 3 a ^ c4pg ^ ' J 'àhc Mi mfëhm^èimmkm if ÿiÆ iîiulà '^Sc ‘tâèha pl^lr' fcs^WiÎKez a §’acqüèrit ^eë qu oii^ luf vou^ faire ''erbirë iju’if ' pas i&dlemeqtjïlfctiffiFenforiie qü il là coh® é db {ftâf (fë Sffcwn." à fon égard, & de‘lpFîcs'^ dft fitici-s^W f^àêà^^ ^I^OT- làaii'dfè^ 20o;.;ryoiq ah ficuf âfc siini ''té^'q'à’il’â'voi' përmir' à qiiëlqües Fkmâns^ (bûteqüîiâ|c'éhiquàri^è^l^ CO m rrîânÿs^^'par îc fié^ V|n? dclboiîrg^, Major du quàrfef O V î 4 f R‘^d(nrkde et qüis'efi pafsé de la .Q^bffterrè de rifle d Chrift^phle, d al|er attaquer les d^ns-J’Ifle de Saint Bu||aeliÇy ôc-qu ’il ,y avoir déjà quelque -te-m|>s qu’ils y eftoientj fans afvokvfdrc^iivanGé, ce qui liobligca^deçonimander IcNa- ytte di’^ Saint Sé~ talticn,- tnonté par le fleur de Bâd^ea , & le Saint Chriftophle |iour: y aller, & .4 -y porter le ïeur poryilliers, avec cent ein- . quante hommes de Poiéloü., polir s’emparer de ce pofte im- portant pour la confervation de >531111 chriftophle;^ Et comme la> blcflurc du fleur du Lion avoir obligé de différer le Con- feil ade remettre au feiziéme , il fit trouver bon à ces ÎMellîeurs^ “de l’aller tenir à bord de fon i V^3AÛm\x d^s L oft^y tran^fforiaajefàariàs f^^oif/ les lîeuîS' IîC i'Bî^ré, Éi^S^iSC' LoôÊf jf-deClddafé^ dt , Sffiïiç E^iïi^fitl dè T^emêticburcg d*^Ghars(fes^^ 6c ‘ékâcan s^eftaftE rang! fe fi'êut de* lÿ BM’e l^ittk f>irolc Ôc die^ affeHîbîerîa Goiïi^ ^gm*c dà^ce liei , jjcdiE cxami»^ îieP â'^ec ces Meffieürs (|ui li cdîripdfoierî&, dsiqu’il fèrmc à pî%pos de Ikire cdfi^d les ennô^ Mis J <|ü il - tdyoïE fort cortfteff- Ée5tç & |>eu en cftat de rcfiftcij; qtiii cftimoit qü’iPfafok profo ter^da temps , tandis qiie Ids François eftdièniMaifttcs de k MSÆ y & fans en perdre un mcH îtiieiît,- fé pTevallôir des advan.-! tagdiqttc le Ciel, Iefecours“dd 5 . 1 6 Relation de ce Yjttis'efi fdfs^ •Roy , c^orts «^uçfàiiWciiE la Copapagtiiç , 4es , Jndes O.C- cideiîtalçi > leur f ,d.QHnoiçiTyE lur cu^ >.jCju.il prevoyoie cju’il pçurn roit ar^iv^f, 4?s VaiC> fei?3ç;4>nglexerre », ayec;^ I^f^, g\tels les Anglais , ou . fe rça-r droient Maiftrçs fur^m^^ ça y, balai^çerpienci les foree^ff raur, çoifes j qu,ç;n, ce tempsj l’on nej fçroitpoin^ cn eftat-de -rien enni treprendre , , parce njÇi: pou^noir degarjiif au^^nc 44îei' au lieu qu a prefent ; l’on ppUr/ Voir tirer de tjoutes^ telles forecis qu.on .jugcrpiti à prppos i aucun, rifque qy crainte} 5f,.que ..comme irnej.vpypit ppint 4c pofte qui leur fijt plus impor-,, tant que 1 lile de Nieues , de la prjfe de laquelle dependoic la damîef !Jlet dèf feuriï!e*ïle cclté Chri- ftophk,*^rl croybit |à'îî|r- voic aEtaqueprqut: fet l’ow âevoij; èn\iî)ycf Fqiië^ ’ rir fîx koiîHfks‘ tinique,* *qui feroîcat èplpdtté^^ avec le refte iefqtiel''i les y •&i ïrènte (SlialoapÊS 2 des V aiiTeauiy dis ‘ pOurïoiüMftiife- JMtifc fàÎPâ deux ycrkâbkscatta-i ques , qui feraient cornpofées dis dauze cens îio mmes Jchacu- nc'jiêé' uéux fiulles'/clDceîit cin-* qaaiîte loldaïs <6è cent matelots armez que dancs . è’ardeur où il voyoit les troupes, il ne dou- toic point d une vidoirc cer- taine, fçaclîaMt d ailleurs que les ennemis eftoient faibles,» édkites lJies det'^'iM^flqki. thaï ârmez’.f defsoiity^i^ munitions de gwrtç.,* n’af ànt aucuns. Ôiiciers nj gens d€ iforvise pour IcSi^icorainancl^r,, .