dlarf^r ^Jèrcixm Braran ^nttrerg'thr ® •î?^ ® ® *î^ ® ® ® ♦ÎSÎ* ® ® •$* ® *§* ® The John Carter Brown Library § Brown University ^ Purchased from the ^ ^ Louisa D. Sharpe Metcalf Fund ^ @ @ *4** ® •$• ® 4^* ® ® ® *$• ® ® ® *t5!* m 'if^i ?& [SSERTATION I A REMPORTE LE PRIX- D E CADEMIË royale: )ES INSCRIPTIONS’ ' BELLES LETTRES,, en l’Année 1745. ' 'ar M. DE Bouga IN V iilF;,' M, D C C X L \\ ■;-• y 1 i- '' ■ÿ' ’■' "Avfc/' > V-ï ■ ■ Sk-i ^••*»<. • rVi'r ; ■* .1-*- 5UJET DU PRIX. tds ét oient les droits des^ Métro’- J 'rôles Grecques furies colonies t 'es devoirs des colonies envers' 'es Métropoles ; & lot engage- riens réciproques des unes & les autres^ lVERTISSEMENT. yff On deftèin n’étoit pas 'A de donner cec ouvrage Public. Content de l’Ap- îbation dont les fçavans )itres de fon fort l’ont ho- ré 5 je ne le dellinols pas à )ir un nouveau' jugement.. lis je n’ai pu le refufer aux ;{Eintes foljicitations deplu- irs perfonnes , dont je me iv' avertissement; ferai toujours une loi de fui vre les avis , èc qui doiver attendre de mon refpecl t de ma reconnoilEincè une fou rniffion que leurs lumières feu les leroient em droit d’exi^ei O Elles m’ont alUiré que cett DifTcrtation pourroit être ui préliminaire utile a Tétud approfondie de rhiftoire Grec que : que préfenrer un dé tail exaét' de divers enga gemens qui failoient iinepar fie ellentielle du droit com mun des Grecs, c’étoit four nir un dénouement fort fîm pie en bien des cas -, & mon îrer fous un" point de vue juf qu’à prefent peu connu le. mœurs - de cette nation , qu 3 a'vertissement: v- une diftin£lion glorieufe 3,, s due à la patrie des' fcien— & des' arts- , a le privilège' térefler toutes leS’ autres» - la Grèce beaucoup moins ide que l’Allemagne , ren-- loit autrefois un nombre' confidcrable d’Etats , que* ; vafte contrée en ralTem*- lujourd’Kui dans fon fein» toire Grecque nous ofFre une étendue dé pays af- lornée une multitude de les, dont les loix , lès ufa» les intérêts étoient dif- s 5 fouvent même contrai- Aulîî nous ne pouvons former une idée plus de' ^ancienne Grece , J la conlîdérant' comme a iij vj' avertissement: un corps donc tous les men bres étoienc eux-mêmes ai tant de corps diftînûs èc I( parés les uns des autres*. Poi faire un tout de tant de pa ties défunies , il falloit pb d’une efpéce de lien. La la gue de tous les habitans de pays étoic la même ; une r ligion femblable pour lefon quoiqu’infîniment variée da les détails, les unilToit ent eux , & cette union étoit e core cimentée par un amc égal de la liberté , paru Baine naturelle contre les pe pies qu’ils- appelloienc barl res ; haine d’autant plus f te quel le étoic accompagnée mépris. Mais ces liens n’étoi( c âVÊRTISSEMENT. vij : généraux. Les deux pre- :rs diftinguoient la nation j Jeux autres larmoient con- les étrangers : Sc Ci tous motifs enfemblcruffifoicnt r réunir tous les Grecs dans guerre commune contre xes , ils ne fuffifoient pas r rendre la paix & l’iii' gencc durables entr eux quelles n’étoient plus né- iires.De lemblables ncEuds aroilToient avec le péril les avoit fait naître ; il en >it d autres pour entrete- une correfpondance mu- le entre tant de Républi- : 5 & pour former dilférens ■mes politiques dans l’in- ut même de la Grèce par viij AVERTISSEMENT, des ligues ôc des alldciatio particulières. Le voilînag< le commerce ,, des befoins i ciproques pouvoient cont buer à la liaifon de quelqi; villes ,• ajoutons encore , la j loufie contre une Républiq dont la puilTance les inquii toit : mais le motif le p! propre à produire de telles : diances , c’étoit fans contrée une origine commune. De O villes dont l’une étoit la ti de l’autre dévoient naturel ment être unies , & cette nion en donnant à la prem re une véritable fuperior fur la fécondé , mettoit cel ci dans une fubordination c n’a llarmoit point fa liberté, p: AVERTISSEMENT, ix qu’elle paroilîbit voloutaire.- Ces liens mutuels des Mé^ •pôles des colonies étoienc orts , 6c nous en avons tant veftiges- épars-dans les an- ms auteurs qu’il y a- lieu s’étonner qu’ils ayent en elque forte échappé à pref- c tous ceux qui ont écrirfur' illoire Gfecq ue. Aucun mo- 'ne n’â encore traité ce fu- du moins d’ùne maniéré i répondît à ion étendue-»- de Valois 6c le Baron dé inheim font lés fèulsquiea mt -parlé , l’ün dans fes no- fur les - extraits de Polybc itre dans fa neuvième Dil-- cation fur l’utilité des mé- lles : mais. le premier n’a fait; b ij i.-V’' ’ ^ ! î li 1 <3 If ï! 5 avertissement. que 1 indiquer j le fécond quoiqu’il s’arrête davantage i cette matière , en effleure à p ne une partie , parce que n’ëtoit pas fon objet prin pal. J’ai profité du travail ces deux favans j & pour c trer pleinement dans les vi de 1 Académie , je ne me f pas borné à de Amples rech ches fur le nombre & l’eipc de liens qui unifToient les A tropoles &C les colonies : tâché de remonter à la fbiu dé ces droits réciproques , d déveloper la nature , d’en ( tailler les Elites , princii lement celle de toutes qui la plus fenfîble, la conforr té pour les ufagcs entre AVERTISSEMENT, xj les forties d’une même fbur- Rien- n’étoir plus propre efFet à maintenir une tel- « reflemblance , que le com- :rce' néceflàire qu’entretc— ient entre les unes &.Ies aui s leurs engagemens. mu^- as. Les mœurs , d’une colo- ofFroient prefque toujours' 2 image fîdele dè ■ celles de Métropole 5 comme on voit' ourd’hui les loix , le carac- 2,&; la langue dés princi-- ès nations- de l’Europe 'fè pétuer dans les divers éta-^ lèmens -dont elles ont rem^- lè nouveau mondé , influer- me for les mœurs Se fur le lie dès naturels , qui civili-- iarénFiblement par ia focieté ■ xij AVERTISSEMENT. de leurs maîtres , devienn hommes en celîant d’être îib La maniéré dont les ] ropéens ont formé la plûj de ces établiflemens , peut n donner une idée des moy que les Grecs employoient p compofer quelques unes leurs colonies. Tout horr cil citoyen : un lentiment tureî nous attache aux li qui nous ont vu naître. La riolîté , rinconftance, une grâce pallagere peuvent n engager a les perdre de vue p quelque tems ^ mais ce ne p être fans l’efpérance d'un tour , toujours flateur , «q qu’éloigné qu’il paroiflè. H a que l’incçrêt ou l’ambition AVERTISSEMENT, xilj ent capables de nous y fai- volantairement renoncer ur jamais. Ainfi , quand îF .gifldit de fc tranfporter dans 1 pays voifia, fertile , avan- geufement fitué pour le cora- ;rce , qni .fourniflbit des ayens aifés, de s’enrichir il ■ à préfunier que le nombre cçux qui fe préfencoient de m gré étoit confidérable- , qu’ils ne manquoient pas de ef : mais lorfqu’il falioic al- • loin de fa patrie tenter un iblifïcment peu fur , dans s contrées deferces , incul- )., habitées par des barba- ) ; quand on: propofoit pap emple à Athènes, d’envoyer c colonie fur les. bords du xfv a'veiitissement: Pont Euxiii , dans Ja Thrai dans là Cherlonele , pour y nir en refpe(ft des peuples Belles 5 c'eft-à-dire pour' i. ’* * continuellement en guerre O dans l’inquiétude J alors i de gens fe faifoient inferi & là voix de la nature ét bien forte. Comment quii une République ,, dont faifoit partie principale ,.qt que pauvre qu’on fût' 5 où Ibn fulFrage on prenoit p aux plirs importantes affair où l’on , étoit- dédommagé lindigence ôc de la baflelTe fon état, par l’idée d’être qt r quefois nécelîaire , . utile , dbutable même aux plus ricl comme aux plus puiflans 5 AVERTISSEMENT, sv n pouvoit enfin par l’oflra- me pnnir Ariftide de fa ré* Cation , Thémiftocle de fes vices , Alcibiade d’un crédit 'P grand pour un citoyen, s pauvres étoient donc enus par des attraits qn’if it difficile de vaincre il 'oit par conféquent les ré- re par la force à un départ ils regard©-ient comme Uirt 1. Aufiî toutes les colonies cette efpéce étoient -elles npofees de gens oififs , rui- , féditieux , qu’un décret is les formes banniflbit mal- leur oppofition ; 6c qui ré- noient envain une patrie quelle ils ne pouvoient que te. Car on doit tout craiia- xvj AVERTISSEMENT dre dans une République ceux dont la fortune n’cft.p intérelïee dans les-malheui l’Etat ôc qui ne rifquentqt vie dans une révolution. Je finis en obrervant ce qui eft dit de la correl] dance des Métropoles ave( villes forties de leur fein doit pas s’entendre lans triébion.La diftance des 1 étoit pour l'U.nion* dé q ques - unesun obflacleir montablé, & nous voyons fieurs colonies abandon en quelque forte a elles- mes.. Cependant nous ret vonS' chez’prefque toutes traces vifîbles de leur pre se origine, -On n’én eite qt AVERTISSEMENT, xvlj lie dont les habitans ayenc derement adopté les mœurs leurs voifîns**'. Encore,, fen- :oient-ils , fuivant l’expref- îon de M. de Fontenelle , je le fai quel déplaifir d’être levenus barbares , & tous es ans ils s’aflembloient une bis pour lire en Grec , leurs nciennes loix quSls ne fui- oient plus & qu’ils enten- oient à peine. Ils pleuroient cette lebture, & fe fépa- oient enfuite pour repren- Ire la maniéré de vivre du ays Mais excepté cette ê ) qui mériteroit même ;re remife au nombre des Voyez le Dialogue de Fernand Cortez Sc dp ezuma par m. de Foncencllc, C xviij AVERTISSEMENT villes Grecques par les regr auxquels elle fe livroic annu lement pour avoir celTé l’être , toutes celles que ne connoilTons ont fû confer fans altération les mœurs & senie de leurs ancêtres. Ce < O prouve que l’on peut ap| quer aux nations entières qu’Horacc dit de chaque hc me en particulier j qu’en t verfant les mers on change climat , fans changer d’elpri Çtelum , non anîmum mutant qui trans r furrmt* Horat. Epift. I. ii. / uiPPROB^TlO N. \ I examiné par ordre de Monfeîgneuf 2 Chancelier cette DilTertation qui a porte le Prix , &c. Je n’y ai rien trouvé puilTe en empêcher Timpreflion , &c rois que cet Ouvrage fera reçu par le die auffi favorablement qu’il l’a été l’Académie Royale des inferiptions ►elles Lettres. Fait à Paris ce 3 Aoûê FEN EL, JL^Dieu , Roi de France i DE Navarre: A nos amez & fea Confeillers les Gens tenans nos Cours Parlement , Maîtres des Requêtes on naires de notre Hôtel , Grand Confei. Prévôt de Paris Bailiifs , Sénéchau? leurs Lieutenans Civils , & autres n Jufliciers qu'il appartiendra , S a l u Notre bien amé le Sieur De Bougai; VILLE Avocat en notre Parlement Paris , Nous a fait expofer qu'il déiirerc faire imprimer & donner au Public ^ Ouvrage de fa. compofition , qui a po Titre , DîJJertation qui a remporté le P} fropofé par l’Académie Royale des Bel. Lettres pour l’année 1745. s'il Nous plaiP lui accorder nos Lettres de ‘Permiffi* pour ce nécelTaires, Aces cause voulant favorablement traiter PExpolai Nous lui avons permis & permettons p ces Préfentes de faire imprimer lbn( Ouvrage en un ou plufieurs Volume: êc autant de fois que bon lui fembler; & de le faire vendre & débiter par to notre Royaume pendant le tems de trt années confécutives a compter du jo de la datie desgPrérentes. Faifons défen) à tous Imprimeurs > Libraires & autî P erfonnes , de quelque qualité & conditi: qu'ciiçs foieut^ d’en introduire d’impre étrangefe dans aucun lieu de notré (Tance : à la charge que ces Préfentes it enregiftrées tout au long lur le dre de la Communauté des Libraires nprimeurs de Paris , dans trois mois L datte d’icelles ; que l’impreflion du- )uvrage fera faite dans notre Royau- me non ailleurs en bon papier X caraderes conformement à la [e imprimée attachée pour modèle le contrefeel des Préfentes ; que pétrant fe conformera en tout aux;^ emens de la Librairie , & notamment; lui du lo Avril 172$ : qu’avant de ‘xpofer en vente , le Manuferit qui fervi de Copie a l’imprelTion dudit 'âge , fera remis dans le meme état Approbation y aura été donnée ^ ès s de notre très-cher & féal Cheva- le Sieur Daguesseau , Chancelier- rance , Commandeur de nos Ordres , ’il en fera enfuite remis deux Exem- es dans notre Biblioteque publique » ans celle de notre Château du Lou- & vin dans celle de notredit très-cher 1 Chevalier J, le Sieur Daguesseau , • îcelier de France ; le tout à peine dlité des Préfentes. Du contenu deP es vous mandons & enjoignons de jouir ledit Sieur Expofant & (es ayans is , pleinement & paifîblement , fans 'ir qu’il leur foit fait aucun trouble Tipêchement. Voulons qu’à la Copie .^réfentes qui fera imprimée tout au au çpniinen cernent ou à la iin dudit OuVfage , foî foît ajôutée comme à IX ginal. Commandons au premier n< Huifïier ou Sergent fiir çe requis de f: pour l’exécution d’içelles tous Aâ:es quis Sc néceffaires , fans demander ai permiflion , & nonobftant clameur Haro , Charte Normande , Sc Lettres : contraires : Car tel eft notre plaifîr. Do à Paris le vingt-feptiéme jour du n d’Août , r an de grâce mil fept cent q ïante-cinq , & de notre régné le tr liéme. Par le Roi en fon Confeil, S A I N S O N, Regîjîré fur le RegîJIre Modela Chat? Royale Ù* Syndicale des Libraires Ô' lm\ meurs de Farts N^, 486. Fol. 4^3. con) vnement au Reglement de 1723. qui fait fenfe art. iv. à toutes ferfonnes de quel qualité qu elles foient , autres que les br aires & Impt imeurs , de vendre , déb & faire afficher aucuns Livres pour les t dre en leurs noms , foit quils s'en difent Auteurs ou autrement & à la charge fournir à ladite Chambre Royale Ù"' Syn cale huit Exemplaires prefcrits par l\ 108. du même Reglement. A Paris le Septembre 174^. VINCENT, Syndic )ISSERTATION SUR LA QUESTION ’opofée par l’Académie Roya- le des Infcriptions & Bel. les-Lettres ,, pour le Prix de 1 année 1745’ étoiens les dî'oits des Métropoles Grec- cjHes fur leurs colonies -, les de~ Hoirs des colonies envers les Métropoles ; ^ Us engagemens réciproques des unes (ér des tu très. Î|L n eft pas difficile de dé« 0 'i terminer d une manière ne- ncrale , en quoi confiftent: ? clone Icnumerarion ^îffèrtaéon. d’examen font l’objet de ce "î moire. Leur efpéce-fe découvre 1 peine aux yeux de quiconque re chit fur le nom que portoient c l’ancienne Grece 5 les villes qui avoient fondé d’autres. Tout eft i .fermé dans le titre de Métropoles de Villes-Mercs. Les liens qui : iiftoient entr’elles & leurs colon font précifément les memes que ( . dont la trame formée par les mair la nature unit les peres & les eni fortis de la meme fource > ils pre foient des devoirs abfolument ^.blables. Ce point de vue fous lequel . vifage leurs engagemens réciproc n’eft pas nouveau. Un célébré < . . mentateur de Demofthéne les r fias in ar- 11. üiync. même idée. „ La g „ d’une Métropole contre fa col neft autre chofe, félon lui, q ,, difpute entre une mere & fa 'Dîjfertatwn^ ^ ouvent^ dic-il plus bas , une fortu- e brillante fait oublier aux colo- ies les droits que leurs fondateurs nt fur elles , mais au moindre re- ers 5 elles ne laiifent pas d’implo- "r leur fecours , comme des cnfans igrats qui, fentant leur faute , fe ttent avec confiance entre les bras un pere toujours facile à appai- n*. 5 , Le langage ordinaire de lan- lité, le ftyle même de tous les ivains, autorife cette comparai- , Tliéra.-, dont Cyrene en Afrique it fon origine, eft décorée par iare du titre pompeux de Mere plufieurs grandes villes ; qualité ''' t Heraclée de Pont fe pare fur dedaillon de Gordien Pie., décrit xpliqué fort au long dans le fça- : Traité du Baron de Spanlieinx, 1 ufage & 1 utilité des Médaillés. ;cydide appelle Corcyre mered’E- Thucy.i. i. j; ,mne. Timéecité parPolybe,dit ''poiyb. ex. ^ Dijfertatîonl avoir vii chez les ’Locrieiis dltalle d tables d’airain dépofitaires d’un Tra^i fait avec eux par les Locriens Gre leurs fondateurs^, 6c précédé di préambule , dont voici la tradudf littérale : ut parentes erga liber DECET. En un mot , fans parler c Auteurs Latins , dont les ouvrai font pleins de pareilles exprelTior chez les Grecs, & en particulier à Plutarque ,5 les termes d’enfans, proches, de poftérité , de defcendai & autres fynonimes , fe lifent p fouvent que celui de colonie. « Cette efpéce d’union, outre qu’c remontoir en ligne direde de la vi mere à Tayeule^ fi j ofe me fervii cette expreffion , s’étendoit meme lig ne collaterale. Deux villes rec noifloient-elles une Métropole cc mune - elles étoient fœiirs ; plufii * /TO^-eV, üîixe, «yy Utenf ce nom dans Thucydide. Lc^ éputés de Rhodes plaidant devant Sénat Romain pour la liberté des Poiyb. Eif- ibitans de Soles en Cilicie , repré- ^5- aitent que Rhodes- de Soles , ont Livîus. lib. é' Tune ôc lautre fondées par les rgiens, & quainlî il régné entre s citoyens des deux villes une unioii aternelleo'Denys le Jeune , forcé pat inioleon d’abandonnet la Sicile', la demeurer à Leucade, colonie de orinthe , aulîî bien que Syraeufe : comme les habkans de cette ville :oient étonnés qu il eût choih cè jour par préférence', il leur avouoit iturellement que femblable à ccs unes gens , qui après avoir commk re faute grolfiére redoutent la pre- :nce de ceux à qui ils doivent le jour, lais fe trouvent allez bien de la )mpagnie de leurs- freres il rou- L doit de vivre â Corinthe , mais qu’il “meiireroit volontiers avec eux. Aiij 11.' w ■ '■■ .\..K.X tnertàtiom Cette' comparaifon eft fort juft mais lauroit-elle été>>ii un ufa conftant & univerfel neût rendu làngage commun dans la Grece ^ me borne à ce petit nombre d’exej pies ^ qui prouvent que l’idée fo laquelle nous envifageonsles liens c Métropoles^ & des colonies eft ce même qu’en avoir l’Antiquité. L’c pofidon que je ferai de ces engag mens , - montrera combien elle ( Mais avant que d’entrer dans détails ne feroit-il pas à propos préfenter en peu de lignes , l’hiftoi des mutations frequentes arriv< dans le fein même de la Grec avant le paflage de fes colonies da les pays étrangers , le tems où ( tranfmi^rations commencèrent ; principales contrées où les Grecs î tablirent ; les difFérens motifs qui y portoient^ des différentes efpe tjjertamr^' 7 . * r colonies en ufage parmi eux; &' 5 cérémonies obfervees en pareilles :cafions ? Rien neft plus capable le ces difcuffionsj de jetter un grand^ lur fur la matière. « \ A Il ne S agit point ici de remonter f origine des plus anciens habitans Z la Grece. Peuplée par une de ces cemiéres colonies, qui féparees par L confufion dc's langues 3 ' fe repan- irent dans routes les parties de rU- ivers 3 - elle fut pendant long-tems ' iculte. Ce ne fut qu’après une lon- ue fucceiïîon de tems 3 que les Grecs tvenus un peii moins fauvages , for- cèrent différentes focietés , de fe bâ- ' irent des habitations : la Grece in- ' mfiblement défrichée fe’remplit de ' ameaux & de bourgs. Dans ces tems ’ èculés 3 qu ehvelopeht des ténèbres ’ mnénétrables 5 les révolütidris'éroient i ^ > ' xtrêmement fréquentes' les Grecs ThucfJ; .Soient point de demeures fixes ^ & A iiij ^ ï T)tJfertationi ecs miKations fans nombre fe fucc ploient rapidement , parce que ] peuples cjui habitoient les different contrées de la Grece , n étant pas ur entfeiix par les liens du commerce faifoient fans ceflè des courfes les u: fur les* autres y &c ejue chaque focie particulière ^ n’ayant point encore c ioix qui mifîent un frein à la violenc la difeorde en divifoit toujours h membres ; les plus forts chalToiei ceux que leur foiblefïe mettoit dai l’impuiflance de refifter , 5c ceux-( alloient chercher de nouvelles de meures : ainfi les poffelièurs légiti mes dépouillés de leurs biens ^ deve noient à leur tour raviffeurs injuftes 5c ces ufurpations fuccelîîves qu changeoient continuellement la fac< du ■ pays , font une des principale caufes de la contrariété qui règne fouvent entre les Auteurs, fur l’ori- gine d’une feule ville* Les province! 'X)iJ]enatîôru ^ plus’fertiles , comme la TliefTalie ^ 3eotie , la plus grande pairie de la fquifle quoi! nomma depuis lo Dponefe , étoient celles où ce^ ngehiens arrivoient le plus fré"* miment 5 parce que la bonté du 'oir étoic un appas. L’A trique au traire érant un pays fec ^cftérilc,- it pas de telles’ fecoufles â ef- evySc fes'habirans furent toujours mêmes. Ceft a cette raifon aua 1 acydide , cer Ecrivain fi judicieux^ lont Louvrage eft une des plus’ es fources de l’Hiftoirc Grecque v ibue la' prompririide avec laquelle' re petite contrée vit croître & mul- ier le nombre de fes habicans r :lis que les autres étoient prefqu3 erres.* En effet comme elle effroi^ afyle sûr & ftable', on y actou- : en foule & le droit de bonf^- >ifie qu’on accordoit aux- étrangers» tugiés en attira un fi grand nombrC- A‘ Thucyd. i. I. Kersodoî.î.ii, €. 58 l, V. Pîîn. î, V. c, s à. i, VII. c. 5 ^, î© ■ 'SÏJ]ert^tiont que FAttique ne pouvant plus d; la fuite fuffire à fes habkans 5 peu i Afie mineure en répandant fes lonies fur toutes les côtes & dam plupart des Ifles interjacentes. On peut juger par ce que je vi( de dire , que les mœurs des Gr n annonçoient pas alors ce qu el dévoient être un jour. La gloire civilifer cette nation devoit appar air aux étrangers yde ce peuple fi nommé dans la fuite pour la pc tclTe , fi fier même de cette qualit îa devoit originairement au comm' ce & à la focieté de ces mêmes peupl qu’il méprifoit comme barbares, I Colonies Egyptiennes en fondant Royaume d’Argos & celui d’Athen portèrent dans la Grece leurs loi leurs coutumes 5 le goût des Arts leur Religion. C eft aux PIiénici( fondateurs de Thebes , que les Gr iUrent redevables de récriture ^ Differiatio^i ' t i OTmerce & de la navigation* ’ Lucan. lu Les habitans de la Grece ne cotn- ichcereht que fort tard à porter un ôm commun. Celui d’Hellencs qui Thucyd. 1. 1. c. 5* .fevint général dans la fuite, fut d’a-^ ' ord renfermé dans un coin de la ’ 'helTalie.Peü a peu il s’étendit au-delà CS bornes de cette province , & em- ralTa un certain nombre de peuples tii defeendoient d’Hellen , fils de )eucalion , & frere d’Amphiélyon j .bi d’ Athènes, Hellen eut trois fils, P* ,oliis héritier du Royaume de fon Paufan.Uviî. C, I O ère, dont les defeendans fe répan" ‘ irent dans la Locride & la Beotie , Xpoiîod. î. c depuis occupèrent une partie ■cloponefe ; Dorus qui donna fon lôm à la contrée voifiiie du ParnafTe ^ ’ Hefiod c à fes habitans V & Xuthus qui s’é-* i ânt retiré dans l’Attique fut pere^’*^^^* « ' [■ Acheüs & d’ion 5 dont le fécond efl î vn, e chef des Ioniens.* Ainfiles Ioniens i ^ Les Habitans d’Athènes îenoient le*' Hcfy:h, Sï:râl>. I. VIII Thncyd. l.i <Çv 5^i' Thirq’d. î, itc, ïx. î i ’DiJfertaüm, & les Doiriens toujoms divifés d piis 5 & rendus prefque toujours ej ncmis par la contrariété de leu intérêts , avoient une origine con mime. Ces trois branches de la poftéri « d’Hellen , peuplèrent de leurs colc nies rintérieiir de la Grèce. L( Achéens ilTus d’Achéus donnerei I le nom d’Acliaïe à une contrée d Eeloponefe ; les Ioniens fe trouvar trop rellèrrés dans l’Attique , un partie d^entr^eux pafTa dans la mêm prelqu Me > & y bâtit douze villes les Doriens y fondèrent Lacédémone mais aucune colonie ne fortit de I Grece av^anr la guerre de' Troye Environ 8o. ans après cette fameiifi expédition, lès Héraclides rcntreren premier rang parmi les Ioniens , quoîqm îliivant la remarque d’Hérodote , ils. er ^édâignaflent le nom. Herod. 1; i, c. ^4 • i ^ J- • • ^ijfertation* ï f .ns le^Peloponefe , d’o.ù ils cKafTe- lit îes defcendans de Pelops , qui rondes par les Eoliens s’en éroient ' iparés après la mort d’Eurifthée les Doriens y rentrèrent avec x*. Le retour des Eléraclides eft l’cpo- e & la caufe de la tranfmigration s Grecs dans les pays étrangers. iLicydide lavance en termes for- ds , & un examen attentif décou- ; aifément la vérité de cette opi^ m. Les principales contrées dans lefd ïllcs ils s établirent , font ïèè ^ îs deda Mer Egée , toute la côte^ ritime deEAfie^ lltalie Sc la Si- Les Eoliens chalTés par les Doriens . la partie du Peloponefe qu’ils ' )icnt ufiirpée du tenis de Pelops * ^rirent la route aux autres Grecs, avoif çré rameur de cetee Stfab. 1. XI Y. p. ^f}. i^éroi^ot'. 1. ï » C» 2 Strilî, 1. viii. r,>r8j. 1 4 ' DtJJefJâilofî. ' colonie ; mais ce Prince étant m dans l’Arcadie, laiiîa rexécution fon projet à fes defcendans , qui ap avoir long-tenis erré , fe répandin dans toute la côte de l’Afie dep Cyziqite jufqu’au Caïque, ôc foiK rént douze villes ^ dont Smirne éi îa plus confidérable. Environ quatre générations apr îa plupart des Doriens que Cod avoir établis à Megare, pallèrent d FAfie, où ils bâtirent les villes Cnïde & d’Halicarhafïe , fans co pter celles quils conftruifirent d les Kles de Rhodes & de Cos. ( villes Doriennes , au nombre de 1 formèrent une focieté 5 réduite \ puis â cinq par rexclufion d’Halic naffe. ^ Enfin é vers le niême tems ^ les niens forcés d’abandonner leurs ( meures dans le Peloponefè, forr lent une multitude ' nombreufe Ï)tjjerïdttô}u ’ î'5'^ ^ uclie fe joignirent les defcendans " Neftor , &: un grand nombre d’au- ' ; peuples: Réunis fous la conduite ' aidroclus , fils de Codrus , ils tra-: ' ferent la Mer 5 6c s’établirent dans plus belles parties de l’Afie mi- ire 5 où ils fondèrent douze villes 5 ’ 5 par leur étroite ' union corn- èrent le corps Ionique. principales' vues des peuples Peloponefe P fe tournèrent du côté Thucy^J. 1;- l’Italie & de la Sicile : Crotone & 'ente font des colonies Lacédé- c* 3. niennes. Archias de Corinthe fon- Syracufcj qui ayant elle-même plé la Sicile de plufieurs villes * es de fon fein, rendit Dorienne Thucya.ln; partie confîdérable de cette ^ • Les Grecs pénétrèrent encore dans fieurs autres contrées. Les Pho-’ ns d’Afie ‘ fondèrent' dans les strab. iiy, des Marfeille > 'qui devint la Mc- \ll\ DiJJertdtîmZ tropoîe de quelques villes , etitr-^ très , d’Antibe & de Nice. L’Efpag Srrab. I. villcs Grecques , & C ^ 140. ^ rene , Tune deS' plus puiflantes ' l’Afrique 3' cette République lor rems rivale de Carthage tiroir f orieine d’une colonie de Lacédém niens fans parler de Naucratis tuée aune des embouchures dû N de Byzance , de Pefinthe , de Sinop d’Heraclée , 3 c de tant d’autres i pandues dans la Thrace,“dans Pont 5 & jufqii’aux' extrémités F A fie; Un eûind nombre de motifs d férens avoient donné naifiance à ta de colonies fondées par les naric Grecques, foit dans l’intérieur mêm fbit hors du fein de la Grece. C atiisrations'étoient ou forcées, comr O quelques-unes de celles dont je vk de parler , ou volontaires. Dans les premiers tems où les éi Dîjfertatlono t/ :mens étoienc encore peu foli-- &c la forme de chaque gouver- mr mal afliirée, la crainte d’un^ ion prochaineje defir de quitter oifins dangereux, déterminoienc recs à changer facilement de de- eiramour deTindépendance leur Lt quelquefois abandonner leur " , comme firent les MefTeniens , chercher fous la conduite d’A- lenes une terre étrangère, .mais : quelquefois la curiofité feule, ^ oignoit de leur pays natal. La é du climat , la fertilité du ter- attiroit alors , ou fixoit leurs :éfolus dans des lieux, qui leur mt une retraite sûre , 011 un agréable. Tantôt un Prince itent de voir régner à fa place , n frere ou l’ufurpateur du Le de fes .peres , ôc quelque- lème- la liberté s’établir furdes du pouvoir fuprême >.alloit fe r’f WtJJeftàtio'âl ^ fàire un Royaume , & devenoit le c d’une colonie nombreufe , compc de gens que la légéreté , l’efpéran des raifons ' fouvent plus prelTai atrachoient à fa fortune. Tantôt maladie contagieufe , une fani réndoit une ville déferte , ôc tr^ pbrtoit ailleurs fes habitans.’ Ce bien de colonies n’ont-elles pas fondées par l’ordre des Oracles^ G bien d’autres ont dû leiir établi ment à des vœux folemnels faits c diverfes cir confiances'? Enfin un motifs les plus communs étoit la i grande multitude de citoyens j une partie fc voyoit dans la néce de s’exiler ' elle-même. LolTque I fànce de la Grèce fut paffée , & ces petits Royaumes dont elle ( remplie fe furent changes en au de Républiques' indépendantes, 1’ lïté qui regnoit entre ces difîe fets dura peu : quelques-uns s liîjferiàtîon^ 1 9 fit tien-rôt au-deiTus des autres , inrent le premier rang dans la- :e. Telles furent Athènes , Lacé- one jThebeSj ôe Corinthe. L’am- )n les rendit rivales , & les deux C. lo, liéres fur-tout ayant le plus brillé la défènfe contre les Perfes , par-» • :ent entr’elles rautoritc principa-' : forcèrent prefqùe toutes les vil-" entrer dans leur alliance. Ainlî forma dans le fein de la Grece " : ligues^ dont l’une avoir les Athé- rà fa tête , -l’autre reconiioiflbk habitàns ' de Lacédémone ' pour ;• •De-là ces guerres fanglantes I les deux Républiques , • aux- es tout ce qui portoit le nom ' avoir part, & fur-tout celle dont ■ydide nous a laiTé l’Hiftoire.- î jaloufie réciproque donna aux " 5 de nouveaux motifs pour faire * vi des établitlemens. -Falloit-il - nir un peuple fournis-;» s’alfurer r I DiJfertatîûH, la conqucte d’une province ^ On y rilfoit une ville , on envoyoit colonie dans fa Capitale , dont chafToit les habitans. Une Ifle a un Port commode pouvoit aff la navigation, fervir d’entrepôt commerce faciliter la com nication d’un pays a l’autre : ville étoit le centre , ou la clet d région, ofFroit une barrière , une traite , une place d’armes , on y foit pafTer un nombre de cito fuffifant pour la peupler ou la coi ver. Cétoit autant d’avantages ( aucun n’échappoit à Ja politique é rée des Grecs. De l’expofé que je viens de de tous ces motifs il réfulte n( fàirement que toutes les Cok Grecques n’étoient pas d’une méir péce : auffi ces établilTemens avo: ils^ ehtf eux des différences elTen les,,qdi naifloiént^de la nature m DiJfertatîonZ ix eux pour Icfquels ils ctoient def- > Sc des raifons qui les occafion- [C ; didérences que les Grecs , nt -loin de marquer .exprcire- par celle des noms qu ils leur Dient : car ils n croient pas tous sremment défignés par le meme, î langue na qu’un feul terme exprimer toutes fortes de mi- ins hors du lieu de la naidance : mr donne à toutes indiftinéle- le nom de colonie. Ce n’eft ^ même chofe chez les Grecs, 3c n d uttoikIu ( A^oïkia ) qui paroit l'd général , & peut-être unique , de i être quand on examine la re de plus près. On ne s’en fer- ]ue pour défigner les colonies ees dans des pays barbares ou "s 5 dans la feule vûe de les peu- II convient par exemple apref- outes celles dont j’ai parlé juf- >réfenr. Mais lorfque , foit pour Harpecrit în voce, ^Dîjfertaïïonl punir une ville rebelle , foit p safTurer de la fidélité d’un pays, la pofleflion d’une province , la publique viélorieufe ou fouverai fans en exclurre les anciens habita y faifoit palier une partie de fes toyens,, qui, mêlés aux originair les obligeoient de partager leurs bi ,avcc eux, alors ceux qui formoi rCette colonie portoient au lieu nom j4poïkoï).9 celui de ( Clerouchûï ) j nom fort prop qui préfente en même tems l’i de la maniéré dont ils etoient cl lis, de la diftribution qu’on de^ leur faire dans leur nouvelle hab tion , & de la forme même doni y procédoit. Ceft la définition qi donne Démofthene dans une de fes , rangues contre PhilippCjciteeparl pocration , àc Ifocrate dans fonPî gyrique. Le mot Grec ( cle\ traduit litteralement,fignifieJ2»r/, ( 'Sîjfertaîion"* -2.5 iafte de Thucydide , Tcxplique schoîîad. , . . ^ ^ Thiicyii. in ïlui de ( meris ) portion y i. in.c. j», ration fort jufte > parce qu’en on donnoit le nom de }S ) â ces portions de terre qu’on oit par fort aux nouveaux ha- î d’une ville conquiiè; NoUjS deux exemples frappans de “fpece de colonie. Le premier, la datte tombe dans l’année qui ie la guerre du Peloponefe , eft xhucy,!.. i. r. ilonie que les Athéniens firent ’ â Samos après la prife de cette I fuite d’une viftoire navale ortée par Periclès , Sc d’un fîége iif mois. Ils en démolirent les 5 forcèrent les ,habitans a leur rr des otages , à livrer leurs vaif- i. xir, , a les dédommager de tous les ^ ^ de la guerre ; & quelque tems , ils y tranfporterent deux mille irs Citoyens à qui ils partage- rs terres de l’Ifle. Neoclès perc Dîog, Laert. In Ipicuro. Cû;cro^ lie Nat. Decr. 1. l. C. z6. ^4 3 ïj]ertation. d Epicure,, étoic da nombre. Di( ne Laerce qui fait mention d( trait dans la vie de. ce Pliilofopht fert de l’exprelîion dont il s’agii Cicéron , qui parle de Samos cor du féjoiir d^Epicure pendant fa ncffe , employé un terme fynoni pour défigner letablilTement deî dès dans cette Idé. In eam Pater Diod. loco titato^ N CO de S j^gripeta v encrât. Perdi 43 ans après, fit rentrer les Sarr dans la pofiefiion de leurs droit C’eft fur la -cinquième année £ guerre du Peloponefe , que tomt fecoixl exemple. L’Ifle de Le s étant révoltée contre les Athéni -ils afliégerent Mytilene qui en j la capitale _5 &c dont les habitans rent obligés par la famine de fe dre à difcretion. Les Généraux voyerent à Athènes recevoir le; dres de la Republique. On mit Taf en déiibéraricn>& enconféquence fci Dijjertation^ i J id décret, moins rigoureux que ^mier, qu avoient did:é les rranf- inhumains d’une colere aveu- la ville fut dé mante Ice , &: tout ritoire de Tlfle , à rexception de J - , , . , . . Thucv^^.IifU de Methymne, qui etoitdemeu- c. -fo, &.prx- léle, partagé en trois mille parts, trois cens furent consacrées aux c 5 (Sc les autres diftribuées à des *ns d’Athenes quon y établit, nciens habitans dépouillés de terres, furent réduits à payer :haque portion deux Mines aux aux propriétaires *, & de poffelr devenus fermiers , ils eurent la é de les cultiver a ce prix. ns le récit de ces deux faits, les lins dont je les ai tirés , fe fer- Dujours du nom de ( Clé- n ) ôc du verbe qui y a rapport : diucydide en parlant des colo- rablies par les Athéniens à Poti- c. 70^^^* . Egine , & dans lllle de Melos , t!’ B 16 Dijfertatlon, employé le terme ordinaire UTTti (apoïkoï ) q uoique le cas paroifle fe blable aux précédents, on ne doit pour cela le taxer de peu d’exaélitu parce que fuivant la définition d( née ci-deiTus, uTrciyJa (^apoïkia ) de gne une colonie fondée dans des lie ou barbares , ou déferts : or notre b torien dit en termes formels , que habirans de ces trois villes furent d chafies de leur ancienne patrie refte , il faut remarquer que ceux ^ ^ Quoique dans toutes les occafions je viens de citer, les Hiftoriens ayent t jours employé le terme propre ; il ne pourtant pas croire qu’ils ne fe fbient mais écartés de cette réglé. On trouve queinment des exemples du contraire liberté du flyle autorife fouvent des fac de parler peu régulières. Jamais, il efl v ilsn ont fubflitué au terme ordinaire & g( raid’ 0 le terme particulier de Mais ils empioyent quelquefois le mot néral dans des cas où le particulier mieux convenu: ce quin’empcche pas la diftinâion que nous avons établie ioit réelle. Dijfertatî on, 1 7 ent envoyés dans ces villes con- fes ne perdoient pas leur qualité citoyen : les Athéniens quoique ifportés hors de leur patrie, étoient jours cenfés attachés à une Tribu un Bourg de i’Attique. C eft ainfî ipicure, quoique fils d’un habitant îamos , eft appelle Athénien par eene Laerce , par Lucrèce , & A ^111 Epie, partie félon d’autres Auteurs , du Lucret. 1, vî, rg de Gargette , & de la Tribu „ • ide. ly. 13, ’ me refte un mot à dire fur les' monies ufitées dans l’établiffè- it des colonies. Elles étoient uni- les par toute la Grece. Je ne par-; i que des colonies envoyées au I de la République : car pour ces pes errantes , que rattachement 1 Chef rebelle ou mécontent , our de la nouveauté, ou d’autres ifs femblables éloignoient de patrie, on fent bien que leur Bij Z s Dijfertatîon^» fortic nétoit rien moins que pubi que 5 & qu’elle avoit plutôt l’air d’ur fuite que d’un voyage. Les ancien nous ont confervé quelques-uns c ces ufages. * I O. On drelïoit un rôle de tous cei qui dévoient former une colonie , < la levée s’en faifoit à peu près cor me celle d’une armée : on leur do noit un Chef 5 ôc la patrie de ce Ch étoit toujours la Métropole de la vil qu’ils alloient fonder. C’eil ainfi qi tous les peuples de l’Ionie quoiq fortis de différentes parties de la Gr ce^ reconnoiffbient les Athéniens po Hcrodot. ti fondateurs, parce que le Ch pafîim. cette coloiiie avoir ete un d defeendans de Codrus. De-là vie Paufan. I.vit. i m c. {. qu’ils reruicrent d admettre les Ph céens d’Afie dans leur aflemblée g nérale , à moins qu’ils ne fe choil fent des Chefs dans cette famille. Quelquefois les habitans de pl I)tjfertatîûn 2 urs villes différences , mais ficiiécs ns la meme région , fe réanilToient femble dan^ une habitation com- ane ^ fans ctre conduits par aucun lef tiré d’une ville particulière, ors la Métropole de cette colonie )it la contrée entière dont ils étoient :ris. Tel eft le cas où fc trouvoic cedémone , fondée par les Doriens Dîod. ]. n; Dprenient dits , c’eft-â-dire , par les upies de cette petite province a qui p. dônnôit le nom de Tétrapole 1 aCedes quatre villes qu elle renfe- ** 5it,Sc dont trois fubfiftoiênt encore tems de la guerre du Peloponefc. a®. On faifoit précéder le départ de a% qui compofoient la colonie par s facrifices folemncls , pour obtenir niony^, ^ , , Halic, 1, î. proteftion des Dieux :on cbnful- p* Lt les augures & les préfages. 