êc fort d^urtgÂZ*p^ar:l^rSidîf^ grâces ^ ^ nosj hons^ ofuccez continuels j <|u?ain{i il eftimoit quils devaient, fans, liczîter fe porter tous à cette eut reprife ii neccûTaire pour la confervation de Saint Ghriftophle ^ & û importante pour le fervico du Bboy. . • J Le fieurdu Lion prit la pa^^ rôle i apres le fieur de la Barre ) &;dit, qu’il n’eftoiC; point d’avis que l’on attaquaft Nieues,qui eftoic le pofte des ennemis le mieux muny , & où l’on trou- ycroit le plus de refiftance : qu’il pourroit arriver que les Fran-; tanrsjii dmitoic! ceuftiaq cours ^ '‘kfkttW <équt^Ÿejhf'i^ roiént\TcpouireziT&: bac- irtqucj'slieur, ddFaitcr tomt$ bsilflcs'iemcperîl)^} ^ . pts prudent de rtfqucr^l cc-^ju ils tê»oient»cn^mrs mainsri^* pGmE"pi^;co0îpa^ftei ineeit^nei*' &'->qu'dbcfl30giô djavi^l^uÈïo}%if rccoErCjîaft ^à ntl que? feiiPéTÈ^®54> enter) ki T^itcc 9 ) & qiikîi5>fuigî !' t>ïf ttraqnaft Mk»iîté5ærrat|^ulai-tî pesjces pri&s4îil&?^ jcïur®; eiî eflae de> ^porter ^effifs ■ eoiitBe îdieuës J avce d’al^*' yy qü que iîo® Br an premier ;^ferOpE S, 1 entreprife deviendroit ïeî^ is'fttc .iaiïnt Lec^; > que k principal mddf^d«;5 11 <«ay c3^îf de faMajcftéîfen CB®kys|tft^ffrî là confervaripiïîdê Siiiid Ciirr» ' fk>pblir-’j ib ireioiti p*s|, d^sdvïÿJ de ricas tentfep'"K3toti>riefiÊfï'nc‘“^' îpjs’ lÿïdofitr le ifwrce^î^iîc tpafWi hïdiibttaljlfèt rg^ fieüBedb patob^êc lesîmefoies' riifoas '<| q 1 bfieîrr dela BaîEeufmDcklt , ér y tay iqa,e3b nieilbuE r^tïy en qu^fj; roaspettftnayob poÜE b bic»; conbrver^ cftoit d’aiFoiblifdon^- cime my n fuk «iout en caei iPays p ôu^ksioranp^s iie pouypiôiïîy>CJ^> nirù q« 4 -, de^brü loinîq qu’il We» rr4>uik'i^l poéîït r«ntrepl:tfe fu® > NieuiëS)/ aGçdmpagàebicb >tant ! dei diStulccz i quelles lid pad-i t feQt)eftce!ifecillemeiat furmon^ t que pour luy il eiloie 112 , ^^l4tiofidecff^uis*eJhpdJié-- cl avis de: laîraquer *fans ba^ ianc(^/coa}fne un pioftè |üfans la pfife3^(|iïetj^. ji imp@âlblsend«qigonfeEi^erî Saint C h Fïftôfpiîleÿ' n üLe en^:de‘-S ain t I^ütëns ^%^â^diufuîpee , cc cfe: etinéfl^s Mieuësf in it ®n qu . jy y. a voien© trois ^iî iidmmjss pôrtaiîÊ ar^ lï’eftoient pbinti âbftÿluitïcnt d^poütvcusdcs cbo-* fes ^néeel&te^ ^ qd’il ne gé^t pas peut ’^lumaine*» ils enJt tè üïSi^ èii dn e attâqj ue d @ tertiÊ nafnrCf^'licJs trOupeseftans oblig'ées^4n«t^f e à terre dévant des «anemistplus forts en tiotti- bfevque les Franfois,^ F-ê- fieür de la Barr e qu’il fçavoiic afleurément, qu’ils rnanquoiens dkrtiii^s (S^. de px?,udrc$j êc que fcjüaiid. % Æft; â^rdiciïe cü'j ^Clpitybî5CtotS©|3tj^^^^^ troûiî ^ Wm« l^eteea*t€î dè nos aaaqacsf^u# IeS3p|.â|^ çak avoiemAMsiJiëE^sqf'él dé#- ëfiflte. ouye«jefcpqi3peife^ Lciltcun de Saint Laiircnüj f cp^k & di| , qu’ji croyoit fes âvk c^tains'j qu fl eftitnoit que quand 4‘eüdiK!)fk'Aà>'unc def- ccntCj GCi^/efoit âvec une perte d hommes h conhderablc* que cela pourrpit diminuer de Jafor- cè des Ides &• des- troupes j Sc ! ainfi expofer Saint Chriftophici ' m pQiitt^’ifeisicdïQiijQ f tofoée 5? Q^feij^î ^qwyoiiipfc’fijCEefJCïfb dfs n?^syjj|u©lî|s> yfMy^^ S«^Wc4’A:fflwqbe^if0 4^:fplstnjkéi parié çtm- tp^y gïï lîîez; qu’il n^^fptjroitipâsiaai § qu’ibeftoiç 4s4vi& ^uc fa,i|s p^rte 4c tei»pS| Qî^4cp|yv#Uaft)â^ l^cpar^^^ I J € Ketmon de te qui s' efl neceffaires pour fort Iftaquè'l Ainfi les avis eftôlfent partage^: frois cobcte trôis, 6^ il y avoir lieu ép croire îa iîiî fieur cb "T çnsefi cfoïirt’’ dj^iicfe'- roic en fàvturde ceut’ qü4 you- ioient accaquèf Miettes , edmS me faVoic isCp&té l6 fiïtti: de la Barre , mais il contraire, ne for pas davis que Ton attaquaft Nieuës , mais que Ton aîla|l a Attdque, ê$ qu cnfuite l’on attaquaft Monc- Sarrat. La chofe ayant ainfî pafle de quatre à crois, à ne point executer rcntreprife de Mieuës, le fieur de la Barre ne pût s’empefcher de reprefenrer encore à ceux qui compofoicnç leConfeil, qu’il prevoyoit de ^ fon refultat la perte infaillible ^^hlsîesde^Jmey^Uf, ^aîni ^Jjïifltaplc , parcfeqac Il la f aem. da^ic ihne/iero^s pâs,àa poprpir de la afsé