50. LTtat leur foiirnilîoit des ar- îs 5 des vivres 3 & toutes les provi- ns nécellàires. Liban. în ar* gum, orar. Dernofihen* de Cheno- iîcro. 3 © BlJJertatïon: 40 . On leur donnoic au nom de lïypend. République dcs diplômes , ou pâte i‘é\^êtLies de toutes les formalii qui rendent un ade authentique , 1 original de ce décret étoit gardé da les archives , fuivant la remarque < M. de Valois. Pîaio de leg. 5^* nommoit des Commillàir pour regler le partage des terres e tre les nouveaux habitans , pour do ner au gouvernement une forme co yenable , 5c pour établir les loix c pays. 6^, Des Miniftres dépolitaires c culte de la patrie , marchoient à rcte avec les images des Dieux tut laires > 5c le feu facré qu’on droit .c fanétuaire de la Métropole. Cet cérémonie étoit fi effentielle , qu ui colonie formée des habitans de pli heurs villes reconnoiiToit pour fa M tropole 9 celle qui fournifloit le fc Diljerîation^- 3 Sc que le nom du Prytanéc nploye indifféremment par les teurs pour celui de la ville dont peuple eft originaire. C’eft ainfi Hérodote parlant de la colonie lienne , dit qu elle étoit compofée Minyens, de Phocéens , d’Abantes > Pyliens , d’Arcadiens , ôc de gens tis du Prytanée d’Athenes. Tel eft nom que l’on donnoit au lieu dans e partie duquel brûloir cette flam- i fîprécieufe ; fanftuaire infiniment peélé 5 que des ténèbres majeftueiu- ; déroboient aux yeux profanes , &c nt l’intérieur renfermoit félon tou- apparence , outre lefeufacré, les eux Penates de l’Etat , & ces objets :onnus auxquels la fuperftitieufe * Il n’eft pas néceifaire , après ce que j*aî ; fur la patrie du Chef, d’obfervcr en •mes exprès, que c’étoit toujours elle nt on tiroit le feu facré ; cette refiéxion ît d’elle-méme, B iiij Herodot. X. c. .Dlonys. lîcarn^ I. ^ 3 • 3 ^ I^ijferîatîônl anticjuite attcichoir la confcrvati 4lcs villes & des Empires. 7®« Enfin , dans un certain ca toutes les cérémonies ci-defTus d entes etoient precedees par une a tre affez finguliére. C etoit lorfqi les Eabitans etoient trop nombrei pour le territoire qu’ils occupoien Alors, foitque cet excès vînt de trop grande multiplication ^ qu on r( ^ ” ^,3^tdoit comme un efiet de la favet des Dieux, foit qu’il fût caufé p^i une famine, marque certaine de ieii coîere ; on confacroir à une divinit parriciilicre autant de perlbnnes qu’i en nailîoit dans une année, &oîîle faifoit partir pour faire la conquên d’une nouvelle patrie , fous les auf pices de ce Dieu , dont on croyoit h proteétion alluree. Ce dernier ulagc avoit lieu chez plufieurs nations ^ tant Grecques que Barbares , fuivant ia remarque deDenys d’HalicarnalTa Bijfertatîort. 3 j ’ai cru le dérail de ces cérémonies ^ifaire , parce qu’outre qu’il n’ell at étranger au fujet que je traire » roLive que les Fondateurs d'unC ^ , en fe fé parant d’une partie de s citoyens, loin de confeatirà les ire fans retour, avoient grand foin :onferver la trace de leur origine^ tretenir avec eux une correfoon- ce intime , & de fe les unir par liens qui marqualTènt la dépen- :e des uns, & la fupériorité des- es, comme le difeni exprellement JL Députés de Corinthe dans l’alfenv Th^cyd'. î. publique du peuple d’ Athènes. ',c n’efî: pas que toutes les Colonies exception fuirent dépendantes de 5 Métropoles. J’ai remarqué ci- is que tout ce qui précédé ne de- pas s’entendre des établilfemens à l’infçu, ou contre l’aveu des Libliques , par des particuliers qu^ xents motifs y déterminoient. Je By 54 Bljfertatlon'l dis plus : il paroît que les colonie! lorfqu elles dévoient leur naÜTance des Fondateurs chafïes de leur paySjC qui Favoient volontairement abai donné à la tête d’une troupe de cliei attachés à leur fort y étoient abfoli ment libres > ne relevoient en aucur manière de celles d’où fortoient leu Auteurs. Il eft vrai que celles-ci j prétendoient Métropoles , & que h autres fe trouvoient quelquefois dai là nécelîîté de fe fou mettre à leu loix 5 par le befoin qu’elles avoiei de leur fecours : mais on ne doit poii en conclure que dans l’origine elle ne fulTent pas fou veraines , . & je cite rai dans la fuite un exemple qui p^ roît le prouver. Quoiqu’il en Ibit,] peu de villes qui étoient dans ce cas ne doit pas nous' empêcher de recor noître une autorité réelle dans les Me tropoles :'les exceptions ne fontqu donner une nouvelle force aux loi dont elles s’écartent* Après ces éclairciflemens qui nVont *u indifpenfables , il eft t'éms de Ter à 1 énumération , ôc à lexa- :n des engage mens réciproques qui it 1 objet de nos recherches. Pour vre un Plan méthodique , je con- ererai i®. Quels étoient les droits > Métropoles fur les villes qu eU' avoient fondées. Quels étoienj; irs devoirs envers leurs colonies, ns un 3 article , je me pro- fe d’examiner premier lieu' y fi' daifon que j’ai remarqué entre les les dont l’origine étoit commune )duifoit des effets réels & fenfibies: fécond lieu , fur quels droits é-- t fondée cette union tant directe s collaterale 5 des Villes - meres ) colonies. Dans un 4"^^ & der ’ :r article 5 après avoir obfervé que titre de Métropole étoit fort glo- ux dans la Grece^eSc que les liens ’il produifoit faifoient une pai;tie confidérable dû droit des Grecs ^ "S > -■-v. PLAN 3^ JOljfettatloîil quils fervoient prefquc toujours oi de motif a I équité , ou de pretext a la politique , jeu conclurai que di tels engagemens , fuite naturelle d^ 1 union des Métropoles & des colo nies , en font aulïî quelquefois 1 preuve au défaut d’autorités formel les. Je prouverai par un détail hif torique la parfaite conformité qu regnoit entre les unes Sc les autres quant aux coutumes âc aux ufages Enfin je tâcherai de fixer le temsoù leurs droits mutuels ont cefîe de fub- liiler dans la Grecee AP.TrCLE PII EM TER. Qiieîs é- roient les droits des Métropoles fur leurs co I oui es. Quoique les liens qui unifioient les differentes Métropoles de la Grè- ce à leurs colonies fuifent par-tout d’une même nature , comme forçant de la même fource ; il ne faut pas croire cependant qu’il y eut par-tout une entière conformité entre les droits qu’ils produifoient. Le plus grand nombre étoit commun à tou- ■'’^aw-sgpfp^ DtJfcrtatUn, 37 laîs il y en avoir prefqiie rou- ]uelqLies uns de parriculiers a ne : & cetre varieré r.aifîoit de erence des mœurs & des Gou- iiens 5 de celle du traire fait 'S habirans de la Alériopoie eux de la colonie , &c qui é- )ntenu dans le décret dont j’ai us fait mention ; de la diftan- plus ou moins grande qui -ivoit entre les Villes- ineres les qui leur dévoient la naif- toures raifons qui n’ont pas d’être dévelopées, :ommencerai par ceux de ces qui me paroifîenr avoir été u- 'Is. Quelques-uns éroienr pu- : honorifiques , ^d’autres utiles % c la première claiTë regardent e tous la Religion. Les colonies croient oblicrées' iD yer tous les ans à leurs Me- Oiod. sicuj, :s des Députés chargés d’offrir îfocrat. pancgyr. Aiillid. in çleus. ïtymolog. audor. Scbcdîaft. Thucyd. ad 1. îé c, ij. 5 ^ Dîjfertatîonl en leur nom des facrifices aux Dû de la Patrie , & de leur préfer les prémices de leurs fruits. Les ' les Grecques d’Afie s’acquittoi exaélement de' ce devoir , fuivan témoignage d’Ifocrate de d’Ari de. Elles eiivoyoient les prémices leurs moiflons à Athènes , comm la ville de qui elles tenoient à fois & leur origine 5 & cette préci fe femence. 2®. Si le feu facrévenoit par n heur à s eteindre malgré les foins fidus de ceux qui veilloient à fa o fervation , les colonies ne poiivoi le ralumer que dans le Prytanée leurs Fondateurs. 3*^. Elles étoient dans lobligat de tirer leurs Prêtres du fein de L Métropole : nous l’apprenons du Sc liafte de Thucydide. Ceft le i pafTage dans lequel il foit fait i mention expreflfe de ce privilcr 'DîJJerîatîorfo ic robferve le favant M. de Va- vales. lu • /• ' ^ * 1 *11 J cxceipc. Po- mais 1 ulage ou etoit la ville de lybr. p. s. de fournir des Miniftres à TO- l'acît. An- de’ Claros , fitué dans le terri- j4*' de Colophoiivfune de fes co- ; , jiiftilîe la vérité de ce qifa- ce Commentateur. Au refte il ut pas entendre ceci d’une ma- rrop générale. Les Miniftres par- ^rs de cette foule de Divinités :ernes qui peuploient les villes 5 ent pas fans doute compris dans Il ne s’agiftoit que des Ponti- . Dieu tutelaire , de celui dont te tenoit le premier rang : Sc "t Apollon étoit le plus confia le de tous les Dieux- de Milet' Colophon. Dans la diftribution des viéti- >’il fe trouvoit quelque citoyeti Métropole , on commençoit par is Corinthiens fe plaignent dans dide que ceux de Corcyre ne rhucyd. i. Dijfcrtatîonl leur ont jamais rendu ce clevoii Jeur plainte montre que c’étoi coutume obfervée foigneufe dans la Grece. 5 ®. Les premières places dai \W\ét folemnités publipnes , dans les j dans les afTemblées ,• appartenu aullî aux citoyens de la Métro 6^. Cétoit Tufage des colonies ner les Temples de leur anci Patrie , de prefens coniîderables ‘dépouillés d’ennemis , de trop! de ftatues & d’autres embeiliflen Les Auteurs Grecs en fourniflent fieurs exemples. Toutes les ville tenoient leur origine d’Arlienes Paiifan. I. cîîrent fous Adrien à leur Métn le , lin hommage de cette efpece élevant à leurs frais , chacune , ^colomne^ da is ie temple fameu * Paufanias ne dit pas expreiT'men le? colomnes eulTent été érigées par Æolônies : ü parie limplement de . Dijjertatîonl er Olympien ^ &c faifant mettre ftatiies à côte. Ce fuperbe édi- ommencé par Pififtrarc fur les , . / Vïtru7. I, S d’un ancien temple dont De- 3afloit pour fondateur , avoir été lue par fes enfans , par Perfée ? Livîns î, Intiochus Epiphane , enfuite •le détruit par 5ylla.Tous les Rois i, fie formèrent le deffein de le re- t frais communs fous Augufte ^ tueton. in le dédier au Génie de ce Prin- ns il ne fut achevé cjue par 1 >(|ui en fit un des plus mai?— spart, 5 ® ■ , e b AaïuBo. :s batimensde ( Univers, Kuh- ans les notes fur Pau/anias dit s villes dont on voyoit les fta- côté des coîoranes,étoient rou« de bronze. Mais j’ai cru qu’elles r.t fait placer leurs llatues à coté cclcmnes , que pour marquer que errres memes étorent un prelènt reconnoiflance envers leurs Mé- 5s & un monument de leur pieté upiter Olympien. Je ne vois pas :e conjeâure lôit trop hardie. 4^ Htjfertatlon^ tes celles qu Adrien avoir fond 6c qui par cette raifon portoieni Ion lui*, le nom de colonies de Empereur. Mais c’eft une méprif fible. On ne peut entendre cela des colonies d’Arhenes , qui étoi comme on fait , en très grand r bre. 7 ^. La plupart des villes Grec payoient tous les ans à celle d'Ath quelques mefures d’huile , comn ne forte d’aveu qu elles lui deve l’Olivier. Cet exemple eft le feuJ j’aye trouvé parmi les anciens cl redevances purement honorifîq qui font aujourd’hui fi commi On peut cependant conjeûarer les Métropoles en exigeoient d reilles à titre d’hommage > & l’efpéce en étoit fixée fuivai traité fait entre elles & leurs nies. Parmi les droits utiles, on Dijfertation, 45 ter I®. Celui que les citoyens Métropoles âvoient de pouvoir des alliances dans les colonies , irradier des Mariages , fans que "nfans fulïent réputés étrangers ; âge qui doit paroître fort im- it 5 fi Ton fait attention que les diques Grecques, jaloufes les des autres , eftimoient fi fort .roit deBourgeoifie , qu’elles ne 'doient que rarement. Athènes fi difficile fur ce point qu elle •ayer afièz les importans fer- que Perdiccas roi de Mace- Oemoaii. avoir rendu à la caiife com- des Grecs contre Xerxésjcn U feulement à ce Prince le ’immunité. Lacédémone qiioi- firant avec ardeur de voir Ti- e, célébré Jamide, à la têtede iipes 5 à caufe des grandes vi- que l’Oracle promettoit à ce Herodot. î. , refufa d’abord de l’admettre 44 Dijjertatiofî^ au nombre de fes citoyens > & laifla vaincre qu à îa derniere mité : opiniâtreté plus étrange te 5 ôc plus étonnante que Fo d’ Athènes vpafce que le defir ef que toujours plus liberal que connoilTance» Enfin 1 hiftoire faii tion de plufieurs * Princes , q villes Grecques crurent beaucoi norer par un pareil titre ? & qi crurent réellement honorés , c moins feignirent d0 le croire, tre en effet etoit une condidon penfabîe pour polïeder des Ch; des Sacerdoces ? pour avoir voi remofth. 1^5 Alïemblées ^ pour a&irer mot à tout ce qui pouvait tiatre] bidon dans un Etat libre. Oî Être citoyen il ne fuffifoit pas né d un pere ou d une niere fût : il falloir quils euffent 1 * Alexandre y M. Antoine , A iGallien JD îjfe nation.. ‘ cette qualité. Je mets au meme rang le droit >uvoir adiecer des terres , ou es biens dans le territoire des iCs.Les loix de la plupart des vil- ecques3& d’Athenesen particii- e permettoientni aux citoyens tter leur Patrie pour chercher :s un établiffèment , ni aux E» Ts de venir y fixer leur féjour 1 confentement public. Les pre- étoient traités de fugitifs 5 & e telsjfujets à toute la rigueur de page , dont la feveie infpcc- Mcur(;us<ü; etendoit fur tous les crimes ; 1 Etat 5 parmi lefquels'celui-ci : pour confiderable , par une neçeflaire de la conftitution >licaine. Les féconds ne pou- : tranfmetrre à leurs enfans les itions qifils faifoient , & n'a- ■ d’autres héritiers que le do- de la République. Cet uf^gc ; ' >/. ' Dljfertaïtonl fubfifte aujourd’hui dans plui Etats , comme en France où le < d’aubaine n’épargne que certain fets 5 & quelques Peuples privile en Angleterre * , à Bade. La Ir d’acquérir dans le territoire d’un Ionie , ou d’une Métropole ( C 2 droit auffi'bien que le précedeni être cenfé réciproque ) étoit dot privilège confidérable , mais bie turel 5 vu l’efpéce de liaifon qi gnoit entr’elles. 3^. Il en faut dire autant du d’hofpitalité 5 qui étoit commui habitans de l’une de de l’autre *, confidérable dans l’ancienne G qui produifoit entre deux Peu ou deux particuliers , des liens î indiflolubles , religieux , & fo; * Un étranger n’a pas le droit d’a aucun bien fonds en Angleterre : i |1 ne peut pas même louer une ma ^ijfcriatïon. ’oifiéme efpéce de Ikifon * , dif- e de celle du /ang de de l’ami-- e n ell pas que je prétende que italite unît enfemble tous les "ns d une Métropole , & d’une e ; mais il eft certain qu’elle it les deux villes , de leur faifoit ûer la même efpéce d’alliance Leux flimilles particulières. La Lraifbn eft des plus exades. I un Etranger arrivait chez un e avec qui il étoit lié par le oiUifè le commencement duxiir. ^1 Odyffée : on y verra UliiTe prêt à -orcyre,& le Roi des Pheaciens qui mt alors cette Ille ; ordonner aux es de fa Cour d’ajouter aux pré- L laits a ce Héros de nouveaux dons, promettant de les dédommagée artie de cette dépenfe , par une on generale qu’il mettra fur le Lia prochaine Affemblr-e. Ce paf- eft extrêmement fingulier , mon- neme tems que l’hofpitalité étoit enne & qu’elle avoit des droits fort > puifque tout un peuple étoit obli- ontribuer; & pourroit donner lieu te reflexion que les bornes d’une nous pemiettent pas de faire. 4 ^ Dijfertation. droit d’hofpitalité 5 il en recevc prefens accoutumésdogeoit che; & le titre féal qa il portoit un prouvé , l’afliiroit , 'quoique d ai inconnu 5 d’un accueil favorabk fl quand l’armée d’une ville i une autre par les mêmes liens foit fur le territoire de cette iiiere , elle y féjournoit fans ii tude 5 on donnoit afyle à fes des on portoit dans fon cai dons de l’hofpitalité , qui < toient en farine , en vins ^ en fc & autres provifions de cette c C’eft: ce qu’éprouverent les ni: le dans cette fameufe retrai > n’a pas fait moins d’honnet Gtece , que les vidoites de S ne & de Platée. Etant arrivés a virons de Sinope , de Trapez< d’Heraclée, villes Grecques , . dans' le Ponr , ils y furent Xcnoplr. de • j v eyt. min. f^ivant Ic témoignage de Xenc Exp. l. *V. Dîjjertatiofi, ualité d’hôtes , & abondamment vus de toutes les Munitions de be donc j'ai parlé plus liant ; .m^^nt c[ue nous ne devons pas ment attribuer a la bonne vo- de ces villes : elles ne firent en [lie s’acquitter d’une obligation le on le voit alTez par les plain- lie les Chefs de oette illudre c firent hautement de c|uelc|ues qui y avoient manqué. Or fi Il commun de Grec, étoit un ■ fuffifant pour l’hofpitalité , à :orte raifon fubfiftoit - elle en^ le Métropole ôc fa colonie, pafle a 1 examen de plufieurs droits fort importans^qui niar- encore plus que les prccedens j eriorite des villes meres fur qu elles avoient fondées. Tel I®. celui quelles avoient de r des LegiUateurs à leurs co- , loit pour y établir la forme C ’^Platarch, Îiî Dioue. Diodotr. 1 XII. Tluicyd. 1 L. lu. H- DîJJertatlotil de leur Gouvernement , foit pou faire revivre , lorfque des difco inteftines , où des guerres étrans l’avoient renverfée. C’eft ainfi Dion après avoir chaflé les tyrar Syracufe , voulant établir l’Ariftc tie dans cette République , avoi mandé aux Corinthiens un Co compofé de plufieurs d entr’eux , fuadé 5 comme le lui réprochoit raclide fon rival j que la préi des députés de la Métropole tiendroit les Syracufains > & les droit plus fournis. Nous lifons • dans Diodore de Sicile & dansTl . dide J que les Lacédémoniens fondé dans la Thelïàlie la ville c raclée , y tranfporterent leurs h leur Gouvernement j que les j niens firent la même chofe a tium , petite ville fituée dans 1 ritoire de Colophon. z®.Tel étoit encore le droit que h 'Dijfertatlonl 5 1 >oîes avoienr, félon toute apparen- le faire palier dans les villes qu’el- ivoient fondées de nouveaux Ha- ns 5 que les anciens étoient obligés [mettre à la participation de s biens. Je dis félon toute appa- :e ; car quoique je ne connoiHe in paffage exprès qui alTure que •autorité s eteiidît jufqiies-là , plu- rs traits confervés dans HiiftoL ’emblent nous donner lieu de le fen Elles prenoient ce parti , foit r fe décharger d’un nombre de lyens inutiles , pauvres, ou fédi- X , foit pour renforcer leur colo- Quelque dure que fût la nécef- de ce partage , il paroît que les nies s en acquit toient comme » di devoir , c eft-a-dire s’y foiimet» it de bonne grâce. Du moins c’eft ue firent les faabitans de la Cher- :fe de Tbrace , lorfque la Repu- ic d Athènes devenue Métropo- ^ Demonfth. î'n orac. de Cherfonefo. ' 5 t‘ Difcrtation; de cette Contrée , depuis qifell avoir été répeuplée par Miltiade y tranfporta , fous le régné de Ph] lippe une fécondé colonie , qui éto: de la meme efpéce que celles de mos 6c de Mytilene. Libanius alTui formellement, fans doute d’après de autorités pofitives , qu’ils partage rent leurs habitations 6c leurs terr( avec ces nouveaux venus. Ceux c Cardie furent les feuls qui ne voi lurent point y confentir , 6c la raife qu’ils alleguoient elT: une nouvel preuve du droit dont il s agit. Ce! difoient-ils , que nous habitons u: contrée qui nous appartient en pr pre , dans laquelle nous n’avons p été établis par les Athéniens. I 3 "". Les colonies étoient obligée toutes les fois quelles vouloient f re quelque établilTèment , de dema der un Chef à leurs Métropole ufaee extrêmement ancien , fuiva D Dilfertaü&n. 55 remarque de Thucydide. Cet Au- ^ ^Tiuicyd i. iir en fournit pluheurs exemples» i ville dTpidamne reconnoilloit »ur Fondateurs les Corcyréens : mais Chef de la colonie avoir été Plia- is Corinthien fils d’Eratoclidcj^c qui difoit iffii du fang d’Hercule. Les emiers Grecs qui s’établirent en :ile 5 furent les liabitans de Chalcis , Eubée : mais leur conduéteur n^é- Lt point tiré d’entre eux ; ce fut leucles citoyen d’Athenes, Métro- Thiicyd. I. le de Chalcis, & d’Eretrie, fuivant vi. c. 3. dleius Paterculus & Strabon. En- Veiieius 1 . 1 . Snab. 1. X, p. :on vers le même tems , Lamis 44^^ rti de Meeare , vint aborder dans même Ifle à la tête d’une colonie , y bâtit la ville de Megare Hyblée. Thudd. l.vr. s Hybléens cent ans après fonde- it Selinonte , mais ce fut fous la nduite de Parnmyle, qui félon la Litume des Grecs , étoit venu de nciennc Megare dans ce dclTcin. C » • . “J ^ ©ÎOff. I. p. 8iS. Tî)ticyd. I l)iod. 1. Ji 5 ^ DîjJertatîon, colonie , ne devoir pas nuire à f droirs. Auroir-il étéjufte qu’unevi le > parce qu elle croir idiie d’une ai ne pût devénir mere à fon tou Le paffage de Paufanias que jeviei de citer , donne aux Métropoles u nouveau privilège qui eft une fuite d celui-ci:c etoit de partager le gain qi fe faifoit dans ces établilîemens. 4 * Monfieur de Spanheim me encore au nombre des oblie'ation yj d’une colonie , celle de tirer fes Gé neraux du fein de fa Métropole Nous en avons en effet plufieurs e xemples. Diodore de Sicile rappor- te que les Tarentins étant en guer re contre les Romains & les peuple; delà Lucanie , demandèrent aux La- XX. cedemoniens leurs Fondateurs Cleo- nyme un de leurs Rois pour com- mander leurs troupes. Les habitans d’Heraclée en Thellàlie , dans une . V. il. baraille qu’ils perdirenr courre les Dolopes , avoient à leur têre Xeua; ‘ V .- ■ DlJJcrtation» 5 7 Lacedemonien. Ceux de Poridée onie de Corinthe dans llfthme de I , • -1 / ^ I. I , .ene croient commandes par Aril- Diod. 1. xn. Corinthien , dans le combat qu rF erent aux Athéniens , & dont ia te fut fuivie de la prife de leur e. Les Syraeufains pleins de re- noilTànce pour les importans fer- fs de Timoleon , ordonnèrent Plurarrh. in' ^ P • .. THùoltOiU* I 1 avenir nans toutes leurs suer- O contre l’étranger, ils naur oient itres Généraux que des CoriiiT' ms. Ce décret qu’ils exécutèrent d’années après , en donnant le imandement de deurs troupes à ^ftoridc citoyen de Corinthe , tre Sofillrate tyran fugitif, & les thaginois fes proteéleurs , ne fît ; doute que rappeller cette an- me coutume , â laquelle ils a- mt dérogé dans le tems de leur' iideur : ce qui arrivoit fouvent" colonies , non feulement pour- C V ^ Dîoff. I, jp. 8i8. Tîfucyd. I Diod. 1. :i 5 ^ DîjJertatïon, colonie , ne devoir pas nuire à fi droits. Auroit-il étéjufte qii’unevi le 5 parce qu’elle étoir ilTue d’une ai tre, ne pût devenir mere à fon tou Le paflage de Paufanias que jevier de citer , donne aux Métropoles u nouveau privilège qui cft une fuite d celui-ci;c etoit de partager le gain qr fe faifoit dans ces établiiîèmens. 4^* Monfieur de Spanhelm me encore au nombre des obligation v_> d’une colonie ^ celle de tirer fes Gé neraux du fein de fa Aiétropole Nous en avons en effet plufieiirs e- xemples. Diodore de Sicile rappor- te que les Tarentiiis étant en guer- re contre les Romains & les peuples delà Lucanie , demandèrent aux La- XX. cedemoniens leurs Fondateurs Cleo- nyme un de leurs Rois pour com- mander leurs troupes. Les habitans d’Heraclée en Theffalie , dans une . v. , . .11. baraille qu’ils perdirent contre les Dolopes , avoieut à leur tête Xeua^ DiJJertation. 5 7 Lacedemonien. Ceux de Potidée onie de Coriutlie dans llfthme de I / • 1 / A ' r ThucyJ. I. i , Lene etoieac commandes par Aril- Diod. 1. xiu Corinthien , dans le combat qu iF erent aux Athéniens , de dont îa te fut fui vie de la prife de leur e. Les Syraeufains pleins de re^ noilTànce pour les importans fer- ?s de Timoleon 5 ordonnèrent Plurarrh. in' k P • 1 ^ TÎikioltOiU* I 1 avenir aans toutes leurs auer- O contre l’étranger, ils n’auroient itres Généraux que des Corin-r' ms. Ce décret qu’ils exécutèrent d’années après , en donnant le imandement de ieiirs troupes à ïftoride citoyen de Corinthe ^ tre So/ilèrate tyran fugitif, Sc les thaginois fes proteéleurs , ne fit : doute que rappeller cette an- ine coutume , â laquelle ils a- mt dérogé dans le tems de leur' ndeur ; ce qui arrivoit louvenr' colonies , non feulement pour ' C V 58 Dijfertation: ce privilège en particulier 5 it pour tous ceux qui marquoient 1 dépendance trop étroite. C etoit joug quelles fecouoient fans be coup de fcrupule , quand leur pi fance égaloit ou furpafïoit celle leurs Métropoles ; ces dernk hors d’état de faire valoir leurs dr< contre de tels enfans , ne les ej Goient gueres , que fur des coloi foibles ou reconnoilTantes. Cette fléxion eft abfolumenr elTentie Car il feroit impolTîble de conci un grand nombre de traits de h toire Grecque avec l’exaéle obfei îion des engage mens qui font Y iet de ce Mémoire , mais elle ne détruit pas : un droit pour ne p voir être exercé par le poireffeur 5 ; fubfifte pas moins, - Tant de privilèges , dont je minerai bien-tôt rénumeration l’exaniea du plus considérable Dîjjertationl- 59 § ) mettent affuremcht dans lader- re évidence la fuperiorité des Me- pôles Grecques ,‘fur celles quileur oient la nailTance, Outre ces pré- atives , communes à toutes , quel- s Métropoles jouilToient de cer- is droits particuliers 5 qui rendoienC ; grande encore la dépendance de' s colonies, Ainfi , pour me bor-- à un petit nombre d’exemples 5 icydide nous apprend que les La- rhucyà. îi "moniens gouvernoient par eux- aes la ville d’Heraclée , tant pour vil que pour le militaire , & qu’ils- nvôyoient des Magiftrats dont sverité rendit cette ville deferte 5 fondateurs d’une colonie dan^ etite ifle de Cythere * fituée à Thucyd; 4. auteur du Cap Malée , & fépa- ie la Laconie par un bras de mer^ eu ry}s ' ^yrecrè xoùt» troç^ C vj: T^îjfertaticnl fort étroit 5 iis y faifoient paffer t les ans pour rendre la juftice^ur leurs citoyens revêtu d une dig] dont le nom même annonçbit 47 motif 5 & le lieu de fa réfidei Les Corinthiens en ufoient de 1 jfc. me à régard des habitans de P( dée 5 qu’ils gouvernoient par des giftrats nommés Epidemiurges ^ venoient tous les ans de la Métro] le. Les habitans de Sinope fon^ Xenopii. de feurs des villes de Cortyore , de ( Cyri Min. , cxped. 1. V. rafonte5& de Trapezonte dans Pont, en tiroient un tribut annu comme leurs députés le repréfenti aux chefs des dix mille. Megarequ 1 i'x peuplée par toute forte de 1 riens, étoit cependant attachée à C rinthe , parce que la plupart de citoyens étoient originaires de' ce ville. Entre différé ns hommages qu le rendoit à fa Métropole , les Sel ScTîOÎ Ra- «r» 1 ais.p. ^31. iiaftes d’Aiilrophanes j^nous en < ^DiJfertaîïoH* ^ fervé nn fort linmilier. Toutes les O qu’il mouroic quelqu’un de lafa-* e des Baccliiades , dans laquelle rincipale dignité de Coriütlie a- été long-tems héréditaire , k î de Megare envoyoit plufieurs bnnes de l’un &de l’autre fexe, : rendre au mort les derniers de- s. Les habitans d’Ep-ine 5 colonie âdaure fui vaut Hérodote , recon- L)ient l’autorité des Epidauriens •lufieurs points , mais en parti- “r dans leurs procès 5 qui fe ju^ ent en dernier refTort devant les maux de leur Métropole s où ils nit cbxiges de fe tranljiorter cii Dnne. Enfin Fille de Delos eft un aple frappant de la dépendance :o!onies, Athènes exerçoit fur elle efpece d’empire ^ comme en é- la Métropole. En effet fes plus ens habitans furent les Athe-' s. Le premier qui Fait poffedée ^ Spanh, Difî. ' JX. Herodor. 1,. U 1. L, V. c. S3. AUienæiïs^V Bijf&tatîofti eft Erefiithon fils de Cecrop^, vivoit fuivant la chronographie Syncelle 1558 ans-avant l’Ere C tienne. Il débarqua dans cette i & s'y établir ; Eufebe ajoute qu bâtit un temple â- Apollon. A avoir été fucccfiîvement fous la Tmcyd, L I. Hiination des Plieniciens^des Cari & de Miiios contemporain d’Eg elle rentra enfin fous celle des theniens qui la reprirent fur les: -cefieurs de Minos 3 &: pour lors droits dc’ Métropole fe confondu avec ceux de fouverainSo De là cc lacojiids. loi par laquelle ils défendirent ; femmes enceintes de demeure srrab. 1. x. Delos lorfque leur terme approche J). ^ Déliens d'y enterrer les moi de là ces purifications dont' p^ 7hucya i r. Thucydide ^ dans lefquelîes ils fir ^ enlever tous les tombeauxjqif on P ta dans Fifie de Rhenég oùils al nerent aux habitans leur fépultu L. v; DijJertaticnl i l’expulfion des Déliens comme irs, leur rappel , rinftitution des Deliaqiies' , rctablilTement fliit [es Athéniens dans cette ilîe , ■ ’éfor commun de la Grece'dont oient dépofitaires *, le droit qu ils snt de fournir tous les ans au )le d’Apollon deux Parafites ti- le la famille faeerdotale des Ce- s. La fouveraineté de Delos^ fut enlevée par la conquête que lomains en firent : mais Adrien 'rince ami des Grecs , la leur it, & ils y bâtirent à fes frais une : dont les ruines fubfiftoient en«=^ au rems du voyage de M, de rnefort^qui les décrit fort au olls lui donnèrent le double nom henes nouvelle & d’Olympieion ^ ife du titre d’Olympien^que lafla- “ rivale de fuperftirion avoit forcé Laître des Dieux de partager avec Empercur^^ Ce fut alors qu’Ai- L, iiî; L. T,- Sam.Petîrj Leg. Acticar^ Voyag. tom^' I. lettre vJ 19- Gruter, p. ccccv. 5pon. mtfc. G rbit, X* .N", l\ ^4 T>îJfertattonl thenes devenue une fécondé fois rropole de Delos jouit dans i . leur étendue des droits qui fon fuite de cette qualité. Les Atliei y firent poflTer la forme de leur vcrnement , leurs loix , les m divifions du peuple en tribus <î curies 5 y établirent un Sénat, Magiftrats, des Tribunaux, des Al blées abfolument femblables à c de leur patrie , 3c dont les déci n’a voient de force qif autant qu’ étoient ratifiées par le Sénat oi peuple d/ A thenes. Nous apprei tout ce détail de deux infcriptii dont Lune fc lit dans le tréfor de < ter ; l’autre , que Spon rapport pafTé du palais de rArnbafîadeu France à Conftantinople , où ce v geur l’a copiée * , dans le 'cabine ^ M. le Marquis de Nointel la ra ia dé fon ambalTade avec une ï extrêmement curieufe ,, décrite ^ DîJJertatlon» ^ J emie des Belles-Lettres, n le plus important de toii 5 nts des villes Grecques fur jui leur dévoient la nailTance ^ ms contredit celui qu elles a- dexiger d’elles dans toutes d’occafions des fecours prô- nés à leurs forces. Au moin- laL les colonies étoient obli- î joindre leurs troupes à cel-' Métropoles -, d’ouvrir leurs leur territoire aux flottes , lées de cesdernieres *3 d’en re- néme les habitans , lorfquiis befoin d’un afyle *, Sc dans non feulement de partacrer Thucyj, res avec eux , mais de leur acore la principale autorité, de parcourir l’antiquité Grec-. •ur en trouver des exemples. ^ les ayant ac- s hiritiers deM. Thévenot Garde Ijotheque du Rçi , Içs a léguées L lie en 17-21, DîJ]erïatwt\ Je ne les rapporterai pas tous Un tel détail me meneroit trop l Sc ce feroit en quelque forte braiTer toute Thiftoire de la Gr parce qu’il n’y a point de guerre Grecs 5 foit entre eux , foit cc les étrangers , qui n’en fournifle c que trait : ce qui n’eft nulle J necélTaire pour établir d’une m; reinconteftable le droit en quel c’eft alTés de quelques exemple^ pans que je choifis entre un g nombre. Dans la célébré journé Platée 5 les Corinthiens 5 qui faif partie de l’armée Grecque , ér foutenues par les troupes de dée colonie de Corinthe , qui f gnirent à eux , en eonfequenc leur requilition cxprelTe , fuiva remarque d’Herodote. C’eft f même raifon que les troupes d lamine étoient jointes à celles r thenes » l’expédition c Dïjfertatlon'l ^7 *• Homere dans le dénombre- qu il fait au IL livre de lllia- de la flotte des Grecs , remar- xpreflement qu Ajax fils de Te- 1 Chef des Salaminiens rangea le la flotte Athénienne les XIL uix qu’il commandoit. Cet ufa- rémement ancien ? puifqu’il re- i au tems de la guerre de Troye 3 moins a celui d’Homere , étoit narque fi pofitive de la dépei> des colonies qu’il fervoit de e aux Métropoles , quand on ifputoitce titre. C’eft ainfique heniens ayant eu pendant long- es* iû Qy)i 'ZuXdf’ihcç âyiv êüù V dycüv Iv 'Içuv'TV ÇÙXayytç, eft vrai que Plutarque qui rappor- fait , ajoute qu’on foupçonnoit le teur d’ Athènes J d’avoir inféré ces ers dansie texte de i’Iliade;mais que ■s fbient l’ouvrage d’Homere ou de , la conféquence que j’en tire n’en^ : moins jufte 5 comme on le lÿnt ah 6 8 DiJJertation* te ms la guerre à foutenir contre de Megare , au fujet de cette ] iiîe de Salamine que chacun ( peuples revendiquoit , le ment rendu fur ce différend p; arbitres tirés de Lacedemone i vorable aux premiers ; Solon Plut, in So- avoient chargé de leur caufe *oae. . . ^ fait valoir le paffage d’Homerc je viens de citer ce qui , pour L en paflant 5 prouve nonfeuleiiK force de cette coutume ^ mais e Faut-oriîé que les ouvrages du tre d’Achille avoient dans la G les vers de ce Poète , décidcreu importante quellion. Je paffe à d’autres exen Les liabitans de Naxe en Si ÎThucycl.i.iv. affiegés par ceux de Melï reçurent des Leontins leurs de dans 5 & dc' toutes les villes qu toient de la même origine , un faut fecoiirs auquel ils durent 1, DîJJertadon, 6^ .es Phocéens ayant formé le de fubj liguer la Doride , Sc déjà même emparés d’une des liles qui fubfiftoient encore îtte province fà laquelle Tliu- rhucyd, 1. 1, donne le nom de Métropo- -acedemone , les citoyens de apitale du Peloponefe vole* L lecours de leurs Fondateurs» oyerent aux Doriens une ar- )mpofée de quinze cens d’en- ^ & de dix mille alliés , qui :s ennemis de fe retirer & d’a- mer leur conquête. Environ après ils y bâtirent la ville clée dont j’ai déjà parlé 5 dans e vue 5 comme le dit expref- le même Auteur , de défen- ;te contrée des frequentes in- s de fes voiiins. La première ^ue les Corinthiens envoye- Li fecoLirs d’Epidamne , dans l. i.c. ÜTerent contre ceux de Cor- I J f cyre s éroit compofée de 7 5 vaifle parmi lefquels on en comptoir Steph.strab. Mcgate ^ autant d’Ambracie Lx.p. 4)2-. Leucade P trois villes i de Corinthe , & dont les deux nieres avoient déjà joint quel troupes de terre 5 à la garnifon rinthienne partie quelque tems paravant pour Epidamne. La fec< armée navale quils oppofere celle de Corcyre &c d'Athenes nies , après le traité fait entn deux Républiques j éroit forte de cinquante vaifleaux jdont les villes nommées ci-deiTus avoien Thucyci.l.l. • Lî r • * r c. 4^. lemble rourni quarante neuf : c joint à celui qui venoit d'An rium autre colonie de Corintl Strab. 1. X. envoyés d’Elide * faifoit i\ 4îi* Xante navires auxiliaires. Si examinons quels étoient dans la 1 re dont Thucydide eft Thlftoi les alliés de Lacédémone ^ leui JOïJjertation.'^ 7 1 offrira prefqiie tous les peu-* " Peloponefe , pluiieiirs autres hors de la prefqu Ifle , mais is d origine , ôc les Corinthiens us du fecoursdes colonies dont ià fait mention. J examine en- eux d’Athenes, Sc je trouve» un grand nombre de peuples dres ôc dépendans de cette Ré- [ue 5 toutes les villes Ioniques L reconnoifloient pour Métro- toutes les Iflesfituées à l’Orient le Peloponefe ôc la Crete , ôC res Cyclades à l’exception de ôc de Melos colonies Lacé- nennes. Thucydide étant fur it de rapporter ce combat il " aux Athéniens qui termina rre de Sicile entreprife à l’inf- in d’Alcibiade 5 fait précéder lefeription j i’undes plus beaux aux hiiloriqiies que nous air antiquité ^ par une longue énu- Thiicytî. 1. I. c. Tliiicyi. I, l,c. fz' Differtcttionf meràtion des peuples alliés de & d’aiirre. Du côté des Syracu on voit un grand nombre de Doriennes ^ foit de la Grece ioit de la Sicile, Parmi les alliés thenes , dont le nombre étoit p gieux J l’autheur nomme exprelTè ceux de Lemnos , d’Egine , c bros 5 d’Eretrie , de Chalcis , d tiée,de Styra ^ de Ceos , d’Andro Teos 5 de Milet , de Samos , de C toutes colonies Athéniennes, Si craignois de paflerles bornes > je drois à cette foule d’exemples , des fecours donnés en difïerens Dîod. i.xi par le peuple d’Athenes aux E ^xJîicyJ. 