CHAPITRE XXI. C Dmme ces ehbfes fe paf- fôient à S. Chriftpphlc, le fleur Pdrvillicrs avoir mis pied à terre à Saint Euflâchc avec cent cinquante hommes, ^ avoir i joint le'|Ifeur de V an- dreboUrg , qui commandoit einquante à foba-^te François, Il avoir trouvé les Flamans f poftez à plus d’une licuë dt; Fort fans en pfer approcher , jSc fe laifTans amufer par des pro- polîtions dun Traitcé que leur faifoient les Anglojs reïircxj dans les Isles det yirnerique. -5 4.1 dedans le fort, tandis qu’ils iailoient bonne chcrc le Comman- P V 348 ReUtîon de ce qui s'ej^pajsé danc Anglois, qui n cftoic pas fort obcy des ficns, crût qu’il feroit mieux de fortir pour luy aller parler. Et comme le Tambour vit qu ilvenoit à lujr fans compagnie & fans autres armes que fon cpee, il s’e'carca un peu de la porte du Fort , puis luy fitfa fommation, à laquelle ce Commandant répondit qu’il faloit voir cette armée Fran- çoife avant que de capitulier; furquoy le Tambour luy dit qu’il n’avoit pas loin à aller, & que d’une emincnce qui n eftoit qu’à cinquarfte pas delà, il verroit les troupes marcher. En effet, cet Officier s’y cftanc lailTé conduire, & voyant le petit nombre des François qui venoient pour le prendre, die 2 dns%s Ifles de t Amen^U^. j 49 au Tambour que êq peu de gens n eftoit pas. fuÉCanc pour le forcer, & qu’il u’eftoic pas alTez lâche poüt fc rendre à Une h pecite troupe. Aux pre- mières paroles de cctçe repon- fe le Tambout , qui parlpic fore bon Anglois J avoic forme fon defTeini & mis fa quailTe basj de forte que con^rtie l’OfEcier Anglois eut açheVe ^ fe reçu? lant deu^ pas, & luy prefen- tant le fuEl bande, il luy diç qu’il faloit metiire la place en^ tre les mains des François, ou qu’il n’y avoit point de quar-r tierpour luy. Apres quoy, luy ayant fait quitter fon epée, U le fit marcher du cofté d*où vcnoic fa petite troupe. Ce Gou- verneur fe voyant pris par fe P vj $jo Relation de ce qui s* efl^afse fottife, demeura d’accord que luy & les Cens refteroicnt pri- fonnicrs de guerre des Fran- çois. Ce qui fut exécuté, ayant introduit trente de nos gens dans fon Fort, Icfqucls firent inceflamment embarquer les Anglois dans leurs Barques, avec ce qu ils purent emporter du meilleur butin de leurs con- queftes , & laifTant vingt des Jeurs à la garde du Reduk re- mirent à la voille pour la Gre- nade; d’oû le fieur Vincent ne fe trouvant pas en eftat de fc pajfTcr de fes gens, renvoya quérir ceux qu’on avoir laif- fez a Tabac, ôc en fit apporter tout ce qui pût entrer dans la Barque qu’il y envoya , tarit Canons , munitions, qu’au- dànsîesîslefâftAinetK^ue. très chofcs : àc apres âvoif fait mettre le feu au Fort, Sc aux baftimens fit abandonner l’Ide. ^ _____ DIFERSES ACTIONS p qtti fe font pdjfées aux Ijles. I CHAPITRE XXIII. I C omme la refôlution da i Confeil de guerre âvoit cfté dé retourner à Antique, ; & que le fieur de la Barre trouvbit piqué , de ce que le ' fleur de Saint Leon dans ce Confeil , avoit traitté de faufle & de ridicule la conquefte que ? le fleur deClodoréen avoit mi- I fc’en avant, & eftantbien aife d’ailleurs d’obliger ledit fieur ^ k Ji,sî(itionde CS (juis ejt pape de ClodorCj il lny déclara en particulier qu’il eftoic trop de fes amisj pour fouiFrir fans relTcntinienc j le reprocKe qui luy a voit efte fait en fa pre- fcncc| & que pour lüy en faire avoir la fatisfadion ( qui dé- pendoit de luy J il luy donnoif parole , qu’il acheveroit feul Icnrreprife d’Antique, parce que de fon cofté il apporteroii tant de longueurs aux prepa-*^ ratifs necefTaircs, pour l’em- barquement des troupes du Roy , & des gens qui feroient détachez de Saint Chriltophle, qu’il luy dooncroit