1. , & rapportés par Diodore , ' & Plutarque, Mais il sa Ages. indiquer 5 & de rappelh même tems rorigine Egyptienne * Egine étoit alors penplée parla i ïiîe d’Atheniens , dont j’ai parlé ; cet / ''i •/'I nenient étant poflérieur à la prife de ^ille, 6c a l’expullion de Tes habita J î^ijfertatton. mens , fource principale de I cf- cjuAmafis 3c les Egyptiens a- t pour eux fuivant le remoig- d’Herodote. I doit conclure de tout ce que ens de dire a qu’il y avoir les Aiétropoles 3c les villes "S avoicnt fondées , une allian- urelle qui fubliftoit réellement /oir beioin d etre marquée par traite politif. Cette union é- forte qu elle palToit par déf- is les traites faits avec des é- L's. Dès qu une Métropole étoit irre avec quelque peuple allié colonie , cette alliance dilpa- aulîî-rôt-:&: la fidelité invio- ;ue les filles dévoient à leurs les . obligeoit dy renoncer ^ e avantageufe qu elle leur fût , le danger qu’il y avoir fouvent mpre. )Jt un principe univerfellc" D Herofiot. f I ] 1 . c. 1 1 . '74 Dîjferîation: •ment reçu chés les Grecs: 8c Tirer tocle voulant détacher les îon du parti de Xerxés , à qui ils avo fourni cent vailTeauXjne manqua de leur mettre devant les yeux tel motif, comme fupericur àto les raifons qui avoient pu les de • miner a fuivre ce prince. Hero( nous a confervé le moyen don fe fervit pour faire palier ces re fentations jufqu a eux , & ce trait rite d’être rapporté , parce qu’o fa fingularité , il peut nous do: une idée du caraftère de Them .de , politique aullî fin qu’habile néral , 8c qui ne trouvoit pas n de relTources dans fon efprit que fon courage. L’armée Perfane a forcé le paflage de Thermopiles «Grecs fe crurent obligés de qi je promontoire d’Artemife , pre quel ils avoient remporté de gi avantages , pour fe retirer vers 1 T Dïjfertatîonl 7 c .ir de la Grece , & ils s’arrêtèrent ilamine. Dans cette retraite , Tlie- locle cboifit les vaifleaux les plus îrs de la flotte Athénienne , &paf-, c avec eux le long des côtes de ibee par tous les endroits où les émis dévoient nécellairement a- der pour fe rafraîchir & faire de a, il grava fur des rochers ces mots larquables adrefles aux Ioniens. fies d'Ionie , vous ofenfez. C équité trelle en combattant contre vos t > en faveur de barbares qui ent les réduire en fervitude : ran-i, vous de notre coté , engagez, les en s à fuivre votre exemple sou fi vous efi imfoffible , jettez le de- 'e dans l'armée des Perfes , lorf- nous ferons aux mains avec eux . fouvenant que tious femmes les ’trs de votre origine , & que cefi avoir pris les armes en votre fa- > que mus nous femmes attiré Dij Sî-fab. l.xiii p. fSi. i'auian.l.iii Thacyd. m, Cji 2.» Dijfertatîon, S£tte guerre avec Us Perfes^ Les Io- niens trouvèrent k lendemain ce; inferiptions en côtoyant TEubée. El les firent impreffion fur pluEeurs, qu dans la bataille de Salamine agiren ïoiblement , & furent des premier ^ prendre la fuite. Le meme motif autorifa les Lcfbien i quitter dans la guerre du Peloponef le parti d’ Athènes pourfe jetter dar celui desLacédémoniens,avec lefquel ils étoient unis par les liens du fang Fauteur d.e la colonie qui peupl • Lefbos 5 a,yant été Penthile fils d’C * refte^ S’ils , attendirent la quatrien année de la guerre , pour fé déclan en faveur de Lacédémone > c eft qui n étoient pas encore en état de d fenfe/j mais dès que le port de W tylene fut fortifié., leur flotte prên ils ne balanceront plus. J’ai détail ci-defliis les fuites funeftes que ' changement eut pour eux» Dïjfeftattoifi 77 l’attachement que Potidée montra ar fa Métropole eft encore plus ppant.Cette ville étoit alliée & tri- :aire des Atheniensjauxquels fa po- on la rendoit fort importante. A ullî- aprèsle fécond combat entre les tes de Corinthe 6c de Corcyrc Athéniens prévoyant ce qui al- : arriver , donnèrent ordre aux gitans de Potidée de démolir les rs de leur ville du côté de l’Ifth- Thucyd. i. de Pallene, de chaffer les Ma-oiojj’x^j rats de Corinthe 6c de if en plus ïvoir à l’avenir. Cet ordre révol- tés Potideatcs. Ils en demande- 1 5 mais inutilement, la révocation* » rs fans être effrayés de la puiflàn^ [es Athéniens, ils rompirent avec , 6c aimèrent mieux s’cxpofer à colere d’une République jaloufc fon autorité , que de manquer à : Métropole. Les Athéniens mi-- : le fîége devant la Place, 8c en Thiicyd. Y. C. 8f. 1. ni, c.p 7 ^ jDiJJertatîdn. chafTerent les habitans. Ils tirèrent une vengeance cnccn plus terrible du refus que firent ceu de Melos de fe déclarer en leur favei contre Lacédémone. Tille de Melos f tuée à 24 mille du cap Skilli en Mc rée, & à une pareille diftance de celi de Spada en Crete y avoit été peuplé par une colonie de Lacédémoniens (^85 ans avant la guerre du Pelopc nefe. Dans le dénombrement faite delTus des Illes de la mer Egée qi embralTerent le parti d’Athenes nous avons nommément excepté fc habitans : ils perfévererent dans ] neutralité , malgré les prefiàntes fo , licitations de cetteRépublique.NicL débarqua dans Tille avec deux mill hommes , ravagea le pays ^ mit le fie ge devant la ville principale : rie ne put ébranler leur confiance. Que ques années après les Athéniens firent une fécondé defeente avec de Dijfertamn. 79 pes plus nombreufes. Leurs gé- Lux après une longue conférence : les chefs de rifle,dont toutes les :>nfes marquèrent un attachement Liicible à leur Métropole , bloque- : la ville , & forcèrent enfin les itans de fe rendre à difcretion. furent tous par le confeil d’Al- iade palfés au fil de Fépée , ex- té les femmes & les enfans qui snt tranfportés en efclavage dans :tique. Cette conférence eft rap- tée toute enriere par Thucydide: t peut être Funique monument de :e efpéce qui ait paffé jufqua LS. \ ces exemples il faut ajouter ceux plufieurs villes qui refterent neu- > en pareilles occafions : d’autres cées de fuivre [le parti du plus t ne le faifoient qu’avec peine & ^emiflanr. C eft ainlî que parmi les és d’Athenes dans la guerre de D iiij Thucyd. Tll. c, ^ 6 , TKucyd* 1, U > c » 66 , S O Dijjertatîoni K Sicile, Thucydide compte les Eoliei ilTus de peuples de Beotie qui étoie alors dans le parti des Syracufain ceux de Rhodes , Doriens d’origine ceux de Cythere , colonie Lacéd monienne : mais il a grand foin d’ jouter exprelTemenr que c croit ma gré eux qu’ils portoient les armes e faveur des ennemis de leurs Mètre Ce devoir des colonies étoit un fuite fi naturelle de leur dépendan ce, que les Métropoles fe plaignoier hautement de celles qui paroilloier y manquer , & les en punifîdient me me avec la derniere rigueur , quam elles étoient en état de faire valoi leurs droits par la force. Les habitan; de l’Ifle Zacynthe , quoiqii originai res du Peloponefe , ayant perfeverc dans l’alliance qui les unifloit à cens d’Athenes , la flotte Lacédémonicnne dès la fécondé année de la guerre j DiJfertatUrTf 8 1 "a mille hommes de débarque- it, qui ravagèrent la campagne :ommirent toutes fortes d’hofti- Le difeours que prononcèrent leputés de Corinthe dans Taflem- d’Athenes eft rempli de repro- : faits aux Corcyréens fur de pa^ es ofFenfes : ils les aceufent d a- manqué en toute occafion à ce s leur dévoient, Sc ces plaintes int fondées fur un grand nom- le faits. Jamais, il eft vray , colo- le fut moins foumife que Cor- , Hérodote remarque que dès fa îiere origine elle fut ennemie Corinthe. Le premier combat nar lont il foit fait mention parmi îrecs 5 fe donna entre les flottes'- s deux villes.. Enflée par fes ri- es , fa puiflance ,, l’avantage de don 5 par- l’état floriftant de fat ne qui comme lè difent fes dé- i ,da' mettoit en état dè^partagerr r. ï, c. 3 ^ Merocîor. îg. I» c. 4?. Thucycj. li c. 13..* 8 1 Dijfertatlon^ l’empire de la mer avec Athènes Corinthe , il n’eft pas étonnant qi Corcyre refufât de fe foumettre fa Métropole. De plus il eft prob ble que dans l’origine , elle ne r gardoit pas Corinthe comme telk & qu’elle fe croyoit abfolument i dépendante. Fondée par un des pri cipaux de la famille des Bacchiade qui avoir par mécontentement quit Corinthe avec Archias fondateur ( Strab. 1. VI, Syracufe 3 elle étoit dans le cas d Colonies fouveraines dont j’ai pai ci-dedus 5 & Thiftoirc nous a mer confervé un trait par lequel il j roît que Corinthe reconnut dans u occafion particulière l’indépendan de Corcyre. C’eil le différent que c deux villes eurent enfemble au fu de Leucade^qué chacune d’elles pi ,,, , . tendoit avoir fondé feule. Them; Theniift. 'toclc fut piîs poiu* arbitre , & par Vc commodément qu’il leur fit faire / Dtjjertatlon. 8 3 fequence , les Corinthiens furent damnés à payer vingt talens , & droits des deux peuples fur Leu- i déclarés égaux. Au refte nous 3rons quel motif put engager îmiflocles à rendre un jugement vorable aux Corcyréens.Du moins t certain que dans toutes les au- occafîons Corcyre reconnut Co- le pour fa Métropole , & li elle ni rendit pas les devoirs que ce exigeoit , c eft parce que , trop' pour s’y fou mettre d’elle-mê-^- , elle étoit trop puiifante pour y forcée. Dans la réponfc que fi-' les Corcyréens au difcours dont iens de parler 5 ils ne nient point dépendance ; ils foutiennent feu-- ^nt quelle ne doit point aller uâ l’efclavage , nom odieux que donne volontiers aux moindres oirs , quand on eft en état d'en 3uer le ioue. Enfin on voit enco- ^4 Dijjenatîon* iiV'cHt Thucydide avec quelle in fiance les Thébains conjurent les Lt cedemoniens ^ de ne faire aucur grâce à ceux de Platée. Le princ pal crime quils leur reprochent, c( lui fur lequel ils infiflent avec le pli de force , c’eft de s’être fouflraits leurs loix , pour embrafler le pan de leurs ennemis , quoique Platée fi une des colonies deThebes; AP.TÎCLE SECOND. Si la qualité de Métropole , don Quels e îoîcnt les , noit tant de privilèges honorifiques tant de' dr oits utiles , elle impofoi Il ve7i ^leurs devoirs réels , indifpenfableî «üioiiies. auxquels l’honneur dès Métropole étoit engagé ; devoirs dune efpéc^ précifément la même, comme non l’avons annoncé , que ceux dont h nature charge les peres envers le: enfans. Le droir qu’elles avoient poui la plupart: de ' donner^ des Magif trats , des Généraux , des Legiflateur^ a leurs colonies 5, en nngatraat km DîjJentatTon^’ riorité marquoit en meme rems; )in quelles en prenoienr. Elles nt obligées de leur fervir eni ]ue forte de' tutrices , de les fou- , de les protéger , de partager difgraces^ de leur donner tou- )rtes de fecours dans la guerre j- 'iller en toute occafion à-leurs^ "ts ^ de ce n eft qu’à ce prix que** olonies leur dévoient de leurs - nages de leur- obéillancc. Les ^emens avoient des deux côtés- iême force , de la negli- * des unes aies ranplir ^ inet- autres en droit de les rom- Que les Corinthiens apprennent, , ent ceux de Corcyre qu une co- i ie n’eft obligée de refpefter de. onorer fa Métropoles qu’àutani: elle en reçoit des bienfaits „ r, ipe général dont la vérité eft évi- * 3 quoi que rapplicaüonparticu-* jue les Corcjréens s en faifoient: Thucyd. 1, • ^* 34 » Thiicyd. 1. iii c. 34. L. II. c. 27 Strab. 1. VI. Diodî.xvî Pauiaii. un S '6 DtJJertatton', ne fût pas j Lifte. ^ Les exemples des fecours donnés f [es Métropoles aux colonies ne fo pas moins fréquents dans Thiftoi Grecque^que ceux de la claffe oppoft Si d’un côté les habitans de Colophc chalTés de leur territoire par des barl res 5 fe retirent à Notium , petite vf qu’ils avoient fondée près de la côte s’y établiftent^^de l’autreJesLacédém niens donnent un afyle aux citoye d’Egine y Doriens originaires , que 1 Athéniens avoient expulfés de le ville. Tarente fondée par ime col nie Lacedemonienne j.Ia même a née que Corcyre le fut par Cher crates, eut recours plufteurs fois à Métropole ^ & reftenrit plufieurs fc les effets de fa proteftion. Dans guerre qu’elle eut à foutenir cont les Lucaniens la troiftéme année ( la 108 Olympiade Archidam fils du célébré Agefflas ^ fut envo Dijfcrtatîon* 87 fecours , & périt dans un com- ui fe livra le jour même de la le de Cheronée. Quarante trois près , ayant à fe défendre â la contre les Romains & les pen- de la Lucanie, les Tarentins de- 1 xr. p. Si8. lerent à leurs fondateurs un corps Dupes auxiliaires , & l’obtinrent un des Rois de Lacedcmone le commander. La ville de Cro- fondée par les Peîafges , avoir euplée , fous le régné de Poly- , par une colonie de Lacédémo- . Ses habiîans fe voyant mo- de la guerre par les Sybarites la puillànce ctoit alors fort gran- iircnt recours à Doriéus Prince Paufan. î. 1 * Z’ Tï 1 J r' Hcrodot, 1 . des maiions Royales de Sparte , v. c. 48. de fa patrie , parce qu’il n’y oit Fegner ^ & qui , d’Afrique . avoir d’abord voulu s’établir, Liifoit une colonie nombreufc cile. Dorieus fe trouvpit alors Bîjfertatîotfl fur les cotes voifines de Crotonc par confequent aportée de fe courir ( te ville. Il le fit^marcha contre Syba vC s en rendit maître. Hérodote , ( rapporte ce faitj.en parle comme d problème hiftorique qu’il fe C( tente de -propofer , & dont la fo tion ne paroît pas difficile. Les ^ baritespour diminuer la gloire leurs vainqueurs , publioient" qu avoient appellés des étrangers à k fecours ^ les autres répondoient,,qu n avoient eu d etrangers dans lei troupes qu’un devin d’Elide de race d’Iamus.Les Crotoniates difoie vrai; mais en faut-il conclure que 1 Sybarites enflent rcrt ? Nullement ils avoient raifon’ de part Sc- d’aiiti Car d’un côté lesCrotoniatesn’avoie pas été feulsi de' l’autre ^viflus d Lacédémoniens ;> ils ne Jes regardoie. pas comme étrangers : & c’eft à -feveur de cette idée quaiitorifo B'tjfertatîan. 89 e confiant de la Grece , que par igénieufe réponfe ils éladoient )roche des Sybarites , mais fans rruire. ifTons à d’autres exemples, la conteflation que la ion- :eté de Priene fit naître en- mos de Milet , cette demie- ie colonie d’Athenes , implore fiflance ; les Athéniens lui ac- it fa demande , Sc leur Hotte le defeente dans Tlfle de Sa- -es Samiens obligés par là de nmoder, rompent aulîi-tôc a- î départ de Tàmiée Athenien- ouvelle guerre , nouveau fe- de la part des Athéniens, Ils t déjà pris en plufieurs occa- ontre les Perfes la défenfe des s 5 de Ariflagoras de Milet re- 3ar Cleomcne Roy de Sparte , obtenu d eux vinet vaiHèaux * O 3 r repréfentant qu’ils devoiciit^ Thucyd. î. I, c. 115. Hcrodot. i; • ^7. Thlicycl. 1. ï. c. p^. Diod. I. SIX. p. yî 8. Pîutarch. in Timoieon. ce. 9^ m^ertation. employer leur puifTance à rompre fers de leurs enfans. Le co Ionique fit encore valoir auprès d'( le même motifj en implorant 1 appui contre la domination tyrai que de Paufanias. Cafiander Roy Macedoine ayant pris Apollo d emblce , les Corcyréens fecou rent puiflamment cette ville d ils ctoient les fondateurs , la re] rent & rendirent la lilerté à » habitans. Mais rien n’égale raffeâ: que Corinthe a toujours montrée p; fes colonies , & la vivacité avec quelle elle prenoit leurs intérêts c tre toutes fortes d’ennemis : auff voit elle cette réputation dans Grece fuivant le témoignage de T tarque. Lorfque fes habitans rent que les troupes d’Athenes voient mis le fiége devant P< dée , ils y envoyèrent un proi fecours , regardant , dit Thucy Dijfertatton» 5 ï comme un péril domeftique , ]Lii menaçoit cette ville. Dans ifiéme année de la guerre du Dnefe , les habitans d’Ambra- »nt Corinthe , étoit aulîî la Mé- c 5 ayant formé le projet de ;uer toute rAcarnanie^ invité- es Lacédémoniens à leur four- e flotte 5 Sc des troupes de dé- ement.Les Corinthiens parle- autement en leur faveur ^ Se ntens de faire de vives inftan- lIs équipèrent un nombre de lUX fuffifantpour faciliter lexé- de ce deflèin. Nous parlerons ot de ce qu’ils firent pour Epi- î, mais de toutes leurs colo- n y en a point à qui ils ayent s des marques plus éclatantes s réitérées de leur affedion, îyracufe. Cette ville célébré ■iûv Tûÿ KiiiJ'vvoy Thucyd. I. I. Thucyd. î. II. c.8o. Herodoc I TU. Tliucyd. I. n I. c. 88, ft Di^rtatîon^ fondée par Archias Corinthien des chefs de la famille des Bacc des , faifoit trop d’honneur à: fa ] tropole 5 par le rang que fa grande fes richelTes & fa puilTance lui ( noient j pour ne pas l’intérefler défenfe dans toutes les occafi Vaincus dans un grand combat Hippocrates tyran de Gela , fes toyens fe trouvèrent dans un gt danger dont ils furent tirés par Corinthiens. La République d’ Ai nés ayant en vue la conquête d Sicile, avoit fous un prétexte fpeci pris le parti des Leontins dans guerre contre les Syraeufains ; fait pour cette expédition un an ment prodigieux arun des plus c fidérabies dont il foit parlé c rhiftoire Grecque. Les Syraeufainî lârmés de ces préparatifs , curent cours aux Corinthiens.Ceux cy pl( de zèle ordonnèrent fur le cha DlJJertatton. 9 î :ours confidérable , & ne fe it pas à ce qu’ils étoient en e fournir par eux mêmes, ils :ent leurs députés à ceux de Sy- , 5c folliçiterent vivement La- one de faire en leur faveur )uiflànte diverfion. Leurs inf- reuflirent ; Gylippe fut nom- ir les Lacédémoniens , général mpes auxiliaires , qui partirent le flotte compofée de vaifleaux ’ )rinthe 5c de quelques unes de onies. Les Syracufains .aflîégés icias , attendoient ce fecours beaucoup d’impatience , mais le ,fàns efpoir. Son arrivée fit ^r de face aux .affaires , 5c les srs fuccès encouragèrent les af- à demander à leurs fondateurs ^ luveau renfort. Ils l’obtinrent •eine , 5c une fécondé flotte :e de troupes de débarquement route 4c Sicile , pendant qu’à 94 Dîjfer talion, c. 17, leur inftigation les Lacédémonie] rent une irruption dans TAtti On fait comment fe termina ( famcufe expédition , dont les f furent auflî funeftes aux Athenâ que le motif en étoit injufte. Ce les Corinthiens firent enfuite ei . veut de Syraeufe, contre Dem rlutarch-in ^ ^ ^ Timoicome. jeune & Ics Carthaginois , eft en plus remarquable, & les couvri gloire aux yeux de toute la G: Les Carthaginois réfolus de pre des troubles qui partageoient h cile 5 pour la conquérir & pafle là dans fltalie , y envoyèrent flotte nombreufe avec une ai formidable. Syraeufe effrayée plora fuivant fa coutume , le fec des Corinthiens le fecours fut fi-tôt décerné : on équipe une te flotte que Ton charge de trou & Timoleon eft nommé pour lac mander» Ce général à fon an 'Dîjfertatîon^. 