un temps fuffifant pour arriver le pre- mier i & pour achever; l’afïairc, qu’il ne croyoit pas^ fort diffi- cile, avant que ce qui devoit dans les îsles de l'Amérique. partir de Saint Chriftdphl pût arriver : luy adjoûtanÉ , q facrifioit avec plaifir la gl( qu’il pourroit acq^uérir en adion à fa fatisraâlidn , qu’il le prioit qu’il ne dit à fonne du monde ce qu‘: confioic* Et comme le fleur deL re vit bien que les Direi de la Compagnie des Occidentales n’a voient pas vifage la guerre des Ifles, co: me elle le devoir eftre, & s rtoient imaginez qu’une Ir ^ provifion de toutes chofe; roit de leur part, pour foûtenir l'effort des Anglois , qu’ils croy oient devoir ettrelcger,& peu obftiné j fe perfuadans que (i le Roy d’Angleterre faifoic 554 ^^^^iiondece^uis^e^pajse fon affaire de cette guerre, fa Majeflé ne manqueroit pas de fon cofte de donner toutes les afîiftances & les fecours necef- Maires pour la confervation de ces pays; H crut qu’il eftoitbon de les advertir de bonne heure des chofes qui fe trouvcroiêt ne- ccfïaires dans la fuite de la guer- re, afin que Tonne fuccombaft pas faute de prévoyance ; pour cet cfîetj i! leur demanda avec grande inftance des poudres > des bouliers J des grenades, de quoy compofer des artifices, des mats , du gros bordage de chefne , pour le radoub des j VaifTeaux qui pourroient eftre j incommodez dans les combats,] des planches, de fap, du brey,l du goudron , desdouds, &tou-l dafis tes îstès dê t AnieriqUê, tes les autfes chofes necelTaires pour le melrnc , écrivant [[j que s’il plâifoit à fa Majeftéluy envoyer quatre de fes bons VaifTeaüx de guerre avidtuaillesê pour dix mois , & cinq cens hommes de bonnes troupes ; il fc faifoit fort ( en cas qu’il ne partit point de fecours d’An-» gleterre ) de chafTer non feulc^ ment les Anglois de toutes les Antifles , mais mefme il efpe-' toit de s’emparer de la Barba- de, ce qu’il eût apparamcnt pû faire , (i ce qu’il demandoit fut arrivé dans les mois de Janvier & Février \66y. Ces defpeches furent portées par le Capitaine Afchard, qui partit, comme nous avons dit ;cy- devant, le vingt unième No* J 5 <5 Kdation de ce qui s'ejt p40 Vembre; Apres quoy les {leurs du Lion & deClociore, mirent a la vôillej Icprcmier pour s’aller faire traictcr de fa blelTure dans fon Gouvernement, & le fc- cdnd pour aller à la Guadalou- pe prendre les troupes de lat Martinique, aül^üclles le ficuf de la Barre avoir etivoye ordre avant que partir d’Antiqüe par ia Fregatte la Vierge, de fe ren- dre en ce lieu, $c de rrionter pour cet edet fur les VailTeauX av-Êç leiqnel s il eltoir party de IràncG j qui dievoient apparam- ment arriver chaque jour de Cayenne en cette. lile de I4 Martinique; Le fieur de Cio- doré qui avoir reccu avant fon départ du ficurde la Barre, tous les ordres necclTaires pour agit dans les iflesâetJmeric^ue. 35 ^ &: ordonner à Antique en fon ^ àbfence ^ comme s’il y àvoit îj ©fté prefenc , ayant mouillé à la ■ €uadaloupe trouva que CCS gens y cftoienc arrivez (ur les Vaif- | féaux que Ton artendoit avec! à caiviron cent trente hommes de | Poi(9k)u , commandez par Id ^ fieur de Rougemont Capital' I HCi le heur de Marquify aufTi 1 Capitaine , eftant refté à Marie- « Galante , fans aucun ordre a ved > une vingtaine de foldats feule- f ment J ou il eft demeuré pcil- dant toute la guerre i ces V aif- feaux luy avoient apporté une nouvelle qui rembarâfTa fort, qui cftoit l’arrivée d-’une Flotte Angloifc confiderablc a la Bar- bade ; ce qui avoir cfté dit à la I Martinique par deux Anglois, 1 5 8 Relation de ce qui /ejlpaj^è ^uc lé mauvais temps avoitjet-^ tcÈ dans une Chaloupe enriflè de Saint Aloufiej ou eftaiistom- beÉ entre les mains de quelques GhaiTeurs & pefcheurs François de cette première Ifle, ils les y âVoient amener , ou ils avoieni débité cette nouvelle 5 qui ( quo^ quefaulTeen apparence) ne lait Üàpas de donner beaucoup d’in- qüictüde au fîéur de Clodoré^ éc 1 obligea de renvoyer trois cens hommes delà Martinique^, pour ne pas trop dégarnir cette lile, qui cftant la plus proche de la Barbade , parorlToit la plus expofêe à Finlultc des Anglois* Le heur du Lion , Gouverneur de là Guadaloupe , retenu par fa blelTure en commanda qua^ tre cens hommes, fous la con- dam les fsles de l'Jmeni^Hç. 55 ^ duicc du fiçur HiufTelin , I-ieu- tenant au Gouy^cruçment , ^vec lefquels & les quatre çens hom- mes de la Martinique le fîeuf de Clodore mit à la voillc pour Antique, les cetit trente hom- mes de Poi<5tou eftans aufli de la partie. Il gagna avec beau- coup de peine la Rade de Saint Jean dePopçhedde en cette Ifle, deux de les VaiÇe^Ux ayans touché faute d’avoir une par- faite Gonnoidance de la cofte; Il y moüilla & ayant envoyé fommer les Anglois d’exeGUter le Traifté , qui ayoiî: efté lait avec eux, ils firent réponfe, eftans fous lcsarmc§, au nombre d’en- viron fept ou huit cens hommes, qu’ils avoient reccu de nouveaux I ordres du Lieutenant General I I 5 6 O Relation de ce qui s^ejlpajîs Henry Vvillpughby, ^ un nouveau Gouverneur. empetchoient de fe foûmcrcre à rexecution des Artiples accor- des. Cette r^ponfe obligea le (leur de Clodore de fe préparer à la defeente, que les ennemis ne deïFendireni point, fe con- ' tentant de fe tenir en bataille «fur un terrain av-antageux, fei- ‘fant fort bonne contenance , mais fi tpft qu’ils virent mar^ •cher à eux les hommes déta- chez , leur nouveau Gouverneur ’ les ayant abandonnez pou r s’em - 'barquer à la fourdine dans une double Chaloupe, ils jetterent ies armes bas ^ demandans «quartier, envoyèrent quelques gens fans armes, crier que l’on dans les Ifles de /’ Jment^ue. 36 j £gne. Cç qucle fieur de Çlo- dore refuf^ de faire, leur aile- guanp qu il§ y avoient çontre- yenu:.& que la fprce feiile les ayapis fournis , iltip pouvoir les recevoir qu’^ difçrction ; ce- pendant à forces de prières , ils dbftitirent de iuy 'l’exemptioir "du pillage , mpyentiaut que Tou luy deliVraft fiuit cens Megres; jes habitations , meubles, & jiu- meubles des-apfçrîs, & hrgitifs demcurans confifque? au profit de k Gompagnie des Iiides O c- çidentales , & les cent ciriquaur te loldats de la Barbade , qui xltoient ceux qui ne s’:eftoient voulus foâ mettre à Pcxecution du Traicte , qui ayoip cftp fah avec les Habitans de cette Ifle, rcftans prifonniers de guerre, * i 1^6% ReUtion de ce^ui s’efl papf ce que lc§ Anglois ayans ac-*’ cepté, ils fe trouvèrent dan^ l’impuiflance d’çxecutcr ce quüs avoieht promis , ne fe rencon* trant pas dans toute rifle, le nombre de Negres qu'ils s’e- ftpient obligez de luy donner; de forte qu’il falut que le ficut de Glodorc fe contenta de qua*- tre cens au lieu de' huit, qu’il fit emi marquer avec les chevaux^ équipages ; ùftancilles des ha? bitations confifquez Ipour les envoy er à la lylartinique Sc G ua- Comme il travailloit à cçs chofes , les Vaifleaux du Roy avec ces troupes , & les gens dé- tachez de Saint Çhriftpphle ar^ rivèrent à Antique , & moüillç- rent dans le port des cinq Ifles, deuxi dans les / sks de l'Jmerique. ^6^ | deux lieues au vent de la Rade \ de Saint Jean, le Saint Seba- ? ftien , dans lequel le fîeur de la Barre eftoit embarqué avec le fîeur de Saint Lion , Marcfchal j! de bataille , & le fîeur de la k Noue, GommandantlesCom- | pagnies de Navarre, ayant rc- ? iafciié à Saint Cbriftophlç , pour • avoir voulu