95 ï Dcnys le jeune a fortir de la e , & lenvoye à Corinthe. En- ages par de fi heureux commen_ ms les Corinthiens font partir un eau renfort.Timoleon maître dans :ufe 5 rend la liberté au peuple^^: en donner un gage certain , il afer la citadelle , qui jufqualors étérafyle des TyranSo La Si- dcchirée depuis long-tems par Editions 5 ruinee par des guerres antes dont elle avoit été le théa : lobjet , n etoit plus qu un vafte :t j la plupart de fes villes étoient [lues des retraites de bêtes fau« l’herbe croilibit dans la place que de fa capitale. Timoleon prit de la repeupler : il écrivit tinthe choifit des députés par- s principaux citoyens de Syra- Les Corinthiens furent touchés état 11 trifte , & fans confiderer propre intérêt 5 fans écouter la 9^ Dijfertaîion. voix de l’ambition qui les exci â faifir une occafion fi favorable p fe rendre maîtres de cette ville refolurent d’en être une fécondé fondateurs , ils firent publier dans t les j eux de la Grece^qu après avoir i verfé la tyrannie ^ ils invitoient Siciliens à rentrer dans le fein de 1 patrie > pour y vivre heureux i l’empire des loix. On fit par leur dre les mêmes proclamations dans ifles de la mer fichée , où ils favoi O ^ que le plus grand nombre des ( lés s’étoit réfugié , & ils déclarei en même te ms qu’ils fourniroiei A leurs frais des vaifïeaux & des cl à ceux qui voudroient retourne Syracufe. Dix mille acceptèrent offres: il en vint un bien plus gn nombre d’Italie:& Timoleon en ay raflemblé jufqu’à foixante mille leur partagea les terres , & prit méfures affez juftes pour mettre pauv T^îjjertaiUn. y‘7 .UTres en état de s’y établir. Dans s premiers momens d’une liberté laiflantejOLi la douceur s’en fait fen- avec tant de forceja haine publia e contre les tyrans éclata par les is vifs tranfports , & les Syracu- is irrités fe vengerent fur leurs lies Elles furent toutes citées en ice dans les formes ordinaires :ondamnées, a l’exception de celle Selon , à qui l’on fît grâce à eau- le la victoire fignalée qu’il avoir [portée fur les Carthaginois. >rès avoir rétabli Syraeufe , Timo- ipafla dans les autres villes, en chaf- ^lutarque iîonne pour raîfbn le cette s des ftatues la pauvreté du peuple, la raifon que j'apporte ne doit ell® )aroitre plus naturelle? Si on les eût Lies pour fubvenir aux frais de la guer- L aux autres dépenfes, ainfî qu'il le )n n’auroit pas commencé par les ju- elles n'auroient pas ëtémifesà Ten- ornme criminelles : mais on s’en ïrvi comme d’une reiOTource. fa les tyrans , qu’il ..envoya tous 1 Corinthe , perfuadé , que rien ne fe -roit plus glorieux pour fa patrie quv .d’offrir aux yeux de la Grece tous le- tyrans de Sicile 5 exilés & menant uiK vie baffe.,, dans une ville dont ils é toient originaires. De là il fe rendit i rSyracufe 5 pour donner aux habitan des loix dont il devoir rédiger le ^principaux articles., avec des commii iaires Corinthiens venus à^cet.effei I Cependant les Carthaginois fireti paffer.en Sicile foixante - dix mill hommesjune flotte de deux cens vail ! féaux,, fuivie de mille bâtimens d ' 'tranfporteCe t appareil effrayant répai ' dit une fi grande terreur dans l’efpr des Syraeufains qu’à peine trois mil) .oferent-ils fuivre Timoleon:ie pet nombre de fes troupes ne l’empêct pas d aller au devant des ennemis*, il h attaqua,, & auflî heureux que brave il remporta près du fleuve Crimifi \ complette , dont la fui- at Je rerabliJTemcnt de ia paix & £a tranquilJité en Sicile, tte expeditionfiglorieufc pour ce- jm en fut le clief, ne fit pas moins ’nnem a CorintJie , & montra d’u- laniere éclatante quelle connoif- 5ien jufqu où alloient les devoirs ' Métropole envers fes colonies, les CorintJiiens difent-iJs pu- ement. devant Je peuple d’A- s 5 quiJs ont toujours été cJié- rcfpedtés par ies villes dont ils :s fondateurs : & un ancien écri. dure en particulier que rien ne- d;, l’attachement des Syracufains :ur Métropole , & les honneurs ni rendoient» en faut bien que toutes les ’oles portalTent auflî loin que le leur affedion pour les vil-* les de leur fein. La tendrerc fentiment naturel aux meres; •Jt50 ;Dï^cnalion. .mais ce fentimeiit n’eft pas autTi •dans toutes , n éclate pas dans tout par des preuves aulTi {enfil les. a -férens degrés de , force , fuivant différence des carafteres & des c tonftances. Plufieurs contentes remplir exaftement ce qu’impofe devoir , ne vont pas au de-la de •bornes ; il s’en trouve meme quelqi iois d’affez dénaturées pour res der ce nom comme un fardeau nible , comme un titre odieux. ' contrariétés qne l’expérience nous i tous les joirrs devant les yeux , f ! .toire nous les offre dans les Me noies , en nous montrant les i extremément attachées aux intt de leurs colonies , uniquement o^ pées du foin de les rendre heu fes *5 les autres s’acquittant de 1 obligations avec cxa6titude^ mais beaucoup moins de tendrefle «5 vivacité;) déterminées foLiv.ent a 1 roi Dijfer talion*^ >ar des motifs d’ambition , pas vues particulières d’interet ;quel:. S-unes enfin' fort' peu touchées cette efpéce de lieiis^, les roim. c fans peine, 6c refufant à leurs inies les fecours^ les plus effèii^ ; 5 quoique les traitant avec hau- , 6c voulant exercer fur elles un - »ire abfolu*, jaloufes en un mot leurs droits , mais ■ infenfibles s devoirs» Cependant^ la con- ation des uns étoit', comme nous ms dit , abfolument dépendam • ie fobfervation des autres. If, lit par un fait remarquable , êc rois ■ l’unique en ce genre qui ^ mfle jLifqu’à nous, qu’une colo- - abandonnée ^ par fa Métropole ' ^oit alors en fecouer le joug ^ 6c :e(rër à'fon ayeiile , c’eiVa-direà ille qui avoir fondé celle à qui > devoir la naiilance ; auquel cas ^ , :-.ci acquerroir fur le. champ les. Thucyd. ] 3. c. 2 ^ 5 • tor BtJJertatUn.. droits de Métropole immédiate avoient jufqua ce moment appart nu à lautre. Ce trait fc lit dans Th cydide , qui le rapporte comme fource apparente de la guerre' < Peloponefe. Les Corcyréens avoient fondé i les confins de llllyrie la ville d’I pidamne nommée depuis Dyri chium 5 aujourd’hui Durazzo. Cet ville, s’agrandit dans la fuite & d vint extrêmement peuplée., La di corde la remplit bientôt de troubl & de. confufiom.. AfFoiblie: par < longues querelles , clic fe vit à veille de fuccomberfous la ptiifia ce de fes voifins ,, dans une guerre q fuivit de près une fédition , 011 peuple avoir ^ chafië les principal citoyens. Réduits à cette extrémin les habitans d’Epidamne ' eurent ri cours à leurs fondateurs : ils leur c voyerent des députés ^.lesfuplia ■r* Sijfertàtïoni . nom des liens qui- les uniiïoient p, ne pas foufFrir qu ils fuflent ré-» ts en fervifude ^ ou même cnrie«’ lenc détruits , comme ils en étoicnt ■^ laces ; mais d’employer leurs'ar» > contre les barbares ^ & leurmé- ion entre les deux partis qui divi-- nt là ville même. Les Corcyréens^i is auffi durs qu’enfans peu fou- 5 ( ce qui arrive prefque toujours ) ‘ :ntinfenfiblcsà de telles repréfen- >ns 3 &' renvoyèrent les députés lè moindre fecours. Ceux d’E- imne’ voyant leurs- efperances ipées , confulterent Ibraclc de' phes J >dont la réponfe ' favorable ' irs defirs fut qu’ils eulfent à li-- Icur ville aux Corinthiens , com- - aux atitheurs’ primitifs de leur * ine, 6c à les prendre pour chefse- :onfcqaence de^'cct ordre qu’ils^ ‘ent annoncer à Corinthe , ils im- - erent la protedion de cette ville ^ . E * • • . lUj; de fe fou mirent à fes loix. tes Co^’ rinthiens touchés de la juftice dc: leurs demandes , accordèrent: uiî prompt fècours , &c par là , d’ancètres dèvinrent peres de cette colonie. Ils y firent pafler une garnifon confidé- rabîe pour la défendre. Les Corcy- réens apprirent avec indignation cette démarché , Sc la regardèrent comme un attentat contre leurs droits. Mais la conduite qu’ils tinrent , montra que dans cette occafion ils regret- toient moins la qualité de peres , que celle de maîtres 5c de fouverains. Ils équipèrent fur le champ une flotte de vingt-cinq vaifleaux, fur laquelle ih ramenèrent les exilés , que les habi- tans ne voulurent pas recevoir. Ou- trés de cette uéfiftance , ils firent ur fécond armement;& s étant alliés ave( les peuples barbares , ennemis d’E pidamne , ils mirent le fiége devan cette place , qui 3 quoique puiflàm D'i[fcrtàtton>‘ 105 tnt fecoiirue par les Corinthiens , t "obligée de fe rendre , & traitée- O ec la derniere rigueur. . Quoique nous n ayons que ce feul emple d’un tel changement , je >is cependant pouvoir U-Turer, qu’il voit Tien que de jufte de de con- - me aux loix de la Grèce," Il fe fit : ordre d’un Oracle Grec, premie-- raifon qui -bien ■approfondie pa-- rfa'folidé, parce qu’il eft à pré- ner qu Apollon parloif le langage : jiirifconfultes de la Grèce : de de - ,s 5 dans lé^difcours que les dépu- • de Corcyre font cievant le peu- d’Athenes, choifi pour arbitre de :e querelle par les deux villes qui lerchoient 'ée:alement fon allian- , ils Tiinfiftent pas beaucoup fur ort 'prétendu dont ils'" aceufent des • 'iiitniens ; ils ne répondent pointe. 35, ^ance aux reprochés que ceux-ci font cnfinr^ .9 a e revenaiausi: E’v lod" ^ Dîjfertatîôni . une colonie qu'ils ont refafé dé d( fendre. Le principal? motif qui; expofent aux yeux dé- cette Républi que-, pour Tengager dans: leur parti ü'èft- Tutilité quelle: retirera de fo alliance avec eux : & fi les Athenier cmbrafTerent la querelle deCorcyre ce fut moinSs çommeon peut le' voir cintraînés par la^ juftice & la bout de fa caufe ÿ que par des vues de^pc litique par lavantage^ qu i îrouvoient à s unir> avec, une ville , puiflante fur^ mer, . Tant que: les ^ villës-meres jufti Soient par leur conduite le titre que les portoienta & fe maintenoient dar la pollelîîon de leurs prérogatives en s’acquittant de ieurS‘ obligations les villes ayeiiles ( j’employe ce ter me pour éviter la longueur ) n’a voient fur les colonies 3 aucun pou voir y ou du moins n éxerçoient fu elles qu’un pouvoir. indire6t> Ce qu jyïJlertatîorînr - 107 :mpêcIioit pas • que les colonies iiiïent pour elles coures ibrtes d’é- *ds 3c de déferences', de même ■ f’uilènt , félon les'apparences , obli- * s de les fecourir dans les occa- is y foie de concert avec leurs Mé- -^ 3oles immédiates, foit feules , lorf- cclles“ci refufoienc ^ ou écoienc s d état de le faire. Je 11 en citerai în feul exemple entre plulieurs is la bataille de Aiycale^Hcrodote' Herodot. a ia tête des Grecs un célébré de- II' îommé Detphone , que les Conn- us avoiem fait venir d’Apollo- • dont les' Corcyréens leurs def- ' lans étoient fondateurs* On se- e peut-être - que -je mette ceci i ang des fecours réels* Mais la t •ife cclTera , fi Idn réfléchit, fur ' - que la. luperftition Grecque oit des devins i & fm- tout de ; qui paflôient > comme Deipho- pour fiereditaires ; fur l’elFet ' E- vj - îoS , DijJertaüoff, , que leur préfénce produifoit dans h armées , lurle rang qu iis y tenoiei & la part - Gonfidérabie- qu 011 lei donnok aux plus éciâtans fucces.^ article Après avoir examiné dans les -dei siEME. precedens les liens qui'un: a. I . . . , , X 1 1 troisie’me» Se foienc les Métropoles a leurs coi * ', • •• r xv-ïi^viOL La iiailon I 5 je pafTe à ceux qui lubliftoie lëS gine écoic [es villcs fortîes d’une mer toran'iuiie prodmroic-- ^ aux-eiFets que prodiiifi elle des ei- ’ e> ^ ^ ■ fecs rcéis 3c ^ aulli réelle ^ dc de- iealîbies î . . même nature que ceTie qui renie toit en-ligne direfte. Le nom de fœi qu elles 'portoient , nétoic^pas (lé les mais" en marquant leur origi commune '3 il leur donnoit dés dre réciproques ^ ôe les niettoir dans Toi o-atioii de'fe ‘fecourir miituelleme £> Nous avons' déjà* vu lés citoyens Rhodes prendre ouvertement d, le Sénat de Rome da' déienfe d’i Fofyb. ex- l'trpu foi^flée comme eux par les-. giens, .,Le but des- colonies ào- i Dîjfertatlorî'o-* lO^' :iic eir fourenant cecce Rcpubh- " ' dans les entrepriies qu’elle for- ût en faveur d’Epidanine & de ' racLife n’ccoit: pas feulement , fui- it la remarque de Thucydide ^ de ximcyei. L'. • vu. c. / . , ^ Pluratxh.ia ^ Lis encore de temoiener leur ariec- Tiinoi. iT. à des villes forties de la mèr- i fource - quelles. Dans la. guerre s Diabitans de Svraeufe contredes^^p^^*^*^'^^^" onrins , les premiers 3 Doriens d’o- inejavoienc nour alliées routes les les Dorieniies , a rexception d’une lie, en cpii des.raifons parciculie- ; balancoient les droits <.du fane sfecondsjoriginaires de Chalcis en bée &C‘ par confequent' Ioniens ^ . aent foLitenus par toutes les vil- ilTues ' comme eux de Chalcis 5 : ceux de TIaxe 3 de Callipolis , de ^ de ^ d’Hymere , de Tauromeniunxj ites places en Sicile ^ Se par ceux Rhegium en Italie. La ville> dt nner du fecoursa leur Métrop Meflene fut rétablie après la bataiî de Leudres par Epaminondas , doi les députés avoient parcoaru l’Itc lie J la Sicile , Sc l’Afrique même Diod. î. XXI. P-’ 37S. pour y recueillir les defcendans ( pars des anciens Mefleniens , chalïi de leur patrie 258 ans auparavan Strab.î.vi 1 1 Cette ville ' devint par la une cc îonie .de; Thebes. Auffi Cleomene s’étant "par rrahifon emparé de Mc galopolfs 5 que lés Thebains avoier pareillèmenr fondée depuis “la joui vinding. née de Leudres', la plus grande pai de des habitans , parmi lefquels c toit le célébré Philopœmen, fe rc - , fueia dans la MefTenie , & y fut re ilan. L IV J « ç Lie avec une amitié vraiment fra '^ernelle. Je pourrois * joindre à ce traits J plufieurs autres exemples d( la même efpéce » mais une telle énu meration ne prouveroitTien de plits En reuniflant tout ce qui précédé .confiderant la Grece fous le poin II 3 ' 'DîJJerîatïon.’ ■ vue qui en refaite , ne pouvons- LS pas la regarder comme l’aflem* - ^e /d’un grand mombre dc famil- üfFérenres, plus étendues les unes ^ les autres, divifées’ chacune en leurs branches , qui toutes , unies - e elles par des liens plus ou ns forts îfüivant la proximité ' ou moins grande 5 fe rapportent * e tige commune. Parmi- ces di- es familles , nous en voyons quel- -unes, forties originairement de ” ^mefoiuxe^, d autres abrolum en t igeres : xantôtrla- concorde en . tous les membres > animés' du le efp rit, tantôt nous y voyons ' ^r la divifion , la difcordc' armer : •eres- contre les' enfans » les en- contre les peres , les freres les' ontre lés autres : nous y remar- - s en un mot , tous les change- : , routes les révolutions que Fin- - fait naître* dans le fein dun^ * le particulière. . Il 11 Dîjjcrtatîom- Siôi. lî. . Sur quel' droic écoic fcüKic l’union tant direUe î]ue collai' e'- raie des vin Une 'correfpondance fi intime < rcélié 5 dont les effets éroient fi m cellé qifelle tiroit dé la nature n les- meies „ , me } Faut-il penfer queliè^ dut i îv des colo- _ ^ j-iies. établiirement à une loi pofitive F cette loi, fuppofe quelle ait exd doit- elle être mife au nombre ( lôix Ampiiictyoniques } Cette fecor propofition ifâ rien de contraiii a vraifemblance : cependant, jc; crois pas qifcn la doive fouren: ôc mes raifons font fort iimples. ië fentiment • que^ je - combats - ét au fil véritable ; *qa il femble plat ble 5 la loi dont il s’agit auroit^ renfermée clans 'riniérieur dm co Flellenique. Mais loin d’être parti iiére aux peuples qui le compofoiej elle étoit commune à toutes les i % rions Grecques : elle fubfiftoit me entre les fi mp les bourgs ^ fondés ^ iès-SchoUaftes de diiférens authci S' ■■ :vp- > ^ DijJèrtatîenl^ î i j ar les autres , & les liens qu elle ifoit entre eux étoient , toute' rtion gardée , de la même efpé- le ceux^ qui uniAToient les vil- î plus puilTàntes à leurs colo-- 1 Y a plus :1e tribunal Amphic- pie- auroit été le feul arbitre 5 e en' dernier- relTort des diffe- [Lii s'éle voient fur cette matie- - ■ nous ne tro u vous aucun exe m- :jugemens pareils , parmi ceux te illuflre alîemblée qui nous ^ confervés. Les feules contef- s que je connoifle en ce genre ît‘ celle d’Athenes Sc de Me- Lu fujet de Salamine celles ention de bourgadès qui portoieru: i de Métroeômes , titre femblable à e Métropoles^, qui en exerçoier?t )its fur les bourgades dont elles : fondatrices. Ces droits proportion- ’état dè'ceux^qui en jouiiToient , fe ient làns doute à des redevances ifîces , aux prémices des fruits ^ dés is, ' Pluraîc în Solon. Plutarcli. Theniift. Thiicyti, 1. >£» 1 S . î ï’4; DijfertMïonl^ . de Corinthe & de Corcyreaii fujet ] ne de Leucade, l’autre d’Epidamne, î première, a été terminée par la de fion de cinq Jugés Lacédémoniens ^ féconde par celle de Themiftocle : Corcyréens offrent de prendre p< arbitre dans la troifîéme ^ ou l’Ora de DelpheSaOU telle ville’ du Pé ponefe dont’ lamiédiation fera agr ble aux deux partieso. Enfin , ce < me paroît fans. répliqué, cette un: des Métropoles & des colonies , fondée fur la juftice& fur la rec noiflànce. Rien de plus équitab que de rendre, hommage à la fù riorité de ceux qui nous ont doj le jour. Elle “faifoit donc en qn que forte-partie du droit ' nature & pour rétablir , on n avoir nul foin de loix exprefles. Les droite qn lé donnoit aux villes-meres , les gâgemens réciproques qui enétoi Ic- fruit, poiivoient^dl efl vrai, i s ijferîaîîbn,' ' ï î 5 fies par des loix,par des traitcsdis enc même airuremenr,parce que Dmmes font les - maîtres de fixer es reglemensj le nombre jdeten- eipece des prérogatives que don- e qualité quelconque qu’en ions voyons que ces privilèges lent chez les diflerens peuples*, cettequalite même^ quand c’eft lire qui la donne, eft indépen- de toute convention. Concluons que la loi qui ordonnoit aux es d’honorcr leurs Métropoles , létropoles de chérir leurs coi^ > n’étoit pas une loi pofitivc- é par écrit , mais un fimplc * plus ancien que tous les Le- urs : ce qui ne doit pas nous her de la mettre au nombre- ux. communes de la: Grèce,. ^ ^ nom que lui donnent les dé- dè- Corinthe: ^ , ^ & ceux de ^cûaarcc fd/j à v rxê'i ù/^uç g c. TW TUS . tSj fondas, DiJJertmcnl I T ré ' Thucyd. î. Tliebes en plaidant les uns côn ^ Corcyre ÿ des autres contre Platée, ce neft: pas fans fondement qu rappellent ' ainfi : un ufàge auffi co tant 5 aulTi univerfel ^ puifé dansn h^œc quidem funt qua de iure^noflro cere habehamus afud vos , qu^ fat frma^ € Grœcorum legibus. Ces loix dont- par. ici les Corinthiens font vifibiemenf, celle qui faifoit dépendre lès colc des Métropoles ; une autre plus i derne qui défendoit aux Grecs de re voir aucune ville dans leur alliance préjudice d’une autre qui y feroif'déja. Tù)V E?A^vay yiueà , StVTl y ^ uvo^uoi y uvTci'Sùô diKiAtuv û^v yiytv>iuî^ûi, currite , Lacedernonii , Ugi Græcorum îàtæ nobîs^qui frœter jus injuriam fl: fumus y dehîtam referte gratiam yfro critate quam erga vos demonflravimus, Thebains acculent de deux crimes < de Platée ; Pun de leur avoir refufé béiflance que les colonies doivent à ] Métropoles , & voila la loi commune les Platéens font violateurs ; l’autre voir fait main balTe fur leurs troupes Tenoient prendre tranquillement, à ce c difent , poireflion de la ville , & c’efl jure dont ils prient les Lacedemonie. J.