s opinialf rcr à ga- ■' gner Antique, pafTant entre Mon^Sârrat & Nieuës, ce qu il , : ne put faire pour ne pouvoir |! porter afTçz de voilles, pour foûtenir les grains pefans & frequens, qui régnent en cette fàifon } les V aifTeaux qui cftoienc armez ignoroient le relafchc du Saint Sebaftien, & eftoient dans 1 attente de le voir arriver phaquejour. Mais comme fir i I J 6 4 Relation de ce qui deji pajsé jours fç furent- efçoule^ , fansî iavpir paj^oiftrc , ils fe dou- terentfidu ce qui obligea les GÆcicrs de Navarre , Nprmatîdicty & Poiplou , de s’enabarquer datis un petit ba- ftiment , ppur venif mouiller proebe -des. du beur de Qlpdpre y & ; conférer avee ltt| , fyff l’attaque de l'ille de Mont->Safrat : mais ri’ayant peuî çernvenk enfcmbls , pour le ee>mmandemeîk # les Ca- pitaines d&s Troitppes rdu Roy, |ie Vpülant pas luy obeyr , & luy ayant 'pretentipn de leur commander , il fût- impoflible de trouver un milieu 4 ces dif- lïGukez , quoy que le ficur dç Blpndel, qui àypic cfte envoyé par Mpiificur Colbçrt , Mini^; dans ks IJles del’ jdmmqut, j 6 5 ûre d’Eftat , aux Ifles , poux en drefTer les Plans , ôc exa- miner les lieux propres élire for f ifi ez pour la feu reté , & deden-ce dc' ckaque. I-^e ^ & f}ui sîdiant trouvé èla' Guada- Ipuppe j iftok ’yenu avec le- fietrr de Clodoré ’ à cette cn- creprilé , eiit ch^clié ^ propo- fè tous les xxpisdiènis iinaiginâ- Mes p^us les adjufter füx ce p®int j de forte qu âpres for- ces paroles fè:àeufes & d’ai- grcur , de part If d’aûtre ,uccs Qffiders rejtournèrcnt à leurs y aideaux , ^ & le fieut de Cio^ iorc mit à : la voille pour la Guadaîouppe & la Martini- que ^ eferivant au fieur de b ferre les raifons qui la voient ^bügc de feparcr fon elcadrc Reldtion de ce ^ui s ejè pa fsç des Nàvires & Trouppes du Roy ; te ^ai obligea ksîOfr fîciers des 'Tt5üpptis \Sifv feâüic du Rôy^, dô'iiitî^re pa-r reilleméht à jris ponji: rttoy tàer ® briRopHIc^j ^ Hlans arïivezilsîi^latrcrcRC bfi de ^âftdes plainies gouK- tré le beïji’ de Olodoré ■, db ‘ oe 'S^’îl' avbiî preEêüdü les com'“ rnàhder li<ïrs de fen : Wic poine d’occa- ' ' liwo de conibatçre , pric conoré * V dfi ficur de la Barre ^ ( qm continua fa route vers la Gua- dalouppe, j puis fctourna à ia f^i^dde . de SaHat Chriftopiilc , pour fe difpofer à fon départ: pour France. CônaMe CCS chdfcs fe paf- foient dafts les lÛës , ikfe pro - poioir en France d’y envoyer nn f^cours Gonfiderablei^ la pboCe incfnac alla il avant, que les ordres furent expédiez pour trois des bons VailTcaux de Guerre du Roy , & pour dix Compagnies d’infanterie j I îTt^isfoit quelle ne fit pas unie- ment follicitéc, ou que les Mi- nidres eulTent 'cu quelque ' ^io^velle raifon , . qui- na pas t. dâm les îjîes de tÀrftenqüe] .3 75 tfté Gorinuëi éltd dctlicïira fans lexeeucion , parta « plus jufqiies à fàrïtvci-dès de- peÊhcs < apres avoir bcatéoup foufîert par la manque des eaucs , Sc des Vi- tuallles. '^Lcs 'Voyageurs doivent #Oigncufement obferver cès C3ipcrienccs des Vents contrat rcS -en 'ces' bauteuts , depuis > quinze julques^à büit degrés ’êan's h s ÎJles de 5 fj Nord de la ligne dam cetcé faifon opiniaft rës à tël :poinl que cous CCS VailTeaux Curcm au moins foixante & dcù^! jours à faire un Trajet j qui fi fait communément en vingc^: & que les Gapicaines de tous ces Navires ne trouverént point que le Vent rctournaft vers qu’a près que le So-^ leil euft repafle la Ligric j ils furent tous fort eJdoimcz'j de ne point voir le djGUç de la- Barre arrivé , le VaiiTeau qu’il , montoit 3 ,cftant mdlleur de voilic que les leurs y ôé apres » avoir veu que tout le mois d’O élobre eftoit palTé j .fans i qn’il pmuft ». ils .fe doutèrent , bien dp fa Manoeuvre » ôc qu’il ^ voit rçlafçfe' aux Tdes » en . ^ 19 ^ Relation de cè qui s’ej} pafsé ibrté qu ayant laiiTé âu Chê> valiér de Lez y , Gouverneur de cétié Goiüé , les vivres j ^ provifiom rnecciTaireS , ds partirent du Pdrt de'jGayèn^ hc\ le treiziéfme jdur de No- Veüîbrc , pour fe rendrfi aux lileSi ■ : • ■ La Goile de iTerrë Pcrméj depuis rie Gap d’Orange -juA ques vers la Riviere d’Orenoc eftoit lors occuppée par trois Natioàs f Les Flamands oc- ctrppoient la Rivière d’Apro- vaque j Les Franfois i’ille de Cayenne , les Rivières d’üvia de CorroU J, & de Sinamary } Le fleur, de Noël cy- devant Lieutenant Colonel du Re^ f iment dMoquincourt > coin* mandoic à ce , dernier Pofte, dans lés ïfl^s de f Jmenquè. 5 avec roixamé, & dix ‘hommes, y ayant-un petit Réduit 3! & un Magasin poutV'eii dè"‘?toutes éhofes nèccfFàire^ioitaîït qpotic la Guerrd , qüë fbur la vie. La RïVietê ;de Mar-onny eftoic ôccup^e d^ni-pt«it corps de Garde Anglois s leur princi- pal eftabliflcment eftant dans celle de Suriname j qui' efl: fi belle > & fi profonde jî que les -VaifTeaux de trois cens Ton- neaux , montent plus de vingt lieues hault. Les Zelandois oceuppoient la Rivière de Bec- bicc , & avoient rcpoulTé avec perce confiderable les Anglois, qui les y avoient efté attaquer, & qui s’eftoient emparez fur euxde celle d’Eflequebe, Ôede B or O me. I keldtion dé cé c^ui s^éjifaÇA\, i, - te fieiif de ia: ■Barrô dap'^ te -temps Sc les Amazonnes» de. forte que les choies n’en eftoient pas lè^uienaent demeu- rées aux termes d un bon vol-?- tinage entre eux j mais ils fe palToit peu de mois , que Ton ne reçeut de part ôc d’autre des. tefmoiçnagcs d’amitie, & d une civilité nardculierc î à^ni les ÏJles dè F jirrierii^uè. 579 Apres te départ du fieiir dé la Barre J le Ghevâlier'dé Lézy fort frère , ejui' eftoit refté Coiîiman- danr en cette cofte^avoit vécu fut le mcfrne|(icd/en reçcu au ffto^s^dé'MayferiôU'^^ Vellcs de là Déclaration de ' là G uerre entre îa France , S>t TAngleterrc J il avoïc dépefehé une Bârc|Ué à Siirinâme » pour ’ en dorineï aVis ati fiéur Byanfj Gouverneur des Anglois , ôé pour luy propofer une neücrâ-* lilé entre les* François & An- glois le long de la Gofte, fui» vant les pouvoirs qu’il en . avoiti' Oét avis ^ & fa propofi- tion furent reccus par le Gou- , vorneuf en fa kianiere ordi- naire ;*i:c’e{f * à dire avec beau* coup dé' joye ;& de 'civilité » ' t ^ O Relation Je ce qui s'efl paM promift à l’OiScicr qui luÿ avoit cfte envoyé cî’obferver là nc-i^raike avec les François ^ ^expliquant neanmoins à ce mdine Officier ^ comme il depeiidoit du iiiçuçénauf flcral y viloughby , s’il reqeYOôÉ des ordres pofitifs de faire là guerre i il ^ne pourroit pas fc difpenfér dobéyr ^ mais qu'il donnoit parole en ce cas, de tie faire àticune hoftilité fans en avoir donné advis aupara- Vant> & retiré fa parole j Oettè àlTeuranccfutportéc au fleur de bloël , pâr 1 officier envoyé de Cayenne , pafîànt à Sinamary , afon retour de Suriname , ce Pofte eftant fîtué entre Cayen- ne sc Suriname; fçavoiràvingt cinqlieuës de Cayenne j &cin- d dns les îsks de t J mèriquë. 