èsvi'Tenger.'^- DijJertaiiont î 1 7 jurce 3 meritoic bien le titr^ ,• je parle .d’après Grotius ns '/lamine , dit ce cclcbre jii- fuite 5 etia'ûi confiutudlnem rec- odutlam voliimiis .co'mprehendi* union même^ pour n erre au- ‘ que par un /impie mfage „ oit que plus de force. La cou- éc « a cet avantage fur la loi, qu’é- magne dans ondée fur rengagement libre & xarnine fi les J 1 « • foneex- nme des peuples, & tirant tou- ciufes de u r „ j5 • , . ruccefiîon à 101 ce d une pratique volontaire^ ecuronne ition dans tous les tems la regar. saü- .omme Ion propre ouvrage b. l. tom. k réflexion qu’un favant ûcien , dont la plume pleine de di de nobielïe feme dans tous lits une critique aulTi éclairée idicieufcÿfait dans un Mémoire, quelilprouvequ’un ufageancien /é auffi religieufementen Fran- ue celui dont nous parlons le icrcflais dans la Grece y n’efl; ^Dî£enatîono pas fondé fur une loi écrite , m Amplement fur la coutume. Je dis même chofede Tunion dont il sag l’ajouterai de plus ^ quelle ét( d’ouvrage, non-feulement du peuf chez qui nous en voyons tant < traces j.mais encore de la nature. Pour achever d’en convaincre , TiÆt de joindre aux preuves qi mous en avons déjà données , les di férens exemples d’une pareille unioi ^ que nous offrent les nations étrang< .res : une telle uniformité , en eft a furement la preuve la plus comple ite. Je commence par les Phénicien L’hiftoire nous a confcrvé des veftige de l’affcdion fîngulierc des Métropc lesPheniciennes pour leurs colonies, d l’attachement des colonies pour lesMc :îropoles,de l’uniondes villesifluesd’u ne même tige. Cambyfe Roi de Perf ayant formé le projet de foumettre le Carthaginois à fon empire, donna or ^ijfertaûonl a flotte de faire voile contre ;e. Mais le refus des Pheni- li compofoient la plus grande e fon armée navale , rompit ies mefures. Ils déclarèrent ent quils étoient unis par is indiflolubles avec les peu- on leur commandoit d’atta- ^ quils ne pouvoient , fans es droits les plus facrés , fc ‘ à combattre contre leurs Quoi de plus fort parmi les jr, cette ville fi célébré ôc fique 5 dont TEcriture même : luxe & l’opulence , devoir ^ :ie de fes ornemens a la re- ince de C^arthage , dont les ^ eurent toujours , pour les de leur origine , une ten- aiment filiale , fuivant l’ex- laginem Tyrii condiderunt, fem- aun Iqco culti, Curu Herodot.J^ ni. c. . Quint. Cuff « c. ^ ' prclîion Quinte Curce» Les C \thaginois partageoient avec eux dépouilles des villes coiiquifes > •çoient dans leurs temples ics j .beaux monumens dont la via îes rendoit maîtres , Sc tous les leurs députés alioient a Tyr^rei un hommage public aux Dieus la patrie. Un des motifs qui enc ragea le plus. les Ty riens a fout un iié^e contre Alexandre 5 ce fut C? péraiice d’un puiflànt fecours , leur promirent les députés de ( ' thage , qui fe trouvoient alors à dl eft vrai qu’ils ne tinrent pas tôle : mais c’eft que , dans ce t même , ayant à fe défendre contr ennemi vainqueur , qui les feiro fort près , ils ne purent fatis leur inclination & leur devoir, envoyèrent à Tyr trente députés faire part de l’impuidance o Croient de lafecourir : & les Ty f : ^ > '■ vc ^v ^tjjertatîofî^. tix s de cette refiburce, remirent les mains de ces députés femmes & leurs enfans , qui t reçus à Carthage avec des ues finceres de la tendrelTe la vive. Malgré la courageufe dé- des habitans,Tyr céda au tor- mpetueux qui devoit ravager Alexandre étoit brave , & cet- ireflîon même eft bien foibic -in conquérant fi rapide ; mais Hmoit pas la valeur dans ie* lis , parce quelle étoit un obf- l’exécution de fes defleins : 1 punir les Tyriens il abandon- ^ille à la fureur du foldat. e fort du pillage , tandis que iqueurs facrifioient une fou- viélimes à l’avarice & à la , les Sidoniens donnèrent un 1 I . Quint e remarquable du pouvoir 17. C : fur leurs cœurs l’alliance î qui les unilîoit à ceux de F i , ' ■ ■ ■ ■ '■■' ' - . - •' -■ ' '■ ■-; - ■ ■ .'- ' Aiv"' " ■ :^r'r r 122 Dijertatmu Tÿr. Ils entrèrent avec le refte des foldats 5 dit Thiftoricn d*Alexandre mais fenfiblcs aux droits du fang , ils conduifirent dans leurs vaif féaux un grand nombre de Tyriens en les défendant contre les infulte des Grecs, & les ayant par U déro bés à la pourfuite du vainqueur ils les firent pafier au nombre d' quinze mille à Sidon. Si nous nous tranfportons ci Italie , nous trouverons les me mes fentimens dans les peuple Dionys. Ha^. Denys d’Halicai nalTe , dans lentrevue qu’il rappoi te entre Tullus Roi des Romains ( leDidateur d’Albe,fait dire à ce de nier que la loi qui a réglé le rai- des peres au deiïus des enfans , et; blit la fuperiorité d’Albe fur Rome * ô'ole d Albe , & par conlequent de ne : fes habitans réfolurent de ïnr les dernieres extrémités, plu. que d abandonner le parti d’une ublique qui tenoit d’eux fonorL • Quelques colonies Romaines iflànt difpofées à la révolte , vers î de la fécondé guerre Punique , as Maximus alors conful pour la r - • • , ^ ^ VIJ. ict Livius iieme lois, repréfente d leurs dé- "• jqu ils font originaires de Rome > : eft de Rome qu on les a fait r dans des villes conquifes ; que îur relie le moindre lentiment^ content ceux que leur dide le nir de leur ancienne patrie , ils Fij L Î14 DijfertaiioH. doivent chérir les liens qui les unit- fent aux Romains concevoir que ceux ci ont droit d’exiger d’eux les memes devoirs que les enfans rendent à leurs peres* Enfin on trou' ve jufques chez les Gaulois des tra- ces d’une pareille union. Céfar étant fur le point d’entrer dans la Belgi- que, les députés de Rheims* vinrent le trouver $ & l’afîurerent que les habitans de cette ville lui demeu- reroient fidèles *, que le refte de^ Belges avoir pris les armes contre lui*, 6c que la fureur de ce peupk ^ Cxùlïi in Belgas moyenti veniunt le- gati Reniorum , qui proximi è Belgis e- rant Galliæ, clicentes fe non conjuraffe: reliques nunc Belgas in armis elTe , tan tamque effe eorum furorem , ut ne Suef fones q^[ûdemfratres confanguimofient raie de vains enorts pour [pêcher d entrer dans la ligue les 'ijçns de Soijfons leurs freres , if” (Xîine même origine qiieux , goù-- 'nés par les mêmes toix , par la me jurifprudence , qui faifoient eux un feul corps ^ fournis à un f commun* Après cette courte digrcflion, fi articlî ^ ^ ^ Q.UATRl£2^£, î peut appeller ainfi| un détail qui sea. t. â prouver une des plus importai!- Obfervan’ofi . ^ fur le titre de queftions de la matière , revenons Mcciopoie & - t . fur la force [ Métropoles Grecques. Elles tr- des liens qu’il 1 • • 1 *1 produiloii. mt une des principales parties de : luftre du grand nombre de 's colonies. Une telle fécondité , ait beaucoup d'honneur parmi les j iens. C’étoit la gloire d’Athenes P* Milet 5 de Corinthe , & de plu. rs villes célébrés / gloire dont eL étoient extrêmement jaloufes,& rejaillifibitmêmefur les conduc- Fiii Giccr. denat. Deor. 1. ni. c, Spanh. diff. 1 . îx. de V. r. N. Diod. 1. XXII . JL. XX. 1. V. Plurarch. in Timoiesn- {c. Thiicyd. 1. V, Strab, 1. XII. Ju/Hn. J. xlii. Disert aîîoni tciirs des colonies. La reconnoiflan-^ ce des villes qu’ils avoient fondées les plaçoit au rang des héros, fou- vent meme au deffus des Dieux ^ fui- vant la remarque de Cicéron. Les médaillés de Byfance , de Gortyne ^ de Cyzique , dePergame, de Cla- zomene , de Smyrne , de Nicée , de Perinthe, & deplulieurs autres viL les 5 confervees dans les plus riches cabinets, nous préfentent fans celle la figure de leurs fondateurs. Après leur mort , on inftituoit en leur hon- neur des fêtes , des jeux publics , des facrifices anniverfaires , comme firent les habitans de Catane au cé- lébré Hieron , ceux de Sicyone à Demetrius , de Tenedos a Tenès , de SyracLifeà Timoleon , de la Cher- fonefe a Miltiades , d’Amphipolis-à Brafidas , de Sinope â Autolycus I prefque tout l’Orient à Jafon. Par- mi ces différens fondateurs , il fe trou- DijJeTtatioh» ï^T 'ouvent des Dieux. La meme va- qui faifoit remonter a Mars Fo- ie de Rome , atcribuoic à un id nombre d’autres divinités ccL e plufieurs villes , qui n’avoient le même droit quelle à une fi le prétention. Cybcle palloit en- itres pour en avoir forfdé un grand ibre.Etienne de Byzance en comp- ^ ^ Steph. in ifquà dix , dans différentes par- voce. de la Grcce & de' FAfie , qui es portoient pour nom celui de rofole 5 de dont les citoyens s’ap- oient Métropolites. On fent aifé- !t la différence de ce nom d’avec .tre qui exprimoit qu’une ville t la fondatrice d’une autre ; l’un i-fie 5 ville bâtie par la mere des ’iXj, H THS MHTIOS HOAIS ; Fail- ville^Ttiere > mhthp' noAis- 5 engagemens réciproques de ces lieres ôc de leurs colonies étoient :ts 3 faifoient une partie /i confi- F * • • • 1^8 Dijfertatîonl dcrable du droit commun des Grecs^ ils leur fervoient prefque toujour^ ou de raifon , ou de prétexte dans leurs entreprifes. Il n’y a peut-être pas une feule guerre dans rhiftoirc Grecque 5 dont cette unionn’ait été une des principales caufes ^ ou réel- le 5 ou apparente. Elle entre dans prefque tous les difcours ^ comme un motif ^ foit pour engager dans une alliance , jfoit pour en détour- ner. Ceux que Thucydide met dans la bouche d’Hermocrate Syracufain , en fourniffent plufieurs exemples, rhucyd.ivi. Tantôt il repréfente à une ville Do- ^l^nne le tort qu’elle a de s’unira-^ vec les Ioniens , & l’exhorte à joindre fes forces à celles de Syracufe : tan^ tôt il' fait valoir les droits du fang r xrr ^ unhrent fa patrie à Corinthe pour engager fes ciroyens à implorer le fecours de leur Métropole. Dans un autre- difcours qu’il adrsllè aux DiJJertatio?i, ii^y Lités de toutes les villes Sicilien- alTemblés , il leurrepréfente la né- ’té de terminer leurs différcns ^ r s’unir contre Athènes ; & corn- plufieurs des Républiques de Si- étoient originaires de Chalciss* lors Ioniennes , Sc par cette rai- ennemies nées des villes Do- les 5 Sc dévouées au parti d’A- es *5 il détruit ce motif en leur nt fentir ^ combien elles doivenj- -mêmes fe défier des Athéniens Cl les villes Doriennes ont tout Indre de cette République en-r enante 5 les autres fe rafTif*' envain par les droits du fang s réels 5 il eft vrai 5 mais que )ition ne refpeéke jamais. Enef^. e but des Athéniens étoit de/ )arer de la Sicile entière ; mais • rétexte fpecieux' dont ils cou- :nt des démarches qui tendoient ;s à cette fin > c étoit de fecoU‘- F / 1 . VI. c. Thucyd. VI, c. 8f. DlJJertatlon. f • rir les Leontins, Sc les autres peu- ples 5 dont lorigine remontoit à Chalcis leur colonie. C’étoit pour empêcher que les Doriens ne fe ren- dififent maîtres de llfle , que les dé- putés d^geftc les invitoient à y faire palier des troupes. Non«fcule- ment la défenfe des colonies étoir un motif raifonnable , ou un voile fpé^ deux pour les Grecs mais encore leur gloire y étoit vivement intéref- fée.C’étoit un deshonneur à une Mé» tropole d’abandonner une ville for- tie de fon fein. Nous fommesfoibles > difent les habitans de Melo's aux ^ generaux d’Arhenes ; nous fommes * par notis-mèmes hors détat de vous ré/tjler y mais nous comptons fur le puijfant fecours des Lacédémoniens nos fondateurs. Si la parenté feule , la honte de manquer à leur colo-- nie efl un motif fujjifant peur les armer en notre faveur *, avec quel .A Dijjertatïon* ^ 3 ^ ? U feront-ils , animés par Patta* ment inviolable (^ue nous leur te- ’^nons ? O 8e(îl. II. Lors donc que dans Thiftoire Grec- ^ I *11 Concliinon i nous voyons quelque ville em- que l’on peur iTer le para d une autre , lans pa- nations :re y avoir été déterminée par quel- î traité , par le voiliiiage , par au- 1 motif d’intérêt ; quelquefois me contre fe$ intérêts apparens > xs fommes prefqu en droit- de cou- re quelle eft ou Métropole , bu ionie, ou fœur de celle dont elle ’ itient la caufe. Si les auteurs ne us fournirent aucun témoigna- pofitif, au défaut de ces autori- formelles , nous avons un moyen : de nous en inftruire. Ceft eit aminant s’il y a quelque redem-^ ance pour les mœurs entre les ha- , tans des deux -villes ; *fi leur reli- on 5 la forme de leurs édifices tant crés quç profanes 5 leurs loix ^ leurs Fvj / rofyb. î. rx. p. 5 6o. Sfrab I.r 1 1 j 1^. 580, r J r rtaîîon»^ coutumes , leur langue , leurs îiaBiîi» lemens , leurs armures font les mê- mes. La conformité de deux peuples fur un feul de ces points ,, efl: une- induétion plaufible que leur origine eft comrtiune : leur conformité fur plufieurs, en peut être régardée com- me preuve complette. Trois écrivains judicieux , Polybe, Strabon,.& De- nys d Halicamaflè ,nous ont par leur exemple tracé eette route , pour par- venir a de pareilles découvertes , & la critique ne peut s’égarer fous de tels guides. Le premier , obfervant que Jupiter éroit adoré d Agrigente,, fous le même nom qu’à Rhodes , que la forme de fon temple étoit fem- blable chez les deux peuples, ajou- te que rien n’eft plus naturel puif- qu’Agrigenre reconnoît les Rhodiens- pour fondateurs. Srrabon donne com- me une preuve très plaufible de la parenté, qui imilToitles Teneates & Dijfertatlon* labitans de Tenedos , Tanifor- du culte d’Apollon chez les uns s autres ; & fon raifonncmenteft rmé par Paufanias. Enfin l’au- Panfan., des antiquités Romaines remar- ^^‘ après Hérodote , que les ^Cro- tes parlent un langage fort difi* t de leurs voifins , ainfi que les ans dc' Placie / mais que celui Ha J -f. ^ licar.i.p. deux villes a beaucoup de* >rt 5 quoique 1 une ibit fituée en P Fautre du côté de l’Hellef- t d ou il infere qu’elles ont l’une utre la même origine. Par la- ' ^aiion il s’élève contre l’opi- qui fait venir de Lydie les nis d HalicarnalTe cite mot à mot Hérodote , & il li*- lur ouf ^ dam on trouve dans l’édition d’He- par Gronovius , qui eû celle dont isrs ^ le mot Ce quà 1 peuple difFérent des Crotoniates habitant de Pltalie ; il faudroit iter les manuferits pour fixer la yé- leçon ^ stCi. îir. ■Uniformité" dcsMé rropo- îes de des ce. Jonies pat lapport aux ufages. ' Herodor. I. I. c. 147 Xhiicyd. 1. I. JJ- _ ^3 4 ' Dijfertatîûfîl Tyrrheniens 5 en montrant que cc deux peuples nont ni les même loix , ni les mêmes inclinations , n les mêmes Dieux. Dés traces vifi blés de certains ufages Grecs^qui fub iiftoient encore de fontemsj c’eft-à- dire fous le régné' d'Augufle , dan les villes de Fefeennium & de Talé ries, quoiqu habitées alors par les Ro mains, il conclud quelles ont, été for dées par les Argiens. En effet les colonies avoient-^ran' O foin de conferver les mœurs de leu ancienne patrie. Et pour commet ccr par ce qui concerne la religion les habitans de -flffe de Thera fc Icnnifoient la fête d’Apollon , J même jour que ceux de Lacédéme ne. Les folennités Athéniennes a voient paffe en Ionie , fui vaut le témoignages unanimes ’ d’Herodot &de Thucydide ; elles s’y célébroiei les mêmss jours | avec la même pon: • ■ .'-«v - - •JS, Dîjfertatîon: , i les mêmes ceremonies ; on re- e parmi les Ioniens les mylte- e Céres Eleiifine ^ la fête des luies 3 celle des ThefmophorieSi. maintenir d’une maniéré ini- tie cette conformité de culte 3 illes fordes d’une même tige 'moient leur alliance natureL r des traités , dans lefqucls cl- "ngagoient à célébrer à perpe- des fêtes communes. Tel eft ]ue firent entre eux les citoyens :ux petites villes fituées dans r. lide , 6c qui fe prétendoientp'.'^j^éol* "S l'une Ôc l’autre par Hermio- traité dont on trouve un frag- dans le recueil des inferiptions )ni N®, IX. fut précédé par rifices a Ceres 3 divinité tuté- les deux villes , & gravé fur ’bre quelles firent placer dans iple de cette Deelle 3 qui leur :)mmun. nionys. Ha île. 1. I, p. 1- Herodor. I î. Srrab. I. xiv, P' '^3^» Strab.