5 trois de Suriiîattie : clic k cmfirnia dâns la maniete dé vie <]u4l avoit înfcjues i: lors j ayant un commercé jônrnalliert'avec ksr' Aiigloisj Æii moyen dîUnc- Barcfuc defti -fiée pour le feuL fwviee deeetté colonnicde Sinâraarys ' , ? Cependant lé c|uatoràiefmc Aouft> lé fleur dcMoël eftant mà- lad c, & ayant pris medecineifur les deux heures apres midy il vind: un Angloisàfon Réduit» fé difant porteur d’une Lettré du Gouverneur dé Stirinâ- mc J qui luy cftoit addrefreé ôc apres qu’il l’euft fait in-^ terpreter il apprit qUé ce Gouverneur rétiroit fa parole, forcé, (difoit-il, j par les or- dres exprès & précis du Milord 3 8 1 Relation, de ce qui s' eft V villoughby , auquel il ne pou-p Voit des obcïr , & qu’ainfi les Frai^ois dévoient £iir la coftç conliderer les Aijglois connne puirqu’ik :agi-^ roieiit cont^ eux en çette qualité Le fiçur Je ,Noë| fuc eg?dlfr Jmçntxfurpps de ç-ett^ D;Cf:|âr%^ tioh^ , j^’e^onnenienf ; qn-il fernarq^ua^^n^je vifage dn por- ter lailettre!, joint l’empteiT^^^^ nient , qp’ jl , s'en Voplqirîretoutnf r vl 1 1 interrogea en ce^deu, de fur ce qu |i dit que c’ellojt tin pi- Indiens , il luy reprefen- ta qu eftant déjà tard , , & ceux de çette Nation n’allant jamais de nuit) qu’il feroit mieux de coucher dans fa maifon,que de s en aller pafler la nuk fous des dans tes Ifles de T J merique. 5 gj at'IîT^s : G e q ue ce Mèifagcr ay ane têfiifô^àcècpï , "fl n^rida à foldats de Fàder jufq#aüi3ôrd de fit lirtcf; «©ttttïîe; cetté ^éompagnic n^^ptàtfbîfc'pâs td^Ahgî'ô^^^^ qfd’jélje- eut découvert I‘cflprcpri^ fe> dès fiens , fi fes èondudeurs i^’feuirènt fuivy jufqu’a la mer , Ü Fdgrtfi d’avoir encore quelque çli<î>fe à dire au ficur de Noël , ^ rètouriia d’airez loin vers le Reduir^^proche duquel eftant ar- rive,' il die à fes conduéèeurs qu’il S' cil a Hoir, eftahedéja tard, & ce qu’il avoità dire meftant pàs de grande importance s de (orte qu’ayanï encore pronienè qucl-?^ que temps ceux qui l’accompa? gnoient , eftant prcfque nuit , Ôè' focrouvantfiirlebord d’unpçtir 384 ^d^tionde cequis'efl pafsé bois à deux ou 300. pas de la mer^ il leur diC‘ qu’il les reme^rcioir de leur e-onduite, & qu’il alloic joindre fes Indiens, quiavoienf drefTéleurajouppa danscç boiSi. Ces deux fpldacs qui ne penc- troient point l’intention du fieut de.Noçl>ayant quitte l’Anglois retpuraer enît le trouver , luy dir fanp qn’ils l’avoicnt accompa- gné jafques à l’Ajoupa des în- diens , >1 ne fe deffia pas aflfez de refprit des Angloisi car quoy qujl fut feul avec deux valets, un Chirurgien & un Aumofnier dans fon Réduit ( tous fes gens eftans logez ep de petites mai- fons au dehors , à la diftancedhi' ne portée de moufqueE) & que toutes fçs armes & munitions f uiTent dans fon Réduit , tenanf dam les JJles de t Amenque . j § | fcs gens désarmez , au lujct de là meffiance qu'il avoitcontre- euxj caijf^e par le pep ddffe^Hon qu iis fônapigfioient à fa pcrfoii-? li» & a fon Gopvemernenti il ne doiim neantmpins aucuns 0cdrès pourfa fùrete ^ foie en fqr- rnan^ un corps de garde au de^ liuîrS} ou fkilàne entrer no in br^ de fes affidé^ au dedans de fon • & poftant des fentinell es leccfTàiresj ce qui fur exilant equehe dans unepieine confiance, ilint fur- pris fur les 4. heures du matin , & réveillé par refiort quefai- foientles Anglois, pqurrompre [aportedefo iiReduit.il y accou- rut le pdlqlet a la main j mais dix ou douze des leurs eftoienc déjà pntrez, qui Iç firent prifonnier 3 8 6 Relation de ce qui s'efl pafsê lansautrerefiftance, & luy eau- ferent cçtte douleur de voir fa colonie j compofee de plus do 7 O. hommes , deftruite par 40, Anglois feulement, accompa- gnez de pareil nombre d’in- diens de larivicre de Suriname, les François fans armes , qui eftoient dehors, ayans efté tous faits prifonniers, hors environ une vingtaine qui fe jetterent dans les bois , & regagnèrent Cayenne à l’aide des Indiens du ^aïs. L’on peut juger par ce pro- çedé de la foy dçs Anglois , de . la maniéré que les plus exa( 3 :s ôç honneftes gens d’entre eux tien- nent leur parole } ce qui doit fet^ vir d’une bonne, inftrudtion à ceux qui auront affaire avec eux> foit en paix , foit en guerre. ]Pm de la première Partie, !