î.vni. F' 3^4* î 3 ^ I^îjfertùtîcn^^ La forme des temples & des au tels faifoit une partie allez confide rable du fyftême religieux des an ciens *, aullî eft-ce un des ufages qu les colonies confervoient avec le plu de fcrupule. Le temple de Junon Paieries étoit bâti fur le modèle d celui de cette Déefle à Argos. Le Ioniens avoient un lieu commun^nom mé â caufe de fa deftination Bank nium 5 & fitué près du promontoi re de Mycale dans le voifinage d’E phefe. C’étoit là qu ils s’aflembloien en foule de toutes les villes qui corn pofoienr le corps Ionique 3 &:: quil offroient des facrifices publics à Nep tune Hcliconien, dont le culte étoi venu delà petite ville d’Helicc dan le Peloponefe. Ceux de Pricne ori ginaires de cette ville , avoiçnt pa cette raifbn le droit exclufif de pré flder aux facrifices. Le temple don ils étoient'les miniftres ayant ete de 'Dijfertattofî» 137 5 ou par accident , ou par vc- ► les Ioniens eurent recours aux ms d’Helice , Ôc leur deman- t la ftatuc même de Neptune J particulière que décrit Stra- te en même tems le plan de emple , pour en faire bâtir un able. Ccuxd’Helice leur ayant cette grâce , les dépurés s’a-> :ent pour lobtenir â la Répu-: : des AchéenSjdont Helice fai- rtie. Mais cette démarché fut aine que la première , malgré ret que les Achéens rendirent ir faveur. L’hiver fuivant la l’Helice qui étoit fur le' bord mer fut engloutie par leî ^ec fes habitans - ce . que la » • Ltion ne manqua pas d^attri- la colere de Neptune , irrité' fus fl injuftè les Achéens^ rent fur le champ en Ionie le- Ion temple.. iXiJfertauanl Si les villes Grecques étoient fi a tâchées aux coutumes * religieufes c lèurs fondateurs^elles ne letoient p, moins à leurs ufages purement c vils. Platon appelle les colonies , d piat.deieg. nations U'omophones^ Sc Homonom jup. 70S. leurs. Métropoles ? c’eft-'à-di parlant le même langage 3 gouve nées par les memes loix ; definitic très, exaéte, & dont plufieurs trai hiftoriques montrent la vérité. H mere en Sicile fondée par une' C( îonie de Châleis , retint toujours 1 loix de fa Métropole , malgré le in lange de fes habitans avec un grar nombre de Syraeufains qui s’y rei rerent exilés de leur patrie. Cell des Doriens fubfifterent conftar ment dans Gela colonie Dorienne & de Gela palTerent à Agrigente foj dée par les habitans de cette ville conjointement avec des Rhodier Thucyd.I.iv. Plus la région où fe trouvoient L DijferîatUn* 1 3,5) is 5 étoit éloignée ou barba- is elles s’appliqiioient à con- fans alteration les mœurs lesj&à les défendre contre lange qui les eut ternies. Les > Mefîcniens cKafles de leur par les Lacédémoniens , & dif- depuis près de trois fiécles "S contrées étrangères , avoient s 5 fuivant la remarque de las, confervé Jes ufages depanfan.i iceaes & la langue Dorien-p^^j^g] ' loge que les députés de Rho- it a ce fujet de la ville de le devant les Romains efl: ppant. Ils plaidoient contre î pour la liberté des villes es.dAfie. Je ne puis mieux Diinoitre la parfaite reflem- des colonies avec les Métro-- ]^u en a apportant cette patrie difeours , parce quelle en me idée.ea même tems fort . IV”, . XT. Tk. Lîv. lib. i.c. j4. fjço BîjfertatîoTL * jufte & fort étendue.55 Vous vous ( 3, déclarés , difent~ils aux 1 mains protedeurs de la lit 5> té de la nation Grecque cor j> la tyrannie des Kois.Mais les vi^ ,5 renfermées dans rintérieur me de l’ancienne’ Grèce ^ ne font ^5 plus Grecques que leurs coloni >3 forries autrefois de cette cont * Gentis vctufiiilim^e nobilifSrnæq Tel fami rerum geftarum ^ vel omni c< mendatione humanitatis dodrinarumq tu en dam ab fervitio regio libertatem cepiftis. .... Non qusê in folo modo îiquo funt , Græcæ magis urbes liint qi colonise earum , illinc quondam profe in Alîam. Nec terra mutara i tavit genus , aut mores* Certare pîo( tamine cujullibet bonæ artis ac virt aufî fumes cum^ parentibus quæque c tas , & conditoribus fuis. Adîftis Græc adiftis Afise urbes plerique ; nifî qubd 1 gius àvobis abfùmus, nullâr vincimur : re. Malfilienfes quos , fi natura infita lut îngenio terra? vinci pofiet , jampric efFerafient tôt indomitaer circumfufæ g tes, in eo bonorC;, in eâ meritb digni audimus apud vos elTe , ac fi medium 1 bilicum Græciæ incolerent. Non enim îüm-modblinguam vefiitumque ^ habit fed ante omnia mores & leges & ingen fincerum integrumque à contagions, colarum fervarunto.. t Dlffertaîion. peupler TAfie. Le change- t de fej O ur n a changé ni leur 5 ni leurs mœurs. Nous avons mrs eu le .courage d entrer en avec nos fondateurs dans la ere des beaux arts 6c des ver- nous leur en avons conftam- difpute le prix. Vous avez lie tous vifité les villes L Grèce , parcouru celles de '• Les premières ne lempor^ fur les autres , que par Tavan- d etre plus voifines de Rome. > apprenons que vous avez IC d’eftime pour les citoyens arfeille , cjue s ils habitoient iiître même de la Grèce, s , fi le genie de la contrée jit triompher du caraélere cl» il y a long-tems que le letcc de tant de peuples fe» qui les environnent les eut is barbares, Mais refiftanc à î 4 '^ Differtatioru l’exemple contagieux de leurs ^ 5, fins > ils ont confervé dans te ,5, leur pureté non feulement la ] gue ôc ^ les ufages extérier mais 5 ce qui eft bien plus im tant 5 les mœurs mêmes', les 3c l’efprit de la Grece. Les Rhodiens ne diioientrici trop fort , lorfqu ils prétendoien nom de toutes les colonies Grèce partager avec les habitans la Grece même , l’honneur .de ci ver les fciences & d’exceller danî beaux arts. La magnificence de ] fieurs villes^ d’Ionie & de Sicil galoit celle d’Athenes & de The Ephefe , Milct , Rhodes , Samos lexandrie épuifoient l’admiration *On doit entendre par ces ufages e rieurs , l’habillenient , 1 armure &c. nys d’Halicarnaffe remarque que les 1 tans de Paieries originaires d’Argos voient confervé Lun & l’autre peni une longue luite d’années. .Dijfmatien: ■i4'5 ix par des merveilles fans nom- nnt la peinture & la fculpturc JilToient leurs édifices publics ’ emples } leurs dehors même? prife de Corinthe fit palier à un nombre infini de morceaux ux , Syraeufe , Agrigente , Ca- l’en offrirent pas moins à fin- ie avidité de Verrès. Tout ce ciccr. in :ut favorifer les arts , encoura- in"""' S talens , les multiplier , les lir, les augmenter même, en dant utiles à ceux qui les pof- > ôc en formant des juges ca- de connoître leur prix , fc oit dans la plupart de ces vil- commerce florilîant , une rofonde , de grandes richefles , K naturel dans les habitans beaucoup de loifir , enfin une mulation entre les villes mê- [111 ne fc felicitoienr pas moins iipter au nombre de leurs ci’*- Strab. 1. i’iii, p. 604. Vitruv. præ- fac. 1 . VII, Vlin. 1. XXXV. c, } ^. 144 JDiJJertaMn* toyens un artiftc fameux5qu migrai capitaine . Scopas fculpteur habil( & lun des quatre dont Artemife fervit pour le tombeau de Maulol' étoit natif de Paros, Zeuxis Ôc Pn rhafius fon rival étoient , Tun d h Taclée 5 Pautre d’Epbefe. L Ifle ( Cos eft célébré par la naiffance à\ pelles. En un mot les colonies Gre ques ont peut-être été plus fécond en hommes diftingués dans lesari que la Grece proprement dite *, & < les nont pas été moins fertiles q cette contrée,en génies heureux, pi près à réuffîr également dans les 0 vrages de littérature & dans 1 ét de des fciences^ Combien de Poei cxcellens , de grands hiftoriens , ' Philofophes renommés ont fait hc neur à la Grece , fans être nés da fon fein. Les plus illuftres des a ciens dans ces trois genres fc prcfque tous originaires de quclqr Üijjertatîon. T45 ' de fes colonies. Mityléne é- la patrie d’Alcée , Leibos celle apho , Cyrene celle de Callima- & d Eratofthene’^. Empédocles , )crite , Steiichore , Archimède reçu le jour en Sicile ; Archycas rente , Euclidc a Alexandrie, ^arnaiîè a en la gloire de pro* Hérodote, & le judicieux liif- 1 des antiquités Romaines. A- landre d^c Tliales ont plus con- î a 1 éclat de Milet , que l’Ora- .v M n / 1 , Diog. Apollon établi dans lencein- î pourrols cher encore pluiîeurs , entr^aiitres Anacréon Sc Simonin j’aurois^ mis Homère â la tete de 1 nous étions alTurés du véritable ' fa nailTance. C’étoit ou TlUe de ou quelqu’une des villes Grecques Jie mineure. Les auteurs ne font ccordfurce point, & les médaiH nés fur lefquelles nous le voyons itc , ne peuvent décider la quef- îlles nous inllruifent fîmolement etention des villes qui les ont fai^ G Samos. 1 Dijjertatîon, te de fes murs. Deux Iflcs * de h nier Egée ont vu naître les deu: Hippocrates^fi connus par leur feien ce 5 l’un dans la médecine , Tautri dans la Géométrie ; & les médaille d’une troifiéme portent fur leur re vers l’empreinte Sc le nom de Py thagore ^ celui de tous fes citoyen auquel elle fe glorifioit le plus d’a voir donné le jour. Marfeille enfin .dont je viens de citer un fi bel élc ge , quoique placée en quelque foi te dans le fein de la Barbarie , produit 5 vers le régné d’Aléxandre le célébré Pythéas habile Aftronc me de Géographe , dont l’important obfervation fur la proportion de l’on bre d’un Gnomon à fa hauteur a tems du Solftice, a été renouvellée c nos jours, de qui dans le defiein c riiie par M. pei;fe(3:ionner la connoifiànce du eL ic Fontenel- i O StraS. 1. lU p. US. ? Les Iflcs de Cos & de Chio, ^^ijfertoîiono tcrreftre ôc du cours des 147 aftres j, 'arcoiiru l’Europe depuis les colon- jjtt 1 . Srrab. ibùi, S ariercule, juiqu’aux bouches du ^ .. , iox. nais , (3c fraye la route au Pôle * , is un fiecle où la navigation étoic .ore fi timide Sc fi iniparfinte. On voir par la que Marfeille cui- sit lesfciences avec fuccès, long- is avant l’ambalTade des Rhodiens 3me,Elless y foutinrent dans la fuh vec le même éclat , Sc cette ville j fie au tcms d’Euméne de 1 efti- du peuple Romain , par fa po- re & fon attachement aux cou- es de fes ancêtres , la méritoit )re au meme titre du vivant de xoii , qui lui donne le nom d’A- cicer es nouvelle -, & du rems de Stra- , qui nous apprend quelle étoit P- trabon, qui croyoît inhabitables lee voihns du Pôle , accufe Pythéas de angetmais les relations des voyageurs mes l’ont pleinement juftifié. ° Cij .A5 ’ -•"i f.gr.-coU. î V. ■ï 4^ Dljjcrtatlon. gouvernée par les loix Ioniques 5 que les plus diftingués des Romains alloienc s’y former. C’eft dans cette Ville en effet que le célébré Julim c, Agncola fit les premières etudes .j réducation qu’il y reçut contri- Kua beaucoup à fortifier fou excellent naturel , contre les déréglemens ai fiecle ôc de la cour où il vivoit. Ta- cite fon gendre & fon hiftorien h remarque expreffement : &c ce fag( écrivain peu prodigue de louanges fait en un mot un éloge corn plct de Marfeille ,, lorfqùil dit qu on voyoit dans les mœurs de fe habitans un heureux mélangé de L politeffe Grecque Sc de la fimpli cité des provinces. Je pourrois join * Afcebat eum ab illecebris peccantiuiT pt‘26ter ipfius bonam integra ni(|ue r^att ram^qubd ftatim parvulus fedem ac magil tram ftudiorum Maffiliam habuerit , locui Græcâ comitate , & provinciali parcime nia mixtum ac bene compofitum. Dljfertati §?}: 1 4 9 ■ a ces témoignages unanimes ceux Pline le naruraiifte, (3c de Silius liens. Mais rien ne prouve mieux oin que cette ville a toujours eu ■ne point laifTèr altérer les traces Pon origine 5 que le grand nom- de mots dérivés- du Grec ^ qui fc ouvent encore' aujourdliui dans angage ordinaire de fes habitans le ceux des environs. Ces ex. lions 5 il efl: vrai , font un peu do- rées ; mais avec une légère at- ion il efl: aife de les reconno> 5 c de remonter à leur fource. Le : Merindol de la congrégation de itoire en a donné une lifte affèz bieiife 5 a la fuite d’un petit trai- -in fur les accens Grecs 3. imprimé .X en ï(j 5 î.. .arfeille attachée autrefois , conv les Phocéens dAfie fes fonda^- au culte de Diane d’Ephefe, ivoit preftde en quelque forte à • J Uf Dijfertatto^i 5îrab. l. IV. fûn établifTement , nous offire fur uu 3>S grand nombre de fes médailles la figure de cette DéelTe 5; fuivant la coutume qu’avoient les colonies de repréfenter fur leurs^ monnoyes lei mêmes Divinités que leurs Métro- poles 5 comme une preuve des hom- mages qu elles leur rendoient. C’eli ainfi que ilir les médailles de Rho- sicil. Pa- ^ d’Agrigente on voit la figu re de Jupiter Atabyrien s qu on trou Mediceum. vc fui* uue médaille d’Héraclée d’A piyrd mim, camanic , colonie Lacédémonienne Utl). Illuitr. ^ F- la Minerve de Sparte d’une part & de l’autre Hercule , que la Mi nerve Athénienne paroît fur celL spaiïh. diir. de Lebede,. colonie d’Athenes , ave« l’oifeau favori de cette DéelTe 3 ai revers. iCiU. Cdiiieliii in cnac On peut donc 5 en confultant le médailles , s’affiirer li une ville el illiie d’une autre , & cela d’autan plus facilement 5 qu’outre la lîgur Dijferttaïonl i objets d’un culte commun qu on lencontfe , celles des colonies it toujours cliargéesdes fymboles leurs Métropoles , qui font leur e, ou en compofent une partie*' ilî le Pegafe , fymbole de Co- the 5 fe trouve fur les médailles Corcyre fous Sevcre^Julia Dom- 5 Caracalla , Gctaj-fur celles d’Am- icie, d’Henna ; quelques pièces maines en portent aullî 1 emprein-- r pour défigner l’origine’ Corin-^ enne de Tarquin l’anGien , fui-» it lobfervation de Begcr. Ainfi les dailles d’Apollonie de Durazzo rtent une Genilîe & fon petit, *e propre de Corcyre : celles dc’ [a , de Tauromenium , d’Agyrine ntelle , de Noie ,^de Naples , de ^iTe , de Myrine nous offrent Minotaure de Crete : les rofes Rhodes fe montrent fur les mé- iles de deux villes inconnues f „ ui; I<1. ibictci» c» 1 » 2 )‘- y'r. -^-r- '' r'fj' yf. J î 5 Dîjfertatîonl îe lievre de Rhege fur celles de Melîîne,. Ceft ainfi , que le Syl- pliiiim , herbe particulière au ter- ritoire de Cyrene y eft placé fur fes médailles entre deux étoiles , fymbo- les de Caftor êc de Polliix ^ Dieux ■1 tutélaires de Lacédémone ; que l’on voit enfin fur celles d’Antioche , de Pifidie 5 de Patres, de Philippes, de Damas , de Troade, de Carthao-e iD 5 Sc de tan: d’autres colonies Romai- nes , la Louve & les deux gemeaux fondateurs de Rome.. Scfl. tv. refte plus pour achever îxamen du.^ntierement la carrière oue je me leurs engage- ^tus propolec ^ qu’â déterminer le nieiiis reci- i ij • proques ont tcms auqucl 1 union des. Métropoles ^iTe de fiib- ^ colonies a- cefle de produire des effets reéls dans la Grece. Pour peu qu’on reflechiffè fur la nature de ces droits , il n’eft pas difficile de fixer l’époque de leur anéantille- ment. La plupart ne pouvoient s’e- Dljfertatton* i j ^'cer que par des villes libres & Liveraines. Ainjfî tant que les dif- entes Républiques donc Tinté- nr de la Grece étoit compofé nciintinrent dans rindéoendance « i >^s furent en erat de jouir de toute endiie de leurs prérogatives ^ de Hier des Magifcrars , des Géné- X > des Chefs a leurs colonies xiger d’elles toutes fortes de fe- rs. Les occafions etoient même eniement frequentes 3, parce que’ nultitude d interets contraires ar- •t continuellement les Républv s Grecques , de qu’il leiu* fufE- d etre voiiînes pour être rivales, s loifque^ Philippe eut conimen- faire porter aux Grecs un joug ilexandre ne fit qu’appefantir ufages auxquels la liberté étoit itielle reçurent une atteinte vio- î. La puifiance des Rois de Ma- ine fuccelTeurs d’Alexandre s’i- î 5“4' jyîjjertaîîom tant cnfuite fortifiée dans la Grece l celle des Romains y ayant pénétré^ la necefiîté de fe défendre contre la domination étrangère '5* fupprima poiir lors dans cette contrée les dif- rinclions dorigine.. Les Ioniens fc confondirent avec les peuples de race Dorienne y parce que les intérêts é- toient les memes. Les villes en formani enfemble des alliances confultereni leur utilité commune : un fyftêm( nouveau conforme aux circonftan ces changea 'la face de la nation diminua la force des liens particu liers qui uniffoient les villes entr elles , de leur en fubftitua d’autre; C’eft donc au tems' de la ligue de Achéens que commença Talteratio des droits dont il s’agit : & la cot quête de la Grèce par les Romaim qui fuivit de près la prife de Ce rinthe , entraîna leur extinélion t( taie. Xet te ^ contréo^:, réduite- en pr( DiJJertationi^ et Romaine ans avant TErc- retienne & gouvernée par un^ teur ou par un ProconfuI , ferva plus qiùine ombre de li- e *5 & les Romains arbitres, des relies particulières qui nailloient e les villes , ne leur permet- nt pas de prendre les armes^ r les décider : leurs guerres é- nt devenues des procès; & par' equent , les Métropoles n’étoienr dans le cas d’exercer la par- la plus importante- de leurs- ts 5 parce que n ayant point dea-r is a combattre^eiles n’avoient plus ^cours a exiger. .Il netoit donc queftion alors de tous les leges dont la jouidance fuppo-- n état libre & indépendant., ne parle ici que des préroga-- de ce genre.Xar pour les droits . ment honorifiques qui con-- fient kl Religion ^ ils étoientr î ^6 Bîjfertationl d’une efpéce à furvivre à la libe îé. Des facrifices annuels 5 des rc devances , la preféance dans les jeux dans les cérémonies , des pratique religieufes pouvoient aifément fui fifter fous la domination d’un peu pie , dont la politique fe faifoir un loi de ne point changer les ufage des villes foumifes , principale ment ceux qui intéreiïoieiit le culî des Dieux politique 5 qui fut aul utile aux Romains pour la conqui ce de Funivers 5 que leur vaieu Lesdroits-de cette dalle eurent dor une durée plus longue que cer de Faiitre. Cependant ils difpan rent infeiifiblement à leur tour , < les Métropoles ne conferverent ( phantôme de fuperiorité fur leurs c ionies , qu’autant qu elles étoient pli favorifées quelles par leurs maîtr communs. On vit fous 1 empire R ,main pacoîrre un grand, nombre < ^ijjertatlon. JJ ^ ) / es inconnus jufqu’aloi's , qui fai' ent 1 objet de l’ambition toujours )ufe des villes Grecques, & qui ordés par les fouverains , com- des recompenfes ou des mar- :s de faveur , élevoient fouvent ' ‘^o^o’de au delTus de la ville à elle devoir le jour,& effaçoient traces de fon ancienne dépen- ce. Nous avons cité, il efl: vrai , “ ‘^o«rs de ce Mémoire , l’e- ple d un liomniage mémorable Ih par les colonies d’Athenes à Métropole fous le régné d’A- n : nous avons ciré celui de la ■ndance où croient de leurs ateurs les babitans de k nou- Atbenes , bâtie aux frais de :ince dans ride de Delos ; & une objeétion que peuvent me , ceux qui voudroient prolon. la durée de ces privilèges au des bornes que je lui donne- il 5 8 Dijfertaiion. Mais il eft aifé d’y répandre. A '.thenes , quoique foümife a Rome .«n perdant fon pouvoir , avoir tou ■jours confervé la plus grande par tie de fon éclat , parce quelle 1 'tiroir de chofes indépendantes de 1 ipuilTance , & le rang qu’elle tenoi 'dans la Grece étoit fort confidera ble. Augufte , & plufeurs de fc ’fuccefleurs , fe faifoient un honnet de la combler de grâces. Que dis-je ils ne dedaignoient pas le titre c citoyen d’ Athènes & la dignité d’Ai chonte. Mais aucun Empereur r poulTa fl loin fon amour pour Grece , & furrout pour Athene: qu’Adrien. On fait qu’il joignoit ai titres qui défignoient le pouvoir fi prême , à celui même qui l’égalo au plus grand des Dieux , la quali de premier Magidrat de cette vill Il l’enrichit par fes libéralités , y une aflêz longue relidence» 5c ^Jjcrtatlon. ^ ^ ^ ndn extrêmement floriCtnte. ElUl >nc étonnant qu’Athenes fous un tel ince exerçât tous les droits de Mé- ’po e furies habitans deDelosîDoir- P«ottreêtrange.,uetandisquun ."°'"^re de Métropoles étoient P foibles pour fe f^i^e .efpedèer leurs colonies, celles d’Atbenes rendiO'ent hommage , en contri- 7 ^"^^^llllèmenr du temple un hommage intére/Té. Ej]e, •q«n'£mp„e„r f«'s duquel s’achevoit ce Pl«/ieurc de, fuc. Adriei, imitèrent fa con. «■on pour A,he„et. Let exem. “ * nette ville ne conciuem nen contre Je fentiment que opofe , & qu, fe tronve Je par J’ob/ervirion ivacion GLU ter* ^ ce Mémoire, 1^0 Bipnaiion. Un nom i;;